Sourate 8 Al 'Anfâl .pdf



Nom original: Sourate 8 Al-'Anfâl.pdf

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8 - SOURATE DU BUTIN
75 versets
R é v é lé e à M é d in e , à l ’e x c e p tio n des versets 30, 31, 32, 3 3, 34, 35, e t 3 6
révélés à la M e c q u e

Bismi -L -L âhi-r-R ahm âni-r-R ahïm
y as’a lû n a k a ‘an i-l-’an fâli quli-1-’a n fâ lu li-L -L âhi w a-r-rasû li fa-t-ta q û L -L â h a w a ’a slih û d â t a b a y n ik u m w a ’a t î ‘û -L -L â h a w a ra sû la h u ’in
k u n tu m m u ’m in în a (1).
A u n o m d ’A lla h , l e M is é r ic o r d ie u x , l e T r è s M is é r ic o r d ie u x
%

« I ls t ’in t e r r o g e n t su r le b u tin . D is - le u r : « L e b u t in e s t à A lla h e t à S o n
P r o p h è t e . C r a ig n e z A lla h . M a in t e n e z l a c o n c o r d e p a r m i v o u s . O b s é is s e z à
A lla h e t à S o n P r o p h è t e s i v o u s ê t e s c r o y a n t s » ( 1 ).

Le butin, en principe, est tout ce qu’on prend à l’ennemi pendant
la guerre après la victoire. Ibn Abbas l’a interprété comme étant la part
exceptionnelle dont l’imam - ou le gouverneur - favorise une personne
après le partage des dépouilles. Moujahed, quant à lui, a dit que ce
verset fut révélé après la question du Prophète - qu’Allah le bénisse et
le salue - sur le sort du cinquième après le partage.
’Ata Ben Abi Rabah, en commentant le verset, a dit: «Le butin est
tout ce que revient au Prophète, dont il en dispose à sa guise, de la
part des polythéistes comme montures, esclaves (mâles et femelles),
a r m e s e t d é p o u i lle s s a n s q u ’il y a it u n c o m b a t ».

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D’aures ont précisé qu’il s’agit de la part exceptionnelle comme on
l’a déjà montré, et ont tiré argument de l’histoire de Sa'd Ben Abi Waqas qui a raconté: «Le jour de Badr mon frère Oumayr fut tué, et je
tuai à mon tour Sa'id Ben AI-‘As et pris son sabre qu’on appelait
«Zoul-Koutaifa». Comme je le montrai au Prophète - qu’Allah le bé­
nisse et le salue -, il me dit: «Va et mets ce sabre avec le butin». Je
m’exécutai le cœur serré et Dieu seul connaissait mon état d ’âme
après la mort de mon frère et ma privation de ce sabre. A peine je fis
quelques pas, la sourate du butin fu t révélée e t l’Envoyé de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue - m’interpella et me dit: «Va et récupéré
tes dépouilles».
Au sujet de la circonstance de la révélation de cette sourate,
l’imam Ahmed rapporte que ‘Oubada Ben As-Samet a raconté: «Le
jour de Badr, nous sortîmes avec l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bé­
nisse et le salue - pour combattre l’ennemi. Les deux armées se ren­
contrèrent et Dieu accorda la victoire aux fidèles, l’ennemi prit la fuite
et les musulmans se divisèrent en trois groupes: le premier s’élança à
la poursuite des impies, un autre ramassa les dépouilles et un troi­
sième garda le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de peur que
l’ennemi ne l’attaque à l’improviste.
La nuit, les fidèles se rassemblèrent. Ceux qui avaient amassé le
butin dirent: «Nul autre que nous n’a droit à ces dépouilles». Ceux qui
avaient poursuivi l’ennemi répondirent: «Vous n’en êtes plus de droits
plus que nous, c’est nous qui avons empêché l’ennemi de faire une
contre-attaque». Quant à ceux qui avaient gardé l’Envoyé de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue -, s’écrièrent: «Nous nous chargeâmes
de garder le Prophète pour ne plus être attaqué à l’improviste». Dieu à
ce moment fit descendre cette révélation: « U s t ’in te r r o g e n t s u r l e b u tin .
D is - le u r : « L e b u tin e s t à A lla h e t à S o n P r o p h è te . C r a ig n e z A lla h . M a in t e ­

L'Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et
le salue - partagea alors le butin entre les fidèles.

n e z la c o n c o r d e p a r m i v o u s » .

Abou Daoud, Nassaï et Ibn Mardaweih ont rapporté d’après ’IKrima

q u 'l t m

Abbas

a d i t : « A v a n t l a b a t a i l l e d e B a d r , l’E n v o y é d e D i e u -

qu’Allah le bénisse et le salue - dit aux hommes: «Celui qui fera telle et
telle chose, aura droit à telle et telle» (sous-entendant: celui qui tue un

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impie aura droit à ses dépouilles). Les jeunes s'élancèrent contre les
ennemis, les poursuivirent, les tuèrent et s ’emparèrent de leurs dé­
pouilles. Quant aux hommes âgés, ils restèrent sous l’étendard gardant
leur position. Quand ce fut le tour du partage du butin, les jeunes vin­
rent réclamer ce qui leur était promis, mais les vieillards leur dirent:
«Ne soyez pas égoïstes en nous laissant sans aucune part, car nous
étions pour vous comme un soutien et une protection, et si vous aviez
été attaqués, vous auriez du retourner vers nous pour vous défendre.
Comme ils disputèrent cette affaire, Dieu fit alors cette révélation.
Al-Qassem Ben Salam rapporte dans son ouvrage intitulé «Al-Amwal AL-Char‘iya» ce qui suit: «Le butin consistait en tout ce que les
musulmans prenaient à l’ennemi pendant la guerre et les dépouilles. Il
appartenait en principe au Prophète - qu’AIlah le bénisse et le salue en se basant sur le verset: « I l s t ’in t e r r o g e n t s u r l e b u t in . D is - le u r : « L e
b u t in e s t à A ll a h e t à S o n P r o p h è t e » . Le jou r de Badr, le Prophète qu’Allah le bénisse et le salue - partagea le butin comme Dieu le lui
avait montré sans le répartir en cinq lots. Puis le verset concernant le
quint fut révélé et abrogea le premier».
Mais Ibn Zaid s’oppose et déclare: «Ce verset n’a pas été abrogé,
plutôt il est fondamental: Le butin est tout ce que les musulmans pren­
nent aux ennemis pendant la guerre, et son cinquième est consacré
aux ayant-droits selon le Livre et la Sunna».
Les butins qui étaient interdits aux générations et peuples passés
sont devenus un gain licite aux musulmans comme il a été rapporté
dans un hadith cité dans les deux Sahihs où le Prophète - qu’Allah le
bénisse et le salue - a dit: « L e b u tin m ’est rendu licite alors q u ’il n ’éta it
p a s ainsi à un autre avant moi».
« C r a ig n e z A lla h . M a i n t e n e z l a c o n c o r d e p a r m i v o u s » C’est une ex­
hortation aux fidèles à craindre Dieu, à maintenir la concorde sans ja ­
mais se quereller ou se disputer ou opprimer les uns les autres. Ce
que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - leur apporte est
t o u j o u r s m e i l l e u r d e o e q u ’il s s e d i s p u t e n t à s o n s u j e t : « O b é i s s e z à A l­

à S o n P r o p h è te » et acceptez le partage que fait l’Envoyé de Dieu
- qu’Allah le bénisse et le salue - car il ne fait que se conformer aux or­
dres divins et à établir la justice.
la h e t

171

A ce propos on rapporte ce hadith cité dans le Mousnad de Al-Hareth Abou You'la M oussali d ’après Anas: «Etant assis parmi ses
compagnons, nous vîmes l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le
salue - rire à pleine gorge. Omar lui demanda: «Que je te donne pour
rançon mes père et mère, qu’est-ce qu’il te fa it rire ô Envoyé de
Dieu?» Il lui répondit: « D eu x hom m es de m a com m unauté fu r e n t agenouil­
lé s d ev a n t le S eig n eu r de la p u issa n ce q u ’i l so it b én i e t très élevé. L ’un
d ’e u x d it: « S eig n eu r, ren d s-m o i ju s tic e du p ré ju d ic e q u e m ’a ca u sé m o n
frè re » D ieu le Très H a u t ordonna à l ’autre de sa tisfaire son frè re . I l lui ré­
pon d it: «Seigneur, il ne m e reste plu s rien de m es bonnes actions?» L ’autre
de répliquer: « S eig n eu r, q u ’il p ren n e à sa charge donc une p a r tie de m es
m auvaises actions» L es y e u x de l ’E nvoyé de D ieu - q u ’A lla h le bénisse e t le
salue - fo n d ire n t en larm es et dit: «C e sera un jo u r solennel où chacun aura
besoin d ’un autre pour supporter la charge de ses mauvaises actions».
D ieu d it ensuite au dem andeur: « L ève ta tê te e t p ro m èn e tes regards
dans le P aradis». L ’hom m e s ’exécu ta e t s ’écria: «Seigneur, j e vois des cités
en argent e t des châteaux en or ornés de perles, à quel P rophète appartien­
nent-ils? à quel ju ste? à quel m artyr?» E t D ieu de lu i répondre: « Ils so n t à
ce u x qui auront p a y é le p rix » - E t qui possède leur p rix , répliqua l ’hom m eT oi, rép o sta D ieu. L ’h o m m e alors de s ’écrier: « C o m m en t ô Seigneur?» I l
lu i répondit: «E n p a rd o n n a n t à ton frè re !» - S eigneur, réto rqua le d em a n ­
deur, j e lu i ai pardonné. D ieu le T rès-H a u t lu i dit alors: «P rends ton fr è r e
p a r la m ain e t en trez au P aradis». P uis l ’E n vo yé de D ieu - q u ’A lla h le bé­
nisse e t le salue - p oursuivit: « C raig nez D ieu, m a in ten ez la concord e en tre
vo us, ca r D ie u reco n ciliera e n tre le s fid è le s a u jo u r de la ré su rre ctio n »

(Rapporté par Al-Hafedh Abou You‘la Moussalli) (1>

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’in n a m â - l- m u ’m in û n a - l- la d în a ’i d â d u k ir a - L - L â h u w a jila t q u lû b u h u m
w a ’i d â tu liy a t ‘a la y h im ’a y â t u h û z â d a th u m ’îm â n a n w a ‘a lâ ra b b ih im y at a w a k k a lû n a (2) ’a l - l a d î n a y u q îm û n a - s - s a lâ ta w a m im m â r a z a q n â h u m
y u n f iq û n a ( 3 ) ’û l a ’ik a h u m u -l-m u ’m in û n a h a q q a -l-la h u m d a r a jâ tu n ‘in d a
r a b b ih im w a m a g fïra tu n w a riz q u n k a rîm u n (4).
L e s v r a i s c r o y a n t s s o n t e u x d o n t l e s c œ u r s f r i s s o n n e n t l o r s q u ’o n p r o ­
n o n c e l e n o m d ’A l l a h . C e s o n t c e u x d o n t l a f o i a u g m e n t e q u a n d i l s e n t e n ­
d e n t r é c i t e r l e L i v r e . C e s o n t c e u x q u i n e s e f i e n t q u ’à le u r S e i g n e u r ( 2 ) C e
s o n t c e u x q u i s o n t a s s i d u s à l a p r i è r e e t q u i d is t r i b u e n t u n e p a r t ie d e s b ie n s
q u e n o u s le u r a c c o r d o n s . ( 3 ) L e s v o ilà le s v r a is c r o y a n ts ! U n e p la c e e n ­
v i a b l e l e u r e s t r é s e r v é e a u p r è s d e le u r S e i g n e u r . I l s y t r o u v e r o n t u n a c c u e i l
i n d u lg e n t e t u n b ie n - ê t r e i n e f f a b le ( 4 ) .

Seuls sont vraim ent croyants, ceux dont les cœ urs frém issent à la
m ention de Dieu, et par la suite ils s’acquittent de ce qu’il a p rescrit et
s’a bstie n n e n t de ce q u ’ il a prohibé. Dieu les décrit aussi quand II dit:
« L e s v e r t u e u x q u i, l o r s q u ’i l s c o m m e t t e n t u n e m a u v a is e a c t i o n o u s e n u is e n t
à e u x - m ê m e s , a p p e lle n t A lla h e t im p lo r e n t s o n p a r d o n p o u r le u r s p é c h é s »

[C o ra n III, 135] et: « c e u x q u i a u r o n t r e s p e c t é l e u r s p é c h é s » [C oran III,
135] et: « c e u x q u i a u r o n t r e s p e c t é le u r S e i g n e u r e t v a in c u le u r s p a s s i o n s ,
a u r o n t l e P a r a d i s p o u r s é j o u r » [Coran L X X IX , 40-41],

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Quant à As-Souddy, il a dit: «il s’agit de l’homme qui veut commet­
tre une injustice ou bien se propose de faire un péché, on lui dit:
«Crains Dieu», son cœur alors se frémit».
Oum Ad-D arda‘ a dit: «La crainte du cœ ur ressem ble au bruit
d’une branche de palmier qui brûle. Ne sens-tu pas un certain frisson
en l’entendant? Donc, lorsque tu éprouves une sensation pareille, men­
tionne Dieu et invoque-le et tout sera dissipé».
« C e s o n t c e u x d o n t la f o i a u g m e n t e q u a n d il s e n te n d e n t r é c it e r l e L i ­

ceci est pareil aux dires de Dieu: « E lle a a u g m e n t é la f o i d e t o u s le s
[Coran IX, 124]. En se basant sur le
verset précité et sur d’autres qui lui sont semblables, Boukhari et d’au­
tres ulémas ont affirmé que le degré de la foi varie d’un cœur à l’autre,
et qu’elle est plus affermie chez certains plus que chez d’autres. Tel
fut aussi l’avis de plusieurs exégètes et chefs d’écoles islamiques tel
que Chafé'i et Ahmed Ben Hanbal.
vre»

v r a is c r o y a n t s , q u i s ’e n r é jo u is s e n t»

Ces croyants fervents « n e s e f ie n t q u ’à le u r S e i g n e u r » ne s’adres­
sent qu’à Lui dans leur requête, ne trouvent un asile qu’auprès du Lui,
ne réclament leur besoin que de Lui, ne désirent que lui, et savent fer­
mement qu’il est le Souverain qui dispose de Son Royaume, n’a pas
d’associés, nul ne s’oppose à Ses jugements et II est prompt dans Son
compte. Pour cela Sa'id Ben Joubaïr a dit: «La confiance en Dieu sym­
bolise la foi».
« C e s o n t c e u x q u i s o n t a s s id u s à l a p r iè r e e t q u i d is t r ib u e n t u n e p a r t ie

Après que Dieu ait montré la solidité
de leur foi, Il fait connaître dans ce verset que ceux-là tranduisent leur
foi en actes qui englobent presque toutes les voies du bien en s’aquittant d’abord de la prière qui est le droit de Dieu. D’après Qatada, il
s’agit de tout ce qui est relatif à la prière comme: ablutions, accomplis­
sement aux moments fixés, perfectionnement des inclinaisons et pro­
sternations. Et Mouqatel d’ajouter à cela: la récitation du Coran, la
demande du salut et de la bénédiction au Prophète - qu’Allah le bé­
nisse et le salue -, la dépense eu vue de Dieu, le versement de la zad e s b ie n s q u e n o u s le u r a c c o r d o n s » .

qui jouissent des qualités sus-mentionnées. A cet égard Al-Hareth Ben Malek Ansari rapporte qu’en pas­
« L es v o ilà , le s vrais croya n ts»

174

sant près du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - il lui demanda:
«Comment vas-tu ô Hareth?» Il lui répondit: «Je suis devenu un
croyant». - Pense bien à ce que tu dis, répliqua le Prophète, car toute
chose a une réalité. Quelle est celle de ta foi?» Al-Hareth de répondre:
«J’ai tourné le dos à ce bas monde et à ses plaisirs. Je passe la nuit
en priant, le jour en jeûnant. Il me semble voir devant moi le Trône de
mon Seigneur, et les habitants du Paradis qui échangent des visites. Il
me semble voir aussi les réprouvés de l’Enfer dont leur voix s’élève».
Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - lui dit alors par trois fois:
« T u as bien connu la réalité de la fo i, ga rd e-la donc» (R a p p o r té p a r A lH afedh, Tabara ni)(1).
« U n e p la c e e n v ia b le le u r s e s t r é s e r v é e a u p r è s d e le u r S e ig n e u r » Ces
croyants-là occuperont des degrés élevés auprès de leur Seigneur
dans les jardins du Paradis comme Dieu le montre dans ce verset:
« A lla h le s m e ttr a à u n r a n g t r è s d iffé r e n t. C a r A lla h v o it t o u t e s le s a c t io n s

[Coran III, 163]. En plus ils jouiront du pardon et d’une ré­
compense incommensurable.
d e s h o m m e s»

A ce propos il est cité dans les deux Sahih, que l’Envoyé de Dieu
- qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: « C e u x q u i se ro n t p la c é s a u x
confins du ciel seront vus pa r ceux qui seront au-dessous d ’eu x com m e vous
voyez l ’étoile fila n te qui disparait dans l ’horizon» On lui demanda: «O En­

voyé de Dieu, ce seront les demeures des Prophètes que nul hormis
eux n’y parvienne». - Certes oui, répondit-il, pa r celui qui tien t m on âm e
dans S a main, ils seront les hom m es qui ont cru en D ieu et déclaré que les
Envoyés étaient véridiques» (R a p p o rté p a r B oukhari e t M ousU m )(2).

