Pisciculture en Afrique centrale.pdf


Aperçu du fichier PDF pisciculture-en-afrique-centrale.pdf - page 6/8

Page 1 2 3 4 5 6 7 8


Aperçu texte


6
III – Analyse de la situation actuelle et
perspectives de développement
Au regard des caractéristiques de la situation
actuelle de l’activité piscicole dans la sous région,
on peut affirmer sans risque de se tromper, que la
pisciculture n’a pas encore atteint une dimension
économique viable en Afrique centrale, que se soit
en termes de volumes ou en termes de place de
cette activité dans les systèmes de production.
On peut considérer que les investissements et
l’aide consentis jusqu’à présent dans ce soussecteur ont surtout servi à élaborer les bases
techniques qui constituent les fondations d’une
nouvelle activité.
Pourquoi, malgré les nombreux efforts (projets
de développement, programmes de recherche,
financements sous toutes leurs formes) déployés
par les différents partenaires, la pisciculture en
Afrique en général et dans la sous région de
l’Afrique centrale en particulier, n’a-t-elle pas
encore décollé ?
Cette situation, après plus d’un demi siècle
d’effort menés au début dans le cadre colonial, puis
des coopérations bilatérale et internationale mérite
une réflexion profonde et objective.
L’analyse d’éléments des interventions passées
et actuelles, compte tenu de deux facteurs qui
semblent irréversibles (stagnation de la production
halieutique
maritime
et
continentale ;
la
démographie galopante et urbanisation croissante)
permettra de tirer quelques enseignements pour
développer plus harmonieusement à l’avenir une
activité qui semble devoir faire partie du paysage
africain.
L'analyse des efforts déployés dans le passé
révèle les différentes causes des maigres résultats
obtenus. La plupart des problèmes peuvent être
directement rattachés aux difficultés politiques et/ou
économiques que plusieurs pays connaissaient à
l'époque. D'autres problèmes périodiques touchent
à la difficulté de se procurer les moyens de
production nécessaires (par exemple, aliments pour
poissons, alevins, etc.), à l'absence de soutien
logistique aux pisciculteurs isolés et aux difficultés
rencontrées pour faire face à la concurrence des
produits meilleur marché provenant de la pêche en
eaux naturelles. Le problème le plus grave était
souvent l'absence de politiques nationales et
régionales de promotion de l'aquaculture ou bien
l'existence de politiques obsolètes ou mal
appliquées.
L'implantation durable d’une aquaculture
viable a fréquemment été entravée par des
administrations hiérarchisées et des infrastructures
publiques trop lourdes et fortement tributaires d'un
financement extérieur. Les catastrophes naturelles,
les bouleversements politiques et le désordre
macro-économique ont souvent créé des difficultés
aux activités aquacoles qui avaient réussi à s'établir
sur des bases solides.

Aujourd’hui, l'aquaculture reçoit une nouvelle
fois une attention bien méritée en tant qu'entreprise
agricole susceptible d'apporter une contribution
importante à la prospérité des producteurs et au
bien-être des consommateurs. Face au regain
d'intérêt qu'elle suscite, il incombe à toutes les
parties prenantes de tirer des leçons du passé et
d'avoir des attentes réalistes quant à ce que
l'aquaculture peut et ne peut pas faire.
Ces leçons nous ont appris que l'aquaculture
doit désormais être considérée comme un élément
faisant partie d'un tout, à savoir le système
d'exploitation agricole pris dans son ensemble.
La traduction de ces leçons dans des politiques
et des plans de développement nationaux peut
permettre d'envisager un rôle positif pour
l'aquaculture et sa contribution aux différentes
activités des petites exploitations et d'une entreprise
commerciale viable. L'aquaculture devient ainsi une
partie
intégrante
des
programmes
de
développement rural de grande envergure, un
élément durable des initiatives de production vivrière
familiale, un moyen de production de revenus grâce
à la vente des produits ou à l'emploi direct et un
facteur de sécurité alimentaire au niveau national et
à celui des ménages.
La sous région de l’Afrique centrale présente de
nombreux avantages pour la production aquacole,
en particulier un climat favorable, des disponibilités
en terres et en eaux, une main-d'œuvre relativement
bon marché et une forte demande de poissons.
L'expansion future de l'aquaculture devrait donc
s'appuyer sur l'exploitation des ressources
disponibles et des secteurs présentant un avantage
comparatif pour une augmentation sensible de la
production aquacole. De telles avancées peuvent
être réalisées grâce à des politiques aquacoles et
des plans de développement de l'aquaculture
propices, qui optimisent la production de tous les
segments du sous-secteur de l'aquaculture.
Si l'avenir peut être envisagé avec optimisme, il
est toutefois essentiel de tenir compte des
expériences du passé et de ne pas perdre de vue
les échecs possibles. L'aquaculture est bien plus
que le simple empoissonnement des eaux. La
sélection judicieuse du site est essentielle. Le
pisciculteur a besoin de terres, mais doit aussi
pouvoir compter sur une source fiable d'eau de
bonne qualité et sur un organisme d'élevage qui tire
le meilleur avantage des éléments nutritifs
disponibles. De plus, le poisson doit également être
vendu afin d'en tirer un profit, d'où la nécessité d'un
accès aisé aux marchés.
À la croissance de la production aquacole doit
correspondre une évolution du rôle du secteur public
dans le développement de l'aquaculture, un rôle qui
est encore aujourd'hui trop onéreux pour bien des
pays de la sous région. Les alevins et les aliments
pour les poissons doivent être fournis par le secteur
privé si l'on veut que la production aquacole
augmente. Les gouvernements doivent se départir