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Nom original: traitdesmonnai01blanuoft.pdfTitre: Traité des Monnaies GauloisesAuteur: Blanchet, Adrien, b. 1866

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J

TRAITÉ
DES

MONNAIES GAULOISES

TRAITÉ
DES

MONNAIES GAULOISES
BLANCHET

Adrien

BIBLIOTHÉCAIRE HONORAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE,

MEMBRE DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
ET DE LA SOCIÉTÉ

NATIONALE DES ANTIQUAIRES DE FRANCE, ETC.

PREMIERE PARTIE

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
28, RUE BONAPARTE

1905
Tous

droits rc'scrvcs.

(vi'J

TRAITÉ
DES

MONNAIES GAULOISES
PAR

BLANCHET

Adrien

BIBLIOTHBCAIRE HONORAIRE DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE,

MEMBRE DU COMITE DES TRAVAUX HISTORIQUES
ET DE LA SOCIÉTÉ

NATIONALE DES ANTIQUAIRES DE FRANCE, ETC.

PREMIERE PARTIE

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR
28, RUE BONAPARTE

igo5
Tous

droits réservés.

(vi'J

A LA MPlMOIRE

d'Anatole

de

Barthélémy

QUI ÉTUDIA LES MONNAIES GAULOISES

PENDANT SOIXANTE-CINQ ANNÉES
ET QUI FUT LE GUIDE BIENVEILLANT ET EXCELLENT
DE

PLUSIEURS

GÉNÉRATIONS

d'ÉRUDITS

PREFACE

Depuis soixante-dix années environ, c'est-à-dire depuis la
fondation de la Revue de la Numismatique française (i), on a
étudié les monnaies gauloises avec beaucoup de zèle, quoique
rarement avec une méthode rigoureusement scientifique;
mais aucun auteur n'a tenté de rédiger un traité général
concernant cette branche de la Numismatique.
Assurément ce travail de synthèse n'est devenu possible
que depuis la publication du Catalogue de la Bibliothèque
Nationale (2) et de l'Atlas des monnaies gauloises. Mais
l'étude de la numismatique celtique était cependant très
délaissée, et l'on pourrait croire que ces publications avaient
plutôt découragé les érudits en leur laissant mieux entrevoir
les difficultés qu'il fallait affronter pour étudier les origines
de notre monnaie nationale. Multiplicité des publications,
incohérence des théories, dispersion des matériaux, médiocrité des monnaies sous le double rapport de l'art et de la
conservation
telles sont les causes principales du discrédit
où est tombée la numismatique gauloise. Ceux qui l'avaient
:

cultivée avec

ferveur ont

disparu l'un après l'autre

et

lu

pléiade qu'ils formaient ne s'est point perpétuée.

En
les

Autriche, en Hongrie, en Allemagne, en Angleterre,
monnaies celtiques attirent de plus en plus l'attention de

plusieurs savants.

(1)

devenait urgent de démontrer que

Il

(2)

le présent 7rii/(é pour designer ce
de Revue numismatique.

L'abréviation R. N. est employée dans

périodique, qui porte aujourd'hui

Abréviation employée

:

le titre

Cat. B. N.

la

PREFACE

France s'intéresse toujours à cette branche de la Numismatique, éminemment nationale et vraiment digne de l'intérêt
des archéologues.
Les monnaies gauloises n'ont pas l'attrait artistique de
leurs sœurs de la Grèce et de Rome, et il est raisonnable de
reconnaître franchement que

le style,

réellement particulier

des monnaies celtiques, a peu de rapports avec le grand art.
Quelques graveurs gaulois ont réussi avec assez de bonheur
des copies de monnaies grecques ou romaines et même
quelques créations personnelles; mais la plupart des pièces
sont grossières et souvent informes.

monnaies celtiques sont d'un intérêt secondaire au point de vue de l'art, elles apportent des renseignements importants au sujet des relations des peuples gaulois
avec d'autres nations du monde ancien. N'oublions pas que
ces monnaies sont les meilleurs témoins que nous puissions
invoquer quand il s'agit de reconstituer l'histoire et la géographie de pays pour lesquels nous avons si peu de sources
Toutefois

si

les

anciennes.

Dans le présent traité, j'ai étudié surtout les monnaies de la
Gaule proprement dite. Mais j'ai consacré un chapitre assez
important aux monnaies de l'Europe centrale dont les caractères celtiques sont indéniables et qui ont, avec le numéraire
de la Gaule, des rapports nombreux et très étroits, qu'expliquent d'ailleurs des relations commerciales avérées. Nous
savons bien aussi que des peuplades celtiques ont habité le
bassin du Danube; et, en 70 avant notre ère, l'historien Sempronius Asellio écrivait que la ville de Noreia (aujourd'hui
Neumarkt en Styrie) était in Gallia.
Les monnaies de l'île de Bretagne ont fait l'objet d'un court
chapitre qui suffira pour établir quelques comparaisons.
Au contraire, j'ai laissé de côté les Celtes de la péninsule
ibérique, dont les monnaies ont peu de ressemblance avec
celles de la Gaule et dont la langue et l'alphabet étaient du
reste différents. J'ai noté seulement les influences intéressantes qui ont existé dans le Midi.

Pour
suivi

la

numismatique de

un plan qui

la

Gaule proprement

dite, j'ai

est à moitié historique et à moitié

géogra-

phique, mais qui se

En

rent.

tations

effet,

du

«

facilement de son désordre appaon trouvera d'abord des chapitres sur les imijustifie

philippe » et sur Massalia. C'est dans cette

partie qu'il est question des premières

monnaies de la Gaule.
ne pouvons encore déterminer
une succession chronologique certaine, j'ai repris un ordre
géographique, commençant par les monnaies du Sud pour
terminer par l'étude des pièces des Arverni. En dernier lieu,
il y a un retour au plan historique en
ce qui concerne les

Pour

le reste,

comme nous

colonies romaines, dont les monnaies sont nécessairement
parmi les plus récentes de la Gaule.

Pour abréger,

donné peu de développement aux descriptions de monnaies. Mais j'ai recueilli toutes les provenances
qui m'ont paru de nature à jeter quelque jour sur le classement de diverses pièces. Ces provenances sont au nombre de
plusieurs milliers; et, pour ne point allonger inutilement la
j'ai

table des matières,

j'ai

préféré ne les pas reporter à

la fin

de

que la plupart de ces lieux de provenance
étaient assez inconnus pour n'être jamais cherchés dans une
l'ouvrage, jugeant

table.

La carte, qui forme la planche IV du Traité, n'a d'autre but
que de permettre de reconnaître la situation géographique des
principaux peuples de la Gaule proprement dite, sans recourir à

des ouvrages spéciaux.

Quelques érudits regretteront peut-être que

les

nombreu-

ses provenances, indiquées dans les notes de ce livre, n'aient

pas été reportées sur des cartes. Mais

la

grande variété des

types des monnaies gauloises rendait impossible ce travail

dont l'exécution
d'une série.

est pratique

seulement pour

la

monographie

monnaies gauloises est parbeaucoup de ces pièces ne se prê-

L'illustration d'un livre sur les

ticulièrement

difficile,

car

tent guère à la reproduction par la phototypie,

quand

les types sont nets,

ils

et,

même

sont fréquemment incomplets

par suite de défauts dans la frappe. C'est pour cette raison
que beaucoup des pièces gravées sur les planches de V Allas
des monnaies gauloises (public en 1892) ont été composées à
l'aide de plusieurs exemplaires. Ne pouvant reproduire aussi

PREFACE

qu'une seule pièce de chaque type, j'ai dû accepter ce système, et, dans beaucoup de cas, je n'ai rien trouvé de plus
satisfaisant que d'emprunter les figures mêmes de Y Allas.
Pour un certain nombre de pièces les dessins du Traité sont
préférables. Enfin, trois planches en phototypie ont été
jointes à l'ouvrage et permettront de comprendre le style particulier des monnaies gauloises, mieux qu'on ne saurait le
faire avec des dessins, qui sont plus nets, mais moins fidèles.

Parmi

les

620 monnaies figurées dans ce Traité, près d'une

centaine n'ont pas été publiées dans VAtlas. Je suis persuadé

que

nombre de

mon

ouvrage est
suffisant pour fournir une base à des études sérieuses. Aussi
bien il n'était pas possible d'augmenter le nombre de ces figures, car il fallait faire un ouvrage pratique, et VAtlas même,
qui comprend plus de 2,000 pièces, est loin d'être complet.
Le Corpus des monnaies gauloises ne saurait d'ailleurs être
publié maintenant; peut-être conviendrait-il cependant de
le

commencer

à

y

pièces reproduites dans

travailler.

Je ne puis terminer cette courte préface sans dire que

mon

ami Anatole de Barthélémy avait mis à ma
disposition un important recueil formé de lettres adressées à
regretté maître et

Félicien de Saulcy et à Charles Robert, et de celles qu'il
avait reçues

lui-même

lorsqu'il était

membre

de

la

Commis-

topographie des Gaules. Ce recueil m'a fourni
d'utiles renseignements pour les provenances, renseignements
sion

de

la

qui ont complété ou rectifié ceux que j'avais trouvés dans les

ouvrages spéciaux et les publications de Sociétés provinciales.
Anatole de Barthélémy, qui m'ouvrait libéralement sa bibliothèque, s'informait souvent du degré d'avancement de mon
travail; mais il douta longtemps que l'entreprise piît être
menée à bien, car il connaissait les difficultés du sujet. C'eût
été pour moi une véritable joie de lui remettre un exemplaire

du

'Traité des moiviaics gauloises

:

je n'ai

pu que dédier

cet

ouvrage à sa mémoire.
J'adresse

ici

un

M. A. Changarnier,
donner de nombreuses

cordial remerciement à

de Beaune, qui a bien voulu

me

empreintes de monnaies de sa riche collection

et

m'indiquer

PREFACE

des provenances notées au cours d'une longue carrière, consacrée spécialement à la numismatique gauloise.
Je dois aussi des remerciements à

avec une patience inlassable, m'a

M. H. de

communiqué

la

Tour, qui,

les

cartons de

MM. S. Ambrosoli, A. Beauvais,
baron F. Béthune, E. Bonnet, P. Bordeaux, L. Capitan,

la collection nationale; à

P. Castelfranco, P. du Chàtellier, E. Chénon, C. Coliez,
F. Collombier, H. Corot, L. Coutil, J. Creusot, H. Creuzé,
Ch. Dangibeaud, J. Déchelette, P. Dissard, H. Dresse], L.

W. Kubitschek,
R. P. C. de la Croi.x, E. Lalanne, E. Lespinas, L. Le Clert,
H. Lorimy, V. Luneau, G. Macdonald, A. Magni, G. Martin,
D. Mater, L. Morel, R. Mowat, A. Naef, B. Pick, M. Pineau,
J. Protat, J. Puig, A. Richard, H. Riggauer, E. Roschach,
G. Schlumberger, O. Vauvillé. Tous ces conservateurs de
musées ou collectionneurs m'ont obligé en me procurant des
renseignements divers.
Dumuys,

J.

Gauthier, E. Gohl, L. Joulin,

Paris, i5

novembre

1904.

A. Bl.

CHAPITRE PREMIER

INTRODUCTION
I.

Aperçu historique sur
II.

de cette branche de

I.

le

développement de

la

numismatique gauloise.

Erreurs de doctrine qui ont entravé ce développement.
la



Numismatique.

L'aspect généralement grossier des monnaies de la Gaule

difficultés



Difficultés

III.

qu'on rencontre dès qu'on aborde l'étude de

et les

cette série

ont évidemment contribué à les faire délaisser depuis longtemps

(

i ).

