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Elbiyad PFE1 .pdf



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Université Abdelmalek Essaâdi

Faculté des Sciences de Tétouan

Master
Biologie Appliquée et Environnement

Mémoire de fin d’étude

Essai sur le risque de détérioration environnementale
des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)
Présentée par :
ELBIYAD Jamila

Date de soutenance : 08 juillet 2011
JURY:
Prénom et NOM
Pr. Mustapha
AKSISSOU
Pr. Idriss SARRAR
Pr. Younès SAOUD

Etablissement

Qualité

Faculté des Sciences, Tétouan

Président

Faculté des Sciences, Tétouan
Faculté des Sciences, Tétouan

Examinateur
Encadrant

Stage effectué au laboratoire de la station d’épuration des eaux
usées à Al-Hoceima

Dédicace
Je dédie ce travail à l'âme de mes parents et ma
grande mère.

À mon très cher frère Ibrahim,
À ma chère amie Rachida et sa famille pour
L’encourage et l’accueille à Tétouan
À tous mes amis de master surtout :
Rahma et sa famille, Ikram
Ainsi Fatima Zohra
À toute la promotion BAE
2010/2011.

Remerciements
En préambule à ce mémoire, Avant tout, nous remercions ALLAH le tout puissant qui nous a
donné le courage ; la volonté et la patience pour faire ce master et ce travail.
Je souhaitais adresser mes remerciements les plus sincères aux personnes qui m'ont apporté leur
aide et qui ont contribué à l'élaboration de ce mémoire ainsi qu’à la réussite de cette formidable
année universitaire.
Je tiens à remercier sincèrement Monsieur Younes SAOUD, qui, en tant que Directeur de
mémoire, s'est toujours montré à l'écoute et très disponible tout au long de la réalisation de ce
mémoire, ainsi pour l'inspiration, l'aide et le temps qu'il a bien voulu me consacrer et sans qui ce
mémoire n'aurait jamais vu le jour.
J'exprime mon plus profond estime et reconnaissance à Mr. Le Professeur Mustapha AKSISSOU
du Département de Biologie de la Faculté des Sciences de Tétouan pour m’avoir fait l’honneur
d’être président et membre de jury de ce travail; qu’ils trouvent ici l’expression de ma profonde
gratitude.
Mes sincères remerciements vont également à Mr.Lle Professeur Idriss SARRAR du Département
de Biologie de la Faculté des Sciences de Tétouan et membre de jury. Elle a bien voulu accepter
d’examiner mon mémoire de fin d’étude. Qu’elle soit assurée de toute ma gratitude.
Mes remerciements s’adressent également à Monsieur Hocine NIBANI : de l’Association de la
Gestion Intégrée des Ressources (AGIR), pour sa générosité.
J'exprime ma gratitude à tous les consultants et internautes rencontrés lors des recherches
effectuées et qui ont accepté de répondre à mes questions avec gentillesse de l’ONEP et la STEP
et ONP et Haut commissariat des eaux et forêts d’Al-Hoceima.
Je tiens à exprimer ma reconnaissance envers Mr ELGHALBZOURI Abdelhamid directeur de
collège Rouadi pour sa générosité et la grande patience.
Et j'adresse mes plus sincères remerciements à tous mes proches et amis.
Enfin je remercie tous les professeurs de la faculté des sciences Abed Elmalak Essaadi de
Tétouan, ainsi que tous les étudiants particulièrement de BAE 2010-2011.
Que tous ceux qui m’ont aidé de près ou de loin, trouvent ici l’expression de ma gratitude
Merci à tous et à toutes.
Jamila ELBIYAD

Résumé
Le Parc National d’Al-Hoceima s’individualise par de nombreuses originalités physiques
et écologiques qui confèrent à sa Biodiversité une valeur Patrimoniale Mondiale.
Ce travail a pour but de contribuer à l’étude de l’état de lieu environnemental du parc et à
concourir à la conservation de ce trésor par la réalisation d’un essai sur le risque de
détérioration environnementale des écosystèmes côtiers du PNAH.
Pendant cette étude, on a pu regrouper des données

sur l’évolution de la situation

environnementale du Parc National d’Al-Hoceima, et analyser certains paramètres qui
portent des préjudices aux écosystèmes côtiers de la zone d’étude ; la pêche, le tourisme,
le rejets des déchets liquide et solide, l’urbanisation et ou la littoralisation.
L’approche a porté également sur les actions de gestion du risque environnementale qui
sont faites dans la zone d’étude par certaines Organisations Non Gouvernementales
locales et des administrations publiques ainsi des organismes internationaux.
Une réflexion impérative devra être entendue à propos de la littoralisation dont le risque
se manifeste notamment par une dénaturation du paysage, un empiètement sur le Domaine
Public Maritime et sur les zones côtières sensibles. Comme autres impacts potentiels
prévisibles sur les espaces naturels côtiers marins, une attention devra être menée pour
parer aux impacts des rejets des eaux usées en mer et sur la problématique des déchets
solides.
La concrétisation de l’état de lieu environnementale et son évolution future dans le Parc
National d’Al-Hoceima mérite une recherche minutieuse et sur une période importante
pour qu’on puisse prononcer et confirmer un risque environnemental et estimer le
danger de détérioration.
Mots clés : risque environnemental, écosystèmes côtiers, Parc National, Al-Hoceima,
Maroc

Liste des acronymes
AGIR: Association de Gestion Intégrée des Ressources.
ASP: Aires Spécialement Protégés.
DBO5: Demande Biochimique en Oxygène durant 5 jours.
DCO: Demande Chimique en Oxygène.
FAR: Forces Armées Royales.
GEODE: Groupe des Etudes Ornithologiques et de Défense de l’Environnement au Rif
Central.
HCEFLCD: Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et Forêts et la Lutte contre la
Désertification.
LDICOSYB : le laboratoire de Diversité et Conservation des Systèmes Biologiques.
MATEE: Ministère d’aménagement du territoire et de l’eau et l’environnement.
MES: Matière en Suspension.
METAP: Mediterranean Environnemental Technical Assistance Programme (Programme
Environnemental d'assistance technique pour la Méditerranée).
ONEP: Office National de l’Eau Potable.
ONG : Organisation non Gouvernementale.
ONP: Office National de Pêche.
ONU: Organisation des Nations Unies.
PAC: Plan d’Aménagement Côtier.
PAM Plan d'Action pour la Méditerranée.
PAP/CAR Programme d'Actions Prioritaires/Centre d'Activités Régionales.
PLAN BLEU: Un Projet qui revoit toute la structure du secteur halieutique marocain.
PNUE: Programme des Nations Unies pour l’Environnement.
PNAH: Parc National d’Al-Hoceima.
RODPAL : Réseau des ONG de Développement au Parc National d'Al-Hoceima.

SDAULMC: Schéma Directeur d'Aménagement Urbain du Littoral Méditerranéen
Central.
SEEE : Secrétariat d’Etat chargé de l'Eau et de l’Environnement
SEEE/DSPR : Secrétariat d’Etat auprès du Ministère de l’Energie, des Mines, de l'Eau
et de l’Environnement / Direction de la Surveillance et de la Prévention des Risques.
SETAME: Société d'Etudes, d'Aménagement, d'Urbanisme, et d'Environnement.
SPEFAH: Service Provincial des Eaux et Forêts d’Al-Hoceima
SO4Cu: Sulfate de Cuivre.
STEP: Station de Traitement des Eaux Usées.
UICN: Union International pour la Conservation de la Nature.

