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Nom original: Rebondir-211[1].pdfTitre: Mise en page 1Auteur: Gérard Touati

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Les clés d’un nouveau départ

EN PARTENARIAT AVEC
DES MILLIERS D’OFFRES D’EMPLOI

21e ANNÉE - N° 211 - Mars 2014

www.rebondir.fr

5 étapes pour

Optimiser
sa recherche
d’emploi
Interview

Rencontre avec la
Lyonnaise des Eaux
La formation
professionnelle, une
arme anti-chômage ?
Travailler en

Languedoc-Roussillon

La franchise
DOSSIER

pour tous !

Quel secteur choisir ?
Se lancer avec moins de 5 000 euros !
Comment lire un contrat
de franchise ?…

Enquête

3’:HIKPTD=VUYZUX:?k@m@b@b@a";

M 05931 - 211 - F: 4,50 E - RD

sadesign.fr - TERRITOIRES & CO - RCS 389 820 382

Après la maladie,
l’épreuve du retour
à l’emploi

GROUPE

s

Métiers porteurs

Tourisme, hôtellerie et restauration

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RO, PL
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De la place pour les autodidactes ! POURVOIR
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VOUS
NDEZ-

3
PAGE 5

Crédits photos : X. Renauld

P002-003_REB_211_Mise en page 1 20/02/14 15:56 Page2

BACHELOR FERR ANDI
PA RI S - BO RD E AUX

M A N AG ER D E R ES TAU R A N T
(Bac + 3)

• Un diplôme unique en France
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restaurateur exploitant, directeur de restaurant gastronomique, food and
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P002-003_REB_211_Mise en page 1 20/02/14 17:54 Page3

MARS 2014
ÉDITO

N°211

Mathieu CÉCÉ,
directeur des rédactions.

Trouvez un emploi

grâce à la franchise !
Vous l’avez sûrement remarqué en lisant la couverture de ce numéro de Rebondir :
votre mensuel contient ce mois-ci un dossier spécial dédié à l’univers de la franchise.
Cela peut vous paraître étrange au premier abord. Il est vrai que, dans la plupart des
cas, se lancer et ouvrir une franchise demande un investissement financier que tout le
monde ne possède pas, malheureusement. Mais ce qui est intéressant avec ce système,
et au-delà de l’aspect création d’entreprise pur, c’est qu’il est également un formidable
vecteur de création d’emplois.
Il vous suffit de vous promener dans le cœur des enseignes pour vous en rendre
compte  : très souvent un établissement, que ce soit un restaurant, une boutique, une
structure de services…, possède bon nombre de salariés et cherche à en recruter. Dans
ces conditions, pourquoi ne pas tenter votre chance  ?
Et comme une bonne nouvelle ne vient jamais seule, Franchise Expo Paris, le plus
grand salon français consacré à la franchise, se déroule en ce mois de mars (23 au
26 mars – Paris Porte de Versailles). C’est certain, il s’agit prioritairement d’un
événement professionnel. Mais là encore, rien ne vous empêche de vous y rendre. Vous
y rencontrerez sûrement des franchisés, qui, avec un peu de chance, cherchent à
embaucher des salariés.
Qui ne tente rien n’a rien  ! En ces temps compliqués pour le marché de l’emploi, il
ne faut écarter aucune piste  ! C’est pour cette raison que nous ne pouvons que
vous conseiller vivement de vous rendre sur Franchise Expo Paris si vous en avez
la possibilité.
Bien sûr dans ce numéro, vous retrouverez toutes vos rubriques habituelles. Nous
espérons d’ailleurs que les annonces emplois (à la fin du magazine) de notre nouveau
partenaire, Stepstone, vous donnent entière satisfaction. Si vous y voyez des pistes
d’amélioration, n’hésitez pas à nous les communiquer, nous les étudierons. Comme
vous le savez, l’interactivité avec nos lecteurs est quelque chose d’important, pour ne
pas dire d’indispensable, pour vous aider à trouver ou à retrouver un emploi.
Bonne lecture  !

www.rebondir.fr

REBONDIR N° 211 MARS 2014 -

3

P004-005_REB_211_Mise en page 1 20/02/14 18:17 Page4

Ce que nos clients
remarquent chez vous,

c’est votre goût
du service
Adjoints de magasin h/f
Paris
Avec 900 magasins en France et 20 ouvertures prévues
cette année, Picard connaît une croissance constante
et affirme chaque jour sa différence.
Une différence qui tient à la qualité et l’originalité
de ses produits, bien sûr.
Nous recherchons avant tout votre sourire,
votre convivialité, votre sens de l’accueil et du service…
Être collaborateur Picard, c’est affirmer sa personnalité
de commerçant et bénéficier chaque jour d’un réel
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P004-005_REB_211_Mise en page 1 21/02/14 14:42 Page5

Pages 53 à 74

SOMMAIRE

OFFRES
D’EMPLOI

ACTUALITÉS

DÉCOUVRIR

www.rebondir.fr

6 Zapping

30 Enquête
Après la maladie,
l’épreuve du retour à l’emploi

Consultez nos annonces
et postulez en ligne sur

N° 211 - MARS 2014

Par Bertrand Martinot, u
auteur de Chômage :
inverser la courbe.

8 Question d’Actu
La formation professionnelle,
une arme anti-chômage ?
10 L’Interview du mois

Frédéric Henrion,
DRH de la Lyonnaise des Eaux.

EN PARTENARIAT AVEC

32 Travailler en…
Languedoc-Roussillon :
optez pour la case formation
36 Un pays, des emplois
Italie : un pays aux deux visages
39 Lignes de vies
France Romera,
“Le métier qui me correspondait”

40

SECTEURS PORTEURS

© Franck Courtäs

LA RESTAURATION, L’HÔTELLERIE ET LE TOURISME

“NOUS PRÉVOYONS
ENVIRON UN MILLIER DE
RECRUTEMENTS”
14 Rendez-vous

16

LE GRAND DOSSIER

EN PRATIQUE
46 5 étapes pour…
Optimiser sa recherche d’emploi
47 Diversité
Jobsourd.fr : des offres d’emploi
aussi en langues des signes
48 Retrouver un emploi
Candidatures :
que se passe-t-il de l’autre côté ?
49 À vos côtés
Le Biop : conseils et bilans

LA FRANCHISE
POUR TOUS !

50 Vos droits
Compte Personnel de Formation :
ce qui va changer
51 Créez
Favoriser l’entrepreneuriat
en banlieue
52 À lire
81 Courrier
82 Bons plans
80 Offre promotionnelle
d’abonnement

www.rebondir.fr

REBONDIR N° 211 MARS 2014 -

5

P006-007_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 10:40 Page6

ACTUALITÉS ZAPPING

RÉPONSES AUX CANDIDATURES :
UNE QUESTION DE RESPECT POUR 15 % DES CHERCHEURS D’EMPLOI

Quelles sont les attentes et motivations des
chercheurs d’emploi en France ? C’est à cette
question qu’a voulu répondre le site d’emploi
JOBaProximite.com via l’institut Opinionway
en interrogeant des personnes en recherche
active ou passive. Il en ressort notamment
une critique assez forte à l’encontre du CV,
jugé trop rigide.
Plus d’un candidat sur deux aimerait voir
figurer sur son CV en priorité des éléments
qui mettent en avant sa motivation personnelle
(57 %) et les valeurs qui l’animent (56 %).

Des préoccupations qui se retrouvent dans
la vision de l’entreprise idéale. Puisque pour
72 % des sondés, il s’agit de celle qui correspond à leurs valeurs.
Les personnes interrogées sont critiques
envers les annonces d’emploi. 1/3 trouvant
qu’elles ne permettent pas de se faire une
bonne idée du poste proposé et de savoir si
elles correspondent vraiment à leur recherche.
De plus, la rémunération, encore absente de
nombreuses offres, est la principale information que les sondés souhaiteraient trouver.
La question des réponses aux candidatures
est le point noir de la relation entre employeur
et candidat. Un chercheur d’emploi sur deux
déclare ne recevoir de réponse que rarement,
voire jamais. 89 % des sondés estiment qu’il
est important d’avoir un retour afin de s’améliorer sur les compétences requises (58 %)
ou sur la façon de se présenter et de rechercher un emploi (20 %). Enfin, il s’agit pour
15 % d’un respect indispensable des entreprises au temps consacré par le candidat à
l’envoi de sa candidature.


JEUNES DIPLÔMÉS : LA
DURÉE DE RECHERCHE
D’UN EMPLOI
S’ALLONGE EN 2014
Les jeunes diplômés doivent
s’armer de patience. En effet,
le Baromètre Deloitte/ Ifop
de l’humeur des jeunes diplômés indique que la durée de
recherche d’un emploi s’allonge
et dépasse désormais les 5 mois.
C’est sept semaines de plus
qu’en 2013.
Plus d’un quart des jeunes
diplômés en recherche d’emploi (27 %) imaginent leur avenir professionnel à l’étranger.
Une expatriation motivée par la volonté de travailler dans un environnement culturel
différent (58 %), de progresser dans une langue étrangère (45 %) ou d’enrichir son
CV (44 %). Le Canada arrive en tête des pays les plus attractifs (37 %) pour eux.
81 % des jeunes diplômés considèrent que l’Hexagone présente encore des arguments
pour leur avenir professionnel, mais seulement 25 % en sont clairement convaincus.
La majorité regrette le manque de possibilité d’innover et de créer dans le pays.


6 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

RETROUVEZ
TOUTE L’ACTUALITÉ EMPLOI
ET FORMATION SUR

rebondir.fr

PLUS D’UN POSTE
SUR TROIS TROUVÉ
GRÂCE AU RÉSEAU
Les réseaux semblent désormais être la solution pour
trouver un poste. Selon un
sondage* réalisé par MyJobCompany, 69 % des sondés
ont trouvé leur dernier emploi
grâce au réseau.
Les réseaux sociaux figurent
en première position des
réponses (23 %), suivis
des réseaux professionnels
(21 %) et des réseaux d’amis
(15 %).
En revanche, les entreprises
se montrent moins enthousiastes pour les réseaux
sociaux en ce qui concerne
leurs recrutements. Seules
8 % d’entre elles les utilisent.
Elles préfèrent employer
plusieurs canaux de communication pour leurs offres
d’emploi.

* Réalisé auprès de 2 000 personnes en
janvier 2014.

www.rebondir.fr

P006-007_REB_211_Mise en page 1 20/02/14 16:06 Page7

Formations pour adultes IFOCOP

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Régional d’Ile-de-France, en convention qualité avec le Fongecif Ile-de-France et est qualifié ISQ-OPQF.

Une force pour l’emploi

P008-009_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 10:42 Page8

ACTUALITÉS QUESTION D’ACTU

La formation
professionnelle, une
arme anti-chômage  ?
Qui sort d’une formation professionnelle ne trouvera peut-être pas
du travail instantanément, certes. Mais, à long terme, il multiplie
ses chances de retrouver un emploi, et ce de manière stable.
Explications de Bertrand Martinot, ancien délégué général à l’emploi
et à la formation professionnelle, auteur de Chômage : inverser la
courbe, publié par l’Institut Montaigne aux éditions Les Belles Lettres.
Bertrand Martinot,
auteur de Chômage : inverser la courbe.

a formation professionnelle
des demandeurs d’emploi
fait beaucoup parler d’elle
ces temps-ci. Parce que l’on
s’aperçoit de nouveau que
les chômeurs y ont globalement moins
accès que les salariés en activité, alors
que leur besoin de formation est a
priori plus clair. Parce que l’on s’aperçoit
que, malgré tous les discours et malgré
la crise, le nombre d’entrées en formation des chômeurs ne décolle pas.
C’est pourquoi, depuis plusieurs années,
il n’y a pas un plan de lutte contre le
chômage ou une énième bataille pour
l’emploi qui ne comprenne un volet
formation. C’est que la formation professionnelle, si elle n’est pas la panacée,
peut s’avérer efficace pour le retour à
l’emploi, dans certaines conditions. En
moyenne, d’après la Dares, 38 % des
demandeurs d’emploi retrouvent un
emploi un mois après la formation et
56 % six mois après. L’expérience montre que la formation est d’autant plus
efficace que la personne a eu une expérience professionnelle peu de temps
auparavant. En outre, la formation est
plus souvent liée au retour à l’emploi
si elle est bien ciblée, et avec un important contenu opérationnel. Les formations de type remise à niveau ou très
généralistes sont, en revanche, moins

L

8 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

38 % des

demandeurs
d’emploi retrouvent
un emploi un mois
après la formation
et 56 % six mois
après.



insérantes. Et si la formation n’améliore
pas immédiatement les perspectives
d’embauches, certaines études suggèrent qu’elle accroît souvent la stabilité
de l’emploi avec, à terme, davantage
d’emplois en CDI.
POUR DES FORMATIONS
CONTRÔLÉES

Il faut évidemment bien réfléchir avant
de s’engager dans un parcours de formation assez long, qui va par ailleurs
occasionner des changements  : éloignement du centre de formation, évolution de la rémunération, mise entre
parenthèse de la recherche d’emploi.
D’où des questions incontournables  :
correspond-il aux besoins du marché ?
Y-a-t-il des chiffres un peu fiables sur
le devenir ultérieur des personnes ayant

suivi cette formation ? On peut regretter
que l’accord national interprofessionnel
de janvier 2013, dont la transcription
législative est en cours d’examen au
Parlement, rate deux éléments essentiels qui auraient pu améliorer la formation des demandeurs d’emploi. Tout
d’abord, il ne simplifie rien. Il y aura
toujours les mêmes multiples intervenants, toujours les mêmes chevauchements, la même avalanche de sigles
(POE, AFC, AFAF, AREF, AIF, R2F,
Dif portable, remplacé par CPF...).
Dans le cas du demandeur d’emploi,
le compte personnel de formation ne
pourra être utilisé que pour les formations figurant sur des listes établies
par des branches professionnelles ou
des comités régionaux de partenaires
sociaux (lire page 50). Et il devra souvent faire l’objet d’un co-financement
par un autre acteur (la région ou Pôle
emploi). Enfin, le projet est à peu près
muet sur le contrôle de la qualité des
formations dispensées, ce qui est une
grande faiblesse du système français.
Il serait temps que notre pays se dote
d’un système d’évaluation indépendante
en la matière. Et les demandeurs d’emploi devraient avoir accès à des informations objectives sur cette qualité
avant de s’engager sur un parcours
parfois long et difficile.


www.rebondir.fr

P008-009_REB_211_Mise en page 1 20/02/14 16:13 Page9

Vous cherchez un EMPLOI dans
l’HÔTELLERIE RESTAURATION ?
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JEUDI 13 MARS 2014
AU CENTQUATRE
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P010-013_REB_211_Mise en page 1 21/02/14 14:43 Page10

ACTUALITÉS
L’INTERVIEW DU MOIS

Lyonnaise des Eaux

“Nous prévoyons environ
un millier de recrutements”
La Lyonnaise des Eaux est une des structures de Suez Environnement. Connue pour
traiter et apporter l’eau jusqu’au robinet du consommateur, ses métiers se diversifient
et vont bien plus loin. Les besoins en matière de recrutements sont donc en train
d’évoluer, petit à petit, mais les domaines traditionnels restent au cœur des
embauches. Rencontre avec Frédéric Henrion, DRH.
Interview réalisée par Aline GÉRARD

Pouvez-vous nous présenter les
activités de la Lyonnaise des Eaux ?
C’est une des business unit principales de Suez Environnement. Nous
avons un chiffre d’affaires d’un peu
plus de 2 milliards d’euros annuels.
Notre activité s’articule historiquement (car cela s’est désormais
élargi), autour de la distribution

Nous affichons

très clairement la volonté
de recruter
sans discriminer.



d’eau au citoyen-consommateur
comme vous et moi. Cela recoupe
beaucoup de métiers car la distribution s’inscrit dans un cycle. Nous
allons chercher l’eau là où elle est,
dans les nappes, les rivières... Elle
est traitée dans des usines pour
être rendue potable et apportée
jusqu’au robinet de chacun. La
phase la plus visible de nos métiers
ce sont les salariés que l’on voit

10 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

dans la rue poser des compteurs,
réparer les fuites, poser des canalisations nouvelles ou changer celles
qui nécessitent d’être remplacées.
Les eaux sont ensuite utilisées par
les citoyens et partent dans d’autres
canalisations une fois usées. Traditionnellement, on pense aux eaux
de douche, de lessive, de vaisselle
ou de jardinage mais il faut aussi
penser aux eaux industrielles qui
composent une grande partie des
eaux polluées. L’eau part ensuite
dans des stations d’épuration et,
après retraitement, est rejetée dans
la nature. Ce qu’il faut retenir, c’est
que ces eaux sont souvent plus
propres que quand on les a puisées
à l’origine.
En matière d’emplois, nous avons
donc des métiers qui sont liés à
l’entretien des canalisations et d’autres au traitement. Les premiers
sont proches du génie civil et de la
VRD (voirie et réseaux divers,
ndlr), ce sont des métiers de pose
de canalisation, de réparation et
détection de fuites. Et puis nous
avons les métiers du traitement de
l’eau potable et des eaux usées. Il

faut également penser à toute l’activité clientèle, relève des compteurs, construction des factures,
etc.

