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L2 Pharmacie – Chimie Thérapeutique
31/03/2014 – Pr Dallemagne
Groupe 30 – DomDom et ChaChatte

N°3

CLASSIFICATION CHIMIQUE DES MEDICAMENTS
LES « DRUGS PROTOTYPES » ET LEUR FILIATION
III. Exemple de la filiation de l'Adrénaline
20) Propafénone
21) Métoprolol
22) Esmolol
23) Viloxazine
24) Paroxétine
25) Fluoxétine
26) Sertraline
27) Sotalol
28) Labétalol
29) Practolol
30) Aténolol
31) Céliprolol
IV. Exemple de la filiation de l'Atropine
1) Homatropine
2) Navigan®
3) Méthonitrate d'atropine
4) Bromure d'ipratronium
5) Adiphénine
6) Cyclopentolate
7) Naftidrofuryl
8) Propranthéline
9) Trihexyphénidyle
10) Bipéridène
11) Amprotropine
12) Péthidine
13) Dextropropoxyphène
14) Diphénoxylate
15) Phénopéridine
16) diéthylcarbamazine
17) Pipérazine
18) Halopéridol
19) Dropéridol
20) Pimozide
21) Dompéridone
22) Fentanyl
23) Méthadone
24) Dextromoramide
25) Fenpiprane
26) Terfénadine
27) Isopramide
28) Disopyramide
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III. Exemple de filiation de l'Adrénaline

20) Propafénone : Rythmol®
Dérivé de l'Alprénolol :

Structure : Remplacement d'un groupement isopropyl par un groupement méthyl.
Substitution du motif anhilique de l'alprénolol par la chaîne propioprofénol.

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Utilisation : On conserve les propriétés de l'alprénolol : bétabloquant peu puissant mais utilisé
comme antiarythmique.

21) Métoprolol : Lopressor®
Dérivé de l'Alprénolol :

Il est développé à la suite de la découverte en 1966 de la cardiosélectivité de l'isomère 4-allylique
de l'alprénolol.
Utilisation : Propriétés cardiosélectives.

22) Esmolol : Brevibloc®
Dérivé du Métoprolol :

Erhardt (1987, lab Amar-Stone) : Découverte de l'esmolol, un bétabloquant cardiosélectif à demivie ultra courte : il ne dure que 9 min en intra-veineuse.
L'action courte est due à la fonction ester rapidement saponifiée par les estérases du plasma. Le
produit obtenu, un carboxylate, qui est inactif.
Utilisation : Modération de l'activité cardiaque anormale durant les opérations chirurgicales.

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23) Viloxazine : Vivalan®
Dérivé du Propranolol :

ICI (Brevet en 1969) : Il s'est intéressé aux cauchemars et hallucinations provoqués par propranolol
et autres bétabloquants lipophiles qui franchissent la BHE, d'où l'apparition de cauchemars. Il
augmente la lipophilie en réduisant le nombre de groupement polaire, c'est-à-dire en cyclisant la
chaîne hydroxyl-ethylaminée du propranolol en motif morpholine => Apparition de la Viloxazine.
Utilisation : antidépresseur inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et de le 5HT.
C'est aussi une alternative à l'utilisation des imipraminiques chez les patients sensibles à leurs
effets anticholinergiques et cardiaques.
La Viloxazine donne naissance à la famille des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (5HT),
qui sont aujourd'hui les premiers antidépresseurs ambulatoires.

24) Paroxétine : Deroxat®
Analogie importante avec la Viloxazine :

Structure : On a remplacé le noyau morpholine par un noyau para-fluorophénylique, et on a cyclisé
la chaîne methoxyméthylène de la viloxazine pour augmenter la lipophilie.
Utilisation : inhibiteur sélectif de la recapture de la 5HT.

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25) Fluoxétine : Prozac®
Dérivé de la viloxazine :

Utilisation : idem à la viloxazine : antidépresseur inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et
de le 5HT.

26) Sertraline : Zoloft®
Dérivé de la Viloxazine :

Structure : Cyclisation intra-moléculaire, pour augmenter la lipophilie.
Faible lipophilie (log P = 0,16), qui limite les insomnies et les cauchemars.
Utilisation : Antidépresseur.
C'est un bloc bluster dans le monde : 1 Milliard de $ de chiffre d'affaire.

