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Sciences économiques et sociales Terminale .pdf



Nom original: Sciences économiques et sociales Terminale.pdf
Auteur: mschmitt

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Sciences économiques
et sociales
Tle ES
Livre du professeur
Direction : DIDIER

ANSELM

DIDIER ANSELM
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Charles-Gabriel Pravaz,
Pont-de-Beauvoisin (38)
KARIN BAKHTI
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée international Europole, Grenoble (38)
PASCAL BINET
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Ambroise Croizat, Moûtiers (73)
MARC JAYAT
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Stanislas, Paris (75)
GÉRARD LAUREYS
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Albert Triboulet, Romans-sur-Isère (26)
LAURENCE MAURIN
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Pierre Béghin, Moirans (38)
NICOLAS OLIVIER
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Jean Monnet, Franconville (95)
JEAN-YVES PHELEP
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Jeanne d’Arc, Clermont-Ferrand (63)
MONIQUE SERVANIN
Professeur de Sciences économiques et sociales
Lycée Marcelin Berthelot,
Saint-Maur-des-Fossés (94)

Éditions Hatier
© Hatier 2012

1

© Hatier, 2012
Toute représentation, traduction, adaptation ou reproduction, même partielle, par tous procédés, en tous
pays, faite sans autorisation préalable est illicite et exposerait le contrevenant à des poursuites judiciaires. Réf :
loi du 11 mars 1957, alinéas 2 et 3 de l’article 41. Une représentation ou reproduction sans autorisation de
l’éditeur ou du Centre français d’exploitation du droit de Copie (20, rue des Grands-Augustins, 75006 PARIS)
constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

© Hatier 2012

2

SOMMAIRE

Chapitre 1

Quelles sont les sources de la croissance économique ?

9

Chapitre 2

Comment expliquer l’instabilité de la croissance ?

31

Chapitre 3

Quels sont les fondements du commerce international et de
l’internationalisation de la production ?

50

Chapitre 4

Comment s’opère le financement de l’économie mondiale ?

67

Chapitre 5

Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie
globale ?

85

Chapitre 6

La croissance économique est-elle compatible avec
la préservation de l’environnement ?

112

Chapitre 7

Quels instruments économiques pour la politique climatique ?

122

Chapitre 8

Comment analyser la structure sociale ?

131

Chapitre 9

Comment rendre compte de la mobilité sociale ?

145

Chapitre 10

Quels liens sociaux dans des sociétés où s’affirme le primat
de l’individu ?

161

Chapitre 11

La conflictualité sociale : pathologie, facteur de cohésion ou
moteur du changement social ?

172

Chapitre 12

Comment analyser et expliquer les inégalités ?

188

Chapitre 13

Comment les pouvoirs publics peuvent-ils contribuer à la justice
sociale ?

206

Chapitre 14

Comment s’articulent marché du travail et organisation
dans la gestion de l’emploi ?

220

Chapitre 15

Quelles politiques pour l’emploi ?

229

CAHIER BAC

240

FICHES OUTILS & MÉTHODE

285

3
© Hatier 2012

PROGRAMME DE L’ENSEIGNEMENT
SPÉCIFIQUE DE SCIENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES
(B.O. du 13 octobre 2011)

THÈMES ET
QUESTIONNEMENTS

NOTIONS

INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES

SCIENCE ÉCONOMIQUES (DURÉE INDICATIVE : 80 HEURES)
1. CROISSANCE, FLUCTUATIONS ET CRISES
1.1 Quelles sont les
sources de la croissance
économique ?
> CHAPITRE 1HAPITRE 1

1.2 Comment
expliquer
l’instabilité
de la croissance ?
> CHAPITRE 2
C CHAPITRE 1HAPITRE
HAPITRE 2

© Hatier 2012

PIB, IDH, investissement,
progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs,
facteur travail, facteur
capital.

Fluctuations
économiques,
crise économique,
désinflation,
croissance potentielle,
dépression, déflation

En s’appuyant sur le programme de première, on s’interrogera
sur l’intérêt et les limites du PIB comme mesure de l’activité
économique. On montrera que le PIB ne reflète pas l’évolution
du niveau de vie des populations et qu’il convient de se référer
à d’autres indicateurs. L’étude de séries longues permettra de
procéder à des comparaisons internationales. À partir d’une
présentation simple de la fonction de production, on exposera
la manière dont la théorie économique analyse le processus de
croissance. On fera le lien entre la productivité globale des
facteurs et le progrès technique et on introduira la notion de
croissance endogène en montrant que l’accumulation du capital, sous ses différentes formes (physique, technologique et
immatériel, humain et public) participe à l’entretien de la
croissance. On soulignera que la croissance économique, loin
d’être harmonieuse et continue, est le plus souvent la résultante d’un processus de destruction créatrice. En liaison avec
l’innovation, on mettra l’accent sur le rôle des institutions et
des droits de propriété.
Acquis de première : facteurs de production, production marchande et non marchande, valeur ajoutée, productivité, institutions, droits de propriété, externalités.
L’observation des fluctuations économiques permettra de
mettre l’accent sur la variabilité de la croissance et sur
l’existence de périodes de crise. On présentera les idées directrices des principaux schémas explicatifs des fluctuations
(chocs d’offre et de demande, cycle du crédit), en insistant
notamment sur les liens avec la demande globale. En faisant
référence au programme de première, on rappellera le rôle des
politiques macro-économiques (nationales et européennes)
dans la gestion des fluctuations conjoncturelles. On analysera
les mécanismes cumulatifs susceptibles d’engendrer déflation
et dépression économique et leurs conséquences sur le chômage de masse.
Acquis de première : inflation, politique monétaire, politique
budgétaire, politique conjoncturelle, chômage, demande globale.

4

2. MONDIALISATION, FINANCE INTERNATIONALE ET INTÉGRATION EUROPÉENNE
2.1 Quels sont
les fondements
du commerce
international et de
l’internationalisation
de la production ?
> CHAPITRE 3
CH
APITRE 3

2.2 Comment s’opère
le financement
de l’économie
mondiale ?
> CHAPITRE 4

Avantage comparatif,
dotation factorielle,
libre-échange
et protectionnisme,
commerce intrafirme,
compétitivité
prix et hors prix,
délocalisation,
externalisation,
firmes multinationales.

Balance
des paiements, flux
internationaux
de capitaux, devises,
marché des changes,
spéculation.

CHAPITRE 4

2.3 Quelle est la
place de l’Union
européenne dans
l’économie globale ?
> CHAPITRE 5
CHAPITRE 5

© Hatier 2012

Euro, union
économique
et monétaire.

En partant d’une présentation stylisée des évolutions du commerce mondial et en faisant référence à la notion d’avantage
comparatif introduite en première, on s’interrogera sur les
déterminants des échanges internationaux de biens et services
et de la spécialisation. On analysera les avantages et les inconvénients des échanges internationaux pour les producteurs
comme pour les consommateurs. On présentera à cette occasion les fondements des politiques protectionnistes et on en
montrera les risques. En s’appuyant sur des données concernant le commerce intra-firme et sur des exemples
d’entreprises multinationales, on abordera la mondialisation
de la production. On analysera les choix de localisation des
entreprises et leurs stratégies d’internationalisation. On étudiera à cette occasion les principaux déterminants de la division internationale du travail, en insistant sur le rôle des coûts
de transport et de communication. On montrera que la différenciation des produits peut être à l’origine d’une compétitivité hors prix. On explicitera enfin la complexité des
conséquences de cette internationalisation sur les pays
d’accueil.
Acquis de première : gains à l’échange, spécialisation, échange
marchand.
On identifiera les grands soldes de la balance des paiements
afin d’en donner une interprétation économique. On présentera de façon élémentaire le fonctionnement du marché des
changes ainsi que les principaux déterminants de l’offre et de
la demande de devises. En ayant recours à une représentation
graphique simple, on montrera comment se détermine le taux
de change. On s’interrogera sur les effets d’une variation des
cours de change sur l’économie des pays concernés. Sans
entrer dans des développements historiques ou théoriques, on
présentera la distinction entre changes fixes et changes flottants. On s’interrogera sur l’ampleur et les déterminants des
flux internationaux de capitaux.
Acquis de première : offre, demande, banque centrale, fonctions de la monnaie, taux d’intérêt.
Sans entrer dans le détail des évolutions historiques, on rappellera qu’en se dotant d’un grand marché intérieur et d’une
monnaie unique, les pays européens mènent une expérience
originale d’intégration plus étroite de leurs économies. On
montrera que l’union monétaire revêt une importance particulière dans le contexte monétaire et financier international, et
qu’elle renforce les interdépendances entre les politiques
macroéconomiques des États membres. On s’interrogera sur
les difficultés de la coordination des politiques économiques
dans l’Union européenne.
Acquis de première : banque centrale, politique budgétaire,
politique monétaire.

5

3. ÉCONOMIE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE
3.1 La croissance
économique est-elle
compatible avec
la préservation de
l’environnement ?

Capital naturel,
physique,
humain, social
et institutionnel,
biens communs,
soutenabilité.

> CHAPITRE 6
CHAPITRE 6

3.2 Quels
instruments
économiques
pour la politique
climatique ?

Règlementation,
taxation, marché
de quotas d’émission.

> CHAPITRE 7
CHAPITRE 7

Après avoir souligné que le développement et le bien-être ne
se résument pas à la croissance économique, on montrera, en
illustrant par des exemples, que le bien-être des populations
résulte de l’interaction de quatre types de capital (naturel,
physique produit, humain, social et institutionnel). On expliquera pourquoi l’analyse économique du développement
durable, qui se fonde sur la préservation des possibilités de
développement pour les générations futures, s’intéresse au
niveau et à l’évolution des stocks de chaque type de capital
(accumulation et destruction) ainsi qu’à la question décisive du
degré de substitution entre ces différents capitaux. On évoquera, à l’aide d’exemples, les limites écologiques auxquelles
se heurte la croissance économique (épuisement des ressources énergétiques et des réserves halieutiques, déforestation, augmentation de la concentration des gaz à effet de
serre, etc.). On soulignera à ce propos que le PIB n’a pas été
conçu pour évaluer la soutenabilité de la croissance. Acquis de
première : externalités, biens collectifs, capital social.
L’exemple de la politique climatique permettra d’analyser les
instruments dont disposent les pouvoirs publics pour mener
des politiques environnementales. En lien avec le programme
de première sur les marchés et leurs défaillances, on montrera
la complémentarité des trois types d’instruments que sont la
réglementation, la taxation, les marchés de quotas d’émission.
On remarquera que, si les marchés laissés à eux-mêmes ne
peuvent résoudre les problèmes, ils peuvent constituer un
instrument d’action si le contexte institutionnel adapté est mis
en place. Pour l’analyse de ces instruments, les exercices et la
représentation graphique seront privilégiés.
Acquis de première : externalités, institutions marchandes,
droits de propriété, offre et demande, allocation des ressources, défaillances du marché.

SOCIOLOGIE (DURÉE INDICATIVE : 50 HEURES)
1. CLASSES, STRATIFICATION ET MOBILITÉ SOCIALES
1.1 Comment
analyser la structure
sociale ?

Classes sociales,
groupes de statut,
catégories
socio-professionnelles.

> CHAPITRE 8
CHAPITRE 8

1.2 Comment
rendre compte
de la mobilité
sociale ?
> CHAPITRE 9
CHAPITRE 9

© Hatier 2012

Mobilité
intergénérationnelle/
intra-générationnelle,
mobilité observée,
fluidité sociale,
déclassement, capital
culturel, paradoxe
d’Anderson.

On présentera les théories des classes et de la stratification
sociale dans la tradition sociologique (Marx, Weber) ainsi que
leurs prolongements contemporains et on s’interrogera sur
leur pertinence pour rendre compte de la dynamique de la
structuration sociale. On mettra en évidence la multiplicité des
critères de différenciation sociale dans les sociétés postindustrielles (statut professionnel, âge, sexe, style de vie) et on
se demandera dans quelle mesure cette multiplicité contribue
à brouiller les frontières de classes.
Acquis de première : groupe social.
Après avoir distingué la mobilité sociale intergénérationnelle
d’autres formes de mobilité (géographique, professionnelle),
on se posera le problème de sa mesure à partir de l’étude des
tables de mobilité sociale dont on soulignera à la fois l’intérêt
et les limites. On distinguera la mobilité observée et la mobilité
relative (fluidité sociale) et on mettra en évidence l’existence
de flux de mobilité verticale (ascendante et descendante) et
horizontale. On étudiera différents déterminants de la mobilité
et de la reproduction sociale : l’évolution de la structure socioprofessionnelle, le rôle de l’école et de la famille.
Acquis de première : groupe d’appartenance, groupe de référence, socialisation anticipatrice, capital social.

6

2. INTÉGRATION, CONFLIT, CHANGEMENT SOCIAL
2.1 Quels liens
sociaux dans
des sociétés
où s’affirme
le primat
de l’individu ?

Solidarité mécanique/
organique, cohésion
sociale.

> CHAPITRE 10
CHAPITRE 10
2.2 La conflictualité
sociale : pathologie,
facteur de cohésion
ou moteur
du changement
social ?

Conflits sociaux,
mouvements sociaux,
régulation des
conflits, syndicat.

> CHAPITRE 11

Après avoir présenté l’évolution des formes de solidarité selon
Durkheim, on montrera que les liens nouveaux liés à la complémentarité des fonctions sociales n’ont pas fait pour autant
disparaître ceux qui reposent sur le partage de croyances et de
valeurs communes. On traitera plus particulièrement de
l’évolution du rôle des instances d’intégration (famille, école,
travail, État) dans les sociétés contemporaines et on se demandera si cette évolution ne remet pas en cause l’intégration
sociale.
Acquis de première : socialisation, capital social, sociabilité,
anomie, désaffiliation, disqualification, réseaux sociaux.
On montrera que les conflits peuvent être appréhendés à
partir de grilles de lecture contrastées : comme pathologie de
l’intégration ou comme facteur de cohésion ; comme moteur
du changement social ou comme résistance au changement.
En s’appuyant sur quelques exemples, on s’interrogera sur la
pertinence respective de ces différents cadres d’analyse en
fonction de la nature des conflits et des contextes historiques.
On s’intéressera plus particulièrement aux mutations des
conflits du travail et des conflits sociétaux en mettant en évidence la diversité des acteurs, des enjeux, des formes et des
finalités de l’action collective.
Acquis de première : groupe d’intérêt, conflit.

REGARDS CROISÉS (DURÉE INDICATIVE : 80 HEURES)
1. JUSTICE SOCIALE ET INÉGALITÉS
1.1 Comment
analyser et expliquer
les inégalités ?

Inégalités
économiques,
inégalités sociales.

On mettra en évidence le caractère multiforme des inégalités
économiques et sociales ainsi que leur aspect parfois cumulatif. On procédera à des comparaisons aux niveaux européen et
international en utilisant les principaux indicateurs et outils
statistiques appropriés. On montrera que le niveau et
l’évolution des inégalités sont liés à des facteurs multiples :
origine et appartenance sociales, formation, accumulation
patrimoniale, genre, génération, etc.
Acquis de première : salaire, revenu, profit, revenus de transfert.

Égalité, équité,
discrimination,
méritocratie,
assurance/
assistance, services
collectifs, fiscalité,
prestations et
cotisations sociales,
redistribution,
protection sociale.

On s’interrogera sur les fondements des politiques de lutte
contre les inégalités en les reliant à la notion de justice sociale ;
on rappellera à ce propos que toute conception de la justice
doit répondre à la question : « L’égalité de quoi ? ». On distinguera égalité des droits, égalité des situations et égalité des
chances. On précisera qu’il n’y a pas lieu d’opposer les notions
d’égalité et d’équité. Pour cela, on montrera que le degré
d’égalité est un fait et peut se mesurer alors que l’équité, qui
renvoie au sentiment de ce qui est juste ou injuste, est un
jugement qui se fonde sur un choix éthique ou politique soustendu par un système de valeurs. On analysera les principaux
moyens par lesquels les pouvoirs publics peuvent contribuer à
la justice sociale : fiscalité, redistribution et protection sociale,
services collectifs, mesures de lutte contre les discriminations.
On montrera que l’action des pouvoirs publics s’exerce sous
contrainte et qu’elle fait l’objet de débats quant à son efficacité et aux risques de désincitation et d’effets pervers.
Acquis de première : État-providence, prélèvements obligatoires, revenus de transfert.

> CHAPITRE 12

1.2 Comment
les pouvoirs publics
peuvent-ils
contribuer
à la justice sociale ?
> CHAPITRE 13

© Hatier 2012

7

2. TRAVAIL, EMPLOI, CHÔMAGE
2.1 Comment
s’articulent marché
du travail
et organisation
dans la gestion
de l’emploi ?
> CHAPITRE 14

2.2 Quelles politiques
pour l’emploi ?
> CHAPITRE 15

Taux de salaire
réel, coût salarial
unitaire, salaire
d’efficience, salaire
minimum, contrat de
travail, conventions
collectives,
partenaires sociaux,
segmentation du
marché du travail,
normes d’emploi.

Flexibilité du marché du
travail, taux de chômage,
taux d’emploi, qualification,
demande anticipée, équilibre de sous-emploi, salariat, précarité, pauvreté.

En se limitant à une présentation graphique simple et en insistant sur les déterminants de l’offre et de la demande, on expliquera l’analyse néo-classique du fonctionnement du marché
du travail. Pour rendre compte de la spécificité de la relation
salariale, on montrera l’intérêt de relâcher les hypothèses du
modèle de base en introduisant principalement les hypothèses
d’hétérogénéité du facteur travail et d’asymétrie
d’information. À partir de quelques exemples, on montrera
que le taux de salaire dépend également du résultat de négociations salariales et de l’intervention de l’État et que celle-ci
ne se limite pas à la question du salaire. On soulignera, en
s’appuyant sur le programme de première, que
l’institutionnalisation de la relation salariale, qui est un enjeu
majeur des relations professionnelles, résulte à la fois du conflit et de la coopération.
Acquis de première : salaire, marché, productivité, offre et
demande, prix et quantité d’équilibre, preneur de prix, rationnement, asymétries d’information, hiérarchie, coopération,
conflit, institutions marchandes.
À l’aide de données empiriques françaises et étrangères, on
mettra en évidence le caractère dynamique du marché du
travail en donnant des indications sur les flux bruts de création
et de destruction d’emplois. On soulignera que, dans certains
cas, le chômage peut être à l’origine d’un processus
d’exclusion. Afin de montrer que la diversité des formes et des
analyses du chômage explique la pluralité des politiques, on
analysera les politiques macroéconomiques de soutien de la
demande globale pour lutter contre le chômage keynésien, les
politiques d’allégement du coût du travail pour lutter contre le
chômage classique, les politiques de formation et de flexibilisation pour réduire la composante structurelle du chômage. On
soulignera que les politiques de l’emploi sont aussi fondées sur
la prise en compte du rôle du travail et de l’emploi dans
l’intégration sociale. On se demandera en quoi ce lien entre
travail et intégration sociale est fragilisé par certaines évolutions de l’emploi. Acquis de première : chômage, productivité,
demande globale, politique monétaire, politique budgétaire,
rationnement.

Savoir-faire applicables aux données quantitatives
et aux représentations graphiques
Lecture et interprétation

L’enseignement des sciences économiques et sociales doit
conduire à la maîtrise de savoir-faire quantitatifs, qui ne
sont pas exigés pour eux-mêmes mais pour exploiter des
documents statistiques ou pour présenter sous forme
graphique une modélisation simple des comportements
économiques ou sociaux.

– Corrélation et causalité
– Tableaux à double entrée
– Taux de croissance moyen
– Médiane, écart-type
– Élasticité prix de la demande et de l’offre, élasticité revenu de la demande, élasticité de court terme et élasticité de
long terme
– Représentations graphiques : courbes de Lorenz, histogrammes, diagrammes de répartition, représentation des
séries chronologiques, y compris les graphiques semilogarithmiques
– Représentation graphique de fonctions simples (offre,
demande, coût) et interprétation de leurs pentes et de
leurs déplacements

Calcul, lecture, interprétation
– Proportions, pourcentages de répartition (y compris leur
utilisation pour transformer une table de mobilité en tables
de destinée et de recrutement)
– Moyenne arithmétique simple et pondérée
– Évolutions en valeur et en volume
– Propensions moyenne et marginale à consommer et à
épargner
– Élasticité comme rapport d’accroissements relatifs
– Écarts et rapports interquantiles
– Mesures de variation : coefficient multiplicateur, taux de
variation, indices simples et pondérés.

© Hatier 2012

8

Chapitre 1

Quelles sont les sources
de la croissance économique ?

Ce chapitre comporte trois sections :

La première est consacrée à la définition et à la mesure de la croissance économique, notion qui est
alors distinguée de celle de « développement ». Si la question de l’utilisation du PIB comme instrument de
mesure du bien-être y est traitée de façon approfondie, ce n’est en revanche pas le cas de la problématique du
« développement durable » (ou « soutenable »), dont l’analyse détaillée prend place dans le chapitre 6.

La deuxième traite des explications de la croissance économique. Après y avoir analysé le rôle des facteurs de production dans la perspective tracée par Robert M. Solow, on y souligne l’importance de la notion
d’ « environnement institutionnel », en insistant alors tout particulièrement sur la nécessité des interventions
des administrations publiques.

La troisième aborde deux notions essentielles : celle de « croissance endogène » (au sens de Paul M.
Romer, Robert E. Lucas et de Robert Barro, qui s’inscrivent en faux contre l’approche de Robert M. Solow) et
celle de « destruction créatrice » (au sens de Joseph A. Schumpeter, dont les travaux permettent d’élucider le
mystère des « cycles longs » de Nicolai Dimitrievitch Kondratieff et de mieux comprendre les résistances à
l’innovation).