Vous dites que vos métiers se sont
étoffés, de quoi s’agit-il ?
Depuis 5 ans, nous faisons en sorte
d’élargir le plus possible ce cycle
de l’eau pour trouver des relais de
croissance. Nous sommes en particulier impactés par ce que l’on
appelle le “smart”, c’est-à-dire les
compteurs intelligents. Il s’agit de
la pose d’antennes sur les compteurs et surtout de la capacité à
récupérer des données et de l’information pour proposer de nouveaux services aux particuliers, aux
industriels, aux gestionnaires de
parcs immobiliers, aux agriculteurs… Nous leur mettons à disposition les grandes caractéristiques de leur consommation et
nous leur permettons de la comparer avec d’autres, pour ensuite
l’optimiser. Cela dépasse largement
le marché de l’eau puisque les
compteurs intelligents touchent
aussi l’électricité, le gaz… Les pro-

www.rebondir.fr

P010-013_REB_211_Mise en page 1 21/02/14 14:43 Page11

cédés que nous avons mis en place
pour notre métier commencent
déjà à servir dans d’autres. GRDF
(Gaz réseau distribution France,
ndlr) par exemple a choisi notre
technologie dans le cadre des futurs
changements des 11 millions de
compteurs.
Autre diversification pour ne citer
qu’elle : nous sommes en capacité
aujourd’hui de gérer des ports fluviaux mais aussi maritimes, de
réhabiliter la nature quand ça se
présente, des cours d’eau, des lacs,
des rivières...

Comment s’organisent les
basculements vers les nouveaux
métiers ? Comment cette transition
est-elle expliquée dans l’entreprise ?
Cela s’organise de manière structurée depuis 2-3 ans, à travers
notamment un accord spécifique
sur l’emploi et la responsabilité
sociale. Il nous fallait une méthodologie de communication et de
gestion pour accompagner ces
changements, c’est ce que l’on
appelle dans le métier la GPEC
(gestion prévisionnelle des emplois
et des compétences, ndlr). Le but
est de permettre à chacun de s’y
retrouver dans les évolutions à travers une communication spécifique
et d’avoir des outils qui leur permettent de se repositionner. C’est
aussi pour nous l’opportunité de

www.rebondir.fr

et 600 alternants
en permanence
dans l’entreprise.



© Franck Courtäs

Combien de salariés comptez-vous
et quels sont vos objectifs de
recrutements en 2014 ?
Nous avons 12 000 collaborateurs.
Pour 2014, nous prévoyons environ
un millier de recrutements, avec
une stabilité des effectifs. Nous
sommes dans une très légère
décroissance dans notre cœur de
métier, mais en augmentation dans
la partie diversification. Reste que
ces nouveaux métiers représentent
aujourd’hui environ 700 personnes
sur les 12 000. C’est encore assez
petit.
Nous avons 700 départs à la retraite
chaque année. Même si nous ne
remplaçons pas forcément tout le
monde, au même poste et de
manière analogue, cela représente
quand même un volume assez fort.

Nous avons à

peu près entre 500

savoir quels sont les métiers qui
vont nous intéresser en matière de
recrutements.
Le deuxième volet, responsabilité
sociale, relève plus de l’image de
l’entreprise et de son intégration
dans la société civile. Petite parenthèse, qui est aussi valable pour
Suez Environnement que pour la
Lyonnaise des Eaux, nous travaillons dans la ville. Nous ne
sommes pas une entreprise qui
réalise des produits manufacturés,
derrière des clôtures et que l’on
retrouve après dans les magasins.
Notre activité consiste à vous amener de l’eau dès que vous ouvrez
votre robinet, à réparer vos fuites
quand vous en avez besoin, à poser
des compteurs quand vous
construisez une nouvelle maison,
à gérer aussi la clôture de votre
compte quand vous bougez. On
ne peut pas ne pas ressembler aux
citoyens. Et nous pensons depuis
longtemps que nous devons être
présents sur tous les sujets liés à
l’insertion, à l’alternance, à la u

Frédéric Henrion,
DRH de la
Lyonnaise des
Eaux.

Quelle est la procédure pour
intégrer la Lyonnaise des Eaux ?
Il faut aller sur notre site Internet
(www.lyonnaise-des-eaux.com)
qui comprend la même Bourse de
l’emploi qu’en interne. Elle est
accessible au public. Mes DRH
locaux ont également des
contacts réguliers avec les
missions locales, Pôle emploi, les
agences d’intérim, etc., pour faire
part de nos besoins. À noter que
cela fait longtemps que nous
avons banni tout ce qui est tests
de graphologie ou autre.
Aujourd’hui, il y a des tests
d’aptitudes spécifiques à des
métiers, comme avec la MRS
(Méthode de recrutement par
simulation, sur laquelle s’appuient
certaines entités régionales de
l’entreprise selon leurs besoins,
ndlr), mais c’est tout. Sinon ce
sont des entretiens. Selon le
niveau du métier, cela peut aller
de deux à cinq.

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 11

P010-013_REB_211_Mise en page 1 21/02/14 14:43 Page12

ACTUALITÉS L’INTERVIEW DU MOIS
mixité, à la diversité de manière plus
large. Sont venus ensuite s’ajouter des
sujets comme les seniors, la pénibilité au
travail, le respect de la vie privée-vie professionnelle, etc. Cela fait donc partie de
nos gènes et de notre culture depuis longtemps. Depuis 2-3 ans, nous avons décidé
de le rendre visible à l’intérieur comme à
l’extérieur. D’où cet accord. C’était aussi
une façon de dire : “L’entreprise change,
il y a des métiers qui disparaissent, d’autres
qui apparaissent. Peut-être que tout cela
se réduit un peu en attendant que le
contexte économique soit meilleur, mais
cela ne nous empêche pas d’être responsables sur le plan social. On peut faire les
deux en même temps”.

Depuis 5 ans,

nous faisons en sorte
d’élargir le plus
possible ce cycle
de l’eau pour trouver
des relais de
croissance.



Que faites-vous pour encourager
la mixité ?
Ce que nous avons décidé de faire
pour progresser, pour chacun de
nos process RH, c’est d’être plus
généreux pour les femmes, à un
taux supérieur à leur proportion
dans l’effectif. Pour donner un
exemple simple et clair, nous
avons aujourd’hui dans
l’encadrement 30 % de femmes.
Et bien quand je vais faire les
augmentations annuelles
individuelles du mois de janvier, je
vais essayer de faire en sorte qu’il
y ait plus de 30 % des heureux
élus qui soient des femmes. C’est
la même chose en matière de
formation. En outre, 50 % des
recrutements cadres concernent
des femmes. En faisant cela, on
fait monter le taux petit à petit. Il
était de 28 % en 2010, il est
aujourd’hui de 30 %.

LYONNAISE DES EAUX EN CHIFFRES :
- Elle distribue de l’eau potable
à 11 millions d’habitants et
dépollue l’eau usée de 12
millions de personnes en
France.
- Handicap : le taux est passé de
2,5 % en 2006 à 5,4 (la moitié
est en emploi direct).
L’entreprise est donc très proche
de l’obligation légale de 6 %.

12 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

Combien d’alternants recherchez-vous
chaque année ?
Nous avons à peu près entre 500 et 600
alternants en permanence dans l’entreprise. Nous en renouvelons la moitié
chaque année, c’est donc 250 nouveaux
tous les ans. Nous avons beaucoup de
formations spécifiques qui ont été créées
par l’entreprise avec des CFA, pour coller
vraiment aux métiers de l’eau.
En matière de recrutements, quels sont les
métiers sur lesquels vous avez les plus
importants besoins ?
C’est sur les métiers traditionnels que
nous avons le plus de nécessités de remplacements. On les retrouve soit dans
les métiers de canalisateurs, d’agents
techniques réseau ou dans les métiers
de l’électro-mécanique. Il n’y en a pas
tellement dans le traitement, contrairement à ce que l’on pourrait penser, parce
que beaucoup de choses sont mécanisées
et automatisées.
Nous cherchons également des agents de
relation clientèle de manière pas forcément
massive mais régulière. Ensuite, ce sont
les nouveaux métiers. Comme je m’amuse
à le dire, à la Lyonnaise des Eaux nous
recrutons des “geeks”. Nous embauchons
des ingénieurs qui sortent d’écoles dans
lesquelles on ne recrutait pas avant comme
d’électronique ou d’informatique.
Avez-vous mis des choses en place au sujet
des contrats d’avenir ?
Oui, avec Suez Environnement qui a
créé une structure qui s’appelle la Maison
pour rebondir, basée à Bordeaux. Elle se

© SUEZ ENVIRONNEMENT- William DANIELS

u

situe à mi-chemin entre les associations
d’insertion et le monde du travail. Elle
aide à faire le lien en créant des cursus.
Quand on prend quelqu’un désinséré
du monde social et de l’éducation depuis
très longtemps, on ne le met pas comme
ça du jour au lendemain dans le monde
du travail. Sinon, on a toutes les chances
que cela échoue. La Maison pour rebondir
est une structure qui trouve les bons
intermédiaires pour, petit à petit, amener
la personne là où il faut au bon moment.
Cela passe par des tas de choses auxquelles on ne pense pas : capacité à avoir
un crédit pour acheter sa voiture,
démarches pour adhérer aux régimes
sociaux alors qu’on est complètement
sorti du système, et puis capacité à recevoir un ordre, à obéir, à s’intégrer dans
une hiérarchie, à travailler avec des collègues, à se lever le matin, à avoir des
horaires… La Maison pour rebondir ne
remplace pas les structures qui s’occupent
de tout cela, mais notre ambition est de
réussir à les faire travailler ensemble
pour créer un cycle qui permet à la personne concernée, quand on la détecte et
la sélectionne, de l’amener après 6 mois,
18 mois, 24 mois s’il le faut, dans un
poste pérenne.
Celle-ci a une vocation régionale à l’origine
mais elle a développé depuis quelques
mois des compétences nationales. Notamment celle de nous aider (Lyonnaise des
Eaux mais aussi autres structures de
Suez Environnement) à profiter des
opportunités qui se présentent comme
les contrats d’avenir. Cela commence à
bouger tout doucement, avec des contrats
d’avenir sur des métiers de base comme
le télé-conseil et la technique réseau.

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Quels sont vos objectifs en la
matière ?
Nous n’en avons pas. Nous avons par ailleurs des obligations administratives chiffrées sur les apprentis et je ne veux pas
que les contrats d’avenir remplacent les
contrats d’apprentissage ou d’alternance,
car en 2015, il faudra passer à 5 %.
Aujourd’hui nous sommes à 4,3 %, ce
qui est un effort important mais qui n’est
pourtant pas au niveau de ce qui sera
demandé dans deux ans. Nous ne devons
pas écorner ce que nous faisons de ce
côté en le remplaçant par des contrats
d’avenir sous prétexte que cela coûterait
par exemple moins cher ou que cela
pourrait répondre à la même demande.
Nous allons nous développer en parallèle
et essayer de faire des efforts sur les deux
domaines. Nous avons donc décidé que
là où nous serons sollicités, nos clients
que sont les collectivités locales commencent à le faire, nous le mettrons en
œuvre.
Sur le millier de postes à pourvoir, quelles
sont les qualités communes que les
candidats doivent avoir ?
Ce qu’il faut dire en préambule, c’est que
nous affichons très clairement, chez Suez
Environnement, la volonté de recruter
sans discriminer. Il n’y a donc pas d’aspects
liés à tous les sujets qui pourraient être
discriminants qui sont pris en compte,
simplement les compétences. C’est-àdire un mélange entre le diplôme et l’expérience. Ensuite il y a d’autres critères
plus liés au code génétique de l’entreprise,
à sa culture. Suez Environnement, Lyonnaise des Eaux… tout cela se ressemble
beaucoup. Nous avons une culture de

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service au public, de grande solidarité
collective, de métiers très liés à l’environnement. Quand nous recevons des
candidats, nous cherchons à percevoir
s’ils ont envie de venir travailler dans cet
environnement. Comme je le disais tout
à l’heure, ce n’est pas un environnement
industriel classique, nous avons des responsabilités très fortes liées au fait que
nous travaillons dans la rue, dans la ville.
Nous ne devons pas perturber le fonctionnement global comme la circulation,
la distribution en eau. On ne pourrait
pas imaginer que notre propre organisation, nos humeurs, notre culture d’entreprise soient contraires à cette obligation
de service public que nous avons et dont
nous sommes fiers.

À quoi un nouveau
collaborateur peut-il s’attendre
en termes d’évolution et de formation
continue ?
Il y a des dispositifs classiques de formation professionnelle, en sachant que nous
faisons beaucoup d’efforts dans ce
domaine puisque notre budget formation
annuel est de 4 % de la masse salariale.
L’obligation légale est de 0,9 %, c’est
donc beaucoup plus. Un tiers est consacré
aux nouvelles technologies, c’est-à-dire à
l’adaptation permanente de nos collaborateurs à l’évolution des métiers ou des
outils qui vont avec. Un autre tiers est
dédié à la santé et à la sécurité, car c’est
un élément fort. Le troisième tiers est
plutôt consacré à la formation managériale, comportementale, etc. À l’intérieur
des 4 %, 0,2 % sont consacrés entièrement
aux métiers qui vont disparaître, pour
reformer les personnes qui sont

aujourd’hui dans des métiers dits fragilisés, détectés dans nos démarches de
GPEC, et leur permettre de changer de
métier avant qu’il ne soit trop tard.
Ensuite, nous avons tout un tas de processus classiques mais communiqués largement, qui sont liés à la capacité de
bouger dans l’entreprise. Cela s’appelle
Destination métier. Il est composé de
petits flyers donnés à tout le monde et
disponibles dans les points d’accueil,
coins café de l’ensemble de l’entreprise.
Vous trouvez des documents expliquant
comment faire son CV, son entretien de
carrière, de recrutement, comment utiliser
la Bourse de l’emploi interne pour aller
détecter et identifier des opportunités
qui permettraient de bouger. Autrement
dit, l’entreprise n’est pas à 100 % responsable de l’évolution de chacun, chacun
est aussi acteur de sa carrière. Nous
faisons faire ces documents par des Esat
(Établissements et services d’aide par le
travail, ndlr) ce qui nous aide aussi dans
notre politique handicap.
Évidemment, l’accord sur l’emploi dont
j’ai parlé tout à l’heure est largement diffusé, chacun reçoit des documents à la
maison pour savoir quels dispositifs il
peut utiliser. Enfin, nous avons des programmes spécifiques qui permettent de
booster des populations particulières.
Par exemple un programme qui s’appelle
Accélérateur de carrière. Tous les 18 mois
environ, nous allons chercher dans notre
population d’employés et d’ouvriers, des
personnes qui sont entrées dans des
métiers de base de l’entreprise mais qui
révèlent un certain potentiel pour manager. Nous investissons sur eux un programme d’à peu près une dizaine de milliers d’euros. C’est un effort important
avec des promotions d’environ 35 personnes qui sont poussées plus tôt, plus
vite que l’évolution naturelle liée à l’ancienneté par exemple. Nous avons les
mêmes programmes pour les passages
entre les agents de maîtrise et les cadres.
Dans la population des agents de maîtrise,
donc le premier niveau d’encadrement,
plus de 90 % des gens (à peu près 2 000),
sont issus de la population employéouvrier.


REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 13

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ACTUALITÉS RENDEZ-VOUS
Aline GÉRARD

SALON DE L’EMPLOI AUTOMOBILE

Le secteur de l’automobile subit une
pleine restructuration. Pour ceux qui
souhaitent s’orienter vers ce domaine,
un nouveau salon ouvrira ses portes le
11 mars sur le site de l’Argus à Paris. Il
est organisé par Autorecrute, site rattaché à la branche Emploi et Carrière
du groupe. Ce premier rendez-vous
portera sur les métiers du commerce
et de l’après-vente. Attention, seuls les
candidats dotés d’une expérience dans
l’automobile ou issus d’une formation
auto seront admis. Ils pourront être
diplômés ou non, en recherche d’emploi
ou de formation. Le salon rassemblera
des entreprises, des écoles et des centres
de formations.

Seront proposés des postes en CDD,
en CDI, des missions à l’international,
des emplois d’avenir, des stages... Un
espace emploi dédié aux travailleurs
handicapés ainsi qu’un village réservé
aux entreprises proposant des formations en alternance seront ouverts pour
l’occasion. À noter que des “Cars de
l’emploi” desservent gratuitement
40 villes normandes (hors agglomération rouennaise) vers le hall de l’exposition (attention, réservation indispensable).
Rouen, Parc Expo
Entrée gratuite
www.carrefouremploi.org

FRANCHISE EXPO PARIS

Paris 10, 11 rue des Petits Hôtels
Entrée gratuite mais inscription obligatoire
www.salonemploiauto.com

LES EMPLOIS EN SEINE

Quelque 200 recruteurs seront présents
pour la 10e édition de ce forum, qui se
tiendra les 13 et 14 mars au Parc Expo
de Rouen. Tous les profils sont ciblés,
quel que soit leur niveau de compétence, de qualification et d’expérience...

14 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

SALON DE L’ENTREPRISE
AQUITAINE

La 32e édition du salon Franchise Expo
Paris aura lieu du 23 au 26 mars, Porte
de Versailles. L’occasion de retrouver
les réseaux qui recrutent, des conseils
ou de participer à des ateliers.
Plus de 500 exposants provenant de
87 secteurs d’activités différents
et issus de 22 pays sont attendus. Les
organisateurs prévoient près de
35 000 visiteurs. Des professionnels
capables d’accompagner, de conseiller
et d’informer les entrepreneurs seront
présents au travers d’échanges, de
conférences et d’ateliers gratuits. Ils
renseigneront les visiteurs sur la franchise et la création d’entreprise.
Paris, Porte de Versailles
Tarif : 24 euros sur Internet, 32 euros sur
place
www.franchiseparis.com

Le Salon de l’Entreprise Aquitaine
accompagne et conseille, grâce à
120 experts de l’entreprise, plusieurs
milliers d’entrepreneurs chaque année
dans la concrétisation de leurs projets,
qu’il s’agisse de création, de reprise ou
de transmission. Les 9 et 10 avril, la
16e édition de cette rencontre propose
un nouveau lieu d’échanges, le Palais
des Congrès de Bordeaux, et un tout
nouveau format autour du concept de
“Boîte” pour répondre aux besoins de
chaque visiteur : La boîte à idées,
Monte ta boîte et Booste ta boîte.
La première proposera notamment de
tester son idée auprès d’experts pour
l’améliorer. Grâce aux “crash tests”, les
porteurs de projets éprouveront leur
concept. La deuxième partie permettra
de finaliser la création ou la reprise
d’entreprise. Des entretiens en face à
face avec des experts seront proposés
mais aussi des ateliers sur les territoires
(comment et où s’installer ?) et l’entrepreneuriat en solo (modalités, évolution des régimes). Enfin, la dernière
vise à répondre à l’isolement et au
départ (cession/ transmission) du chef
d’entreprise.
Palais des Congrès Bordeaux Lac
Vous pouvez vous inscrire sur le site
Internet
www.salon-entreprise.com


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La fra n
pour t

16 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

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LE GRAND DOSSIER
SOMMAIRE
P.20 : LA FRANCHISE OUI…
MAIS QUEL SECTEUR ?
P.22 : UNE FRANCHISE CHÈRE
EST-ELLE SYNONYME DE RÉUSSITE ?
P.24 : ILS SE SONT LANCÉS
AVEC MOINS DE 5 000 EUROS !
P.26 : LE FUTUR FRANCHISÉ :
UN PROFANE…
P.28-29 : COMMENT LIRE UN CONTRAT
DE FRANCHISE ?

a nchise
tous !

