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Aperçu du document


sciences
économiques
& sociales

COLLECTION
Sous la direction de

J.-P. Lebel et A. Richet

T

le
ES

Sous la direction de
Jean-Paul Lebel et Adeline Richet

Carole Bernier
Florence Constantin
Patrice Croizer
Sarah Daubin
Mary David
Stany Grelet
Jean-Philippe Jallageas
Laurent Le Guen
Sandrine Leloup
Marielle Motais
Françoise Rault
Jean-Louis Suc
Professeurs de sciences
économiques et sociales

Sommaire
 D’où vient la croissance ?

3

 Pourquoi la croissance est-elle instable ?

15

 Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ? 23
 Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

39

 Quelle est la place de l’Union européenne
dans l’économie globale ?

47

 La croissance est-elle compatible avec la préservation
de l’environnement ?

58

 Quels instruments économiques
pour la politique climatique ?

67

 Comment analyser la structure sociale ?

76

 Comment étudier la mobilité sociale ?

85

 Quels liens sociaux dans les sociétés contemporaines ?

93

 Comment analyser les conflits sociaux ?

103

 Comment analyser et expliquer les inégalités ?

114

 Comment les pouvoirs publics peuvent-ils
contribuer à la justice sociale ?

126

 Comment fonctionne le marché du travail ?

139

 Quelles politiques pour l’emploi ?

147

Aide au travail personnel

159

Fiches Outils

170

2

chapitre

1

D’où vient
la croissance ?

Les objectifs du chapitre
Les indications du programme officiel orientent la réflexion
vers trois problèmes :
– Comment mesurer la croissance  ? (Le PIB est un indicateur
pratique mais critiqué et limité. D’autres indicateurs se révèlent
nécessaires.)
– Quelle est l’origine de la croissance ? (L’accumulation des facteurs de production ne peut suffire à expliquer la croissance
économique. Les gains de productivité jouent un rôle essentiel.)
– Quels sont tous les enjeux associés au progrès technique  ?
(Lien entre progrès technique et croissance, origine du progrès
technique, effets indésirables du progrès technique, etc.)

prix qui en dérive (hausse de l’offre) profite aussi aux consommateurs, qui voient leur pouvoir d’achat augmenter ainsi que
leur capacité à mieux satisfaire leurs autres besoins, ce qui
stimule donc la production dans les autres secteurs. On peut
présenter la réponse sous forme de schéma d’implications pour
préparer les élèves aux raisonnements futurs sur les gains de
productivité.
Le document 3 s’intéresse au progrès technique dans son rapport avec les transformations de l’emploi aux États-Unis. Dans
les années 1960, les plus gros employeurs étaient des entreprises industrielles. Le progrès technique a permis d’augmenter
considérablement la productivité dans ce secteur, de sorte que
l’on a réussi à augmenter la production et à satisfaire les besoins
de la population sans recourir aux services de travailleurs supplémentaires. Les nouveaux actifs ont donc pu être mobilisés
pour produire des services, dont la production était alors insuffisante, de sorte qu’aujourd’hui une grande partie de la population active travaille dans le secteur tertiaire, gonflant ainsi les
effectifs des entreprises de ce secteur.

Sensibilisation (p. 13)
Cette page permet d’aborder les principaux problèmes qui
seront étudiés dans les trois parties du chapitre.
– Le problème de la mesure (doc. 1) : partie I
– Le rôle des gains de productivité (doc. 2) : partie II
– Les effets du progrès technique (doc. 3) : partie III
Lorsque l’on interroge les élèves sur la croissance économique,
leur intuition les pousse souvent à considérer qu’il s’agit d’un
phénomène simple, linéaire, homogène, voire même éternel,
etc. Ces trois documents permettent de montrer qu’il n’en est
rien et qu’une étude sérieuse est nécessaire.
Le document 1 nous interroge sur les effets positifs d’un incendie de forêt sur le PIB. Les pompiers qui interviennent sur un
incendie de forêt rendent un service non marchand, qui correspond à une création de richesse et dont la valeur accroît le PIB.
Une fois l’incendie éteint, il faut nettoyer le terrain, évacuer les
éléments calcinés, planter de nouveaux arbres. Tout cela nécessite l’intervention des équipes de l’Office national des forêts et
de la direction de l’Équipement, d’autres administrations dont
les services constituent aussi une création de richesses intégrée
au PIB. Le secteur marchand peut aussi être sollicité. La nécessité de renouveler ou même de multiplier les équipements pour
faire face aux incendies conduira à commander de nouveaux
camions-citernes ou de nouveaux avions bombardiers d’eau aux
entreprises spécialisées dans ces domaines. Enfin, l’arrivée de
journalistes, voire même d’équipes de télévision, venus pour
« couvrir » l’événement peut accroître l’activité hôtelière locale,
source d’augmentation de la production, et donc du PIB.

I. Qu’est-ce que la croissance
économique ?

Dans les indications complémentaires du programme sont
évoquées :
– les « comparaisons internationales » et l’idée que la croissance
est loin d’être « harmonieuse et continue » ;
– « l’intérêt et les limites du PIB » sont explicitement évoqués
dans le programme ;
– « la référence à d’autres indicateurs ».
Ces indications ont servi à structurer la première partie du
chapitre.
Sous partie A : La croissance est plutôt récente, certains pays
en ont profité plus tôt et plus longtemps que d’autres, de sorte
que des inégalités de richesses se sont développées dans le
monde.
Sous-partie B  : Après avoir montré l’intérêt du PIB, on présente certaines insuffisances de cet indicateur.
Sous-partie C  : Certaines insuffisances du PIB peuvent être
corrigées en utilisant des outils statistiques appropriés (PIB par
habitant, parité des pouvoirs d’achat, évolution à prix constants,
etc.), mais dans d’autres cas la seule solution consiste à compléter voire même à remplacer le PIB par d’autres indicateurs, qui
permettent de mieux rendre compte de l’évolution des conditions de vie de la population (revenu national, IDH, etc.).

Le document 2 présente l’introduction du téléphone portable
comme un stimulateur de la croissance en Inde. Grâce au téléphone portable, les pêcheurs peuvent choisir la plage qui leur
permettra d’écouler correctement leur production, et ainsi
d’augmenter leur revenu. Ce revenu leur permettra d’acheter
les biens et les services dont ils ont eux-mêmes besoin, et par
conséquent de stimuler la production dans les secteurs concernés. D’autre part, le téléphone portable rend le poisson plus
abondant sur les marchés en limitant le gaspillage. La baisse des
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

(p. 14-19)

3

A. Un phénomène récent et inégal

richesse est moyen, alors qu’en Asie il est faible (entre 2 000 et
8  000 dollars), même si certains pays sont riches. Au MoyenOrient, les inégalités entre pays sont fortes aussi. On trouve des
pays moyennement riches et des pays très riches. Enfin, les pays
d’Afrique sont pauvres pour la plupart, puisque leurs PIB par
habitant sont inférieurs à 2 000 dollars.
3. Les pays qui ont connu la plus forte croissance (document 3)
sont aujourd’hui les plus riches. Par exemple, les pays anglosaxons, dont le PIB a été multiplié par 25 depuis 1820, ont
les PIB par habitant les plus élevés de la planète, alors que les
pays d’Afrique, dont la richesse n’a été multipliée que par 4 en
deux siècles, sont les plus pauvres aujourd’hui. C’est donc la
différence de croissance économique qui explique les écarts de
richesses actuels.

(p. 14-15)

Doc. 1 • Une croissance récente Patricia : niveau 3
1. Lorsque l’on constate une augmentation du PIB en euros
courants, on ne sait pas si celle-ci s’explique par une augmentation des quantités produites ou simplement par une augmentation des prix. C’est pourquoi on préfère une mesure en euros
constants, qui tient compte de l’évolution des prix et par conséquent permet de mesurer l’évolution réelle, en volume, du PIB.
2. Entre l’an zéro et l’année 1820, le PIB de la France a été multiplié par 17,5 (35 / 2) en volume. Il a été multiplié par plus de 40
entre 1820 et 2008 (1 424 / 35).
3. La croissance économique démarre en Europe au moment de
la révolution industrielle, que l’on appelle aussi « première révolution industrielle » : période qui débute à la fin du xviiie siècle,
au cours de laquelle certaines innovations majeures (le métier à
tisser, la machine à vapeur) ont contribué à transformer fondamentalement l’économie et plus généralement la société, tout
en favorisant la croissance économique.

Entraînement
Question de cours. La croissance est traditionnellement définie comme l’accroissement, sur une longue période, d’un agrégat de dimension de la richesse produite, en général le PIB.
Elle présente plusieurs caractéristiques : elle est plutôt récente
(deux siècles environ), elle est inégale (certains pays ont connu
la croissance très tôt, alors que d’autres n’en ont pas encore vraiment profité), elle est discontinue (taux de croissance plus ou
moins fort selon les périodes), elle transforme l’économie et la
société (effets structurels sur l’emploi, la production, les modes
de vie, etc.), elle a tendance à s’auto-entretenir (les transformations de la société provoquées par la croissance permettent de
la soutenir).
Synthèse. L’erreur la plus commune en ce qui concerne la
croissance est de penser qu’elle se déploie uniformément sur la
planète depuis l’Antiquité, favorisant ainsi l’amélioration progressive et continue des conditions de vie de tous les peuples.
L’histoire montre que ce n’est pas le cas. La croissance est un
phénomène récent et discontinu (première partie) mais aussi
inégal (deuxième partie).
Faible augmentation du PIB de la France pendant les mille premières années de notre ère (+ 50 %). Progression un peu plus
forte (multipliée par 16) pendant les 800 années suivantes.
Mais cette augmentation est très faible en comparaison des
progrès énormes réalisés pendant les deux cents années qui ont
suivi. Le PIB de la France a été multiplié par 40 (1  424 / 35).
Le PIB par habitant, qui mesure l’évolution de la richesse réelle
de la population, a aussi beaucoup augmenté. Il a été multiplié
par plus de 18 (1 815 / 100) dans les pays d’Europe de l’Ouest,
dont la France fait partie, et par plus de 25 (2 508 / 100) dans
les pays anglo-saxons. Cette forte augmentation cache une
certaine discontinuité. Entre 1913 et 1970, le PIB par habitant des pays d’Europe de l’Ouest a augmenté de près de 150 %
([(800 – 300) / 300] × 100). Cependant, au cours de cette
période, la croissance a parfois été très faible (pendant la crise
des années trente) voire même négative (pendant la Seconde
Guerre mondiale), alors qu’elle a été très forte pendant les
Trente Glorieuses (1945-1975).
Certains pays (les pays anglo-saxons) ont connu la croissance
très tôt. Leur PIB par habitant a été multiplié par 4,35 entre
1820 et 1913, alors que sur cette même période les pays d’Asie,
d’Amérique latine et d’Afrique n’ont connu pratiquement aucun
progrès. Cette précocité de la croissance des pays anglo-saxons
leur assure aujourd’hui un PIB par habitant très élevé. Les habitants de ces pays gagnent en moyenne plus de 21 000 dollars
par an (document 4). Les autres habitants de la planète, qui ont
bénéficié d’une croissance un peu plus tardive, sont souvent
beaucoup moins riches. En Amérique latine, le revenu national
brut moyen ne dépasse pas 15 000 dollars par an (document 4),
alors qu’en Asie il est souvent inférieur à 8 000 dollars, tandis
qu’en Afrique il dépasse rarement 2 000 dollars. Cependant, le
niveau de richesse d’un pays ne dépend pas seulement de la précocité de la croissance. Les pays d’Asie de l’Est prouvent qu’un

Doc. 2 • Qu’est-ce que la croissance ?
1. La croissance est un phénomène assez récent (deux siècles),
durable (qui dépasse les simples phases d’expansion), qui transforme la société (la croissance provoque des transformations
structurelles  : structure de la production et de la population
active, forme de la concurrence, etc.) et cumulatif (les transformations structurelles offrent de nouvelles conditions pour la
croissance économique).
2. L’enrichissement permis par la croissance modifie les
manières de penser et même de consommer. En effet, lorsque
les besoins primaires sont correctement satisfaits grâce aux
suppléments de revenu issus de la croissance, d’autres besoins,
jusque-là inassouvis, peuvent être satisfaits. La structure de la
consommation se transforme (loi d’Engel). Il faut alors produire
d’autres biens et services pour répondre à la demande, ce qui
stimule la croissance.
3. L’enrichissement des familles permet à celles-ci de mieux se
nourrir, ce qui améliore l’état de santé ; d’autant plus que, grâce
à des revenus plus élevés, on peut plus facilement payer les
soins médicaux. Il n’est plus nécessaire non plus de faire travailler les enfants très jeunes pour subvenir aux besoins du ménage.
Ils peuvent aller à l’école et s’instruire. Une population en meilleure santé et plus instruite est plus productive. La hausse de la
productivité favorise à son tour la croissance.

Doc. 3 • Une croissance inégale dans le temps
et dans d’espace
1. Non. La base 100 sert seulement de référence et permet de
voir que le PIB a augmenté plus vite dans certaines zones que
dans d’autres.
2. Le PIB par habitant a été multiplié par plus de 18 (18,15 exactement) entre 1820 et 2008.
3. En Afrique, le PIB a augmenté 6 fois moins vite que dans les
pays anglo-saxons. En effet, le PIB par habitant n’a été multiplié
que par 4 environ entre 1820 et 2008, alors qu’il a été multiplié
par plus de 25 dans les pays anglo-saxons.
4. Oui. Le PIB par habitant des 16 pays d’Asie de l’Est présentés
dans le document a été multiplié par un peu moins de 4 depuis
1970, alors qu’il n’a fait que doubler dans la plupart des autres
zones.

Doc. 4 • Des écarts de richesses
1. En 2010, les Français gagnaient en moyenne plus de
21 000 dollars par an.
2. Les pays anglo-saxons font partie des pays les plus riches,
ainsi que les pays d’Europe de l’Ouest. Les pays d’Europe de
l’Est sont un peu moins riches, mais bénéficient d’un PIB par
habitant relativement élevé. En Amérique latine, le niveau de
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

4

obligatoires importants, oubliant les effets positifs de ces transferts en nature sur les conditions de vie de la population.

retard considérable peut être comblé en quelques années. En
effet, alors que ces pays étaient les plus en « retard », puisque
leur PIB par habitant n’avait augmenté que de 144 % entre 1800
et 1970, des progrès énormes ont été réalisés en peu de temps.
Leur PIB par habitant a été multiplié par plus de 3 en 38 ans à
peine (passage de l’indice 244 à l’indice 978 entre 1970 et 2008),
alors que, sur la même période, les autres pays en développement ont certes réalisé des progrès mais de moindre envergure.
La discontinuité et l’inégalité de la croissance montrent que certaines conditions doivent être réunies pour son apparition. Le
travail des économistes est donc d’étudier la croissance et surtout ses sources pour montrer qu’elle n’est pas due au hasard.
Ainsi, des politiques appropriées pourront être mises en place
pour assurer son maintien.

B. Un phénomène difficile à mesurer

Doc. 5 • Le PIB ne prend pas en compte le travail
non rémunéré
1. Le travail non rémunéré n’est pas déclaré. Par conséquent, les
instituts statistiques ne peuvent pas connaître la richesse créée
par ce travail.
2. Le travail bénévole dans des associations, le travail domestique (bricolage chez soi, ménage dans son propre logement,
transport individuel, garde de ses enfants, etc.), le travail non
déclaré (travail au noir), les activités illégales (vente de drogue,
contrebande, etc.).
3. En France, entre 1998 et 2009, le travail non rémunéré représentait 36 % du PIB.
4. D’abord, parce qu’il est difficile de le mesurer. On ne peut en
faire que des estimations, en particulier pour les activités illégales. Ensuite, parce que certaines de ces activités ne seraient
peut-être pas effectuées, si elles étaient rémunérées.

(p. 16-17)

Doc. 1 • Le PIB : pour quoi faire ?
1. Le PIB correspond à la masse de richesses produites en une
année dans une économie, mais aussi approximativement à la
masse de revenus distribués. Ces revenus confèrent un pouvoir
d’achat à ceux qui les perçoivent, et permettent donc d’estimer
le niveau de vie moyen de la population.
2. L’augmentation du PIB en valeur est le résultat de l’évolution
des quantités produites mais aussi de l’évolution des prix. Il faut
éliminer l’effet de l’évolution des prix pour connaître l’évolution
réelle du niveau de vie.
3. Il permet de mesurer toute la production de tous les secteurs
en un seul chiffre (ressources). Il permet de mesurer le niveau
de vie de la population, puisqu’il mesure aussi tout ce qui a été
acquis par les agents économiques (emplois). Enfin, il permet
de mesurer l’évolution réelle de ce niveau de vie, en tenant
compte de la variation moyenne des prix (évolutions en euros
constants).

Entraînement
Question de cours. Le PIB est calculé en additionnant les
valeurs ajoutées des unités de production résidentes. Il vise à
mesurer la richesse produite annuellement sur un territoire
pour estimer les revenus de la population, ainsi que les biens
et services produits pour satisfaire les besoins de celle-ci. Il est
donc traditionnellement considéré comme un indicateur de premier plan des conditions de vie dans un pays. Cependant, les
défauts de cet indicateur sont nombreux et connus :
– il ne tient pas compte de la dépréciation du capital utilisé car
cet agrégat est « brut » ;
– il ne tient pas compte non plus de la destruction des ressources naturelles, ni de la dégradation éventuelle de l’environnement qui réduisent pourtant la richesse disponible pour la
population ;
– il comptabilise comme de la création de richesse supplémentaire des activités de réparation qui permettent simplement de
maintenir la richesse à son niveau antérieur (reconstruction,
nettoyage, évacuation des déchets, etc.) ;
– il néglige le travail domestique et le travail illégal qui correspondent pourtant à des activités créatrices de richesses.
Synthèse. Le niveau de vie correspond aux biens et services
auxquels un individu a accès pour satisfaire ses besoins. Cet
accès dépend de son revenu, ainsi que de la masse de richesses
produites dans le pays. Or, le PIB est l’agrégat le plus utilisé pour
évaluer les revenus et les richesses créées. C’est pourquoi il sert
aussi à mesurer les niveaux de vie et leur évolution. Cependant,
cette mesure pose des problèmes, en particulier parce que l’évolution du PIB ne permet pas de connaître parfaitement l’évolution des revenus réels.
D’abord, une augmentation du PIB peut s’accompagner d’une
baisse des revenus, si le taux de croissance démographique est
supérieur au taux de croissance économique. Il y a en effet plus
de richesses à partager, mais le nombre de personnes entre
lesquelles il faut partager ayant augmenté encore plus vite, le
revenu moyen diminue.
Même si le revenu moyen augmente grâce à une croissance économique supérieure à la croissance démographique, le niveau
de vie réel n’augmente pas forcément. En effet, une partie des
richesses supplémentaires créées doit être utilisée pour renouveler les équipements nécessaires pour créer les richesses.
Ceux-ci se dégradent, se déprécient, et doivent être régulièrement remplacés, de sorte qu’une partie des revenus perçus ne
peut être utilisée pour la satisfaction des besoins, mais simplement pour assurer le maintien des moyens de production. Cette
partie, appelée amortissement, est difficile à évaluer.
L’augmentation du PIB n’est pas non plus un gage d’amélioration du niveau de vie, tout simplement parce qu’une partie de

Doc. 2 • Du PIB au revenu
1. «  Brut  » signifie «  sans tenir compte de la dépréciation du
capital », c’est-à-dire de la perte de valeur des biens de production pour cause d’usure ou d’obsolescence. En effet, à mesure
que les équipements sont utilisés par les entreprises, ils perdent
de leur valeur, de sorte que de la richesse est détruite à mesure
que l’on en crée.
2. D’une part, les revenus supplémentaires issus de la croissance économique peuvent enrichir des non-résidents plutôt
que la population locale. D’autre part, les destructions diverses,
comme la dépréciation du capital, la destruction des ressources
naturelles ou la dégradation de l’environnement, peuvent compenser le supplément de revenus généré par la croissance.

Doc. 3 • Revenu national net en pourcentage du PIB
1. En 2010, le revenu national net de l’Irlande ne représentait
que 72 % de son PIB.
2. L’écart entre le revenu national net et le PIB s’explique à la
fois par la dépréciation du capital, qui est prise en compte dans
le revenu national net et pas dans le PIB, et par les revenus versés à des non-résidents.
3. Au Luxembourg, l’écart entre le PIB et le revenu national
net s’est accrû, car une partie croissante des richesses créées
dans le pays sont produites par des entreprises étrangères, qui
rapatrient dans leurs pays d’origine les revenus tirés de leur
production.

Doc. 4 • Mesurer la consommation réelle des ménages
1. Les prélèvements obligatoires réduisent le revenu disponible
et financent les services en nature fournis par l’État.
2. Dans les pays où les transferts sociaux en nature sont importants, le revenu disponible est réduit par des prélèvements
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

5

3. En 2011, le Danemark a un PIB plus élevé que le Portugal en
euros courants. Cependant, les prix pratiqués au Danemark sont
largement supérieurs à ceux du Portugal. En tenant compte de
ces écarts de prix, par le biais des SPA, on s’aperçoit que le PIB
portugais est supérieur au PIB danois.

la richesse créée peut aussi être destinée à des non-résidents, si
ceux-ci possèdent les équipements qui ont servi à la création de
richesse. C’est ainsi qu’une partie plus ou moins importante de
la richesse produite sert à rémunérer des détenteurs de capital
résidant à l’étranger. Le document 3 montre qu’une part croissante du PIB luxembourgeois a été accaparée par des non-résidents. En effet, alors que le revenu national (le revenu perçu par
les résidents) représentait 75 % du PIB en 2000, il n’en représentait plus que 60  % en 2010, indiquant ainsi que la hausse
du PIB pendant cette période a servi davantage à rémunérer les
investisseurs étrangers que la population locale.
Pour éviter la plupart de ces problèmes, les experts calculent
le revenu disponible. Celui-ci permet d’éliminer les revenus
versés à l’étranger, mais aussi de tenir compte des effets de la
redistribution en soustrayant les prélèvements obligatoires et
en ajoutant les revenus de transfert. Cependant, cette méthode
du revenu disponible souffre aussi d’une insuffisance, car elle
considère tous les prélèvements obligatoires comme une réduction du niveau de vie. Or, une partie de ces prélèvements obligatoires sert à financer des « prestations en nature », c’est-à-dire
des services rendus aux ménages par les administrations pour
satisfaire leurs besoins (principalement les soins hospitaliers et
les services de l’éducation nationale). Ces sommes n’amputent
donc pas le niveau de vie, mais servent à satisfaire des besoins.

C. La nécessité d’autres indicateurs

Doc. 4 • Mesurer le développement humain
1. Le PIB n’exerce pas d’influence directe sur l’IDH. Par contre,
le RNB influence la dimension du niveau de vie.
2. Le niveau de développement humain ne dépend pas que du
revenu des habitants. Il dépend aussi du niveau d’instruction de
la population (mesuré par la durée moyenne et la durée attendue de scolarisation) et de l’état de santé de celle-ci (mesuré par
l’espérance de vie).

Doc. 5 • Le revenu suffit-il à mesurer la pauvreté ?
1. Pauvreté monétaire  : il s’agit de la pauvreté calculée à partir des revenus. On peut utiliser la définition de l’Union européenne, on est pauvre lorsque l’on perçoit un revenu inférieur à
60 % du revenu médian, ou bien la définition française qui fixe
le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian.
Pauvreté des conditions de vie : situation dans laquelle les individus éprouvent des difficultés à satisfaire certains de leurs
besoins fondamentaux. À partir de questionnaires, on détermine le niveau de satisfaction des besoins des individus (alimentation, logement, chauffage, électricité, transports, communication, etc.) sans tenir compte du revenu.
2. La pauvreté monétaire est une pauvreté relative. Cela signifie
que le degré de pauvreté d’un individu dépend de son classement dans la hiérarchie des revenus de son pays. Un individu qui
gagne plus de la moitié du revenu médian du pays dans lequel
il vit n’est donc pas considéré comme pauvre. Cependant, si cet
individu éprouve de grosses difficultés à satisfaire ses besoins
fondamentaux, parce qu’il vit dans un pays très pauvre, alors il
entre dans les critères de la pauvreté de conditions de vie. On
peut donc conclure que dans les pays pauvres la pauvreté des
conditions de vie est normalement plus élevée, même si les statistiques sur la pauvreté monétaire ne le montrent pas.
3. Les personnes âgées sont très souvent inactives et perçoivent des revenus très faibles qui conduisent souvent à les
classer parmi les catégories touchées par la pauvreté monétaire. Cependant, ces personnes sont souvent prises en charge
par la collectivité ou par les familles, de sorte que la satisfaction de leurs besoins fondamentaux est plutôt bien assurée.
D’autre part, les personnes âgées disposent plus souvent que la
moyenne d’un patrimoine (immobilier, foncier, financier, etc.)
qui assure certains besoins (logement) et peut être vendu pour
assurer la subsistance.

(p. 18-19)

Doc. 1 • Prendre en compte l’évolution des prix
1. Le PIB en volume est aussi appelé PIB en euros constants. Il
permet de mesurer l’évolution réelle des quantités produites en
supprimant l’effet de la hausse des prix.
2. L’écart entre les deux courbes correspond à l’inflation.
3. En 2010, le PIB en valeur a augmenté de 2,3 %, mais il n’a
augmenté que de 1,5 % en volume.
4. Le PIB en valeur laisse croire que la population s’enrichit
rapidement en négligeant la hausse des prix qui vient grever le
pouvoir d’achat. Le calcul du PIB en volume permet de rétablir
la « vérité » sur l’évolution du niveau de vie.

Doc. 2 • Comparer les pouvoirs d’achat
1. Si les prix sont deux fois plus bas dans un pays que dans un
autre, cela signifie qu’avec le même revenu les habitants sont
deux fois plus riches. Il faut donc multiplier par deux le revenu
des premiers ou diviser par deux le revenu des seconds pour
rétablir la vérité des niveaux de vie.
2. Les calculs en SPA aboutissent à une réduction des inégalités
de richesse entre les pays. En effet, les prix sont souvent plus
élevés dans les pays à PIB par habitant élevé.

