Fichier PDF

Partagez, hébergez et archivez facilement vos documents au format PDF

Partager un fichier Mes fichiers Boite à outils PDF Recherche Aide Contact



3081372762 .pdf



Nom original: 3081372762.pdf
Auteur: SHUTTEPAIN

Ce document au format PDF 1.5 a été généré par Microsoft® Office Word 2007, et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 12/01/2014 à 18:26, depuis l'adresse IP 82.138.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 26526 fois.
Taille du document: 1.4 Mo (85 pages).
Confidentialité: fichier public




Télécharger le fichier (PDF)









Aperçu du document


HISTOIRE GÉOGRAPHIE Tle STMG

Livre du professeur
Partie Histoire
(manuel p. 8-141)

Guillaume BOUREL
Marielle CHEVALLIER
Ivan DUFRESNOY
Axelle GUILLAUSSEAU

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

HISTOIRE
Le programme d’histoire
Le programme est centré sur les principales transformations du monde depuis 1945 et
compte trois thèmes, chacun organisé autour de la question obligatoire et d’un sujet
d’étude obligatoire (au choix parmi deux proposés).
Les chapitres 1, 2 et 3 correspondent au découpage du programme indiqué dans le BO .
Pour offrir un choix, chaque chapitre propose les deux sujets d’étude de chaque thème
du programme.

La structure du manuel
La structure des chapitres est identique d’un thème à l’autre.
• Une double page d’ouverture annonce la partie du programme concerné et questionne
les enjeux du thème. Trois photographies sont proposées : l’une évoque la question
obligatoire et les deux autres les deux sujets d’étude au choix. Une frise repère les dates
et périodes clés du chapitre.
• Une double page « cartes », questionnée, illustre la question obligatoire et définit
certaines notions du chapitre ainsi que le vocabulaire nécessaire à la compréhension du
sujet.
• Les doubles pages « question obligatoire » sont constituées de plusieurs dossiers
documentaires conçus selon les commentaires du programme. Chaque dossier se
subdivise en 1 à 4 doubles pages, constituées de documents variés (cartes, textes,
photographies, schémas, affiches…). Les doubles pages sont questionnées, permettant
ainsi de saisir l’ensemble des enjeux. À la fin de chaque bloc de questions, une question
« capacités bac » offre un entraînement progressif à l’épreuve.
• Une double page « fiches cours » reprend systématiquement chacune des pages du
dossier. C’est une synthèse utile pour faire travailler l’élève : notions, vocabulaire,
personnages et dates clés et schéma spatial ou notionnel accompagnent chaque double
page.
• En fin de question obligatoire, une double page « bac » permet à l’élève de se
préparer à la première partie de l’épreuve du baccalauréat. Il y trouvera un schéma
récapitulatif, à partir duquel il lui sera demandé de réaliser une fiche de révision.
Plusieurs exercices type bac (justifier une affirmation, caractériser un événement, choisir
une définition, proposer des dates clés…), dont un guidé, sont ensuite proposés.
Les sujets d’études se présentent sous une forme quelque peu différente dans la mesure
où les consignes officielles préconisent un travail plutôt réalisé en autonomie.
• Chaque double page « sujet d’étude » est construite sur le mode interrogatif. Tous les
types de documents sont présents et, à chaque double page, le manuel propose des
questions et une « capacités bac ».
• La double page « ce qu’il faut retenir » est construite de manière affirmative et met en
évidence les points essentiels à connaître pour le baccalauréat, du vocabulaire et des
dates clés. Un schéma bilan spatial ou notionnel l’accompagne. Le prolongement TICE
peut être utilisé comme une ouverture, notamment vers l’éducation civique.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 1

• La double page « bac » est consacrée à la deuxième partie de l’épreuve du baccalauréat
et propose, selon les consignes officielles, l’étude d’un document ou la mise en relation
de deux documents.

La démarche pédagogique
La démarche pédagogique, ainsi que l’ordre des chapitres, répon dent à la logique du
programme. « Les principales transformations du monde depuis 1945 » que le
programme invite à présenter doivent permettre à l’élève de réfléchir à plusieurs
échelles (internationale, régionale, nationale). L’étude des enjeux idéologiques et
géopolitiques de la Guerre froide et du monde depuis 1991 doit permettre d’analyser le
rôle des différents acteurs des relations internationales et l’évolution de la notion de
puissance. L’étude du processus de décolonisation et de la naissance de nouveaux États
prend place dans la même chronologie et permet de faciliter la compréhension du
monde actuel entre Nord et Sud, anciennes et nouvelles puissances. Enfin, la focalisation
sur le cas français permet de comprendre les enjeux institutionnels de l’installation de la
V e République et les raisons de sa pérennité.

La mise en œuvre du nouveau programme
Le programme montre les transformations géopolitiques du monde depuis 1945. L’étude
de la France se focalise sur les évolutions politiques et les transformations sociales qu’a
connues le pays depuis la fin des années1950.
• Chapitre 1 (thème I du programme) : le passage d’un monde bipolaire, durant la
Guerre froide, symbolisé par l’exemple de l’Allemagne, à un monde multipolaire et plus
complexe où la notion de puissance est redéfinie.
• Chapitre 2 (thème II du programme) : les différentes voies de la décolonisation et la
construction de nouveaux États qui permet de souligner les difficultés à construire
l’unité nationale et à sortir de la domination économique des pays du Nord.
• Chapitre 3 (thème III du programme) : l’installation et la consolidation des institutions
de la V e République et les évolutions de la vie citoyenne dans la société contemporaine.
La mise en œ uvre du programme combine des emboîtements d’échelle et des notions.

Les épreuves du baccalauréat (BO n° 4 du 25 janvier 2007)
L’épreuve écrite d’histoire-géographie a une durée de 2 heures 30, coefficient 2.
L’épreuve comporte deux parties, comptant chacune pour un nombre de points
identique. Elle porte sur les programmes d’histoire et de géographie de la classe
terminale. Elle évalue aussi les capacités acquises en histoire et géographie au long de la
scolarité secondaire.
• Première partie (10 points)
Elle porte sur les « questions obligatoires » du programme d’histoire et du programme
de géographie. Elle consiste en une série de cinq à sept questions à réponse courte.
Cette partie de l’épreuve amène le candidat :
- à caractériser un espace, une période, un événement, une situation ou un p ersonnage ;
- et / ou à citer des acteurs ;
- et / ou à justifier une affirmation en proposant ou choisissant des arguments ;

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 2

- et / ou localiser ou à compléter un croquis ;
- et / ou proposer ou à choisir les dates clés ou les périodes clés d’une évolution :
- et / ou à proposer ou à choisir une définition pour une notion.
• Seconde partie (10 points)
Elle porte sur les « sujets d’étude au choix » du programme d’histoire et du programme
de géographie.
Elle consiste en un exercice qui porte sur un ou deux document(s). Des notes explicatives
peuvent éclairer le(s) document(s). Des questions guident le candidat.
Q uatre exercices sont proposés au choix du candidat, qui en traite un et un seul.
Les quatre exercices proposés relèvent des quatre « sujets d’étude au choix »
correspondant aux deux « thèmes généraux » du programme d’histoire et / ou de
géographie ; il est rappelé à cet égard qu’à chaque « thème général » du programme
sont associés deux « sujets d’étude au choix ».
Cette partie de l’épreuve amène le candidat :
- à dégager l’apport d’un document à la connaissance d’une question figurant dans les
programmes ou à la compréhension d’une notion ;
- ou à mettre en relation deux documents, pour en dégager les points communs, les
différences, les oppositions ou les complémentarités.

Le manuel propose pour chaque chapitre tous les types d’exercice dans le respect des
instructions du bulletin officiel.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 3

Chapitre 1
Les relations internationales depuis 1945
Ce premier thème s’intéresse aux moments forts de l’histoire des relations internationales
depuis 1945. Pour la période de la Guerre froide (1947-1991), l’étude est désormais
restreinte à l’Europe. Les sujets d’étude, portant au choix sur le Moyen-Orient ou l’Amérique
latine, permettent des approfondissements à d’autres échelles.
- La période 1947-1949 : pour cette période clé de la bipolarisation de l’Europe et du monde,
l’accent est porté sur le cas de l’Allemagne, durablement divisée après le blocus de Berlin
(1948-1949).
- La période 1989-1991 : la fin du bloc soviétique et l’implosion de l’URSS s’accompagnent
pour les anciens pays de l’Est d’une transition politique (retour de la démocratie) et
économique (conversion à l’économie de marché) rapide. La fin du communisme a pour
conséquences un réveil des nationalités en Europe, la naissance de nouveaux États et, dans
le cas yougoslave, une guerre civile longue et meurtrière (1991-1999).
- Le monde actuel : il se caractérise par l’émergence de nouvelles puissances régionales,
comme la Chine, l’Inde, ou le Brésil ou la réémergence d’anciennes (la Russie) qui portent,
depuis les années 2000, la croissance mondiale. Face à des pays développés frappés par la
crise actuelle, les pays émergents entendent accroître leurs rôles dans les relations
internationales. Ils participent à la formation d’un monde multipolaire.

Bibliographie
• Sur le jeu des puissances dans un espace mondialisé depuis 1945
Les relations internationales
- A. Fontaine, La Guerre froide, 1917-1991, Éditions du Seuil, 2006
- L. Freedman, La Guerre froide, 1945-1989. Une histoire militaire, Éditions Autrement, 2004
- R. Girault, R. Franck, J. Thobie, Histoire des relations internationales contemporaines,
tome III : La loi des Géants, 1941-1964, Payot, 2005
- P. Grosser, La Guerre froide, Documentation photographique n° 8 055, La Documentation
française, 2007
- B. Badie, L'Impuissance de la puissance. Essai sur les nouvelles relations internationales,
Fayard, 2004
- P. Boniface, Le Monde contemporain : grandes lignes de partage, PUF, 2003
- G. Devin (dir.), Faire la paix. La Part des institutions internationales, Presses de Sciences Po,
2009
- M.-F. Durand, P. Copinschi, B. Martin, P. Mitrano, D. Placidi-Frot, Atlas de la mondialisation.
Comprendre l'espace mondial contemporain, Presses de Sciences Po, 2010
- T. Garcin, Les Grandes Questions internationales depuis la chute du mur de Berlin,
Economica, 2009
- P. Mélandri et J. Vaïsse, L'Empire du milieu. Les États-Unis et le monde depuis la fin de la
Guerre froide, Odile Jacob, 2001
- B. Tertrais, Atlas militaire et stratégique. Menaces, conflits et forces armées dans le monde,
Éditions Autrement, 2008
- M. Vaïsse, Les Relations internationales depuis 1945, Armand Colin, 2008

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 4

Berlin pendant la Guerre froide
- Collectif, Le Mur de Berlin 1961-1989, L’Histoire magazine n° 346, 2009
- B. Oudin et M. Georges, Histoire de Berlin, Perrin, 2010
- F. Taylor, Le Mur de Berlin 1961-1989, Jean-Claude Lattès, 2009
La guerre du Golfe
- F. Guelton, La Guerre américaine du Golfe. Guerre et puissance à l'aube du XXIe siècle,
Presses universitaires de Lyon, 1996
- Irak. 1979-2004 : les années Saddam, Librio-Le Monde, 2006
Le 11 septembre 2001
- P. Boniface (dir.), Les Leçons du 11 septembre, PUF, 2003
- G. Chaliand (dir.), Alain Grignard, Olivier Hubac, L'Arme du terrorisme, Audibert, 2002
- H. Laurens, L'Orient arabe à l'heure américaine. De la guerre du Golfe à la guerre d'Irak,
Armand Colin, 2005
- O. Roy, Généalogie de l'islamisme, Hachette, 2001
• Sur le Moyen-Orient et le pétrole
- G. Chaliand et A. Jafalian (dir.), La Dépendance pétrolière : mythes et réalité d’un enjeu
stratégique, Encyclopaedia Universalis, 2005
- S. Chautard, Géopolitique et pétrole, Studyrama, 2007
• Sur l’Amérique latine depuis 1945
- F. Chevalier, L’Amérique latine, de l’indépendance à nos jours, PUF, 1993
- O. Dabene, L'Amérique latine à l'époque contemporaine, Armand Colin, 2003
- O. Dabene, Atlas de l’Amérique latine : le continent de toutes les révolutions, Éditions
Autrement, 2012

Pages 10-11 OUVERTURE DE CHAPITRE
NB : une erreur s’est glissée (corrigée dans le manuel élève) quant à la date de la partie
d’échecs entre Boris Spassky et Bobby Fischer puisque celle-ci a eu lieu en 1972 et non 1970.
Le chapitre s’ouvre sur une photographie d’une partie d’échecs entre le Soviétique Boris
Spassky et l’Américain Bobby Fischer.
Au début des années 1970, pendant la période de la Détente, les tensions entre les deux
Grands s’apaisent. Pour autant, la concurrence entre États-Unis et URSS reste intacte. La
partie d’échecs de 1972 en est un exemple. En effet, jusqu’aux années 1970, les échecs sont
l’apanage des Soviétiques. Mêlant stratégie, mathématiques et contrôle de soi, les échecs
sont en URSS au cœur de la formation de la jeunesse. Pur produit de l’école soviétique, Boris
Spassky (né en 1937), tenant du titre, doit affronter un jeune génie des échecs, au style
atypique et au comportement imprévisible, Bobby Fischer (né en 1943). L’Américain, grand
maître des échecs à l’âge de quinze ans, est alors fortement médiatisé ; tous les États-Unis
sont derrière lui et le Président Nixon lui adresse ses encouragements à la veille du
championnat du monde. Il s’agit, pour les spécialistes de ce jeu de stratégie, du « match du
siècle ». Pour la première fois de l’histoire des échecs modernes, un Occidental l’emporte et
devient champion du monde. En 1972, à Reykjavík (Islande), Bobby Fischer met fin à
23 années de domination soviétique dans le domaine des échecs.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 5

Pour autant, Bobby Fischer met rapidement fin à sa carrière et plonge progressivement dans
une paranoïa aigue. À la fin de sa vie, le héros américain de 1972 devient persona non grata
aux États-Unis. Déjà en 1992, il choisit, pour une ultime fois, de revenir au monde des échecs
en affrontant une nouvelle et dernière fois Boris Spassky. En Yougoslavie, en pleine guerre
civile et sous embargo américain, Bobby Fischer bat à nouveau son adversaire. Mais ses
frasques, ses déclarations antisémites et antiaméricaines, l’éloignent définitivement à la fois
des tournois internationaux et des États-Unis. Il passe la majeure partie de sa vie en exil et
meurt en 2008 en Islande.
Cette photographie, et cet événement périphérique de la Guerre froide, permet une
première approche de la bipolarisation du monde. Le damier noir et blanc de 64 cases
rappelle l’affrontement, la concurrence que se livrent les deux grands à l’échelle du monde.
De plus, la victoire américaine lors de ce championnat du monde est une belle métaphore
des difficultés croissantes de l’URSS à partir des années 1970. Même dans un domaine où
elle écrasait toute adversité, les échecs, l’URSS se voit temporairement dominée par le jeu
de cet Américain fantasque. Pour autant, en l’absence d’un Bobby Fischer qui s’est retiré de
toutes compétitions internationales, l’URSS retrouve vite son hégémonie dans le domaine.
En 1975, Anatoli Karpov (née en 1951) reprend le titre à Bobby Fischer sans avoir eu à
l’affronter. Dix ans plus tard, en 1985, Anatoli Karpov est supplanté par le talent d’un jeune
soviétique, Gary Kasparov (né en 1963). Pour les observateurs de l’époque, le duel entre
Karpov et Kasparov est à l’image des transformations politiques dans le pays : Karpov, pur
produit du système soviétique, est bientôt dépassé par Kasparov, vitrine à l’étranger de la
perestroïka.
Les deux photographies des sujets d’étude illustrent le poids croissant de deux régions du
monde dans les relations internationales : le Moyen-Orient et l’Amérique latine.
Le Moyen-Orient devient une région centrale des relations internationales à partir des
années 1970. Ses richesses en pétrole sont à la fois un levier de développement et un
facteur d’instabilité. La photographie montre l’intérêt que portent les États-Unis sur la
région. Afin de sécuriser leurs approvisionnements en pétrole, le premier consommateur du
monde, et aussi première puissance mondiale, a multiplié les formes d’interventions directes
depuis 1990. L’Irak, ancien allié des États-Unis pendant la Guerre froide, en est le cœur de
cible. En 1991, pendant la guerre du Golfe, les États-Unis sont à la tête d’une coalition
internationale pour libérer le Koweït qui vient d’être envahi par le voisin irakien. En 2003, au
prétexte que l’Irak abriterait des armes de destructions massives, les États-Unis renversent
Saddam Hussein en dehors de tout mandat international. À chaque fois, les troupes
irakiennes en déroute ont mis feu aux puits de pétrole afin de freiner l’avancée américaine
au Koweït (en 1991) et en Irak (en 2003).
L’Amérique latine, traditionnellement chasse gardée des États-Unis, s’émancipe
progressivement de la tutelle américaine, surtout à partir des années 1990. Pour autant, les
liens entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud restent ambivalents. La photographie
présente ainsi une cérémonie traditionnelle revisitée à l’heure de la mondialisation. Elle
montre d’abord un renouveau des identités indiennes, au prix parfois d’une mise en scène
quelque peu folklorique. Le chamane porte ainsi les couleurs arc-en-ciel des Incas pour une
cérémonie dont les pratiques rappellent le vaudou des Caraïbes ou le culte des morts au
Mexique. Les différents portraits mêlent politique et référence à une culture mondialisée
(Michael Jackson).

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 6

Pages 12-13 CARTES

Un monde bipolaire (1947-1991)
La carte présente le monde à l’heure de la Guerre froide. Elle permet une première
approche de la bipolarisation du monde : opposition nucléaire, constitution des blocs,
théâtre de confrontations indirectes. Elle propose également des approfondissements sur la
période, en particulier par la mention de conflits périphériques qui, au sens strict, ne sont
pas à étudier en Tle STMG : guerres de Corée (1950-1953), Vietnam (1961-1975) et Angola
(1975-1994).
Réponses aux questions
1. La bipolarisation, pendant la Guerre froide, est la division du monde en deux camps
antagonistes, chacun placés sous le leadership d’une superpuissance, États-Unis et URSS.
2. Les blocs se constituent autour d’une superpuissance qui tisse autour d’elle un réseau
d’alliances, en particulier militaires. Parce qu’ils veulent empêcher l’expansion du
communisme dans le monde, les États-Unis ont multiplié les pactes militaires aux quatre
coins du monde : le Pacte de Rio (1947) pour l’Amérique, l’OTAN (1949) en Europe, l’OTASE
(1954) en Asie, le Pacte de Bagdad (1955) au Moyen-Orient.
3. L’Europe est le premier espace de tensions au début de la Guerre froide : la crise de Berlin
(1948-1949) achève de diviser l’Europe en deux camps antagonistes. À partir de 1949, la
confrontation entre les deux Grands s’étend à l’Asie. Mais, du fait de l’arme nucléaire,
l’affrontement n’est jamais direct et prend la forme de nombreux conflits périphériques
(guerre de Corée, guerre du Vietnam). L’Amérique latine est plutôt épargnée par la Guerre
froide ; elle reste, à l’exception de la plus grave crise de la période (la crise de Cuba en 1962),
sous contrôle des États-Unis. L’Afrique, quant à elle, décolonisée tardivement, reste un
enjeu tardif de la Guerre froide.