Créer son entreprise en franchise
présente de nombreux avantages
notamment en raison de
l’accompagnement offert par
l’enseigne. Et contrairement
aux idées reçues, cette solution ne
s’adresse pas uniquement aux gros
budgets.
Dossier réalisé par Julie TADDUNI

rès de trois Français sur dix (28 %)
aimeraient créer leur entreprise. Parmi
ceux-ci, 43 % des personnes envisageraient la franchise, soit environ 12 %
de l’ensemble de la population*. Toutefois, 33 % estiment que la franchise est trop
coûteuse et que cela représente un frein pour se
lancer. Mais face à ces difficultés économiques,
certains réseaux restent accessibles aux petits budgets et vous permettront de devenir votre propre
patron.

P

UNE SOLUTION AU CHÔMAGE ?

Ce n’est pas parce que l’on

dépense peu que l’on aura une
franchise au rabais.



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“La franchise offre des possibilités pour les petits
budgets, même s’il ne s’agit pas de la majorité des
cas, indique Rose-Marie Moins, responsable de la
formation et de la promotion au sein de la Fédération française de la franchise. Bien sûr, c’est
impossible avec zéro euro en poche car il y a
toujours un droit d’entrée à payer, mais on peut
trouver pas mal de secteurs accessibles en dessous u
REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 17

P016-019_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 10:47 Page18

LE GRAND DOSSIER

La franchise pour tous !

u de 30 000 euros”. Pour elle, créer une entreprise
peut être une solution au chômage et de ce fait, la
franchise a toute sa place car elle minimise la prise
de risque. Et en tant que demandeur d’emploi, vous
pouvez notamment
bénéficier d’aides à la
création.
“Nous sommes beaucoup sollicités par des
commerciaux qui souhaitent se lancer et qui
n’ont pas les moyens
de le faire, ou qui ne
veulent pas prendre le
risque. C’est pourquoi
il y a un an et demi nous lancions un concept de
micro-franchise dans lesquelles nous apportons
80 % du financement, explique Lionel Angesicht,
chargé de développement chez Tryba (menuiserie
PVC, bois et aluminium). Il s’agit de plus petites
agences, dans lequel le responsable est salarié de
Tryba dans un premier temps, et n’a pas d’employés,
la pose se faisant en sous-traitance. En trois ans
maximum, le candidat s’engage à reprendre le reste
des parts sociales, par le biais des dividendes et
devenir ainsi franchisé à part entière. Cela lui permet
de tester le concept”. Si traditionnellement les points
de vente Tryba occupent une surface de 120 mètres
carrés, ces micro-franchises n’en nécessitent que la
moitié. Et nombreux sont les secteurs d’activité qui
proposent ce système. “Les activités qui permettent
de démarrer seul particulièrement. Je pense notamment à l’immobilier, rapporte Rose-Marie Moins.
L’essentiel se fait sur Internet, la personne peut donc

travailler de son domicile, cela coûte bien moins cher
que d’ouvrir une agence”.
D’autres ont choisi de lancer des corners leur permettant d’être présents sur tous les bassins de population, mais aussi de se
rendre plus accessibles
aux petits budgets. “Le
ticket d’entrée se situe
entre 1 000 et 2 000
euros, auquel s’ajoutent
les redevances forfaitaires,
précise Julien Bessières,
directeur de la franchise
Stockerseul.com et Déménagerseul.com. Ce modèle
vient s’adosser à une structure déjà existante de
loueurs, transporteurs ou déménageurs indépendants,
mais on peut tout à fait imaginer qu’un auto-entrepreneur puisse se lancer. Pourquoi pas ?”.

que soit l’enseigne,
“Quelle
il faut appliquer les

fondamentaux de la franchise
lorsqu’on se dit franchiseur.

18 - REBONDIR N° 211

MARS 2014



NI PLUS NI MOINS DE VIGILANCE

Alors pourquoi certains réseaux sont-ils accessibles
avec moins de 5 000 euros tandis que d’autres dépassent les centaines de milliers d’euros ? Beaucoup
d’éléments entrent en compte comme le taux d’investissement nécessaire à l’activité, la notoriété…
Alors faut-il se méfier de ces réseaux pas chers ?
“Quelle que soit l’enseigne, il faut appliquer les fondamentaux de la franchise lorsqu’on se dit franchiseur
et ce, que l’on investisse 10 000 euros ou 1 million
d’euros. Ce n’est pas parce que l’on dépense peu que
l’on aura une franchise au rabais. Il ne faut pas plus
s’en méfier, ni moins”, lance Rose-Marie Moins. Quoi
qu’il vous en coûte, la tête de réseau doit vous

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P016-019_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 10:48 Page19

La franchise offre

des possibilités pour les
petits budgets.


apporter une marque, un savoir-faire, un accompagnement, des process… Ainsi, comme pour tous les
candidats, il est recommandé de rencontrer les membres du réseau afin de prendre la température et de
mieux savoir comment les choses se passent. Cependant, si une enseigne est accessible avec votre budget,
cela veut-il pour autant dire qu’il faut vous lancer ?
UN CHOIX MOTIVÉ

La responsable de la formation et de la promotion
au sein de la Fédération française de la franchise
vient rappeler la dure réalité de la vie d’entrepreneur,
en franchise ou non. “Un créateur d’entreprise a une
charge de travail énorme, surtout à ses débuts. En
franchise, une grande partie du succès de votre affaire
dépend de vous, encore plus quand on démarre seul.
Il faut aller chercher le client, cela demande des compétences qui ne sont pas celles de tous. C’est pourquoi

il faut bien s’évaluer en amont, bien se connaître, et
être certain de son choix”. Pour elle, on ne devient
pas chef d’entreprise par défaut. Elle affirme qu’un
demandeur d’emploi peut rebondir grâce à la franchise,
mais que son choix ne doit pas être uniquement
motivé par le fait qu’il ne trouve pas d’emploi ailleurs.
La franchise n’est pas réservée aux porte-monnaie
bien garnis ! Elle représente ainsi une solution parmi
d’autres à l’emploi. Toutefois, elle nécessite beaucoup
d’investissement personnel et une réelle appétence
pour le monde de l’entrepreneuriat et le secteur
dans lequel on va évoluer. Une réflexion poussée est
donc de mise !

*Enquête annuelle de la franchise 2013 Banque Populaire/ Fédération
française de la franchise/ Institut CSA/ L’Express.

LE CHOIX DU SECTEUR DÉPEND-IL DU BUDGET ?
Rose-Marie Moins, responsable de la formation et de la promotion
au sein de la Fédération française de la franchise :
“Bien sûr avant de se lancer, il faut cibler un secteur et le budget pèsera
fortement dans ce choix. Si lʼon dispose de peu dʼargent, il faut oublier
lʼhôtellerie, la restauration, qui nécessitent de lourds investissements. Ce
nʼest pas une volonté du franchiseur de fermer les portes de son réseau
aux petits budgets, mais les banques refuseront de financer ces projets.
Les secteurs des services sont ceux qui demandent le moins de capital
de départ car il y a peu dʼinvestissement matériel. Cela explique que les
apports demandés soient moins conséquents.”

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REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 19

P020-021_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 10:49 Page20

LE GRAND DOSSIER

La franchise pour tous !

La franchise oui…
mais quel secteur ?
Choisir son futur secteur d’activité est l’une des
premières étapes à franchir pour devenir franchisé.
Ce n’est pas pour autant qu’il s’agit de la plus simple…
Jean-Marc Aubault, associé, directeur national de la
filière Franchise et réseaux de KPMG, et membre du
Collège des experts de la FFF, vous apporte quelques
conseils en la matière.
Par Jean-Marc Aubault (KPMG).

Le secteur d’activité idéal est en phase avec
vos centres d’intérêt et votre expérience

Être franchisé demande un investissement personnel
important. Vous portez votre projet et devrez mettre
la main à la pâte  : mieux vaut donc que vous ayez
des affinités et des compétences relatives au secteur
choisi. Par exemple si vous optez pour une franchise
de restauration, aimer le contact client  et la cuisine

franchise est d’abord une
“La aventure
humaine.

ne suffit pas. Il faut aussi être capable de gérer un
stock, de manager une équipe… Il est donc important
de lister vos envies, vos attentes et vos compétences
afin de pouvoir évaluer les avantages et les inconvénients des secteurs envisagés.
D’autre part, une expérience professionnelle similaire
ou complémentaire au secteur choisi, si elle n’est
pas obligatoire, est conseillée. Une certaine connaissance du marché, de ses spécificités et des concurrents
est un atout pour se lancer. Rassurez-vous, tous les
franchiseurs proposent une formation de base à
leurs nouveaux franchisés, ainsi qu’un accompagnement sur le long terme. Mais en vous concentrant
sur ce que vous savez faire et/ ou ce que vous aimeriez
faire, vous multipliez vos chances de succès.
Votre choix doit répondre à une réelle demande

Tous les secteurs d’activité ou presque sont représentés
en franchise. Pour n’en citer que quelques-uns, les
services à la personne sont toujours en vogue, même

20 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

si face à la concurrence accrue, il est intéressant de
viser un marché de niche ou une approche innovante.
La restauration, rapide ou à thème, est également
une valeur sûre mais c’est un secteur qui demande
généralement beaucoup d’implication et un investissement important.
Pour autant, tous ne sont pas aussi porteurs. Pour y
voir plus clair, renseignez-vous sur les indicateurs
de rentabilité et sur le taux de croissance du domaine
que vous visez. De nombreux annuaires de franchises
recensent ces données et publient régulièrement des
dossiers. Ne négligez pas non plus la presse spécialisée
(comme le Guide ou l’Annuaire de L’Officiel de la
Franchise) afin de repérer les nouvelles tendances.
Le choix d’une franchise est également fonction de
votre apport personnel, certaines demandant un
investissement plus important que d’autres. Ayez en
tête que cet apport doit se situer entre 30 % et 40 %
du montant de l’investissement total. Pour éviter les
désillusions, identifiez bien les frais relatifs au secteur
et à l’enseigne choisis  : outre le local et le matériel
vont en effet s’ajouter les droits d’entrée, les royalties,
les redevances de communication…
Lorsque votre choix se précise, il reste indispensable de
procéder à une étude de marché. Celle-ci vous permettra
de connaître l’historique et les évolutions attendues de
votre secteur, et d’établir un prévisionnel cohérent et
réaliste avec l’aide de votre expert-comptable conseil.
En conclusion, le bon choix de secteur sera celui qui
répond au maximum à vos attentes, à vos envies et à
vos contraintes, tout en répondant à un besoin
identifié de la part des consommateurs. Et surtout,
la franchise est d’abord une aventure humaine  : privilégiez le réseau dont vous partagez les valeurs et
qui saura vous épauler pour réussir.


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LE GRAND DOSSIER

La franchise pour tous !

Une franchi s
est-elle syno n
Souvent jugée coûteuse, la franchise
apporte des bases solides au candidat,
afin qu’il se lance en ayant toutes les
chances de son côté. Toutefois, les
conditions d’accès aux enseignes
varient sensiblement d’un réseau à
l’autre.

Par Laurent Delafontaine, associé fondateur du cabinet
Axe Réseaux, membre du Collège des experts de la Fédération
française de la franchise.

a franchise présente des chances supérieures
de réussite par rapport aux commerces
isolés. La dernière enquête réalisée par
l’Insee permet de constater “un taux de
survie des entreprises franchisées au bout
de 4 ans de 95 %, contre 40 % dans l’ensemble du
commerce de détail et
53 % dans les services”. La franchise ne
garantit pas pour
autant à elle seule le
succès, car selon la
même source, “un
franchisé sur cinq
dépose le bilan au
bout de cinq ans, et
ce, même dans les
concepts éprouvés”.
De ces statistiques, il faut pouvoir identifier quel
type de franchise réussira le mieux, et enfin s’il existe
un lien direct entre le coût financier d’une franchise
et son succès.
Les raisons d’échecs des réseaux de franchises sont
diverses : activité dépendante d’incitation fiscale
ponctuelle, manque de capitaux au démarrage, lenteur
du décollage de l’activité, dysfonctionnement com-

L

mercial du concept... Pour éviter ce type d’échecs, il
faut au préalable à toute signature, reprendre quelques
points clés.
Commencez par vérifier la santé financière de la
société (le montant du capital social, du chiffre d’affaires et des bénéfices dans le temps). Jugez le profil
des dirigeants et leur
parcours (connaissance et expérience
du métier), l’organigramme de la tête de
réseau et en particulier le nombre d’animateurs mis à disposition des franchisés.
Lors des entretiens,
demandez à parcourir
les manuels opératoires ou les logiciels spécifiques.
Vérifiez l’existence d’un plan de formation et d’accompagnement du franchisé pour que vous puissiez
être efficace dans votre nouveau métier et apprendre
les bonnes pratiques. Puis, demandez à rencontrer
des franchisés du réseau (au moins un ancien et un
nouveau). Ceci vous permettra de connaître non
seulement leurs difficultés et leur relation avec le
franchiseur, mais aussi de vous identifier à leurs

Concernant le droit d’entrée,

retenez que son montant n’est pas
lié à l’ancienneté de l’enseigne en
franchise.

22 - REBONDIR N° 211

MARS 2014



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P022-023_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 10:51 Page23

i se chère
o nyme de réussite ?
profils et de bien “sentir” le métier et le point de
vente. Faites-vous expliquer les éventuelles raisons
de fermeture de points de vente.
Fort de réponses satisfaisantes, le franchiseur retenu
doit maintenant justifier son coût financier, souvent
composé d’un droit d’entrée et de redevances d’enseigne.

ment du magasin une équipe pour mettre en place
le stock, les étiquettes, l’informatique… afin que le
franchisé puisse disposer d’un magasin “clés en
mains”. Vous aurez bien compris que toutes ces
actions sont une charge financière pour le franchiseur,
qu’il va reporter en partie sur le droit d’entrée du
franchisé.

DES MONTANTS TRÈS VARIABLES

Pourquoi les coûts financiers liés à une franchise sont
aussi différents d’une enseigne à une autre ? Concernant
le droit d’entrée, retenez que son montant n’est pas
lié à l’ancienneté du réseau en franchise. Ainsi, si
Nespresso se mettait à la franchise, son droit d’entrée
pour un candidat serait probablement très élevé,
même si la marque débute. De même, si l’enseigne
bénéficie d’une reconnaissance immédiate du public,
c’est le cas d’Auchan qui a lancé A2Pas ou de Sodexo
avec Amelis, leur popularité va amener des clients
plus rapidement car ils connaissent déjà l’enseigne.
Ce n’est donc pas une question de longues années
d’expérience du métier de franchiseur, mais davantage
d’une forte notoriété qui peut expliquer un montant
plus élevé d’un réseau à un autre.
Toujours concernant la valeur du droit d’entrée, l’enseigne possède un savoir-faire plus ou moins valorisable. Par savoir-faire, on entend un avantage concurrentiel qui fait la différence avec les concurrents. Par
exemple, La Boucherie qui possède son propre laboratoire de découpe de viande, ou bien Ibis (Groupe
Accor) qui met à disposition de ses franchisés une
centrale de réservation internationale.
En somme, ces exemples permettent à un franchisé
de bénéficier d’un avantage qu’il n’aurait pas eu en
étant un commerçant indépendant. Encore une fois,
plus les investissements et les charges liés au savoirfaire sont coûteux pour le franchiseur, plus le montant
du droit d’entrée sera conséquent.
L’IMPORTANCE DE L’ACCOMPAGNEMENT

La durée de la formation est un autre élément important pour comprendre la valeur d’une franchise.
L’enseigne de restaurants Del Arte forme ses franchisés
environ six mois, a contrario, certaines enseignes de
service à la personne proposent une simple journée
de découverte et d’apprentissage du concept. De son
côté, l’enseigne Barbecue & Co va envoyer au lance-

www.rebondir.fr

Plus les investissements et

les charges liés au savoir-faire sont
coûteux pour le franchiseur, plus
le montant du droit d’entrée
sera conséquent.



Pour compléter le coût d’une franchise, il faut considérer les redevances d’exploitation et de publicité
qui sont distinctes. La redevance d’exploitation rémunère le franchiseur sur son savoir-faire, la redevance
de publicité sur le “faire savoir”.
Difficile de comparer le niveau de redevance d’une
enseigne à l’autre car de nombreux facteurs rentrent
en considération pour obtenir la même base de comparaison. Mais une chose est commune à toutes les
enseignes : les redevances de franchise doivent au
moins couvrir les frais d’animation du réseau (visites
d’animateurs, organisation de convention, newsletter
interne, base de connaissances commune…). Donc,
si cette redevance est inexistante, le franchisé ne
bénéficiera probablement d’aucune assistance ou
émulation de réseau.
Pour conclure, le droit d’entrée et les redevances
sont des valeurs financières qui correspondent en
partie à des éléments abstraits (la notoriété…), mais
aussi aux investissements du franchiseur pour ses
partenaires. Le montage et l’organisation de la tête
de réseau, le recrutement, la formation, l’accompagnement des candidats, l’animation et la formation
des franchisés… tout cela représente des coûts qui
sont répartis chez les franchisés.
Alors retenez ce dicton : “Ce qui ne coûte rien ne
vaut rien”.


