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Yvan Barel

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liberté accordés aux acteurs locaux, soit en empêchant certaines actions, soit en accroissant le caractère désirable d’autres actions
[M. Lebas 1980]. C. Defélix [1999, p. 55] remarque que dans la période
suivant un vaste projet de changement (une opération de reengineering
par exemple), les modes de coordination restent malgré tout d’une
« variété inévitable », alors qu’on pourrait s’attendre à « une prédominance des coordinations hiérarchiques et formelles ».
La véritable question qui se pose est donc celle de l’articulation des
différents types de contrôle que le siège a intérêt à organiser pour piloter
efficacement l’activité de ses établissements. La question est en
l’occurrence envisagée à travers une étude de cas menée dans un hypermarché appartenant à l’un des groupes leaders de la grande distribution française. On l’appellera l’enseigne E. Ce cas est intéressant à un
double titre. D’une part, la grande distribution étant un secteur en effervescence dans lequel les enseignes les moins compétitives sont rapidement absorbées par la concurrence, le contrôle des établissements par
le siège doit véritablement soutenir une mise en œuvre cohérente de la
stratégie. D’autre part, l’enseigne E étant amenée à décentraliser davantage que ses concurrents – pour des raisons de stratégie commerciale ultérieurement développées –, la nécessité de mettre en place de
solides instruments de contrôle est renforcée.
Après une présentation du support théorique utilisé, on s’intéressera
au système prévu par la direction centrale E pour maîtriser le fonctionnement des établissements locaux, avant de s’interroger sur les effets
dysfonctionnels ou inattendus que tout système de contrôle peut engendrer, dès lors que la force incitative qu’il sous-tend n’est pas suffisamment cohérente.

1.

Le cadre conceptuel des formes de contrôle

Cette recherche s’appuie essentiellement sur les travaux de
H. Mintzberg.
S’inspirant
des
concepts
classiques
de
« différenciation » et d’« intégration » [P.R. Lawrence, J.W. Lorsch
1973], l’auteur pose le postulat suivant : « Toute activité humaine organisée doit répondre à deux exigences fondamentales et contra-