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27) Sotalol : Sotalex®
Dérivé de la Dichloroisoprénaline :

Larsen (1960) : Remplacement de l'un des groupements OH phénolique (donc acide) de la
Dichloroisoprénaline, par un groupement sulfonamide (également acide), donnant le Sotalol.
Par ailleurs, sa nature polaire (log P = 0,24) l'empêche de franchir la BHE et de provoquer des
cauchemars ainsi que de pénétrer dans les hépatocytes et d'être rapidement métabolisé (à la
différence du propranolol).
Utilisation : bêta-bloquant qui va se distinguer du propranolol. Il est capable non seulement de
relaxer les muscles trachéal, utérin et intestinal, mais également de s'opposer à la tachycardie due à
l'adrénaline (dichloroisoprénaline).

28) Labétalol : Trandate®
Dérivé du Sotalol :

Structure : Le labétalol est un autre β-bloquant, d'avantage polaire par rapport au propranolol.
Conservation d'un hydroxyle, et remplacement de l'autre par un groupement carboxamide. Et
allongement par une chaîne phénéthyl.

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Utilisation : β et α-1 bloquant, 2 effets concourant chacun à la diminution de l'HTA réunis dans une
seule molécule, permettant de diminuer la posologie efficace car les effets sont plus puissants.
Cette molécule est un exemple de ce que l'on appelle les MTDL (multi target directed ligands), c'est
à dire qu'ils vont pouvoir touchés plusieurs cibles dans une maladie donnée, sans toucher d'autres
cibles à côté pour éviter les effets indésirables.
Sa toxicité limite son utilisation.

29) Practolol
Dérivé du Sotalol :

ICI : synthèse du Practolol comme analogue acétylaminé du Sotalol.
Structure : Comme pour le propranolol, on va séparer la chaîne hydroxy du noyau aromatique par
un atome d'oxygène (O). Et présence d'un groupement carboxamine.
Dunlop et Shanks montrèrent que de façon inattendue le sotalol n'antagonise pas la vasodilation
périphérique provoquée par l'isoP tout en ayant le même effet cardiaque que les autres
bétabloquants.
Utilisation : premier bétabloquant relativement cardiosélectif.
Intérêt pour les asthmatiques et commercialisation en 1970.
Mais chez quelques patients, il apparaît une toxicité oculaire à long terme → cécité et retrait du
marché.

30) Aténolol : Ténormine®
Dérivé du practolol :

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ICI : inversion du sens du carboxamine par rapport au practolol. Mis sur le marché en 1987.
Utilisation : Relativement cardiosélectif, modération de l'activité cardiaque durant les opérations
chirurgicales.
Pendant les années 80, c'est 1er bétabloquant et 3éme molécule vendue dans le monde, dû à la
fonction ester rapidement saponifiée par les estérases du plasma. Le carboxylate formé est inactif.

31) Céliprolol : Célectol®
Dérivé du Practolol :

Découverte par Rhône Poulenc Rorer.
Structure : groupement carbonylé sur le phényl et présence d'un groupement uréido.
Utilisation : 1er bétabloquant cardiosélectif, avec des propriétés agonistes partielles limitées aux
récepteurs β-2.

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IV. Exemple de la filiation de l'Atropine
Atropine = Alcaloïde extrait d'Atropa Belladonna
(Solanacées)
→ Ethymologie : Atropos (divinité grecque capable de donner
la mort) et Belladonna (Belle dame de Venise adepte de la
mydriase, utilisée comme cosmétique).
Constitué d'un noyau propane et d'un acide tropique.
La premier utilisation d'extrait de Belladone fut pour faciliter
l'examen oculaire grâce aux mydriases (Himly, Paris 1802).
Puis les travaux de Vauquelin, Brandes puis Geiger et Hesse ont permis d'isoler l'Atropine en 1833.
A l'état naturel : Isomère lévogyre (hyoscyamine) qui subit une racémisation en atropine, au cours
de l'extraction.
Utilisations : Contre l'hypersialorrhée (production importante de salive ≠ Xérostomie : réduction
de la production de salive) pendant l'anesthésie, puis contre l'asthme en 1869 (anticholinergique).

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Aujourd'hui, l'atropine est un antagoniste de
l'acétylcholine vis-à-vis de ces récepteurs
(anticholinergique ou parasympatholytique), utilisé dans
le bloc auriculo-ventriculaire comme :
– Antispasmodique (colique)
– Antidote en cas d'intoxication par des
anticholinestérasiques (insecticides,
organophosphorés et gaz de combat)
– Anti-parkinsonien (en cas de cycloplégie :
paralysie des muscles des yeux, pour éviter un
strabisme).