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k a m a ’a h r a ja k a r a b b u k a m im -b a y tik a b i-l-h a q q i w a ’in n a fa rîq a m -m in a 1-m u’m in în a l a k a r i h û n a (5 ) y u jâ d ilû n a k a f î- l- h a q q i b a ‘d a m â ta b b a y n a
k a ’a n n a m â y u s â q û n a ’i l â - l - m a w t i w a h u m y a n z u r û n a ( 6 ) w a ’i d
y a ‘id u k u m u - L - L â h u ’i h d â - t - t a ',if a ta y n i ’a n n a h â la k u m w a t a w a d d u n a
’a n n a g a y ra d â ti-s -s a w k a ti ta k û n u la k u m w a y u rîd u -L -L â h u ’a y -y u h iq q a 1 -h a q q a b ik a lim â tih î w a y a q ta ‘a d â b ir a - l- k â fir în a (7 ) l iy u h iq q a - l- h a q q a
w a y u b tila -l-b â tila w alaw k a rih a -l-m u jrim û n a (8).
A u m o m e n t o ù t o n S e ig n e u r t e c o n t r a i g n i t à s o r t i r d e t a d e m e u r e p o u r
a n n o n c e r l a v é r it é , s o r o i e n s - t o i q u ’e n c e t t e c i r c o n s t a n c e a u s s i u n e p a r t i e d e s
c r o y a n t s s e m o n t r a m é c o n t e n t e . ( S ) I l s s ’o b s t i n è r e n t à d is c u t e r a v e c t o i s u r
l a v é r i t é a p r è s q u e t u l a le u r a i e s r e n d u e é v i d e n t e . I l s a v a i e n t l ’a t t i t u d e d e
g e n s q u ’o n m è n e à l a m o r t e t q u i e n s o n t c o n s c i e n t s . ( 6 ) A l l a h v o u s a v a i t
p r o m i s q u e v o u s t r i o m p h e r i e z d e l ’u n e d e s d e u x t r o u p e s . V o u s a u r i e z p r é ­
f é r é a v o ir à c o m b a t t r e c e l l e q u i é t a i t d é s a r m é e . M a i s A l l a h v o u lu t f a i r e t r i­
o m p h e r la v é r ité d a n s t o u t s o n é c la t e t b r is e r à j a m a is la r é s is t a n c e d e s
i n f i d è l e s ( 7 ) O u i , I l v o u lu t f a i r e t r io m p h e r l a v é r i t é e t a b o l i r l ’e r r e u r , s a n s
é g a r d a u r e s s e n t im e n t d e s r e b e ll e s ( 8 ) .

Les opinions sont co ntroversées au su je t du sens de cette partie
du verset: « A u m o m e n t o ù t o n S e ig n e u r t e c o n t r a ig n it à s o r t ir » :
A t-T a ba ri a dit: C ette expressoin sign ifie que: com m e vo us vous
êtes disp utés au su je t du butin et vous en êtes m on trés é g o ïste s et
p ar la suite Dieu vous en a privés, cette privation qui a été un grand
proTix p o u r vo u s, ainsi fu t le cas q u a n d v o u s a ve z répugné à sortir pour

176

la rencontre de votre ennemi qui renfermait un groupe d ’hommes ve­
nus pour récupérer leur caravane. Cette répugnance au combat Dieu
vous l’a changée en une intention de les affronter sans que vous en
aviez pensé, et ce fut pour vous une bonne direction, une victoire et
un triomphe, tout comme Dieu le confirme dans ce verset: « I l v o u s e s t
p r e s c r it d e c o m b a t t r e e t c ’e s t u n e o b lig a t io n q u i v o u s p è s e . C ’e s t a in s i q u ’il
v o u s a r r iv e d e d é t e s t e r c e q u i v o u s c o n v ie n t »

[Coran II, 216].

- D’autres ont dit: cela signifique: comme ceux parmi les croyants
qui ne v o u la ie n t pas com battre fu re n t co ntrain ts à sortir, ainsi ils
contestaient la vérité bien qu’on la leur avait montrée clairement.
- D ’autre aussi l’ont interprété de la façon suivante: Ils t’interro­
gent, ô Mouhammad, sur le butin rien que pour disputer comme ils
avaient entré en discussion avec toi le jou r de Badr, en disant: «Tu
nous a appelés à sortir et s’emparer de la caravane sans que tu nous
dises qu’il y aurait un combat afin de faire nos préparatifs». A savoir
qu’en ce jour-là l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - sor­
tit de Médine avec ses compagnons pour prendre possession de la ca­
ravane d’Abou Soufian qui venait du Châm a pportant une grande
quantité de biens et marchandises appartenant aux commerçants de
Qoraïch. L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - aiguillon­
na alors les musulmans et sortit avec un groupe formé de trois cent et
quelques hommes, et il y a eu un affrontement entre fidèles et impies
sans que personne y eût songé. Car Dieu voulut donner le pas aux
musulmans sur les infidèles, leur accorder la victoire et séparer entre
la vérité et l’erreur. Lorsque l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le
salue - eut vent de la sortie de quelques Qoreïchites pour sauvegarder
la caravane, Dieu lui révéla qu’il aura ou la caravane ou à faire face
aux guerriers, bien qu’une grande partie des musulmans comptaient
s’emparer de la caravane sans combattre, comme Dieu le montre dans
ce verset: « V o u s a u r ie z p r é f é r é a v o ir à c o m b a t t r e c e l l e q u i é t a i t d é s a r ­
m ée».
lt> n /Mai h a t e m

a r a p p o r t é : « L 'E n v o y é d e D i e u - q u ’A l l a h

le bénisse

et le salue - se dirigea vers Badr avec les fidèles. Arrivé à Al-Rawha‘, il
fit un discours puis leur demanda: «Que pensez-vous?» Abou Bakr lui
répondit; « o Envoyé de Dieu, on nous a informé que (les impies) se

177

trouvent à tel endroit». Puis il posa la question une deuxième fois et
Omar de lui répéter la même réponse d’Abou Bakr. A la troisième fois
Sa’d Ben Mou'adz lui dit: «C’est notre avis que tu veux savoir? Par ce­
lui qui t’a honoré et t’a révélé le Livre, je n’ai jamais emprunté un tel
chemin et n’en sais rien à son propos. Si tu nous conduis vers Bourak
Al-G him ad du côté de Yemen nous te suivrons et ne serons plus
comme ceux qui avaient dit à Moïse: « A l l e z - y , t o i e t t o n S e i g n e u r .
C o m b a t t e z . N o u s v o u s a t t e n d o n s » [Coran V, 24], plutôt nous te disons:
«Allez-y, combattez avec ton Seigneur, nous combattrons avec vous. Il
se peut que tu sois sorti pour une affaire et Dieu t’a dirigé vers une au­
tre. Pense à ce que Dieu t’a ordonné et exécute-le, renoue avec qui tu
veux, fuis qui tu veux, déclare la guerre à qui tu veux, conclue la paix
avec qui tu veux, prélève sur nos biens ce que tu veux». Dieu alors fit
descendre ce verset: « A u m o m e n t o ù t o n S e ig n e u r t e c o n t r a ig n it à s o t ir
d e t a d e m e u r e p o u r a n n o n c e r la v é r it é , s o u v ie n s - to i q u ’e n c e t t e c ir c o n s t a n c e
a u s s i u n e p a r t ie d e s c r o y a n t s s e m o n t r a m é c o n t e n te » .

Ibn Abbas a dit: «Le jour de Badr, l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le
bénisse et le salue - consulta ses compagnons s’il devait combattre les
polythéistes. Ayant reçu la réponse affirmative de Sa'd Ben Oubada, il
demanda aux fidèles de s’apprêter pour le combat en leur ordonnant
d’attaquer la partie armée, mais ceci pesa sur ceux qui avaient la foi.
Dieu alors fit cette révélation.
Suivant une autre interprétation d’Ibn Abbas, lorsque la bataille de
Badr prit fin, on dit à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue «Allons attaquer la caravane car elle n’est plus gardée». Mais AlAbbas Ben Abdul-Muttaleb, qui était encore polythéiste et pris comme
prisonnier, s’écria: «Cela ne te convient plus» - Pourquoi, lui demandat-il - Parce que Dieu, répliqua Al-Abbas t’a promis l’une des deux trou­
pes».
« V o u s a u r ie z p r é f é r é a v o ir à c o m b a t t r e c e l l e q u i é t a i t d é s a r m é e » il
s’agit de la caravane qu’ils voulaient s’en emparer sans combat. « M a i s
A lla h v o u lu t f a ir e tr io m p h e r la v é r it é d a n s t o u t s o n é c la t » en opposant les
fidèles aux polythéistes, donnant la victoire aux premiers, faisant triomp h er

S a

re lig io n ,

fa is a n t é le v e r

la parole de l’Islam

SUT

tOUtGS les 3 lltT6 S

religions. Car II connaît les conséquences et dirige les fidèles, d’après
Sa sagesse, vers ce qu’ils répugnaient peut-être...
178

Mouhammad Ben Ishaq raconte: «On fit connaître à l’Envoyé de
Dieu - qu’AIIah le bénisse et le salue - le retour de la caravane d’Abou
Soufian apportant des marchandises du pays de Châm. Il dit aux mu­
sulmans: «Voilà une caravane qui rentre à la Mecque apportant les
biens des Qoraïchites. Allez à sa rencontre, peut-être Dieu vous la ren­
dra comme butin de guerre». Une partie de fidèles fit les préparatifs
tandis que l’autre tarda à le faire croyant que l’Envoyé de Dieu - qu’AIlah le bénisse et le salue - ne rencontrerait aucune résistance.
Etant proche de Hijaz, Abou Soufian fit une reconnaissance, de­
manda les nouvelles des musulmans à tous ceux qui les rencontrait, et
sut enfin que Mouhammad s’apprêta à l’attaquer. Il loua les services
de Damdam Ben Amr Al-Ghifari en l’envoyant à La Mecque et raconter
aux Qoraïchites que Mouhammad avait attaqué la caravane et qu’ils
devaient venir en aide afin de récupérer leurs biens.
Quant à Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - et Ses
compagnons, lorsqu’ils traversèrent la vallée appelée Dzoufrane, on
vint lui dire que les Qoraïchites sont venus pour défendre la caravane
et leurs biens. Il demanda l’avis de ses compagnons au sujet de l’af­
frontement avec les Qoraïchites. Abou Bakr prit la parole et fit un dis­
cours favorable, ‘Omar fit de même, puis Al-Miqdad Ben Amr se leva
et dit: «O Envoyé de Dieu! Fais ce que Dieu t’a ordonné de faire. Nous
sommes avec toi. Par Dieu nous te dirons plus ce que les fils d’Israël
avaient dit à Moïse: « A ll e z - y , t o i e t t o n S e ig n e u r c o m b a t t e z . N o u s v o u s
a t te n d o n s » . Mets-toi en marche, toi et ton Seigneur, nous combattrons
a v e c v o u s . P a r c e l u i qui t’a envoyé apportant la vérité, si tu nous
conduis vers Bourak Al-Ghimad - c’est à dire le pays d’Ethiopie - nous
endurerons ce trajet avec toi pour y arriver».
L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - lui fut gré et lui
souhaita le bien. Puis il s ’adressa aux fidèles: «O hommes! donnezmoi votre avis». Il voulut par là entendre et connaître la réponse des
Ansariens, car ils étaient parmi ceux qui sont sortis avec lui et qui, en
lui prêtent serment d’allégeance à /\qat>a, lui a v a ie n t dit: «O Envoyé de
Dieu, nous ne sommes plus responsables de toi jusqu’à ce que tu arri­
ves à Médine, et une fois là, tu seras sous notre protection et nous te
défendrons ce par quoi nous défendons nos fils et nos femmes». Il re­

179

doutait le refus de Ansariens de lui venir en aide s’il se trouve en de­
hors de Médine et ils ne sont plus tenus de le défendre en les condui­
sant pour combattre en dehors de leur ville.
A ce moment-là Sa‘d Ben Mou‘adz se leva et dit: «Nous désignestu ô Envoyé de Dieu?» - Oui, répondit-il. Et Sa‘d de poursuivre: «Nous
avons cru en toi, attesté que ce que tu as apporté est la vé rité , et
nous nous sommes enagés vis-à-vis de toi d’entendre et d’obéir. Exé­
cute ce que Dieu t’a ordonné de faire. Par celui qui t’a envoyé appor­
ta n t la v é rité , si tu nous o rd o n n e s de p re n d re le la rg e , n ous le
prendrons avec toi et nul parmi nous ne fera défection. Nous ne crai­
gnons plus notre ennemi en le rencontrant demain. Nous endurons la
guerre, combattons sincèrement. Il se peut que Dieu te fasse voir de­
main ce qu’il te rendra satisfait. Conduis-nous avec la bénédiction de
Dieu».
L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - fu t très réjoui
d’entendre ces propos de Sa’d et dit aux fidèles: « M e tte z -v o u s en m a r­
ch e a vec la b én é d ic tio n de D ieu , e t j e vo us a n n o n ce q u e D ie u m ’a p r o m is
l ’une des d e u x troupes. I l m e sem b le de voir m a in te n a n t les en d ro its où les
p o ly th é iste s sero n t tués».

’id ta s ta g itû n a ra b b a k u m fa sta jâ b a la k u m ’a n n î m u m id d u k u m b i ’alfin m in a -l-m a lâ ’ik a ta m u rd a fîn a (9) w a m â j a ‘a la h u -L -L â h u ’illâ b u s r â w a
lita tm a ’in n a b ih î q u lû b u k u m w a m â -n -n a sru ’illâ m in ‘in d i-L -L â h i ’in n a L -L â h a ‘A zîzun H ak îm u n (10).
V o t r e S e i g n e u r n e r e s t a in s e n s ib le à v o s p r iè r e s . « J e v o u s d o n n e l ’a p ­
p u i, d i t - i l , d e m i l l e a n g e s e n f i l e in in t e r r r o m p u e » ( 9 ) C e n ’é t a i t l à , d e l a
p a r t d ’A ll a h , q u ’u n a c t e d ’e n c o u r a g e m e n t d e s t i n é à a f f e r m ir v o s cc eu rs. E n
v .u t..;, „

n 'a p p a r iU » ! q o ’ i

s a g e . (1 0 ).

180

A lla h . E t A lla h e s t

D U ÎS S a n t

et

Le jour de la bataille de Badr, le Prophète - qu’Allah le bénisse et
le salue - regarda ses compagnons dont le nombre ne dépassait pas
les trois cent et quelques hommes. Quant aux idolâtres, ils étaient plus
que mille. Portant son manteau et son izar, il se dirigea vers la qibla et
fit cette prière: «Mon Dieu, exécute ce que Tu m’as promis. SI cette
troupe des musulmans sera vaincue, Tu ne seras plus adoré sur la
terre». Il ne cessa d’invoquer Dieu jusqu’à ce que son izar tombât de
ses épaules. Abou Bakr le prit, le lui remit sur les épaules, se tint der­
rière lui et dit: «O Prophète de Dieu, assez d’invoquer Dieu. Il exécute­
ra sûrement ce qu’il t’a promis». Dieu à ce moment fit descendre ce
verset: « V o t r e S e i g n e u r n e r e s t a p a s in s e n s i b le à vos prières. «Je vous
d o n n e l ’a p p u i, d it - il , d e m ille a n g e s e n f ile in te r r o m p u e » .

