Sourate 24 An Nûr .pdf



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24 - S O U R A T E D E L A L U M IÈ R E
64 versets
R évélée à M éd in e à la su ite de la sou rate de l ’E x il

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B ism i-L -L â h iu -r-R a h m â n i-r-R a h îm
S û ra tu n ’a n z a ln â h â w a fa r a d n â h â w a ’a n z a ln â fîh a ya y â tim b a y y in â ti-ila ‘a lla k u m ta d a k k a rû n a (1 ) ’a z -zâ n iy a tu w a -z -z â n i fa jlid û k u lla w â h id im
m in h u m â m i’a ta ja ld a tin w a lâ ta ’h u d k u m b ih im â ra ’fa tu n fî d în i-L -L â h i
’in k u n tu m t u ’m i n û n a b i- L -L â h i w a - l-y a w m i- l- ’a 1h ir i w a -l-y a s h a d ‘a d
â b a h u m a t a ’ifa tu m m in a -l-m u ’m in în a (2).

A n nom d’A lla h le M isérico rd ieu x le T rès M isérico rd ieu x
N o u s v o u s r év é lo n s u n e s o u r a te q u e n o u s d é c r é to n s o b lig a to ir em e n t.
E l l e c o m p o r te d e s s i g n e s é v id e n t s . P e u t - ê t r e c o m p r e n d r e z -v o u s . ( 1 )
A d m in istrez ce n t cou p s d e fo u et à l ’hom m e e t à la fem m e d e m au vaise v ie.
N e v o u s l a is s e z p a s a p it o y e r p a r e u x . C a r , c ’e st là u ne prescription d’A lla h .

425

P a s d e p itié si vous cro y ez en L u i e t au jour dernier. Q u e ce ch âtim en t so it
e x écu té en présence d’un groupe d e croyan ts. (2 ).

Dieu a fait descendre cette sourate et prescrit clairement les
ordres et enseignements qu’elle comporte, en y montrant le licite,
l’illicite, quelques sentences et la peine prescrite qu’ont doit appliquer à
un genre de coupables. Elle contient des ordres fondamentaux que les
hommes doivent observer pour toujours.
« A d m in is t r e z c e n t c o u p s d e f o u e t à l ’h o m m e e t à l a fe m m e d e

Il y a là la peine qu’ont doit appliquer aux fornicateurs
hommes et femmes. A cet égard les ulémas distinguent entre ces
gens-là en prenant en considération l’état civil de chacun: Ce
fornicateur peut être célibataire ou marié suivant un contrat légal,
adulte, libre et sensé.
m a u v a ise v ie» .

La peine qu’on doit appliquer au fornicateur célibataire consiste à
le frapper de cent coups de fouet et de l’exiler en dehors de son pays
une année, d’après l’avis unanime des ulémas, à l’exception de l’imam
Abou H anifa qui laisse la sa nctio n de l’exil à la d écision du
gouverneur. Ils ont tiré argument du fait suivant cité dans les deux
Sahih:
«Deux bédouins vinrent trouver le Messager de Dieu! -qu’Allah le
bénisse et le salue-. L’un d’eux prit la parole et dit: «M essager de Dieu!
M o n f ils que voici é ta it un salarié chez ce bédouin, il a com m is l ’adultère
avec sa fe m m e . J ’ai racheté m on fil s du châtim ent de cent m outons e t une
esclave. E n p résentant son cas a u x hom m es versés, ils m ’ont répondu que
m on f ils doit subir cent coups de fo u e t e t un an d ’exil, e t que la fe m m e de
c e lu i-là d o it ê tre la p id ée ( ju s q u ’à la m o r t) » . L e M e ssa g e r de D ie u q u ’A llah le bénisse et le salue- répondit: «P ar celui qui tient m on âm e dans
sa m ain, je vais décider d ’après le Livre de Dieu: On doit te rendre les cent
m outons e t l ’esclave, p u is ton f i ls m érite cen t coups de fo u e t e t l ’e x il d ’un
an». Ensuite il s ’adressa à O rnais un hom m e de la tribu de A sla m , (un des
com pagnons qui éta it p résen t) e t lui dit: « Ô Ounai's, va trouver la fe m m e
de cet hom m e, si elle avoue son péch é, lapide-la» O unaïs se rendit chez la
fe m m e qu i avoua son p éch é, e t il la lapida» (R a p p o r té p a r B o u k h a ri e t
426

M o u s tim , d ’a p rè s  b o u H o u ra ira )(1 ).

Ceci montre que le fomicateur célibataire doit recevoir cent coups
de fouet et l’exil d’un an. Quant à la personne mariée, on la lapide
jusqu’à la mort.
Ibn Abbas rapporte que ‘Omar Ben Al-Khattab fit le discours
suivant, après avoir loué Dieu: «Hommes! Dieu a envoyé Mouhammed
-qu’Allah le bénisse et le salue- avec la vérité. Il lui a révélé le Livre où
on y trouve le verset relatif à la lapidation. Nous l’avons lu et bien
conçu. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a
ordonné la lapidation et nous l’avons appliqué à notre tour, Ce que je
redoute qu’un jour viendra où on dira: «Le verset qui consiste à lapider
le fornicatetir ne se trouve pas dans le Livre de Dieu» Ainsi les
hommes négligeront une peine prescrite que Dieu a imposée. La
lapidation existe dans le Livre de Dieu et doit être appliquée aux
hommes mariés fomicateurs et aux femmes également en constatant
ce péché par l’un des faits suivants: la preuve évidente, la grossesse
et l’aveu personnel».
Kathir Ben As-Salt rapporte: «Nous étions chez Marwane avec
Zaïd Ben Thabet quand celui-ci dit: «Nous lisions dans le Livre de Dieu
ce qu suit: «Les âgés (hommes et femmes), lapidez-les jusqu’à la mort
quand ils commettent l’adultère». Marwane demanda alors à Zaïd: «Pourquoi tu ne l’as pas écrit dans le Coran?» Et Zaïd de répondre: «Nous avons discuté cela avec Omar Ben Al-Khattab qui nous a
répondu: «Je vais vous présenter une solution satifaisante. Comment? demandâmes-nous. Ils reprit: «Un homme vint trouver le
Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et, en évoquant devant lui le
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verset concernant la lapidation, lui dit: «Messager de Dieu, écris pour
moi le veret de la lapidation». Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le
salue- lui répondit: «je ne puis le faire pour le moment».
Tout cela dénote que le verset concernant la lapidation existait
dans le Coran, mais sa récitation fut abrogée et n’en resta que son
exécution. Dieu est le plus savant.
On trouve dans la tradition et les récits divers que le Prophète qu’Allah le bénisse et le salue- avait ordonné de lapider Ma'ez et la
femme Ghamidiah, sans administrer les cent coups de fouet avant la
lapidation. Et les ulémas, dans la majorité, de conclure: La personne
mariée qui commet l’adultère doit subir cent coups de fouet selon le
verset et la lapidation d’après la sunna. L’imam Ahmed et les auteurs
des Sunan ont rapporté, d’après Oubada Ben As-Samet, que le
Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Retenez ce
que je vais dire (deux fois): Dieu nous impose cette issue à tout
fornicateur: Cent coups de fouet et un an d’exil à appliquer au
célibataire, et cent coups de fouet et la lapidation pour les mariées».
« N e vo u s la iss e z p a s ap ito y er par e u x . C a r, c ’e s t là une p rescrip tion

Pour appliquer cette peine, on ne doit donc pas être pris par
aucune pitié, sans user d’aucune indulgence envers eux, étant donné
que l’homme de par sa nature, penche vers la pitié et Ta clémence.
Même ceux qui sont au pouvoir doivent observer catégoriquement
cette sentence. Il est dit dans un hadith: «Une peine prescrite
appliquée sur terre vaut mieux à ses habitants que de recevoir une
pluie continue durant quarante jours».

d ’A lla h » .

D’autres ont interprété ce verset autrem ent. Ils ont dit: «N’appliquez pas la peine avec brutalité en frappant avec violence». A
ce propos Oubaïdallah Ben Abdullah ben Omar raconte: «Une esclave
appartenant à Omar a commis l’adultère. Omar la frappa aux pieds- et
je crois, a dit le rapporteur et au dos aussi: Je lui dis: « n e v o u s la iss ez
p a s a p ito yer par e u x » . Omar répliqua: «Fils, as-tu remarqué que j’ai eu
pitié envers elle, non, mais sache que Dieu ne m’a pas ordonné de la
tuer ni la frapper à la tête, et pourtant je n’ai pas été indulgent envers
elle».
«Si vous croyez en lui et au jour dernier»C’est à dire: Si vous êtes
428

des vrais croyants n’hésitez du tout à appliquer cette peine prescrite
par Dieu et qu’elle soit une leçon pour les autres afin qu’ils s’en
abstiennent. Ne le faites pas avec brutalité. A cet égard, l’imam Ahmed
rapporte dans son Mousnad qu’un des compagnons dit: «Messager de
Dieu, j ’égorge le mouton ayant pitié de lui». Il lui répondit: «Tu en
seras récompensé».
« Q u e ce châtim ent so it ex écu té en présence d’un groupe des croy a n ts» .

Car ce châtim ent appliqué aux fornicateurs est aussi sévère et
humiliant s’il sera exécuté et un groupe de croyants en sera témoin.
Ceci pourrait réprimer les coupables pour ne plus récidiver car, dans
de telle circonstance, la honte les couvrira et leur scandale demeurera
un sujet de conversation entre les gens.
Quant au nombre de ce groupe, il fut le sujet d’une controverse.
Mais ce qui est logique, ils devront être quatre au moins, car pour
constater l’adultère, il faut que le nombre des témoins soit quatre,
comme nous allons le voir plus loin.

’a z - z â n î l â y a n k i h u ’i l l â z â n i y a t a n ’a w m u s r i k a t a n w a - z - z â n i y a t u l â
y a n k ih u h a

’i l l â z â n i n ’a w m u s r i k u n w a h u r r i m a d â l i k a ‘a l â - l - m u ’m i n î n a

(3 ).

L e d éb a u ch é n ’ép o u se q u ’u n e fem m e d éb a u ch ée ou u n e id o lâ tr e . L a
d éb a u ch ée n ’ép o u se qu’un d éb au ch é o u un id o lâ tre . C e la e s t in terd it a u x
croyan ts. (3 ).

Ce verset signifie qu’un débauché n’ait des rapports charnels
illicites qu’avec une débauchée ou une polythéiste qui consent à avoir
de tels rapports et qui ne trouve aucun empêchement par manque de
foi. Ibn Abbas l’a commenté et dit: Ce n’est pas un mariage légal mais
un commerce charnel qui ne le pratique qu’un débauché ou un
idolâtre».
« C e la e s t in terd it a u x c ro y a n ts»

de commettre un tel péché grave

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ou de donner en mariage des femmes chastes et pieuses à des
hommes pervers ou de prendre comme compagne une débauchée si
on est croyant. Même certains ulémas sont allés plus loin en
interdisant catégoriquement aux croyants de se marier d’avec des
prostituées, comme Qatada et Mouqatel Ben Hayyan. Ce verset est
pareil aux dires de Dieu: «A ssurez-vous qu’elles soien t vertueuses, qu’elles
ne so ie n t p a s liv rées à la déb au ch e e t qu ’e lle s n ’a ie n t p a s eu d e lia iso n s
clandestines»

[Coran IV, 25].

Ahmed a précisé: «L’acte du mariage conclu entre un homme
vertueux et une prostituée n’est plus valable tant que celle-ci ne se
repentisse, et dans ce cas le contrat devient valide, sinon on doit
rejeter un tel acte». Ainsi il ne faut pas donner en mariage une femme
chaste à un débauché tant qu’il ne se repente pas sincèrement.
Abdullah Ben Amr raconte: «Une femme appelée Oum Mahzoul
était une prostituée. Comme un des compagnons du Prophète qu’Allah le bénisse et le salue- voulut l’épouser, Dieu fit descendre ce
verset: « L e débauché n’ép ou se qu’une fem m e d éb au ch ée...» jusqu’à la fin
du verset.
Amr Ben Chou‘aib rapporte d’après son père que son grand père
a raconté: «Un homme du nom Marthad Ben Abi Marthad était chargé
de porter les prisonniers de guerre de La mecque à Médine. Il avait
une maitresse à La Mecque appelée ‘Inaq. Marthad rapporte: «J’avais
promis à un prisonnier Mecquois de le porter à Médine un certain jour.
Arrivé avec lui auprès d’une palmeraie de La Mecque dans une nuit où
la lune était pleine, je me reposai à côté d’un mur. ‘Inaq, apercevant
une silhonette, arriva pour l’identifier. En me reconnaissant, elle s’écria:
«Marthad?» -Oui, Marthad, répondis-je. Elle me dit: «Sois le bienvenu,
lève-toi et viens passer la nuit chez moi» -O Inaq, répliquai-je, Dieu a
interdit l’adultère. Vexée, elle appela les gens: «O habitants de ces
tentes, cet homme porte vos prisonniers». H uit hommes me
poursuivirent et me contraignirent à entrer au jardin où je trouvai une
grotte-ou une caverne- et j’y pénétrai. Les hommes se tinrent juste à
l’entrée de la grotte, sans s’apercevoir que j ’y étais, et urinèrent. Leur
urine coula sur ma tête, et Dieu voulut à ce moment que je restasse
inaperçu.
430

Ils rebroussèrent chemin et je revins vers mon prisonnier et le
portai, à savoir qu’il était très lourd. Nous arrivâmes à Al-ldzkher, et là,
je le libérai de ses liens et je pus, tantôt en le portant, tantôt en le
laissant marcher à mes côtés, arriver à Médine, et je l’amenai devant
le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- en lui disant: «Messager de Dieu! Permets-moi de me marier d’avec ’Inaq-» -deux
fois-. Il garda le silence sans me répondre et ce verset fut révélé. « L e
déb au ch é n ’ép o u se qu’un d éb a u ch ée...» Le Messager de Dieu -qu’Allah le
bénisse et le salue- me dit alors: «O Marthad! Le débauché n’épouse
qu’une débauchée ou une polythéiste. Ne pense plus à ce mariage».
L’imam Ahmed rapporte que Abdullah Ben Yassar l’affranchi d’Ibn
‘Omar a dit: «J’atteste que j ’ai entendu Salem raconter que le
Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: « T r o is
n ’e n tre ro n t p lu s au P a ra d is e t D ieu ne les rega rdera p a s au jo u r de la
résurrection: L e désobéissant à ses pè re e t m ère, la fe m m e ho m m asse qui
im ite les hom m es e t le p ro x é n è te » (1) Suivant une autre version, il a dit:

«Dieu a interdit le Paradis à ces trois hommes: Un buveur du vin
invétéré, le désobéissant à ses parents et celui qui laisse sa femme
forniquer».
Au cas où le débauché -ou la débauchée- se repent, leur mariage
devient licite, d’après Ibn Abbas qui a dit: «J’avais une maîtresse et la
fréquentais souvent pour commettre avec elle ce que Dieu -à Lui la
puissance et la gloire- a interdit. Dieu m’inspira le repentir. Voulant me
marier d’avec elle, certaines gens s’écrièrent: «Le débauché n’épouse
qu’une débauchée ou une idolâtre» Ibn Abbas de répliquer: «Ce cas
n’est pas celui de l’un et l’autre. Je vais l’épouser et s’il y aura un
certain péché, je le prendrai à ma charge».
Certains ulémas ont avancé que ce verset a été abrogé. Sa'id Ben
Al-Moussaiab, en évoquant auprès de lui le verset précité, a dit: «Il a
été abrogé par le verset qui s’ensuit: « M a r ie z le s célib a ta ires, a in si que

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v o s serviteu rs v ertu eu x d es d eu x s e x e s» [C ora n XXIV, 3 2 ] e n y ajo u tan t:
l e s m u su lm a n s.

w a -l-la d în a ya rm û n a -l-m u h sa n â ti tu m m a la m y a ’tû b i ’arba‘ati s u h a d a 'a
fa jlid û h u m ta m â n în a ja ld a ta n w a lâ taq b alû lah u m sa h â d a tan ’a b a d a n w a
’û la f’ik a h u m u -l-fâ s iq û n a (4 ) ’illâ -l-la d în a tâ b u m im b a ‘d i d â l i k a w a
’a s la h û fa ’in n a -L -L â h a ga fû ru -r-R ah îm u n (5).
C e u x q u i a c c u s e n t l e s fem m e s h o n n ê te s , s a n s p r o d u ir e l e s a u tr e s
té m o in s d ’u s a g e , s e r o n t p u n is d e q u a tr e -v in g ts c o u p s d e f o u e t . L e u r
tém o ig n a g e n ’e s t plus recev ab le». C a r c e so n t d es m éch a n ts. ( 4 ) A m o in s
qu’ils n e se repentent e t n e se r a c h e ta it par une bonne conduite. A uquel c a s
A lla h e st to u t pardon e t tou te m ansuétude. (5 ).