DOSSIER 1

b/ il faut éviter de comptabiliser deux fois la
même ressource (en tant qu’output de tel processus
productif et input de tel autre).
Il convient d’autre part de raisonner en volume plutôt qu’en valeur (c’est-à-dire en unités monétaires
constantes plutôt que courantes) parce qu’il faut
éliminer le biais induit par l’inflation lorsqu’il s’agit
de comparer des données monétaires correspondant à deux dates différentes. Pour de plus amples
précisions, cf. Fiche Outils et méthode n° 13 : « Évolutions en valeur et en volume », p. 436 du manuel.
3. « Accompagner » peut signifier aussi bien « être
la cause de » qu’ « être la conséquence de ». C’est
précisément ce qui rend la notion de développement à la fois si riche et si difficile à maîtriser par les
élèves. On pourra se référer ici utilement à
l’économiste François Perroux (1903-1987) et à
l’agronome René Dumont (1904-2001) :
 Pour François Perroux, la notion de développement renvoie à la « combinaison des changements
mentaux et sociaux d’une population qui la rendent
apte à faire croître, cumulativement et durablement,
son produit réel global », les « coûts de l'homme »
devant alors être couverts pour pouvoir mener
« une vie spécifiquement humaine, *…+ caractérisée
par un minimum de connaissances et un minimum
de loisirs ».

► p. 18 à 23

Définir et mesurer
la croissance économique

A. Qu’est-ce que
la croissance économique ?
Doc. 1, p. 18
1. Ces deux notions sont de nature strictement
quantitative (elles diffèrent donc de la notion de
développement) et se réfèrent au même agrégat (le
PIB en volume, si possible par tête). Ce qui les différencie, c’est simplement leur horizon temporel (le
court terme pour l’expansion et le long terme pour
la croissance).
2. La référence à la notion de PIB et, partant, à
celle de valeur ajoutée plutôt qu’à celle de production s’explique par deux raisons essentielles :
a/ un processus productif n’est réellement créateur de richesse que si la valeur de son output est
supérieure à celle des éléments qu’il détruit ou rend
indisponibles pour cause de transformation ;

© Hatier 2012

9

Doc. 3, p. 19

 Quant à l’agronome René Dumont, il précise que
le « vrai développement » commence « quand la
réforme des structures [...] permet d'aboutir à une
croissance auto-entretenue, permettant à une économie indépendante de satisfaire les besoins minima de tous ».
4. Si l’on raisonne par l’aval (« accompagner »
signifiant alors « être la conséquence de »), on aboutit inévitablement à la notion de « progrès », ce dont
on trouve trace dans les deux définitions ci-dessus
et, au-delà, dans les instruments de mesure du développement (dont, au premier chef, l’IDH). La notion
de développement est donc de nature éthique :
pour F. Perroux, il n’y a en effet de développement
que si les « coûts de l'homme » sont couverts, ce
que R. Dumont traduit, en termes simples, en précisant que les « besoins minima de tous » doivent être
satisfaits.

1. 3,3 : dans les pays développés, le PIB par tête
(en $ US PPA et aux prix de 1990) s’est accru en
moyenne de 3,3 % par an de 1950 à 1973.
– 0,1 : en Afrique, le PIB par tête (en $ US PPA et
aux prix de 1990) a baissé en moyenne de 0,1 % par
an de 1980 à 2001. L’expression « croissance économique » est donc quelque peu trompeuse : un
taux de croissance peut très bien être négatif.
Remarque : il pourrait être judicieux d’insister dès à
présent sur deux points essentiels :
a/ Ce tableau ne fournit que des ordres de
grandeur (en effet, dans les nations occidentales, les
systèmes de collecte et de traitement des données
statistiques n’ont pas toujours eu la fiabilité qui est
la leur depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ;
de surcroît, cette fiabilité est encore problématique
dans un certain nombre de pays en développement).
b/ Des écarts apparemment minimes peuvent
s’avérer en réalité très discriminants sur longue
période ainsi que le montre le tableau suivant :

Doc. 2, p. 18
1. et 2. Dans le millénaire qui a commencé à la
naissance de Jésus-Christ, les taux de croissance
démographique et économique furent très faibles et
sensiblement égaux : le revenu par habitant a donc
stagné. Dans le millénaire suivant, c’est-à-dire de
e
l’an mille jusqu’à la fin du XX siècle, ces deux taux
ont fortement augmenté, étant entendu que :
a/ le revenu par habitant n’a alors pu croître
que parce que la croissance du PIB mondial a été
nettement plus rapide que celle que de la population mondiale ;
b/ l’essentiel de cet accroissement a eu lieu en
fin de millénaire, c’est-à-dire à partir de la première
révolution industrielle, dont les initiateurs furent les
nations européennes (d’abord les Pays-Bas puis
l’Angleterre).
3. Si l’on raisonne par l’amont (« accompagner »
signifiant alors « être la cause de »), cette révolution
industrielle constitue un excellent exemple des mutations dont il est question dans le passage souligné
dans le document 1. Pour de plus amples précisions
sur cette révolution (qui fut d’abord agricole avant
d’être industrielle) on peut consulter La révolution
industrielle. 1770-1780 de Jean-Pierre Rioux (Éditions du Seuil, coll. « Points », 1971) ainsi que certains ouvrages de Paul Bairoch (notamment la
première partie de Le tiers-monde dans l’impasse,
Éditions Gallimard, coll. « Idées », 1975).

© Hatier 2012

Valeur du taux de
croissance annuel
moyen, en %

Valeur atteinte au bout de 181
années par une grandeur
initialement égale à 100

0,5

246,6

0,75

386,7

1,0

605,6

1,25

947,3

1,5

1 480,3

1,75

2 310,6

2,0

3 602,7

2. et 3. Ce sont les pays occidentaux, désignés ici
sous l’appellation « pays développés » (Japon inclus), qui ont amorcé leur croissance économique le
plus tôt et dont les performances sont les plus élevées sur l’ensemble de la période (en moyenne,
1,65 % par an).
4. De 1950 à 1973, période que Jean Fourastié
(1907-1990) a appelée les « Trente glorieuses ».
5. Leurs trois taux de croissance annuels moyens
(TCAM) diffèrent assez peu sur longue période. La
comparaison tourne cependant très nettement à
l’avantage de la Chine et de l’Inde si l’on envisage la
période postérieure aux « Trente glorieuses », période que Nicolas Baverez a appelée les « Trente
piteuses » : après 1973, le TCAM des pays africains
baisse jusqu’à devenir négatif sur la période 19802001, alors que ceux de la Chine et, dans une
moindre mesure, de l’Inde s’accroissent. Le groupe

10

des pays en développement (PED) est donc loin
d’être homogène.

pour eux-mêmes dans une logique non marchande
(ménage, bricolage, etc.).
2. Une variante fort connue de l’exemple présenté
ici et que l’on doit à Arthur Cecil Pigou (1877-1959)
est celle du mariage éventuel de cette femme de
ménage avec celui qui était jusqu’alors son employeur : si les nouveaux époux se répartissent le
travail domestique de façon traditionnelle et ne
recourent pas aux services d’une femme de ménage,
la nouvelle épouse accomplira vraisemblablement
gratuitement ce qu’elle monnayait jusqu’alors, ce
qui fera effectivement baisser le PIB. Toutefois, si
elle divorçait et reprenait son ancien emploi (pour le
même employeur ou pour un autre), le PIB
s’accroîtrait.
3. Entre 338,24 et 521,86 milliards d’euros (respectivement, 1 932,8 × 0,175 et 1 932,8 × 0,27).
4. 338,24 et 521,86 milliards d’euros représentent
respectivement 31,2 et 48,1 % de la consommation
finale des ménages de 2010. La quasi-ignorance du
travail domestique par les comptables nationaux
induit donc un écart très important entre la valeur
du PIB et le niveau de satisfaction de nos besoins : ce
niveau est ainsi très fortement sous-estimé.

Doc. 4, p. 19
1. Le premier « grand croisement » s’est produit
lors de la première révolution industrielle : alors
qu’elles étaient légèrement en avance sur les nations actuellement développées, les nations dites
« émergentes » n’ont alors pas réussi à amorcer leur
développement et ont été rapidement distancées
par les nations occidentales. Depuis 2005, c’est le
scénario inverse qui prévaut : après avoir comblé
leur retard, les nations émergentes prennent
l’avantage sur les pays développés à économie de
marché (PDEM). C’est là le deuxième « grand croisement ».
2. On peut aisément illustrer cette dynamique si
l’on se réfère, dans le document 3, aux cas de la
Chine et de l’Inde et, a contrario, à celui des PDEM :
depuis le début des « Trente piteuses », les TCAM de
la Chine et, dans une moindre mesure, de l’Inde
s’accroissent alors que ceux des PDEM diminuent.

PRÉPA BAC, P. 19
 L’expression « croissance économique » (qui
n’est pas synonyme d’ « expansion ») renvoie à
l’augmentation du PIB en volume sur une période
longue (cf. doc. 1 et encadré), …
 … étant entendu que la nature de cette notion
(qui n’est donc pas non plus synonyme de « développement ») est purement quantitative (cf.
doc. 1) …
 …et que les rythmes de croissance économique
(phénomène dont l’apparition est au demeurant très
récente ; cf. doc. 2) diffèrent fortement tant dans le
temps que dans l’espace et que la hiérarchie entre
les nations n’est pas aussi figée qu’on pourrait le
croire (cf. doc. 3 et 4).

Doc. 2, p. 20
1. Qu’elle soit légale ou illégale, l’économie souterraine s’inscrit dans une logique marchande, ce qui
n’est pas le cas du travail domestique.
2. Si l’on néglige les « redressements statistiques »
dont l’auteure fait état, la sous-estimation du PIB
aurait alors atteint 96,64 milliards d’euros
(= 1 932,8 x 0,05).
3. 96,64 milliards d’euros représentent 8,91 % de
la consommation finale des ménages de 2010. La
conclusion est donc la même que précédemment
(doc. 1, Q. 4) : nous sommes en présence d’une
convention qui induit un écart très important entre
la valeur du PIB et le niveau de satisfaction de nos
besoins ; ce niveau est ainsi nettement sous-estimé.
4. Si l’on néglige les « redressements statistiques »
indiqués par l’auteure, la sous-estimation du PIB
serait alors comprise entre 434,9 et 618,5 milliards
d’euros *respectivement, 1 932,8 × (0,175 + 0,05) et
1 932,8 × (0,27 + 0,05)], ce qui représente entre
40,1 et 57 % de la consommation finale des ménages
de cette année-là.

B. La mesure
de la croissance économique
est-elle satisfaisante ?
Doc. 1, p. 20

Doc. 3, p. 21

1. « Domestique » vient du latin « domus », qui
signifie « maison ». Le travail domestique est donc
celui que les ménages accomplissent eux-mêmes et

© Hatier 2012

1. Il s’agit des conséquences négatives que l'activité de tel acteur économique entraîne pour d’autres

11

acteurs que lui-même sans qu’il y ait eu entre eux
d’échange marchand. Les préjudices des victimes ne
donnent donc lieu à aucune compensation monétaire de la part de leurs auteurs.
2. À titre d’exemple, cf. le cas des atteintes aux
écosystèmes (pollutions de l'eau et de l'air, atteintes
à la biodiversité, etc.) : puisqu’elles échappent à la
logique marchande, leur valeur en tant que consommations intermédiaires est nulle. Réciproquement, puisqu’il a fallu œuvrer pour remettre en
l'état ou recréer ce qui a été endommagé ou détruit
en raison de ces externalités, les valeurs ajoutées
issues des productions destinées à remédier à ces
externalités vont être comptabilisées comme autant
de sources d’accroissement du PIB alors qu’il ne
s’agit nullement, stricto sensu, de véritables créations de richesse.
3. Ces deux effets s’additionnant, le PIB est doublement surestimé. D’où ce constat, déjà ancien
mais toujours d’actualité, de la revue Que choisir ?
(septembre 1973) : nous sommes en présence d’une
« curieuse comptabilité où un mal plus son remède
équivalent à deux biens » et qui majore ainsi la création macroéconomique de richesse. Il faut cependant être prudent : le bien-être collectif est à la fois
sous-estimé (doc. 1 et 2) et surestimé (doc. 3). Le
résultat final dépend donc de l’ampleur de chacun
de ces biais statistiques.

4. De 2003 à 2008, les individus dont le niveau de
vie est inférieur au premier décile ont vu leur niveau
de vie s’accroître de 1,8 %
[ ((8 080 – 7 940) / 7 940) × 100 ]
contre 11,9 %
[ ((53 860 – 48 140) / 48 140) × 100 ]
pour ceux dont le niveau de vie est supérieur au
neuvième décile.
De surcroît, si ces deux ensembles d’individus ont vu
leurs niveaux de vie respectifs baisser en 2009, la
baisse est faible au-dessus du neuvième décile
(– 1,2 %), soit
[ (53 220 – 53 860) / 53 860) × 100 ]
alors qu’elle est beaucoup plus importante audessous du premier décile (– 2,1 %), soit
[ ((7 910 – 8 080) / 8 080) × 100 ]
En 2009, le niveau de vie annuel moyen des individus situés au-dessous de D1 est donc inférieur de
0,4 % à sa valeur de 2003, soit
[ ((7 910 – 7 940) / 7 940) × 100 ]
En revanche, celui des individus situés au-dessus de
D9 est supérieur de 10,6 % à sa valeur de 2003, soit
[ ((53 220 – 48 140) / 48 140) × 100 ]
D’où la forte hausse du rapport (B) / (A), qui passe
en six ans de 6,06 à 6,73.
5. Ce qu’Émile Quinet écrit pour l’ensemble des
pays occidentaux est donc tout à fait fondé dans le
cas de la France. Il faudrait donc accompagner systématiquement le PIB d’indicateurs de dispersion
(rapports interdécile ou interquartile, coefficient de
Gini, etc.).

Doc. 4, p. 21
1. Parce qu’il ne s’agit que d’une moyenne. Or la
même moyenne peut s’accompagner de conditions
de dispersion très dissemblables. Cf. Fiche Outils
et méthode n° 10, « Moyenne, médiane, écart
type », p. 432 du manuel.
2. Les déciles sont les valeurs qui partagent en dix
parties égales une distribution statistique quelconque (il peut s’agir de salaires, de niveaux de vie,
de chiffres d’affaires, etc.). Le premier décile, noté
D1, est donc la valeur au-dessous de laquelle se
situent 10 % de l’effectif total ; quant au neuvième
décile, noté D9, c’est celle au-dessus de laquelle se
situent 10 % de ce même effectif.
3. 22 130 : dans la France métropolitaine de 2008,
le niveau de vie moyen (en euros 2009) s’élevait à
22 130 euros par an.
6,73 : dans la France métropolitaine de 2009, le
niveau de vie annuel moyen des individus dont le
niveau de vie dépassait D9 était au moins 6,73 fois
plus élevé que celui des individus dont le niveau de
vie annuel moyen n’atteignait pas D1.

© Hatier 2012

PRÉPA BAC, p. 21
Le PIB en tant que tel n’est pas une bonne mesure
du bien-être à l’instant T.
 Son mode de calcul ignore en effet l’essentiel du
travail domestique et de l’économie souterraine (cf.
doc. 1 et 2), ce qui sous-estime le bien-être collectif.
Symétriquement, la façon dont est traitée la question des externalités négatives tend à le surestimer
(cf. doc. 3). Le résultat final dépend donc de
l’ampleur de chacun de ces deux biais.
 De surcroît, même si ces deux biais se neutralisaient mutuellement et même si l’on raisonnait en
termes de PIB par habitant, cela ne serait pas suffisant (cf. doc. 4). En effet, il ne s’agirait que d’une
moyenne ; or la même moyenne peut s’accompagner de conditions de dispersion très dissemblables. Il faudrait donc systématiquement compléter le PIB par des données relatives aux inégalités.

12

Doc. 2, p. 22

C. Quels indicateurs
pour le développement ?

1. 0,889 : en 2011, les 47 pays à IDH très élevé
avaient un IDH égal, en moyenne, à 0,889.
6,3 : en 2011, dans les 47 pays à IDH moyen, les
personnes ayant au moins 25 ans avaient un niveau
d’éducation correspondant, en moyenne, à environ
6 ans et 4 mois.
11,2 : en 2011, dans les 47 pays à IDH moyen,
les personnes parvenant à l’âge de la scolarisation
pouvaient espérer être scolarisées pendant environ
11 ans et 3 mois si les taux de scolarisation par âge
restaient inchangés.
1,31 : dans les 47 pays à IDH faible, cet indicateur a augmenté en moyenne de 1,31 % par an de
1990 à 2011.
2. Le niveau moyen des performances prises en
compte pour le calcul de l’IDH est d’autant plus
faible que l’on s’éloigne du premier groupe, et ce
pour chacune des trois « dimensions » dont il a été
question ci-dessus. Les écarts sont cependant beaucoup moins importants si l’on raisonne en termes
d’IDH et non de RNB par habitant. Pour s’en convaincre, cf. les cas des deux groupes extrêmes : leurs
RNB par habitant sont dans un rapport de 1 à 21
(soit 33 352 / 1 585) alors que le rapport de leurs
IDH n’est « que » de 1,95 (soit 0,889 / 0,456). Cette
différence s’explique à l’évidence par la faiblesse
relative des écarts pour les dimensions « Santé » et
« Éducation » : le rapport des performances en
termes d’espérance de vie à la naissance est au
maximum égal à 1,36 (soit 80/ 58,7) ; quant aux
durées de scolarisation, l’écart est au maximum de
2,69 (soit 11,3 / 4,2) pour la durée moyenne et de
1,92 (soit 15,9 / 8,3) pour la durée attendue.
3. De 1990 à 2011, la valeur planétaire moyenne
de l’IDH a augmenté en moyenne de 0,66 % par an,
ce qui signifie, concrètement, qu’elle est passée de
0,594 à 0,682, étant entendu que cet accroissement
a concerné les quatre groupes de pays et a été plus
important pour les pays à IDH faible ou moyen (respectivement, 1,31 % et 1,30 % par an) que pour les
pays à IDH élevé ou très élevé (respectivement,
0,64 % et 0,44 % par an). La période 1990-2011 se
caractérise donc par une réduction des écarts de
développement.

Doc. 1, p. 22
1. Pour plus de précisions, voir cette adresse :
http://hdr.undp.org/fr/statistiques/idh/. Les trois
« dimensions » sont celles de la santé, de l’éducation
et du niveau de vie. Le PNUD repère pour chacune
d’elles quelles ont été la meilleure et la pire performances dans l’ensemble des pays classés sur la période allant de 1980 à nos jours et leur affecte
respectivement les valeurs 1 et 0, valeurs qu’il qualifie de « balises ». Les performances de chaque pays
pour chacune de ces dimensions sont ensuite appréciées au regard de ces balises, ce que l’exemple
fourni dans l’encadré permet de bien comprendre.
2. La « durée de scolarisation moyenne » est le
nombre moyen d’années d’éducation dont les personnes âgées d’au moins 25 ans ont bénéficié ; on le
calcule en convertissant leurs niveaux d’éducation
en années de scolarisation, et ce en se référant aux
durées propres à ces différents niveaux.
Quant à la « durée de scolarisation attendue », il
s’agit du nombre d’années de scolarisation dont un
enfant en âge d’entrer à l’école peut espérer bénéficier si les taux de scolarisation par âge restent inchangés.
3. C’est le nombre d’années qu’un nouveau-né
peut espérer vivre si les taux de mortalité par âge
ayant prévalu au moment de sa naissance restent
inchangés tout au long de sa vie.
4. Comme nous l’avons vu p. 18, la notion de développement est de nature éthique. C’est précisément
ce à quoi l’IDH fait écho puisqu’il se réfère conjointement à la création et à la répartition des richesses : si les conditions d’accès au savoir et à la
santé sont aussi peu restrictives que possible, il y
aura bien développement puisque les « coûts de
l'homme » chers à François Perroux seront couverts
(ou bien, légère variante sémantique, puisque les
« besoins minima de tous » chers à René Dumont
seront satisfaits) ; de surcroît, il y aura de fortes
chances pour que ce développement soit durable
(critère déjà présent chez ces deux auteurs, et ce
bien avant la publication du Rapport Brundtland) car
les performances seront d’autant moins difficiles à
reproduire que la population sera bien éduquée et
en bonne santé.

© Hatier 2012

Doc. 3, p. 23
1. 8,4 : en Chine, sur la période 2000-2011, le revenu moyen des 20 % les plus riches a été 8,4 fois
plus élevé que celui des 20 % les plus pauvres.
2. Oui, mais dans une certaine mesure seulement.
En effet, si le tableau montre bien quelle est

13

l’ampleur des inégalités de revenus en Chine, il ne
nous permet pas de vérifier si ces inégalités y sont
croissantes et s’il s’agit (hors Malaisie) du « pays
d’Asie aux plus forts écarts de revenus ».
3. Parce que la répartition des richesses créées par
l’appareil productif y est nettement moins inégalitaire qu’en Chine (et ce quel que soit l’indicateur
retenu, qu’il s’agisse des inégalités de revenus ou
des conditions d’accès à la santé et à l’éducation)
alors même que le volume de cette création y est
inférieur, par tête, de 17,4 % (en effet, 6 175 / 7 476
= 0,826).
L’IDH non monétaire (que l’on obtient en ne retenant que les performances en termes de santé et
d’éducation) n’est donc égal qu’à 0,725, contre
0,810 en Ukraine ; la Chine n’occupe donc que la
e
101 place dans le classement selon l’IDH alors que
e
l’Ukraine est en 76 position.
4. Ces données permettent de comprendre que la
notion de bien-être n’est pas réductible à ses composantes objectives : le ressenti des individus doit
être également pris en compte. D’où l’intérêt de la
comparaison de la Chine et de l’Ukraine : le bienêtre des Ukrainiens est objectivement supérieur à
celui des Chinois, mais les ressentis des populations
sont quasiment les mêmes.

Et il dépendra enfin de la qualité des institutions que
nous leur transmettrons, qui sont une autre forme
de "capital" essentiel au maintien d’une société
humaine fonctionnant correctement. »
2. Parce que la résolution de nombreux problèmes
suppose que l’on dispose de ce type d’indicateur.
C’est par exemple le cas pour les questions du chômage et de la soutenabilité des dettes souveraines,
tant il est vrai qu’il existe un lien étroit entre la vigueur de la croissance du PIB et les réponses à ces
deux questions.
3. Pour mieux apprécier à la fois le niveau de bienêtre atteint et la soutenabilité (sociale, économique
et environnementale) de notre modèle productif, la
Commission se prononce clairement pour
l’élaboration d’une batterie d’indicateurs plutôt que
pour la construction d’un indicateur composite tel
que le l’IDH au début des années 1990.
« La question de la soutenabilité, peut-on lire dans
son rapport, est complémentaire à celle du bien-être
ou de la performance économique courants et doit
être examinée séparément. *…+ Pour utiliser une
analogie, lorsque l’on conduit une voiture, un compteur qui agrégerait en une seule valeur la vitesse
actuelle du véhicule et le niveau d’essence restant
ne serait d’aucune aide au conducteur. Ces deux
informations sont essentielles et doivent être affichées dans des parties distinctes, nettement visibles,
du tableau de bord. » Cette position est cependant
très surprenante de la part d’Amartya Sen puisqu’il
participa très activement (avec son ami Mahbub ul
Haq) à la création de l’IDH.
4. Les acteurs économiques seraient mieux informés ; ils pourraient donc modifier positivement et
profondément l’ensemble de leurs comportements
(en termes de production, de consommation, de
transport, d’habitat, d’urbanisme, de politiques
publiques, etc.) et ainsi faire prévaloir l’intérêt général, y compris en termes intergénérationnels.

