Pharmacovigilance .pdf



Nom original: Pharmacovigilance.pdf
Titre: 361
Auteur: Prescrire

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Vigilance
Trente-quatrièmes
journées françaises
de pharmacovigilance :
les faits marquants

Les trente-quatrièmes journées françaises de
pharmacovigilance se sont déroulées en avril 2013 à Angers.
Chaque année, les journées de pharmacovigilance donnent
un aperçu de notifications des professionnels de santé
aux Centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV)
et du contenu de la base française de données de
pharmacovigilance.
Voici, pages 826 à 834, une sélection de communications
qui nous ont paru d’intérêt pour la pratique, et constituent
autant de retours d’informations encourageant les notifications.

Médicaments de l’hypotension artérielle :
parfois mortels
Des dizaines de notifications en
France.

E

n France, mi-2013, plusieurs substances sont proposées dans l’hypotension orthostatique : la midodrine, l’association à doses fixes cafédrine +
théodrénaline (dont le métabolite principal
est la phénylpropanolamine), l’étiléfrine,
l’heptaminol (1à5). Elles ont des propriétés sympathomimétiques plus ou moins
marquées.
Seule la midodrine, un sympathomimétique alpha, a une efficacité démontrée, modérée, chez certains patients,
en l’occurrence ceux qui sont très gênés
par une hypotension orthostatique sévère.
Le traitement est surtout non médicamenteux : bas de contention, régime
salé ; doses minimales de médicaments
exposant aux hypotensions artérielles,
tels que antihypertenseurs, alphabloquants, dérivés nitrés, etc. (1,6,7,8).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse a présenté un bilan
des notifications spontanées d’effets indésirables de ces 4 substances enregistrées
dans la base de données française de
pharmacovigilance, jusqu’en 2012 (4,5).
Des dizaines d’effets indésirables, parfois graves, ont été recensés imputés à la
midodrine, tels que hypertension artérielle,
accident vasculaire cérébral ischémique,
ischémie myocardique, infarctus du myocarde. La dose moyenne de midodrine a
été de 10 mg par jour, nettement inférieure
au maximum du résumé des caractéristiques (RCP), 40 mg par jour. Plusieurs
patients avaient plus de 65 ans ou avaient
des antécédents cardiovasculaires.

Des dizaines d’effets indésirables
graves ont été imputés à l’association
cafédrine + théodrénaline, notamment :
des troubles cardiovasculaires, tels que
hypertension artérielle, tachycardie, accident vasculaire cérébral, bloc auriculoventriculaire, syndrome coronarien aigu ;
des troubles neurologiques, tels que
convulsions, paresthésies ; des abus ou
dépendances ; des réactions anaphylactiques ; des occlusions intestinales. Environ 3 notifications sur 4 concernaient
des femmes jeunes. Le motif de prise
était une asthénie ou des malaises dans
environ 14 % des cas. Deux patients
sont morts d’hémorragie cérébrale, l’un
24 heures après la première prise de
cafédrine + théodrénaline, l’autre par suicide avec ce médicament.
Quelques notifications ont été recensées
avec l’étiléfrine, dont une tachycardie chez
un nourrisson, et une chez un homme
âgé de 80 ans (pas d’autre précision).
Une quinzaine d’effets indésirables
imputés à l’heptaminol ont été décrits. Il
s’agissait surtout de réactions allergiques : urticaire, œdème de Quincke.
En pratique. Ces données confirment
qu’il vaut mieux réserver la midodrine aux
rares patients en difficulté malgré d’autres
traitements de l’hypotension orthostatique.

DCI

En ce qui concerne l’association cafédrine + théodrénaline, l’étiléfrine et l’heptaminol, mieux vaut expliquer aux patients
pourquoi ils ont intérêt à s’en passer :
ces médicaments exposent à trop d’effets
indésirables disproportionnés par rapport
à leur efficacité. La mesure mettant le
mieux les patients à l’abri de ces médicaments étant bien sûr le retrait du marché.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Midodrine  : troubles cardiovasculaires et cutanés” Rev Prescrire 2012  ; 32
(343) : 352.
2- Prescrire Rédaction “Praxinor : abus et dépendances” Rev Prescrire 2008 ; 28 (295) : 346.
3- Prescrire Rédaction “Etiléfrine injectable : à nouveau disponible” Rev Prescrire 2002 ; 22 (231) : 586.
4- Abadie D et Montastruc JL “Pharmacovigilance
national follow-up of sympathomimetics used in
orthostatic hypotension” 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental
Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl. 1) : 97 (abstract P2095) (version complète 1 page).
5- Abadie D “Lettre à Prescrire du 5 juillet 2013”
11 pages.
6- “GNP : encyclopédie pratique du médicament”
12 éd, OVP Editions du Vidal, Paris, 2001 : 372-373.
7- Prescrire Rédaction “midodrine : Gutron comprimés 2,5 mg” Rev Prescrire 1994 ; 14 (143) : 460-462.
8- Prescrire Rédaction “Bien gérer les hypotensions
orthostatiques” Rev Prescrire 1994 ; 14 (143) : 478480.

France

Belgique

Suisse

cafédrine + théodrénaline

PRAXINOR°





étiléfrine

EFFORTIL°

EFFORTIL°

EFFORTIL°

heptaminol

HEPTAMYL°





midodrine

GUTRON°



GUTRON°

PAGE 826 • LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361

Pancréatites aiguës
d’origine médicamenteuse
De nombreux médicaments exposent à des atteintes pancréatiques
parfois graves.

L

es pancréatites aiguës se manifestent
en général par des douleurs abdominales aiguës, des nausées, des vomissements (1,2). Le diagnostic repose sur
une lipasémie ou une amylasémie augmentée. La plupart des patients guérissent sans complications locales ou générales et sans récidive. Cependant, chez
certains patients, une nécrose du pancréas ou des tissus péripancréatiques
survient avec des complications locales
et générales parfois mortelles. Le traitement est surtout symptomatique, faute
de mieux.
Les causes connues de pancréatite
aiguë les plus fréquentes sont la lithiase
biliaire et une consommation excessive
d’alcool. Une origine médicamenteuse
est aussi à envisager.