Ce verset détermine la peine qu’on doit infliger à celui qui diffame
la femme libre de condition, adulte et vertueuse, et qui consiste à lui
administrer quatre-vingts coups de fouet. Cette même peine s’applique
quand il s’agit d’un homme diffamé; aucune controverse n’existe entre
les ulémas à ce sujet.
Le diffamateur est exempt de cette peine s’il présente la preuve
évidente. C’est pourquoi Dieu a dit: « S a n s produire le q u atre tém o in s
d ’u sa g e , sero n t p u n is d e q u a tre- v in g ts co u p s d e fo u e t. L eu r tém o ig n a g e

Donc tout diffamateur qui
ne présente pas les preuves requises est soum is à ces trois
sentences:

n’e st p a s recevable. C ar ce so n t d es m échants»

1 - Une peine de quatre-vingts coups de fouet.
2 - Refuter son témoignage.
3 - Etre pervers qui n’est pas juste ni auprès de Dieu ni auprès
des gens.
Et pourtant il y a exception: « A m oins qu’ils ne se repentent e t ne se
432

Cette exception porte-t-elle sur la
troisième sentence pour exempter le diffamateur de la perversité tandis
que les autres restent en réfutant toujours son témoignage même s’il
se repent? Ou bien il ne reste qu’à lui appliquer la première sentence?.

r a c h è te n t p a r u n e b o n n e c o n d u ite»

M alek, Ahm ed et C hafé'i ont jug é que s’il se repent, son
témoignage sera accepté sans lui attribuer le titre: pervers. Quant à
Abou Hanifa, il ne sera pas exempté que de la troisième sentence.
Ach-Cha'bi et Ad-Dahak, quant à eux, ont avancé qu’on acceptera son
témoignage s’il condamne soi-même en avouant que ce qu’il a dit était
purement une calomnie. Et c’est Dieu qui est le plus savant.

w a - l - l a d î n a y a r m û n a ’a z w â j a h u m w a l a m y a k u l - l a h u m s u h a d a ’u ’i l i a

’-

a n f u s u h u m f a s a h â d a t u ’a h a d i h i m ’a r b a ‘u s a h â d t i m - b i - L - L â h i ’i n n a h û
l a m i n a - s - s â d i q î n a (6 ) w a - l - h â m i s a t u ’a n n a l a ‘n a t a - L - L â h i ‘a l a y h i ’i n k â n a
m i n a - l - k â d i b î n a ( 7 ) w a y a d r a ’u ‘a n h â - l - ‘a d â b a ’a n t a s h a d a ’a r b a ‘a
s a h â d â t i m - b i - L - L â h i ’i n n a h û l a m i n a - l - k â d i b î n a (8 ) w a - l - h â m i s a t a ’a n n a
g a d a b a - L - L â h i ‘a l a y h t i ’i n k â n a m i n a - s - s a d i q î n a (9 ) w a l a w l â f a d l u - L L â h i ‘a l a y k u m w a r a h m a t u h û w a ’a n n a - L - L â h a T a w w a b u n H a k î m u n

( 10).
C e u x q u i a c cu sen t leu rs ép o u ses d ’a d u ltère, sa n s pou voir p roduire de
tém o in s, ju rero n t q u atre fo is d evan t A lla h qu’ils so n t sin cères. (6 ) P a r un
cin q u ièm e serm en t, ils devront appeler sur e u x la m a léd ictio n d ’A lla h pour
le c a s où ils m en tira ien t. (7 ) L a fem m e s e so u stra ira à la p ein e prévue en
jurant quatre fo is que so n m ari a m enti: (8 ) P a r un cinquièm e serm en t, elle
devra appeler sur elle la colère d’A llah pour le c a s où son m ari aurait dit la
v érité. (9 ) C e tte rég lem en ta tio n tém o ig n e de la b o n té e t de la m isérico rd e

433

d’A llah pour vous. A llah aim e à pardonner. H e st sa g e. (1 0 ).

Ce verset procure aux hommes mariés un soulagement et aussi
une issue si l’un d’entre eux accuse sa femme d’adultère sans pouvoir
produire les quatre témoins, ou présenter les preuves requises. Dans
ce cas il a le droit de faire un serment d’anathème comme Dieu -à lui
la puissance- a ordonné. Pour cela, il la convoque et l’accuse devant
l’imam -le gouverneur ou autre qui lui est similaire- par ce qu’il l’a
diffamée. Le gourvemeur lui demande de témoigner quatre fois devant
Dieu qui tiennent lieu de quatre témoins que son accusation est vraie
et qu’il est sincère.
« P a r un cinquièm e serm en t, ils d evront appeler sur e u x la m a léd iction

Si cet homme s’exécute, alors sa
femme est considérée comme divorcée de sorte qu’il ne pourrait la
reprendre -plus tard- que contre une dot, et elle lui deviendra interdite,
voire illicite. Il lui verse sa dot et elle sera soumise à la peine prescrite.
Ce châtiment ne sera détourné d’elle que si elle fait des exécrations
réciproques, en témoignant quatre fois devant Dieu qu’il est menteur et
qu’elle n’a pas commis l’adultère. Elle ajoute une cinquième fois en
appelant « S u r e lle la co lère d ’A lla h pour le c a s où so n m ari au rait d it la
d’A lla h pour le c a s où ils m entiraient».

vérité».

Il est normal que l’homme n’accuse sa femme d’adultère que
lorsqu’il est sûr de sa trahison, autrement il ne préférerait jamais
causer un tel scandale parmi les siens. Il est donc excusé, quant à sa
femme qui connaît bien son péché, elle mériterait la colère de Dieu
car, en témoignant le cinquième elle serait sujette à cette colère en
reniant ce qu’elle a commis.
Puis Dieu fait allusion à Sa pitié et Sa miséricorde envers Ses
serviteurs en leur montrant la sanction qu’il faut prendre à l’égard des
coupables et qui constitue pour eux une issue de cette situation
critique et pénible. Il accepte le repentir même s’il est déclaré après les
té m o ig n a g e s, car II est sage en im p osa n t de te ls o rd re s et
enseignements aux hommes et II connaît bien leur intérêt.
Ibn Abbas raconte: «A la suite de la révélation de ce verset: «C e u x q u i a c cu sen t le s fem m es h o n n êtes, sa n s prod u ire le s q u a tre tém o in s
d ’u s a g e , s e r o n t p u n is d e q u a tre -v in g ts co u p s d e fo u e t. L e u r té m o ig n a g e

434

Sa‘d Ben 'Oubada -le chef des Ansariensdemanda: «C’est en ces term es que ce verset fu t descendu ô
M essager de Dieu?» C elui-ci s'adressa aux hom mes: «Ô les
A n s a rie n s , n’ e nte nd e z-vo us pas ce que vo tre ch e f v ie n t de
demander?» On lui répondit: «O Messager de Dieu, ne le blâme pas,
c’est un homme jaloux. Par Dieu, il ne s’est marié que d’avec des
femmes vierges et n’a répudié aucune d’elles pour permettre à l’un
d’entre nous d’oser et la demander au mariage à cause de sa forte
jalousie». Sa’d objecta: «O Messager de Dieu, par Dieu je connais
bien que ce verset est une vérité qui est parvenue de Dieu. Mais ce
qui me fait étonner est le fait suivant: Si je trouve ma femme forniquer
avec un homme devrai-je rester coi sans agir jusqu’à ce que je
produise les quatre témoins et les laisser-ma femme et l’hommeassouvir leur désir sans les gêner?».
n ’e s t p lu s r e c e v a b le » ,

Un certain temps s’écoula quand arriva Hilal Ben Omayya (l’un
des trois que Dieu a accepté son repentir après avoir fait défection au
Messager de Dieu lors de l’expédition de Tabouk). Hilal s’était rentré
chez lui un soir et avait trouvé un homme commettre l’adultère avec sa
femme. Il a vu de ses propres yeux ce qu’ils faisaient et entendait
leurs propos d’amour. Il n’a pas réagi mais, le lendemain matin, il est
venu raconter cet événement au Messager de Dieu. Celui-ci répugna à
entendre une telle histoire et éprouva une grande gêne.
Les Ansariens entourèrent Hilal et s’écrièrent: «Voilà que nous
sommes éprouvés par ce que Sa'd a redouté. Le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- va maintenant frapper Hilal Ben
Omayya et ne recevra plus jamais son témoignage». Hilal de riposter:
«Par Dieu, j ’espère que le Seigneur me trouve une issue et un
soulagement». Puis en s’adressant au Messager de Dieu, il poursuivit:
«J’ai bien remarqué que tu as été très ému; Dieu connaît que je suis
sincère».
Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- s’appprêta
pour frapper Hilal mais il s’arrêta et reçut aussitôt une révélation. Les
hommes remarquaient les traits que prenait son visage dans de tels
moments. Ils gardèrent le silence. Une fois la révélation cessée, il leur
récita: « C e u x q u i accu sen t leu rs ép o u ses d ’ad u ltère, sa n s pouvoir produire
435

Le
visage du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- s’éclaircit
et il dit alors à Hilal: «Réjouis-toi ô Hilal, Dieu t’a trouvé une issue et
une solution». Hilal de répliquer: «J’attendais cela de la part de mon
Seigneur à Lui la puissance et la gloire».

d e té m o in s , ju r e r o n t q u a tre f o is d e v a n t A lla h q u ’i l s s o n t s in c è r e » .

Aussitôt le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueconvoqua la femme de Hilal. -Lorsqu’elle fut en sa présence, il récita le
verset et rappela à Hilal et à sa femme que le châtiment dans l’au-delà
est encore plus atroce que celui du bas monde. Hilal dit alors: «O
Messager de Dieu, je jure par Dieu que je n’ai raconté que la vérité.»
C'est un menteur, objecta la femme. Le Messager de Dieu -qu’Allah le
bénisse et le salue- leur ordonna alors de fa ire les serm ents
d’anathème. Hilal jura «Je fais quatre fois ce témoignage devant Dieu»
et arrivé au cinquième, on lui attira l’attention: «O Hilal, crains Dieu, le
châtiment de ce bas monde est beaucoup moins facile que celui de
l’autre. Ce cinquième témoignage t’implique». Il les interrompit en
disant: «Par Dieu, Il ne m’infligera aucun châtiment et je ne mériterai
plus les coups de fouet». Il fit le cinquième serment en appelant sur lui
la malédiction de Dieu s’il est menteur.
On demanda alors à la femme: «Jure par Dieu quatre fois qu’il est
menteur». Elle s’exécuta, et à la cinquième fois on lui rappella: «Crains
Dieu, le châtiment d'ici- bas est beaucoup moins facile que celui de
l’au-delà, et ce cinquième serment t’impliquera». Elle hésita un bon
moment, décida de dire la vérité, et dit: «Par Dieu, je n’ai pas
l’intention de causer un scandale à ma famille». Elle fit le cinquième
serm ent en appelant sur elle la colère de Dieu si son mari est
sincère».
Le Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue- la sépara de
son mari, décréta que son enfant qu’elle va engendrer ne sera attribué
à aucun père comme on ne devra pas, plus tard, accuser cet enfant
d’adultérin. Quiconque fera l’un ou l’autre, sera soumis à la peine
prescrite. Il décréta aussi que la femme n’a aucun droit ni à un gîte ni
à une nourriture, parce que cette séparation n’est due ni à un divorce
ni faite à la suite de la mort du mari. Il conclut enfin: «Si l’enfant que
cette femme va mettre au monde aura le teint roux et les jambes
436

grêles, il sera le fils de Hilal. Si par contre il aura le teint brun, les
cheveux frisés, les jambes charnues, et aux grandes fesses il sera
donc adultérin».
La fem m e engendra un enfant qui répondit aux dernières
descriptions, et le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-,
mis au courant, déclara: «Si ce n’était pas le témoignage qu’elle avait
fait, j ’aurais agi autrement à son égard». Ikrima a rapporté que ce
même enfant fut le gourveneur de l’Egypte et on lui donnait le nom de
sa mère» (Ce récit fut rapporté par l’imam Ahmed et Abou Daoud). Un
autre qui lui est analogue fut rapporté par Boukhari avec quelques
légères différences).

’i n n a - l - l a d î n a j a ’u b i - l - if k i ‘u s b a t u m - m i n k u m l â t a h s a b û h u s a r r a - l - l a k u m
b a l h u w a h a y r u - l - l a k u m l i k u l l i - m r i ’i m m i n h u m m a - k t a s a b a m i n a - l - ’i t m i
w a - l - l a d î t a w a l l â k i b a r a h û m i n h u m l a h û ‘a d â b u n ‘a z î m u n (1 1 ).

U n groupe d’en tre v o u s a répandu une calom n ie. N e croy ez p a s q u ’elle
v o u s n u ise; e ll e v o u s s e r a p lu tô t p r o fita b le . T o u s le s c o m p lic e s d e c e t te
c a lo m n ie sero n t p u n is. L ’au teu r p rin cip a l su b ira un ch â tim en t ex e m p la ire .