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1) Homatropine
Dérivé de l'atropine :

Ladenburg (1880) : Préparation de dérivés (tropéines) en estérifiant le noyau tropine (tropane
hydroxydé de l'atropine) par divers acides aromatiques.
En utilisant l'acide mandélique : Atropine → Homatropine (Homologue inférieur de l'atropine, c'està-dire qu'elle comporte un carbone en moins).
L'Homatropine a une action oculaire plus rapide mais moins puissante que celle de l'atropine
(paralysie plus longue des yeux). Commercialisation par Merck.
Utilisation : Collyre en cas de strabisme

2) Navigan®
Dérivé de l'Atropine :

Van Braun (Francfort, 1922) : Il étudia les effets physiologiques de la transposition des
groupements fonctionnels de diverses drogues. Il modifiait les agencements structuraux.
Dans le cas de l'atropine, il s’aperçut que l'acide tropique estérifié pouvait être déplacé sur
différentes positions du noyau tropine sans perte de l'activité mydriatique.
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L'intégralité du cycle tropine n'est pas indispensable à l'activité ; par contre, une amine tertiaire
séparée du motif tropate par 2 ou 3 carbones est indispensable (on peut le remplacer par une
pipéridine).
Il est sous forme acétylé, car il nécessite au cours de la synthèse une protection de l'acide tropique
pour éviter une dialkylation (On protège OH pour que seul l'acide carboxylique réagisse).
Commercialisation : par Hoffman-Laroche en 1929 sous le nom de Navigan® (nom de la molécule
et nom de la spécialité)
Utilisation : contre le mal de mer.
[ Aujourd'hui, il est obsolète, mais il est à l'origine de tous les analogues de l'atropine ]

3) Méthonitrate d'atropine
Dérivé de l'Atropine :

Bayer (1902) : Sel quaternaire de l'atropine ; c'est-à-dire qu'on a méthylé son azote (il est chargé en
permanence ; contre-ion : ion nitrate).
C'est un mydriatique de nature polaire : il pénètre moins vite dans le SNC, ce qui réduit les effets
indésirables.
Utilisation : Antispasmodique pylorique chez l'enfant.

4) Bromure d'ipratronium
Dérivé du Méthonitrate d'atropine :

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Boehringer (1968) : Il introduit le bromure d'ipratronium en tant qu'analogue isopropyl du
méthonitrate d'atropine. On change de contre-ion : Br-.
Utilisation : contre l'asthme (bronchodilatateur anticholinergique). Il possède moins d'effets
secondaires.

5) Adiphénine
Analogue de l'Atropine :

Synthétisée par CIBA (1937). Elle est importante dans la filiation de l'atropine.
Structure :
– Ouverture du noyau propane, et libération de l'azote pour obtenir la chaîne
diéthylaminoéthane.
– Remplacement du groupement hydroxyle du noyau tropique par un phényl.
– Motif benzhydryl du noyau phényl réuni par un carbone ( 2 noyaux phényl réunis par un
carbone)
=> On est assez éloignée de l'atropine structurellement
Utilisation : Antispasmodique anticholinergique.

6) Cyclopentolate : Skiacol®
Dérivé de l'Adiphénine :

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1952 : il est introduit comme alternative à l'atropine.
Structure : Remplacement du phényl par un cyclopentyl, avec un OH supplémentaire.
Il bloque l'action anticholinergique au niveau du sphincter irien et du muscle ciliaire (Alternative de
l'atropine).
Utilisations : cyclopégie (paralysie de l'accommodation) et mydriase pré-opératoire.

7) Naftidrofuryl : Praxilène®
Dérivé de l'Adiphénine :

1973 : Introduction du Naftidrofuryl comme dérivé de l'adiphénine.
Structure :
– Modification du noyau phényl par un noyau tétra-hydro-furane (THF)
– Remplacement du 2eme noyau phényl par un noyau naftalène.
Utilisation : Vasodilatateur contre l'insuffisance vasculaire périphérique et cérébrale.

8) Propanthéline : Probanthine®
Dérivé de l'Adiphénine :

1987 : Introduction du Propanthéline comme dérivé de l'adiphénine (Mêmes propriétés).
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Structure :
– elle est chargée positivement en permanence pour la rendre plus polaire : méthylation de
l'azote (contre-ion : ion bromure)
– Remplacement de l'éthyl par un isopropyl
– Cyclisation des 2 noyaux aromatiques : système tri-cyclique.
Utilisation : Antispasmodique anticholinergique dans les cas de spasmes gastro-intestinaux et
l'incontinence.