Liste des figures
Figure 1 : Localisation des communes (31), des cercles (3) et des municipalités (4) dans
la province d’Al Hoceima.………………………………………………………………..13
Figure 2: carte représente les limites de PNAH. ……………………………………...…15
Figure 3: Monuments historiques du parc……………………………………………….20
Figure 4: Itinéraire de la rocade dans le Rif central……………………………………..24
Figure 5 : Les déchets solides à Sidi Abid et sur les côtes près du parc ………………...25
Figure6: La dynamique de la population à Al-Hoceima 1994-2007…………………….28
Figure 7: Prévision de l’évolution de la population dans la région d’Al-Hoceima (20072017)……………………………………………………………………………………...28
Figure 8: Evolution des nuitées touristiques, 2003-2007……………………………….30
Figure 9: Prévision de l’évolution de nuitée (2007-2017)……………………………....30
Figure 10 : le débit journalier des eaux usées pendant le mois août 2010……………….33
Figure 11: MES de l’eau brute (EB) et MES de l’eau épurée (EEP) en août 2011……...34
Figure 12: DCO de l’eau brute (EB) et DCO de l’eau épurée (EEP) en août 2011……..34
Figure 13: l’endroit d’échantillonnage et la STEP………………………………………35
Figure 14: La falaise de sidi Abid après la restauration et l’mage à droite montre l’état
ancien avec la brûlure de décharge……………………………………………………….46
Figure 15: Chantier d’extension de la STEP d’Al-Hoceima en 2011……………………46

Liste des tableaux
Tableau 1 : volume de capture par différentes activités de pêche illégale au sein de la
ZMPNAH………………………………………………………………………………...29
Tableau 2: réseau routière d’Al-Hoceima en 2008.…………………………………....31
Tableau 3: la production des déchets solide à Al-Hoceima…………………………….32
Tableau 4 : Infrastructures d’assainissement et de traitements des eaux usées des villes
côtières du littoral méditerranéen marocain de plus de 10.000 habitants………………...32
Tableau 5 : Les débits et charges polluantes retenus par la STEP d’Al-Hoceima………33
Tableau 6 : Les débits et charges polluantes par année, avec pas de 5 ans, (ONEP,
2010)……………………………………………………………………………………….36

Tableau 7: Ressource menacée à la province d’Al-Hoceima……………………………41
Tableau 8: les paramètres physico-chimiques d’épuration de la future STEP…………..46
Tableau 9: les paramètres microbiologique d’épuration de la future STEP……………..47

Liste des annexes

Annexe 1: l’analyse Mercuriale du port d’Al-Hoceima.
Annexe 2: définition du parc (bulletin officiel).
Annexe 3: la faune du PNAH (GEODE).
Annexe 4: les espèces menacées du PNAH.
Annexe 5: Valeurs paysagères du PNAH.
Annexe 6: monuments Historiques du PNAH.
Annexe 7: localisation de STEP d’Al-Hoceima.
Annexe 8: Les étapes de traitement par la technique «Boue Activé»
Annexe 9: Des Engins de la pêche illégale

Sommaire
Introduction générale ..................................................................................................................1
Chapitre I : les catégories du risque environnemental: revue bibliographique des travaux
traitants les impacts et vulnérabilités dans le milieu côtier.
I.1.Introduction........................................................................................................................5
I.2. les principales catégories du risque environnmental. .......................................................7
I.2.1 Activiités Urabanistiques et Industrielles ....................................................................7
I.2.2 Transport Martime d’Hydrocarbures. ..........................................................................9
I.2.3 Activités de Pêche et d’Aquaculture . .........................................................................9
I.2.4 Activités Portuaires ......................................................................................................9
I.2.5 Tourisme ....................................................................................................................10
Chapitre II : Matériels et Méthodes
II.1. Présentation de la Zone d'Etude ....................................................................................12
II.1.1 Province d’Al-Hoceima ..........................................................................................12
a- Territoire et Population .........................................................................................13
b- l'Agriculture ..........................................................................................................14
c- la Pêche .................................................................................................................14
d- L'Industrie.... ..........................................................................................................14
e- le Tourisme ............................................................................................................14
II.1.2 le Parc National d’Alhoceima..............................................................................14
II.1.2.1 Cadre Juridique de Parc National d’Al-Hoceima.................................................14
a- Découverte. ....................................................................................................................14
b- Déclaration du Parc PNAH............................................................................................14
II.1.2.2 Situation Géographique du PNAH ............................................................................15
II.1.2.3 Conditions Bioclimatiques. .......................................................................................16
II.1.2.4 Géologie et Géomorphologie. ..................................................................................16
II.1.2.5 la Flore du Parc... ......................................................................................................16
a- Flore et Végétation terrestre .............................................................................................16
b- Communautés algales .......................................................................................................16
II.1.2.6.Faune du Parc .............................................................................................................17

a-Faune terrestre ...................................................................................................................17
b- l'IchtyFaune marine ..........................................................................................................18
II.1.2.7.Espèces menacées. .....................................................................................................18
a- La patelle (Patella ferruginea) .........................................................................................18
b- le Phoque Moine (Monachus monachus) ...........................................................................18
c- le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus)........................................................................18
d- les Dauphins. .....................................................................................................................19
II.1.2.8.Valeurs Paysagères et Culturelles du PNAH. ...........................................................19
II.1.2.9.Monuments historiques .............................................................................................19
II.1.3.Station de Traitement des Eaux Usées d’ Al-Hoceima ..................................................20
II.2.Paramètres portant des Préjudices ......................................................................................21
II.2.1.l’Urbanisation .............................................................................................................21
II.2.2.La Pêche .....................................................................................................................21
II.2.2.1 La pêche à la dynamite ......................................................................................21
II.2.2.2 La pêche du poulpe par l’harpon à l’aide des chambres à air.. .........................22
II.2.2.3 la pêche au chalut dans des zones très proches de la côte. ................................22
II.2.3. Le Tourisme ...............................................................................................................22
II.2.4.Projets de développement envisagés dans le PNAH.. .................................................23
II.2.4.1.Projet de la nouvelle zone touristique Cala Iris................................................23
II.2.4.2.La Rocade Saïdia-Tanger. ................................................................................24
II.2.5. La décharge des déchets solides ................................................................................24
II.2.6.Rejets Liquide .............................................................................................................25
Chapitre III: Indicateurs Environnementaux
III.1.L'Urbanisation...................................................................................................................27
III.1.1.L'Urbanisation d'Aménagement Urbanistes................................................................27
III.2.la Pêche .................................................................................................. 29
III.3.Tourisme .........................................................................................................................29
III.4.Déchets Solides .............................................................................................................. 31
III.5.Rejets liquides.................................................................................................................32

Discussion. ................................................................................................................................37
1. L'Urbanisation......................................................................................................38
2. la Pêche. ...............................................................................................................38
3. Tourisme ..............................................................................................................39
4. Déchets solides.....................................................................................................39

5. Déchets liquides ...................................................................................................39

Chapitre IV: la Gestion de la Problématique
IV.1.la Pêche .........................................................................................................................43
IV.2.le Tourisme ...................................................................................................................44
IV.3.Déchets solides .............................................................................................................45
IV.4.Rejets liquides ..............................................................................................................46
Conclusion Générale ................................................................................................................48
Références .................................................................................................................................51
Annexes.....................................................................................................................................55

Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

Introduction Générale

Master BAE 2010/2011

EL BIYAD Jamila

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Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

Historiquement la Méditerranée représente le berceau de la civilisation et la culture
de plusieurs peuples, qui se sont succédé le long des côtes de ce bassin. La pression
humaine qui s’est exercée sur ces côtes durant des milliers d’années a augmentée de
manière

exponentielle

ce

dernier

siècle

créant

une

Mer

de

Conflits

(www.Azir.Cfsites.org).
Les eaux de cette mer semi-fermée, bordent le littoral de pays d'Europe, du Moyen Orient
et d'Afrique du Nord, ce qui rend la région particulièrement complexe du point de vue
politique, économique et géographique mais aussi unique et diverse du point de vue de
l'environnement.
Sur la façade méditerranéenne du Maroc s’étend le Parc national d'Al Hoceima
(35°20′N, 04°00′W) le long d’ une superficie d’environ 48 000 ha, englobant une partie
terrestre, le massif des Bokkoyas, et une partie située en mer, la baie d'Alhucemas (ou
baie d'Al Hoceima). Il annexe les sites côtiers les mieux préservés de la côte nord
marocaine, de hautes falaises et l'arrière-pays montagneux du Rif. L'eau de la baie d'Al
Hoceima se distingue par une limpidité favorisant une richesse marine de biodiversité. On
y trouve de nombreux groupes marins tels les cnidaires, les annélides, les mollusques, les
crustacés, les échinodermes, les poissons, les reptiles, les oiseaux et les mammifères
marins. La présence simultanée dans le parc de trois espèces de Dauphins, dauphin
commun, dauphin bleu et blanc et grand dauphin, constitue un fait remarquable en
Méditerranée.
Les falaises rocheuses et escarpées abritent des milliers d’oiseaux qui ont la chance
de nidifier tranquillement sur ces façades verticales. La plus grande colonie nicheuse des
Balbuzards (Pandion haliaetus) partage ces falaises avec les mouettes Audouins (Larus
audouinii), le Faucon pérlerin (Falco peregrinus.)...
Effectivement ce Parc a été identifié comme l’une des régions marines les plus
importantes en Méditerranée; grâce à son haut nombre des espèces endémiques, de même
que ses caractéristiques en terme de ses paramètres physico-chimiques uniques.
La région d’Al-Hoceima connu au cours des dernières décennies un développement
très important au niveau d’urbanisation, tourisme, pêche, réseau routière (rocade
méditerranée) et par conséquent ce changement est accompagné d’une augmentation du
taux de la pollution (décharge solide et liquide), pêche illégale (dynamite, sulfate de
cuivre) dégradant la biodiversité de la région.