( 11 ).
Ce verset ainsi que les neuf qui s’ensuivent de cette sourate
furent révélés à propos d’un fait survenu dans la vie du Messager de
Dieu -qu’Allah ie bénisse et le salue-; Il s’agit précisément de ‘Aicha,
Sa femme -que Dieu l’agrée- qui fut calomniée par les hypocrites. Dieu
révéla les versets pour l’innocenter. Le récit de la calomnie a été
rapporté dans les deux Sahihs.en voilà la version de Boukhari:
Aicha -que Dieu l’agrée- a rapporté:
«Quand le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluevoulait partir en expédition, il procédait au tirage au sort entre ses
femmes, et celle dont le sort désigne, l’accompagnait. Dans une de
437

ces expéditions, il faisait un tirage au sort et c’était moi qui devais
partir avec lui. Je partis donc avec lui après que le verset relatif au
voile était révélé, et on me fit installer dans un palanquin. Une fois
l’expédition term inée, nous retournâmes et nous fûm es près de
Médine, et la nuit le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueordonna de nous mettre en route. Après que cet ordre fut donné, je
me levai pour aller satisfaire un besoin en dépassant le lieu du
campement. En retournant, je m’aperçus que mon collier de verroteries
fait à Zafar (au Yémen) fut détaché. Je rebroussai chemin vers le lieu
où j ’étais afin de le rechercher et je fus retenue sur place pour le
retrouver.
Les hommes qui étaient chargés de ma monture portèrent le
palanquin et le mirent sur le chameau croyant que j ’étaits dedans, à
savoir que les femmes à cette époque étaient légères et loin de
l’obésité, car elles se contentaient de peu de nourriture. Les hommes
en soulevant le palanquin ne firent pas attention à sa légèreté. J’étais
alors une femme très jeune; ils firent lever le chameau et partirent, et à
mon retour, je trouvai le collier, qui était sous l’animal, alors que
l’armée avait déjà quitté le camp.
Quand je trouvai mon collier, en revenant au lieu du campement, il
n’y avait personne, alors je décidai de rester là où j ’étais, croyant que,
quand ils s’apercevront de mon absence, ils reviendront sûrement me
chercher. Etant ainsi, le sommeil me gagna et je m’endormis.
Safwan Ben Mou'attal As-Soulami puis Az-Zakwani, qui occupait
l’arrière de la troupe, arriva le matin à l’endroit où je me trouvais et vit
une silhouette d’une personne endormie, et il se dirigea vers moi. Il
m’avait déjà vue avant que le verset du voile fut révélé, et je m’éveillai
en l’entendant dire: «Nous sommes à Dieu et c’est vers Lui que nous
retournerons». Il fit agenouiller sa monture pour me porter sur elle,
nous nous mîmes en route, en la conduisant, jusqu’à ce que nous
atteignîmes la troupe qui faisait la sieste au temps de la canicule du
midi, alors qu’il y avait parmi eux ceux qui ont péri (sous l’effet de la
chaleur ardente).
C’était Abdullah Ben Oubay Ben Saloul qui avait répandu la
calomnie. Nous arrivâmes à Médine et je tombai malade pendant un
438

mois. Les gens à ce moment parlèrent longuement de cette calomnie,
mais ce qui me faisait trop souffrir, c'est que je ne sentais plus la
même compassion de la part du Prophète -qu’Allah le bénisse et le
salue- qu’il me manifestait auparavant, et il se contentait, quand il
venait me voir, de dire: «Comment vas-tu?». Ceci dura jusqu’à ce que
je fus guérie.
Oum Mistah et moi, nous sortîmes à notre lieu d’aisance à «AlManasse» et nous ne sortions que la nuit, et c’était avant de faire
construire des latrines tout près de la maison, en suivant une des
coutumes des Arabes qui allaient satisfaire leur besoin naturel dans la
campagne. En rentrant, Oum Mistah fit un faux pas en marchant sur le
pan de son vêtement, et elle dit: «Malheur à Mistah!» Je lui répondis:
«Tu as mal dit en injuriant un homme qui a assisté à la bataille de
Badr». Elle répliqua: «N’as-tu pas entendu ce que les gens disent?»
Elle me raconta les propos des calomniateurs, et ma maladie
s’aggrava. En rentrant chez moi, le Messager de Dieu -qu’Allah le
bénisse et le salue- se présenta à moi, il salua et dit: «Comment vastu?» Je lui répondis: «Permets-moi d’aller chez mes parents», parce
que je veux savoir la nouvelle de leur bouche». Il m’accorda
l’autorisation et je me rendis chez mes parents. Je dis à ma mère:
«Que racontent les gens?» Elle me répondit: «Ma chère fille, ne donne
pas trop d’importance à leurs propos. Par Dieu, il est rare à une
femme quelconque, jolie, pure, aimée de son mari et ayant des coépouses sans qu’on ne lui lance pareilles invectives». Je répondis: «Gloire à Dieu, les gens ont-ils donc parlé de cela?». Je passai toute la
nuit à pleurer et sans goûter un moment de sommeil.
Le lendemain, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le
salue- manda Ali Ben Abi Taleb et Oussama Ben Zaïd, quand il
s’aperçut que la révélation tardait à venir. Les consultant au sujet de
notre séparation, Oussama, qui était au courant de l’affection pour ses
femmes, lui répondit: «On ne connaît de tes femmes que du bien».
Quant à Ali, il dit: «O Messager de Dieu, Dieu ne veut pas que tu sois
peiné, il y a beaucoup d’autres femmes. Interroge la servante, elle te
dira la vérité».
Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- appela la
439

servante Barira et lui demanda: «O Barira, as-tu remarqué une chose
chez ta maîtresse qui suscite les soupçons?» Elle répondit: «Non par
celui qui t’a envoyé par la vérité, je n’ai rien à lui reprocher sinon
qu’elle est une jeune femme qui s’endort en négligeant sa pâte de
sorte qu’un animal domestique vient la lui manger». Le Messager de
Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- se leva et résolut de demander
justification à Abdullah Ben Oubay Ben Saloul. Il dit aux fidèles: «Qui
me justifie un homme qui, comme on me l’a dit, a calomnié ma
femme?. Par Dieu, je ne sais que du bien de ma femme, et on me
parla d’un homme dont je ne sais que du bien de lui qui venait souvent
chez moi en ma compagnie».
Sa‘d Ben Mou'adz se leva et dit: «O Messager de Dieu, moi je le
justifie devant toi. S’il est de la tribu de Al-Asws, nous lui couperons la
tête, et s’il est de nos frères Al-Khazraj, nous ferons ce que tu nous
ordonneras de faire». Sa’d Ben Oubada se leva à son tour, qui est le
chef des Khazraj et un homme vertueux mais poussé par le sentiment
tribal, et dit: «Tu mens. Par Dieu, tu ne le tues pas et tu ne pourras
pas le tuer». Oussayd Ben Houdayr prit la parole et répondit à ce
dernier: «Par Dieu, toi tu mens aussi, nous le tuerons car tu n’es qu’un
hypocrite qui défend les hypocrites». Les deux tribus Al-Aws et AlKhazraj se levèrent et furent sur le point de venir aux mains alors que
le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- était toujours sur
la chaire. Il descendit, les apaisa et garda le silence à son tour.
Durant toute la journée mes yeux ne cessèrent de fondre en
larmes et la nuit je ne pus goûter un moment de sommeil. Le
lendemain matin ils vinrent me trouver, j’avais pleuré deux nuits et une
journée au point où je sentis que les larmes vont crever mon cœur.
Alors que mes père et mère étaient auprès de moi, une femme des
Ansars demanda l’autorisation d’entrer chez moi, et une fois que cette
autorisation lui fut accordée, elle s’assit près de moi et commença à
pleurer avec moi. Etant ainsi, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse
et le salue- entra et s’assit, à savoir que depuis le jour où ils m’ont
accusée d’adultère, il n’a pas fait une choe pareille, sans qu’il n'ait
reçu pendant un mois une révélation à mon sujet. Il témoigna de
l’unicité de Dieu et me dit: «O Aicha, il m’est parvenu telle et telle
chose sur ton compte. Si tu es innocente, Dieu t’innocentera, et si tu
440

as commis un tel péché, demande pardon à Dieu et reviens vers Lui,
car le serviteur qui avoue son péché et revient à Dieu, Dieu reviendra
à lui».
Une fois que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salueait terminé ses paroles, mes larmes s'arrêtèrent de couler, et je dis à
mon père: «Réponds pour moi». Il dit: «Par Dieu, je ne sais quoi
répondre au messager de Dieu». Je demandai alors à ma mère: «Réponds pour moi». Elle dit: «Par Dieu, je ne sais quoi répondre au
Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-».
Aicha poursuivit: «Etant toute jeune n’ayant pas appris beaucoup
du Coran, je dis: «Par Dieu, je sais que vous avez appris ce que les
gens racontent, une chose qui s’est aggravée dans vos cœurs et vous
en croyez. Si je dis: je suis innocente, Dieu aussi le sait, vous n’allez
pas me croire, et si j ’avoue un péché que je n’ai pas commis, Dieu sait
que je suis innocente, vous me croyez. Par Dieu, je ne trouve pour
nous tous un exemple que Jacob, le père de Youssof, quand il a dit:
« L a r é s ig n a tio n e s t m a s e u le r e s s o u r c e . J ’en a p p e lle à A lla h d e v o tr e
m ach in ation »

[Coran XII, 18].

Je repris mon lit espérant que Dieu me rende innocente. Par Dieu,
je n’attendais pas à ce que Dieu fasse une certaine révélation à mon
sujet, me considérant comme insignifiante afin que le Coran parle de
moi. Mais tout ce que j ’espérais, c’est que le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- aurait fait pendant son sommeil une
vision par quoi Dieu me rend innocente, Par Dieu, le Prophète qu’Allah le bénisse et le salue- n’avait pas quitté sa place et nul autre
n’avait le temps de sortir de la maison, que la révélation arriva au
Messager de Dieu -qu'Allah le bénisse et le salue-. Bien que ce fut un
jour d’hiver, et comme d’habitude, le Messager de Dieu -qu’Allah le
bénisse et le salue- fut pris par une certaine peine, et de grosses
gouttes de sueur commencèrent à couler sur son front.
Une fois la révélation cessa, on découvrit le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue-, il apparut souriant. La première parole
qu’il a prononcée était: «O Aicha, loue Dieu qui t’a innocentée». Ma
mère me dit alors: «Lève-toi et va vers le Messager de Dieu -qu’Allah
le bénisse et le salue-». Je lui répondis: «Non par Dieu je ne me
441

lèverai pas pour aller vers lui, et je ne loue que Dieu (qui m’a rendue
innocente). Dieu à Lui la puissance et la gloire -avait révélé: «Un
g ro u p e d ’e n tr e t o us a rép an d u u n e c a lo m n ie ...» .

Quand ce verset fut révélé et me disculpa, Abou Bakr As-Siddiq que Dieu l’agrée- qui dépensait pour Mistah Ben Outhatha, un de ses
proches, dit alors: «Par Dieu, désormais je ne dépenserai plus pour
Mistah après ce qu’il a dit de Aicha.» Dieu à Lui la puissance et la
gloire- révéla ce verset: « L es gen s honorables e t fortu n és év iten t d e jurer
q u ’il s n e v ie n d r o n t p lu s en a id e à le u r s p r o c h e s ... jusqu’à « A lla h e s t
in d u lg le n t e t m isé ric o r d ie u x » [Coran X X IV , 2 4 ] Abou Bakr dit alors:
«Certes, par Dieu, je veux bien que Dieu me pardonne», et il
renouvela à Mistah la pension qu'il lui faisait».
L’imam Ahmed rapporte que Aicha -que Dieu l’agrée- a dit: «Après
la révélation de ces versets et l’annonce de mon innocence, deux
hommes et une femme furent amenés devant le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- qui donna l’ordre de les administrer les
coups de fouet selon la prescription divine».
« U n g r o u p e d ’e n tr e v o u s a rép a n d u la c a lo m n i e » en créant de
mensonges pour diffamer les autres injustement. « N e cro y ez p as qu’elle
v ous n u ise» ô la famille d’AbouBakr dont Aicha faisait partie; « e lle vous
sera profitable» pour vous dans les deux mondes: une sincérité dans la
vie d’iti-bas et une grande considération dans l’autre, après le geste
noble du Seigneur envers Aicha, la mère des croyants -que Dieu
l’agrée-, en révélant son innoncence. Etant sur le lit de la mort, Ibn
Abbas entra chez elle et lui dit: «Rejouis-toi, car tu étais la femme du
Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qui te chérissait le
plus parmi tes co-épouses et la seule vierge qu’il a épousée. Enfin ton
innocence fut descendue du del».
« T o u s l e c o m p lic e s d e c e t t e c a lo m n ie s e r o n t p u n is» Celui qui a
contribué à colporter cette calomnie et a diffamé la mère des croyants,
recevra la part convenable du châtiment. Quant à celui qui s'est
chargé de la plus lourde part, subira un châtiment douloureux. Il s’agit
bien sûr de Abdullah Ben Oubay Ben Saloul -que Dieu le maudissecomme on l’a montré au début du récit. Certains ont prétendu qu’il fut
question de Hassan Ben Thabet en avançant des opinions erronées,

442

mais à l’inverse, il était l’un des compganons qui jouissait d’un grand
faste. Il suffit à cet égard de mentionner que le Prophète -qu’Allah le
bénisse et le salue- lui a dit étant son poète défenseur: «Attaque-les
(les idolâtres) par tes poésies et sache que Gabriel est avec toi».
Mais Masrouq a rapporté une version étrange en racontant que
Hassan entra chez Aicha, alors que Masrouq était chez elle, et elle
ordonna qu’on lui donne un coussin. Après sa sortie, Masrouq dit à
Aicha: «Comment l’as-tu permis d ’entrer chez toi et Dieu a dit: «L ’au teu r p rin cip a l su b ira un ch â tim en t e x em p la ire» Elle lui répondit: «Et
quel châtiment sera-t-il plus cruel que la cécité, à savoir que Hassan
devint aveugle vers la fin de sa vie. Puis elle ajouta: «Son seul mérite
consistait en la défense du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le
salue- par ses poésies».

l a w l a ’i d s a m i ‘t u m û h u z a n n a - l - m u ’m i n û n a w a - l - m u ’m i n â t u b i ’a n f u s i h i m
h a y r a n w a q â lû h â d a

’i f k u m m u b î n u n (1 2 ) l a w l â j a ’û ‘a l a y h i b i ’a r b a ‘a t i

s u h a d â ',a f a ’i d l a m y a ’t û b i - s - s u h a d a 1’i f a ’û l a ’i k a ‘i n d a - L - L â h i h u m u - 1 k â d i b û n a (1 3 ).

Q u a n t ils o n t en ten d u c e tte c a lo m n ie , le s c r o y a n ts e t le s c r o y a n te s
auraient dû garder leur con fian ce à ceu x qu’elle a tteig n a it e t dire: « C ’e st là
p u re in fa m ie » (1 2 ) Q u e n ’o n t- ils p a s a p p u y é le u r s p r o p o s su r la f o i d e
quatre tém oins? N e l’ayan t p a s fa it, A llah les tien t pour m enteurs. (1 3 ).