9) Trihexyphénidyle : Artane®
[ Jusqu'en 1949, tous les antispasmodiques dérivés de l'atropine possédaient une fonction ester ]
Dérivé de l'Adiphénine :

Modifications des propriétés thérapeutiques.
Structure :
– Cyclisation du groupement diéthylamine en noyau pipéridine.
– Remplacement d'un noyau ester par un noyau hydroxyl
– Remplacement de l'OH par un méthylène CH2
– Cétone réduite en alcool
Avant, tous les dérivés de l'atropine contenaient des ester, pas toujours très stables, car les estérases
saponifient pour obtenir des acides.
Denton : Synthèse d'analogues cétoniques (pour éviter la sensibilité des fonctions esters par rapport
à une hydrolyse métabolique), puis hydroxylés (fonction alcool), de l'adiphénine.
=> Trihexyphénidyle = benzhexol anticholinergique passant la BHE.
Utilisation : Anti-parkinsonien (souvent en association avec le lévodopa), car la maladie de
Parkinson est liée a une hyper-activité cholinergique et à un déficit de Dopamine.
Remarque : Différence Maladie de Parkinson / Syndrome parkinsonien :
– Maladie de Parkinson = maladie neuro-dégénérative (perte de la dopamine)
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Syndrome parkinsonien = Syndrome comportant les mêmes symptômes que la maladie de
Parkinson, mais sans la perte de dopamine.
Il apparaît comme effets secondaires de la prise de médicaments neuroleptiques.


10) Bipéridène : Akineton retard®
Dérivé du Trihexyphénidyle :

Structure :
– Remplacement du noyau bipéridine par un noyau pyrolidine.
– Remplacement du noyau cyclohexyl par un noyau norforlène
Utilisation : Anti-parkinsonien anticholinergique

11) Amprotropine
Dérivé de l'Atropine :

Structure : Ouverture du noyau tropane (aminoalcool).
Hoffman-Laroche (1933) : En raison de l'analogie structurale entre l'atropine et la cocaïne, il
introduit dans un analogue de l'atropine un aminoalcool déjà utilisé dans un dérivé de la cocaïne
(méthocaïne).
Utilisation : Elle conserve une partie de l'activité spasmolytique de l'atropine, tout en provoquant
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moins de xérostomie (hypo-sialorrhée).
Maintenant elle est obsolète, mais c'est le prototype de nombreux antagoniste hormonaux
(adrénaline, histamine), et est à l'origine de synthèse de nombreux anticholinergiques, par réaction
entre les acides et les aminoalcools.

12) Péthidine ou mépéridine : Dolosal®
Dérivé de l'Amprotropine :

C'est une molécule très importante !
Schaumann (1937, labo Hoechst) : Étude de la pharmacologie d'antispamodiques dérivés de
l'atropine, synthétisés 7 ans plus tôt par Eisleb.
Lors de tests sur la souris, sa queue se redresse en S (signe de Straub), caractéristique des
opianalgésiques.
Structure : On s'éloigne un peu plus de la structure de l'atropine : estérification par un alcool
(l'éthanol) et rigidification par un noyau méthylpipéridine sur le méthylène.
Les études ont montré qu'elle possède 1/10ème de la puissance de la morphine, avec une analgésie
rapide, de courte durée, et avec des moindres risques de dépression respiratoire.
Elle était très utilisée contre les douleurs de l'accouchement en évitant les risques pour le bébé.
Commercialisation en Allemagne, en pensant que la péthidine n'induirait pas de dépendance, car
elle n'a pas d'analogie avec la morphine. Pourtant elle induit quand même une accoutumance et une
assuétude.
Analogie de structure dans l'espace avec la morphine découverte au hasard : Sérendipité

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13) Dextropropoxyphène : Antalvic®
Dérivé de la Péthidine :

Il est aujourd'hui retiré du marché depuis 1an. (suicides)
Structure : Ouverture du cycle pipéridine, remplacé par une chaîne diéthylamine, et présence d'un
noyau phényl.
Utilisation : Il conserve les propriétés antalgiques de la péthidine, particulièrement efficace contre
un grand nombre de douleurs.
Préfixe « Dextro- » : Cela vient du fait que seul le stéréoisomère dextrogyre possède les propriétés
antalgiques. Le stéréoisomère lévogyre possède des propriétés anti-tussives.

