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Lundi 5 mai 2014

` SUR LE WEB WWW.LESECHOS.FR

Enpleinelucarne
TF1 a rassuré la Bourse
avec ses chiffres trimestriels.

Grâce à Corporate America, on sait désormais que, de l’autre côté de la Manche, Arnaud Montebourg s’appelle… lord Sainsbury. Mais, sans surprise,
l’arrière-petit-fils travailliste du fondateur éponyme des supermarchés est
plus isolé dans son pays pour défendre l’un des fleurons locaux de la pharmacie, AstraZeneca, convoité par Pfizer, que ne l’est le ministre socialiste de
l’Economie, protecteur de la vertu d’Alstom séduit par General Electric.
Comparaison n’est pas raison, car au pays où les « pennies ne tombent pas du
ciel », dixit feu Margaret Thatcher, le patron français du groupe anglo-suédois, Pascal Soriot, est, lui, bien décidé à vendre chèrement la peau du
deuxième laboratoire de Sa Gracieuse Majesté. Le vétérinaire de formation
vient une nouvelle fois de renvoyer à la niche la proposition de l’américain
améliorée de 7 %, à 106 milliards de dollars. Mais, heureusement pour lui, le
patron de Pfizer, Ian Read, semble mieux connaître son Code des impôts
que le Vidal des médicaments. Et celui-ci offre sur un plateau d’argent la possibilité de surenchères, contrairement aux incertitudes sur le pipeline de la
cible. Transférer son domicile fiscal des Etats-Unis vers le Royaume-Uni lui
fait immédiatement gagner 4,5 % de bénéfice net supplémentaire chaque
année et économiser 17 milliards de dollars d’impôt sur la trésorerie de ses
filiales étrangères, sans même évoquer les habituelles synergies, estimées à
4 milliards (hors frais de R&D) par Barclays. La banque calcule que l’américain a une marge de manœuvre d’encore 12 % à la hausse tout en conservant
une partie des effets de cette cure de jouvence fiscale. Son PDG est déjà, comme Thatcher, pour le consensus : le consensus sur ce qu’il veut faire.

AVEC

DR

+ L'INVITÉ
DES ECHOS

Guy Mamou-Mani,
PrésidentduSyntec numérique

Gladiators

LECAPDU GOUVERNEMENT « Onpeutseféliciterque
lespouvoirspublicsvalorisentenfinlesentrepreneurs.Nous
avonsun problème,nonpasavec lespolitiques,maisavec
l’administrationfiscale,quiauneinterprétationnégative des
textes.Sanscomptercettecirculairedu4 avrildernierquia
remisencause touslesprincipesdelasous-traitance.Celaa
complètementdéstabilisélaprofessionetl’accèsaucrédit
impôtrecherche–onparled’environ600 millionsd’eurosde
compétitivité enmoins. »
LAFORMATIONNUMÉRIQUE « L’undesprincipauxsoucisde
laFrance,c’estlechômagedesjeunes.Notresecteurfaitentre
20.000et30.000offresd’emploichaqueannéeet93,4 %d’entreellessontdesCDI.Nousavonsproposéunprogrammede
formationà360degrés,allantde lamaternelleaudoctorat,
enpassantparleschômeursoulesélèvesdécrocheurs. »
SUR L’ACCORD SYNTEC « Nousavonstrouvéunaccordsyndical debranchepourpréserverlesystèmeduforfaitjour
aprèssaremiseencauseparlaCourdecassation.L’anecdote
dese-mailsaprès18heuresestunefarcequirésulte d’un
“french bashing”delapresseétrangère.Ils’agitsimplement
de dire que,lorsqu’uncadrereçoitune-mailaprès18heures,
s’il travaille dechezluious’ilestenvacances,onne peutpas
luireprocher denepasyrépondre.Lesmesuresde cetaccordsontdesmesuresdebonsens,commelefaitd’empêcherquelqu’un detravaillerplusde 13heuresparjour. »
Interview réalisée par Neila Beyler

a L'intégralité de l'émission sur lesechos.fr/invitedesechos

« Partageons des ondes positives. » La grande antenne d’un mass media ne
saurait mieux dire, par profession, même si elle recourt aux services
d’audience d’un médium repenti comme « The Mentalist ». Il n’est pas sûr,
toutefois, que le nouveau slogan de TF1 suffise à lui seul à faire basculer un
public de plus en plus courtisé et des annonceurs toujours attentistes. En
plus, une année d’élections, de commémorations et de Coupe du monde de
football complique fortement la tâche des pronostiqueurs attitrés, à cause
des recettes et des coûts associés. C’est donc la Bourse, toujours partante
pour anticiper, qui a choisi le bond antisinistrose (+ 6 %). Il faut dire que la
chaîne de Boulogne lui a servi des chiffres trimestriels supérieurs aux attentes, en plein dans la lucarne des bénéfices, grâce à sa gestion serrée et à
des décalages de programmation, quand les oracles attendaient une perte.
Cela ne pouvait mieux tomber. Non seulement, le challenger M6 traverse
une zone de turbulences de son audience, de quoi redorer mécaniquement
le blason du leader, mais, en plus, les portefeuilles adorent se mettre sous
l’hypnose du dividende exceptionnel. Forte d’une trésorerie nette de plus de
250 millions d’euros à la fin du trimestre, la filiale du groupe Bouygues
devrait en effet doubler cette pelote confortable une fois cédé le contrôle
d’Eurosport à Discovery Communications dans les prochaines semaines.
Un cinquième de la capitalisation boursière à réinvestir et à redistribuer.