Master BAE 2010/2011

EL BIYAD Jamila

Page 2

Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

Des ONG et des services des administrations publiques travaillent sur des projets
environnementaux (sensibilisation, éducation environnementale, assainissement, projets
de développement durable…), certains sont installés et d’autres encours pour une finalité ;
protéger la région et réduire l’impact environnemental notamment au niveau du parc
national d’Al-Hoceima.
On se propose dans cet essai de mettre en évidence les composantes
environnementales susceptibles de nous révéler les effets des diverses actions menées
dans la zone d’étude. Ces impacts peuvent engendrer des risques de détérioration de
l’équilibre environnemental du parc.
Le mémoire présenté comporte cinq chapitres traitant les divers aspects de la
problématique de l’impact environnemental.
Dans le premier volet on a essayé à travers une esquisse bibliographique de révéler les
principes et les concepts relatifs au risque environnemental.
Le chapitre II concerne le matériel et méthodes, il rassemble les informations utiles
sur l’aire d’étude et les projets de développement envisagés dans le milieu en question.
Le chapitre III traite les données recueillies durant la période d’étude en vue
d’établir un état de lieu permettant d’établir un diagnostic de la situation
environnementale et de son évolution possible.
Le chapitre IV propose une analyse des actions faites sur la gestion de la
problématique de détérioration du site.
Le chapitre V est une conclusion générale où on a présenté un récapitulatif relevant
les principaux aspects de l’étude menée sur le PNAH. Dans cette partie
recommandations sont prescrites

pour

la mise en valeurs des procédés

des

concernant

l’étude des risques environnementaux.

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Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

Chapitre I :
Les catégories du risque environnemental
Revue bibliographique des travaux traitants les impacts et
Vulnérabilités dans le milieu côtier.

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Page 4

Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

I.1. Introduction
Le risque environnemental désigne la possibilité de survenance d'incidents ou
accidents générés par l’activité anthropique ou d’une entreprise pouvant avoir des
répercussions nuisibles et significatives sur l’environnement. Ce risque environnemental
est évalué en tenant compte de la probabilité d’occurrence d'un événement (aléa) et du
niveau de danger.
Dans le but d’adopter une définition plutôt pragmatique que générique de la zone
côtière, plusieurs auteurs (DoE, 1993 et Kay & Alder, 1999) ont proposé une approche
« en trois parties » pour définir la côte. Cette approche reconnaît à la fois l’importance du
système physique et humain et l’étroite zone dans laquelle ces deux systèmes
interagissent en créant des risques côtiers.
On distingue :
- Une zone interactive
Les activités humaines sont influencées par la qualité de toute la zone côtière,
comme ces mêmes activités peuvent avoir de l’influence sur le milieu côtier.
Elles peuvent s’étendre loin à l’intérieur des terres ou en dehors de la mer ce qui
rend nécessaire le contrôle des activités qui ont un impact sur la côte, tels que:
Les activités polluantes avec des rejets dans une rivière Les aménagements en mer
ou à l’intérieur des terres
Les activités qui créent des perturbations potentielles aux importants habitats marins
et terrestres.
Les activités et actions de développement dans cette zone peuvent avoir un effet de
saturation sur la capacité de la côte à supporter d’autres activités.
- Une zone dynamique
Directement affectée par le processus naturels au large ou proche du rivage (Ex: les
tempêtes brusques)
Déterminée par des critères géomorphologique et/ou écologique, tels que :
 Le retrait potentiel de la falaise sur une période spécifique.
 Les limites du transport de sédiment.
Toute action de développement à l’intérieur de cette zone pourrait affecter le
fonctionnement des processus naturels côtiers et pourrait ainsi, conduire à des
changements dans le relief côtier.

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Page 5

Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

- Une zone à risque
La zone terrestre côtière est susceptible de dommages provoqués par les processus
côtiers
Ces dommages pourraient consister en perte des ressources vivantes à intérêt
patrimonial (naturel, culturel ou humain) et en dégâts parfois irréversibles des habitats.
Les risques peuvent être minimisés par des stratégies de gestion du risque tel que les
approches de planification ou d’ingénierie.
Quant à l’évaluation du risque, Le « Guide d’évaluation et de gestion du risque
pour la protection de l’environnement » (DoE, 1993), définit les notions de danger, risque,
évaluation et gestion du risque. Ces définitions s’inspirent des propositions de la société
royale (1992). Elles sont reprises ci-dessous:
Danger

: Une propriété ou une situation qui dans des circonstances
particulières pourrait conduire à des dommages.

Conséquences : Les effets négatifs ou dommages résultants du danger et pouvant
compromettre la santé de l’homme ou la qualité de
l’environnement, dans le court ou le long terme.
Risque

:

combinaison de la probabilité, de la fréquence, de l’occurrence
d’un danger et l’ampleur de ses conséquences.

Probabilité

:

L’expression mathématique des possibilités

Estimation du Le résultat ou les conséquences d’une intention, tenant compte
risque
: de la probabilité d’occurrence.
Évaluation du Détermine la signification des risques et leur estimation pour
risque
: ceux qui sont affectés: ça comprend donc les éléments de la
perception du risque.
Le ressentiment général du risque que peut avoir une personne
Perception du
risque
: ou un groupe, incluant ses capacités de jugement.
Mesure du
risque

:

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Consiste en l’estimation et l’évaluation du risque.

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Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

La gestion du
risque
: C’est le processus de mise en œuvre de décisions d’accepter ou
de modifier les risques sur la base de nombreux scénario
d’évaluation des coûts et des avantages. [A note: un avantage
possible de la gestion du risque est la réduction du risque
environnemental plutôt que des bénéfices financiers directs.

I.2. Les principales catégories du risque environnemental
En mai 2010, une équipe de scientifiques de l'Université de Stanford, de l'Université
de Santa Barbara ainsi que des scientifiques Marocains en collaboration avec l’association
AGIR, dans le cadre de la mission « Fleur de passion » du programme Changing oceans
(http//www.changingoceans.org/fr/detail-mission.php?=28&

type=all)

et

afin

de

documenter l'impact des activités humaines sur les océans. La recherche est menée sur des
sites vierges et en les comparants avec des espaces dégradés pour mieux comprendre les
mécanismes de dégradation en cours. Dans ce contexte, les plongeurs de l'expédition
étudient les fonds de l'aire marine protégée d’Al Hoceima. L’étude s’est concentrée sur
des sites qui montrent un gradient d'impact humain sur une distance relativement courte.
Dans chaque site, les observations ont été faites le long de transects en plongée sousmarine afin d'évaluer la structure trophique et la biodiversité. Le but principal est d’affiner
une carte mettant en relief l'impact de l'Homme sur les océans. Parmi les premières
observations signalées par les chercheurs, on compte le déclin des habitats des fonds
marins, la rareté des espèces de poissons et la nette altération des communautés
benthiques

du

parc

national

d’Al-Hoceima.

Ces

facteurs

dont

les

actions

complémentaires et cumulatives peuvent concerner les activités suivantes :

I.2.1.Activités Urbanistiques et Industrielles
Ces activités sont réputées pour leur effet très néfaste sur l'environnement
(pollutions liées à l'expansion du bâti, aux activités ménagères ou industrielles, au trafic
routier …).
Le milieu marin subit des agressions dans leur forme la plus accrue, sachant que la
croissance urbaine au Maroc a été marquée par une forte littoralisation de la population
depuis le milieu du siècle dernier (Dakki, 2004).

