Le suricate magazine n°22.pdf


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©Warner Bros Pictures

L’obscurité comme toile de fond
À côté de cette réalisation/adaptation
peu convaincante à nos yeux pour un
non-initié, s’ajoute une technique de
tournage pour le moins contestable.
De fait, alors que le film nous
promettait des images visuellement
époustouflantes, nous nous sommes
vus plongés dans le noir complet. Et
pour cause, le film, et en particulier ses
scènes d’action, est tourné dans
l’obscurité quasi complète. À cela, la
technique a choisi de durcir l’image en
nous ajoutant une pluie constante
opacifiant un peu plus encore des
images de synthèse censées nous en
mettre plein les yeux.
Pourquoi ce choix du noir ? Est-ce une
prestidigitation malvenue pour nous
cacher des détails techniques bâclés ou
bien s’agit-il d’une volonté discutable
de plonger un univers dans le chaos
intégral ? Encore une fois, nous
pensons que la réponse se trouve à michemin entre ces deux interrogations.
Si nous comprenons aisément, au
regard du sujet, le choix du réalisateur
de nous présenter un film sombre et
chaotique, nous sommes aussi très
circonspects quant à l’utilité réelle

d’une telle noirceur. Ce fond lugubre
nous renvoie vers Goya et ses tableaux
certes magnifiques, mais d’une tristesse mordante.

tableau est terni par la présence de
deux savants fous tout droit sortis de
leur détention psychiatrique et qui
pastichent à eux seuls le peu de sérieux
dont pouvaient bénéficier les protagonistes du film.

Des acteurs moyens et un Ron
Perlman risible

En résumé, Pacific Rim est un
éléphant blanc. Même si l’objectif de
nous présenter une histoire originale
inspirée d’une autre culture était louable, Guilllermo Del Toro s’est pourtant
embourbé dans un film techniquement
intéressant mais scénaristiquement
imparfait. Trop lent, trop caricatural et
trop sombre, ce film est un divertissement où le profane se languira d’une
réalisation bancale. Ce qui s’annonce
être une demi-déception au box-office
se verra sûrement sauvé par le public
asiatique, fan et créateur du genre.

Enfin, il nous fallait parler du choix et
du jeu des acteurs présents au casting
de ce blockbuster étonnant à bien des
égards. Dans le succès actuel des films
à gros budgets, une star facilite
souvent la vente du film auprès d’un
public profane dans sa large majorité.
Dans Pacific Rim, pas de « méga star »
mais bien de petits ou moyens noms
du cinéma d’outre-Atlantique. Pour
être honnête, nous pourrions même
affirmer que seul Ron Perlman est un
acteur connu du grand public. Ce
choix n’est pas à conspuer, bien au
contraire. L’expérience nous a fait
comprendre qu’une star ne remonte
pas un film médiocre au demeurant.
Encore faut-il bien choisir ses acteurs
et les installer dans un rôle à leur
mesure. À ce petit jeu, Guillermo Del
Toro et la production ont failli une
nouvelle fois, à commencer par Ron
Perlman lui-même. Ce dernier a, en
effet, subi un rôle pour le moins risible.
Aux côtés des vaillants pilotes de
Jaeger, le personnage d’Hannibal
Show fait office de mafiosi raté.
Installé dans un antre rappelant les
films de kung-fu des années septante,
son personnage malfaisant apporte peu
à l’histoire si ce n’est une dose de surréalisme en plus. Aspect ridicule et
look « Chinois de Manhattan », voilà
ce qui a fait du personnage de Ron
Perlman un individu fantasque.
Comme dit précédemment, les pilotes
restent assez crédibles si l’on occulte le
côté cliché dont ils souffrent. Mais le

7

Matthieu Matthys
Pacific Rim
déjà à lʼaffiche

Grand amateur de jeux vidéo, le
Mexicain a toujours donné à ses
réalisations un accent ludique, décalé
et irréaliste. Que ce soit Mimic, Blade
II ou Hellboy, ses films n’ont jamais
fait l’unanimité et suscitent encore la
polémique parmi les critiques du monde entier. De notre avis, seul Le
Labyrinthe de Pan, film à la fois
dramatique et fantastique où s’entremêlent récit historique et conte de fées,
avait été à la hauteur de sa réputation
même si son côté volontairement
métaphorique avait pu en refroidir plus
d’un.

Science-Fiction
de Guillermo del Toro
avec Charlie
Hunnam, Ron
Perlman, Idris Elba

Surgies des flots, des hordes de créatures monstrueuses venues d’ailleurs,
les «Kaiju», ont déclenché une guerre
qui a fait des millions de victimes et
épuisé les ressources naturelles de
l’humanité pendant des années. Pour
les combattre, une arme d’un genre
nouveau a été mise au point : de
gigantesques robots, les «Jaegers»,
contrôlés simultanément par deux
pilotes qui communiquent par télépathie grâce à une passerelle neuronale baptisée le «courant».

30 juillet 2013