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Titre: Inventaire de collection d'art africain.Pierre Flament
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Inventaire de collection d’objets d’art africain.
Collectée depuis plus de 30 ans, parfois dans les villages ou au hasard de rencontres avec des passionnés, ma
collection s’est réduite désormais à quelques dizaines d’objets. En 2000 lorsque j’ai ouvert une galerie, les pièces
se comptaient par centaines et bien que j’aie arrêté l’activité il y a quelques années, j’ai continué de vendre et
échanger des objets.
Ainsi, petit à petit, les masques, statues, bronzes et mêmes tissus, sont devenus moins pléthoriques mais de qualité
toujours plus fine, il était temps que je fasse un point et de partager le résultat.
Bien que pour l’essentiel, il s’agisse d’objets anciens et ayant été fonctionnels un temps, j’ai cependant conservé
de rares objets sans passé cultuel mais qui pourtant m’enchantent par leur forme, la matière ou les patines. Sans
être anciens ou avoir été fonctionnels un jour, ils sont authentiques ; c’est-à-dire fabriqués dans leur berceau
d’origine, par des artisans talentueux. Ils méritent d’être proposés à l’œil.
C’est un catalogue-inventaire personnel pas un ouvrage d’art ou une somme de connaissances universitaires. Au
premier chef, il ne s’adresse pas aux experts qualifiés et spécialisés. C’est l’organisation de quelques
photographies sans artifices, informations générales et commentaires personnels. Je l’espère, un fascicule destiné
aux amateurs en devenir ; un témoin que l’on peut se passer de main en main pour initier et inciter au
perfectionnement avec l’humilité qui toujours doit accompagner celui qui veut progresser.
Aucun livre n’apportera une vue complète des arts de l’Afrique. Le domaine est si vaste et je m’intéresse à tout;
voici donc une présentation de cet ensemble éclectique d’œuvres appartenant à un amateur passionné par les
histoires qu’elles nous racontent.
Pierre Flament

1

Masque IGBO, Nigéria
Masque mwoo
Peuple : IGBO
Pays : Nigeria
Taille : 56 cm
Poids : 1,350 kg
Bois léger.
Trace de pigments, couleurs bleu et vert et rouge sur la coiffure, et de teinte noire/brune : le plus souvent la face
des masques Igbos sont peintes de couleur blanche, la couleur de l’esprit.
Il s’agit de l’esprit Agbogho, l’esprit de la jeune fille qui exprime l’idée de mystère et d’espièglerie. Ce masque
représente la beauté et la pureté d’une jeune femme défunte, mais il est porté par un homme. Il est exhibé pour les
cérémonies festives ou les funérailles d’une personne importante. Coiffures et parures sont raffinées.
La finesse des traits, la complexité de la coiffure, cette beauté hiératique de l’idéal féminin Igbo, autant de
qualités formelles qui m’ont fasciné dans ce type de masque.
La patine d’usage, l’ancienneté accentuent encore la force spirituelle de cette représentation féminine fascinante.

2

Masque BAULE ancien
Peuple BAULE
République de Côte d’Ivoire
Taille 27 cm.
Poids : 3,3 kg
Bois dur, patine générale brillante ou granuleuse sur la face du singe, réparation locale de fissures du bois à l’aide
d’ « agrafes » artisanales.
Guidé par la reine Abla Pokou un groupe d’Akans a migré depuis le Ghana actuel pour s’installer entre les fleuves
Bandama et Comoué. Le nom Baoulé vient “ba ou li” (“l’enfant est mort”), cri lancé après le sacrifice du fils
unique de la reine afin de passer les flots du fleuve par un pont formé d’hippopotames. Dans une autre version, ce
sont les arbres des deux rives qui se sont couchés pour former un passage ou un fromager géant.
Sur place, j’ai entendu une histoire relatant que ce serait un singe qui aurait délivré à la reine le moyen de passer
la rivière.
Protecteur mais dont la puissance est crainte, Gbekré (ou Mbotumbo) est une divinité importante puisqu’elle est
censée juger les âmes dans l’au-delà.
Souvent un modèle pour la statuaire Baoulé, le singe est rarement représenté sous la forme d’un masque.

3

Masque HEMBA
Peuple HEMBA
République Démocratique du Congo
Bois léger
Pigment blanc.
Taille 17 cm
Poids : environ 150 gr
Résine pour la réparation indigène de l’œil droit.
La forme du visage, rappelle celle du visage des statues d’ancêtres.

4

Statuette masculine BAOULE
Peuple Baoulé
Statue de assiè oussou, génie de la nature
Taille : 34 cm
Poids 1,1 kilo
Année présumée : 1930
Bois dur, peinture type Ripolin.
Ripolin : marque de peinture industrielle disponible en Afrique de l’ouest dès le début des années 1900.Utilisée
par le sculpteur par facilité en remplacement des pigments naturels.
Chez les Baoulés, le rouge est la couleur de la vie, du renouveau et de la puissance.
Les assié oussou (ou asé asu, …), peuvent se révéler très néfastes pour l’agriculture, la santé, la chasse…Imaginés
très laids (cheveux rouges, peau sale, pieds tournés vers l’arrière, gros yeux, un seul bras …) par la conscience
collective baoulé, le sculpteur prendra soin de rendre attractive la statue commandée par le guérisseur pour son
client ; les génies de la nature acceptent ainsi d’occuper la statuette et d’intercéder pour le bien du demandeur.
Toujours représentés assis à la différence des blolo bla et blolo bian (époux et épouse de l’au-delà) dont le culte
meurt avec le propriétaire, la révérence à ce type de réceptacle de la puissance du génie, continue avec les
descendants du commanditaire.
Il faudra donc longtemps et parfois l’intervention d’autres cultes ou les assauts de la modernité pour que les
héritiers abandonnent cet objet plus rare.

5

Poteau de protection de village BWA BA

Poteau de protection du village de HOUNDE au Burkina Faso
Bois de densité moyenne.
Taille : 78 cm
Poids 7 kg
1940
Ce poteau m’a été remis en 2001 par Tiaro Didiro le chef et féticheur du village de Houndé. Le chef que j’ai
connu dans les années 90 m’a dit avoir connu ce poteau alors qu’il n’était encore qu’un enfant.
Cette objet rare, représente Afanti, une ancêtre qui la première à souhaité protéger le village en rendant hommage
à Kansi, ancêtre fondateur du village. L’esprit de Kansi à été capté dans ce poteau qui en 1940 faisait un mètre de
plus que la taille actuelle avant d’être érodé par le temps, le climat et quelques insectes xylophages.
Abîmé, le poteau étant rendu indigne de sa fonction, il a été réformé pour être remplacé par un bois neuf en 2000.
A cette occasion rare (plus de 60 années entre chaque nouveau poteau de protection), une cérémonie a eu lieu
pour désacraliser l’objet. Pour ce faire, les croûtes sacrificielles ont été retirées par grattage, garantissant ainsi
que cet objet a été définitivement écarté selon les règles en usage. Il reste néanmoins des traces éloquentes de ces
offrandes sacrificielles.