Entraînement
Question de cours. La croissance a une dimension monétaire.
En effet, l’agrégat qui sert à mesurer la richesse produite se
mesure le plus souvent en monnaie locale. Cependant, la valeur
des monnaies change selon les époques et selon les lieux, si bien
que le PIB peut être fluctuant même si la richesse réellement
créée ne change pas.
C’est ce qui se produit par exemple en période d’inflation. La
hausse des prix des marchandises gonfle artificiellement l’évaluation de la richesse produite. Il est donc préférable d’utiliser le PIB
en euros constants, qui tient compte de la fluctuation des prix.
Les prix sont aussi variables dans l’espace, de sorte qu’une
même masse de richesse n’a pas la même valeur dans tous les
pays. Il faut donc réévaluer à la baisse les richesses produites
dans les pays où les prix sont plus élevés, et à la hausse celles
produites dans les pays où les prix sont les plus bas. L’utilisation
des standards de pouvoir d’achat (SPA) permet d’obtenir les PIB
en PPA (parité des pouvoirs d’achat), et donc en tenant compte
de ces distorsions.

Doc. 3 • Comparaison prix courant et SPA
1. En euros courants, le PIB de la France est 11,6 fois plus élevé
que celui du Portugal. Mais en standards de pouvoirs d’achat,
l’écart se réduit à 8,35. Cela signifie que les prix sont plus faibles
au Portugal qu’en France de sorte que la même somme en euros
correspond à une plus grande quantité de richesses au Portugal.
En France, les prix sont plus élevés que dans la moyenne des
pays d’Europe, alors qu’au Portugal, c’est l’inverse. Le niveau de
vie des Français doit donc être revu à la baisse pour tenir compte
du niveau élevé des prix, alors que celui des Portugais doit être
revu à la hausse.
2. Oui. Les pays les plus riches de la zone, c’est-à-dire plutôt
les pays du nord de l’Europe, comme l’Allemagne, la Belgique,
le Danemark, la Finlande, ont des prix élevés et par conséquent
un PIB en SPA inférieur à leur PIB en euros courants, tandis que
les pays moins riches qui sont plutôt situés au sud (Espagne,
Portugal) sont dans la situation inverse.
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

6

Sous-partie B : On montre que cet outil (la fonction de production) a conduit à la découverte du rôle essentiel que jouent les
gains de productivité dans le processus de croissance.

La croissance, mesurée par l’augmentation du PIB, ne permet
pas non plus d’apprécier le niveau de satisfaction des besoins
fondamentaux, tels que la santé et l’éducation. Il ne s’agit
que d’une grandeur monétaire qui ne permet pas de savoir si
les richesses ont été utilisées pour assurer la satisfaction des
besoins fondamentaux de la population. L’IDH permet mieux
de prendre en compte ces dimensions.
Enfin, même si le PIB par habitant donne en général une bonne
idée du niveau de richesse, et donc du niveau de satisfaction des
besoins, il ne permet pas d’appréhender certaines situations
particulières d’individus confrontés à des difficultés pour satisfaire certains besoins malgré des ressources apparemment suffisantes. Par exemple, il peut se révéler difficile de se loger, de
se chauffer, de se nourrir correctement, alors que les revenus
paraissent suffisants. Un indicateur de «  pauvreté des conditions de vie » permet de mieux appréhender cette réalité que le
PIB par habitant.
Synthèse. Si la croissance est tant recherchée par les peuples et
leurs gouvernants, c’est parce qu’elle apporte certains bienfaits
qui la rendent désirable. Ces bienfaits se résument assez simplement par l’amélioration des conditions de vie. Comment la
croissance conduit-elle à cette amélioration ?
La croissance se traduit par une hausse de la production de biens
et de services permettant de satisfaire les besoins. La hausse
du PIB permet aussi de distribuer plus de revenus. Les ménages
peuvent ainsi acheter les biens et services supplémentaires, produits par les entreprises, pour satisfaire leurs besoins.
Ainsi, les familles ont les moyens d’acheter plus de produits
alimentaires, ce qui améliore l’état de santé de la population.
Cela se traduit par une augmentation de l’espérance de vie
(document 4).
L’augmentation de l’espérance de vie est aussi favorisée par la
hausse du pouvoir d’achat des familles qui peuvent alors payer
des médicaments et des soins médicaux.
La capacité des ménages à satisfaire les besoins alimentaires
permet de maintenir les enfants plus longtemps à l’école et, par
conséquent, d’augmenter le niveau d’instruction.
La hausse des revenus permet enfin à l’État de prélever plus
d’impôts, ce qui permet de financer des programmes publics de
santé et d’éducation (hôpitaux, écoles, salaires des médecins,
des professeurs, etc.).
La croissance fait donc reculer la pauvreté, qu’elle soit monétaire ou de conditions de vie. En effet, la hausse des revenus rendue possible par la croissance profite souvent aux plus pauvres.
Cependant, ce n’est pas automatique, car les fruits de la croissance peuvent être accaparés par une minorité. Par contre, il est
à peu près certain que la pauvreté des conditions de vie recule
grâce à la croissance. En effet, même si les inégalités de revenus
restent importantes, on peut penser que les richesses supplémentaires produites permettront de mieux satisfaire les besoins
essentiels.
Cette amélioration des conditions de vie doit se traduire par
une hausse de l’IDH, car les performances du pays en matière de
santé, d’éducation et de revenu moyen s’améliorent.

II. Comment expliquer
la croissance ?

A. La mobilisation des facteurs
de production
Doc. 1 • L’exemple d’une exploitation agricole

1. Un input est un « intrant », c’est-à-dire un élément qu’il faut
introduire dans le processus de production pour obtenir un
résultat.
2. Le produit marginal du travail, ou productivité marginale du
travail, est l’augmentation de la production permise par l’ajout
d’une unité de travail et sans ajout d’unité de capital.
3. La fonction de production permet de prévoir le résultat
du choix de l’entrepreneur en matière de quantité de facteurs
utilisés.

Doc. 2 • La fonction de production
1. Le niveau de production se mesure sur l’axe des ordonnées.
La fonction de production atteint le niveau 3 pour 6 unités de
facteurs.
2. Les rendements d’échelle sont constants lorsque l’augmentation de la production est proportionnelle à l’augmentation des
facteurs utilisés. Ici, lorsque l’on double la quantité de facteurs
(de 2 à 4), on double la production (de 1 à 2). Lorsque la quantité
de facteurs double encore (de 4 à 8), la production double aussi
en passant de 2 à 4.
3. L’embauche de nouveaux travailleurs ou l’augmentation de la
durée du travail.

Doc. 3 • De l’investissement à la croissance
1. L’accumulation du capital est l’ajout d’équipements nouveaux
à la masse des anciens équipements.
2. L’investissement fait augmenter le stock de capital utilisé par
les entreprises pour produire. C’est donc la logique de l’offre,
c’est-à-dire des facteurs de production, qui est privilégiée.

Doc. 4 • La quantité de facteurs n’explique pas tout
1. Le PIB a augmenté de 74,2 % en France entre 1980 et 2007,
alors que la masse de facteurs de production n’a augmenté que
de 36,2 %.
2. Si la production avait suivi une fonction de production à rendements d’échelles constants, le PIB n’aurait dû augmenter que
de 36,2 %.

Doc. 5 • Ce qui reste inexpliqué
1. Le PIB de la France a augmenté de 1,77 % par an, en moyenne,
chaque année entre 2001 et 2007. L’augmentation du stock de
capital explique 0,83 point sur 1,77 % de croissance. Cela signifie que le PIB aurait augmenté de 0,83  %, si l’on n’avait tenu
compte que de l’augmentation du stock de capital.
2. Si l’on additionne la contribution du travail et celle du capital,
on n’obtient que 1,32 %, alors que la croissance du PIB a été de
1,77 %. Il manque donc 0,45 %.
3. Par soustraction entre la croissance du PIB et la contribution
des facteurs [1,77 – (0,83 + 0,49) = 0,45].

(p. 20-27)

Les indications complémentaires du programme évoquent trois
éléments qui vont être reliés dans cette partie :
– les fonctions de production ;
– l’explication de la croissance par la théorie économique ;
– le rôle des gains de productivité dans le processus de croissance.
Nous avons donc choisi de relier ces trois idées dans les deux
sous-parties qui suivent.

Entraînement
Question de cours. L’investissement correspond à l’acquisition de biens de production durables par les entreprises. Il permet d’abord d’accumuler du facteur capital. Une plus grande
quantité de capital (machines, outils, véhicules, bâtiments,
etc.) permet d’augmenter la production, surtout si elle s’accompagne d’une augmentation parallèle du nombre de travailleurs.

Sous-partie A : On montre que la fonction de production est
un outil assez simple utilisé par les économistes pour expliquer
la croissance.
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

(p. 20-21)

7

B. L’efficacité des facteurs de production

L’investissement visant à augmenter la quantité de facteurs
pour produire plus s’appelle « investissement de capacité ».
Les autres formes d’investissement entretiennent aussi la
croissance. C’est le cas de l’investissement de productivité, qui
rend les travailleurs plus efficaces. En effet, des travailleurs disposant de plus d’outils sont plus efficaces et peuvent produire
davantage, ce qui favorise la croissance.
L’investissement de renouvellement, qui ne permet que de
maintenir au même niveau le stock de capital à mesure que
celui-ci se réduit sous l’effet de l’usure ou de l’obsolescence, est
aussi nécessaire à la croissance. Si ce renouvellement n’est pas
effectué, le capital se déprécie et le stock de facteurs diminue,
contribuant ainsi à la réduction, voire à l’arrêt de la croissance.
Enfin, l’investissement a aussi un impact sur la demande. L’achat
de machines par les entreprises, de logements par les ménages
et la commande d’infrastructures publiques par les administrations, accroît les débouchés pour la production et rend aussi la
croissance possible, car il ne suffit pas d’être capable de produire
plus, il faut aussi que la production supplémentaire corresponde
à une demande.
Synthèse. Les fonctions de production traditionnelles, qui ont
été construites par les économistes dès le début du xixe siècle,
rendent assez mal compte de la croissance économique pour
deux raisons :
– d’abord, elles ne prévoient, au mieux, qu’une augmentation
proportionnelle de la production lorsque l’on accumule des facteurs. Dans ces conditions, la population ne peut pas vraiment
s’enrichir et il est impossible de parler réellement de croissance,
puisque le supplément de richesse créée sert à assurer la subsistance des nouveaux travailleurs et n’enrichit pas les autres ;
– d’autre part, l’histoire économique a montré que la production
pouvait augmenter plus vite que le stock des facteurs de production utilisés. Entre 1980 et 2008, en France, la quantité de travail
et de capital utilisée par les entreprises a augmenté seulement de
36,2 %, alors que le PIB a augmenté de 74,2 % en volume sur la
même période, soit plus de deux fois plus rapidement.
Les spécialistes ont même réussi à isoler l’impact de chaque facteur sur la croissance sur cette période. Par exemple, entre 1981
et 1990, l’augmentation de la quantité et de la qualification des
travailleurs n’a contribué à augmenter le PIB que de 0,17 % par
an, et l’augmentation du stock de capital n’a contribué à augmenter le PIB que de 0,71 % par an, alors que le PIB réel a crû
de 2,39 % par an. Autrement dit, si l’on n’avait tenu compte que
de l’augmentation du stock des facteurs de production, le PIB
n’aurait augmenté que de 0,88  % par an (0,17 + 0,71 = 0,88)
entre 1981 et 1990. Or, le taux de croissance économique a été
de 2,39 % par an sur cette période.
Une partie de la croissance ne peut donc pas être expliquée
par l’accumulation des facteurs de production. C’est ce que l’on
appelle le résidu (1,51 % par an entre 1981 et 1990, 0,62 % par
an entre 1991 et 2000, et 0,45 % par an entre 2001 et 2007).
Ce résidu inexpliqué correspond aussi à l’écart entre les deux
courbes du document 4, où l’on voit qu’environ la moitié de la
croissance reste inexpliquée ([36,2 / 74,2] × 100 = 48,78 %).
Les économistes ont rapidement découvert que ce résidu inexpliqué par la progression du stock de facteurs correspondait au
progrès technique, comme le montre le document 3. Ce progrès
technique, qui rend les facteurs plus efficaces, permet d’obtenir
une augmentation de la production plus forte que l’augmentation de la masse de facteurs.
On voit donc que les fonctions de production traditionnelles
se sont révélées insuffisantes. L’histoire économique a montré
l’existence d’un résidu inexpliqué. Les économistes ont rapidement associé ce « résidu » au progrès technique. Il a fallu ensuite
résoudre de nouveaux problèmes : comment expliquer l’importance plus ou moins grande de ce résidu ? Comment favoriser
l’apparition de ce progrès technique à l’origine d’une partie
importante de la croissance ? Ces questions sont aujourd’hui au
centre des recherches en sciences économiques.
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

(p. 22-23)

Doc. 1 • Le résidu expliqué
1. La productivité globale des facteurs est la quantité d’unités
produites grâce à l’utilisation d’une unité de facteurs composée
d’une certaine quantité de travail et de capital. (Voir encadré
Pour approfondir.)
2. Si la production augmente plus vite que la quantité de facteurs
utilisés, cela signifie que ces facteurs de production deviennent
de plus en plus efficaces, ce qui correspond à une hausse de leur
productivité.

Doc. 2 • Évolutions du PIB et de la productivité du travail
en France
Erratum (1re édition). L’unité du tableau est « Taux de croissance
annuels moyens (en %) ».
1. La productivité horaire mesure la quantité de biens et de
services produits en une heure par un travailleur. C’est donc ce
qu’un travailleur est capable de produire en une heure.
2. La productivité horaire du travail a augmenté de 2,3 % par an,
en moyenne, entre 1980 et 2003.
3. On voit qu’il existe une corrélation entre l’évolution du PIB
et celle de la productivité horaire. Par exemple, le PIB a augmenté très vite pendant les Trente Glorieuses (+ 5 % par an en
moyenne sur la période 1950-1970), parallèlement à la productivité du travail (qui a augmenté de 5,1 % par an en moyenne
sur la même période), alors qu’il a augmenté beaucoup moins
vite (2  % par an en moyenne) sur la période 1980-2003, tout
comme la productivité, qui n’a augmenté que de 2,3 % par an en
moyenne sur la période.
4. On peut penser que c’est la hausse de la productivité qui
explique la hausse du PIB, dans la mesure où des travailleurs
beaucoup plus efficaces chaque année peuvent augmenter beaucoup plus fortement le PIB que des travailleurs qui sont seulement un peu plus efficaces.

Doc. 3 • Évolution de la productivité à long terme
1. En France, la productivité du travail par emploi (productivité par tête) a augmenté de 2,1  % par an, en moyenne, sur
la période 1890-2004, alors que la productivité horaire a augmenté de 2,7 % et la productivité globale des facteurs de 2,1 %
en moyenne chaque année sur la même période.
2. En 1890, la productivité globale des facteurs en France ne
représentait que 51,6 % de celle des États-Unis. Par contre, celle
du Royaume-Uni représentait 161,6 % de la productivité globale
américaine. Elle était donc supérieure de 61,6  % à la productivité globale américaine. C’est donc la productivité globale du
Royaume-Uni qui était la plus élevée. En 2004, c’est la productivité globale de la France qui est la plus élevée.
3. C’est en France que la productivité globale des facteurs a augmenté le plus rapidement (+ 2,1 % par an en moyenne sur toute
la période). Ce qui explique le rattrapage effectué par la France.

Doc. 4 • Gains de productivité et besoins
fondamentaux
1. La productivité a été multipliée par deux, puisque l’on peut
produire la même chose (nourrir 10 familles) avec deux fois
moins de travailleurs (5 au lieu de 10). Les travailleurs sont donc
deux fois plus efficaces (productifs).
2. «  En augmentant la productivité de quelques-uns […] nouveaux besoins… »
3. Grâce aux gains de productivité, on a pu satisfaire les besoins
essentiels, notamment en matière alimentaire, avec moins de
travailleurs. De nombreux travailleurs ont donc été « libérés »
et ont donc pu aller travailler dans d’autres secteurs (notamment les services) pour satisfaire des besoins qui étaient mal
satisfaits.
8

Doc. 5 • Les effets des gains de productivité
sur la croissance

travailleurs « libérés » peuvent alors travailler dans d’autres secteurs et produire d’autres biens et services pour satisfaire des
besoins qui sont encore mal pris en charge, contribuant ainsi à
stimuler la croissance (document 4).

1. Les gains de productivité permettent de produire plus de
richesses. Par conséquent, la valeur ajoutée créée par l’entreprise
augmente et permet de donner plus aux travailleurs sous forme
d’augmentation des salaires. Cette hausse de la valeur ajoutée,
permise par les gains de productivité, peut aussi être accaparée
par les propriétaires qui peuvent ainsi bénéficier d’une hausse
de leurs profits sans perte de salaire. Enfin, la hausse de la productivité permet aussi de produire plus vite, en économisant du
travail et du capital. Ainsi, chaque unité produite coûte moins
cher à produire, et l’entreprise peut se permettre de baisser le
prix de vente sans réduire les profits et les salaires.
2. La baisse des prix, la hausse des profits et la hausse des
salaires, que permettent les gains de productivité, vont jouer
favorablement sur la demande. Les travailleurs (les ménages)
peuvent consommer plus, grâce à des salaires plus élevés et à des
prix plus bas. Les entreprises peuvent investir plus, grâce à leurs
profits supplémentaires. Enfin, les entreprises qui deviennent
plus compétitives, grâce à leurs prix plus faibles, peuvent exporter davantage. Tout cela (consommation, investissement, exportations) correspond à une demande supplémentaire à laquelle il
faudra répondre en augmentant la production (croissance).

III. Quel est le rôle du progrès technique
dans la croissance ?
(p. 24-27)
Le programme insiste sur deux thèmes à propos du progrès
technique : la destruction créatrice et la croissance endogène.
Sous-partie A : Elle permet de définir le progrès technique et
de présenter ses principales caractéristiques, en particulier son
rôle dans le processus de destruction créatrice.
Sous-partie B  : Elle montre que, d’après les économistes
contemporains, le progrès technique ne tombe pas du ciel, mais
peut être stimulé par la mise en place de politiques spécifiques
(théorie de la croissance endogène).

A. Le progrès technique au cœur
d’un processus de destruction créatrice
Doc. 1 • L’innovation technologique :
expression du progrès technique

Entraînement

1. L’innovation de procédé correspond à une nouvelle façon de
produire qui permet de baisser les coûts.
L’innovation technologique de produit correspond à un nouveau produit qui permet de mieux satisfaire les besoins.
2. La nouvelle méthode de production des cellules photovoltaïques et la vente par Internet correspondent plutôt à des innovations de procédé qui permettent de réduire les coûts. En effet,
la vente par correspondance permet de se passer des points de
vente physiques, qui sont très coûteux. Le téléphone portable
et le navigateur GPS correspondent plutôt à des nouveaux produits qui améliorent le niveau de satisfaction de la population,
en lui rendant des services appréciables. Cependant, la distinction entre innovation de produit et innovation de procédé n’est
pas toujours évidente. Le microprocesseur est plutôt un nouveau produit, bien qu’il ne soit pas acheté directement par les
consommateurs. Sans lui, pas d’ordinateur, pas de navigateur
GPS, pas de smartphone, etc. D’autre part, la vente par correspondante, considérée comme un nouveau procédé, est aussi un
nouveau service rendu aux consommateurs, qui peuvent acheter depuis leur ordinateur personnel.
3. Une entreprise qui met en place un nouveau procédé de production bénéficie d’une baisse de son coût unitaire. Cette baisse
permet de réduire le prix de vente sans diminuer la marge bénéficiaire. La compétitivité-prix de l’entreprise s’en trouve améliorée. L’entreprise gagne alors des parts de marché et multiplie
sa marge bénéficiaire par une quantité plus importante de produits vendus, ce qui augmente son bénéfice total. L’entreprise
peut aussi maintenir son prix inchangé. Dans ce cas, elle ne
vend pas plus d’unités mais sa marge bénéficiaire augmente,
ce qui accroît aussi son bénéfice total. L’innovation de produit
permet quant à elle de placer l’entreprise dans une situation de
monopole temporaire. Elle fixe donc son prix à un niveau relativement élevé, puisqu’elle ne craint pas la concurrence et peut
percevoir ainsi plus de profits, ce que l’on appelle la « rente de
monopole ».

Question de cours. La productivité correspond à l’efficacité
des facteurs de production. On parle donc de gains de productivité lorsque les facteurs de production deviennent plus efficaces. C’est le cas par exemple lorsque les travailleurs ont plus
d’outils, ou bien disposent d’outils plus adaptés, ce qui leur permet de produire davantage sans augmenter le temps de travail
nécessaire.
Comme l’histoire économique l’a montré au cours des deux derniers siècles, la production a augmenté plus rapidement que la
quantité de facteurs de production utilisés. La croissance économique s’explique donc en partie par une amélioration de l’efficacité des facteurs, donc de la productivité globale du travail et
du capital.
Synthèse. Les gains de productivité correspondent à une
hausse de la productivité. On voit dans le document 2 que ces
gains de productivité ont été plus ou moins importants selon
les époques. Entre 1890 et 1950 par exemple, la productivité n’a
augmenté que de 1,9 % par an en moyenne, alors qu’elle a crû de
5,1 % par an en moyenne entre 1950 et 1973.
Ces gains de productivité ont eu un impact important sur
la croissance. On remarque que lorsque la productivité augmente rapidement, comme cela a été le cas pendant les Trente
Glorieuses, la croissance économique est forte. Le PIB de la
France a augmenté de 5  % par an en moyenne entre 1950 et
1973. Par contre, lorsque les gains de productivité ralentissent,
comme c’est le cas dans la période 1980–2004, la croissance économique ralentit. La productivité a augmenté de 2,3 % par an
en moyenne, et le PIB n’a crû que de 2 % par an en moyenne sur
la période.
La croissance économique dépend donc largement des gains
de productivité réalisés. En effet, ces gains de productivité permettent aux travailleurs d’augmenter les quantités produites
pour mieux satisfaire les besoins. Grâce aux richesses supplémentaires produites, on augmente les revenus distribués, ce
qui permet d’augmenter le pouvoir d’achat des ménages, qui
peuvent alors mieux satisfaire leurs besoins essentiels (nourriture, logement, etc.). Une fois que ces besoins fondamentaux
sont mieux satisfaits, la croissance n’est pas freinée pour autant.
Les gains de productivité sont alors utilisés pour libérer de la
main-d’œuvre dans les secteurs où les besoins sont déjà correctement satisfaits (secteur primaire). En effet, les travailleurs
étant plus efficaces, la production nécessaire pour satisfaire les
besoins peut être réalisée avec un effectif moins important. Les
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

(p. 24-25)

Doc. 2 • D’une innovation à l’autre
1. L’entreprise Kodak a beaucoup souffert de l’apparition du
numérique. Spécialisée dans la vente de pellicules pour appareils argentiques, ses ventes ont énormément chuté, car les utilisateurs de ce type d’appareil sont devenus très rares. Elle a dû
licencier une bonne partie de ses salariés avant de fermer ses
portes fin 2011.
9

2. Le capteur CCD, capable d’enregistrer les composantes de la
lumière d’une image, est à l’origine de la photo numérique. On
peut dire qu’il s’agit d’une invention, d’une découverte, mais
pas d’une innovation, puisqu’elle n’a pas été mise sur le marché. Pour cela, il fallait un microprocesseur assez puissant pour
analyser les informations sur la lumière en image. Il fallait aussi
suffisamment de mémoire pour pouvoir stocker ses informations dans l’appareil. Il fallait aussi que les utilisateurs puissent
stocker eux-mêmes leurs photos, ce qui nécessitait des ordinateurs personnels ou des supports d’enregistrement numérique
(CD). Enfin, il fallait que soient accomplis d’énormes progrès en
matière de miniaturisation pour que les utilisateurs puissent
accéder à cette technologie. Or, tout cela n’est apparu que plus
tard (disques durs de taille suffisante, processeur assez puissant
et graveur de disques).

d’employés de bureau (qui stockent et archivent les informations), d’ouvriers non qualifiés (qui effectuent des tâches industrielles répétitives) devrait être compensée par la multiplication
des emplois de conseillers (qui orientent les clients), de techniciens (qui surveillent, entretiennent et réparent les machines),
de commerciaux (qui trouvent de nouveaux clients), de concepteurs (qui cherchent de nouveaux biens et services pour mieux
répondre aux besoins), etc.
3. Le progrès technique est à l’origine des énormes gains de
productivité dans le secteur primaire. Ils ont permis de mieux
satisfaire les besoins alimentaires tout en réduisant le nombre
d’actifs nécessaires dans l’agriculture. Ces actifs « libérés » de la
nécessité de travailler pour la satisfaction des besoins alimentaires ont pu travailler dans d’autres secteurs (le secondaire
d’abord puis le tertiaire ensuite) pour satisfaire d’autres besoins.
La théorie du déversement d’Alfred Sauvy (transfert progressif de la population active du secteur primaire vers les secteurs
secondaire puis tertiaire) a été vérifiée, et illustre bien ces changements à la fois quantitatifs (moins d’emplois dans certains
secteurs et davantage dans d’autres) et qualitatifs (les emplois
du secteur tertiaire sont très différents des emplois agricoles et
industriels).

Doc. 3 • Innovation et destruction créatrice
1. La destruction créatrice est l’élimination des éléments vieillis,
provoquée par les innovations et qui favorise leur apparition.
2. Schumpeter recense quatre types d’innovation dans ce passage  ; nouveau produit, nouveau procédé, nouveau marché,
nouvelle forme d’organisation. Pour les deux premiers, voir
document 1 question 1. Les nouveaux marchés correspondent à
de nouveaux débouchés pour les entreprises, qui pourront ainsi
écouler une production plus importante. Les nouveaux types
d’organisation industrielle correspondent plutôt à la façon de
gérer l’entreprise, quel que soit le produit fabriqué. Le travail à
la chaîne peut être considéré comme une nouvelle forme d’organisation, ainsi que la création de la société par actions, qui a
permis de créer des entreprises de très grande taille et de ce fait
extrêmement compétitives. À d’autres occasions, Schumpeter
évoque aussi les «  nouvelles sources d’approvisionnement  »
comme cinquième type d’innovation. Il s’agit par exemple de la
découverte d’un gisement de matières premières ou de la possibilité de s’approvisionner en consommations intermédiaires
dans d’autres pays, où elles sont produites à un prix plus faible.
3. Nouveaux produits  : La voiture électrique, les sites de rencontre en ligne, les téléviseurs LCD, un nouveau traitement
contre le cancer.
Nouveaux procédés  : une nouvelle forme d’organisation du
travail, comme le toyotisme, la vente en ligne (billets d’avion,
ordinateurs, services bancaires, etc.), la numérisation des documents (lettres, contrats, données clients et fournisseurs, etc.).
Nouveaux débouchés : les pays émergents (demande potentielle
importante et croissance forte), les millionnaires (stratégie
« premium » pour profiter de la multiplication des consommateurs riches dans les pays émergents), les personnes âgées (avec
le vieillissement de la population).
Nouvelle forme d’organisation : la société anonyme, les firmes
multinationales.
4. Nouveaux produits : les sites de rencontre en ligne ont fait
disparaître les agences matrimoniales. Les téléviseurs LCD ont
fait disparaître les écrans cathodiques et les dépanneurs itinérants (renvoi à l’atelier quasi automatique).
La vente en ligne fait disparaître les points de vente traditionnels (magasins, agences, etc.). La numérisation des documents
fait disparaître les secrétaires et employés de bureau qui faisaient de la copie, de l’archivage des informations.