L’histiore de ‘Aicha -que Dieu l’agrée- constitue une discipline pour
les hommes qui ont répandu la calomnie entre les gens en l’attaquant
par des propos méchants. Pourquoi les croyants et les croyantes
lorsqu’ils en ont entendu parler n’ont-ils pas pensé à bien, en euxmêmes, et n’ont-il pas dit: «C’est une calomnie évidente». S’ils étaient
eux-mêmes le sujet de cette calomnie, ils auraient sûrement agi pour
mettre fin à ce qu’ont disait. Comment n’ont-ils pas trouvé cela

inconvenable surtout que l’affaire concerne une mère des croyants qui
devait être un exemple de chasteté et d’honnêteté pour eux!.
On a rapporté que Khaled Ben Zaïd Al Anasari (Abou Ayoub) sa
femme lui a dit un jour: «Abou Ayoub, n’entends-tu pas ce que les
gens disent de Aicha -que Dieu l’agrée!» - Certes oui, répondit-il, et
c’est pur mensonge. Dis-moi Oum Ayoub, as-tu pensé un jou r à
commettre une chose pareille?». Elle répliqua: «Non par Dieu, je ne la
ferai jamais». Et Khaled de riposter: «Ainsi Aicha qui est meilleure que
toi». Après la révélation des versets relatifs à cette calomnie, et surtout
ce verset: « Q u a n d il s o n t en ten d u c e tt e c a lo m n ie , le s c r o y a n ts e t le s
c r o y a n tes a u ra ien t dû gard er leu r co n fia n ce à c e u x q u ’e lle a tte ig n a it e t

on a dit que ceci concerne Abou Ayoub et
sa femme après leur conversation.
dire: « C ’e st là pure infam ie»,

« C ’e st là pure in fam ie» et une calomnie manifeste, car ce que les
gens en pensaient n’avait aucun fondement. La preuve en est que 'Aicha -que Dieu l’agrée - était sur la monture de Safwan et tous les
hommes l’avaient vue au milieu du jour. Si elle avait commis un acte
pareil, elle et Safwan, auraient dû rattraper la troupe clandestinement
sans être vus par les hommes.

Pour affirmer cette réalité, Dieu a dit: « Q u e n’o n t-ils appuyé sur la
Comme ils étaient incapables de produire les
autre témoins, ils sont donc, selon le jugement, des menteurs pervers.

fo i d e q u a tre tém oin s?»

w a l a w l â f a d l u - L - L â h i ‘a l a y k u m w a r a h m a t u h û f î - d - d u n y â w a - l - ’a h i r a t i
l a m a s s a k u m f î m a ’a f a t t u m fîh i ‘a d â b u n ‘a z î m u n (1 4 ) ’i d t a l a q q a w n a h û
b i ’a l s i n a t i k u m w a t a q û l û n a b i ’a f w â h i k u m m â l a y s a l a k u m b i h î ‘i l m u n
w a t a h s a b û n a h û h a y y i n i n w a h u w a ‘i n d a - L - L â h i ‘a z îm u n (1 5 ).

S a n s la g râ ce e t la b on té d’A lla h dan s c e m onde e t d an s l’a u tre, an
ch âtim en t im p lacab le vous aurait déjà punis pour le s fa u x bruits que t o us

444

a y ez co lp o r té s. (1 4 ) Q u an d v o s la n g u es a ccu eilla ien t ce s p rop os e t que v o s
b o u c h e s le s d iffu sa ie n t sa n s que v o u s en a y e z c o n tr ô lé l ’e x a c titu d e , v o u s
n’attrib u iez qu’une lég ère im portance à la ch o se, a lors qu’a u x y e u x d’A lalh
elle e st très grave. (1 5 ).

N’était «la grâce de Dieu sur les hommes et Sa miséricorde» icibas et dans la vie future, et n’était-ce le repentir de ceux qui ont
colporté et répandu la calomnie, «u n ch â tim e n t im p la ca b le v o u s a u ra it
punis pour le s fa u x bruits». Ceci concerne ceux qui avaient la foi à cette
époque et s’étaient repentis tels que Mistah, Hassan et autres. Et ceci
ne concerne plus les hypocrites comme Abdullah Ben Oubay Ben
Saloul et ses semblables, car ils n’étaient du tout des vrais croyants.
« Q u a n d v o s la n g u e s a c c u e illa ie n t c e s p ro p o s e t q u e v o s b o u c h e s le s
d if fu s a ie n t»

ce dont vous n’aviez science aucune « v o u s n ’a ttr ib u ie z

qu’u ne lég ère im portance à la ch o se, alors qu’a u x y eu x d’A llalh elle e st très

Vous pariiez mal de la mère des croyants pensant que ce n’est
rien. Même si elle n’était pas la femme du Prophète -qu’Allah le
bénisse et le salue-, cela était énorme auprès de Dieu, qu’en serait
alors si elle était l’épouse des derniers Prophètes et Messagers.
g ra v e»

Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu’Allah
le bénisse et le salue- a dit: « L ’ho m m e p ro fè re p a rfo is des p a ro le s qui
déplaisent à D ieu sans y a ttache r de l ’im porta nce, à cause d ’elles, il sera
précip ité dans un Feu dont l ’abîm e e st plu s loin que la distance qui sépare
les d e u x de la terre».

w a l a w la " ’i d s a m i ‘t u m û h u q u l t u m m â y a k û n u lanaT ’a n n a t a k a l l a m a
b i h â d â s u b h â n a k a h â d â b u h t â n u n ‘a z î m u n (1 6 ) y a ‘i z u k u m u - L - L â h u ’a n
t a ‘û d û l i m i t l i h T ’a b a d a n ’i n k u n t u m m u ’m i n î n a ( 1 7 ) w a y u b a y y i n u - L L â h u l a k u m u -1 -’a y â t i w a - L - L â h u ‘A l î m u n H a k î m u n (1 8 ).

Q u a n d vo u s av ez en ten d u ce s p ro p os, q ue n’av ez-v o u s d it « Il n e n o u s

445

s ie d p a s d ’a b o r d e r d e p a r e ils s u j e t s « G r a n d A lla h c ’e s t u n e c a l o m n ie
in d ign e». (1 6 ) A lla h vou s d éfend d e retom ber d a n s de te lle s erreurs s i vou s
ê tes cro y an ts. (1 7 ) A llah vous com m en te se s en seign em en ts. H e st sa v a n t e t
sa g e. (1 8 ).

En voilà une autre règle de discipline qui consiste à ne plus
diffuser une nouvelle qu’on a entendue et à en parler aux autres. Dieu
a exhorté les gens: « Q u an d vous avez entendu ce s p ropos, que n’avez-vous
dit: « Il n e n ou s sied d’aborder d es p a reils su jets» sans propager ce qu’on
a entendu et de se taire à son sujet: « G ra n d A lla h c ’e s t u n e c a lo m n ie
i n d i g n e » en a ccusa nt la fem m e de Son Prophète d ’un péché
ignominieux.
« A lla h v o u s d é fen d d e r e to m b er d a n s d e t e lle s er r e u r s s i v o u s ê te s

Il vous interdit de commettre une chose pareille à l’avenir si
vous croyez en Dieu, en ses lois et vénérez Son Prophète -qu’Allah le
bénisse et le salue- « A lla h vo u s com m en te s e s en seig n em en ts» en vous
expliquant et exposant ses signes, car « Il e s t sa v an t e t sa g e » Il connaît
bien ce qui convient à Ses serviteurs et sage dans Ses lois et Sa
prédestination.
c ro y a n ts»

’i n n a - l - l a d î n a y u h i b b û n a ’a n t a s î ‘a - l - f â h i s a t u f î - l - l a d î n a ’a m a n û l a h u m
‘a d â b u n ’a l î m u n f î - d - d u n y â w a - l -’a h i r a t i w a - L - L â h u y a ‘l a m u w a ’a n t u m
l â t a 'l a m û n a (1 9 ).

C eu x qui s e p la isen t à discréditer le s croyan ts encourront un ch âtim en t
sévère d an s c e m onde e t dans l ’autre. A lla h s a it e t vous n e sa v ez p a s. (1 9 ).

Ceci pré sen te aussi une tro isiè m e règle de d is c ip lin e et
d’éducation, adressée à celui qui, entendant de mauvais propos
concernant un autrui, en conçoit une partie, l’élabore et les répand.
Dieu dans ce verset met en garde ceux qui propagent la turpitude
parmi les croyants, qu’ils subiront un châtiment atroce dans les deux
mondes: dans la vie d’ici-bas la peine prescrite, et dans l’autre un
supplice douloureux.
446

« A lla h s a it e t v o u s n e s a v e z p a s » . En d’autre terme rendez cela à
Dieu l’Omniscient et il vous dirige. Le Prophète -qu’Allah le bénisse et
le salue- a dit: «N e nuisez p a s a u x serviteurs de D ieu en les injuriant e t en

recherchant leurs défauts. Celui qui f a i t l ’un e t Vautre, D ieu le démasque et
le déshonore m êm e s ’il se trouve chez lui» (R a p p o rté p a r A h m e d )(I).

w a l a w l â f a d l u - L - L â h i ‘a l a y k u m w a r a h m a t u h û w a ’a n n a - L - L â h a R a ’û f u r - R a h î m u n ( 2 0 ) y â ’a y y u h â - l - l a d î n a ’a m a n û l â t a t t a b i ‘û h u t u w â t i - s s a t t â n i w a m a y - y a t t a b i ‘ h u t u w â t i - s - s a y t â n i f a ’i n n a h u y a ’m u r u b i-1 f a h s a ’i w a - l - m u n k a r i w a l a w l â f a d l u - L - L â h i ‘a l a y k u m w a r a h m a t u h û m â
z a k â m i n k u m m i n ’a h a d i n ’a b a d a n w a l â k i n n a - L - L â h a y u z a k k î m a y y a s a ’u w a - L - L â h u S a m f u n ‘A l î m u n (2 1 ).

C es p r escrip tio n s so n t em p rein tes d e la g r â c e e t d e la b o n té d ’A lla h .
A lla h e s t p lein d e m a n su étu d e e t d e clém e n c e .

(20) O c r o y a n ts , n e su iv ez

p a s le s tra ces d e S a ta n . Q u i le s su it, S a ta n l’en train e dans le s turpitudes et
le s m a u v a is e s a c t io n s . S a n s la g r â c e e t la m a n s u é tu d e d ’A ll a h , a u c u n
d ’e n tr e v o u s n ’a tt e in d r a it l ’é t a t d e p u r e té . A lla h p u r ifie q u i II v e u t. I l
entend e t sa it to u t. (2 1 ).

Et n’é ta it-c e la grâce de Dieu et Sa m isé ricrod e sur Ses
serviteurs, l'affaire aurait pris un autre tour. Mais II est clément et doux
envers les hommes, Il accepte le repentir de qui II veut s’il, vraiment,
ne revient pas à une telle turpitude, et II le purifie après avoir reçu la
peine imposée qui lui est une purification.

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«O c r o y a n t s , n e s u iv e z p a s l e s t r a c e s d e S a t a n » qui, par ses
machinations et tentations, conduit à la perte et à l’égarement. « Q u i le s
su it, S a ta n l ’entraîne dans le s turpitudes». Ce verset est un avertissement
et une mise en garde qui simplifie et réunit tout. On a rapporté qu’un
homme dit à Ibn Abbas: «Je me suis interdit une telle nourriture.». Et
Ibn Abbas de lui répondre: «C’est une suggestion de Satan. Expie ton
serment et manges-en».
« S a n s l a g r â c e e t l a m a n s u é t u d e d ’A l l a h , a u c u n d ’e n t r e v o u s

En d’autres terme, si Dieu n’accorde pas
le repentir à l’un de ses serviteurs qui revient vers Lui, ne purifie pas
les âmes de leur idolâtrie, leur perversité et leur souillure qui entraînent
dans la mauvaise moralité et la mauvaise vie, nul ne se serait purifié ni
n’obtiendrait le bien. Dieu seul est celui qui purifie qui II veut parmi Ses
sujets, les dirige ou les égare. Car II est Omniscient et sage.
n ’attein d ra it l’é t a t d e p u reté».

w a l â y a ’t a l i ’u l û - 1 - f a d l i m i n k u m w a - s - s a ‘a t i ’a y - y u t u

’u l î - l - q u r b â w a -1 -

m a s â k î n a w a - l - m u h â j i r î n a f î s a b î l i - L - L â h i w a - l - y a ‘f û w a - l - y a s f a h u ’a l â
t u h i b b û n a ’a y - y a g f i r a - L - L â h u l a k u m w a - L - L â h u g a f û r u - r - R a h î m u n (2 2 ).

L e s gen s honorables et fortunés évitent de jurer qu’ils n e viendront plus
e n a id e à le u r s p r o c h e s, a u x p a u v res e t à c e u x q u i s e s o n t e x il é s p ou r
A llah ! Q u ’ils s e m on tren t, au co n tra ire in d u lg en ts e t leu r pard on n en t! N e
v ou lez-v ou s p a s, vo u s-m êm es, qu’A lla h vous pardonne! A lla h e s t in d u lgen t
e t m iséricordieux. (22).

Que ceux qui sont capables et aisés ne jurent pas qu’ils privent
les proches, les pauvres et les émigrés dans le chemin de Dieu, de ce
que Dieu leur a accordé. Ceci, en vérité, constitue une exhortation à
être compatissant, indulgent et généreux envers les proches et les
besogneux. « Q u ’i l s s e m o n t r e n t , au c o n t r a i r e , i n d u lg e n t s e t le u r
p ardonnent» leur nuisance et leur mauvaise conduite. Ceci émane de la
448

mansuétude de Dieu, de son indulgence et de sa générosité malgré
que les hommes se font tort à eux-mêmes.
Comme nous l’avons monré auparavant dans le récit de la
calomnie, ce verset fut révélé à propos de Abou Bakr As-Siddiq qui a
juré de ne plus dépenser pour Mistah, mais après l’innocence de 'Alcha -que Dieu l’agrée- et l’apaisement des âmes des croyants, le
repentir des croyants reçu par Dieu et la peine appliquée à ceux qui
l’ont mérité, Dieu le Très Haut exhorte les hommes à oublier le passé
et à reprendre la dépense pour les proches nécessiteux. A savoir que
Mistah Ben Outhatha était le cousin maternel de As-Siddiq et parmi les
premiers qui ont fait l’émigration de La Mecque à Médine avec le
Prophète -q u ’Allah le bénisse et le salue-. Une fois ce verset
descendu, Abou Bakr s’écria: «Par Dieu, certes, je veux bien que Dieu
me pardonne». Et il continua ensuite à donner la pension nécessaire à
Mistah en disant: «Par Dieu, je ne vais plus l’en priver».

’i n n a - l - l a d î n a y a r m û n a - l - m u h s a n â t i - l - g â f x l â t i - l - m u ’m i n â t i l u ‘i n û f ï - d d u n y a w a - l - ’a h i r a t i w a l a h u m ‘a d â b u n ‘a z î m u n ( 2 3 ) y a w m a t a s h a d u
a l a y h i m ’a l s i n a t u h u m w a ’a y d î h i m w a ’a r j u l u h u m b i m â k â n û y a 'm a l û n a
(2 4 ) y a w m a ’i d i n y u w a f f î h i m u - L - L â h u d î n a h u m u - l - h a q q a w a y a 'l a m û n a
’a n n a - L - L â h a h u w a - l - h a q q u - l - m u b î n u (2 5 ).