L’Oréal 30
Lafarge 18, 30
LinkedIn 25
MBM 21
Mikado Kyowa 22
MTS 23
Novartis 18, 31
Numericable 9, 18
Ozon 23
Peugeot 17
Pfizer 19, 36
PointGrab 26
Poudmet 21
Renault 17, 30
Samsung 26
Séché Environnement 21
SFR 9, 24
Siemens 18
Snapchat 26
SNCF 20
Sotheby’s 24

LinkedIn déçoit à son tour.

Le Vidal des impôts
L’arbitrage fiscal donne les moyens à Pfizer
de surenchérir sur AstraZeneca.

LES ENTREPRISES CITÉES
Alstom 20, 32
Apple 26
AstraZeneca 19, 36
Aurea 21
BASF 18
Bayer 18, 22
Boursorama 31
Carrefour 17, 30, 32
Ceekay Seeds 22
Christie’s 24
Christofle 22
Eco-Huile 21
Facebook 18, 36
Frontback 26
GSK 18
Harlequin 25
HarperCollins 25
HG Industries 21
Imerys 16
Ingenico 32
Instagram 26

crible

Third Point 24
TicketLeap 26
Total 21
Trez 21
Twitter 25, 29, 36
UBS 29, 31
Vilmorin 22
INDEX DES AVIS
FINANCIERS

BNP Paribas IP 31
Cie Agricole de la Crau 31
Club Méditerranée 17
Coface 15
Illiade 31
Natixis 21
Orange 31
Sabeton 31
ANNONCES
LÉGALES 20

« Laprospéritémontrelesheureux,l’adversitérévèlelesgrands. »Réputé
poursonamourdulatin,MarkZuckerbergapprécieralaremarquedePlinele
Jeune,tiréed’uncélèbrepanégyrique.CotéedepuisunandemoinsqueLinkedIn(entréàWallStreetilyatroisans),l’actiondesonempireFacebooktire
bienmieuxsonépingledujeudepuisledébutdel’année,ycomprisfaceau
nouveauvenuTwitter,lalanternerougepourlaquellelecharmedelanouveautés’estrompuauboutdesixmoisdecotation.Siaucundestroisgrands
réseauxsociauxaméricainsn’adéçuavecsonchiffred’affairesdupremiertrimestre,laquantificationdeleurcroissancefutureperturbelesinvestisseurs,
incitésparles« guidances »(LinkedInetTwitter)oulescommentaires(Facebook)àlarevoiràlabaisse.Lesmultiplesboursiersélevésontréveillélescassandresdeskrachsetdesbullestandisquelesprisesdebénéfices’avèrent
naturelles.Nonseulementlesgainsdel’andernierlesdécoiffent(+90 %pour
LinkedIn)maisl’offreàvenirfaittoujoursparlerd’elle,commeAlibaba,le
mastodontechinoisducommerceenligneannoncéàlacotedeNewYork.En
dépitdecettechronologie,Facebooks’estaffirmécommelevétérandel’adversitéboursière,ungladiateursurvivantdelamiseenBourselapluscalamiteusepossible(–60 %durantsestroispremiersmoisdevieboursière),quiluivaut
laperformanceannualiséelaplusmodestedepuissacotation(+27 %contre
+51 %pourLinkedInet+137 %pourTwitter).Surtout,MarkZuckerbergapris
leviragedumobile,cedontbeaucoupdegérantslecroyaientencoreincapable
ilyadeuxans,làoùlesdirigeantsdeLinkedInetdeTwitterdoiventencore
lesconvaincredeleurcapacitéàmonétiserdavantageleurschersréseaux.

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DIRECTEUR DÉLÉGUÉ Bernard Villeneuve
Ce numéro comporte un 3e cahier de 8 pages « Les Echos Business »

Pascal Soriot

Q

ui aurait imaginé à l’été 2012,
quand il fut débauché à prix d’or
deRochepourvenirredresserla
barre du navire en perdition d’AstraZeneca, que moins de deux années plus
tard ce Français au physique sec des
sportifs d’endurance pourrait s’offir le
luxe de refuser une offre de Pfizer à plus
de 100 milliards pour son labo. C’est
pourtant ce qu’il vient de faire, arguant
que la proposition du numéro deux
mondial du secteur, restait encore très
« sous-évaluée ». Bel hommage au travail
de cet inhabituel mélange de l’école vétérinaire de Maison-Alfort et d’HEC qui
navigue depuis une petite trentaine
d’années dans l’univers sans cesse en
recomposition de la pharmacie. Entré
chez Roussel-Uclaf, il fut vendu avec le
reste à Hoechst, ce qui lui fit voir du pays,
devenant « general manager » pour le
groupe allemand, en Australie et à
Tokyo. En 2000, la grande fusion qui
accoucha d’Aventis le propulse au poste

de COO pour les Etats-Unis. Après en
avoirvécutant,PascalSoriotétaitdevenu
l’expert idéal en absorption qu’il fallait à
Roche : il rejoint donc la firme de Bâle
pourmeneràbiencelleduchampiondes
biotechnologies, Genentech, dont il
assure aussi la présidence. AstraZeneca
vaenpinceralorspouruneautrecompétence reconnue de ce père de deux
enfants : c’est un as du développement.
Or le pipeline du labo anglo-suédois se
dégarnitàgrandevitesse.Pours’attacher
ses précieux services, la compagnie le
couvrira de millions. La médication sera
dure, avec 2.300 suppressions d’emploi à
la clef, mais son recentrage sur les anticancéreux a porté ses fruits. Même si on
le surnomme le « magicien du salaire »,
Pfizer aurait économisé quelques milliardss’ils’étaitcontenté,unefoisdeplus,
de le débaucher.

(

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