Pages 14-15 CARTES

Un monde multipolaire (depuis 1991)
Avec la chute de l’URSS et la victoire à l’échelle mondiale du modèle capitaliste, le monde
s’est profondément transformé depuis 1991. La forte croissance mondiale a
particulièrement bénéficié aux puissances émergentes, principalement asiatiques. La carte
insiste ainsi sur la place centrale prise aujourd’hui par l’océan Pacifique, première interface
mondiale aujourd’hui.
Réponse à la question
1. Au début du XXIe siècle, les pays développés restent les premiers moteurs de la
mondialisation : ils concentrent les richesses, les savoirs et le développement. Pour autant,
la domination des pôles de la Triade (Amérique du Nord, Europe, Japon) se fait moins
écrasante avec l’émergence de nouvelles puissances régionales. Les pays émergents, en
premier lieu la Chine, participent à la forte croissance mondiale des échanges et rattrapent
rapidement leurs retards sur les pays développés. La crise mondiale de 2008 a révélé les
fragilités des pays développés et la montée en puissance des pays émergents.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 7

Pages 16-19 QUESTION OBLIGATOIRE

1. 1947-1949 : la naissance d’un monde bipolaire
On présentera ici la rupture idéologique de 1947 qui marque, entre États-Unis et URSS, les
débuts de la Guerre froide. En l’espace de quelques années, de 1945 à 1949, les blocs se
constituent en Europe. La division de Berlin et de l’Allemagne (1949) en est l’illustration la
plus frappante.

Page 16
>>>>A Les États-Unis, leaders du « monde libre »
Les États-Unis sont la première puissance mondiale en 1945 et la seule puissance à être
sortie consolidée de son engagement dans la guerre. Son territoire a été épargné par les
destructions et son appareil productif a été entièrement tourné vers l’effort de guerre. En
1945, les États-Unis possèdent les deux tiers du stock d’or mondial et produisent plus de la
moitié des biens manufacturés. Seuls détenteurs de l’arme nucléaire, ils sont la première
puissance militaire. Alertés par l’expansion du communisme en Europe, les États-Unis
choisissent de sortir définitivement de l’isolationnisme qui caractérisait jusqu’alors leur
politique extérieure. En 1947, avec la doctrine Truman, les États-Unis entendent jouer un
rôle mondial pour endiguer le communisme et encercler l’URSS.
Réponses aux questions
1. L’Europe est divisée en 1945 en deux influences. L’Europe de l’Est, libérée du nazisme par
l’armée Rouge, est sous influence soviétique. L’Europe de l’Ouest, libérée par les troupes
anglo-américaines, est sous l’influence des États-Unis. L’Allemagne est le symbole de cette
division en deux zones d’influence. Berlin, l’ancienne capitale du IIIe Reich, a été libéré par
les Soviétiques, comme l’ensemble de l’Allemagne orientale.
2. L’Europe est selon Truman menacée par l’expansion du communisme. Dans les pays
libérés par l’armée Rouge, l’URSS favorise la prise de pouvoir des communistes qualifiés par
Truman de « minorités armées ». Dans les pays d’Europe occidentale, touchée par les
destructions matérielles, le communisme est aussi un danger car, selon Truman, il prospère
sur la pauvreté (« les semences des régimes totalitaires sont nourries par la misère et le
dénuement ») et menace la démocratie.
3. Pour endiguer le communisme, les États-Unis doivent aider économiquement et
financièrement les pays à se reconstruire. La doctrine Truman s’accompagne d’une aide
gratuite proposée aux pays européens : le plan Marshall.

Page 17
>>>>B L’Union soviétique, un modèle concurrent
L’URSS se présente comme le grand vainqueur du nazisme. Elle a payé le plus cher tribut :
plus de vingt millions de Soviétiques sont morts au cours de la « grande guerre patriotique ».
Le prestige de Staline en sort grandit : l’armée Rouge est la première à entrer dans Berlin en
avril 1945. Dans les grandes conférences interalliées de 1945 – Yalta en février, Potsdam en
juillet – Staline a vu ses positions en Europe consolidées. Mais contrairement à ce qu’il avait
promis dans la Déclaration sur l’Europe libérée, acte final de la conférence de Yalta, Staline

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 8

n’entend pas organiser d’élections libres dans les pays libérés par l’armée Rouge. L’URSS de
Staline entend défendre son influence en Europe orientale en constituant un glacis
protecteur entre les États-Unis et l’URSS. Les États-Unis et son modèle capitaliste, sont
combattus au nom de la défense du communisme et des intérêts stratégiques de l’Union
soviétique.
Réponses aux questions
4. L’Union soviétique met en avant son rôle dans la libération de l’Europe. Elle se présente
comme le vainqueur du nazisme. Dans cette affiche de 1944, Staline est présenté en
généralissime guidant l’armée Rouge vers l’Allemagne, après avoir reconquis les territoires
perdus lors de l’invasion allemande de 1941. Au sortir de la guerre, l’armée Rouge est
présente dans les pays d’Europe de l’Est qu’elle a libérés du nazisme.
5. Andrei Jdanov répond à la doctrine Truman de mars 1947. Il dénonce les États-Unis
comme une puissance « impérialiste » qui, alliée aux empires coloniaux européens (GrandeBretagne, France), entend étendre son influence sur le monde. Pour Jdanov, les États-Unis
poursuivent les objectifs du fascisme puisqu’ils souhaitent combattre le communisme dans
le monde et terrasser l’Union soviétique.
6. Pour contrer « l’impérialisme » américain, l’URSS doit être à la tête des « forces antiimpérialistes et antifascistes ». Elle peut s’appuyer sur les partis communistes « frères »,
dans les républiques sœurs mais aussi dans les pays occidentaux. Dans les colonies, l’URSS
doit soutenir les « combattants des mouvements de libération nationale » dans leurs luttes,
souvent armées, pour l’indépendance. En Europe, les pays d’Europe de l’Est se doivent de
refuser le plan Marshall, présenté, dans le document 5, comme un piège américain. Plutôt
que de vouloir aider l’Europe à se reconstruire, le plan Marshall est vu comme un prétexte
pour renverser l’URSS (la baïonnette sous le journal) et trahir les intérêts du prolétariat au
profit d’une bourgeoisie mondiale déguisée en Oncle Sam.
Capacités bac
7. En 1947, le monde est bipolaire car :
- l’Europe libérée est divisée en deux zones d’influence : à l’Ouest, américaine ; à l’Est,
soviétique ;
- les doctrines Truman et Jdanov marquent la rupture idéologique entre les deux Grands qui
défendent chacun un modèle antagoniste : capitalisme pour les États-Unis, communisme
pour l’URSS ;
- le refus du plan Marshall par les pays d’Europe de l’Est, sous pression soviétique, marque la
division de l’Europe en deux camps antagonistes.

Pages 18-19
>>>>C L’Allemagne, symbole de la division de l’Europe
L’Allemagne est à l’image de la division durable de l’Europe pendant la Guerre froide. Sa
partie orientale, dont Berlin, a été libérée par l’armée Rouge, sa partie occidentale par les
troupes anglo-américaines. À Yalta (février 1945), mais surtout à Potsdam (juillet 1945), le
sort de l’Allemagne a été fixé : l’Allemagne sera divisée en zones d’occupation (soviétique,
américaine, française, britannique) et Berlin bénéficiera d’un statut spécial de ville
internationale, administrée et occupée par les Alliés.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 9

Réponses aux questions
1. En plus d’être dévastée par les destructions, l’Allemagne est divisée en quatre zones
d’occupation : à l’Est, soviétique ; à l’Ouest, américaine, britannique et française. Berlin,
enclave en zone soviétique, est elle aussi administrée selon ce principe.
2. Berlin constitue un enjeu important par le symbole qu’elle représente. Ancienne capitale
de l’Allemagne, elle a été libérée par les Soviétiques. Enclave internationale en zone
contrôlée par les Soviétiques, elle cristallise les tensions entre les deux Grands. Staline
aimerait pouvoir contrôler l’ensemble de la ville tandis que les Alliés occidentaux se refusent
à reculer devant les provocations soviétiques.
3. La crise de Berlin (1948-1949) illustre la montée des tensions en Europe entre États-Unis
et URSS. Pour protester contre la décision des Alliés occidentaux d’unifier leurs zones
d’occupation, prélude à la création d’un État ouest-allemand, Staline décide de bloquer les
accès terrestres à Berlin-Ouest, en dépit du droit international. Pour autant, cette crise ne
débouche pas sur un affrontement direct. Les Américains contournent le blocus par
l’organisation d’un pont aérien. Pendant près d’un an, 275 000 avions ravitaillent BerlinOuest. En mai 1949, Staline décide de lever le blocus.
4. La levée du blocus de Berlin en mai 1949 entérine la division durable de l’Allemagne.
- La RFA, dans la sphère d’influence américaine, bénéficie de l’aide américaine (plan
Marshall) pour se reconstruire rapidement. Berlin-Ouest, en particulier, constitue une vitrine
du capitalisme comme le montre la photographie d’une exposition Porsche (doc. 8). À partir
des années 1950, la RFA connaît une forte croissance économique.
- La RDA, dans la sphère d’influence soviétique, est une République populaire (parti unique)
qui a adopté le modèle socialiste ou « propriété socialiste des moyens de production ». Les
secteurs clés de l’économie sont nationalisés comme les « richesses du sous-sol, *…+ les
centrales énergétiques […] ». La RDA est une république sœur de l’URSS : « La RDA est partie
intégrante et indissociable de la communauté des États socialistes. »
5. Le mur de Berlin a été construit par les autorités est-allemandes pour empêcher le
passage à l’Ouest de nombreux Berlinois de l’Est soucieux de fuir un régime socialiste
oppressif et incapable de subvenir aux besoins de ses ressortissants. Il symbolise la division
durable de l’Europe et de l’Allemagne pendant la Guerre froide. Il matérialise une expression
utilisée par Churchill en 1946, le « rideau de fer », pour dénoncer la mainmise soviétique sur
les pays libérés en Europe de l’Est par l’armée Rouge.
Capacités bac
6. Sur une frise chronologique, on placera :
- la crise de Berlin : 1948-1949 ;
- la création de la RFA et de la RDA : 1949 ;
- le mur de Berlin : 1961-1989.

Pages 22-25 QUESTION OBLIGATOIRE

2. 1989-1991 : la fin de la Guerre froide
La séquence traite la période 1989-1991, période cruciale dans la compréhension de la fin de
la Guerre froide. Cette deuxième partie de la question obligatoire porte s’intéresse surtout
aux conséquences en Europe de l’effondrement du bloc soviétique et de l’implosion de
l’URSS.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 10

Pages 22-23
>>>>A La chute du bloc soviétique
1989 marque la fin du « rideau de fer » en Europe. Après l’ouverture de la frontière austrohongroise en mai 1989, l’ensemble des démocraties populaires d’Europe de l’Est
s’effondrent avec, pour point culminant, la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989.
Deux ans plus tard, l’URSS implose sous le poids des nationalismes. La Guerre froide prend
fin sans que finalement les États-Unis aient joué un rôle majeur dans l’effondrement rapide
et inattendu du bloc soviétique et de l’URSS. L’URSS est ainsi victime de ses contradictions et
dysfonctionnements internes. Les réformes entreprises dès 1985 par le nouveau Secrétaire
général du PCUS, M. Gorbatchev ne permettent pas de sauver l’URSS du naufrage. Pire, sa
nouvelle ligne politique à l’égard des républiques sœurs, accélère la dilution du bloc
soviétique.
Réponses aux questions
1.
Citations
« Toutefois, c’est aux peuples
d’en décider et de faire leurs
choix. »

Commentaires
Les démocraties populaires du bloc soviétique sont en
droit de choisir entre communisme et capitalisme.
Gorbatchev reste persuadé des avantages du modèle
socialiste par rapport au capitalisme : « *…+ nous
sommes conscients des avantages que présente notre
système. »
« Toute ingérence dans les
L’URSS s’engage à ne pas intervenir militairement pour
affaires intérieures, toute
soutenir les régimes des démocraties populaires ou
tentative de limiter la
empêcher les éventuelles politiques de libéralisation.
souveraineté des États qu’il
Quand Gorbatchev s’exprime devant le Conseil de
s’agisse des amis ou des alliés l’Europe en juillet 1989, la Hongrie a déjà choisi d’ouvrir
ou de n’importe quel État
ses frontières avec l’Autriche, mettant de fait fin au
sont inadmissibles. »
« rideau de fer » qui séparait l’Europe depuis 1945.
Gorbatchev rompt ainsi avec la politique extérieure de
l’URSS à l’égard des républiques sœurs. À plusieurs
reprises, en 1956 en Hongrie, en 1968 en
Tchécoslovaquie, les chars du Pacte de Varsovie sont
intervenus pour étouffer toutes les tentatives de
libéralisation.
2. La nouvelle ligne de politique internationale inaugurée par M. Gorbatchev, la noningérence dans les affaires des Républiques populaires d’Europe de l’Est, entraîne
l’effondrement rapide du bloc soviétique. À l’exception de la Roumanie, les régimes
communistes s’effondrent pacifiquement. Le 9 novembre 1989, des premières brèches sont
ouvertes dans le mur de Berlin, sous le regard désabusé des soldats est-allemands. Deux
jours auparavant, un million de manifestants avaient obtenu le départ d’Erich Honecker, le
dirigeant est-allemand. L’effondrement du régime est-allemand ouvre la voie à la
réunification de l’Allemagne en 1990, divisée depuis 1949. La caricature de Nicholas Garland
(doc. 3) montre les conséquences indirectes de la politique initiée par M. Gorbatchev ; la
perestroïka, qui avait pour objectif de réformer l’économie soviétique et de proposer un
visage neuf à l’étranger, a permis à l’Allemagne de retrouver son unité et de s’imposer, à
l’avenir, comme une puissance incontournable en Europe.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 11

3. Dans cette allocution où il annonce la fin de l’URSS et la création de la CEI (Communauté
des États indépendants), M. Gorbatchev analyse les raisons de l’effondrement de l’Union
soviétique.
La situation catastrophique de l’Union soviétique au moment de sa prise de fonction : « le
destin a voulu qu’au moment où j’accédais aux plus hautes fonctions de l’État, il était clair
que le pays allait mal. »
L’URSS souffrait de retards économiques. L’économie soviétique n’était pas en mesure de
satisfaire les besoins de sa population : « *…+ nous vivons bien plus mal que dans les pays
développés *…+ ».
Ces difficultés économiques sont liées selon Gorbatchev à la course aux armements.
L’économie soviétique souffre de son industrie lourde : « Condamnée à servir l’idéologie et à
porter le terrible fardeau de la militarisation à outrance ».
4. L’implosion de l’URSS donne naissance à de nouveaux États. Des pays baltes (Estonie,
Lettonie, Lituanie) à l’Asie centrale (Kazakhstan…), en passant par l’Europe orientale
(Biélorussie, Ukraine…) et le Caucase (Azerbaïdjan, Géorgie, Arménie), la carte de l’Europe se
trouve bouleversée par l’explosion des nationalismes. En Yougoslavie, cette poussée des
nationalismes a des conséquences dévastatrices. Même si la Yougoslavie de Tita avait
adopté un communisme atypique, loin de la tutelle de Moscou, cette fédération
multinationale ne survit pas à l’effondrement du bloc soviétique. Les Balkans basculent
après 1991 dans une longue guerre civile.
Capacités bac
5. M. Gorbatchev a indirectement été à l’origine de la fin de la Guerre froide. En voulant
réformer un modèle socialiste en difficultés et proposer de nouvelles relations avec les pays
du bloc soviétique et l’Occident (perestroïka), il a précipité la fin du bloc de l’Est (1989) et de
l’URSS (1991). La décision de ne pas soutenir militairement les démocraties populaires a
accéléré la dissolution du bloc soviétique en 1989. En sous-estimant les aspirations
nationales, en Europe, mais surtout au sein même de l’Union soviétique, Gorbatchev n’a pu
empêcher la fin de l’URSS en 1991.

Pages 24-25
>>>>B Des bouleversements en Europe
La fin du bloc soviétique en Europe s’accompagne d’une transition rapide des anciens pays
de l’Est vers la démocratie libérale et l’économie de marché. La fin du communisme a
accéléré le réveil des nationalités en Europe. Ce réveil est parfois douloureux, à l’exemple de
la guerre civile qui déchire la Yougoslavie entre 1991 et 1999.
Réponses aux questions
1. Après la chute des démocraties populaires, les pays de l’ancien bloc soviétique se sont
convertis à la démocratie libérale. Des élections libres sont organisées et elles portent au
pouvoir des personnalités fortes de l’opposition au communisme. Par exemple, en
Tchécoslovaquie, les premières élections présidentielles portent au pouvoir un ancien
dissident et principal acteur de la « révolution de velours » de 1989, Vaclav Havel.
2. En matière économique, les anciens pays du bloc soviétique se sont rapidement convertis
à l’économie de marché. Cette affiche détourne les codes du réalisme soviétique et des
messages de propagande vantant la révolution pour promouvoir le capitalisme. On y voit

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 12

ainsi un Lénine proclamer les vertus du capitalisme (« Viva la imperialism »). Les indications
de localisation du musée font références aux grandes enseignes nouvellement installées
dans les rues de Prague.
3. En Europe, les États-Unis paraissent être les grands vainqueurs de la Guerre froide. Les
anciennes républiques du bloc soviétique adhèrent rapidement à l’OTAN, bien avant de se
porter candidat à l’adhésion européenne. Les États-Unis étendent leur influence militaire à
des régions auparavant dans la sphère soviétique.
4. La Yougoslavie est un État multinational composé d’une majorité serbe mais de minorités
nationales comme les Croates, les Bosniaques, les Slovènes, les Kosovars. Le pays a implosé
sous le poids des nationalismes. La Serbie, attachée au fédéralisme, refuse les proclamations
successives d’indépendance.
5. Si la transition démocratique a été en Europe plutôt pacifique, la Yougoslavie s’enfonce
pendant près de dix ans dans une guerre civile, où les civils sont en première ligne. Les
massacres de Srebrenica (1995) sont une illustration des horreurs de la guerre civile qui a vu,
aux portes de l’Europe, le retour des pratiques ethnocidaires. Sur la photographie, la
présence d’un blindé des Nations unies montre l’incapacité de la communauté
internationale à faire cesser les pires atrocités.
Capacités bac
6. La fin de la Guerre froide met un terme à la bipolarisation de l’Europe :
- les anciens pays du bloc soviétique en Europe se convertissent rapidement à l’économie de
marché et à la démocratie libérale, comme leurs voisins de l’Ouest ;
- l’Allemagne est réunifiée ;
- les anciens pays du bloc soviétique en Europe adhèrent rapidement à l’OTAN ;
- dans une Europe retrouvée, ces pays d’Europe de l’Est se portent rapidement candidats à
l’adhésion dans l’Union européenne.

