echosupplement 20140524 003 .pdf


Nom original: echosupplement_20140524_003.pdf
Titre: Opmaak 1

Ce document au format PDF 1.3 a été généré par QuarkXPress Server 8.1 / OneVision PDFengine (Windows 64bit Build 25.092.S), et a été envoyé sur fichier-pdf.fr le 26/05/2014 à 13:40, depuis l'adresse IP 178.50.x.x. La présente page de téléchargement du fichier a été vue 341 fois.
Taille du document: 355 Ko (1 page).
Confidentialité: fichier public


Aperçu du document


L’ECHO SAMEDI 24 MAI 2014

47

A propos
Reportage

ledos?»
plus en aval de la commune.
Qu’importe. 80% des immeubles du
quartier et de ses «à côté» leur appartiennent. Ils trouveront également leurs intérêts
dans une réhabilitation. «Pour peu qu’on nous
propose un emplacement décent, pas trop loin,
propice à notre métier, nous sommes ouverts»,
s’engage Pierre Hajjar pour la «famille».
«On ne va tout de même pas devoir prendre
nos buildings sur dos et se déraciner?», harangue un ancien, si content d’avoir pu offrir
un enseignement de qualité aux siens.

Un futur à Lelystad

Seul un paramètre pourrait mettre à mal
une persévérance qu’ils disent typiquement
libanaise : un goût tout aussi prononcé pour
les (bonnes) affaires.
Depuis quelques semaines et l’exode d’un
premier camarade, les Hajjar, Rahi, Farhat,
Chokr, Abou-Zeid, sont en contact avec les
autorités de Lelystad, chef-lieu du Fevoland
dans les Polders néerlandais. Chez nos voisins, la région est connue pour être à la recherche d’un nouveau souffle. Ses élus ne
manquent ni de soutiens ni de moyens pour
relancer le marché du travail, notamment
dans les classes inférieures.
Poussée dans le dos par le Port de Rotterdam, prêt à tout pour «braquer» les volumes
de transport d’Anvers, Lelystad déploie ses
arguments. Taxes réduites, avantage sur le
précompte, incitants à l’investissement pour
toute entreprise d’export qui s’installe…
dans un pays où la limitation des paiements
en espèce n’existe tout simplement pas.
«Les Hollandais sont, depuis toujours, jaloux
des Anversois. Une voiture sur trois qui s’achète
à Bruxelles porte des plaques néerlandaises»,
expose Christopher Rahi qui a étudié à l’Université libre de Bruxelles, avant de prendre
les commandes du business paternel.
La Belgique pourrait bien, selon lui,
n’avoir «que ses yeux pour pleurer».

Les larmes d’Anvers

Il faut se rendre à Anvers sur les quais 1333 et
alentours pour saisir le nombre de larmes
que tout cela signifie. Pierre Hajjar nous y
emmène. Chez ses amis, les Grimaldi.
Outre les petites mains et les 160 garages
de Cureghem, outre les vols de/vers l’Afrique

de la SN, outre les bonnes affaires du concessionnaire du coin de la rue, bien content de
pouvoir se reposer sur le marché du «reclassement» pour soutenir les bons prix qu’il
propose à la vente de ses voitures neuves,
une véritable fourmilière s’active.
Dockers et conducteurs de poids lourds
se relaient, au bon vouloir des navires «roro»
(terme d’usage pour le transport roulier, littéralement: «roll on, roll off», «roule dedans,
roule dehors»). Nous sommes le 21 mai. D’ici
à la fin du mois, ce sont encore six gros cargos qui quitteront les «docks» Grimaldi.
Paul Plomteux, secrétaire de l’alliance
royale des gestionnaires de flux de marchandises nous reçoit. «Peu de commerces nous
nourrissent autant», résume-t-il, au moment
de délimiter, de ses petites mains, sur une
carte portuaire, les 220 hectares qu’occupent
les activités à l’export de voitures.
Il estime qu’un homme peut charger,
chaque jour, une vingtaine de véhicules. «À
400.000 voitures par an, on arrive à 20.000
jours de travail prestés!», calcule-t-il, vite.

Conserver la banane

On le sent prudent. Mais Paul Plomteux se
mouille. «La Belgique a souvent pris l’habitude
de vouloir être plus catholique que le pape mais,
cette fois-ci, avec le ‘cash’, elle doit bien réfléchir
aux conséquences. Au cœur de la crise financière, il y a quelques années, plus aucune voiture
neuve ne sortait de nos usines automobiles. Où
serait Anvers s’il n’avait pu, à l’époque, se reposer
sur les volumes de l’occasion?», reprend-il.
Il nous révèle l’une des particularités du
transport. Elle lui servira de conclusion.
Au fil des ans, la Belgique et Anvers se
sont spécialisés dans l’import de fruits ayant
pour origine… l’Afrique. Or, chaque fois
qu’un «bananier» débarque, à quelques mètres d’ici, il repart les cales pleines de belles
carrosseries. Vers le Congo ou le Gabon.
«Si ce commerce périclite, importer deviendra
moins rentable. Les propriétaires de barques ne
pourront plus lisser leurs coûts que sur les fruits,
non sur l’aller-retour de marchandises.» C’est
tout un juteux business secondaire qui
pourrait aussi s’en aller. «Si les affaires ne sont
plus ici, nous irons ailleurs», acquiesce David
Van Ballaert, directeur opérationnel de Grimaldi Belgique. Comme un aveux.

200.000 voitures quittent chaque année Bruxelles, destination l’Afrique.
Pierre et Sonia Hajjar en transportent
1.700 par mois avec leur entreprise la Socar. «À 3.000 euros, la limite pour le
paiement cash, le business va mourir.»
Aziz Camara confirme. L’homme d’affaires guinéen, qui tient à la main ses documents de douane, a déclaré 82.500

euros, à son arrivée à Zaventem, pour
s’offrir les véhicules qu’il revendra
chez lui dans quelques semaines.

© SISKA VANDECASTEELE


Aperçu du document echosupplement_20140524_003.pdf - page 1/1




Télécharger le fichier (PDF)




Sur le même sujet..





Ce fichier a été mis en ligne par un utilisateur du site. Identifiant unique du document: 00244513.
⚠️  Signaler un contenu illicite
Pour plus d'informations sur notre politique de lutte contre la diffusion illicite de contenus protégés par droit d'auteur, consultez notre page dédiée.