Dialecte berbère de Guellala (Jerba Tunisie).pdf


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quelque sorte renforcé par l’indocilité de ses habitants et par l’adoption du schisme
kharidjte.
Al Idrisi, géographe arabe du XIIème siècle rapporte que les habitants de l’île sont
des berbères et qu’ils ne parlent que le berbère. Les invasions des Banū Hilal et la chute de
la dynastie des Zirides a accru l’esprit d’Independence des jerbiens qui multiplièrent leurs
incursions et leurs actes de piraterie, aussi bien sur le littoral tunisien qu’aux dépens des
pays et des flottes des chrétiens.
Ceci a engendré l’occupation de l’île en 1135 par George d’Antioche, amiral du roi
normand Roger II de Sicile. La domination des Normands, renforcée par la prise de Mahdiyya
en 1148, se maintint jusqu’en 1160, date de leur expulsion du littoral tunisien et des iles par
les troupes hafsides. Mais, l’île fut le théâtre de plusieurs tentatives d’invasion par les
chrétiens de Sicile.
L’hostilité et l’esprit d’indépendance des jerbiens se manifestaient aussi bien contre
les Hafsides que contre les chrétiens. Non seulement ils restèrent sourds à la propagande
pacifique faite sous le souverain Abu Faris en faveur de l’orthodoxie sunnite, mais, en 1480 ?
Ils n’hésitèrent pas à rompre brutalement avec Abu CUmar CUthman, coupant, délibérément
la chaussée romaine, plus au moins bien conservée et plusieurs fois restaurée, qui liait l’île
au continent.
Des troubles d’ordre interne, résultant de la rivalité des deux sectes Ibadites, les
Wahbiyya et Nakkara ont maintes fois secoué l’île qui resta malgré tout réputée par ses
richesses agricole et par son commerce florissant.
A l’époque turque, l’île est encore au cœur de la lutte entre les espagnols et les turcs
pour la domination des côtes méditerranéennes. Mais, après des péripéties elle finira par
dépendre du pouvoir de Tunis au XVIIème siècle. A partir du XVIIIème le malikisme commence
à faire reculer le schisme ibadite, c’est ainsi que la langue arabe commence à gagner du
terrain par rapport au berbère.1
Actuellement, la moitié des jerbiens sont restés berbérophones surtout dans le SudOuest, mais presque tous parlent aussi plus ou moins bien l’arabe. Près de la moitié est
restée fidèle à l’Ibadisme (sous la forme presque exclusivement du Wahbisme), l’Est et le

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Ibn Khaldun considère les jerbiens comme faisant partie des Kutama (III, 63) ; on y rencontre aussi, ajoute-t-il,
des Nefza, des Hawwara et quelques fractions d’autres tribus berbères.
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