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Avec de nouveaux Français, la France
continue (1).

(1) Je suis né à Cracovie, le 14. novembre 1887 ; fils de
Jacob-Haïm Blûmchen, casquettier, et de Salomé-Sticha Pfaflî',
son épouse.
Mon oncle Blûmchen, établi à Leipzig, est connu en Saxe et
même dans l'Allemagne entière par le Blûmchen-kaffe.
Je suis venu à Paris en 1904, appelé par l'honorable président
de l'Alliance Israélite, M. Narcisse Leven, et défrayé par la
Société des Enfants de Cracovie, que dirige l'honorable
M. Henry Weinstein, à Maisons-Alfort.
Je suis en instance de naturalisation. Je remplirai les dernières
formalités, selon l'usage de mes compatriotes, aussitôt que
j'aurai dépassé l'âge où la loi militaire pourrait m'astreindre
au service actif.

-4*
Nous sommes une grande nation de douze
millions d'hommes l'une des plus riches, et,
malgré notre dispersion, la plus homogène, la
plus solidaire, la plus fortement organisée de
la terre.
Plus de cinq millions des nôtres campent en
Russie, dont deux millions en Pologne russe ;
plus de deux millions en Autriche-Hongrie,
sept cent mille en Allemagne, trois cent mille
en Turquie, trois cent mille en Roumanie,
deux cent cinquante mille en Angleterre. Il n'y
a que soixante mille Hébreux à Jérusalem ;
il y en a cent cinquante mille à Londres, et
douze cent mille à New- York.
Mais notre pays d'élection est la France, parce
que le climat y est sain, la terre y est riche, l'or
y abonde, et les indigènes s'offrent d'euxmêmes à tous les conquérants.
Privés de patrie, nous devons nous installer
dans la patrie des autres. En cherchant la ligne
de moindre résistance, c'est dans l'organisme
français que nous avons pénétré le plus aisément
et que nous nous sommes implantés le
plus fortement.
Avant l'affaire Dreyfus, nous comptions en
France cent mille des nôtres ; depuis le commencement du XX" siècle, par les soins du
Consistoire et de l'Alliance, avec le concours