6

Poteau de chef de village MOSSI
Images…
7

Poteau de chef de village MOSSI
… et description.

Peuple MOSSI
Pays : Burkina-Faso (région de Ouahigouya)
Bois dur Karité
Taille : 2,20 m sans son socle.
Poids : 28 kg sans son socle.
Age : 1980
En bois de Karité, ceci est un poteau monoxyle de chef de village du nord du Burkina-Faso.
La tête de l’animal représenté à l’extrémité supérieure est celle d’un chat. Cet animal, choisi par le chef pour ses
capacités de vision autant diurne que nocturne, est en charge de protéger la concession et la famille, de jour
comme de nuit. Le personnage féminin est plus grand et disposé au dessus de l’homme plus petit. Ils représentent
tous les deux, la base de toute société villageoise.
Planté devant la maison en compagnie de son jumeau, de part et d’autre de la porte d’entrée. Il a pour fonction
pratique, de servir de crochet pour le sac du chef ; c’est la raison pour laquelle des marques d’usure sont visibles
entre les oreilles de l’animal totémique.
Le visiteur se doit de passer la main sur les personnages en signe de respect. Ainsi, après quelques années
d’usage, le bois laisse apparaître des transparences au ton chaud et une patine brillante par endroit (genoux, nez,
joues, sommet de la tête …)
Des traces de patine croûteuse, se remarquent sur les pieds des personnages, ainsi que dans les creux.
Le pied de l’objet est fortement érodé.

8

Statue MUMUYE Iagalganga
Peuple MUMUYE
Pays : Nigéria
Taille : 70 cm
Patines et érosion.
Pigment blanc.
Poids : environ 4 kg
Les mumuyés sont un peuple présent au nord-est du Nigeria (615 000) à proximité de la frontière avec le
Cameroun où ils sont environ 10.000. Ce sont des agriculteurs sédentaires, pour la plupart animistes. En raison
des difficultés d'accès à cette région, l'art des mumuyés était assimilé à celui des chambas et n'a été connu en
Europe qu'à partir de 1968 (étude de Philip Fry en 1970).
Leurs statues longilignes appelées iagalganga ou supa présentent une grande variété de formes et de styles selon
les villages. Ce sont généralement des esprits tutélaires qui ont un rôle plurifonctionnel au sein de la société, à la
fois gardien du lignage et de la maison, arbitre dans les jugements de justice ou guérisseur dans les pratiques
médicinales. Conservées dans une case particulière, elles sont un signe de prestige pour les familles qui en ont la
charge. Leur principale caractéristique, unique dans l'art africain, est l'ajourage systématique entre les corps et les
bras qui forment comme une spirale autour du buste mince et cylindrique. La tête peut être stylisée jusqu'à se
réduire à une sorte de bec sortant de la coiffe. Le sexe est rarement représenté. Ce sont les oreilles aux lobes
distendus qui indiquent l'appartenance au sexe féminin d'une statue.
Nous retrouvons dans la statue présentée ici, les caractéristiques des statues mumuyés avec son corps allongé, les
jambes courtes. J’ai été notamment séduit par le mouvement des bras enveloppant le torse ; un remarquable
travail technique de la part du sculpteur.
La statuaire fut découverte dans les années 1960, grâce notamment aux chercheurs Arnold Rubin et Albert
Maesen et il n’y aurait que 500 statues qui auraient subsisté !?
On peut croire ou ne pas croire que les cultes aient définitivement été abandonnés mais je pense que beaucoup de
ces relations avec les ancêtres, génies et esprits n’ont été qu’atténuées parfois un temps avant de revenir comme le
culte du Bwiti ( gabon ) ou l’usage des masques bagas en République de Guinée,..
La danse Zaouli ou « Djelalou Zaouli » qui ne fait qu’une avec le masque du même nom, en République
démocratique de Côte d’Ivoire est apparue tardivement (dans les années 50). J’ai personnellement assisté maintes
fois à la sortie de masques dans les villages.
9

LOBI
Statue féminine dite Bùthìba ;
Peuple : LOBI.
Pays : Burkina Faso
Région de Gaoua, village de Wele Wele
Taille : 80 cm sans le socle
Poids : environ 12 Kilos
Erosion du temps, traces d’attaques de xylophages.
Présumée sculptée au début du XX éme siècle.
Son aspect quelque peu redoutable en opposition à la paix qui semble se dégager du personnage représenté ici,
laisse à penser que cet objet a une fonction curative liée au rétablissement de l’esprit troublé.
Chez les lobis, la forme doit traduire clairement les intentions : exprimer quel est le danger et apporter une
impression de maîtrise de celui-ci.

10

LOBI
Statue masculine dite Thilkõtina,
Peuple : LOBI.
Pays : Burkina Faso
Origine : Gaoua
Hauteur : 91 cm
Poids : 16 kilos
En bois très dense, cette statue est très ancienne.
En effet, le retrait tangentiel de la fibre de bois, dû à une très longue période de séchage, a considérablement
raccourci longitudinalement les fibres. Comme le montre la photo de ses pieds, le bois a rétréci diminué de 8 à 10
mm sur une longueur de 91 cm. Ce retrait est considérable ; c’est un des paramètres à prendre en considération
quant à l’ancienneté d’un objet de ce gabarit.
Il s’agit d’une statue appelée « Thilkõtina ».Elle était associée à une représentation de femme qui a
malheureusement été séparée de l’homme.
Cet œuvre est sans exubérance formelle intentionnelle ; la pureté d’expression et la sensation d’un équilibre
rassurant sont parfaitement exprimées pour recevoir dignement la puissance de l’ancêtre tutélaire du groupe
attaché au foyer et de s’assurer sa protection bienveillante.
Où est la femme ? Un collectionneur en avait fait l’acquisition en souhaitant que le moment venu il les réunirait.
Après plus de 10 ans d’attente, le pauvre garçon attend toujours de revoir sa belle.

Détail pied Lobi, les tampons sont là pour son équilibre au sol.