Entraînement
Question de cours. Le progrès technique est l’amélioration de
la connaissance que les hommes ont des lois de la nature appliquées à la production. Il se traduit souvent par une amélioration
des procédés de production, qui assure une augmentation de la
productivité. Il conduit aussi à l’apparition de nouveaux produits
permettant de mieux satisfaire les besoins de la population.
Synthèse. La destruction créatrice correspond au processus au
cours duquel les éléments périmés sont détruits sous l’effet du
progrès technique. Le progrès technique est à la fois destructeur
et créateur.
De nouveaux produits apparaissent, permettant de mieux satisfaire les besoins. Ces dernières décennies, on a vu naître l’ordinateur individuel, le GPS, le téléphone portable, la photo numérique, les écrans plats, etc. Ces nouveaux produits ont envahi
notre quotidien et s’améliorent tous les ans, nous poussant
ainsi à nous séparer de nos anciens appareils (appareils photo
argentiques, téléviseurs à tube cathodique, téléphones obsolètes, anciens ordinateurs, etc.) qui encombrent les trottoirs et
les décharges.
De nouveaux procédés de production apparaissent aussi et se
développent grâce au progrès technique. De nouvelles façons de
produire de l’énergie sont en train de voir le jour, et permettront peut-être bientôt aux entreprises de réduire leurs coûts
de production et donc leurs prix. Les nouvelles technologies
conduisent aussi à modifier la façon d’organiser la production,
les relations entre les entreprises et les consommateurs (business to consumer) et les relations entre les entreprises ellesmêmes (business to business). Tout cela permettra certainement aussi d’augmenter la productivité et donc d’accélérer la
croissance.
Ces nouvelles méthodes et ces nouveaux produits profitent
aux entreprises qui sont capables d’en tirer avantage. Celles-ci
augmentent leurs bénéfices grâce à la rente de monopole que
leur confèrent leurs produits innovants, ou grâce aux baisses de
coûts de production qui améliorent leur marge ou leur compétitivité-prix. C’est ainsi que des entreprises inconnues auparavant
comme Microsoft, Google, Amazon, Apple, Facebook, etc. sont
devenues des géants incontournables, alors que certains grands
noms de l’histoire de la consommation sont malmenés, voire
même éliminés (Kodak, Minolta, IBM, Darty, etc.).
Le processus de destruction créatrice ne touche pas que les
produits et les entreprises, mais aussi l’emploi. Les entreprises
qui n’ont pas su prendre le virage du progrès technique doivent

Doc. 4 • Des effets contrastés
1. Non. Si certains emplois sont en effet détruits, ces destructions sont compensées par des créations d’emplois.
2. D’après l’auteur, les emplois détruits sont surtout des emplois
non qualifiés qui sont remplacés par des emplois nécessitant
plus de qualification.
La diminution des emplois de guichetiers (qui distribuent des
billets ou des tickets), de caissières (qui scannent des articles),
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

10

Doc. 3 • Croissance, capital humain et développement

se restructurer ou disparaissent, ce qui détruit toujours des
emplois. Ainsi, Kodak, qui est pourtant à l’origine de la photo
numérique et qui n’a pas su en profiter, a détruit plus de 30 000
emplois avant de disparaître complètement. Les imprimeurs de
livres, de journaux, de cartes routières, etc. ont aussi beaucoup
licencié, et l’arrivée des tablettes risque d’accroître encore la tendance. Les guichetiers, les caissières, les vendeurs en tout genre
voient leur emploi menacé par le développement des distributeurs, des caisses automatiques et de la vente par Internet. Par
contre, les emplois liés à la logistique (acheminement, stockage
des produits) se développent, ainsi que ceux de la conception de
programmes et de produits.

B. Progrès technique et
croissance endogène

1. Le capital humain se définit comme l’ensemble des capacités
productives qu’un individu acquiert grâce à des investissements
spécifiques.
2. L’investissement dans la formation et la santé améliore la
qualité de la main-d’œuvre. La productivité augmente, favorisant ainsi la croissance.
3. La croissance économique est indispensable (même si elle
n’est pas suffisante) au développement humain  : elle permet
en effet d’améliorer la situation des populations en matière
de santé, d’éducation, etc. Une population éduquée, en bonne
santé, etc. est à son tour plus efficace et est donc facteur de
croissance économique, entraînant le cercle vertueux croissance-développement humain.
On peut ici souligner le rôle de l’investissement en capital
humain, en particulier via les politiques publiques.

(p. 26-27)

Doc. 1 • La théorie de la croissance endogène

Doc. 4 • Évolution de la dépense intérieure de recherche
et développement

1. Productivité.
2. Solow a bien montré qu’une partie importante de la croissance économique de long terme s’explique par la hausse de la
productivité, dont l’origine est progrès technique. Cependant, il
ne fait que constater a posteriori l’impact du progrès technique.
Dans sa réponse, le progrès technique apparaît comme un
miracle. On dit qu’il est exogène. Solow n’explique pas pourquoi
le progrès technique est plus important à certaines époques et
dans certains pays.
3. Les théories de la croissance endogène constituent un progrès théorique parce qu’elles permettent de progresser dans la
connaissance des sources de la croissance. Elles permettent de
mieux expliquer un phénomène qui pouvait autrefois relever
du hasard ou de la magie. Or, la connaissance scientifique vise
justement à s’extraire de la pensée «  magique  ». Ces théories
constituent aussi un progrès pratique, car elles donnent aux
gouvernants des pistes pour mener des politiques favorisant
la croissance, qui est un objectif central pour la plupart d’entre
eux.

1. La Dird est la dépense intérieure de recherche et développement, c’est-à-dire l’ensemble des investissements en R&D réalisés par les agents (principalement les entreprises et les administrations). On agrège ainsi les dépenses concernant la recherche
fondamentale et celles qui sont consacrées à la recherche
appliquée.
2. En France, en 2010, les dépenses de R&D ont représenté 43
milliards 633 millions d’euros, ce qui représentait 2,26  % du
PIB. Les dépenses réalisées par les administrations ont atteint
16 milliards 949 millions d’euros, tandis que celles des entreprises s’élevaient à 26 milliards 684 millions d’euros, soit 61,2 %
de ces dépenses.
3. La part des administrations dans la Dird a augmenté de
1,9 point, puisque celle des entreprises est passée de 61,3 % à
61,2 %.

Doc. 5 • Innovation et droit de propriété intellectuelle
1. Droit de propriété industrielle accordé par une autorité
publique à celui qui revendique une invention, pour le faire
bénéficier d’un monopole d’exploitation sur cette dernière,
pendant un temps limité (20 ans à compter de la demande, en
France).
2. Non. Certaines administrations, en particulier les organismes
publics de recherche, déposent régulièrement des brevets.
3. L’innovation est indispensable pour deux raisons ;
– elle permet de mieux satisfaire les besoins existant ou les
besoins qui apparaissent à mesure que le monde se transforme
(réchauffement climatique, vieillissement de la population,
épuisement des énergies non renouvelables, etc.) ;
– l’innovation favorise la croissance, car elle incite les entreprises à investir pour en tirer profit, en même temps qu’elle
accélère la demande des ménages, désireux de profiter des améliorations qu’elle provoque sur leurs conditions de vie.
4. Une innovation est d’abord une idée nouvelle. À ce titre, elle
a les caractéristiques d’un bien collectif ; elle est non exclusive
(plusieurs personnes peuvent appliquer la même idée en même
temps, ce qui n’est pas vrai d’un téléphone portable qui est un
bien exclusif). Si d’autres entreprises peuvent «  copier  » l’idée
nouvelle, l’innovateur ne peut pas profiter de la rente de monopole, qui lui aurait permis de rentabiliser son investissement
initial pour développer l’innovation. Dans ces conditions, personne n’a intérêt à multiplier les dépenses en R&D. L’innovation
ne se développe pas et la croissance ralentit faute de progrès
technique.

Doc. 2 • Le rôle de l’État dans l’innovation
1. Un programme de recherche fondamentale est coûteux (paiement du matériel et des chercheurs pendant plusieurs années)
et incertain (la recherche ne débouche pas toujours sur une
découverte et encore moins souvent sur une innovation, c’està-dire une application rentable d’une découverte). De plus, les
résultats de la recherche fondamentale ont les caractéristiques
des biens publics (ils ne peuvent habituellement pas faire l’objet
d’un brevet, et sont donc utilisables par tous, de sorte que celui
qui a financé les travaux de recherche n’est pas forcément celui
qui saura appliquer les résultats pour en tirer un profit commercial). Il est donc rationnel pour un entrepreneur d’utiliser gratuitement les résultats de la recherche fondamentale pour les
appliquer (recherche appliquée).
2. On parle d’externalité positive lorsque le comportement d’un
agent a des conséquences positives sur d’autres agents sans
compensation prévue par le marché. Dans le cas de la physique
quantique, les chercheurs à l’origine de ces théories scientifiques n’ont pas été rémunérés par les entreprises qui ont utilisé leurs travaux pour développer le rayon laser, le transistor
et leurs nombreuses applications (lecture optique, traitements
médicaux, ordinateurs, téléphones portables, etc.). Pourtant,
ces chercheurs sont à l’origine des innovations qui ont favorisé
la croissance économique tout au long du xxe siècle.
3. Les entreprises privées ont tendance à négliger la recherche
fondamentale qui se révèle trop peu rentable à court terme
(voir question 1). Or, celle-ci est essentielle pour la croissance
économique (voir question 2). Par conséquent, l’État, qui est le
garant de l’intérêt général, prend à sa charge le financement de
la recherche fondamentale que les agents privés négligent.
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

Entraînement
Question de cours. Les économistes ont toujours considéré
que la croissance était le résultat de l’accumulation du capital.
11

Cependant, est apparue assez récemment l’idée qu’il existe différentes formes de capital, et que certaines sont plus propices à
la croissance à long terme que d’autres.
Les modèles traditionnels ont montré que l’accumulation du
capital physique favorise la croissance, que ce soit par l’augmentation du stock de facteurs de production, ou par l’augmentation de l’intensité capitalistique. Dans le premier cas, on combine accroissement du nombre de machines et accroissement
du nombre de travailleurs pour obtenir une croissance que l’on
appelle « croissance extensive ». Dans le second cas, on permet
à chaque travailleur de disposer d’une plus grande quantité
d’outils pour augmenter sa productivité et assurer la croissance
de la production. On parle alors de « croissance intensive ». Les
économistes contemporains expliquent que l’on peut accumuler
différentes formes de capital pour stimuler la croissance à long
terme.
Le capital humain correspond à l’ensemble des connaissances,
des compétences et plus généralement des qualités, que les travailleurs peuvent développer, grâce à des investissements spécifiques, pour augmenter leur productivité. Ce capital humain est
essentiel dans nos sociétés de la connaissance, dans lesquelles la
santé des entreprises, et donc la croissance économique, repose
sur l’amélioration constante des procédés et des produits permettant de rester compétitif. L’investissement dans l’éducation,
la formation (initiale et continue) est donc primordial pour que
les entreprises puissent bénéficier d’une main-d’œuvre apte à
résister à la nouvelle compétition.
Le capital technologique correspond plutôt à la capacité à maîtriser les nouvelles technologies et à en faire émerger de nouvelles. Ce capital technologique est essentiel pour accroître le
rythme du progrès technique, qui est comme on le sait à l’origine
des gains de productivité et de la croissance économique. Pour
développer ce capital technologique, les investissements dans
le capital humain sont bien sûr essentiels. Cependant, ceux-ci
peuvent ne pas se révéler suffisants. Il faut aussi financer des
programmes de recherche et développement dans le domaine
de la recherche fondamentale, mais aussi celui de la recherche
appliquée, ce qui nécessite des dépenses pour les laboratoires,
les centres de recherche, les entreprises innovantes, etc.
Le capital public est l’ensemble du patrimoine appartenant à
la collectivité et qui se développe par le biais des dépenses de
l’État. Ce capital public prend des formes très variées et peut
se révéler propice à la croissance de multiples façons, parfois
insoupçonnées. Bien sûr, le financement des universités, des
laboratoires et centres de recherche publique (CNRS, Inserm,
etc.) sont des exemples évidents de capital public permettant de
favoriser l’apparition du progrès technique et de la croissance
économique à long terme. Cependant, les dépenses dans les
infrastructures de transport (routes, autoroutes, voies ferrées,
etc.) et de télécommunication (satellites, fibre optique, etc.)
peuvent accélérer l’échange des informations, qui est devenu
essentiel aujourd’hui. Le bon fonctionnement des tribunaux,
celui des services de police nécessitent aussi des investissements qui développent le capital public dans le domaine de la
justice. Or, cette forme de capital se révèle aujourd’hui essentielle dans nos sociétés, où l’information et la propriété de la
connaissance sont devenues des enjeux essentiels pour assurer
la pérennité des entreprises qui basent justement leur développement sur celles-ci.
Synthèse. Les nouvelles théories économiques, dites de la
« croissance endogène », visent non seulement à montrer que
le progrès technique est une source essentielle de la croissance,
mais aussi qu’il peut être stimulé par des investissements spécifiques. Le rôle de l’État est donc de favoriser ces investissements,
voire même de les réaliser lui-même quand c’est nécessaire.
Si la puissance publique fait confiance aux entreprises pour
investir dans la R&D et pour favoriser l’apparition du progrès
technique, et donc de la croissance, il faut alors mettre en œuvre
des politiques favorables aux investissements des entreprises
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

dans ce domaine. On peut distinguer au moins deux formes
d’intervention publique propres à favoriser l’investissement
privé :
– les interventions dans le domaine de la protection de la propriété intellectuelle. En édictant des lois pour protéger l’innovation, et en les faisant respecter, ce qui implique le bon fonctionnement des services de police et de justice, la puissance publique
donne un signal favorable aux investissements des entreprises
dans la R&D, car celles-ci sont certaines que leurs idées seront
protégées (législation sur les brevets, les droits d’auteur, etc.) et
qu’elles pourront en tirer profit.
L’État peut aussi inciter financièrement les entreprises à réaliser ce type d’investissement par des subventions ou des réductions d’impôts. On parle de politique de l’offre. Le crédit impôt
recherche (CIR) qui permet d’accorder des réductions d’impôts
aux entreprises qui investissent dans la recherche et développement, ainsi que les aides accordées par Oseo sont deux
exemples typiques du soutien que l’État apporte aux entreprises
innovantes.
– mais dans certains cas la législation et les aides ne suffisent
pas, et les administrations publiques doivent prendre ellesmêmes à leur charge les dépenses de recherche. La recherche
fondamentale est un cas typique dans lequel l’État est fondé à
remplacer les entreprises pour stimuler le progrès technique et
donc la croissance. En effet, les résultats issus de la recherche
fondamentale sont rares et incertains. Mais surtout, les applications concrètes sont la plupart du temps reportées très loin
dans le temps. Ces investissements n’assurent donc aux entreprises aucune rentabilité, même à moyen terme. Pourtant, ils
génèrent d’énormes externalités positives, puisque leurs résultats se révèlent souvent essentiels, des décennies plus tard,
pour l’apparition d’innovations majeures qui assureront la rentabilité des entreprises, l’emploi des travailleurs et les revenus
des ménages. L’histoire montre comment la recherche fondamentale dans le domaine de la physique quantique a conduit à
des applications qui sont aujourd’hui omniprésentes dans notre
quotidien (laser, ordinateurs, etc.). Puisqu’il n’est pas rentable
pour les entreprises de prendre en charge cette recherche fondamentale, c’est l’État qui finance les travaux scientifiques et
universitaires.
Le document 4 illustre parfaitement cette répartition des tâches
entre les entreprises et les administrations. Avec plus de 26 milliards d’euros de dépenses, ce sont les entreprises qui effectuent
la plus grande partie de l’effort de recherche et développement
en France, avec 61,2 % de la dépense intérieure de recherche et
développement (Dird). Le reste, presque 17 milliards (38,8 %),
correspond aux dépenses des administrations.
Mais la R&D ne constitue pas le seul vecteur d’intervention de
l’État. Les dépenses d’éducation, de santé, et plus généralement
tous les projets qui visent à créer un environnement propice à
l’épanouissement des individus, pour leur permettre de développer au mieux leurs qualités, sont considérés comme des
investissements dans le capital humain. Ces investissements
accroissent la probabilité de voir apparaître des innovations qui
soutiendront la croissance.

TD1 Méthode

(p. 28)

Maîtriser les indicateurs de croissance
Erratum (1re édition). L’unité de la 2e courbe est « PIB en milliards
d’euros constants ».

Doc. 1 • Une même évolution, deux représentations

1. (1 905 / 1 860) × 100 = 2,419
2. En 2007, le PIB continue à augmenter mais moins vite qu’en
2006. Sur la courbe du PIB, on constate donc une augmentation,
mais sur la courbe des taux de croissance, on constate une légère
diminution (2,32 % au lieu de 2,42 %) car le taux de croissance
baisse, signifiant ainsi le ralentissement.
12

3. En 2008, le taux de croissance baisse franchement et se
rapproche de 0 (+ 0,09  %). La croissance se transforme donc
en quasi-stagnation du PIB, comme on peut le remarquer sur
la courbe en euros constants : le PIB réel est quasiment stable
(1 951 milliards en 2008, contre 1 949 milliards en 2007).
4. Le taux de croissance de 2009 est le seul taux de croissance
négatif. Il décrit une baisse du PIB. C’est la seule année pour
laquelle on constate une baisse sur le graphique en milliards
d’euros.
5. En 2006, le PIB de la France a augmenté de 2,42 % en volume.
En 2007, il a continué à augmenter à peu près au même rythme.
Le taux de croissance s’est donc stabilisé. Par contre, en 2008,
le taux de croissance a baissé à un niveau proche de 0 %, ce qui
signifie que le PIB a stagné mais qu’il n’a pas diminué. Seules
les données de l’année 2009 montrent une baisse du PIB en
volume, car le taux de croissance est négatif.

permettront aux administrations de financer des programmes
sanitaires (construction d’hôpitaux, embauche de médecins,
etc.) et éducatifs (construction d’écoles, paiement des professeurs, etc.) qui améliorent l’état de santé et le niveau d’instruction, poussant ainsi le niveau de développement, mesuré par
l’IDH, vers le haut.
4. La Turquie est bien mieux classée que Cuba dans la hiérarchie
des RNB par habitant. En effet, le RNB par habitant est plus
de deux fois plus élevé en Turquie qu’à Cuba (12  246 dollars
PPA contre 5 416). Pourtant, Cuba a un IDH plus élevé (0,776
contre 0,699)  ; les performances de ce pays sont largement
meilleures dans les domaines de l’éducation et de la santé. Cela
peut s’expliquer par des inégalités importantes en Turquie, qui
ne permettent pas à une partie importante de la population de
s’instruire et de se soigner. Cela peut aussi s’expliquer par des
dépenses publiques mal orientées.

Doc. 2 • Le PIB depuis 1960

Doc. 2 • Les limites de l’IDH

1. Entre 1960 et 1975, le PIB de la France a été multiplié par
2,138 (962 / 449,9 = 2,138) en volume, alors qu’il a été multiplié
par 2,009 (1 933 / 962 = 2,009) entre 1975 et 2010.
2. Le PIB de la France a augmenté de 113,8 % (2,138 × 100 – 100
= 113,8) en euros constants entre 1960 et 1975, alors qu’il a
augmenté de 100,9 % (2,009 × 100 – 100) entre 1975 et 2010.
3. Le PIB de la France a augmenté de 5,5 % en moyenne chaque
année entre 1960 et 1975 en volume. Il a augmenté de 2 % en
moyenne chaque année sur la période 1975-2010.
4. Dans la première période, il n’a fallu que 14 ans pour multiplier le PIB réel par plus de deux, ce qui correspond à une
augmentation rapide. Par contre, sur la deuxième période, il a
fallu 35 ans pour atteindre cette multiplication par deux, ce qui
témoigne d’un rythme beaucoup plus lent. La vitesse a donc été
importante pendant la première période (taux de croissance
annuel moyen élevé) et faible sur la seconde (TCAM faible).

1. L’IDH néglige les inégalités, l’environnement, la pauvreté.
2. Face aux insuffisances de l’IDH (voir question 1), on aurait pu
ajouter des dimensions à cet indicateur et conserver son aspect
synthétique (une seule donnée chiffrée qui résume toutes les
dimensions du développement). Il suffisait d’évaluer les performances des pays dans les différents domaines négligés puis
d’intégrer cette évaluation dans la « note » finale que constitue
l’IDH. Cependant, résumer en une seule « note » (l’IDH) de très
nombreuses dimensions du développement risquait d’appauvrir considérablement l’information sur les pays. En effet, une
même note aurait pu être obtenue avec des performances très
différentes, voire même opposées, en matière d’environnement,
d’inégalité, de santé, etc.

TD2 Analyse

Vers le bac

(p. 29)

Dissertation

L’indice de développement humain

I. Le PIB par habitant : un indicateur intéressant
que les économistes ont su adapter
A. Un indicateur de la production et des revenus
– Définition du PIB.
– Agrégat monétaire qui permet d’évaluer des productions très
différentes en un seul chiffre (somme des valeurs ajoutées).
– Agrégat qui permet d’évaluer les revenus en raisonnant à
partir du partage de la valeur ajoutée. (revenus du patrimoine,
revenus du travail, revenus mixtes, prélèvements obligatoires,
revenus de transfert).
B. Un indicateur qui permet des comparaisons dans le temps
et dans l’espace…
Les calculs en euros constants permettent de mesurer l’évolution de la richesse réelle, tandis que les calculs en PPA permettent les comparaisons internationales malgré des prix différents dans les divers pays.
C. … et donne même une idée du niveau de développement
Les pays ayant un PIB par habitant élevé sont souvent ceux qui
ont un IDH élevé. En effet, un PIB par habitant élevé est signe
de revenu élevé pour les ménages, ce qui permet, la plupart du
temps, de mieux satisfaire les besoins fondamentaux (éducation, santé) et donc d’atteindre un niveau de développement
satisfaisant mesuré par l’IDH (voir document 3).

Doc. 1 • L’IDH : un indicateur alternatif
1. La Norvège réalise de meilleures performances que la France
dans deux dimensions du développement sur trois. Les durées
de scolarisation y sont plus élevées qu’en France, que ce soit la
durée moyenne (12,6 années contre 10,6) ou la durée attendue
(17,3 contre 16,1). Le revenu national brut est aussi plus élevé
qu’en France avec 47 557 dollars (en PPA) contre 30 462 pour la
France. La France ne rivalise que dans le domaine de l’espérance
de vie avec 81,5 années contre 81,1 pour la Norvège, ce qui est
insuffisant pour compenser le retard important accumulé dans
les deux autres domaines. L’IDH de la France est donc notablement inférieur à celui de la Norvège (0,884 contre 0,943).
2. Les pays les mieux classés en fonction de l’IDH sont aussi
les mieux classés en fonction du RNB par habitant. La Norvège,
qui est première au classement de l’IDH, est septième au classement du RNB par habitant, sur près de 200 pays. À l’opposé, le
Niger qui est 182e au classement du RNB par habitant est 186e
au classement de l’IDH. L’Inde, qui est mieux classée en matière
de RNB par habitant (124e) est aussi mieux classée en matière
d’IDH (134e).
3. Plus la population est riche, plus elle est capable de satisfaire
correctement ses besoins alimentaires, éducatifs et sanitaires.
Avec des revenus plus élevés, les ménages n’ont pas besoin de
faire travailler leurs enfants très tôt et peuvent les envoyer à
l’école. Ils peuvent acheter des médicaments pour se soigner, des
produits alimentaires pour se nourrir. Tout cela permet d’augmenter l’espérance de vie et la durée de scolarisation, ce qui fait
augmenter l’IDH. N’oublions pas non plus qu’une population
disposant de revenus plus élevés peut payer des impôts qui
chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

(p. 34-36)

II. Mais le PIB par habitant est un indicateur
trop imparfait et trop limité
A. Le PIB mesure mal les richesses réellement produites
et les revenus réellement distribués
– Les richesses produites peuvent être surestimées (activités de
réparation, déclassement du capital, non-prise en compte de la
réduction du stock de ressources naturelles).
13

– Elles peuvent aussi être sous-estimées (oubli des activités
domestiques ou illégales).
– Le PIB donne une idée trop imprécise des revenus réellement
perçus (problème des revenus distribués aux non-résidents et
nécessité du recours au revenu national brut).
B. Estimation trop imparfaite des « conditions de vie »
et des performances économiques et sociales
– La hausse du PIB peut cacher certaines tendances qui
dégradent les conditions de vie :
Dégradation de l’environnement (document 2). On peut être
plus riche et vivre dans un environnement dégradé.
Endettement (document 2). On peut être plus riche grâce à un
endettement croissant qui reporte certains coûts dans le futur.
Inégalités. Une hausse du PIB peut s’accompagner aussi d’une
augmentation des inégalités. Dans ce cas, le niveau de richesse
mesuré par le PIB par habitant peut cacher une importante pauvreté d’une partie plus ou moins grande de la population.
– Le PIB par habitant ne reflète pas parfaitement le niveau de
satisfaction des besoins de la population. Le Luxembourg a un
PIB par habitant plus de trois fois supérieur à celui de la Corée
du Sud, et pourtant l’espérance de vie et le niveau de scolarisation y est inférieur. De même, la Côte d’Ivoire a un PIB par habitant supérieur à celui du Bengladesh, mais l’espérance de vie et
la durée de scolarisation y sont moins élevées.