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LE GRAND DOSSIER

La franchise pour tous !

Ils se sont lancés avec
moins de 5 000 euros !

Dans les autres enseignes,
“une
seule affichait des prix
équivalents, sinon c’était
beaucoup plus cher.

Auparavant commercial en pièces de rechange automobiles, John Rose devient
franchisé Ecolave (enseigne de nettoyage de voiture sans eau) au mois de
mai 2011. Il choisit la franchise pour lʼaccompagnement quʼelle apporte. “Cʼest
une activité que je me voyais faire, mais le hic était que je ne lʼavais jamais
pratiquée au niveau professionnel”, se souvient-il. Sʼil se tourne vers Ecolave,
cʼest pour plusieurs raisons : “Il y a dʼabord eu une question dʼaccessibilité au
réseau, de coût, je pense que cʼest propre à la majorité des candidats. Cʼest
aussi ce qui fait que lʼon pourra se lancer ou pas. En dehors de coups de
téléphone et dʼe-mails, il nʼy a quʼEcolave que jʼai rencontré. Dans les autres
enseignes, une seule affichait des prix équivalents, sinon cʼétait beaucoup plus
cher”, explique le franchisé. Chez Ecolave, le taux dʼinvestissement étant de
25 000 euros, John Rose a pu se lancer avec un apport de 4 500 euros,
véhicule compris. Un point capital dans sa reconversion professionnelle.
Près de trois ans plus tard, il tire un bilan positif de cette aventure. “Entre temps
jʼavais embauché quelquʼun mais je suis de nouveau seul depuis un an.
Le salaire était trop coûteux et je nʼai pas eu la charge de travail suffisante sur
la durée. Cʼétait trop pour un mais pas assez pour deux ! Je pense que cela
restera comme ça à moins quʼun gros contrat se présente et que je ne puisse
faire autrement. Aujourdʼhui, jʼai trouvé mon équilibre, ma vitesse de croisière”.
Seul objectif pour le franchisé, développer la pose de films solaires en 2014
afin de se diversifier et de pérenniser son affaire.



Avant de se lancer il y a deux ans et demi, Éric Ducasse était dessinateur
en architecture. Une dizaine dʼannées auparavant, il se retrouve confronté
à un problème avec lʼun de ses volets roulants qui ne fonctionne plus.
“Personne ne voulait me le réparer, se souvient-il. Jʼai donc fini par acheter
un kit sur Internet pour tenter de le faire moi-même. Je me suis rendu
compte que ce nʼétait pas trop complexe et quʼil y avait un vrai besoin”.
Le franchisé confie que le taux dʼinvestissement a fait partie des facteurs
déterminants lorsquʼil a choisi son réseau. Reparʼstores demandait
40 000 euros, dont 5 000 euros dʼapport personnel. “Me lancer seul
aurait été impossible comme je ne suis pas issu des métiers du bâtiment,
je ne suis pas titulaire dʼun CAP dʼélectricien ou de maçonnerie. Je me suis
donc rendu à Top Franchise Méditerranée à Marseille où jʼai découvert
Reparʼstores. En parallèle, il y a des enseignes assez chères. La franchise
permet dʼêtre épaulé, dʼavoir un support, un suivi”. Toutefois, lorsquʼil
se lance, Éric Ducasse nʼest que le 20e franchisé du réseau et lʼenseigne
ne possède alors pas dʼanimateur. “Ceux qui signent maintenant
sont encore davantage suivis que lorsque jʼai démarré. Cʼest une
bonne chose que le réseau se consolide”.

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MARS 2014

Ceux qui signent

maintenant sont encore
davantage suivis que
lorsque j’ai démarré.



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LE GRAND DOSSIER

La franchise pour tous !

Le futur franchisé  : un profane…
Le futur franchisé est un profane en matière de franchise.
Aussi, il s’agit pour tout candidat de ne pas oublier qu’il a
le devoir de rester vigilant et de ne pas s’illusionner des
promesses de son futur partenaire.
Par Stéphane Grac, docteur en droit, avocat au Barreau de Nice.

ranchiseur et futur franchisé n’ont pas les
mêmes atouts à la base. Le futur franchisé,
qu’il exerce ou non dans le même secteur
d’activité que le titulaire du réseau, ne dispose
pas des mêmes informations, ni de la même
maîtrise du concept que son vis-à-vis.
Dans ces conditions, le postulant à l’adhésion au réseau
se présente en général comme un non initié et le plus
souvent comme un demandeur à la franchise, ce qui
influe quelque peu sur son discernement au moment
de contracter. On se retrouve dès lors en ce domaine
en présence de deux parties : un “vendeur” et un “acheteur”, autrement dit un “sachant” et un “non sachant”.

F

DES CANDIDATS VULNÉRABLES

Cet aspect relationnel est fondamental et ne doit
jamais être oublié. Le candidat franchisé, de ce seul
fait, ne sera pas en mesure de se
faire une idée objective de sa
future activité, et encore moins
du rôle de son cocontractant et
des rapports de force qui vont se
mettre en place au sein du réseau.
Il ne sera pas non plus en mesure
d’appréhender correctement les
risques encourus.
De plus, le fait de n’avoir bien
souvent aucune compétence dans le secteur d’activité
concerné et par là même de ne pas maîtriser “les
ficelles du métier” constitue une barrière supplémentaire qui rend tout éventuel candidat à la franchise
particulièrement vulnérable aux stratégies purement
opportunistes de certains “franchiseurs”.
Force est dès lors de constater qu’en sa qualité de
tiers à la profession, au concept et au réseau, le futur
franchisé n’est pas en position de force pour s’engager.
En effet, l’individu qui désire profiter de la réussite
d’une franchise ne sait en général pas grand-chose
de l’univers dans lequel il va évoluer et encore moins

Le futur franchisé

n’est pas en position
de force pour
s’engager.



26 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

de la micro société que constitue le réseau. Étranger
à la franchise à laquelle il souhaite adhérer, il n’est
pas en mesure d’accéder à une information complète
lui permettant d’évaluer les aléas et pièges du système
organisationnel et relationnel dans lequel il souhaite
évoluer.
Certes la Loi Doubin en date du 31 décembre 1989,
qui exige la communication d’un certain nombre
d’informations au moins 20 jours avant la signature
du contrat, a permis des avancées considérables,
mais celles-ci n’en demeurent pas moins incomplètes
et de fait largement perfectibles.
Toutefois et par-delà cette nécessité d’améliorer ce
texte qui commence à dater, il est important que
tout candidat à la franchise ait à l’esprit que son
positionnement initial d’extériorité au concept et à
la franchise développée, fait qu’il ne peut avoir qu’une
vision tronquée, incomplète et déformée de la réalité
de son engagement et du réseau.
NE PAS DÉCHANTER

Cette mise en garde est loin d’être une lapalissade,
mais au contraire constitue un avertissement sans
frais. Faute d’en avoir tenu compte, nombre de candidats à la franchise l’ont appris à leurs dépens. En
pratique, le futur franchisé est bien souvent tributaire
d’une vision affective et totalement subjective qu’il a
pu se faire du franchiseur, de son concept et de son
réseau. Ainsi, c’est bien souvent sur la base d’une
opinion partiellement erronée qu’il va se porter
acquéreur du “produit” proposé. En cherchant à
bénéficier d’un concept performant, le futur franchisé
risque de rapidement déchanter et de réaliser la faiblesse de sa position initiale. Il prendra conscience
que face à lui se trouve un spécialiste, maître des
éléments clés du concept (enseigne, nom commercial,
savoir-faire…)  et du réseau alors que lui n’est bien
souvent qu’un postulant parmi d’autres… Candidats
à la franchise, gardez les yeux bien ouverts…


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LE GRAND DOSSIER

La franchise pour tous !

Comment lire un contrat d
Le contrat de franchise sera la loi de ses signataires. Avant qu’un franchisé ne
s’engage avec un franchiseur, il est donc indispensable d’étudier son contrat,
de comprendre ce qu’il dit et ce qu’il ne dit pas, pour en apprécier le sérieux,
les avantages et les inconvénients.

Le candidat franchisé doit faire une
lecture critique du contrat, répertorier ses questions et les étudier avec
un professionnel compétent. S’il est
souvent difficile de modifier le contrat
du réseau dans lequel on envisage
d’entrer, il n’est toutefois pas interdit
d’essayer de négocier certains aménagements à condition qu’ils soient
justifiés. Dans ce cas, ils pourront
être précisés dans un avenant.
Personnellement, je considère que
les clauses suivantes méritent une
attention particulière, étant précisé
qu’avant d’entrer dans un réseau, il
faut toujours savoir comment l’on
en sort.

Par Serge Méresse, avocat.

1 - LE SAVOIR-FAIRE

Il est le cœur et l’objet même du contrat de franchise.
Il doit donc être décrit de manière précise, ne seraitce que brièvement. Le savoir-faire est l’un des éléments essentiels du concept franchisé. Le contrat
de franchise ayant pour objet d’imposer le respect
et l’exploitation du concept du franchiseur et de son
savoir-faire, il est indispensable qu’il en mentionne
le contenu.
2 - LA FORMATION, LE CONSEIL
ET L’ASSISTANCE

Ces prestations sont dues par le franchiseur. Elles
sont importantes parce qu’elles caractérisent par
essence le contrat de franchise.
Elles permettent le transfert du savoir-faire, ainsi
que la mise en œuvre et le contrôle du concept franchisé. Le contenu concret de ces trois obligations
importantes doit être mentionné dans le contrat,
d’autant que le franchisé paie ces prestations avec
le droit d’entrée ou par la redevance, ou encore par
une facturation séparée.

28 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

3 - LA DURÉE

Le contrat peut être à durée déterminée ou à durée
indéterminée. Il faut privilégier ceux à durée déterminée, cette dernière doit être suffisante pour permettre d’amortir les investissements du franchisé
(5 à 7 ans).
Il faut également s’assurer que les préavis de dénonciation et/ ou de renégociation du contrat à son
échéance soient suffisamment longs pour permettre
la négociation de son renouvellement ou la reconversion de l’entreprise. Il faut éviter les contrats à
durée déterminée “sèche” et être attentif aux clauses
de renouvellement par tacite reconduction.
Les contrats à durée indéterminée sont par nature
plus précaires car leur durée de vie peut être celle
de leur préavis de dénonciation (3 à 12 mois en
général).
Le franchisé doit donc être attentif à cette question
qui aura une influence sur l’amortissement de ses
investissements et sur ses projets professionnels.
4 - LES CONDITIONS D’APPROVISIONNEMENT

Qu’il s’agisse de produits ou de services, que l’approvisionnement soit assuré par le franchiseur, par
des fournisseurs référencés ou par une centrale
d’achat ou de référencement, le circuit de l’approvisionnement doit être précisé.
De même, les conditions d’achat (prix, délais, rabais et
remises) ainsi que les conditions de coopération commerciale négociées avec les fournisseurs doivent être
mentionnées comme leurs modalités de reversement
aux franchisés. Les conditions d’achat, avec les marges
réservées aux franchisés, sont d’ailleurs nécessaires
pour établir les comptes d’exploitation prévisionnels.
L’exclusivité d’approvisionnement auprès du franchiseur peut être totale ou partielle. Elle n’est pas
imposée par la loi mais seulement par la volonté du
franchiseur. Elle doit donc être justifiée. En tout
état de cause, les franchisés sont libres de s’approvisionner entre eux.

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t de franchise ?
L’approvisionnement exclusif auprès du franchiseur
pour les produits qui caractérisent son savoir-faire
est limité entre 5 et 10 ans, mais l’exclusivité n’a pas
vocation à s’étendre aux produits ou services complémentaires et/ ou accessoires.
5 - LA NON-CONCURRENCE

Pendant ou après le contrat, elle est souvent imposée,
mais elle n’est pas obligatoire et doit être justifiée.
Pendant le contrat, il faut en étudier les limites : les
activités concernées, les produits ou services qu’elle
touche, ainsi que les personnes qu’elle vise. Ces
clauses peuvent être un frein au développement des
activités de l’entrepreneur
franchisé et à la diversification de ses investissements.
La clause de non-concurrence post-contractuelle
est en revanche très dangereuse parce qu’elle peut
avoir pour conséquence
de “tuer” l’entreprise du
franchisé à l’échéance du
contrat, ou de lui faire perdre son fonds de commerce
ou encore de lui faire perdre sa liberté de sortir du
réseau ou de vendre son entreprise sur le marché.
Il faut donc prendre garde à la portée de ces clauses,
quitte à se détourner du franchiseur avec lequel on
envisageait de s’associer. Ces clauses font d’ailleurs
l’objet d’un contentieux fréquent.

à la baisse. Couplées au droit d’agrément, ces clauses
limitent la valeur et la liberté de vente du franchisé.
7 - LA RÉSOLUTION DES CONFLITS

Il est bien de prévoir une médiation préalable à la
condition qu’elle soit librement organisée et qu’elle ne
soit pas pré-établie par un organisme, quel qu’il soit.
Les clauses d’arbitrage doivent être examinées avec
attention. Je déconseille les clauses d’arbitrage qui
imposent a priori un arbitrage institutionnel (Fédération française de la franchise, chambre de commerce, ou autres organismes) parce que le choix
des arbitres, les coûts, les procédures et les règles
de droit applicables sont imposés
et ne permettent
pas aux parties
d’organiser ellesmêmes leur procédure dans le
respect des principes d’indépendance et d’impartialité.
L’arbitrage ad hoc doit donc être privilégié car il
laisse aux parties la liberté de choisir leurs arbitres,
d’organiser leur procédure et d’en contrôler le coût.
Quant à l’attribution de compétences à une juridiction
déterminée, elle est classique en matière commerciale.

Le savoir-faire doit être décrit

de manière précise, ne serait-ce
que brièvement.


8 - L’ÉCONOMIE DU CONTRAT
6 - PRÉEMPTION-AGRÉMENT

Les franchiseurs veulent toujours contrôler la vente
du fonds de commerce, ou bien des parts ou actions
de la société franchisée. Ces clauses doivent être
étudiées de très près car elles affectent le droit de
propriété, la valeur de l’entreprise franchisée et finalement le patrimoine du franchisé lui-même. De
nombreux schémas sont possibles. Ils méritent tous
une attention particulière.
À mes yeux, seul le droit de préemption à prix et
conditions identiques peut concilier l’intérêt du
franchisé, du réseau et du franchiseur.
Les droits de préférence ou les promesses unilatérales
de vente doivent être analysés avec beaucoup d’attention car ils peuvent avoir pour effet de rendre la
vente de l’entreprise très difficile et affecter son prix

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Il en va des contrats comme des franchiseurs : il y en
a des bons et des mauvais, sachant qu’un bon contrat
avec un mauvais franchiseur ne vaut pas un bon
franchiseur avec un mauvais contrat. L’idéal étant
bien sûr d’avoir le bon franchiseur et le bon contrat.
Cela étant, avant de signer, chaque franchisé doit
mener une réflexion sérieuse et approfondie sur son
projet, ses motivations, ses moyens, ses objectifs. Il
doit aussi s’informer sur le franchiseur, sa personnalité
ou la culture d’entreprise qui est la sienne.
Les secteurs d’activité, l’étude des marchés concernés,
la politique de développement du réseau ou encore les
structures de dialogue qui peuvent exister en son sein,
sont autant de critères à prendre en compte pour
avoir une bonne lecture du contrat de franchise.


REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 29

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DÉCOUVRIR ENQUÊTE

Après la maladie,
l’épreuve du retour à l’emploi
Devoir affronter une maladie grave est déjà une épreuve. Malheureusement, le retour à
l’emploi est aussi souvent un autre parcours du combattant. En particulier pour ceux qui
sont au chômage. Mais différents acteurs du monde social se mobilisent et font bouger
les lignes, pour une réinsertion professionnelle dans les meilleures conditions.

’est un fait. La maladie est un coup dur
dans la vie personnelle mais aussi dans
la sphère professionnelle. “Un salarié sur deux qui
s’arrête de travailler 6 mois à cause
d’une maladie ne reprend pas son
activité. Un an après ils sont 75 %
à ne pas reprendre leur emploi”,
explique Christine Salaün, coach
en communication et mécénat,
présidente fondatrice et bénévole
du fonds de dotation Ereel (qui

C

social de la Cramif (Assurance
maladie d’Île-de-France). Vous
aurez besoin de vous faire accompagner, et les services sociaux le
savent. Ainsi, toutes les personnes
en arrêt de travail de plus de
3 mois reçoivent une proposition
d’accompagnement de la Cramif
ou de la Carsat (Caisse d’assurance
retraite et de la santé au travail).
À noter que cette aide s’adresse
aussi bien aux personnes qui
avaient un emploi avant de tomber
malades qu’à celles qui étaient au

Vous pouvez vous retrouver face à

des employeurs que la maladie effraie,
par peur de rechute par exemple.

organise notamment des ateliers
pour des femmes qui retournent
sur le marché de l’emploi après
un cancer). Surtout que pour faire
valoir ses droits, la personne malade
va devoir être proactive. “Le problème de santé est déjà très prenant
et en même temps ce sont ces personnes qui doivent déclencher une
coordination des différents acteurs”,
illustre Françoise Lancelot, gestionnaire de projets au service

30 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

chômage. En tant que demandeur
d’emploi, ne pouvant plus vous
consacrer à votre recherche, vous
avez aussi le droit à des aides
comme le rappelle Françoise
Lancelot  : “Vous pouvez toucher
une indemnité journalière. L’arrêt
maladie prescrit est à envoyer à
Pôle emploi”. Un élément que certains demandeurs d’emploi ont
tendance à oublier. Or, c’est seulement en faisant cette démarche

que vous recevrez une proposition
d’aide de la Cramif ou du Carsat
pour vous accompagner dans votre
réinsertion professionnelle.
RACONTER OU NE PAS
RACONTER : TELLE EST
LA QUESTION

Une fois la maladie vaincue ou
lorsque vous êtes apte à reprendre
un emploi, la grande problématique
est celle du trou dans le CV. “On
peut dire que l’on a fait une pause.
Il n’y a aucune obligation à révéler
que l’on était malade”, conseille
Christine Salaün. En effet, vous
pouvez vous retrouver face à des
employeurs que la maladie effraie,
par peur de rechute par exemple.
Et le contexte économique ne les
aide pas à être plus compréhensifs.
“Le marché de l’emploi se dégrade
de plus en plus. Jusqu’à il y a deux
à trois ans, on ressentait une compréhension des employeurs. Ils n’accordaient pas trop d’importance
à une période d’inactivité.
Aujourd’hui, la situation est très
complexe. Il y a tellement de candidats pour une offre qu’ils ont
tendance à écarter celles de ceux
qui présentent des trous. Je trouve
que les choses se sont durcies”,
constate Nelly Lepelletier, directrice
du CFI (conseils et formation indi-

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La maladie est un coup

dur dans la vie personnelle
mais aussi dans la sphère
professionnelle.