L'antiquité classique absorbait trop les esprits pour que notre

archéologie nationale

Quelques pages sont

étudiée,

fût

suffisantes

comme

pour

eût

elle

établir



l'être.

de cette

la vérité

assertion.

Paul Petau

premiers qui portèrent quelque intérêt

fut l'un des

aux monnaies gauloises

et

choisies dans sa collection

(i)

il

en

graver un certain nombre,

fit

(2).

Les traditions populaires n'ont

même

pas gardé

nayage gaulois. Les paysans du Poitou donnent
à des monnaies d'argent, qui portent
la croix

un

les environs

les

le

les

le

souvenir d'un

de pièces

aux

mon-

lunettes

Midi (Baron Chaudruc de Cra-

monnaies gaul. au type de

de BovioUes (Meuse),

nom

fleuron sous le cavalier. Les pièces à

sont qualifiées de Sarrasines dans

zannes, Dissert, sur

le

la croix,

i83g, p. 4).

paysans désignent sous

le

Dans

nom

de

chèvres de Moïse, les bronzes coulés des Leuci, au type du sanglier (L. Maxeles m. antiques rec. au chdtel de BovioUes, 1876, p. 5i).
Veterum Nummorum Gnorisma, Paris, 1610; réimprimé dans Sallengrc,
Novus Thésaurus Antiquit. romanarum, 1718, t. 11, p. looi et s. et encore
sous le titre Explication de plus, antiquités recueillies par Paul Petau, Amsterdam, 1737, in-4'. Dans l'édition de 1610, il n'y a pas de lettres pour

Werly, Etudes sur
(2)

;

I

.

CHAPITRE PREMIER

2

Son contemporain,

célèbre Fabri de Peiresc, en avait sans

le

doute aussi dans sa collection, car Bouterouë

(i)

attribue à cet

érudit l'explication suivante d'une pièce d'or dite « à l'œil »
resc y voyait

«

au revers

«

représenter la divinité. »

En

et

17 19,

:

«

Pei-

un œil plus grand que la forme ordinaire qui estoit
que c'estoit un hiéroglyphique des druides pour

«

Bernard de Montfaucon constatait qu'on trouvait en

France un grand nombre de monnaies gauloises « qui ont été fort
« négligées jusqu'à présent. Elles sont d'un si mauvais goût que la
«

plupart les rejettent

ne veulent pas leur donner place dans

et

Le savant Bénédictin eut

« leurs cabinets. » (2)

la

hardiesse de con-

sacrer une planche à la reproduction de pièces recueillies près de
Breteuil, entre Beauvais et

par

M.

le Mellier,

Amiens,

et

de quelques autres envoyées

général des finances à Nantes. Montfaucon pre-

nait les plus grossières de ces

monnaies pour les plus anciennes (3).
Montfaucon, qui détermina plu-

C'est peut-être l'influence de

sieurs amateurs à introduire, quelques années plus tard, les

naies gauloises dans leurs collections

(4).

Mais

les

mon-

érudits mirent

plus de temps que les collectionneurs à comprendre l'intérêt des

monnaies celtiques

<'

:

ont rapporté des

Plusieurs antiquaires

«

médailles gauloises, mais sans autre objet qu'un simple mouve-

«

ment de

« et

il

est

curiosité

;

car elles ne peuvent instruire sur l'histoire,

impossible de rien conjecturer sur

le

temps

et les lieux

« de leur fabrique » (5)

désigner les planches; celles qui contiennent des monnaies gauloises sont

marquées B, C, G, H, I, K, L, N, O, dans l'édition de lySy. On y reconnaît un
bon nombre de pièces avec légendes mais malheureusement il n'y a aucune
;

provenance.

Claude Bouterouë, Recherches curieuses des monnayes de France, Paris,
p. 5o (l'auteur cite, entre autres, les pièces Vocaran et Lucotio; les
monnaies gauloises, assez nombreuses, sont décrites aux pages 38 à 70, avec
(i)

1666,

quelques figures).
{2)

L'Antiq. expliquée,

(3)

Cette erreur fut

t.

III,

commise

i" partie, 1719, p, 88, pi. LU.
aussi par E. Lambert, qui classe dans sa pre-

mière période (300-278 av. J.-C.) les bronzes coulés au quadrupède déformé
{Essai sur la num. du Nord-ouest, i" partie, 1844, p. 14 et pi. I.).
(4) S. Maftéi, Galliœ antiquitates, iy33, p. 112.
(5)

nion,

Comte de Caylus, Recueil
le

d'Antiq.,

t.

VI, 1764, p. 328. Malgré cette opi-

célèbre amateur Michelet d'Ennery recueillit

un certain nombre de

INTRODUCTION

Eckhel avait du mépris pour

même

3

monnaies barbares

les

et négligeait

de les décrire, sous prétexte qu'on n'en pouvait

enseignement

aucun

(i).

Pellerin leur avait accordé plus d'attention
attributions des pièces avec

gasivellaunus

tirer

Epad

Mionnet

(2).

Verga

et

décrivit

un

nous

et

à

lui

devons

Epasnactus

certain

et à

les

Ver-

nombre de mon-

naies gauloises, mais l'ère scientifique de la numismatique de la

Gaule ne commença qu'avec
en

1

836.

En même temps

dans cette revue,

Crazannes

(4),

la

Revue française de Numismatique,

marquis de Lagoy

le

de nombreux articles

qu'ils publiaient

L. de laSaussaye

(5),

(3), le

baron Chaudruc de

Charles Lenormant, éditaient

de divers côtés des notices

et des monographies encore utiles.
Conbrouse publiait une liste d'environ 621 pièces gauloises (6) et
Joachim Lelewel donnait, en 841, son volume sur le Tj^pe gaulois,
qui, bien que diffus, a rendu des services, surtout à cause de l'Atlas
qui l'accompagne (7). L'auteur y a réuni de nombreuses figures de
1

monnaies gauloises

[Catal. des méd. ant. et mod. du Cabinet de

M.

d'Ennery,

Paris, 1788, pp. 119 et 120).

Numorum

(i)

Doctrina

(2)

Recueil de méd.,

t.

veterum,

t.

I", 1762,

IV, 1794, p. 171.

pp.

.i3

et 36.



Cf.

R. N., 1837,

p.

241, et

i856, p. 3oo.
(3)

Notice sur l'attribution de quelques médailles des Gaules, 1837.

(4)

Dissertation sur les monnaies gauloises

Numismatique de

aie

type de

la croix, iS'ig.

Gaule Narbonnaise, 1842.
(6) Catalogue raisonné des monnaies nationales de France; Essai de Guillaume
Conbrouse, Paris, iSSg, in-4°; Atlas, 1840.
(5)

(7) Il faut

la

reconnaître que l'auteur avoue lui-mfime (p. 21), n'avoir basé son

étude que sur 5oo pièces gauloises seulement dont igo sont gravées dans son
Atlas. Cet atlas est de 1840. La date est d'autant plus intéressante qu'elle per-

met de croire que Lelewel a emprunté à Conbrouse une bonne partie des éléments dont il s'est servi. En etl'et le Catalogue de Conbrouse (i83g) comprend
la description de C2
pièces; il est accompagné de deux planches donnant l'une
un alphabet gaulois, l'autre des symboles gaulois. Dans l'Atlas du même
ouvrage (1840), la planche 4 donne 5~ types de tètes de monnaies gauloises,
21 types de chevaux, 19 de symboles; la planche 5 comprend i32 symboles
1

ornements, 21 de plantes. L'Atlas de Lelewel
symboles réunis de la même manière (pi. X,
symboles).
M. G. Cumont a indiqué un certain nombre de
à l'ouvrage de Lelewel par divers travaux de la seconde moi-

divers, 37 types de festons et

(1840)

montre des types

i32 emblèmes et
corrections faites
tié

du

XIX'

siècle {Les

et



progrès de

la

Numismatique gauloise depuis Lelewel,

Genève, 1891; Extr. du Bull. Soc. Suisse de Num.).

CHAPITRE PREMIER

4

monnaies gauloises, généralement

exactes,

et

planches indique souvent des provenances que

texte

le

les

de

ces

recherches ulté-

rieures ont confirmées.

L'Etude sur

la

numismatique du Nord-ouest de

E. Lambert, est postérieure de trois années

Gaule, par

la

également précieuse

et

à cause des provenances enregistrées.

Depuis

cette

époque,

la

numismatique de

Gaule a

la

de nombreux travaux de tout genre. Toutefois

un

traité

ou manuel qui résume

attend encore

elle

de la science

l'état

fait l'objet

caractères

et les

propres à des monnaies, qui ont bien des analogies avec celles de
la

Grèce

et

de Rome, mais aussi, pour

la plupart,

un

style spécial,

avec des anomalies étranges.

A. Duchalais avait donné, en 1846, un catalogue intéressant de
la série

du Cabinet de France

F. de Saulcy,

de

la

(i).

premier, tenta de présenter une vue d'ensemble

Numismatique de

petit travail

eut

le

Gaule

la

;

mais

je

crois bien

néanmoins une influence considérable dans

Dictionnaire archéologique de
articles

numismatiques

Malgré

la

nombre des

la

lui.

idées,

ses

quand

que son
L'auteur

rédaction

Gaule, dont presque

la

reflètent

entièrement rédigés par

(i)

(2)

ne répondit pas à ce qu'on attendait de

ils

ne sont pas

lui (3).

prodigieuse activité scientifique de F. de Saulcy
articles qu'il écrivit sur les

Description

du

tous les

monnaies de

la

et le

Gaule

(4),

des médailles gauloises faisant partie des collections de la

Bibliothèque royale, avec notes explicatives Paris, 1846, in-8°, 4
.

pi.

(8i2pièces

décrites).
{2) Aperçu général sur la Numismatique gauloise rédigé pour l'introduction
du Dictionnaire archéologique, dans Rev. Archéol., 1866, t. XIII, pp. 400-418,
pi. X et XI (Il y a un tirage à part, formai in-4°, de 23 pp.). Cf. du même

auteur un autre tableau d'ensemble dans
Num., 1869, pp. 85-97.
(3)

Dictionnaire archéologique

soins de la
les
(p.

la

de

la

Comptes rendus de

la

Soc.fr. de

Gaule, époque celtique, publié par les

Topographie des Gaules. Paris, 1867- 1878,

in-4">;



planches reproduisent 294 pièces.
La publication, arrêtée au mot Ligures
gG du t. II), a été reprise récemment.

(4)
ici

Commission de

les

Outre divers

la série

articles

de 3o Lettres à

publiées dans

la

(Je citerai cet

ouvrage sous

que

je citerai

M. A.

dans

le

corps du Traité,

de Longpérier sur

R. N., de i858 à 1869-70,
le titre

:

la

et réunies

Lettres).

je

signalerai

numismatique gauloise,

en un vol. in-8", avecpl.

INTRODUCTION
j'estime

que son plus grand

mation de

cette

notre reconnaissance est la for-

titre à

magnifique série de 8,000 pièces, qui, après

1,400 monnaies gauloises de la collection donnée par

Luynes (en 1862)

les

duc de

le

vinrent au Cabinet de France (acquisition en

(i),

1872).

La

collection,

formée par F. de Saulcy, contient non seulement

des pièces provenant de nombreuses trouvailles, mais aussi des
suites réunies par

Tôchon d'Annecy, Lemesle

(Nantes), de

Roucy

(Compiègne), E. Hucher (Le Mans), Soulages (Toulouse), Rigollot
(Amiens), Mioche (Clermond-Ferrand), Colson (Noyon), Breidbach
(Bruxelles).