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Essai sur le risque de détérioration environnementale des écosystèmes côtiers de PNAH (nord du Maroc)

Si la moitié de la population mondiale est en passe de devenir urbaine, dans les
pays méditerranéens, deux habitants sur trois sont déjà citadins et près des trois quarts le
seront vers 2030. Des défis majeurs de développement urbain se posent comme la gestion
de l’accélération de l’urbanisation dans les pays du sud et de l’est, la limitation de la
concentration dans les très grandes villes et la progression des inégalités, ou encore les
impacts sur l’environnement (Ulman, 2008).
A l'échelle de la côte méditerranéenne, cette littoralisation présente plusieurs
particularités liées principalement à l'exiguïté des espaces propices à un développement
urbain répondant aux normes environnementales modernes. En effet, la plupart des
agglomérations se trouvent dans des baies et/ou près des estuaires, seules zones où la mer
et les reliefs montagneux laissent place à des petites plaines.
Il en résulte d'abord un remplacement d'espaces naturels, agricoles et balnéaires par
l'habitat humain, la disparition d'habitats naturels côtiers et estuariens de grande valeur
écologique et la dégradation de la qualité des eaux et des sédiments marins.
Ce dernier effet est crucial dans la mesure où l'hydro-dynamisme en Méditerranée
permet aux eaux un pouvoir d'auto-épuration moindre que sur l'Atlantique, alors que le
traitement des eaux usées est confronté aux pires des problèmes techniques (liés au
manque d'altitude entre la côte et le bâti urbain) (Dakki, 2004).
Le traitement des déchets solides n'est pas moins problématique ; leur menace, bien
démontrée actuellement à l'échelle des grands centres urbains (Tanger, Tétouan, Nador
…) n'est pas encore considérée avec la priorité qu'elle mérite, vu la multiplication des
dépotoirs à proximité de toutes les agglomérations.
De grandes quantités de matériaux de construction sont prélevées à partir des
plages; lesquelles sont déjà très exiguës et se reconstituent parfois difficilement.
La difficulté d'approvisionnement des agglomérations en eau potable, ayant
constitué un frein majeur au développement des agglomérations côtières, a été vaincu
localement grâce à des barrages, soit au détriment des équilibres naturels des écosystèmes
estuariens situés à l'aval de ces barrages (p.ex. lagune de Smir, estuaires de la Moulouya,
du Laou, du Nekor …). Toutefois, dans la zone centrale, la rareté de l'eau et de l'espace
urbanisable continuera de ralentir l'extension des agglomérations, bien que la route côtière
en cours de construction soit supposée favoriser cette extension. Cet aspect peut être
considéré comme principal facteur qui a joué en faveur de la bonne qualité des
écosystèmes marins de cette zone centrale.

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Les zones urbaines de Tanger, de Tétouan et de Nador sont également les
principaux pôles industriels de la côte méditerranéenne marocaine. Toutes les unités
industrielles de la côte méditerranéenne rejetaient jusqu'à une époque récente leurs
effluents liquides (peu ou pas traités) soit dans les cours d’eau, soit directement en mer.

I.2.2.Transport Maritime d'hydrocarbures
Le transport maritime d'hydrocarbures constitue une menace réelle des côtes, en raison de
la croissance incessante de la navigation maritime internationale (200 navires par jour
transitent par le Détroit de Gibraltar sur l’axe méditerranéen). En août 1990, la collision
du Sea Spirit avec le méthanier l’Hesperis au large de la baie d’Al Hoceima a eu des
conséquences graves sur la faune et la flore marines et côtières. Lesquelles conséquences
se sont répercutées sur les activités économiques de pêche et sur la salubrité des plages à
proximité des zones sinistrées.

I.2.3. Activités de Pêche Et d'aquaculture
Les quantités de poissons débarquées sont de plus en plus faibles ; ceci
s’expliquerait en partie (et localement) par les pollutions, mais cette régression est liée
davantage à la surexploitation des stocks, à l'emploi de méthodes illicites de pêche
(dynamite, faible maillage, pièges lumineux …) et à la forte pression exercée sur les
nurseries par les petits chalutiers et les barques.
Dans la lagune de Nador, il convient de noter que les activités aquacoles contribuent
à la dégradation de la qualité des sédiments par enrichissement du fond en matière
organique (aliments artificiels dégradés) qui contribuent à la baisse du taux d'oxygénation
du milieu.

I.2.4.Activités Portuaires
Ces activités génèrent, plus particulièrement dans les grands ports (Tanger, Nador),
une pollution liquide et solide non négligeable et chronique, mais locale ; toutefois, ces
polluants sont souvent transportés le long du littoral voisin, y compris sur les plages, par
les courants marins côtiers.

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I.2.5- Tourisme
Ce secteur, considéré prioritaire sur le plan économique satisfait une forte demande
nationale, notamment via le produit balnéaire ; son développement rapide s'est
accompagné de la prolifération de campings sous-équipés et de 'projets' immobiliers et
touristiques, notamment à l'ouest (Tanger-Oued Laou). En plus de l'occupation de l'espace
balnéaire, ce tourisme est marqué par une saisonnalité très prononcée, avec un afflux très
massif en juillet-août, provoquant un accroissement brutal des rejets liquides et solides en
mer (Dakki, 2004).

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Chapitre II :
Matériels et Méthodes

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II.1 Présentation de La Zone d’Etude
II.1.1 Province d’Al-Hoceima (fig.1)
La province d’Al Hoceima couvre 15,1 % de la superficie de la Région Taza Al
Hoceima Taounate et 0,5% de celle de tout le Maroc. Elle compte 395.644 habitants sur
une superficie de 3.550 km2. La province couvre la partie centrale, la plus élevée (2452 m
au Jbel Tidghine) et la plus large (80 km) de la chaîne du Rif, elle garde un caractère rural
très prononcé, seulement 30% de la population vit en milieu urbain. La lithologie est
variée mais les séries marneuses et schisteuses prédominent. Le relief de la province se
compose de trois unités distinctes :
Le Nord : Il s’agit de la frange côtière, qui est constituée de collines qui se
terminent en falaises, et d’un massif calcaire peu élevé (Bokayas, 500 à 750 m). De part et
d’autre de ce massif se trouvent de petites plaines alluviales.
Le Centre : Il est occupé par une zone de hautes montagnes, lesquelles sont
entaillés par une série de vallées fortement encaissés et formées de bancs de grés
quartzites ou de séries gréseuses du type flysch. Les crêtes des montagnes constituent des
obstacles difficiles à franchir. A l’intérieur du bloc montagneux se trouvent de nombreux
petits bassins formant de véritables petites plaines perchées
Le Sud : correspond à la troisième unité qui se situe à l'extrême Sud-ouest de la
province, est constituée d'une zone de basses montagnes et de collines.

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Nord

Nord du Maroc

Figure 1: Localisation des communes (31), des cercles (3) et des municipalités (4) dans la

province d’Al Hoceima (Menioui & Zine., 2007).

a-Territoire et Population
L’architecture administrative de cette province est constituée de trois cercles, quatre
communes urbaines et 31 communes rurales. A l’image des agglomérations littorales, elle
connaît une urbanisation continue ; La population totale de la région en 2004 est
d’environ 400.000, à l’image des agglomérations littorales, elle connaît une urbanisation
continue; toutefois, les deux tiers de sa population restent dans le monde rural: soit
300.000 habitants contre 100.000 habitants dans l’urbain. La superficie globale de la
région est d’environ 3.578 km2 environ, soit une densité de 125 hab. au km2
(SDAULMC, 2005). Le taux d’accroissement annuel moyen est de 2,1%, légèrement
inférieur à celui enregistré au niveau national (2,2%).

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b - L’agriculture
Les céréales dominent en production (892.000 tonnes) et en superficie cultivée
(80.000 ha) ; mais on notera que les féculents continuent d'être cultivés avec préférence,
notamment les lentilles et les fèves qui occupent respectivement 1.600 ha et 2.300 ha. Le
cheptel compte 131.000 bovins et 409.000 bovins.

c- La pêche
Joue un rôle important dans la province d’Al Hoceima qui bénéficie d’une façade
maritime de 72 km. La quasi-totalité des produits de cette activité est destinée à la
consommation, les unités industrielles de transformation n'absorbent que 3,3% de ce
produit. En 2001, les débarquements des produits de la pêche côtière au port d’Al
Hoceima ont atteint 9.200 tonnes pour une valeur de 6,7 milliards de dirhams (annexe 1).

d- L'industrie
Occupe un rang secondaire dans l'économie de la province : 88 petits
établissements, employant 610 personnes, ont investi 5 millions de dirhams en 2001.
Cette activité reste dominée par le secteur agro-alimentaire.

e- Le Tourisme
Malgré les grands atouts naturels de la province, reste très peu développé En effet,
le faible nombre d'hôtels, dont 10 seulement sont classés, et la faible capacité d’accueil
(1086 lits) sont très significatifs (Dakki, 2004).