Partie 2
Ce document a été édité par l’OCDE (Organisation pour la croissance et le développement économique). Il présente l’évolution
annuelle moyenne du PIB, de l’emploi et de la productivité par
tête en pourcentage, en France et aux États-Unis entre 1960 et
2005. On remarque que la croissance française a été supérieure à
celle des États-Unis dans la période 1960-1975, mais inférieure
pendant la période 1990-2005. En effet, le PIB de la France a
augmenté de 4,8 % par an en moyenne entre 1960 et 1975, alors
qu’il n’a augmenté que de 3,1 % par an en moyenne aux ÉtatsUnis sur la même période. Entre 1990 et 2005, le TCAM du PIB
de la France tombe à 1,8  % contre 2,9  % aux États-Unis. Les
écarts de croissance entre les deux pays s’expliquent largement
par l’évolution de la productivité. Entre 1960 et 1975, la productivité n’a augmenté que de 1,4  % par an en moyenne aux
États-Unis, alors qu’elle a augmenté de 4,2 % (4,8 – 0,6) par an
en moyenne en France. Il semble donc que l’augmentation plus
rapide de la productivité en France durant cette période soit la
cause principale de l’écart de croissance constaté. Cette explication est confirmée par les données de la seconde période.
Entre 1990 et 2005, la productivité par tête a augmenté en
moyenne de 1,8 % par an aux États-Unis et seulement de 1,2 %
(en moyenne par an) en France. Cette moindre progression peut
être associée à un rythme moins rapide du progrès technique
dans notre pays, qui expliquerait pourquoi le PIB de la France
a progressé moins vite (seulement 1,8  % par an en moyenne)
qu’aux États-Unis (2,9 % par an en moyenne).

Épreuve composée

Partie 3
I. La R&D primordiale pour la croissance
Les dépenses de R&D favorisent l’apparition du progrès technique. Celui-ci conduit à des innovations (de produits et de procédé notamment) qui assurent la compétitivité des entreprises
et stimulent ainsi la croissance. D’ailleurs, les pays dont les
dépenses en R&D sont les plus importantes sont aussi ceux qui
connaissent les taux de croissance économique les plus élevés
(doc. 1).
II. Des investissements privés qui peuvent être
insuffisants
Certains investissements risquent d’être négligés par les entreprises privées. C’est le cas des dépenses dans le domaine de la
recherche fondamentale (incertitude et coûts élevés, rentabilité
immédiate nulle). Or, ces dépenses sont la source d’importantes
externalités positives à long terme, et d’une croissance potentielle future plus élevée. Des politiques publiques sont donc
nécessaires en la matière (doc. 3).
III. L’État peut soutenir l’investissement privé…
Les politiques publiques peuvent prendre la forme d’un soutien
financier. En France, en 2009, ce soutien est particulièrement
important. Sans lui, la part des dépenses privées serait particulièrement faible (42,6 %), largement en dessous de la moyenne
(76,1 % au Japon, 66,2 % en Suède et même 48,1 % en Italie)
(voir doc. 2, en 2009). Grâce au soutien public, la part des entreprises dans la Dird se rapproche de la moyenne.
Ce soutien peut prendre la forme de subventions (grand
emprunt, Oseo) ou de réduction d’impôts (CIR, doc. 3).
IV. …et même se substituer à lui
Dépenses publiques de recherche importantes en France
(doc. 2). Financement des instituts publics de recherche (CNRS,
Inserm, CEA, etc.) et des universités. Aux États-Unis, ce sont les
programmes militaires qui ont été privilégiés.

Partie 1
Question 1
La théorie de la croissance endogène vise à montrer que le progrès technique est le moteur principal de la croissance, et qu’il
peut être stimulé par des décisions publiques appropriées. Au
milieu du xxe siècle, Solow a montré qu’une partie importante
de la croissance économique ne s’expliquait pas par la simple
accumulation des facteurs de production (travail et capital),
mais plutôt par le développement du progrès technique permettant d’améliorer l’efficacité de ces facteurs. Cependant, dans le
modèle de Solow, l’origine du progrès technique était inconnue,
de sorte que la croissance semblait être le fruit du hasard. Les
théories de la croissance endogène cherchent à montrer que ce
progrès technique ne « tombe pas du ciel » et que l’on peut favoriser son apparition pour stimuler la croissance économique de
long terme.
Question 2
Le PIB par habitant n’est qu’un indicateur de la richesse produite par habitant dans un pays en une année. Il ne donne donc
qu’une seule information qui est par ailleurs critiquée (surestimation/sous-estimation de la richesse créée). L’IDH (indicateur
compris entre 0 et 1, qui mesure le niveau de développement
d’un pays à partir de trois critères : niveau de vie, état de santé,
niveau d’instruction) est un indicateur synthétique. Il prend
en compte plusieurs dimensions pour évaluer le niveau réel de
satisfaction des besoins essentiels de la population. De plus,
l’IDH est aujourd’hui calculé à l’aide du revenu national brut
et non plus du PIB par habitant comme c’était le cas autrefois.
Cette modification a permis de tenir compte des transferts de
richesses éventuels qui peuvent modifier les revenus réels de la
population.

chapitre 1 • D’où vient la croissance ?

14

chapitre

2

Pourquoi la croissance
est-elle instable ?
I. Comment la croissance
évolue-t-elle ?

Les objectifs du chapitre
Montrer les relations entre croissance et fluctuations
économiques
La croissance de long terme peut s’accompagner de phénomènes
de crise, de ralentissement de l’activité à plus court terme : comment faut-il interpréter ce phénomène ?
Expliquer les origines des fluctuations et leurs effets sur
le phénomène de la croissance de long terme
Il s’agit de faire comprendre aux élèves que les fluctuations
peuvent résulter de plusieurs facteurs : elles peuvent être causées par des chocs d’offre ou bien par une demande insuffisante.
L’étude précise de ces explications conduira à mettre en évidence
ce qui détermine la croissance potentielle d’une économie.
Montrer les enchaînements amenant à un ralentissement
de l’activité en insistant sur le poids du chômage et le frein
qu’il fait peser sur une reprise « spontanée » de l’économie.
Présenter le rôle des politiques macroéconomiques qui se
révèlent nécessaires pour maîtriser l’ampleur des fluctuations.

Dans cette première partie, il s’agit de souligner le caractère
irrégulier de la croissance économique. Dans le A, nous présenterons le caractère cyclique de l’économie, en précisant le sens
des termes cycles, crises, récession (vocabulaire utilisé tout au
long de ce chapitre 2)  ; en B, la distinction entre croissance à
court terme (conjoncturelle) et à long terme (le « trend » de la
croissance) sera établie, et la notion de croissance potentielle
définie, ceci permettra de différencier les facteurs conjoncturels
des facteurs structurels de la croissance.

A. La croissance économique est cyclique

(p. 40-41)

Doc. 1 • Le retour des cycles
1. – Grâce aux innovations technologiques, qui assurent à la
fois des gains élevés de productivité et une baisse de l’inflation,
grâce aussi à la mondialisation, qui génère de nouveaux consommateurs et donc des débouchés pour les nouveaux produits, la
croissance devient plus régulière et beaucoup moins cyclique.
– Les crises financières à répétition depuis la fin du xxe siècle
montrent au contraire que les cycles n’ont pas disparu.
2. Le titre appelle «  quatre saisons du capitalisme  » les cycles
économiques  : expansion, crise, récession, reprise. Selon l’auteur, le capitalisme connaît toujours des cycles économiques,
revenant comme des « saisons » : les cycles sont une caractéristique naturelle de l’évolution économique.

Sensibilisation (p. 39)
Pour démarrer ce chapitre, il est possible de situer la crise de
2008 dans une perspective historique en utilisant la citation et
la photo.
On peut aussi montrer comment une crise économique peut
affecter concrètement la population (vente de la maison en cas
de perte d’emploi, difficulté de renoncer à un certain niveau de
vie).
Enfin, le troisième document invite à présenter l’effet de crise
sur les finances publiques (pour la période 2008-2010), et évoquer l’intervention de l’État, sa nécessité mais aussi ses limites.
1. La crise des années 1930 et celle de 2008 sont toutes les deux
de grandes crises  ; elles affectent le niveau de vie des populations des pays concernés ; elles ont un caractère mondial et des
répercussions sur la plupart des activités économiques.
2. Plusieurs raisons expliquent la saisie d’une maison. Le chômage qui touche le propriétaire prive ce dernier d’un revenu
stable, il ne peut alors rembourser son emprunt ; la hausse des
taux d’intérêt suite à la crise bancaire, qui concerne les prêts à
taux variables, peut se traduire par des difficultés de remboursement pour les plus démunis.
3. Quand le taux de croissance du PIB augmente (de 1996 à
2000), le solde budgétaire s’améliore (le déficit représente environ 4 % du PIB en 1996 et environ 1,8 % du PIB en 2000) ; à
l’inverse le déficit s’aggrave entre 2007 et 2010 sous l’effet de
la récession  : si l’on prend l’année 2009, le taux de croissance
du PIB a diminué de plus de 2 % par rapport à 2008 et le déficit
budgétaire représente 7 % du PIB contre 3 % environ en 2008.
La baisse du PIB se traduit par des recettes fiscales moindres
et, dans le même temps, par un accroissement des dépenses
publiques (notamment sociales).

chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

(p. 40-43)

Doc. 2 • Évolution du PIB en volume
(France 1960-2009)
1. 1960-1972 : 200 / 100 = 2. 1972-2002 : 400 / 200 = 2.
Entre 1960 et 1972, le PIB en volume a été multiplié par 2  ;
entre 1972 et 2002, le PIB a été multiplié par 2. Ainsi, le PIB
connaît le même accroissement au cours de ces deux périodes ;
il faut remarquer cependant que la première période représente
12 années et la seconde 20 années  : la croissance est donc
presque 2 fois plus faible dans cette seconde période que dans
la première.
2. En 1975, 1993 et 2009, le PIB en volume diminue par rapport à l’année précédente. Ce phénomène se nomme dépression.
Depuis 1960 (et même depuis 1945), ce sont les trois seules
années où ce phénomène se produit.
3. Entre 1960 et 2008, le PIB a été multiplié par 4,5, mais cette
croissance de long terme est composée de périodes différentes :
– Entre 1960 et 1973 : croissance forte, le PIB augmente de 6 %
par an environ, avec de faibles variations conjoncturelles, et
sans crises.
– En revanche, depuis 1973, la croissance alterne des phases de
ralentissement (voire de récession à trois reprises : 1973, 1993,
2009) et de reprise (par exemple :1998-1989, 1997-2000) mais
la tendance globale est plutôt une croissance « molle » (environ
2 %).
15

B. Fluctuations conjoncturelles et
croissance à long terme

Doc. 3 • Qu’est-ce qu’un cycle ?
1. Ces phases reviennent sans cesse, mais pas de façon strictement régulière dans le temps ni d’une durée semblable à chaque
fois, au contraire d’une fonction « périodique ».
2. Par exemple : expansion en 1986-1989, crise en 1990, récession en 1991-1993, expansion en 1994-2000.

Doc. 6. • Qu’est-ce que la croissance potentielle
1. À court terme, la croissance est déterminée par la demande :
celle des ménages (consommation elle-même dépendante du
revenu), celle des entreprises françaises (consommation intermédiaire et investissement) et étrangère (exportation), et celle
des administrations publiques. Cela représente des débouchés
pour les entreprises qui doivent alors ajuster leur niveau de production pour satisfaire les agents économiques. À long terme,
la croissance est déterminée par les facteurs d’offre : population
en âge de travailler, productivité du travail, stock de capital et
progrès technique.
2. Mesurer la croissance potentielle permet de mesurer la croissance de long terme et donc déterminer le taux de croissance
résultant des capacités réelles de l’économie (quantité de travail
et de capital disponible, progrès technique) indépendamment
des variations conjoncturelles de l’activité.

Doc. 4 • Cycle et crise
1. Un cycle se caractérise par sa durée (cycle court : 10 ans, cycle
long « Kondratieff » : 25 ans environ) ; il se caractérise aussi par
son amplitude et le déroulement de ses différentes phases, qui
peuvent varier selon la nature du choc et les mécanismes autocorrecteurs permettant d’en limiter éventuellement l’ampleur.
2. Les économistes cherchent à comprendre pourquoi la période
de croissance (expansion) ne dure pas et se traduit par des tensions (hausse des prix, déficits commerciaux par exemple) qui
contribuent à freiner ce processus de croissance et conduisent
à un ralentissement de l’activité en même temps que des ajustements (fermeture d’usines, chômage, baisse des investissements dans les secteurs les moins rentables).
3. Un ralentissement peut-être qualifié de crise quand les mécanismes correcteurs (par exemple, quand la concurrence ne parvient pas à contenir les pressions inflationnistes qui peuvent
se manifester à un moment donné) n’arrivent pas à enrayer les
baisses d’activité, qui ont ainsi un effet cumulatif sur l’ensemble
de l’économie.

Doc. 7 • Croissance potentielle et cycle économique
1. Si la production effectivement réalisée est supérieure à la
production potentielle, cela signifie que les entreprises ont dû
acheter des matières premières en quantité plus importante
(pression sur la demande) et qu’il a fallu rémunérer les salariés
en heures supplémentaires ou embaucher plus de salariés, ce
qui à court terme se traduit par une augmentation de l’inflation (hausse cumulative des prix) et par une augmentation de la
demande (de matières premières, de biens de consommation…).
2. Un écart de production peut être positif à court ou moyen
terme sans générer d’inflation, si au départ il y a un déficit de
production, ce qui signifie que toutes les capacités de production ne sont pas utilisées : la croissance effective ne fait alors
que « rattraper » le niveau potentiel de l’activité.
3. Les phases où la croissance effective est supérieure à la croissance potentielle correspondent à une période d’expansion (sur
le graphique, il s’agit des phases de hausse de la courbe de la
production effective), à l’inverse, quand la croissance effective
est inférieure, cela correspond à une période de récession (phase
de baisse de la courbe de production effective).

Doc. 5 • Croissance, investissement et consommation
en France
Erratum (1re édition). La courbe orange correspond à l’investissement, et la courbe bleue au PIB.
1. La croissance ralentit de 1988 à 1993, de 2000 à 2003, de
2007 à 2009. Préciser qu’à deux reprises la croissance est négative : le PIB diminue.
2. Entre 1988 et 1991, les taux de croissance de l’investissement et de la consommation diminuent, fortement pour l’investissement (qui baisse de 6 % en 1993) et plus faiblement pour
la consommation ; de 2000 à 2003, le taux de croissance de la
consommation stagne et le taux de croissance de l’investissement diminue fortement ; idem en 2007-2008.
3. La baisse du taux de croissance du PIB se traduit pas une
baisse de la valeur ajoutée disponible par rapport à l’année précédente, et donc des revenus distribués aux ménages et aux
entreprises  : ceci a une incidence négative sur la croissance
de la consommation des ménages et sur l’investissement des
entreprises. En outre, face à une diminution de la demande des
ménages, ces dernières ne sont pas incitées à investir.

Doc. 8 • L’impact de la crise sur l’écart de production
1. 1992-1998 : écart de production négatif ; 1998-2002 : écart
de production positif  ; 2002-2007  : pas d’écart  ; 2008-2014
(prévision) : écart négatif.
2. La crise de 2008 se traduit par une baisse de l’activité de production et donc par un écart de production négatif : la production effective devient inférieure à la croissance potentielle, car
toutes les capacités de production ne sont pas utilisées, faute de
débouchés suffisants.
3. Le PIB effectif pourrait retrouver le niveau du PIB potentiel,
si la croissance effective devenait supérieure à la croissance
potentielle. On peut ici attirer l’attention sur la différence entre
PIB potentiel et croissance potentielle.

Entraînement
Question de cours. On peut parler de crise économique quand
les mécanismes correcteurs ne parviennent pas à réaliser les
ajustements permettant la poursuite de la croissance. Un processus cumulatif de baisse de l’activité s’enclenche (baisse des
revenus, baisse de la profitabilité, hausse du chômage), il y a
alors un retournement du cycle.
Synthèse. Il est nécessaire de distinguer court terme et long
terme pour analyser l’activité économique.
En effet, on constate que l’activité économique se traduit, sur
une durée d’environ 10 ans, par des périodes de hausse et de
baisse (doc. 2)  ; cependant sur le long terme, par exemple de
1960 à 2008, on s’aperçoit que l’indice du PIB a été multiplié
par 4,5. 
Ainsi, les cycles se traduisent par des périodes de ralentissement de l’activité économique, voire des périodes de baisse du
PIB (comme ce fut le cas en 1974, 1993 et 2009) ; cependant ces
phases s’accompagnent de périodes de reprise et d’expansion
qui expliquent que, sur le long terme, la croissance soit positive.
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

(p. 42-43)

Doc. 9 • Les déterminants de la croissance potentielle
1. Voir Lexique
2. Voir Lexique
3. La croissance potentielle dépend de la quantité de travail
disponible, ce qui est une donnée indépendante de variables
conjoncturelles  ; elle dépend également de la productivité du
travail, qui dépend de la répartition des tâches dans l’entreprise,
du stock de capital utilisé, de l’importance du progrès technique. Ces facteurs ne dépendent pas de variations conjoncturelles, mais relèvent du fonctionnement de l’entreprise et de
l’économie dans son ensemble (rôle de l’innovation dans les
techniques, mais aussi dans la façon d’organiser le travail…).
16

3. Au niveau macroéconomique, les cycles représentent des
phases de croissance et des phases de ralentissement de l’activité économique. C’est le résultat des mouvements de la
demande (de biens de consommation et de biens d’équipement)
qui soutiennent la croissance économique ; quand il devient difficile d’écouler les marchandises sur le marché, les entreprises
rationnent l’offre et certaines réduisent leurs effectifs, contribuant ainsi à un ralentissement de l’activité économique. Mais
les cycles peuvent également être expliqués par les mécanismes
autorégulateurs du marché  : quand il y a une forte demande,
les entreprises embauchent, investissent ; il s’en suit une augmentation des prix, ce qui attirent de nouveaux producteurs
sur le marché, d’autant plus que le financement par le crédit
est facilité  ; mais, quand la demande ralentit, les entreprises
connaissent un recul des ventes, celles qui sont les moins rentables se retirent du marché, car la concurrence est alors plus
vive, et le chômage augmente  ; ces deux mécanismes contribuent à faire baisser les coûts de production et donc les prix : les
conditions d’une reprise sont alors réunies. C’est le mouvement
des prix qui explique alors les ajustements observés.

Doc. 10 • Les effets de la crise sur la croissance potentielle
1. Croissance effective : § 2.
Croissance potentielle : § 1 et 3.
2. Les mécanismes faisant référence à la demande :
– Faillite du système bancaire : les entreprises doivent rembourser plus rapidement leurs dettes et/ou doivent emprunter plus
cher, car les banques rencontrent des difficultés et cherchent à
reconstituer leurs fonds propres.
– Augmentation du chômage  : elle réduit la demande, car les
salariés qui perdent leur emploi perçoivent des revenus de substitution inférieurs à ceux des salariés en activité.
– La baisse de l’investissement privé  : il se traduit par une
demande de biens d’équipement en baisse.
Les mécanismes faisant référence à l’offre :
– Le vieillissement de la population : il va se traduire par à une
baisse de la main-d’œuvre disponible ; il implique une offre de
services nouveaux qu’il faut financer.
– La baisse de l’investissement privé  : elle entraîne une diminution des capacités de production disponible, voire leur
obsolescence.
– La réduction de la dette publique : elle entraîne une diminution de l’offre de services publics pour la population.
3. La crise économique affectera la croissance potentielle à la
fois par le canal de l’offre (investissement, services publics,
main-d’œuvre disponible) et par le canal de la demande. Voir
réponse précédente.

Doc. 2 • Une explication par les mécanismes du marché
1. Mécanisme qui permet d’obtenir un équilibre entre l’offre et
la demande de biens. Sur un marché, cette régulation est obtenue par la flexibilité des prix.
2. Grâce à l’évolution des prix sur les différents marchés (biens
de consommation, monnaie, biens d’équipement), le retour à
la croissance est automatique  : quand il y a récession, le prix
du travail diminue, de même que les taux d’intérêt (qui représentent le prix de l’emprunt) et le prix du capital (car la demande
de biens d’équipement est inférieure à celle de l’offre). Dans ces
conditions, les coûts de production diminuent, les entreprises
peuvent recommencer à produire, moins cher, et elles peuvent
écouler leurs produits  ; de plus, la concurrence plus vive en
période de ralentissement d’activité les incite à innover pour
être plus efficaces.

Entraînement
Question de cours. Mesurer la croissance potentielle permet
de connaître le taux de croissance à long terme  ; cela permet
aussi d’adapter les politiques macroéconomiques afin de réduire
l’écart entre la croissance effective et la croissance potentielle.
Synthèse. La croissance potentielle est déterminée par l’efficacité du système productif, d’une part, et par la quantité de maind’œuvre disponible, d’autre part. L’efficacité du système productif dépend du progrès technique, qui permet d’augmenter à la
fois la productivité du travail et la productivité du capital. Mais
l’efficacité dépend également du stock de capital disponible, luimême déterminé par les investissements réalisés par les entreprises et les pouvoirs publics.
Enfin, la croissance de long terme dépend de la quantité de
main-d’œuvre disponible (liée aux variables démographiques,
d’une part, et aux lois sociales, d’autre part).

II. Comment expliquer
les cycles ?

Doc. 3 • Le rôle des banques
1. Quand le PIB augmente, les crédits accordés par les banques
augmentent également, car les conditions de rentabilité sont
plus fortes et parce qu’elles sont prêtes à prendre plus de risques,
leurs clients étant plus solvables en période d’expansion.
2. L’évolution du crédit est globalement corrélée à celle du PIB.
Cependant, les variations sont plus marquées pour le crédit
accordé aux entreprises : ainsi, entre 1998 et 2001, on constate
une croissance du PIB, les crédits accordés aux ménages augmentent d’environ 4 points, alors que ceux qui sont accordés
aux entreprises progressent d’environ 7 points.
3. Les conditions d’octroi du crédit sont un élément déterminant des fluctuations économiques  ; d’une part, les crédits
alimentent la demande des ménages et des entreprises lors de
phases d’expansion  ; d’autre part, ils permettent de financer
l’investissement, qui diffuse le progrès technique et soutient de
ce fait la productivité. À l’inverse, quand la croissance ralentit,
les banques rationnent l’offre de crédit, qui est alors réservé aux
entreprises les plus rentables  ; cela contribue ainsi à éliminer
certaines entreprises du marché, à accroître le chômage et à alimenter la récession.

(p. 44-47)

Cette deuxième partie vise à présenter les deux grandes explications des cycles économiques  : les analyses considérant les
cycles comme des caractéristiques de l’évolution économique
(A), et celles les considérant comme des conséquences de chocs
exogènes (B). Ces deux analyses ne sont évidemment pas exclusives l’une de l’autre.

A. Les cycles : une évolution économique
inévitable

Doc. 4 • Le rôle de l’investissement
1. Tout nouvel investissement se traduit par un revenu d’un
même montant ; ce revenu supplémentaire génère une consommation supplémentaire, ce qui alimente la croissance. À l’inverse, le ralentissement de l’investissement entraîne un ralentissement des revenus distribués et donc de la consommation,
ce qui pèse sur la croissance (À noter qu’il s’agit ici du mécanisme
du multiplicateur : la notion n’est pas au programme, mais, en
fonction du niveau de la classe, on pourra peut-être le citer ; de
même le mécanisme B est celui de l’accélérateur)

(p. 44-45)

Doc. 1 • Le déroulement d’un cycle conjoncturel
1. Les variations de la demande et de l’offre.
2. Les variations de l’activité économique sont un processus inhérent au fonctionnement de l’économie de marché. Ils
correspondent à des périodes d’ajustement entre l’offre et la
demande, et permettent d’entretenir le processus de croissance
économique.
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

17

2. Lors d’une période d’expansion, les nouveaux investissements induisent, à l’inverse de la récession, un mouvement de
hausse des revenus et de consommation (mécanisme A), ce qui
incite les entreprises à investir davantage pour satisfaire une
demande croissante (mécanisme B). Le mécanisme s’inverse en
période de récession : il arrive un temps où les investissements
réalisés sont trop importants par rapport à la demande, qui
commence à être satisfaite. Ainsi certaines entreprises cessent
d’investir, ce qui entraîne le processus de baisse.
3. L’investissement joue un rôle central dans le cycle économique : sa hausse entraîne une hausse plus que proportionnelle
des revenus distribués ; ainsi les ménages peuvent consommer
davantage et les actionnaires et/ou les banques perçoivent
des revenus supplémentaires, qui pourront à leur tour servir à financer de nouveaux investissements. Mais l’investissement doit être rentable  : quand les équipements productifs
deviennent trop importants par rapport à la demande, l’investissement ralentit entraînant un processus de baisse de revenu
et de consommation décrit dans le mécanisme A.

concernés ; par l’ampleur prise par Internet, qui implique l’équipement des ménages et des entreprises en ordinateur, ce qui
accroît les débouchés du secteur et là encore l’emploi  ; par le
développement des exportations qui fournit encore des débouchés et des emplois, permettant à cette industrie d’être très compétitive grâce aux économies d’échelle qu’assure une demande
toujours croissante  ; enfin, le développement de la recherchedéveloppement pour assurer l’innovation et la compétitivité.
On peut ici citer Schumpeter et la révolution technologique.
2. L’essor des TIC agit du côté de l’offre (industrie électronique,
télécoms, services commerciaux), mais aussi du côté de la
demande (hausse de la demande de téléphones portables, d’ordinateurs, de services commerciaux liés à Internet).
3. L’essor du secteur des TIC ne peut être considéré comme un
phénomène interne : en effet, les innovations sont largement
produites par les États-Unis et importées en Finlande pour y
être développées. De plus, il s’agit d’une chaîne d’innovations
interdépendantes qui ont stimulé la croissance.

Doc. 7 • 2008, un choc de demande

Entraînement

1. Chute de la demande = – 5 points entre 2008 et 2009, aux
États-Unis.
2. L’endettement est celui de l’État (pour financer les dépenses
publiques non couvertes par l’impôt), des entreprises (pour
financer les investissements) et des ménages (pour la consommation et pour financer l’acquisition de logement). Si l’endettement ne progresse plus, cela affecte la demande intérieure et
donc la croissance économique.
3. Baisse de l’endettement ➞ baisse de la demande intérieure
et extérieure ➞ ralentissement de la production ➞ hausse du
chômage ➞ baisse de la demande ➞ crise.