Mommsen

T.

occupé incidemment des monnaies de

s'était

Gaule, surtout dans

la

rapports qu'elles pouvaient avoir avec les

les

pièces romaines. Mais son travail, qui peut passer pour une vue
générale, s'appuie surtout sur les ouvrages antérieurs et renferme

de notables erreurs

En 1874
dont

la

parut

(2).

la

seconde partie d'un ouvrage d'Eugène Hucher

première avait

été publiée

en i865

f3).

Ce

travail contient

des matériaux utiles, bien que les figures, agrandies par l'auteur,
éveillent quelquefois des doutes au sujet de l'exactitude. D'ailleurs

ce système ne permet pas de reconnaître les divisions monétaires

dans des cas où l'auteur a oublié de donner des indications
utiles.

Hucher connaissait

assez bien les

avait réuni d'intéressantes. Aussi son livre contient des

judicieuses,

mais

(2)

275.
il

en

remarques

titre qu'il

et

disposées sans méthode. L'ouvrage

porte;

il

n'est pas

non plus un manuel de

numismatique gauloise, mais un recueil de monnaies.
Le meilleur manuel pratique de numismatique gauloise

(i)

plus
et

sont malheureusement noyées dans des

elles

développements fastidieux,

répond mal au

les

monnaies gauloises

fut le

du marquis de Lagoy.
Monnaie romaine, éd. Blacas-dc Wittc, t. III, iSyS, pp. 25oL'auteur admet l'existence d'une monnaie d'or frappée à Massalia (p. îSg);

Comprenant

la belle collection

Histoire de la

ne connaît

comme

KAAETEAOY

(p.

conquête de César

légende grecque, sur des monnaies de

269;;

le

(p. 270).

monnayage de

On

la

Gaule, que

l'argent n'aurait eu lieu qu'après la

pourrait relever dans ce chapitre encore d'autres

erreurs.
(3)

L'art gaulois ou les Gaulois d'après leurs médailles. Paris

i865, in-4', 53 pp. et loi pi.; 1874, 160 pp. et 220

tig.

et

Le Mans,

O

CHAPITRE PREMIER

catalogue de

la collection

P.-Ch

.

Robert

(

i

),

dont

les classifications

remarques sont en général plus sages que

et les

Saulcy. Mais c'est encore



un guide bien

celles de F. de

succinct, car les descrip-

tions y tiennent la plus grande place.

En

1889, parut enfin le catalogue du Cabinet de France, élaboré

par E. Muret

(2),

en grande partie d'après

les

notes de F. de Saulcy.

Muret, qui mourut du reste avant l'achèvement de sa tâche,

n'était

pas familier avec les monnaies gauloises. C'est pour cette raison
sans doute qu'il ne sut pas retrouver des provenances indiquées

dans des travaux antérieurs

et qu'il

donna souvent des descriptions

inexactes.

Dès 1876, sous le ministère de M. Waddington, la Commission
de la Topographie des Gaules avait décidé de publier un corpus des
monnaies gauloises. Elle en avait confié la préparation à une souscommission composée de MM. de Saulcy, Ch. Robert et A. de
Barthélémy, auxquels

adjoints

furent

E. Muret; ces deux derniers, après

MM.

Chabouillet

A.

la dissolution

de

la

et

Commis-

de topographie des Gaules, en i883, étaient restés seuls chargés de
publier

Catalogue,

le

paru en

1889.

Quant

à

VAtlas

(dont

54 planches sur 55 étaient déjà gravées par Dardel, en 1890 (3), on
le publia (4) après que M. H. de la Tour eût donné aux pièces figurées
des numéros correspondant au texte du Catalogue. C'était là
travail assez ardu, car, suivant la théorie

(i) P. -Charles

tion

348,

de
pi.

catalogue
(2)

les

Robert, dans Annuaire Soc.

5 fig.

(t.

dit

en

(c

potin

Catalogue des monnaies gauloises de

327 pp. (10413

et

publié par

n°").

Num.,

t.

V, 1877-81, pp. 25g-

à part, 1880, in-8», avec table). L'auteur a exclu

bronzes coulés

Ernest Muret

adoptée par Ch. Robert,

Robert, Monnaies gauloises; description raisonnée de la collec-

M. P.-Ch.
V, et

un

les soins

de

de son

».

la

Bibliothèque nationale, rédigé par

M. A.

Chabouillet. Paris 1889, in-4%

A. Chabouillet a rédigé, pour cet ouvrage,

une préface de

pour présenter une intéressante vue d'ensemble. Mais il
recula devant la tâche et se contenta de parler de quelques pièces, choisies un
peu au hasard. Les tables du catalogue ont été dressées par M. H. de la Tour.
27 pages, qui eût

suffi

(3)

A. de Barthélémy, dansi?. N., 1890, p. 139.

(4)

Atlas des monnaies gauloises, préparé par la Commission de topographie

des Gaules et publié sous

Henri de

la

les

auspices du Ministère de l'instruction publique, par

Tour. Paris, Pion, 1892.

In-f"

sur cuivre (Environ 2000 figures). La

M. delà Tour, comprend des monnaies de
au Musée de Pcronne.

devin et 12 pp. et de LVpl. gravées
LV, gravée sous la direction de

pi.

la collection

Danicourt, aujourd'hui

INTRODUCTION

n

beaucoup de pièces gravées dansF^f/o^ sont complétées au moyen
de plusieurs exemplaires, et par conséquent idéales, quoique généralement exactes.
\S Atlas présente des défauts qui ont leur origine dans la manière

dont

il

a été composé, à des époques diverses, par des mains diffé-

rentes; et d'autre part, malgré la grande quantité de figures qu'il

on y remarque de nombreuses lacunes, souvent difficiles
comprendre, car il s'agit, dans plusieurs cas, de pièces conservées

contient,
à

au Cabinet de France
ouvrages

Quoi

souvent publiées déjà

et

dans d'autres

(i).

qu'il

en

soit,

X Atlas forme avec

le

Catalogue une base

il
un travail
Numismatique gauloise.
Vers la même époque parut un travail contenant une vue générale sur les monnaies de la Gaule (2).
L'analyse des travaux de mes devanciers remplirait un volume (3).
Mais il ne s'agit pas de donner ici une étude bibliographique les
citations qu'on trouvera au bas des pages de ce volume sont

d'études sans laquelle

d'ensemble sur

serait difficile d'entreprendre

la

;

suffisantes.

(i)

Ily a des doubles emplois (dans les

attributions fausses
(pi.

pi.

XX

et

XXIV; XV,

XXV

etLV); des

VII, 2935, pi. XVI, 5878, etc.); des pièces mal dessinées

VII, 4622, 4797, et autres assez nombreuses); des figures disposées dans

un mauvais sens
(pi.

(pi.

(pi.

XXXVIII, 9377;

XI, 3587, etc.); enfin des pièces qui ne sont pas celtiques

pi. I,

9603).

Il

faut

remarquer que

les critiques, assez

nom-

breuses, qu'on peut formuler à l'égard de V Atlas, ne peuvent être adressées à

M. H. de

la

Tour qui

a



se borner à mettre en état d'être publié

un

travail

préparé par d'autres.
(2)

Instructions adressées par le Comité des travaux historiques;

Numisma-

Époques gauloise,
gallo-romaine et mérovingienne. Paris, 1891, gr. in-8» (Les monnaies gauloises
occupent les pages i à 21, avec 33 fig.). Le même auteur a publié de nombreux
articles, qui ont fourni d'utiles contributions au classement des monnaies gautique de la France, par Anatole de Barthélémy, i" partie.

au Mont César, au Mont Beuvray, en Poitou, à Jersey, etc.).
cités dans le présent volume.
seulement encore, au point de vue général, la notice Gaule

loises (M. trouvées

Ces travaux seront
(3)

Je citerai

(Numismatique, par E.Bahe\on) dans

\a

Grande Encyclopédie,

t.

XVIII, pp. 608-



M. R. Forrer a entrepris, en 1901, la publication d'une étude sur
la Numismatique celtique des pays du Rhin et du Danube (Jahrbuch der
Gesellschaft fur lothringische Geschichte wid Altertumskunde, t. Xlll et suiv.).

612,

Ce

fig.

travail, plus général

intéressants.

que son

titre

l'indique,

contient des renseignements

.

CHAPITRE PREMIER

8
II.

est plus Utile

Il

de rechercher

premiers pionniers qui ont défriché
Cette

gauloise.

étude

le

tendances d'esprit des

les

champ de

numismatique

la

permettra de comprendre pourquoi

les

progrès ont été relativement lents.

Signalons en passant,
tence de monnaies de

par Carausius

la

l'île

curieuse erreur d'Eckhel, qui niait l'exis-

de Bretagne, antérieures à celles frappées

(i).

Joachim Lelewel, à côté de bonnes observations, a condensé
quelquefois de multiples erreurs en peu de lignes. Voici un passage
de cet auteur comme exemple
« Non seulement on retrouve ça
« et là un mélange de monnaie, évidemment de différentes parties
:

«
«

«
«

«

de la Gaule; mais très souvent,

« se
«

même

les

espèces d'un pays sont

exhumées en masse dans un autre pays très éloigné. On trouve à
la fois, à Valence, 3oo pièces de la monnaie gauloise de Tournay; on retrouve continuellement dans le pays des Leuks, la
monnaie des Kaletins, et les monnaies des Leuks de Solimariaca
rencontrent souvent avec celles des Santones

aux environs de

autres,

On

sait

maintenant que

cus portent un

ment

Loire

la

(2)

d'argent avec le

les pièces

nom d'homme

Rhône

et les

nom Duma-

appartiennent précisé-

(3) et qu'elles

à la région située entre le

et différentes

^>

Alpes où l'on a trouvé

plusieurs trésors, qui en contenaient avec d'autres monnaies analogues.

On

sait aussi

que

les pièces

Kal ou
Eduens ou par un

d'argent à la légende

Kaletedou, qu'elles aient été frappées par

les

autre peuple, appartiennent certainement à l'Est de la Gaule



a trouvé

l'on

plusieurs trésors qui

(4),

ne contenaient que ce

la légende Solima, on
un nom d'homme (Solimarus par

numéraire. Quant aux pièces d'argent à
s'accorde

(i)

six

y voir plutôt

Cette erreur a été réfutée, dès

Essai sur
(2)

à

les

1826, par le marquis de Lagoy, dans son

médailles de Cimobelinus ; Aix, in-4°, 20 pp.,

Type gaulois ou

celtique, 1841, p. 19.

pages d'intervalle, car

il

Lelewel

avait écrit (p. i3)

que

s'est

i

pi.

contredit

Durnak

» était

du reste à
un nom de

roi.

(3) L'attribution

erronée à Tournai est déjà dans Eckhel, Z)octri«i3

1792, p. 74. Cf. R. N., 1847, PP- 22° ^t
Gallo-Belge, 1864 p. i5i.

vet.,

(4)

t.

I,

F.

même

^7*'' ^^

^-

de Saulcy avait attribué ces pièces aux Leuci, mais

son erreur; R. N., 1837,

p. 6.

Numorum

Hermand, Xum.
il

a reconnu lui-

.

INTRODUCTION

exemple)

de plus,

et

(i);

il

n'est

9

pas certain qu'elles ont été

frappées par les Leuci.
L'attribution des pièces d'argent Solima à Solimariaca avait été

soutenue aussi par L. de
Aussi bien,

les

la

Saussaye

fortement imbus d'une idée préconçue
villes et

par F. de Saulcy

(2) et

(3).

premiers écrivains de la Revue numismatique étaient

de peuples dans

noms de

retrouver des

:

légendes de monnaies gauloises. Cette

les

tendance leur venait sans doute d'une mauvaise compréhension
des exemples que leur fournissait la Numismatique grecque. C'est

qu'en

effet à

l'époque où

grand développement,

monnayage gaulois

le

les villes

grecques avaient pour

perdu leur autonomie. La localisation dans

empruntés à
l'objet des
la

son plus

la

plupart

temps des exemples
grecque eût dû être par conséquent

civilisation

la

atteignit

le

premiers soins de ceux qui étudiaient

monnaies de

les

Gaule.