II.1.2- Le Parc National d’Al-Hoceima
II.1.2.1- Cadre juridique de parc national d’Al-Hoceima (PNAH)
a. Découverte
Compte tenu de la mise en évidence de l’intérêt écologique et biologique à l’échelle
nationale et internationale du secteur côtier compris entre Cala Iris et Al-Hoceima la mise
en place d’une aire spécialement protégée a été recommandée (Nibani ,2010).

b. Déclaration du Parc « PNAH » (annexe 2).
Les principales étapes réalisées dans le processus de création et de gestion du
PNAH peuvent être résumées comme suit:

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− 1983, 1984 et 1985: les missions de prospection menées par BUTURE /
SETAME, l’institut scientifique et le ministère chargé des Eaux et Forêts, le long de
littoral méditerranéen du Maroc ont mis en évidence un secteur de côte compris entre Cala
Iris et Al-Hoceima dont l’intérêt écologique et biologique à l’échelle nationale et
internationale justifie la mise en place d’une aire spécialement protégée.
− 1990 : premières propositions pour le Plan directeur d’aménagement et de gestion
du Parc National d’Al Hoceima (1990) de la part du METAP/Plan Bleu (4) et SECA.
− 1992 : enquête publique (lancée au mois de décembre), qui a porté à une série
d’observations formulées par les Conseils de Commune, représentants de la population
concernée par le Projet de création du PNAH.
− 1993 : Propositions pour le Plan directeur d’aménagement et de gestion du Parc
National d’Al Hoceima (nouvelle édition) METAP/Plan Bleu – SECA): le plan de zonage
et les alternatives ayant étés remaniés par rapport à l’édition antérieure.
− 2002 : lancement du processus d'élaboration du plan de gestion de la partie marine
du PNAH. (À compléter pour refléter l’état d'avancement du processus de confirmation de
la création du Parc National) (HCEFLCD).

II.1.2.2- Situation Géographique du PNAH (fig.2)

Nord

Figure 2 : carte représente les limites de PNAH (source : HCEFLCD)

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Le parc national d’Al-Hoceima est situé sur la façade méditerranéenne du Maroc à
150 Km environ à l’est du détroit de Gibraltar à proximité de la ville d’Al-Hoceima. Ce
parc côtier de 48.000 ha dont 19.600 ha en mer et 28.400 ha d’aire centrale terrestre
intègre un ensemble de milieux d’une grande valeur biologique et des espaces naturels
les mieux conservés de la méditerranée .

II.1.2.3.Conditions bioclimatiques
Le parc et sa zone périphérique sont caractérisés par un climat méditerrané sec, il est
situé dans l’étage bioclimatique méditerranéen aride supérieur à semi aride. Il reçoit
annuellement des précipitations variables entre 330m à Al-Hoceima et 325mm à beni
boufrah à une altitude de 100m.

II.1.2.4.Géologie et géomorphologie
La région du parc national d’Al-Hoceima est constituée du massif des Bokkoyas
montagneux côtier. Elle s’étend sur une longueur d’environ 40km et d’une largeur de
8km. Le massif des Bokkoyas constitue une basse montagne dorsale calcaire où l’altitude
ne dépasse pas les 750m.

II.1.2.5.La flore du parc (HCEFLCD).
a- Flore et végétation terrestre
Environ 110 espèces végétales ont été relevées sur le site du parc national. Parmi
l’ensemble de ces espèces on distingue 10 espèces ligneuses importantes, à savoir: le
Thuya, le Pin d’Alep, le Lentisque, l’Oléastre, le Caroubier, le Chêne kermès, le Chêne
vert, le Palmier nain et le Jujubier. Malgré leur état résiduel dans l’ensemble, les
formations végétales du site individualisent des habitats naturels forts intéressants pour la
faune. La flore du parc fait partie du domaine floristique méditerranéen et compte 9
espèces ligneuses autochtones, parmi lesquelles le thuya de berbérie est le plus
remarquable. Les autres espèces sont le pin d’Alep, le pistachier lentisque, le caroubier, le
chêne vert, le palmier nain (doum) et le jujubier.

b- Communautés algales
L’état exceptionnel de la biodiversité dans la partie marine du Parc National D’Al
Hoceima selon les études des peuplements algaux de la zone littorale du a permis
d’identifier un total de 264 taxons répartis entre trois groupes systématiques: 57
Chlorophyceae, 52 Fucophyceae et 155 Rhodophyceae (HCEFLCD).
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II.1.2.6.Faune du parc

(HCEFLCD).

a- Faune terrestre (annexe4)
Les oiseaux constituent l’élément de faune terrestre le plus spectaculaire. Parmi les
100 espèces d’oiseaux qui fréquentent la zone du parc, il y a des espèces inscrites sur la
liste rouge de l’Union Internationale de la Conservation de la Nature(UICN) à savoir :

Le go éla nd d’a udo
ui n
C’est le laridé le plus rare du monde et l’un des plus menacés, il présente 27 couples
nicheur et 113 individus en reposoirs dans le parc national d’Al-Hoceima. Le goéland
d’audouin niche en colonies près des salines et sur les îlots rocheux, mais le plus souvent,
il reste sur les plages sablonneuses. En hiver, il s’installe dans les baies sableuses. Son nid
est fait d’algues sèches, et se trouve à demi caché dans la végétation éparse des îles

L’ai gl e ro
yal
Rapace rare et présente un intérêt pour le parc, nécessite des espaces bien dégagés et
variés comme territoire de chasse.

L’ai gl e de bo
nel li
Rapace très menacé dans tout le bassin méditerranéen. Se produit dans des falaises
en recul de la côte.

Le faucon pèlerin
Présente une population exclusivement littorale assez dense d’une dizaine de
couples nicheurs. Il existe de nombreux sites de nidification avec une tranquillité assurée
dans le parc surtout dans les hautes falaises.
Plusieurs espèces de passereaux rupestres, sont présentes dans le parc : Crave à bec rouge,
Grand corbeau, Moineau soulcie, Martinet pâle, Merle bleu….

Les mammifères
Les mammifères les plus communs sont le lièvre, le lapin, le sanglier et le chacal.
D’autre espèces fréquentent le parc telles que : Les chauves souris dans les grottes ainsi
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Essai
le risque demicromammifères
détérioration environnementale
des écosystèmes
côtiers
de PNAH (nord
duforêts.
Maroc)
que
desurnombreux
dans les milieux
cultivés,
les matorrals
et les

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b- L’ichtyofaune marine
Les eaux du Parc National d’Al Hoceima sont riches en nombre d’espèces de poissons
et se caractérisent par la présence de plusieurs espèces endémiques des régions de
l’Atlantique Est et du Sud de la Méditerranée, en témoignage de l’influence de la
proximité du détroit de Gibraltar. Dans l’ensemble, 72 espèces sont présentes dans la
partie marine .dont 11 espèces typiques de la région Est Atlantique et Sud Méditerranée.
On pense que cette richesse est essentiellement due aux forts courants marins qui ont
favorisé l’épanouissement d’une biocénose notamment au niveau de la zone centrale du
PNAH caractérisée par des fonds rocheux corailleuse (Nibani, 2010).

II.1.2.7.Espèces menacées (annexe 5)
a-La patelle (Patella ferruginea )
C’est une espèce endémique de la Méditerranée occidentale1 où elle était
amplement distribuée autrefois. Aujourd’hui, son aire de répartition est fortement réduite.
Elle ne se trouve désormais que sur les côtes de la Corse, la Sardaigne, le sud-est de
l’Espagne et en Afrique du nord.
Patella ferruginea figure parmi les espèces d’invertébrés protégées en Méditerranée.
Cette espèce est présente dans quelques parties marines du Parc et particulièrement autour
des îlots marins.

b- Le phoque moine (Monachus monachus)
La géomorphologie de la côte du parc (falaises presque toujours inaccessibles et
coupées de baie au fond des quelle se trouvent des petites plages) et la richesse
halieutique de la zone (céphalopodes, poissons divers) Constituaient des biotopes
favorables pour les quelques derniers Phoque moine (METAP/PLAN BLEU –SECA,
1993).
Selon Tunisie et al. (2003), La zone marine côtière du PNAH revêt un intérêt
particulier en matière d’habitats favorables et de présence potentielle d’individus de
Monachus monachus.

c- Le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus)
Le balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) est un rapace ichtyophage à large
distribution dont l’état de conservation est considéré comme vulnérable dans plusieurs
zones du monde (UNEP (dEC)/ MED WG.232/13).