Après la mêlée, Dieu vainquit les polythéistes: soixante-dix parmi
eux furent tués et un nombre égal pris comme prisonniers de guerre.
L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - demanda l’avis
d’Abou Bakr, Omar et Ali au sujet des derniers. Abou Bakr lui dit: «O
Envoyé de Dieu, ils ne sont que tes cousins et des hommes de ta tri­
bu. Je te propose de les rançonner car cela nous donnera une force
contre les idolâtres. Peut-être Dieu les dirigera demain pour devenir
notre appui».
Il s’adressa par la suite à Omar: «O Ibn Al-Khattab, que pensestu?» Et Omar de répondre: «Par Dieu, je ne suis pas du même avis
d’Abou Bakr. Je te demande de me livre r un te l- un des proches
d’Omar- pour lui trancher la tête, et tu livres aussi un tel à Ali, un tel à
Hamza pour les tuer afin que Dieu sache que dans nos cœurs il n’y a
plus de pitié envers les polythéistes que voici car ils sont les notables
de Qoraïch, les chefs et les vaillants».
L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - parut être du
côté d’Abou Bakr, et accepta les rançons des captifs. Et Omar de ra­
conter: «Le lendemain matin je me rendis chez le Prophète - qu’Allah
le bénisse et le salue - et le trouvai pleurer avec Abou Bakr. Je lui de­
mandai: «Qu’est-ce qu’il te fait pleurer ô Envoyé de Dieu toi et ton
compagnon? Peut-être je pleurerai avec vous s’il y a une raison quel­
conque ou au moins je ferai semblant de pleurer» Le Prophète - qu’Al­
lah le bénisse et le salue - lui répondit: «C’est à cause de la rançon
181

que tes compagnons m’ont proposée. On me fit montrer le châtiment
des hommes qui est plus proche que cet arbre- et il désigna un arbre
qui était tout près de lui Dieu à ce moment fit cette révélation: « I I e s t
in d i g n e d ’u n P r o p h è t e d e f a i r e d e s p r i s o n n i e r s s i c e n ’e s t a u c o u r s d ’u n

jusq u ’à i l v o u s
[Coran VIII, 67 - 69]

c o m b a t ....
tu d e»

e s t p e r m is d e d is p o s e r d u b u t in e n t o u t e q u ié ­

Dieu rendit le butin un bien licite à son Prophète. Mais les musul­
mans devaient subir un revers l’année suivante à la suite de la bataille
de Ouhod à cause de la rançon q u ’ils avaient acceptée le jo u r de
Badr. En ce jour-là, le jour de Ouhod, soixante-dix fidèles furent tués,
ils fuirent leur Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - qui devait
avoir une incisive cassée, un heaume brisé e t le sang qui coulait sur
son visage. Dieu les blâma en leur disant: « A u m o m e n t d e v o t r e p r e m ie r
r e v e r s a lo r s q u e v o u s a v ie z d é j à i n f l i g é p lu s i e u r s d é f a i t e s à v o s e n n e m is ,
v o u s v o u s é c r i â t e s : « D ’o ù n o u s v ie n t c e t t e in fo r t u n e ? » R é p o n d s - le u r : « D e
v o u s -m ê m e s » . C a r A lla h e s t t o u t -p u is s a n t »

[Coran III, 165].

Plusieurs versions ont été rapportées concernant le même événe­
ment, mais elles donnent presque toutes le même sens.
« . . . m ill e a n g e s e n f il e in te r r o m p u e » c’est à dire les uns à la suite
des autres. Mais Ibn Jarir a précisé en disant: Gabriel descendit à la
tête de mille anges pour se mettre à la droite du Prophète - qu’Allah le
bénisse et le salue - où se trouvait Abou Bakr, et Mickaël à la tête de
mille autres à sa gauche. Cette interprétation stipule que le nombre
des anges dépassait les mille. Le commentaire le plus correct fut celui
d’Ibn Abbas où il dit que cinq cent anges étaient d’un côté commandés
p a r G a b r i e l e t c i n q c e n t a u t r e s d’un autre côté commandés par M ic­
kaël.

A cet égard Ibn Abbas rapporte aussi: «En poursuivant un poly­
théiste, un musulman entendit le son d’un fouet au-dessus de lui et la
voix d’un cavalier: «Avance Haïzoum» Il vit ensuite le polythéiste qu’il
poursuivait tomber mort raide devant lui. En le regardant de près il re­
marqua que le coup de fouet lui avait fendu la tête en deux. Il raconta
ce tait, plus tard, a l'Envoyé de

D i e u - q u 'A l l a h le b é n i s s e e t le s a l u e -

qui lui répondit: «Ce que tu racontes est vrai car cet appui nous pro182

vient du troisième ciel». A la fin de la bataille les musulmans avaient
tué soixante-dix idolâtres et capturé soixante-dix autres.
Ceux qui avaient participé à la bataille de Badr ont joui d’un grand
mérite et un privilège remarquable. Car on a raconté que Gabriel vint
demander au Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue «Comment
estimez-vous les hommes de Badr?» Il lui répondit: «Les meilleurs par­
mi les musulmans» Suivant une variante il aurait ajouté: «ainsi que les
anges qui y avaient pris part». A ne pas oublier aussi l’histoire de Hateb Ben Abi Balta'a qui fut appréhendé à cause d’une lettre qu’il avait
envoyée avec une femme et fut saisie, dans laquelle il avait averti les
Qoraîchites de l’expédition que préparait le Prophète contre eux. Omar
proposa à (’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -: «Laissemoi tuer ce perfide». Il lui répondit: «Non, il a participé à la bataille de
Badr. Que sais-tu, peut-être Dieu a bien accueilli les hommes de Badr
en leur disant: «Faites ce que vous voudrez car Je vous ai pardonné».
« C e n ’é t a it là , d e la p a r t d ’A lla h , q u ’u n a c t e d ’e n c o u r a g e m e n t d e s t in é

Dieu n’a envoyé les anges pour combattre à côté
des musulmans que pour leur apporter la bonne nouvelle qu’ils seront
vainqueurs, Il est capable, de toute façon, de leur accorder la victoire
car, en réalité, il n’y a pas de victoire si ce n’est de la part de Dieu. En
confirmation de cette réalité, Il a dit: « S i D ie u v o u la it, I l s é v ir a it L u i- m ê m e c o n t r e le s I n fid è le s m a is II t ie n t à v o u s é p r o u v e r le s u n s p a r le s a u tr e s »
[Coran XLVII, 4 ] e t aussi: « C ’e s t la lo i c o m m u n e , fo r tu n e e t in fo r tu n e s e
s u c c è d e n t p a r m i le s h o m m e s » [Coran III, 1 4 0 ] . Telle est la loi de Dieu qui
émane de Sa sagesse pour que les fidèles combattent eux-mêmes les
impies, et afin qu’il reconnaisse ceux qui croient.
à a ffe r m ir v o s c œ u r s» .

Avant cela, Dieu châtiait les peuples qui traitaient les Prophètes
de menteurs par les malheurs et les calamités, par exemple lorsqu’il a
fait périr le peuple de Noé par le déluge, le peuple de ‘Ad par un vent
impétueux, les Thamoudites par la foudre, le peuple de Loth par l’ef­
fondrement du sol et les pierres d’argiles, et le peuple de Chou'aib par
le Jour de l’ombre. Lorsqu’il envoya Moïse, Il fit anéantir son ennemi et
lui révéla le Pentateuque, Il y prescrit le combat contre les mécrétans,
qui demeura ainsi une loi permanente après lui. A cet égard Dieu a dit:

183

« N o u s a v o n s d o n n é l e P e n t a t e u q u e à M o ï s e a p r è s a v o ir a n é a n t i l e s p e u p le s
p a s s é s . N o t r e b u t é t a it d ’in s t r u ir e le s h o m m e s » [ C o r a n X X V III, 4 3 ] ,

Le meurtre des infidèles par les mains des croyants est plus humi­
liant pour les premiers et une guérison pour les cœurs des derniers,
comme Dieu a dit: « C o m b a t t e z - le s . A lla h le s c h â t ir a p a r v o s m a in s . I l l e s
h u m ilie r a , v o u s d o n n e r a la v ic to ir e su r e u x e t a p a is e r a le s cœ u rs d e s
c r o y a n t s » [Coran IX, 14]. Voilà pourquoi l’exécution des chefs Qoraïchites pris en captivité était plus apaisante pour les cœurs des m usul­
mans, par exem ple le fa it de tuer Abou Jahl dans un com bat serait
pour lui plus humiliant que sa mort sur un lit.

Dieu est tout-puissant et accorde également la puissance à Ses
serviteurs croyants dans les deux mondes, et aussi Sage en prescri­
vant aux fidèles le combat contre les incrédules bien qu’il est capable
de toute façon à les anéantir seul.

’id y u g assik u m u -n -n u ‘âsa ’a m a n a ta m -m in h u w a yunazzilu ‘a lay k u m m in a -s -s a rrû f’i mâA’a -l-liy u ta h h ira k u m b ih î w a y u d h ib a ‘a n k u m rijz a -ssa y tâ n i w a liy a rb ita ‘alâ qu lû b ik u m w a y u ta b b ita bihi-l-’a q d â m a (11) ’id
y u h i ra b b u k a ’ilâ-l-m alâ’ik ati ’a n n î m a ‘a k u m fa ta b b itû -l-la d în a ’a m a n û
sa ’u lq î fï qulubi-1-ladîna k a fa rû -r-ru ‘b a fa d rib û faw qa-l-’a ‘n â q i w a -d rib û
m in h u m k u lla b a n â n in (12) d â lk a b i’an n a h u m sa q q û -L -L â h a w a ra sû la h û w a m a y -y u sâ q iq i-L -L â h a w a ra sû la h û fa ’in n a -L -L â h a s a d îd u -l-‘iq â bi (13) d âlik um fa d u q û h u w a ’a n n a li-l-kâfirîna ‘a d â b u -n -n â ri (14).
M a i s v o i c i q u ’A l l a h , v o u s p r e n a n t s o u s s a g a r d e , v o u s e n d o r m i t d ’u n

184

s o m m e il p r o f o n d e t d é c le n c h a u n o r a g e p o u r v o u s p e r m e t t r e d e v o u s la v e r ,
d e s e c o u e r l a la s s it u d e in s in u é e e n v o u s p a r s a t a n , d e r e le v e r v o s c o u r a g e s
e t d ’a f fe r m ir v o s p a s ( 1 1 ) A lla h d it a u x a n g e s : « J e s u i s a v e c v o u s . R a s s u r e z
le s c r o y a n t s . J e j e t t e r a i l ’é p o u v a n te d a n s l e cœ u r d e s in f i d è le s . F r a p p e z v o s
e n n e m is à la n u q u e e t a u x d o ig t s ( 1 2 ) T o u t c e c i , c ’e s t p o u r p u n ir c e u x q u i
s o n t e n t r é s e n lu t t e c o n t r e A ll a h e t S o n P r o p h è t e . C a r q u ic o n q u e e n t r e e n
lu t t e c o n t r e A ll a h e t s o n P r o p h è t e , A ll a h lu i in f l ig e u n c h â t im e n t e x e m p ­
la ir e ( 1 3 ) S u b is s e z c e c h â t im e n t . E t n ’o u b lie z p a s q u e le s u p p lic e d u f e u e s t
r é se r v é a u x in fid è le s ( 1 4 ) .

Dieu rappelle aux fidèles quand II leur a enveloppés de sommeil
comme d’une sécurité venant de Lui à la suite de la peur qu’ils éprou­
vaient due à leur nombre inférieur par rapport à leurs ennemis, une
chose qui eut lieu aussi le jour de Ouhod. A ce propos Abou Talha rap­
porte: J’étais parmi ceux qui se sont endormis d’un sommeil profond.
Maintes fois le sabre tombait et je le reprenais et je regardais les fidè­
les endormis en couvrant la tête de leurs boucliers».
Quant à Ali, il a rapporté: «Le jour de Badr, le seul cavalier parmi
nous était Al-Miqdad. Nous fûmes tous plongés dans un profond som­
meil, seul l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - était
éveillé, il priait sous un arbre en pleurant jusqu’au matin».
Au sujet de ce sommeil, Abdullah Ben Mass'oud a dit: «Le som­
meil dans un combat est une sécurité venant de Dieu. Mais pendant la
prière, il provient du démon». Il était donc une faveur divine pour ras­
surer le cœur des fidèles et une annonce de la victoire sur leurs enne­
mis grâce à la miséricorde de Dieu.
Dans un hadith authentifié, l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse
et le salue -, étant le jour de Badr sous une tonnelle avec Abou Bakr
en invoquant Dieu, fut gagné par un sommeil, puis il s’éveilla en sou­
riant et dit: «Réjouis-toi ô Abou Bakr, voilà Gabriel qui s’avance en pro­
duisant de la poussière derrière lui». Puis il sortit de la tonnelle en
récitant: « V o t r e n o m b r e n e t a r d e r a p a s à p lo y e r e t à ê t r e m i s e n d é r o u t e »
[Coran LIV, 45] Il s'agit bien sûr des infidèles.
En commentant cette partie du verset; «et déclencha un oragC pont

vou s p erm ettre de vou s la v er» Jbn Abbas a dit: «Quand les polythéistes

sortirent pour défendre la caravane et la sauvegarder, ils descendirent
185

près de la source de Badr en devançant les fidèles. Les musulmans
éprouvèrent une grand soif, à cause de la pénurie d’eau, et durent
faire leur prière à l’état d’impureté, une chose qui les préoccupa. Dieu
à ce moment fit descendre une pluie qui remplit la vallée, les croyants
purent alors se désaltérer, remplirent leurs outres, abreuvèrent les
montures et se purifièrent. Dieu, par ce fait, leur accorda un moyen de
purification et affermit leur pas, car il y avait entre les deux partis un
endroit couvert de Sable et Dieu y fit descendre de la pluie.
Il est rapporté que l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue - en se rendant à Badr, fit halte auprès de la première source qu’il
rencontra. Al-Habab Ben Moundzer lui dit: «O Envoyé de Dieu, cet en­
droit que tu as choisi, est-ce Dieu te l’a indiqué pour ne plus objecter,
ou bien tu l’as choisi toi-même pour te préparer à la guerre?» Il lui ré­
pondit qu’il l’a choisi en le considérant comme un point stratégique. AlHabab de poursuivre: «O Envoyé de Dieu, ce n’est la place conve­
nable, mettons-nous en marche pour atteindre la source d’eau la plus
basse, et là nous comblerons tous les puits et laisserons un seul pour
construire un bassin pour nous. De cette façon nous aurons de l’eau et
eux en seront privés».
L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - s’éxécuta.
Dieu fit descendre la pluie avant d’envelopper les hommes du som­
meil. La pluie fit dissiper la poussière et endurcir le sol. Les âmes des
fidèles furent apaisées et leurs pas affermis.
« P o u r v o u s p e r m e tt r e d e v o u s la v e r » et de vous purifier soit de l’im­
pureté mineure, soit de l’impureté majeure, et: « d e s e c o u e r l a la s s it u d e
in s in u é e e n v o u s p a r S a t a n » en vous éloignant de toute suggestion du
démon, et cela signifie pour vous une purification interne. Puis « d e r e le ­
v e r v o s c o u r a g e s » c’est à dire en fortifiant vos cœurs afin de pouvoir
faire face à l’ennemi et d ’endurer ses agressions « e t d ’a f f e r m ir v o s
pas>>.

En voilà aussi une autre grâce de Dieu quand II dit aux anges: « J e
afin que les fidèles Lui soient re­
connaissants. En envoyant Ses anges pour secourir Son Prophète et
é t a b l i r £ a r a t i g i a n . Diau leur inspira d 'a ff e r m i r c e u x , q u i c r o i e n t e n L u i.
Quant aux mecroyants, Dieu jettera l’effroi dans leurs cœurs et les hu­
s u is a v e c v o u s . R a s s u r e z le s c r o y a n t s »

186

m iliera à cause de leur désobéissance et leur rebellion contre Son
M essager - q u ’Allah le bénisse et le s a lu e -. Il ordonna aux anges:
« F r a p p e z v o s e n n e m is à l a n u q u e e t a u x d o ig t s » c’est à dire coupez-leur
les membres: mains et pieds, et frappez-les à la nuque en leur tran­
chant la tête, comme II a donné aussi le même ordre aux croyants en
leur disant: « Q u a n d v o u s ê t e s e n g u e r r e a v e c le s in f i d è l e s , p a s s e z - l e s a u f il
d e l ’é p é e » [Coran XLVII, 4 ] .
Al-Qassem rapporte que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue - a dit: «Je n’ai pas été envoyé pour punir avec le châtim ent de
Dieu (c.à.d le feu) mais de frapper sur les cous et de lier les captifs
fortement».
En commentnt ce fait, Al-Rabi’ Ben Anas a dit: «Le jour de Badr
les hommes distinguaient ceux qui ont été abattus par les anges par
les traces de coups sur les cous et les jointures qui ressemblaient à
des brûlures».
Ibn Abbas a dit: «Dieu inspira aux anges: «Je suis avec vous, af­
fermissez donc ceux qui croient». A la fin de la bataille Abou Jahl fut la
soixante-neuvièm e victim e et ‘Ouqba Ben Abi M ou'ait la soixantedixième, car tous ceux qui ont été tués parmi les polythéistes: « s o n t e n ­
t r é s e n lu t t e c o n t r e A lla h e t S o n P r o p h è t e » en leur désobéissant, se sé­
parant d ’eux, reniant la foi et négligeant les enseignem ents. « C a r
q u ic o n q u e e n t r e e n lu t t e c o n t r e A lla h e t S o n P r o p h è t e , A lla h lu i in f l ig e u n
c h â t im e n t e x e m p la ir e » , un châtiment qui est toujours réservé à ceux qui
font shisme d’avec Dieu et Son Envoyé.