Le

tiques était servi,

On

monnaies de

désir de retrouver des

on peut

le dire,

par

la

plupart des villes cel-

de

la philologie.

les hardiesses

dans des rap-

l'état arriéré

pouvait alors se permettre toutes

prochements qui nous font sourire aujourd'hui (4). Ainsi L. de la
Saussaye, attribuant les monnaies Ateula-Ulatos et Caledu-Seno-

don aux Senones, admettait un atelier appelé Caledunum et identifié avec Chaumont (5). Le même auteur lisant, d'ailleurs à tort,
sur une monnaie d'argent, la légende

nom

des Consiianetes !

(6).

Et

il

CONf» y

retrouvait

Chaudruc de Crazannes attribuait
ou Solo, les monnaies qui portent SOLLOS
cio (7).

(i) E.

Lambert

rendus Soc.

{Essai, p.

Num.

iii),

et d'Arcliéol.,

t.

reconnaissait

Montluçon dans LwcSolonum

à Solonium,
(8).

avait déjà prososé Solimariiis.

V, 1874,

p.

le

Cf.

Comptes

124.

XVI.

(2)

R.

(3)

Monnaies des Leuks ou Leuquois ; m. de Solimariaca aujourd'hui Soû-

lasse,

i838, p. 4o5,

dans R.

mariaca
(4)

A'.,

A'.,

ait existé

i836, pp. 162-174, pi.

III.

On n'admet même

nom

R. N,, 1840,

plus que Soli-

sur l'emplacement de Soulosse.

C'est peut-être Cl. Bouterouë qui trace ce

de voir l'ancien
(5)

pi.

p.

mauvais chemin en proposant

de Paris sur une pièce de Lucotio [Rech., pp. 49-50).
181 11 proposait aussi pour les pièces de la Série Kal, un
.

Caldeniacum (Chaudeney). Cf. l'opinion de J. Lelewel, Type gaulois, p. 240,
— Il s'agit d'une pièce de la Série Kal.
(6) R. N., 1844, p. 4o3.
{j)R.
(8)

A'.,

1840,

R. N., 1844,

pi.

IX, 38.

p. 85, fig.

n. 5 3

1

CHAPITRE PREMIER

lO

Le marquis de Lagoy reprenait
blintes,

l'attribution

aux Aulerci Dia-

proposée par Pellerin, des pièces d'argent sur lesquelles on
F. de Saulcy donna

lisait à tort

Diaoulos

DIASVLOS,

mais, avec la hardiesse qui

d'y reconnaître

(i).

nom

le

la

bonne lecture

le caractérisait,

il

proposa

de Divitiac. M. de Lagoy, reprenant une

hypothèse de Conbrouse, attribuait aux Veromandui, des bronzes
avec Ver ou Vero (qui, en

Duchalais

Eugène Hucher
légende

par

portant la

ceux avec Caliagiis pou-

et

une hypothèse analogue,

être

donnés à Caply ou à

(3).

Adrien de Longpérier eut sa part dans
butions téméraires. Celle à Agedincum
tant

et fut suivi

bronzes

d'attribuer les

était tenté

Vandelos à Vendeuil (Oise),

vaient, dans

Chailly

portent VIROS).

réalité,

(2).

AFHA

cette

longue

Senonum de

Ces

(4), a été admise pendant longtemps.

simplement

por-

lettres sont

nom d'homme, comme

premières d'un

les

série d'attrila pièce

Agedil-

lus (5).

Le même savant émit l'avis que le nom Roveca pouvait bien être
nom de Roviacum (Crouy-sur-Ourcq) (6), et proposa d'attribuer
aux Catalauni un bronze (probablement Carnute) dont le monogramme pouvait, à la rigueur se décomposer en KTAL (7)M. A. de Barthélémy, qui dans un de ses premiers articles,
le

(i) Pellerin,

qq.

Recueil,

méd. des Gaules,

III, p.

t,

p.

que paraissant approuver
cette lecture est

182; marquis de Lagoy, Notice sur Vattrib. de

40, pi. n° ib.

douteuse

faut rendre justice à E.

Il

l'attribution (Essai,

un nom de chef sur

le

dont

cette pièce

p.

116),

il

dit

Lambert; bien
cependant que

M. A. de Barthélémy dans une notice

{Ibid., p. 42).

sur les monnaies des Aulerci, repoussa
voir

I,

premier l'attribution

et

proposa de

fabrique lui paraissait avec raison

la

Gaule [R. N., 1847; p. 6 du t. à p.).
nat. de France, 1829, p. 48; marquis de
Lagoy, Notice..., iSSy, p. 43; Duchalais, Dsscr., p. 269, n» 643. Ci. Cat. B. N.,
appartenir à l'Est de
(2)

la

Conbrouse, Cat. raisonné des m.

p. 2o3.
(3) R. N., i855, pp. 369 et s., pi. X. Cf. le Cat. du Cabinet de France, qui a
maintenu le classement aux Bellovaques (pp. 184-186), que je repousse com-

plètement.

= Œuvres,

(4)

R. N., 1844,

(5)

A. Holder, Alt-Celtischer Sprachschat^,

(6)

(7)

R. N., 1859,
R. N., i863,

p. i65

100

=

p. 74.



p.

tout aussi témérairement,

Œuvres,
Il

s'agit

t.

II, p.

t. II,

de

la

p.

73.
I,

col. 55.

416.

pièce que Saulcy attribue plus tard,

au chef Cotuat.

.

INTRODUCTION

I I

avait attribué à tort des pièces de Q.

Doci Samif. aux Santones,
un chef de
l'Est de la Gaule, vraisemblablement des Sequani (i). Il faut abandonner aussi l'hypothèse du pagus Corilissus (territoire des Abrin-

tint à se corriger

catui), basé

lui-même en

seulement sur une lecture incomplète

au pagus Vennecticus
fondée

restituant ces pièces à

des

bronzes

Venextos

L'attribution

(2).

n'est

pas mieux

(3).

C'est encore le marquis de

devait appartenir à Vesontio
à la légende

(5).

Une

Une

il

les fausses attrilisait

ton Biso

à

pièce d'argent au cavalier,

donnée à Cossio ou Cossium-

fut

pièce retouchée fut attribuée

des Bataves

ville

sur laquelle

(4).

COSII-CALITIX,

Vasatum, Bazas!

ou Magusum,

Lagoy qui accumula

Une monnaie

butions que voici.

a.

Magusa

une monnaie de bronze de

(6), et

Viredios à Vissée, dans le Gard! (7). M. de Lagoy classa encore
deux pièces aux Belindi (8), une obole, du type massaliète, aux
Anatili, peuple localisé à l'embouchure du Rhône (9), et diverses
pièces aux Jemerii (donné comme Saint-Jemmes, près de Sisteron)
à Sostomagiis (Castelnaudary)

et

!

(10).

Cet auteur avait donné à

Cantilia (Chantelle, diocèse de Bourges), une monnaie analogue à
celles de Pixtilos, et L. de la

pour

(i)
(2)

faire

Saussaye s'appuya sur

cette

opinion

de Pixtilos un chef arverne(ii). Le bronze Caballos,

R. N., 1846, pp. 257-265,
R. N., 1842,

pi.

XIV, corrigeant;^. N., i838, pp. 1-7,

— Lelewel, a

403.

p.

peu près à

la

même

pi.

I.

date, classait avec

du lion, à la cité des Rémi (Type gaulois, p. 334).
R. y., i858, p. 437. M. Deloche a fait aussi le rapproche-

raison, ce bronze au type

F. de Saulcy,

(3)

ment [Études sur
(4)
(5)

la

R. N., 1837,

p.

géographie historique de

la

Gaule, 1860,

p. 374).

401

R. y., i83g, p. 402. Le marquis de Lagoy attribua encore des pièces de la
série à Brigantium (BRI) et aux Vediantii (VllD); Supplément à l'essai

même

de monogr. d'une série de méd. gaul., imitées des deniers consulaires aux
types des Dioscures,Aix, i856. G. Vallicr

veau
(6)

la

R.

TV.,

1840, p. iC;

(8)

R. N., 1841,
R. N., 1842,

(9)

R.

(7}

-V.,

cf.

Annuaire Soc

p. 12. Cf. E.

C.-A. Serrure ont proposé de nou-

p.

12, pi.

Num., 1896,

p. 109.

p. 82.

1.

R. N., 1857, pp. 381-402.

(il)

R. N., i838, 128.

bronzes portant ce

préférable.

.

Hucher, R.N., 1859,

1847, p. 397.

(10)

les

et

dernière attribution {Annuaire Soc. Num., 1896, p. 248).

— Cependant
nom

Lelewel avait considéré

[Type' gaulois,

p.

comme

carnutes

36g). Et cette opinion est bien

CHAPITRE PREMIER

12

souvent mal
Mionnet),

Mionnet

une

et à

et

Lagoy), à Avallon (par Pellerin

hypothétique de Caballodunum

ville

numismatiste par occasion, entrait dans

bronze portant

le

nom

Contoutos

(2).

Toul un denier mal

tendance persista,

et,

la

mêlée,

sur la

et basait,

Et de son côté,

lu de la série

Lambert

en 1864,

et

Millin,

(i).

Conovium de Bretagne, d'un

fausse lecture Conovio, l'attribution à

attribuait à

Chalon-sur-Saône

lu, fut attribué à diverses villes, à

(par Bouterouë,

J.

de Pétigny

Kaletedou

(3).

comme

publiait,

La

pièce

un bronze, au type du sanglier, avec la
ACVJNO où il reconnaissait le nom d'un
Acunum (Ancône, Drôme) (4).
On aurait pu croire que F. de Saulcy songeait à réagir contre
inédite de sa collection,

prétendue légende

!

la doctrine

erronée dont

viens de tracer l'historique, car, dans la

je

Revue numismatique, en

1860,

senter Er/^an^zt/m, et

il

ajoutait

(5),
:

posé à chercher autre chose que des
légendes gauloises

Cimiez

à

(i)

(g)

et

Pourquoi

Bouteroug,

p.

(7),

noms

2o3

53; Pellerin, Recueil,

t.

I,

en don-

Mastramela (Miramas)

à

p.

et

pi. VIII.

t.

I,

(8),

mots de

(10)? Les

16; Mionnet,

210; Lagoy, R. N., i855, pp, 327-335,
tion aux Gaballi par Peghoux.

n"'

pièce

de villes dans les

oubliait-il ces lignes

Noviodunum Suessionum

à

d'une

D'ailleurs, a priori, je suis dis-

«

«

nant des monnaies à Apta Julia

propos

que Brico ne pouvait repré-

«

» (6).

à

disait

il

d'argent, de la série au cavalier

pp. 79 et 81,

— Ajoutez

l'attribu-

(2)

R. N., i838,

p.

i58.

(3)

R. N., i836,

p.

282.

(4)

Essai,

116, pi. XVII, 14.

(5)

Cette série des pièces au cavalier a souvent induit les numismatistes en

II,

p.

erreur. Ainsi, les pièces avec

Eburo ont

été

données à Embrun. Elles avaient

déjà été attribuées, tout aussi à tort, aux Aulerci-Eburovices [R. N., 1847,
p. 91-94; 1848, p. 348), et Duchalais les classait

aux Eburons (Description,

1846, p. 206). D'autre part, on a attribué les pièces de

question L.