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La colonie des balbuzards pêcheurs nidifiant dans le parc National d’Al-Hoceima,
représente une des dernières colonies de référence de l’espèce en Méditerranée. Elle fut
découverte en 1983 et fait partie des colonies les plus denses de cette région.
La survie d’une telle population est très importante en ce qui concerne la
conservation de l’espèce qui est hautement menacée dans la Méditerranée « quelques
dizaines seulement Aujourd’hui, se reproduisent régulièrement en Méditerranée dans des
localités comme les îles Baléares, la Corse, les côtes de l’Algérie et du Maroc ». L’avenir
de cette espèce présente le long du Parc National d’Al-Hoceima dépend de sa
réhabilitation et sa protection dans un programme spécifique.

d- Les Dauphins
La présence de trois espèces de dauphins qui fréquentent le littoral d’AlHoceima,
notamment au niveau de sa baie et de la partie maritime du Parc National d'Al-Hoceima :
Le dauphin commun Delphinus delphis (Linnaeus, 1758), le dauphin bleu et blanc
Stenella coeruleoalba (Meyen, 1883) et le grand Dauphin Tursiops truncatus (Montagui,
1821), indique que ces espèces côtoient ensemble, ces mêmes zones côtières et indique
aussi la diversité spécifique de ce groupe au niveau de nos côtes méditerranéennes.

II.1.2.8.Valeurs Paysagères et Culturelles du PNAH
Le parc englobe un ensemble de milieux de grande valeur biologique. Les traits
dominants de ce parc national sont la présence d’une portion de côte rocheuse sauvage,
peu exploitée à travers l’histoire. Les massifs calcaires qui constituent cette portion du
littoral plongent dans la mer sous forme de falaises très hautes, constituant un paysage
naturel grandiose. Les marabouts entourés de végétations reliques témoignent de la
présence d’une culture centenaire et ancestrale. Ces valeurs culturelles conjuguées aux
valeurs paysagères et biologiques offrent au site du parc des potentialités éco-touristiques
importantes (Annexe 5).

II.1.2.9.Monuments historiques (annexe 6)
* La ville de Bades (été romain au 2ème siècle)
* Nekore fut la capitale d’un petit émirat Idrisside fondé au 8 ième siècle puis détruit au
11 ième siècle par les almoravides. Disparaît au cours du 17ème siècle et le penon fut
réoccupé au 20 ième siècle par l’Espagne qui l’occupe encore à présent.
Non loin a l’ouest de bades-Velez se trouve le village de pécheurs de torres -de- Alcala
fondé lors du protectorat espagnole.

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*À S’nada se trouve le haut rempart bastionné d’une kasbah makhzen abandonnée qui
semble dater du XVII ou XVIIIème siècle.

Photo de l’île Bades

Photo de la Kasbah Snada

Figure 3 : Monuments historiques du parc (HCEFLCD).

II.1.3.Station de traitement des eaux usées d’Al-Hoceima
La station d’épuration de la ville d’Al-Hoceima se situe au nord de la ville, entre la
bordure de la mer, la colline qui donne sur le cimetière et la plage de Cebedilla (annexe7).
La STEP existante a été réalisée et mise en fonctionnement entre 1995 et 1996. Les
effluents à traiter proviennent du réseau d’assainissement liquide de la ville d’Al-Hoceima
de type domestique.
La STEP ; sa conception et sa réalisation sont fondées sur le principe d’un processus
biologique d’épuration par boues activées à faible charge, sur une période annuelle de 8 à
9mois. La technique se fait sur plusieurs étapes (annexe 8).
La capacité de traitement actuelle de la station d’épuration est de 12.000 m3 par jour
et le volume produit de 8.493 m3. Avec des prévisions de croissance de la population, le
système d’épuration pourra supporter la charge de la population pour une décennie
encore, mais avec l’augmentation du tourisme selon la tendance actuelle, le système
arrivera à la limite de la capacité de charge.
Le milieu récepteur des eaux traitées est la mer (cebedilla). Le point de rejet est situé
à environ 300m de la sortie des ouvrages.

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II.2. Paramètres portant des préjudices
II.2.1. L’urbanisation
Un développement urbain désordonné s’effectue principalement à partir des villages
avoisinant

Al Hoceima. Il doit être impérativement contrôlé notamment en ce qui

concerne les constructions sur les plages et en bordure du littoral.

II.2.2. La pêche (annexe9)
L’exploitation des ressources halieutiques est très menacée par la surpêche et ses
diverses modalités. Le milieu marin lui aussi est sérieusement affecté par les pratiques
informelles de pêche,

particulièrement l’artisanale. Il faut bien

appliquer la loi pour

contrecarrer les pratiques non-pérennes de la pêche, dont le dragage qui détruit les fonds
marins, et la technique des filets flottants, qui anéantit les gros poissons.
Parmi les autres pratiques de pêche interdites sur le plan international, il y a lieu de
citer la pêche à la dynamite utilisée au large du littoral de la Méditerranée occidentale, la
pêche des petites espèces et la pêche sous-marine.

II.2.2.1 La pêche à la dynamite
La pêche à la dynamite est interdite dans de nombreux pays, et règlementée dans
certains pays (comme les Philippines). Malheureusement, certains l'utilise pour pêcher de
façon "professionnel" en bravant les interdits. Ceci cause des dommages énormes sur la
faune et la flore.
Les détonations et les vibrations produites par la pêche à la dynamite endommagent
le système auditif de nombreux animaux (particulièrement dans les eaux ou se trouve des
dauphins

qui

ont

un

système

d'équilibre

situé

dans

l'oreille

interne).

Il est évident que ce style de "pêche" met en péril la richesse de la faune et de la flore dans
les endroits ou elle est pratiquée. La pêche à la dynamite est un fléau pour les écosystèmes
marins au même titre que la pollution et le réchauffement de la planète.
Sur la côte méditerranéenne du Maroc, ce système de pêche est souvent utilisé. Les
côtes d’Al-Hoceima connaissent ce type de pêche entre les pêcheurs artisanaux de certains
douars du PNAH. Les principales espèces de poissons visées sont : la Saupe (sarpa
salpa), le Loup (Dicentrarchus labrax), le Mulet (Mugil curema)

le Sar commun

(Diplodus sargus sargus) et également la Liche (Lichia amia) en début d’été. Cette
pratique très courante dans la partie marine du Parc est complètement incompatible avec
la préservation des ressources de la zone. Elle affecte considérablement la distribution des
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communautés benthiques (phytobenthos, destruction du stock halieutique, gisements de
corail rouge, etc.). Elle est d’une extrême nuisance aux populations de phoque moine
pouvant provoquer la mort directe du phoque. Le stress provoqué par les explosions peut
entraîner des avortements chez la femelle de cette espèce.
La pêche à la dynamite est également nuisible aux populations d’oiseaux par la
présence des pêcheurs et le bruit y résultant et peut même provoquer la diminution des
aires de nidification. Outre ces impacts, elle peut causer également des problèmes pour les
visiteurs et les touristes de la région, en cas de mise en place d’un programme de visites
guidées par les barques (Malouli, 2004).

II.2.2.2. La pêche du poulpe par l’harpon à l’aide des chambres à air
Cette pratique peut causer des dégâts importants aux habitats du poulpe, car les
pêcheurs utilisent des produits qui peuvent être toxiques, pour faire sortir les poulpes de
leurs habitats. Cette pêche cible parfois des spécimens de très petite taille
(juvéniles).Outre ces pratiques, la pêche aux petits métiers peut affecter certaines espèces
menacées notamment le phoque moine Monachus monachus (Malouli, 2004).

II.2.2.3. La pêche au chalut dans des zones très proches de la côte
Cette pratique est courante dans les eaux peu profondes du Parc. C’est une pratique
qui est non seulement illégale, mais qui présente un impact très négatif sur les fonds
marins et sur les juvéniles.
En plus, elle cause la destruction de plusieurs engins de la pêche artisanale et par
conséquent d’énormes pertes financières pour une population locale dont le revenu est
très modeste (Malouli, 2004).

II.2.3. Le Tourisme
Le Parc National et ses abords font l’objet d’un tourisme estival important. Les deux
points d’accueil les plus importants sont la baie d’Al Hoceima et la zone de Cala Iris. Les
principaux impacts proviennent de :
- La navigation des bateaux,
- La fréquentation des petites plages et la pollution qui y en résulte,
- Infrastructures d’accueil qui existent ou dont l’installation est prévue notamment à
Cala Iris.