Puis Dieu s’adresse aux impies:

« S u b is s e z c e c h â t im e n t . E t n ’o u b lie z

p a s q u e l e s u p p lic e d u f e u e s t r é s e r v é a u x in fid è le s »

dans la vie future.

yâ ’ayy u h a-l-lad in a ’a m a n û ’id â laq îtu m u -l-lad în a k afarû zah fan falâ tuw allûhum u-l-’a d b â ra (15) w a m ay-yuw allihim yaw m a ’id in d u b u ra h u ’illâ

187

m u t a h a r r i f a - l - l i q i t â l i n ’a w m u t a h a y y i z a n ’i lâ f i ’a t i n f a q a d b âA’a
b ig adab im -m in a-L -L âh i w a m a ’w âh u ja h a n n a m u w a b i’sa-l-m asîru (16).
O c r o y a n t s , lo r s q u e v o u s r e n c o n t r e z l ’a n n é e e n n e m ie , n e t o u r n e z p a s le
d o s . ( 1 5 ) C e lu i q u i t o u r n e l e d o s e n p a r e ille c ir c o n s t a n c e , à m o in s q u e c e n e
s o i t p o u r p r e n d r e u n e m e ille u r e p o s it io n o u r a llie r u n a u t r e g r o u p e , c e lu i- là
e n c o u r t l a c o lè r e d ’A lla h . I l f in ir a d a n s l a g é h e n n e . Q u e l t r is t e s o r t! ( 1 6 ) .

Dieu menace ceux qui s’abstiennent à combattre dans Sa voie de
leur châtier par le feu. il leur ordonne: « L o r s q u e v o u s r e n c o n t r e z l ’a r m é e
e n n e m ie » et que vous soyez tout près d’eux et face à face « n e t o u r n e z
p a s l e d o s » en fuyant et laissant les autres fidèles battre seuls. Mais
« c e lu i q u i to u r n e le d o s en p a r e ille c ir c o n s ta n c e , à m o in s q u e c e n e s o it

c’est à dire en usant un stratagème
par exemple en fuyant devant l’ennemi le faisant croire qu’il a peur de
lui, et ce dernier le suit pour le battre, mais le fidèle, en saisisant cette
occasion d’être seul, retourne vers lui et le tue. « O u r a l l i e r u n a u t r e
g r o u p e » en se déplaçant d’un côté à l’autre pour venir en aide à ceux
qui en ont besoin d’être secourus, ou de joindre un chef.
p o u r p r e n d r e u n e m e ille u r e p o s i t i o n »

A ce propos l’imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben Omar -que
Dieu les agrée- a râconté: «Faisant partie d’un régiment envoyé par le
Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -, les hommes prirent la fuite
et je fus parmi eux. Puis nous nous dîmes: «Que faire après avoir fui
l’ennemi et encouru la colère de Dieu? Si nous rentrons à Médine, y
passons la nuit, puis nous nous présentons devant l’Envoyé de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue - peut-être notre repentir sera accepté?»
En effet nous nous rendîmes chez lui avant la prière de l’aurore, il sor­
tit nous demander: « Q u i êtes-vous?» - Les fuyards, répondîmes-nous. Il
répliqua: « N o n , vous ê te s les v a illa n ts q u i a tta q u e n t a vec im p é tu o sité . J e
f a i s p a r tie de vous e t des m u su lm a n s» . Nous embrassâmes sa main et il
nous récita ce verset: «à m o in s q u e c e n e s o i t p o u r p r e n d r e u n e m e ille u r e
p o s it io n » (Rapporté par Ahmed, Abou Daoud, Tirmidzi et Ibn Maja)(1).

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En commentant cette partie du verset: « o u r a llie r u n a u tr e g r o u p e »
AL-Dahak a dit: «il s’agit de celui qui fuit pour se rallier au Prophète et
à ses compagnons, ainsi de celui qui le fait pour se rallier à son chef.
Mais si la fuite est faite pour une autre cause, elle sera considérée
comme un péché capital car, d’après Boukhari et Mouslim, Abou Houraira rapporte que l’Envoyé de Dieu - qu'Allah le bénisse et le salue - a
dit: « E v ite z les se p t p érils». - O E n vo yé de D ieu, dem anda-t-on, quels so n t
ces p é rils? » I l ré p o n d it: « Ils so n t: le p o ly th é is m e , la m a g ie , le m e u rtre
d ’u n e .â m e que D ie u a in te rd it à m o in s q u ’il n e se so it p o u r une ju s t e ra i­
so n, de dévorer le s biens d ’un orphelin, la f u it e au jo u r du co m b a t dans le
c h e m in d e D ie u , e t la d iffa m a tio n d es fe m m e s m a rié e s in s o u c ia n te s e t
croyante s

Donc celui qui fuit du combat, sauf pour les raisons sus-mentionnées, encourra la colère de Dieu et son refuge sera la Géhenne.
Quelle triste fin!.
L’imam Ahmed rapporte que Bachir Ben Ma'bad a raconté: «Je
me rendis chez le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - pour lui
prêter serment d’allégeance. Il me stipula d’attester qu’il n’y a d'autre
divinité que Dieu et que Mouhammad est son serviteur et Envoyé, de
s’acquitter des prières, de verser la zakat, de faire le pèlerinage à la
Maison Sacrée, de jeûner le mois de Ramadan et de combattre dans
la voie de Dieu. Je lui dis: «O Envoyé de Dieu, il en est deux obliga­
tions dont je suis incapable de m’en acquitter: Le combat dans la voie
de Dieu car on a dit que quiconque tourne le dos à l’ennemi encourra
la colère de Dieu. J’ai peur, si une fois que j ’y participe, que mon âme

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ne s’humilie et redoute la mort. Quant à la zakat -ou l’aumône- par
Dieu je ne possède que dix chamelles qui sont les biens de ma famille
et leurs montures». L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue ferma sa main puis l’agita et dit: «S’il n’y aura ni combat dans la voie
de Dieu ni aumône par quoi donc comptes-tu entrer au Paradis?» Je
lui répondis: «Je te prête donc serment d’allégeance en me conformant
à tout cela».
Il en est parmi les ulémas ceux qui ont précisé que la fuite au jour
du combat était interdite aux compagnons du Prophète - qu’Allah le bé­
nisse et le salue - étant donné que ce combat était une obligation per­
sonnelle pour chacun d’eux. Comme on a dit aussi que c’était du
devoir de Ansariens -les Médinois- qui lui avaient prêté serment d’allé­
geance de lui obéir en toute circonstance, ou bien encore cela ne
concernait que ceux qui avaient participé à la bataille de Badr. Ils pré­
sentent comme argument que ceux-là n’avaient d’autre groupe auquel
ils devaient se rallier qu’eux-mêmes, et le Prophète - qu’AHah le bé­
nisse et le salue - a dit en s’adressant à Dieu en ce jour-là: «M o n D ieu
si ce groupe sera vaincu, Tu ne seras ja m a is adoré sur la terre».

Al-Hassan et Yazid Ben Habib ont soutenu cette opinion et ce der­
nier ajouta: «Le jour de Badr, Dieu menaça par le châtiment du feu
tout fuyard à moins que ce ne soit de se détacher pour un autre
combat ou de se rallier à une autre troupe. Le preuve en est que, le
jour de la bataille de Ouhod, Dieu a dit aux fidèles: « S i c e r t a in s d ’e n t r e
v o u s o n t t r a h i le j o u r d e la r e n c o n t r e d e s d e u x a r m é e s , c ’e s t q u ’il s o n t é t é
s u b o r n é s p a r S a t a n , d é j à p r é d is p o s é s p a r le u r s p é c h é s . N é a n m o in s A lla h
le u r a p a r d o n n é , c a r

II

e s t p le in d e m is é r ic o r d e e t d ’in lu g e n c e »

[Coran IX,

25-27].
Mais Abou Sa'id a déclaré: «Quand bien même le verset précité
ne concernait que les hommes de Badr et que leur fuite était interdite,
il ne faut pas prétendre que cela se borne à eux seuls, alors que nous
avons dans le hadith rapporté par Abou Houraira la preuve, car en tout
temps la fuite du combat dans le chemin de Dieu demeure l’un des
grands péchés.

fa la m ta q tu lû h u m w a lâ k in n a -L -L â h a q a ta la h u m w am â ra m a y ta ’id ram a y ta w a lâ k in n a -L -L âh a ra m â w aliyubliya-l-m u’m in în a m in h u b a la ’an
h a s a n a n ’in n a -L -L â h a S a m î'u n ‘A lîm u n (17) d â lik u m w a ’a n n a -L -L â h a
m a h in u k y d i-l-k âfm n a (18).
V o s a d v e r s a ir e s , c e n ’e s t p a s v o u s q u e l e s a v e z t u é s . C ’e s t A lla h . V o s
c o u p s c e n ’e s t p a s v o u s q u i l e s a v e z p o r t é s . C ’e s t A l la h . A lla h q u i s e m a n i­
f e s t e a u x c r o y a n t s p a r c e t t e d é m o n s t r a t i o n é c la t a n t e . A lla h e n t e n d e t s a i t
t o u t ( 1 7 ) E t s i A ll a h a a g i d e l a s o r t e , c ’e s t q u ’i l v e u t r u in e r l a c a u s e d e s
in f i d è le s ( 1 8 ) .

Dieu affirm e qu’il est le créateur des actions des hommes qu’ils
doivent le louer pour les bonnes oeuvres qu’ils ont commises, car c’est
bien Lui qui les aidés et dirigés. C’est pourquoi II a dit: « V o s a d v e r s a i­
r e s , c e n ’e s t p a s v o u s q u i l e s a v e z t u é s , c ’e s t A ll a h » c’est à dire: malgré
leur m ultitude et votre petit nombre ce n’est pas grâce à votre puis­
sance et votre force que vous avez tué vos ennemis. Il l’affirme bien
dans ce verset quand il dit: « A lla h v o u s a a c c o r d é l a v ic t o ir e à B a d r m a l­
g r é v o t r e in f é r i o r it é » [Coran III, 123], et aussi: « A lla h v o u s a d o n n é l a v ic ­
t o ir e e n m a in t e s c i r c o n s t a n c e s , n o ta m m e n t à H o u n e in . C e j o u r - là , v o u s v o u s

[Coran IX, 25]. Donc
ni le petit nombre ni le grand ne pourront assurer la victoire en dehors
de D ieu qui l’a cco rd e à qui II v e u t e t quand II ve u t, c a r II a dit:
ê t e s f i é s à v o t r e n o m b r e . M a i s l e n o m b r e n e f it r ie n »

« C o m b ie n d e f o i s n ’a - t - o n p a s v u u n e p e t i t e t r o u p e d is p e r s e r u n e g r a n d e
a v e c l a p e r m is s io n d ’A lla h »

[Coran II, 249]. Il est toujours avec les per­

sévérants et les patients.
Puis Dieu rappelle à Son Prophète quand, le jour de Badr, il a pris
une poignée de sable et l’a lancée sur les impies, en lui disant: « v o s
c o u p s , c e n ’e s t p a s v o u s q u i l e s a v e z p o r t é s . C ’e s t A ll a h » . A cet égard Ibn '
A b b a e raoonto: «L e jo u r de B adr, l’ E nvoyé de Dieu - qu’Allah le bé­
nisse et le salue - leva les mains vers le ciel et dit: «Seigneur! Si ce
groupe (de croyants) sera vaincu. Tu ne seras jam ais adoré sur la
terre» Gabriel lui dit alors: «Prends une poignée de sable et lance-la

191

aux visages des incrédules». Il s’exécuta, et chacun des polythéistes
reçut du sable soit dans ses yeux, soit dans ses marines, soit dans la
bouche, et par la suite ils prirent tous la fuite. Certains rapporteurs ont
dit que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - en lançant le
sable aurait dit: «Que les visages soient enlaidis».
Une fois le sable lancé, les fidèles fondirent sur les impies les
tuant et les capturant. Leur défaite était dûe à cette poignée de sable.
Dieu voulut éprouver les croyants au moyen d’une belle épreuve venue
de Lui et savoir ceux qui sont reconnaissants. C ar Dieu entend et
exauce les invocations, et sait à qui II donne la victoire. S’il a agi de la
sorte « c ’e s t q u ’i l v e u t r u in e r l a c a u s e d e s in f i d è le s » en anéantissant leur
ruse et leur puissance.

’in ta s ta ftih û fa q a d jâA’a k u m u -l-fa th u w a ’in ta ta h û fa h u w a h a y ru -l-la ku m w a ’in t a ‘û d û n a ‘u d w alan tugniy a ‘a n k u m fi’a tu k u m say’an w alaw
k a tu r a t w a ’an n a-L -L âh a m a ‘a-l-m u’m in îna (19).
V o u s a v e z im p lo r é l ’ a r b it r a g e d ’A lla h . V o u s c o n n a i s s e z m a in t e n a n t l a
s e n t e n c e d ’A lla h . C e s s e z t o u t e h o s t i lit é , c e la v a u d r a m ie u x p o u r v o u s . M a i s
s i v o u s r e p r e n e z l a lu t t e , n o u s l a r e p r e n d r o n s a u s s i. V o t r e t r o u p e n e v o u s
s e r a d ’ a u c u n s e c o u r s , q u e l q u ’e n s o i t l e n o m b r e , c a r A l l a h e s t a v e c l e s
c r o y a n ts (1 9 ).

Dieu s’adresse aux incrédules: «Si vous cherchiez la victoire, de­
mandiez Son jugem ent pour trancher entre vous et vos ennemis les
croyants, vous avez obtenu tout cela, à cause des propos d’Abou Jahl
quand il a dit en rencontrant les fidèles: «Mon Dieu, c’est lui (Mouhammad) qui a rompu le lien de parenté, nous a apporté ce dont nous
ignorons, fais qu’il soit vaincu demain». C’était lui qui avait imploré la
victoire.
A s-S ouddy -a dit: «En auittant la M ecque pour se rendre à Badr,
les p o lyth é iste s s'a ccro ch è re n t aux voiles de la K a'ba et formulèrent

cette invocation: «Seigneur, donne la victoire aux meilleurs guerriers,
192

les plus nobles des deux partis et les meilleures tribus». Dieu leur ré­
pondit: «J’ai exaucé votre prière et donné la victoire au meilleur parmi
vous que vous avez désigné, à Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le
salue -».
en reniant la foi et traitant le Prophète de
dans les deux mondes « M a i s s i
v o u s r e p r e n e z la lu t t e n o u s l a r e p r e n d r o n s a u s s i» . C’est à dire: Si vous re­
venez à votre incrédulité et votre égarement, nous allons vous prépa­
rer une bataille pareille à celle-ci. Ou bien, d’après l’interprétation d’AsSouddy: si vous cherchez la victoire, nous l’accorderons à notre Pro­
phète Mouhmmad - qu’Allah le bénisse et le salue -. La première inter­
prétation s’avère être la plus logique.
« C e s s e z to u te h o s tilité »

menteur

« c e la v a u d r a m ie u x p o u r v o u s »

« V o t r e t r o u p e n e v o u s s e r a d ’ a u c u n s e c o u r s , q u e l q u 'e n s o i t l e n o m ­

Même si vous réussirez à former la plus grande armée, ceux qui
sont avec Dieu et se fient à Lui, nul ne pourra les vaincre car « A l l a h
e s t a v e c l e s c r o y a n t s » qui form ent le parti du Prophète - qu’Allah le bé­
nisse et le salue

b re».

y a ’a y y u h â -l-la d în a ’a m a n u ’a t î ‘û -l-L âh a w a ra sû la h û w alâ taw allû ‘an h u w a ’a n tu m ta s m a ‘u n a (20) w alâ ta k û n û k a -l-la d în a q â lu sa m i‘n a w a
h u m lâ y a sm a ‘û n a (21) ’in n a sarra-d-daw a" bbi ‘in d a-L -L âh i-s-su m m u -1 b u k m u -l-la d în a lâ y a ‘q ilû n a (22) w alaw ‘a lim a -L -L â h u fîh im h ayra-1la ’a sm a‘ah u m w alaw ’asm a‘ah u m lataw allaw w a h u m m u ‘rid û n a (23).
O c r o y a n t s , o b é i s s e z à A lla h e t à S o n P r o p h è t e . N e l ’a b a n d o n n e z p a s ,
m a i n t e n a n t q u e v o u s ê t e s r e n s e i g n é s ( 2 0 ) N ’i m i t e z p a s c e u x q u i d is e n t :
« N o u s a v o n s e n t e n d u a lo r s q u ’ü s n ’o n t p a s é c o u t é ( 2 1 ) L e s p l u s v i l e s c r é a t u ­
r e s a u r e g a r d d ’A l l a h s o n t c e lle s q u i n ’é c o u t e n t n i n e p a r le n t, s o n t c e lle s q u i

s o n t d é p o u r v u e s d ’e n te n d e m e n t ( 2 2 ) S i A lla h le u r a v a it r e c o n n u q u e lq u e a p ­

193

t it u d e , I l s e s e r a it e m p lo y é à l e s c o n v a in c r e . M ê m e s ’i l é t a i t f a i t e n t e n d r e
d ’e u x , il s s e s e r a ie n t é lo ig n é s d e L u i, m u r é s d a n s le u r in d if f é r e n c e ( 2 3 ) .