Durnacus à Tournai
tort, données
Maxe-Werly, dans Rev. belge de Num., 1891,

M.

de Longpérier sur la Numismatique gauloise,

Voy. plus haut. Les pièces Virodu-Turoca ont
à

Verdun (Voy. sur

la

été,

;

également à

p. 5oo).
(6)

F. de Saulcy, Lettres à

1870, p. 87.
(7)

R. N., 1866,

(S)R. N., 1867,
(9) Ibid. et

(10)

p.

402.

p. 333.

Lettres, p. 3i5.

Annuaire

soc. fr.

de Num., 1867,

p.

18.

INTRODUCTION

Saulcy que
de

je

l'histoire

I

3

viens de citer nous amènent à étudier une autre phase

de

la

Numismatique gauloise, qui

dire dans les travaux de cet érudit.

Il

naies de la plupart des chefs gaulois

résume pour

se

ainsi

mon-

voulut retrouver des

mentionnés par César. Si

quelques-unes de ses attributions peuvent être défendues, beau-

coup d'autres ne

une critique sérieuse. Telles sont

résistent pas à

conclusions relatives à Cotuat ou Gutruat, chef carnute
mapatis, roi des Nitiobriges

(2),

(i)

plusieurs autres, qui firent l'objet d'un travail spécial

et à

Voto-

à

Dumnacus, chef des Andes

à

reviendrai sur certaines attributions lorsque

ses

(3),

(4).

Je

m'occuperai des

je

noms inscrits sur les monnaies de la Gaule.
Une tendance dangereuse, résultant d'un mauvais emploi du
vocabulaire néo-celtique, se dessine dans les
vantes

aux

:

aux

Blesenscs

i>

»

un

.(Edui, des statères avec

épi [edh signifiant bléj

besoins de sa cause

les

;

(5).

sui-

{blei\)

;

à Luern,

un quadrupède que Saulcy

père de Bituit, des bronzes avec

un renard {louern) pour

attributions

des bronzes avec une tête de loup

appelle

D'ailleurs,

depuis Lelewel, qui trouvait des affinités entre certaines légendes

de monnaies gauloises

et

noms

des

slaves

(6), les

études reposant

numismatique gauloise, ont
souvent peu heureuses. Les plus étendues et en même temps
sur

la linguistique,

moins

la

scientifiques sont assurément celles

de Monin(8)

(i)

appliquée à

et

R. N., 1867,

de Beale Poste

p. 167.

Il

s'agit

(9).

d'Adolphe Breulier

été
les
(7),

Aujourd'hui, grâce à l'estimable

de pièces classées aux Catalauni; voy. plus

haut, p. 10.
(2)
(3)

(4)

R. N., 1862,

p. 324.

R. N., 1860, p. 265.
F. de Saulcy, Sumismatique de chefs gaulois mentionnés dans

mentaires de César, dans l'Annuaire Soc. A'uw.,
(5)

Ajoutez

la

branche de viorne (vern) donnée

t.

II,

les

com-

1867, p. i-32, pi. I-IV.

comme

armoirie parlante des

Arverni.
(6)
(7)

Type

gaulois, p. i3.

Considérations

nouvelles

sur la numismatique

archéol., i85i, p. 474-491 et 753-859

;

i852, 617-644.

Il

gauloise,
suffira

de

dans

lire le

Rev.

compte-

/î. N., i852, p. 3o6-3i3 (par A. de Barthélémy).
Monuments des anciens idiomes gaulois, Besançon et Paris,
H.
Monin,
(8)
1861, in-8«. Compte rendu dans R. N. i863, p. 41 à 73 (parE. Hucher).

rendu dans

(9) Celtic

180 p. et

1 1

inscriptions on Gaulish
pi.

and

british coins, etc.

Londres, 1861,

in-8»,

CHAPITRE PREMIER

14

M. Alfred Holder

dictionnaire de

une méthode plus
monnaies.

La Saussaye

(i),

sûre, l'étude des

on peut entreprendre, avec

noms

gaulois inscrits sur les

une autre préoccupation

avait eu, je crois,

:

il

recherchait, sur les monnaies, des représentations de divinités celtiques, et reconnut ainsi la déesse

buées alors aux Cambiovenses
tête

casquée de Nemausus,

de Nemausus

(4).

A

la

(2),

Cambona
puis

la

d'Hercule

fils

même

sur des pièces

déesse Solimara
et

attri-

(3), et la

fondateur mythique

époque, Chaudruc de Crazannes

voyait la tête de la déesse Divona sur une pièce d'ailleurs mal
lue

(5).

Aucune de

ces interprétations n'est restée dans le souvenir de

ceux qui s'occupent d'archéologie celtique.
Ceci nous amène à dire quelques mots de l'école symboliste qui
joua, pendant longtemps,

gauloise

un

contribua à jeter

et

rôle important dans la
le

numismatique
si impor-

discrédit sur cette source

pour nos antiquités nationales,
Le baron de Donop développa le premier peut-être, des théories

tante de renseignements

extravagantes

Lelewel

et

était

sans portée

(6).

acquis à la théorie symboliste

(7).

On

a

pensé que

L. de

la

Saussaye avait eu une part dans l'avènement du symbo-

lisme

et

on

a cité de lui la phrase suivante, écrite à propos des

oboles massaliètes
« abrégé

(i)
(2)
(3)

{4)

(5)

:

«

La roue pourrait

du char d'Apollon

» (8).

Mais

être

une sorte de signe

cette idée, qui n'est pas très

Alt-Celtischer Sprachschat^,fa cours de publication (jusqu'à la lettre T).
p. 142. Cf. J. Lclcwel, Type gaulois, 1841,
R.N., i838, p. 4i5.
Numismatique delà Gaule Narhonnaise, 1842, p. i55.

R. N.. i838,

p. 261.

R. N., 1841, p. i65. Cf. Dissertation sur Divona des Cadurci, Cahors,
J. Lelewel
du Lot, 1842, p. 80-86).

1842, in-8°, 10 p. (Extr. de l'Annuaire
était,

de son coté, assez porté à voir des tètes de divinité (Belisana


et

Camul) sur

monnaies celtiques {Type gaulois, p. 262). M. de Lagoy reconnaissait aussi
Apollon Belenus et Epona sur une même pièce [R. N., 1842, p. i3); et E. Cartier a admis la déesse topique Turona [R. N. 1846, p. i32).
(5) Les médailles gallo-gaéliques. Description de la trouvaille de Vile de
Jersey. Hanovre, i838, in-4'>, 40 p. et 32 pi. On peut consulter cet ouvrage pour
les

les

planches qui reproduisent de nombreuses variétés.

(7)

{8)

Type

Gaulois, 1841, p. 55,96, 267, et passim.

Num. Gaule

narbonnaise, 1842, p. 56.

INTRODUCTION
très téméraire

1

de pièces de Massalia,

(i) lorsqu'il s'agit

5

ville plus

grecque que gauloise, ne peut être appliquée à l'exégèse de monnaies véritablement gauloises. C'est surtout dans la phrase suivante
se dessinent les

que

tendances de

la

Saussaye

Rien

«

:

donc

n'est

«

plus naturel que de chercher sur les monnaies de la Gaule

«

symbole ordinaire du peuple qui

<c

mythologie celtique sur

Ed. Lambert

fut

il

(3), et

l'introduisit

dans

en accentua

les

1864. Mais,

partie, en

motifs qui l'avaient

les

on eût pu

la

choisir

fait

à la

(2) ».

numis-

première partie de son

déductions dans

lui être

le

d'interroger la

un des pères du symbolisme, adapté

matique celtique;
Essai, en 1844

l'habitait et

la

deuxième

reconnaissant d'avoir

développé des hypothèses dont quelques-unes renferment peut-être

germe de

le

la vérité,

s'il

n'eût été le chef d'une école téméraire.

Desroches

suite, l'abbé

sa

(4)

paraphrasa

ses

A

développements;

Maudet de Penhouet découvrit sur les monnaies armoricaines des
symboles du culte de Bel (5); A. Jeuffrain suivit la même voie (6),
A. Fillioux, s'appuyant sur

et

un passage de César

les

Astronomica de Manilius

doctrine astronomique des Druides

La Saussaye

(i)

(î)

R. N., 1840,

(3)

Voy. surtout

(4)

Recherches sur

arts d'Avranches,

je

donne de

l'origine

du type massaliète de

qu'enverra
la roue,

p. 245.

les pp.

t.

sur

(7).

avait raison sans s'en douter peut-être. C'est ce

d'après l'explication que

et

{B. G., VI, 14), prétendit reconstituer toute la

les

II,

56 à 108.

monnaies gauloises, dans Bull.

soc.

d'Arch.

l.

se.

et

1843, pp. 26-36.

[Comte Maudet de Penhouet], Archéologie armoricaine ; me'dailles attriaux Armoricains avant la conquête du pays par les Romains. Rennes,
[1824], in-S", 24 p. (p. 6 et seq.). C'est évidemment, après avoir accepté cette
théorie qu'Ed. Rapp reproduisit des monnaies gauloises à l'appui de sa thèse
sur les rapports entre le labarum et le culte du soleil {Jahrb. des Vereins von
(5)

buées

Alterthumsfr.
tification

de

im Rheinlande,

la tête avec celle

t.

XXXIX-XL,

1866. pp. Ii5-I45, pi.

II).

L'iden-

de Belen, acceptée par Duchalais, est encore indi-

quée par M. R. Forrer, dans Keltische Sumismatik der Rhein- und Donaulande,
(6)

les

§

XllI.

Essai d'interprétation des types de quelques médailles muettes, émises par

Celtes-Gaulois. Tours, 1846, in-8».

(7)

1867.

et de classification des monnaies de la Gaule,
Parentcau reconnaissait une bécasse sur certaines

Nouvel essai d'interprétation

— Peu après, Fortuné

monnaies gauloises de l'Ouest

nomique [Odyssée de

la

et attribuait à cet oiseau

une

signification astro-

bécasse en Gaule, dans Bull. soc. archéol. de Nantes,

CHAPITRE PREMIER

l6

Déjà en i836, Cartier avait parlé des pièces muettes que devaient
avoir les druides

mannequin

«

en 1841, Lelevvel avait reconnu, dans une

(i) et,

figure assise d'une

monnaie d'argent de
Druide

acariâtre d'un

pas le célèbre collège religieux des Gaulois

présumée

reprises sur son influence

«

d'un culte secret, figurés dans

«

par des personnages

et

revint à plusieurs

«

appartenir qu'aux druides

public et à l'usage de tous,

le culte

fit

le

fortune. Alexandre

type dit «à l'œil

Hermand

l'influence druidique(4). A. Duchalais,

manifeste de sa nouvelle manière.

romaines par

«

grecques

«

entreprise dans

«

devenue intelligente

«

peuples plus civilisés

t.

XII, 1873

;

et

t.

les

«

Gaulois

{i)R. N. i836,

Type

le

;

a été d'abord

plus tard

elle est

manière d'exprimer leurs idées religieuses

titre

même
:

les

ordre d'idées, les

Zodiaques gaulois,

médailles religieuses des bords de la

les

de Caranda, dans Annales Soc.



comme

nos ancêtres ont alors emprunté à des

et

temps sacrés des Celtes, d'après

s., pi.

est

» disait-il, «

à p., Nantes, 1872, in-S"). Cf. dans le

1874, pp. 145 et

un des maîtres de
symbo-

L'imitation des monnaies

divagations publiées par A. de Vertus sous le

et

fait

un but purement commercial
la

et

à la fin de sa vie, dans le

Fillioux une lettre, qui

et écrivit à

Gaule

la

que sa Z)e5cnpf/oH des mon-

naies gauloises du Cabinet de France avait

numismatique gauloise, versa,

n'hé-

l'expression gra-

»,

phique des idées religieuses des Celtes du nord de

lisme excessif,

ne pouvait

réelle

et à leurs initiés « (3).