Question de cours. Le cycle du crédit renvoie au comportement des banques en matière d’octroi de crédit  : en période
d’expansion, elles accordent plus facilement des crédits aux
ménages et aux entreprises, car les taux d’intérêt augmentent
(la demande d’emprunt est élevée) ; au contraire, en période de
ralentissement d’activité, elles ont plus sélectives et prennent
moins de risques, du fait des possibilités d’insolvabilité accrues.
Synthèse. Trois types de mécanismes permettent d’analyser
les fluctuations économiques comme une caractéristique inévitable de la croissance :
– Des mécanismes liés au fonctionnement du marché : les variations des prix permettent de corriger les déséquilibres ;
– Des mécanismes liés aux comportements des acteurs : par exemple,
les entreprises ajustent leurs investissements à la demande ;
– Des mécanismes macroéconomiques  : l’investissement est
source de croissance économique, mais, lorsque le stock de capital est suffisant, l’investissement cesse, contribuant au retournement conjoncturel.

Doc. 8 • La hausse des prix des matières premières…
1. Entre 2009 et 2011, les prix des matières premières agricoles,
des boissons et de l’alimentation ont augmenté d’environ 50 %,
ceux de l’énergie et des métaux ont doublé.
Les matières premières représentent une consommation intermédiaire pour les entreprises : si leurs prix augmentent, le coût
des produits offerts sur le marché risque d’augmenter et les
ventes de diminuer : cela représente donc un choc d’offre.
2. La hausse du prix des matières assure des revenus en hausse
aux pays producteurs, ce qui permet de maintenir la demande
mondiale à un niveau qui soutient la croissance mondiale.
3. L’augmentation du prix des matières premières peut constituer un choc négatif pour les pays qui en sont dépourvus ; par
ailleurs, l’instabilité des cours ne facilite pas la prise de décision concernant les investissements des pays producteurs,
qui doivent être financés par les revenus des exportations de
matières premières. Enfin, en Europe cela peut freiner la compétitivité des entreprises (hausse des prix) et alimenter l’inflation.
Toutefois, ces arguments peuvent être relativisés (voir question 2) et, notamment en ce qui concerne l’Europe, l’inflation
pourrait permettre de diminuer la valeur de l’emprunt public à
rembourser.

B. Des chocs peuvent affecter la croissance (p. 46-47)
Doc. 5 • L’impact d’un ouragan sur la croissance
1. Augmentation endogène : l’augmentation du prix du pétrole
est due à une plus forte demande de pétrole (croissance forte
en Chine et aux États-Unis en 2005) par rapport à l’offre disponible. Donc cette augmentation s’explique par le fonctionnement de l’économie de marché.
Choc exogène : il provient de facteurs externes, non liés au fonctionnement de l’économie ; une guerre (1973) peut avoir comme
conséquence un rationnement de l’offre de pétrole, ce qui fait
augmenter les prix.
2. Katrina est une catastrophe naturelle (et non pas politique)
qui a un impact sur le prix du pétrole dans un contexte de mondialisation accrue des économies. Par ailleurs, d’après l’auteur,
les chocs pétroliers de 1973, 1979 et 1990 étaient des chocs
affectant l’offre, tandis que le choc résultant de Katrina affecte
la demande.
3. La transformation d’une catastrophe naturelle en choc économique s’explique par le mécanisme de prix : Katrina (touche
une région pétrolière) ➞ hausse du prix du pétrole ➞ diminution du pouvoir d’achat ➞ baisse de la consommation, effet
sur les pays émergents exportateurs de biens… ➞ baisse de la
demande à l’échelle mondiale ➞ baisse de l’investissement…

Entraînement
Question de cours. Les chocs exogènes peuvent être positifs :
exemple des TIC en Finlande.
Synthèse. Les chocs ont toujours un lien avec la demande.
Les chocs d’offre exogène comme Katrina se traduisent par
une hausse du prix du pétrole qui affecte le pouvoir d’achat
des ménages et a des répercussions sur la demande de biens
d’équipement.
Les innovations importées des États-Unis en Finlande ont des
effets sur l’offre et sur la demande (voir question 2, doc. 6).
La hausse du prix des matières premières augmente le pouvoir
d’achat des pays producteurs, qui peuvent ainsi éventuellement
soutenir la demande mondiale. Inversement, elle réduit le pouvoir d’achat des habitants des pays consommateurs.

Doc. 6 • Qu’y a-t-il dernière le miracle finlandais ?
1. L’essor des TIC s’est propagé à l’ensemble de l’économie par
le développement de l’industrie électronique et les emplois
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

18

III. Comment faire face aux fluctuations
conjoncturelles ?
(p. 48-53)
A. Les enchaînements menant à la crise

partenaires commerciaux ; cependant, la baisse de la monnaie
nationale renchérit le coût des importations : ainsi, si les quantités échangées demeurent identiques, il peut y avoir dégradation du solde commercial après dépréciation de la monnaie.
3. Dépréciation de la monnaie « perte de compétitivité des pays
concurrents « dégradation de la balance des transactions courantes « difficultés pour les banques qui voient leur situation
financière se dégrader « récession (baisse des exportations et
situation financière dégradée des banques) « chômage et pauvreté « aggravation de la dégradation financière des banques via
l’augmentation des faillites d’entreprises.

(p. 48-49)

Doc. 1 • De la crise financière à la crise économique
en 2008
1. Faillites bancaires, chute des indices boursiers ➞ difficultés
de financement et chute des revenus du patrimoine ➞ hausse
de l’épargne pour compenser la dévalorisation du patrimoine
➞ baisse de la consommation et baisse des investissements ➞
baisse de la production ➞ hausse du chômage.
2. Les banques accordent moins de crédits aux ménages (notamment crédits immobiliers) et aux entreprises (pour l’investissement), les taux d’intérêt augmentent, cela freine l’activité
économique.
3. Les revenus des ménages diminuent : ceux du patrimoine du
fait de la crise financière, ceux du travail du fait de la hausse du
chômage et de la plus faible progression des salaires pour baisser les coûts de production.
4. La crise touche l’ensemble de l’économie du fait de la globalisation financière, qui facilite la transmission de la crise dans les
différents pays.

Entraînement
Question de cours. Les crises financières ont un impact
négatif sur les revenus des agents économiques ; cela affecte la
demande de biens de consommation et d’investissement  ; or,
la demande est un déterminant important des cycles économiques. De même, la dégradation de la situation financière des
entreprises a un effet négatif sur l’offre (investissement, innovation), ce qui à son tour contribue à une forte variation du PIB.
Synthèse.
Erratum (1re édition). S’appuyer sur les documents 1, 3 et 4.
Années

Doc. 2 • De la crise à la dépression : un enchaînement
cumulatif

2007-2009 Pays industrialisés
principalement

1. La baisse des prix des produits entraîne une baisse du chiffre
d’affaires des entreprises : les profits diminuent, ce qui affecte
la distribution des dividendes aux actionnaires  ; de plus, les
entreprises vont produire moins et donc soit baisser les salaires
(moins d’heures supplémentaires et/ou moins de primes versées), soit licencier une patrie du personnel. Faute d’épargne
suffisante et faute de débouchés, les entreprises vont moins
investir.
2. La baisse de la consommation traduit une baisse des débouchés pour les entreprises  : la concurrence entre ces dernières
devient plus vive ; la baisse des prix va permettre de résister à
cette concurrence et de maintenir les ventes.
3. Baisse de la TVA sur les produits ; hausse des revenus sociaux
(allocations chômage, allocation de rentrée scolaire pour les
familles…)  ; hausse du Smic  ; hausse des dépenses publiques
d’investissement.

1974-1975 Crise mondiale
1997

Thaïlande, Malaisie,
Indonésie,
Corée du Sud

Élément déclencheur
de la crise
Crise financière : faillites
bancaires, chute des cours
de la Bourse
Hausse brutale du prix
du pétrole et persistance
de l’inflation
Dépréciation monétaire

B. Les conséquences des fluctuations
conjoncturelles

(p. 50-51)

Doc. 5 • Les conséquences sur l’emploi en France
Erratum (1re édition). Les données entourées sont en 2010 et non
en 2009 comme dans la question.
1. En 2010, la productivité a augmenté de 1,8 %.
En 2010, la valeur ajoutée a diminué de 0,5 %.
En 2010, l’emploi a diminué de 2 %.
2. Entre 2007 et 2009, la baisse de l’emploi s’explique par les
effets de la crise financière sur l’économie réelle  : la récession
– diminution de la valeur ajoutée – contribue à faire diminuer
les emplois.
3. La courbe de l’emploi ne connaît pas le même mouvement de
hausse que la VA parce que, au cours de cette période de reprise
économique, les entreprises préfèrent attendre et augmenter la
productivité plutôt que d’embaucher.

Doc. 3 • 1974, de la « crise du pétrole » au ralentissement
durable de la croissance
1. La crise de 1974 est considérée comme une grande crise car
elle est mondiale. Elle s’accompagne d’un chômage de masse
difficile à juguler et elle fait apparaître de nouveaux équilibres
mondiaux  : les activités industrielles se localisent dans de
nouvelles zones, sous l’effet des stratégies des grands groupes
industriels et les pays d’Europe voient leurs industries traditionnelles décliner.
2. Pour lutter contre le chômage de masse, l’État augmente les
dépenses sociales, ce qui a pour effet dans le contexte de crise
d’augmenter le déficit public et accroître la masse monétaire ; le
soutien de la demande (pour soutenir l’activité source d’emploi),
par la baisse des taux d’intérêt et l’octroi de crédits aux agents
économiques, contribue au développement de l’inflation.
3. Le chômage devient structurel, car la crise touche des secteurs industriels en déclin  : au chômage lié à la crise, contre
lequel les mesures prises se révèlent peu efficaces, s’ajoute un
chômage de reconversion (les ouvriers peu qualifiés de ces secteurs peinent à retrouver un emploi).

Doc. 6 • Le taux de chômage selon le sexe et l’âge
1. (2  617  000 – 2  509  000) / 2  509  000 = 0,0430 × 100. Le
chômage a augmenté de 4,30 % entre 2006 et 2011. 
2. Forte corrélation : quand le nombre de chômeurs diminue (en
2006 et 2007) de 6 %, le taux de chômage des jeunes diminue
également de 6 % ; quand il augmente, on retrouve environ les
mêmes proportions. Tous les calculs peuvent être faits par les
élèves.

Doc. 7 • Un chômage de masse incompressible ?
1. Voir lexique.
2. Le chômage de masse caractérise une situation où le chômage
augmente très rapidement et s’étend à toutes les catégories de la
population, ce qui est source de tensions, notamment dans les
secteurs les plus touchés.

Doc. 4 • L’« effet domino » de la crise asiatique de 1997
1. Voir lexique.
2. La dépréciation d’une monnaie peut être favorable pour
les exportations, car les prix sont moins élevés que ceux des
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

Pays

19

3. Crainte que les politiques macroéconomiques ne puissent
juguler la hausse forte et rapide du chômage, et que ce dernier
devienne durable ; si c’était le cas, cela risquerait encore d’amplifier l’instabilité sociale.
4. La croissance de l’emploi est fortement corrélée à la croissance économique  ; quand la récession s’installe, le taux de
chômage augmente fortement (exemple en 2008-2010)  ; par
contre, lors d’une reprise économique, le taux de croissance de
l’emploi demeure inférieur à celui de la croissance du PIB.

notamment si la demande extérieure ne permet pas de compenser la faiblesse de la demande intérieure.

C. La nécessaire intervention de l’État
Doc. 10 • La stabilité économique

1. La croissance potentielle peut être perturbée par des chocs
externes (ouragan, forte hausse du pétrole pour des raisons
politiques) ou bien internes (forte baisse de la demande, innovation technologique).
2. Les autorités publiques disposent de plusieurs instruments :
les mesures budgétaires, monétaires (taux d’intérêt), les politiques de change (pour l’Europe, BCE).
3. L’intervention de l’État se révèle nécessaire, car les mécanismes du marché ne sont pas toujours autocorrecteurs ; l’État
doit donc prendre des mesures qui limitent les effets des perturbations sur la croissance pour assurer la stabilité économique.

Doc. 8 • Inflation et désinflation en France
1. La crise de 1974 se caractérise par une hausse de l’inflation
qui demeure élevée jusqu’au début des années 1980 ; à l’inverse,
en 2008, le taux d’inflation faible (2,5  %) diminue dès que la
récession s’installe.
2. Période de désinflation.
3. On ne peut pas caractériser cette situation de déflationniste,
puisqu’il n’y a pas de baisse des prix mais seulement un fort
ralentissement de l’inflation.
4. L’inflation contribue à dégrader le solde des échanges extérieurs  : les prix nationaux sont plus élevés que les prix des
produits étrangers, leur compétitivité est donc moins forte,
les exportations tendent à diminuer  ; à l’inverse, les produits
étrangers sont moins coûteux sur le territoire national, ce qui
entraîne une hausse des importations et donc une dégradation
du solde commercial.

Doc. 11 • Les plans de relance réhabilités ?
1. Voir lexique et encadré p. 51.
2. Une politique discrétionnaire est une politique volontariste des pouvoirs publics, qui décident d’intervenir avec des
mesures adaptées pour freiner l’ampleur d’une crise, à l’instar
des mesures citées dans le document.
Quand l’État laisse jouer les stabilisateurs automatiques, il soutient l’activité économique sans prendre de mesures spécifiques
de type budgétaire ou monétaire. Ainsi, en période de récession,
ses dépenses – notamment sociales – augmentent alors que ses
recettes diminuent (les impôts sur les revenus et la consommation notamment) : l’État laisse donc « filer son déficit », contribuant ainsi à un soutien de la demande. Cependant, en période
de forte récession, ces mesures peuvent se révéler insuffisantes.
3. La crise bancaire et ses conséquences sur l’économie réelle  :
faute de financement disponible, les activités économiques
allaient se réduire dangereusement et la récession s’accompagner
d’une déflation, comme ce fut le cas dans les années 1930. Ainsi,
les politiques de soutien de la demande (outre le plan de sauvetages des banques) via la hausse des dépenses publiques – politiques conduites conjointement dans plusieurs pays – visaient à
limiter l’ampleur de la récession au niveau mondial.
4. Les plans de relance chinois et américains, par leur ampleur,
ont pour objectif de soutenir la demande. En Chine, l’effet sur
l’investissement et le développement de la consommation des
ménages permet de soutenir la croissance économique, qui
connaissait un taux d’environ 10 % par an avant les débuts de la
crise. Pour ne pas casser cette dynamique, les dirigeants chinois
ont fait le choix de réagir avec des moyens importants pour éviter de voir se développer un chômage de masse et une instabilité
sociale. Sur le plan externe, cela permet de fournir des débouchés à leurs partenaires commerciaux (les pays d’Europe et les
États-Unis notamment).
Aux États-Unis, où la crise a pris naissance, l’effet interne
attendu est un soutien à la consommation des ménages, notamment les moins aisés, dans un pays où la protection sociale est
moins importante qu’en Europe par exemple. Soutenir la croissance et donc l’emploi est l’objectif prioritaire. Assurer une
reprise de l’investissement, notamment dans les secteurs les
plus dynamiques (informatique, télécoms).

Doc. 9 • Inflation et fluctuations conjoncturelles :
quelle relation ?
1. L’inflation salariale est l’augmentation des salaires résultant
des revendications salariales en période de croissance. Ces augmentations des salaires sont alors répercutées sur les prix.
2. Ensemble de mesures prises par les pouvoirs publics pour
lutter contre l’inflation et donc réduire la demande : baisse des
dépenses publiques, maîtrise des coûts salariaux (pas ou faible
augmentation du Smic)…
3. La modération salariale contribue à faire baisser la consommation des ménages, ce qui freine les investissements productifs
faute de débouchés ; cependant, cette modération ne concerne
pas les revenus salariaux les plus élevés, ni ceux du patrimoine ;
or, la propension à épargner est une fonction croissante du
revenu. L’épargne augmente et les détenteurs de cette épargne
sont à la recherche des meilleurs placements. Ils achètent des
titres boursiers, placent leur épargne dans des fonds spéculatifs,
ou bien acquièrent des biens immobiliers, toujours dans un but
spéculatif (c’est-à-dire revendre plus cher).
4. Une croissance forte entraîne l’inflation, car les salaires ont
tendance à augmenter en période de plein-emploi. À l’inverse,
les mesures prises pour lutter contre l’inflation contribuent à
augmenter le chômage, car ces mesures freinent la demande et
donc l’activité économique. Cette situation peut entraîner une
crise de plus ou moins grande ampleur.

Entraînement
Question de cours. La récession, quand elle se traduit par une
forte baisse du PIB, contribue à une augmentation du chômage
rapide et forte, et donc de l’instabilité sociale, surtout dans les
secteurs menacés – par exemple les secteurs industriels (textile,
sidérurgie, automobile pour 1974-1975).
Synthèse. Avantages de la désinflation : les prix redeviennent
un indicateur fiable pour les prises de décisions économiques
(fixation des salaires, taux d’intérêt, calcul de la rentabilité
d’un projet)  ; la compétitivité-prix s’améliore  ; l’équilibre des
échanges extérieurs peut être rétabli.
Désavantages : plus forte pression sur les coûts et notamment
les coûts salariaux ; faible croissance de la demande intérieure,
faible croissance du PIB et maintien d’un taux de chômage élevé,
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

(p. 52-53)

Doc. 12 • Des politiques contraintes par les déficits
1. Politique de relance  = hausse des dépenses publiques  :
dépenses sociales (allocations familiales, hausse du RSA, hausse
de l’allocation logement…)  ; dépenses d’infrastructure (financement des logements sociaux, rénovation des locaux universitaires, hausse des crédits pour la recherche…).
Baisse des impôts  : baisse des taux de TVA pour faciliter la
consommation des ménages…
20

2. L’intérêt de ce type de graphique est de faire apparaître les
taux de croissance.
3. Cette droite signifie que le taux de croissance du PIB est à peu
près constant sur la période.
4. La croissance est exponentielle et régulière. Elle a été affectée
par trois chocs : les deux chocs majeurs correspondant aux deux
guerres mondiales, et la crise de 1929, dont on constate qu’elle
ne perturbe que relativement « modérément » la croissance de
long terme.
5. Erratum (1re édition). La question fait référence à la question 2
du doc. 1.
En prolongeant jusqu’en 2001, on atteint une valeur d’environ
450 milliards de dollars : c’est la valeur que le PIB aurait atteint,
s’il avait progressé au même rythme que durant la période précédente. Cette valeur est largement supérieure à celle trouvée à
la question 2 du doc. 1. Dans le graphique arithmétique, la croissance est écrasée dans les valeurs faibles.
6. Cette nouvelle droite met en évidence la crise de 1974 et le
ralentissement durable de la croissance qui a suivi.

La consommation plus soutenue des ménages, notamment celle
des ménages aux revenus les plus bas, permet de soutenir la
demande de biens et de services, ces ménages ayant une propension à consommer supérieure à la moyenne. Le financement
des infrastructures soutient l’investissement, qui contribue à
la croissance du PIB puisqu’il faut produire plus pour satisfaire
cette demande.
2. L’État peut financer son déficit par l’emprunt auprès des
banques et par l’émission d’obligation sur les marchés financiers, en faisant directement appel aux épargnants sur le marché des fonds prêtables.
3. Les risques d’inflation proviennent du fait que la demande
augmente plus vite que l’offre, d’une part, et parce que le recours
à l’emprunt bancaire contribue à accroître la masse monétaire,
d’autre part.
4. Les taux d’intérêt augmentent parce que la demande est
supérieure à l’offre sur le marché des fonds prêtables.

Doc. 13 • Relance ou austérité ?
1. Le déficit public est le plus important lors des récessions.
2. Selon Jean-Claude Trichet, à court terme, il faut réduire le
déficit budgétaire et, à moyen terme, opérer des réformes qui
améliorent le fonctionnement des marchés (faciliter l’embauche
et les licenciements sur le marché du travail, faire évoluer les
contrats de travail).
3. Les pays doivent continuer de soutenir la demande, tant que
le chômage demeure à un niveau élevé, et améliorer le fonctionnement du marché du travail pour anticiper les conditions d’une
reprise durable.

Synthèse
1. Depuis 1820, la croissance économique a connu trois grandes
périodes :
– Entre 1820 et 1950, le PIB a été multiplié par 6,2. Cette
période est également marquée par trois chocs (voir question 4
du doc. 2).
– Entre 1950 et 1974, la croissance économique connaît une
accélération  : une multiplication par 3,2, mais en seulement
25 ans. C’est la période dite des Trente Glorieuses.
– La crise de 1974 met fin à cette période de forte croissance :
le PIB n’est multiplié « que » par 1,8, toujours sur une période
de 25 ans. Si l’on compare les pentes des droites 1820-1950 et
1975-2000, on constate qu’elles sont presque parallèles (donc
la croissance moyenne du PIB a été semblable sur les deux
périodes), ce qui confirme le caractère historiquement exceptionnel des Trente Glorieuses.
2. Les graphiques semi-logarithmiques, en permettant de
visualiser des taux de croissance et non des montants, évite
« d’écraser » les évolutions des valeurs faibles et de « distendre »
les évolutions dans les valeurs élevées. Ainsi, ils évitent une illusion visuelle fréquente sur le long terme, qui fausse l’analyse des
évolutions.

Entraînement
Question de cours. Les cycles impliquent que les États
prennent les mesures adaptées pour limiter l’ampleur des variations du PIB et éviter leurs effets négatifs (inflation, chômage,
déficit externe).
Synthèse. Les politiques de relance peuvent contribuer à résorber les déficits publics, si elles sont bien ciblées et favorisent
une reprise rapide de la consommation et de l’investissement
(par exemple la période de 1993 à 2000) ; si elles ne butent pas
sur une forte inflation (qui fait pression sur les taux d’intérêt) ;
et si elles s’accompagnent de réformes structurelles qui améliorent les conditions de l’offre.

TD1 Méthode
L’évolution de la croissance
sur le long terme, en France

(p. 54)

TD2 Méthode
L’Irlande de la crise à la reprise

(p. 54)

Doc. 1 et 3

Doc. 1 • Évolution du PIB français de 1820 à 2001
(échelle arithmétique)

1. Baisse du PIB (– 3,5 % en 2008 et de – 7,5 % en 2009), hausse
du déficit budgétaire (+ 7,3  % en 2008, + 14,6  % en 2009),
hausse du chômage (taux de chômage = 13,5 % en 2010).
2. La dette publique augmente fortement, car l’État a décidé de
racheter la dette du système bancaire (hausse des dépenses) et
la récession fait diminuer les recettes fiscales.
3. La reprise de l’activité économique se traduit par une amélioration du solde des transactions courantes. En effet, les exportations ont augmenté du fait des mesures prises par le gouvernement (voir doc. 2).
4. Baisse des dépenses publiques (baisse des salaires des fonctionnaires et des prestations sociales) et hausse des impôts ➞
baisse de la dette publique ➞ baisse de la demande intérieure ➞
hausse des exportations.

1. 1820-1940 ; 1945-2000.
2. En 2001, le PIB aurait été d’environ 280 milliards de dollars.
Cette extrapolation n’est pas satisfaisante, car elle suppose que
le PIB suit une progression arithmétique (il augmente du même
montant chaque année).
3. Non. Par exemple, un accroissement de 100 milliards de dollars est représenté par le même écart sur l’axe des ordonnées, quel
que soit le niveau de départ. Or, en partant de 30 000, il s’agit
d’une multiplication par 3, tandis qu’en partant de 1 000 000, il
ne s’agit que d’un accroissement de 10 %. Visuellement, la croissance est surévaluée en fin de période et sous-évaluée en début
de période.

Doc. 2 • Évolution du PIB français de 1820 à 2001
(échelle logarithmique)

Doc. 2
1. Voir lexique.
2. Par une baisse des coûts (baisse des salaires et amélioration
de la productivité via l’investissement).

1. L’échelle des ordonnées est logarithmique  : l’écart entre
chaque graduation ne représente pas un montant, mais un taux
de variation (ici, un doublement).
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

(p. 55)

21

3. Ces mesures supposent une forte demande en Europe, ce
qui n’est pas le cas, la croissance y est lente du fait des mesures
d’austérité budgétaire.

Vers le bac

qui affecte la demande (hausse du prix du pétrole) ou un choc
qui affecte l’offre (innovation technologique).
Question 2
– Des politiques de relance visant à stimuler la demande de
biens et services (dépenses de consommation et dépenses
d’investissement), en période de récession. L’État augmente
ses dépenses (via le budget) pour accroître la demande et peser
favorablement sur les décisions des agents économiques.
– Les politiques de lutte contre l’inflation  : elles visent à freiner une expansion trop rapide de la demande, qui se traduit par
une hausse des prix généralisée. L’État rationne l’offre de crédit
(hausse des taux d’intérêt) et diminue les dépenses publiques
pour rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande.

(p. 60-62)

Dissertation
I. L’évolution de la demande et les fluctuations
économique sont corrélées
A. Qu’est-ce que la demande ? (Doc. 1)
1. Distinguer demande interne/externe.
2. Distinguer les différentes composantes de la demande.
B. Le constat statistique
1. Quand le PIB augmente, l’investissement (demande intérieure) progresse également (doc. 1). L’inverse peut également
être constaté (voir doc. 1, 1er trim. et 4e trim. 2010).
2. Les variations du crédit (aux entreprises notamment) évoluent dans le même sens que celles du PIB (voir doc. 2, les
années 2000 et 2006 par exemple).
3. Les exportations (demande extérieure) sont aussi fortement
corrélées aux variations du PIB (voir doc. 4, 2009, 2010 et 2011).

Partie 2
Document statistique établi par la Banque mondiale présentant
l’évolution du PIB de la France et de l’Allemagne entre 1971 et
2010 en indice, d’une part, et en taux de croissance, d’autre
part. Pour l’évolution en indice, la date de référence (base 100)
est 1983.
– Évolution en indice : jusqu’en 1983, la croissance de la France
est plus rapide que celle de l’Allemagne (reprendre les calculs du
« Pour vous aider »). On constate une croissance plus rapide du
PIB Allemand entre 1989 et 2005 (1989 est date de la réunification allemande) : en 1989, l’indice du PIB des deux pays est de
110 pour 100 en 1983 ; l’indice du PIB allemand s’élève à 130 en
1993 et celui du PIB français s’élève à 122. Un rapprochement
des deux courbes est à noter à partir de 2005.
– Évolution des taux de croissance : On observe une évolution
cyclique comparable dans les deux pays, avec des taux de croissance similaires. Ainsi, en 1977, le PIB a augmenté de 3,7  %
dans les deux pays. Cependant, des décrochages conjoncturels peuvent être constatés : exemple en 1973, 1981-82, 1991,
1999-2003.

