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Gibraltar. Puis la transgression marine provoqua la coupure des liens
terrestres, ce qui fit qu’il fallut attendre la découverte de la navigation, vers -5000 av. JC pour que des
contacts soient rétablis. C’est précisément de cette époque que datent les
intrusions européennes.
En Tunisie et dans la partie orientale de l’Algérie, les cultures « italiennes » de taille de l’obsidienne,
plus tard les dolmens et le creusement
d’hypogées
apparaissent
comme étant clairement des introductions européennes. Dans la partie
orientale du Maghreb, les monu-

ments mégalithiques sont particulièrement nombreux, notamment à
Roknia dans la région de Guelma et
de Bône où plusieurs milliers de
dolmen ont été répertoriés sur une
superficie
de
plus
de
2km2.
Dolmens, menhirs ou encore cromlechs semblent attester que des populations
venues
d’Europe
ont
débarqué dans la région à partir de
5000 av. JC, se mélangeant aux Berbères. Dans le Rif, au nord du
Maroc, nombre de témoignages,
dont le décor cardial des poteries,
élément
typiquement
européen,
permettent également de noter l’arri-

vée de populations venues du Nord
par la péninsule ibérique[1].
Ces différents apports de population
expliqueraient
les
grandes
différences qui se retrouvent chez les
Berbères dont les morphotypes sont
divers. Chez eux, les blonds, les
roux, les yeux bleus ou verts sont
fréquents et tous sont blancs de
peau parfois même avec un teint laiteux. Si les Berbères méridionaux
ont une carnation particulière c’est
en raison d’un important et ancien
métissage avec les femmes esclaves
razziées au sud du Sahara.

L’Afrasien
Selon Christopher Ehret, les premières fragmentations qui donnèrent naissance aux diverses
familles du groupe afrasien auraient
pu débuter vers 13 000 av. JC avec
l’apparition du proto-omotique et du
proto-érythréen. Puis, entre 13 000
et 11 000 av. JC, le proto-érythréen
se
serait
subdivisé
en
deux
rameaux qui donnèrent respectivement naissance au sud-érythréen, duquel sortirent ultérieurement les
langues couchitiques, et au nordérythréen.
Vers 8000 av. JC des locuteurs sudérythréens commencèrent à se déplacer vers le Sahara où, plus tard, naquirent les langues tchadiques.
Quant au nord-érythréen, il se subdivisa progressivement à partir de
8000 av. JC, en proto-berbère, en proto-égyptien et en proto-sémitique.
L’arabe et l’hébreu procèdent du
proto-sémitique.

[1] Ou de traits culturels.

L'AFRIQUE RÉELLE - N°22 - OCTOBRE 2011

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