Cette phraséologie obscure

la

Lune,

êtres [Le Soleil, la

dont l'explication

fictifs,

pas à reconnaître, dans

Ces

«

du Rhin, le
Lambert n'oublia

d'un culte direct, étaient aussi l'objet

la Terre, les astres], motifs

sita

:

(2).

la rive droite

assis »

iiist.

et archéol.

Marne

de Château-Thierry,

t.

X,

VIII.

p. i5o.

Pour Lelewel, un bon nombre de types obscurs
« le produit du symbolisme druidique » (p. 55.
p. 267). On a vu plus haut que Pciresc, d'après Bouteroue, associait déjà
druides au monnayage gaulois. Cf. au sujet d'une hypothèse de Streber,

(2)

gaulois, p. SSg.

des monnaies celtiques sont
Cf.
les

Rev. belge de Num., i863,
(3)

exégétique, voy.

448.

in-8», 52 pp.,

I

pi. (Extr.

de

La

Rev. num. belge, 4' série,

61, 66, 84, etc.

;

cf. p.

60.

Comme

autre exemple de rêverie

Faux, Quelques réflexions sur d'anciennes monnaies bremythologie des druides bretons de Davies, Amiens, i863,

D"'

tonnes, d'après la

{4)

p.

Essai, I" partie, pp. 107-108

t.

Picardie).
II

=

Numismatique gallo-belge, 1864, pp. 5,
ait plus de réserve que

H semble cependant qu'Hermand

quelques-uns de ces devanciers {Ibid., pp.

3 et 4).

INTRODUCTION
« tout
«

;

;

propos de Vercingétorix

«

cheval du revers,

«

victus; l'co,

« astres

goût

vieux

l'Apollon du droit, c'est Belenus,

l'a dit

le

course du Soleil, Sol in-

la

M. Lambert,

du cours des

signe

le

et

un athlon ou prix de
obscur Pindare. Tout le reste

fut

un des adeptes

enfin,

course,

la

dans

est

le

dont

même

» (i).

Eug. Hucher

fervents de l'école symboliste et

autres phrases, celle-ci

écrivit entre
«

sons qu'il existe dans

«

dans toutes

«

:

l'emblème de

comme

vase

le

;

« parle le
«

7

en conservant leur propre individualité. Je n'entrerai pas
ce serait trop long un exemple cependant,

dans plus de détails

« à

1

la

:

«

Du

pose des doigts,

reste,

et

nous reconnais-

notamment du pouce,

les monnaies que nous allons décrire, une intention
symbolique qui peut avoir sa source dans l'expression de l'idée

« génératrice » (2).

Bien qu'Eugène Hucher fût devenu par

la suite

plus circonspect,

en particulier au sujet de la théorie des types astronomiques

beaucoup de symbolisme dans son

introduisit encore

l'Art gaulois. A. de Longpérier, Charles Robert

de verser dans

se gardèrent
la part

de Saulcy, dont

ration, ce fut

une

réelle

l'esprit

Lambert

(0 Dans A.

et se

Fillioux,

F. de Saulcy
et,

de

manquait quelquefois de pondé-

les plus autorisés

communiqua un peu du

trines de

il

preuve de critique éclairée.

Mais un des représentants
celtique

(4),

idées de l'école de Lambert,

les

(3),

livre sur

fit

de l'archéologie

un ardent défenseur de

Nouvel essai

nom

prestige de son

d'interp. et

de

aux doc-

l'influence des

classif. des

m. de

la

Gaule,

1867, p. i3.
(2) Etudes sur le symbolisme des plus anciennes médailles gauloises, compr. la
monogr. des m. des Aulerces-Cénomans, dans R. N., i85o, p. g3. Il est presque
superflu de dire qu'on ne peut distinguer avec certitude le pouce dont parlait

Hucher.



Hucher

se laissait

encore entraîner par son imagination, en

vant, à propos d'une pièce de la trouvaille de Charnizay
à la joie

du triomphe en poussant des

:

«

écri-

Le loup prend part

cris » {L'art gaulois, 2° partie, pp.

14

et 29).
(3) Il la

du

combattit dans

la

R. N., 1867, pp. 291, et

s.,

dans un compte rendu

travail de Fillioux.

(4)

Celui-ci

démontra

l'inanité des explications de

Fr. Streber, tirées de la

mythologie germanique; Voy. R. N., 1864, p. 146. Ch. Robert ne cessa du
reste de critiquer les tendances symbolistes; Cf. Annuaire Soc. Num., t. V,
p. 3î7.

CHAPITRE PREMIER

l8

Druides sur

le

monnayage delà Gaule,

et

en particulier de l'Armo-

rique(i). Alexandre Bertrand développa, à plusieurs reprises, ses
idées, basées malheureusement sur une étude superficielle de la
numismatique gauloise. La critique que je formule ici n'est pas
sans motifs, et, pour le prouver, je citerai une des phrases
d'Alexandre Bertrand, écrites à propos des monnaies armoricaines.
Il disait, que ces pièces, avaient été frappées, sur une très grande

étendue de pays (France
religieuse, et

et

Angleterre), sous la

même

inspiration

concluait à « l'existence d'un pouvoir central obéi,

il

«

ayant à son service des artistes d'une réelle habileté, entre 3oo

«

400 ans avant notre ère

Or, quand on parle de monnaies armoricaines

de quelques pièces d'assez bon style

mais de

la

et

» (2).

et

il

(3),

s'agit,

non

d'un classement incertain,

masse de monnaies de mauvais or

de mauvais billon,

et

d'un art fort médiocre, qui sont bien spéciales aux départements
la Manche, de l'Ille-et-Vilaine, des Côtes-du-Nord, du Finistère
du Morbihan. Et, s'il est une question qui ne fait pas de doute,
c'est que ces monnaies appartiennent aux derniers temps de l'indépendance gauloise.

de
et

Alexandre Bertrand, qui approuvait Maudet de Penhouet,
tiquait (4) les prudentes réserves de

mées dans

la

phrase suivante

:

«

M.

cri-

A. de Barthélémy, expri-

Évitons de chercher sur

les

mon-

«

naies gauloises des faits dans lesquels l'imagination seule prête

«

à ceux qui les ont fabriquées des idées qu'ils n'avaient pas

Et cependant,

si

bibliographie de

lémy

n'était

Alexandre Bertrand eût
la

question,

il

été plus familier

eût reconnu que

monétaires gaulois. Les mots suivants

ment

:

«

le

la

création des types

prouvent surabondam-

L'aurige des statères macédoniens se transforme peu à

peu en oiseau; mais,

(i)

M. A. de Barthé-

pas hostile aux recherches qui peuvent nous éclairer

sur la part de l'influence religieuse dans

«

(5). »

avec la

lorsqu'il

eût revêtu

cette

forme,

Alexandre Bertrand, Rev. ArchéoL, 1896,11, pp. 277-278;
le Druidisme, 1897, pp. 228-244.

et

La

il

fut

religion

des Gaulois; les Druides et
(2)

La

(3)

Surtout avec

religion des Gaulois, 1897, p. 244.
les indications

duisait dans sa phrase.
(4)

Op.

(5)

R. N., 1884,

cit., p. 229.

p. 201, note.

déterminantes qu'Alexandre Bertrand intro-

INTRODUCTION
« adapté à certaines

retrouver

Iq

qui sont à chercher, sinon à

idées locales

(i). »

III. C'est,

qu'en

effet,

avant de

melles que celles de Lambert

observations nombreuses
civilisation celtique a

des conclusions aussi for-

tirer

de Bertrand,

et

et exactes.

11

imprimé son caractère

naies que les peuples gaulois ont fabriquées

ne

serait

il

accumuler des
douteux que la

faut

n'est pas

particulier
:

soutenir

aux mon-

le

contraire

pas raisonnable. Mais on a trop souvent perdu de vue

monnayage gaulois est, dans une proportion considé(2), composé d'imitations, sorties de modèles grecs et romains ou dérivant même d'imitations, plus ou moins déformées
elles-mêmes. Les types sont souvent méconnaissables et on pour-

que

le

rable

rait croire

qu'ils sont des créations

qu'une étude

locales, alors

approfondie permet, dans des cas fréquents, de retrouver
type grec, romain, ou

Une

même

le

proto-

gaulois.

nom-

autre raison de l'obscurité qui règne encore sur de

breuses séries monétaires de

la

Gaule

est la

négligence apportée

pendant longtemps au classement chronologique. On s'est occupé
de localiser dans l'espace les monnaies gauloises (3); on était plus
enclin à les attribuer aux peuples

déterminer

la

chefs, cités par César, qu'à

et

date de fabrication de ces pièces.

11

en résulte que

des émissions successives, dont les unes sont sûrement bien antérieures aux autres, restent confondues et souvent aussi disséminées

(i)

A. de Barthélémy, dans R. -V., i885, p. i56.

Le

mime

auteur avait déjà

en 1881, à propos de certains bronzes de la région des Ambiani
ont une signification mythologique que nous ne pouvons encore deviner
dit,

sur

les

monnaies gauloises

tr.

au Mont-Ce'sar,

p. 6; cxtr.

de

la

qui

:

«

>

{Note

Rev. ArchéoL).

— P.

Lemiérc avait fait aussi un juste départ entre les types originels et les
symboles qui peuvent être locaux [Bull, archéol. de l'Association bretonne,

t.

i852, p. 233).

III,

il ne faut pas dire, comme Cari von Bôse, que les gauloises
sont de simples imitations de monnaies grecques et romaines (Hannoversche

(2)

Evidemment,

numismatische Zeitschrift de Grote, iSSy, n"
(3)

1

1).

Je ne veux pas dire que cette localisation est inutile; loin de là.

parvenu à classer géographiquement
tiques.

la

On

est

plus grande partie des monnaies cel-

Dès 1881, Alfred Danicourt disposait un choix de monnaies gauloises
(cf. Rev. archéol., 1886, 1, p. 71, tig.). M. H. de la

sur une carte de la France

Tour

a dressé

de pièces de
1895).

une carte analogue sur laquelle sont exposées un certain nombre
du Cabinet de France (Cf. Journal des Arts, 6 juillet

la collection

CHAPITRE PREMIER

20

au détriment de

la science. Il est

évident que la détermination de

est une œuvre singulièrement
par
des comparaisons nombreuses
Mais
ardue et sujette à l'erreur.
et par l'étude minutieuse des trésors monétaires, on peut, on doit

l'âge de

ces diverses

émissions

entrevoir l'amélioration du classement chronologique.

ouvrage

comme

celui-ci,

il

serait

d'apporter des changements trop

Dans un

impossible, imprudent

nombreux dans

les

même

classements

adoptés. Aussi bien chaque série de monnaies gauloises devrait
être étudiée dans une monographie spéciale. Les suites gauloises
sont encore mal connues

et

chaque trouvaille apporte des pièces

nouvelles qui éclairent un côté de

Souvent

d'ailleurs,

la

question.

pour étudier utilement une monnaie gauloise,

on doit en voir dix exemplaires et même davantage, car ces pièces
sont souvent mal frappées et les beaux exemplaires sont rares.
C'est pourquoi on ne saurait prétendre encore établir le classement méthodique, qui ne pourra se faire que lentement.

CHAPITRE

II

LA MONNAIE PRIMITIVE EN GAULE
Le Celt

I.

et les



fragments de métal pesés.
III.

Anneaux

II.

