le Livre des Laveures Nicolas Flamel .pdf


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subtil art et ingénieux. Et pour ce en l'ouvrage de Philosophie, nous ajoutons le mercure
cru qui est esprit mercuriel cru ainsi comme eau portant l'enseigne d'espèce de métal
avec les corps puis digérés, fixés, cuits et attrempés par l'engin de nature. C'est à savoir
en or et en argent afin que par certaines décoctions se dissolvent en icelui, lesquelles
manières je vous montrerai par pratique. Car comme d'homme ne se puisse engendrer
que homme, ni or sans or, reste que selon le droit de Nature il n'y a rien à contraindre
pour faire génération sinon les deux spermes qui sont principes de nature. Et toutefois
ces deux spermes nous n'avons pas actuellement. Si premier ne les tirons du soleil et de
la lune par dissolution de leur corps et subtiliation. Ainsi comme ni de l'homme ni de la
femme ne se peuvent ajouter leurs spermes en coït si premier ne sont tirés des rognons
par délectation dissolutive faite par l'amour de nature libidineuse. Et ainsi comme il
suffit à l'homme et à la femme leurs spermes, ainsi suffit-il à l'or et à l'argent leurs
spermes par spécial quand les vraies semences sont épandues et mêlées en la chambre
de la matrice en gardant manière ainsi comme requiert la différence du lignage de
génération. Car en ladite matrice qui est le propre vaisseau de Nature auquel elle fait
son transmuement, est faite la conjonction et la solution de l'un et de l'autre union,
action, passion par force de chaleur de nature qui est ainsi comme chaleur de femme
naturelle. Et ainsi nous procédons es arts de Philosophie si nous voulons que l'ouvrage
demeure sans erreur, en telle manière que le corps féminin soit naturellement dissous en
l'eau du dessus-dit mercure, laquelle se tienne actuellement dissoute à sa part. Et le mâle
semblablement, en gardant la proportion. Si comme il appert es indagations et es secrets
de Nature.
Cette théorique, cher ami, je vous donne, afin que vous ayez meilleure connaissance des
choses qui se transmuent par la vertu de la pratique qui s'ensuit. Car tout temps se dit
que tout homme est réputé pour bête qui ne sait rendre cause réelle de ce que réellement
fait ou veut faire, et pour ce ayez ladite théorique recommandée en votre entendement,
car nul temps fut Philosophe qui la bailla ainsi comme je vous fais.
LA PRATIQUE
Ci ensuit la pratique. Cher ami vous prendrez au nom de Dieu deux livres d'eau
commune, et icelle distillerez par un cuir bien délié. Puis après prendrez une once de
lune très fine affinée par cendres, et icelle mettrez dans une fiole en menues pièces
tranchées à la grandeur ou largeur de votre ongle. Et après mettrez dedans toute votre
eau, et mettrez tout cuire au bain par deux ou par trois jours naturels. Et c'est la première disposition de l’œuvre.
La seconde disposition est telle. Vous prendrez au nom de Dieu votre matière et la
mettrez refroidir à part. Puis après vous verserez tout dans un plat de verre ou de terre
plombée, et recueillerez avec une plume tout ce que trouverez de terre morte au-dessus,
et icelle mettrez à part bien gardée. Après vous aurez un couloir de toile moyenne c'est à
savoir une qui ne soit ni trop grosse ni trop déliée, et coulerez par icelui votre matière en
un autre plat de verre bien large, et l'épreindrez bien jusqu'à ce que tout ce qui pourra
passer de l'eau soit passé par ledit couloir. Puis après vous aurez un mortier de pierre et


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