C e u x q u i c a lo m n ie n t l e s fe m m e s v e r tu e u s e s , f id è le s à le u r f o i e t
in sou cian tes de l ’opinion publique, c eu x -là seront m audits dans ce m onde et
dans l ’a u tre. I ls subiront un ch âtim en t cruel. (2 3 ) L e jour où leu rs la n g u es,
leu rs m a in s e t leu r p ied s tém oig n ero n t co n tre e u x de to u s leu rs a c te s. (2 4 )
C e jo u r -là , A lla h rétribuera leu rs œuvres en to u te ju stice. I ls co n sta tero n t
alors qu’A llah est la ju stice m êm e. (2 5 ).

Dieu m enace ceux qui calom nient les fem m es honnêtes,
insouciantes et croyantes. Qu’en sera-t-il alors de celui qui calomnie
449

une mère des croyants, pure et honnête? Les ulémas à l’unanimité,
ont jugé d’après ce verset que quiconque la calomnie et la diffame
aura apostasié en contredisant les enseignements de Dieu contenus
dans le Coran.« C eu x -là s ero n t m a u d its d a n s c e m o n d e e t d a n s l ’a u tr e » .
Ce verset, les ulémas ont assimilé à celui-ci: « C e u x qui o ffe n se n t A lla h
e t s o n P r o p h è te s e r o n t m a u d its ...» [Coran X X X III, 5 7 ] qui concerne
Aicha en particulier. Elle a rapporté: «On m'a calomniée du moment
que j ’étais insouciante et n’avais aucune idée de ce que les gens
disaient de moi. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le saluequi était chez moi, s’accorda et commença à essuyer son visage. Il me
dit: «Réjouis-toi ô Aicha». Je lui répondis: «C’est grâce à lui et non pas
grâce à toi». Puis il récita: « C e u x qui ca lo m n ien t le s fem m es v ertu eu ses,
fid èles à leur fo i e t in sou cian tes, à l’opinuion publique... jusqu’à: « L e s b on s
se ro n t in n o ce n té s d e s m a u v a is p r o p o s. A e u x , le p a r d o n d ’A lla h e t u n e
félicité infinie».

Ibn Abbas a commenté cela en disant que ceci concerne les
épouses du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- en dehors des
autres, dont étaient le sujet de la calomnie de la part des hypocrites.
Ceux-ci encourent la colère de Dieu et sa malédiction. Puis ce verset
fut descendu à propos des autres: « C e u x q u i c a lo m n ie n t le s fem m e s
v e r t u e u s e s ...» où il fut question de la flagellation et le repentir, ce
dernier sera accepté tandis que le témoignage sera réfuté.
A cet égard, Abou Houraira rapporté que le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «E vitez les sept périls ( qui m éritent
le F e u ) ... -O n lu i d em an da: « Q u els s o n t-ils ô M e s s a g e r de D ieu ?» I l
répondit: «C e sont le polythéism e, la magie, le m eurtre sans m o tif légitim e,
l ’usure, la dévoration des biens des orphelins, la fu ite au jo u r du co m b at
d a n s la vo ie de D ie u e t la d iffa m a tio n d e s f e m m e s in s o u c ia n te s e t
croyantes» (R ap porté pa r B oukhari et M ousU m )(1).
« L e jo u r o ù le u r s la n g u e s , le u r s m a in s e t le u r s p ie d s té m o ig n e r o n t

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Il s’agit, d’après Ibn Abbas des idolâtres
quand ils constateront que seuls qui ont observé les prières entreront
au Paradis. Ils diront les uns aux autres: « R e n io n s to u t» . Alors leurs
bouches seront scellées, leurs mains èt pieds témoigneront contre eux,
et ils ne pourront rien cacher à Dieu de leurs propos:
con tre e u x de to u s leu rs a c te s»

Anas Ben Malek raconte: «Etant assis chez le Prophète -qu’Allah
le bénisse et le salue- quand il se mit à rire à pleine gorgée. Il nous
dit: «Savez-vous ce qui m e f a i t rire?» -D ieu e t So n M essag er so n t les p lu s
savants, répondîm es-nous. I l reprit: « L a discussion qu i aura lieu en tre le
Seigneur e t son serviteur. C elui-ci dira: «Seigneur, ne m ’as-tu p a s p rotégé
contre l ’injustice? -Oui, dira Dieu. -Je ne perm ets à aucun, à m oins q u ’il ne
so it de m o i-m êm e, de tém o ig n er co n tre m oi. D ieu répliquera: « I l s u ffit
au jou rd’hu i toi-m êm e p o u r témoigner contre toi-m êm e, e t les anges nobles
et scribes». A lors on m ettra un sceau sur sa bouche e t dira à ses membres:
«Parlez». Ces m em bres parleront, pu is on ôtera le sceau, il leur dira alors:
«M alheu r à vous! c ’est vous que je défendais» (R a p p o rté p a r M o u slim e t
N a ssa ï)(1>.

Dans le même sens, Qatada a dit: «O fils d’Adam! Par Dieu,
certains de tes membres témoigneront contre toi, observe-les. Crains
Dieu en secret et en public. Rien ne Lui est caché- Les obscurités sont
des lumières par rapport à Lui, le secret est publique. Quiconque
pourra trouver la mort en formant une bonne idée sur Dieu, qu’il le
fasse. Il n’y a ni force ni puissance qu’en Dieu».
« C e jo u r -là , A lla h rétrib u era leu r s œ uvres en to u te ju s tic e » et leur
compte sera réglé en toute équité. Les hommes sauront alors, avec
certitude, que Dieu est la vérité évidente.

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r i z q u n k a r î m u n (2 6 ).

L es m auvaises ch oses conviennent aux m auvais hom m es et les m auvais
hom m es a u x m auvaises ch oses. L e s bonnes ch o ses conviennent a u x bonnes
gen s e t le s bonnes gen s a u x bonnes ch oses. L e s bons seron t in n ocen tés d es
m auyais propos. A eu x , le pardon d’A llah e t une félicité infinie. (2 6 ).

Ces bons et ces mauvais, furent interprétés de différentes façons:
Ibn Abbas a dit: Les mauvais propos sont aux hommes mauvais,
les mauvais hommes aux mauvais propos, tandis que les bons propos
sont aux bons hommes, les bons hommes aux bons propos. Ceci fut
révélé au sujet de Aicha et les hypocrites calomniateurs». Cette
opinion fut soutenue par Ibn Jarir qui a ajouté que les bons propos
sont propres aux bonnes gens, et les mauvais propos ne conviennent
qu’aux mauvaises gens. Ce que les hypocrites ont attribué à Aicha leur
convient seuls en dehors des autres.
Quant à Abdul Rahman Ben Zaïd Ben Aslam, il a dit: «Les
femmes mauvaises aux hommes mauvais, les hommes mauvais aux
femmes mauvaises. Celles qui sont bonnes à ceux qui sont bons, ceux
qui sont bons à celles qui sont bonnes. Visiblement il s'agit du
Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et sa femme Aicha. En
d’autre terme, Dieu ne donne à son Prophète que la femme honnête,
étant donné qu’il est le meilleur et le plus honorable de tous les
hommes. SI elle était une femme mauvaise, elle ne lui conviendrait
plus ni légalement ni par voie de prédestination, voilà le sens des dires
divins: « L e s b o n s sero n t in n o c e n té s d es m a u v a is p r o p o s» Ces bons et
bonnes jouiront du pardon de Dieu et d’une grâce abondante. Il y en a
là une promesse divine que la femme du Prophète -qu’Allah le bénisse
et le salue- sera admise avec lui au Paradis.
452

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’a y y u h â - l - l a d î n a ’a m a n û l â t a d h u l û b u y û t a n g a y r a b u y û t i k u m h a t t â

t a s t a ’n i s û w a t u s a l l i m û ‘a l a ’a h l i h â d â l i k a u m h a y r u - l - l a k u m l a ’a l l a k u m
t a d a k k a r û n a ( 2 7 ) f a ’i l - l a m t a j i d û f î h a ’a h a d a n f a l â t a d h u l û h â h a t t â y u ’d
a n a l a k u m w a ’i n q î l a l a k u m u - r - j i ‘û f a r j i ‘û h u w a ’a z q â l a k u m w a - L - L â h u
b i m â t a ‘m a l û n a ‘A l î m u n ( 2 8 ) l a y s a ‘a l a y k u m j u n â h u n ’a n t a d h u l û
b u y û t a n g a y r a m a s k û n a t i n f î h â m a t â ‘u - l - l a k u m w a - L - L â h u y a ‘l a m u m â
t u b d û n a w a m â t a k t u m û n a (2 9 ).

O

c r o y a n ts , n e v o u s in tr o d u is e z p a s s a n s p rév en ir d a n s la m a iso n

d’au tru i, ni sa n s sa lu er le s occu p an ts. V o ilà la bonne règ le. P e n se z -y . (2 7 )
S i v o u s n ’y tro u verez p erson n e, n’en trez p a s sa n s au to risa tio n . S i o n vou s
p rie d e v o u s retirer, retirez-vous. C ela vous rendra plus purs. A lla h con n aît
to u s v o s a c te s . (2 8 ) I l n e v o u s e s t p a s in terd it d e prendre pour refu g e le s
m a iso n s in h ab itées. A lla h con n aît to u tes vos actio n s, apparentes e t cach ées..
(2 9 ).

Ces dires divins sont une règle de conduite recommandée, voire
imposée de Dieu. Elle consiste à ne pas entrer dans des maisons qui
ne sont pas les siennes sans demander l’autorisation par trois fois, et
sans saluer leurs habitants. Si cette autorisation est accordée, on y
entre, sinon on droit se retirer.
A ce propos, il est cité dans le Sahih qu’Abou Moussa demanda,
par trois fois, l’autorisation d’entrer chez Omar Ben Al-Khattab. N’ayant
pas reçu cette autorisation, Abou Moussa rebroussa chemin. On dit à
Omar: «N’as-tu pas entendu la voix d'Abou Moussa qui demandait
l’autorisation d’entrer chez toi?» Il ordonna alors qu’on le recherche,
mais Abou Moussa était déjà loin mais on l’attrapa en lui demandant
de retourner.
453

Quand Abou Moussa fut en présence de ‘Omar, celui-ci lui
demanda: «Pourquoi t’es-tu retiré?» -J’ai demandé par trois fois,
répondit-il, l’autorisation d’entrer sans me l’accorder. Car j’ai entendu le
Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dire: «Lorsque l’un d’entre
vous demande trois fois l’autorisation d’entrer sans l’obtenir, il doit se
retirer». Omar s’écria alors: «Tu dois m’apporter une preuve de
l’authencité de ce hadith, sinon, je te frapperai brutalement».
Abou Moussa se rendit chez un groupe de Médinois et les mit au
courant de cette affaire. On lui répondit: «Le plus jeune d’entre nous
va témogner de cela et t’accompagner chez Omar». Abou Sa‘id AlKhoudri, qui fut l’homme désigné, se rendit chez Omar avec Abou
Moussa. Abou Sa’id rapporta à Omar le même hadith. Et Omar de
répliquer: «Ce devait être le négoce dans les marchés qui m’a
empêché d’entendre personnellement ce hadith».
Anas, de sa part, a rapporté le récit suivant:
«Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- demanda une fois
l’autorisation d’entrer chez Sa’d Ben Oubada et dit: «Que la paix soit
sur vous ainsi que la miséricorde de Dieu». Il lui répondit le salut sans
faire entendre cela au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- qui lui
répéta le salut trois fois sans que Sa'd l’entendit. Le Prophète -qu’Allah
le bénisse et le salue- rebroussa chemin et S’ad le rechercha en lui
disant: «O Messager de Dieu, que je te donne pour rançon mes père
et mère , je ne t’ai fait entendre mon salut qu’une seule fois voulant
par là avoir beaucoup de la bénédiction et écouter ta voix». Puis il
l’introduisit chez lui et lui présenta de raisins secs. Le Prophète qu’Allah le bénisse et le salue- en prit et lui dit à la fin: «Que les
hommes vertueux mangent de ta nourriture, les anges te bénissent et
les jeûneurs rompent leur jeûne chez toi» (R a p p o rté p a r A hm ed , A bou
D aoud et N a ssa i).

Que celui qui demande l’autorisation sache qu’en demandant cette
autorisation qu’il ne doit se tenir debout face à la porte mais que ce
soit à droite ou à gauche, c’était le faire de Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- comme a rapporté Abdullah Ben Bichr;
pour la simple raison, c’est qu’il n’y avait pas de voile sur les portes à
cette époque. A savoir qu’une fois un homme demanda d’entrer chez
454

le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-. Comme il se trouvait face
à la porte, il lui fit remarquer «Tiens-toi à droite ou à gauche car cette
autorisation n’a été imposée qu’à cause de ce qu’on peut voir dedans
si on se tient en face».
Il est cité dans les deux Sahih que le Messager de Dieu -qu’Allah
le bénisse et le salue- a dit: « S i un hom m e regarde à l ’intérieu r de ta
m aison san s ton au torisation , que tu lui lances un caillou e t tu lui crèves
so n œ il, tu n 1a u ra s p a s c o m m is une fa u te » (R a p p o r té p a r B o u k h a ri e t
M o u U m )(I).

