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Le développement et les lâchers d’auxiliaires: opérations de prestige
ou éléments fondamentaux de la stratégie phytosanitaire de l'agriculture biologique?
Eric Wyss, Lukas Pfiffner, Claudia Daniel et Katharina Bürgel, Institut de recherche de
l'agriculture biologique (FiBL), Ackerstrasse, CH-5070 Frick
Introduction
Divers auteurs constatent dans des articles de journaux et des publications scientifiques que la biodiversité continue de diminuer malgré les mesures de soutien de la Confédération comme p. ex. les paiements
directs liés aux prestations écologiques. L’intensification de l’agriculture est considérée comme l’une des
principales causes de la régression de la biodiversité. Des espèces aussi populaires que le traquet des
prés disparaissent même des surfaces cultivées en bio.
D’autres études montrent par contre que les surfaces cultivées en bio (aussi les vergers, cf. Rösler 2003)
comptent davantage d’espèces et de plus grandes densités d’individus (oiseaux, araignées, insectes,
plantes).
Il est important que l'agriculture biologique prenne cette critique au sérieux. On peut voir en effet que la
conservation de la biodiversité est un des principes énumérés dans le préambule du Cahier des charges
de BIO SUISSE pour l'agriculture biologique, qui attire ainsi l’attention sur l’utilité de la biodiversité pour
décimer les populations de ravageurs.
Les arboriculteurs biologiques utilisent-ils de manière cohérente les possibilités du développement des
auxiliaires comme une pierre angulaire de la stratégie phytosanitaire biologique, ou les surfaces écologiques des fermes arboricoles servent-elles d’opérations de prestige? Des lâchers d’auxiliaires pourraientils remplacer certains traitements insecticides pour contrer la tendance à se rapprocher des autres méthodes d’agriculture? Ci-après, l’exemple des pucerons et des carpocapses permet de montrer les possibilités et les limites du développement et des lâchers d’auxiliaires.

Résultats
La stratégie phytosanitaire de l'agriculture biologique peut être représentée de manière simplifiée par une
pyramide à niveaux (ill. 1). Il en ressort clairement que les techniques agricoles et le management de
l’habitat (développement des auxiliaires) forment la base de la stratégie phytosanitaire biologique et font
partie des mesures indirectes de régulation des ravageurs. Les lâchers d’auxiliaires (lutte biologique) font
déjà partie des mesures directes de régulation des ravageurs et sont préférés aux traitements insecticides.

Insecticides, phéromones et
méthodes physiques
Produits pour la lutte biologique
(p. ex. bactéries, virus, auxiliaires)
Management de l’habitat (p. ex. jachères florales, haies),
biodiversité fonctionnelle
Techniques agricoles comme p. ex. rotations diversifiées,
amélioration de la qualité des sols et choix de variétés résistantes
Illustration 1: La pyramide échelonnée de la stratégie phytosanitaire de l'agriculture biologique.