Dieu exhorte les fidèles à obéir à Lui et à Son Prophète, en les
défendant d ’im iter les incrédules dans leur rebeilion. Il leur dit: « n e
l ’a b a n d o n n e z p a s » et n’écartez-vous par de Dieu en lui désobéissant:
« m a in t e n a n t q u e v o u s ê t e s r e n s e ig n é s » et ce à quoi vous êtes appelés:
« N ’im it e z p a s c e u x q u i d is e n t: « N o u s a v o n s e n t e n d u a lo r s q u ’i l s n ’o n t p a s

qui sont les idolâtres d’après Ibn Jarir, ou les hypocrites selon
Ibn Ishaq qui font semblant d’écouter mais en fait ils n’entendent rien.

é c o u té »

Puis Dieu donne l’exemple des pires des bêtes à son regard: « L e s
pas la
vo ix de la vé rité « n i n e p a r l e n t » c ’e st à d ire les m uets qui ne la
comprennent pas. Car Dieu a créé toutes les créatures pour L’adorer
et Lui obéir, et ceux-là ont été créés pour le même but mais ils s’en
sont détournés et sont devenus semblables aux bestiaux, ou plus éga­
rés encore. Voilà ceux qui sont insouciants.

p l u s v il e s c r é a t u r e s a u r e g a r d d ’A lla h s o n t c e l l e s q u i n ’e n t e n d e n t »

Ceux-là ne jouissent ni d’une raison saine ni d’un but droit. Si Dieu
avait recoconnu quelque bien en eux, Il aurait fait en sorte qu’ils enten­
dent. Et pour montrer leur état déséspéré, Il a dit: « M ê m e s ’i l é t a i t f a i t
e n te n d r e , d ’e u x , ils s e s e r a ie n t é l o ig n é s d e L u i, m u r é s p a r le u r in d if f é r e n c e »

et mus par leur obstination pour persévérer dans leur égarement.

yâ ’ay y u h â -l-la d în a ’a m an û -stajîb û li-L -L âhi w a li-r-rasûli ’i d â d a ‘â k u m
lim â y u h y îk u m w a ‘lairiïï ’an n a -L -L âh a y a h u lu b a y n a -l-m a r’i w a q a lb ih î
w a ’a n n a h û ’ilayhi tu h sa ru n a (24).
O c r o y a n ts , r é p o n d e z à A lla h e t à S o n P r o p h è te q u a n d ils v o u s
c o n v ie n t à f a i r e v o t r e s a lu t . S a c h e z q u ’A lla h p e u t t r o u b le r l ’e n t e n d e m e n t d e
l ’h o m m e . E t s a c h e z a u s s i q u e v o u s lu i f e r e z r e to u r ( 2 4 ) .

Abou Sa'id AI-Mou‘alla rapporte: «Tandis que je priais, le Prophète
- qu'Allah le bénisse et le salue - passa près de

194

m o i e t m ’a p p e l a , m a i s

je ne me rendis pas à son appel. La prière terminée, j ’allai le voir et il
me dit: « Q u ’est-ce qui t ’a em pêché de répondre à m on appel? D ieu n ’a -t-Il
p a s dit: « O C r o y a n t s , r é p o n d e z à A lla h e t à S o n P r o p h è t e q u a n d il s v o u s
c o n v ie n t à f a ir e v o t r e s a lu t » Puis il poursuivit: « A va n t de so rtir, j e t ’ensei­
g n e ra i la p lu s g ra n d io se so u ra te du Coran». Quittant la mosquée je lui

rappelai ce qu’il m’a promis, il me répliqua:

«L ouange

à

A lla h , le S e i ­

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p riè re)» ( R a p p o r té p a r B o u k h a ri)(1).

L'expression «à f a ir e v o t r e s a lu t » signifie le Coran où on trouve le
salut, la survie et la vie-même, mais As-souddy précise que c’est l’Is­
lam qui fait revivre les hommes qui semblent être morts en persévé­
rant dans leur incrédulité.
« S a c h e z q u ’A lla h p e u t tr o u b le r l ’e n t e n d e m e n t d e l ’h o m m e » Ibn Abbas
a dit que Dieu s’interpose entre le fidèle et la mécroyance, ou entre
l’incrédule et la foi. Moujahed a soutenu cette interprétation en ajoutant
à la dernière phrase concernant l’incrédule: «en le laissant rien conce­
voir».
A ce propos, et entre autres hadiths prophétiques, on cite celui-ci
qui est rapporté par l’imam Ahmed d’après Anas Ben Malek où l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - disait souvent: « O T o i
quoi tourn es les cœurs, a fferm is m on cœur su r T a religion» On lui deman­
da: «O Envoyé de Dieu, nous avons cru en toi et en ton message. Re­
doutes-tu pour nous quelque chose?» Il répondit: « O u i, car les cœ urs

so n t to us entre d eu x d oig ts de D ieu le T rès-H a u t q u i les to urne co m m e II
veut» (2).

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L ’imam Ahm ed rapporte d’après Oum Salam a: «Le Prophète qu’Allah le bénisse et le salue - invoquait souvent Dieu par ces mots:
« M o n D ieu, T o i qui fa is tourner les cœurs a ffe rm is le m ien su r T a religion»

Je lui demandai: «O Envoyé de Dieu, les cœurs seront-ils tournés?» O ui, répondit-il, D ieu n ’a créé un h u m a in p a r m i les f i l s d ’A d a m sa n s que
so n cœur ne so it en tre d e u x d o ig ts de D ieu à L u i la p u issa n c e e t la glo ire.
S ’i l veut, I l le m a in tien t sur la voie dro ite, e t s ’i l veut, I l le dévie. N o u s d e­
m a n dons à n o tre Seigneur de ne p lu s dévier nos cœurs après nous avoir diri­
g é s , e t d e n o u s a c c o r d e r u n e m is é r ic o r d e v e n a n t d e L u i, c a r I I e s t le
S u p rê m e D o n a teu r» Je lui dis: «O Envoyé de Dieu, ne m’enseignes-tu

pas une invocation à form uler pour m oi-m êm e?» Il répliqua: « D is:
« M o n D ieu , le S eig n eu r du P ro p h ète M o u h a m m a d , p a rd o n n e -m o i m e s p é ­
chés, dissipe la colère de m on cœur e t p ré serv e-m o i co n tre l ’é g a rem en t d es
ten ta to in s ta n t que T u m e laisses vivre»(1K

w a -t-ta q û fitn a ta -l-lâ tu s ib a n n a -l-la d în a z a la m û m in k u m h a s s a t a n w a
‘lam ïï ’an n a-L -L âh a sadîd u-l-‘iqâbi (25).
R e d o u t e z u n e g u e r r e c i v ile q u i n ’a t te in d r a it p a s u n iq u e m e n t q u e l e s s é ­
d it ie u x . E t n ’o u b lie z p a s q u ’A lla h e s t im p la c a b le d a n s l a r é p r e s s io n ( 2 5 ) .

Dieu met en garde Ses serviteurs croyants contre une épreuve qui
pourrait atteindre aussi bien les pécheurs que les autres sans qu’elle
soit restreinte à ceux qui commettent les péchés ou à ceux qui se pro-

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posent de les commettre7 et nul ne serait capable de la repousser. A
ce propos l’imam Ahmed rapporte que Moutraf a dit: «Nous demandâ­
mes à Az-Zoubayr: «Qu’est-ce que vous êtes venus faire après avoir
perdu le calife qui fut assassiné. Serait-il pour crier vengeance?» Il ré­
pondit: «Du temps de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue -, Abou Bakr, Omar et ‘Othman, nous lisions souvent ce verset:
« R e d o u t e z u n e g u e r r e c iv ile q u i n ’a t te in d r a it p a s u n iq u e m e n t q u e le s s é d i­

Nous ne comptions pas qu’un jour nous serions les auteurs jus­
qu’à son avènement».

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Quant à As-Souddy, il a déclaré que les concernés par ce verset
étaient uniquement les hommes de Badr qui se sont combattus le jour
du «Jamal» (Yaoum Al-Jamal).
D’après Ibn Abbas: «Dieu ordonne aux croyants de réprouver tout
ce qui est blâmable sinon ils seront touchés par le châtiment divin».
Ouday Ben Oumayra rapporte qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue - dire: «D ieu à la puissance e t la gloire ne
châtie tous les hom m es à cause des m auvaises actio ns de quelques uns que
lo rs q u ’ils voient des choses blâ m ables se p ro d u ire devant e u x sans les ré­
p ro u ver alors q u ’ils so n t capables de le fa ir e . S ’ils ne le fo n t p a s, D ieu châ­
tie le to u t sans exception» (Rapportépar Ahmed)(1).

L’imam Amed rapporte d’après Houdzaifa Ben Al-Yamane que
PEnvoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «P ar celui qu i
tie n t m o n â m e en S a m a in , vous devez ordonner à fa ir e le bien e t d ’in ter­
d ire le rep réh en sib le sa n s q u o i D ieu sera su r le p o in t de vous in flig er un
c h â tim e n t q u ’à la s u ite vous l ’in vo q u erez m a is vous re ste re z in e xa u c és»

(Rapportépar Tirnùdzi et Ahmed)(2).

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L’imam Ahmed rapporte d’après An-Noulman Ben Bachir que le
Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - a dit: «C elui qui observe stric­
te m e n t les p rescrip tio n s de D ieu e t celui qui les transgresse so n t com para­
bles à des g en s q u i se tro u ven t su r un n avire et, (a p rès un tira g e a u s o rt)
les uns occupent le p o n t e t les autres la p a rtie inférieure. C eu x qui se trou­
vent au bas du navire, lo rsq u ’ils o n t besoin de s ’abreuver d ’eau, so n t obli­
g é s d e m o n ter sur le p o n t e t de croiser ce u x q u i y logent. Ils se dirent: « S i
n o u s fa is io n s un trou dans no tre p a r t de fa ç o n à ne p a s g êner ce u x qui se
trouvent sur le p o n t» , m a is ces derniers s ’ils les laissent fa ire , tous les hom ­
m e s p é r ir o n t, a u c o n tra ire , s ’ils les e m p ê c h e n t ils s e r o n t to u s sa u v és»
(R a p p o r té p a r A h m ed , B o u kh a ri e t T irm id zi)(1).

Oum Salama -que Dieu l’agrée- la femme du Prophète - qu’Allah
le bénisse et le salue - a rapporté qu’elle l’a entendu dire: « S i les péchés
de m a com m u n a u té se produiront au g ra n d jo u r, D ieu leur infligera un châ­
tim e n t venant de L u i.» Je lui demandai: «O Envoyé de Dieu, n’y aura-t-il

pas parmi eux des hommes vertueux? - Oui, répondit-il - Que feront-ils
alors?» Il répliqua: «Ils sero nt touchés p a r ce ch âtim ent pu is ils jo u iro n t du
p ard o n de D ieu e t de S a Satisfa ctio n » ( R a p p o r té p a r A h m e d )(2).

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y a ta h a tta fa k u m u -n -n â su fa ’âw âkum w a ’ayyadakum binasrih î w a razaq ak u m m in a-t-tay y ib âti la'allakum task u rû n a (26).
S o u v e n e z - v o u s q u ’a u -d é b u t v o u s é t i e z su r t e r r e p e u n o m b r e u x e t d é b i­
l e s , e n p r o ie à l a c r a in t e d ’ê t r e e x t e r m in é s p a r v o s v o is i n s . A lla h v o u s a
a lo r s p r is s o u s s a p r o te c tio n , v o u s a d o n n é s o n a s s is ta n c e e t a p o u r v u à v o s
b e s o in s . P e u t - ê t r e L u i e n s a u r e z - v o u s g ré? . ( 2 6 ).

Dieu rappelle aux fidèles Ses bienfaits et Sa bonté envers eux. Ils
étaient peu nombreux, faibles et peureux, Il les a rendus plus nom­
breux, les a secourus et fortifiés, et enfin II leur a accordé de Ses mul­
tiples grâces et bienfaits. Tel était aussi le cas des premiers croyants à
la Mecque: Peu nombreux, contraints et persécutés, avaient peur que
les gens ne les enlevassent de partout le pays à cause de leur fa i­
blesse. Ils restèrent ainsi jusqu’à leur émigration à Médine où ils trou­
vèrent un asile, des partisans et des frères très hospitaliers qui ne
tardèrent pas à les accueillir en leur prodiguant biens et amitié.
A cet égard Qatada raconte: Cette tribu parmi les autres Arabes
était la plus humiliée, indigente, nue, égarée. Celui parmi ses hommes
qui vivait, passait sa vie en misérable, et celui qui mourait, avait le
Feu. Par Dieu nous ne reconnaissions plus d’autres qui soient pires ou
plus misérables qu’eux. Avec l’avènement de l’Islam qui envahit les
pays, ils devinrent, plus aisés, plus puisants et subjuguèrent les autres.
Grâce à l’Islam, vous avez bien constaté ce que Dieu a accordé, soy­
ez donc reconnaissants envers votre Seigneur qui aime les reconnais­
sants ceux auquels II comblera leur besoin.

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’am â n â tik u m w a ’an tu m ta ‘lam û n (27) w a ‘lam u ’annam a' ’am w âlu kum
wa ’aw lâdukum fitn atun w a ’anna-L -L âha ‘indahu ’ajrun ‘azîtmm (28).
O C r o y a n t s , e n t r o m p a n t A ll a h e t l e P r o p h è t e , v o u s v o u s t r o m p e z

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v o u s - m ê m e s . E t v o u s l e s a v e z ( 2 7 ) S a c h e z q u e v o s b ie n s e t v o s e n f a n t s n e
s e r v e n t q u ’à v o u s é p r o u v e r e t q u ’A U a h d is p o s e d e r é c o m p e n s e s m a g n if i­
q u e s ( 2 8 ).

Le premier verset fut révélé au sujet de Abou Loubaba Ben Abdul
Mundzer lorsque l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue l’envoya à Bani Qoraïdha pour accepter le jugem ent du Prophète qu’Allah !e bénisse et le salue En le consultant pour savoir leur sort,
Abou Loubaba porta sa main à son cou, un geste qui signifiait la mort.
Puis, comme il devina que par son geste il a trahi Dieu et Son Envoyé,
il fit serment de ne plus manger jusqu’à ce qu’il trépasse ou que Dieu
accepte son repentir. A ces fins, il se rendit à la mosquée de Médine
où il attacha lui-même à une de ses colonnes, et resta ainsi neuf jours
qu’à la fin il tomba évanoui. Dieu ensuite fit descendre son repentir à
l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - et les hommes ac­
coururent vers Abou Loubaba pour lui annoncer la nouvelle. Voulant le
détacher de la colonne, il leur fit serment que seul le Prophète - qu’Al­
lah le bénisse et le salue - puisse le faire. Lorsque ce dernier arriva
pour le libérer de ses liens, il lui dit: «O Envoyé de Dieu, j ’ai fait un
vœu de donner une partie de mes biens en aumône» Il lui répondit: «Il
te suffit de consacrer le tiers».
Dans les deux Sahihs, ou trouve l’histoire de Hateb Ben Balta'a
qu’on avait mandé à la suite de la découverte d’une lettre qu’avait en­
voyée aux idolâtres de la Mecque, en leur avertissant que l’Envoyé de
Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - se prépare pour la conquête de
cette ville. En interrogeant Hateb, il avoua sa trahison, ‘Omar Ben AlKhattab se leva alors en disant: «O Envoyé de Dieu, permets-moi de
t r a n c h e r la t ê t e à c e p e r f i d e qui a trahi Dieu, son Messager et les fidè­
les» - Laisse-le, lui répondit^!, il a participé à l’expédition de Badr. Qui
sait, peut être Dieu a des égards pour ceux qui ont assisté à Badr en
leur disant: «Faites ce que vous voudrez, je vous pardonne».
Mais il s’avère que ce verset a une portée générale malgré qu'il a
été révélé dans une circontsnce particulière, étant donné que la trahi­
son concerne tous les péchés véniels soient-ils ou capitaux.
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dit qu’il s’agit des devoirs prescrits que Dieu a confiés aux hommes qui
200

doivent les observer sans les négliger. Et suivant une variante: Ne tra­
hissez pas Dieu et le Messager en négligeant la sunna et commettant
les péchés.
Selon d’autres interprétations: Ne divulguez pas tout ce que vous
aurez entendu dire du Prophète pour qu’il ne parvienne aux impies.
Ou: Ne trompez pas Dieu et le Prophète à la façon des hypocrites.
« S a c h e z q u e v o s b ie n s e t v o s e n f a n t s n e s e r v e n t q u ’à v o u s é p r o u v e r »

Les biens et les enfants qu’accorde Dieu aux hommes constituent, en
fait, une épreuve et une tentation pour savoir s’ils sont Lui reconnais­
sants et s’ils s’en servent pour Lui obéir ou bien ils seront un moyen
pour se détourner de lui comme II les exhorte dans ce verset: «O
C r o y a n ts , q u e le s o u c i d e v o s r ic h e s s e s e t d e v o s e n f a n t s n e v o u s d é to u r n e n t
p a s d ’A lla h »

[Coran LX 111,9].