Le témoignage de Brigitte Dagobert :

FAIRE LE PARI DE
LA RECONVERSION
“Je suis sortie de lʼécole à 16 ans,
et aujourdʼhui jʼen ai 52. Pendant toutes
ces années, jʼai travaillé comme aidesoignante à lʼhôpital de Vire (Calvados)”,
explique Brigitte Dagobert. Mais en
octobre 2010, elle est contrainte de
quitter son emploi, suite à une
succession dʼennuis médicaux graves
dont un cancer du sein et une tumeur au
cerveau. Aujourdʼhui, elle en garde de
fortes séquelles, dont une maladie qui
touche les nerfs de ses jambes et
lʼempêche de rester debout longtemps.
Elle a donc dû penser à la reconversion :
“Jʼai voulu retravailler mais ce nʼétait pas
possible comme aide-soignante. Cap
emploi mʼa proposé une reconversion.
On a essayé de cibler ce que je pouvais
faire. Jʼai donc tenté le métier de
caissière”. Finalement, ses douleurs aux
jambes ne lui permettent pas dʼoccuper
ce poste. Pourtant, financièrement,
Brigitte Dagobert se trouve dans une
situation difficile. “Les indemnités
baissent beaucoup au bout de deux ans.
Jʼétais arrivée à 334 euros par mois,
alors quʼavant je touchais lʼéquivalent de
mon ancien salaire”. En se remettant à
la recherche dʼun emploi, elle peut
maintenant toucher le RSA. Étant donné
quʼelle a une fille à charge, elle reçoit
désormais 520 euros. Elle sʼest fait
reconnaître travailleur handicapé et ne
compte pas le cacher, au contraire : “Je
peux aussi avoir la chance de tomber sur
un employeur qui a un intérêt à recruter
un travailleur handicapé”, confie-t-elle.
Sinon, Brigitte Dagobert compte sur
une nouvelle reconversion toujours
accompagnée par Cap emploi, tout en
tentant de solliciter dʼautres aides
financières.

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viduelle) à Vire (Calvados) qui
suit notamment des personnes
qui ont eu un accident de santé.
Même si au final, il y a toujours
des exceptions, Nelly Lepelletier
remarque qu’elles sont souvent le
fait de petites sociétés ou d’artisans
où il y a notamment moins de
hiérarchie et plus d’humain. Elle
a pu ainsi elle-même voir des
recruteurs compréhensifs qui s’arrangent avec le futur salarié : “Par
exemple, une des personnes que
l’on suivait a trouvé une place
dans une boulangerie, en passant
progressivement d’un CDD à
temps partiel à un CDI à temps
plein.” Finalement, si vous n’avez
pas de séquelles et donc pas besoin
d’aménagements, rien ne vous
oblige à en parler. Le contexte
économique vous dissuade même
de le faire.
SE FAIRE RECONNAÎTRE
TRAVAILLEUR HANDICAPÉ ?

Mais pour ceux qui ont encore
des séquelles ou une maladie incurable, est-il vraiment possible de
concilier ce facteur à une reprise
d’activité  ? Il existe le mi-temps
thérapeutique, mais il est réservé

aux personnes qui avaient déjà un
emploi et veulent le reprendre à
temps partiel. Elles bénéficient
dans ce cas de la possibilité de
toucher des indemnités journalières, sous conditions, en plus de
leur salaire. Ceux qui sont au chômage peuvent eux-mêmes se mettre à la recherche d’un temps partiel. Mais encore faut-il que celui-ci
corresponde à vos besoins si vous
nécessitez des aménagements.
Ainsi, la meilleure solution pour
les personnes qui ont des séquelles
est bien souvent de les faire reconnaître. “Les candidats peuvent
demander une reconnaissance de
travailleur handicapé auprès de
la MDPH (Maisons départementales des personnes handicapées,
ndlr). Même si c’est un terme difficile à entendre quand on est
malade”, reconnaît Françoise Lancelot. Pourtant, cette reconnaissance va vous permettre, entre
autres, d’être ensuite redirigé vers
le Cap emploi, spécialisé dans le
placement professionnel des personnes en situation de handicap.
Une façon beaucoup plus efficace
de trouver un emploi adapté. ■
Innocentia AGBE

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 31

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DÉCOUVRIR TRAVAILLER EN...

Des recrutements dans la construction seront effectués à Montpellier dans le cadre de grands chantiers.

Languedoc-Roussillon :

optez pour la case
formation
Le Languedoc-Roussillon présente un taux d’inscrits à Pôle emploi supérieur à la
moyenne nationale. La région recrute néanmoins et connaît même une pénurie de
candidats formés pour l’industrie, le BTP et l’agroalimentaire.

“L

’atout majeur du
Languedoc-Roussillon, c’est le
soleil !”, répondent
volontiers les habitants de la région. En matière
d’emploi, en revanche, la situation
est un brin plus morose. En
décembre 2013, le nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégories
A, B et C était en hausse de 6,2 %
(contre + 6 % en France). En catégorie A (demandeurs d’emploi

32 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

n’ayant pas du tout travaillé), l’écart
se creuse avec la France : il augmente de 7,3 %, contre une hausse
de 5,7 % sur l’ensemble du pays. À
l’échelle des départements, cette
réalité est extrêmement nuancée.
La Lozère, département le moins
peuplé (77 000 habitants en 2013
selon l’Insee), a vu son taux de
chômage en catégorie A n’augmenter que de 3,5 %, mais c’est aussi le
département qui propose le moins
d’offres d’emploi. L’Aude (367 000)

se situe déjà au-dessus de la
moyenne nationale avec une hausse
de 6 %, suivi de l’Hérault (1 million,
7,2 %), des Pyrénées-Orientales
(460 000, 7,2 %), puis du Gard
(734 000, 8,2 %). Par rapport au
dernier trimestre 2012, le dernier
trimestre 2013 a vu chuter le nombre d’offres collectées par Pôle
emploi  de 3,8 % (- 1 % à l’échelle
nationale). C’est l’Hérault qui est
le département le plus pourvoyeur
d’emplois, notamment du fait des

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chantiers qui viennent d’être lancés
(voir encadré p.34). Suivent ensuite
à égalité le Gard et les PyrénéesOrientales, puis l’Aude.
RENCONTRER DIRECTEMENT
LES EMPLOYEURS

Néanmoins, les chiffres de Pôle
emploi sont à relativiser. “Plus d’un
recrutement sur deux est effectué
sans qu’il y ait de publication d’annonce, explique Philippe Soussan,
responsable d’Emploilr.com, un
site de diffusion d’offres sur la
région. Comme la demande est
importante, les entreprises recrutent
directement auprès d’un vivier
auquel elles ont accès. Les
embauches se réalisent par candidatures spontanées, par cooptation,
par bouche-à-oreille… La première
émission des offres circule toujours par oral.” Grégoire Monteil,
directeur de la zone LanguedocRoussillon chez Adecco, confirme
ce constat sur certains secteurs.
“Toute recherche d’emploi saisonnier
s’effectue auprès de l’employeur.
C’est le cas pour le tourisme, les
travaux liés aux exploitations agricoles, au secteur vini-viticole. Mais
ces segments n’emploient de personnel que de juin à octobre.” Ce
constat se vérifie aussi sur les secteurs qui sont liés au caractère
attractif de la région, et notamment
auprès des personnes âgées. “La
population de la région continue
d’augmenter, et la part de retraités

TROIS QUESTIONS À
Jean-Yves Lemercier,
directeur de l’Ifria LR (Institut
de formation régional des
industries alimentaires),
créé par les représentants
des branches en région et
l’Association régionale des
industries agro-alimentaires
du Languedoc-Roussillon
(ARIA-LR).

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est importante. Les besoins dans
ce segment sont ainsi dopés.”
Philippe Soussan conseille donc à
ceux qui cherchent du travail dans
la région d’aller au contact des
employeurs, d’exploiter tous les
réseaux possibles (du type association) et de se rendre sur les
salons professionnels. La tâche est
ardue car le tissu économique est
constitué d’un ensemble de TPE
et de PME, les besoins sont donc
difficiles à saisir. “Il faut consacrer
30 % de sa recherche à regarder
des annonces mais 70 % de son
temps à chercher des opportunités
directement sur le terrain.”
Néanmoins, le responsable d’Emploilr.com indique qu’il vaut mieux
anticiper sa venue dans la région,
avant de s’y installer pour travailler.
“En venant en vacances, des personnes trouvent la région super et
décident de s’y installer, remarque
Grégoire Monteil. Or, il vaut mieux
s’informer d’abord sur les secteurs
ou les entreprises qui recrutent, c’est
trop difficile sinon.”

APPRENTIS DANS
L’INDUSTRIE
Le CFAILR (Centre de formation
d’apprentis de l’industrie LanguedocRoussillon) offre aux jeunes
l’opportunité de se former sur les
métiers industriels qui recrutent dans
la région. Le centre propose des
apprentissages en informatique,
électronique, électrotechnique,
structures métalliques, et productique.
Les niveaux de diplôme vont du CAP
à la licence professionnelle.
Le centre organise une journée portes
ouvertes le 2 avril et sera présent sur
différents salons : le Forum Métiers
Emploi à Méjanne-Lès-Alès le 20 mars,
Forum Alternance à Béziers le 8 avril
et Dominitia Sup à Narbonne le 17 avril.

PRÊT À ÉVOLUER ?

En revanche, le bouche-à-oreille
ne suffit pas à combler les besoins
de certains secteurs en tension.
“On observe un déséquilibre de
l’offre et de la demande dans l’industrie, souligne Philippe Soussan.
Il y a un déficit pour les postes de
soudeurs, d’électromécaniciens, de
techniciens de maintenance ou u

de l’industrie
“Leset entreprises
de l’agro-alimentaire

En quoi consiste lʼIfria ?
Il sʼagit dʼune structure professionnelle paritaire
qui forme des jeunes en alternance. Notre comité
dʼadministration est composé de chefs
dʼentreprises. Nous recrutons des jeunes et les
formons pour répondre aux attentes des
entreprises. Sʼil y a une formation, cʼest quʼil existe
un besoin, les jeunes nʼont pas à chercher de
société. Il sʼagit dʼindustries qui transforment les
produits, telles que Nestlé, Danone, Pernod
Ricard.
Quels types de formation propose votre Institut ?
Nous proposons des contrats en apprentissage
Les candidats doivent donc être âgés de 26 ans
maximum. Un bac professionnel de pilote de

manquent de
personnels formés.



lignes de production sʼadresse aux jeunes qui ont
un niveau seconde. Comme ils doivent travailler
sur des machines dangereuses, nous ne prenons
que des candidats ayant plus de 18 ans. Pour des
candidats ayant le niveau bac, nous proposons
des formations en alternance pour différents BTS :
maintenance industrielle, viticulture-œnologie,
puis des formations commerciales mais pour des
niveaux licence et master.
Les apprentis trouvent-ils rapidement un
emploi à lʼissue de leur formation ?
Sur les 230 apprentis formés par an, nous
évaluons à 70 % le taux de placement en CDI
ou en CDD. 10 à 15 % des diplômés poursuivent
leurs études ou partent à lʼétranger.

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 33

P032-034_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:00 Page34

DÉCOUVRIR TRAVAILLER EN...

Les plages de la côte, comme à Collioure, recrutent sur la saison estivale.

pour les secteurs de l’agro-alimentaire, comme pour les chaînes
d’embouteillement. Les entreprises
manquent de candidats formés.”
Grégoire Monteil observe également de gros besoins dans les secteurs du bâtiment et des travaux
publics ainsi que dans la logistique.
“Les candidats non qualifiés pourront être recrutés pour des postes
de manœuvres, sur des métiers du
gros œuvre, comme manutentionnaire ou pour le chargement des
camions.” À défaut de qualification,

u

DEUX GROS CHANTIERS
SUR LA RÉGION !
La région vient de lancer plusieurs chantiers qui
vont impliquer des recrutements dans le secteur
de la construction.
Le dédoublement de l’autoroute AP
(zone Montpellier)
Pôle emploi recrute depuis fin janvier des
ouvriers VRD, des canalisateurs, des coffreurs
brancheurs, des conducteurs d’engins de
chantier, des mécaniciens d’engins de chantier et
des chauffeurs poids lourds.
La ligne LGV
(contournement Nîmes-Montpellier)
Selon Pôle emploi, ce site recrute des candidats
ayant deux ans d’expérience minimum : ouvriers
VRD, coffreurs brancheurs, conducteurs d’engins
de chantier et manœuvres travaux publics. “Sur
3 ans, le chantier devrait créer 300 emplois”,
estime Grégoire Monteil, directeur de la zone
Languedoc-Roussillon chez Adecco.

34 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

La ville de Nîmes accueillera le salon TAF les 25 et 26 mars.

le candidat sera recruté sur sa motivation et sur sa volonté d’évoluer.
“Ceux qui seront prêts à passer des
habilitations de deux, trois jours
pour obtenir des permis de conduire
sont donc recherchés. Après, il sera
assez facile d’évoluer. Un travailleur
respectueux des consignes, des règles,
des hiérarchies et qui s’investit peut
devenir chef de chantier.”
Pour travailler dans la région, il
peut aussi être utile de se tourner
directement vers les organismes
de formations, tels que l’Afpa (association pour la formation professionnelle des adultes), le Greta LR
(groupement d’établissement pour
l’enseignement), Infrasud (organisme de formation associatif privé)
ou encore Atout Métiers LR, pour
connaître les besoins des entreprises
locales (voir encadrés). Quant aux
salaires, Philippe Soussan considère
qu’ils fondent avec le soleil  quand
on arrive dans la région ! La réalité
semble un peu moins sombre. Selon
le baromètre Randstad des rémunérations des non-cadres en 2013,
la moyenne pour le LanguedocRoussillon était de 1 525 euros
bruts mensuels. Il se situait en
7e position sur les 21 régions métropolitaines, soit au-dessus de la
moyenne nationale, qui était de
1 521 euros.