II. Il existe une causalité réciproque entre évolution
de la demande et fluctuations économiques
A. Les évolutions de la demande influencent l’activité
économique
1. Une hausse de la demande stimule la croissance et accélère la
reprise de l’activité.
Les hausses de la consommation, de l’investissement et des
exportations contribuent à une hausse de la production et de
l’emploi : cela renforce le processus de reprise économique.
2. Quand la demande ralentit le mouvement de fluctuation à la
baisse s’amplifie (doc. 1, 2 et 3).
Quand les dépenses des ménages diminuent, les prévisions d’investissement sont revues à la baisse, ce qui diminue la demande
de biens d’équipement et contribue à la baisse de l’emploi ; les
demandes de crédit des entreprises baissent également amplifiant ainsi le processus de ralentissement de l’activité.

Partie 3
Introduction : définir politique de relance, présenter le contexte
économique (crise de 2008) et rappeler les objectifs généraux
d’une politique de relance.
– Une politique de relance qui a pour objectif une reprise de l’activité économique est susceptible d’être favorable à l’emploi : la
relance de la consommation entraîne une hausse de la demande
de biens et services qui a des effets induits sur les emplois des
secteurs concernés. (Citer les mesures prises qui augmentent
également l’emploi dans les secteurs publics)  ; la relance de
l’investissement contribue à son tour aux créations d’emplois
dans les secteurs des biens d’équipement ; la reprise combinée
de la consommation et de l’investissement peut avoir des conséquences positives sur les revenus distribués et ainsi enclencher
un processus vertueux de reprise économique.
– Cependant les mesures prises en 2008 pour relancer la croissance n’ont pas eu les effets escomptés sur la baisse du chômage.
Le constat (doc. 1)  : reprise du PIB mais hausse du chômage
(le chômage progresse entre 2008 et 2011 de 2,2 points de
pourcentage).
L’explication : la reprise de la croissance n’est pas suffisamment
forte pour absorber toute l’offre de travail disponible.
La reprise de la croissance bute sur l’ampleur des déficits publics
et du poids de l’endettement (hausse de 20 points de pourcentage entre 2008 et 2010).

B. Inversement, les fluctuations économiques influencent
les variations de la demande
1. Directement  : le ralentissement de la croissance (qui peut
être causé par des chocs externes) contribue aussi à faire diminuer la demande. Quand la croissance diminue (voir 1er trim.
2010 et 2e trim. 2011), les revenus distribués diminuent (voir
doc. 3), les ménages voient leur consommation baisser et les
entreprises voient leurs profits et leur capacité d’autofinancement diminuer.
2. Indirectement  : de ce fait, les entreprises cherchent à comprimer leurs coûts pour maintenir leurs parts de marché. Elles
freinent les hausses de salaires, licencient dans les secteurs peu
rentables et contribuent ainsi à déprimer la demande, ce qui
amplifie la baisse de la croissance, si la demande extérieure ne
prend pas le relais.
Ainsi des relations entre demande et fluctuations sont des
relations de corrélation mais aussi de causalité  : toutefois la
causalité peut toutefois jouer dans les deux sens  : l’enjeu des
politiques macroéconomiques est donc de prendre les mesures
adéquates pour contrer le mouvement du cycle.

Épreuve composée

Conclusion  : une politique de relance peut contribuer à faire
diminuer le chômage, si la reprise de l’activité est suffisamment
forte et si les autres pays sont en phase, de façon à ce que les
recettes fiscales augmentent rapidement afin de contenir le
poids de l’endettement qui a été nécessaire pour financer les
mesures de relance.

Partie 1
Question 1
Facteur extérieur au système économique qui contribue à une
rupture de l’équilibre économique, soit de façon positive (croissance), soit de façon négative (récession) ; cela peut-être un choc
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

22

chapitre

3

Comment expliquer
l’internationalisation
de l’économie ?

Les objectifs du chapitre
Les échanges internationaux ne sont pas une nouveauté. Ils
étaient déjà très nombreux lors de la première mondialisation
au xixe siècle ; les économies étaient déjà ouvertes et, de fait,
interdépendantes. La phase actuelle de mondialisation des
échanges est différente par son ampleur et son intensité. Elle
est associée, par ailleurs, à une internationalisation croissante
des processus de production. Ces mutations nous invitent donc
à nous interroger sur les fondements mêmes des échanges
internationaux. Pourquoi et comment se sont-ils développés ?
L’échange international et le libre-échange produisent-ils toujours les effets positifs attendus ? Quels sont le rôle et le poids
des firmes multinationales dans cette mondialisation ?

dans les équipes, et qui cherchent à vendre des marques et
des produits dérivés afin de maximiser les profits. Les joueurs
sont, en quelque sorte, devenus des produits standardisés et
uniformisés.
3. Une firme devient multinationale à partir du moment où
elle contrôle ou possède une ou plusieurs filiales de production
à l’étranger. C’est le cas de Carrefour, qui possédait, d’après la
légende de la photo, en 2006 plus de 1 000 hypermarchés répartis dans le monde entier. Aujourd’hui, le groupe Carrefour est
présent dans 32 pays et il réalise plus de 57  % de son chiffre
d’affaires hors de France.

Sensibilisation (p. 67)
Il est possible d’utiliser les documents suivants pour sensibiliser
les élèves à l’internationalisation des échanges et de la production. La mondialisation est d’abord celle des échanges de biens et
services, ce que montre le document 1 en mettant en évidence la
forte augmentation du poids des exportations depuis 1980. La
libéralisation des échanges a donc favorisé leur essor, et a permis
la croissance économique et le développement de certains pays.
Le phénomène de mondialisation concerne les biens et services
échangés, mais aussi les pratiques et les modes de vie : le football est, par exemple, complètement mondialisé aujourd’hui
(document 2). Les joueurs de football sont devenus les « icônes
incontestées du village global  », grâce aux nouveaux moyens
de communication et aux stratégies mises en place par les plus
grands clubs européens. Le football devient un « produit » qu’il
faut vendre dans le monde entier et qui doit être « rentable ».
Ces stratégies ressemblent d’ailleurs à celles mises en place par
n’importe quelle firme multinationale, comme le montre le
document 3. Le magasin Carrefour cherche à conquérir de nouveaux marchés en s’implantant massivement dans les pays en
transition (Chine, mais aussi Brésil). L’internationalisation des
échanges s’accompagne alors d’une internationalisation de la
production qui entraîne des effets contrastés sur les économies.

I. Pourquoi les échanges internationaux
se sont-ils développés ?
(p. 68-73)
L’internationalisation des économies nationales résulte de l’essor des échanges internationaux et d’une ouverture croissante
des pays. Le commerce international s’est développé très rapidement au xixe siècle, et le degré d’ouverture de nombreuses
économies était plus élevé à la veille de la Première Guerre
mondiale que dans les années 1960. Cependant depuis 1950,
on constate que les échanges internationaux progressent plus
rapidement que le PIB de certains pays. Cela signifie qu’une proportion grandissante des productions nationales est exportée.
Comment un tel phénomène s’explique-t-il ? Comment les pays
se spécialisent-ils ? Quel est le rôle des organisations internationales dans ce processus d’ouverture des économies ? Ce sera
l’objet de cette première partie.

A. Échange et spécialisation :
deux phénomènes interdépendants

Doc. 1 • L’accroissement des échanges mondiaux
1. Entre 1950 et 2009, les exportations totales de marchandises
ont augmenté, en moyenne, de 6 % par an dans le monde (voir
encadré).
2. Entre 1950 et 2009, les échanges mondiaux de produits agricoles ont été multipliés par 8, les échanges mondiaux de combustibles ont été multipliés par 10, et les échanges mondiaux de
produits manufacturés ont été multipliés par 60 environ.
3. Une telle augmentation des échanges s’explique principalement par l’ouverture des économies et le développement du
libre-échange pendant cette période. Les pays se sont spécialisés dans quelques productions et ont massivement échangé
ensuite. Par ailleurs, le phénomène de mondialisation s’est accéléré depuis les années 1980, ce qui a eu pour effet d’accroître
encore les échanges entre les pays (développés et en développement) et les firmes.

1. Les exportations mondiales ont connu une forte progression
depuis les années 1980. Elles représentaient en effet 20 % du
PIB mondial en 1980, contre 32 % en 2008, soit une augmentation de 60 % en 28 ans. On constate toutefois que depuis le
déclenchement de la crise économique et financière en 2008 la
part des exportations mondiales dans le PIB mondial a diminué
pour atteindre 30 % en 2011.
2. Le football est devenu, aujourd’hui, un symbole de la mondialisation aussi bien économique que sociale ou culturelle.
En effet, les grands clubs sont gérés aujourd’hui comme des
firmes multinationales (certains sont cotés en Bourse) qui
recrutent des joueurs dans le monde entier grâce à des lois qui
ne limitent plus, par exemple, le nombre de joueurs étrangers
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

(p. 68-69)

23

Doc. 2 • L’évolution des échanges de biens et services

investissements effectués dans le monde  ». Quant au facteur
travail, il est très peu mobile au niveau international (problème
de la langue, des attaches familiales et culturelles…).
3. La révolution dans le domaine des transports et la baisse
considérable des coûts de transport ont favorisé les échanges
de biens. Les échanges de services ont longtemps été rendus
difficiles en raison des législations nationales et de problèmes
techniques. Quant aux capitaux, leurs échanges se sont multipliés avec l’accélération de la mondialisation et l’internationalisation de la production. Les investissements directs à l’étranger
ou investissements de portefeuille se sont nettement accrus ces
dernières décennies.

1. En 2008, les échanges de biens et services de l’Union européenne à 27 représentaient 41,5 % de son PIB.
2. En 1995, les échanges de biens et services allemands représentaient 24 % du PIB allemand contre 44 % en 2008, soit une
hausse de 83,3 %.
3. Les États-Unis sont un pays moins ouvert sur l’extérieur que
l’Allemagne qui s’est, elle, fortement spécialisée et a développé
une politique d’ouverture de son économie très importante
pour assurer sa croissance économique. Les États-Unis sont
également un pays de grande taille qui dépend moins de l’extérieur qu’un pays plus petit, puisqu’ils peuvent produire une très
grande partie de ce qu’ils consomment.
4. Les échanges de biens et services dans les pays de l’OCDE ont
progressé au cours de ces 20 dernières années : ils ont augmenté
de 50 % environ sur la période.

Doc. 5 • Les liens entre échanges et spécialisation
1. Pays A  : pays spécialisé dans les produits manufacturés
simples demandant une main-d’œuvre nombreuse et peu qualifiée pour les fonctions d’assemblage. Il s’agit d’un pays en
développement.
Pays B : pays spécialisé dans la production automobile de gamme
moyenne et supérieure (production à forte valeur ajoutée), qui
nécessite une organisation industrielle, une main-d’œuvre qualifiée, des centres de recherche et de design performants. Il
s’agit d’un pays développé.
Pays C : pays spécialisé dans la production de produits primaires
à faible valeur ajoutée, nécessitant une main-d’œuvre agricole
nombreuse. Il s’agit d’un pays pauvre ou en développement.
2. Le pays A a intérêt à se spécialiser dans la production d’ordinateurs, car il possède une main-d’œuvre nombreuse peu qualifiée, ce qui convient pour des fonctions simples d’assemblage.
Cette activité nécessite en effet une main-d’œuvre abondante,
or ici le coût du travail est faible. Ce pays peut fabriquer toute
sorte de produits manufacturés simples, comme des produits
électroménagers, des jouets, du matériel informatique…
3. Pays A : Chine ; pays B : France ou l’Allemagne ; pays C : Côte
d’Ivoire.
4. Les pays se spécialisent en fonction d’avantages possédés
(main-d’œuvre nombreuse et peu chère, des matières premières,
des savoir-faire…) ; ils vont abandonner les productions qu’ils
ne maîtrisent pas ou qui coûtent trop cher, et échanger ensuite
avec le reste du monde. En se spécialisant, ils vont aussi devenir
plus efficaces et ainsi gagner plus à l’échange.

Doc. 3 • Des échanges de services plus nombreux ?
1. Les services représentent une part très importante de la
valeur ajoutée dans les pays développés (entre 60 % et 80 % du
PIB), et également une part très importante des emplois, mais
ils ne représentent qu’une faible part des échanges mondiaux
(20  %). Pendant longtemps, il existait des barrières de différents types qui rendaient impossibles ces échanges puisqu’une
des caractéristiques essentielles des services est la simultanéité
entre la production et la consommation.
2. Les échanges de services devraient en toute logique se développer. En effet, les innovations dans le domaine de la communication, de l’information… devraient favoriser les échanges de
services. La proximité entre le producteur et l’acheteur est de
moins en moins nécessaire.
3. La phrase soulignée met en évidence le processus de déréglementation («  barrière institutionnelles  ») qui a eu lieu et
qui a permis de développer certains échanges, en particulier de
services. Aujourd’hui, il est par exemple possible d’assurer sa
voiture ou sa maison dans n’importe quel pays européen, et les
capitaux peuvent circuler sans entrave entre les pays, ce qui a
favorisé le développement de la sphère financière.
Cette phrase fait également référence à la suppression de barrières techniques : le développement d’Internet et des nouvelles
technologies a permis, par exemple, de délocaliser les services
après-vente ou les services d’assistance (Internet, téléphonie,
assurance…) dans des pays étrangers.

Doc. 6 • La diversification croissante des échanges
1. Il s’agit de l’échange de biens qui se situent dans la même
branche, donc de biens similaires. Par exemple, les Français et
les Allemands échangent entre eux des voitures (Volkswagen
contre Renault).
2. Dans l’ancienne DIT, les pays en développement étaient spécialisés principalement dans les produits primaires, soit 90 % de
leurs exportations (produits agricoles et matières premières), et
les pays développés, dans les biens manufacturés et les services.
Ainsi, les pays échangeaient des matières premières contre des
produits manufacturés.
3. Aujourd’hui, on assiste à une nouvelle DIT puisque les pays
en développement sont principalement spécialisés dans les produits manufacturés simples, comme le textile, l’électroménager,
les produits informatiques… Il s’agit de biens standardisés dont
l’assemblage ne nécessite aucune qualification, mais qui par
contre exige une main-d’œuvre abondante et bon marché. Ce
processus de diversification, initié par les NPI d’Asie dans les
années 1970, s’explique par une volonté de diversification de la
production des PED et par la recherche d’économies d’échelle.
Cette stratégie a permis de s’insérer dans les échanges mondiaux et de réussir, pour les NPI d’Asie, leur « décollage ». Les
Peco suivent aujourd’hui le même schéma de développement.
4. Les avantages : les pays en développement assurent ainsi leur
développement en multipliant les « filiales-ateliers » et en diversifiant leur production. Peu à peu, les PED produisent d’ailleurs

Doc. 4 • Des différences à l’origine des échanges
entre pays
1. Le savoir-faire  : les États-Unis ou l’Europe sont spécialisés
dans la production aéronautique (Boeing ou Airbus) grâce à la
maîtrise des dernières technologies et une main-d’œuvre très
bien formée.
Les quantités de facteurs de production disponibles  : le Brésil
possède des terres en très grande quantité ce qui l’incite à se
spécialiser dans les productions agricoles.
Les structures de marché : un pays qui s’est spécialisé dans la
production de produits manufacturés simples doit importer les
biens innovants qu’il ne produit pas.
La taille des marchés  : le Luxembourg a un marché de petite
taille, ce qui l’incite à s’ouvrir sur l’extérieur pour acquérir les
biens et les services qu’il ne produit pas. Son taux d’ouverture
est de ce fait très élevé.
Le goût des consommateurs  : la demande française pour les
voitures haut de gamme renommées, comme les voitures de
marque allemande.
2. Ce sont les échanges de produits manufacturés qui dominent
les échanges aujourd’hui. Au total, les flux de « marchandises et
de services représentent environ 28  % de la production mondiale  ». Les échanges de capitaux, donnant lieu à des investissements directs à l’étranger, ne représentent que «  8  % des
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

24

des produits de plus en plus complexes. Cela évite également
des monospécialisations, qui bien souvent dégradent les termes
de l’échange des PED. Les inconvénients sont pour les pays
développés, arrivés à maturité, qui doivent alors adapter leur
organisation industrielle et leur spécialisation. Ces pays se positionnent alors sur les produits innovants ou les services.

des monnaies, s’ouvre une ère appelée la mondialisation. À partir des années 1980, le mouvement de libéralisation s’accentue
et s’intensifie. La mondialisation touche aussi bien, les capitaux
que les biens, les services et les facteurs de production. Il s’agit
d’une phase d’intégration économique qui va donc bien au-delà
de l’internationalisation des échanges.

Entraînement

Doc. 2 • Les principes fondateurs du système commercial
international

Question de cours. Les pays choisissent une activité dans
laquelle il possède un avantage naturel (climat, matières premières en abondance) ou acquis (une main-d’œuvre qualifiée,
des techniques innovantes, un savoir-faire), et vont ensuite
choisir de développer cette activité. La spécialisation comporte
des avantages, car chacun devient ainsi plus efficace (économies
d’échelle, apprentissage par la pratique qui permet des gains
de productivité). Il y a donc un intérêt à la spécialisation et à
l’échange ensuite. La spécialisation s’accompagne alors d’une
division du travail entre les pays et du développement des
échanges internationaux.
Synthèse. Les échanges mondiaux de marchandises ont connu
une forte croissance depuis les années 1950. Les échanges de
produits manufacturés ont été multipliés par plus de 6 entre
1950 et 2010. Tous les pays développés ont vu le poids de leurs
échanges s’accroître. Par exemple, les biens et services échangés
représentaient 20 % du PIB des pays de l’OCDE en 1995, contre
30 % aujourd’hui.
Mais les échanges mondiaux ont connu également de profondes mutations. En effet, même si les produits manufacturés
restent largement majoritaires dans les échanges, on constate
une hausse très nette des échanges de services. La disparition de certaines barrières institutionnelles et technologiques
a favorisé ces échanges. Autre mutation de taille, les capitaux
sont de plus en plus nombreux à être échangés dans le monde.
Enfin, la nature des flux a également été modifiée. Les PED ne
sont plus uniquement spécialisés dans les produits primaires.
Ils concurrencent les pays développés en produisant et échangeant des produits manufacturés de plus en plus complexes, ce
qui nécessite une modification de la spécialisation pour les pays
développés.

B. La libéralisation des échanges
favorise leur essor

1. On retrouve dans cette phrase l’idée mise en avant par
Montesquieu dans De l’esprit des lois (1758)  : «  L’effet naturel
du commerce est de porter la paix. Deux nations qui négocient
ensemble se rendent réciproquement dépendantes  : si l’une
a intérêt à acheter, l’autre a intérêt à vendre. » On retrouve la
référence libérale au commerce comme facteur de paix entre les
nations. La paix ne peut exister que si les nations connaissent la
croissance et la prospérité économique (référence ici aux conséquences de la crise de 1929). Cette même croissance ne peut
venir que du libre-échange entre les pays, d’où la nécessité de
« s’entendre » avec les autres pays. C’est ce principe qui est également à l’origine de la construction européenne.
2. Les deux principes sont  : l’égalité de traitement entre les
nations et la négociation multilatérale. Lors des cycles successifs de négociations sur la baisse des droits de douane, les pays
devaient être traités à égalité, c’est-à-dire que les accords trouvés en termes tarifaires entre deux pays devaient s’appliquer à
égalité à tous pays membres du GATT (principe de non-discrimination). Le second principe est celui des négociations multilatérales, et non bilatérales. Les pays s’engagent alors à étendre
à tous les autres pays membres les conditions les plus favorables
appliquées à un seul de ses partenaires (la clause de la nation la
plus favorisée).
3. Il existe de plus en plus de négociations bilatérales entre les
pays ou groupes de pays. Les principes de réciprocité et de nondiscrimination étant plus difficilement acceptés dans une économie mondialisée ouverte et concurrentielle. Les accords bilatéraux sont également plus simples et plus rapides à conclure.
Ils permettent aussi de trouver des accords prenant en compte
des considérations politiques ou géopolitiques, entre pays développés et en développement par exemple.
4. En 1947, les accords du GATT sont conclus par les pays occidentaux pour permettre de lever progressivement les obstacles
aux échanges internationaux et ainsi éviter le retour au protectionnisme de l’entre-deux-guerres. Cet Accord général sur les
tarifs douaniers et le commerce comporte une série de règles
que les pays s’engagent à respecter, mais prévoit également des
cycles de négociations commerciales réguliers (les «  rounds  »)
dans le but de baisser les droits de douane. Il s’agit donc de promouvoir le libre-échange et la libéralisation des économies.

(p. 70-71)

Doc. 1 • La libéralisation des échanges, un phénomène
ancien qui s’est accéléré
1. Les droits de douanes sont des mesures protectionnistes de
type tarifaire. Ils sont prélevés, aux frontières, sur les importations. Mais il existe d’autres formes, comme des quotas d’importations, des normes sanitaires, techniques, environnementales…
2. Le développement des échanges internationaux a été réalisé, en particulier, grâce à l’abaissement important des droits
de douanes entre les pays qui participaient aux cycles de négociation du GATT. Cela a conduit à l’ouverture progressive des
frontières pour les marchandises. À cela s’est ajoutée la mise en
place d’un système monétaire international (SMI) sous l’égide
du FMI, et une ouverture progressive des frontières pour que les
capitaux, eux aussi, se déplacent librement sur l’ensemble de la
planète (la libéralisation des mouvements de capitaux date de la
fin des années 1970).
3. La première étape correspond aux années 1944-1980  :
durant cette période, une ouverture graduelle et progressive des
frontières est réalisée grâce aux négociations multilatérales du
GATT et à la mise en place d’un système monétaire international qui fixe les parités entre les monnaies pour une plus grande
stabilité financière. La deuxième période commence dans les
années 1980 : après une période de transition marquée par la fin
de la forte croissance des Trente Glorieuses et par la fluctuation
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

Doc. 3 • Les droits de douane sur les produits industriels
depuis 1940
1. Il s’agit de barrières tarifaires. C’est un impôt prélevé sur une
marchandise importée lors de son passage à la frontière.
2. Les droits de douane sur les produits industriels ont nettement diminué puisqu’ils représentaient 41  % en 1940 contre
4 % aujourd’hui, soit une baisse de 90 % environ.
3. Les droits de douane sont considérés, par les défenseurs du
libre-échange, comme une entrave à la liberté de circulation
des marchandises. Depuis plus de 60 ans, la baisse des droits
de douane est défendue par de nombreux pays et organisations
internationales (GATT, OMC), car elle favorise les échanges de
marchandises entre les pays.
4. L’Organisation mondiale du commerce (OMC) est une organisation internationale qui œuvre pour faciliter les échanges de
biens et services entre les pays. Elle met donc tout en place pour
faciliter les échanges, elle veille à ce que les barrières, tarifaires
ou non, ne viennent pas limiter les échanges et elle joue un rôle
25

de régulation des échanges mondiaux. L’OMC est une sorte de
« gendarme » qui peut condamner les États ne respectant pas les
règles du commerce international.

des échanges de marchandises. En 1947, les accords du GATT
ont été conclus dans le but de diminuer les droits de douane qui
taxaient de nombreuses importations. La baisse considérable de
ces droits de douane a été réalisée lors de différents cycles de
négociations entre 1974 et 1995. De plus, les pays signataires
des accords du GATT devaient s’engager à ne pas discriminer
les pays partenaires en traitant tous les pays à égalité. Les
négociations devaient, par ailleurs, être multilatérales (et non
bilatérales) pour bénéficier au plus grand nombre. En 1995, les
accords du GATT ont laissé place à une nouvelle organisation
internationale, l’OMC, qui a, elle, le pouvoir de sanctionner les
États qui ne respectent pas les règles libre-échangistes. L’OMC a
également élargi le domaine des négociations aux services, aux
produits agricoles, aux innovations protégées par des brevets…

Doc. 4 • Les principes de l’OMC
1. Le GATT s’est battu contre les barrières tarifaires dans un
premier temps, en particulier les droits de douane qui taxaient
les importations.
2. Il existe des quotas d’importations (ex. : l’UE avait fixé des
quotas d’importations sur les produits textiles en provenance
de Chine), des normes sanitaires (ex. : l’UE interdit l’importation de bœufs élevés aux hormones en provenance des ÉtatsUnis), des normes techniques (ex.  : les jouets importés en
Europe doivent respecter de nombreux critères de sécurité)…
3. Face à la multiplication des barrières non tarifaires mises en
place par les pays, l’OMC a décidé d’élargir les négociations pour
limiter les entraves de toute nature aux échanges, et ainsi favoriser le libre-échange entre les nations. Avec la multiplication
des innovations et le poids croissant de la recherche-développement dans les stratégies des firmes, de nouveaux domaines sont
désormais pris en considération par l’OMC, comme celui de la
propriété intellectuelle.
4. Les pays en développement ont des délais plus longs pour
libéraliser leur économie, car ils ne peuvent pas affronter directement la concurrence des pays développés. Ils bénéficient donc
d’un traitement plus favorable, et ont droit à un système d’aides
et de soutien venant de l’OMC.

C. Les déterminants de la spécialisation
Doc. 1 • Les parfums et cosmétiques,
une spécialité française

1. En octobre 2010, les importations françaises de parfums
s’élevaient à 6,2 millions d’euros et les exportations françaises
de parfums s’élevaient à 60 millions d’euros.
2. On peut penser, à la vue du graphique, que les parfums et
cosmétiques correspondent à une spécialisation française. Le
solde commercial (exportations –  importations) est en effet
largement positif  : il s’élevait à 53,8 millions d’euros en
octobre 2010. Par ailleurs, il est indiqué que la France est un des
leaders mondiaux en matière de cosmétiques.
3. La France possède un savoir-faire important. Elle cultive
également une « image de marque » auprès des pays étrangers,
comme étant le pays du luxe, du raffinement et du bon goût. Elle
possède par ailleurs une industrie innovante (nombre élevé de
brevets déposés) grâce à de très nombreuses PME réparties sur
l’ensemble du territoire. La proximité est également un atout
en termes de qualité : cette industrie a, en effet, intérêt à rester
localiser en France (le « made in France » fait vendre).