Lingots avec marques.



et rouelles.

beaucoup plus
demander
si les peuples
on
celtes n'avaient pas déjà, avant l'introduction de la monnaie d'argent de Massalia et du statère d'or macédonien, un moyen d'échange
Les monnaies véritables

I.

récentes que dans

les

en Gaule,

étant,

pays grecs,

peut se

autre que le troc des produits naturels.

Peut-être pourrait-on songer à la hache

a reçu

sur

le

le sol

M.

nom

de

celt et

de la Gaule

(i ).

Michele-Stephano

cachette, découverte à

ou coin de bronze, qui

dont on a découvert plus de 3oo cachettes,
de Rossi,

et les celts étaient associés à

contenu d'une

étudiant le

Narni (Ombrie), où

les

fragments de bronze

des monnaies véritables, aurait trouvé

de nombreux fragments, rompus intentionnellement, qui appartiendraient, par leur poids, à
type.

M.

un système ayant

de Rossi, constatant, d'autre part, que

généralement pas

servi, concluait

le

nombre

pour

les celts n'avaient

que ces coins pouvaient

quelque sorte, l'unité pondérale dont on aurait

6

fait

être,

en

des divisions par

rupture.

L'hypothèse
(i)

On

a

l'âge

du

bron:^e,

cf.

fut

combattue par

le

comte Gozzadini, au congrès

donné des

listes de trouvailles. Voy. G. de Mortillct, Cachettes de
dans Bu//. Soc. d'Anthropologie de Paris, 1894, pp. 298-340;

G. Chauvet, Cachette d'objets en bronze découverte à

1895, in-S», et Bull. Soc. Arch. Charente, 1894, pp. 274 et

Vénat, Angoulème,
s.

22

CHAPITRE

II

d'archéologie préhistorique de Bologne,

et

M. H. Schuermans,

adoptant cette seconde opinion, reconnut dans
bronze de simples dépôts destinés à la fonte (i).

de

les cachettes

L. Frati, en signalant le trésor de 1488 kilogrammes de bronze,

découvert à Bologne, appuya l'opinion de M.
a

comparé

à Troie, et dont

homérique

En

Schliemann

faveur de

la

théorie

Dans une cachette
(Côtes-du-Nord),

On

faisait

des

«

talents

»

de l'époque

il

y

suivants.

d'objets
avait

de bronze découverte à Plurien

240 haches à douille rectangulaire dont

On est donc autorisé à
beaucoup plus minces que

prolongeait jusqu'au tranchant.

même

d'autres de la

même

(2).

du celt-monnaie, on pourrait présenter

faits

que ces haches,

croire,

de Rossi

(3).

des arguments tirés des

la cavité se

St.

haches de bronze avec des plaques d'argent, trouvées

les

d'ailleurs

cachette,

n'étaient pas des outils.

Dans

le

y avait aussi une vingtaine de haches ornementées
de cercles simples ou doubles et de nervures saillantes rectilignes,
dépôt,

il

décoration placée près du tranchant

et

disparu dès qu'on aurait frappé avec

le celt (4).

qui, par conséquent,

Une

eût

hache, ornée

de deux cercles près du tranchant, a été recueillie aussi dans
Finistère

Remarquons qu'à Maure-de-Bretagne
Villaine], près

(i) \'oy.

le

(5).

le

du

village de la Couture,

(arr.

de Redon,

Ille-et-

on trouva, vers i865, envi-

résumé de

naie; lettre à

la question dans H. Schuermans, Celt, Cateia, monM. Châlon, dans Rev. belge de Num., 1874, pp. 288 et s.; cf.

Comptes rendus Soc. franc, de Num., t. V, 1874, p. 444.
(2) L. Frati, Tesoro monetalc di bron:;i primitivi scoperto

in

Bologna, Bologne,

1877, in- 12», 8 pp. (Extr. de la Ga^^etta delV Emilia, 16 février 1877, n'>47).
(3) D'' .\. Gœtze, Die Trojanischcn Silberbarren der Schliemann-Sammlung.
Ein Useitrag^ur Urgcschichte des Geldes -Extr. du Globus, t.LXXI, 1897, n° 14.
Cf. compte rendu de Th. Volkov, dans L'Anthropologie, t. IX, 1898, p. 455.
,

(4) Jules Lemoine, Trouvaille d'objets en bronze de l'époque larnaudienne, à
Plurien {Côtes-du-Nord}, 7 p. et 1 pi. (Extr. des Bullet. et mém. Soc. d'émul.

des Côtes-du-Nord, 1888). Cf. compte rendu d'E. Cartailhac, dans L'Anthropologie,

t.

de formes

1", i8go, p. 434.
et

de poids divers

La cachette contenait plusieurs centaines de
et

celts

des fragments.

(5) P. du Chàtellier, Cachette de fondeur de Saint-Honoré, commune de
Plogastel-Saint-Germain {Finistère) dans L'Anthropologie, t. Il, 1891, p. 34,
flg.

i3,

LA MONNAIE PRIMITIVE EN GAULE

ron 4000

celts, très petits

coins de bronze, réunis par des

liques passés dans l'anneau latéral

On
servir

23
fils

métal-

(i).

pourrait supposer que les celts ornés n'étaient pas destinés à

comme

outils, et

que

de

les coins

la

dernière cachette pré-

nombreux pour

citée, étaient, à la fois, trop petits et trop

être des

outils.

L'étude des cachettes

«

de l'âge du bronze

mon

démontre à

»

avis

ne faut y voir qu'exceptionnellement des dépôts de fondeurs.
Le fait que beaucoup de ces masses d'objets de bronze étaient ren-

qu'il

fermées dans des vases de terre permet de croire qu'il
trésors cachés à des
les

époques de trouble

(2).

s'agit

de

Quelle apparence que

fondeurs se soient aussi souvent préoccupés de garantir contre

l'humidité de la terre des masses de métal destinées à passer par

le

creuset presque immédiatement?

Comment

expliquer aussi que

ferment des objets entiers

et

condition primordiale du commerce
valeur de ceux qui étaient destinés à

Les pesées de

celts

que

plupart des cachettes ren-

la

des débris, des celts neufs et usés? La

j'ai

relevées et que

fourni aucun argument en faveur de

mais

soit autorisé à

Aussi bien,

conclure que ce
je

mode

la

« à douille,
« la
«

ne m'ont

da celt-monnaie ;

:

«

la

A

phrase suivante

Brécy (canton de

plusieurs kilogrammes de débris de haches

de faucilles, de lances,

etc.

Chacun des morceaux, dont
un poids sen-

brisure avait été faite intentionnellement, avait

siblement uniforme, ce qui semblerait

« vait s'en servir

(i)

de

d'investigation est inutile,

ne dois pas oublier de signaler

Fère-en-Tardenois),

faites

j'ai

théorie

dont l'importance n'échappera à personne
«

les objets

peu nombreuses pour qu'on

faut dire qu'elles étaient trop

il

de séparer

était

la fonte.

comme monnaies

Les Musées de Saint-Germain-cn-Laye

cimens de

cette trouvaille

{Matériaux

faire croire

courantes
et

que

l'on

pou-

» (3).

de Rennes conservent des spé-

p. servir à l'hist. liât, de l'homme, 1868,

p. 24).
(2)

On

verra que la plupart des trésors de monnaies gauloises que

j'ai

réunis

étaient renfermés dans des vases.
(3) J. Pilloy,



dans Congrès Arche'ol. de France, à Soissons

et

Laon, 1887,

Hauberg pense aussi que les menus fragments de bronze des
cachettes du Nord servaient à faciliter les pesées au cours des échanges
{Myntforhold off Vdmyntninggr i Danmark indtil //4Ô1 Copenhagu», 1900,
p. 125.

M.

P.

CHAPITRE

24

II

Cette hypothèse séduisante n'a rien contre

par ce

fortifiée

abondance,

à

Marzabotto

(i),

nécropole où

les

Gaulois

même

d'Italie

mobiliers funéraires du plus grand intérêt.

des

laissé

Elle est

elle.

qu'on a trouvé des morceaux d'ws rude, en

fait

On

ont
sait

d'autre part que, dans des sépultures, découvertes par Zannoni, les

squelettes tenaient dans la

main

droite des

morceaux

d'ses

rude

(2),

qui étaient évidemment des oboles à Caron.

Retenons de plus que
répandu dans

rude,

V;es

le

bronze non frappé,

centrale à une époque

l'Italie



les villes

était

grecques

de la Grande-Grèce se servaient de m.onnaies, frappées selon des
étalons pondéraux nettement déterminés.

Le

qu'on trouve souvent, en Gaule, dans

fait

bronze, des bracelets, des fibules
est

rapprocher du passage

à

l'Ethiopie
« qu'ils

et

d'Arrien,

l'orichalque dont

les

cachettes de

des colliers, en fragments,

aux peuples de

relatif

se servent

comme

parure et
coupent en morceaux pour leur tenir lieu de monnaie » (3).
«...

:

ils

du bracelet-monnaie dont
nous connaissons des exemples indubitables pour l'antiquité et
déjà traité autrefois la question

J'ai

l'époque moderne

(4).

Je

monétaires de l'.Mlemagne

rappellerai
et

encore que

trouvailles

les

des pays Scandinaves renferment sou-

vent des bijoux d'argent, brisés, mêlés à des monnaies

que

dit aussi

les

de monnaies dans des pays arabes

(i)

Comte

J.

a

Gozzadini

et

D'

J.

Nicolucci,

Di

ulteriovi scoperte nelV antica
in-f". Cf.

Matériaux,

VI, p. 275.
{2)
(3)

Museo Civico de Bologne. Voy. L. Frati, loc. cit., p. 5.
la mer Erythrée, éd. Blancard, p. 46
npo/upsi

Périple de

yjxkxoi,

w

i863,
(4)

p.

Le

:

j(pô)vTrai itpà;

être assimilé

x6s|i3v, xai EÎç Tu/xoit^iV ivxi vo[j.ia[j.aTOî.

au laiton ou cuivre jaune

;

J.

Rossignol, Les

ôi %al

ôpeC-

L'orichalque peut

métaux dans

l'antiq.,

261.
bracelet

considéré

frappée, dans Rev. belge de
t.

On

(6).

necropoli a Marzabotto nel Bolognese, Bologne, 1870,
t.

(5).

lingots d'argent et les bijoux brisés avaient servi

comme moyen d'échange antérieur à la monnaie
Num. 1891, pp. 129-135, et Etudes de numism.,

1", 1892, pp. 83-91.

(b)Les monnaies coupées, dans mes Etudes de Numism.,

t.

II,

1901, pp. 122-

123.
(6)

Dans

le

Soûs, en 4G0 de l'Hégire. Voy. Henri Sauvaire, Matériaux pour

servir à l'histoire de la

Numismatique

1882, pp. 96, 125 et 27C.

et

de la métrologie musulmanes, Paris,

LA MONNAIE PRIMITIVE EN GAULE

On

voit

que rien ne s'oppose à ce que

25

fragments de bijoux

les

des trésors de bronze aient eu une valeur monétaire.

nous admettons que

II. Si

suivi, en Gaule,

mêmes

les

le

développement de

phases que dans

la

l'Italie

monnaie a
centrale, où

Vœs rude, nous ne nous étonnerons pas de rencontrer des monuments analogues aux premiers lingots monétaires
italiotes, marqués de points ou d'une tige à plusieurs rameaux (i).
l'on s'est servi de

Commençons par
Nesmy

citer

1760

trouvaille

la

d'objets

d'or,

faite

dans

connue par des pièces de procédure de
Ce trésor renfermait des lingots d'or, marqués de traits,

l'étang de
(2).

dont l'un portant

et

coches parallèles, pesait

12

12 grains, c'est-à-dire,

comme

l'a

constaté B.

onces, 7 gros,
i
gros et

2

Fillon,

67 grains pour chaque douzième. Or ce poids correspond à celui
des statères d'or de l'ouest de la Gaule, et on pourrait en conclure

que

employés

les lingots étaient

comme monnaies de

compte, pour

la valeur d'autant de statères
III

qu'on y avait fait de coches (3).
Nous avons maintenant à examiner la question des anneaux

.

et rouelles.