Jaber rapporte: «Mon père devait à un autre une somme d’argent.
Je me rendis chez le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- et tapai
à la porte. Il répondit: «Qui est à la porte?» - C’est moi, dis-je. Ma
réponse déplut au Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-». En effet
il répugnait à entendre une telle réponse car on doit dire le nom et
même le surnom pour mieux s’identifier, autrement cette autorisation
n’aura plus de sens.
On a rapporté aussi, d’après Amr Ben Sa'id Thaqafi, qu’un homme
demanda l’autorisation d’entrer chez le Prophète -qu’Allah le bénisse et
le salue- en disant: «Je peux entrer?» Le Prophète -qu’Allah le bénisse
et le salue- dit alors à une servante: «Lève- toi et va à cet homme
pour lui apprendre la façon pour entrer; car il l’ignore. Dis-lui: «Qu’il
dise: «Que la paix soit avec vous, puis-je entrer». L’homme, entendant
les propos du Prophète, s’écria: «Que la paix soit avec vous, puis-je
entrer?». Il lui permit».
Ibn M ass'oud a d it: «Vous êtes tenus de dem ander cette
autorisation même si vous voulez entrer chez vos mères et vos
sœurs».
Quant aux circonstances de cette révélation, ‘Adyi Ben Thabet
rapporte qu’une femme des Ansariens avait dit: «O Messager de Dieu,

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il m’arrive parfois de me trouver dans un état où je ne désire qu’aucun
n’entre chez moi, même s’il s’agit'de mon père ou de mon fils. Et
malgré tout, même dans cet état, ils entrent chez moi». Ce verset alors
fut descendu: « O cro ya n ts, ne vous introduisez p as san s prévenir...».
‘Ata Ben Abi Rabah rapporte avoir entendu Ibn Abbas dire: «Il y a
des choses que les hommes renient, à savoir:
1 - Dieu a dit: « L e p lu s m érita n t a u x y e u x d ’A lla h e s t c e lu i qui L e
[Coran LXIX, 13], et les hommes, à leur tour, disent: «Le
meilleur est celui qui est issu de la meilleure souche».

cra in t le plus»

2 - Les règles de l’éducation: J’ai demandé au Messager de Dieù
si je dois demander l’autorisation d’entrer chez mes sœurs qui habitent
avec moi dans une même maison, il me répondit par l’affirmative.
Comme je répétai cela pour qu’il m’exempte de cette autorisation, il
refusa et dit: «Aimes-tu voir ta sœur nue?» Répondant par la négative,
il répliqua: «Demande alors cette autorisation». A la troisième fois, il
me dit: «Aimes-tu obéir à Dieu?» - Oui, répliquai-je. Il dit enfin: «Demande donc l’autorisation.»
Plusieurs hadiths et recommandations ont été rapportés à ce sujet
dont on peut en conclure qu’il est d’obligation à demander l’autorisation
pour entrer chez autrui, et qu’il est recommandé de le faire lorsqu’on
entre chez les siens.
Pourquoi cette autorisation doit être demandée par trois fois? Et
les ulémas de répondre:
1 - Pour avertir les occupants d’une maison qu’il y a quelqu’un à
la porte.
2 - Pour que les habitants prennent leur attitude convenable.
3 - Pour leur laisser la liberté: ils peuvent autoriser comme ils ont
le droit de refuser. Ceux auxquels on refuse cette autorisation doivent
se retirer, car les gens ont d’autres préoccupations et besoins, et c’est
Dieu qui connaît les raisons de ce refus.
A l’époque préislamique (Jahilia) Mouqatel Ben Hayan a avancé:
L’homme rencontrait un autre sans le saluer, il se contentait de dire:
«Je te souhaite le bonjour et le bonsoir», qui était la formule de
456

salutation entre eux. L’un d’entre eux se rendait chez l’autre, entrait
sans avertir ni demander l’autorisation, et se contentait de dire: «Me
voilà chez vous» ou une expression analogue. Cette façon causait
d’ennui aux autres, et il arrivait que l’un d’entre eux soit en position
sentimentale avec sa femme. Dieu par ce verset a tout changé en
rendant aux maison leur caractère sacré et pour purifier les âmes de
mauvaises suggestions. Il a dit: « O c r o y a n ts , n e v o u s in tr o d u is e z p a s
sa n s p réven ir d a n s la m a iso n d’au tru i, ni sa n s sa lu er le s o c cu p a n ts...» C’est
préférable pour vous en observant cette règle et pour être protégés
contre toute entrée inopinée.
« S i v o u s n ’y tr o u v e z p e r so n n e , n ’e n tr e z p a s s a n s a u to r is a tio n » car
entrer dans un cas pareil sera un abus de la propriété d’autrui. Il
appartient au maître de la maison de donner l’autorisation ou de la
refuser. « S i o n v o u s p r ie d e v o u s r e tir e r, r e tir e z-v o u s . C e la v o u s ren d ra
p lu s p u r s » sans commettre une tansgression aux droits des autres.
Dieu connaît toutes les actions des hommes.
« I l n e v o u s e s t p a s in te r d it d e p ren d re p o u r r e fu g e le s m a is o n s

C’est une autorisation accordée d’avance aux hommes
pour entrer dans de telles maisons, comme celle d’hospitalité si on a
reçu cette autorisation pour la première fois. D’autres interprétateurs
ont pris l’expression arabe contenue dans le verset à la lettre et ont
dit: «Nul grief à vous d’entrer dans des maisons non habitées où se
trouve un objet qui vous appartient». Enfin d’autres aussi ont assimilé
ces m aisons aux auberges ou autres m aisons consacrées aux
voyageurs.

in h a b i té e s ...»

q u i l i l - m u ’m i n î n a y a g u d d û m i n ’a b s â r i h i m w a y a h f a z û f u r û j a h u m d â l i k a
’a z k â l a h u m ’i n n a - L - L â h a h a b î r u m b i m â y a s n a ‘û n a ( 3 0 ).,

P r e s c r is a u x c r o y a n ts d e ten ir le u r s y e u x b a is s é s e t d e d o m in er leu rs
sen s. C ela le s rendra p lu s purs. A lla h s a it to u t c e q u ’ils fo n t. (3 0 ).

C’est un ordre divin donné aux croyants de baisser leurs regards
457

et de regarder ce que Dieu a interdit de voir. S’il arrive qu’on regarde
une chose interdite sans le vouloir, on doit dévier les regards aussitôt
possible. Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit à
Ali: «O ‘Ali, ne suis pas le regard par un autre, le premier t’est permis
mais l’autre constitue une faute».
Dans un hadith authentique, d’après Abou Sa'id Al-Khoudri, le
Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: « E v ite z de
vous asseoir su r les voies publiq ues» . On d it: « M a is nous n ’avons p a s
d ’autre lieu pour nous entretenir». I l répliqua: «Dans ce cas respectez les
droits des voies». - Quels sont-ils? reprit-on» I l dit: «Ils consistent à baisser
le regard, s ’abstenir de fa ir e le m al, rendre le salut, ordonner le bien et
interdire le reprehensible» (R a p p o rtép a r B oukhari)(I).

Comme le regard conduit à la dépravation, Dieu ordonne aux
gens d’être chastes et ceci en baissant les regards qui sont à l’origine
d’une telle corruption. Il dit: «P rescris a u x croyan ts de tenir leu rs regards
b a issés e t de dom nier leu rs sen s» ., Dominer les sens consiste: tantôt à
éviter l’adultère, tantôt à regarder les organes sexuelles, comme il est
dit dans un hadith: «Ne montre ton sexe qu’à ta femme et à l’esclave
ou la captive de guerre que du possèdes».
« C e la le s rendra plus purs». Soit que cette purification désigne le
cœur soit la foi. L’imam Ahmed rapporte d’après Abou Oumama que le
Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout musulman qui
regarde les charmes d’une femme puis s’en détourne, Dieu lui accorde
une pratique dont il y trouve sa douceur». Ibn Mass'oud à son tour
rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a
dit: «Le regard est une des flèches de Satan. Quiconue le laisse, Je lui
donnerai en échange une foi qu’il goûtera sa douceur dans son cœur».
« A lla h s a i t to u t c e q u ’i l s fo n t»

comme II a dit ailleurs: « A lla h
[Coran XL, 19].

surprend le s regard s in d iscrets e t le s secrets d es cœurs»

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Mais ce qui a été prédestiné au fils d’Adam arrivera inévitablement
sans qu’il s’en aperçoive. Ce qui corrobore cette réalité est ce hadith
rapporté par Abou Houraira dans lequel le Messaer de Dieu -qu’Allah
le bénisse et le salue- a dit: «D ieu a inscrit au f i l s d ’A d a m sa p a r t de
l ’adultère q u ’il com m ettra inéluctablem ent de la fa ç o n suivante: L ’adultère
des y e u x , le regard; l ’adultère des oreilles, l ’ouïe; l ’adultère de la langue, la
paro le; l ’adultère de la m ain, la violence, l ’adultère du pied, la m arche. L e
cœur aim e et convoite, m ais ce so n t les pa rties génitales qui m e tte n t cela à
exécution ou non» (R a pp orté p a r M o u slim )(1).

Les ulémas ont averti les hommes de regarder le jeune imberbe,
et même les soufis l’ont interdit, de peur que ce regard n’entraine à la
tentation.
Il
est dit aussi dans un hadith: «Tout œil pleurera au jour de la
résurrection à l’exception de ceux-ci: un œil qui ne regarde pas ce que
Dieu a interdit de regarder; un œil qui monte la garde dans le sentier
de Dieu et un œil qui secrète quelque chose pareille à la tête d’une
mouche (un larme) à cause de la crainte de Dieu»

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f u r û j a h u n n a w a l â y u b d î n a z î n a t a h u n n a ’i l l â m â z a h a r a m i n h â w a -1 y a d r i b n a b i h u m u r i h i n n a ‘a l â j u y û b i h i n n a w a l â y u b d î n a z î n a t a h u n n a ’i llâ
l i b u ‘u l a t i h i n a ’a w ’âAb â A ’i h i n n a ’a w

’âAb â A’i b u ‘û l a t i h i n n a ’a w

’a b n â A’i h i n n a ’a w ’a b n â A’i b u 'û l a t i h i n n a ’a w ’i h w â n i h i n n a ’a w b a n T ’i h w â n i h i n n a ’a w b a r i f ’a h a w â t i h i n n a ’a w n i s a ’i h i n n a ’a w m â m a l a k a t
a y m â n u h u n n a ’a w i - t - t â b i ‘îria g a y r i ’û lî- l- ’i r b a t i m in a - r - i jâ li ’a w i - ti f li - l - l a d
î n a l a m y a z h a r û ‘a l â ‘a w r â t i - n - n i s â A’i w a l â y a d r i b n a b i ’a r j u l i h i n n a
l i y u ‘l a m a m â y u h f î n a m i n z î n a t i h i n n a w a t û b î î ’i l â - L - L â h i j a m î 'a n
’a y y u h a -l - m u ’m i n û n a l a ‘a l l a k u m t u f l i h û n a (3 1 ).

P rescris a u x croyan ts de tenir leurs y eu x b aissés e t de dom iner leurs
s en s, de n e la isse r p a ra ître d e leu rs ch arm es que c e q u ’e lle s ne p euvent
d issim u ler, de couvrir leu r go rg e d’un v o ile, de ne la isser voir les p arties
découvertes de leurs corps qu’à leurs ép ou x, à leurs père e t m ère, aux père
e t m ère de leur époux, à leurs enfants, a leurs beaux-enfants, à leurs frères,
à le u r s n e v e u x , à le u r s a m ie s , à le u r s e s c la v e s , à le u r s d o m e s tiq u e s
dépourvus de besoin sexu el et aux enfants non initiés aux rapports charnels.
P rescris-leu r de ne pas frapper du pied pour découvrir leurs bijoux cach és.
S oum ettez-vous tous à la lo i d’A llah, si vous voulez faire votre salut. (31).

C’est un ordre adressé aux femmes croyantes par égard pour
leurs maris les croyants, et pour les distinguer de celles qui vivaient à
l’époque préislamique, les idolâtres. La raison pour laquelle ce verset
fut révélé est ce récit raconté par Mouqatel Ben Hayyan. Il a dit: «Il
nous est parvenu que Asma la fille de Marthad avait une boutique
dans le quartier de Bani Haritha. Les femmes entraient chez elle les
jambes découvertes pour montrer leurs bracelets de cheville, ainsi que
les poitrines et les têtes. Elle s’écria: «Que cela est mauvais». Dieu fit
alors descendre ce verset: « P rescris a u x cro y a n tes d e tenir leu rs y eu x
b a issés...».

Ce verset interdit aux femmes de regarder avec volupté aux
hommes qui ne sont pas leurs maris. Les ulémas ont tiré argument du
460

récit suivant: «Oum Salama raconte: Etant chez le Prophète -qu’Allah
le bénisse et le salue- avec Maïmouna, Ibn Oum Maktoum entra chez
lui après que nous eûmes reçu l’ordre de nous voiler. Le Messager de
Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- nous dit alors: «Voilez-vous». Je
lui répondis: «O Messager de Dieu, cet homme est un aveugle, il ne
nous connaît ni nous voit». Il répliqua: «Et vous, êtes-vous aveugles?
ne le voyez-vous pas?».
D’autre part, il est permis à la femme de regarder les hommes
sans les convoiter, comme il est cité dans le Sahih que Aicha, la mère
des croyants, regardait les Abyssinins qui jouaient dans la mosquée en
manipulant leurs sabres. Le Messager de Dieu -qu’Allahie bénisse et
le salue- se tenait devant elle pour la soustraire aux regards des
hommes.
« ... e t d e d o m in er leu rs se n s» contre la turpitude ou l’adultère. En
commentant ce verset, Abou AI-‘Alya a dit: «Tous les versets, où il y a
mention des parties génitales, mettent les gens en garde contre
l’adultère à l’exception de celui-ci qui les exhorte à ne plus les montrer.
« ... de ne la isse r p araître d e leu rs ch arm es q ue c e qu’e lle s ne p euvent

Ces charmes, selon le texte, sont les atours qui paraissent
malgré le voile, tels que: les vêtemnts comme a avancé Ibn Mass'oud,
car la femme voulait paraître élégante en ornant les pans et les
extrémités de sa robe, ce qui ne constituait aucune transgression aux
enseignements; ou son visage, ses mains et les bagues qu’elle portait,
selon Ibn Abbas. Les deux opinions se contredisent car Ibn Mass'oud
a précisé: Les parures sont de deux sortes, le première est celle que
seul le mari a le droit de la voir comme les bagues, les bracelets et
similaires, et la deuxième ce que tout autre homme en dehors du mari
peut la voir comme les vêtements.
d issim u ler»

« ... c e q u ’e ll e s n e p eu v en t d iss im u le r » il s’agit des bagues et les
bracelets de cheville, et ceci soutient l’opinion d’Ibn Abbas qui s’est
basé sur la règle générale que la femme ne peut découvrir que son
visage et ses mains. On peut aussi se référer à ce hadith rapporté par
Abou Daoud d’après Aicha. Elle a dit: «Asma la fille d’Abou Bakr entra
chez le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- en portant des
vêtements minces et transparents. Il se détourna d’elle et lui dit: «O

461

Ásma, sache qu’une femme qui atteint l’âge de puberté, il ne lui
convient de montrer que son visage et ses mains».
« ... d e cou vrir leu r g o r g e d’un v o ile » Ce voile doit couvrir toute la
poitrine pour se comporter à l’inverse des femmes à l’époque de la
Jahiliah où la femme passait et marchait devant les hommes en
montrant une partie de sa poitrine, la mèche de sa chevelure et les
boucles d’oreille. Dieu ordonne à la femme musulmane croyante d’être
différente en couvrant tout cela; tout comme II l’a ordonné au Prophète
-qu'Allah le bénisse et le salue-: «O P r o p h è te , r e c o m m a n d e à t e s
é p o u ses, à te s fille s e t a u x cro y a n tes d e ra b attre leu rs v o iles sur le fro n t.
C e la p e rm e ttr a d e l e s d istin g u e r e t le s m e ttr a à l ’a b r i d e d é m a r c h e s
incorrectes.»

[Coran XXXIII, 59].