Doc. 4, p. 23
1. La Commission se réfère explicitement ici au
Rapport Brundtland (1987). Il ne s’agit donc pas
seulement de mesurer le bien-être des générations
présentes, y compris en se référant au ressenti des
individus : il faut également savoir si la satisfaction
des besoins des générations actuelles ne va pas
interdire aux générations futures de satisfaire les
leurs, étant entendu que la notion de « soutenabilité » ne s’apprécie pas seulement en termes environnementaux. Les membres de la Commission
Stiglitz-Sen-Fitoussi précisent en effet que « de
nombreuses formes *…+ de ressources sont en jeu.
Le bien-être à venir dépendra du volume des stocks
de ressources épuisables que nous laisserons aux
prochaines générations. Il dépendra également de la
manière dont nous maintiendrons la quantité et la
qualité de toutes les autres ressources naturelles
renouvelables nécessaires à la vie. D’un point de vue
plus économique, il dépendra en outre de la quantité de capital physique (machines et immeubles) que
nous transmettrons, et des investissements que
nous consacrons à la constitution du "capital humain" de ces générations futures, essentiellement
par des dépenses dans l’éducation et la recherche.

© Hatier 2012

PRÉPA BAC, p. 23
L'introduction doit éveiller l'attention du correcteur
et susciter d’emblée des sentiments positifs vis-à-vis
du rédacteur de la copie. Au-delà, son but est triple :
elle doit présenter clairement la question posée (en
évitant de paraphraser le libellé du sujet, en en spécifiant le cadre spatio-temporel et, au besoin, en
définissant certains termes), en montrer (non
naïvement) l'intérêt et annoncer explicitement le
plan retenu. En voilà un exemple :
La notion de « développement économique et social » n’étant pas uniquement de nature quantita-

14

tive, il est nettement plus difficile de mesurer le
niveau de développement atteint par une nation
que de quantifier sa croissance économique.
Certaines institutions effectuent pourtant régulièrement ce type de mesure, qui plus est en publiant
non pas une batterie d’indicateurs mais une seule
donnée censée rendre compte, sur une échelle de 0
à 1, de la complexité de ce phénomène. C’est notamment ce que fait le Programme des NationsUnies pour le développement (PNUD) depuis le début des années 1990 au travers de l’IDH (Indicateur
du développement humain).
Ce type d’approche est cependant critiquable. La
Commission Stiglitz-Sen-Fitoussi s’est ainsi prononcée, en 2009, non pour un indicateur composite tel
que l’IDH mais pour une batterie d’indicateurs.
Nous commencerons par présenter l’IDH et par en
souligner l’intérêt, pour ensuite nous pencher sur les
préconisations de la Commission Stiglitz-SenFitoussi.

DOSSIER 2

3. Il s’agit de rendre compte du présent et du passé (notamment pour identifier les sources de la
croissance économique) et, au-delà, de pouvoir faire
des prévisions afin de permettre aux pouvoirs publics d’adopter in fine telle ou telle mesure de politique économique ou sociale.

Doc. 2, p. 24
1. Parce que de très nombreuses études montrent
que le PIB obtenu à l’instant T et, au-delà, sa croissance ne s’expliquent pas seulement par les volumes
de travail et de capital utilisés, et ce même si l’on
tient compte des changements ayant affecté la qualité des inputs (le capital, tant humain que physique,
d’aujourd’hui n’est en effet pas seulement plus
abondant : sa qualité est également meilleure). Il
reste un « résidu » plus ou moins important selon les
pays et les périodes et c’est ce résidu, c’est-à-dire
cette part de la croissance du PIB que l’on ne peut
pas imputer aux inputs, que l’on considère traditionnellement comme étant la contribution spécifique
du progrès technique.
2. Dans ce cas, le mode de croissance ne serait non
pas extensif mais intensif. On serait alors capable de
faire croître le PIB de x % sans augmenter d’autant
les quantités des inputs en travail et en capital. À la
limite, on pourrait très bien réussir à faire croître le
PIB sans variation de ces inputs.
3. Si la productivité totale (ou globale) des facteurs
(PTF ou PGF) s’accroît, c’est qu’on est capable de
créer davantage de richesse que naguère pour une
certaine quantité d’inputs ou bien, version symétrique, qu’on a besoin de moins d’inputs que naguère pour créer une certaine quantité de richesses
ou bien encore, avancée ultime, qu’on sait maintenant créer plus de richesses que naguère en utilisant
moins d’inputs. Si tel est le cas, c’est à l’évidence
parce qu’il y a eu des progrès techniques, c’est-àdire des innovations, notamment en termes de procédés et d’organisations. Le texte nous invite cependant à ne pas restreindre la relation entre PTF,
progrès technique et croissance économique à ces
deux types d’innovation : pour ses auteurs, il convient également (et à juste titre) de tenir compte des
innovations de produit (d’où leur présence dans le
schéma du doc. 4).
4. La relation entre progrès technique, productivité
totale (ou globale) des facteurs, inputs en travail et
en capital et croissance économique peut donc au
final être schématisée comme suit (cf. ci-contre) :

► p. 24 à 27

Expliquer
la croissance économique

A. Le rôle
des facteurs de production
Doc. 1, p. 24
1. Si une grandeur Y dépend de façon pérenne et
dans les mêmes conditions d’une grandeur X (voire
de plusieurs grandeurs : X, Z, A, B, etc.), on va pouvoir calculer la valeur de Y selon les valeurs prises
par X, Z, A, B, etc. C’est précisément ce à quoi renvoie le mot « fonction » en mathématiques et se
note, en termes génériques, comme suit : Y = f(X),
voire Y = f(X, Z, A, B, etc.).
2. En mathématiques ou en sciences économiques,
les fonctions revêtent généralement des formes
spécifiques. La formule présentée ici n’a donc qu’un
caractère générique. Dans la pratique, les économistes utilisent souvent des fonctions à rendements
d’échelle constants du type Cobb-Douglas.

© Hatier 2012

15

Inputs en travail et
en capital
Croissance économique
Progrès technique

PGF (« résidu »)

Doc. 3, p. 25

Doc. 4, p. 25

1. 2,6 : le PIB en volume des États-Unis s’est accru
en moyenne de 2,6 % par an sur la période 19852009.
1,0 : aux États-Unis, la PGF s’est accrue en
moyenne de 1 % par an sur la période 1985-2009.
C’est là le fameux « résidu » dont il est question
dans le document 2 : les inputs n’ayant progressé au
total que de 1,6 % par an (0,9 % + 0,7 %) sur
l’ensemble de la période, la part de la croissance
économique que l’OCDE va attribuer au progrès
technique (et donc à la PGF) est nécessairement
égale à 2,6 % – 1,6 %, c’est-à-dire à 1 %.
2. On obtient respectivement 81,9 %, 62,3 %,
13,8 %, 38,5 %, 85,8 %, 57,9 % et 75 %. Dans le cas
des États-Unis, cela signifie que près de 39 % de la
croissance économique sur la période 1985-2009
sont dus à l’accroissement de la PGF, c’est-à-dire, in
fine, au progrès technique.
3. La part de la croissance économique qui est
imputable au progrès technique est très importante
pour la Finlande, l’Allemagne et le Japon (ce sont
respectivement 85,8 %, 81,9 % et 75 % de
l’accroissement du PIB qui sont dus au progrès technique), importante pour la Corée du Sud et la France
(respectivement, 62,3 % et 57,9 %), modeste pour
les États-Unis (seulement 38,5 %) et très faible pour
l’Espagne (13,8 %). La croissance est donc « intensive » pour les cinq premiers pays (l’augmentation
du PIB y provient, pour l’essentiel, d’une utilisation
plus efficace des facteurs de production existants) et
« extensive » pour les deux derniers (l’accroissement
du PIB y résulte, pour l’essentiel, de l’augmentation
des quantités de travail et de capital utilisées).
4. De bonnes performances en termes de PGF ne
suffisent cependant pas à garantir l’obtention d’une
croissance économique élevée (cas de la Finlande,
même s’il ne faut pas surestimer l’ampleur de la
discordance entre ses deux performances). Symétriquement, de mauvaises ou, à tout le moins, de médiocres performances en termes de PGF peuvent
très bien s’accompagner d’une forte croissance économique (cas évident de l’Espagne).

1. La productivité du travail s’obtient en divisant la
valeur ajoutée (à l’échelle microéconomique) ou le
PIB (au niveau macroéconomique) par la quantité de
travail nécessaire à leur obtention (des heures ou
des effectifs). L’INSEE la qualifie d’ « apparente »
pour nous rappeler que le travail ne peut générer à
lui seul aucun euro de valeur ajoutée : il n’est productif que s’il est associé aux autres facteurs de
production (la terre, le capital et le progrès technique). C’est précisément l’enjeu du calcul de la
productivité totale (ou globale) des facteurs (que
l’OCDE qualifie pour sa part, fort éloquemment, de
« productivité multifactorielle ») que d’essayer de
mesurer cette relation complexe.
2. Si la productivité apparente du travail s’accroît,
cela signifie que l’appareil productif peut obtenir la
même valeur ajoutée que naguère en lui consacrant
moins d’heures de travail ou/et moins de salariés.
D’où la baisse des coûts de production unitaires et,
in fine, si les entreprises le souhaitent, celle des prix
de vente sans que cela ne porte atteinte à leurs
profits unitaires.
Mais cela signifie également, de façon symétrique,
que les unités productives sont désormais capables
d’obtenir une valeur ajoutée plus importante à partir du même quantum de travail. D’où des accroissements de salaires (là aussi sans mettre en péril les
profits unitaires) si le rapport de force est favorable
aux salariés et/ou si les chefs d’entreprise comprennent, tel Henry Ford (1863-1947) en son temps, que
c’est leur intérêt bien compris.
Le partage des gains de productivité est donc un jeu
à somme positive.
3. Les gains de productivité leur permettant de
baisser les prix et d’accroître les salaires, les firmes
auront des débouchés plus importants et pourront
donc accroître leurs profits, à la fois unitaires (si elles
ne font pas bénéficier les salariés et les consommateurs de l’intégralité des gains de productivité) et
totaux (et ce, bien sûr, si au moins trois conditions
sont réunies : ces baisses de prix et ces hausses de
salaires doivent être d’ordre macroéconomique ; les
ménages doivent non pas épargner mais dépenser

© Hatier 2012

16

leurs gains de pouvoir d’achat ; les intentions
d’achat doivent concerner des produits fabriqués
localement). C’est donc à la fois la demande et
l’offre globales et, ce faisant, la croissance économique qui seront stimulées.
4. En approvisionnant continûment les marchés en
produits nouveaux et attractifs, les innovations de
produit permettent d’alimenter la croissance des
débouchés de l’appareil productif tout en désamorçant les conflits inhérents aux méthodes qui sont à
l’origine de la hausse de la productivité apparente
du travail.

pêcher de réaliser ce que nous voulions faire et,
symétriquement, nous obliger à accomplir ce qui
n’entrait pas dans nos intentions initiales. Il peut
donc légitimement amputer nos revenus (voire nos
patrimoines) via les prélèvements obligatoires, limiter nos capacités d’expression et de circulation, etc.
Ces caractéristiques spécifiques vont évidemment
s’avérer décisives lorsqu’il s’agira d’instituer un environnement institutionnel favorisant la croissance
économique et, au-delà, le développement.
2. « Promouvoir » signifie ici que les administrations publiques mettent en place des interdictions,
des obligations et des encouragements (via des
subventions ou/et des allégements voire des exonérations de prélèvements obligatoires) afin d’obtenir
que les acteurs privés œuvrent dans le sens désiré
ou qu’elles produisent elles-mêmes (de façon non
marchande) ce qui est collectivement nécessaire
(dépenses relatives à l’éducation, à la recherche, aux
infrastructures collectives, etc.).
3. Pour exemple, cf. le cas des entreprises : leur
propension à investir serait nulle si elles n’avaient
pas la perspective de s’approprier une partie substantielle des gains que leurs investissements pourraient leur procurer ou/et si n’importe qui pouvait
confisquer leurs actifs (terrains, bâtiments, machines, petit outillage, marques commerciales, brevets, etc.).
4. L’instabilité politique se traduit à l’extrême par
des actes de terrorisme récurrents, voire par une
véritable guerre civile ; dans sa forme courante, il
peut s’agir tout simplement, dans un régime parlementaire, d’une instabilité gouvernementale due à
la fragilité des coalitions partisanes.
Les deux cas de figure sont évidemment peu favorables à l’investissement et, ce faisant, à la croissance économique car les investisseurs, qui font par
définition des paris sur l’avenir, ont besoin que ce
dernier soit aussi prévisible que possible à moyen ou
à long terme (pour en convaincre les élèves, il suffirait de prendre l’exemple des firmes appartenant à
des secteurs très capitalistiques : l’industrie automobile, la construction navale, aéronautique ou
ferroviaire, etc.).

PRÉPA BAC, p. 25
 Le document 4 ne se contente pas de mettre en
avant la nécessité de faire appel au progrès technique et à la PGF pour remédier aux insuffisances
des approches ne tenant compte que des inputs en
travail et en capital : contrairement aux documents
1 à 3, il cherche à expliquer pourquoi le progrès
technique est à même d’influer sur la croissance
économique.
 Ce schéma s’inscrit dans la même logique que
les documents 1 à 3. Pour s’en convaincre, il suffit de
se référer aux quatre cadres bleus :
- Les inputs en travail et en capital y sont représentés à trois endroits : en haut au centre (« 
Quantité facteur travail »), en bas au milieu
(« Amélioration du capital humain ») et en bas à
droite («  Demande de capital physique »).
- Quant au progrès technique, il est nommément présent, en bas à gauche, dans le plus important de ces quatre cadres (on y retrouve d’ailleurs
la référence aux trois types d’innovations qui sont
mentionnés à la fin du document 2 : les innovations de produit, les innovations de procédé et les
innovations organisationnelles).

B. Innovation et
environnement institutionnel
Doc. 1, p. 26

Doc. 2, p. 26

1. L’État au sens large du terme (administrations
publiques centrales, administrations publiques locales et administrations publiques de Sécurité sociale) agit au nom de l’intérêt général, dans une
logique non marchande, et dispose de ce que Max
Weber (Le savant et la politique, 1919) appelait le
« monopole de la violence physique légitime ». C’est
donc le seul acteur qui peut légitimement nous em-

© Hatier 2012

1. et 2. Le « rendement privé » de la recherche se
matérialise par les profits que les firmes ont retirés
(ou vont pouvoir retirer) de leurs dépenses de R&D,
alors que son « rendement social » est constitué par
tous les gains qui en résulteront (ou pourraient en
résulter) pour la collectivité tout entière (en termes

17

de niveau de vie et d’emploi mais également de
santé, de liberté, de bonheur, etc.). Si le premier
rendement est inférieur au second, cela implique
que, faute de rentabilité suffisante, les firmes vont
devoir renoncer à certains projets, ce qui privera la
collectivité de l’ensemble des gains auxquels elle
aurait pu prétendre en l’absence de ces renoncements.
3. Il s’agit à l’évidence d’un cas spécifique
d’externalité et il ne peut être réglé que grâce à
l’intervention des pouvoirs publics, qui peuvent
notamment :
 se substituer aux entreprises privées et assumer eux-mêmes les activités de recherche en
question, ce que font en France le CNRS, l’INRA,
l’INSERM, le CEA, le CNES, l’IFREMER, etc. ;
 récompenser les firmes privées afin de soutenir leur efforts de R&D, via des subventions ou/et
des allégements (voire des exonérations) de prélèvements obligatoires ;
 promouvoir un environnement institutionnel propice à l’innovation, par exemple en instituant
un droit de la propriété intellectuelle (d’où l’encadré
et la question sur les brevets).
4. L’institution des brevets permet de concilier deux
séries d’exigences contradictoires (celles de la collectivité tout entière, qui a intérêt à ce que la connaissance circule librement et que de nombreuses
entreprises innovent, et celles des entreprises, qui
ont intérêt à protéger leur savoir et leurs savoirfaire), et ce pour deux raisons essentielles :
a/ le monopole qu’une firme va alors obtenir lui
permettra de réaliser des profits mais cette faveur
ne lui sera octroyée qu’à titre temporaire : à terme,
la connaissance protégée par le brevet sera librement utilisable ;
b/ de surcroît, lorsqu’elle va déposer sa demande de brevet, elle va devoir publier de nombreuses informations, dont certaines s’avéreront
immédiatement utiles (ses concurrents seront en
effet immédiatement renseignés sur ce qu’elle sait
et sur ce qu’elle ne sait pas, ils connaîtront une partie de sa stratégie de développement, etc.).

2. La première modalité dans les colonnes 2 à 5 (on
y voit la puissance publique se substituer aux entreprises privées et assumer elle-même des activités de
R&D) et la seconde dans la colonne 6 (on y voit les
administrations publiques contribuer au financement des DIRD des entreprises).
3. 16 664,3 millions d’euros
(= 14 090 + 24 753 x 0,104), soit 42,4 % du total de la
DIRD.
4. Non, car la troisième modalité d’intervention (la
promotion d’un environnement institutionnel propice à l’innovation) n’est pas prise en compte ici,
étant entendu, comme l’on peut s’en douter, qu’elle
est pour le moins difficile à chiffrer.

Doc. 4, p. 27
1. Parce que les économistes classiques auxquels
se réfère l’auteur considéraient que le financement
des investissements nécessaires à la croissance économique nécessite la constitution d’une épargne
préalable (ce que les keynésiens contesteront fortement). Le premier d’entre eux, Adam Smith (17231790), écrivait ainsi que « l’industrie de la société ne
peut augmenter qu’autant que son capital augmente, et ce capital ne peut augmenter qu’à proportion de ce qui peut être épargné peu à peu sur les
revenus de la société » (Recherches sur la nature et
les causes de la richesse des nations, Livre IV, chapitre II).
2. Au sens sociologique du terme, les valeurs sont
des « idéaux auxquels les membres d’une société
adhèrent, qui se manifestent dans les manières de
penser, de sentir, d’agir des individus et qui sont à
l’origine des normes. » (Jean-Yves Capul, L’Économie
et les sciences sociales de A à Z, Hatier, 2004). C’est
précisément ce à quoi se réfère le passage souligné :
sans ce type d’idéal et, partant, sans les normes
correspondantes, les pratiques sociales ne permettraient pas de constituer une épargne macroéconomique suffisante pour financer les investissements
matériels et immatériels nécessaires à la croissance
économique.
3. Si certains systèmes de valeurs s’avèrent plus
favorables à l’épargne que d’autres, on ne saurait
cependant surestimer l’importance de ce trait culturel (il suffit pour cela de raisonner en termes keynésiens et d’insister tant sur le rôle moteur de la
dépense des revenus que sur l’importance de la
monnaie scripturale). Le texte met néanmoins
l’accent sur un point essentiel : ce qui déclenche puis
alimente la croissance économique n’est réductible
ni aux inputs en capital et en travail ni au progrès

Doc. 3, p. 27
1. 35,8 : en France, en 2007, les DIRD des administrations publiques ont représenté environ 36 % du
total des dépenses de ce type sur le territoire français.
10,4 : en France, en 2007, 10,4 % des DIRD des
entreprises ont été financées par des ressources
publiques.

© Hatier 2012

18

technique : l’environnement institutionnel est également décisif, et ce au sens large du terme (si les
interventions des administrations publiques sont
essentielles, les traits culturels le sont tout autant).

à l’échelle nationale) et nombre de nos traits culturels devront changer (en termes de consommation,
de transport, d’habitat, etc.).