Pages 28-31 QUESTION OBLIGATOIRE

3. Le nouvel ordre mondial au début du XXIe siècle
Cette troisième partie de la question obligatoire vise à offrir un panorama rapide de l’ordre
mondial au début du XXIe siècle. Deux axes principaux ont été choisis :
- un angle géopolitique : depuis le 11 septembre 2001, le terrorisme international constitue
le nouvel ennemi désigné des États-Unis ;
- un angle géoéconomique : les années 2000 se caractérisent par une forte croissance
mondiale, soutenue en particulier par les pays en développement. La crise financière de
2008, en fragilisant les pays développés, confirme l’émergence sur la scène internationale de
nouvelles puissances.

Pages 28-29
>>>>A Le monde face au terrorisme
Les attentats du 11 septembre 2001 ont été l’occasion pour les États-Unis d’une nouvelle
mobilisation idéologique. Georges Bush lance donc une « guerre contre le terrorisme » et
des opérations militaires visant à renverser les gouvernements qui abriteraient des
combattants d’Al-Qaida. Dès 2002, c’est l’Afghanistan qui est attaqué pour renverser le

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 13

régime taliban de Kaboul. En 2003, hors de tout mandat international, les États-Unis
attaquent l’Irak au motif qu’il abriterait des armes de destructions massives. Cette politique
de réaction américaine soulève l’indignation des opinions publiques dans le monde arabe.
L’élection de Barack Obama, et les espoirs de paix qui l’entourent (il est lauréat du Nobel de
la paix en 2008, alors qu’il vient de rentrer en fonction), marquent un tournant relatif. S’il
entend se rapprocher du monde arabo-musulman (cf. discours du Caire de 2009) et
désengager les troupes américaines d’Afghanistan et d’Irak, il n’abandonne pas la lutte
contre Al-Qaida. En 2001, Oussama Ben Laden, numéro 1 de l’organisation, est repéré et
abattu par un commandant américain dans les faubourgs d’Islamabad.
Réponses aux questions
1. Depuis 2001, les attentats terroristes se sont multipliés. Ils se concentrent
majoritairement dans les pays arabo-musulmans où ils visent les intérêts occidentaux mais
surtout les populations locales. Depuis 2001, ces attentats ont aussi visé le cœur même des
pays occidentaux. Après les attentats de septembre 2001 où l’on a vu des avions de lignes
détournés s’écraser sur les tours du World Trade Center de New York ou sur le Pentagone de
Washington, d’autres pays occidentaux ont ainsi été visés : Madrid en 2003, Londres en
2005.
2. Le Président G. W. Bush entend mener la lutte contre les « terroristes » et les États qui
abriteraient les cellules d’Al-Qaida. Ils visent en premier l’Afghanistan en accusant les
« talibans » d’être une base arrière du terrorisme.
3. Pour Barack Obama, la « peur et la méfiance » entre les États-Unis et les musulmans est
née de la politique de son prédécesseur, G. W. Bush (2000-2008). En menant une véritable
« croisade » contre le terrorisme, la politique de G. W. Bush aurait entraîné un clivage net
entre le monde musulman et l’Amérique. Elle a stigmatisé le monde musulman alors que les
terroristes ne constituent qu’« une minorité de musulmans ». Le cas irakien cristallise ces
passions ; Barack Obama reconnaît que l’opération ne répondait pas aux objectifs de la lutte
contre le terrorisme, mais plutôt à « un choix ».
4. Barack Obama n’abandonne pas la lutte contre le terrorisme. Il se montre ferme à l’égard
des « extrémistes violents » qu’il entend continuer à pourchasser. Il rappelle en outre la
mémoire de la tragédie du 11 septembre pour le peuple américain (« Al-Qaida a tué près de
3 000 personnes ce jour-là. Ses victimes étaient des hommes, des femmes, des enfants
innocents *…+ »). Pour autant, il entend promouvoir davantage de multilatéralisme dans les
relations internationales et éviter qu’une intervention, comme celle en Irak en 2003, ne se
fasse en dehors de la communauté internationale : « *…+ je crois aussi que les événements
en Irak ont rappelé à l’Amérique la nécessité de recourir à la diplomatie et de construire un
consensus international pour résoudre ses problèmes à chaque fois que c’est possible. »
5. La menace terroriste frappe essentiellement les pays arabo-musulmans. La mort du
numéro 1 d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, n’a pour autant pas mis fin à la menace
terroriste. Les nombreuses cellules et organisations se réclamant plus ou moins
lointainement d’Al-Qaida continuent leurs combats, mais souvent avec un ancrage plus
régional (AQMI par exemple dans le Sahara).
Capacités bac
6. Le terrorisme est l’utilisation de la violence contre les civils (attentats, enlèvements,
assassinats) pour créer un choc dans les opinions publiques et déstabiliser les régimes en
place.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 14

Page 30
>>>>B Une nouvelle donne mondiale
La crise de 2008 a profondément frappé les États-Unis et l’Europe. Même affaiblis et
concurrencés par les pays émergents, les pays développés restent des puissances
incontournables concentrant richesses, savoirs et forces militaires.
Réponses aux questions
1. La crise débute par un krach immobilier c’est-à-dire un effondrement brutal des cours.
Beaucoup d’Américains sont incapables de rembourser des prêts aux banques auxquelles ils
ont emprunté. Les prix de l’immobilier s’effondrent brutalement, les saisies se multiplient et,
dans son sillage, de nombreuses banques font faillite. La crise immobilière se transforme en
désastre financier. Rapidement, la crise se répand à l’échelle de l’Europe et de l’Asie et
montre les limites d’une finance peu régulée.
2. L’Europe est fortement impactée par la crise, mais sous des formes différentes qu’aux
États-Unis. En Europe, la crise de la dette souveraine a affaibli les États. Mais, selon le
texte 7, le risque principal de l’Europe est d’assister à l’implosion de la zone euro.
3. Cette crise ne remet pas profondément en cause la puissance des États-Unis et de
l’Europe. États-Unis et Europe restent les aires de puissance les plus riches au monde. En
termes de recherche et de développement, États-Unis et Europe sont, avec le Japon, à la
pointe des savoirs. Enfin, les États-Unis restent la première puissance militaire, bien loin
devant l’Europe et le reste du monde.
Capacités bac
4. Au début du XXIe siècle, le monde est multipolaire c’est-à-dire organisé autour de
plusieurs puissances régionales.

Page 31
>>>>C L’affirmation des puissances émergentes
La forte croissance mondiale des années 2000 est portée par les pays en développement, en
premier lieu les puissances émergentes. Le rattrapage rapide qu’effectuent certains de ces
pays, comme la Chine, l’Inde ou le retour de la Russie sur la scène internationale, bouleverse
la hiérarchie des puissances.
Réponses aux questions
1. Les pays émergents concentrent aujourd’hui près de 15 % de la richesse mondiale et
peinent encore à rivaliser avec les pays développés. Mais, dans les années 2000, ils ont
connu une forte croissance, parfois supérieure à 10 % par an, comme pour la Chine par
exemple. Dans une dizaine d’années, leur part dans la richesse mondiale tendrait à
s’accroître pour dépasser les 20 % en 2020.
2. Les pays développés ont connu de faibles taux de croissance dans les années 2000, en
général inférieur à 2 %.
3. La puissance chinoise repose sur :
- une forte croissance depuis les années 1980, « 9 % en moyenne par an depuis trois
décennies » ;
- une économie tournée vers l’exportation de produits manufacturés à l’exception du « haut
de gamme de la technologie » ;

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 15

- d’importantes « réserves en devises » constituées grâce à un commerce extérieur
florissant.
Capacités bac
4. Au début du XXIe siècle, la hiérarchie des puissances mondiales se modifie :
- la croissance mondiale a été essentiellement portée par les pays en développement ;
- les années 2000 ont vu l’émergence de nouvelles puissances qui ont connu des taux de
croissance particulièrement élevés ;
- avec la crise mondiale, ces nouvelles puissances entendent jouer un rôle plus important
dans les relations internationales (BRICS : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ;
- les pays développés, s’ils connaissent un ralentissement de leur croissance, voire pour
certains pays européens une entrée en récession, concentrent encore la majorité de la
richesse mondiale.

Pages 34-35 BAC
EXERCICE 1
La définition qui correspond le mieux à la notion de « monde multipolaire » est la a), un
monde organisé autour de plusieurs pôles d’influence.
EXERCICE 2
On peut citer :
- Mikhaïl Gorbatchev, dernier dirigeant de l’URSS, à l’origine de la perestroïka et de la
glasnost.
- Helmut Kohl, chancelier de la RFA, il est l’artisan de la réunification allemande
EXERCICE 3
a) 1947 marque la rupture idéologique entre les deux Grands : Truman entend lutter contre
le communisme en l’endiguant tandis que Jdanov souhaite que l’URSS prenne la tête de la
lutte contre l’impérialisme américain.
b) L’Allemagne est divisée en deux depuis 1945 : à l’Ouest, Américains, Français et
Britanniques, à l’Est sous influence soviétique. Berlin, enclave en zone contrôlée par les
Soviétiques, est elle aussi divisée en zones d’occupation. Entre 1948 et 1949, Berlin-Ouest
est soumise au blocus soviétique. Aux termes de ce blocus, l’Allemagne est durablement
divisée (RFA/RDA).
c) Berlin est au cœur de la première crise de la Guerre froide, le blocus de Berlin (19481949). Entre 1948 et 1949, l’Allemagne est divisée. En 1961, le régime est-allemand construit
un mur séparant Berlin-Est de Berlin Ouest. Jusqu’en 1989, le « mur de la Honte » symbolise
la division de l’Allemagne pendant la Guerre froide.
d) La chute du mur de Berlin en 1989 symbolise la fin des Républiques populaires en Europe
de l’Est. En quelques semaines, les régimes soutenus par l’Union soviétique s’effondrent
sous la pression populaire. La fin du rideau de fer en Europe permet aux anciennes
républiques populaires de renouer avec la démocratie libérale et l’économie de marché.
e) En 1989, les anciens pays de l’Est abandonnent le socialisme pour se convertir à
l’économie de marché. Après l’implosion de l’URSS, les États membres de la CEI opèrent
également une transition brutale vers le capitalisme.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 16

f) Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis adoptent une politique
extérieure plus agressive au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Ils pratiquent
davantage l’unilatéralisme ; ils envahissent par exemple l’Irak en 2003 en dehors de tout
mandat international.
g) La crise a montré les faiblesses des États-Unis. Si elles restent la première puissance
économique mondiale, elle est aujourd’hui concurrencée par la montée en puissance des
pays émergents, en partie des BRICS.
EXERCICE 4
On peut par exemple citer les événements suivants :
- blocus de Berlin : 1948-1949 ;
- construction du mur de Berlin : 1961 ;
- chute du mur de Berlin : 1989 ;
- réunification allemande : 1990.
EXERCICE 5
- Guerre froide et bipolarisation du monde : 1947-1991
- Fin de la Guerre froide et recomposition autour de l’hyperpuissance américaine : 19912001
- Mise en place d’un monde multipolaire : 2001
EXERCICE 6
La définition qui correspond le mieux à la notion de « monde bipolaire » est la c) : une
situation internationale caractérisée pendant la Guerre froide par la division du monde en
deux blocs dominés par les États-Unis et l’URSS.
EXERCICE 7
La période 1989-1991, avec la fin de l’influence soviétique en Europe et de l’URSS, marque la
fin de la Guerre froide :
- 1989 : fin du bloc soviétique en Europe ;
- 1991 : implosion de l’URSS qui devient CEI.
EXERCICE 8
- Naissance de la RFA et de la RDA : 1949.
- Réunification des deux Allemagne : 1990.

Pages 36-41 SUJET D’ÉTUDE 1

Le Moyen-Orient et le pétrole
Par rapport à l’ancien libellé du programme, qui portait sur le Proche-Orient depuis 1945,
l’angle d’étude est ici plus resserré. Il permet, par l’intermédiaire des enjeux pétroliers, de
montrer l’importance croissante de la région (plus de 40 % des exportations de pétrole
aujourd’hui) dans les relations internationales, surtout depuis les années 1970. Il permet
également de jeter un regard nouveau sur le rôle de la puissance américaine dans la région.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 17

Pages 36-37
>>>>A Le Moyen-Orient, réserve pétrolière du monde
La première double page de l’étude s’intéresse à l’importance des réserves pétrolières au
Moyen-Orient (plus de 40 % des exportations). Découvert dès 1908 en Iran, le pétrole est
d’abord exploité par les compagnies étrangères. La fin des années 1950 voit la
réappropriation progressive par les pays producteurs de leurs ressources : l’OPEP, cartel des
grands pays producteurs (Venezuela, Iran, Irak, Koweït, Arabie saoudite à sa création en
1960), permet aux pays arabes de mieux contrôler les cours mondiaux en planifiant les
exportations de chacun de ses membres.
Réponses aux questions
1. Depuis 1908, le pétrole est exploité au Moyen-Orient. Aux marges de l’Empire ottoman,
les premiers forages sont effectués au Khuzestan au Sud-Ouest du pays, aux confins de l’Irak
et du golfe Persique. Ce sont les Britanniques qui, soucieux de faire avancer leur influence
dans la région, sont à l’origine des premiers forages. En effet, au début du XX e siècle, le
monopole de l’exploitation pétrolière est aux mains des compagnies occidentales. En Iran, il
s’agit de l’Anglo-Iranian Oil Company (futur BP, British Petroleum). Les Sept Sœurs désignent
en effet les sept compagnies principales qui détiennent le quasi-monopole de l’exploitation
pétrolière dans le monde. Elles constituent un cartel jusqu’en 1959, c’est-à-dire une entente
illicite en vue de contrôler les prix sur le marché.
2. La création de l’OPEP est une étape décisive pour les pays producteurs. Elle leur permet
de mieux contrôler la production de pétrole, donc les prix. Conscients de la baisse des prix
au début des années 1960, baisse essentiellement organisée par les grandes compagnies
occidentales qui détiennent le monopole de l’extraction, les principaux pays producteurs
s’organisent aussi en cartel. Sur l’initiative du Shah d’Iran et du Venezuela, l’OPEP naît
en 1960 autour de cinq pays : l’Irak, l’Iran, le Koweït, l’Arabie saoudite et le Venezuela.
Chacun des pays s’engage à planifier sa production pour éviter une chute des prix.
Aujourd’hui, l’OPEP réunit 12 membres, originaires du Moyen-Orient mais aussi d’Amérique
(Venezuela, Équateur) et d’Afrique (Angola, Libye, Nigeria, Algérie).
3. Pendant la guerre du Kippour, qui oppose Israël et ses voisins arabes (Égypte, Syrie), le
pétrole a été une arme diplomatique. Depuis 1947, les pays arabes n’ont toujours pas
reconnu l’existence d’Israël. Le revers militaire connu par les pays arabes lors de la guerre de
Kippour et l’aide qu’ont pu apporter les États-Unis à Israël est l’occasion pour les pays
membres de l’OPEP de sanctionner les pays occidentaux. Ils décident de limiter
drastiquement leurs productions de pétrole, causant ainsi une flambée des prix du pétrole
sur les marchés mondiaux. En 1973, le prix du pétrole quadruple, handicapant fortement des
pays occidentaux dont l’économie fonctionnait sur une énergie qu’ils ne possédaient pas
mais dont le prix était plutôt bas (autour de 5 dollars le baril dans les années 1960).
4. Par les réserves pétrolières qu’il possède, le Moyen-Orient est rapidement devenu un
enjeu entre les deux Grands. S’il s’agit d’un théâtre d’affrontement secondaire au regard de
l’Europe ou de l’Asie, le Moyen-Orient devient, à partir de 1946, un espace convoité par les
États-Unis. Dans la région, les États-Unis renforcent leurs positions, au détriment des
Britanniques. En 1953, les Américains choisissent de renverser le gouvernement Mossadegh
en Iran accusé de soutenir une politique de nationalisation des hydrocarbures. En 1955, avec
le pacte de Bagdad, les États-Unis renforcent leurs liens militaires avec les principaux pays de
la région. Dans cet espace de tensions, États-Unis et URSS établissent dans la région une
sorte de condominium. En cas de crise (Suez) ou de guerres (guerres israélo-arabes de 1948-

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 18

1949, guerre des Six Jours en 1967 ou du Kippour en 1973), les deux Grands font pression
sur leurs alliés respectifs pour éviter un embrasement de la région.
Capacités bac
5. Avant 1960, les compagnies étrangères détiennent un quasi-monopole de l’exploitation
des hydrocarbures au Moyen-Orient. Avec la création de l’OPEP en 1960, les pays
producteurs affirment leur mainmise sur leurs propres productions. En décidant
conjointement de la production, ils évitent une baisse des cours mondiaux.