Doc. 5 • L’évolution du taux d’ouverture
de quelques économies
1. En 1970, le taux d’ouverture de la France était égal à 15 %,
ce qui signifie que la moyenne des exportations et les importations représentaient 15 % du PIB français. Ce taux d’ouverture
est passé à 20 % en 1990, et il atteint 30 % aujourd’hui, soit une
multiplication par 2 en un peu moins de 40 ans.
2. Les pays les plus ouverts sont aujourd’hui l’Allemagne (la
moyenne des exportations et importations représentent 45 %
de son PIB) et la Chine (la moyenne des exportations et importations représentent 35 % de son PIB).
3. Les pays qui ont le plus ouvert leur économie depuis 1970
sont : la Chine avec un taux d’ouverture qui est passé de 5 % à
35 % (multiplication par 7), l’Inde avec un taux d’ouverture qui
est passé de 5  % à 25  % (multiplication par 5) et l’Allemagne
avec un taux d’ouverture qui est passé de 15 % à 45 % (multiplication par 3).
4. Depuis 2001, la Chine adhère à l’OMC. Elle a choisi d’assurer son développement économique grâce à son insertion
dans les échanges mondiaux. Les exportations chinoises sont
aujourd’hui très compétitives. Il en est de même pour l’Inde qui
a adhéré à l’OMC en 1995, et qui a choisi de libéraliser son économie et de s’ouvrir massivement aux capitaux étrangers pour
assurer son développement économique et social.

Doc. 2 • Balance commerciale par groupe de biens,
en 2009
1. En France, en 2009, les exportations des «  industries agricoles et alimentaires » ont représenté 34 milliards d’euros courants, et les importations ont représenté 29,8 milliards d’euros
courants, ce qui permet à la balance commerciale de cette industrie d’être positive (la différence entre les exportations et les
importations des «  industries agricoles et alimentaires  » était
égale à 4,2 milliards d’euros courants).
2. La France importe plus de « biens intermédiaires » qu’elle n’en
exporte. Elle n’est donc pas spécialisée dans cette activité. La
balance commerciale pour les « biens intermédiaires » est négative (les importations françaises de « biens intermédiaires » sont
supérieures de 9,8 milliards d’euros courants aux exportations).
3. La France importe beaucoup de biens intermédiaires, de
biens d’équipement, de biens de consommation et d’énergie. En
termes de solde commercial, c’est dans le domaine de l’énergie
que l’écart absolu entre les exportations et les importations est
le plus élevé (40,6 milliards d’euros).
4. En 2009, la balance commerciale de la France est fortement
négative. Les exportations de la France s’élevaient à 343,1 milliards d’euros courants, alors que ses importations s’élevaient à
397,7 milliards d’euros courants ; d’où un solde commercial déficitaire de 54,6 milliards d’euros courants. Ce sont les balances
commerciales de l’énergie et des biens de consommation qui
pèsent le plus lourd sur l’ensemble de la balance commerciale
française.

Entraînement
Question de cours. Il s’agit d’instruments ou de réglementa-

tions qui visent à favoriser les activités nationales au détriment
de la concurrence étrangère. Ces mesures se traduisent bien
souvent par la mise en place de barrières tarifaires, comme des
droits de douane, mais aussi par des barrières moins visibles,
comme des barrières non tarifaires, dans le but de protéger et
favoriser les biens et services des entreprises nationales.
Synthèse. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, différentes institutions internationales ont prôné la liberté des
échanges, c’est-à-dire la possibilité pour les biens, les services, les capitaux… de circuler librement entre les pays. Ce
sont les pays industrialisés qui, avec l’aide du GATT – devenu
aujourd’hui l’OMC – ont initié ce mouvement de libéralisation

chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

(p. 72-73)

26

Doc. 3 • Les avantages comparatifs permettent
de se spécialiser

Tout d’abord, avec l’ouverture des frontières, les entreprises
se retrouvent confrontées à la concurrence étrangère et voient
ainsi leurs parts de marché se réduire, ce qui les incite donc
à rechercher plus de compétitivité. Ensuite, l’accès à un très
grand nombre de consommateurs permet de produire en très
grande quantité et de réduire les coûts unitaires de production.
Le consommateur a, lui, accès à des produits plus nombreux et
diversifiés, ce qui pousse les entreprises parfois à se restructurer et à rationaliser leur organisation productive.

1. L’UE a intérêt à abandonner la production de chemises bas
de gamme car elle possède un avantage comparatif dans la
production d’automobiles. En effet, elle est relativement plus
efficace que la Chine dans la production de voitures. Pour fabriquer des chemises, il faut mobiliser de la main d’œuvre, des ateliers … Mais si l’UE abandonne la production de chemises bas
de gamme, elle utilisera de façon plus efficace sa main d’œuvre
car son coût d’opportunité de chemises en termes automobiles
est de 10 000. Alors que la Chine, elle, ne produirait que 3000
voitures si elle abandonnait sa production de chemises bas de
gamme.
2. Les productions de l’UE et de la Chine avant la spécialisation :
Chemises
Automobiles
Chemises/
automobiles
Automobiles/
chemises

Union européenne
10 000 000
10 000

Chine
10 000 000
3 000

1 000

3 333,33

0,001

0,0004

Entraînement
Question de cours. La spécialisation des pays peut se faire,
selon Ricardo, en fonction des avantages comparatifs des pays.
Cela permet à tous les pays de se spécialiser et d’échanger
ensuite. Il suffit pour cela que chacun se spécialise dans la production pour laquelle il est relativement le meilleur (avantage
comparatif), ou dans celle où il est relativement le moins mauvais. Le pays abandonne donc toutes les autres productions et
ne garde que celles où il possède un avantage relatif (le Portugal
conserve donc la production de vin et l’Angleterre celle du drap).
Ce raisonnement a ensuite été approfondi par Heckscher, Ohlin
et Samuelson, qui cherchent à expliquer les différences de coûts
comparatifs entre les pays. Les économistes montrent que les
pays ont intérêt à se spécialiser dans la production qui utilise
le plus le facteur le plus abondant dans le pays (terre, capital,
hommes). En effet, si le facteur est abondant son coût sera relativement moins élevé que si le facteur est rare.
Synthèse. Le solde de la balance commerciale française est
déficitaire depuis quelques années (depuis 2003), ce qui signifie que les importations françaises de marchandises sont supérieures aux exportations depuis cette date. La France est toutefois spécialisée dans certains domaines, comme le montre le
détail de la balance commerciale par groupe de biens. Les soldes
sont, en effet, positifs principalement pour les industries de
biens d’équipement et les industries agricoles et alimentaires.
La France est également spécialisée dans les produits de luxe,
comme les parfums et les cosmétiques. Cette activité requiert,
en effet, un savoir-faire et une main-d’œuvre très qualifiée que
possède la France.

Le rapport chemises/automobiles est plus avantageux pour la
Chine, alors que le rapport automobiles/chemises est plus avantageux pour l’UE. La Chine possède un avantage comparatif
dans la production de chemises, et l’UE possède un avantage
comparatif dans la production d’automobiles.
3. Les gains résultant de la spécialisation des pays :
Union européenne
Chine
Production mondiale

Chemises
– 10 000 000
+  10 000 000
0

Automobiles
10 000
– 3 000
+  7 000

Doc. 4 • La spécialisation, en fonction des dotations
en facteurs de production
1. Il s’agit de la quantité de facteurs de production (travail, capital, terre) dans un pays donné, ainsi que le poids respectif de
chaque facteur. Chaque pays se spécialise dans la production qui
utilise le facteur dont il dispose en abondance.
2. L’Australie possède des terres en abondance et relativement
plus que de main-d’œuvre. L’Europe a, elle, un avantage relatif pour les productions qui demandent beaucoup de maind’œuvre. L’Australie est donc bien dotée en terre, et l’Europe est
bien dotée en facteur travail.
3. Les pays ont intérêt à se spécialiser dans la production qui
nécessite d’utiliser le facteur possédé en abondance, et à importer les biens produits avec des facteurs possédés en moins
grande quantité.

II. L’échange international est-il
toujours avantageux ?
(p. 74-77)
Le libre-échange, prôné par les théoriciens libre-échangistes et
par de nombreuses organisations internationales, possède des
avantages et stimule la croissance économique des pays qui le
mettent en œuvre. Mais face à ce discours dominant, on constate
que les mesures protectionnistes sont loin d’avoir disparu (y
compris dans les pays prônant le libre-échange). Il s’agit donc
dans cette partie de s’interroger sur les avantages et les inconvénients du libre-échange et des échanges internationaux, ainsi
que sur les avantages et les inconvénients du protectionnisme.

Doc. 5 • L’apport des nouvelles théories du commerce
international
1. Il s’agit des échanges intrabranches.
2. La spécialisation permet de réaliser des économies d’échelle,
car, en produisant le même produit en très grande quantité, les
entreprises vont voir les coûts unitaires se réduire. Des rendements croissants accompagnent donc les économies d’échelle
puisque les coûts unitaires baissent avec l’augmentation des
quantités produites. Même si le pays ne possède pas d’avantage
comparatif au départ, il peut s’en créer un en se spécialisant. Il a
donc acquis un avantage acquis « ex-post », après-coup.
3. Cela permet ainsi à tous les pays de se spécialiser, même ceux
qui ne possèdent pas d’avantages au départ (aucun avantage
comparatif, aucun avantage naturel ou des dotations factorielles peu propices à une spécialisation). Il s’agit alors de choix
politiques faits par les différents pays à un moment donné.
4. Les gains à l’échange ont diverses origines selon le texte.
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

A. Les avantages et inconvénients
des échanges internationaux

(p. 74-75)

Doc. 1 • Les effets positifs de l’internationalisation
des échanges
1. En se spécialisant, les entreprises vont devenir plus efficaces
(habileté, effets d’apprentissage…), ce qui permet de réaliser des
gains de productivité.
2. En produisant en grandes quantités, les coûts unitaires de
production des biens vont diminuer, ce qui permet de réaliser
des économies d’échelles. Ainsi, l’ouverture des frontières et l’accès à des marchés étendus permettent aux producteurs nationaux de voir leurs coûts baisser.
27

3. Le développement des échanges internationaux est favorable aux consommateurs, tout d’abord car s’il y a une baisse
des coûts unitaires (économie d’échelle) et un accroissement de
la concurrence, les prix ont de grandes chances de baisser, ce
qui favorise le pouvoir d’achat. Par ailleurs, le consommateur
a accès à une plus grande variété de produits (choix, qualité…).
Pour les producteurs, cela permet d’avoir accès à des marchés
plus vastes. Le développement des échanges contraint également les producteurs à rester compétitifs (au niveau des prix et
de la qualité) pour ne pas perdre de parts de marché. Les entreprises doivent donc rationaliser le processus de production et
innover en permanence. Enfin, les entreprises ont accès à des
nouvelles matières premières, à de nouvelles technologies…
4. L’internationalisation des échanges a des effets sur les consommateurs et les producteurs (voir question 3), mais aussi sur les
pays développés et en développement. La hausse des échanges
s’est accompagnée d’une transformation de la division internationale du travail, et a favorisé la croissance économique mondiale
et le développement, en particulier des puissantes émergentes.

peuvent toujours faire appel à de la main-d’œuvre venant de
zones moins favorisées. Ils peuvent aussi, grâce à leurs capitaux,
développer des techniques nécessitant peu de main-d’œuvre. À
l’inverse, les PED ne peuvent pallier le manque de capitaux par
de la main-d’œuvre, par ailleurs peu ou pas qualifiée.
3. L’offre de travail en provenance des pays du Sud est presque
« infiniment élastique » signifie que la main-d’œuvre immigrée
en provenance des pays du Sud est très sensible à la moindre
hausse de salaire et/ou amélioration des conditions de travail.
Même les pires conditions de travail et de rémunération dans
les pays développés ne diminuent pas l’attrait des travailleurs du
Sud pour les économies avancées. Même en l’absence de maind’œuvre, les pays du Nord pourront toujours compter sur cette
main-d’œuvre abondante.
4. Par leur absence de capitaux, les pays du Sud sont dans une
situation de dépendance par rapport aux pays du Nord. Ils
dépendent des IDE des FMN, des conditions de crédits accordés par le Nord… Ils sont également soumis aux conditions
posées par les organisations internationales comme le FMI qui
contraint ses aides à des réformes structurelles d’envergure et
des politiques de rigueur. Les théories de la dépendance (Raúl
Prébisch) mettent évidence les relations asymétriques existant
entre les économies dominantes et dominées, ou encore entre le
« centre » et la « périphérie ». Cette dépendance peut expliquer,
en partie, les difficultés de développement.

Doc. 2 • L’évolution des exportations de biens
et de services
1. En 2011, les exportations de biens et services des économies
émergentes et en développement représentaient 8 000 milliards
de dollars, et celles des économies avancées, 14 000 milliards de
dollars. Le montant total des exportations de biens et de services des économies émergentes, en développement et développées s’élevait donc à 22 000 milliards de dollars.
2. Les exportations de biens et de services des économies émergentes se sont envolées ces dernières décennies. On peut distinguer deux phases : de 1980 à 1995, les exportations de biens
et de services ont tendance à progresser très lentement (hausse
de 500 milliards de dollars). Par contre, de 1995 à 2011, elles
ont augmenté de 700 %, passant de 1 000 milliards de dollars à
8 000 milliards de dollars.
3. L’accélération des échanges de marchandises au milieu des
années 1990 est valable aussi bien pour les pays développés
que pour les pays en développement. Cela peut s’expliquer par
l’entrée dans une nouvelle ère de la mondialisation et par la
transformation de la division internationale du travail. La libéralisation des échanges s’est poursuivie, et désormais les économies en développement produisent des biens manufacturés
qu’ils exportent dans les économies avancées. Sur le modèle des
NPI d’Asie, de nombreux pays émergents se sont insérés dans
les échanges mondiaux en accueillant de nombreux IDE et en
remontant les filières.

Doc. 4 • Même les roses sont mondialisées
1. Au Kenya, 80  000 emplois répartis dans 150 fermes
dépendent directement de la production de roses, et 500  000
emplois en dépendent indirectement.
2. Le Kenya Flower Council tente de mettre en place des normes
sociales et environnementales pour encadrer la production de
roses, éviter les abus en termes de salaires, de conditions de travail, et limiter les atteintes à l’environnement. Le non-respect
de normes sociales et environnementales nuit à «  l’image de
marque » des roses du Kenya auprès des consommateurs européens, et les atteintes à l’environnement ne permettront pas au
pays d’assurer son développement à long terme (sols et eaux
pollués, risques pour la santé…).
3.
Les avantages
Les inconvénients
de la spécialisation
de la spécialisation
– Des créations d’emplois
– De nombreuses atteintes
directs et indirects
à l’environnement
– Des exportations dans
– Pas de protection pour
le monde entier qui
les travailleurs
permettent des entrées
– Des salaires très bas
de devises importantes
– Des contrats temporaires
– Une spécialisation qui
très nombreux
permet de participer aux
– Des conditions de travail
échanges internationaux
très difficiles
– Une régulation de
– Une monospécialisation
la production se met
qui peut « coûter » cher
en place (création de normes dans le futur
et de labels)
– Dépendance envers les pays
du Nord

Doc. 3 • La persistance du clivage Nord-Sud
1. Selon l’approche néoclassique, les pays se spécialisent selon
leurs dotations factorielles. En effet, d’après le théorème HOS,
dont les auteurs ont reformulé la théorie des avantages comparatifs de Ricardo, les pays se spécialisent en fonction d’avantages
spécifiques possédés. Les différentes dotations en facteurs de
production (capital, terre, travail) vont déterminer la spécialisation des pays dans la production qui demande le facteur possédé en abondance. Grâce à l’échange international, les pays se
procureront ensuite les autres biens qu’ils ne produisent pas
eux-mêmes. L’échange international permet également, d’après
la théorie néoclassique, une égalisation des rémunérations des
facteurs de production.
2. Les pays possèdent des ressources différentes, et ainsi se spécialisent différemment. Par exemple, les pays en développement
possèdent beaucoup de main-d’œuvre bon marché, et les pays
développés possèdent beaucoup de capitaux. Or, selon la phrase
soulignée, les spécialisations ne se valent pas et certaines spécialisations sont plus pénalisantes que d’autres. L’absence de capitaux est plus pénalisante pour les PED que l’absence de maind’œuvre pour les pays développés. En effet, les pays développés
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

Doc. 5 • Les spécialisations ne se valent pas
1. Entre 2008 et 2009, le prix des exportations des produits alimentaires a baissé de 15 %.
2. Ces trois dernières années, on constate que les prix des
exportations de produits primaires ont beaucoup fluctué. En
2008 et 2010, les prix des exportations de produits primaires
ont connu de fortes hausse (+  28 % et 26 %), alors qu’en 2009
ceux-ci avait baissé de 30  %. Cette forte volatilité se retrouve
par exemple pour les exportations de produits alimentaires, des
matières premières agricoles, de l’énergie. On constate que, malgré la crise économique, les années 2008 et 2010 ont été des
28

années de fortes hausses pour les prix des exportations de produits primaires (+  33 % pour les matières premières agricoles,
+  26 % pour l’énergie, +  48 % pour les métaux).
3. Au cours de la décennie 2000-2010, les pays spécialisés dans
les produits agricoles (matières premières, produits alimentaires et boissons) n’ont que très peu tiré profit de leur spécialisation. On constate que la hausse du prix des exportations est
très faible. En 10 ans, le prix des exportations des matières premières agricoles, par exemple, n’a augmenté que de 2 %. On peut
imaginer que ces pays spécialisés dans les productions agricoles
ont connu une dégradation de leurs termes de l’échange. En
effet, les prix de leurs importations ont certainement augmenté
plus vite que le prix de leurs exportations.
4. Les avantages tirés de l’échange international dépendent en
fait de la spécialisation des pays. Les pays monospécialisés ou
spécialisés dans des productions primaires, dont les prix sont
très volatiles (en raison, en particulier, de la spéculation), ne
tirent pas profit de la mondialisation. Comme le rappelle le
titre du document « toutes les spécialisations ne se valent pas »,
et toutes ne permettent pas de connaître la croissance économique et le développement.

mondiales de «  terres rares  », de limiter ses exportations au
moyen de quotas ; or les terres rares sont indispensables dans la
fabrication des téléphones, tablettes numériques…
2. Les plaintes déposées auprès de l’OMC ont eu tendance à
diminuer depuis 1997. De 50 plaintes en 1997, on est passé à
14 plaintes en 2009, soit une baisse de 72 %.
3. Les pratiques protectionnistes ne semblent pas s’être renforcées au cours de ces dernières années, sinon le nombre de
plaintes déposées à l’OMC aurait très certainement augmenté.
Ou bien, il s’agit d’un protectionnisme « déguisé », et donc très
difficile à détecter.

Doc. 2 • Vers un repli protectionniste ?
1. Il s’agit de l’ensemble des mesures tarifaires, non tarifaires
et administratives qui visent à protéger les produits nationaux
face à la concurrence de produits étrangers. Ces barrières ont
pour objectif de limiter les importations.
2. Les mesures protectionnistes mises en place sont des droits
de douane (principalement pour les PED) et des subventions
au bénéfice de certaines industries nationales à protéger (ex. :
l’industrie automobile dans les pays développés).
3. En période de crise économique, on assiste souvent à des
replis protectionnistes de peur que la crise ne se propage à l’économie nationale, et que les éventuels plans de relance bénéficient aux pays voisins. La crise économique actuelle confirme
que le nombre de mesures protectionnistes a augmenté depuis
2008. La crise de 1929 reste un exemple célèbre de repli protectionniste, même si les débats sont aujourd’hui nombreux, entre
les partisans du libre-échange et les partisans du protectionnisme, quant aux effets réels de ces protections sur l’économie
mondiale. Sont-elles responsables de la longue dépression qui a
suivi le krach boursier ? Les réponses divergent fortement.
4. Les mesures protectionnistes peuvent avoir pour effet de
limiter les échanges et la croissance économique. Par ailleurs, la
mise en place de barrières protectionnistes peut entraîner des
mesures de rétorsion de la part des pays qui subissent l’effet de
ces protections.

Entraînement
Question de cours. La spécialisation représente la répartition
des activités de production entre les différents pays qui participent à l’échange international. En se spécialisant, une entreprise ou un pays vont produire en très grande quantité, puisque
désormais tous les facteurs de production seront tournés
vers cette activité, les autres activités ayant été abandonnées.
L’augmentation des quantités produites va permettre une baisse
des coûts unitaires de production, des économies d’échelle sont
alors réalisées. Produire sur une plus grande échelle permet
donc de faire baisser le prix de revient unitaire.
Synthèse.
Les effets positifs
Les effets négatifs
du commerce international du commerce international
– Spécialisation des pays
– Certains pays se trouvent
qui permet de réaliser
durablement dépourvus
des gains de productivité et
de capitaux et ne peuvent
des économies d’échelle
développer leur économie
– Les échanges stimulent
– Les PED restent dans
la production, l’emploi et
une situation de dépendance
la croissance économique
vis-à-vis des pays du Nord
– L’ouverture internationale – Les spécialisations sont
stimule la concurrence
inégales et ne permettent pas
– Les marchés sont beaucoup toutes de se développer
plus vastes et diversifiés
– Certaines spécialisations
– Accès à de nouvelles
entraînent une dégradation
matières premières,
des termes de l’échange
de nouvelles techniques
des PED
de production, de nouveaux
– Certains IDE effectués dans
matériaux…
les PED se font en dehors de
– Amélioration de
toutes considérations sociales
la compétitivité-prix
et environnementales
et hors-prix des entreprises
– Chômage et destruction
d’emplois dans les pays
subissant les délocalisations

B. Les tentations protectionnistes

Doc. 3 • Les barrières non tarifaires
1. Les barrières non tarifaires sont toutes les barrières protectionnistes autres que les droits de douane. Il peut s’agir des
mesures traditionnelles comme les quotas ou l’interdiction de
vente à perte (le dumping), mais aussi de la « sous-évaluation
d’une monnaie » (la Chine est aujourd’hui accusée par les ÉtatsUnis de systématiquement sous-évaluer le yuan, ce qui rend les
exportations chinoises très bon marché), « de l’abaissement des
normes de travail  » (l’absence de législation sur le travail des
enfants ou sur une rémunération minimale par exemple fausse
la concurrence), de la création de zones franches, où la fiscalité
est très faible (ou inexistante)…
2. L’OMC ne lutte pas efficacement contre ce type de barrières
car, dans un premier temps, elles n’ont pas été prises en compte
lors des « rounds » de négociations du GATT, qui ont débuté en
1947. Par ailleurs, ces barrières sont nettement moins visibles,
et il est plus difficile de trouver et de généraliser les accords entre
les pays (difficultés pour trouver des accords multilatéraux).
3. Elles sont plus néfastes car plus nombreuses, plus dissimulées, mais tout aussi efficaces que des droits de douane. Il est
difficile de lutter contre, et elles font plus souvent l’objet d’accords bilatéraux entre deux pays que d’accords généralisés et
multilatéraux.
4. Une monnaie se déprécie lorsque sa valeur par rapport à une
autre monnaie diminue. Certains pays vont alors systématiquement sous-évaluer leur monnaie pour que le prix de leurs exportations soit réduit. Il est donc plus facile de vendre à l’étranger,
et cela a pour effet de fausser la concurrence. Cette pratique
consiste à protéger la production et l’industrie nationales. Il
s’agit bien de protection non tarifaire.

(p. 76-77)

Doc. 1 • Nombre de plaintes déposées à l’OMC
1. Il s’agit de plaintes déposées par certains pays auprès de
l’OMC contre d’autres pays accusés de ne pas respecter les
règles du commerce international. Il peut s’agir de plaintes
pour « concurrence déloyale », pour des « pratiques protectionnistes déguisées »… Exemples de plaintes récentes : L’UE accuse
Boeing de recevoir des subventions publiques. Les États-Unis, le
Japon et l’UE accusent la Chine, qui détient 97 % des ressources
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

29

Doc. 4 • Les jouets « made in China » sont-ils dangereux ?

Les industries « naissantes » des PED ne peuvent alors faire face
à une telle concurrence, puisque dans un premier temps leurs
coûts de production sont largement supérieurs, et qu’ils ne profitent pas encore des « effets d’apprentissage » qui permettent
de réaliser des gains de productivité. Les coûts élevés ne permettront pas aux produits des « jeunes nations » de concurrencer
ceux des économies les plus avancées.
3. Les pays en développement revendiquent la possibilité de
protéger au moins temporairement leurs industries, le temps
qu’elles se développent suffisamment, et qu’une fois à maturité
elles puissent rivaliser «  à armes égales  » avec celles des pays
développés (protectionnisme offensif). On assiste également,
de plus en plus, à des protections « d’industries vieillissantes »
dans les économies avancées, dans le but de défendre l’emploi et
de faciliter la reconversion (protectionnisme défensif).

1. En Chine, les normes sanitaires ne sont pas les mêmes qu’en
Europe. Certains produits utilisés pour la fabrication des jouets
sont dangereux pour la santé (solvants, peintures, colles…), et
la mauvaise qualité des produits peut provoquer des accidents
chez les enfants (des pièces qui se détachent et qui peuvent être
avalées, ou des pièces toxiques).
2. Il s’agit d’une référence à la législation du travail. La protection des travailleurs n’existe pas vraiment en Chine. Il n’y a pas
de législation stricte en termes de rémunération, de temps de
travail, de congés payés… D’ailleurs, la contestation sociale se
développe aujourd’hui en Chine, car de plus en plus de travailleurs chinois revendiquent des protections dans le domaine du
travail.
3. L’absence de réglementation sociale ou environnementale peut être considérée par les pays développés comme de la
concurrence déloyale, car les coûts de production sont moindres
en Chine (salaire minimum très faible, pas de droits à polluer à
payer par les industries polluantes…). Les économies avancées
ne sont donc pas en mesure de concurrencer les produits chinois
en termes de prix. Les produits chinois sont plus compétitifs (ce
n’est pas forcément le cas pour la compétitivité-hors-prix).
4. La mise en place de normes dans le but, par exemple, de
protéger les consommateurs peut être considérée comme une
mesure protectionniste. Cela empêche des produits étrangers
qui ne respectent pas les normes de conquérir le marché protégé. D’où la mise en place de normes communes au sein de l’UE
pour éviter de fausser la concurrence entre les pays de la zone.
De nombreuses plaintes existent aujourd’hui face à la multiplication des normes sanitaires, sociales et environnementales.