11

TSHOKWE
Pays : République Démocratique du Congo et Angola
Lit d’apparat ?
Taille : 1, 14 m
Poids : environ 8 kg
Patine, érosion du bois dur au ton chaud.
Un objet comme celui-ci a été vendu 1,25 millions d’euros à la maison de la chimie à Paris en 2001. La hauteur
de l’enchère a fait couler plus d’encre que n’en a fait couler l’usage de cette œuvre. Les informations sont rares
mais la spéculation intense. Il s’agirait d’un lit d'apparat utilisé lors de ses audiences par un haut dignitaire du
XIXe.
Ci-dessous, celui-ci fait 17 cm de plus soit 1,31 m. N’ayant jamais vu l’objet de près et les photos étant rares, je
suppose qu’il repose sur 4 pieds identiques à celui de la photo de l’un d’eux ci-dessus. Sachant qu’une copie est
possible et qu’en général, comme je l’ai vu faire sur place, le modèle est reproduit depuis une photographie, le
sculpteur doit imaginer l’envers. A moins que cela soit un sculpteur tshokwé et de plus en connaissant l’usage,
des différences doivent se révéler faciles à détecter. Si j’ai la chance de trouver un complément d’information,
j’aurai des arguments pour être plus précis quant à l’ancienneté de cette pièce et son authenticité. En attendant,
j’apprécie de la voir dans ma collection.

Lit rituel tshokwé
Vente Goldet 2001

12

Statue de femme MOSSI.
Peuple MOSSI..
Pays : Burkina-Faso
De la région de Ouahigouya trouvée à Ouagadougou.
En bois mi-dur, elle mesure 70 cm et pèse environ 4 kg.
Pièce ancienne.
Les patines sont prononcées sur la poitrine et rappelle que les femmes mossies massent leurs seins afin de faire
venir le lait. Le bois semble usé et les fibres très marquées ; cette pièce est incontestablement ancienne et a eu un
usage intensif pour favoriser la fertilité.

13

Masque MOSSI

Acheté à Yako au Burkina-Faso
Hauteur 131 cm
Poids : environ 3 kilos ;
Age : 1980
Bois
Pigments modernes.
Acquis à Ouagadougou en 1998
Les masques ont plusieurs fonctions : ce sont des objets de culte, d'art et des accessoires nécessaires à la vie
sociale. Les masques sont utilisés lors des cérémonies qui accompagnent des étapes de la vie et des traditions
saisonnières. Au Burkina-Faso les masques sortent généralement au cours de la saison sèche.
En effet, respecter la tradition ne peut permettre de déroger aux devoirs agricoles. Organiser des funérailles, par
exemple, prends du temps ; c’est pourquoi la saison sèche est propice car moins exigeante dans les champs.
Les masques que j’ai souvent pu voir dans les villages, sont parés de couleurs vives et leur forme a parfois évolué
avec le temps. Plus un objet est ancien, plus il rapproche des origines formelles.

14

Statue de femme MOSSI
Peuple MOSSI
Région de Ouahigouya au Burkina-Faso
Haut : 67 cm
Bois dur
Poids : 8 kg environ
Achetée à Ouagadougou
On retrouve les scarifications, les seins longs pointés vers le bas, une coiffure en crête…Tous les canons de la
beauté reconnus chez les mossis.

15

Masque PENDE

Masque Mbuya
Peuple Pendé
Pays: R.D.C.
Bois léger
Taille : 22 cm
Poids : 150 gr +/Kaolin et peinture ; reste de fibres de la coiffe
C’est un masque féminin porté comme tous les masques par un homme.
Cependant , lors des cérémonies de circoncision, d’initiation ( Mukanda ), d’intronisation d’un chef ou encore
pour les semailles, il n’est pas seul ; une vingtaine de masque mbuya représentant des caractères comme le fou,
l’amoureux, le bourreau, l’épileptique, la coquette du village…, Et jouent leur rôle de régulateur social .
Ce masque vient de la collection d’un peintre « primitiviste » de la région de Montpellier. A sa première visite
chez moi, il a reconnu ce masque comme l’ayant rapporté lui-même d’un voyage au Zaïre en 1967.
Croire ou ne pas croire …L’histoire me plait et j’ai toutes les raisons de le croire, rien qu’à son air étonné de le
retrouver exposé chez moi.

16

Statue MOBA appelée « tchitcheri »
Pays : Togo
Bois dur, patines.
Taille : 1,30 m sans son socle
Poids : une dizaine de kilos
Age : + ou – 40 ans
Elle représente un ancêtre symbolisé par un corps humain avec un visage abstrait. Elle est initialement plantée
dans la terre. Les jambes, en contact avec le sol, sont parfois érodées ou manquantes. Elle a pour fonction
principale de protéger la communauté. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Ce type de statue a des vertus curatives et
amène la prospérité. Il existe trois sortes de statues tchitcheri. Elles se différencient par leurs tailles. La plus petite
est appelée yendu. Celle de taille moyenne se nomme bawoong, et, la plus grande : skawa.
Une des plus élégantes statues mobas, c’est mon avis. J’en ai vu plus trapues, de formes lourdes. Jusqu’à celle-ci,
je ne pensais pas en conserver une.
Sa grande taille l’associe au tchitchri skawa et évoque la mémoire du fondateur d’un clan.
Maladroitement soclée sur place, les pieds ont souffert mais cela n’entache pas sa gracieuse sobriété.
Ces objets de protection de la famille et de la concession sont parfois utilisés pour la divination.

17

Masque SALAMPASU
Pays : RDC
Bois léger
Pigments
26 cm de haut environ
Masque de facture tardive.
Il porte des traces de restauration incomplète.
Les masques Salampasus sont d’un abord effrayant et pour certains comme les masques guerriers, l’effroi est tel
que l’évocation de son nom suffit à faire fuir femmes et enfants. Son objectif est d’inspirer la peur.
On trouve le peuple Salampasu à l’Est du fleuve Kasai en République Démocratique du Congo. Ce peuple était
essentiellement composé de guerriers et de chasseurs. L’art Salampasu repose majoritairement sur l’élaboration
de masques. En effet, l’existence des statues et des objets rituels est très rare.
A l’image de leur structure sociale, on distingue trois types de masques : représentant soit la symbolique du
chasseur, soit celle du guerrier ou encore celle de la chefferie et du pouvoir. Ils sont souvent de sortie à l’occasion
des cérémonies d’initiations, et lors des rencontres entre les différentes classes sociales.