Chloé GOUDENHOOFT

EN MARS :
RENDEZ-VOUS SUR LES
SALONS TAF
Les salons TAF (travail, avenir,
formation) sont co-organisés par
la Région, les missions locales,
Pôle emploi et les communautés
dʼagglomérations. Ils sʼadressent
à des personnes en recherche
dʼemploi ou de formation, quel que
soit leur niveau ou leur statut. Les
événements donneront accès à
des offres dʼemploi et des
informations sur les formations
disponibles.
Il sera possible de découvrir le
système de lʼalternance grâce
à la présence dʼorganismes de
formation et dʼentreprises qui ont
adopté ce dispositif. Elles devraient
proposer des offres concrètes
dʼemplois ou de stages. Des
espaces thématiques dédiés au
recrutement et à la formation seront
ouverts pour répondre aux attentes
des demandeurs dʼemploi, de ceux
qui souhaitent travailler en
entreprise tout en se formant, de
ceux qui recherchent une formation
ou des conseils sur leur orientation.
Carcassonne : du 18 au 19 mars
Montpellier : du 20 au 21 mars
Nîmes : du 25 au 26 mars
Perpignan : le 27 mars
Lʼaccès aux salons est gratuit.

www.rebondir.fr

P032-035_REB_211_Mise en page 1 20/02/14 16:43 Page35

francebleu.fr

Lancement du prix
France Bleu
des libraires
indépendants
de mars à novembre 2014
sur les 44 stations
du réseau France Bleu

Lisez, on est bien ensemble

FBRebondirPrixLibraires indd 1

18/02/14 13:55

P036-039_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:01 Page36

DÉCOUVRIR UN PAYS, DES EMPLOIS

Italie : un pays aux
Sa jolie langue, sa gastronomie, sa culture, l’Italie possède
plus d’un argument pour attirer les personnes en quête
de nouvelles opportunités.
Malheureusement, du côté
du marché de l’emploi, la
situation est beaucoup moins
idyllique. Mais en fonction
de votre secteur, vous pourrez
peut-être y trouver votre
bonheur. Surtout que l’Italie
est divisée en deux parties,
dont une est plutôt dynamique.
Les expatriés plébiscitent le pays, ici à Rome, pour sa qualité de vie, la beauté des villes, la gastronomie,
un certain raffinement à l’italienne.

a situation économique
en Italie n’est pas facile.
Une réalité qui se traduit
notamment par un fort
taux de chômage. Une
conjoncture finalement assez
proche de celle de la France. Ce
qui différencie le pays est son clivage extrêmement marqué entre
le Nord, en bonne santé, et le Sud,
qui souffre. “Le taux de chômage
est de 12,7%. Mais il y a une grande
différence entre le Nord qui enregistre un taux de 8,5 % et le Sud
qui atteint 18 %”, illustre Didier
Bourguignon, directeur d’Ubifrance
Italie. Ainsi la réalité du pays est
difficile à saisir à travers des
moyennes nationales. Certaines
parties du Nord du pays ont même
des taux de chômage particulièrement bas. “Il y a des régions qui
oscillent entre 4 % et 6 % de taux
de chômage. À l’exemple de la province de Bolzano. Dans la partie

L

36 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

nord-est, au-dessus de Venise, dans
la région Frioul-Vénétie Julienne
le chômage est aussi bien moindre
que la moyenne nationale. Il est
divisé par deux”, illustre Marie Di
Benedetto, conseillère Eures à Pôle
emploi international. Le tissu économique est donc radicalement
différent dans les deux parties du
pays. Le Nord est davantage marqué par l’industrie voire l’industrie
de pointe, tandis que dans le Sud
les activités agroalimentaires et de
services sont plus présentes. Ce qui
expliquerait la meilleure situation
économique du Nord. “Il y a au
moins deux Italie”, commente
Didier Bourguignon. Le chômage
des jeunes est aussi une problématique, puisqu’il atteint 41,6%
au niveau national. À noter que si
Rome est la capitale administrative,
c’est Milan qui est considéré comme
la capitale économique. Ainsi Rome
n’offre pas forcément beaucoup

d’opportunités aux expatriés. Y
trouver du travail pour un Français
peut même s’avérer particulièrement difficile : “On y retrouve surtout de l’administratif. Il y a aussi
des banques mais en Italie le système bancaire est très régional”,
explique Marie Di Benedetto. Dans
le pays, il y a quand même évidemment des secteurs dynamiques
et susceptibles de vous embaucher,
mais notez qu’avoir un niveau
d’italien courant est impératif, à
quelques exceptions près.
NOUVELLES TECHNOLOGIES,
TOURISME ET SANTÉ

Vous pourrez peut-être faire l’impasse sur le niveau d’italien courant pour certains postes saisonniers. Dans le tourisme, l’hôtellerie
et la restauration, plusieurs tours
opérateurs embauchent des Français pour accueillir leurs homologues pendant une saison. Ils

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P036-039_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:01 Page37

deux visages

RECHERCHER
DES OPPORTUNITÉS
DEPUIS LA FRANCE
Site Web des principaux médias
La Republica : miojob.republica.it
La Stampa : www.lastampa.it
Il Giornale : www.ilgiornale.it
Bollettino del lavoro :
www.bollettinodellavoro.it
Sites Internet
Pôle emploi international :
www.pole-emploi-international.fr
Réseau européen de lʼemploi, Eures :
http://ec.europa.eu/eures
Ministère du Travail italien (possibilité
de publier son CV) : www.clicklavoro.it

Rome abrite surtout des emplois administratifs,
qui ne sont pas forcément accessibles aux expatriés.

Le niveau de vie de certaines
villes est plus proche de celui de
la Suisse que de la France,
comme à Bologne.

recrutent, entre autres, des animateurs ou des réceptionnistes.
À l’exemple d’entreprises comme
Costa Croisières ou Aeroviaggi.
Sinon, pour ceux qui ont un bon
niveau d’italien, différents secteurs
sont dynamiques. “Ce sont un peu
les mêmes domaines qu’en France.
On retrouve le Web, le numérique,
la communication sur Internet,
le e-commerce. Il y a aussi la pharmacie, la biologie et tout ce qui
est lié au médical”, cite Didier
Bourguignon. Marie Di Benedetto
mentionne aussi le domaine de la
santé avec notamment l’accompagnement de personnes âgées et
les nouvelles technologies.

faut faire attention, car il risque
aussi d’y avoir beaucoup de postes
proposés en volontariat”, développe
Didier Bourguignon. De son côté,
Marie di Benedetto cite le projet
de construction d’un train à grande
vitesse entre Lyon et Turin. “On
parle du recrutement d’environ
5 000 personnes”, ajoute-t-elle. Il
s’agirait essentiellement de postes
en travaux publics partagés entre
la France et l’Italie. Mais attention,
le TGV en est encore au stade de
projet et rien n’a vraiment été
engagé.

DES PROJETS À VENIR

Marie Di Benedetto revient aussi
sur une caractéristique importante
du marché de l’emploi en Italie  :
“Il est beaucoup lié au réseau relationnel. Il y a moins la culture de
la transparence des offres d’emplois”. C’est aussi un phénomène
qui existe en France, mais il est
beaucoup plus marqué dans la
péninsule selon la conseillère
Eures. Ainsi, entre le taux de u

En plus de ces secteurs qui bougent, certains projets à venir
devraient créer de l’emploi. En
2015, Milan sera la ville qui accueillera l’exposition universelle. Même
s’il est difficile de savoir dès maintenant quels seront exactement la
proportion et le type d’opportunités. “Cet événement peut créer
des emplois temporaires. Mais il

www.rebondir.fr

L’OPTION
VOLONTARIAT INTERNATIONAL
EN ENTREPRISE

Exemple dʼentreprises de travail
temporaire (liste complète disponible
sur le site du Ministère du Travail
italien)
www.risorse.it
www.umana.it
www.adecco.it
www.lavoromio.it
www.humangest.it
www.manpower.it
www.kellyservices.it
www.roberthalf.it
www.vedior.it
www.alispa.it
www.linklavoro.it
www.synergie-italia.it
www.tempor.it
Quelques autres sites
www.infojobs.it
www.jobrapido.it
www.lavoro.org
www.jobonline.it
www.stepstone.it
www.monster.it
Trouver les entreprises italiennes
par secteur
www.europages.com
www.kompass.com (payant)
Liste des filiales françaises en Italie
www.chambre.it
Source : Pôle emploi.

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 37

P036-039_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:02 Page38

DÉCOUVRIR UN PAYS, DES EMPLOIS
La particularité de l’Italie
est son clivage extrêmement
marqué entre le Nord, en
bonne santé, et le Sud, qui
souffre. Ici, Milan, au Nord,
une ville dynamique.

chômage élevé et les opportunités qui ne sont pas diffusées par
annonce, votre recherche d’emploi
peut devenir très difficile, même
si vous postulez dans un secteur
dynamique. Ainsi pour Didier
Bourguignon, la meilleure façon
de venir travailler en Italie est de
passer par un VIE (Volontariat
international en entreprise). Pour
rappel, il s’agit d’un dispositif qui
permet aux entreprises françaises
de confier à une personne une
mission professionnelle à l’étranger
durant une période comprise entre

u

Il n’y a pas

de salaire minimum
en Italie.

6 et 24 mois, renouvelable une
fois. Par contre, pour pouvoir en
profiter il ne faut pas être âgé de
plus de 28 ans. Le programme est
géré par Ubifrance. “En général
les profils concernent des personnes
avec un niveau bac + 4 ou 5, mais
on cherche à les diversifier, notamment avec des bacs professionnels.
Par exemple un boulanger en VIE

38 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

est tout à fait possible”. Celui-ci
conseille aux candidats de ne pas
juste consulter les offres (www.civiweb.com) mais d’aller se vendre
directement auprès des entreprises
et de leur proposer cette option.
Par exemple, si vous savez qu’une
société qui vous intéresse se développe en Italie et que vous parlez
couramment la langue, rien ne
vous empêche de lui proposer votre
candidature en VIE, même si a
priori elle n’en cherchait pas. D’ailleurs, de nombreuses sociétés françaises y sont installées et envoient
plus ou moins régulièrement des
personnes via ce dispositif. Didier
Bourguignon cite par exemple BNP
Paribas, Total, Alstom, LVMH,
Valeo ou encore Auchan.
DES SALAIRES PLUS BAS

Du côté des rémunérations, sachez
qu’une expatriation italienne ne
sera fort probablement pas synonyme d’augmentation. “Les salaires
sont moins élevés à l’embauche”,
explique Didier Bourguignon. De
plus, il n’y a pas de salaire minimum en Italie. Certains secteurs
ont des conventions collectives qui
fixent des règles, mais si vous ne
travaillez pas dans l’un d’eux, cela
sera laissé au bon vouloir de votre

employeur. “Les salaires sont donc
plus bas en général. On peut trouver des ingénieurs qui gagnent
1 400 euros par mois”, illustre
Marie Di Benedetto. Un paramètre
à avoir en tête, surtout que le coût
de la vie est assez proche de ce
que l’on peut trouver en France,
même si cela dépend évidemment
de l’endroit où vous choisissez de
vous installer. “À Bologne ou Milan
par exemple, le niveau de vie est
plus proche de celui de la Suisse
que de la France. Ensuite, plus on
va au Sud moins c’est cher. C’est
lié au marché du travail”, illustre
la conseillère Eures. Des difficultés
qui expliqueraient que peu de
Français font le choix de s’y installer pour trouver du travail.
Même si l’Italie a des atouts indéniables  comme tient à préciser
Didier Bourguignon : “Ceux qui
viennent ici et restent ce sont souvent des personnes qui ont
construit une famille dans le pays.
Et puis la qualité de vie est très
agréable - la beauté des villes, le
patrimoine, la gastronomie - il y
a un certain raffinement en Italie.
Dans le Sud, il y a l’avantage du
climat”.

Innocentia AGBE

www.rebondir.fr

P036-039_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:02 Page39

DÉCOUVRIR LIGNES DE VIES

“Le métier qui me correspondait”
France Romera a dû se reconvertir après la vente de l’entreprise dans laquelle
elle travaillait comme assistante d’exploitation. Sa reconversion a pris des airs
de parcours du combattant, mais elle a réussi à surmonter tous les obstacles
et exerce aujourd’hui une profession qui l’épanouit.
uand on a proposé
à France Romera la
possibilité de se
reconvertir lors de
son licenciement,
elle l’a accepté comme une fatalité.
“Je travaillais comme assistante
d’exploitation dans une entreprise
de transport routier. C’était un
milieu très masculin, j’avais
50 ans, je me suis dit que j’arriverais difficilement à retrouver un
emploi dans la branche.” Elle a
donc accepté le deal, ce qui lui a
fait renoncer aux avantages financiers d’un licenciement sec. C’est
alors qu’elle s’est engagée dans
une vraie bataille pour l’emploi.
“Je pensais qu’on allait m’aider à
trouver une nouvelle voie, mais
j’ai vite été déçue. Je devais proposer
des idées, Pôle emploi ne faisait
qu’accepter ou refuser.” L’organisme
la bouscule pour qu’elle cherche
par ses soins, puis lui propose
finalement de rencontrer une psychologue du travail. “J’étais réticente au début. Mais cet entretien
a agi comme un déclencheur. La
psychologue m’a aidée à trouver
un métier qui me correspondait,
celui de préventeur [personne qui
gère la prévention des risques en
entreprise, ndlr.] Or, je ne savais
même pas que cette activité existait  !”
Avoir trouvé une voie de reconversion a donc représenté un grand
pas de franchi pour France
Romera. Mais la demandeuse
d’emploi n’était pas au bout de
ses peines. “Pôle emploi m’a indiqué une formation à suivre, mais
j’ai eu peur de ne pas avoir le
niveau en physique-chimie. J’ai

Q

www.rebondir.fr

donc intégré une formation en
licence pour une remise à niveau
mais cela a vraiment été 6 mois
de galère.” Pôle emploi lui conseille
d’effectuer en parallèle une EMT (évaluation en milieu de
travail) au sein
de Secmmi (Société
d’études chaudronnerie mécanique et
maintenance industrielle). L’approche de
terrain a été convaincante, d’autant
plus que France Romera s’est bien
entendue avec les équipes de l’entreprise. Elle intègre finalement
la société en contrat de professionnalisation MRTP (management des risques technologiques
et professionnels), grâce à des rencontres réalisées dans divers salons.

sion, France Romera conseillerait
de se remettre en cause régulièrement. “On a été façonné par le
parcours qui a été le nôtre. Dans

Mon parcours montre

que la reconversion est possible,
même après 50 ans.



mon métier actuel, j’utilise des
compétences que j’avais acquises
lors d’une formation suivie quand
j’avais 30 ans  ! Tout notre vécu
professionnel est une force. Quel
que soit l’âge, nous avons toujours
quelque chose à apporter aux
entreprises.”

Chloé GOUDENHOOFT

SE REMETTRE EN QUESTION

Aujourd’hui, France Romera est
en CDI en tant que référente QSHE
(qualité, hygiène, sécurité, environnement) et est même devenue
tutrice d’un stagiaire en licence.
Sa nouvelle profession lui offre ce
qu’elle aime dans un métier : un
équilibre entre le terrain et le
bureau, le contact aussi bien avec
la base qu’avec la direction ou les
partenaires institutionnels. “Mon
parcours montre que la reconversion est possible, même après
50 ans. Je n’ai pas dit que c’était
facile ! Je me suis beaucoup accrochée. Il ne faut pas baisser les bras
au moindre obstacle et avoir beaucoup de courage. Cela dépend aussi
des personnes que vous rencontrez.”
À ceux qui se lancent de gré ou de
force dans un travail de reconver-

À VOIR
Ce parcours est issu de la série
Lignes de vies, produite par
Pôle emploi. Retrouvez le reportage
sur la reconversion de France Romera
sur le site www.pole-emploi.fr, dans
les rubriques Actualités puis Médias.

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 39

P040-045_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:03 Page40

SECTEURS PORTEURS ÇA RECRUTE DANS...

AU SOMMAIRE
42 - Fiches métiers
Agent dʼaccueil touristique
Commis de restaurant
43 - Postuler dans...
44 - Le conseil du mois
“Avoir le sens de lʼaccueil
et être souriant”

La restauration, l’hôt e
L’hôtellerie et la restauration incarnent deux des rares secteurs à recruter
massivement sans diplôme. C’est un peu moins le cas dans le tourisme.
Néanmoins, les trois segments offrent des opportunités d’embauches.
S’ils présentent des contraintes, ils permettent d’évoluer assez vite.
Dossier réalisé par Chloé GOUDENHOOFT

’hôtellerie, la restauration
et le tourisme présentent
un avantage de taille  :
ils pourvoient des métiers
qui ne sont pas délocalisables. “Le nombre de visiteurs touristiques restent croissants en France
et cette tendance ne va pas se retourner ” (voir encadré), explique Marko
Vujasinovic, président fondateur
de Meteojob. Certains postes dans
le tourisme ont pu être déplacés
hors de France, mais ils demeurent
très limités. “Les grands tours opé-

L

rateurs ont délocalisé certaines fonctions. Par exemple, quand Nouvelles
Frontières a été racheté par l’opérateur TUI, les besoins en informatique ont été recrutés en Inde,
mais c’est tout. Ces segments offrent
des emplois locaux qui donnent
une visibilité à long terme intéressante.” Si le tourisme a connu une
mutation dans son mode de distribution, elle a atteint ses limites.
“Nous allons arriver au terme de
tout ce qui pouvait être automatisé
dans la profession. La présence

LA FRANCE : UNE VRAIE FORCE TOURISTIQUE !
En 2012, la France était première dans le
classement des pays selon les arrivées
de touristes internationaux, dʼaprès
la DGCIS (Direction générale de la
compétitivité de lʼindustrie et des
services). Elle a reçu 83 millions de
visiteurs (+ 1,8 % par rapport à 2011).
En termes de recettes, elle se situait
troisième avec un chiffre dʼaffaires de près
de 42 milliards dʼeuros (+ 6 % par rapport
à 2012).