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II.2.4. Projets de développement envisagés dans le PNAH
La province d’Al Hoceima est incluse dans les programmes de développement des
provinces du Nord et fait l’objet d’un appui soutenu par l’Etat. Les axes de
développement initiés par l’Agence de Promotion et de Développement des provinces du
Nord s’articulent autour de la nécessité de renforcement des composantes du tissu
productif, la promotion concomitante de l’emploi, la recherche des voies et moyens de
désenclavement et l’intégration de la région du Nord dans le tissu économique national,
afin, qu’elle puisse contribuer à une meilleure insertion de l’économie nationale dans
l’espace euro-méditerranéen.
Le programme s’articule autour de trois axes :
� Développement des centres urbains;
� Renforcement des infrastructures routières;
� Renforcement de la capacité touristique (Menioui et Zine., 2007).

II.2.4.1.Projet de la nouvelle zone touristique Cala Iris
(Source d’information: Département du Tourisme, Direction des Aménagements et
des Investissements, Rabat).
Le Ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Economie Sociale, a inauguré, le 9
mars 2007 à Al Hoceima, le lancement du Schéma de Développement Touristique de la
Province d'Al Hoceima.
Ce programme, qui consiste en la mise en œuvre d'un plan de développement à
l'horizon 2015, parmi ses projets

un

développement d'une nouvelle zone touristique

balnéaire de nouvelle génération au niveau du site de "Cala Iris", à environ 84 km de la
ville d'Al Hoceima. Ce projet, d'une superficie de 339 ha, permettra la création d'une
capacité d'hébergement de 10.000 lits dont 6.000 hôteliers. Il prévoit aussi la construction
d'un ensemble d'équipements d'animation (golf, marina, cour de vie, commerce) (Menioui
et Zine., 2007).

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II.2.4.2.la Rocade Saïdia – Tanger

Parc PNAH

Figure 4: Itinéraire de la rocade dans le Rif central (Menoui & Zine., 2010) PAC-Maroc.

La rocade méditerranéenne en cours de construction et destinée notamment au
désenclavement du Rif central est à l’origine de nombreux défrichements et de
remaniement des sols sur l’ensemble du linéaire littoral. Le projet d'envergure de la
rocade méditerranéenne de Tétouan à Saïdia permettra certes le désenclavement de la
région et ouvrira des perspectives prometteuses pour les investissements touristiques et
urbains.
Cependant, les impacts sont très perceptibles sur l’ensemble du parcours, ils se
manifestent par une perte de couvert végétal et des glissements de terrain qui prennent
parfois une ampleur considérable (Menioui et Zine., 2010).

II.2.5. La décharge des déchets solides
La décharge principale de la ville d'Al Hoceima était jusqu’à 2008 au niveau d’une
falaise à sidi Abid, les déchets solides ont déposés au sommet de la falaise se déversent
directement en mer.
Les déchets liquides des quartiers qui longent la côte, entre sidi Abid et Tala Youssef,
se jettent directement en mer, via les ravins. Ces rejets en mer apportent une quantité
importante de matériaux de nature et de taille très variables.

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Sous l’action des houles d'Est à Nord-Est, une grande partie (qui reste à déterminer)
de ces matériaux rejetés dérive vers l'ouest, le spectacle de bouteilles en plastique dérivant
tout le long de la côte du Parc (jusqu'à Cala Iris) est un phénomène courant lors des houles
d'Est. Il semble même que le transit de ces matériaux le long de la côte du Parc, surtout
les particules fines issues des égouts, est la cause principale de la forte turbidité observée
même en dehors des saisons de pluies.

Photo de la falaise de sidi Abid ancien décharge
Sauvage de la ville d’Al Hoceima

Photos de lessive des déchets déversés dans les
flancs méditerranéens du Rif, via les des rivières
Pour atteindre l’écosystème côtier du parc.

Figure 5 : Les déchets solides à Sidi Abid et sur les côtes près du parc

II.2.6. Rejets liquides
Les centres urbains de la zone d’Al-Hoceima sont équipés de réseaux d’assainissement
de type unitaire et pseudo-séparatif, avec un taux de raccordement de 50% à 80%. Ces
réseaux sont actuellement saturés et connaissent des dysfonctionnements importants, liés
à leur vieillesse et à l’insuffisance de l'entretien. Les quartiers périphériques sont dotés de
systèmes individuels d’assainissement.
Les centres ruraux sont équipés de systèmes d’assainissement individuels, à
l’exception de cinq centres (Bni Hadifa, Issaguen, Bni Gmil, Tamassint et Had Rouadi)
qui sont dotés d’un réseau collectif où le taux de raccordement est de l’ordre de 40%
(Dakki, 2004).

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Chapitre III
Indicateurs Environnementaux

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III.1. L’Urbanisation
Les quatre grandes villes de Tanger, Tétouan, Oujda et Nador concentrent à elles
seules les 2/3 de toute la population urbaine de la zone Nord. A l’image des
agglomérations littorales, la province d’Al Hoceima connaît une urbanisation continue
(figures : 6,7) ; toutefois, 69,5% de sa population reste dans le monde rural soit 282.000
habitants contre 124.000 habitants dans l’urbain en 2007, donc un caractère rural
prononcé de l’aire de l’étude, alors qu’il n’est que de 45% à l’échelle nationale.
Dans la région d’Al Hoceima, la bande côtière présente une superficie de 960 km2.
L’évolution du phénomène de l’urbanisation/littoralisation y est très nette. Les faibles
performances économiques, la sécheresse, la dégradation des ressources naturelles ont
entraîné un exode rural massif et, par conséquent, une urbanisation essentiellement vers
les villes "littorales" remarquable qui est passée de 29% en 1960 à plus de 50%
actuellement. Certaines études prévoient une urbanisation de près de 75% en 2025
(Menioui & Zine., 2009).
III.1.1. Projets d’Aménagement Urbanistes
Il a été également procédé en 2007 à Al Hoceima, au lancement des travaux
d'aménagement du pôle urbain "Badis", Couvrant une superficie de 49 ha, ce nouveau
pôle urbain, qui comprend des villas économiques et des immeubles, et qui sera doté de
différents services économiques et sociaux ainsi que d'infrastructures sportives, permettra
d'accueillir une population estimée à 20.000 personnes (Menioui & Zine., 2009).
Il y a aussi la Construction de logements locatifs dans la commune d'Aït Kamra (fait
partie de PNAH), au profit du personnel des Forces armées royales (FAR).
En ce qui concerne le programme de logements locatifs d’Aït kamra, il prévoit, dans
sa première tranche, la construction de 300 unités de logement, dont 200 pour les hommes
de troupes, 80 logements pour les sous-officiers et 20 unités pour les officiers. Ce projet
est près d’un autre projet encours ; une salle couverte de l’athlétisme.
Des efforts sont fournis pour la restructuration de l'habitat insalubre et pour la
réalisation du projet du lotissement d'habitat «Ibloulay» au centre d'Al Hoceima, à Sidi
Abed et projet de contrôle des sources de pollution des centres d'Imzourène et Béni
Bouâyach, sans oublier le schéma directeur d’aménagement du littoral d’Al-Hoceima.

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ANNEE

HABITANT

Figure 6: La dynamique de la population à Al-Hoceima 1994-2007
(In Menioui & Zine., 2009)

HABITANT

ANNEE

Figure 7: Prévision de l’évolution de la population dans la région d’Al-Hoceima
(2007-2017) (In Menioui & Zine., 2009).

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III.2.La Pêche
Une étude participative d’AGIR et des organismes internationaux et les pêcheurs
artisanaux, faites au niveau de la ZMPNAH pour estimer le volume de pertes de poissons
capturés ou tués par ces technique de pêche destructrices issu de l’effort de pêche illégale
tel le chalutage ou braconnage et l’utilisation de la dynamite et le sulfate de cuivre.
Le tableau suivant montre le nombre d’observation issu des sorties trimestrielle des
pêcheurs dans la ZMPNAH.

Tableau 1: volume de capture par différentes activités de pêche illégale au sein de la
ZMPNAH (Nibani, 2004).
Zone d’Al-Hoceima Nombre de pêcheurs
A4
A5
A6
Groupe 1
6
85
83
83
Groupe 2
6
96
94
94
Groupe 3
6
84
87
87
Groupe 4
6
95
95
95
Groupe 5
6
80
82
82
Groupe 6
6
90
90
90
Total
36
540
531
512
Effort de pêche
55435
20436
25545
(capture en Kg)
A4 : nombre d’observations de chalutiers opérant à – 50m par sortie par trimestre.
A5 : nombre de braconniers chambre à air et So4Cu observé par sortie par trimestre.
A6 : nombre d’observation de lanceurs de dynamite par sortie par trimestre.