18

Jumeaux IBEJI YORUBA
IBEJI veut dire jumeau : IBI = né et EJI = deux.
Bois léger, patine d’usage et traces de pigment rouge (Camwood), perles.
Patines
Hauteur : 25 cm
Poids : 200 gr environ

Autrefois, la naissance de jumeaux était considérée comme un événement inexplicable et elle était accompagnée
de superstitions diverses. Ce phénomène était expliqué par une double paternité (deux pères différents), qui
prouvait en même temps l’infidélité de la mère. Cette croyance engendrait donc le meurtre de la mère et des
enfants.
En effet, les Yorubas croyaient qu’aucun être humain ne pouvait engendrer deux êtres humains à la fois. Donc, ils
considéraient les jumeaux comme des êtres mystérieux, surnaturels, qui portaient malheur à leurs familles. Par
conséquent à leur naissance, les deux jumeaux étaient tués et leur mère était rejetée du village.
On ne sait pas quand exactement les Yorubas changèrent leur attitude face aux jumeaux. Une légende raconte,
qu’il y a cent ans environ, une grande tristesse régnait dans les villages et dans les âmes de ses habitants. On
consulta alors l’oracle d’IFA qui ordonna d’arrêter les meurtres des jumeaux et dorénavant, de les honorer. C’est
une version mais, j’ai entendu aussi que ce changement serait arrivé il y a 200 ans environ.
L’IBEJI ne représente pas un enfant, comme l’on pourrait s’y attendre, mais un adulte, avec le visage et le corps
nu d’un adulte.
C’est le sculpteur qui décide de la forme artistique qu’il donnera à la statuette. Le seul élément essentiel est le
sexe du ou des jumeaux qui doivent être sculptés.
La hauteur varie entre vingt et trente centimètres. Comme tous les Ibéji, ses bras pendent vers le bas, les jambes
sont courtes et sa tête est grande par rapport au corps, avec une coiffure élaborée. Elle a visiblement été soignée
car la surface du bois est polie et présente des traces de pigments naturels, rouges et bleus.
Sources : d’après le Catalogue des Ibeji de Fausto Polo et Jean David
Plus généralement de forme ronde, la base est ici plus carrée.

19

BOCCHIO (ou Boccio, Bocio) FON
Origine : Bénin
Bois dur érodé, croûtes sacrificielles.
Taille : 19,5 cm hors socle.
Age : je l’ai acheté en 1987 à Gaoua en pays Lobi (pas très loin du Bénin et du Togo où vivent les Fons), en l’état
et bien conservé depuis. Il pourrait avoir été sculpté plus ou moins dans les années 50 à 60, voire bien avant tant
l’érosion semble ancienne.
Le mot de Bocio, désignant une antique manifestation religieuse, se compose de Bo signifiant pouvoirs et de Cio
signifiant cadavre. Le Bocio peut être utilisé à des fins bénéfiques ou maléfiques.
Ces objets sont des lieux où se concentre la force des VODUN et constituent un élément de la vie et de la nature.
Souvent plus grand car surmonté en piquet généralement planté à l’entrée des maisons et symbolisant le dieu
Vodun Legba, protecteur de la maison et de la famille, celui-ci est petit et tient sa place sur un autel.
Quand je l’observe, je suis sous le charme de son expression, les bras décollés du corps et des mains semblant
plonger dans des poches, il parait comme décontracté. Il ne vous regarde pas même s’il vous voit, son regard est
ailleurs, pénètre un monde mystérieux et interroge les ancêtres et les divinités ( Shango, Mami Watta … ) du
panthéon Vodun .

20

Poterie YORUBA.

Peuple YORUBA
Pays : BENIN
Terre cuite, traces de pigments bleus dans la coiffure.
Hauteur : 32 cm
Poids : 4 kg +/Trace de charge magique sur le ventre.
Cet objet a intégré ma collection après un échange avec le fils d’un collectionneur et marchand dès les années
60/70.
C’est une pièce vraiment très ancienne, je n’en saurais garantir l’usage originel. Pour moi, après une inspection
attentive et la forme de la base, nous serions en présence d’un haut de récipient ou d’une urne funéraire ? Dans
ce cas, le personnage serait-il une représentation de la défunte ?
Une trace granuleuse et circulaire sous la poitrine, indique qu’il pourrait s’agir de celle d’une ancienne charge
magique disparue.
Pour certains elle aurait bien 100 à 150 ans, pour d’autres 300 et plus …

21

TABOURET ASHANTI OU ASANTE
Peuple ASHANTI ou ASANTE
Pays : Ghana
Bois, réparations indigènes en cuir.
Patines et usure.
Hauteur : 28 cm
Largeur : 40 cm
Trouvé à Léo près de la frontière avec le Ghana.

L’une des plus anciennes formes de siège asanté sont les asesedwa ou tabourets rectangulaires dotés de cinq
piliers de soutien (annan), un à chaque angle, plus un plus large et de forme circulaire ou non (mfinifini) au
centre. Ces tabourets revêtent une symbolique très profonde. La partie centrale est la plus importante ; en effet,
c’est sur celle-ci qu’on appose le motif dont le siège tirera son nom et sa signification. Ce motif servait également
à déterminer qui pouvait posséder le tabouret. La partie où l’on s’assied porte le nom d’animu, la base est appelée
wiaboo et les renflements situées en dessous du siège, mpua ou pua, sont les poignées qui permettaient de
soulever le tabouret. Sur les tabourets plus anciens, la partie centrale présentait des formes sculptées qui
pouvaient être, animales, humaines, ou géométriques telles que des demi-cercles, des X, des croix, etc. Appelés
aussi « tabourets proverbes » les motifs figurant sur la partie centrale sont inspirés d’adages tirés de proverbes
asanté. A ce jour, on en a recensé plus de 7000.
Le pilier central est parfois évidé pour servir de cache.
Seuls les rois, les reines mères et les chefs importants pouvaient utiliser les tabourets garnis de métal, alors que les
autres modèles sont plus largement répandus. Même si les tabourets ronds de prêtre sont probablement plus
anciens que les asesedwa rectangulaires, ces derniers sont les plus anciens modèles de tabouret asanté attestés.
Traditionnellement, les chefs de familles mais aussi les femmes possédaient des tabourets.

22

Fétiche BWA de protection de la case des masques.
Peuple : BWA
Pays : Burkina Faso
Collecté par mon ami Moussa Yahaya dans un village de la région de Boromo.
Pièce indéniablement ancienne et puissante, délaissée par la suite d’un changement des croyances. Ce type de
pièce est trop remarquable aux yeux de certains, comme les masques dont elle est la gardienne.
Bois lourd et dur, croûtes sacrificielles et temporelles, érosion du bois et « accident » au niveau du sexe masculin
du personnage supérieur. Celui-ci est posé sur les têtes de deux autres gardiens dos à dos ; l’un est un homme et
l’autre une femme dans une même position droite, le regard tourné chacun vers un horizon différent.
Ils guettent ; leur fonction est de veiller sur les masques et dissuader les éventuels curieux ou voleurs jaloux de la
puissance des masques, remisés un temps à l’abri en attendant de participer à nouveau, à l’organisation sociale de
la communauté.