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14) Diphénoxylate : Diarsed®
Dérivé de la Péthidine :

Janssen (1959) : Il réalise un compromis de la morphine avec la structure de l'isopropamide, mais
dénué de l'activité analgésique, malgré une bonne réabsorption intestinale, en raison d'un
métabolisme hépatique rapide.
Le Diphénoxylate exerce les mêmes propriétés que la Morphine, mais uniquement au niveau
périphérique, c'est-à-dire sans provoquer d'effet analgésique (les propriétés de la Morphine au
niveau périphérique étant le ralentissement du péristaltisme intestinal, qui provoque un effet
constipant, effet indésirable de l'utilisation de la Morphine.
=> Effet constipant similaire à celui de la morphine, sans les risques d'accoutumance (pas d'action
au niveau central).
Utilisations : Anti-diarrhéique associé le diphénoxylate l'atropine, pour diminuer l'absorption
intestinale.

15) Phénopéridine : R 1403®
Analogue de la péthidine, plus résistant au métabolisme que le diphénoxylate :

Structure : Remplacement du méthyl par un motif hydroxy-phénéthyl. Il conserve les propriétés
analgésiques liées à la fixation au niveau central sur les récepteurs aux opiacées.

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Utilisation : analgésique, utilisé en injection pendant les opérations chirurgicales (Spécialité
hospitalière).

16) Diéthylcarbamazine
Analogue de la Péthidine :

Synthèse par le Laboratoire Lederle (1948).
Structure : Modification de la nature du groupement ester, qui est devenu un groupement uréido
(ajout à la suite de l'atome d'O un N, et un second N dans le noyau pipéridine, qui devient un noyau
pipérazine).
Utilisation : anti-parasitaire, contre les filaires.
Elle lutte contre les helminthes, active uniquement in vivo et non in vitro : C'est une pro-drogue
transformée en métabolite actif, la pipérazine (anti-helminthique).

17) Pipérazine : Antelmina® / Vermifuge sorin®
Dérivé de la Diéthylcarbazine :

C'est un métabolite actif in vitro contrairement à la diéthylcarbamazine.
Utilisation : anti-helminthique ont été d'abord découverte par Boismare (pharmacien de Rouen)
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18) Halopéridol : Haldol®
[ Molécule très importante ! ]
Dérivé de la Pithidine:

Jansson (1957) : Substitution de l'azote de la péthidine : il va remplacer le groupement méthyl par
une propiophénone ou une butyrophénone, avec conservation de l'activité analgésique.
Lors des tests sur les souris, après une phase d'excitation typique de la péthidine, elle subissait une
sédation comme avec la Chlorpromazine.
=> Mêmes propriétés sédatives que la Chlorpromazine, qui est un dépresseur du SNC.
Il dissocia l'action analgésique de l'action sédative, en remplaçant la fonction ester par une
groupement OH (conservation de l'activité sédative).
Déclinaison des substituants sur le benzène, obtention d'une centaine de composés, parmi lesquels
l'halopéridol. 5000 analogues furent synthétisés dans la décade suivante et une douzaine furent
commercialisées.
Utilisation : activité tranquillisante, 50 à 100 fois supérieure à celle de la chlorpromazine, avec
moins d'effets secondaires (efficace chez les patients psychotiques, capable de réduire l'agressivité).
=> Neuroleptique.

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19) Dropéridol : Droleptan®
Dérivé de l'Halopéridol :

Structure : Composé de type benzimidazolone, parmi les nombreux dérivés de l'halopéridol.

20) Pimozide : Orap®
Dérivé de l'Halopéridol :

Structure : Autre composé de type Benzimidazolone, mais on s'éloigne de la structure de base (Il
n'appartient pas strictement à la famille des Butyrophénones).