« A lla h d i s p o s e d e r é c o m p e n s e s m a g n if iq u e s » une expression qui si­
gnifie que Dieu réserve aux croyants une récompense meilleure que
les enfants et les richesses, qui est le Paradis, car if se peut qu’ils
soient comme des ennemis pour eux s’ils les distraient du souvenir de
Dieu et, par la suite, ils ne pourraient rien pour eux auprès de Lui.
Dieu est celui qui dispose de tout ce qu’il a créé et qui donnera la plus
belle récompense le jour de la résurrection aux fidèles.

Dans un hadith authentifié Œ nvoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse
et le salue - a dit: «Q uiconque p o ssède ces trois choses goû tera la douceur
de la f o i : d ’a im er D ieu e t S o n E n v o y é p lu s q u ’a u cu n a u tre ; de n ’a im er
q u ’en vue de D ie u e t de répugn er de retourner à l ’idolâterie com m e de répu­

gner d ’être p ré cip ité dans le Feu après que D ieu l ’en a it sauvé» (R a p p o r té
p a r B o u kh a ri e t M o u s lim )(1).

Donc aimer PEnvoyé de Dieu passe avant l’amour des enfants et
des richesses et cela constitue un signe de foi.

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w a yu k affir ‘an k u m sayyi‘atik u m w a yagfir lak u m w a-L -L âh u d û -l-fad lil-‘azîm i (29).
O c r o y a n t s , s i v o u s c r a ig n e z A lla h , I l v o u s d is t in g u e r a d e s a u t r e s , I l
a b s o u d r a v o s p é c h é s e t v o u s r e c e v r a d a n s l e s e in d e S a m io s é c o r d e . A lla h
e s t d é t e n te u r d e l ’é n o r m e g r â c e . ( 2 9 ) .

Cette distinction a été interprétée de plusieurs façons. La plus cor­
recte signifie la possibilité qu’accorde Dieu à ceux qui le craignent de
distinguer entre la vérité et l’erreur. Cela ne sera acquis que grâce à la
soumission aux ordres divins et l’abstention de commettre tout ce qu’il
a interdit, on arrivera alors à réaliser cette distinction et à assurer une
issue d’où on pourra accéder au bonheur dans l’au-delà. Dieu absou­
dra les péchés dans la vie future et les dissimulera dans la vie pré­
s e n t e . C e c i e s t un m o y e n p o u r o b t e n i r u n e r é c o m p e n s e
incommensurable selon cette promesse de Dieu: « O c r o y a n t s , c r a ig n e z
A lla h , e t s o u m e t t e z - v o u s à S o n P r o p h è t e . I l v o u s d o n n e r a d e u x p a r t s d e S a
m is é r ic o r d e . I l v o u s d o n n e r a u n e lu m iè r e p o u r v o u s g u id e r . I l v o u s p a r d o n ­
n e r a , c a r A la lh e s t in d u lg e n t e t m is é r ic o r d ie u x »

[Coran LVII, 28].

w a ’id y a m k u ru b ik a - l- la d în a k a f a r û liy u tb itû k a ’aw y a q tu lû k a ’aw
y u h rijû k a w a y a m k u rû n a w a y a m k u ru -L -L â h u w a-L -L âh u h ayru-l-m âkirîn a (30).
L e s in fid èles tram en t un com p lot con tre to i pour te faire prisonnier, te
tu er o u te bannir. U s tra m en t un co m p lo t co n tr e to i, m a is A lla h tr a m e un
c o m p lo t c o n tr e e u x . E t A lla h e s t le p lu s r e d o u ta b le d e s c o n s p ir a te u r s . ( 3 0 ) .

Oubaïd Ben Oumaïr rapporte: «Lorsque les polythéistes usèrent
de stratagèmes contre le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue -

202

pour s’emparer de lui, pour le tuer ou pour l’expulser du pays, son on­
cle paternel Abou Taleb lui dit: «Es-tu au courant de leur complot?»
Certes oui répondit le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -, ils
veulent me faire prisonnier, me tuer ou me bannir». Et l’oncle de de­
mander: «Qui t’a appris cela? - Mon Seigneur, répliqua-t-il. Abou Taleb
rétorqua: «Quel magnifique Seigneur! Sois donc bon à son égard». Que je sois bon à son égard? riposta le Prophète - qu’Allah le bénisse
et le salue c’est plutôt Lui qui devra l'être». A cette occasion le ver­
set précité fut révélé.
L’auteur de cet ouvrage trouve que ce hadith est étrange car le
verset fut descendru à Médine alors que les polythéistes et Abou Taleb
vivaient à La Mecque. Leur complot fut tramé la nuit de l’émigration.
Ce qui corrobore ce commentaire est le récit que raconte Mouham m ad Ben Ishaq d’après Ibn Abbas et qui est le suivant: «Un
groupe des notables Qoraïchites décidèrent de se réunir à Dar-AnNadwa (leur parlement) pour tenter de trouver une issue au problème
du Prophète - qu’Alfah le bénisse et le salue - Le démon, prenant les
traits d’un vieil homme, les rencontra. Ils lui demandèrent: «Qui estu?» - Un vieillard de Najd, répondit-il, je sais que vous avez un pro­
blème et je suis venu pour écouter vos paroles et vous aider peut-être
de mes conseils.
Il fut admis à la réunion. Un des conspirateurs dit: «Pensez bien à
cet homme (le Prophète), on ne peut plus s’assurer qu’il ne nous atta­
quera un jour avec ses partisans».
U n a u t r e s u g g é r a : « E n f e m e z - l e d a n s u n geôle et laissez-le y mou­
rir à l’instar des autres poètes Zouhaïr et An-Nabigha.

C’est alors que l’ennemi de Dieu (le démon) s’écria: «Je ne suis
pas de votre avis. Si vous l’em prisonnez comme vous dites, ses
compagnons le sauront et vous attaqueront pour le libérer. Leur nom­
bre augmentera grâce à lui et ils vous vaincront. Non, cherchez une
autre solution».
-C e vieillard a raison, dirent-ils. Pensez à une autre solution.
Un autre homme proposa: «Exilez-le du pays. S’il quitte nos ter­
res, peu nous importe où il ira».

203

Le vieillard de Najd objecta: «Non, ce n’est pas une bonne idée.
N’avez-vous pas noté ses paroles mielleuses avec lesquelles il ensor­
celle les hommes. Par Dieu si vous le laissez partir, il pourra rassem­
bler tous les autres Arabes contre vous et viendront tuer les chefs
parmi vous et vous expulser de votre propre pays». Ils répondirent
tous: «Ce vieillard a raison, cherchons une autre solution».
Abou Jahl -que la malédiction de Dieu soit sur lui- suggéra: «Je
crois, que j ’ai trouvé la meilleure des solutions. Vous choisissez un
jeune homme honnête de chaque tribu, lui donnez un sabre afin que le
groupe aille tuer cet homme. Son sang sera dispersé dans toutes les
tribus, et je ne pense pas que cette phratrie de Bani Hachem puisse
affronter les autres tribus. Nous pourrons leur payer le prix du sang et
serons en sécurité ensuite contre tout méfait».
Le vieillard de Najd s’exclama: «Par Dieu, c’est la meilleure des
solutions, et je ne trouve pas d’autre».
Sur ces entrefaites, ils se dispersèrent, et Gabriel vint trouver l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - pour le mettre au cou­
rant de ce complot. Il ne devait pas donc passer cette nuit chez lui, et
Dieu lui permit alors de quitter La Mecque pour émigrer vers Médine.
Après son arrivée à cette ville, Il lui révéla la sourate du Butin pour lui
rappeler Ses bienfaits. Il lui dit: « L e s in fid è le s t r a m e n t u n c o m p lo t c o n t r e
t o i p o u r t e f a ir e p r is o n n ie r , t e t u e r o u t e b a n n ir . I ls t r a m e n t u n c o m p l o t
c o n tr e t o i, m a is A lla h t r a m e u n c o m p lo t c o n t r e e u x . E t A lla h e s t l e p lu s r e ­
d o u t a b le d e s c o n s p ir a te u r s » . Et au sujet de l’idée de l’emprisonner à l’ins­
tar des autres poètes, Il lui dit: « D is e n t -ils : « C ’e s t u n p o è t e , a tte n d o n s q u e
le s o r t t o u r n e c o n t r e lu i? » [ C o r a n L U , 3 0 ] .

Et Ibn Ishaq de poursuivre le récit: «Gabriel ordonna donc au Pro­
phète - qu’Allah le bénisse et le salue - de ne plus passer la nuit à l’en­
d ro it habituel. Ce dernier convoqua alors Ali Ben Abi Taleb et lui
demanda de se coucher sur son lit et de s’envelopper de sa couver­
ture verte. Ali s’exécuta et le Prophète - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue - sortit de sa demeure et trouva les jeunes hommes dont Dieu les
avait rendus aveulges pour qu’ils ne voient rien. Il prit une poignée de
.Sahlo at la jeta sur leurs têtes en récitant: « Y a . S in . P a r l e L iv r e d e la

204

s a g e s s e . . . j u s q u ’à N o u s a v o n s b o u c h é l ’o u v e r t u r e s u r le u r s t ê t e s . I l s n e
v o ie n t p lu s r ie n »

[Coran XXXVI, 1-9].

Ibn Hibban et Al-Hakem ont rapporté d’après Ibn Abbas que Fatima entra en pleurant chez son père l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bé­
nisse et le salue -. Il lui demanda: «Pourquoi pleures-tu, ma fille?» Comment ne pas pleurer, répondit-elle alors que ces gens-là parmi les
chefs Qoraichites se sont engagés au sein de la Ka'ba et ont juré par
Al-lat, Al-Ouzza et Manat qu’ils vont te tuer quand ils te rencontrent.
Chacun d’eux aura dispersé une part de ton sang». Il lui répliqua:
«Apporte-moi de l’eau pour mes ablutions.
Les ablutions terminées, l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et
le salue - quitta sa demeure pour se rendre à la Mosquée. En le voy­
ant, ils s’écrièrent: «Le voilà!» Ils baissèrent leurs têtes et ne purent
plus le voir. L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - prit
une poignée de sable et la jeta contre leurs visages en disant: «Que
les visages soient enlaidis». Tout homme dont le sable l’atteignit en ce
jour-là fut tué le jour de Badr en incrédule».
Le reste du récit est le suivant: «Ali -que Dieu l’agrée- passa la
nuit sur le lit du Prophète qui quitta sa demeure pour se diriger vers la
grotte. Les polythéistes, quant à eux, passèrent la nuit en guettant Ali
qui le prenaient pour le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -. Le
lendemain matin, ils s’élancèrent contre lui, et ainsi Dieu déjoua leur
complot. Ils lui demandèrent: «Où est ton compagnon?» - Je ne sais
pas, leur répondit-il, suivez ses traces.
Arrivés à la montagne, ils perdirent tout signe. Ils l’escaladèrent,
passèrent par la grotte et, voyant sur son entrée une toile d’araignée,
se dirent: «S’il était entré dans cette grotte, il ne devait pas y avoir une
toile d’araignée». Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - devait
y passer par la suite trois nuits avec son compagnon Abou Bakr.

205

w a ’i d â t u t lâ ‘a l a y h im ’a 'y â t u n â q â lû q a d s a m i‘n â la w n a s a ’u la q u l n â
m i t l a h â d a 1 ’in h â d a

’ilia" ’a s â t a t î r u - l - ’a w w a lîn a ( 3 1 ) w a ’id q â lû - L - L â -

h u m m a ’in k â n a h â d â h u w a - l - h a q q a m i n ‘i n d i k a f a ’a m t i r ‘a l a y n â
h ij a r a t a m - m i n a - s - s a m a ’i ’a w - i ’t in â b i ‘a d â b in ’a lîm in ( 3 2 ) w a m â k â n a - L L â h u l i y u ‘a d d i b a h u m w a ’a n t a f îh im w a m â k â n a - L - L â h u m u ‘a d d i b a h u m w a h u m y a s t a g f ir û n a ( 3 3 ).

Q u a n d o n leu r r é c ite n o s v e r se ts, ils d isen t: « N o u s le s a v o n s d é jà e n ­
te n d u s. A u r e s t e , il n e tie n d r a it q u ’à n o u s d’en fa ir e a u ta n t. C e n e s o n t là
q u e d e v ie ille s h is to ir e s » ( 3 1 ) . I ls d ise n t: « G r a n d A lla h , s i la v é r ité q u ’on
n o u s p r o c la m e v ie n t v r a im e n t d e T o i , f a is to m b e r su r n o u s u n e p lu ie d e
p ierres o u in flig e -n o u s un ch â tim en t ép o u v a n ta b le» (3 2 ) A lla h n e sa u r a it pu­
nir le s h o m m es p en d a n t q u e tu e s p arm i e u x . D e m êm e q u ’i l n e sa u r a it le s
punir d a n s le te m p s qu’ils im p loren t S o n p ard on (3 3 ).
E n e n t e n d a n t ré cit e r le s ve rs e t s du C o r a n , le s p o lyt h é is t e s d a n s
l e u r o p in i â t r e t é , r e b e l l i o n e t é g a r e m e n t , d i s a i e n t : « N o u s le s a v o n s d éjà

en ten d u s. A u r e ste , il n e tien d ra it qu’à n o u s d’e n fa ir e a u ta n t» e t c e n e f u t
d e l e u r p a r t q u e p r é s o m p t i o n c a r ils f u r e n t d é f i é s p l u s d ’ u n e f o i s d e
p r o d u i r e u n e s e u l e s o u r a t e p a r e i l l e à c e l l e d u C o r a n . O n a d it q u e A n N a d a r B e n A l -H a r e t h é t a i t l’a u t e u r d e c e s p a r o l e s , à s a v o i r q u ’il a
p a s s é u n b o n m o m e n t e n p e r s e o ù il a r e t e n u t a n t d e c h o s e s d e l e u r s
r o i s R o u s t o m e t A s f a n d i a r d e . E n r e t o u r n a n t à L a M e c q u e , l’E n v o y é d e
D i e u - q u ’A l l a h le b é n i s s e e t le s a l u e - é t a i t a l o r s c h a r g é d e c o m m u n i ­
q u e r le m e s s a g e e t d ’a p p e l e r à D i e u , e n r é c i t a n t d u C o r a n a u x h o m ­
m e s.
C h a q u e f o i s q u e P E n v o y é d e D i e u - q u ’A l l a h l e b é n i s s e e t l e s a ­
l u e - q u it t a i t u n e a s s e m b l é e , A n -N a d a r B e n A l -H a r e t h p r e n a i t s a p l a c e
p o u r ra c o n t e r a u x h o m m e s le s h is t o ire s d e s a n c ê t re s e n le u r d e m a n ­
d a n t à la f in : «Q u i d e n o u s e s t le m e i ll e u r r a p p o r t e u r m o i o u M o u h a m m aa ? » F-our cela n tacîlila la ta c h e aux fidèles d e te c ap turer te jour d e

B a d r , e t l’E n v o y é d e D i e u -q u ' A l l a h le b é n i s s e e t l e s a l u e - o r d o n n a
e n s u i t e d e le l i g o t e r e t lu i t r a n c h e r la t ê t e d e v a n t l u i , e t l e s h o m m e s

206

s ’e x é c u t è r e n t . O n a d i t a u s s i q u e A l -M i q d a d B e n A l -A s w a d le c a p t u r a
s e lo n le ré c it d ’I b n Ja r i r .