23

Bracelets Ke Guru, DJERMA
Peuple DJERMA
Pays : NIGER
Cuivre Rouge Massif
Poids 3,6 kg !!
Taille 18 cm
Age : 1900 environ
Les Djermas seraient venus du Macina et de l’Egypte. Leur terre d’accueil est le Zarmaganda. Ils adoptèrent la
langue de Songhaï, puis descendirent plus au sud à la recherche de terres fertiles. C’est ainsi qu’ils constituent
aujourd’hui la forte majorité des arrondissements de Niamey, du Boboye et de Dosso. Ils constituent de même des
groupements importants dans les arrondissements de Filingué, de Tillabéry, de Say et de Gaya, d’où ils débordent
même sur le nord du bénin.
L’usage de ce type de bracelet très lourd (j’en ai vu un dans une collection polonaise qui fait 5,3 kilos) n’a plus
cours depuis le début du XX ème siècle, les connaisseurs rencontrés et mes lectures confirment , qu’il a disparu
bien avant 1950.
Utilisé pour payer du bétail ou une dot, ce type de bracelet était parfois porté au quotidien par les femmes mariées
ou utilisé pour l’apparat.
Un autre fait de cuivre jaune (mélange) est en ma possession mais plus petit, pesant 2,5 kilogrammes avec une
patine d’usure douce visible à l’intérieur comme si celui-ci avait été porté souvent.
Les dessins géométriques qui ornent ces bijoux/monnaies, rappellent les motifs Touaregs géographiquement
proches.
Ci-dessous, voici l’autre bracelet Djerma en cuivre au ton plus jaune et d’un poids de 2,5 kg pour 14 cm

24

Fétiche EWE
Peuple EWE
Pays : Togo
Hauteur : 44 cm
Poids : 2,5 kilos
Bois semi dense, traces d’offrandes, tissu, fer et lien en cuir.
Trouvé à PÔ au Burkina Faso
Patines, pigment brun/noir, projection sacrificielles (bouillie de mil, traces de plumes …)
Les Ewés sont un peuple d’Afrique de l’Ouest, établi principalement au sud-est du Ghana et au sud du Togo – où
ils sont majoritaires –, également au sud-ouest du Bénin. Ils parlent l’éwé.
Debout, les bras décollé du torse, c’est un personnage masculin, les yeux mi-clos et paraissant sourire, il semble
serein. Un tissu rouge et un noir l’enveloppent en partie, le couvrant du sexe à la poitrine. Sortant du tissu, la tête
orientée vers l’arrière, un enfant est accroché à son dos. Le plus étonnant dans ce fétiche est un clou de fer à la
tête ronde, de facture artisanale, fiché dans le sexe de l’homme. Fétiche pour lutter contre l’impuissance
masculine ? Voila un objet bien étrange, peu courant ; je suis plus familier avec les maternités, les femmes
gravides et toutes les représentations de la femme. Il ne doit pas être un cas unique mais certainement rare.

25

Masque phacochère NUNA ? BWA ?
Burkina-Faso
Bois, pigments d’origine industrielle.
Taille : 59 cm
Poids : environ 1,5 kg
Age : Je ne sais pas précisément mais le style est ancien, voire avant. Je l’ai récupéré dans les années 86/87 à
Bobo-Dioulasso en l’état.
Comme il est parfois difficile d’obtenir des informations quand un objet n’a pas été recueilli in situ !
Le marchand ou antiquaire est souvent très vague et ignorant de l’origine d’un artéfact ou de l’usage d’un
artefact. En l’occurrence, il s’agit de mon ami Moussa qui voyage beaucoup dans nombre de villages mais omet
la plupart du temps de s’informer, noter les références. Son intérêt est orienté vers l’aspect économique au
détriment de ces informations dont je suis friand, car l’histoire est là mais sans ces informations précises, elle
reste très incomplète, comme un beau livre que l’on ne pourrait ouvrir.
Le phacochère n’est pas l’animal le plus représenté dans le bestiaire animalier, loin s’en faut.
Michel Votz a tenté de classer les animaux et la fréquence d’apparition de ceux-ci…Le phacochère n’apparaît
que rarement en comparaison au buffle, au serpent…
Bref, je peux considérer être chanceux de pouvoir en présenter un.
Le phacochère est vif et sauvage, qualité ou danger imprévible que l’homme s’approprie ou tente de maîtriser au
travers du masque.

26

Statuette ASHANTI
Peuple ASHANTI
Pays : Ghana
Taille : 51 cm hors socle
Poids : 0,6 Kg
Bois léger
Age : Avant 1950, trouvé à PÔ
Pigments croûteux par endroit de couleur beige clair, traces d’un pigment rouge.
Pied gauche manquant, pied droit intègre et traces de xylophages.
Très jolie statuette ashanti ; d’un style original par ces formes arrondies, le ventre proéminent est
vraisemblablement celui d’une femme en gestation. Ces bras aux épaules en ronde bosse et ces mains larges
inspirent une vision de femme dotée de force ; un caractère renforcé par ces jambes courtes et solides. La femme
est ici et comme souvent idéalisée, elle est féconde et c’est une aide précieuse pour les travaux du quotidien.
Les scarifications sur le visage, le ventre, et le dos sont très prononcées par rapport à ce que je connais des statues
de fertilité de cette origine. Elle a le cou annelé des ashantis et des akans (même groupe) mais pas les sourcils
arqués de ces derniers. Je pense que ma perplexité peut s’apaiser en pensant que le sculpteur a respecté les codes
traditionnels pour en résulter un objet et projeté sa vision personnelle et originale de la femme et de la fonction.
L’exagération des motifs sur le corps et le visage a peut-être été ressenti comme un besoin nécessaire pour
renforcer le pouvoir représenté par l’objet que l’on m’a assuré être celui de la divination.
Deux fonctions -fertilité et divination –La première évidente car on ne peut ignorer ce ventre arrondi et la
seconde, la divination, plus subtile mais suggérée par le disque solaire (comme ci-dessous) dressé sur la tête du
personnage et que l’on peut voir sur certains plateaux divinatoires ashantis.

27

Echelle LOBI
Origine : LOBI
Région de Gaoua
Burkina-Faso
Taille 1,75 m
Poids : environ 15 kg
Bois dur de couleur brune et nombreuses traces de patine sur les « marches » et la fourche sommitale. Erosion au
bas.
Les échelles des dogons sont très prisées car d’une grâce indéniable avec leur forme élancée et ce côté rustique
mais élégant. Voici un exemple de ce qu’utilise les lobis pour s’élever jusqu’au toit terrasse de leur maison
forteresse.
Posée sur un monticule de terre ou directement sur le sol à l’intérieur, elles permettent de monter jusqu’à
l’ouverture pratiquée dans le plafond peu élevé de la maison et passer sur la terrasse qui a de multiples fonctions
(sécher les produits de la culture notamment, ou tirer des flèches dans une époque plus lointaine).
Maurice-Frédérick Calatchi un ami photographe et collectionneur qui, lorsque nous étions en pays Lobi, en a
pris une en photo à l’intérieur d’une maison traditionnelle ; ce fut un exploit dans la pénombre mais elle est
parfaite et montre bien quel en est l’usage. Je vous invite à l’adresse de son site :
Sur les Lobis, je peux recommander entre autres ouvrages : Henri Labouret, Les tribus du rameau Lobi, Institut
d’ethnologie, Paris, 1931