De plus en plus de médicaments
impliqués. De plus en plus de médicaments sont impliqués tels que, depuis
le début des années 2010, les hypoglycémiants agissant sur les incrétines, des
hormones intestinales qui augmentent
la sécrétion d’insuline : l’exénatide, le
liraglutide et la sitagliptine (1à4).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse a recensé 3 186 notifications de pancréatites aiguës ou chroniques et d’augmentations des enzymes
pancréatiques imputées à des médicaments et enregistrées dans la base de
données française de pharmacovigilance
entre le 1er janvier 1985 et le 31 décembre
2011 (5).
1 274 de ces observations (40 %) correspondant à des pancréatites aiguës
ont été analysées. Il s’agissait d’observations rapportant une pancréatite et/ou
une lipasémie au moins égale à 3 fois la
valeur normale pour lesquelles le patient
n’avait pas d’autre cause connue de pancréatite (5).
Les patients étaient âgés en moyenne
de 46 ans. Chez 1 081 patients (85 %),
l’atteinte pancréatique a été grave.
987 patients ont été hospitalisés ou leur
hospitalisation a été prolongée. Trentesix patients sont morts. L’évolution a été

favorable chez 897 patients (70  % des
cas) (5).
Anti-infectieux, anticancéreux, hypocholestérolémiants, etc. Les médicaments les plus souvent impliqués dans
cette série ont été par ordre de fréquence
décroissante : des antiviraux (416 fois)
notamment la didanosine ; des antibiotiques par voie générale (314 fois) notamment le sulfaméthoxazole + triméthoprime
(alias cotrimoxazole) ; des antalgiques
(231 fois) dont le paracétamol ; de nombreux anticancéreux (189 fois) ; des hypolipidémiants (147 fois) notamment l’atorvastatine ; des immunodépresseurs
(146 fois) notamment l’azathioprine ; des
corticoïdes par voie générale (133 fois) ;
des hypoglycémiants (132 fois) ; des antiépileptiques (127 fois) notamment l’acide
valproïque. Des observations ont aussi
été rapportées avec le kétoprofène, la
mésalazine, la venlafaxine ainsi qu’avec
des inhibiteurs de l’enzyme de conversion
(IEC) dont le ramipril (5).

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- “Pancreatitis”. In : “Martindale The complete
drug reference” The Pharmaceutical Press, London.
Site www.medicinescomplete.com consulté le 6 juin
2013 : 2 pages.
2- Vege SS et coll. “Clinical manifestations and diagnosis of acute pancreatitis” et “Treatment of acute
pancreatitis” (mise à jour avril 2013) Uptodate, Waltham 2013 : 24 pages.
3- Prescrire Rédaction “Analyse de la base de données de pharmacovigilance étatsunienne” Rev Prescrire 2013 ; 33 (352) : 115.
4- Prescrire Rédaction “Exénatide, sitagliptine : pancréatites, cancers du pancréas” Rev Prescrire 2011 ;
31 (333) : 508.
5- Chebanne L et coll. “Drug-induced pancreatitis :
a study in the French pharmacovigilance database”
34es journées de pharmacovigilance, Angers : 2224 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27
(suppl. 1) : 65-66 (abstract P01-099) (version complète 1 page).

En pratique. Chez un patient se plaignant de douleurs abdominales avec des
lipases ou des amylases augmentées, il
est important de s’interroger sur le rôle
éventuel des médicaments, de partager
cette information avec le patient et d’envisager l’arrêt du médicament.
©Prescrire

DCI

France

Belgique

acide valproïque

DEPAKINE° ou autre

DEPAKINE° ou autre

Suisse
DEPAKINE° ou autre

atorvastatine

TAHOR° ou autre

LIPITOR° ou autre

SORTIS° ou autre

azathioprine

IMUREL° ou autre

IMURAN° ou autre

IMUREK° ou autre

didanosine

VIDEX°

VIDEX°

VIDEX°

exénatide

BYETTA°

BYETTA°

BYETTA° ou autre

kétoprofène

PROFENID° ou autre

ROFENID° ou autre

ex-PROFENID°

liraglutide

VICTOZA°

VICTOZA°

VICTOZA°

mésalazine alias
acide 5-aminosalicylique

PENTASA° ou autre

CLAVERSAL°,
COLITOFALK° ou autre

ASACOL°
ou autre

ramipril

TRIATEC° ou autre

TRITACE° ou autre

TRIATEC° ou autre

sitagliptine

JANUVIA° ou autre

JANUVIA°

JANUVIA° ou autre

sulfaméthoxazole
+ triméthoprime,
alias cotrimoxazole

BACTRIM° ou autre

BACTRIM°, EUSAPRIM°

BACTRIM°
ou autre

venlafaxine

EFFEXOR LP° ou autre

EFEXOR EXEL° ou autre

EFEXOR ER° ou autre

LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361 • PAGE 827

Vigilance
Hydroxychloroquine :
photosensibilisation après exposition in utero
Une observation détaillée en France.

L’

hydroxychloroquine est un dérivé de
la chloroquine. Elle est parfois proposée comme immunodépresseur dans
des maladies auto-immunes telles que
le lupus érythémateux. Elle est photosensibilisante (1).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Caen a rapporté en détail une
observation de photosensibilisation chez
un nouveau-né âgé de 3 semaines, qui
avait été exposé in utero à l’hydroxychloroquine. Le nouveau-né a souffert de
brûlures au deuxième degré sur la partie
exposée de la tête après 20 minutes de
soleil. Sa mère avait pris de l’hydroxychloroquine durant toute la grossesse
pour un lupus (2).
L’hydroxychloroquine traverse le placenta. Sa concentration dans le sang est
similaire chez le fœtus et chez sa mère.
Sa demi-vie d’élimination plasmatique
est de l’ordre de plusieurs jours à 2 mois

chez les adultes. On ne la connaît pas
chez les nouveau-nés, dont les capacités
à éliminer les médicaments sont souvent
moindres (1à4). On ne connaît pas non
plus la persistance de l’hydroxychloroquine dans les tissus, dont la peau. Un
examen du sang de l’enfant 20 jours
après l’apparition des brûlures, soit
41 jours après la naissance, n’a pas montré la présence d’hydroxychloroquine
dans le plasma, mais il est probable que
l’hydroxychloroquine était encore présente dans le corps au moment de la
brûlure cutanée (1,2).
En pratique. Le nouveau-né exposé
in utero à un médicament près de l’accouchement naît imprégné de ce médicament et en subit encore les effets indéDCI