A ce propos, Safia Bent Chaïba raconte: «Etant chez Aïcha, on a
évoqué les femmes de Qoraïch et leurs mérites. Aicha -que Dieu
l’agrée- a dit: «Certes les femme Qoraïchites ont un grand mérite. Par
Dieu, je n’ai vu d’autres femmes plus considérées que les Ansariennes
qui se conforment aux prescriptions et enseignements divins contenus
dans le Coran pousées par la foi. Lorsque la sourate de la Lumière fut
révélée qui comporte ce verset: « d e couvrir leur go rg e d’un v o ile» leurs
maris se rendirent chez elles en le leur récitant ainsi qu’à leurs filles et
sœurs, et toutes proches parentes. Chacune d’elles se voila la tête et
la poitrine et, en priant derrière le Prophète -qu’Allah le bénisse et le
salue- elles parurent comme une bande de corbeaux.
Toutefois ce verset comporte des exceptions. Les femmes
peuvent montrer leurs parures: « à leu rs ép ou x, à leurs père e t m ère, a u x
père e t m ère d e leu rs ép ou x, à leurs en fan ts, à leurs b ea u x -en fa n ts à leu rs

car ceux-là sont, par rapport à elles, des
«Mahrams» c’est à dire que son mariage avec l’un d'eux est illicite et
interdit. Mais, une femme en parfaite toilette ne peut se montrer ainsi
que devant le mari seul, « à leu rs a m ies» qui sont les autres femmes
musulmanes et croyantes, et non devant les femmes d’autres religions,
étant donné que ces dernières pourraient décrire la beauté et les
charmes de la musulmane à son mari. Ceci est inconvenable d’après
ce hdaith dans lequel le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le
salue- a dit: «Qu’une femme ne fréquente pas une femme et qu’elle

f r è r e s , à le u r s n e v e u x »

462

aille après décrire sa beauté et ses charmes à son mari à tel point que
celui-ci la regarde comme elle se tient devant lui».
A ce propos, Omar Ben Al-Khattab avait écrit une lettre à Abou
Oubaïda dans laquelle il lui dit: «Il m’est parvenu que des femmes
musulmanes fréquentent les bains publiques avec les femm es
idolâtres. Or il n’est plus permis à une femme qui croit en Dieu et au
jour dernier de laisser une autre femme en dehors de sa religion voir
ses parties intimes».
Certains ulémas ont déclaré que les femmes musulmanes sont
tenues de ne plus montrer leurs atours aux autres femmes, et d’autres
ont souligné qu’il ne lui est du tout permis de les embrasser en se
rencontrant.
«à leu rs esclaves» même si elles sont polythéistes, d’après Ibn Jarir,
soutenu par Sa'id Ben Al-Moussayab. D’autres ont dit qu’il est permis
à la femme croyante de laisser paraître ses charmes devant ses
esclaves mâles et femelles en tirant argument de ce hadith rapporté
par Abou Daoud d’après Anas qui a dit: «Le Prophète -qu’Allah lé
bénisse et le salue- se rendit chez sa fille Fatima en lui amenant un
esclave, alors que celle-ci portait un vêtement tellement court de sorte
que si elle voulait en couvrir la tête il laissait les pieds découverts, et si
elle voulait en couvrir les pieds, la tête restait à découvert. Le
Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- remarquant sa perplexité, lui
dit: «Il n’y a aucun mal à ce que tu restes comme tu étais, nous ne
sommes que ton père et ton esclave».
«à le u r s d o m e s tiq u e s d é p o u r v u s d e b e s o in s e x u e l » Il s’agit des
serviteurs et de la suite mâles qui sont incapables d’actes sexuels,
même s’ils sont sensés mais impuissants. Certains ont avancé que le
verset désigne le sot ou l’efféminé. A cet égard, il est cité dans les
deux Sahih, d’après Aicha, qu’un efféminé entrait souvent chez la
famille du Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-. Ils le
prenaient pour un homme qui n’avait aucune puissance sur les parties
cachées des femmes. Un jour, le Prophète -qu’Allah le bénisse et le
salue- entra et le trouva en train de décrire une femme de la façon
suivante: «Une telle, quand elle se présente de face, montre quatre
plis (de graisse) autour de la taille, et par le derrière elle montre huit».
463

Entendant cela, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salues’écria: «Que des gens comme celui-là n’entrent plus chez vous».
« e t a u x e n fa n ts n o n in itié s a u x ra p p o rts c h a r n e ls» c’est à dire les
jeunes qui n'ont aucune connaissance sur les femmes quant à leurs
parties intimes, leurs paroles douces et leurs démarches. Ceux-ci sont
autorisés à entrer chez les femmes sans aucun inconvénient, mais
ceux parmi eux qui sont près de la puberté et qui distinguent les
femmes belles des laides, ne sont plus autorisés.
« P r es cr is -leu r d e n e p a s frap p er du p ied pour d écou vrir leu rs b ijo u x

Car la femme à l’époque préislamique marchait et frappait le
sol de ses pieds pour faire retentir les bracelets de cheville et attirer
l’attention des hommes. Les croyantes ont été interdites de faire une
chose pareille ou tout autre acte pour découvrir ce qu’elles portent
comme bijoux. Ainsi il leur est interdit de se parfumer quand elles
sortent de chez elles et de laisser les hommes flairer leur parfum. A ce
propos le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Tout œil
commet l’adultère. Lorsqu’une femme se parfume et passe auprès des
hommes, elle est telle et telle- sous-entendant: fomicatrice».
c a c h é s» .

On a raconté qu’Abou Houraira rencontra une femme dont son
parfum fut répandu. Il lui demanda: «O servante du Tout-Puissant!
étais-tu à la mosquée?» - Oui, répondit-elle -T’es-tu parfumée?» - Oui.
Et Abou Houraira de poursuivre: «J’ai entendu mon bien aimé AboulQassem -qu’Allah le bénisse et le salue- dire «Dieu n’accepte pas la
prière d’une femme dans la mosquée après s’être parfumée jusqu’à ce
qu’elle revienne chez elle et fasse une lotion com m e,celle pour se
purifier de ses menstrues».
Il
est interdit également aux femmes de marcher au milieu de la
chaussée, car c’est un acte qui est considéré comme la parure. A ce
propos, Hamza ben Abou Oussayd Al-Ansari rapporte que son père a
entendu le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- alors
qu’il venait de sortir de la mosquée et les hommes se mêlaient avec
les femmes, dire aux femmes: «Restez derrière les hommes.il ne vous
convient plus de marcher au milieu de la chaussée, plutôt aux bords
de la route». Les femmes marchaient ainsi et il arrivait parfois que le
vêtement de l’une d’elle s’accrochait au mur.
464

« S o u m e ttez -v o u s to u s à la lo i d’A lla h , ô c r o y a n ts, s i v o u s v o u lez fa ire

Faites ce que Je vous ordonne de faire qui consiste à
pratiquer les bonnes mœurs, et laissez à part les traditions de la
Jahiliah. Certes, on ne peut aboutir au salut et à la réussite qu’en
obtem pérant aux enseignements de Dieu et de Son Prophète, et
s’abstenir de tous les interdits.

v o tr e s a lu t » .

w a ’a n k ih û - l- ’a y â m â m in k u m w a - s - â li h în a m in ‘ib â d ik u m w a ’i m a ’ik u m
’in y a k û n û f u q a r a ’a y u g n ih im u - L - L â h u m in f a d li h u w a -L -L â h u W a s i‘u n
‘A l î m u n ( 3 2 ) w a - l - y a s t a ‘f i f i - l - l a d î n a l â y a j i d û n a n i k â h a n h a t t â
y u g n iy a h u m u -L -L â h u m in f a d li h î w a - l - la d în a y a b ta g û n a - l- k it â b a m im m â
m a l a k a t ’a y m â n u k u m f a k â t i b u h u m
’a t û h u m m i m - m â l i - L - L â h i - l - l a d T

’i n ‘a l i m t u m

fîh im

hayran w a

’âAt â k u m w a lâ t u k r ih û f a t a y a t i k u m

‘a l â - l - b a g a ’i ’in ’a r a d n a t a h a s s u n a n lit a b ta g û ‘a r a d a - l- h a y â t i- d - d u n y â w a
m a y - y u k r i h h u n n a f a ’i n n a - L - L â h a m i m - b a ‘d i ’i k r â h i h i n n a g a f û r u - r R a h î m u n (3 3 ) w a la q a d ’a n z a ln a ’ila y k u m ’a y â t im - m u b a y y in â tin w a m a t
a l a m - m i n a - l - l a d î n a h a la w m in q a b li k u m w a m a w ‘iz a t a - l - l i - l - m u t t a q î n a
(3 4 ).

M a r ie z le s c é lib a t a i r e s , a in s i q u e v o s s e r v ite u r s v e r tu e u x d e s d e u x
s e x e s . Q u e leu r p a u v reté n e s o it p a s un o b sta c le ; c a r , p a r un e f fe t d e S a
g râ c e , A lla h p eu t le s en rich ir. A lla h e s t to u t-p u issa n t e t em b rasse to u t. (3 2 )
Q u e c e u x qui n e trou ven t p a s à s e m arier vivent d a n s la co n tin en ce ju sq u ’à
c e qu’A lla h p ou rvoie à leu rs b esoin s. A ffra n ch issez c e u x d e v o s esc la v e s qui

465

v o u s l e d e m a n d e n t, s i v o u s le s e n ju g e z d ig n e s. F a it e s - le s b é n é fic ie r d es
b ien s q u ’A lla h v o u s acco rd e. N ’o b lig e z p a s, p a r esp rit d e lu cre, v o s jeu n es
e sc la v e s à s e p rostitu er s i e lle s veu len t rester pures. S i vou s le s o b lig ie z , en
p r é s e n c e d ’u n e t e l l e c o n t r a i n t e , A l l a h s e m o n t r e r a i t i n d u l g e n t e t
co m p a tissa n t. (3 3 ) N o u s vou s révélon s d es versets cla irs. C e so n t d es leço n s
tir é e s d e la v ie d es p eu p les p a ssé s. C e so n t a u ssi d e s a v ertissem en ts pour
c eu x q u i cra ig n en t A lla h . (3 4 ).

Ce verset comporte plusieurs sentences fondamentales. « M a r ie z
Le mariage, selon l’avis d’un groupe des ulémas, est
une obligation pour ceux qui en sont capables, en tirant argument des
dires du Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue-: « O j e u n e s h o m m e s !

le s c élib a ta ir e s » .

Q u e c e u x q u i, p a r m i v o u s , p e u v e n t a s s u r e r le m é n a g e , s e m a r ie n t, c a r le
m a r i a g e e s t p l u s d é c e n t p o u r la v u e e t p l u s s û r d e la c h a s te té . Q u a n t à
c e u x q u i n e p e u v e n t p a s e n t r e r e n m é n a g e , q u ’i l s j e û n e n t , c a r l e j e û n e le u r
s e r a u n c a l m a n t » ( R a p p o r t é p a r B o u k h a r i e t M o u s t i m ) (1 ).

Il est d it dans les Sunans:«M ariez-vous d’avec les femmes
fécondes, car je m’enorgueillirai de vous devant les autres nations au
jour de la résurrection».
Le terme «célébataires» signifie ceux et celles qui sont comme
tels et les hommes et femmes qui n’ont pas de conjoints soit à la suite
du divorce soit à la mort de l’un d’eux.
« Q u e l a p a u v r eté n e s o i t p a s u n o b s t a c le , c a r , p a r u n e f f e t d e S a

Que les hommes et femmes soient-ils
libresr de condition ou des esclaves, étant pauvres et désirant se
marier, Dieu les enrichira par Sa faveur. Et à ce propos Abou Houraira
rapporte que le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: « I l y a t r o i s i n d i v i d u s q u ’i l in c o m b e

g r â c e , A lla h p e u t le s en r ich ir »

à D ie u d e le u r v e n ir e n a id e : C e lu i q u i v e u t s e m a r ie r p o u r g a r d e r s a
c h a s t e t é , u n m o u k a t a b ( u n a f f r a n c h i c o n t r a c t u e l ) v o u l a n t s ’a c q u i t t e r d u

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p r i x d e s o n a f fr a n c h is s m e n t e t u n c o m b a tta n t d a n s le s e n ti e r d e D ie u » ( R a p p o r té p a r A h m e d , T ir m id z i e t N a s s a ï) ( t ) .

Le Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- a marié un homme
qui n'avait que son izar qu’il portait et pour dot qu’une bague en fer, et
un autre contre ce qu’il connaissait du Coran pour l’apprendre à sa
femme. Car on espère toujours que Dieu pourvoie aux besoins des
nécessiteux.
« Q u e c eu x q u i n e trou ven t p a s à s e m arier viven t d an s la co n tin en ce

Dieu ordonne à ceux qui ne
trouvent pas les moyens de se marier, de rechercher la continence et
de s’abstenir de tout interdit, comme on a déjà cité dans le hadith
prophétique: «Qu’il jeûne, car le jeûne lui sera un calmant». Ce verset
a une portée générale, tandis que celui qui est cité dans la sourate
des Femmes: « C e lu i q u i n ’au ra p a s le s m o y en s d ’ép ou ser d es fem m es de
b on n e co n d itio n ... jusqu’à s i vou s p ouvez su pporter l ’a b stin en ce du c élib a t,
c ’e s t p r é fé ra b le . A lla h e s t m isé r ic o r d ie u x e t c lé m e n t...» [Coran IV, 25]
celui-ci est plus caractérisque; car s’abstenir d’épouser les esclaves
est meilleur que d’avoir un enfant qui naîtra un esclave à son tour.

jusqu’à c e qu’A lla h pourvoie à leurs b esoin s».

Quant à Ikrima, il a commenté le verset de la façon suivante:
Celui qui regarde une femme qui lui plait en la convoitant, s’il a une
femme, qu’il aille assourvir ses désirs sur elle, sinon qu’il médite sur le
royaume des deux et de la terre jusqu’à ce que Dieu l’enrichisse.
« A ffra n ch issez c e u x de v o s escla v es qui vou s le d em an d en t, si vou s les

Ceux qui possèdent des esclaves et que ceux-ci
veulent être affranchis moyennant une «kitaba», c’est à dire une
somme à payer contre cet affranchissement par acomptes, ils doivent
leur accorder cette faveur si ces derniers sont capables de travailler et
payer. D’après l’opinion de la m ajorité des ulém as c ’est une
recommandation et non un ordre catégorique.
e n ju g e z d ig n e s » .