Pages 38-39
>>>>B Le pétrole, moteur du développement au Moyen-Orient et ressource convoitée
La double page s’articule sur la manière dont le pétrole a pu jouer en faveur du
développement rapide des pays pétroliers du golfe Persique, surtout à partir des
années 1970 (chocs pétroliers et augmentation des cours). Pour autant, cet espace instable
reste un enjeu pour les puissances occidentales : la carte permet ainsi de mesurer le rôle du
Moyen-Orient dans la Guerre froide et le rôle croissant des États-Unis dans la région.
Réponses aux questions
1. Avec le choc pétrolier de 1973 (guerre du Kippour) et celui de 1979 (révolution islamique
en Iran), les cours mondiaux de pétrole, libellés en pétrole, ont connu une forte
augmentation. Toute crise régionale a des répercussions sur le prix du pétrole. Pour de
nombreux États du golfe Persique, cette manne pétrolière (pétrodollars) a été un fort levier
de développement et de diversification. C’est le cas par exemple des Émirats arabes unis à
partir de la fin des années 1960.
2. Abu Dhabi et Dubaï sont devenus des pôles secondaires de la mondialisation. Ces villes
ont connu depuis les années 1960 un fort développement économique. Après une période
de rattrapage rapide (arrivée de l’électricité en 1967 et de la téléphonie mobile en 1972
pour Abu Dhabi) et de démocratisation de l’éducation et de la santé, ces métropoles
mondiales sont devenues des carrefours financiers incontournables dans la mondialisation.
La tour Burj Khalifa, plus haute tour du monde (828 mètres), inaugurée en 2010, est
aujourd’hui le symbole de cette réussite.
3. La carte 9 permet de dresser une typologie des risques d’instabilité dans la région. L’Iran,
puissance régionale, entend se doter de l’arme nucléaire pour assurer sa propre protection.
Inquiète de la présence américaine dans la région et marquée par la guerre avec l’Irak (19801988), ce grand producteur d’hydrocarbures (le 2e de l’OPEP aujourd’hui), est un élément
d’inquiétude dans la région. Ce pays, majoritairement chi’ite, est aujourd’hui accusé de
soutenir les nombreux mouvements terroristes au Moyen-Orient, qu’ils soient chiites
(Hezbollah libanais) ou sunnites (Hamas palestinien).
Les grands détroits (Ormuz et Aden) sont surveillés par la flotte américaine. Les risques
d’instabilité y sont nombreux : piraterie depuis les rives pauvres de la Corne de l’Afrique
(Somalie), tensions avec des États considérés comme suspects par les États-Unis (Soudan,
Iran).
Les oléoducs, construits ou en construction, passent par des espaces instables. C’est le cas
en particulier de la Syrie ou des pays du Caucase.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 19

Capacités bac
4. Au Moyen-Orient, le pétrole est une richesse convoitée. Les hydrocarbures déterminent la
géopolitique de la région entre pays qui en possèdent et ceux qui n’en ont pas ou peu. Le
Moyen-Orient est aussi sous contrôle de la puissance américaine, dont la présence s’est
renforcée depuis 1991. Les grands lieux de passage du pétrole (golfe Persique, mer Rouge)
sont des endroits stratégiques. À chaque crise régionale, les cours mondiaux du pétrole s’en
trouvent impactés.

Pages 40-41
>>>>C Une région sous tension
À travers le cas de l’Irak, la première page permet de faire le lien entre pétrole et instabilité
de la région. Même si le pétrole est un enjeu secondaire du déclenchement des trois conflits
qui ont embrasé l’Irak depuis 1980 (guerre Iran-Irak de 1980 à 1988 ; guerre du Golfe de
1990, invasion américaine de 2003), il reste un enjeu important pour la région, mais aussi
pour le monde. En effet, à chaque crise majeure dans la région, les cours mondiaux ont
tendance à s’envoler. Dans l’objectif de s’assurer un approvisionnement en pétrole stable,
les États-Unis ont multiplié les formes d’intervention dans la région (Koweït en 1990, Irak en
2003). Le détroit d’Ormuz est ainsi un carrefour stratégique où passent près de 40 % du
pétrole mondial. Pour assurer la sécurité de la région, la marine américaine est la première
force militaire de la région.
Réponses aux questions
1. Le pétrole est évoqué par le ministre des Affaires étrangères irakien, Tarek Aziz, pour
justifier une éventuelle invasion du Koweït. Épuisé par huit années de guerre contre l’Iran
(1980-1988), l’Irak de Saddam Hussein accuse le Koweït d’avoir entraîné les cours à la chute,
en « submergeant le marché de quantités de pétrole bien supérieures à leurs quotas fixés à
l’OPEP ». De plus, les contentieux frontaliers sont nombreux entre les deux voisins. Tarek
Aziz conteste les frontières héritées de la décolonisation. Le Koweït est un protectorat
britannique depuis 1923 et son indépendance effective en 1961 n’a pas été reconnue par
l’Irak. Pour les Irakiens, le Koweït fait partie intégrante de l’Irak et son existence même prive
le pays d’une plus grande ouverture maritime sur le golfe Persique et de réserves
supplémentaires en pétrole.
2. Selon l’auteur de l’article (doc. 12), les États-Unis ont accru leur présence au MoyenOrient au nom de la lutte contre le terrorisme international, et Al-Qaida en particulier. Il
s’agirait aussi pour les États-Unis de trouver d’autres sources de pétrole dans la région, et
dans le monde, pour éviter d’être trop dépendants du pétrole saoudien.
3. Pour l’auteur de l’article, l’intervention de 2003 en Irak se comprend par la volonté des
États-Unis, de loin les plus gros consommateurs au monde de pétrole, de « desserrer l’étau
saoudien ». En effet, depuis 1945, l’Arabie saoudite est le principal allié des États-Unis dans
la région : l’Arabie saoudite garantit la stabilité de l’approvisionnement en pétrole, tandis
que les États-Unis assurent la protection du royaume saoudien. Pour autant, la méfiance
entre les deux alliés n’a fait que s’accroître, surtout depuis les attentats terroristes du
11 septembre 2001, organisés et revendiqués par un Saoudien, Oussama Ben Laden. En
décidant d’envahir l’Irak en 2003 au prétexte qu’elle détenait des armes de destructions
massives, les néoconservateurs américains (les faucons) entendaient, selon l’auteur de

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 20

l’article, s’approprier les réserves en pétrole du pays et être ainsi moins dépendants de
l’Arabie saoudite.
4. Le détroit d’Ormuz est une région stratégique du marché pétrolier :
- il est riche en réserves de pétrole et d’hydrocarbures off-shore ;
- très fréquenté par les navires pétroliers, il est la première région d’exportation
d’hydrocarbures au monde (40 % du transit) ;
- il est traversé par des oléoducs et des gazoducs.
5. Le détroit d’Ormuz est une zone de piraterie et, surtout, de risques terroristes. Des
installations pétrolières ont été à plusieurs reprises visées par des attentats. Mais le risque
d’instabilité majeure dans la région est constitué par l’Iran qui revendique la possession
d’îles dans le golfe Persique. Face à ses voisins arabes, l’Iran chiite entend également
protéger ses propres installations et sanctuariser son territoire en développant son
programme nucléaire.
Capacités bac
6. La carte met en relief la richesse énergétique de la région ainsi que la forte présence
militaire des États-Unis. Les États-Unis sont au cœur d’un vaste réseau d’alliances dans la
région et y ont multiplié les bases militaires.

Pages 44-45 BAC
Sujet guidé
Réponses aux questions
1. Le choc pétrolier de 1973 trouve ses origines dans la dernière guerre israélo-arabe : la
guerre du Kippour. En 1973, pendant la fête juive de Yom Kippour, les troupes égyptiennes
et syriennes attaquent l’État d’Israël avant d’être « repoussé(e)s puis vaincu(e)s par une
contre-offensive ». L’Égypte, en particulier, souhaitait récupérer la région du Sinaï (« la rive
orientale du canal de Suez ») occupée depuis la Guerre des Six Jours (1967) par les Israéliens.
2. Les principaux membres de l’OPEP (Irak, Koweït, Iran, Arabie saoudite) décident d’utiliser
le pétrole comme une arme politique. Créée en 1960, l’OPEP est un cartel, une entente,
entre principaux pays producteurs de pétrole. L’OPEP permet à ses États membres de mieux
peser sur les cours mondiaux par une gestion collective de leurs exportations de pétrole.
Pour sanctionner des pays occidentaux accusés d’avoir soutenu Israël, l’OPEP décide de
diminuer drastiquement ces exportations de pétrole (« mettent l’embargo sur leurs
exportations »). En quelques semaines, le prix du baril flambe. Pour les pays industrialisés, le
choc pétrolier de 1973 marque la fin du pétrole bon marché.
3. Selon le Premier ministre Pierre Messmer, la situation économique en France est
« prospère ». Il dresse en effet un tableau positif de l’économie française avant le choc
pétrolier de 1973 : élévation du niveau de vie, plein emploi (« il n’y a pas de chômage »),
excédents de la balance commerciale et un « budget de l’État en équilibre ». Le constat
dressé par P. Messmer peut surprendre. Il s’explique avant tout le fait que P. Messmer, alors
Premier ministre, tente ici de justifier son propre bilan.
4. Pour les pays industrialisés, le choc pétrolier de 1973 a des conséquences importantes.
Dans le texte, les conséquences ne sont pas évoquées explicitement. Mais le tableau fait par
P. Messmer de la France en 1973 montre bien que cette situation économique,
exceptionnelle, ne se retrouvera plus après le choc pétrolier : « le commerce extérieur est en
excédent et le budget de l’État en équilibre, ce qui paraît incroyable aujourd’hui ». En effet,

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 21

la flambée des cours handicape les pays industrialisés qui bénéficiaient d’un prix du pétrole
plutôt bon marché jusque-là. Le choc pétrolier accélère l’entrée dans la crise pour les pays
industrialisés, fortement dépendants des importations de pétrole.
5. La France souhaite se rapprocher de l’Arabie saoudite, premier exportateur de pétrole au
monde et membre le plus influent de l’OPEP. La France dépend autour de 30 % de ses
importations de pétrole saoudien. Se rapprocher diplomatiquement de l’Arabie saoudite –
Pierre Messmer évoque une visite officielle en France du roi Fayçal –, permettrait à la France
de sécuriser son approvisionnement. Mais l’Arabie saoudite est surtout un allié des ÉtatsUnis depuis 1945. Les États-Unis lui assurent la protection militaire en échange d’un
approvisionnement régulier en hydrocarbures. Quoi qu’il en soit, le choc pétrolier pousse les
pays industrialisés à diversifier leurs zones d’approvisionnement pour être moins
dépendants du Moyen-Orient et à développer de nouvelles énergies, par exemple le
nucléaire civil pour la France.

Sujet blanc
Réponses aux questions
1. Pour l’Irak, le pétrole est un enjeu important de développement, d’autant plus que le
pays, aujourd’hui, est largement à reconstruire (« l’Irak a été ravagé par trois guerres
successives et un embargo pendant dix ans *…+ »). Les exportations d’hydrocarbures
permettraient en particulier à l’Irak de dégager près de « 200 milliards de dollars » par an. À
l’échelle du monde, l’Irak peut devenir l’un des plus importants exportateurs
d’hydrocarbures au monde, au point peut-être de pouvoir dépasser la Russie, actuellement
deuxième exportateur mondial. La production irakienne permettrait de soutenir la forte
demande mondiale, en particulier venant des pays émergents (« l’Irak contribuera à hauteur
de 45 % de l’offre pétrolière *…+ d’ici 2035 »). L’arrivée massive du pétrole irakien serait donc
une solution à la forte hausse des cours que le pétrole a connue, en particulier depuis les
années 2000. En dynamisant l’offre de pétrole, l’augmentation des exportations
d’hydrocarbures irakiens pourrait stabiliser les marchés et éviter une flambée des prix du
pétrole.
2. L’Irak a été engagé dans « trois guerres ».
- Entre 1980 et 1988, l’Irak de Saddam Hussein a mené une guerre contre l’Iran. Soutenu
alors par les États-Unis et les puissances occidentales contre l’Iran de la révolution islamique,
cette guerre a laissé l’Irak et l’Iran dans une situation économique désastreuse.
- En 1990, Saddam Hussein décide d’envahir le Koweït, émirat pétrolier du golfe Persique
dont l’indépendance (et les frontières) n’ont jamais été reconnues par l’Irak. La communauté
internationale condamne l’invasion du Koweït. Les États-Unis, à la tête d’une vaste coalition
internationale et sous mandat de l’ONU, repoussent les forces irakiennes du Koweït : c’est la
guerre du Golfe (1991).
- Entre 1991 et 2003, l’Irak est isolé de la communauté internationale. Le pays est placé sous
embargo par l’ONU.
- En 2003, au prétexte de détenir des armes de destruction massive, les États-Unis
envahissent l’Irak, hors de tout mandat international. En quelques semaines, le régime de
Saddam Hussein s’effondre.
3. Pour l’Irak, ces guerres ont été désastreuses. Elles ont plongé les Irakiens dans la misère.
L’Irak, pays plutôt prospère au début des années 1980, a vu son revenu par habitant chuter
considérablement en 25 ans ; cette chute est de l’ordre de 75 % (800 dollars en 2004 contre

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 22

3 400 dollars par an et par habitant en 1980). La situation s’est particulièrement dégradée
après la guerre du Golfe (1991). Le retour à la paix n’a pas permis au pays de se reconstruire.
En effet, pour sanctionner le régime irakien, accusé de militariser le pays, celui-ci est soumis
à un embargo drastique de la communauté internationale (« embargo de dix ans ») :
interdiction est faite à l’Irak d’exporter son pétrole, hormis pour importer des produits
alimentaires (« pétrole contre nourriture »). Le renversement du régime irakien (2003) n’a
pas amélioré la situation car l’Irak plonge dans la guerre civile (« violence des rivalités
politiques et communautaires) qui menace l’unité du pays (divisé entre sunnites, chiites,
kurdes et communautés chrétiennes).
4. Pour augmenter ses exportations de pétrole, l’Irak doit d’abord investir dans les
infrastructures, détruites par les conflits, ou peu modernisées : l’auteur estime que ces
investissements devraient être de l’ordre de 25 milliards de dollars sur dix ans. De plus, l’Irak
doit être en paix pour pouvoir se développer et en finir avec la guerre civile et les violences
qui l’accompagnent. Pour cela, l’Irak doit se doter d’un gouvernement reconnu par tous
(« stabilité politique ») et capable d’assurer le développement par davantage de
« transparence », en particulier dans la lutte contre la corruption d’État.
Capacités bac
5. « L’Irak possède les deuxièmes réserves mondiales de brut conventionnel », mais la
manne pétrolière n’est assurée de durer que si d’importants investissements sont réalisés.

Pages 46-51 SUJET D’ÉTUDE 2

L’Amérique latine de 1945 à nos jours
Il s’agit ici d’étudier les rapports qu’entretient depuis 1945 le continent sud-américain avec
son voisin étatsunien. Traditionnellement « chasse gardée » des États-Unis, le continent
s’émancipe progressivement de la tutelle américaine (politique, économique et culturelle)
pour s’intégrer à la mondialisation. Le sujet d’étude donne une place importante aux efforts
de régionalisation depuis 1990 (ALENA, MERCOSUR, ALBA) et à l’émergence de puissances
montantes, comme le Brésil.

Pages 46-47
>>>>A L’Amérique latine, arrière-cour des États-Unis
Depuis la fin du XIXe siècle, l’Amérique latine est considérée par les États-Unis comme son
« arrière-cour » où elles s’autorisent à intervenir pour y défendre ses intérêts. À la fin du
XIXe siècle, Theodor Roosevelt, par la politique du « big stick », inaugure une politique
d’intervention directe dans les Caraïbes. La Guerre froide est l’occasion pour les États-Unis
de resserrer ses liens avec le continent au nom de la lutte contre le communisme.
Réponses aux questions
1. Les États-Unis et l’URSS s’affrontent indirectement sur le continent américain. Cuba,
depuis sa révolution de 1959, est le principal ennemi des États-Unis en Amérique latine. Les
États-Unis entendent empêcher toute diffusion du communisme en intervenant directement
dans les pays qui pourraient basculer dans la révolution et / ou menacer les intérêts
américains dans la région.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 23

2. Cuba est un enjeu entre États-Unis et URSS depuis 1959, au moment où Castro renverse le
dictateur Battista, allié des États-Unis. Pour l’URSS, soutenir le nouveau régime cubain lui
permet de faire avancer ses positions sur un continent qui avait été jusque-là à l’abri de
l’affrontement Est / Ouest.
3. Menacé par les risques d’interventions américaines, Castro choisit de se rapprocher de
l’URSS et de bénéficier ainsi d’un soutien militaire et économique de poids.
4. La crise de Cuba a été la plus grave crise de la Guerre froide car États-Unis et URSS ont été
proches de l’affrontement direct, et donc nucléaire (« puisque le danger réel d’un conflit
militaire entre deux puissances nucléaires avait surgi »). En plaçant des rampes de
lancement à Cuba, l’URSS pouvait menacer directement le territoire américain d’une attaque
nucléaire.
5. Les États-Unis sont intervenus à plusieurs reprises pour renverser des régimes qui
menaçaient leurs intérêts. En 1954, ils avaient déjà renversé le président du Guatemala qui
souhaitait engager une réforme agraire. Au lendemain de la crise de Cuba, les États-Unis
reprennent en main le continent, en luttant contre les guérillas marxistes en soutenant les
États qui les combattent ou en finançant les milices anticommunistes. Dans les années 1970,
les États-Unis soutiennent les dictatures militaires qui se mettent en place en Amérique
latine. Elles favorisent même les coups d’État, comme au Chili en 1973, quitte à mettre fin
dans la violence, à un gouvernement démocratiquement élu (au Chili, celui de Salvador
Allende). La CIA est la principale organisatrice des opérations clandestines.
6. Ces opérations ont pour but, au nom de la lutte contre le communisme, de mettre en
place en Amérique latine des régimes favorables aux intérêts politiques mais aussi
économiques des États-Unis.
Capacités bac
7. Si l’Amérique latine n’est pas le principal théâtre d’affrontement de la Guerre froide, les
États-Unis s’opposent à la diffusion du communisme sur le continent, surtout après la crise
de Cuba. En soutenant les dictatures militaires d’Amérique latine, les États-Unis entendent
préserver leur influence sur le continent. En luttant contre l’expansion du communisme en
Amérique, et en isolant Cuba de la scène régionale, ils cherchent à empêcher l’URSS de
prendre pied sur un continent qui reste depuis la fin du XIX e siècle la chasse gardée des
États-Unis.

Pages 48-49
>>>>B Un souffle nouveau pour l’Amérique latine
On montre ici les transformations politiques et économiques qu’a connues l’Amérique latine
depuis les années 1980. Avec la diminution des tensions liées à la Guerre froide, le continent
a connu une transition démocratique qui a vu l’effondrement des dictatures militaires, puis
une insertion accélérée dans la mondialisation.
Réponses aux questions
1. À partir des années 1980, les pays d’Amérique latine renouent avec la démocratie : les
dictatures militaires s’effondrent progressivement. Ce retour à la démocratie a permis dans
les années 2000 l’émergence de gouvernements de gauche, issu du monde syndical (Lula au
Brésil) et/ou des minorités indigènes (Evo Morales en Bolivie).