France

sirables pendant plusieurs jours, ou plusieurs semaines. Mieux vaut en informer
les parents et les soignants, afin d’organiser une prise en charge spécifique.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “20-1-8. Patients sous hydroxychloroquine” Rev Prescrire 2012 ; 32 (350 suppl.
interactions médicamenteuses).
2- Toromanoff M et coll. “Overreaction with sunlight
in a child exposed to hydroxychloroquine in utero”
34es journées de pharmacovigilance, Angers : 2224 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27
(suppl. 1) : 64-65 (abstract P01-143) (version complète 1 page).
3- ANSM “RCP-Plaquenil” 4 janvier 2010 : 6 pages.
4- Prescrire Rédaction “Une démarche pour éviter
les effets indésirables des médicaments pendant la
grossesse” Rev Prescrire 2013 ; 33 (358) : 583-587.

Belgique

Suisse

choroquine

NIVAQUINE°

NIVAQUINE°

NIVAQUINE°

hydroxychloroquine

PLAQUENIL°

PLAQUENIL°

PLAQUENIL° ou autre

Mèches iodoformées :
gare à l’exposition prolongée
L’iodoforme a des effets indésirables neuropsychiques, cardiaques et
thyroïdiens.

L

es bandes de gaze imprégnées d’iodoforme, alias mèches iodoformées,
sont parfois utilisées dans le traitement
local de plaies infectées et d’abcès.
L’iodoforme libère lentement de l’iode au
contact de la peau. L’iodoforme expose
à des troubles neuropsychiques, des
troubles thyroïdiens, des réactions d’hypersensibilité, des hypotensions artérielles, des tachycardies, des troubles
digestifs, de la fièvre, des céphalées (1,2).
Le Centre régional de pharmacovigilance et le Centre antipoison d’Angers
ont reçu, entre 1989 et fin 2011, 17 notifications d’effets indésirables liés à des
mèches iodoformées (2). Leur âge

médian a été de 66 ans. Les situations
d’emploi ont été diverses interventions
chirurgicales. La durée d’utilisation a été
de 5 jours à 116 jours (médiane de
23 jours). La quantité d’iodoforme reçue
par chaque patient n’est pas connue.
Les effets indésirables notifiés ont été
le plus souvent neuropsychiques : encéphalopathies (6 cas), confusions (4 cas),
altérations de la conscience (3 cas),
comas (2 cas), agitations (2 cas), convulsions (1 cas), somnolence (1 cas), délire
(1 cas). Une tachycardie est survenue
chez 7 patients. 4 anomalies thyroïdiennes, dont 2 hyperthyroïdies, ont été
décrites (2).
L’iodémie a été mesurée chez 12 de
ces patients : elle était jusqu’à plus de
8 000 fois supérieure à la normale.

PAGE 828 • LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361

En pratique. Quand l’emploi de
mèches iodoformées paraît justifié, mieux
vaut minimiser l’exposition des patients
à l’iodoforme : éviter les grandes mèches
dans les cavités profondes ; n’utiliser que
la quantité minimale de mèche, sur de
courtes durées (de l’ordre de 2 jours à
3 jours). En cas de trouble évocateur
d’intoxication, mieux vaut doser l’iodémie.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- “Iodoform + Iodine” In : “Martindale The complete drug reference” The Pharmaceutical Press,
London. Site www.medicinescomplete.com
consulté le 15 juin 2013 : 2 + 12 pages.
2- Lagarce L. et coll. “The dangers of iodoform
gauze : a retrospective study” 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl. 1)  : 93
(abstract P2-079) (version complète : 1 page).

Nicardipine et menace d’accouchement prématuré :
œdèmes pulmonaires
Risques cardiovasculaires pour la
mère et pour l’enfant.

L

a nicardipine est un inhibiteur calcique de la famille des dihydropyridines utilisé dans certaines situations
d’hypertensions artérielles, dont certaines
prééclampsies sévères chez les femmes
enceintes (1). Elle est parfois utilisée
aussi dans les menaces d’accouchement
prématuré (2,3).
Le Centre régional de pharmacovigilance
d’Amiens a réalisé, à partir de la base de
données française de pharmacovigilance,
un bilan des effets indésirables de la nicardipine administrée par voie intraveineuse
(2). 217 notifications ont été analysées.
23 œdèmes pulmonaires ont été rapportés chez des femmes enceintes traitées pour menace d’accouchement prématuré. L’évolution a été favorable après

arrêt de la nicardipine et traitement symptomatique (2). Dans 7 cas, il s’agissait
de grossesses multiples, un facteur connu
d’œdème pulmonaire (2). Veinites, phlébites, lymphangites au point d’injection
ont aussi été rapportées.
6 effets indésirables cardiovasculaires
sont survenus chez des nouveau-nés
exposés in utero à la nicardipine.
En pratique. Ces données confirment
le risque d’œdème pulmonaire lié à la
nicardipine utilisée en cas de menace
d’accouchement prématuré, signalé déjà
en 2005, et le risque d’effets cardiovasculaires chez le nouveau-né exposé in
utero : à prendre en compte dans les
choix thérapeutiques (3).
©Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Nicardipine injectable
copiée : une alternative dans l’urgence hypertensive” Rev Prescrire 2007 ; 27 (283) : 349.
2- Moragny J et coll. “Adverse effects associated
with the use of intravenous nicardipine. Analysis
of data from the French Pharmacovigilance database” 34es journées de pharmacovigilance, Angers :
22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ;
27 (suppl. 1) : 38 (abstract 22-11) (version complète
5 pages).
3- Prescrire Rédaction “Nicardipine et œdème aigu
du poumon dans la menace d’accouchement prématuré” Rev Prescrire 2005 ; 25 (267) : 834-835.

