conomie Kabyle Perspecti....pdf


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libertés sociales, culturelles et politiques. Or, il n’est un secret pour personne que l’État central œuvre
activement à étouffer toute prospérité économique en Kabylie, condition sine qua non de son
asservissement à un État qui n’a d’ambition que d’effacer jusqu’à son existence même.

Kabylie : une région riche, une misère croissante
La Kabylie est autonome dans sa misère programmée et dans ses malheurs, naturels ou provoqués, sans
avoir le pouvoir de décision pour y faire face. Elle lutte seule contre une situation socio-économique des
plus dramatiques qui conforte les décideurs algériens dans leurs plans machiavéliques, ces derniers étant
prêts à faire l’impossible pour amplifier le malheur du peuple kabyle. L’installation du terrorisme sur son
territoire est sa dernière innovation en la matière. Avec un État central qui œuvre dans le sabotage et le
chantage économiques, des collectivités territoriales dépourvues de pouvoirs et ne disposant même pas
d’une fiscalité locale propre, des entreprises endettées et fiscalement étouffées, le développement
économique est une dangereuse chimère pour la Kabylie qui glisse de jour en jour dans une logique de
désinvestissement. Le secteur privé, est donc exclusivement kabyle, demeure le seul créateur d’emploi
dans une région où le taux de chômage selon les chiffres officiels, dépasse les 30% (touchant 54 % de sa
population de moins de 30 ans), soit le double de la moyenne nationale ; ce qui est loin d’être un hasard.
L’ANSEJ, la CNAC entre autres, constituent l’essentiel de la politique d’emploi menée par le régime. Cette
duperie n’a rien apporté de probant pour absorber le chômage. Bien au contraire, elle a aggravé la
situation en transformant nos jeunes chômeurs en " chômeurs endettés ". En l’absence de dispositif
d’accompagnement, les PME créées et les projets lancés dans le cadre de ces dispositifs, vivent dans un
état d’abandon qui ne semble, pour le moins, guère retenir l’attention des pouvoirs publics. La majorité
de ces entreprises trouvent des difficultés à s’acquitter de leurs redevances avec les banques, d’autres
sont sur le point de mettre la clé sous le paillasson en raison d’une mauvaise prise en charge de leur cas
par ces mêmes institutions financières. Aujourd’hui, la plupart de ces projets sont à l’arrêt et les plus
chanceux végètent encore dans une survivance mais sans aucune rentabilité. Il n’existe aucun
investissement public en Kabylie. L’État central bloque toute initiative susceptible de réaliser le
développement économique de la région. Il est de notoriété publique que la Kabylie paye
économiquement sa résistance à un régime qui la nie jusqu’à dans son existence. Le pouvoir n’ayant
jamais pu normaliser la région, il redouble d’ingéniosité pour la soumettre à son joug par le chantage sur
l’investissement publique, sur la sécurité et le terrorisme, inhibant par ce moyen pervers et criminel toute
velléité d’investissement privé local et à plus forte raison international.
Pendant que les entreprises européennes se délocalisent pour s’établir dans les pays en voie de
développement à la recherche d’une main d’œuvre moins coûteuse, les autorités algériennes, ne se
contentant pas de détourner plusieurs projets de grande dimension économiques (à l’image de la
raffinerie de Vgayet), exercent toute forme de pression sur les entreprises kabyles pour les délocaliser
vers d’autres régions. Pour le régime raciste d’Alger, la Kabylie est un élément étranger à cette Algérie
définie comme étant arabo-islamique. Par conséquent, elle doit être économiquement anéantie et ne
doit en aucun cas accéder au progrès et à la prospérité économique. En Algérie, l’administration fiscale
n’est performante qu’en Kabylie, qui détient, il faut le rappeler, le record du taux de recouvrement de
l’impôt au niveau national. Ce constat est consolidé par l’acharnement de cette administration qui avait
même refusé tout allègement fiscal au profit des entreprises qui ne travaillaient qu’à moitié durant les
événements du printemps noir. Par ailleurs, un opérateur économique de Kabylie gagne moins que le
grossiste à qui il vend ses produits, puisque, lui, ne paye rien dans sa wilaya. La collecte des impôts se fait
de manière inéquitable et toujours au détriment de l’investissement en Kabylie.