PRÉPA BAC, p. 27
Une conclusion n’est pas un résumé (il suffit de penser à un joueur d’échecs : en fin de partie, il ne va
pas se contenter de résumer sa stratégie ; il va jouer
son dernier coup et ainsi conclure la partie, si possible de façon victorieuse). Elle doit apporter une
réponse explicite à la question posée (ce qui ne
signifie pas qu'on doive y oublier tout sens de la
nuance). Le cas échéant, elle peut également avoir
pour ultime finalité de suggérer certains élargissements (même si bien peu d’élèves savent rédiger
cette fameuse phrase d’ouverture…). En voilà un
exemple :
La croissance économique nécessite donc un certain
type d’environnement institutionnel, dont, au premier chef, celui que les administrations publiques
s’efforcent de promouvoir en obtenant que les acteurs privés agissent d’une certaine façon, en assumant certaines productions non marchandes et en
instituant des droits de propriété (y compris sur les
actifs incorporels).
La croissance économique a cependant besoin d’un
autre type d’institutions, à savoir de valeurs, de
normes et de mœurs spécifiques (notamment en
termes d’épargne, si l’on suppose, comme les économistes classiques, que les investissements nécessaires à la croissance économique requièrent une
forte épargne préalable).
Il en irait d’ailleurs de même si l’on raisonnait en
termes de développement durable plutôt que de
croissance économique. Nous devons nous inscrire
dans cette dynamique mais nous ne pourrons le
faire que si deux conditions indissolublement liées
sont remplies : les pouvoirs publics devront intervenir massivement (au demeurant, pas uniquement

© Hatier 2012

DOSSIER 3

► p. 28 à 31

Un processus auto-entretenu
mais non harmonieux

A. La notion de
« croissance endogène »
Doc. 1, p. 28
1. L’auteur fait référence aux analyses qui, telle
celle de Robert M. Solow (né en 1924), imputent au
progrès technique la part de la croissance économique qui n’est pas explicable par les inputs en travail et en capital. Cette approche a été présentée
p. 24-25, « Le rôle des facteurs de production ».
2. Endogène : littéralement, qui prend naissance à
l'intérieur d’un système (un animal ou un végétal,
une société humaine, etc.).
Feed-back : si A influe sur B et si B influe en retour sur A, la relation « B  A » est qualifiée de
« rétroaction » (on utilise également l’anglicisme
« feed-back »).
Phénomène de « bouclage » : raisonnement
non linéaire, c’est-à-dire circulaire. Si la situation
s’améliore au fur et à mesure que l’on parcourt la
boucle, on a affaire à un « cercle vertueux » ; dans le
cas contraire, le cercle est qualifié de « vicieux ».
La notion de « cercle » est évidemment indissociable
de celle de « rétroaction ».
Cf. schéma ci-dessous :

19

Exemple de « cercle vertueux »

Le club de football « Jeugagn »
est de mieux en mieux classé

Ses ressources s’accroissent
(davantage de spectateurs et
davantage de recettes
publicitaires)

(rétroaction)
Son équipe va gagner de plus
en plus de matchs
(rétroaction)

3. Ces trois auteurs sont partis de l’hypothèse
selon laquelle la croissance économique s’autoalimente. Pour eux, le progrès technique n’est donc
pas une variable exogène, que l’on interpréterait, à
l’instar de Robert M. Solow, comme une sorte de
« manne céleste » : il est à la fois le résultat et la
cause de la croissance économique. D’où
l’expression « croissance endogène ».
Remarque : l’expression « manne céleste » n’est pas
exagérée. Pour s’en convaincre, cf. ce qu’écrivait
naguère Denis Clerc (Alternatives économiques,
n° 198, décembre 2001) : « Pour se tirer d'affaire,
[Robert M.] Solow a [...] dû imaginer l'intervention
d'un troisième facteur, en plus du travail et du capital, pour expliquer la croissance à long terme : le
progrès technique. Un facteur un peu particulier,
puisqu'il accroît l'efficacité productive des deux
autres, un peu comme le rhum accroît l'arôme du
gâteau. Mais un rhum particulier, qui tombe du
ciel. »

(rétroaction)

penses salariales serait alors inférieure à la diminution du coût fixe moyen due à l’utilisation des ressources en capital fixe).
Toutefois, à partir d’un certain volume d’embauche
(un peu au-delà du dixième salarié, si l’on tient
compte des tâches de gardiennage, d’entretien et de
nettoyage), un nombre croissant de salariés ne disposeraient pas des équipements dont ils auraient
besoin pour être productifs et seraient donc payés
pour ne rien produire, ce qui se traduirait par un
accroissement des coûts unitaires (c’est-à-dire par
une baisse des rendements).
C’est là, écrivait Wilhelm Röpke (1899-1966), une
« vérité banale et hors de toute discussion, dont les
cuisinières font l'expérience quotidienne quand elles
mettent du sel dans les pommes de terre » (du
moins si leur quantité est fixe) et qui a été formalisée pour la première fois par Anne Robert Jacques
Turgot (1727-1871).
3. Parce que ces activités sont en mesure
d’engendrer des externalités positives et que ce
potentiel est très important. La PGF d’une économie
peut donc croître quasiment indéfiniment dès lors
que la croissance économique y est amorcée et
qu’elle dispose ainsi, de périodes en périodes, des
ressources additionnelles qui lui permettront de
reproduire et, au-delà, d’accroître ses performances
en faisant à la fois plus et mieux en termes
d’éducation de recherche, d’infrastructures collectives, etc.
4. Ces auteurs ne se contentent pas d’invoquer le
progrès technique comme une « manne céleste » à
laquelle serait imputé (sans plus de précisions) le
« résidu » inexplicable par les inputs en travail et en

Doc. 2, p. 28
1. et 2. Supposons qu’une entreprise possède un
atelier et dix machines et qu’elle ne puisse pas accroître son stock de capital fixe ; seule la quantité de
facteur travail pourrait alors varier, et ce, dans
l’absolu, de zéro à l’infini. L’accroissement des inputs
en travail se traduirait d’abord par une diminution
des coûts unitaires de cette entreprise (c’est-à-dire
par une hausse de ses rendements) lorsqu’elle embaucherait un premier salarié, puis un deuxième,
puis un troisième, etc. (puisque la hausse du coût
variable moyen induite par l’accroissement des dé-

© Hatier 2012

Il peut conserver les bons joueurs
qu’il détient et en recruter de
nouveaux

20

capital : contrairement à Robert M. Solow, ils cherchent à élucider l’origine du progrès technique. Audelà, et plus fondamentalement, ils mettent l’accent
sur deux points essentiels :
a/ ce qui explique, dans une certaine mesure, la
croissance économique, c’est elle-même (d’où
l’expression « croissance endogène ») : pour eux, ce
sont en effet les succès déjà engrangés (par accumulation de connaissances, d’équipements productifs,
de capital financier, d’infrastructures collectives,
etc.) qui vont constituer la matrice des succès à venir
(en l’occurrence, pour Paul M. Romer, via les externalités positives et les rendements croissants qui en
résultent) ;
b/ La problématique des externalités étant ce
qu’elle est, les pouvoirs publics doivent aider les
acteurs productifs privés, tant en soutenant leurs
efforts d’investissement et d’innovation (cf. p. 26)
qu’en œuvrant en termes de R&D, d’éducation (initiale et continue), d’infrastructures collectives, de
protection sociale, de logement, etc.

Croissance du PIB et, ce faisant, de
l’ensemble des revenus (en effet,
1 € de valeur ajoutée = 1 € de
revenus)

Hausse des recettes publiques (en
effet, l’assiette des prélèvements
obligatoires s’élargit et il est
possible d’en accroître le taux)

Accroissement des dépenses
publiques (éducation, R&D,
infrastructures collectives, etc.)

2. On retrouve donc bien là le principe d’une explication de type endogène : la croissance économique
s’explique dans une certaine mesure par elle-même.
Robert Barro va cependant plus loin puisqu’il ne se
contente pas de légitimer les interventions des administrations publiques : il va jusqu’à considérer que
certaines catégories de dépenses publiques sont des
facteurs de production au même titre que le travail
et le capital.

Doc. 3, p. 29
1. C’est l’ensemble des savoirs et des savoir-faire
qu’un individu détient et qui lui permettent de participer à la création de richesses et de percevoir des
revenus. On doit cette notion à Gary S. Becker (né en
1930, prix Nobel d’économie en 1992).
2. Une nation dont la croissance économique est
amorcée dispose d’un niveau de vie croissant. Elle
est donc en mesure de financer la hausse des dépenses d’éducation qui lui permettront de reproduire, voire d’amplifier, ses performances
macroéconomiques.
Remarque : il ne faut pas interpréter cette phrase de
façon restrictive (ce qui est en jeu, c’est en effet à la
fois la hausse du taux d’épargne des ménages et la
modification des conditions de prélèvements obligatoires : non seulement leur assiette s’élargit, mais il
est possible d’en accroître le taux).
3. On retrouve donc bien là le principe d’une explication de type endogène : la croissance économique
s’explique dans une certaine mesure par elle-même.

Doc. 5, p. 29
1. 3,2 et 3,7 : en Suède, de 2000 à 2007, le PIB en
volume par habitant a progressé en moyenne de
3,2 % par an et les dépenses publiques de R&D y ont
représenté en moyenne 3,7 % du PIB.
2. Hormis au Japon, les deux séries de pourcentages évoluent dans le même sens (la croissance
économique est en effet d’autant plus rapide que le
poids des dépenses publiques de R&D est important
et d’autant plus lente que ce poids est faible).
On peut cependant inverser le sens de lecture et
énoncer, symétriquement, que le poids des dépenses publiques de R&D est d’autant plus élevé
que la croissance économique est rapide et d’autant
plus faible que cette croissance est lente. Dans les
deux cas, on est évidemment amené à opposer les
cas de la Finlande et de la Suède à celui de la France.
Cf. Fiche Outils et méthode n° 17 : « Corrélation et
causalité », p. 444 du manuel.
3. Si l’on raisonne comme les théoriciens de la
croissance endogène, il ne faut pas privilégier l’une
de ces lectures mais les considérer comme les deux
parties d’un même cercle vertueux (cf. doc. 4, Q. 1).

Doc. 4, p. 29
1. Robert Barro raisonne de la même façon que
Paul M. Romer et Robert E. Lucas, c’est-à-dire en
termes de cercle vertueux.
(cf. schéma ci-contre)

© Hatier 2012

(rétroaction)

21

4. Même s’il ne se réfère qu’à un nombre restreint
de nations, ce graphique donne raison à ces théoriciens pour deux raisons :
a/ Si l’on fait abstraction du cas spécifique du
Japon, qui est confronté à une grave crise financière
depuis le début des années 1990, ces données confirment l’existence du cercle vertueux dont ces théoriciens font état : là où la croissance économique est
relativement rapide, il est possible de financer, sur
fonds publics, beaucoup de dépenses de R&D, ce qui
stimule en retour la croissance du PIB. Et ainsi de
suite (cas de la Finlande et de la Suède). Symétriquement, là où la croissance économique est relativement faible, les politiques publiques en matière de
R&D restent modestes, d’où le maintien de

l’atonie économique. Et ainsi de suite (cas de la
France).
b/ Ce graphique permet également d’illustrer
l’importance spécifique de la puissance publique. En
effet, ce n’est pas le total de la DIRD qui figure sur
l’axe des abscisses, mais simplement la part qui en
est financée par les administrations publiques. Or,
nous l’avons vu, les théoriciens de la croissance
endogène ne cherchent pas seulement à montrer
que la croissance économique, une fois amorcée,
crée les conditions structurelles propices à sa pérennisation : ils insistent également sur le soutien structurel que les pouvoirs publics doivent apporter aux
acteurs productifs privés, notamment en termes de
R&D.

PRÉPA BAC, p. 29
La réalisation d’un schéma peut faciliter la description ou l’explication d’un mécanisme.

Feed-back (rétroaction)

Amélioration
du capital
humain

Accumulation
de savoirs et
de savoir-faire
Croissance du PIB
et donc élargissement de l’assiette
des prélèvements
obligatoires

© Hatier 2012

Hausse
des dépenses
publiques

Amélioration des
infrastructures
collectives
et hausse
des dépenses de
recherche
et développement

22

Apparition
de nombreuses
externalités
positives

B. Croissance économique
et « destruction créatrice »

croître fortement. Or, à un certain moment, les taux
d’équipement des ménages auront fortement progressé et il n’y aura plus suffisamment d’innovations
de produits. Les débouchés macroéconomiques se
mettront alors à croître moins vite, alors même que
les firmes imitatrices, désirant capter une partie de
la manne des profits issue de l’activité des entreprises pionnières, auront massivement investi.
L’offre globale deviendra donc surabondante, d’où
une double crise : une crise économique et une crise
boursière, les deux se renforçant mutuellement et
amorçant l’entrée dans la « phase B ». Une nouvelle
phase A lui succédera pour peu que les entrepreneurs (au sens schumpétérien du terme) puissent à
nouveau innover de façon radicale.

Doc. 1, p. 30
1. Un cycle comprend quatre phases : une phase
d’expansion, une phase de crise, une phase de récession (voire, cas désormais rarissime, de dépression) puis une phase de reprise, à laquelle succédera
une nouvelle phase d'expansion. Et ainsi de suite. Il
peut s’agir de cycles courts (cycles de Kitchin ou de
Juglar) ou de cycles longs (cycles de Kondratieff), ce
qui se représente comme suit :

Doc. 2, p. 30
1. Pour Schumpeter, c’est la caractéristique fondamentale du capitalisme qui, en permanence, détruit certains de ses éléments et en crée de
nouveaux grâce aux innovations des entrepreneurs.
Comme nous allons le voir, ses conséquences ne
sont pas seulement d’ordre économique.
2. Lorsqu’une grappe d’innovations majeures de ce
type apparaît, la rentabilité (présente ou future) des
activités productives traditionnelles va nécessairement s’avérer insuffisante. D’où un tarissement plus
ou moins rapide des ressources qui leur sont affectées et, ce faisant, des fermetures (ou des délocalisations) d’établissements et des faillites (ou des
reconversions) d’entreprises et, in fine, des problèmes d’emploi, y compris pour les actifs indépendants.
L’ordre ancien commencera donc à être détruit,
étant entendu qu’il ne faut pas envisager cette destruction en des termes uniquement économiques :
les valeurs, les normes, les modes d’habitat, etc.
seront également affectés (à titre d’exemple, cf. la
première révolution industrielle).
3. Pour le comprendre, il suffit de se référer cidessus au doc. 1 (Q. 2 et 3) ainsi qu’au doc. 2, 3 et 4
p. 24-25, « Le rôle des facteurs de production ».
4. Lorsque la destruction de l’ordre ancien commence, de nombreux salariés et actifs indépendants
vont être confrontés à des difficultés très importantes. De nombreuses actions collectives vont donc
être organisées (dont celles des « canuts » lyonnais
e
et des « luddistes » anglais au XIX siècle) afin de
s’opposer aux innovations qui sont à l’origine de
cette destruction.
À moyen ou à long terme, les effets positifs
l’emporteront sur les effets négatifs mais le pas aura

On n’oubliera pas d’indiquer que l’existence des
périodes de récession, voire de dépression, n’a nullement empêché la croissance du PIB sur longue
période (d’où la présence du « trend » sur le graphique). Pour de plus amples précisions, cf. le chapitre 2.
2. Nicolai Dimitrievitch Kondratieff (1892-1938) est
un économiste russe qui a été fusillé en 1938 après
avoir passé huit ans en prison. L’article dans lequel il
présente les cycles longs date de 1925. Chacun de
ces cycles dure de quarante à cinquante ans et comporte deux phases : une « phase A » (phase
d’expansion) et une « phase B » (phase de récession
voire de dépression). Quatre cycles complets ont pu
être observés à ce jour, le cinquième ayant vraisemblablement débuté vers 1990, étant entendu,
comme l’indique Dominique Plihon, qu’on peut les
lier à la notion de « révolution industrielle » (deux
révolutions complètes à ce jour).
3. Chacun de ces cycles a pour origine une
« grappe » d’innovations majeures qui stimulent très
fortement à la fois la demande et l’offre globales
(puisque ces innovations concernent les produits
mais également les procédés et les modes
d’organisation). Cette stimulation durera tant que
les débouchés de l’appareil productif continueront à

© Hatier 2012

23

été effectivement difficile à franchir (sauf si les pouvoirs publics sont intervenus pour que cette transition soit supportable).

(cf. doc. 2), et ce bien au-delà de la sphère économique (cf. doc. 4).
 De nombreux acteurs sociaux se sont donc opposés (et s’opposent encore) à ces innovations (cf.
doc. 2).
Conclusion
Odile Lakomski-Laguerre a donc raison de souligner
que, faute d’une abnégation inhumaine ou du détachement propre aux théoriciens, les innovations ne
peuvent qu’induire mécontentement, ressentiment
et, in fine, contestation sociale (notamment en
France, compte tenu du système de valeurs qui y
prévaut ; cf. doc. 3).

Doc. 3, p. 31
1. 79 et 49 : en France, en novembre 2009, sur 100
personnes interrogées par l’IFOP, 79 affirmaient que
le rôle principal d’une entreprise est de créer des
emplois et 49 déclaraient que l’innovation et la recherche relèvent plutôt de la responsabilité des
entreprises. Ces pourcentages sont censés représenter l’opinion de l’ensemble des Français.
2. et 3. Les préoccupations liées à l’emploi
l’emportent très largement sur celles qui ont trait à
l’innovation, dont les Français semblent sousestimer les vertus à long terme. Pour eux, le « pas »
dont il est question dans le document 2 est donc
effectivement difficile à franchir.

TD 1, p. 32 La mesure de la croissance
économique

Doc. 4, p. 31

1. 1 932,8 : en 2008, le PIB de l’économie française
s’est élevé à 1 932,8 milliards d’euros courants (attention : il ne s’agit pas de la création de richesse
des acteurs productifs de nationalité française, puisqu’on raisonne ici en termes de territorialité).
2. Ce sont des faits non pas bruts mais construits
puisque le calcul du PIB repose sur des conventions
comptables qui résultent elles-mêmes d’une série
d’arbitrages entre différentes conceptions de la
richesse :
 certaines activités productives ne sont que très
partiellement prises en compte (travail domestique,
entraide entre amis ou voisins et activités productives relevant de l’économie souterraine) ;
 les externalités négatives ne sont pas considérées comme des consommations intermédiaires ;
 les activités productives destinées à remettre en
l’état ou à recréer ce qui a été endommagé ou détruit en raison des externalités négatives sont considérées comme étant à l’origine de vraies créations
de richesses.
3. L’échelle adoptée tend à surestimer visuellement la hausse nominale du PIB alors que cette
dernière est en réalité modeste, de l’ordre de 2,31 %
(1 932,8 − 1 889,2) (1 889,2 × 100). De surcroît,
le choix de 2009 pour année de base conduit à ignorer que la hausse qui a été enregistrée en 2010 n’est
qu’un simple rattrapage (le PIB en valeur de 2010 est
en effet à peine égal à celui de 2008).
4. Les deux graphiques se réfèrent à des données
exprimées en euros courants. Or c’est en euros
constants, c’est-à-dire « en volume » (autrement dit,

1. Il s’agit d’une innovation non pas mineure mais
majeure et qui pose de redoutables problèmes
éthiques (dont celui de l’élimination de certains
fœtus). Au-delà, ce sont des problèmes sociaux qu’il
va falloir affronter tant il est vrai, observera-t-on
avec Émile Durkheim (Leçons de sociologie, PUF,
1950) qu’ « il n’y a pas de forme de l’activité sociale
qui puisse se passer d’une discipline morale qui lui
soit propre ».
2. et 3. Nous sommes bien ici en présence d’un
processus de ce type : une innovation majeure surgit
dont on peut attendre des effets positifs en termes
de croissance économique (DNAvision n’est pas une
association mais une entreprise) mais qui va nécessairement détruire certains traits de l’ordre ancien
(en l’occurrence, des traits d’ordre éthique). Le processus de « destruction créatrice » n’affecte donc
pas seulement la sphère économique : ses effets
sont multidimensionnels.

PRÉPA BAC, p. 31
 Le processus de « destruction créatrice », qui
constitue, selon Joseph A. Schumpeter, « la donnée
fondamentale du capitalisme » (cf. encadré), engendre des effets économiques indéniablement très positifs à long terme, même si la
croissance économique qui en résulte est loin d’être
régulière (cf. doc. 1).
 Les innovations qui l’enclenchent sont cependant à l’origine d’effets très négatifs à court terme

© Hatier 2012

24

TD 2 p. 33

« en termes réels »), qu’il faudrait raisonner (cf.
Fiche Outils et méthode n° 13 p. 436).
5. Environ – 2,28 %
[ ((1 889,2 – 1 933,2) / 1 933,2) × 100 ]
alors que le document 2 fait état d’une baisse de
2,6 %. Cet écart n’a en réalité rien de surprenant : le
premier résultat s’appuie sur des données exprimées en euros courants alors que le second se réfère à des données calculées en volume.
6. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les
baisses de PIB étaient devenues rarissimes dans les
PDEM, ce qui rend l’année 2009 tout à fait exceptionnelle. Si l’on en restait au cadre factuel du document 1, on ne pourrait donc pas apprécier à sa
juste valeur les données qui y sont présentées. En
effet :
 même si l’on optait pour une échelle moins
problématique, le doc. 1A ne nous permettrait pas
de comprendre la spécificité de l’année 2009 puisqu’il ne comporte aucune donnée pour les années
antérieures à 2009 ;
 quant au document 1B, s’il permet de comprendre la spécificité de cette année (puisqu’il comporte quelques données pour les années antérieures
à 2009), cette compréhension n’est que partielle
(puisque, malgré son allongement, la période retenue est trop courte).
7.

N° des
questions 

des
observations
auxquelles se
réfèrent les
réponses 
[A]
[B]
[C]
[D]
[E]

© Hatier 2012

1

2

x

3

4

5

6

x

x

x
x

x

x

x

ÉTAPE 1
1. et 2. Il s’agit d’un article de presse publié par
l’Express, un hebdomadaire français très connu dont
le premier numéro parut en mai 1953. Cet organe de
presse était alors très réputé, et sa fiabilité excellente.
3. Journaliste, écrivaine et femme politique, Françoise Giroud (1916-2003) a cofondé l’Express avec
Jean-Jacques Servan-Schreiber et l’a dirigé jusqu’en
1974.

ÉTAPE 2
4. Parce que l’auteure ne fait, sur le mode du reportage, que rapporter des faits ; elle n’en fournit
aucune interprétation idéologique ou théorique.
5. Mineur de cinquième catégorie : Louis G… est
mineur de fond dans une houillère située dans le
Pas-de-Calais ; il a quasiment atteint le sommet de la
hiérarchie professionnelle des mineurs de fond.
Silicose : maladie pulmonaire dont souffraient
les mineurs de fond en raison de l'inhalation permanente de particules de poussières de silice. Cette
maladie professionnelle était irréversible.
Avantages en nature : part de la rémunération des salariés qui prend la forme de biens ou/et
de services que les employeurs leur fournissent soit
gratuitement, soit à des prix très inférieurs à leurs
valeurs réelles.
Les Houillères : le mot « houillère », sans majuscule, désigne une mine de houille, le mot « charbon » renvoyant pour sa part, comme le souligne
l’INSEE, à la houille, au lignite, au coke, aux agglomérés et aux produits de récupération. Par souci de
simplification, nous utiliserons cependant ci-après
les mots « houille » et « charbon » comme des synonymes. Avec une majuscule, il renvoie à une entreprise publique issue de la nationalisation de
différentes houillères privées en décembre 1944 : les
« Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais ».
En mars 1946, quasiment toutes les autres houillères
de France ont été nationalisées et intégrées dans
une entreprise publique qu’on appela « Charbonnages de France » et qui dirigea l’exploitation du
charbon dans l’ensemble de la France (y compris
dans le bassin du Nord-Pas-de-Calais, dans le cadre

x
x

Un exemple de
« destruction créatrice »

x
x

25

maintenu des « Houillères du bassin du Nord et du
Pas-de-Calais »).
Traites : somme qu’un débiteur doit rembourser
régulièrement à un créancier.
Les caisses de la France sont pleines : les
« Trente glorieuses » étant une période de forte
croissance économique, l’assiette des prélèvements
obligatoires s’élargissait d’année en année, ce qui
permettait aux administrations publiques de collecter davantage d’impôts et de cotisations sociales
(cette collecte était d’ailleurs d’autant plus fructueuse que le taux des prélèvements obligatoires
était lui-même croissant). Le propriétaire des
« Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais »,
c’est-à-dire l’État, en l’occurrence employeur de
Louis G…, disposait donc de ressources abondantes
et aurait pu mieux payer les salariés de cette entreprise. D’où la colère de Louis.
Montagne de crassier : monticule de déchets
que l’on trouve aux alentours d'une mine ou d’une
entreprise métallurgique.
Jours chômés : il s’agit en l’occurrence de jours
pendant lesquels l’employeur de Louis G… demandait à ses salariés de ne pas venir travailler et ne les
rémunérait donc pas.
6. Dans la PCS des « Ouvriers » et plus précisément, en son sein, dans la catégorie des « Ouvriers
non qualifiés de type industriel » (sur ce point, cf. les
acquis du programme de Première ES).
7. Pour un mois, ce revenu mensuel s’élevait à
935,78 francs courants, c’est-à-dire à :
2 × (377,55 + 131,7 − 41,36), soit l’équivalent de
1 236,02 euros de 2010.
En 2010, le SMIC horaire brut était égal à 8,86 euros,
soit 1 343,8 euros par mois pour 151,67 heures de
travail, ce qui correspondait, en termes nets, à environ 1 055 euros. Quant aux allocations familiales,
elles s’élevaient (avant majoration éventuelle et
hors complément familial) à 282,7 euros par mois

© Hatier 2012

pour trois enfants. Pour un ménage tel que celui de
M. et Mme G…, le revenu mensuel net de cotisations
sociales serait donc actuellement égal à 1 337,7
euros (soit 1 055 + 282,7), et ce en négligeant la
majoration éventuelle des allocations familiales, en
ne tenant pas compte du complément familial et en
supposant que Louis G… serait payé au SMIC (ce qui
est contestable puisqu’il était mineur de fond de
cinquième catégorie).
Ce ménage disposait donc d’un pouvoir d’achat
inférieur à celui d’un ménage du même type de
2010.