DCI
nicardipine
injectable

France
LOXEN°
ou autre

Belgique

Suisse

RYDENE°



Fer polymaltose intraveineux :
angiœdèmes, etc.
Des effets indésirables graves pendant la perfusion, et plusieurs heures
après.

C

hez les patients souffrant d’une anémie par carence martiale, le fer doit
parfois être administré par voie intraveineuse. Le fer saccharose s’administre,
après dilution, en perfusion lente (1).
D’autres fers intraveineux ont été autorisés, sans progrès tangible : notamment
le carboxymaltose ferrique, alias fer polymaltose, qui semble augmenter la mortalité surtout quand la perfusion initiale
atteint 1 000 mg (1,2).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Clermont-Ferrand a analysé
73 effets indésirables imputés au fer polymaltose, issus de la base de données
française de pharmacovigilance et notifiés
chez 40 patients, 32 femmes et 8 hommes (âge médian de 46,5 ans) (3). La
dose reçue a été en moyenne de 502 mg,
le plus souvent pour anémie par carence
martiale. Chez 15 patients, les effets

indésirables notifiés étaient graves.
1 patient est mort d’un bronchospasme
avec arrêt cardiorespiratoire.
Il s’agissait surtout d’effets : cutanéomuqueux (22 %) à type d’angiœdèmes,
d’urticaires  ; neuropsychiques (8  %)
notamment des céphalées  ; digestifs  ;
musculosquelettiques.
Les effets indésirables sont survenus
pendant la perfusion (27,5 %), dans les
minutes suivant la perfusion (12,5 %),
dans les heures suivantes (10 %), ou
dans les 2 jours suivants (12,5 %).
En pratique. Ces notifications françaises
confirment l’importance, quand on perfuse
du fer polymaltose, « d’avoir à disposition
les moyens nécessaires à une réanimation
cardio-respiratoire » comme le préconise
DCI

France

le résumé des caractéristiques (RCP) de
mars 2012 (4). Ce qui n’est guère applicable au domicile du patient. Ces notifications confirment aussi l’importance de
surveiller les patients même après la perfusion, même si le RCP est muet à ce
sujet.
©Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “fer polymaltose - Ferinject°.
3e fer intraveineux : prudence” Rev Prescrire 2011 ;
31 (328) : 97.
2- Prescrire Rédaction “ferumoxytol - Rienso°. Un
fer intraveineux plus risqué que le fer saccharose”
Rev Prescrire 2013 ; 33 (355) : 340.
3- Chenaf C et coll. “Post-marketing safety profile
of ferric carboxymaltose (Ferinject°)” 34es journées
de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013.
Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl.1) : 101
(abstract P2-114).
4- ANSM “RCP-Ferinject°” 15 mars 2012 : 7 pages.

Belgique

Suisse

fer polymaltose
(alias carboxymaltose)

FERINJECT°

INJECTAFER°

FERINJECT°

fer saccharose

VENOFER°

VENOFER°

VENOFER°

LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361 • PAGE 829

Vigilance
Insuffisance
cardiaque et
bortézomib

Prégabaline :
des effets indésirables cardiaques
Troubles du rythme, troubles de la
conduction, insuffisances cardiaques,
même à faible dose.

L

a prégabaline est un analogue de
l’acide gamma-amino butyrique
(GABA) proche de la gabapentine. Elle
est utilisée dans les douleurs neuropathiques, l’anxiété généralisée et les épilepsies partielles (1,2). Son profil d’effets
indésirables est principalement constitué
de troubles neuropsychiques, d’abus et
de dépendances, de troubles digestifs,
de prises de poids, d’éruptions cutanées,
d’atteintes hépatiques, d’anomalies du
champ visuel et de troubles hématologiques (1,3). Des insuffisances cardiaques ont aussi été rapportées (1).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Paris Fernand-Widal a analysé
41 notifications d’effets indésirables cardiaques imputés à la prégabaline dans
la base de données française de pharmacovigilance (4).
Utilisation dans la douleur neuropathique, notamment. Il s’agissait de
26 femmes et de 15 hommes, d’âge
médian 74 ans, prenant la prégabaline
le plus souvent pour des douleurs neuropathiques. Les effets indésirables cardiaques observés ont été  : 25 troubles
du rythme ou de la conduction (bradycardie, tachycardie, bloc auriculo-ventriculaire, fibrillation auriculaire) ; 13 insuffisances cardiaques  ; 5 palpitations et
1 infarctus du myocarde. 26 de ces effets
indésirables cardiaques ont été cotés
comme graves (4).

DCI

France

Souvent à moins de 150 mg par jour.
La dose médiane de prégabaline était
de 100 mg par jour, inférieure aux 150 mg
à 600 mg par jour préconisés par le
résumé des caractéristiques (RCP) de
spécialités à base de prégabaline (2,4).
Le délai de survenue était connu pour
59 % des notifications : le délai médian
a été de 9 jours (4).
Pour 35 patients, l’évolution était
connue : 30 patients ont guéri, 3 étaient
en cours d’amélioration. 2 patients sont
morts : une femme âgée de 77 ans après
décompensation cardiaque et un homme
de 58 ans d’un infarctus du myocarde
alors qu’il prenait aussi de la gemcitabine
et du cisplatine. 32 patients sur 41 avaient
des antécédents de troubles cardiaques (4).
En pratique. Mieux vaut évoquer le
rôle de la prégabaline devant des troubles
cardiaques, et parfois l’arrêter, en particulier chez des patients déjà atteints de
troubles cardiaques.
©Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “12-1-11. Patients sous gabapentine ou prégabaline” Rev Prescrire 2012 ; 32
(350 suppl. interactions médicamenteuses).
2- Commission européenne “RCP-Lyrica° 25 mg
gélules” 3 juin 2013 : 203 pages.
3- Prescrire Rédaction “Prégabaline : des effets indésirables graves à surveiller” Rev Prescrire 2008 ; 28
(301) : 833.
4- Martinez I et coll. “Cardiac events and pregabalin :
spontaneous reports notified to the French pharmacovigilance database” 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin
Pharmacol 2013 ; 27 (suppl. 1) : 95 (abstract P 2-086).