« C e n e s o n t là q u e d e v ie ille s h is to ir e s » c ’e s t à d i re d e s l é g e n d e s r a ­
c o n t é e s p a r le s A n c ie n s . C e s p ro p o s n e s o n t q u e d e p u rs m e n o n g e s
c a r l e s i m p i e s , e n t e n d a n t c e l a , d i s a i e n t : « C e n e so n t q u e v ie u x c o n t e s r e ­

c u e illie s p a r lu i, a j o u t e n t -ils , q u ’o n lu i d ic t e m a t in e t s o ir » R é p o n d s : « C e
C o r a n é m a n e d e c e lu i q ui c o n n a ît le s se c r e t s d e s c ie u x e t d e la te r r e , d e c e ­
lu i q u i e s t en clin au p ard on e t à la m isé r ic o r d e » [C o r a n X X V , 5 -6 ].
E t D i e u n ’e s t i n d u l g e n c e e t m i s é r i c o r d e q u ’e n v e r s c e u x q u i s e r e ­
p e n t e n t e t r e v i e n n e n t à Lu i p o u r o b t e n i r S o n p a r d o n .
P o u s s é s p a r le u r o b s t in a t io n e t le u r ig n o r a n c e , le s p o ly t h é is t e s d i­
re n t : « G r a n d A lla h , s i la v é r ité q u ’o n n o u s p r o c la m e v ie n t v ra im en t d e T o i,

f a is t o m b e r su r n o u s u n e p lu ie d e p ie r r e s o u in f lig e - n o lu s u n c h â t im e n t
é p o u v a n ta b le » V o i l à c e q u ’o n l e u r r e p r o c h a : «i l l e u r v a l a i t m i e u x d e d e ­
m a n d e r a u S e i g n e u r : «G r a n d D i e u , si c e l a e s t la v é r it é v e n a n t d e To i ,
d i r i g e -n o u s v e r s e l l e e t f a i s q u 'o n la s u i v e ». M a i s ils i m p l o r è r e n t D i e u
d e h â t e r l e u r c h â t i m e n t , c o m m e II m o n t r e l e u r a t t it u d e d a n s u n a u t r e
v e r s e t : « I ls te d e m a n d e n t d e h â te r le u r su p p lic e . I ls ig n o r e n t q u ’u n te r m e

f ix e l’h eu re d e le u r c h â tim e n t» [C o r a n X X I X , 5 3 ] e t : « Ils d isen t: « S e ig n e u r ,
a v a n c e n o t r e c h â t im e n t s a n s a tt e n d r e le jo u r d e la r é su r r e c t io n » [ C o r a n
X X X V I I I , 1 6 ].
A i n s i f u t la d e m a n d e d e s i g n o r a n t s p a r m i le p e u p l e d e C h o u 'a i b
q u a n d ils lu i d i r e n t : « F a is to m b e r su r n o u s un p a n d e c ie l, s i tu d is la v é ­

r ité » [C o r a n X X V I , 1 8 7 ].
Ana s

Be n

M a le k ra p p o rt e

q u ’A b o u

Ja h l B e n

H ic h a m

s ’é c r i a :

« G r a n d A lla h , s i la v é r ité q u ’o n n o u s p r o c la m e v ie n t v r a im e n t d e T o i, f a is
to m b e r su r n o u s u n e p lu ie d e p ie r r e s o u in flig e -n o u s u n c h â tim e n t é p o u v a n ­
t a b le » . D i e u f it d e s c e n d r e à c e t t e o c c a s i o n : « A lla h n e s a u r a it p u n ir le s
h o m m e s p e n d a n t q u e tu e s p a r m i e u x . D e m ê m e q u ’i l n e s a u r a it le s p u n ir
d a n s le te m p s q u ’ils im p lo ren t so n p ard o n » .
A u s u j e t d u d e r n i e r v e r s e t I b n A b b a s r a p p o r t e : «L e s i d o l â t r e s f a i ­
s a ie n t la c ir c u m a m b u la t io n a u t o u r d e la M a is o n s a c r é e
«G r a n d

e t d isa ie n t:

D ie u , n o u s vo ilà ré p o n d re à t o n a p p e l; n o u s vo ilà ré p o n d re à

t o n a p p e l . T u n ’a s p a s d ’a s s o c i é s , s a u f s e u l q u i a p p a r t i e n t à To i e t c e

207

qu’il possède. Nous implorons Ton pardon. Nous implorons Ton par­
don». C’est à leur sujet que ce verset fut révélé: « A lla h n e s a u r a it p u n ir
le s h o m m e s p e n d a n t q u e tu e s p a r m i e u x » . Dans leur ancienne attitude ils
jouissaient de deux facteurs qui leur assuraient la sécurité: La pré­
sence du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - parmi eux et le
pardon. Le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - mourut et il ne
leur resta que la demande du pardon».
Une interprétation semblable a été faite par Ad-Dahak. A ce pro­
pos l’imam Ahmad rapporte d’après Abou Sa'id que l’Envoyé de Dieu
- q u ’Allah le bénisse et le salue - a dit: « L e d ém o n a d it: « O S eig n eu r, j e
j u r e p a r T a p u is s a n c e , j e n e ce sse ra i d e te n te r T e s s e r v ite u r s ta n t q u ’ils
so n t en vie». E t le S eig n eu r de lui répondre: « P a r M a p u issa n ce e t M a m a ­
je s té , J e ne ce sse ra i d e leu r a cco rd er M o n p a rd o n ta n t q u ’ils l ’im p lo re n t»
( R a p p o rté p a r A h m e d e t A l- H a k e m ) (1K

w a m â la h u m ’a lla y u ‘a d d ib a h u m u - L - L â h u w a h u m y a s u d d û n a ‘ani-1m asjidi-l-harâm i w am â kâriu ’a w lia ’ah u ’in ’aw liya ’u h u ’illâ -l-m u ttaq û n a w alâk in n a ’a k ta ra h u m lâ y a ‘la m û n a (34) w am â k â n a salâ tu h u m ‘in da1-bayti ’illâ m u k a ’a n w a ta sd iy atan fa d û q û -l-‘a d â b a b im â k u n tu m tak fu rû n a (35).
P o u r q u o i A lla h n e l e s p u n ir a it - ïl p a s a lo r s q u ’il s d é t o u r n e n t l e s f i d è le s
d u t e m p le s a c r é ; q u o iq u e n ’e n é t a n t p a s le s g a r d ie n s ? C ’e s t à c e u x q u i c r a i­
g n e n t A lla h q u i a p p a r t ie n t c e t t e g a r d e . M a i s l a p l u p a r t d ’e n t r e e u x n e l e
c o m p r e n n e n t p a s ! ( 3 4 ) . L e u r p r iè r e d a n s le T e m p le n ’é t a i t q u e c l a m e u r s e t
a p p la u d i s s e m e n t s . S u b i s s e z m a in t e n a n t l a p e in e q u e v o u s v a u t v o t r e im ­
p ié t é ( 3 5 ) .

Dieu n’avait pas châtié les idolâtres de La Mecque à cause de la
bénédiction du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - qui vivait
parmi eux. Quand il leur quitta en le forçant à émigrer vers Médine,
Dieu leur fit goûter Sa puissance en faisant tuer une partie et capturant
une autre parmi leurs chefs et notables. Puis II leur dirigea vers les
moyens d’e ffacer leurs péchés et fautes en implorant Son pardon.
Mais Qatada et As-Souddy ont déclaré qu’ils n’avaient jam ais de­
mandé au Seigneur de leur pardonner, autrement II ne les aurait pas
châtiés.
Quant à Al-Hassan Al-Basri et Ikrima, ils ont précisé que ce ver­
set: « A lla h n e s a u r a it p u n ir le s h o m m e s ....» fut abrogé par le verset sui­
vant: « P o u r q u o i A lla h n e le s p u n ir a it- I l p a s .. .. » et c’est pourquoi ils ont
combattu à La Mecque et éprouvé la faim et les calamités.
Ces polythéistes, pourquoi Dieu ne les punirait-ll pas alors qu’ils
écartent les fidèles de la Maison Sacrée qui se trouve à La Mecque,
ces derniers sont vraiment les amis de cette mosquée et les plus di­
gnes d’y faire la circumambulation tout autour: Ceux qui craignent Dieu
et les compagnons du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue -. Dieu
montre cela aussi d’une façon plus précise quand II dit: « I l n ’a p p a r tie n t
p a s a u x in f id è le s d ’e n tr e te n ir le c u lt e d ’A lla h , a lo r s q u ’il s s o n t le s p r o p r e s
t é m o in s d e le u r im p ié té . L e u r s œ u v r es s o n t v a in e s e t il s a u r o n t l ’e n f e r p o u r
s é jo u r é t e r n e l. L ’e n t r e tie n d u c u lt e n e s a u r a it ê tr e a s s u r é q u e p a r c e u x q u i
c r o ie n t à A lla h e t a u j o u r d e r n ie r , q u i o b s e r v e n t l a p r iè r e e t a c q u it t e n t la
d îm e e t q u i n e c r a ig n e n t q u ’A lla h . C e u x - là o n t d e s c h a n c e s d e f a ir e le u r s a ­
lu t »

[Coran IX, 17-18] et aussi dans ce verset:

« M a i s é lo in g e r le s g e n s

de l a v o i e d ’A l l a h , r e n i e r A l l a h , d é t o u r n e r l e s f i d è l e s d e l ’o r a t o i r e s a c r é e t

e n c h a s s e r le s h a b i t a n t s , q u e l s a c r il è g e e n c o r e p lu s g r a v e a u r e g a r d d ’A l ­
la h »

[Coran II, 217].

Al-Hafedh Ben Mardaweih rapporte d’après Anas Ben Malek qu’on
demanda à l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -: «Qui
sont tes amis?» Il répondit: «Ils sont ceux qui craignent Dieu», puis il
ré c it a le v e rs e t .

Puis Dieu raconte ce qui était le comportement des idolâtres au
sein du Temple sacré: « L e u r p r iè r e d a n s le T e m p le n ’é t a it q u e c la m e u r s
e t a p p la u d is se m e n t s », iis y sif f la ie n t e t b a t t a ie n t le s m a i n s . D ’ a u t a n t p lu s ,

209

comme raconte Ibn Abbas, les idolâtres de Q o r a ic h faisaient les tour­
nées autour de la Maison à l’état de nudité totale.
Quant à Ibn Omar, il a commenté leur geste en disant qu’ils agis­
saient ainsi pour brouiller la prière du Prophète - qu’Allah le bénisse et
le salue -, ou selon les dires d’Az-Zouhari, ils tournaient les croyants
en dérision. Et pour répondre à leurs méfaits, Dieu leur dit: « S u b is s e z
m a in t e n a n t la p e in e q u e v o u s v a u t v o t r e im p ié t é » .

’in n a-M ad în a k afarû yunfiqûna ’am w âlahum liyasuddû ‘an sabîli-L-L âhi
fa sa y u n fiq û n a h â tu m m a ta k û n u ‘alay h im h a s ra ta n tu m m a y u g la b û n a
w a-l-ladîn a k afaru ’ilâ jah an n am a y u h srû n a (3 6 ) liyam îza-L -L âhu-l-habît
a m in a-t-tay y ib i wa yaj‘ala -l-habîta b a ‘d u h û ‘alâ b a ‘d in fayarkum ahû jam î‘an fayaj‘alahû fî ja h an n am a ’û l a ’ik a hum u-l-hasirûna (37).
L e s in f i d è l e s e m p lo ie n t le u r s b ie n s à d é t o u r n e r d e l a v o i e d ’A lla h . I ls
p e r d r o n t le u r s b ie n s , n o n s a n s en ép r o u v e r d u r e g r e t. P u is e n f in d e c o m p te ,
i ls p e r d r o n t la p a r t ie . L ’e n f e r e s t r é s e r v é a u x in f id è le s . ( 3 6 ) A lla h d is t in g u e
l e s m a u v a is d e s b o n s . L e s m a u v a is , I l s l e s e n t a s s e l e s u n s s u r l e s a u t r e s
p o u r n ’e n f a ir e q u ’u n m o n c e a u , q u ’i l p r é c ip it e e n e n f e r . C e s o n t l à l e s r é ­
p r o u v é s . ( 3 7 ).

Mouhammd Ben Ishaq raconte: «Après la défaite des polythéistes
à Badr et le retour à La Mecque, Abou Soufian put récupérer toute la
caravane. Abdullah Ben Abi Rabi'a, Ikrima Ben Abou Jahl et Safwan
Bwn Oumaya se rendirent chez lui à la tête d’un groupe des Qoraïchites qui avait perdu des pères, fils et frères. A Abou Soufian et à ceux
qui avaient une part des biens dans la caravane, ils s’adressèrent: «O
q o ^ . o ^u o s î
a m a s e a o r â v o t r e élite et V OUS a laissés
sans pere, ni fils ni frère! D onnez-nous les biens de cette caravane,
peut-être on arriverait à nous venger de lui». Les Qoraïchites ne tardè­

210

rent pas à leur en donner. C’est à cette occasion que fut révélé ce ver­
set: « L es in fid èle s en p loien t leu rs b ien s.... jusqu'à: « C e so n t là le s reprou­
vés».

Ad-Dahak a dit: «Bien que ce verset fut descendu à propos d’un
groupe de Qoraïchites, mais son application est générale, car Dieu,
par cela, voulut montrer que tous ceux qui dépensent leurs richesses
pour écarter les hommes de la vérité, ils ne font que les gaspiller puis
ils déploreront de l’avoir fait. Ceux-ci veulent éteindre, de leurs bou­
ches, la lumiere de Dieu et la proclamation de la parole de la vérité.
Mais Dieu parachèvera Sa lumière en dépit des mécroyants. Voilà l’op­
probre qu’ils subiront dans le bas monde et un châtiment très doulou­
reux leur sera réservé dans l’autre. Qui vivra verra de ses propres
yeux et entendra de ses propres oreilles qui lui causera tant de pei­
nes». Voilà le sens de ces paroles divines: « Ils perdront leu rs biens, non
sa n s en ép rou ver du reg re t. P u is, en fin de co m p te, ils p erd ron t la p a r tie.
L ’enfer e st réservé a u x infid èles».

Quant aux dires de Dieu: « A llah distingue le s m au vais des b on s» Ibn
Abbas a dit que cela signifie la distinction entre les heureux et les mal­
heureux, et selon As-Souddy, entre les fidèles et les impies. Ce qui est
probable, c’est que cette distinction sera faite dans la vie future d’après
les dires de Dieu: « e t nous d ison s à c e u x qui n ous o n t a sso c ié d’autres di­
vin ité s. « M ette z-v o u s en sem b le vous e t le s d ivin ités que vou s n ou s avez a s­
s o c ié e s » . P u is n o u s le s sép a rero n s» [Coran X, 28] ou ce verset: « Q u a n d
l ’H eu re son n era, le s hom m es seron t sép arés» [Coran XXX, 14],
Il s e

p e u t a u s s i q u e c e t t e d is t i n c t io n s o it f a it e d a n s la v i e p r é s e n t e

en exposant les œuvres des croyants d’après le verset « A lla h d istingue
le s m a u v a is d es b on s» en séparant ceux qui veulent combattre dans la
voie de Dieu contre les incrédules de ceux qui s’abstiennent de le
faire, comme le Seigneur le montre dans ce verset: « L a d é f a it e q u e
v ou s a v ez essu y ée le jou r de la rencontre d es d eu x arm ées a é té voulue par
A llah pour recon n aître le s in fid èles d’a vec le s h y p o crites» [Coran III, 166]
e t d a n s c e t a u t r e : « A l l a h n e s a u r a i t l a i s s e r l e s f i d è l e s d a n s l ’é t a t o ù i l s
so n t, sa n s distinguer entre les m auvais e t les b ons» [Coran III, 179].

On peut interpréter donc le verset (n: 37) de la façon suivante:
c t t e u a é p r o u v é l e s f id è l e s p a r l e s i m p i e s p o u r le s c o m b a t t r e e n d e s t i ­

211

nant aux derniers de dépenser leurs richesses, pour qu’il sépare le
m auvais du bon. Il entasse les mauvais les uns sur les autres, les
amoncelle tous ensemble, et les précipite en enfer. Voilà le sort des
perdants dans les deux mondes.

q u l - i i - l - l a d î n a k a f a r îî ’in y a n t a h û y u g f a r la h u m m â q a d s a la f a w a ’in
y a ‘û d û fa q a d m a d a t su n n a tu -l- ’a w w a lîn a (3 8 ) w a q â tilû h u m h a tt â lâ ta k û n a fit n a tu n w a y a k û n a -d -d în u k u llu h û -li-L -L â h i f a ’in i-n -t a h a w f a ’in n a - L L â h a b im â y a ‘m a lû n a b a sîr u n (3 9 ) w a ’in ta w a lla w f a ‘la m u ’a n n a -L -L â h a m a w lâ k u m n i‘m a -l-m a w lâ w a n i‘m a -n -n a s îr u (4 0 ).