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 24

2. Depuis 1994, le Mexique est un des trois membres de l’ALENA (Association de libreéchange nord-américain). L’ALENA associe deux pays du Nord, les États-Unis et le Canada, et
un pays en développement, le Mexique. C’est pour cette raison que l’ALENA ne prévoit pas
la libre-circulation des personnes.
3. Cette couverture de BusinessWeek montre un immigrant converti aux joies de la société
de consommation : shopping, vêtements soignés, maison individuelle sont les symboles du
nouveau rêve américain.
4. Pour les États-Unis, l’immigration clandestine mexicaine permet d’avoir une maind’œuvre bon marché, en particulier pour des secteurs clés comme le bâtiment, l’agriculture
ou le service à domicile. De plus, comme le souligne cette couverture de BusinessWeek, ils
contribuent, mêmes s’ils sont sans-papiers, à dynamiser l’économie américaine puisqu’ils
constituent plus de 10 millions de consommateurs. Pour le Mexique, l’émigration permet
d’alléger la pression sur le marché du travail et assure en retour une manne financière
puisque les émigrants envoient de l’argent à leur famille restée au pays.
5. Avec la crise qui touche les États-Unis depuis 2008, beaucoup de Mexicains font le choix
de ne plus émigrer vers les États-Unis faute d’emplois, en particulier dans la construction.
Les perspectives de croissance au Mexique et la baisse de la natalité dans ce pays font que
de nombreux jeunes préfèrent rester.
6. C’est un véritable changement dans les relations entre les deux pays dans la mesure où,
depuis les années 1970, les Mexicains émigraient massivement vers les États-Unis.
Aujourd’hui, le Mexique connaît, dans le cadre de l’ALENA, un développement économique
rapide qui en fait une puissance émergente. L’émigration vers les États-Unis ne paraît plus
être une perspective d’avenir pour de nombreux Mexicains.
Capacités bac
7. Les États-Unis et le « rêve américain » restent pour beaucoup de Mexicains une
alternative à la pauvreté. Mais le développement rapide du Mexique, nouvelle puissance
émergente, permet aujourd’hui à de nombreux Mexicains de se construire un projet d’avenir
dans leur propre pays.

Pages 50-51
>>>>C Un espace en mutation
À partir des années 1990, l’Amérique latine multiplie les accords de libre-échange et a
accéléré son intégration dans la mondialisation.
Réponses aux questions
1. Hugo Chávez incarnait une forme de résistance aux États-Unis. Il accuse les États-Unis de
vouloir l’assassiner et de faire preuve d’ingérence dans les affaires de l’Amérique latine. Il
dénonce l’impérialisme américain (« la menace permanente de l’empire ») et la volonté des
États-Unis de vouloir le renverser.
2. Les références de Chávez sont les grandes figures de la révolution en Amérique latine
depuis le XIXe siècle, c’est-à-dire depuis les indépendances. En premier lieu, Chávez met en
avant sa filiation idéologique avec Simon Bolivar (1783-1830) qui a permis à plusieurs pays
d’Amérique latine (Venezuela, Colombie, Bolivie…) de se détacher définitivement de la
tutelle de la couronne espagnole. Il réserve aussi une place particulière à Fidel Castro :

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 25

l’impérialisme espagnol combattu par Bolivar, Castro incarne la résistance à l’impérialisme
américain.
3. Le Venezuela est une puissance pétrolière. La nationalisation des hydrocarbures a permis
à Chávez de développer un programme social important de lutte contre la pauvreté et
l’analphabétisme.
4. Le Brésil a bénéficié depuis plus de dix ans de forts taux de croissance. Il est le pôle
moteur de la croissance en Amérique du Sud. Le développement économique a permis de
redistribuer une partie des richesses sous la forme de programmes sociaux, en particulier en
matière de lutte contre la pauvreté (« *…+ à ceux qui luttent encore pour sortir de la
pauvreté, ils peuvent, avec l’aide du gouvernement et de toute la société accéder à de
meilleures conditions de vie *…+ »). L’objectif, pour Dilma Rousseff, est de constituer au
Brésil une société de « classes moyenne solide et entrepreneuriale ».
5. Dans le discours de la Présidente brésilienne, les États-Unis sont un partenaire comme les
autres, au même titre que l’Union européenne. Dilma Rousseff réserve ses premiers mots
aux pays d’Amérique du Sud avec qui elle veut entretenir des liens particuliers (« *…+ nos
frères d’Amérique latine et des Caraïbes*…+ »).
6. Le Venezuela de Chávez proposait une alliance entre pays d’Amérique du Sud, l’ALBA
(Alliance bolivarienne pour les Amériques), qui permettrait, par la mutualisation des
ressources, de la culture, de contrebalancer l’influence américaine. Quant au MERCOSUR
(Marché commun du Sud), il s’agit d’un marché commun, créé en 1991, qui vise à diffuser le
libre-échange sur le continent et constituer un pôle majeur dans la mondialisation.
Capacités bac
7. Les documents 10 et 12 témoignent des visions différentes du développement
économique et social au Venezuela et au Brésil.
Le Venezuela de Chávez entend incarner un axe de résistance à la puissance américaine et
au capitalisme. La révolution bolivarienne souhaite réduire la pauvreté au Venezuela en
redistribuant une partie des fruits de la rente pétrolière.
Le Brésil de Lula et de Rousseff entend créer une société de classes moyennes et encourager
l’intégration du Brésil dans la mondialisation. En ce sens, le Brésil s’affirme sur la scène
régionale (MERCOSUR) et internationale. Les États-Unis sont considérés comme des
partenaires économiques et politiques comme un autre. Le Brésil souhaite incarner un
modèle différent, en particulier auprès des pays en développement.

Pages 54-55 BAC
Sujet guidé
Réponses aux questions
1. Ce discours a été prononcé par le Secrétaire d’État américain, John Foster Dulles, au début
de la Guerre froide. Le continent américain, considéré comme « l’arrière-cour » des ÉtatsUnis n’est pas le théâtre principal de l’affrontement entre URSS et États-Unis. En effet,
depuis 1945, l’Europe a été le principal foyer de tensions (blocus de Berlin entre 1948
et 1949) avant que la Guerre froide ne s’étende à l’Asie (guerre de Corée, 1950-1953).
2. Pour John Foster Dulles, le Guatemala menace de basculer dans le communisme (« les
agitateurs communistes se sont évertués à infiltrer *…+ »). Il dénonce le soutien que
donnerait l’URSS aux communistes guatémaltèques : l’URSS entraînerait des « recrues en
Russie *…+ au combat révolutionnaire ». Selon lui, le Guatemala fait partie des plans

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 26

soviétiques pour diffuser le communisme dans toute l’Amérique latine depuis « une base
politique solide dans cet hémisphère ». C’est donc au nom de l’endiguement prôné par
Truman en 1947 que John Foster Dulles entend lutter contre le communisme en Amérique
centrale.
3. Les États-Unis entendent aussi, et surtout, défendre leurs intérêts économiques au
Guatemala. En effet, le Président Arbenz souhaite lancer une réforme agraire qui menacerait
les intérêts d’une multinationale américaine, United Fruit. Cette société posséde au
Guatemala de nombreuses terres, la réforme agraire la priverait de ses plantations. À noter
également que John Foster Dulles n’est pas très neutre dans la décision américaine de
renverser le gouvernement Arbenz ; son frère est aussi le président de la United Fruits.
4. Au nom de la lutte contre le communisme (« pour défier le leadership économique »), les
États-Unis, par l’intermédiaire de la CIA, décident de lancer une opération clandestine pour
renverser le Président Arbenz. Ils soutiennent en particulier l’organisation d’un putsch
conduit par un officier de l’armée guatémaltèque, le colonel Castillo Armas. Le coup d’État
pousse le Président Arbenz à démissionner et à s’exiler. Une dictature militaire, favorable
aux intérêts américains, s’installe durablement au Guatemala.
5. Après 1954, les États-Unis sont intervenus régulièrement en Amérique latine au nom de la
lutte contre le communisme. On peut citer :
- En 1961, les États-Unis tentent de renverser Fidel Castro qui a pris le pouvoir à Cuba en
1959. Inquiets de la révolution cubaine, la CIA entraîne et arme des combattants cubains en
exil et hostiles à la révolution, avant d’organiser un débarquement sur l’île. Mais le
débarquement dans la « Baie des Cochons » est un échec. Cette opération militaire
clandestine organisée par les États-Unis pousse Cuba à se rapprocher durablement de
l’URSS.
- En 1973, les États-Unis soutiennent au Chili le coup d’État du général Pinochet. Le Président
démocratiquement élu, Salvador Allende, est contraint au suicide. Dans l’ensemble de
l’Amérique latine, les États-Unis ont soutenu des dictatures militaires pour contrer
l’expansion du communisme ou protéger leurs propres intérêts économiques.
- Depuis les années 1980, les États-Unis interviennent directement dans un certain nombre
de pays andins, en particulier en Colombie, pour détruire les champs de coca et lutter contre
les narcotrafiquants.

Sujet blanc
Réponses aux questions
1. Le MERCOSUR est une organisation régionale, le Marché commun d’Amérique du Sud,
née en 1991. Il regroupe aujourd’hui la plupart des pays d’Amérique du Sud : autour d’un
axe Brésil-Argentine (« plutôt orienté, avec ses deux grands pôles industriels, Sao Paulo et
Buenos Aires »), on trouve ainsi le Paraguay, l’Uruguay et, depuis 2010, le Venezuela depuis
2012. Il associe, dans le projet d’une intégration future, les pays andins, de la Colombie au
Chili. Il est, avec l’ALENA en Amérique du Nord, la grande zone de libre-échange du
continent.
2. Le MERCOSUR regroupe « 70 % de la population sud-américaine », soit 270 millions
d’habitants. Il regroupe deux puissances régionales, le Brésil et l’Argentine. Seuls les pays les
plus pauvres d’Amérique latine, les pays andins, ne sont pas membres à part entière du
MERCOSUR mais des associés. À termes, l’élargissement du MERCOSUR devrait permettre
l’intégration régionale de toute l’Amérique latine. Le MERCOSUR, par son poids en Amérique

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 27

du Sud, concurrence une autre tentative d’intégration régionale, conduite par le Venezuela
de Chávez, l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les Amériques).
3. Le Brésil apparaît comme le leader du MERCOSUR. Il s’agit de la puissance émergente la
plus dynamique du continent. Le Brésil bénéficie de forts atouts. Il est devenu une puissance
agricole fortement exportatrice (café, agrumes, soja…) et qui concurrence les agricultures
subventionnées des États-Unis ou de l’Europe. Comme l’Argentine, le Brésil a une économie
à « fort potentiel agro-exportateur ». De plus, l’industrie brésilienne est la plus dynamique
d’Amérique du Sud : ses produits manufacturés trouvent dans le MERCOSUR de nouveaux
débouchés.
4. L’entrée du Venezuela en 2012 montre le succès et le dynamisme du MERCOSUR (« *…+
une nouvelle avancée de l’intégration d’une Amérique du Sud qui fait plus que résister à la
crise internationale »). Elle permet de développer les relations économiques entre le
Venezuela et les autres membres du MERCOSUR. Riche en hydrocarbures, le Venezuela
bénéficiera de la demande croissante en énergie du Brésil ou de l’Argentine, mais aussi des
autres partenaires, en forte croissance économique. Pour les puissances agro-industrielles
que sont le Brésil ou l’Argentine, le Venezuela constitue un nouveau marché et, pour le
Venezuela, la possibilité de limiter la dépendance à l’égard des États-Unis en matière de
biens manufacturés (« dans de nombreux secteurs, le Brésil et l’Argentine remplaceront
progressivement les États-Unis comme fournisseur du Venezuela »). Pour autant,
l’intégration du Venezuela dans le MERCOSUR remet en cause l’avenir de l’ALBA, pensée et
mise en place par Chávez pour contrecarrer l’influence américaine sur le continent et
développer des liens économiques et culturels entre ses membres.
5. Le MERCOSUR peut faire figure de concurrent des États-Unis parce qu’il est un profond
moteur d’intégration régionale en Amérique du Sud. Il regroupe deux puissances
émergentes, le Brésil et l’Argentine, en forte croissance depuis une dizaine d’années. Le
Brésil, en particulier, a le potentiel économique (agro-alimentaire, industrie) pour remplacer
les États-Unis comme premier partenaire économique des pays d’Amérique du Sud. Avec
l’adhésion du Venezuela en 2012, le MERCOSUR intègre un pays pétrolier mais aussi un
interlocuteur privilégié pour intensifier les relations avec certains pays andins et caribéens,
membres de l’ALBA.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 28

Chapitre 2
Décolonisation et construction de nouveaux États
Le chapitre revient brièvement sur les origines de la décolonisation avant d’en présenter les
différentes voies (p.60-61). La construction politique des nouveaux États est d’abord étudiée
au plan international, puis quelques exemples nationaux permettent de comprendre les
difficultés politiques des nouveaux États (p. 64 à 67). L’émancipation politique n’implique
pas forcément indépendance économique : le Tiers-monde souffre de difficultés
économiques et sociales structurelles, héritées ou non de la colonisation. Les voies pour
atteindre l’indépendance économique sont variées (p. 70 à 73).
Le dossier sur l’Algérie (sujet d’étude 1), exemple de décolonisation dramatique, revient sur
la situation de la colonie française en 1954 afin de comprendre les racines du nationalisme
algérien. Face au terrorisme et à la guérilla du FLN, la métropole est progressivement prise
dans un engrenage de violence à laquelle seule l’indépendance de juillet 1962 mettra un
terme (sauf pour les harkis, massacrés en masse après cette date).
L’Inde d’après 1947 (sujet d’étude 2) permet d’étudier un exemple de développement
original. Plus grande démocratie du monde, qui n’est pourtant pas exempte de difficultés et
de violences politiques, l’Inde a mis l’accent sur l’autosuffisance alimentaire (révolution
verte) et une action volontariste de l’État dans la vie économique (nationalisations,
modernisation des infrastructures). Depuis les années 1980, l’Inde profite d’une forte
croissance économique, fondée notamment sur le développement des technologies de
l’information.

Bibliographie
• Sur la décolonisation et la mise en place de nouveaux États depuis 1945
- C.-R. Ageron, La Décolonisation française, Armand Colin, 1991
- B. Droz, Histoire de la décolonisation au XXe siècle, Éditions du Seuil, 2006
- M. Ferro, Histoire des colonisations, des conquêtes aux indépendances, XIIe-XXe siècle,
Éditions du Seuil, 1994
- J. Frémeaux, Les Empires coloniaux dans le processus de mondialisation, Maisonneuve
et Larose, 2002
- A. Nouschi, Les Armes retournées. Colonisation et décolonisation françaises, Belin, 2005
- G. Pervillé, De l’Empire français à la décolonisation, Hachette, 1991
• Sur l’Algérie
- F. Abécassis, G. Meynier (dir.), Pour une histoire franco-algérienne. En finir avec
les pressions officielles et les lobbies de mémoire, Éditions de La Découverte, 2008
- R. Branche, La Guerre d’Algérie : une histoire apaisée ?, Éditions du Seuil, 2005
- R. Branche, S. Thénault, « La Guerre d’Algérie », Documentation photographique n° 8 022,
La Documentation française, août 2001
- B. Droz et E. Lever, Histoire de la guerre d’Algérie, 1954-1962, Éditions du Seuil, 1982
- L. Gervereau, J.-P. Rioux et B. Stora (dir.), La France en guerre d’Algérie, novembre 1954juillet 1962, BDIC, 1992

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 29

- M. Harbi et B. Stora (dir.), La Guerre d’Algérie, 1954-2004, la fin de l’amnésie, Robert
Laffont, 2004
- B. Stora, La Gangrène et l’oubli : la mémoire de la guerre d’Algérie, Éditions de La
Découverte, 1991
• Sur l’Inde
- M. Boivin, Histoire de l’Inde, PUF, 2011
- Ch. Jaffrelot, L’Inde contemporaine, de 1950 à nos jours, Fayard, 2006
- E. Ortoli, Indira Gandhi ou la Démocratie dynastique, Flammarion, 1985

Filmographie
- R. Attenborough, Gandhi, 1983 (sur l’indépendance de l’Inde)
- R. Vautier, Avoir vingt ans dans les Aurès, 1972 (sur la guerre d’Algérie)
- F. E. Siri, L’Ennemi intime, 2007 (sur la guerre d’Algérie)

Pages 56-57 OUVERTURE DE CHAPITRE
Comme l’illustre la photographie sur la question obligatoire (p. 56), qu’elle ait été conquise
au terme d’un conflit militaire avec la métropole ou d’un processus négocié, la rupture du
lien colonial entraîne de gigantesques manifestations populaires dans tous les pays
concernés par la décolonisation. Perçu comme fondateur de la nation, ce moment particulier
fait l’objet d’une abondante imagerie censée alimenter la construction d’un sentiment
d’appartenance nationale. Ici, Julius Nyerere est porté en triomphe par la foule lors de la
proclamation de l’indépendance du Tanganyika en décembre 1961, une indépendance qu’il
souhaite « complète » au moment précis où le débat sur le néo-colonialisme bat déjà son
plein dans les États récemment émancipés. En fait, le Tanganyika intègre le Commonwealth
l’année suivante, puis s’unit en avril 1964 à l’ex-sultanat du Zanzibar pour former la
République unie de Tanzanie. Á l’instar de nombreux leaders indépendantistes ayant
conservé le pouvoir plusieurs décennies durant (ainsi Félix Houphouët-Boigny en Côte
d’Ivoire), Julius Nyerere est resté président de la Tanzanie jusqu’en 1985.
Le voyage de De Gaulle à Alger, en décembre 1960, représenté sur la photographie p. 57,
doit être replacé dans la chronologie des événements. Revenu au pouvoir en juin 1958 sur la
question algérienne, de Gaulle comprend très vite l’impasse de la solution militaire. En
septembre 1959, il fait pour la première fois référence au principe de l’autodétermination.
L’agitation est forte en Algérie où, fin janvier 1960, les pieds-noirs organisent une semaine
des barricades pour protester contre le remplacement de Massu à la tête du corps d’armée
d’Alger. En décembre, le voyage de De Gaulle en Algérie déclenche de violentes
manifestations européennes, suivies par la première manifestation de masse organisée par
le FLN à Alger. Le 19 décembre, l’Assemblée générale de l’ONU reconnaît le droit de l’Algérie
à l’indépendance. Le 8 janvier 1961, 75 % des Français répondent « oui » à
l’autodétermination de l’Algérie. Cette photographie est donc représentative des vives
tensions qui sont nées entre les deux communautés qui cohabitent en Algérie : Alger est le
lieu de nombre de manifestations et de violences. On voit ici des CRS complètement
débordés par une manifestation indépendantiste qu’ils n’avaient sans doute pas anticipée.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 30

La photographie de la visite d’État de la reine Elizabeth (p. 57) témoigne de la volonté
britannique de maintenir, au sein du Commonwealth, de bonnes relations avec ses
anciennes colonies. On la voit ici saluer l’action des deux pères de l’indépendance, Nehru, le
Premier ministre, et Gandhi, mort assassiné en 1948. En Inde, tous les hôtes étrangers sont
invités à se recueillir sur le mausolée du Mahatma, considéré comme le père de la nation
indienne.