Belgique

Suisse

cisplatine

CISPLATINE MYLAN°
ou autre

CISPLATINE HOSPIRA°
ou autre

CISPLATINE TEVA°
ou autre

gabapentine

NEURONTIN° ou autre

NEURONTIN° ou autre

NEURONTIN° ou autre

gemcitabine

GEMZAR° ou autre

GEMCITABINE HOSPIRA° GEMZAR° ou autre
ou autre

prégabaline

LYRICA°

LYRICA°

PAGE 830 • LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361

LYRICA°

Des notifications en France.

L

e bortézomib (Velcade°) est un cytotoxique proposé dans certains myélomes multiples (1,2). Son utilisation est
délicate en raison de ses effets indésirables cardiaques (péricardites, troubles
du rythme), hématologiques, neurologiques et des risques élevés d’interactions
médicamenteuses (1).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse a rapporté l’observation d’un homme âgé de 58 ans qui prenait du bortézomib une fois par mois
pour un myélome multiple (3). Ce patient
n’avait pas d’antécédent cardiaque connu,
ni de facteur de risque cardiovasculaire.
Mesurée par échographie cardiaque, la
fraction d’éjection ventriculaire gauche,
normale avant le traitement, est devenue
inférieure à 35 % en 4 mois sous bortézomib (3).
Dans la base de données française de
pharmacovigilance, de 2005 à 2012, sur
les 37 notifications d’effets indésirables
cardiaques imputables au bortézomib, il
y avait 22 insuffisances cardiaques. Les
patients, 12 hommes et 10 femmes,
étaient âgés de 70 ans en moyenne.
3 patients sont morts peu après la prise
du bortézomib (3).
Les autres notifications ont été 6 syndromes coronariens aigus, 4 troubles du
rythme, 3 bradycardies avec hypotensions
artérielles, 1 péricardite et 1 hypertension
artérielle pulmonaire (3).
En pratique. Le bortézomib expose
les patients à un risque d’insuffisance
cardiaque à prendre en compte dans le
choix et le suivi du traitement.
©Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Bortézomib : dosage faible
parfois utile, et liste des contre-indications allongée”
Rev Prescrire 2009 ; 29 (308) : 429.
2- “Bortezomib”. In: “Martindale The complete drug
reference” The Pharmaceutical Press, London. Site
www.medicinescomplete.com consulté le 6 juin
2013 : 8 pages.
3- Despas F et coll. “Involvement of bortezomib in
the occurrence of heart failure : one case report and
the review of the French Pharmacovigilance database” 34es journées de pharmacovigilance, Angers :
22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ;
27 (suppl. 1) : 122 (abstract P 2-216) (version complète 1 page).

Pristinamycine :
effets indésirables cutanés graves
Un délai de survenue court.

L

a pristinamycine est un antibiotique
apparenté aux macrolides, commercialisé depuis les années 1970 en France.
Ses indications ont été restreintes en
2012 faute d’efficacité démontrée dans
certaines situations (1).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Paris Cochin-Saint Vincent de
Paul a analysé les observations d’effets
indésirables cutanés enregistrées
dans la base de données française de
pharmacovigilance (2). Sur environ
1 650 effets indésirables cutanés imputés
à la pristinamycine notifiés entre 1995
et 2012, 57 % étaient graves.
Parmi 377 cas d’effets indésirables
cutanés graves notifiés, ont été rapportés : 51 pustuloses exanthématiques
aiguës généralisées, 37 hypersensibilités

immédiates, 32 vascularites ou purpuras
vasculaires et 13 syndromes de StevensJohnson ou de Lyell. Les délais de survenue ont été de 1 à 13 jours, avec une
médiane de 2 jours pour les syndromes
de Stevens-Johnson ou de Lyell, et une
médiane de 1 jour pour les pustuloses
exanthématiques aiguës généralisées.
Parmi les 22 cas de syndromes d’hypersensibilité multiorganique (alias Dress)
notifiés, liés à la prise de pristinamycine,
15 sont survenus dans un délai inférieur
à 2 jours après la prise de la pristinamycine. Cet effet n’est pas cité dans le
résumé des caractéristiques (RCP) des
spécialités à base de pristinamycine.

DCI
pristinamycine

En pratique. La pristinamycine n’est
pas un antibiotique de première ligne.
Mieux vaut n’y recourir qu’en l’absence
d’alternative moins dangereuse (1).
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Pristinamycine : restriction
des indications, faute d’efficacité démontrée dans
plusieurs situations” Rev Prescrire 2013 ; 33 (352) :
106.
2- Borgnon A et coll. “Evolution and characteristics
of pristinamycin-induced adverse effets analysis
from the French National Pharmacovigilance database” 34es journées de pharmacovigilance, Angers :
22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ;
27 (suppl.1) : 12 (abstract 05-04) (version complète
20 pages).

France
PYOSTACINE°

Belgique


Suisse


Étoricoxib :
un bilan français des effets indésirables
Œdèmes périphériques, troubles
digestifs, cardiovasculaires et cutanés
graves.

L’

étoricoxib est un anti-inflammatoire
non stéroïdien (AINS) dit sélectif de
la cyclo-oxygénase 2 alias coxib. Il est
commercialisé en France depuis 2010,
dans les douleurs de l’arthrose, malgré
des effets indésirables plus nombreux
qu’avec d’autres AINS (1,2).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Clermont-Ferrand a présenté
un bilan des effets indésirables imputés
à l’étoricoxib issus de la base de données
française de pharmacovigilance et de
celle de la firme qui le commercialise,
entre mars 2010 et mars 2012 (3).
311 effets indésirables ont été analysés
concernant 207 patients, âgés de 63 ans
en moyenne, dont 132 femmes (64 %).
Les patients prenaient de l’étoricoxib pour
moitié pour de l’arthrose, et pour moitié
hors autorisation de mise sur le marché.