40 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

En 2013, la fréquentation dans lʼensemble
des hébergements marchands a été en
croissance en juillet (+ 0,4 % ) et en août
(+ 2,3 %). Même si cette fréquentation est
tirée par les touristes étrangers, les Français
ont été tout aussi présents (+ 0,1 % en juillet
et + 1,7 % en août). La dépense totale des
touristes français a même progressé de
1,4 % en juillet et de 2,9 % en août. Autant
dʼéléments qui sont de bon augure pour
lʼemploi dans le secteur.

physique, pour faire du conseil par
exemple, ne peut plus diminuer.”
Des trois secteurs, le tourisme reste
toutefois le moins dynamique. “Les
employeurs recherchent des candidats qui ont une double compétence. Ils doivent à la fois savoir
utiliser le système de réservation
et maîtriser une destination.”
Les secteurs de l’hôtellerie et de la
restauration, en revanche, se montrent très porteurs. 14 % des intentions d’embauches pour 2013
concernaient ces secteurs, selon
l’enquête Besoins en main-d’œuvre
de Pôle emploi. Ils constituaient
le premier pôle de recrutement
national. Du fait de leur pénibilité,
les métiers de ces segments se
caractérisent par un important
turn-over qui induit un besoin permanent de recruter. En une année,
certaines grandes chaînes peuvent
renouveler 50 % de leurs effectifs !
AU CŒUR DES BONS PLANS

L’hôtellerie recrute beaucoup sur
des fonctions de gestion, d’accueil

www.rebondir.fr

P040-045_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:04 Page41

CUISINIERS ET SERVEURS
RECHERCHÉS
Selon lʼenquête Besoins en maindʼœuvre de Pôle emploi, les postes
de cuisiniers étaient en troisième
position des métiers qui devaient
rencontrer les plus fortes difficultés
de recrutement en 2013. Près de
30 000 projets étaient jugés
difficiles, soit 60,5 % des projets.
Les employés de lʼhôtellerie
(30 000 projets, 48,3 %)
et les serveurs de cafés,
de restaurants et commis
(66 000 projets, 46,1 %) faisaient
également partie des métiers dont
les recruteurs anticipaient un
recrutement difficile.

t ellerie et le tourisme
et dans les étages. “Pour le nettoyage
et la maintenance, les recrutements
sont de plus en plus externalisés.
Les hôtels font appel à d’autres
sociétés pour s’en charger”, précise
Marko Vujasinovic. Les non diplômés pourront s’orienter vers des
postes de femmes de chambre, de
voituriers, de bagagistes, de portiers,
de gouvernantes, de réceptionnistes,
de grooms... “Comme il y a toujours
des besoins, les profils autodidactes
sont acceptés, souligne Sylvain Massebeuf, directeur senior de Page
Personnel Hôtellerie et Tourisme.
Il est ensuite tout à fait possible
d’évoluer pour devenir concierge,
par exemple, ou manager une
équipe. De bagagiste, un salarié
peut passer réceptionniste, responsable de la réception, jusqu’à finir
numéro deux de l’hôtel  ! Mais à
défaut de diplôme, il faut au moins
maîtriser l’anglais, voire plusieurs
langues.” En termes de rémunération, tout dépendra de l’ancienneté.
Les salariés de l’hôtellerie peuvent
s’attendre à gagner le Smic. Ils
peuvent toucher entre 24 000 et
25 000 euros bruts par an en fin
de carrière. S’ils sont également
plutôt mal payés, les salariés de
la restauration pourront se consoler
grâce aux pourboires  ! À titre
d’exemple, le site Lhotellerie-restauration estimait en 2010 le salaire

www.rebondir.fr

moyen d’un commis de cuisine à
1 570 euros bruts par mois pour
39 heures par semaine. Un pourboire complétait les revenus dans
42 % des cas. Les professionnels
du tourisme ne sont guère mieux
lotis. “Un agent de comptoir peut
gagner entre 1 200 et 1 300 euros
nets par mois, indique Stéphane
Pille, consultant et gérant du cabinet H&R Recrutement. Un salarié
issu d’un BTS dans le tourisme
ne gagnera pas forcément plus
qu’un non diplômé dans le secteur
de l’hôtellerie ou de la restauration.
En revanche, il sera le premier à
connaître les bons plans en termes
de vols, de réservations, de
voyages... “Les professionnels du
tourisme sont en général des passionnés, ce sont des avantages qui
ont une vraie valeur pour eux”,
souligne Marko Vujasinovic. Quant
aux évolutions, elles sont possibles
dans ce secteur à condition de travailler dans une structure suffisamment conséquente. “Dans les
petites agences, il n’est pas évident
de faire carrière, poursuit-il. En
revanche, les grands tours opérateurs ou les groupes types Club
Med rassemblent pas mal de
métiers différents. Disney en
compte 500 ! Les possibilités d’évolution sont réelles et dans des
domaines variés.”


SE FORMER SELON SON NIVEAU
Les formations pour accéder au tourisme,
à lʼhôtellerie et à la restauration ne manquent
pas. Si le BTS tourisme est exigeant et
sélectif, les intéressés pourront sʼorienter vers
lʼanimation pour accéder à un premier niveau
de qualification. Lʼhôtellerie-restauration
présente de nombreux CAP accessibles
sans diplôme ni limites dʼâge.
Tourisme :
BAFA (brevet dʼaptitude aux fonctions
dʼanimateur)
BAPAAT (brevet dʼaptitude professionnelle
dʼassistant animateur technicien)
BPJEPS (brevet professionnel de la jeunesse,
de lʼéducation populaire et du sport)
MC (mention complémentaire, équivalent bac)
Accueil Réception
BTS (animation et gestion touristiques
locales ; ventes et productions touristiques)
Hôtellerie-Restauration
CAP (services hôteliers ; services en
brasserie-café ; agent polyvalent de
restauration ; restaurant)
BP (brevet professionnel barman ; cuisinier ;
gouvernant ; sommelier…)
Bac technologique hôtellerie
Sources : Pôle emploi ; Lesmetiers.net ;
www.lhotellerie-restauration.fr

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 41

P040-045_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:04 Page42

SECTEURS PORTEURS FICHES MÉTIERS

Agent d’accueil touristique
Code ROME
Il vous sera
utile pour vous
renseigner et
trouver une offre
d’emploi sur le
site de Pôle
emploi) :
G1101

MISSIONS

L’agent d’accueil renseigne les
touristes afin de faciliter leurs
conditions de voyage. Il peut
gérer les conditions de séjour de
la clientèle d’un réceptif touristique (club de vacances, hôtel
club…). Il conseille les clients sur
des services ou des produits régionaux (articles souvenirs…), peut
effectuer la vente de prestations
(hébergement, excursions…) et
procéder à l’encaissement. Il peut
enfin coordonner l’activité d’une
équipe. Cette activité s’exerce au
sein d’agences de voyages, d’organismes de tourisme réceptif,
de compagnies de transports,
d’offices de tourisme. Elle amène

à être en contact avec le public
et différents intervenants (commerciaux, fournisseurs, hôteliers).
COMPÉTENCES REQUISES

La pratique d’une ou plusieurs
langues étrangères, en particulier
l’anglais, peut être exigée pour
être agent d’accueil. L’emploi
implique de maîtriser les techniques de vente, les modalités
d’accueil et les procédures de
réservation touristique.
FORMATION

Ce métier est accessible avec un
diplôme de niveau bac (général,
professionnel) à bac + 2 dans le

secteur tertiaire ou du tourisme
(vente, production, animation et
gestion touristiques). Des formations complémentaires spécifiques
peuvent être requises : économie
du tourisme, management des
aménagements touristiques…
PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION

L’agent d’accueil peut évoluer
vers les métiers de la promotion
du tourisme local, mais aussi de
l’accompagnement de voyages,
d’activités culturelles ou sportives,
de la conception de produits touristiques ou encore vers la navigation commerciale aérienne. ■

REBONDIR
Sources : Pôle emploi.

Commis de restaurant
Code ROME
(Il vous sera
utile pour vous
renseigner
et trouver une
offre d’emploi
sur le site de
Pôle emploi) :
G1803

MISSIONS

Le commis effectue les opérations
de service des plats (dressage des
tables, accueil des clients, prises
de commandes) au sein d’un établissement de restauration selon
la charte qualité de l’établissement et les règles d’hygiène et
de sécurité alimentaires. Il peut
effectuer la préparation de plats
simples et aussi coordonner une
équipe.
COMPÉTENCES REQUISES

Le commis doit maîtriser les
modalités d’accueil. L’activité

implique le port et la manipulation de plats chauds et la station
debout prolongée. La pratique
d’une ou plusieurs langues étrangères, en particulier l’anglais,
peut être exigée pour exercer
cette profession.
FORMATION

L’emploi est accessible avec un
diplôme de niveau CAP/BEP à
bac (professionnel, technologique…) en services hôteliers et
dans les métiers de la restauration
et de l’hôtellerie. Il est également
ouvert aux candidats ayant une

expérience professionnelle dans
les mêmes secteurs sans diplôme
particulier.
PERSPECTIVES D’ÉVOLUTION

À terme, un commis pourra évoluer vers les métiers de l’assistance
de direction d’hôtel-restaurant,
vers du management de ce type
d’établissement ou du service en
restauration, vers de la gestion
de structure de loisirs ou d’hébergement touristique et enfin
vers la sommellerie.


REBONDIR
Sources : Pôle emploi.

42 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

www.rebondir.fr

P040-045_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:05 Page43

SECTEURS PORTEURS POSTULER DANS…
… le tourisme, l’hôtellerie et la restauration

Montrez votre savoir être

dès l’entretien !
Le tourisme, l’hôtellerie et la restauration sont des métiers qui
impliquent un contact continu avec les clients. Le candidat doit
donc faire preuve d’un savoir être qui transparaisse dans son CV
et sa lettre de motivation. Tout en évitant les erreurs classiques
commises par les candidats…
Par Catherine Schouteeten, responsable des relations extérieures du cabinet Active Recruitment.

n candidat de valeur
pour un recruteur sera
celui qui saura cumuler
formation et/ou parcours professionnel
cohérents. En effet, l’hôtellerie et
la restauration présentent l’avantage
d’offrir des chances à tous, à condition que soit présente la motivation
pour travailler en équipe tout
comme l’envie de bien servir le
client. Avant de faire valoir savoirfaire et savoir être, il faut éviter les
obstacles. Aussi, les erreurs récurrentes recensées par les recruteurs
permettront aux candidats de mettre toutes les chances de leur côté
en vue d’un premier entretien.

U

L’ADÉQUATION

Avant de répondre à une annonce,
il faut se demander si les qualités
professionnelles imposées sont réunies. Si le minimum de formation
requis pour un poste en cuisine
n’est pas atteint ou si une langue
étrangère n’est pas maîtrisée pour
un poste de réceptionniste, le CV
sera systématiquement écarté. Inutile de perdre son temps.
L’INTROSPECTION

L’analyse d’une annonce doit permettre au candidat de faire le lien
avec son expertise personnelle. Elle
sert à identifier les arguments à
mettre en avant, dans la lettre de
motivation ou oralement, pour
démontrer sa valeur ajoutée.

www.rebondir.fr

LE SOIN

CV et lettre de motivation doivent
faire l’objet de la plus grande attention. Tout compte : autant la présentation ou la rédaction que l’orthographe. Candidats, révisez la
conjugaison du verbe se permettre.
L’écueil qui arrive généralement
dès la première phrase est dénoncé
en chœur par les consultants. Les
fautes d’orthographe agacent, certaines plus que d’autres. Dans une
ère où Internet répond (presque)
à tout, une mauvaise orthographe
est un défaut rédhibitoire.
LA CLARTÉ

Au premier coup d’œil, votre CV
doit dire qui vous êtes et ce que
vous savez faire. Les compétences
et l’expérience occupent donc la
partie supérieure de la page. Les
présentations sobres sont les plus
explicites. Le temps de lecture étant
compté, il est important de savoir
mettre en avant les informations
pertinentes. Le CV doit être en
phase avec le poste à pourvoir. Il
serait judicieux de disposer de
variantes en fonction du poste visé.
Soyez précis lorsque vous citez votre
expérience. Et honnête ! Tout ce
que vous avancez sera vérifié par
le recruteur.
LA PERSONNALISATION

La lettre de motivation est loin
d’être optionnelle. Elle va de pair
avec le CV et apporte une touche

personnelle. Les lettres standardisées sont à bannir car elles ne traduisent en rien votre intérêt pour
le poste à pourvoir.
L’ÉTAPE NÉGLIGÉE

La motivation du candidat doit
être détectable dès l’entretien téléphonique. Or malheureusement

est une langue
“L’allemand
très recherchée et
pourtant peu de candidats
la maîtrisent.



beaucoup de candidats n’accordent
pas d’importance à ce premier
contact. Rien de plus désagréable
pour un recruteur que d’entendre
un candidat répondre au téléphone
qu’il ne se souvient plus de sa…
candidature.
Conseil à ceux qui souhaitent exercer un métier au contact de la
clientèle étrangère. Les stages ou
un séjour prolongés à l’étranger
sont indispensables pour maîtriser
une langue. L’anglais est essentiel,
une deuxième langue est souhaitée.
L’allemand est une langue très
recherchée et pourtant peu de candidats la maîtrisent. Des pistes qui
peuvent souvent faire la différence
à l’heure de l’embauche.


REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 43

P040-045_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:05 Page44

SECTEURS PORTEURS LE CONSEIL DU MOIS

“Avoir le sens de l’accueil

et être souriant !”
Les secteurs de la restauration, du tourisme et de
l’hôtellerie rassemblent des métiers de service.
Pour être recruté, il faut apprécier le rapport au
client, aimer le servir et le conseiller. Néanmoins,
chaque secteur possède ses spécificités. Stéphane
Pille, consultant et gérant du cabinet H&R
Recrutement, revient sur les différents profils
recherchés.
Stéphane Pille,
consultant et gérant du cabinet H&R Recrutement.

Quelles sont les qualités requises pour
travailler dans les secteurs de
l’hôtellerie, de la restauration et du
tourisme ?
Ce sont des métiers de passionnés
qui demandent du courage. Les
salariés sont amenés à travailler le
soir, le week-end, les jours fériés.
Il faut donner de sa personne. Certains postes réclament d’être debout
toute la journée. Or, en même
temps, ce sont des professions de
service, il faut donc avoir le sens

de l’accueil, être avenant, souriant,
commerçant. Mais la restauration,
l’hôtellerie et le tourisme sont des
secteurs différents. Ils n’impliquent
pas toujours les mêmes compétences.
Que faut-il mettre en avant pour
travailler dans le tourisme ?
Les compétences linguistiques sont
recherchées avant tout. Une bonne
formation est également exigée.
Pour entrer dans la vie profes-

sionnelle, un BTS est souvent
requis. Les employeurs attendent
des candidats qu’ils soient déjà
prêts à travailler. Or, le secteur
est vaste et les besoins en compétences variés. Il comprend des
postes de réceptifs, c’est-à-dire du
personnel qui accueille et renseigne
les touristes afin de faciliter leurs
conditions de séjour ou de voyage.
Il existe aussi des postes d’accompagnateurs. Il peut alors être requis
de maîtriser des connaissances en
histoire de l’art pour devenir guide,
par exemple.

MISEZ SUR LA RESTAURATION COLLECTIVE !
Le secteur de la restauration regroupe
quatre différents segments : la restauration
traditionnelle composée de petits
établissements, la restauration thématique,
la restauration rapide et la restauration
collective. Chacun recrute mais selon des
modalités différentes et pour des emplois
variés. “Quel que soit le secteur, des
perspectives existent et il y a de quoi trouver
un domaine épanouissant, explique
Marko Vujasinovic, président fondateur de
Meteojob. Par exemple, ceux qui veulent
être employés sur un rythme de bureau

44 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

peuvent sʼorienter vers la restauration
collective. Ces métiers sont dʼautant plus
intéressants quʼil y a moins de candidats.
En plus, il sʼagit souvent de grands groupes,
dans lesquels il est possible de faire
carrière.” Dans ce secteur, il faudra
privilégier la candidature classique, par
réponse à des annonces trouvées sur
Internet. “La candidature spontanée en se
rendant sur place nʼa vraiment de sens que
dans la restauration traditionnelle, comme
dans des petits bistrots de quartier, par
exemple.”

Des capacités techniques sont-elles
nécessaires ?
En agence, pour créer des voyages,
les salariés doivent maîtriser les
logiciels. Il est donc intéressant de
passer par un système de BTS en
alternance pour se former au sein
d’une entreprise. Il doit être possible
d’effectuer un stage pour se faire
la main et être intégré directement
mais, souvent, les candidats sont
acceptés en stage par le biais de
formations. Il est plus facile d’apprendre sur le tas dans l’hôtellerie-restauration.

www.rebondir.fr

P040-045_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:06 Page45

Les établissements de

l’hôtellerie-restauration
sont toujours en pénurie
de personnel.



Pourquoi existe-t-il une telle différence
entre ces deux familles de secteurs ?
Les métiers du tourisme sont très
demandés. Ils font rêver les jeunes !
Le secteur n’est pas forcément saturé
mais il y a par conséquent beaucoup
de candidats. Une sélection est
effectuée à l’entrée des formations
en BTS tourisme, tout le monde
n’est pas accepté. Il existe d’autres
possibilités auprès de Greta par
exemple, ou d’organismes privés,
moins sélectifs. Mais les recruteurs
privilégient les candidats issus d’un
parcours classique. Avec un BTS,
en revanche, il est possible d’évoluer
rapidement.
Pourquoi le secteur de l’hôtellerierestauration est-il plus accessible ?
Car les établissements sont toujours
en pénurie de personnel. Les
employeurs recrutent à des niveaux
CAP, BEP, mais les débutants sont
aussi acceptés. Détenir un bac pro
ou un BTS permet néanmoins d’entrer plus vite dans la profession. La
formation en alternance, en intégrant la partie pratique, représente
la meilleure façon d’accéder à ces
métiers.
Quelles compétences sont
recherchées pour ces deux secteurs ?
Des besoins se font sentir pour des
postes de chefs de rang1, de serveurs,

www.rebondir.fr

de barmen, d’hôtesses… Cela
dépend bien sûr des établissements. L’hôtellerie-restauration
réclame des savoir-faire surtout
techniques  : être capable d’effectuer le découpage en cuisine, par
exemple. Le commis de restauration doit savoir bien s’exprimer
et bien s’habiller. Les candidats
doivent avoir envie de faire plaisir
aux clients.
Comment postuler auprès
des employeurs ?
Le mieux reste de passer par des
sites de recrutement. Dans les
grandes structures comme Lastminutes.com, on ne se présente pas
sur place  ! Dès qu’il y a un service
de ressources humaines, les recrutements se réalisent en ligne et par
voies conventionnelles. Je conseillerais enfin aux demandeurs d’emploi en reconversion, de 35 ans et
plus, de viser tout de suite des
grands établissements, quel que
soit le secteur. C’est le meilleur
moyen d’évoluer rapidement. ■
Chloé GOUDENHOOFT
1- Le responsable d’un rang s’occupe d’un
groupe de tables. Il doit veiller au bon
déroulement du service sur l’ensemble de ces
tables.

LE STAGE COMME
PREMIÈRE EXPÉRIENCE
Les professionnels du secteur
de lʼhôtellerie peinent à recruter.
De ce fait, les différents postes
sont accessibles même sans BTS
hôtellerie. Le secteur rencontre
aussi des difficultés à recruter
dans ses propres postes de
restauration. “Il y a beaucoup
dʼemplois saisonniers, indique
Marko Vujasinovic. Ils représentent une manière de réaliser
une première expérience qui sera
valorisable sur un CV.” Pour se
faire embaucher, il faut ensuite
faire preuve dʼune grande
motivation, de professionnalisme
et de sérieux.
Du fait du côté moins pénurique
du tourisme, lʼentrée sans diplôme
sera difficile dans ce segment.
“Le tourisme connaît moins de
turn-over, si ce nʼest pour des
emplois saisonniers. Les grandes
entreprises, comme Air France,
nʼannoncent pas de grands plans
de recrutements. Les intéressés
doivent donc se maintenir à lʼaffût
des opportunités en prospectant
sur les sites dʼemploi”. Marko
Vujasinovic considère néanmoins
que les stages et les emplois
saisonniers restent des portes
dʼentrée à privilégier.