Pages 58-59 CARTES

Les étapes de la décolonisation depuis 1945
La carte rappelle aux élèves les rapports des forces entre les différents Empires européens
au sortir de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, les deux principales puissances coloniales
sont la Grande-Bretagne (Afrique de l’Est, sous-continent indien, dominions canadien,
australien et sud-africain) et la France (quart nord-ouest de l’Afrique, Madagascar,
Indochine). Au contraire, la Belgique (Congo), les Pays-Bas (Indonésie) et le Portugal (Angola,
Mozambique, Guinée-Bissau) sont des puissances coloniales secondaires.
Si quelques possessions européennes ont obtenu leur indépendance dès l’entre-deuxguerres (ainsi l’Égypte), la grande vague de décolonisation commence au sortir de la
Seconde Guerre mondiale en Asie, avec l’indépendance de l’Inde en 1947 et celle de
l’Indonésie en 1949. Les décolonisations les plus tardives concernent surtout l’Afrique
méridionale (l’empire portugais disparaît quinze ans après la décolonisation française en
Afrique noire), mais aussi de nombreuses îles des Caraïbes (Ste-Lucie) et de l’océan Pacifique
(Tuvalu). La carte met également en exergue les conférences qui ont favorisé une
accélération et une reconnaissance internationale du mouvement d’émancipation.
Réponses aux questions
1. La Grande-Bretagne et la France sont les principales puissances coloniales à la veille de la
Seconde Guerre mondiale.
2. L’Asie est le premier continent concerné par la décolonisation.
3. La décolonisation s’étend ensuite à l’Afrique.
4. Différentes conférences internationales ont contribué à l’accélération de la
décolonisation, au premier rang desquels la conférence de Bandung (1955) et la conférence
de Belgrade (1961).

Pages 60-61 QUESTION OBLIGATOIRE

1. Les étapes de la décolonisation depuis 1945
Cette première partie de la question obligatoire permet d’appréhender les causes, la
chronologie et les modalités de la décolonisation.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 31

Page 60
>>>>A Une nouvelle donne après la Seconde Guerre mondiale
Cette première page vise à montrer l’importance de la Seconde Guerre mondiale et des
conditions de son règlement dans le déclenchement du processus de décolonisation, par
opposition à la Première Guerre mondiale qui avait plutôt contribué à renforcer les
certitudes impériales de l’Europe dans la mesure où les possessions coloniales s’étaient
globalement montrées fidèles à leur métropole bien qu’elles eussent été massivement mises
à contribution – humainement comme économiquement. Dès 1940, la France, la Belgique et
les Pays-Bas sont vaincus par l’Allemagne nazie et perdent de leur prestige outre-mer.
Pendant le conflit, l’occupation japonaise en Asie s’accompagne d’une forte propagande
anti-européenne, tandis que la présence nord-américaine dans le Maghreb à partir de 1942
joue dans le sens d’une radicalisation des mouvements nationalistes préexistants. En 1945,
les deux grands vainqueurs de la guerre que sont les États-Unis et l’URSS se rejoignent –
pour des motifs idéologiques différents – dans la condamnation du colonialisme. En 1945, la
charte de l’ONU reconnaît le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Page 61
>>>>B Les voies de la décolonisation
Cette deuxième page montre les différentes voies de la décolonisation : pacifique et
négociée au Togo occidental britannique, sanglante en Indochine avec une guerre qui dure
de 1946 à 1954 et prend fin par une humiliante défaite de l’armée française, précipitée et
ouvrant sur une période d’incertitude et d’instabilité au Congo belge.
Dans le cadre chronologique complexe de la guerre d’Indochine, quatre moments forts sont
à mettre en valeur : la proclamation d’indépendance du 2 septembre 1945 ; le
bombardement du port d’Haïphong le 24 novembre 1946, qui peut être considéré comme le
véritable point de départ de l’engrenage militaire ; la chute de Diên Biên Phu alors que les
autres opérations en cours tournaient plutôt à l’avantage de l’armée française ; et la
signature des accords de Genève, constituant le premier recul colonial français (sept ans
après que la Grande-Bretagne a concédé l’indépendance à ses possessions indiennes).
Réponses aux questions
1. Les colonies ont soutenu l’effort de guerre des métropoles pendant la guerre en
fournissant des hommes et des matières premières.
2. La guerre a fait évoluer les relations entre la France et ses colonies car ces dernières ont
participé à la victoire par le soutien qu’elles ont apporté à la France libre, mais aussi car le
combat a été mené par les Alliés au nom de la liberté et du « droit qu’a chaque peuple de
choisir la forme de gouvernement sous laquelle il doit vivre » (Charte de l’Atlantique, 1941).
3. Pour autant, de Gaulle n’envisage pas l’indépendance des colonies françaises d’Afrique. Il
envisage une évolution des relations entre la France et ses colonies, la métropole devant
accompagner les peuples colonisés pour qu’ils puissent « participer chez eux à la gestion de
leurs propres affaires ».
4. La charte des Nations unies préconise, au nom du droit des colonies à s’administrer, le
progrès politique, économique et social des peuples non autonomes.
5. Un plébiscite est organisé en 1956 au Togo occidental britannique pour que la population
se prononce sur la question de l’autonomie.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 32

6. Devenu Premier ministre du Congo, Patrice Lumumba dénonce l’« humiliant esclavage »
que subissaient les Congolais quand ils étaient sous domination belge. Noirs et Blancs
n’avaient en effet pas les mêmes statuts. Les Congolais accomplissaient des travaux pénibles
et étaient mal rémunérés, les Belges imposaient leur domination par la violence et la
privation de droits et de libertés.
7. L’indépendance peut être obtenue par des processus pacifiques (négociation,
plébiscite…), ou par la violence (conflit armé, comme dans le cas de la guerre d’Indochine).
Capacités bac
8. La décolonisation est le processus par lequel des territoires sous domination impériale
accèdent à l’indépendance.

Pages 64-67 QUESTION OBLIGATOIRE

2. Une indépendance politique difficile
Cette deuxième partie de la question obligatoire aborde la problématique de la construction
politique des États nés de la décolonisation aux échelles internationale, puis nationale. Sur la
scène internationale, les conférences de Bandung, puis de Brioni, permettent l’affirmation
du Tiers-monde et un positionnement idéologique original, extérieur aux deux blocs. À
l’échelle de chaque État, l’unité nationale et la stabilité politique peinent parfois à se
construire.

Pages 64-65
>>>>A Le Tiers-monde sur la scène internationale
Cette double page retrace les étapes de l’affirmation du Tiers-monde sur la scène
internationale. Elle met en évidence ses moyens d’action et souligne les limites de son unité.
Si la conférence de Bandung a pu être perçue par ses contemporains comme un « coup de
tonnerre » (l’expression est du Sénégalais Léopold Sédar Senghor), c’est d’abord qu’elle
résonne comme l’affirmation sur la scène internationale d’États qui jusque-là n’y avaient pas
d’existence réelle. En affirmant que la décolonisation ne fait que commencer et est amenée
à gagner l’Afrique dans les plus brefs délais (« le colonialisme sous toutes ses formes est un
mal auquel il doit être mis rapidement fin »), le communiqué final de la conférence lance un
véritable défi aux métropoles coloniales européennes accusées d’avoir sciemment refusé
aux populations qu’elles avaient sous tutelle des droits élémentaires comme l’éducation ou
la culture. Et proclamant le principe d’une solidarité des pays afro-asiatiques partageant un
même passé colonial et une même histoire d’oppression, Bandung ouvre aussi une brèche
dans le monde bipolaire qui est sorti de la Seconde Guerre mondiale - bien qu’il ne faille en
aucun cas confondre l’afro-asiatisme tel qu’il s’exprime en avril 1955 et le non-alignement
qui émerge peu après.
La conférence de Brioni (en Yougoslavie), quant à elle, est le point de départ du mouvement
des non-alignés, même si la première conférence de ce mouvement n’a lieu que cinq ans
plus tard à Belgrade. S’y rencontrent Tito (1892-1980), qui dirige la Yougoslavie depuis la fin
de la Seconde Guerre mondiale, le chef de l’État égyptien Nasser (1918-1970) et l’Indien
Nehru (1889-1964). Tous trois forment alors le projet de promouvoir une troisième voie

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 33

internationale qui se situerait à équidistance des deux Grands. Pour autant, les nouveaux
États ne font pas tous le choix du non-alignement, certains optent pour la voie socialiste
(comme les y appelle Guevara en 1965 lors de la conférence d’Alger), d’autres pour la voie
libérale.
Pendant un temps, le nationalisme est également apparu comme un possible facteur
d’unité, ce dont témoigne la figure de Nasser.
Dans le contexte de la décolonisation, l’ONU sert également de caisse de résonnance aux
luttes nationales. Elle accueille en son sein les nouveaux États nés de la décolonisation et qui
eux-mêmes vont agir dans le sens d’une émancipation générale (on pourra d’ailleurs
rappeler que, durant la guerre d’Algérie, l’action de la France est condamnée à la tribune de
l’ONU).
Réponses aux questions
1. L’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, la Birmanie, l’Indonésie et Ceylan sont à l’origine de la
conférence de Bandung en 1955.
2. 29 États asiatiques et africains y participent, parmi lesquels, outre les 5 pays
organisateurs, l’Égypte, l’Arabie saoudite, le Vietnam, la Chine ou encore le Japon.
3. Ces pays s’unissent de façon à faire entendre leur voix sur la scène internationale et à
œuvrer à la fin de la colonisation.
4. En 1956, Nasser (Égypte), Nehru (Inde) et Tito (Yougoslavie) se rencontrent à Brioni pour
prolonger les débats de la conférence de Bandung tenue l’année précédente. Ils promeuvent
la paix, le désarmement et le développement, et défendent l’idée de non-alignement, c’està-dire le refus de prendre parti, dans le contexte de Guerre froide, en faveur de l’un des
deux Grands.
5. L’adhésion à l’ONU des pays nouvellement indépendants fait de cette organisation
internationale une tribune où ils peuvent exprimer leurs revendications. Ils pèsent en outre
sur les décisions qui y sont prises.
6. Che Guevara n’obéit pas à l’idéal du mouvement des non-alignés puisqu’il se range sous la
bannière du socialisme, c’est-à-dire de l’URSS.
7. Cette affiche de 1963 représente le Président égyptien Nasser et le Président algérien Ben
Bella dominant le cadavre d’une créature à tête d’animal et à corps humain symbolisant la
domination coloniale européenne. Nasser fut Premier ministre, puis président de la
République égyptienne : il incarna l’opposition aux puissances occidentales, en particulier
après la nationalisation de la Compagnie maritime du canal de Suez en 1956. Ben Bella
participa au combat pour l’indépendance de l’Algérie puis devint le premier président de la
République algérienne après la signature des accords d’Évian. Les drapeaux égyptien et
algérien transpercent le corps de la créature qui incarne le colonialisme. Cette affiche
souligne ainsi que c’est par la coopération (« Par l’union des Arabes ») que les nations
colonisées peuvent se dégager du joug des métropoles et parvenir à l’indépendance (« la fin
des forces colonialistes »).
Capacités bac
8. Comme principales étapes de l’émergence du Tiers-monde, on peut citer :
- 1955 : conférence de Bandung ;
- 1956 : conférence de Brioni ;
- 1956 : crise de Suez ;
- 1961 : conférence de Belgrade.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 34

Page 66
>>>>B Bâtir des États : un défi
Cette partie évoque l’une des difficultés politiques auxquels les États nés de la
décolonisation doivent faire face sur le plan intérieur : faire naître un sentiment national. Au
Vietnam, l’unité nationale se fait, autoritairement, autour des principes communistes. En
Afrique du Sud, le processus est très complexe : le pays doit construire une unité après
presque 50 ans d’un régime officiellement raciste, l’apartheid.
Réponses aux questions
1. Ces timbres vietnamiens commémorent la victoire remportée en 1954 lors de la bataille
de Diên Biên Phu face aux Français.
2. Ces timbres témoignent d’une nouvelle culture nationale dans la mesure où ils mettent en
valeur, en commémorant cette victoire, un nouveau jalon de l’histoire, lié à l’indépendance
du pays.
3. L’apartheid est le système politique et social qui a régi l’Afrique du Sud de 1948 à 1991. Il
repose sur la ségrégation des Noirs et des Métis au profit de la minorité blanche.
4. En 1990, les dirigeants de l’Afrique du Sud doivent mettre un terme à la politique de
ségrégation appliquée depuis 1948 de façon à rétablir la paix et la concorde dans le pays, à
fonder une nation unie et à établir une démocratie. Le Président Frederik De Klerk compte
notamment sur le soutien de Nelson Mandela, chef historique d’un parti anti-apartheid, qui
est alors libéré après avoir passé plus de vingt-cinq ans en prison.
Capacités bac
5. Les nouveaux États indépendants doivent construire une unité nationale. Ils doivent
dépasser les divisions héritées de l’ère coloniale et souder la population autour de symboles,
de valeurs et de références.

Page 67
>>>>C La difficile marche vers la liberté et la démocratie
Cette partie évoque une autre difficulté politique à laquelle les États nés de la décolonisation
doivent faire face : mettre en place des régimes démocratiques. L’exemple birman l’atteste :
devenue indépendante en 1948, la Birmanie quitte le Commonwealth. Le Premier ministre
U Nu instaure alors une démocratie populaire. Après des années de troubles politiques, le
coup d’État militaire de 1962 impose au pouvoir le général Ne Win qui, tout en maintenant
son pays parmi les non-alignés, impose des réformes socialistes autoritaires. Le régime est
renversé en 1988 par un nouveau coup d’État militaire dirigé par le Conseil d’État pour la
restauration de la Loi et de l’Ordre. Les élections démocratiques de 1990, qui donnent une
large victoire au mouvement d’Aung San Suu Kyi (Ligue nationale pour la démocratie), sont
annulées. Néanmoins, depuis 2012, on assiste à une libéralisation du régime, l’opposante
Aung San Suu Kyi, longtemps maintenue en résidence surveillée et interdite d’échanges avec
des journalistes étrangers (pourtant nombreux à vouloir la rencontrer du fait du prix Nobel
de la paix reçu en 1991), est maintenant libre et a été élue député lors des élections
législatives partielles.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 35

Réponses aux questions
1. Le régime en place au Myanmar (Birmanie) est une dictature militaire.
2. La capitale a été transférée pour rompre avec la période coloniale britannique (durant
laquelle Rangoon était la capitale), éviter un blocage lié à un soulèvement populaire (la
nouvelle capitale, Pyinmana, est une agglomération parcourue par de grandes artères ce qui
faciliterait une répression) et éviter une invasion américaine (Pyinmana est située à
l’intérieur des terres alors que Rangoon était proche de la mer). L’argument selon lequel
Pyinmana est au centre de la Birmanie est en réalité un argument fallacieux.
3. Aung San Suu Kyi incarne la résistance démocratique non violente face à la dictature
militaire. C’est à ce titre qu’elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1991 après avoir été
astreinte à résidence durant de nombreuses années. Sa victoire lors des élections législatives
de 2012 montre que les électeurs birmans ont choisi la démocratie.
4. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, souligne que l’organisation d’élections libres
en République démocratique du Congo est une première étape sur la voie de la démocratie.
Néanmoins, il met en évidence le fait qu’elles ont été marquées par des violences exercées
par le pouvoir.
5. Le régime congolais n’est pas pleinement démocratique car les droits de l’homme n’y sont
pas respectés.
Capacités bac
6. L’enracinement de la démocratie est difficile dans certains États nés de la décolonisation
car il n’y a pas dans ces pays de tradition démocratique et d’habitude du vote. En outre, le
taux d’alphabétisation y est souvent faible. Or, il est difficile, pour ceux qui ne savent pas
lire, de participer à la vie politique. Par ailleurs, les sociétés de ces pays nés de la
décolonisation peuvent être marquées par des clivages sociaux, ethniques ou religieux, ce
qui rend difficile la mise en place de régimes égalitaires.

Pages 70-73 QUESTION OBLIGATOIRE

3. Une indépendance économique à conquérir
Cette troisième partie met l’accent sur la dimension économique de la question. Il s’agit de
montrer la spécificité des économies des États nés de la décolonisation, de souligner leurs
fragilités et leurs relations de dépendance avec les anciennes métropoles, de façon à amener
les élèves à réfléchir à la limite Nord / Sud.

Pages 70-71
>>>>A La fragilité économique des nouveaux États
La plupart des États nés de la décolonisation, auxquels il faut ajouter de nombreux autres
pays – notamment latino-américains –, présentent des caractéristiques économiques et
sociales communes dans les années 1960 et 1970 : misère et hétérogénéité sociale,
analphabétisme, croissance démographique soutenue et contrastant avec des potentiels de
production agricole insuffisants, dépendance vis-à-vis de l’extérieur, etc. Si ce « sousdéveloppement » est le principal critère définitionnel du Tiers-monde, il convient toutefois
d’insister sur la diversité des situations.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 36

Réponses aux questions
1. Dans les années 1960, les économies du Tiers-monde sont souvent mono-exportatrices,
c’est-à-dire qu’elles sont dominées par une matière première (cacao, pétrole, coton…),
qu’elles vendent à bas prix aux pays industriels du Nord. En outre, l’administration, mise en
place au moment de l’indépendance et succédant à l’administration coloniale, y est
importante mais peu efficace et elle rime souvent avec corruption.
2. La Côte d’Ivoire s’est développée notamment grâce à l’exportation de ses productions
agricoles, au premier rang desquelles le cacao. Néanmoins, les bénéfices de ce « miracle
économique » ne profitent pas à tous : si la Côte d’Ivoire est entrée par certains aspects dans
la modernité, une partie importante de la population vit encore de façon traditionnelle et
dans la pauvreté.
3. Le cours du cacao a considérablement grimpé au début des années 1970 (il a été multiplié
par plus de 7 entre 1971 et 1977), avant de s’effondrer brutalement (cours divisés par deux
entre 1977 et 1982). Les deux dernières décennies du XXe siècle ont été marquées par une
baisse progressive des cours du cacao.
4. L’économie de ces nouveaux États est fragile car elle repose souvent sur un seul produit, si
bien qu’en cas de chute des cours, les conséquences sont dramatiques. Le manque
d’efficacité de l’administration et la corruption fragilisent également le développement
économique.
5. La dette publique « des 96 pays sous-développés » augmente car ces pays sont dans la
dépendance des pays du Nord, qui ont réduit leurs aides au profit de prêts, imposé une
diminution des cours des matières premières mais augmenté les prix des produits
manufacturés qu’ils vendent.
6. L’analphabétisme et la corruption limitent également le développement. C’est ainsi que le
président de Côte d’Ivoire de 1960 à 1993, Félix Houphouët-Boigny, a pu financer lui-même
les 250 millions d’euros nécessaires à la construction d’une réplique de la basilique SaintPierre de Rome dans son village natal de Yamoussoukro.
Capacités bac
7. L’économie des pays du Tiers-monde est fragile car elle est souvent fondée sur
l’exportation d’une matière première (coton, cacao…), achetée à bas prix par les pays
industrialisés du Nord. En outre, l’exploitation des ressources ne profite pas à tous, mais
enrichit souvent une élite corrompue.