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21) Dompéridone : Motilium®
[ Molécule importante ! ]
Dérivé de l'Halopéridol :

Jansson : Lors des études sur les neuroleptiques, on s’aperçut que certains d'entre eux étaient très
affins vis-à-vis des récepteurs dopaminergiques présents dans la trigger-zone (zone gâchette) qui
contrôle les vomissements (située en dehors de la BHE).
Il recherche des antagonistes dopaminergiques ne franchissant pas la BHE, pour exercer un effet
antiémétique sans les effets secondaires extrapyramidaux (effets secondaires obtenus si la molécule
passait la BHE et atterrissait au niveau central, comme pour le syndrome Parkinonien)
Commercialisation : en 1982 sous le nom de Motilium®
Utilisations : contre les nausées et es vomissements => Anti-émétique

22) Fentanyl : Fentanyl®
Dérivé de l'Halopéridol :

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Structure : Groupement OH remplacé par un N, engagé dans le groupement carboxamide.
Jansson (1964) : Découverte du fentanyl, opianalgésique agoniste des récepteurs opioïdes, 500 fois
plus puissant que la morphine, dû à sa grande lipophilie. Au doses thérapeutiques (faibles doses), les
effets anticholinergiques ne se manifestent pas.
Utilisation : anesthésique à brève durée d'action, en raison de sa redistribution vers les muscles et
les graisses (sous forme de patch).

23) Méthadone : Amidon®
Dérivé de l'Amprotropine :

Structure : Remplacement du groupement ester par un motif benzydril et une chaîne
aminocarbonée.
Hoechst : synthétisée pendant la 2nde guerre mondiale, parmi de nombreux analogues à la
Péthidine, mais aucun n'était supérieur à la Méthadone. Il décrouvrit les propriétés analgésiques
d'une deuxième série d'antispasmodiques dérivés de l'amprotropine, synthétisée par Eisleb.
Après le guerre, les américains du Département d'Etat étudièrent les travaux des allemands faits
pendant la guerre, et la méthadone fut utilisée comme antalgique, moins sédatif que la Morphine, et
avec moins de risques de dépression respiratoire.
Elle possède un métabolisme particulier, utilisée comme substitut dans le traitement des
pharmacodépendances à la Morphine et à l'Héroïne. Elle cible les mêmes récepteurs que ces 2
molécules, mais elle se fixe lentement et s'en retire lentement. Cela va atténuer le syndrome de
sevrage.
Commercialisation : En Allemagne, sous le nom d'Amidon®
Utilisation : Substitut de la morphine, et d’héroïne, lors de sevrage dans les cures de
désintoxication.

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24) Dextromoramide : Palfium®
Dérivé de la Méthadone :

Jansson (1956) : Il fit une pharmacomodulation de la Méthadone, et synthétisa la Dextromoramide.
Utilisation : opianalgésique par voie orale, rapide et de courte durée d'action, pour potentialiser les
autres analgésiques.
Aujourd'hui retiré du marché.

25) Fenpiprane
Dérivé de la méthadone :

Structure : C'est un dérivé simplifié de la méthadone. On a conservé le motif benzydril/benzydrole.
Hoechst et Sterling-Winthrop (1950) : Synthèse du fenpiprane, antispasmodique dénué d'activité
analgésique (substitution à la papavérine).
Puis on démontra son action coranodilatatrice par un effet antagoniste calcique au niveau du cœur
et des muscles lisses vasculaires.
Utilisation : Anti-angineux, car il est métabolisé plus lentement que les nitrates.

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26) Terfénadine : Teldane®
Analogue du Fenpiprane :

Structure : Substitution par un groupement para-tertiobutylphényl, et une chaîne carbonée.
Richardson-Merrel (1973) : Synthèse de la Terfénadine comme analogue du Fenpiprane, à visée
tranquilisante qui ne passe pas la BHE.
Utilisation : premier antagoniste histaminergique H1 non sédatif, en 1977 (propriétés antiallergiques)

27) Isopramide : Enuretine®
Analogue de la Méthadone :

Structure : le groupement éthyle est remplacé par un groupement aminé, c'est-à-dire que l'on a un
groupement carboxamide.
Molécule chargée positivement en permanence (azote quaternaire, contre-ion : ion iodate).
Janssen (1955) : Synthèse de l'Isopramide comme anticholinergique (spamolytique).

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Utilisation : Spasmolytique utilisé contre l'énurésie infantile et chez les sujets âgés (propriétés
atropiniques).

28) Disopyramide : Rythmodan®
Analogue de l'Isopramide :

Structure : Bioisostère azoté de l'Isopramide.
Searle : Recherche d'un anti-arythmique, dénué des effets toxiques par accumulation de la
quinidine.
Synthèse de plus de 500 composés, dont la disopyramide, analogue pyridinique de l'isopramide.
Il est introduit en 1962.
Utilisation : Anti-arythmique actif per os, qui malheureusement conserve une action anticholinergique, qui le contre-indique en cas de glaucome ou d'hypertrophie prostatique.

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