ÉTAPE 3
8. Une croissance économique rapide et ininterrompue, une forte progression du pouvoir d’achat
moyen des ménages, de très faibles taux de chômage et de très nombreuses mutations structurelles
(sur ces mutations, cf. ci-après les réponses aux
questions 10 et 11).
9. Pour Joseph A. Schumpeter, c’est la caractéristique fondamentale du capitalisme qui, en permanence, détruit certains de ses éléments et en crée de
nouveaux grâce aux innovations des entrepreneurs,
étant entendu (c’est là l’un des enjeux majeurs du
présent TD) que ses conséquences ne sont pas seulement d’ordre économique : ce processus affecte
l’ensemble des modalités de notre existence et est
difficile à accepter par ceux qui, à l’instar de Louis
G…, en sont les victimes.
10. et 11. Le tableau ci-contre permet de se
rendre compte qu’un texte aussi apparemment
anecdotique que celui de Françoise Giroud est en
réalité porteur d’enseignements économiques et
sociologiques essentiels.

26

Éléments affectés par le
processus de
« destruction créatrice »

Ce qui tend à s’effacer

Ce qui tend à s’imposer

Structure sectorielle de l’appareil
productif
(§ 3, 12 et 13)

La prépondérance du secteur secondaire (dont les activités minières sont
ici le symbole).

La prépondérance du secteur
tertiaire.

Structure socioprofessionnelle
de la population active et conditions des luttes sociales
(§ 3, 11, 12 et 13)

La prépondérance de la PCS des ouvriers (dont Louis G… et ses pairs faisaient partie). Au-delà, c’est l’existence
même de la « classe ouvrière » qui est
mise en cause.

La « moyennisation » (relative) du
corps social (qu’Henri Mendras ira
jusqu’à qualifier, en 1988, de
« seconde révolution française »).

Modèle d’emploi
(§ 6 et 13)

Un modèle d’emploi dans lequel
l’accès à une activité professionnelle
restait assez largement héréditaire, où
le chômage était quasiment absent et
où l’on pouvait fort bien exercer le
même emploi tout au long de sa vie
professionnelle.

Un modèle d’emploi dans lequel les
actifs sont beaucoup plus mobiles
(d’une génération à l’autre, mais
également en termes intragénérationnels) et où le chômage va devenir
un risque social majeur.

Rapport au travail
(§ 10, 11, 12 et 13)

La très forte valorisation de l’activité
professionnelle, tant en termes de
durée que de charge symbolique (avec
une mention particulière pour les
mineurs dont F. Giroud écrit qu’ils se
percevaient eux-mêmes, avec fierté,
comme des « héros »).

Modes de rémunération et conditions d’accès aux droits sociaux
(§ 2, 6 et 7)

La coexistence du paternalisme (cf. le
logement et les avantages en nature
que les Houillères fournissent à Louis
G… et à ses ayants droit) et de droits
sociaux institués et garantis par des
administrations publiques (cf. le détail
des cotisations sociales et des allocations familiales de Louis G…).

La diminution du temps de travail et
l’émergence d’une société de loisirs
(dont témoignent ici les skieurs entraperçus à la télévision et, plus généralement, les écrits, dès cette
époque, de Joffre Dumazedier,
auquel on doit notamment Vers une
civilisation du loisir ?, paru en 1962).
Le très net primat des droits sociaux
institués et garantis par des
administrations publiques.

Modèle de consommation
(§ 8 et 10)

Un modèle de consommation élitiste.

Un modèle de consommation de
masse (dont la télévision est ici
l’emblème).

Modèle familial
(§ 4,5 et 9)

La fin des cellules familiales dans lesquelles cohabitaient plus de deux
générations successives (familles dites
« étendues » ; c’est le cas de celle de
Louis G… puisqu’il a recueilli sa mère
après la mort de son père) et où les
relations étaient empreintes
d’autoritarisme (entre les époux mais
également entre les parents et les
enfants).

D’abord, le primat de la norme du
modèle de la famille dite
« nucléaire », puis la mise en cause
de la notion même de « norme
familiale » (ce dont témoigne la
croissance des familles monoparentales, des familles recomposées et
des personnes isolées).

Nature du lien social
(§ 7 et 10)

Un horizon géographiquement et
socialement borné, et ce dans le cadre
global d’une « société
d’interconnaissance ».

L’ouverture sur le monde (par la
télévision, comme ici, mais également grâce aux mutations des modes
de transport), et ce dans le cadre
global d’une « société de masse ».

© Hatier 2012

27

12. Nous avions alors souligné que, si le processus
de « destruction créatrice » engendre des conséquences économiques très positives à long terme, il
est également porteur d’effets immédiats très négatifs (et ce bien au-delà de la sphère économique), ce
qui explique que de nombreux acteurs sociaux
s’opposent aux innovations majeures qui sont à
l’origine de ce type de processus.
C’est à l’évidence le cas de Louis G… : il lui faudrait
une abnégation inhumaine ou, à tout le moins, le
détachement propre aux théoriciens pour accepter
le déclin des activités minières, ainsi que la mise en
péril de son emploi et la mise en cause de son habitus et de sa vision du monde, au nom des bienfaits
macroéconomiques, présents et à venir, de cette
grappe d’innovations.

p. 34-35

tions futures, tout en assurant aux générations actuelles un haut niveau de vie et une répartition aussi
égalitaire que possible des richesses créées.
2. Contrairement à Robert M. Solow, les théoriciens de la croissance endogène (Paul M. Romer,
Robert E. Lucas et Robert Barro) n’envisagent pas le
progrès technique comme une « manne céleste » à
laquelle serait imputé le « résidu » inexplicable par
les inputs en travail et en capital : au lieu de le penser comme une variable exogène, ils l’envisagent à la
fois comme le résultat et comme la cause de la
croissance économique. Pour eux, ce sont donc les
succès déjà engrangés (par accumulation de connaissances, d’équipements productifs, de capital
financier, d’infrastructures collectives, etc.) qui constituent la matrice des succès à venir car cette accumulation induit notamment de très nombreuses
externalités positives et donc des rendements croissants.
Il font cependant observer qu’une nation ne peut
bénéficier de toutes ces externalités que si les pouvoirs publics aident les producteurs privés, en soutenant leurs efforts d’investissement et d’innovation
et en œuvrant eux-mêmes en termes de R&D,
d’éducation (initiale et continue), d’infrastructures
collectives, de protection sociale, etc.

VERS LE BAC
Épreuve composée

Acquérir de la méthode

PARTIE 2
PARTIE 1

1. De très nombreuses études montrent que la
croissance du PIB ne s’explique pas seulement par
les volumes de travail et de capital utilisés, et ce
même si l’on tient compte des changements ayant
affecté la qualité des inputs : il reste un « résidu »
plus ou moins important selon les pays et les périodes et c’est ce résidu, c’est-à-dire cette part de la
croissance du PIB que l’on ne peut pas imputer aux
inputs, que l’on considère traditionnellement
comme étant la contribution spécifique du progrès
technique, c’est-à-dire des innovations, qu’elles
aient affecté les procédés, les modes d’organisation
ou les produits. C’est précisément à ce « résidu » (le
fameux « résidu de Solow ») que renvoient ici les
données relatives à la « productivité globale des
facteurs » (PGF).
2. Si l’on divise les données de la colonne 5 par
celles de la colonne 2, on constate, pour la période
1995-2009, que la part de la croissance économique
qui est imputable au progrès technique n’est pas la
même selon les PDEM : elle est très élevée pour le
Japon (qui doit l’intégralité de la croissance de son
PIB au progrès technique), importante pour les

1. Deux grandes séries de critiques :
 Le mode de calcul du PIB ignore l’essentiel du
travail domestique et de l’économie souterraine, ce
qui sous-estime le bien-être collectif. Symétriquement, la façon dont sont traitées les externalités
négatives tend à le surestimer (les dégâts écologiques ne sont par exemple pas intégrés aux consommations intermédiaires alors que les valeurs
ajoutées issues des productions remédiant à ces
externalités contribuent à la formation du PIB). Le
résultat final dépend donc de l’ampleur respective
de ces deux biais. Toutefois, même s’ils se neutralisaient mutuellement et même si l’on raisonnait en
termes de PIB par habitant, il ne s’agirait que d’une
moyenne ; or la même moyenne peut
s’accompagner de conditions de dispersion très
dissemblables.
 Le PIB ne nous renseigne pas non plus sur notre
aptitude à promouvoir un « développement durable » (ou « soutenable ») au sens du Rapport
Brundtland (1987) : un développement qui ne compromette pas la satisfaction des besoins des généra-

© Hatier 2012

28

États-Unis et la France (ce sont respectivement 52 %
et 41,2 % de leur croissance économique qui sont
dus au progrès technique), nulle pour l’Espagne (la
PGF y a en effet stagné) et négative pour l’Italie (où
la PGF a baissé en moyenne de 0,4 % par an). La
croissance est donc « intensive » pour les trois premiers pays (l’augmentation du PIB y provient, en
totalité ou en grande partie, d’une utilisation plus
efficace des facteurs de production existants) et
« extensive » pour les deux derniers (l’accroissement
du PIB y résulte intégralement de l’augmentation
des quantités de travail et de capital utilisées). Ce
classement est d’ailleurs strictement conforme à
celui que l’on obtient si l’on se réfère au nombre de
chercheurs pour 1 000 actifs occupés, et ce tant
pour 2007 que pour 1995 (le Japon est en tête, puis
viennent les États-Unis et la France et enfin, loin
derrière, l’Espagne et l’Italie).
3. En investissant massivement dans la recherche
et le développement, une nation va pouvoir maintenir un rythme de progrès technique élevé et obtenir
ainsi des effets très positifs, à la fois en amont (pour
assurer la poursuite de la croissance de la productivité grâce aux innovations de procédé et aux innovations organisationnelles) et en aval (pour alimenter
la croissance des débouchés et réduire la conflictualité sociale grâce aux innovations de produit). Sur la
combinaison de ces deux séries d’effets, cf. p. 24-25,
« Le rôle des facteurs de production ».
4. De bonnes performances en termes de PGF ne
suffisent cependant pas à garantir l’obtention d’une
croissance économique élevée (cas du Japon, dont le
PIB en volume ne s’est accru que de 1,1 % par an de
1995 à 2009) ; symétriquement, de mauvaises performances en termes de PGF peuvent très bien
s’accompagner d’une forte croissance économique
(cas évident de l’Espagne, où la croissance du PIB a
été la plus rapide).

très forte accélération de la croissance du Revenu
national par tête (et ce bien au-delà d’un simple
rattrapage du niveau atteint entre 1926 et 1930) et
une très forte augmentation du ratio
Dépenses publiques
× 100
Production intérieure brute

Le document 2 montre (lui aussi pour la France)
que la croissance des dépenses publiques s’est poursuivie pendant les « Trente piteuses » (donnée A) et
met l’accent sur certaines de ces dépenses (données B à D), qu’il s’agisse de protection sociale (ce
qui, entre autres effets, soutient structurellement
les débouchés de l’appareil productif) ou
d’éducation et de recherche-développement (ce qui
soutient structurellement l’offre globale).
Le document 3 fait référence à un secteur
d’activité qui est particulièrement important (en
termes
de
valeur
ajoutée,
d’emplois,
d’investissement, etc.) et met en évidence tout ce
que son dynamisme passé, présent et futur doit aux
interventions publiques, qu’elles soient conjoncturelles ou structurelles.
Ces trois documents n’ouvrent donc pas aux élèves
des pistes de réflexion auxquelles ils n’auraient pas
songé spontanément (sauf peut-être pour la protection sociale. Mais à vrai dire ce n’est pas une nouveauté, compte tenu de ce qui a été abordé en
classe de Première ES) : ils se bornent à illustrer,
statistiquement (doc. 1 et 2) ou littérairement
(doc. 3), les connaissances acquises p. 26-27 et
p. 28-29.
7. et 8.
Introduction
Pendant les « Trente glorieuses », la croissance économique (notion à définir ; cf. p. 18-19) de la France
fut très forte. Or c’est une période pendant laquelle
le poids des dépenses des administrations publiques
(notion à définir ; cf. acquis de Première ES et p. 2627) a considérablement augmenté (cf. doc. 1). Cet
exemple, qui dépasse d’ailleurs très largement le cas
de la France, montre bien qu’il n’y a pas de contradiction entre un haut niveau de dépenses publiques
et un haut niveau de performances économiques.
On pourrait même aller plus loin et en déduire que
les interventions des administrations publiques sont
essentielles pour la croissance économique. Il resterait alors à en expliciter les raisons, lesquelles sont
d’une double nature :

PARTIE 3
5. Il ne s’agit pas ici de savoir si l’action des administrations publiques est essentielle ou non pour la
croissance économique : le libellé postule qu’elle
l’est. Les élèves doivent se borner à expliquer en
quoi elle l’est, ce qui fait appel, pour l’essentiel, aux
connaissances acquises p. 26-27 (« Innovation et
environnement institutionnel ») et p. 28-29 (« La
notion de "croissance endogène" »).
6. Le document 1 ne pose pas de problèmes de
lecture et permet d’établir une corrélation : les
« Trente glorieuses » ont combiné en France une

© Hatier 2012

29

 La croissance économique ne peut exister que
dans un environnement institutionnel ad hoc. Or ce
sont en grande partie les administrations publiques
qui le promeuvent (cf. p. 26-27).
 Une fois amorcée, la croissance économique a
d’autant plus de chances de s’autoalimenter et
d’être rapide que les pouvoirs publics soutiendront
les efforts d’investissement et d’innovation des
entreprises privées (cf. p. 28-29).
Ce sont ces deux séries de raisons que nous allons
examiner ci-après.

d’être rapide, comme l’ont montré les théoriciens de
la « croissance endogène » (notion à définir ; cf.
p. 28-29) que les pouvoirs publics soutiendront les
efforts d’investissement et d’innovation des entreprises privées. En effet, il faut que la rentabilité de
ces efforts soit suffisamment élevée pour que la
collectivité tout entière puisse bénéficier des externalités positives et des rendements croissants qui
leur sont liés (deux notions à définir ; cf. acquis de
Première ES et p. 28-29) et, in fine, procéder aux
mutations systémiques nécessaires (cf. p. 29-29,
doc. 3 et connaissances personnelles sur la thématique de la voiture électrique).

Développements
A) La croissance économique nécessite un environnement institutionnel ad hoc (notion à définir ; cf.
p. 26-27). Or c’est en grande partie grâce aux administrations publiques qu’un tel environnement peut
exister. En effet :
 Elles mettent en place des interdictions, des
obligations et des encouragements (via des subventions ou/et des allégements voire des exonérations
de prélèvements obligatoires) pour que les acteurs
privés œuvrent dans le sens désiré (cf. p. 26-27 et
doc. 3).
 Elles produisent elles-mêmes (de façon non
marchande) ce qui est collectivement nécessaire :
dépenses relatives à la sécurité (militaire et civile,
mais également sociale), à l’éducation, à la recherche, aux infrastructures collectives, etc. (cf.
p. 26-27, 28-29, doc. 2 et 3).
 Elles instituent des droits de propriété (y compris sur les actifs incorporels ; cf. p. 26-27).
B) Une fois amorcée, la croissance économique a
d’autant plus de chances de s’autoalimenter et

© Hatier 2012

Conclusion
Les interventions des administrations publiques
s’avèrent donc essentielles pour la croissance économique. C’est en effet grâce à elles que la croissance
économique
peut
disposer
de
l’environnement institutionnel qui lui est nécessaire
et délivrer tout son potentiel via les externalités
positives et les rendements croissants qui peuvent
en découler.
Si cela fut indéniablement vrai pour la période des
« Trente glorieuses », les trente années qui leur ont
succédé amènent à s’interroger, du moins pour la
France, sur la pérennité de cette relation : en effet,
les dépenses des administrations publiques ont alors
continué à augmenter mais la croissance économique est devenue beaucoup plus lente. Il serait
donc nécessaire de réexaminer cette relation au
regard des mutations structurelles qui ont caractérisé les « Trente piteuses ».

30

Chapitre 2 Comment expliquer l’instabilité

de la croissance ?

Ce chapitre comporte trois sections :
 La première permet de comprendre ce que l’on entend par « fluctuations économiques » et par
« cycles économiques » et fournit les repères chronologiques indispensables à la maîtrise de ces deux notions.
 La deuxième traite des explications des fluctuations économiques, d’abord en termes d’offre (en
s’appuyant sur les notions d’ « écart de production » et de « choc d’offre ») puis en termes de demande (en se
référant à la notion de « choc de demande » et en insistant sur le cercle vicieux de la déflation).
 La troisième aborde les solutions envisageables pour gérer les fluctuations économiques, deux cas de
figure étant alors successivement étudiés : celui d’une conjoncture atone (il faut alors stimuler la croissance
économique par des politiques économiques conjoncturelles ou structurelles, ce qui n’est pas simple et peut
même s’avérer impossible) et celui d’une conjoncture inflationniste (il faut alors recourir à des mesures de
désinflation, ce qui comporte des risques non négligeables en termes de niveau de vie et d’emploi).

DOSSIER 1

des années 1930). En revanche, dans une phase de
récession, le taux de croissance du PIB baisse mais
reste en principe positif. Le mot « récession » permet cependant aussi de rendre compte d’une conjoncture macroéconomique se caractérisant par un
taux de croissance économique négatif pendant au
moins deux trimestres consécutifs.
3. Le premier exemple est celui du mot « récession » (cf. Q. 2) et le second celui du mot « crise »
(les auteurs précisent en effet que ce mot ne renvoie
pas seulement au point de retournement supérieur
de tout cycle : on s’en sert également pour qualifier
la phase de contraction elle-même).
4. Parce que l’existence de phases de récession ou
de dépression qui reviennent plus ou moins régulièrement ne doit pas occulter une réalité essentielle :
sur longue période, le PIB est croissant (cf. les ordres
de grandeurs fournis dans le chapitre 1 p. 18-19).

► p. 42 à 45

Fluctuations économiques :
de quoi parle-t-on ?

A. Définitions préalables
Doc. 1, p. 42
1. En valeur absolue : telle ou telle grandeur macroéconomique (le PIB par exemple) diminue (son
taux de variation devient donc négatif).
En valeur relative : cette grandeur continue
d’augmenter mais nettement moins rapidement que
naguère (le taux de variation reste donc positif).
2. On ne peut parler de « cycles économiques »
que si l’on a affaire à des fluctuations économiques
relativement régulières. Tous les cycles sont donc
des fluctuations, mais la réciproque n’est pas vraie :
certaines fluctuations n’ont aucun caractère cyclique.

Doc. 3, p. 43
1. On peut utiliser deux critères pour différencier
les cycles économiques (cf. doc. 2A) : leur périodicité
et leur amplitude. C’est à l’évidence seulement le
premier d’entre eux qui permet de distinguer les
cycles courts (quelques années et, au maximum, une
décennie) des cycles longs (plusieurs décennies).
2. Ces différents cycles s’emboîtent les uns dans
les autres (première partie du passage souligné),
d’où des effets contrastés :

Doc. 2, p. 42
1. Expansion, crise, contraction (c’est-à-dire récession voire dépression) puis reprise.
2. Dans une phase de dépression, un agrégat tel
que le PIB diminue fortement et durablement (cas

© Hatier 2012

31

Doc. 2, p. 44

 au point A, l’économie amorce son entrée
dans la phase baissière d’un cycle de Juglar mais elle
continue de s’inscrire dans la phase haussière d’un
cycle de Kondratieff : les difficultés économiques et
sociales induites par le premier phénomène ne seront donc pas très graves ;
 en revanche, au point B, cette économie
entre dans une phase doublement baissière : celle
d’un cycle de Juglar et celle d’un cycle de Kondratieff. Cette concomitance va donc induire des difficultés nettement plus importantes que dans le cas
précédent (seconde partie du passage souligné).