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 45

P046-047_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:06 Page46

EN PRATIQUE 5 ÉTAPES POUR...

Optimiser
sa recherche d’emploi
Voici quelques astuces pour optimiser votre recherche d’emploi et mettre
toutes les chances de votre côté.

1

DÉFINIR SON PROJET
PROFESSIONNEL

Pour être efficace lors des
prochaines étapes, vous
devez clairement définir
votre projet professionnel. C’est-à-dire savoir exactement
le ou les métiers que vous visez et
en connaître les caractéristiques.
Pour cela n’hésitez pas par exemple à consulter des fiches métiers.
“Au sein de chacun de ces métiers,
il faut ensuite définir ses compétences et les justifier par son expérience professionnelle ou son parcours scolaire”, explique Olivier
Briard, dirigeant du cabinet ISP
Briard (accompagnement en
recherche d’emploi en France et
à l’international).

2

FAIRE UNE
ÉTUDE
DE MARCHÉ

Cette étape
consiste à se
renseigner sur
le secteur dans lequel
vous souhaitez travailler.
Par exemple, vous pouvez
regarder quelles sont
les principales entreprises. Recherchez
aussi des informations sur chaque société pour
laquelle vous postulez. Si l’employeur vous
appelle, il faut
que vous puissiez répondre
aux questions sur
son entreprise ou sur
le secteur en général.
C’est une façon de

46 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

montrer que vous connaissez ses
besoins. “Il faut que la personne
se présente en offreur de service
plutôt qu’en demandeur d’emploi”,
illustre Olivier Briard.
FAIRE JOUER SON RÉSEAU

N’hésitez pas à faire
jouer votre réseau.
Il y a peut-être des
gens dans votre
premier, deuxième
ou troisième cercle
qui peuvent vous
aider. Mais encore faut-il savoir
le faire de la bonne manière. “Parfois les gens sont un peu gauches”,
remarque Olivier Briard. Celui-ci
conseille dans un premier temps
d’aller voir les personnes dont vous
êtes les plus proches (parents,
amis…) pour savoir s’ils ont des
contacts à vous donner. Si c’est le
cas, l’astuce est de les rencontrer
non pas en leur demandant s’ils
ont du travail pour vous mais s’ils
peuvent vous épauler dans votre
recherche. Demandez-leur aussi
s’ils ont des contacts à qui vous
pouvez envoyer un CV. “En général,
la personne va vous dire que vous
pouvez aussi lui en envoyer un à
elle”, assure Olivier Briard. Ce qui
permet de récupérer plusieurs
contacts et de solliciter une aide
de façon plus habile.

3

de votre secteur, celles-ci peuvent
se faire très rares… N’hésitez donc
pas aussi à envoyer des candidatures spontanées. La petite astuce
d’Olivier Briard est de finir sa
lettre de motivation dans ce cas
par “je me permettrais de vous
contacter dans deux semaines
pour convenir d’un rendez-vous”,
plutôt que par la traditionnelle
formule “dans l’attente d’une
réponse de votre part…”. “Il faut
démystifier beaucoup de termes”,
explique-t-il.
FAIRE DES RELANCES

Les relances vous
permettent de rester
bien présent dans la
tête du recruteur.
Dans le cas de candidatures spontanées, quand le recruteur vous dit qu’il n’a pas besoin
de quelqu’un pour l’instant, mais
qu’il semble y avoir une brèche
pour plus tard, proposez lui de le
rappeler. Demandez-lui dans combien de temps il en saura plus.
Même si vous êtes amené à rappeler trois ou quatre fois, cela
peut avoir des effets positifs. “Cela
montre que vous êtes motivé”,
explique Olivier Briard. Et vous
donnez l’impression d’être tout le
temps disponible.


5

Innocentia AGBE

4

ENVOYER DES
CANDIDATURES
SPONTANÉES

Les annonces d’emploi restent une
source de base pour
envoyer des candidatures. Mais dans le contexte
économique actuel et en fonction

www.rebondir.fr

P046-047_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:07 Page47

EN PRATIQUE DIVERSITÉ

Jobsourd.fr :
des offres d’emploi aussi
en langue des signes
L’emploi est rendu moins accessible aux sourds
à cause du manque d’interprètes en langue des
signes. Jobsourd.fr, site qui propose des offres
en version bilingue français - LSF, compte changer
la donne !

Amandine Pillot, responsable du site Jobsourd, en plein
échange avec Wallès Kotra, auteur de contenus pour le site.
Derrière, Sandy Mercurio, une collègue.

obsourd.fr est né d’un
constat  : les sourds sont
souvent gênés dans leurs
recherches d’emploi du fait
du manque d’interprètes
ou de traduction en langue des
signes. “Ils se présentent moins sur
les salons par exemple, explique
Amandine Pillot, responsable du
site. Les entreprises remarquent
qu’ils ne sont pas présents sur
les processus de recrutement.”
Websourd, coopérative qui se dédie
depuis 10 ans à renforcer l’accessibilité de manière générale aux personnes sourdes, et notamment par
le biais des nouvelles technologies,
a voulu pallier ce problème par la
création du site en 2012. “Toutes les
offres qui circulent sur Jobsourd.fr
sont traduites en langue des signes
française (LSF). C’était nécessaire
car les sourds de naissance comprennent parfois difficilement le
français à la lecture. Une bonne
compréhension de l’offre leur permettra de répondre de manière adaptée et de multiplier leurs chances.”

J

CV EN LSF

Les offres disponibles sur le site
ne sont pas réservées aux inter-

www.rebondir.fr

nautes inscrits sur Jobsourd.fr.
Elles ne sont pas non plus spécialement adaptées à des personnes
sourdes. Ce sera à chaque candidat
de juger dans quelle mesure l’offre
correspond à ses aptitudes et à
ses compétences. Comme tout jobboard, le site propose de répondre
à des annonces en ligne, mais
aussi de déposer son parcours en
LSF dans la CVthèque. “Un accompagnement vidéo est prévu pour
créer son CV en langue des signes.”
Les organisateurs du site, en aval,
jouent le rôle de passerelle entre
le candidat et l’entreprise et se
chargent de traduire le CV auprès
des recruteurs. Jobsourd délivre
aussi des informations en bilingue
sur le marché de l’emploi et sur
les spécificités liées à la surdité.
Les offres récoltées, quant à elle,
proviennent de différents partenaires ou clients de Websourd.
MUTUALISER LES BESOINS EN
TRADUCTION

“Nous disposons de différents types
d’offres, des CDD comme des CDI.
Nous envisageons de proposer à
terme des contrats en alternance
et des stages. Nous aimerions éga-

lement créer une carte de France
interactive pour indiquer où et
quand se dérouleront les prochaines
formations traduites en LSF. C’est
une manière de mutaliser les
moyens. Mais pour l’instant, ce
n’est qu’à l’état de projet.” Comme
prochain développement, le site
espère aussi créer une plateforme
de visio-conseils permettant aux

Un accompagnement vidéo
“est
prévu pour créer un CV
en langue des signes.



candidats de se faire accompagner
et conseiller par un consultant,
toujours en LSF. “Nous aimerions
aussi rendre accessible une sorte
de plateforme en visioconférence
pour que les recruteurs puissent
réaliser des entretiens rapides à
distance, comme pour un premier
contact par téléphone. Un interprète
serait mis en relais à distance.” ■
Chloé GOUDENHOOFT

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 47

P048-049_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:07 Page48

EN PRATIQUE RETROUVER UN EMPLOI

Candidatures :

que se passe-t-il
de l’autre côté ?
Voici comment présenter son CV et sa lettre de motivation
pour correspondre aux attentes du recruteur.

Par Roland GUERET, directeur associé
de Serene Conseil et Formation, bénévole
et partenaire du Fonds de dotation Ereel.

vez-vous des difficultés pour décrocher un entretien ?
Si vous correspondez
grosso-modo aux critères objectifs décrits dans l’annonce (expérience, formation...),
c’est peut-être parce que votre CV
et votre lettre ne correspondent
pas aux codes attendus par les
recruteurs. De l’autre côté de votre
candidature, il y a en effet quelqu’un qui n’a qu’une peur : se

A

Une recherche d’emploi

ressemble à une démarche
commerciale dont vous êtes
le produit.



tromper ! L’une de vos missions
de chercheur d’emploi, étonnamment  peut-être, vise à rassurer le
recruteur.
20 SECONDES !

La première lecture de votre dossier se déroule environ 3 semaines
après la parution de l’annonce.
Cette lecture se limite au CV et
dure une vingtaine de secondes.
C’est tout ce qu’il faut au recruteur
pour trier les dossiers en trois

48 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

piles. La pile A “a priori OK pour
l’entretien”. La pile B, “dossier à
étudier si on a le temps” et la pile
C, “aucune chance de correspondre au poste”. Une annonce engendre souvent plusieurs centaines
de réponses. Un chasseur de tête
ne va rencontrer qu’entre 6 et 15
personnes. Pour être dans la première pile dans ce premier tri, il
convient donc de communiquer
clairement sur vos CV et lettre
sur ce qui fait que vous correspondez exactement aux critères
objectifs du poste.
Pour écrire le CV idéal, le plus
simple est de rédiger un CV
exhaustif comprenant l’ensemble
de vos expériences et formations,
sans limite de longueur. Puis coupez ! Jusqu’à obtenir un CV en
une seule page avec les rubriques
habituelles (parcours professionnel, compétences...). Ce CV en une
page doit correspondre au plus
près au texte de l’annonce pour
espérer être dans la première pile
du premier tri.
POURQUOI
ÊTES-VOUS LE MEILLEUR ?

Car seuls les dossiers de cette première pile subissent le deuxième
tri ; basé cette fois-ci sur le CV et
la lettre de motivation. Cette dernière se découpe en trois para-

graphes : d’abord l’entreprise,
ensuite vous et enfin, pourquoi
vous allez bien ensemble. Cette
lettre de motivation est, en quelque
sorte, votre version de ce que le
recruteur devra rédiger pour son
client si vous êtes sélectionné.
Autant dire que la lettre de motivation n’est pas du tout à négliger
dans votre candidature. Alors,
dans le premier paragraphe, vous
allez décrire ce qui vous intéresse
dans cette entreprise et dans ce
poste-là, puis vous allez indiquer,
dans votre parcours, ce qui vous
permet de répondre à cette
annonce. Enfin, vous allez évoquer
ce qui vous permet de considérer
que vous êtes le meilleur pour le
poste.
Nous évoquerons dans un autre
article comment vous pourrez tester votre dossier de candidature
sur certaines de vos entreprises
cibles.
Une recherche d’emploi ressemble
à une démarche commerciale dont
vous êtes le produit. Si vous n’avez
pas de réponses suite à l’envoi de
votre candidature, changez-votre
CV et votre lettre ! Vous mesurerez
votre succès au nombre d’entretiens obtenus par 20 candidatures
envoyées.


www.rebondir.fr

P048-049_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:08 Page49

EN PRATIQUE À VOS CÔTÉS

conseils et bilans
Le Biop est une structure qui propose des
prestations variées, du bilan de
compétences à des séances de coaching.
L’organisme peut aussi vous accompagner
dans vos démarches de validation des
acquis de l’expérience.

© Stéphanie Gadbin - BIOP CCI Paris Île-de-France.

Le Biop :

attaché à la CCI Paris
Île-de-France, le Biop
est un centre
d’orientation
et d’accompagnement professionnel. Il
n’officie qu’en Île-deFrance où il a trois implantations  : Paris, Cergy et
Versailles. Le centre
s’adresse aussi bien à des
profils de jeunes que
d’adultes. “Nous sommes prescrits
par Pôle emploi qui fournit les
coordonnées de différents prestataires. Nous sommes également
habilités par des Opacif (Organismes paritaires agréés au titre
du Cif [Congé individuel de formation], ndlr) et les gens viennent
aussi nous voir par le bouche-àoreille”, explique Sylvie Mouchez,
directrice du Biop. En effet, les
domaines d’intervention de l’organisme sont multiples, ainsi que
les modalités pour pouvoir y participer.

la structure. Si vous souhaitez toujours effectuer ce bilan de com-

LE BILAN DE COMPÉTENCES

ENTRETIEN CONSEIL À LA VAE

Pôle emploi peut vous préconiser
de faire un bilan de compétences
pour la suite de votre recherche.
Le Biop fait partie des structures
qui en dispensent. L’organisme
vous reçoit alors pour un premier
rendez-vous afin de connaître vos
besoins, vos aspirations et pour
que vous fassiez connaissance avec

Le Biop propose également des
entretiens conseils à la VAE (validation des acquis de l’expérience).
Contrairement au bilan de compétences, pour cette prestation,
vous n’avez pas besoin de faire
marcher vos droits à la formation.
Elle est financée par la région et
donc totalement gratuite. “Il s’agit

R

www.rebondir.fr

de voir en quoi la VAE peut aider
ou pas dans le projet du candidat”,
explique Sylvie Mouchez.
La VAE vous permet d’obtenir une certification
comme un diplôme, un
titre ou un certificat de
qualification professionnelle inscrit au Répertoire
national des certifications
professionnelles, à condition d’avoir au moins trois
ans d’expérience dans le domaine
en question.

Le centre s’adresse aussi

bien à des profils de jeunes
que d’adultes.



pétences, le Biop vous aide à trouver la façon de le financer (via
votre droit individuel à la formation ou par Pôle emploi). Pour
rappel, le bilan de compétences
est une démarche très structurée
qui se fait en plusieurs phases. Il
s’agit de vous aider à définir vos
besoins, à identifier vos compétences et à établir un projet professionnel réaliste. “C’est une étape
qui consiste à bien définir son projet professionnel et la stratégie qui
va permettre de le faire aboutir”,
explique Sylvie Mouchez.

COACHING

Le Biop a aussi tout un panel de
prestations de coaching. Mais
attention, celles-ci sont payantes.
Ou vous pouvez vous les faire
financer dans le cadre de vos droits
à la formation. Différents modules
existent comme de l’aide à la stratégie de reconversion ou à la
recherche d’emploi. Il y a aussi
du coaching plus personnel comme
savoir structurer son discours ou
apprendre à se positionner dans
un entretien. Il est important de
garder à l’esprit que le Biop vous
fournit des prestations de conseils,
mais ne vous met pas en relation
avec des entreprises.

Innocentia AGBE

REBONDIR N° 211 MARS 2014 - 49

P050-051_REB_211_Mise en page 1 12/02/14 11:09 Page50

EN PRATIQUE VOS DROITS

Compte Personnel de Formation :

ce qui va changer

C’est bien connu, la formation va aux formés et à ceux qui ont la chance d’être
en entreprise. Cela fait des années que les études réalisées à ce sujet le prouvent
et que les multiples réformes engagées promettent à chaque fois d’y remédier.
La dernière en date prévoit notamment la création d’un Compte Personnel de
Formation.
uite à l’accord interprofessionnel du 14
décembre 2013 relatif
à la formation professionnelle, un projet
de loi sur la formation professionnelle, l’emploi et la démocratie
sociale a été adopté en Conseil

S
er

À partir du 1 janvier 2015,

le CPF prendra le relais du Dif
pour vous suivre toute votre
vie professionnelle.



des ministres le 22 janvier. Il
devait être débattu à l’Assemblée
nationale en février. Parmi les
réformes, l’emblématique création
du Compte Personnel de Formation (CPF), qui est au cœur du
projet. Celui-ci devrait être doté
selon le ministère du Travail d’environ 1,2 milliard d’euros par an
(contre environ 200 millions pour
l’actuel Droit individuel à fa formation [Dif ], dispositif qui a

50 - REBONDIR N° 211

MARS 2014

montré ses limites). Le principe :
“Chaque salarié disposera à partir
de 2015 d’un véritable accès à une
formation qualifiante qui lui permettra de progresser dans son
emploi et sa carrière. Ce compte
personnel sera entièrement portable tout au long de la vie professionnelle (contrairement au
Dif ), alimenté jusqu’à 150 heures
(+ 30 % par rapport au Dif ) qui
pourront être complétées par l’employeur ou les pouvoirs publics,
ou par le futur compte personnel
de prévention de la pénibilité”.
Les heures de Dif d’ores et déjà
accumulées par les salariés
devraient être intégrées au CPF.
COMPÉTENCES EN LIEN AVEC
LES BESOINS

Concrètement, à partir du 1er janvier 2015, le CPF prendra donc le
relais pour vous suivre toute votre
vie professionnelle. Et cela pourrait
changer la donne sur plusieurs
plans. Le premier étant que l’accord de l’employeur ne sera plus
nécessaire avant d’entamer une
formation (c’était l’un des grands
problèmes du Dif ). Le salarié en
poste pourra piocher dans son
compte pour suivre celle qui lui

plaît et qu’il pense importante
pour sa construction de carrière
et son employabilité. Mais attention, vous ne pourrez pas pour
autant faire réellement ce que
vous voulez. Le ministère du Travail explique qu’il “permettra d’accéder à des formations visant à
acquérir des compétences attestées
en lien avec les besoins de l’économie”. Et ceux des différents bassins
d’emploi. Reste à savoir quelles
sont les formations qui seront
considérées comme correspondant
à ces critères…
Le compte sera donc crédité chaque
année, à hauteur de 150 heures
maximum sur 9 ans. Au-delà, des
abondements supplémentaires
pourront être effectués par l’employeur, le salarié, Pôle emploi ou
encore les Conseils régionaux.
Autre changement majeur, le CPF
(ouvert dès l’âge de 16 ans) suivra
la personne chez un nouvel
employeur et même durant sa
période de chômage. Car actuellement, malgré les réformes introduisant une dose de portabilité, le
Dif restait très verrouillé pour ceux
qui se retrouvaient sans emploi.■
Aline GÉRARD

www.rebondir.fr


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