Ont été recensés notamment : des
effets indésirables rénaux, dont 5 insuffisances rénales aiguës, 3 syndromes
néphrotiques ; des effets indésirables
cardiovasculaires, dont 35 œdèmes,
22 hypertensions artérielles, 7 insuffisances cardiaques congestives, 14 troubles cardiovasculaires thrombotiques,
artériels et veineux ; des effets indésirables digestifs, dont 3 hémorragies digestives, 2 ulcères non compliqués ; 12 réactions d’hypersensibilité et 1 syndrome
de Lyell (3). 2 patients sont morts.

male efficace. La présence d’étoricoxib
sur le marché est plus dangereuse
qu’utile aux patients.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “étoricoxib  (Arcoxia°).
Aucune douleur ne justifie un coxib” Rev Prescrire
2007 ; 27 (287) : 645-650.
2- Prescrire Rédaction “Étoricoxib en vente  : pas
d’accord !” Rev Prescrire 2010 ; 30 (318) : 257.
3- Chenaf C et coll. “Post-marketing surveillance of
Arcoxia° (etoricoxib) safety : a 2-year follow-up in
France” 34es journées de pharmacovigilance,
Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl. 1) : 105 (abstract P2-134).

En pratique. Quand un AINS paraît
souhaitable, il est prudent d’utiliser l’ibuprofène ou le naproxène, largement
éprouvés, en recherchant la dose miniDCI

France

Belgique

Suisse

étoricoxib

ARCOXIA°

ARCOXIA°

ARCOXIA°

ibuprofène

BRUFEN° ou autre

BRUFEN° ou autre

BRUFEN° ou autre

naproxène

NAPROSYNE° ou autre

APRANAX° ou autre

PROXEN° ou autre

LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361 • PAGE 831

Vigilance
Colchicine :
surdoses de cytotoxique
Insuffisances rénales, interactions
médicamenteuses, antidiarrhéiques
associés, etc.

L

a colchicine est un cytotoxique utilisé
dans le traitement symptomatique
de la crise de goutte, elle réduit la réaction
inflammatoire (1). Son profil d’effets indésirables est surtout constitué de  : diarrhées, premiers signes d’alerte d’une
surdose avant l’apparition de troubles
plus sévères ; atteintes des lignées sanguines (agranulocytoses parfois mortelles,
thrombopénies, anémies) ; neuromyopathies  ; azoospermies. Ces effets sont
dose-dépendants (1). La dose efficace
et la dose toxique sont voisines : la marge
thérapeutique est étroite.
Le Centre régional de pharmacovigilance de Grenoble a étudié de façon
rétrospective au centre hospitalo-universitaire de Grenoble des dossiers médicaux de 1 024 patients prenant de la
colchicine entre 2007 et 2011. Les
auteurs ont recherché les facteurs de
surdose de colchicine (2).
Au moins un facteur de surdose a été
décelé chez plus de la moitié des patients :
594 patients (environ 58 %) étaient âgés
de plus de 75 ans ; 267 (26 %) prenaient
un médicament antidiarrhéique ; 69 étaient

en insuffisance rénale ; 20 autres patients
prenaient un médicament exposant à des
interactions d’ordre pharmacocinétique :
vérapamil, ciclosporine, pristinamycine,
macrolides. La colchicine est un substrat
de l’isoenzyme CYP 3A4 du cytochrome
P450 et de la glycoprotéine P.
Environ 58 % des patients avaient reçu
une dose de charge. Pour 1/3 des patients
seulement, le motif de prise de colchicine
était la crise de goutte.
143 patients (soit 14 %) ont eu une
surdose de colchicine dont 3 cas graves
avec mise en jeu du pronostic vital. Ces
patients avaient au moins un facteur de
risque déjà connu : âge supérieur à
75 ans (environ 75 % des cas de surdose), dose de charge (70  %), insuffisance rénale sévère (8  %), interaction
médicamenteuse (6 %).
En pratique. La colchicine est un médicament dangereux et mieux vaut ne l’utiDCI

liser qu’en recours après un traitement
jugé insuffisant. Quand la colchicine est
utilisée, le risque de surdose justifie de
minimiser la dose quotidienne et la durée
de prise, et d’assurer un suivi clinique
étroit, en particulier chez les patients
insuffisants rénaux ou âgés, afin de repérer les symptômes annonçant une surdose, surtout la diarrhée, qui en est le
symptôme le plus précoce.
Mieux vaut ne pas associer de médicament antidiarrhéique, qui risque de
retarder l’alerte en masquant la surdose.
©Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “20-3-3. Patients sous colchicine” Rev Prescrire 2012 ; 32 (350 suppl. interactions médicamenteuses).
2- Yahiaoui N et coll. “Conditions use of colchicine
in practice and risks factors of intoxication“ 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril
2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013  ; 27
(suppl. 1) : 68 (abstract P1-110) (version complète
1 page).

France

Belgique

Suisse

ciclosporine

NEORAL°, SANDIMMUN°

NEORAL SANDIMMUN°

SANDIMMUN NEORAL°

colchicine

COLCHICINE
OPOCALCIUM°

COLCHICINE
OPOCALCIUM°



pristinamycine

PYOSTACINE°





vérapamil

ISOPTINE° ou autre

ISOPTINE° ou autre

ISOPTIN° ou autre

Antithrombotiques, cytotoxiques :
trop souvent mortels
Anticoagulants, antiagrégants plaquettaires et anticancéreux en tête
des médicaments mortels à l’hôpital
dans une étude menée à Bordeaux.

E

n France, on dispose de peu de données nationales concernant la mortalité causée par les médicaments (1).
Par extrapolation à partir de données
d’autres pays, on considère très approximativement en France qu’environ
20 000 patients âgés ou invalides meurent chaque année d’effets indésirables
des médicaments à l’hôpital (1).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Bordeaux a mené une étude

de cohorte rétrospective sur une période
d’un an, à partir des bases de données
de deux hôpitaux de la région Aquitaine,
dont le centre hospitalo-universitaire de
Bordeaux. Il a recensé 66 patients dont
la mort a été imputée à un médicament.
31 de ces patients sont morts d’hémorragie en lien avec la prise d’un anticoagulant et/ou d’un antiagrégant plaquettaire
(médicament non précisé). Pour 16 autres
patients, la mort a été imputée à la prise
de médicaments anticancéreux (médicament non précisé) (2).
En pratique. Cet aperçu local rappelle
l’étroitesse de l’écart entre dose efficace

PAGE 832 • LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361

et dose néfaste de nombreux médicaments, en particulier antithrombotiques
et cytotoxiques, et souligne l’urgence
d’aider sérieusement les soignants à
améliorer leurs pratiques de façon
concrète.
©Prescrire

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Effets indésirables mortels
des soins hospitaliers” Rev Prescrire 2011 ; 31 (330) :
269.
2- Begnis L et coll. “Medicine-associated deaths and
use of the medical hospital database : extension of
a previous study” 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin
Pharmacol 2013  ; 27 (suppl.  1)  : 99 (abstract P2108).