Livre de H.Labouret et photo Calatchi, photographe du corps et du mouvement : calatchi@free.fr
Dossier « Burkina » puis « Cornes d’aurochs »

28

Statuette HOLO

Peuple HOLO
Pays : Angola/RDC
Bois dur
Taille 24 cm hors socle et un poids de 1 kilo.
Les Holo (ou Baholo) sont un peuple d’Afrique australe et centrale établi en Angola et en République
démocratique du Congo, le long de la rivière Kwango.
Dans le livre de François Neyt , deux personnages HOLOS reproduits en couverture* dans une posture semblable,
ont une ressemblance flagrante avec un charme de chasse de leur voisins les LULUAS, visible au musée BarbierMüller de Genève ; ces peuples sont en relation géographique mais aussi culturelle. Je ne saurais dire qui a
éventuellement influencé l’autre ; l’objet est sympathique, je l’ai conservé car les patines sont belles et la posture
de « penseur » m’a séduit.
Objet récupéré chez un marchand parisien.
*Francois Neyt : L’Art holo du Haut-Kwango
Fred Jahn
1982

29

Masque KONGO

Peuple KONGO
Pays : Le royaume de KONGO se situait sur La RDC, le Nord de l’Angola, la république du Congo et un peu au
Gabon.
Bois dur
Hauteur : 27 cm
Objet ancien
Pigments de couleur rouge posés en plusieurs couches blanc et traces de vert ; fibres végétales et cheveux
humains pour la barbe.
Les masques kongos sont portés durant les cérémonies d’initiation et les funérailles des personnalités importantes
mais sont aussi investis d’un rôle judiciaire.
Très réalistes et quasi figuratifs, délicatement sculptés et leurs dents en pointe ils ont une grande expressivité.
Leurs yeux, sont parfois recouverts de verre. Pour rendre le personnage encore plus réaliste, la barbe est en
cheveux humains.
Les deux profils semblent montrer chacun un profil de visage différent, définis et accentués par l’opposition des
couleurs.

30

Masque IGBO
Peuple IGBO
Pays : NIGERIA
Bois semi-dense
Pigments de couleur blanche.
Taille : 20 cm
Poids : 100 gr
Travail soigné pour ce petit masque Igbo. Authentique pour ce qui est de l’origine mais n’ayant semble-t’il pas
servi pour la danse.
J’admire la finesse d’exécution du travail par le sculpteur qui a réussi un tour de force en réduisant l’épaisseur
du masque à quelques millimètres.

31

Masque IGBO
Peuple IGBO
Pays : Nigéria
Taille : 26 cm
Bois semi dense
Peintures commerciales
Groupe important au Nigéria avec 18 millions d’Igbos, composé de sous-groupes, Afikpo, Jukun, Izzi…
Les igbos sont chrétiens, et animistes; cependant, il existe des Juifs igbos qui pratiquent la religion juive et
prétendent provenir de l'émigration hébraïque et ultérieurement juive d'Afrique du Nord et d'Égypte. Des légendes
racontent que cette migration s'est déroulée il y a environ 1500 ans. C’est dire la diversité qui règne chez un
même peuple; les arts du masque et de la statuaire en bénéficient donc largement et proposent une grande variété
de styles.
Posséder un exemple de tous les masques de cette vaste ethnie, occuperait beaucoup d’espace et probablement
une partie importante de son existence pour les collecter.
Un amateur, fusse-t’il éclairé, doit cependant faire des choix en fonction des possibilités et moyens. Pour ma part,
enfin guidé par la raison après des années d’échanges et d’achats, je me suis résolu à réduire ma boulimie.

32

Statuette MUMUYE
Pays : NIGERIA
Bois semi dense
Taille : 28 cm
Poids : 300 gr
Erosion pied gauche et galeries anciennes de xylophages.
Traces de pigments bleus et blancs.
Modèle nettement plus petit que celui présenté plus tôt. Le visage humain, est transformé en bec d'oiseau et
apparaît sous une coiffe massive en forme de casque, les yeux étant de simples ronds dessinés à la lisière de ce
heaume.
Ce type d’objet est une ambiguïté anthropozoomorphe; ambiguïté bien courante dans les arts africains et
commune à beaucoup.
Voir les informations concernant la Statue MUMUYE Iagalganga page 7

33

Statue CHAMBA

Peuple CHAMBA
Pays: NIGERIA
Taille : 37 cm
Bois dur
Poids : 400 gr environ
Traces de pigments rougeâtres, patines croûteuses.
Les Chambas sont répartis au Nigéria et dans le Grasssland camerounais. Etablis au Nigéria sur la rive sud de la
Benue, les Chambas ou Tchambas (environ 150.000) ils sont originaires des montagnes qui marquent la frontière
du Cameroun et du Nigéria. C’est au XVIIe siècle qu’ils s'y sont installés et formèrent des petits Etats centralisés
dont certains avaient un centre fortifié.
La tête ronde surmontée d’une forme figurant un canari stylisé, une coiffure ou un couvre chef ?, le tronc allongé
et cylindrique, les bras décollés du corps et les mains posées sous le nombril très apparent, cet statuette propose
un traitement formel très stylisé de la représentation féminine.
Le visage porte les scarifications traditionnelles; les yeux petits sont ronds, enfoncés sous des arcades sourcilières
rectilignes ; les lèvres semblent se lancer vers l’avant pour former un mot.
Le traitement réservé à cette statuette a été rigoureux et ne manque pas de sophistication dans l’usage de la
géométrie.
Cela rompt avec les formes d’un style généralement plus frustre. C’est un exemple de plus de la liberté du
sculpteur dans d’exercice de son talent, en respectant néanmoins des codes formels liés aux nécessités
fonctionnelles de l’objet.
Je ne peux déterminer son âge ; c’est une tâche bien plus difficile que de l’identifier. Tout au plus, je peux donner
une fourchette ou me faire une idée approximative : avant 1980, cela laisse pas mal de marge. Une datation au
carbone ne donnerait aucune une idée concernant un objet contemporain.
J’en reste là ; mes pièces et objets sont toutes des coups de cœur, il n’y a pas de calcul. J’ai succombé devant elles
à une émotion provoquée parfois par un détail ; gage de quelques erreurs acceptées car formatrices.

34

Fer noir MOBA
Peuple MOBA
Pays : Togo (du Nord pour cet objet).
Métallurgie villageoise ancienne.
Taille : 22 cm hors socle.
Poids : 500 gr
Représentation miniature d’un tchitcheri en fer forgé.
Le tchitcheri chez les mobas est associé à leurs origines et joue toujours un rôle essentiel, en assurant leur bienêtre collectif.
Ce sont les devins mobas qui prescrivent la fabrication de tchitcheris pour améliorer la vie de ceux qui les
consultent car ces statues protectrices favorisent la santé et la prospérité à titre personnel, familial ou clanique.