Pages 72-73
>>>>B Sortir de la dépendance
>>>>C Pour un nouvel ordre économique mondial
Pour sortir de la dépendance, les nouveaux États ont opté pour des voies de développement
variées. Alors que certains pays parient sur une insertion rapide de leur économie dans
l’économie mondiale (le Brésil ou l’Algérie), d’autres promeuvent des solutions de nature
plus introverties, reposant sur les richesses propres du pays (la révolution verte en Inde, le
Grand Bond en avant en Chine).

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 37

Réponses aux questions
1. Fidel Castro met l’accent sur la composante économique (et non pas seulement politique)
de l’indépendance. Selon lui, les pays du Tiers-monde doivent se réapproprier leurs
ressources naturelles, notamment par des nationalisations.
2. En Algérie, la voie socialiste est choisie en 1971 avec la nationalisation des hydrocarbures.
3. L’Inde, en revanche, a choisi la voie de la modernisation de l’agriculture pour parvenir à
l’autosuffisance alimentaire.
4. L’inégalité Nord / Sud s’explique par « l’inégalité fondamentale de la force économique » :
richesses, innovations, investissements se concentrent essentiellement dans les pays du
Nord.
5. Ce rapport de 1980, qui a été rédigé par une commission indépendante dirigée par
l’ancien chancelier allemand Willy Brandt, a mis au jour la limite Nord / Sud. Il propose de
modifier les rapports entre le Nord et le Sud et de favoriser le développement des pays du
Sud, en opérant notamment des transferts de technologie.
6. L’IDH est l’indice de développement humain. C’est un indice statistique qui combine
l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation et le niveau de vie.
La limite entre Nord et Sud passe aujourd’hui :
- entre les États-Unis et le Mexique ;
- au sud de l’Europe, à travers la Méditerranée ;
- au sud de la Russie ;
- entre les deux Corée.
Israël, le Japon, Taïwan, Singapour, l’Australie et la Nouvelle-Zélande appartiennent
également au groupe dit des pays du Nord.
7. L’Afrique subsaharienne semble aujourd’hui la région le plus en difficulté. L’IDH y est
faible, en raison de la pauvreté, des épidémies et du faible taux d’alphabétisation. En outre,
elle est marquée par de nombreux conflits ethniques ou politiques.
Plusieurs pays d’Asie, tels le Pakistan ou l’Afghanistan, ont également des IDH faibles.
Capacités bac
8. Au début du XXIe siècle, les situations des pays du Sud sont diverses en raison de
déterminants géographiques, mais aussi des modalités de la décolonisation, des modèles de
développement choisis et des situations politiques. Certains pays, comme l’Inde, la Chine ou
les Dragons asiatiques connaissent une croissance économique importante. En revanche,
d’autres pays, en particulier en Afrique subsaharienne, sont « moins avancés ». Ils se
caractérisent par un IDH faible, et souvent par des conflits ethniques, une instabilité
politique ou des régimes non-démocratiques.

Pages 76-77 BAC
EXERCICE 1
Les pays du Tiers-monde ont en commun de n’avoir pas participé à la révolution industrielle
et d’avoir connu la colonisation. Dans un sens politique, cette expression désigne les pays
nouvellement indépendants qui tentent d’affirmer leur solidarité sur la scène internationale.
EXERCICE 2
1. Hô Chi Minh est un leader de la lutte contre le colonialisme après 1945.
2. L’Inde, l’Égypte et la Yougoslavie sont à la tête du mouvement des non-alignés.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 38

3. Nasser, Nehru et Soekarno ont participé à la conférence de Bandung en 1955.
4. Soekarno et Nasser sont deux acteurs majeurs de la décolonisation.
5. Patrice Lumumba a mené le Congo belge à l’indépendance en 1960 et Julius Nyerere a
mené le Tanganyika à l’indépendance en 1961.
EXERCICE 3
a) L’accession à l’indépendance s’est faite selon différentes voies. Des pays ont accédé à
l’indépendance de façon pacifique, en négociant avec leur métropole (ex : Inde), d’autres
par la violence, suite à une guerre de libération (ex : Indochine).
b) Les pays colonisés peinent à s’affirmer sur la scène internationale. Ils tentent de parler
d’une même voix à partir de la conférence de Bandung (1955) et prônent le non-alignement
lors de la conférence de Belgrade (1961), mais leur influence est faible et ils demeurent
divisés, certains se rangeant sous la bannière de l’URSS, d’autres sous celle des États-Unis.
c) Les nouveaux États sont souvent fragiles économiquement. Ce sont généralement des
pays exportateurs de matières premières achetées à bas prix par les pays du Nord. En outre,
l’exploitation des ressources y enrichit souvent une élite qui vit de la corruption.
d) La décolonisation transforme en profondeur les relations internationales. Les pays du
Tiers-monde tentent de s’affirmer sur la scène internationale à partir de la conférence de
Bandung (1955) puis ils prônent, durant la Guerre froide, le non-alignement, c’est-à-dire le
refus de la logique des blocs. En outre, en 1960, des pays du Tiers-monde se regroupent au
sein de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) pour faire valoir leurs intérêts
économiques.
EXERCICE 4
On peut placer sur une frise les grandes étapes suivantes :
- 1945-1955 : indépendances en Asie ;
- 1956-1960 : indépendances en Afrique du Nord ;
- 1960-1974 : indépendances en Afrique noire ;
- à partir de 1974 : indépendances de pays du Sud de l’Afrique (Angola, Mozambique…).
On pourra ensuite placer les dates suivantes :
- 1955 : conférence de Bandung
- 1956 : conférence de Brioni ; nationalisation du canal de Suez par Nasser
- 1960 : création de l’OPEP
- 1961 : conférence des non-alignés à Belgrade
EXERCICE 5
a) L’anticolonialisme est l’opposition au principe colonial de domination d’un territoire par
une métropole.
b) Le développement est l’ensemble des processus sociaux et économiques apportant aux
hommes une plus grande sécurité, une plus grande satisfaction de leurs besoins.
c) L’expression Tiers-monde désigne les pays nouvellement indépendants qui tentent
d’affirmer leur solidarité sur la scène internationale.
d) L’impérialisme désigne la politique d’un État cherchant à étendre sa domination ou son
influence sur d’autres pays.
e) La décolonisation est le processus par lequel des territoires sous domination impériale
accèdent à l’indépendance.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 39

EXERCICE 6
La conférence de Bandung (1955) et la conférence de Belgrade (1961) sont deux conférences
ayant contribué à l’affirmation du Tiers-monde.
EXERCICE 7
La conférence de Bandung (1955) marque une étape importante dans l’émancipation des
peuples colonisés. C’est la première tentative d’union des pays du Tiers-monde afin de se
faire mieux entendre sur la scène internationale et d’œuvrer à la fin de la colonisation et au
développement des pays anciennement dominés.
EXERCICE 8
Le non-alignement est la politique de certains États du Tiers-monde qui refusent
d’appartenir à l’un des deux blocs durant la Guerre froide (réponse d).

Pages 78-83 SUJET D’ÉTUDE 1

L’Algérie de 1954 à 1962
L’objet de l’étude est de comprendre pourquoi la décolonisation de l’Algérie s’est faite par la
guerre (même si les autorités françaises refusaient de l’appeler ainsi) et les mécanismes de
la radicalisation de la violence en Algérie qui pèse lourdement sur les mémoires opposées de
part et d’autre de la Méditerranée et sur les relations entre la France et l’Algérie depuis
1962.

Pages 78-79
>>>>A Pourquoi la guerre éclate-t-elle en Algérie en 1954 ?
La photographie en document 1 permet d’évoquer le fait que la population des
départements d’Algérie est une juxtaposition de statuts et religions, Européens citoyens et
majoritairement catholiques ou juifs et musulmans qui n’ont pas la citoyenneté française. À
cette inégalité s’ajoute une inégalité sociale que trahissent les vêtements. La photographie
montre également à quel point l'Algérie a complètement changé durant la période coloniale.
Comme l’écrit Omar Carlier dans Entre nation et jihad. Histoire sociale des radicalismes
algériens (1999) : « Le pays le moins citadin et le plus nomade du Maghreb est devenu le
plus urbanisé. »
Pour analyser le tableau 2, il peut être utile de rappeler que le général Bugeaud, envoyé en
Algérie pour la « pacification » dans les années 1840, déclarait : « Il n’y a à saisir en Afrique
qu’un intérêt, l’intérêt agricole. […] Eh bien, je n’ai pu découvrir d’autres moyens de
soumettre le pays que de saisir cet intérêt. » Cette stratégie a été celle de l’armée qui
administre la colonie jusqu’en 1870. Dès lors, la colonisation lie l’avenir économique de
l’Algérie presque uniquement à l’agriculture, jusqu’en 1914 au moins. La colonisation
reprend avec Jules Ferry qui favorise l’implantation en Algérie des Alsaciens et Lorrains
notamment. Le transfert des terres s’est fait par la substitution du droit français aux
coutumes locales. Avant la conquête de 1830, la propriété du sol n’existe pas dans le sens de
la propriété privée européenne. Les droits sur la terre répondent à une hiérarchie

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 40

compliquée de droits d’usage décomposés en deux catégories : droit du bey et droit des
tribus. À partir de 1830, l’État français, successeur des droits de souveraineté, saisit les
meilleures terres du bey (beylik) qu’il peut partager et distribuer aux colons français.
Parallèlement, en introduisant le droit de propriété privée, il met les terres musulmanes sur
le marché libre et permet aux colons français de les acheter ou de s’en emparer. Benjamin
Stora estime qu’en 1919, les musulmans avaient perdu 7 millions et demi d’hectares
(partagées entre l’État, les particuliers et les grandes sociétés capitalistes).
Il convient cependant de ne pas caricaturer une opposition entre des paysans algériens qui
n’ont que de mauvaises terres et des colons qui seraient tous bien pourvus de grands
domaines. Il existe quelques grandes propriétés agricoles très prospères appartenant à des
musulmans. Bien des « pieds noirs » vivent très modestement. On peut rappeler à ce propos
ces lignes de Camus : « À lire une certaine presse, il semblerait vraiment que l’Algérie soit
peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare montés sur Cadillac. *…+ 80 % des
Français d’Algérie ne sont pas des colons mais des salariés ou des commerçants. Le niveau
de vie des salariés, bien que supérieur à celui des Arabes, est inférieur à celui de la
métropole. » (« La Bonne Conscience », L’Express, 21 octobre 1955).
Afin de restituer le contexte du document 3, on rappellera que, le 1er novembre 1954, une
trentaine d’attentats visent des bâtiments publics (école, caserne, mairies) et certaines
riches exploitations agricoles appartenant à des Européens. Ces attentats sont vite
revendiqués par un groupe clandestin fondé le mois précédent et donc inconnu des
autorités et de la population algérienne. Le secrétariat général qui revendique les attentats
est alors constitué d’une dizaine de membres, en particulier Houcine Aït Ahmed,
Mohammed Boudiaf ou Ahmed Ben Bella. Dans sa déclaration du 1 er novembre, le FLN
réclame l’indépendance de l’Algérie et non plus la simple égalité entre musulmans et
Européens. Les méthodes utilisées (terrorisme) et les revendications maximalistes
(indépendance) tranchent avec les mots d’ordre et les méthodes d’actions défendues depuis
les années 1930 par les principaux leaders nationalistes algériens, à l’image de Ferhat Abbas
(UDMA) ou de Messali Hadj (MNA). Nourri de l’exemple indochinois, le FLN s’inspire des
techniques de la guerre révolutionnaire en se dotant d’une branche armée (ALN) et d’une
organisation militaire précise découpant l’Algérie en cinq zones de combat.
Cette radicalisation s’explique par l’incapacité de la France à réformer le statut de l’Algérie
malgré les promesses effectuées dans la deuxième moitié des années 1940 (l’élection de
l’Assemblée algérienne, en avril 1948, est entachée d’une fraude massive et rend
immédiatement caduque le statut de 1947 qui prévoyait davantage d’autonomie).
Réponses aux questions
1. L’Algérie est peuplée de musulmans et d’Européens. La photographie témoigne d’une
inégalité sociale (enfant ou femme pieds nus contrastent avec les vêtements et escarpins
des Européennes) et d’un cloisonnement entre ces deux catégories de la population qui
semblent s’ignorer.
2. Les statistiques confirment cette inégalité socioéconomique : les musulmans sont
majoritairement de petits exploitants alors que les terres agricoles appartiennent à 75 % à
des Européens, qui ne représentent pourtant que 10 % de la population. Les enfants
musulmans sont 5 fois moins scolarisés et, on peut le supposer, alphabétisés. L’écart de
mortalité infantile, enfin, témoigne de conditions sanitaires beaucoup plus précaires en ce
qui concerne la population musulmane.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 41

3. En 1954, le FLN milite pour une indépendance sans condition.
4. Il préconise la lutte armée (« la lutte sera longue ») de type révolutionnaire.
5. Le gouvernement français, à travers le discours de son président du Conseil, y répond en
considérant le FLN comme des criminels et en appliquant des mesures de répression
policière. Pour Pierre Mendès-France, les actions du FLN et ses revendications sont
illégitimes car l’Algérie est constituée en départements français et fait partie du territoire
français.
6. Le journal reprend ici la position de l’armée et d’une partie de la classe politique sur
l’Algérie. La guerre (qui n’est pudiquement qualifiée que d’« opération de maintien de
l’ordre ») est légitimée car elle vise à défendre le territoire français. La couverture montre
quatre générations : l’arrière-grand-père (génération de la Première Guerre mondiale que
l’on retrouve à l’arrière-plan avec le portrait d’un Poilu décoré de la croix de guerre), les
grands-parents, leur fils qui sert en Algérie, sa femme et leur enfant. Il s’agit donc d’ancrer
l’Algérie française dans une Histoire longue. Le paysage d’une France éternelle (par la
fenêtre) renforce cette idée que l’Algérie, c’est la France. Enfin, la guerre d’Algérie est
associée à la défense de Verdun par la légende et par les cartes (celle de l’Algérie sur la
table, celle de la bataille de Verdun au mur.
Capacités bac
7. Le texte 4, qui est une déclaration du président du Conseil et présente donc la position
officielle du gouvernement français, révèle que l’Algérie est une colonie au statut particulier
puisqu’elle est constituée en départements. C’est donc une partie du territoire français, et
non une nation comme le revendiquent les nationalistes, à laquelle l’État n’entend pas
octroyer l’autonomie ni l’indépendance, comme il peut le négocier ailleurs. L’Algérie est par
ailleurs peuplée en partie d’Européens. Face à cette intransigeance toujours réaffirmée, le
nationalisme s’est radicalisé et le FLN en appelle en 1954 à l’action armée pour la réalisation
de l’indépendance. Selon le document 3, l’heure n’est plus à chercher à négocier.

Pages 80-81
>>>>B Comment expliquer l’engrenage de la violence à partir de 1954 ?
La carte 6 permet de souligner plusieurs points importants.
- Les foyers originaux sont constitués des massifs montagneux de la Grande et de la Petite
Kabylie et des Aurès, traditionnellement hostiles à la présence française et constituant de
véritables espaces refuges mal contrôlés par les autorités locales.
- Les cibles principales des attentats du 1er novembre sont les villes européennes du littoral
ou les grands bourgs agricoles fondés par les colons européens.
- Les bases arrière du FLN sont situées hors du territoire français après l’indépendance en
1956 du Maroc et de la Tunisie, ce qui empêche l’armée française d’intervenir directement
sur un territoire désormais souverain. En 1958, l’intervention française en Tunisie
(bombardement de Sakhiet-Sidi-Youssef) lui vaut une condamnation de l’ONU.
La photographie 7 illustre ici la stratégie du regroupement de la population musulmane
organisée par l’armée dans le cadre de guerre contre le FLN, dans le but de décourager la
population de soutenir la cause nationaliste. Il s’agit également de couper les soldats de
l’ALN de l’aide contrainte ou consentie des populations locales. Les populations sont réunies
dans des « villages de regroupement » qui se multiplient à partir de 1957 (peut-être

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 42

2 millions de paysans algériens déplacés). Les villages isolés où ils habitaient sont détruits
pour éviter qu’ils ne servent de refuge au FLN. Les militaires français attachaient des câbles à
la charpente et arrachaient celle-ci. Dans les régions de ces villages abandonnés, il est alors
interdit de circuler sous peine d’être abattu. Il s’agissait ainsi d’isoler le FLN de la population.
On admet désormais que cette politique de terreur eut des effets contraires à ceux que
l’armée recherchait, dans la mesure où le FLN en fit un thème privilégié de sa propagande.
Les textes 8 et 9 révèlent une des méthodes du FLN : des attentats aveugles dans les grandes
villes. Ils montrent aussi que les femmes ont un rôle important dans la lutte pour
l’indépendance. Le document 9 dénonce la réponse par la torture systématique de l’armée.
Romancière à succès, plus portée à décrire les émois de la bonne bourgeoisie qu’à
l’engagement politique, Françoise Sagan, après beaucoup d’autres (l’historien Henri Irénée
Marrou, François Mauriac, Henri Aleg…), s’élève contre celle-ci. Malgré une reprise en main
de l’armée par de Gaulle, on voit ici que la torture ne s’est pas limitée à l’épisode de la
bataille d’Alger (janvier-octobre 1957).
L'historienne Raphaëlle Branche a consacré en 2000 une thèse à l'utilisation de la torture par
l’armée en Algérie. On pourra utiliser avec profit son article « Torture : la République en
accusation », dans « La Guerre d’Algérie », Les Collections de l’Histoire, trimestriel
mars 2002, hors-série n° 15.
La photographie 10 illustre la répression dans les rues de Paris en octobre 1961. En effet, le
préfet de police de Paris, Maurice Papon, vient d’ordonner un couvre-feu qui ne s’applique
qu’aux seuls musulmans. En réaction à cette mesure discriminatoire, la fédération française
du FLN organise une manifestation de protestation le soir du 17 octobre 1961. Il s’agit aussi
de tenter de mobiliser la gauche française en faveur de l’indépendance. Alors que les
manifestants algériens se gardaient de toute provocation, selon les instructions du FLN, la
répression policière est terrible : plus de 11 000 arrestations officiellement, 150 à
200 militants tués selon les estimations (les autorités françaises ne reconnaissent que deux
morts à l’époque).
Réponses aux questions
1. Les foyers du FLN sont constitués dans les massifs montagneux de la Grande et de la
Petite Kabylie et des Aurès, qui sont des bases de repli difficilement délogeables pour
l’armée française.
2. Le FLN utilise à la fois la lutte armée à partir de ces bases et le terrorisme. Le document 8
relate la préparation d’un attentat par le FLN et l’attentat lui-même. Cet attentat est dirigé
contre la population pied-noir, c’est-à-dire les Français d’Algérie. Par cet attentat qui vise à
terroriser la population française d’Algérie, le FLN veut inciter cette population à quitter
l’Algérie. On est ici dans une « guérilla ».
3. La stratégie de l’armée française passe à la fois par le bombardement les bases du FLN, ce
qui amène l’aviation française à étendre le conflit en Tunisie, le renseignement par l’emploi
systématique de la torture et une politique qui vise à couper le FLN de ses bases dans la
population. La perquisition systématique des douars afin de débusquer des hommes du FLN,
le parcage de la population dans des camps de regroupement, le déplacement de villages
entiers et parfois même leur destruction pure et simple, visent à la fois à saper les bases
rurales du FLN et à décourager la population de soutenir la guérilla.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 43

4. La photographie 10 montre que la violence s’est étendue sous d’autres formes à la
métropole où vivent de nombreux travailleurs algériens. Le FLN les mobilise lors de
manifestations, tandis que les autorités y appliquent des mesures d’exception : couvre-feu,
répression violente et meurtrière des manifestations.
5. Cette extension de la violence s’explique à la fois par la présence de travailleurs algériens
en métropole, mais surtout un climat de racisme exacerbé. Par ailleurs, le silence des
autorités sur le nombre de victimes du 17 octobre 1961 montre que les autorités couvrent la
violence policière comme elles laissent l’armée utiliser la torture en Algérie. Une escalade de
la violence commencée en Algérie aboutit aux abus policiers perpétrés en métropole.
Capacités bac
6. Les documents 8 et 9 montrent que, dans ce type de guerre de décolonisation, les civils
sont à la fois acteurs et victimes de la violence : victimes des attentats du FLN et de la
stratégie de l’armée française qui vise délibérément la population pour la couper des
nationalistes ou pour en obtenir des informations.