Quétiapine :
colites ischémiques
Comme avec d’autres neuroleptiques, des atteintes parfois mortelles.

L

a quétiapine (Xeroquel LP°) est un
neuroleptique dit atypique. Comme
les autres neuroleptiques, elle expose
notamment à des iléus, constipations,
perforations digestives et nécroses intestinales (1,2,3).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Montpellier a analysé 8 observations de patients atteints de colite ischémique et de nécrose gastro-intestinale
enregistrées dans la base de données
française de pharmacovigilance et imputées à la quétiapine (4). Les patients,
4 hommes et 4 femmes, étaient âgés en
moyenne de 34 ans.
Les troubles sont survenus dans un
délai de 10 jours à 81 jours après le

début de la prise de quétiapine. 4 patients
ont eu des complications digestives graves
motivant une résection complète ou partielle du côlon. 2 de ces patients sont
morts. Un autre neuroleptique ou d’autres
médicaments ayant un effet atropinique
étaient associés chez 6 patients (4).
Parmi les 65 observations de patients
atteints d’effets indésirables similaires et
rapportées dans cette base de données
avec l’ensemble des neuroleptiques, 66 %
des patients prenaient plus d’un neuroleptique et 60 % des patients étaient traités à la fois par un neuroleptique et par
un autre médicament atropinique (4).
En pratique. Les neuroleptiques, y
compris la quétiapine, exposent à un ralentissement du transit intestinal lié à un effet
atropinique, avec parfois des complications

graves telles que la colite ischémique
(2à4). Associer des neuroleptiques entre
eux augmente ce risque. La survenue de
troubles digestifs en lien avec un traitement
neuroleptique est à repérer au plus tôt,
compte tenu de la gravité potentielle.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “19-1-3. Profil d’effets indésirables des neuroleptiques” Rev Prescrire 2012 ; 32
(350 suppl. interactions médicamenteuses).
2- Prescrire Rédaction “Colites ischémiques et neuroleptiques” Rev Prescrire 2007 ; 27 (289) : 830.
3- Prescrire Rédaction “Neuroleptiques : occlusions
intestinales” Rev Prescrire 2011 ; 31 (330) : 268.
4- Pinzani V. et coll. “Quetiapine-induced ischemic
colitis  : review of the French Pharmacovigilance
database” 34es journées de pharmacovigilance,
Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl. 1) : 24 (abstract 14-05).

Syndromes de Lyell et apparentés :
un bilan espagnol
Environ 900 notifications, qui apportent des données utiles.

L

e syndrome de Lyell, le syndrome
de Stevens-Johnson et l’érythème
polymorphe sont des dermatoses bulleuses rares (1). On considère souvent
qu’il s’agit de formes cliniques plus ou
moins graves de la même affection, le
syndrome de Lyell étant la forme la plus
grave. Il correspond à un décollement
brutal et étendu de la peau et des
muqueuses, mortel dans 30 % des cas.
La fréquence des syndromes de Lyell et
de Stevens-Johnson est estimée à
150 cas par an en France (soit 2 cas à
3 cas par an et par million d’habitants),
et à environ 1 000 cas par an dans l’Union
européenne. Le syndrome de Lyell est
presque exclusivement dû à la prise de
médicaments (1).
Le Centre de pharmacovigilance
d’Oviedo en Espagne a recensé les
observations de ces 3 types de réactions
cutanées graves enregistrées dans la
base de données de pharmacovigilance
espagnole entre janvier 1980 et octobre

2009, soit 265 syndromes de Lyell,
257 syndromes de Stevens-Johnson et
377 érythèmes polymorphes (2). Les
10 médicaments exposant le plus souvent
à des effets indésirables cutanés graves
ont été  : des antiépileptiques dont la
carbamazépine, la phénytoïne, la lamotrigine ; l’allopurinol ; des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et le paracétamol ; des antibiotiques (le sulfaméthoxazole + triméthoprime et l’amoxicilline) (2). Les médicaments impliqués sont
ceux déjà connus (1).
En pratique. Le syndrome de Lyell
est presque exclusivement dû à la prise
DCI

France

de médicaments. Dès le diagnostic évoqué, arrêter le ou les médicaments suspectés et hospitaliser le patient en
urgence améliorent son pronostic vital.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Syndromes de Lyell et syndromes de Stevens-Johnson d’origine médicamenteuse” Rev Prescrire 2008 ; 28 (295) : 347-350.
2- Salgueiro ME et coll. “Toxic epidermal necrolysis,
Stevens-Johnson syndrome and erythema multiforme induced by drugs. Data from the Spanish
Pharmacovigilance System” 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013  ; 27 (suppl.  1)  : 106
(abstract P 2-136).

Belgique

Suisse

allopurinol

ZYLORIC° ou autre

ZYLORIC° ou autre

ZYLORIC° ou autre

amoxicilline

CLAMOXYL° ou autre

CLAMOXYL° ou autre

CLAMOXYL° ou autre

carbamazépine

TEGRETOL° ou autre

TEGRETOL° ou autre

TEGRETOL° ou autre

lamotrigine

LAMICTAL° ou autre

LAMICTAL° ou autre

LAMICTAL° ou autre

phénytoïne

DI-HYDAN°

DIPHANTOINE° ou autre

PHENYTOÏNE GEROT°
ou autre

sulfaméthoxazole
+ triméthoprime,
alias cotrimoxazole

BACTRIM° ou autre

BACTRIM°, EUSAPRIM°

BACTRIM° ou autre

LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361 • PAGE 833

Vigilance
Décongestionnants
vasoconstricteurs :
accidents graves en France (suite)
Un bilan français de pharmacovigilance confirme les dangers injustifiés auxquels les patients sont exposés.