35

Masque de Léopard YORUBA
Peuple YORUBA
Pays : Royaume de Bénin, Nigéria
Taille : 23 cm
Poids : 1,250 kg
Bronze et fer.
Epoque : XIX ème siècle ou avant ?
Le royaume de Bénin se situe au sud du Nigéria, il a rayonné dans la région du XV ème au XIX ème siècle.
La famille royale est toujours respectée et représentée actuellement par l’Oba Erediauwa.
Très belle et certainement ancienne, cette représentation de léopard du royaume de Bénin est faite de bronze et
des boutons de fer ont été inclus dans la matière afin de figurer les tâches du félin.
Ce mélange de métaux, a provoqué une oxydation ayant des teintes rougeâtres et vertes.
Quelques boutons de fer ont disparu avec le temps et nous laisse découvrir les manques.
Représentation emblématique des rois de Bénin, ce masque est porté en pendentif par la personne royale.
Symbole de son autorité mais aussi, par les dessins des oreilles parcourues de nervures comme les feuilles d’une
plante, il rappelle les pouvoirs de guérisseur et d’herboriste attribués au roi.
En 1897, Bénin City fut pillée par les anglais à la suite d’une précédente expédition qui aurait mal tourné du vice
consul de l’époque J. R. Philips pour faire valoir des contrats commerciaux.

36

Cimiers TYIWARA

Peuple Bamana
Pays : Mali
Bois léger, cuir, poils.
Patines.
Taille 51 cm pour la femelle et 48 cm pour le mâle.
Les cimiers tyiwara étaient utilisés pour stimuler les agriculteurs lors des travaux des champs et glorifier le travail
de la terre. , ils représentent un couple d’antilope.
Autrefois, avant 1900, les cimiers étaient moins spectaculaires et se composaient d’un genre de bonnet surmonté
de deux petites cornes.
Aujourd’hui, la pratique est disparue en raison de l’exode vers les villes, l’usage de techniques agricoles
modernes et l’islamisation des villages ou son évangélisation.
J’ai acquis ces objets vers 1982 à Bamako.

37

Masque d’initiation ndeema YAKA (ou BAYAKA)
Peuple YAKA
Pays : RDC
Bois léger, toile, peinture, pigments blancs, cuir.
Taille : 71 cm
Poids : environ 1 kg
Masque d’initiation
Objet acquis en 1994 à Montpellier chez un collectionneur.
La société d’initiation chez les Yaka est le NKANDA et le MUKANDA chez les Suku.
Elle s’occupe des jeunes gens de 10 à 15 ans afin de leur prodiguer un enseignement tant sur le plan des
connaissances (dans tous les domaines y compris les chants, les danses, les contes traditionnels, les plantes
médicinales…) que sur le plan de l’épanouissement physique.
L’initiation met particulièrement l’accent sur l’importance de la descendance et par conséquent sur les pratiques
sexuelles.
L’enseignement s’étale sur une ou trois années au cours desquelles les jeunes sont éloignés du village pendant des
temps de retraite.
"...Le masque est pourvu à la base d'une poignée de préhension cachée par la collerette de fibres. Chez les yakas,
les cérémonies d'initiation Nkanda marquant le passage des adolescents à l'âge adulte s'accompagnent de très
nombreuses danses masquées au moment du retour des initiés... Le kaolin, largement utilisé pour colorer le
visage, renverrait à la notion d'androgynie, symbolisant à la fois le sperme et le lait maternel. Le rouge marquerait
l'état de transition dans lequel se trouve l'initié, comme un enfant avant sa naissance, dans le ventre de sa mère..."
(Extrait de "Secrets d'initiés, masques d'Afrique noire dans les collections du musée de l'homme", éditions Sépia).

38

Masque GELEDE YORUBA

Peuple YORUBA
Pays : Bénin ou Nigéria
Hauteur 32 cm
Bois semi dense
« Engobe » croûteux brun clair
Trace de couleur rouge sur les lèvres
Fin XX ème siècle. ?
Le Gèlèdé, est une cérémonie pratiquée par la communauté Yoruba-Nago établie dans la région Yoruba-Nago au
Bénin, au Nigeria et au Togo. Des chants en langue yoruba, de la musique par quatre tam-tam et des danses
masquées ont lieu à la fin des récoltes, et lors d'événements importants comme certaines naissances, certains
décès, et mariages ou en cas de sécheresse ou d'épidémie.
Le serpent est symbole de pouvoir, des qualités féminines, de patience et de sang froid, mais également de la
vigilance.

39

Statuette GOUIN
Peuple GOUIN ou GUEN …
Pays : Burkina-Faso et Nord de la R.C.I (très peu).
Rapportée de Banfora, sud du Burkina.
Bois semi dense, perles.
Taille : 30 cm
Poids : 400 gr
Age : vers 1980 ?
J’ai eu deux statues, seulement, de cette origine entre les mains depuis le début de mon intérêt pour les arts de
l’Afrique.
L’art Gouin est peu connu et je n’ai trouvé que des informations générales, pratiquement rien sur le sujet.
Chacun se fera une idée de cette statuette à la patine brillante ; Les oreilles sont percées, peut-être pour passer un
accessoire ou une fibre dans l’orifice.
La position est celle d’une femme dont la beauté est idéalisée; les mains posées sur les genoux elle se fond avec
le tabouret, ces deux jambes sont également deux des pieds du siège.

40

Cavalier et cheval EWE
Peuple EWE
Pays : Togo, sud-est du Ghana
Poids : 750 gr (500 + 250)
Bois clair, traces de peinture rose.
Ancienneté : environ 1960 à 1980
Patine douce.
Conçu comme deux pièces dissociables, le cheval et le cavalier forme un ensemble récurrent dans l’art africain.
Le cheval, dominé par l’homme, est un symbole de pouvoir matériel.
Le style de celui-ci est dans l’esprit de celui d’avant la deuxième guerre mondiale ; depuis, la tendance est en
faveur des formes très allongées où le corps est exagérément étiré à la verticale.
Le personnage représenté par une statue de style colon est très souvent un homme noir affublé des accessoires et
vêtements des colonisateurs ; c’est une vision africaine de l’homme blanc auquel le sculpteur ou son client sont
fréquemment en contact.
Ces objets à l’origine devaient s’attirer la bienveillance du sujet copié. D’abord une forme de culte qui s’est
étiolé avec le temps et devint au cours du XX ème siècle un art décoratif empreint d’humour, il se vida de son
sens cultuel.
Recherchés, ils sont aujourd’hui collectionnés avec ferveur par beaucoup d’amateurs ravis par cet art populaire
africain.
Ici, le personnage sur son cheval est curieusement un homme blanc. Vêtu d’un débardeur et d’un pantalon tenu
par une ceinture finement détaillée et très réaliste. Le cheval est un mâle monté à cru.
Pour la parade ou la chasse, son poing est percé comme pour permettre d’y ajuster vraisemblablement une lance.
Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une ombrelle pour protéger sa peau rose des rayons ardents du soleil ; c’est une
supposition réaliste mais qui sait l’étendue de la fantaisie de l’auteur ?