1. 8,5 : en France, en 1950, le PIB en volume s’est
accru de 8,5 %.
– 1,1 : en 1975, le PIB de la France a baissé en
volume de 1,1 %.
2. Les « Trente glorieuses » (titre d’un ouvrage très
célèbre de Jean Fourastié) correspondent à la période 1945-1973/1974 ; quant aux « Trente piteuses
(titre d’un livre de Nicolas Baverez), elles couvrent la
période qui s’ouvre avec le premier choc pétrolier.
3. Pendant les « Trente piteuses », la croissance du
PIB en volume est moins rapide que pendant les
« Trente glorieuses » ; de surcroît, le PIB a alors
diminué quatre fois (– 1,1 % en 1975, – 0,7 % en
1993, – 0,1 % en 2008 et – 2,7 % en 2009) alors
qu’aucune occurrence de ce type n’avait été observée de 1945 à 1973/1974.
4. Alain Cotta (doc. 1) faisait l’hypothèse que la
survenue du premier choc pétrolier laissait présager
le retour à de véritables cycles économiques, dont
les périodes de contraction se caractériseraient à
nouveau par la diminution du PIB en volume. C’est
effectivement ce qui s’est passé de 1975 à nos jours,
avec des baisses qui se sont succédé environ tous les
16 ans (il s’est écoulé 18 ans entre 1975 et 1993 et
15 ans entre 1993 et 2008). Les « Trente piteuses »
ont donc rétrospectivement donné raison à Alain
Cotta.

PRÉPA BAC, p. 43
 L’expression « fluctuations économiques » renvoie aux variations successives, mais de sens opposés, d’une ou de plusieurs grandeur(s) économique(s) : le PIB, le niveau général des prix, etc.
 On ne peut cependant parler de « cycles économiques » que si l’on a affaire à des fluctuations
économiques relativement régulières.
 Tous les cycles sont donc des fluctuations mais
la réciproque n’est pas vraie : certaines fluctuations
n’ont aucun caractère cyclique.

B. Repères historiques
Doc. 3, p. 45
1. - 6,3 : au Japon, en 2009, le PIB en volume a
baissé de 6,3 %.
2. En 2009, le PIB en volume des nations occidentales a diminué très fortement (au minimum de
2,7 % en France et au maximum de 6,3 % au Japon)
alors qu’aucune baisse n’avait été enregistrée pendant les « Trente glorieuses » (cf. doc. 1). Quant aux
rares baisses qui ont marqué les années qui ont suivi
le premier choc pétrolier, leur ampleur a été fort
modeste (cf. le cas de la France : comme le montre
le doc. 2, son PIB en volume n’a que très peu baissé
en 1975 et en 1993). La faillite de la banque
d’affaires américaine Lehman Brothers en 2008 a
donc bien marqué l’entrée des économies occidentales dans « la pire récession de l’après-guerre »
comme l’écrit Éric Dubois dans le document 3A.
Il est également vrai, comme le souligne le même
auteur, que « la plupart des économies sont aujourd’hui sorties de récession ». En effet, en 2010, la
croissance du PIB en volume est redevenue positive
(au minimum de 1,4 % au Royaume-Uni et au maximum de 4 % au Japon).

Doc. 1, p. 44
1. De 1800 à 1914, puis l’entre-deux-guerres et
enfin les « Trente glorieuses » (c’est-à-dire de 1945 à
1973/1974).
2. Ces fluctuations étaient régulières et intenses. Il
s’agissait donc de véritables cycles économiques (cf.
doc. 1 p. 42), dont les phases de contraction
n’étaient pas seulement caractérisées par un ralentissement de la croissance économique : le PIB en
volume baissait.
3. Si l’on est bien en présence, dans la deuxième
période, d’une phase d’expansion et d’une phase de
contraction comme dans la période précédente, ce
cycle se caractérise par deux traits spécifiques : son
amplitude et sa périodicité (sur ces notions, cf.
doc. 2A p. 42) diffèrent fortement de ce que l’on
observait jusqu’alors (la dépression des années 1930
est en effet à la fois très importante et très longue).
4. Le PIB n’a alors pas baissé : on ne fut donc confronté qu’à de simples ralentissements de la croissance économique.

© Hatier 2012

32

3. Pour trois raisons essentielles :
a/ n’ayant pas encore assaini leurs comptes, les
institutions financières restent très fragiles ;
b/ malgré la reprise et l’expansion qui en a résulté, les niveaux d’activité et d’emploi sont encore
inférieurs à ce qu’ils étaient avant la crise ;
c/ les États ayant dû fortement intervenir, leurs
déficits et leurs dettes se sont très fortement accrus.
Sur le dernier point, cf. TD1 p. 54 et Dissertation
figurant en fin de chapitre p. 56.

DOSSIER 2

Comment explique-t-on
les fluctuations économiques ?

A. Des explications
du côté de l’offre

PRÉPA BAC, p. 45
Périodes

Caractéristiques

De 1800 à
1914

Environ douze cycles majeurs (de
sept à neuf ans), de forte amplitude
et dont les phases de contraction
n’étaient pas seulement
caractérisées par un simple
ralentissement de la croissance économique : le PIB en volume baissait.

L’entredeuxguerres

Un seul cycle économique, mais dont
la phase de contraction s’est
traduite, dans les années 1930, par
une dépression très importante, fort
longue et dont les conséquences
furent majeures (notamment quant
au remplacement des « États
gendarme » par des « États
providence »).

Les « Trente
glorieuses »
(de 1945 à
1973/1974)

Le PIB n’a alors pas baissé : on ne fut
confronté qu’à de simples
ralentissements de la croissance
économique.

Les « Trente
piteuses »
(de 1975
à nos jours)

Réapparition de véritables cycles
économiques, puisque les phases de
contraction se caractérisent
à nouveau (environ tous les 16 ans
en France) par la diminution du PIB
en volume (en 1975, en 1993 et en
2008/2009).

► p. 46 à 49

Doc. 1, p. 46
1. Si la demande globale qu’un appareil productif
doit satisfaire s’accroît rapidement, la croissance
économique qui en résultera sera élevée. Toutefois,
si les producteurs n’arrivent pas à faire progresser
leurs productions aussi rapidement que la demande
globale parce que les facteurs de production et les
produits destinés à la consommation intermédiaire
sont pleinement utilisés, des tensions inflationnistes
se manifesteront. D’où la notion de « PIB potentiel » : c’est le plus haut niveau de PIB que l’on
puisse atteindre sans inflation.
2. À la notion de « productivité », qu’il s’agisse de
la productivité apparente du travail ou du capital ou
de la productivité globale des facteurs (cf. chapitre
1, p. 24).
3. Ce n’est évidemment pas à la notion de « production » mais à celle de « valeur ajoutée » (et, ce
faisant, à l’agrégat du PIB) qu’il conviendrait de se
référer (cf. chapitre 1, doc. 1 p. 18).
4. La « croissance potentielle » est celle du PIB
potentiel (c’est donc le plus haut taux de croissance
économique que l’on puisse atteindre sans tensions
inflationnistes) alors que la « croissance effective »
est celle que l’on observe dans la réalité au cours
d’une certaine période.
5. Une inflation plus ou moins forte si cet écart
était négatif et une récession plus ou moins prononcée s’il était positif.

Doc. 2, p. 46
1. C’est celle d’une modification du taux de croissance du PIB potentiel (accroissement ou diminution). Par conséquent, si le PIB effectif croît au
même rythme que le PIB potentiel, il en résultera
dans les faits une décélération ou une accélération
de la progression du PIB. D’où les deux cas suivants
(cf. schéma 1) :

© Hatier 2012

33

Schéma 1 :

PIB effectif = PIB potentiel

T1

T2

Taux de croissance

Taux de croissance

PIB effectif = PIB potentiel

Temps

T3
1

T1

T2

Temps

T3
1

2. Parce que les NTIC accroissent l’efficacité des facteurs de production (on est alors capable de produire à la
fois davantage et sans tensions inflationnistes).
3. C’est celle d’une modification du taux de croissance du PIB effectif (diminution ou accroissement) alors
même que le taux de croissance du PIB potentiel reste constant. D’où les deux cas suivants (cf. schéma 2) :

PIB
potentiel

PIB
effectif

T1

T2

T3
1

Écart de
production
récessionniste

PIB
potentiel

Écart de
production
expansionniste
(car négatif)

(car positif)

Temps

T1

4. Notamment en imposant des heures supplémentaires aux salariés déjà embauchés et/ou en
allongeant la durée d’utilisation journalière des
équipements productifs.

T2

T3
1

T3Temps
1

études s’accroît subitement ou/et si la législation
relative à l’emploi est modifiée (baisse de la durée
hebdomadaire ou/et annuelle du travail, diminution
de l’âge légal du départ en retraite, facilitation du
recours aux préretraites, etc.).
2. et 3. Un choc d’offre négatif peut se traduire :
 Soit par la diminution du taux de croissance
du PIB potentiel (cf. le cadre orange. C’est la première « possibilité logique » envisagée dans le
doc. 2). D’où une décélération de la progression du
PIB, c’est-à-dire une récession quelle que soit
l’acception de ce mot, si le PIB effectif croît au
même rythme que le PIB potentiel (sur les deux
acceptions du mot « récession, cf. doc. 2B p. 42).

Doc. 3, p. 47
1. Ce passage fait référence à la possibilité d’une
baisse du taux d’emploi global (ou pour telle tranche
d’âge), taux qui s’obtient en divisant le nombre
d’actifs occupés concernés par le nombre de personnes appartenant à la (ou aux) tranche(s) d’âge
considérée(s) et en multipliant le résultat par 100.
Ce taux peut diminuer notamment si la durée des

© Hatier 2012

PIB
effectif

Taux de croissance

Taux de croissance

Schéma 2 :

34

 Soit par la diminution du taux de croissance
effectif alors même que le taux de croissance du PIB
potentiel reste constant (cf. le cadre violet. C’est la
seconde « possibilité logique » envisagée dans le
doc. 2). D’où, là aussi, une récession, puisqu’un
« écart de production » positif apparaît (ou bien
s’accroît s’il existait déjà).

PRÉPA BAC, p. 47
Le dossier contient toutes les informations nécessaires à la réponse. En effet :
 Le document 1 définit les notions de « PIB effectif » et de « PIB potentiel » et, ce faisant, de « croissance effective » et de « croissance potentielle ».
 Le document 2 s’appuie sur cette distinction
pour formuler les deux hypothèses qui permettent
de comprendre pourquoi le PIB d’un pays augmente
parfois rapidement et parfois lentement.
 Les documents 3A et 3B définissent la notion de
« choc d’offre » et permettent de cerner leur impact
(en l’occurrence négatif) sur la croissance économique en se référant aux deux hypothèses précitées.
 Le document 4 montre quel pourrait être
l’impact des difficultés actuelles sur la croissance
économique à venir en se référant lui aussi à ces
hypothèses.

Doc. 4, p. 47
1. Le taux de croissance du PIB effectif diminuerait
momentanément alors que celui du PIB potentiel ne
serait pas affecté par les conséquences de la crise
des « crédits subprimes ». On reviendrait ensuite à la
situation qui prévalait avant cette crise (le PIB effectif augmenterait donc de nouveau comme le PIB
potentiel), et ce en ayant rattrapé quasiment toutes
les pertes subies durant la phase de récession (scénario dit « de rattrapage »).
2. Les deux autres scénarios sont beaucoup moins
optimistes que le premier :
 Le deuxième (scénario dit « intermédiaire »)
est grosso modo identique au premier mais on ne
parviendrait pas à rattraper toutes les pertes subies
durant la phase de récession.
 Quant au troisième (« scénario bas »), ce serait à la fois le taux de croissance du PIB effectif et
celui du PIB potentiel qui seraient durablement
affectés par la récession induite par la crise des
« crédits subprimes » (pour de plus amples précisions sur cette crise et sur ses conséquences, cf. TD 1
et 2 p. 54-55). D’où le tableau suivant :
Scénario 1
(« scénario
de rattrapage »)

Scénario 2
(« scénario
intermédiaire »)

Scénario 3
(« scénario
bas »)

Taux de
croissance
du PIB
potentiel

Non
modifié

Non
modifié

Durablement
abaissé

Taux de
croissance
du PIB
effectif

Abaissé
puis
redevenant
égal à celui
du PIB
potentiel
Oui (en
totalité ou
presque)

Abaissé
puis
redevenant
égal à celui
du PIB
potentiel
Non

Durablement
abaissé

Rattrapage
des pertes
subies
durant la
phase de
récession

© Hatier 2012

B. Des explications
du côté de la demande
Doc. 1, p. 48
1. Dans toute économie, les ressources en biens et
en services (celles que l’on produit, que l’on importe
ou que l’on déstocke) sont nécessairement égales à
leurs emplois : la consommation intermédiaire (CI),
la consommation finale (CF), l’investissement (I), les
exportations (X) et le stockage. Si P et M représentent respectivement la production et les importations, on obtient donc l’équation suivante :
P + M + Diminution des stocks = CI + CF + I + X +
Accroissement des stocks.
En déplaçant « CI » à gauche du signe « = » et « M »
et « Diminution des stocks » à sa droite, on aboutit à
une deuxième équation :
P – CI = CF + I + X – M + Accroissement des stocks –
Diminution des stocks.
On peut alors faire apparaître le PIB à gauche du
signe « = » (puisque PIB = P – CI) et simplifier la partie droite de l’équation en négligeant la variation
nette des stocks. D’où une troisième équation :
PIB = CF + I + X – M

Non

Il suffit donc d’autonomiser les dépenses publiques
en leur attribuant la lettre G et, partant, de considérer que les lettres C et I ne représentent que les

35

dépenses des ménages et des firmes pour aboutir à
l’équation dont le document fait état :
PIB = C + I + G + X – M
2. « (X – M) », que l’on qualifie ici d’ « exportations
nettes », représente le solde de la balance des transactions courantes. Si ce solde est positif, cette balance est excédentaire (le pays considéré exporte
plus de biens et de services qu’il n’en importe) ; dans
le cas contraire, elle est « déficitaire ».
3. Parce que les économies contemporaines sont
très largement ouvertes les unes sur les autres. Les
effets d’un choc de demande négatif peuvent donc
être plus moins importants selon les modalités de
cette ouverture (les exportations nettes peuvent en
effet être aussi bien positives que négatives).

En revanche, de nos jours, puisque nous réalisons
une très grande partie de nos échanges extérieurs
au sein de la zone euro, l’essentiel des factures correspondantes sont libellées et réglées en euros,
monnaie que nos propres institutions financières
sont en mesure de créer (au sens scriptural du
terme). Un déficit extérieur s’avère donc beaucoup
moins problématique qu’autrefois.
Second passage : lors du premier choc pétrolier, le
prix du baril de pétrole a quasiment quadruplé entre
octobre 1973 et janvier 1974. Les ménages et les
entreprises ayant alors été incapables de se passer
de cette ressource, l’inélasticité-prix de leur demande de produits pétroliers a engendré un transfert de pouvoir d’achat vers les pays de l’OPEP. D’où
des effets négatifs à la fois sur C et sur I, ces deux
effets s’étant bien sûr alimentés mutuellement.
3. Pour deux raisons essentielles :
a/ si cette valeur diminue, les possibilités de
financer certaines dépenses en vendant tel ou tel
actif sont moindres ;
b/ l’épargne va s’accroître (il va en effet falloir
épargner davantage pour compenser ou tout partie
de cette dépréciation ; une épargne de précaution
va peut-être même apparaître si cette dépréciation
aboutit à la formation d’anticipations pessimistes).
4. C’est une hypothèse, optimiste ou pessimiste,
que l’on formule quant à l'avenir. Si les anticipations
de tous les acteurs économiques sont pessimistes,
les entreprises renonceront à tout ou partie de leurs
projets d’investissement et/ou d’embauche alors
que les ménages renonceront (du moins temporairement) à certains achats. D’où l’apparition d’un
cercle éminemment vicieux, qui verra le pessimisme
des premiers alimenter celui des seconds, lequel
nourrira en retour celui des premiers. Et ainsi de
suite, étant entendu que l’on peut très bien entrer
dans cette logique perverse sans qu’il y ait eu au
départ réellement matière à pessimisme (cas parfait
de « prophétie auto-réalisatrice »).

Doc. 2, p. 48
1. C’est une politique qui durcit les conditions
d’accès au crédit tant pour les ménages que pour les
entreprises, notamment via une hausse des taux
d’intérêt directeurs de la Banque centrale. Il en résultera un choc de demande négatif puisqu’il sera
désormais moins facile de s’endetter pour consommer et investir. Du moins sera-ce le cas si on ne
parvient pas à compenser la baisse de C et de I ou,
moins dramatiquement, le ralentissement de leur
croissance par la hausse des exportations nettes
(mais ce sera vraisemblablement le cas puisque les
difficultés de financement des investissements vont
amoindrir la compétitivité-prix et hors-prix de
l’économie considérée).
2. Premier passage : si la compétitivité (prix et
hors-prix) d’un appareil productif n’est pas suffisante alors même qu’il est très exposé à la concurrence étrangère, les entreprises perdront des parts
de marché, tant à l’étranger que sur le marché intérieur. D’où des effets très négatifs : déficit des
échanges extérieurs, ralentissement de la croissance
économique, hausse du taux de chômage, etc. Les
pouvoirs publics devront donc définir et mettre en
œuvre une politique économique permettant de
rétablir de bonnes conditions de compétitivité.
D’où les trois exemples de mesure inclus dans le
tableau, étant entendu qu’il faudrait distinguer la
situation actuelle de celle qui prévalait au début des
années 1980. L’euro n’existant pas, un déficit extérieur important devenait alors rapidement insupportable, puisque les sorties nettes de devises qui en
découlaient exposaient la France à un épuisement
de ses réserves de change, ce qui lui aurait interdit
d’importer quoi que ce soit (matières premières et
biens d'équipement inclus).

© Hatier 2012

Doc. 3, p. 49
1. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les
chocs de demande négatifs ne se traduisent plus, au
sens strict du terme, par une déflation : lors de chacun de ces chocs, le niveau général des prix a en
effet continué d’augmenter mais à un rythme moins
rapide que naguère, sauf à l’issue du premier choc
pétrolier, dont les conséquences se sont traduites
par l’émergence d’une conjoncture stagflationniste
combinant récession (cf. doc. 2, Q. 2) et accélération
de l’inflation (et ce par deux canaux principaux :

36

celui de la consommation finale et celui de la consommation intermédiaire, les conditions d’élasticité
étant alors à court terme très mauvaises pour ces
deux opérations économiques).
2. Si l’on a affaire à un marché monopolistique
concernant un produit indispensable et non substituable, les demandeurs sont doublement captifs ; le
monopole n’a donc pas besoin de baisser son prix de
vente pour amortir l’impact d’un choc de demande
négatif. En revanche, si de nombreux offreurs d’un
produit superflu (ou indispensable mais assez largement substituable) sont en concurrence sur le même
marché, la baisse de la demande de marché va amener chaque firme à redouter une diminution de sa
part de marché (et, ce faisant, de ses profits).
Toutes les entreprises seront donc incitées à baisser
leurs prix de vente pour s’opposer à cette double
baisse. D’où de très nombreuses mesures de rétorsion et une baisse autoentretenue des prix de vente
une fois que le recours à ce type de stratégie non
coopérative se sera généralisé. C’est vraisemblablement parce qu’il transpose ce type de raisonnement
à l’ensemble des marchés existant dans une économie que l’auteur soutient qu’une « situation de forte
concurrence » est nécessaire pour qu’un choc de
demande négatif ait des conséquences déflationnistes.
3. La déflation s’autoalimente pour trois raisons
essentielles :
a/ dès que le niveau général des prix commence
à baisser, les ménages ont intérêt à différer certains
de leurs achats alors que les entreprises ont au contraire intérêt à vendre au plus vite leurs produits et,
de surcroît, à baisser leurs prix de vente. D’où le
renforcement de l’attentisme des ménages et la
reproduction des comportements des firmes. Et

© Hatier 2012

ainsi de suite (étant entendu que cette spirale baissière ne sera que faiblement contrariée par la
hausse du pouvoir d'achat des encaisses monétaires
que l’inflation engendre) ;
b/ si le taux d’inflation est négatif, la valeur
réelle des dettes des entreprises et des charges de
remboursement qui leur sont liées s’accroît alors
même que leurs chiffres d’affaires et, partant, leurs
profits décroissent. D’où des faillites et des licenciements qui ne peuvent que renforcer l’impact
récessionniste et déflationniste du choc de demande
initial ;
c/ un taux d’inflation négatif contribue à
l’accroissement des taux d’intérêt réels. D’où des
difficultés d’accès au crédit tant pour les entreprises
que pour les ménages (« credit crunch ») et, in fine,
le renforcement des difficultés macroéconomiques.
Ces trois explications sont évidemment interdépendantes. Pour s’en convaincre, il suffit de construire
un schéma analogue à celui de la rubrique « Prépa
Bac ».
4. Pour deux raisons essentielles :
a/ la mondialisation, car elle rend de très nombreux marchés beaucoup plus concurrentiels. Or,
nous l’avons vu (cf. Q. 2), un choc de demande négatif a d’autant plus de chances d’induire des conséquences déflationnistes que l’on a affaire à des
marchés très concurrentiels ;
b/ certaines innovations de procédé (dont celles
des NTIC), car elles accroissent fortement la productivité apparente du travail ou/et du capital, voire la
productivité globale des facteurs. Des baisses ponctuelles de prix et, au-delà, une véritable déflation en
cas de choc de demande négatif sont donc possibles.