L

es décongestionnants vasoconstricteurs sympathomimétiques exposent
à des effets indésirables disproportionnés
avec leur efficacité fugace sur des troubles bénins et passagers tels que le
rhume (1,2).
Le Centre régional de pharmacovigilance de Toulouse a analysé 142 effets
indésirables cardiovasculaires ou neuropsychiques imputés aux décongestionnants utilisés par voie orale ou nasale,
recensés chez 111 patients et enregistrés
dans la base de données française de
pharmacovigilance entre 2007 et
2011 (3). Les patients étaient âgés de
44 ans en moyenne, 71 étaient des
femmes, un enfant dans 6 cas.
Un patient est mort, 7 ont gardé des
séquelles (3).
56 effets indésirables cardiovasculaires
ont été recensés chez 39 patients. Il
s’agissait notamment de tachycardies
(13 fois), d’accidents vasculaires cérébraux (13 fois), de palpitations (10 fois),
d’hypertensions artérielles (8 fois), de
crises d’angor ou douleurs thoraciques
(3 fois), d’hypotensions artérielles (2 fois),
d’infarctus du myocarde (1 fois), d’ischémie ou nécrose (1 fois).
86 effets indésirables neuropsychiques
ont été recensés chez 72 patients. Il
s’agissait notamment de céphalées
(19 fois) et de convulsions (9 fois).

Métronidazole :
neuropathies
périphériques
Gare aux fortes doses cumulées.

Les deux tiers des effets indésirables
notifiés concernaient une spécialité orale
disponible sans ordonnance.
La posologie était non conforme à celle
préconisée dans les résumés des caractéristiques (RCP) pour 26 notifications,
dont 2 cas de dépendance. L’association
de 2 vasoconstricteurs était présente
dans 8 cas. Des surdoses volontaires
ont été notifiées chez 3 jeunes de 14 ans
à 16 ans.
En pratique. Ces données françaises
sont une confirmation de plus. Les décongestionnants vasoconstricteurs que sont
l’éphédrine, la naphazoline, l’oxymétazoline, la pseudoéphédrine, la phényléphrine et le tuaminoheptane continuent
de faire courir des risques disproportionnés aux patients exposés.
Pour protéger les patients, la mesure
la plus adaptée est tout simplement le
retrait du marché. Faute de décision efficace des autorités de santé et des firmes,
reste à chacun d’informer les patients et
de les aider à se soigner sans ces médicaments plus dangereux qu’utiles.
©Prescrire
Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Rhumes : traitement” IdéesForces Prescrire mises à jour mars 2013 : 5 pages.
2- Prescrire Rédaction “Vasoconstricteurs décongestionnants : une inertie dangereuse des autorités de
santé” Rev Prescrire 2013 ; 33 (352) : 103.
3- Bondon-Guitton E et coll. “Cardiovascular and
neurological adverse drug reactions with oral or
nasal decongestants in France” 34es journées de
pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013. Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl.1) : 38 (abstract 22-10) (version complète 9 pages).

L

e métronidazole (Flagyl° ou autre)
est un anti-infectieux qui expose à
des neuropathies périphériques surtout
quand il est pris de façon prolongée ou
à forte dose (1,2). L’arrêt du métronidazole
ou la diminution de la dose permet le
plus souvent la régression lente des troubles, voire leur disparition (1,2).
Le Centre régional de pharmacovigilance
de Lyon a recensé les notifications spontanées de neuropathies périphériques
imputées au métronidazole enregistrées
entre 2002 et 2012 dans la base de données française de pharmacovigilance (3).
37 observations ont été analysées
concernant 23 femmes et 14 hommes âgés de 52 ans en moyenne. La
dose journalière de métronidazole, connue
pour 29 patients, a été chez 25 patients
supérieure ou égale à la dose recommandée de 1,5 g par jour. Le délai médian
d’apparition des symptômes par rapport
au début de la prise du médicament a
été de 60 jours, compris entre 3 jours et
plus de 19 mois ; la dose cumulée
médiane était de 90 g. Pour 8 patients,
des signes neurologiques centraux étaient
associés, à type de syndromes cérébelleux, et de troubles de l’équilibre. L’évolution à 1 an, connue pour 14 patients, a
été une amélioration pour 10 patients, et
une aggravation pour 4. Chez 2 patients,
les symptômes sont réapparus lors de la
réintroduction du métronidazole (3).

éphédrine nasale

(a)

ENDRINE°



En pratique. Devant des signes de
neuropathie périphérique chez un patient
qui prend du métronidazole, surtout en
cas de fortes doses cumulées, mieux
vaut envisager que le médicament soit
en cause, et parfois l’arrêter.

naphazoline nasale

(a)

VASOCEDINE
NAPHAZOLINE° ou autre



©Prescrire

oxymétazoline nasale

ATURGYL° ou autre

NESIVINE° ou autre

NASIVINE° ou autre

phényléphrine orale

(a)

(a)

(a)

phényléphrine nasale

(a)

(a)

SPRAY NASAL SPIRIG°

pseudoéphédrine orale

(a)

VASOCEDINE
PSEUDOEPHEDRINE°

(a)

tuaminoheptane

(a)



(a)

DCI

France

Belgique

a- Seulement en association.

PAGE 834 • LA REVUE PRESCRIRE NOVEMBRE 2013/TOME 33 N° 361

Suisse

Extraits de la veille documentaire Prescrire.

1- Prescrire Rédaction “Neuropathies périphériques
d’origine médicamenteuse” Rev Prescrire 2013 ; 33
(354) : 269-275.
2- “Metronidazole”. In: “Martindale The complete
drug reference” The Pharmaceutical Press, London.
Site www.medicinescomplete.com consulté le 2 juin
2013 : 29 pages.
3- Paret N et coll. “Metronidazole-induced peripheral neuropathy : a case series” 34es journées de pharmacovigilance, Angers : 22-24 avril 2013.
Fundamental Clin Pharmacol 2013 ; 27 (suppl. 1) : 24
(abstract 14-06) (version complète 6 pages).




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