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Pendant la crise qui secoua plusieurs années
son pays, M. Poincaré eut le courage de se tenir
coi, de ne pas prendre parti, de réfréner à la fois
sa passion de justice et son instinct patriotique.
Plus tard, après la victoire, il « libéra sa conscience » et reconnut publiquement que les
vainqueurs avaient raison.
Le 13 septembre, au cours de sa royale randonnée, M. Poincaré présidait royalement le
banquet offert en son honneur à la préfecture
de Cahors. li avait à sa droite Mme Klotz,
Juive, femme de mmistre ; à sa gauche,
Mme de Monzie, Juive, femme de sous-mmistre.
Les femmes indigènes occupaient des tabourets
un peu plus bas. Le Président de la République
entre les deux: princesses juives affichait son
rôle et son dévouement. Vive Poincaré!
Il s'appellerait, d'ailleurs, Pams ou Deschanel que ce serait exactement la même chose.

La France est désormais à nous.
La République, c'est nous.
Ces Stembach, Goldmann, Kahan, ces
Schuffenecker, Sohamann, Oberweisf, Taksen,
ces Scholak, Ruchla, Merovitz et Guelbtrunk

- 10qui nous renforcent chaque année par vingtaines
de mille et que les présidents de la République
déclarent aussitôt Français « de première zone »,
peuvent paraître un peu dépaysés d'abord.
Ils ignorent la langue et les moeurs, l'histoire
et les traditions, les hommes et les choses de
France ; c'est bien naturel. Mais ils se mettent
vite au fait, lorsque toute l'organisation politique
et tous les pouvoirs sociaux sont à leur
service. Naturalisés en 1912, en 1913, hier casquettiers (comme mon vénéré père), fourreurs
marchands ambulants au fond de la Tartarie,
de l'Ukraine, de la Galicie, de la Pologne, de la
Souabe, de la Prusse, de la Moldo-Valachie,
nous les verrons avant dix ans préfets, députés,
rédacteurs des grands journaux, professeurs en
Sorbonne, concessionnaires des domaines coloniaux et des monopoles métropolitains, chevaliers, officiers de la Légion d'honneur, propriétaires
des forêts et des châteaux historiques,
seigneurs mcontestés de la France.
Et la populace française les saluera bien bas.
Français de par les décrets de MM. Loubet,
Fallières et Poincaré, ils restent en même temps