III.3. Tourisme
En l'absence de données sur la distribution mensuelle des nuitées touristiques et en
considérant que la plupart des nuitées seront concentrées en juillet et août, la capacité
d'accueil théorique des établissements classés (130.000 nuitées dans les deux mois) ne va
pas être dépassée.
La demande continue à augmenter selon le taux des dernières années qui est
normalement décrit par le taux d’occupation pendant la saison touristique (figure8), soit
de juin à septembre. Les limites de la saturation des capacités d’accueil des structures
hôtelières pour garantir un niveau de qualité adéquate de l’expérience touristique ne
devrait pas dépasser le 90% du taux d’occupation. Il s’agit de conditions qui sont
présentes dans les hôtels au cours des mois de juillet et août. Des prévisions que le taux
de nuitée sera augmenté dans les années de future (figure 9). Les transports sont d’une
importance capitale pour l’activité touristique.

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Le réseau routier de la province d’Al Hoceima (563 Km) est relativement peu dense
et dans un état plus ou moins dégradé à cause des fréquents glissements de terrain dans
cette région (Menioui et Zine., 2009).

Les nuitées

Les années

Figure 8: Evolution des nuitées touristiques réalisées dans les établissements classés,
2003-2007(In Menioui et Zine., 2009).
Les nuitées

Les années

Figure 9: Prévision de l’évolution de nuitée (2007-2017) (In Menioui et Zine., 2009).

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Tableau 2 : réseau routière d’Al-Hoceima en 2008. (In Menioui et Zine., 2009).
Nom de l'indicateur
Réseau routier Province d’Al Hoceima
Passagers par transport aérien, 2008
Numéro d’avions, 2008

Mesure (unité)
563 Km
16.939
625

La région connaît le développement de nouvelles zones touristiques, essentiellement
balnéaires dont, entre autres, le site de "Cala Iris" sur 339 ha (10.000 lits prévus).
Le second projet touristique que connaîtra cette région est celui de la réhabilitation
progressive de l'hôtel "Mohammed V", la démolition et la reconstruction de résidences
touristiques à "Quemado" et la création de 2.000 lits hôteliers sur le site de Souani (ex
Club-Med).
D’autres projets touristiques de moindre importance sont prévus dans la zone
considérée et l'ensemble de ces projets de la province d'Al Hoceima contribuerait
activement à la relance de l'activité touristique de la région.
Ainsi l’aménagement de réseau routier au sein du parc ex : la route bades-Rouadi qui
va lier la rocade méditerranée avec la ville touristique Bades, facilitera l’accès à cette
belle zone qui se trouve au cœur du PNAH.
Ainsi, entre 2007 et 2015, la capacité en hébergement touristique devrait être
multipliée par 5 et passer de 2.000 à 10.000 lits hôteliers.

III.4. Déchets Solides
La production des déchets solides est en augmentation continue, dans tous les centres
côtiers, alors que son élimination pose toujours de grands problèmes, inhérents au manque
d'espace pour les dépotoirs et aux techniques d'élimination. Ces problèmes émergent
surtout en été, mais ils semblent avoir été résolus sur les plages où les campagnes de
nettoyage sont fréquentes.
L’évolution dans la production des déchets suit la tendance actuelle avec une
production moyenne de 0,77 kg par jour par habitant (tableau3) et une augmentation dans
la production des déchets qui dépasse le 15% en milieu urbain. Les communes majeures
comme Al Hoceima dotent une décharge contrôlée.

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Tableau 3 : la production des déchets solide à Al-Hoceima (In Menioui & Zine., 2009).
Nom de l'indicateur

Mesure (unité)

Production déchets Province Al Hoceima, 2004

37.230 tonnes par an

Production déchets Municipalité Al Hoceima, 2004

21.900 tonnes par an

Ratio production déchets solides/habitants, Province Al Hoceima, 2004

0,77 kg /hab. /j

Taux de collecte de déchets, Région Taza Al Hoceima Taounate

97%

III.5. rejets liquide
A l’instar de grandes agglomérations urbaines du nord du royaume (Tanger, Tétouan
et Nador) la ville d’Al-Hoceima rejette en mer approximativement 4.760 m3/j et 2.320 kg
de DCO /j (Menioui & Zine, 2008). La plupart des rejets aussi bien liquides que solides,
dans la région d’étude se faisait directement dans le milieu naturel et sans traitements
préalables. Les rejets liquides des communes d’Al-Hoceima, d’Imzouren et de Béni
Bouayache révèlent l’alarmante situation du problème d’assainissement qui s’impose de
manière alarmante car les égouts sont largués dans le milieu marin sans être traités.
Les réseaux d'assainissement urbains sont cependant saturés et connaissent des
dysfonctionnements importants (Tableau 4). Alors que le réseau d’assainissement rural est
presque nul est notamment au niveau des communes de PNAH.
Tableau 4 : Infrastructures d’assainissement et de traitements des eaux usées des villes
côtières du littoral méditerranéen marocain de plus de 10.000 habitants (Dakki, 2004).
Localité :

Population
desservie
(2002)

Existence
de STEP +
RESEAU
ou pas

Al-hoceima
Imzouren

70.181
39.047

Béni
Bouayache

20.327

+
+
+

Volume des EU
traités (m3/j)

5750
1600
-

Volume des EU
non traités
(m3/j)

950
3100

Rejets non
traités (mil
récepteur)

Mer + FS
Mer + FS
Mer + FS

(EU=eau usée ; STEP= station de traitement d'eaux usées ; FS = fosse sceptique).

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* Les débits et charges polluantes retenus par La Station de traitement des eaux usées
d’Al-Hoceima sont représentés ci-après :
Tableau 5: Les débits et charges polluantes retenus par la STEP d’Al-Hoceima

Paramètres

Valeurs

Débit (période normale)

6000 m3/j

Débit (période estivale)

9600 m3/j

Pointe horaire

710 Kg/j

DBO5

3800 Kg/j

DCO

10300 Kg/j

MES

4300 Kg/j
(Source d’information ONEP d’Al-Hoceima)

Les paramètres physico-chimiques DBO5, DCO et MES sont effectuées sur des
échantillons dilués, avec prélèvement hebdomadaire.
Les figures 10 ,11 et12 représentent des mesures des paramètres physico-chimiques
durant le mois août 2010.

Volume d’affluent

débit m3/j

8200
8000
7800
7600
7400
7200
7000
6800
6600
6400
6200
6000

débit m3/j

jour 1

jour 2

jour 3

jour 4

jour 5

jour 6

(Jours)

Figure 10: le débit journalier des eaux usées pendant le mois août 2010.
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Concentration (mg/l)
0.7
0.6
0.5
0.4
MES(EB)

0.3

MES(EEP)

0.2
0.1
0
1 jour

2 jour

3 jour

4 jour

5 jour

6 jour

(Jours)

Figure 11: MES de l’eau brute (EB) à l’entrée de STEP et MES de l’eau épurée (EEP) à
la sortie de STEP pendant le mois août 2010.

Concentration mg/l
2500
2000
1500
DCO(EB)
1000

DCO(EEP)

500
0
jour 1

jour 2

jour 3

jour 4

jour 5

jour 6

(Jours)

Figure 12: DCO de l’eau brute (EB) à l’entrée de STEP et DCO de l’eau épurée (EEP)
à la sortie de STEP pendant le mois août 2010.

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Selon un échantillonnage fait au lieu de rejet d’eau traitée (Figure : 13), On a trouvé
les espèces algales au dessous qui sont déterminées par le laboratoire de Diversité et
Conservation des Systèmes Biologiques (LDICOSYB) de la faculté des sciences de
Tétouan :
 Enteromorpha compressa (Linnaeus) Nees
 Enteromorpha intestinalis (Linnaeus) Nees
 Corallina mediterranea J.E.Areschoug in J.Agardh
 Ceramium tenerrimum (G.Martens) okamura
 Asparagopsis armatae Harvey
 Ulva olivasceus P.J.L Dangeard
 Boergeseniella thuyoides Harvy in Dackay

L’endroit
d’échantillonnage

La STEP d’Al-Hoceima

Figure 13: l’endroit d’échantillonnage et la STEP (El Biyad) ©

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