A v ertis le s in fid èles que s’ils se co n ve rtissen t, leu r p a ssé se r a e ffa c é .
S ’ils s’ob stin en t, que ne m éditent-ils l ’exem p le des peup les qui le s o n t précé­
dés? (3 8 ) C o m b a ttez-les jusqu’à c e que vou s a y ez é to u ffé la gu erre civile e t
qu’il n’y a it plus qu’une religion , celle d’A llah! S ’ils désarm en t, qu’ils so ien t
sa n s inquiétude! A llah v o it tou t. (3 9 ) S ’ils s ’ob stin en t, sou ven ez-vou s qu’A l­
la h e s t v o tr e M a îtr e , le m e ille u r d es m a ît r e s , le p lu s fe r m e d es p r o t e c ­
teu rs (4 0 ).

Dieu ordonne à Son Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - de
dire aux incrédules que s’ils cessent toute obstination et impiété, e t
s’ils se convertissent, reviennent à Lui repentants, tous leurs péchés
com m is auparavant à cause de leur incrédulité lui seront absous,
comme il est dit dans un hadith authentifié: « Q u i c o n q u e d e v i e n t u n b o n
m u s u l m a n n e s e r a p l u s i n t e r r o g é s u r c e q u ’i l a f a i t d a n s le t e m p s d e l ’i g n o ­
r a n c e ( J a h i l i a h ) . M a i s s ’i l n u it à l ’I s l a m a p r è s s a c o n v e r s i o n , o n l u i d e m a n ­
d e r a c o m p t e d e c e q u ’i l a u r a c o m m i s d e p é c h é s a v a n t e t a p r è s s a
c o n v e r s io n .

Et dans un autre hadith, l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bé­

nisse et le salue - a dit: «L ' I s la m

a b ro g e to u te s le s re lig io n s p ré c é d e n te s ,

e t le r e p e n tir e ffa c e to u s le s p é c h é s c o m m is » .

212

Contre cette promesse, il y a cette menace: « S ’ils s ’o b stin en t» et
persévèrent dans leur incrédulité, ou bien recommencent leurs méfaits,
qu’ils se rappellent alors l’exemple des peuples qui les ont précédés,
ils avaient traité les Prophètes de menteurs et persistaient dans leur
égarement, nous avons sévi contre eux et les avons châtiés.
« C o m b a tte z - le s ju sq u ’à ce que v o u s a y e z é to u ffé la g u erre c iv ile e t
q u ’il n ’y a it p lu s q u ’une r e lig io n , c e lle d ’A lla h » . Al-Boukhari rapporte

d’-après Ibn Omar qu’un homme vint lui dire: «O Abou Abdul Rahman,
n’entends-tu pas ce que Dieu a dit dans Son Livre: «L orsque deux grou­
p es de croyants se com battent, con ciliez-les... jusqu’à la fin du verset [Co­
ran XLIX, 9], qui donc t’empêche de combattre comme Dieu a prescrit
dans ce verset?» Il lui répondit: «O fils de mon frère, qu’on me repro­
che pour n’avoir pas combattu m’est plus préféré de me reprocher, si
je combats, grâce à ce verset: « C elu i qui tu e v o lon tairem en t un m u sul­
m an ... jusqu’à la fin du verset. [Coran IV, 93]. Et l’homme de répliquer:
«Mais Dieu a dit: « C o m b a tt e z - le s ju sq u ’à ce q u e vou s a y e z é to u f fé la
guerre civile» Ibn Omar rétorqua: «Nous nous sommes déjà conformés
à cet ordre du temps de PEnvoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue - alors que les musulmans étaient peu nombreux. On éprouvait l’un
d’eux dans sa religion et le résultat ou bien on le tuait, ou on faisait de
lui un prisonnier. Mais toute tentation avait cessé lorsque les musul­
mans sont devenus plus nombreux.
Cet homme, constatant qu’il n’a pas obtenu le résultat qu’il voulait,
redemanda à Ibn Omar: «Que penses-tu alors de ‘Othman et de ‘Ali?»
E t Ibn O m a r d e r é p o n d r e : «Dieu avait pardonné à ‘Othman, mais vous
avez répugné cette grâce de Dieu. Quant à ‘Ali, il est le cousin et le
beau-fils de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue -, et voilà
sa fille là où vous la voyez».
L’expression «guerre civile» citée dans le verset signifie, d’après
Ibn Abbas «Le polythéisme» ou «l’épreuve dans la religion» selon Ourwa Ben Az-Zoubayr.
« E t qu’il n’y a it p lus qu’une religion , celle d’A llah » cette religion qui
est basée sur l’unicité de Dieu d’après Ibn Abbas, ou l’attestation qu’il
n’y â flô divinité que Dieu sans qu’ii y ait du polythéism e e t de renier
toute autre divinité, selon Al-Hassan et Qatada. Ce qui renforce cette

opinion est ce hadith cité dans les deux Sahihs où l’Envoyé de Dieu -

213

qu’Allah le bénisse et le salue - a dit:

« J ’a i r e p u l ’o r d r e d e c o m b a t t r e l e s

g e n s j u s q u ’à c e q u ’ils té m o ig n e n t q u ’i l n ’y a d ’a u t r e d iv in i t é q u e D i e u e t q u e
M o u h a m m a d e s t l ’E n v o y é d e D i e u . S ’i l s f o n t c e l a , l e u r s a n g e t le u r s b ie n s
s e r o n t p r é s e r v é s à m o i n s q u ’i l s n e s o i e n t c o u p a b l e s , e t D i e u r é g l e r a le u r
c o m p te » ( R a p p o r t é p a r B o u k h a r i e t M o u s l î m ) ( 1 ) '

« S ’ils désarm en t» c’est à dire: s’ils cessent le combat, ou bien se­
lon une autre interprétation: s’ils renoncent à leur incrédulité, et comme
vous ne pouvez plus scruter leur for intérieur «A llah voit tou t». Ceci est
pareil aux dires de Dieu: « S ’ils se sou m etten t, s ’ils observent l a prière e t
paient la dîm e, laissez-les en p a ix» [Coran IX, 5]. Et dans un autre verset
Il a dit à leur sujet: «... ce so n t v o s frères en religion » [Coran IX, 11] et
aussi: S ’ils c e sse n t le c o m b a t, ab sten ez-vo u s d e to u te s r e p ré sa ille s s i ce
n’e st contre le s m échants» [Coran II, 193].

Dans un hadith authentifié, l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse
et le salue - fut mis au courant que Oussama (Ben Zaid) a tué un poly­
théiste de son sabre après avoir attesté qu’il n’y a d’autre divinité que
Dieu. Il dit à Oussama: « L ’a s - tu tu é a p r è s a v o i r t é m o ig n é q u ’i l n ’y a d ’a u ­
t r e d i v i n i t é q u e D i e u ? Q u e l a r g u m e n t a u r a s - t u a u j o u r d e la r é s u r r e c t i o n

Il lui répondit: «O Envoyé de Dieu, il ne
l’a prononcée que pour se sauver!» Et le Prophète - qu’Allah le bé­
nisse et le salue - de répliquer: « A s - t u f e n d u s o n cœ u r? , et il ne cessa de
lui reprocher son faux agissement à tel point, ajouta Oussama, que
j ’aurais souhaité ne pas être musulman avant ce jour-là» ( R a p p o r t é p a r
c o n tr e c e tte p r o f e s s io n d e f o i? »

B o u k h a r i e t M o u s l i m ) f2K

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« S ’ils s ’o b stin en t» en persévérant dans leur hostilité contre vous,
«sou ven ez-vou s qu’A llah e st v otre M a îtr e» qui vous secourra contre vos

ennemis car II est «le plus ferm e des protecteurs».

w a ‘la m u ’a n n a m â g a n im tu m m in sa y ’in fa ’a n n a li-L -L â h i h u m u su h û w a
li- r -r a s û li w a lid î-l-q u r b â w a - l- y a t â m â w a -l-m a s a ' k în i w a - b n i- s a b îli ’in
k u n t u m 'a m a n tu m b i-L -L â h i w a m a ’a n z a ln â ‘a lâ ‘a b d in â y a w m a -l-fu r q â n i y a w m a -l-ta q â -l-ja m ‘â n i w a -L -L â h u ‘a lâ k u lli sa y ’in q a d îr u n (4 1 ).

S a ch ez que sur le butin le cinquièm e revient à A llah , so n P rop h ète, ses
proh es, le s orph elins, le s pauvres e t le s voyag eu rs, si vous cro y ez en A llah
e t à c e que nous avon s révélé à notre serviteur le jou r où l ’on d iscern a la
vérité de l ’erreur, le jour où le s d eu x p artis s ’é ta ien t rencon trés. A llah e st
puissant sur tou te chose (41).

Parmi les faveurs que Dieu a octroyées à la communauté de Mouhammad - qu’Allah le bénisse et le salue - figure le butin qui leur a ren­
du licite. Ce butin constitue tout les biens pris aux ennemis pendant les
guerres en utilisant chevaux, montures et combattants, c’est à dire par
la force. Il y a aussi les prises à la suite des transactions, sans faire la
guerre, qui comprennent les tributs, les impôts fonciers et les biens
laissés par un mort sans qu’il y ait des héritiers. Parmi les ulémas, il
en est ceux qui ne distinguent pas entre ces deux sources et considè­
rent que tout cela constitue un butin.
« S a ch ez que sur le butin le cinquièm e revient à A llah » C’est une obli­
gation légitime de prélever le cinquième sur le butin acquis pour être
dépensé comme il est montré dans le verset, quelle que soit la valeur

de ce butin.

Cependant, il y a eu différentes opinions concernant la part «ré­

servée à Dieu». Certains ont dit qu’on la dépense pour la Ka'ba. D’au­
tres ont trouvé que le nom de Dieu a été cité dans le verset pour ac­
quérir la bénédiction.
Quant à la part du cinquième qui revient à l’Envoyé de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue -, Ibn Abbas a dit: «Tout butin acquis
par un régiment envoyé par le Prophète - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue -, était partagé en cinq parts. Ce qui était destiné à Dieu et à Son
Envoyé ne formait qu’un cinquième de tout le butin». Cette opinion fut
soutenue par Al-Baihaqi qui a rapporté d’après Abdullah Ben Chaqiq
qu’un homme vint trouver le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue à wadi Al-Qoura en exposant un cheval. Il lui dit: «O Envoyé de Dieu,
comment doit-on partager un butin?» Il répondit: «Un cinquième revient
à Dieu et les quatre autres à l’armée» Et l’homme de répliquer: «Y au­
ra-t-il une distinction entre un combattant et un autre?» - Non, rétor­
qua-t-il même pour la flèche que tu donnes de tes propres biens, tu
n’en auras plus de droit que les autres».
‘Ata a dit: «L’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue peut disposer de ce cinquième qui lui est réservé comme il veut, et
même il pourra le rendre à sa communauté de la façon qui lui convien­
dra. A cet égard l’imam Ahmed rapporte que Al-Miqdam Be n M a 'd Yakreb Al-Kindi tint compagnie à Oubada Ben As-Samet, Abou Ad-Darda‘
et Al-Hareth Ben Mou'awiah Al-Kindi, et ils se rappelèrent un hadith
particulier. Abou Ad-Darda1 dit à Oubada: «O Oubada, te souviens-tu
des propos de l’Envoyé de Dieu - qu’Allah le bénisse et le salue - au
sujet des cinq parties du butin dans telle et telle expéditions?» Oubada
répondit: «Je me rappelle que dans une des expéditions, après avoir
accompli une prière en commun avec les fidèles, l’Envoyé de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue - prit un poil entre deux doigts et dit: « C e
p o i l f a i t a u s s i p a r t i e d e v o s p r i s e s , d o n t l e c in q u iè m e m e r e v i e n t , e t m ê m e
c e c in q u iè m e s e r a d e v o tr e d r o i t . P r é s e n t e z d o n c ( t o u t c e q u e v o u s g a g n e z )
s o i t - i l le f i l o u le t is s u , q u ’i l s o i t p l u s v a l e u r e u x o u m o i n s v a l e u r e u x e t n e
fr a u d e z ja m a is
la
la

le butin, car

fraude ne procurera à son auteur que

h o n te d a n s l e b a s m o n d e e t l ’e n f e r d a n s l ’a u t r e . A p p l i q u e z l e s p r e s c r i p t i o n s
d e D i e u s o i t q u e v o u s v o y a g e z , s o i t q u e v o u s ê t e s r é s id e n ts . C o m b a t t e z p o u r

216

la c a u s e d e D ie u c a r c e c o m b a t e s t u n e g r a n d e p o r t e p o u r y a c c é d e r a u P a ­
r a d i s e t D i e u e n d é liv r e d e la p e i n e e t d e l ’a n g o i s s e » ( I ) .

On a rapporté que le Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue choisissait pour lui-même parfois un esclave, une esclave, un cheval,
un sabre ou autre chose qu’on appelle la part du chef (qui ne fait pas
partie du cinquième), tel que le sabre qu’il avait choisi en partageant le
butin acquis le jour de Badr, d’après Ibn Abbas, ce sabre qu’on appe­
lait: «Zoul-Fiqar». A savoir aussi que Safia, son épouse, était sa part
du butin selon les dires de ‘Aicha.
Yazid Ben Abdullah raconte: «Nous étions dans un endroit appelé
Al-Mirbad quand un homme vint vers nous portant à la main un mor­
ceau de cuir où fut écrit ce qui suit: « D e M o u h a m m a d l ’E n v o y é d e D i e u
à B a n i Z o u h a y r B e n A q ic h . S i v o u s a t t e s t e z q u ’i l n ’y a d ’a u t r e d iv in i t é q u e
D i e u e t q u e M o u h a m m a d e s t l ’E n v o y é d e D i e u , o b s e r v e z la p r i è r e , a c q u i t ­
t e z la z a k a t e t v e r s e z le c in q u iè m e d u b u tin a in s i q u e la p a r t q u i r e v i e n t a u
P r o p h è t e e t l a p a r t d u c h e f , v o u s j o u i r e z d e la s é c u r i t é d e D i e u e t d e S o n
E n v o y é » . O n d e m a n d a à l ’h o m m e : « Q u i a é c r i t c e la ? » - L ’E n v o y é d e D i e u
- q u ’A l l a h le b é n i s s e e t l e s a l u e - r é p o n d i t - i l . ( c . à d . s e l o n s e s o r d r e s ) .
( R a p p o r t é p a r A b o u D a o u d e t N a s s a ï ) (2 ) .

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On peut conclure que l’imam -ou le gouverneur- pourra disposer
des biens du butin selon les mêmes enseignements et des autres
biens qui forment la capitation et l’impôt foncier.
La question qui se pose est la suivante: «Que sera le sort du cin­
quième qui était réservé au Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue après sa mort?».
Une opinion dit qu’il sera de droit de son successeur (c.à.d. les ca­
lifes).
Une autre dit qu’ils sera consacré aux intérêts des musulmans.
Une troisième stipule qu’il sera dépensé en faveur de ceux qui
sont cités dans le verset: Les proches, les orphelins, les pauvres et les
voyageurs.
Une quatrième précise que la part du Prophète - qu’Allah le bé­
nisse et le salue - et celle des proches reviendront aux orphelins, pau­
vres et voyageurs.
Enfin une cinquième qui donne tout le cinquième aux proches.
Une autre question découle de la première: que faire de ces deux
parts?
Certains ont dit: La part du Prophète - qu’Allah le bénisse et le sa­
lue - sera du droit de son calife. Selon d’autres: elle reviendra aux pro­
ches du Prophète - qu’Allah le bénisse et le salue - ou à ceux du
calife. Puis ils se sont mis d’accord à consacrer ces deux parts pour
l’équipement de l’armée en montures et armes, ce qui fut appliqué du
temps des deux califats Abou Bakr et ‘Omar -q u e D i e u les a g r é e -, s e ­
lo n le s d i r e s d e Ai-A‘mach d’après Ibrahim. AI-‘A ’mach demanda à
Ibrahim: «Quel était l’avis de ‘AIT a ce propos?» Il répondit: «tf l’ap­
puyait avec force».
Quant à la part de ses proches, elle est de droit de Bani Hachem
et Bani Al-M uttaleb car ces derniers ont secouru les prem iers du
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