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Kirschos goes to Compostelle.pdf


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Journée ordinaire du pèlerin :
marcher, laver, picoler , manger
et dormir

S

ortez vos calculettes : à raison de 4 à 5 km/heure
en moyenne, il vous faudra 5 à 6 heures pour
boucler votre parcours quotidien. Donc j’arrivais
relativement tôt dans les auberges des villages ou des
e Camino Francès comporte en gros 34 à 37
villes , c’est à dire entre 14 et 16 heures. Dans le passé,
étapes, de 20 à 30 km , voire 40 pour les grands
il fallait attendre au moins 17h l’ouverture de ces
marcheurs. Il est préférable de se lever tôt pour
établissements. Aujourd’hui ils accueillent le pèlerin
marcher à la fraîche , notamment dès le mois de juin . toute la journée. En général, et comme la plupart, je
Pour ma part, je suis parti le 9 avril, et là , j’eus plutôt
visais l’Auberge Municipale. histoire de ne pas me casla sensation de me les cailler vraiment ! Il n’était pas
ser la tête et payer le moins cher possible (entre 5 et 10
rare que le thermomètre affiche 4 ou 5 °c . Très sym€). C’était aussi l’occasion et une chance de revoir les
pa, de partir vers 7h00 , les mains gelées, avec deux
copains de rencontre. Dès l’arrivée , l’hospitalero tampolaires et l’espoir de rencontrer très un café ouvert .
ponne la crédentiale, encaisse , vous donne le kit de
De toutes façons, les hospitaleros des albergues vous
draps en papier , et vous attribut un dortoir . A vous
demandent de quitter les lieux avant 8h ou parfois
de choisir le bon lit au bon en droit, avec une prise
8h30. Certains pèlerins se lèvent à lueur de la lampe
de courant à proximité si possible pour recharger le
frontale dès 6h. Je l’ai fait deux fois à la fin une nuit
portable. Mais c’est toujours la loterie. Le choix fait,
blanche, torturé par les ronfleurs . La première fois,
chacun étale alors son duvet en guise de réservation.
je me suis perdu dans la noirceur de la nuit en ras
5h00 Une fois installé, ma première tâche imporcampagne. La seconde fut moins pénible mais rigotant fut toujours la lessive. Le but étant de repartir
lote, avant d’arriver à Compostelle . Toujours réveillé
le lendemain avec du linge de rechange sec, je profitais
par ces ronfleurs, je suis donc sorti à la frontale dès
donc du soleil et des courants d’air dès que possible.
5h30 afin d’être à l’heure à la messe des pèlerins dans
On croise sur le chemin bon nombre de marcheurs
la Cathédrale. Pour un juif, ça frise je sais le surréaavec la lessive qui sèche avec des épingles à nourrice
lisme. Alors que je bouclais le sac, mais tombais en
sur le sac à dos toute la journée. J’ai horreur de çà
panne de batterie. Partir seul, en pleine nuit et sans
même si j’ai du m’y contraindre une ou deux fois. En
lumière, je le sentais disons .. moyen . Par chance, un
théorie le pèlerin doit avoir trois tenues : sa tenue
couple espagnol s’était levé et je
du jour, un tenue de
demandais de me joindre à eux.
rechange et une tenue
Deux minettes elles aussi espasale. Tout ceci étant
gnoles vinrent aussi . Et nous
en fait très variable.
avons ainsi marché 5 ou 6 km
L’essentiel étant suren plein bois en cherchant les
tout d’être au sec . Les
fameuses flèches jaunes et les
Albergues proposent
bornes cachées dans la nature.
souvent des machines
J’ignore toujours pourquoi les
à laver (4€) et des
filles ont chanté et sifflé tout
sèche-linge (4€) . On
au long parcours le Pont de la
peut toujours partager
Rivière Kwaï !
la lessive avec d’autres
h00, Si l’albergue dispose
pèlerins.
d’un distributeur de bois17h00 Après la lessive
sons, c ‘est l’occasion de prendre
et vue que les épiceries
un premier café en poudre dégueulasse puis partir
ouvrent vers 16 ou 17h , autant s’offrir une petite sieste
. Vers 11h00, le corps réclame son carburant. Une
ou écrire des cartes postales ou encore son journal de
pause s’impose et le pèlerin sort du sac tout ce qui
voyage ou.. bref s’occuper. Après ce repos bien méripeut le caler, bananes, fruits secs , barres de céréales
té , direction la tienda, donc l’épicerie pour refaire le
etc.. D’autres se calent , eux, directement en terrasse et plein en vue du petit déjeuner ou du repas de midi.
commande bocadillo (le sandwich ) avec une bière !
Toujours soucieux de l’équilibre alimentaire, j’alternai
Et tu marches, tu marches en souhaitant « Buene Ca- la délicieuse charcuterie espagnole avec divers sortes
mino « à tout moment. Enfin, au début , Car au bout
de sardines et des boîtes de pâtes au thon et à je ne
de cinq semaines, entendre toute la journée ces mots sais quoi . Je rajoutais du fromage local et un ou deux
devient carrément .. chiant. Un Américain , un peu
tomates mangées à la croque-sel. Côté fruit, difficile
imbibé après quatre pintes préférait dire OLA ! (Bon- d’échapper aux bananes hélas souvent trop vertes .
jour) en pensant très fort « Ok Leave me ALone » .
Ayant la gueule sucrée, j’améliorais l’ordinaire avec

L

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