De nombreux
conclu que
naies.

les

auteurs, s'appuyant sur le texte de César

Gaulois ont dû employer

Mais on peut dire que

la

utiles les faits suivants.

anneaux

ont

comme mon-

question n'a pas été traitée avec

rigueur scientifique qu'elle comporte.

comme

les

(4),

En

Nous

la

retiendrons seulement

1848, on trouva, dans un tom-

beau gaulois, à Berchères-les-Pierres (Eure-et-Loir), deux anneaux
de bronze conservés actuellement au Musée de Chartres. M. de

(i)

Voy.

le

P. R. Garruci,

Le Monete deW

Italia antica, i885, pi.

I

et s.

;

Cf.

E. Babelon, Les origines de ta monnaie, 1897, p. 179.

Benjamin Fillon, Lettre sur une découverte

(2)

dans l'étang de

Nesmy

d'objets en or, faite en

Vendée), 1879, in-S", pp. 23-24.

(

— Le nom

iy>q,

de B. Fillon

estde ceux qui éveillent une légitime dcriance. Mais, en ce qui concerne
découverte de Nesmy,
Fillon a

communiqué

la

ne parait pas que l'auteur eût inventé des documents.

il

les

documents

répondu aux questions de

l'auteur,

à

J.

Quicherat,

et ce

savant éminent a

dans des termes qui Délaissent voir aucune

suspicion.
(3)

lon,
(4)

Au sujet
De

pro

la

B. G., V, 12

« [aut aère]

«

de marques analogues sur des monnaies primitives, voy. E. Babe-

Les origines de
aut

nummo

».



nummo

Monnaie, 1897, pp. 77, 78

et 89.

propos des habitants de Tile de Bretagne)

:

«

Utuntur

aureo, aut taleis ferreis ad certum pondus cxaminatis,

26

CHAPITRE

Widranges

II

chacune de leurs faces l'un

a écrit qu'ils portent sur

deux points (:) (i). Selon le même
auteur, ces signes indiquent que le premier anneau avait une valeur
double de celle du second du reste, le plus grand de ces anneaux
quatre points

l'autre

et

(::)

;

grammes, tandis que le plus
c'est-à-dire la moitié du premier (2).
pèse

1

Les autres anneaux, décrits

et

ne pèse que

petit

1

M.

figurés par

5

gr. 5o,

de Widranges, ont

des poids très variables, qui ne peuvent jeter aucun jour sur la

Le

question.

en 1819

et

des anneaux dans des vases,

qu'on a trouvé

fait

Charmont

1844, à

et à

Scrupt (Marne)

venir de vêtements ou d'ustensiles divers

aucun rapport avec

«

l'obole à

M. Desor

D'autre part,

Caron

(3),

ne prouve

Ces anneaux peuvent pro-

rien en faveur de la théorie monétaire.

;

ils

n'ont sans doute

».

comme

a considéré

des monnaies, les

centaines d'anneaux de bronze trouvés dans les lacs de la Suisse.

A

Estavayer, quatre anneaux de bronze étaient enfilés dans un

anneau

d'étain

perte, facile

(4),

s'ils

Citons encore

comme

si

l'on avait

voulu

les préserver

d'une

eussent été isolés.
les

deux anneaux

d'or, trouvés,

en 1864, à Besné

(canton de Pont-Château, arrondissement de Savenay, Loire-Infé-

Musée des Antiquités
nationales (à Saint-Germain-en-Laye), est composé d'une baguette,
courbée en croissant peu ouvert, pesant 314 grammes (5). Un
rieure).

(i)

L'un de ces anneaux, acheté par

Comte H.

le

de Widranges, Des anneaux et des roueUes, antique monnaie

des Gaulois. Bar-le-Duc, 1861, 16

p.,

6 pi.; Voy. pp. 5 et 9-10. Cf. Journal

de Chartres, 24 mars i85o.
(2)

Le plus grand de ces anneaux

Widranges,
(3)

pi. II,

n° 6; l'autre, pi.

III,

est



Comte de Widranges,

op. cit., p. 5.

Matériaux

de l'homme,

(4)

p.

Vhist.

p. 377. Cf. A. Morel-Fatio,

t.

dessiné dans l'ouvrage de M. de

i.

VI,

1870-71,

Les annelets lacustres de

pp.

246-248,

fig.

et

bron:^e ont-il fonctionné

le Bull. soc. suisse de num., t. V, 1886, pp. .T4-55. La
Norwége ont employé certainement des anneaux comme monnaies;
voy. même vol., p. 23o, fig. 78; cf. p. 433. Le Musée national de Copenhague
conserve de nombreux anneaux d'or en spirale, de poids assez constant; voy.
P. Hauberg, Myntforhold og Udmyntninger i Danmark indtil 1446. Copenhague,

comme monnaie? dans
Suède

et la

1900, p. 260.
(5)

Il

est trop facile

fout que l'argument

de trouver dans ce poids

me

paraisse utile.

un multiple

(1«

stattres gauloi*

LA MONNAIE PRIMITIVE EN GAULE

27

anneau semblable, trouvé à Caudos (Landes), est conservé au
même Musée. On a considéré ces objets d'or, non comme de véritables bracelets, mais comme représentant « la forme sous laquelle
« le

commerce de

l'or se faisait » (i).

Signalons encore

trouvaille, faite à

la

Fontenay-Ie-Comte

(2),

d'une trentaine d'anneaux d'or associés à des statures pictons. Ces

anneaux

ont-il circulé

comme moyens

d'échange ou faisaient-ils

simplement partie d'une parure?

En Angleterre, on a trouvé, à plusieurs reprises, des anneaux d'or
qu'on a considérés comme des monnaies (3). C'est une hypothèse
appuyée sur des pesées

plausible, mais qui aurait besoin d'être

et

des observations précises.

Quant aux
faveur de
naies

on

la

En
monen nombre (4).

rouelles, la question est aussi difficile à résoudre.

théorie d'après laquelle les rouelles seraient des

a fait valoir

Par exemple, en

qu'on
1860,

les

trouve souvent réunies
cultivateurs

trois

de

la

commune

de

Boviolles découvrirent trois dépôts de rouelles (25 rouelles à huit

rayons; une moitié de grande rouelle à 10 rayons; une grande
quantité de petites rouelles à quatre rayons, dont une en plomb)

Mais que prouve
circulation

cette série de trouvailles

monétaire? Ce

faudrait

qu'il

rouelles, de formes et de poids

si

établir,

faveur de ce point de vue,

je

c'est

que

différents, sont recueillies

des conditions telles qu'elles ont dû servir pour

En

(5).

au point de vue de

la
les

dans

échanges.

les

dois citer la petite trouvaille

du

Châté de Boviolles, qui, selon M. Liénard, aurait contenu des
pièces d'electrum,

(i) Dict.

de

bronze coulé

archéol. delà Gaule,

conserve aussi de gros

fils

t.

!«',

d'or, plies

p. i5o.

et

38

rouelles

de

Le Musée des antiquités nationales

en deux

et

roulés en spirale, dont

paraît en rapport constant (provenant d'Alsace; d'Hcidolsheim, selon

logue de ce musée,

Voy. inventaire des trésors, n* 256.

(3)

John Yonge .\kcrman, dans
:

i836); \V. B.
fig.;

(5)

poids

Cata-

Tlie

Xumismatic Journal,

t.

I,

1836-37, pp. 209

William Beetham, On the Ring-money of the Celtœ (Dublin,
Dickinson, dans le A'i(ni. Chronicle, t. XIV', i85i-i852, pp. 37-65,
Sir

Edw. Hoare, dans

VII, 1844-45, p.
(4)

le
le

177).

(2)

et s., citant

t.

3* édition, p.

divers

le

miime

recueil,

t.

XVII, i854-i855, pp. 62-83. Cf.

I.

Annuaire Soc. Num., 1867, p. 62.
Comte H, de Widranges, op. eil., p.

m«Dt 1m trouvalUti.

7.

L'aut«ur n'a pu étudisr somplct*'

.

28

CHAPITRE

modules

(i).

Mais

je

ne sais pas

une précision

verte ont

II

si les

suffisante, et

circonstances de cette décous'agit

s'il

réellement de pièces

On a découvert aussi, à Reims, deux bandes de
plomb, l'une de six rouelles, l'autre de quatre, en même temps
qu'une monnaie de bronze à la tête de Janus (2). Mais des faits de
ce genre ne prouvent rien on pourrait seulement déduire de ceuxtrouvées ensemble.

;

ci

que ces rouelles sont contemporaines de monnaies

réelles appar-

tenant à une basse époque. Disons encore, qu'on aurait trouvé à

Orrouy (arrondissement de Senlis) trois rouelles avec 54 monnaies
(3). Mais les monnaies ne sont même pas déterminées, et

gauloises
il

faudrait savoir dans quelles conditions les rouelles ont été recueil-

lies.

On

a

voulu

tirer

une preuve de ce

fait

qu'une rouelle un peu

usée pesait 33 grains, alors qu'une pièce des Leuci en pesait 34
C'est un argument bien fragile.

En
«

plomb,

ce qui concerne les rouelles de

affirmé dès i863

:

«

faut citer

il

un

De nos

Josselin (Morbihan); elles se vendent, à raison de

jours,

on en en fabrique d'identiques à Ploër-

«

mel

«

pour un sou, aux femmes de

«

donner du poids à leurs fuseaux

En résumé, je ne saurais
comme des monnaies (6).
(i)

s'en servent

deux
pour

» (5).

actuellement considérer les rouelles

R. N., i85o,

F. Duquénelle, dans

{3)

Dict. d'arcliéol. Gaule,

(5)

campagne, qui

la

Voy. inventaire des trésors, n« 178.

(2)

(4)

fait

Les rouelles de plomb sont des pesons de

fuseaux.
et à

(4).

t.

II

pp. îgg-Soi.

(feuille

non parue).

R. N., i836, pp. 162-174. Opinions de F. de Saulcy et L. de la Saussaye.
Fortuné Parenteau, Essai sur les monnaies des Namnètes, Nantes, i863,

4 (Extr. du Bull, archéol. de Nantes,
donnée de nouveau par M. A.veneau de
p.

t.

la

II,

1862).

— Cette

explication a été

Grancière, Les rouelles gauloises et

enplomb du Morbihan, dans Bull, archéol. de l'Association bretonne,
XVI, 38« congrès à Rennes, 1897 (Saint-Brieuc, 1898), pp. 98-11 1, 2 pi.;

les fusaioles
t.

voy. p. loi

Gri(6) Sur les rouelles, on pourra consulter encore les ouvrages suivants
vaud de IsiVïnceWe, Arts et métiers des Anciens, 1819, pi. CXIV (Cet auteur les
:

considère

comme

des roues votives); Dufresne, Essai de classification et obser-

vation sur les rouelles métalliques trouvées au Chdtelet, dans.

1839, p. 265 (favorable à la théorie monétaire);

J.

pp. 161-163 (favor. à la théorie mon.); Éd. Lambert,
la

France.

1''=

partie, 1844,

p.

16,

et

2"

Revue d'Austrasie,

Lelewel, Type gaulois, 1841,

Num.

partie, 1864, pp.

gaul. nord-ouest de

4

et

5 (favorable);

Achille Deville, dans R. N., 1846, p. 166 (contraire); F. de Saulcy, R. N., i836.


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