Pages 82-83
>>>>C Pourquoi la sortie du conflit a-t-elle été si difficile ?
Afin d’étudier le document 11, on commencera par le restituer dans son contexte. Ouverte
par la série d’attentats du 1er novembre 1954, la guerre dure depuis trois ans et demi en
Algérie. Le contingent a été envoyé, à la fin de 1956, pour mener la « pacification ». Des
succès militaires ont été remportés, mais la paix n’est pas rétablie. La guerre pèse sur les
finances de l’État, discrédite la France aux yeux de l’opinion internationale et contribue à
accroître la crise de l’État, incapable de définir une politique algérienne. Le 13 mai 1958, à
13h, Pierre Pflimlin lit sa déclaration d’investiture, retransmise en direct par la radio. Cette
déclaration est conforme au programme de Pflimlin : ne pas abandonner l’Algérie, mais
ouvrir des pourparlers dès que le moment sera favorable et engager des négociations avec
Rabat et Tunis. À 18 h, après un hommage à trois soldats français prisonniers fusillés par le
FLN, une grande manifestation se déroule à Alger contre l’investiture du gouvernement
Pflimlin qui est jugé trop « libéral » et que beaucoup soupçonnent de vouloir abandonner
l’Algérie. Car ce que les manifestants d’Alger veulent au départ en occupant le siège du
Gouvernement général n’est rien d’autre que d’empêcher l’investiture de Pierre Pflimlin
qu’ils considèrent comme le partisan de l’abandon de l’Algérie. À 18h15, le Palais du
Gouvernement général, symbole du pouvoir politique français en Algérie, est pris d’assaut
par quelques milliers de manifestants algérois. Les parachutistes qui gardent les locaux
laissent la foule envahir le Gouvernement général. En quelques minutes, celui-ci est enlevé
et investi. Les dossiers et les machines à écrire volent par les fenêtres. L’armée essaie tant
bien que mal de rétablir l’ordre, mais la foule conspue le nom du général Salan. Le général
Massu accepte alors, pour rétablir le calme à défaut de l’ordre, de présider un Comité de
Salut public et, pour sortir de cette situation, de faire appel à une autorité supérieure, un
personnage charismatique et intouchable : le général de Gaulle. Comme le note Jacques
Fauvet : « Deux pouvoirs s’instaurent : le pouvoir légal à Paris et le pouvoir militaire à Alger.
Un troisième, le pouvoir moral, celui du général de Gaulle, est encore à Colombey. » À ce
stade, il est surprenant de constater qu’en une douzaine d’heures — entre le début de
l’après-midi du 13 mai et l’aube du 14 mai —, la crise politique, de crise de fonctionnement
gouvernemental devient une crise de régime.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 44

Dès la fin du mois de mai 1958, refusant de revenir au pouvoir « sur le pavois des
parachutistes », le général de Gaulle reprend le contrôle de l’armée. Pour préparer son
investiture devant la Chambre le 1er juin 1958, le général de Gaulle reçoit, le 31 mai, les
représentants des principaux groupes parlementaires — à l’exception des communistes —
pour leur exposer son programme immédiat. Il demande les pleins pouvoirs pour une durée
déterminée et la révision de l’article 90 de la Constitution afin d’autoriser le gouvernement à
préparer une nouvelle Constitution et à la soumettre aux Français par voie de référendum.
Le 4 juin 1958, à Alger, le général de Gaulle, qui est président du Conseil (il a été investi par
le Parlement le 1er juin), prononce un discours du haut du balcon du Gouvernement général
(doc. 12). Dans son discours, de Gaulle insiste sur les perspectives de « rénovation » et de
« fraternité » ouvertes en Algérie. Il annonce aux Européens qui en ont toujours combattu
l’idée, l’instauration du collège unique.
Au cours de l’année 1959, les positions du général de Gaulle évoluent. La guerre d’Algérie
est un handicap à sa volonté de garantir la puissance de la France dans le nouveau contexte
international (accélération de la décolonisation qui pousse à négocier comme il le propose
en Afrique noire la même année pour conserver des relations « privilégiées » avec les
anciennes colonies) et à sa politique arabe. En 1961, le référendum sur l’autodétermination
s’accompagne de la décision d’une trêve unilatérale (doc. 13).
On estime que 51 2000 pieds-noirs (le terme apparaît dans les années 1950) quittent
l’Algérie durant l’année 1962 (doc. 14). Il faut y ajouter les juifs d’Algérie (environ 110 000)
et les harkis (environ 138 000) qui échappent aux massacres. Ces trois catégories forment les
« rapatriés d’Algérie », statut octroyé en juillet 1962 après la signature des accords d’Évian.
Les Européens rapatriés bénéficient d’une allocation de subsistance mais pour 12 mois
uniquement. La majorité s’installe en Île-de-France, en Provence-Alpes-Côte d’Azur et en
Corse.
À l’issue des accords d’Évian, le FLN de Ben Bella et Boumediene domine la vie politique,
interdisant les partis d’opposition. Ben Bella devient président du gouvernement provisoire
de l'Algérie avant le vote de la Constitution un an plus tard par l’Assemblée constituante. La
Constitution en fait une république présidentielle qui consacre par ailleurs la primauté du
parti FLN. Ce caractère autocratique se dessine déjà dans la photographie 15 des
manifestations de juillet. Il est démis de ses fonctions par le putsch organisé par
Boumediene en 1965, alors ministre de la Défense.
En application des accords d’Évian, le gouvernement français n’a pris aucune disposition
concernant les 26 3000 harkis (de harka, mouvement). Cependant, entre juillet et octobre,
on estime que 60 000 à 70 000 harkis sont victimes des représailles menées en Algérie
(doc. 16). Le gouvernement est débordé par l’arrivée des harkis qui se réfugient en France,
mais donne également des instructions à l’armée pour ne pas intervenir lors des massacres
et interdire l’organisation de leur rapatriement (directive de Pierre Joxe du 12 mai 1962).
Le document 17 est l’occasion de rappeler deux mémoires antagonistes du conflit de part et
d’autre de la Méditerranée, la guerre étant évidemment pour les Algériens l’acte de
naissance de leur État. Si le geste de Jacques Chirac est politiquement fort, on précisera qu’il

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 45

a été très diversement accueilli en France et même parfois vivement critiqué par les anciens
rapatriés.
Réponses aux questions
1. Le 13 mai 1958, des pieds-noirs manifestent à Alger contre la nomination de Pflimlin à la
présidence du Conseil, permettant un putsch de l’armée. Cet événement est un tournant
majeur puisqu’il aboutit à l’appel au pouvoir du général de Gaulle (qui instaure quelques
mois après la Ve République), dans lequel les Français d’Algérie et l’armée voient un recours
pour conserver l’Algérie française.
2. Dans son discours, de Gaulle s’adresse aux habitants d’Alger et donc à la fois aux
Européens, aux musulmans et aux juifs d’Algérie.
3. Sa phrase est ambiguë (l’est-elle volontairement ?... C’est une question qui fait débat) car
les pieds-noirs la comprennent comme un soutien absolu à l’Algérie française, les
musulmans ou des juifs d’Algérie et Européens qui espèrent un apaisement l’entendent
comme l’espoir d’une sortie de la violence, sans objectif politique précis sur le statut de
l’Algérie.
4. De Gaulle constate que la situation en Algérie est devenue intenable, que l’opinion
publique française se lasse de la guerre en Algérie et qu’enfin cette guerre pèse sur l’image
de la France dans un contexte international où la décolonisation est largement avancée. Il en
conclut qu’il faut sortir de la guerre par une solution politique, le référendum et finalement
l’application du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
5. Les Français d’Algérie ne peuvent plus espérer rester dans le pays même si les accords
d’Évian le prévoient. La violence est telle, notamment du fait de la radicalisation des tenants
d’Algérie française (OAS), que la situation est devenue trop dangereuse et les liens entre
Européens et Algériens brisés.
6. L’indépendance donne naissance à une République dirigée par Ben Bella. Elle donne au
chef de l’État une place centrale comme l’illustre ici le portrait brandi par les manifestants.
Le gouvernement de Ben Bella applique un modèle de développement autocentré inspiré du
socialisme.
7. Les harkis sont les musulmans qui ont servi comme supplétifs dans l’armée française. Ils
sont alors considérés par le FLN comme des traîtres. La victoire du FLN après huit années de
guerre d’une intense violence laisse donc libre cours à des règlements de compte dont sont
victimes les harkis. La violence de guerre entraîne un cycle de représailles tout aussi violent.
Le gouvernement français est au mieux passif. De Gaulle veut montrer qu'il fait confiance au
nouveau gouvernement algérien et ne pas mettre en péril les accords d’Évian, mais il
considère aussi la question des harkis plus généralement dans celle de l’immigration
algérienne, estimant que les harkis sont difficilement intégrables.
Capacités bac
8. Le président de la République française, Jacques Chirac, fait ce discours à l’occasion d’une
visite officielle en Algérie et, surtout, il le fait devant le Parlement algérien à Alger en 2003.
D’après lui, la mémoire de la guerre d’Algérie reste vive du fait de la violence, du nombre de
victimes, civiles notamment (on pense à l’emploi de la torture, aux attentats, à l’exode des
Européens en 1962…), et des douleurs qui la caractérisent. Mais surtout elle divise parce
qu’elle n’a pas su intégrer les différentes mémoires françaises et algériennes du conflit. Ainsi
explique-t-il, à la fin de cet extrait, comment concilier la mémoire de l’indépendance gagnée
au terme d’un engagement nationaliste qu’il reconnaît sincère et la déchirure qu’a
constituée l’exil pour les 700 000 rapatriés de 1962. L’argument pour tenter de dépasser

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 46

cette division est le respect d’absolument toutes les victimes et ce travail d’histoire fondé
sur l’étude de toutes les mémoires.

Pages 86-87 BAC
Sujet guidé
Réponses aux questions
1. Paul Teitgen est Secrétaire général de la préfecture d’Alger. Plus spécifiquement chargé
de la police, il est le meilleur témoin des pratiques de lutte contre le FLN menée par la
police, mais aussi l’armée en Algérie. Sa lettre est adressée à son supérieur, le ministre
résidant en Algérie, équivalent d’un gouverneur mais dans les départements d’Algérie. Son
propos n’est pas public et il peut donc s’ouvrir avec franchise sur les procédés utilisés en
Algérie. À la fin de sa lettre, il propose finalement sa démission, mais il espère que ce geste
contribuera à faire évoluer les pratiques de répression en Algérie.
2. Pour comprendre les faits relatés par Paul Teitgen, il faut rappeler que la France est en fait
en guerre en Algérie depuis les attentats de 1954. Cette guerre, qui est appelée « opération
de maintien de l’ordre », est particulière en ce qu’elle oppose l’armée française à la guérilla
menée par le FLN, les nationalistes algériens.
3. Paul Teitgen dénonce non seulement la torture, mais également un seuil de violence
illégal et choquant et un arbitraire qui découle de la confusion des pouvoirs. Ainsi, il parle
de :
- « crimes de guerre » : actes commis par les armées lors d’un conflit, mais qui dépassent le
cadre des usages défini par la convention de La Haye de 1907, et notamment la violence à
l’égard des civils, des prisonniers et les actes de cruauté. Leur bannissement a été réaffirmé
lors du procès de Nuremberg ;
- « traces profondes des sévices ou des tortures » : l’armée française utilise de façon
systématique la torture pour obtenir des informations des prisonniers algériens. Paul Teitgen
les compare à ce qu’il a subi comme résistant arrêté par la Gestapo nazie durant
l’Occupation pour montrer que l’armée française se déshonore ;
- « l’action policière nouvelle menée par l’armée » renvoie à la loi de 1956 qui accorde les
pleins pouvoirs de police dits « spéciaux » à l’armée en Algérie, délégant ainsi des pouvoirs
civils aux militaires ;
4. Pour autant, Paul Teitgen n’est pas un partisan de l’Algérie française et estime qu’il faut
lutter contre le FLN. « La lutte impitoyable qui doit être menée » est celle menée par l’armée
et la police contre le FLN et le refus de l’indépendance de l’Algérie dans ces conditions. En
évoquant « la rébellion, l’assassinat, le terrorisme et leurs complices de tous ordres », Paul
Teitgen estime que le combat du FLN est illégal car il se déroule dans une partie du territoire
français et remet en cause l’ordre public, et que le FLN utilise l’arme des attentats,
s’appuyant, de gré ou de force, sur les civils musulmans.
5. La lettre de Paul Teitgen est écrite un an avant la chute de la IVe République. Le pouvoir
est essentiellement aux mains du chef du Conseil, Guy Mollet, depuis février 1956, mais il est
fragile car il repose sur des coalitions parlementaires. Cela explique que le gouvernement ait
finalement laissé à l’armée sur le terrain un pouvoir excessif. La guerre dure depuis 3 ans, ce
qui indique que la IVe République s’avère incapable de régler la question algérienne. Le
gouvernement de Guy Mollet est d’ailleurs renversé en juin 1957.

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 47

Sujet blanc
Réponses aux questions
1. L’affiche 1 est un document gouvernemental qui vise à promouvoir l’action de l’armée
française en Algérie. Son rôle est de pacifier, comme l’indique la posture du soldat, et
correspond au discours officiel qui ne parle pas de guerre mais d’« opération de maintien de
l’ordre », niant qu’il s’agit d’un conflit armé. La politique de la France en Algérie est
présentée comme ayant pour but de réconcilier Européens et musulmans, et donc de
préserver l’Algérie dans le giron français mais sans préciser sous quel statut puisqu’on ne
parle pas d’Algérie française.
2. Dans la réalité, l’armée française mène la guerre au FLN qui utilise une stratégie de
guérilla. Elle y répond par des bombardements, mais aussi une traque du FLN dans les
massifs et le déplacement de la population civile pour couper le FLN de ses bases.
3. La photographie 2 a été prise pendant la bataille d’Alger de 1957. L’armée quadrille alors
les vieux quartiers musulmans du centre d’Alger à la recherche de membres du FLN pour
démanteler son réseau et prévenir les attentats. Cette opération donne lieu à une répression
d’une extrême violence : arrestations arbitraires, torture et exécutions sommaires, comme
l’illustre cette photographie.
4. Ces deux documents révèlent que la politique menée par la France en Algérie est
ambiguë. D’une part, le discours nie la réalité de la guerre pour préserver la possibilité de
conserver une cohésion en Algérie, soit dans le cadre de l’Algérie française, soit dans un
statut plus autonome auquel songe de Gaulle en 1959. Mais la réalité des combats et la
répression brutale menée par l’armée en Algérie exacerbent (à côté de la violence du FLN)
les tensions et aboutit aussi à l’impossibilité de continuer à cohabiter pour les Européens et
les musulmans.

Pages 88-93 SUJET D’ÉTUDE 2

L’Union indienne à partir de 1947
L’objectif est ici de montrer qu’il serait abusif de classer la décolonisation des Indes
britanniques parmi les décolonisations « réussies » et pacifiques, comme on le fit trop
souvent. La vie politique de la « plus grande démocratie du monde » a depuis 1947 été
marquée par la violence. Pour autant, l’Inde fait partie des puissances émergentes après
avoir mis en place plusieurs types de politiques de développement, autocentrée jusqu’aux
années 1980, puis tournée vers le développement des services dans les nouvelles
technologies.

Pages 88-89
>>>>A Quels défis la plus grande démocratie du monde a-t-elle dû surmonter depuis
1947 ?
En 1942, alors que les Japonais continuent leur progression en Asie et menacent désormais
l’Inde, les Britanniques proposent aux leaders nationalistes indiens – en premier lieu Nehru
et Ali Jinnah – l’indépendance de l’Inde en échange d’une mobilisation totale dans la guerre
que la Grande-Bretagne livre aux forces de l’Axe. Après la guerre, l’Inde accéderait au statut
de dominion et serait intégrée dans le Commonwealth. Pour autant, l’adhésion des masses

Histoire Géographie Tle STMG
Livre du professeur, partie Histoire – © Hatier, 2013

Page 48


Documents similaires


Fichier PDF tstmg grh
Fichier PDF tstmg gestion et finance
Fichier PDF 3081372762
Fichier PDF t g interro reperes monde liste 2015 1
Fichier PDF histoire theme 2 l1
Fichier PDF histoire theme 2 l1 l2


Sur le même sujet..