37

PRÉPA BAC, p. 49
Choc de demande négatif

Credit crunch
(cf. la théorie
du « cycle du
crédit »)

Freinage (voire baisse) de la croissance
de la demande globale

Diminution des
besoins en capital
fixe et dégradation
des anticipations
des entreprises

Récession
Risque de
déflation

Les demandeurs risquent de
différer leurs achats alors que les
offreurs chercheront à vendre au
plus vite leurs produits et à des
prix plus bas ; de surcroît, les
profits des firmes baissent alors
que la valeur réelle de leurs dettes
augmente

DOSSIER 3

Hausse du taux de chômage
(qui devient un chômage de
masse)
Décélération de la croissance
voire baisse du pouvoir
d’achat des actifs qui conservent leurs emplois

a/ les bénéficiaires de ces gains doivent être des
ménages à bas revenus (puisque ce sont eux qui ont
les propensions moyenne et marginale à consommer
les plus élevées) ;
b/ la compétitivité (prix et hors-prix) de
l’appareil productif doit être suffisamment élevée
pour que la satisfaction de cette demande additionnelle induise une hausse de la production locale
plutôt qu’un accroissement des importations.
2. En baissant ses taux d’intérêt directeurs et en
achetant plus de titres aux banques de second rang
sur le marché monétaire, ce qui permet aux établissements bancaires de créer davantage de monnaie
scripturale.
3. Si la masse monétaire s’accroît, les ménages et
les entreprises qui auront bénéficié de ces nouveaux
crédits pourront dépenser davantage au titre de la
consommation finale (C) et de l’investissement (I),
étant entendu que ces deux composantes du PIB
sont interdépendantes : si l’on suppose, entre autres
conditions, que les capacités de production existantes sont pleinement utilisées, l’accroissement de
C induira la hausse plus que proportionnelle de I
(mécanisme de l’accélérateur), lequel sera à l’origine
d’une hausse plus que proportionnelle des revenus

► p. 50 à 53

Comment gère-t-on
les fluctuations économiques ?
A. Comment stimuler
la croissance économique ?
Doc. 1, p. 50
1. Le revenu disponible des ménages s’obtient en
additionnant tous leurs revenus (leurs revenus primaires et leurs prestations sociales en espèces) et en
soustrayant de ce total leurs cotisations sociales et
leurs impôts directs ; c’est donc la somme dont ils
disposent pour leur consommation finale et leur
épargne. Une baisse des taux d’imposition couplée à
une hausse des revenus de transfert va donc en
accroître le montant. Les ménages pourront ainsi
augmenter leurs dépenses de consommation finale.
D’où des effets indirects positifs pour la croissance
économique et l’emploi de l’économie considérée si
au moins deux conditions sont remplies :

© Hatier 2012

Dégradation des
anticipations
des ménages

Freinage de la croissance voire baisse de la
consommation finale
des ménages

38

distribués et, in fine, de C (mécanisme du multiplicateur d’investissement).
4. Pour John Maynard Keynes (1883-1946), qui
s’oppose sur ce point aux économistes libéraux, le
niveau de l'emploi ne dépend pas du prix du facteur
travail mais de celui du PIB, qui est lui-même fonction de l’importance de la demande globale que
l'appareil productif doit satisfaire. Or, précise-t-il,
sauf exceptions rarissimes (et, en tout état de cause,
éphémères), le niveau de PIB qui permet de répondre à cette demande ne va pas nécessiter
comme par miracle d’utiliser l’ensemble de la main
d’œuvre disponible. La situation normale d’une
économie n’est donc pas le plein emploi de son
stock de facteur travail mais son sous-emploi, alors
même que les marchés autres que celui du travail
(celui des biens et des services et celui de la monnaie) sont équilibrés. C’est ce dont Keynes rendait
compte par le concept d’ « équilibre de sousemploi ».

La main visible des pouvoirs publics va donc devoir
se substituer à la « main invisible » chère à Adam
Smith (1723-1790) pour faire disparaître ce chômage
(ou, du moins, pour le réduire), ce qui peut être
atteint, selon Keynes (et sans entrer dans une logique collectiviste), par des mesures budgétaires,
monétaires ou/et réglementaires (notamment via
une augmentation du salaire minimum). C’est à cet
ensemble de mesures que renvoie l’expression « politique de relance ».

Doc. 2, p. 50
1. Les auteurs du rapport estiment qu’il faudrait
augmenter d’un point le taux de croissance du PIB
potentiel et réussir à faire croître le PIB effectif au
même rythme que le PIB potentiel (il n’y aurait donc
plus d’ « écart de production » récessionniste. Sur
ces trois notions, cf. p. 46).
D’où les deux cas suivants (cf. schéma ci-dessous):

potentielle
et effective
Croissance

Croissance

Taux de croissance

Taux de croissance

Croissance

de 3 %

potentielle

Croissance

potentielle et
effective

potentielle

de 3 %

Écart de

et effective

production

de 2 %

de 2 %

récessionniste
Croissance effective
inférieure à 2 %
T1

T2

T3
1

Temps

T1

Temps
T3
1
Cas n° 2 : de T1 à T2, le PIB effectif (courbe rouge)
augmentait déjà au même rythme que le PIB potentiel
(courbe noire)

Cas n° 1 : de T1 à T2, le PIB effectif (courbe rouge)
n’augmentait pas aussi vite que le PIB potentiel (courbe
noire)

2. Une politique conjoncturelle agit à court terme,
par exemple en injectant des liquidités ou/et en
accroissant le salaire minimum, mais sans modifier la
façon dont la société humaine considérée est structurée, alors qu’une politique structurelle, dont
l’horizon temporel est plus long, procède à ce type
de modification (politique industrielle, politique
technologique, politique éducative, politique
d’aménagement du territoire, politique des revenus,
etc.).
3. Parce qu’il s’agit de définir et de mettre en
œuvre de très nombreuses mesures dont il faut

© Hatier 2012

T2

s’efforcer de connaître a priori les interdépendances. On est donc très loin ici du monisme quasipavlovien des politiques monétaire et budgétaire.
4. Il est évidemment très difficile de connaître a
priori les interdépendances dont il vient d’être question. De surcroît, les responsables politiques ne sont
pas nécessairement capables de s’inscrire dans le
temps long et de braver l’impopularité que
l’application de ces mesures va nécessairement
susciter et, ce faisant, d’agir contre leurs intérêts
électoraux immédiats.

39

Doc. 3, p. 51

gère, les firmes perdront des parts de marché tant à
l’étranger que sur le marché intérieur, étant entendu que cet effet sera renforcé par les conséquences
inflationnistes de ce type de politique. Des effets
très négatifs s’ensuivront : déficit des échanges
extérieurs, ralentissement de la croissance économique, hausse du taux de chômage, etc. Les pouvoirs publics devront donc définir et mettre en
œuvre une politique économique permettant de
rétablir de bonnes conditions de compétitivité (restructuration de l’appareil productif, modification du partage de la valeur ajoutée, freinage voire
arrêt de la progression des revenus salariaux, etc.).
C’est ce qui s‘est passé en France dans la première
moitié des années 1980 (pour une description de ce
qui s’est alors passé, cf. Dissertation figurant en fin
de chapitre, p. 56).
La situation actuelle des États membres de l’UEM
diffère cependant fondamentalement de celle qui
prévalait au début des années 1980. L’euro
n’existant pas, un déficit extérieur important devenait alors rapidement insupportable puisque les
sorties nettes de devises qui en découlaient exposaient un pays tel que la nôtre à un épuisement de
ses réserves de change, ce qui lui aurait interdit
d’importer quoi que ce soit (matières premières et
biens d'équipement inclus). En revanche, de nos
jours, puisque nous réalisons une très grande partie
de nos échanges extérieurs au sein de la zone euro,
l’essentiel des factures correspondantes sont libellées et réglées en euros, monnaie que nos propres
institutions financières sont en mesure de créer (au
sens scriptural du terme). Un déficit extérieur
s’avère donc beaucoup moins problématique
qu’autrefois.
4. Les contraintes induites par l’UEM et par la
mondialisation rendent donc les chocs de demande
négatifs beaucoup moins facilement gérables par les
politiques conjoncturelles que ce qu’écrivent Paul
Krugman et Robin Wells dans le document 1.

1. C’est le résultat du processus amorcé par le
traité de Maastricht (1992) : désormais, dix-sept
États membres de l’Union européenne ont l’euro
pour monnaie non seulement commune mais
unique. C’est donc l’euro et lui seul qui y assume les
trois fonctions que toute bonne monnaie se doit
d’assumer (étalon de valeur, instrument de paiement et réserve de valeur).
2. Deux des outils traditionnels des politiques de
relance sont inutilisables pour chacun des États
membres de l’UEM : la politique de change (puisqu’un gouvernement ne peut plus manipuler le taux
de change de sa monnaie dans l’espoir d’accroître
les parts de marché de ses entreprises tant sur les
marchés extérieurs que sur le marché domestique)
et la politique monétaire (puisque c’est désormais la
BCE, et elle seule, qui en décide pour l’ensemble de
l’UEM, étant entendu que son statut diffère fortement de celui de la FED : sa mission n’est pas de
veiller simultanément aux conditions monétaires et
réelles qui y prévalent ; elle peut donc pratiquer une
politique monétaire restrictive permettant de minimiser les tensions inflationnistes au sein de la zone
même si cela s’avère très négatif en termes de croissance économique et d’emploi).
Les chefs d’État ou de gouvernement peuvent bien
sûr encore utiliser la politique budgétaire mais ils
doivent respecter les critères de convergence budgétaires qui ont été initialement inscrits dans le
traité de Maastricht de 1992 puis pérennisés dans le
Pacte de stabilité et de croissance de 1997, étant
entendu de surcroît que la signature, en mars 2012,
du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l'Union économique et monétaire va
considérablement renforcer, à terme, la discipline
budgétaire au sein de l’UEM. Et ce n’est pas dans le
cadre du budget de l’UE en tant que telle que des
politiques budgétaires destinées à relancer la croissance économique et à faire baisser le taux de chômage pourront être menées à bien (sa taille est en
effet beaucoup plus faible que celle du budget de
l’État fédéral états-unien).
3. Un gouvernement qui mène une politique de
relance va injecter du pouvoir d’achat dans
l’économie dont il a la charge via les politiques budgétaire et monétaire (on suppose donc ici qu’il en a
conservé la maîtrise) ; de surcroît, il va sans doute
recourir à la politique réglementaire, par exemple en
imposant aux entreprises une hausse du salaire
minimum. Ainsi, si la compétitivité (prix et hors-prix)
de l’appareil productif n’est pas suffisante, alors
même qu’il est très exposé à la concurrence étran-

© Hatier 2012

Doc. 4, p. 51
1. La crise des « crédits subprimes » ayant créé, via
leur titrisation (cf. TD 2), de très grandes difficultés
pour de nombreuses institutions financières, les
États occidentaux ont dû intervenir pour leur éviter
de disparaître (la faillite de Lehman Brothers en
septembre 2008 s’est donc avérée exceptionnelle).
Cette crise immobilière puis financière ayant de
surcroît engendré une récession importante, ils ont
également dû relancer tant la consommation finale
que l’investissement (ce fut notamment le cas du

40

secteur automobile, cf. l’Épreuve composée figurant
à la fin du chapitre 1, doc. 3 p. 35).
D’où un très fort accroissement de leurs dépenses,
mais auquel n’a pas correspondu une hausse de
leurs recettes de même ampleur. Les déficits et les
dettes publics ont donc fortement augmenté (cf. la
Dissertation figurant en fin du chapitre, doc. 3 p. 56).
2. C’est le montant des intérêts et du capital dus
chaque année (à ne pas confondre avec la « charge
de la dette », qui ne prend en compte que le paiement des intérêts dus).
3. Si la croissance économique est moins rapide
que naguère, l’assiette des prélèvements obligatoires ne s’élargira que faiblement, ce qui freinera la
croissance des impôts et des cotisations sociales
collectés. Quant aux dépenses publiques, elles seront bien sûr orientées à la hausse puisque les administrations publiques devront s’efforcer de
relancer l’activité économique tout en secourant les
victimes de ce ralentissement, qu’il s’agisse
d’entreprises en difficulté ou de ménages en situation de chômage, de pauvreté ou d’exclusion sociale.
D’où une hausse du déficit et de l’endettement publics.
4. Il doit définir et mettre en œuvre des mesures
de rigueur, voire d’austérité budgétaire, étant entendu qu’elles risquent fort de porter atteinte à la
consommation finale et à l’investissement intérieurs. D’où l’affaiblissement de la croissance économique, la hausse du taux de chômage et, in fine,
une nouvelle dégradation des finances publiques. Il
est donc très difficile de sortir du cercle vicieux présenté ici.

essentielles : son ouverture sur le reste du monde,
les contraintes liées à son appartenance à l’Union
économique et monétaire (UEM) et l’état de ses
finances publiques (cf. doc. 3 et 4).
B) Quant aux politiques structurelles, leur mise
au point est très complexe (puisqu’il s’agit de définir
et de mettre en œuvre de très nombreuses mesures
dont il faut s’efforcer de cerner a priori les interdépendances) et leur mise en œuvre très problématique (puisque les responsables politiques ne sont
pas nécessairement capables de s’inscrire dans le
temps long et de braver l’impopularité que leur
application va nécessairement susciter). Il n’y aurait
d’ailleurs pas eu autant de rapports récents sur elles
(cf. encadré n°2) si tel n’était pas le cas.

B. Pourquoi et comment
lutter contre l’inflation ?
Doc. 1, p. 52
1. L’ « écart de production » s’obtient en soustrayant le PIB effectif au PIB potentiel. On le qualifie
d’ « expansionniste » lorsqu’il est négatif. Sur ces
trois notions, cf. doc. 1 p. 46.
2. Si la demande globale qu’un appareil productif
doit satisfaire s’accroît rapidement, la croissance
économique qui en résultera sera élevée. Toutefois,
si les producteurs n’arrivent pas à faire progresser
leurs productions aussi rapidement que la demande
globale parce que les facteurs de production et les
produits destinés à la consommation intermédiaire
sont pleinement utilisés, des tensions inflationnistes
se manifesteront.

PRÉPA BAC, p. 51
Voici un exemple de plan détaillé :
I. L’État dispose dans l’absolu d’une boîte à outils

Doc. 2, p. 52

bien remplie :
A) Des politiques conjoncturelles en cas de choc
de demande négatif : politique budgétaire, politique
monétaire, politique de change, etc. (cf. doc. 1 et
encadré n° 1) …
B)…et des politiques structurelles en cas de
choc d’offre négatif : politique industrielle, politique
technologique, politique éducative, politique
d’aménagement du territoire, politique des revenus,
etc. (cf. doc. 2).
II. Cette boîte à outils n’est cependant pas aussi
facile à utiliser qu’il y paraît.
A. Le recours aux politiques conjoncturelles est
en effet devenu soit très difficile soit impossible
pour un État tel que le nôtre, et ce pour trois raisons

© Hatier 2012

1. L’élasticité-prix de la demande de pétrole étant
à court terme proche de zéro, les volumes de pétrole achetés n’ont alors quasiment pas baissé. La
très forte hausse du prix de chacun des barils importés a donc engendré une augmentation très importante de la valeur de nos achats de produits
pétroliers, d’où de très fortes tensions inflationnistes
(et ce par deux canaux principaux : celui de la consommation finale et celui de la consommation intermédiaire).
2. La très forte augmentation de la valeur de nos
achats de produits pétroliers aux pays de l’OPEP
s’est immédiatement traduite par un très important

41

transfert de ressources à destination de ces pays.
D’où des effets immédiats très négatifs quant à la
consommation finale et à l’investissement (étant
entendu, nous l’avons déjà souligné à plusieurs reprises, que ces deux opérations économiques sont
interdépendantes : la première influe sur la seconde
et réciproquement.
3. La combinaison de ces deux effets s’est donc
traduite par l’irruption d’une situation de stagflation.
Cette situation était inédite car les économistes
avaient observé jusqu’alors que les phases de récession ou de dépression se caractérisaient soit par la
baisse du niveau général des prix (c’est-à-dire, au
sens strict du terme, par la déflation ; cas qui préva-

lait avant la seconde guerre mondiale), soit par le
ralentissement de sa hausse (cas qui s’était imposé à
partir de 1945). C’est ce que rappelle l’auteur à la fin
du dernier paragraphe et c’est ce que confirment
Paul Krugman et Robin Wells dans le doc. 3A, p. 49.
4. Dans le document 1, les tensions inflationnistes
prennent place dans un contexte de croissance économique caractérisé par une hausse de la demande
globale supérieure à celle de l’offre globale. Ici, la
situation est tout autre : il y a à la fois (et pour la
même raison) tensions inflationnistes et récession.
Les deux cas de figure ont cependant un trait commun : les pouvoirs publics doivent intervenir afin de
juguler l’inflation (d’où la présence des doc. 3 à 5).

EXERCICE, p. 52

Renchérissement
des produits
pétroliers

Transfert de ressources vers les
pays exportateurs
de pétrole

Effet négatif
sur le pouvoir
d’achat des
ménages

Hausse
du taux
d’inflation

Effet négatif sur
la consommation
finale

Effet négatif
sur la FBCF

Effet négatif sur
les échanges
extérieurs

Apparition
d’un chômage
de masse

Récession

Baisse de la
rentabilité du
capital

Doc. 3, p. 53
Ces derniers auront d’ailleurs tout intérêt à épargner
(pour éviter l’obstacle de l’endettement mais également pour se protéger contre une éventuelle dépréciation de leurs patrimoines et/ou contre les
effets négatifs d’un éventuel durcissement de la
politique gouvernementale de désinflation).
2. Si le taux d’inflation est durablement élevé et si
la hausse des taux d’intérêt débiteurs nominaux est
insuffisante, les taux d’intérêt réels vont diminuer.
Les prêteurs ne seront pas réellement perdants tant
que ces taux réels resteront positifs mais leurs gains
seront de faible ampleur ; en revanche, leurs pertes
seront avérées lorsque ces taux deviendront négatifs. L’offre de fonds prêtables aura donc bien tendance à décroître lorsque le taux d’inflation
s’accroîtra et deviendra durablement élevé.

1. Une fois amorcée, l’inflation, si elle est livrée à
elle-même, ne peut que s’autoalimenter (cf. Q. 5), ce
qui nécessite que les pouvoirs publics définissent et
mettent en œuvre des mesures correctrices. Cela,
les acteurs économiques privés le savent peu ou
prou, mais ils ne sont pas pour autant capables de
prévoir précisément l’ampleur des tensions inflationnistes à venir. Les entreprises et les ménages
vont donc être amenés à renoncer à certains de
leurs achats, qu’il s’agisse d’équipements productifs
(cas des firmes si elles ne parviennent pas à en évaluer correctement la rentabilité future) ou de logements et de biens de consommation durables (cas
des ménages s’ils ne peuvent pas anticiper ce que
seront les taux d’intérêt réels pendant la durée des
prêts qu’ils envisagent de souscrire).

© Hatier 2012

42

3. Ce n’est pas la hausse du niveau général des prix
en tant que telle qui pose problème, mais l’écart
séparant le taux d’inflation domestique et les taux
d’inflation des principaux partenaires/concurrents
de cette économie (ce dont rend compte la notion
de « différentiel d’inflation »). Ce n’est donc que si
ce différentiel leur est défavorable que les entreprises domestiques perdront des parts de marché,
tant à l’étranger que sur le marché intérieur, et qu’il
y aura déficit extérieur.
Ce type de raisonnement n’est de surcroît valide que
si l’on fait abstraction de toute considération relative à la compétitivité hors-prix.
4. Si le différentiel d’inflation est défavorable, un
déficit extérieur a de fortes chances d’apparaître. Si
l’on raisonne hors zone euro, cela signifie que le
montant total des factures libellées en devises qui
devront être payées au reste du monde sera supérieur à celui des engagements que ce dernier aura
contractés vis-à-vis des entreprises domestiques.
D’où une augmentation de l'offre de monnaie nationale sur le marché des changes (puisque beaucoup
d’importateurs auront besoin de devises) ainsi
qu’une baisse de sa demande (puisque les exportateurs auront peu de devises à convertir) et, in fine,
une dépréciation de la monnaie nationale (pour le
comprendre, il suffit donc de se référer à la loi de
l’offre de la demande qui a été présentée en Première ES).
Cette dépréciation va s’avérer très problématique
car elle va renchérir les produits importés, y compris
ceux dont on a impérativement besoin pour
l’investissement et la consommation intermédiaire.
Cette inflation importée sera donc à l’origine, toutes
choses étant égales par ailleurs, d’une nouvelle dégradation de la compétitivité-prix de cette économie
vis-à-vis du reste du monde et, in fine, d’une amplification de son déficit extérieur. Et ainsi de suite.
5. Une fois amorcé, le processus inflationniste ne
peut que s’autoalimenter s’il est livré à lui-même, et
ce pour deux raisons essentielles : en raison du renchérissement des prix des produits importés
qu’induit la dépréciation de la monnaie nationale (cf.
Q. 4), mais également parce que les salariés ne vont
pas rester inertes face aux tensions inflationnistes ;
ils vont s’organiser collectivement pour défendre
leur pouvoir d’achat, ce qui, si le rapport de force
leur est favorable, va alimenter la hausse des coûts
des entreprises.
D’où une accélération de la hausse du niveau général des prix si les firmes n’arrivent pas à faire croître
suffisamment vite la productivité apparente du travail (la hausse de leurs prix sera alors en effet la

© Hatier 2012

seule solution dont elles disposeront pour préserver
leurs marges bénéficiaires). Et ainsi de suite.

Doc. 4, p. 53
1. C’est la diminution du taux de croissance du
niveau général des prix, étant entendu que ce processus résulte la plupart du temps de décisions
prises par les pouvoirs publics. En cas de succès, les
prix continueront de s’accroître mais à un rythme
beaucoup moins rapide qu’à l’origine (cf. le cas de la
France : le taux d’inflation annuel est actuellement
inférieur à 2 %, alors qu’il dépassait 13 % en 1980).
Cette notion ne doit donc pas être confondue avec
celle de « déflation » (dans ce cas, c’est le niveau
général des prix lui-même qui diminue).
2. Pour le comprendre, il suffit de se référer à
l’équation des échanges (ou « équation de Fisher ») :
MV = PT, où M, V, P et T représentent respectivement la quantité de monnaie en circulation dans
l'économie considérée (sa masse monétaire), la
vitesse de circulation de la monnaie (le nombre de
fois que chacune de ces unités monétaires a été
employée, au cours de telle période, pour régler des
transactions), le niveau général des prix et le volume
des transactions qui ont été effectuées au cours de
la période en question (le PIB en volume).
Cette équation, qui est bien sûr toujours vérifiée ex
post (le total des signes monétaires qui ont circulé
de t1 à t2 dans cette économie et qui ont servi à y
régler des transactions est nécessairement égal, au
centime d’euro près, à la valeur monétaire des transactions en question), prend tout son sens si on
l’intègre dans une approche théorique des phénomènes inflationnistes (celle des « monétaristes »). Il
suffit alors de faire l’hypothèse que V et T sont constants ou du moins, de façon moins irréaliste, que V
est constant et que T augmente peu : dans ce cas,
tout accroissement de M qui sera supérieur à celui
de T se traduira nécessairement par une augmentation de P, c’est-à-dire par une forte inflation si T est
constant et si M augmente rapidement ou par une
inflation moins forte si T s’accroît mais moins vite
que M, ce dont rend compte le tableau ci-après :

43

politique budgétaire plus rigoureuse, une politique
des revenus moins généreuse pour les ménages, etc.
(sur le dernier point, cf. doc. 5). Or, à l’instar de la
politique monétaire qui vient d’être succinctement
décrite, ce sont des politiques qui sont elles aussi en
mesure d’induire un fort ralentissement de la croissance économique.
Les responsables politiques n’ont donc pas intérêt à
raisonner en termes absolus : il ne s’agit pas
d’atteindre le plus bas taux d’inflation possible mais
d’aligner le taux d’inflation domestique sur les taux
d’inflation
de
ses
principaux
partenaires/concurrents.