41

Oracle à friction KUBA
Peuple KUBA
Pays : R.D.C.
Bois dense, patine d’usage prononcée et usure.
Taile : 17 cm * 5 cm (sans le frottoir)
Poids : 90 gr environ
Ancienne collection du peintre Claude Féraud à Montpellier.
Avant 1950.
A l’aide de cet ITOMBWA, le devin interrogeait les esprits en passant et repassant le frottoir sur le dos de
l’animal.
Enduit par le devin de suc de plantes et d'huile qui, sous la chaleur produite par le frottement, permet de le faire
adhérer à l'itombwa et immobiliser le frottoir. En fonction de la question le frottoir s'immobilise brusquement et le
devin pourra produire ainsi une interprétation concernant le problème qui accable le demandeur.
De petite taille, cet oracle à friction est ornementé d’une tête de chien comme inspiré par les fétiches de chasse.
Patiné par la préhension, le frottoir est usé et un parfum de résine huileuse se dégage encore de l’ensemble.
De facture très simple, épurée, il est dépourvu de décorations. Ses dimensions en font un objet facilement
transportable par le devin et faire parti du contenu de sa besace.

42

Masque KUBA Ngeende

Masque pwoomitok KUBA
Origine : R.D.C.
Matière : bois léger. Les fibres et plumes de Touraco ont été enlevés il y a 20 ans environ par mes soins car déjà
très détériorées quand j’ai acheté ce masque à Paris chez un particulier.
Taille : 23 cm
Poids : 360 gr
Epoque : avant 1980
Le groupe Kuba est composé d’une vingtaine de peuples bantous (dont les ngeendés) dominé par les Bushoong.
Les cornes représentent une ancienne coiffure que portaient des guerriers kuba encore arborée par des chefs à
l’occasion de cérémonies. Les deux nattes symbolisent les cornes du buffle sauvage.
Les traits sont très accentués, les yeux entourés de trous de vision pour le porteur sont saillants, le nez long et fort.
D’une stylisation très poussée, les motifs triangulaires évoquent les écailles de pangolin (Manis tricuspis).
De couleur dominante noire, laissant apparaître des traces de couleur blanche autour des yeux et entre les écailles,
ce masque a subit des aléas de transport et d’entreposage, une réparation hasardeuse fut faite à l’arrière au niveau
des orifices pratiqués pour fixer les fibres de la coiffe.

43

Masque. Origine à découvrir.

Taille : 23 cm
Bois semi dense
Traces de pigments blancs (d’offrandes plus que d’ornementation), poils et résine.
Masque d’origine encore inconnue, un exemple de sujet de questionnement sans garantie de réponse.
Très brut d’aspect général, le front est bombé comme on en trouve notamment chez les masques salampasus mais
est-ce bien un masque originaire d’Afrique ? Je suis enclin à le penser sans en être assuré.

44

Masque maladie KUBA

Peuple KUBA
Pays : R.D.C.
Taille : 24 cm
Poids : 250 gr environ
Bois semi dense
Peinture blanche et quelques traces de bleu.
Sans être un masque ayant dansé, ni même ancien, il est dans l’ensemble de mes objets un humble modèle
représentant un masque dit de « maladie ».
Utilisés pour fixer un mal, le combattre et le maîtriser.
Il n’est pas l’apanage des kubas, on les trouvent en usage dans de nombreuses ethnies comme chez les peuples
Igbo, Dan et Pende.
Celui-ci –comme le masque bobo de la page 57- me sert de point de repère de comparaison pour initier à la
demande.

45

Statuette TABWA
Peuple Tabwa
Pays : R.D.C. et Zambie.
Taille : 20 cm sans le socle.
Statuette ancienne d’ancêtre tabwa (possible représentation de Lusinga, ancêtre Tabwa)
Ce qui fascine dans cette petite statuette, c’est le traitement du bas du corps et des jambes, la longue natte de la
coiffure et une posture suggérant la tension.
La posture est droite et en tension comme on peut le remarquer souvent dans la statuaire tabwa.
Le bois est patiné et laisse apparaître quelques traces de pigment noir.
Probablement antérieur aux années 60, j’ai récupéré cet objet chez un marchand collectionneur vivant à Paris en
2005.

46

Masque MUMUYE
Peuple MUMUYE
Masque d’initiation
Longueur : 40 cm
Bois, reste de pigments de couleur blanche.
Ces masques jouent un rôle important dans le système social de cette ethnie. L'usage rituel des masques est
collectif alors que celui des statues est individuel.
Ce sont des masques zoomorphes, buffle, singe et éléphant.
Plus rares, figurent aussi les masques d'épaule dit Waja, aux formes plus anthropomorphes et dont nous ne savons
pas grand-chose.
Dans les traits du visage, la ressemblance avec les statues Iagalganga est très reconnaissable.

47

BAMILEKE
Peuple Bamiléké
Poupée de fécondité
Bois recouvert de perles sur tissu
Taille : 13 cm
Usures et patines d’usage près prononcées
Age : avant 1960
Cette poupée recouverte de perles m’a été offerte par Njikumbé Douda, collectionneur et marchand camerounais.
Il est également investit d’une charge de chef de dans la région de Garoua au Nord-Est du Cameroun. Charge
héritée de père en fils depuis le règne du roi Njoya à la fin du XIX ème siècle.
Il s’agit d’une poupée devant favoriser la maternité mais qui possède également un rôle éducatif de l’enfant quant
aux soins à apporter à ces enfants.
Ces poupées existent dans de nombreuses ethnies avec leurs caractéristiques identitaires.

48

SENOUFO
Peuple SENOUFO
Pays : R.C.I.
Laiton
Taille : 30 cm
Masque ancien, avant 1960.
Le cuivre n’est pas le matériau le plus courant pour exécuter un masque. C’est une matière onéreuse et demandant
les compétences d’un artisan très spécialisé. Cela en fait des masques recherchés quand ils sont authentiques.
Plutôt que divertir, ils intervenaient dans le domaine du sacré.
Matière issue de la maîtrise du métal et du feu, ils sont craints et leurs sont conférés beaucoup de prestige.
Cependant, le cuivre est symboliquement en rapport avec la fertilité et la vitalité.
Ce masque est tout en finesse. Notamment dans l’exécution ; démonstration éclatante du savoir faire de l’artiste
fondeur.

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