Quant à Ibn Jouraîj, il a demandé à ‘Ata: «Dois-je accepter

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l’affranchissment de mon esclave s’il possède de l'argent qu’il me paye
à termes?». Il lui répondit: «A mon avis c’est une obligation». Amr Ben
Dinar demanda alors à Ata: «Le préfères-tu à un autre?» - Non,
répliqua-t-il. Puis il raconta que Sirine était un esclave riche et avait
demandé à Anas de l’affranchir par un contrat selon lequel il lui payera
le prix à termes. Comme Anas refusa, Sirine se rendit chey Omar Ben
Al- kahttab qui frappa Anas par sa férule en lui disant: «Accepte sa
proposition», et il lui récita: « A ffra n ch issez c eu x d e v os e sc la v e s q u i vou s
le dem andent, si vous le s en ju g ez d ign es». Et Anas s’exécuta.
Malek a déclaré: Ce que nous appliquons consiste à ne plus
contraindre le maître de l’esclave à l’affranchir au moyen de la Kitaba
(par un contrat) et nul parmi les imams n’a obligé un homme à le faire.
L’expression: « si vous le s en ju g ez d ign es» signifie: soit que l’esclave
possède de l’argent, soit qu’il est capable de travailler.
« F a ites-le s b énéficier d es biens qu’A lla h vous accord e» L’interprétation
de ce verset a suscité une controverse dans les opinions:

- Il s’agit de remettre à ces esclaves une partie de leur prix
d’affranchissement (kitaba) comme ont avancé certains ulémas.
- D’autres ont dit qu’on doit leur donner une partie des biens de la
zakat.
- Ibn Abbas d’affirmer: Dieu a ordonné aux croyants de venir en
aide aux esclaves pour s’acquitter des termes de leurs contrats
d’affranchissement. (On l’a déjà cité dans un hadith prophétique).
Il s’avère que la première opinion est la plus logique.
« N ’o b lig ez p a s, par esp rit d e lu cre, vos jeu n es escla ves à se prostituer»

On a rapporté qu’à l’époque préislamique les hommes contraignaient
leurs esclaves (femelles) à pratiquer la prostitution en leur imposant un
certain pourcentage chaque fois qu’elles la faisaient. L’Islam a aboli
cette coutume, et les croyants sont ordonnés à s’en abstenir. On a dit
aussi, à propos de la révélation de ce verset, que Abdullah Ben Oubay
Ben Saoul avait des esclaves qui les poussait à la prostitution en vue
de bénéficier de cet impôt qu’il leur imposait, d’avoir beaucoup
d’enfants et de rester un maître remarquable.
468

Entre auters récits concernant Abdullah Ben Oubay Ben Saloul et
ses esclaves, on se contente de raconter celui-ci d’après As-Souddy:
«Abdullah, le chef des hypocrites, avait une esclave appelée
«Mou'adza». Chaque fois que Abdullah recevait un hôte, il envoyait
cette esclave pour avoir de rapports charnels avec ui, espérant par cet
acte ignominieux gagner le respect de l’hôte et son amitié. Mou'adza
se rendit une fois chez Abou Bakr, le mit au courant et se plaignit du
mauvais comportement de Abdullah.
Abou Bakr, à son tour, alla trouver le Prophète -qu’Allah le
bénisse et le salue- qui lui demanda de retenir cette esclave chez lui.
Abdullah, ayant eu vent de l’acte du Prophète -qu’Allah le bénisse et le
salue-, s’écria en m enaçant: «Qui peut me ju s tifie r l’action de
Mouhammed qui se mêle à nos propres affaires et soulève nos
esclaves contre nous?» Dieu à cette occasion fit cette révélation.
« p a r esp rit d e lu cre» c’est à dire pour se procurer les biens de ce
bas monde en bénficiant des impôts imposés sur la prostitution. A cet
égard, le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue- a interdit
de bénéficier des biens provenant de ces trois sources: Le salaire du
Saigneur, le prix de la prostitution et le salaire du devin.
« S i v o u s l e s o b li g e z , e n p r é s e n c e d ’u n e t e ll e c o n t r a in te , A lla h s e

Dieu pardonne à celles qui ont
pratiqué la prostitution par contrainte, et le péché retombe sur celui qui
les a obligées à le faire.

m o n trera it in d u lg en t e t c o m p a tissa n t» .

Dans un hadith authentique, le Messager de Dieu -qu’Allah le
bénisse et le salue- a dit: « D i e u f a i t p r e u v e d e m a n s u é t u d e à l ’é g a r d d e
m a c o m m u n a u té q u a n d e lle p è c h e p a r e r r e u r , o u b li o u c o n tr a in te »

(-

R a p p o r t é p a r I b n M a j a e t B a ï h a q i ) (1 ).

« N o u s v ou s avon s rév élé d e s v ersets cla irs» Dieu a fait descendre le
Coran qui comporte des versets clairs renfermant les enseignements.

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et ce qu’ils ont
subi comme châtiments en enfreignant les ordres divins. C’était un '
exemple afin que les hommes le sachent et s’en souviennent. Seuls
qui craignent Dieu en tirent un grand profit.
« C e s o n t d e s le ç o n s tir é e s d e la v ie d e s p e u p le s p a s s é s » ,

Au sujet du Coran, Ali Ben Abi Taleb a dit: «Il tranche vos
différends, raconte l’histoire des peuples passés et les événements à
venir».

’A l - L â h u n û r u - s - s a m â w â t i w a - l - ’a r d i m a t a l u n û r i h î k a m i s k â t i n f î h a
m i s b â h u n - i - l - m i s b â h u f î - z u j â j a t a n - i - z u j â j a t u k a ’a n n a h â k a w k a b u n
d u r r iy y u n y u q a d u m in s a j a r a tim m u b â r a k a ti n z a y t û n a t i- l- l â s a r q iy y a t in
w a lâ g a r b i y y a t in y a k â d u z a y t u h â y u d T ’u w a la w la m t a m s a s h u n â r u n ,
n û r u n ‘a lâ n û r in y a h d î- L - L â h u lin û r ih î m a y - y a s a ’u w a y a d r ib u - L - L â h u l- ’a m t â la li-n -n â s i w a -L -L â h u b i k u lli s a y ’in ‘A lî m u n (3 5 ).

A lla h e s t la lu m ière d es d e u x e t d e la terre. C e tte lu m ière e s t co m m e
un fo y e r d o n t la fla m m e lu it a u ce n tre d e g la c e s d e c r ista l q u i o n t l ’é c la t
d ’u n e é to ile . L ’h u ile d ’un o liv ie r b é n i q u i n e s e tro u v e n i e n o r ie n t n i en
o c c id e n t l ’a lim e n te. P eu s ’en fa u t q u e c e tte h u ile s ’en fla m m e d ’e lle -m ê m e.
C ’e s t u n e lu m ière en v elo p p ée d e lu m iè re s- A lla h d ir ig e v ers c e tte lu m iè r e
qui II veut. A lla h cite d es ex em p les a u x hom m es. I l em b ra sse to u t. (3 5 ).

En com m entant ce verset, Ibn Abbas a dit: «Dieu dirige les
habitants des deux et ceux de la terre. Il dirige même les étoiles, le
soleil et la lune.» Quant à Anas, il a avancé que Dieu veut dire par là:
«Ma lumière est une guidée». Oubay Ben Ka‘b a dit: «C’est le croyant
que Dieu a mis la foi et le Coran dans son cœur. Il le présente comme
exem ple quand II a dit: « A l l a h e s t l a l u m i è r e d e s d e u x e t d e l a t e r r e » Il a
'ebmmencé par Sa propre lumière puis celle du croyant. Ceci signifie:
Elle ressemble à la lumière de quiconque a cru en Lui, il est certes le
470

croyant dont le cœur est rempli de la foi et du Coran. Enfin As-Souddy
a dit: «C’est grâce à la lumière de Dieu que les deux et la terre sont
éclairés».
Il est cité dans un hadith que le Messager de Dieu invoquait Dieu
par ces mots: «Je cherche refuge dans la lumière de Ta Face qui
éclaire les ténèbres».
Ibn Abbas rapporte: «Quand le Prophète -qu’Allah le bénisse et le
salue- s’éveillait la nuit, il disait: «Grand Dieu, à Toi les louanges. Tu
es la lumière des deux et de la terre et ce qu’ils contiennent. A Toi les
louanges. Tu es le Seigneur des cieux et de la terre et ce qu’ils
contiennent».
«Cette lu m ière est..» qui fut interprété de deux façons: Elle revient
à Dieu -à Lui la puissance et la gloire- et elle ressemble à celle qui se
trouve dans le cœur du croyant qu’il a dirigé. La deuxième: elle revient
au croyant et qui signifie que: la lumière qui se trouve dans le cœur du
croyant rassemble à une niche. Il a donné comme exemple le cœur du
croyant dont la foi lui est inhérente à cause de ce qu’il reçoit du Coran
(ses enseignements) qui se concorde avec sa natutre innée.
Dans ce verset Dieu compare le cœur du croyant à une lampe
faite en cristal pur et transparent, alimentée par ce qu’il a renteu du
Coran comparé à une huile d’une bonne qualité et pure. Cette lampe
se trouve dans un verre, et ce verre est semblable à une étoile
brillante.
« L ’h u ile d’un olivier bén i qui n e s e trou ve n i en O rien t ni en O c c id e n t

C’est à dire que cet arbre se trouve dans un endroit
intermédiaire: ni à l’est où les rayons soleils ne l’atteignent pas au
début de la journée, ni à l’ouest où l’ombre le couvre avant le coucher
du soleil. Il se trouve au juste milieu, et donne une huile pure et claire.
Car, comme on a dit à ce sujet, tout olivier dont le soleil l’atteint toute
la journée, donne la meilleure qualité d’huile.

l ’a l im e n t e » .

Al-Hassan Al-Basri a commenté cela et dit: «Si cet arbre se
trouvait sur la terre, il aurait été planté à l’est ou à l’ouest, mais on doit
entendre par cela qu’il est un exemple de Sa lum ière que Dieu
présente.

La plus logique des opinions données, consiste à considérer cet
olivier comme se trouvant sur un plateau de la terre où le soleil le
couvre le matin jusqu’au soir pour donner une huile pure. C’est
pourquoi Dieu dit ensuite: « P e u s ’en fa u t q ue c e tte h u ile n e s ’en fla m m e
d’elle-m êm e.» Cette huile est près d’éclairer sans que le feu la touche.
« C ’e s t u n e lu m iè e e n v e lo p p é e d e lu m iè r e s » qui signifie, d’après
Oubay Ben Ka‘b: «Le croyant vit dans cinq phases qui sont toutes de
lumière: Ses paroles sont de lumière, ainsi que ses œuvres, son
entrée, sa sortie et son sort au jour de la résurrection qui sera le
Paradis.

Quant à l’interprétation de As-Souddy, elle est la suivante:
Lorsque la lumière du feu et celle de l’huile se réunissent, elles
produisent une grande lumière, mais aucune d’elles ne la donne sans
l’autre. Ainsi sont la lumière du Coran et celle de la foi quand elles se
trouvent dans le cœur du croyant.
« A ll a h d i r ig e v e r s c e t t e lu m iè r e q u i v e u t» Dieu guide, vers Sa
lumière, qui II veut parmi ses créatures; comme il est dit dans un
hadith: «Dieu créa Ses créatures dans une obscurité totale puis II
diffusa sur elles de sa lumière. Celui qui en a eu une partie, fut dirigé,
et celui qui n’en a rien reçu fut égaré.
« A lla h cite d es ex em p les au x h om m es. I l em b rasse to u t» . Après avoir
présenté l’exemple du cœur du croyant, Dieu fait savoir aux hommes
qu’il est le seul à connaître ceux qui sont aptes à être dirigés. A cet
égard Abou Sa'id Al-Khoudri rapporte que le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «Les cœurs sont au nombre de
quatre: un cœur sincère où se trouve une lampe qui éclaire, un cœur
dans un sac dont l’ouverture est bien fermée, un cœur renversé et un
cœur blindé. Le premier est celui du croyant où la foi l’éclaire, le
deuxième est celui de l’incrédule, le troisième celui de l’hypocrite qui a
connu la vérité puis s’en est détourné, enfin le quatrième est le cœur
où on y trouve de la foi et de l’hypocrisie. La foi est semblable à une
plante arrosée toujours par une eau pure; tandis que l’hypocrisie est
semblable à un ulcère qui se nourrit de sang et de pus. Laquelle de
ces deux a lim e n ta tio n s l’emporte sur l’autre aura fait triompher celle
qu’elle alimente».

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la h û f îh â b il- g u d u w w i w a -l - ’a s â li (3 6 ) r ij a lu - l- lâ t u lh îh im tijâ r a tu m w a lâ
b a y ‘u n ‘a n d i k r i- L - L â h i w a ’i q â m i - s - s a lâ t i w a ’i t a ’i- z - z a k â t i y a h â f û n a
y a w m a n t a t a q a lla b u f îh î - l- q u lû b u w a - l - ’a b s â r u ( 3 7 ) l iy a j z iy a h u m u - L L â h u ’a h s a n a m â ‘a m ilû w a y a z î d a h u m m in f a d li h î w a - L -L â h u y a r z u q u
m a y - y a s a ’u b ig a y r i h is â b in (3 8 ).

P a r la v olo n té d ’A lla h , d es tem p les s e so n t élev és o ù l ’on g lo r ifie son
nom . N u it et jour, (3 6) y prient des fid èles que ni la p assion du n ég oce ni le
lu c re n e d é to u rn en t d e la jo ie d ’e x a lt e r A lla h , d e le p rier e t d e fa ir e la
c h a rité. I ls red ou ten t le jou r où le s esp rits e t le s rega rd s sero n t a n n ih ilés.
(3 7 ) P a r c e tt e p ie u s e a t titu d e , ils r e c h e rc h e n t u n e b e lle r éc o m p e n s e e t
esp éra n t s ’attirer les e ffets toujours plus gran d s d e la g râ ce d’A lla h . A lla h
distribue san s com pter à qui II veut. (3 8 ).

Après avoir montré que le cœur du croyant rempli de science et
de guidée est tel qu'une lampe qui se trouve dans un verre, alimentée
par une huile bénie, comme un astre à grand éclat, Dieu indique les
places de ces lampes qui ne sont que les mosquées, les meilleurs
endroits sur terre aimés de Lui, consacrés à Son adoration.
« P a r la v o lo n té d ’A lla h , d es tem p les s e so n t élev és» qui doivent être
tenus propres de toute souillure provenant d’un acte ou d’une parole
qui ne leur siéent pas. Ka‘b Al-Ahbar disait: «Il est écrit dans le
Pentateuque: (Dieu dit) que les mosquées sont mes demeures sur
terre. Quiconque aura fait ses ablutions à la perfection et y viendra Me
visiter, Je l’honorerai. Il est du droit des visiteurs d’obtenir les
considérations du maître de la maison».

Plusieurs sont les hadiths prophétiques qui parlent des mosquées,
473

de leurs mérites, de leur vénération et de leur encensement. En voici
quelques uns à titre d’exemple:
- Le prince des croyants Othman Ben Affan rapporte qu’il a
entendu le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et Je salue- dire:
«

-

Q u i c o n q u e b â t i t u n e m o s q u é e p o u r o b t e n i r la s a t i s f a c t i o n d e D ie u , D i e u lu i
b â t i t u n e d e m e u r e a u P a r a d i s » ( R a p p o r t é p a r B o u k h a r i e t M o u s t i m ) (1 ).

- Aicha -que Dieu l’agrée- a dit: «Le Messager de Dieu -qu’Allah le
bénisse et le salue- nous a ordonné de construire des mosquées dans
les quartiers, de les tenir propres et de les encenser.
- Anas, que Dieu l’agrée - rapporte que le Messager de Dieu qu’Allah le bénisse et le salue- a dit: «L’Heure suprême ne se dressera
avant que les gens ne s’enorgueillissent dans le mosquées».
- Le Messager de Dieu -qu’Allah le bénisse et le salue-, d’après
Abou Houraira, a dit: «Lorsque vous trouvez quelqu’un faire des
négoces dans les mosquées dites: «Puisse Dieu ne t’accorder aucun
bénéfice de tes transactions». Et si vous rencontrez quelqu’un dans la
mosquée rechercher un objet perdu, dites: «Puisse Dieu ne te le
rendre pas».
- Ibn Maja rapporte d’après Ibn Omar ce hadith qu’il remonte au
Prophète -qu’Allah le bénisse et le salue- dans lequel il dit: «Il y a des
choses qu’on ne doit pas les faire dans les mosquées: de les prendre
pour un passage (c’était avant la construction des mosquées), d’y
brandir une arme, de faire vibrer l’arc ou lancer des flèches, d’y passer
en portant de la viande crue, d’y appliquer une peine prescrite et de
les prendre pour de marchés».
On ne doit pas donc les considérer comme passage sauf dans le
cas urgent, n’y manipuler un arc de peur que les flèches n’atteignent
les prieurs, n’y porter de la viande crue afin de ne les souiller par le
sang, n’y appliquer une peine prescrite pour éviter les mosquées de la

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