Hypothèses


Hyp. Hyp. Hyp. Hyp. Hyp. Hyp.
n°1 n°2 n°3 n°4 n°5 n°6
Taux
de
croissance
(en %)

∆M
M

5

5

5

5

5

5

∆V
V

0

0

0

0

0

0

∆𝐏
𝐏

5

4

3

2

1

0

0

1

2

3

4

5

∆T
T

Doc. 5, p. 53
1. Il ne s’agit pas de baisser le revenu nominal de
chacun des salariés mais de minorer voire de bloquer sa progression en termes réels. Il faut également réduire le nombre des salariés (en licenciant
certains d’entre eux, en ne remplaçant pas tout ou
partie de ceux qui partent en retraite, en recourant
massivement aux préretraites et/ou aux emplois
atypiques, etc.). Ce type de mesure se justifie si l’on
a affaire à une inflation par la demande (la progression de la demande globale est alors supérieure à
celle de l’offre globale) ou/et par les coûts (étant
entendu que les coûts ne se réduisent pas aux
achats du capital fixe et du capital circulant : il suffit
que les coûts salariaux progressent plus vite que la
productivité apparente du travail pour que surgissent des tensions inflationnistes).
2. Le risque est le même que pour la politique
monétaire restrictive dont il est question dans le
document 4 : la double atonie de la consommation
finale et de l’investissement, les deux atonies
s’alimentant mutuellement.
3. Si plusieurs nations interdépendantes recourent
simultanément à ces deux stratégies, tous ces marchés seront atones. Le jeu sera donc globalement un
jeu à somme nulle : si une nation réussit à compenser l’atonie de sa demande intérieure par un surcroît
d’exportations, cela se traduira nécessairement par
la dégradation de la situation d’au moins une autre
nation.
Remarque : on peut prolonger l’analyse en se référant à l’examen de données statistiques relatives à la
France. Il pourrait par exemple être judicieux
d’utiliser le graphique suivant :

D’où la prescription de politique monétaire dont le
texte fait état : pour faire baisser le taux d’inflation,
il faut, toutes choses étant égales par ailleurs, que la
masse monétaire augmente moins vite que naguère.
Or l’essentiel de sa croissance provient de la création de monnaie scripturale des banques de second
rang. C’est donc bien par une augmentation des taux
d’intérêt directeurs de la banque centrale et, ce
faisant, des taux d’intérêt débiteurs que les banques
de second rang imposent à leurs clients que l’on
pourra freiner la croissance de la quantité de ce type
de monnaie et, in fine, faire baisser le taux
d’inflation.
3. Le risque est évidemment de porter atteinte aux
deux principales composantes du dynamisme macroéconomique, à savoir la consommation finale et
l’investissement, étant entendu, nous l’avons déjà
souligné à plusieurs reprises, que ces deux composantes sont interdépendantes (l’atonie de la première influe sur celle de la seconde et réciproqueréciproquement). Ce risque est d’ailleurs d’autant
plus grand qu’une politique de désinflation comporte généralement d’autres types de mesure : une

© Hatier 2012

44

Inflation, croissance économique et chômage : le cas de la France (données OCDE)

PRÉPA BAC, p. 53

par les principales agences de notation (Fitch Ratings, Moody's et Standard & Poor's). Les taux
d’intérêt débiteurs qui lui seraient demandés et,
partant, le service de sa dette augmenteraient donc
fortement, ce qui réduirait considérablement ses
marges de manœuvre budgétaires. Il pourrait donc
moins dépenser en matière d’éducation, de recherche, d’infrastructures collectives et de protection sociale. Or ce sont des dépenses dont un État a
un besoin vital, ne serait-ce que pour obtenir la
croissance économique qui lui permettrait
d’assumer le service de sa dette via les rentrées
fiscales correspondantes ; il éviterait ainsi de tomber
dans la spirale du surendettement et des plans
d’austérité qui lui seraient imposés par telle ou telle
institution internationale (cas récent de la Grèce). Cf.
notamment le doc. 4B p. 51.
« Est chahutée par les marchés financiers » : les
titres émis par les États pour obtenir les prêts dont
ils ont besoin pour financer leurs déficits budgétaires
servent de supports à des opérations de spéculation.
Lorsque la confiance envers tel ou tel État diminue,
ses titres font l’objet d’attaques spéculatives. D’où
l’expression imagée du « chahut » (cf. Q. 5).
2. Si la croissance économique était moins rapide,
l’assiette des prélèvements obligatoires augmenterait elle-même moins rapidement. Par conséquent,
si le taux des prélèvements fiscaux restait le même,
les rentrées fiscales progresseraient elles-mêmes
plus lentement. Elles pourraient même baisser (ce
qui est l’hypothèse envisagée ici) si la croissance
économique devenait négative ou/et si l’État accor-

 Les tensions inflationnistes n’apparaissent pas
seulement lorsque la croissance du PIB effectif est
supérieure à celle du PIB potentiel : contrairement à
ce que les économistes avaient observé avant le
premier choc pétrolier, elles peuvent également
surgir dans les phases de récession (c’est ce dont
rend compte la notion de « stagflation »).
 Ces
tensions,
qui
ne
peuvent
que
s’autoalimenter si elles sont livrées à elles-mêmes,
engendrent des effets très négatifs. Il faut donc les
éliminer ou, du moins, les réduire, notamment par
une politique monétaire et une politique des revenus appropriées.
 Ces mesures sont cependant très coûteuses en
termes de croissance économique et donc de niveau
de vie et d’emploi.

TD 1 p. 54

Politiques macroéconomiques et
chocs de demande

ÉTAPE 1
1. « Rester souveraine » : un endettement public
jugé excessif par les créanciers potentiels de l’État
français entraînerait une dégradation de sa note

© Hatier 2012

45

dait des baisses d’impôts pour soutenir l’activité
économique.
3. M. Fillon ne veut pas donner naissance à des
anticipations négatives de la part des ménages et
des entreprises afin de ne pas compromettre la
croissance économique dont nous avons collectivement besoin pour de très nombreuses raisons (cf.
Q. 6).
4. L’auteur fait référence aux engagements européens de l’État français : les critères du pacte de
stabilité et de croissance conservant un caractère
contraignant, l’État français s’est engagé à ramener
notre déficit public à 3 % du PIB en 2013 et à 2 % en
2014.
5. Il s’agit des marchés financiers, qu’il s’agisse des
marchés primaires (les « marchés des émissions »,
où se vendent et s’achètent des titres en train d’être
émis) ou des marchés secondaires (les « marchés
des transactions », où s’échangent des titres émis
dans le passé). Quant au « signal », il s’agit des deux
informations fondamentales que les pouvoirs publics
adressent aux intervenants sur ces deux types de
marchés et que l’on peut présenter comme suit :
« non seulement nous agissons pour régler nos problèmes de déficit et d’endettement, mais nous le
faisons avec doigté, c’est-à-dire sans casser la croissance économique dont nous avons tant besoin »
(cf. Q. 1, 2 et 6).
Si ce signal rassure ces intervenants, il n’y aura ni
accroissement des taux d’intérêt sur les marchés
primaires (c’est-à-dire là où les États vendent les
titres qu’ils sont contraints d’émettre pour financer
leurs déficits budgétaires) ni spéculation sur les
marchés secondaires (c’est-à-dire là où l’on peut
spéculer, d’une façon ou d’une autre, sur les titres
déjà émis).
6. Un rythme de croissance économique relativement élevé nous est nécessaire pour faire baisser
notre taux de chômage, pour faire croître notre
niveau de vie, pour assurer la pérennité de notre
système de protection sociale et de nos services
publics, pour minimiser les conflits sociaux, pour
éviter la spirale du surendettement public (cf. Q. 1 et
2), etc. Et ce même si, à technologie constante, le
coût écologique (présent et à venir) en est élevé
(l’idéal serait bien sûr que la croissance du PIB
s’accompagne de mutations technologiques permettant de minimiser ce type de coûts).
Des « mesures d’économie » pourraient nous éloigner de cet objectif si elles amputaient le pouvoir
d’achat des ménages les plus modestes (c’est en
effet pour ce type de foyers que les propensions,
moyenne et marginale, à consommer sont les plus

© Hatier 2012

élevées) et si, d’une façon générale, elles dégradaient les anticipations de l’ensemble des acteurs
économiques (cf. Q. 3).
Remarque : il pourrait être judicieux de préciser ici
que les opérations de consommation finale et
d’investissement sont interdépendantes : si la consommation finale des ménages baisse (ou du moins
progresse moins vite que naguère), la demande de
capital fixe baissera (et ce plus que proportionnellement ; cf. le mécanisme de l’accélérateur) ; réciproquement, si la FBCF diminue, moins de revenus
pourront être distribués, d’où des effets négatifs sur
la consommation finale des ménages (et ce, là aussi,
plus que proportionnellement ; cf. le mécanisme du
multiplicateur d’investissement).
7. Les propensions (moyenne et marginale) à
épargner sont d’autant plus importantes que l’on
s’élève dans l’échelle des revenus ; quant aux propensions (moyenne et marginale) à consommer,
c’est évidemment l’inverse qui s’observe : elles
croissent lorsque le niveau de revenu diminue. Un
alourdissement de la fiscalité qui ne concerne que
les ménages à revenus élevés, voire très élevés,
amputera donc, pour l’essentiel, non leur consommation finale mais leur épargne, tout en préservant
le niveau de consommation finale des ménages les
plus défavorisés.
Le résultat d’une hausse générale des taux
d’imposition aurait évidemment un tout autre résultat : il y aurait simultanément diminution de
l’épargne et réduction de la consommation finale, ce
qui entraînerait des effets globalement négatifs sur
les débouchés intérieurs de l’appareil productif (sauf
si les ménages du bas de l’échelle sociale désépargnaient ou/et s’endettaient davantage).
8. Il suffit de faire l’hypothèse que ce sont les ménages du haut de l’échelle sociale qui perçoivent la
majeure partie de ces revenus et de lier cette observation à la réponse précédente.
9. Cette simultanéité est problématique car elle
empêche une nation telle que la nôtre de compenser la faiblesse des débouchés intérieurs par un
accroissement des exportations (du moins est-ce le
cas si l’on raisonne à conditions de compétitivité
constantes).

ÉTAPE 2
Les documents 4A et 4B p. 51 permettent de comprendre que les plans de relance que les États occidentaux ont dû mettre en œuvre pour faire face aux
conséquences de la crise des « crédits subprimes »
ont engendré une très forte dégradation de leurs

46

ÉTAPE 2

finances publiques à laquelle il convient de mettre
fin au plus tôt. L’article de presse qui vient d’être
étudié s’inscrit à l’évidence dans la continuité de ces
deux documents puisqu’il montre comment l’un de
ces États s’y prend pour engager cette bataille.
L’heure étant à la rigueur (voire à l’austérité) budgétaire, on comprend beaucoup mieux ainsi pourquoi il
est dorénavant très difficile de faire à un choc de
demande par le canal budgétaire.

TD 2 p. 55

3. Un événement (ou un ensemble d’événements)
introduit subitement une telle rupture dans l’ordre
établi qu’on est en droit d’en attendre une très forte
augmentation des flux de profits à venir. Il peut
notamment s’agir d’une innovation (ou, pour Joseph
A. Schumpeter, d’une « grappe » d’innovations)
majeure(s) affectant les procédés, les modes
d’organisation ou/et les produits.
4. Si ceux qui anticipent une forte augmentation
des profits d’un certain type de firmes sont nombreux, les actions de ces entreprises seront très
demandées mais très peu offertes puisque les demandeurs et les offreurs voudront bénéficier dans le
futur de gains sous forme de dividendes ou/et de
plus-values. D’où une forte hausse des cours de ces
titres et donc des gains y afférents. Leur demande va
donc continuer de s’accroître alors que leur offre se
raréfiera. D’où une nouvelle hausse des cours. Et
ainsi de suite. Il n’est donc pas nécessaire que les
anticipations initiales aient été réalistes : il suffit
qu’elles aient existé et aient été partagées par un
nombre de personnes suffisamment important pour
que l’on soit entré dans une logique d’accroissement
autoentretenu (ce dont rend compte le concept de
« prophétie autoréalisatrice »). Et c’est précisément
pour cela que cette hausse risque de s’avérer excessive.
5. À un moment donné, quelques personnes (physiques ou morales) vont nécessairement comprendre que le niveau des cours auquel on est
parvenu est très irréaliste. Elles vont alors exprimer
publiquement leur analyse et, si elles détiennent des
titres, vont les vendre. Si ce sont des leaders
d’opinion, autrement si leurs paroles ou/et leurs
actes influencent de très nombreux intervenants sur
les marchés financiers, le volume des titres offerts
s’accroîtra soudainement et celui de la demande
baissera. D’où une baisse des cours et donc des
gains y afférents, laquelle ne pourra que
s’autoalimenter.
6. Parce que l’auteur fait l’hypothèse que le coût
des politiques de prévention est en toutes circonstances inférieur à celui des politiques de guérison, le
coût se chiffrant en points de croissance (et donc,
implicitement, en termes de chômage, de niveau de
vie, de délitement du lien social, etc.).
7. Les « crédits subprimes » sont des prêts immobiliers hypothécaires qui ont été accordés aux ÉtatsUnis à des personnes qui ne remplissaient pas les
critères de solvabilité usuels ; il s’agissait de prêts de
longue durée (en général, trente ans) et qui avaient

« Bulles »,
crises et récessions

ÉTAPE 1
1. Le second illustre le premier.
2. Le document 1 contient huit informations principales :
a/ Charles P. Kindleberger est l’auteur d’un
ouvrage important sur les « bulles financières ».
b/ Une « bulle » a pour origine une amélioration
soudaine des anticipations de profits.
c/ Les banques (dans une logique de financement intermédié) et les marchés financiers (dans
une logique de financement direct) ne vont pas
hésiter à apporter leur appui financier aux entrepreneurs qui suscitent de telles anticipations.
d/ La valeur des titres de ces entreprises va très
fortement s’accroître, et ce bien au-delà de ce qui
serait raisonnable si l’on regardait froidement la
réalité économique.
e/ Un tel regard ne peut cependant que survenir ; d’où, tôt ou tard, l’éclatement de la « bulle ».
f/ Cet éclatement va nécessairement avoir des
conséquences dans la sphère réelle : ralentissement
de la progression (voire baisse) du PIB, accroissement du chômage, etc.
g/ Les « bulles » n’appartiennent pas au passé :
elles continuent de se former et leur éclatement est
tout aussi néfaste que celui des « bulles » d’antan.
h/ Les pouvoirs publics doivent donc intervenir
ex ante (pour éviter leur formation) plutôt qu’ex
post (pour traiter les effets néfastes induits par leur
éclatement) : cela sera moins coûteux à tous égards.
Quant au document 2, il permet de montrer que des
« bulles » continuent de se former et d’éclater.

© Hatier 2012

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été majoritairement consentis à des taux variables
(les taux étant d’abord faibles puis élevés).
Quant à la notion même de « prêt hypothécaire », il
s’agit d’un prêt qui est assorti d’une hypothèque sur
le bien immobilier dont il permet de faire
l’acquisition : si le débiteur fait défaut, ce bien sera
vendu au profit du créancier.
8. Les institutions financières ayant accordé des
« crédits subprimes » n’ont pas conservé ces
créances dans leurs bilans : elles les ont intégrées
dans des produits financiers très complexes qu’elles
ont vendus à d’autres acteurs économiques (institutions financières incluses ; processus dit de « titrisation »). Le risque inhérent à ces créances s’est ainsi
rapidement propagé, y compris hors des États-Unis.
Cette propagation n’aurait cependant pas été problématique si les prix des actifs immobiliers sur lesquels étaient gagés les « crédits subprimes »
n’étaient pas entrés dans une spirale fortement
baissière dans le courant de l’année 2006 : les acheteurs de titres dans la composition desquels figurait
ce type de créance n’auraient alors pas subi les
« lourdes pertes » dont les deux auteurs font état.
9. Ces pertes ont entraîné la faillite d’un certain
nombre d’institutions financières, dont celle de
Lehman Brothers en septembre 2008. Quant aux
institutions qui ont survécu, elles se sont avérées
incapables d’évaluer rapidement et correctement
l’ampleur de leurs propres difficultés et celles de
leurs concurrentes car la complexité des titres
qu’elles avaient achetés était très importante. Elles
ne vont donc plus mutuellement se faire confiance
et, ce faisant, ne trouveront plus sur le marché interbancaire le refinancement dont elles ont continûment besoin. D’où le renforcement de leurs
difficultés, l’aggravation de leur méfiance et, in fine,
une très forte baisse des crédits accordés aux ménages et aux entreprises. La consommation finale et
l’investissement ne pouvant alors continuer de
croître rapidement, il s’ensuivra une double série de
difficultés interdépendantes : des difficultés économiques et des difficultés boursières.

II. … sont nécessairement néfastes à terme pour la
croissance économique et l’emploi, …
A) En effet, tôt ou tard, elles ne peuvent
qu’éclater, …
B) … ce qui ne peut pas ne pas induire des conséquences dans la sphère réelle.
III. … étant entendu que ce cas de figure n’a rien
d’une curiosité historique.
A) Des « bulles » continuent en effet de se former …
B) … et leur éclatement est tout aussi néfaste
que celui des « bulles » du passé.

p. 56-57

Dissertation
Acquérir de la méthode

A. Réfléchir aux ressemblances et aux différences
des libellés
1. La dernière est la seule à ne pas utiliser la forme
interrogative, ce qui en fait d’emblée une formulation difficile.
2. Même s’il est imprécis, il n’y a que ces deux
formulations qui incluent un ancrage temporel
(« peut-on encore faire face… » pour l’une et « sontils devenus ingérables » pour l’autre). Or un tel ancrage est rassurant pour les élèves.
3. Il n’y a que ces deux libellés qui ne font pas
référence à la politique budgétaire, ce qui les rend a
priori difficiles car le champ de réflexion est ainsi
insuffisamment borné.
4. Le premier libellé s’avère le moins déstabilisant
des quatre car il utilise la forme interrogative, comporte un ancrage temporel et fait référence à deux
notions du programme officiel qu’il lie d’une façon
simple. Le terrain étant ainsi bien balisé, beaucoup
d’élèves vont donc vraisemblablement répondre que
c’est ce libellé qui leur paraît le moins difficile.

ÉTAPE 3
Seul un plan sommaire est fourni ci-après.
I. Les « bulles », notion qu’il faut d’abord définir et
dont il faut comprendre le processus de formation, …
A) Qu’entend-on par « bulles » ?
B) Comment peut-on expliquer leur formation ?

© Hatier 2012

VERS LE BAC

B. Faire le point sur ce que l’on sait a priori et sur ce
qui est demandé
5. L’intérêt de cette question, qui fait système avec
les quatre précédentes, tient à ce qu’elle permet elle
aussi de faire comprendre aux élèves que la lecture
approfondie du dossier documentaire doit être pré-

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cédée d’une réflexion relativement longue sur le
libellé du sujet, en se posant des questions simples
mais fondamentales : maîtrise-t-on le vocabulaire
(courant et savant) utilisé dans le libellé ? Comprend-on ce que demande ce dernier ? Que sait-on a
priori sur l’objet de la discussion ?
6. « Faire face à un choc de demande négatif »
signifie « mettre fin à la récession (ou à la dépression) induite par ce choc ». Il ne s’agit donc pas seulement de porter secours aux individus touchés par
ce choc (notamment en leur distribuant des revenus
de transfert) : il faut revenir à un rythme de croissance économique jugé satisfaisant pour et par la
collectivité humaine considérée.
« Être ingérable » signifie « qui ne peut pas être
géré », c’est-à-dire auquel on ne peut pas « faire
face », au sens où cette expression vient d’être définie. Les deux formulations sont donc à peu près
synonymes.

C. Établir des liens avec les documents
8. et 9. La réponse est positive pour les libellés 1 et
4 mais négative pour les deux autres car le champ de
réflexion qu’ils ouvrent dépasse (et de loin) celui de
la politique budgétaire. On aurait alors besoin
d’autres documents, notamment quant à la politique
monétaire, la politique de change et la politique des
revenus.
10. C’est un plan préfabriqué que l’on pense pouvoir utiliser dans de nombreuses circonstances et qui
s’appuie la plupart du temps sur des oppositions
binaires :
- « À court terme/à moyen (ou à long) terme »
- « En termes conjoncturels/en termes structurels »
- « Au niveau microéconomique/au niveau macroéconomique »
- « Au niveau national/au niveau international »
- « Causes/conséquences »
- « Diagnostic/solutions »
- « En apparence/en réalité »
- « Oui (ou non)/mais »
- « Non (ou oui)/sauf si », etc.
L’utilisation de ce type de plan paraît inenvisageable
pour les deux derniers libellés. En revanche, un plan
du type « non, sauf si » pourrait convenir pour le
premier, de même qu’un plan du type « oui, mais
peut-être seulement à titre temporaire » pour le
deuxième.
On fera cependant observer aux élèves que le dossier documentaire ne comporte aucun document
permettant d’alimenter la seconde partie de chacun
de ces plans. Le plan qu’il faudra adopter sera donc
vraisemblablement ici celui que dictera la lecture
attentive du dossier documentaire.

7. Libellé 1 : La politique budgétaire est-elle encore
capable de mettre fin à une récession (ou à une
dépression) induite par un choc de demande négatif ?
Libellé 2 : Peut-on encore mettre fin à une récession (ou à une dépression) induite par un choc de
demande négatif ?
Libellé 3 : Comment mettre fin à une récession
(ou à une dépression) induite par un choc de demande négatif ?
Libellé 4 : Utilisation des dépenses et/ou des
recettes des administrations publiques à des fins de
régulation conjoncturelle et évènements induisant
une baisse (ou du moins un très fort ralentissement
de la progression) de la demande globale.
La reformulation est donc facile pour les trois premiers libellés mais quasiment impossible pour le
dernier (sauf à recourir comme ci-dessus à des périphrases lourdes et stériles), ce qui en fait un libellé a
priori difficile.

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