Entraînement
Question de cours. Il y a les barrières tarifaires, comme les
droits de douane, qui ont pour objectif de rendre plus chers les
produits importés. Ces droits de douane sont des impôts prélevés sur les marchandises lors de leur passage à la frontière. Ces
impôts correspondent soit à un montant forfaitaire, soit à un
pourcentage du prix.
Il existe aussi des barrières non tarifaires, qui sont moins
visibles et donc plus difficiles à combattre pour les organisations promouvant la liberté des échanges, comme l’OMC. Il
s’agit par exemple de la mise en place de normes et réglementations diverses, qui vont avoir pour effet de limiter les importations. Par exemple, les normes environnementales (produits
toxiques), sociales (interdisant le travail des enfants), de sécurité (jouets défectueux et dangereux)… Il peut s’agir également
de quotas d’importations, mais aussi de subventions aux exportations distribuées par les pays pour favoriser leurs entreprises
nationales, ou d’une sous-évaluation systématique de la monnaie (ex. : yuan) rendant les exportations très compétitives.
Synthèse. La mise en place de normes et de réglementations
(sociales, environnementales…) peut être assimilée à une forme
de protectionnisme non tarifaire, puisqu’il s’agit de protéger les
consommateurs, les citoyens, l’environnement… en interdisant
les importations de biens qui ne respectent pas ces normes.
Cette forme de protectionnisme « déguisé » a d’ailleurs tendance
à se développer ces dernières décennies, alors que les droits
douane sont, eux, fortement encadrés et surveillés.
Certaines réglementations n’en demeurent pas moins nécessaires. C’est le cas par exemple des jouets en France et dans
l’Union européenne. Il s’agit alors de protéger les plus jeunes
contre des jouets toxiques et dangereux. Les normes sanitaires
sont très strictes, et le non-respect de ces normes entraîne
l’interdiction du produit à la vente. Certains pays ne respectant
pas ces normes ne peuvent alors exporter leur production. C’est
le cas de certains jouets fabriqués en Chine par exemple (mais
aussi de pièces détachées automobiles, de médicaments…). La
mise en place de normes fait alors obstacle au dumping (social,
fiscal) pratiqués par certains pays.

Doc. 5 • Des barrières parfois néfastes
1. La concurrence pure et parfaite est un modèle théorique de
référence utilisé par les économistes néoclassiques. Il énonce les
hypothèses nécessaires pour que le marché fonctionne parfaitement. Les hypothèses sont au nombre de cinq : atomicité de
l’offre et de la demande, biens homogènes, libre entrée sur le
marché, libre circulation des facteurs de production et information transparente.
2. Il s’agit des « droits de douane », des « restrictions quantitatives », des « subventions à la production ».
3. Ces protections, mêmes non tarifaires, ont toutes le même
effet : l’augmentation du prix des biens. Les droits de douane
augmentent directement le prix des importations, c’est leur but.
Mais même les prix des productions nationales augmentent,
puisque les subventions accordées par les États, pour défendre
les productions nationales, doivent être financées, ce qui pousse
l’État à augmenter la pression fiscale. Cela conduit à une hausse
des coûts et des prix des produits nationaux. Les consommateurs sont alors perdants, puisque les prix des biens importés et
nationaux sont plus élevés que si les principes de la libre concurrence étaient respectés. Par ailleurs, ces subventions, assimilées
à des «  rentes  », ne profitent qu’à une catégorie particulière
(celle qui bénéficie de la protection) et non à l’économie dans
son ensemble.

III. Pourquoi la production
de biens et de services s’est-elle
internationalisée ?
(p. 78-85)

Doc. 6 • Le protectionnisme pour protéger les industries
naissantes
1. Le protectionnisme permet, selon Friedrich List, de protéger
les industries naissantes de la concurrence des pays développés.
Cet économiste allemand du xixe siècle a développé la thèse du
protectionnisme éducateur pour protéger « les industries dans
l’enfance ».
2. Les industries des pays les plus avancés bénéficient d’avantages, en particulier la production en grandes quantités qui
leur permet de réaliser des économies d’échelle (c’est le cas
de l’industrie anglaise à l’époque de List, il estime alors que le
libre-échange ne sert que les intérêts de la Grande-Bretagne).
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

Les FMN jouent un rôle central dans l’internationalisation de
la production et des échanges, donc dans l’internationalisation
des économies. En effet, elles sont des acteurs majeurs – sinon
les principaux – à côté des États et des organismes internationaux, en raison des stratégies mises en place et de la mise en
concurrence des territoires. Cette dernière partie permet de
comprendre comment la production de biens et de services s’est
internationalisée : quelles sont les stratégies des FMN et quels
sont les effets de cette internationalisation ?
30

A. Une production de plus en plus
mondialisée

profiter des avantages d’une main-d’œuvre qualifiée… Dans
l’ancienne DIT, les FMN investissent dans les PED pour se rapprocher des matières premières. Ce n’est qu’à partir des années
1990 que les IDE à destination des PED commencent à progresser nettement, avec le développement de filiales-ateliers (dans
un but de rationalisation de la production) mais aussi de plus
en plus de filiales-relais (dans le but de conquérir de nouveaux
marchés). Dans la nouvelle DIT, les pays en développement
et en transition reçoivent de plus en plus d’IDE, et surtout en
émettent de plus en plus (ce sont des IDE sortants). Les pays
en développement et en transition émettaient, selon la Cnuced,
10 % des IDE mondiaux sortants en 2000 contre 27 % en 2009.
4. La crise économique débutée en 2007 a eu pour effet de ralentir nettement les flux mondiaux d’IDE, aussi bien ceux entrant
dans les économies développées que ceux entrants les pays en
développement et en transition.

(p. 78-79)

Doc. 1 • « Made in… ? »
1. Les FMN ont organisé la décomposition internationale des
processus productifs (DIPP), c’est-à-dire que leurs activités sont
localisées un peu partout sur la planète, en fonction d’avantages possédés par les pays (faible coût du travail, proximité
des matières premières, savoir-faire spécifique…). Les pièces
des différents produits sont fabriquées dans différents pays
et ensuite assemblées dans un autre pays. Le label «  made in
France » n’a donc plus beaucoup de sens aujourd’hui. Toutefois,
en période de crise économique, on constate que le patriotisme
économique ressurgit. Actuellement, de plus en plus de labels,
garantissant l’origine française des produits, voient le jour.
2. Les automobiles sont un exemple parfait pour illustrer les
produits «  made in the world  ». Renault, par exemple, soustraite de nombreuses étapes de sa production dans le monde
entier (Roumanie, Brésil, Maroc…) et produit une partie de plus
en plus grande de ses voitures à l’étranger. C’est le cas aussi de
l’industrie aéronautique (voir le doc. 2 p. 80).
3. L’OMC veut réformer la mesure des échanges internationaux,
qui est erronée. Seule la «  dernière étape  » de la production est
prise en compte dans la mesure des échanges. Cela peut tromper
le consommateur (par exemple, beaucoup de produits de luxe
reçoivent une étiquette « made in Italy » ventant un savoir-faire
reconnu de façon internationale, alors que la quasi-totalité du produit a été réalisée en dehors des frontières italiennes). Par ailleurs,
cela pose un problème de mesure globale des échanges, et risque
de déséquilibrer les balances commerciales de certains pays, à tort.

Doc. 4 • La forte expansion du transport
de marchandises
1. Le transport de marchandises a fortement progressé entre
2000 et 2010, en particulier pour les pays de l’OCDE. Pour les pays
de l’Amérique du Nord (OCDE), on passe de 5 100 tonnes/km
en 2000 à environ 6 700 tonnes/km en 2010, soit une hausse de
31,4 % en 10 ans.
2. On prévoit une explosion des échanges de marchandises
à l’horizon 2050, quelle que soit la zone étudiée. C’est particulièrement marquant pour l’Amérique du Nord et la Chine (de
2 100 tonnes/km en 2010 à 8 000 tonnes/km en 2050, pour la
Chine, soit une multiplication par 3,8).
3. La mondialisation des échanges et des économies s’accompagne forcément d’une expansion importante du transport des
marchandises dans le monde. Les échanges ont été renforcés
par la décomposition internationale des processus productifs
(Dipp), ainsi que par la multiplication des échanges intrafirmes
(de l’ordre d’un tiers des échanges des pays développés). Cela
est rendu possible par la baisse du coût des transports depuis
plusieurs décennies.

Doc. 2 • Flux d’investissements directs entre la France
et l’étranger
1. En 2009, les investissements étrangers réalisés en France
s’élevaient à 40 milliards de dollars et, dans le même temps, la
France a réalisé pour 110 milliards de dollars d’investissements
en dehors de ses frontières.
2. Le solde correspond à la différence entre les IDE étrangers
entrants en France et les IDE français réalisés à l’étranger.
3. Le solde est négatif car il y a eu plus d’IDE français réalisés à
l’étranger que l’IDE étrangers réalisés en France (une différence
de l’ordre de 70 milliards de dollars). Cela peut être considéré
comme le signe que les entreprises françaises se portent bien,
puisqu’elles investissent massivement, en particulier à l’étranger (conquête de nouveaux marchés…). On peut, a contrario,
penser qu’une économie peu dynamique ou avec des perspectives de croissance faible attire peu les FMN étrangères, ce qui
laisse penser, dans ce cas, que la conjoncture économique française était peu favorable en 2009.

Doc. 5 • Entreprises disposant d’une connexion Internet
haut débit
1. Les connexions Internet haut débit dans les entreprises ont
progressé, entre 2007 et 2010, dans la grande majorité des pays
de l’OCDE. Dans la grande majorité des cas, entre 90 et 100 %
des entreprises de plus de 10 salariés sont connectées à Internet
haut débit.
2. En 2010, 86 % des entreprises de plus de 10 salariés des pays
de l’OCDE avaient une connexion Internet haut débit, contre
80 % en 2007, soit une hausse de 7,5 % en 3 ans.
3. Le développement des nouvelles technologies a permis d’accélérer la DIPP mise en place par les FMN, ainsi que la mondialisation des services. Il existe un lien de causalité évident :
l’amélioration des technologies disponibles pour les entreprises (Internet haut débit, visioconférence, marchés financiers
connectés et fonctionnant en continu…) permet d’accentuer
l’internationalisation de la production. L’entreprise donneuse
d’ordres peut ainsi être située à plusieurs milliers de kilomètres
des sites de production.
4. Les NTIC ont permis aux activités financières, bancaires
et d’assurance de se mondialiser. Les capitaux se déplacent
aujourd’hui en toute liberté d’une place financière à l’autre,
par de simples jeux d’écriture, ce qui a été rendu possible par
l’informatisation. La multiplication des centres d’appels dans le
monde entier pour des services de secrétariat, d’assurance, pour
le service après-vente, les hotlines… ont pu se développer et se
délocaliser grâce aux NTIC.

Doc. 3 • Les flux mondiaux d’IDE entrants entre 1980
et 2010
Erratum (1re édition). Les flux mondiaux sont ici des flux entrants.
1. En 2010, les économies développées ont reçu 48 % des IDE
mondiaux, et les économies en transition et en développement
en ont reçu 52 %.
2. Depuis 2000, la part des IDE entrants dans les économies en
développement et en transition a nettement augmenté, passant
de 23-24 % à 52 % aujourd’hui, soit une multiplication par plus
de 2 en 10 ans.
3. On constate que les IDE sont de plus en plus orientés vers
les PED et les pays en transition. Au début des années 1980, la
très grande majorité des IDE étaient dirigés vers les pays développés. À cette période, ce sont les FMN des pays développés
qui assurent la majorité des IDE, et ceux-ci sont à destination
des pays développés, soit pour conquérir de nouveaux marchés
auprès de populations proches économiquement, soit pour
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

31

Entraînement

Doc. 3 • Les prix entre les filiales des FMN sont-ils
les « vrais » prix ?

Question de cours. Les flux d’IDE mondiaux ont fortement
augmenté depuis les années 1980. Cela s’explique par une internationalisation croissante de la production des firmes multinationales. Les IDE peuvent avoir pour objectif de se substituer
aux échanges de marchandises, les stratégies de marché incitant
les FMN à s’implanter directement sur le marché convoité. Les
stratégies de rationalisation consistent, elles, à produire directement là où les coûts sont les plus faibles, d’où des IDE dans
les pays à bas salaires par exemple. Cette explosion des IDE est
également à l’origine d’une modification de la division internationale du travail. Les IDE ne sont plus seulement émis par les
pays riches vers d’autres pays riches (pays de la Triade), mais les
PED, qui en reçoivent de plus en plus aujourd’hui (plus de 50 %),
en émettent de plus en plus.
Synthèse. La phase de mondialisation actuelle a été permise
grâce à la révolution des techniques de transport et de communication. La révolution Internet est caractéristique du monde
contemporain, et a bouleversé aussi bien la communication
entre les individus, et entre les entreprises, que les processus
mêmes de production. Ces nouvelles technologies permettent
de dissocier les différentes étapes de la production (d’où la
Dipp), et de les répartir dans le monde entier. Elle permet également l’internationalisation de la production de services, ce qui
était difficilement envisageable auparavant. De la même façon,
la révolution dans le transport aérien par exemple et la baisse
considérable des coûts qui s’en est suivie ne rendent plus nécessaire la proximité géographique des activités. D’où l’explosion
du commerce des marchandises depuis plusieurs décennies.

B. Le rôle des firmes multinationales dans
l’internationalisation de la production

1. La FMN ne paie pas d’impôt sur les bénéfices, puisqu’elle ne
réalise aucun bénéfice. Cela est rendu possible en vendant sa
production à sa filiale Tropic à prix coûtant.
2. Il n’est pas envoyé directement dans le pays de distribution,
mais passe par un pays à faible imposition pour limiter le montant de l’impôt. En réalisant un bénéfice élevé dans un pays faiblement taxé, cela permet à la FMN de ne payer que peu d’impôts. C’est ainsi que de grandes FMN échappent à l’impôt.
3. Les prix pratiqués entre les filiales d’une même FMN ne sont
pas des prix de marché. Ils n’ont aucun lien avec la réalité économique (coût, niveau de la demande…), mais sont fixés par les
FMN en fonction de différents critères économiques, en particulier le taux d’imposition.
4. Les échanges internationaux sont évalués à partir de leur prix
(en valeur ou en volume). Or les échanges intrafirmes, dont les
prix n’ont pas de sens d’un point de vue économique, pèsent
de plus en plus lourds dans les échanges internationaux. Cela a
donc pour effet de fausser les statistiques du commerce international (voir doc. 1 p. 78).

Doc. 4 • Qu’est-ce que la compétitivité ?
1. La compétitivité-prix permet d’acquérir des parts de marché en baissant les prix, grâce à une baisse préalable des coûts
de production. Cela permet d’affronter plus facilement la
concurrence, en particulier dans certains domaines où elle est
très forte. La compétitivité-hors-prix (ou structurelle) permet
de conquérir des parts de marché en jouant sur la qualité des
produits, sur la marque, le design, le service après-vente. Elle
permet de se démarquer par rapport à ses concurrents et de
fidéliser les consommateurs.
2.
1. Compétitivité-prix
2. Compétitivité-hors-prix
3. Compétitivité-hors-prix
4. Compétitivité-prix
5. Compétitivité-hors-prix

(p. 80-83)

Doc. 1 • Les échanges intrafirmes et la mesure
du commerce international
1. Ce sont les échanges de biens et services réalisés entre les
filiales d’une même firme multinationale, ou entre la maison
mère et ses filiales.
2. Le commerce intrafirme représente une part non négligeable
du commerce mondial. On estime qu’il représente environ un
tiers des échanges internationaux des pays développés.
3. Il s’agit pour les FMN de scinder leur production en unités
morcelées, réparties dans différents pays, en fonction des avantages comparatifs de chacun ou des dotations factorielles. C’est
la logique de la décomposition internationale des processus de
production. Cela se traduit ensuite par des échanges entre les
filiales pour réaliser le produit fini. Les conséquences sont alors
un accroissement des échanges internationaux. Les stratégies
horizontales consistent, elles, à installer à l’étranger la même
unité de production que dans le pays d’origine, pour conquérir
par exemple un nouveau marché.

Doc. 5 • Comment être compétitifs ?
1. Pour 65 % des entreprises exportatrices et 68 % des entreprises fortement exportatrices, le prix des produits était un élément essentiel de la compétitivité, en 2008.
2. «  Qualité des produits  » = compétitivité-hors-prix  ; «  prix
des produits » = compétitivité-prix ; « adaptation des produits
à la demande  » = compétitivité-hors-prix  ; «  innovation et
recherche-développement » = compétitivité-hors-prix, « service
après-vente » = compétitivité-hors-prix ; « notion de marque et
notoriété des produits  » = compétitivité-hors-prix  ; «  réseaux
de distribution » = compétitivité-prix (proximité du marché) et
hors-prix (service adapté à la demande locale) ; « proximité des
marchés » = compétitivité-prix.
3. Que les firmes soient exportatrices ou fortement exportatrices, ce sont les mêmes facteurs qui sont considérés comme
importants pour être compétitif. Certes, les entreprises privilégient la compétitivité-prix, mais la compétitivité structurelle
est finalement plus importante. 85 % des entreprises fortement
exportatrices considéraient que la « qualité des produits » était
un facteur très important de compétitivité.

Doc. 2 • Le commerce intrafirme chez Boeing
1. 9 pays.
2. La Grande-Bretagne possède un savoir-faire dans ce domaine,
en particulier avec l’entreprise Rolls-Royce. Cela a permis à
la Grande-Bretagne de se spécialiser dans la production de
moteurs en général, et pour les avions Boeing en particulier.
3. La Dipp de l’entreprise Boeing et la production mondialisée
de ses pièces vont avoir pour effet de « fausser » les statistiques
du commerce international. En effet, les pièces produites dans
le monde entier vont se déplacer entre les pays pour être montées. Elles vont apparaître comme des exportations, alors qu’il
ne s’agit que d’un commerce intrafirme entre les filiales du
groupe.
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

Doc. 6 • La différenciation des produits
1. Les produits ne sont pas homogènes ; en effet, ils diffèrent
du point de vue de la qualité, de la marque, du design…, ce que
ne prenait pas en considération la théorie microéconomique au
départ.
32

2. On parle de concurrence monopolistique lorsque les entreprises différencient leurs produits afin de bénéficier d’un
monopole. Des produits, en situation de concurrence au départ
(exemple : des chaussures de sport), vont être tellement différenciés (marque, couleur, design, innovation…) qu’un monopole
va se créer pour chaque type de biens (exemple  : des baskets
Nike ou Adidas ne seront pas en concurrence avec des baskets
sans marque vendues en hypermarchés).
3. La différenciation horizontale correspond à des produits de
même qualité, mais que les consommateurs ne considèrent pas
comme identiques, à tort ou à raison (exemple : les petites voitures citadines « identiques » mais produites par les constructeurs Peugeot, Citroën et Toyota : la 107, la C1 et la Aygo). La
différenciation verticale correspond à des produits de qualité
différente (exemple  : une Logan, voiture low-cost de Renault
sous la marque Dacia, et une Mégane).
4. Elle cherche à améliorer sa compétitivité-hors-prix, car elle
cherche à se distinguer d’une autre façon que par le prix de ses
produits. Elle se distingue par des produits innovants, originaux, de marque, de luxe…

4. « Market seeking » : Carrefour qui ouvre des hypermarchés
en Chine.
« Cost seeking » : Renault qui implante des usines de production
au Maroc pour réduire le coût de la main-d’œuvre.
« Efficiency seeking » : Renault qui s’implante dans les pays en
transition (Brésil, Russie, Inde et Chine) pour se positionner
face à la concurrence dans un marché oligopolistique fortement
concurrentiel, et ainsi conquérir des parts de marché.

Doc. 9 • Victimes des délocalisations
1. L’usine française Fralib, appartenant au groupe néerlandais
Unilever, est considérée comme n’étant pas suffisamment rentable (dans un contexte de surproduction) d’où la fermeture du
site en France et un transfert d’activité vers la Pologne, où le
coût du travail est bien moindre, et vers la Belgique.
2. Les effets directs sont des licenciements pour 154 salariés
sur 182. À court terme, les délocalisations créent du chômage,
en particulier parmi les salariés les moins qualifiés, dont les
emplois sont facilement transférables dans d’autres pays.
3. Les salariés sont prêts à reprendre l’usine, pour 1 € symbolique, pour continuer l’activité et maintenir les 182 emplois.
Ce projet alternatif a pourtant peu de chance de voir le jour, le
groupe néerlandais ne souhaitant pas céder son site de production (ni sa marque Éléphant).

Doc. 7 • Pourquoi la secrétaire travaille-t-elle à Bombay ?
1. Au sens strict, il s’agit de fermer une usine sur le territoire
national pour l’implanter à l’étranger.
2. Certains services sont plus faciles à délocaliser que d’autres.
Il est par exemple possible de délocaliser les services de secrétariat, les services d’assistance téléphoniques (ex.  : assistance
informatique), les services de comptabilité. Certains services ne
sont pas délocalisables  : c’est le cas des services en lien direct
avec la clientèle (les conseillers clientèle dans une banque ou
dans une compagnie d’assurances…).
3. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) permettent cette nouvelle organisation des
processus productifs.
4. La secrétaire retranscrit les comptes-rendus du médecin pour
les hôpitaux. Elle n’a donc pas besoin d’être « physiquement »
présente pour retranscrire les ordonnances : peu importe qu’elle
soit aux États-Unis ou en Inde. Les médecins profitent ici du
décalage horaire, ce qui leur permet de retrouver le lendemain
matin les rapports tapés et prêts sur leurs bureaux. Les services
de « prise de rendez-vous » assurés par les secrétaires peuvent
également être délocalisés.

Doc. 10 • Délocalisation et externalisation
1. Une délocalisation, au sens strict, consiste en une fermeture
d’usine sur le territoire national dans le but de l’implanter dans
un pays où les conditions de production sont jugées plus avantageuses. Au sens large, il peut s’agir du déplacement des activités productives pour répondre aux nouvelles conditions de la
concurrence internationale.
2. Un sous-traitant est une entreprise qui reçoit les ordres d’une
autre entreprise (le donneur d’ordres), dans le but d’exécuter
une partie de la production. Le sous-traitant est toujours très
fortement dépendant du donneur d’ordres, et de ce fait est très
vulnérable, en particulier en période de crise économique. Le
recours à des sous-traitants permet au donneur d’ordres d’externaliser une partie des difficultés qu’elle peut rencontrer.
3. L’externalisation est l’opération par laquelle une entreprise
confie à d’autres entreprises, plus spécialisées, une partie de
leur activité qu’elle ne juge pas centrale.
4. Les entreprises ont recours aux délocalisations et à l’externalisation, afin de rationaliser la production et de diminuer les
coûts. Cela permet aussi, dans le cas de l’externalisation, de se
recentrer sur l’activité d’origine et de faire subir aux sous-traitants les aléas de la conjoncture.

Doc. 8 • Les déterminants de la multinationalisation
1. Les externalités correspondent aux situations dans lesquelles
l’action d’un individu ou d’une entreprise affecte directement
un autre individu ou une autre entreprise, mais sans indemnisation (lors d’une action négative) ou sans rémunération (lors
d’une action positive).
2. Les phénomènes d’agglomération correspondent à la concentration spatiale des entreprises et des activités dans certaines
zones. Cette concentration produit des externalités positives,
car des services collectifs, tels que des infrastructures publiques,
des services de transport, des crèches, vont se développer autour
des entreprises regroupées, ce qui profite finalement à toutes
les entreprises. Elles peuvent bénéficier aussi d’un marché du
travail dynamique et spécialisé/diversifié selon les cas.
3. La plupart des filiales des FMN françaises sont localisées en
Europe, car le facteur de proximité reste essentiel dans les choix
de localisation. Si la FMN vise la conquête d’un marché étranger,
la proximité peut être un gage de réussite, si le marché étranger est le prolongement du marché national (proximité géographique, mais aussi en termes de pouvoir d’achat, en termes
culturels…). Si l’objectif est de réduire les coûts de production,
mieux vaut ne pas aller trop loin – dans les anciens pays de l’Est
ou dans les pays du Maghreb pour l’Europe – pour ne pas avoir
des coûts de transport trop élevés, par exemple.
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

Doc. 11 • Les facteurs motivant le choix de développer
des activités à l’étranger
1. En France en 2008, 65 % des entreprises industrielles de plus
de 250 salariés, développant leur activité à l’étranger, considéraient qu’il était très important de se rapprocher des clients.
C’était le cas de 57  % des entreprises industrielles de 100 à
250 salariés, développant leur activité à l’étranger, et de 40 %
des entreprises de 20 à 100 salariés, développant leur activité
à l’étranger.
2. Pour les entreprises de plus de 250 salariés, les facteurs qui
incitent à développer leur activité à l’étranger sont : « se rapprocher des clients », avoir « accès à des salaires plus faibles » et avoir
« accès à une imposition plus avantageuse ». Pour les entreprises
ayant entre 20 et 100 salariés, les facteurs qui incitent à développer leur activité à l’étranger sont : avoir « accès à des salaires
plus faibles », avoir « accès à une réglementation plus souple » et
avoir « accès à une imposition plus avantageuse ».
33

3.

Doc. 2 • Les conséquences de la multinationalisation
Recherche
de nouveaux
marchés
« Market
seeking »

– Se rapprocher
des clients

1. Pour choisir des sous-traitants, les FMN peuvent mettre en
concurrence les entreprises locales. Il peut se créer une concurrence entre les fournisseurs, les distributeurs, les transporteurs,
la main-d’œuvre du pays d’accueil.
2. Pour attirer les FMN, les pays doivent proposer des avantages (voir doc. 11 p. 83 : un des principaux facteurs motivant
les implantations à l’étranger est « l’accès à une imposition avantageuse »). Le risque est grand, alors, de concurrencer les pays
développés dans le domaine fiscal et environnemental en limitant la pression fiscale au maximum et en ne réglementant pas
les activités polluantes. Ce faisant, les pays ne luttent pas pour
préserver l’environnement et ne peuvent pas mettre en place de
politiques sociales. Il y a une course au « moins-disant fiscal »
pour attirer le plus FMN possible.
3. Les délocalisations créent du chômage dans les pays d’origine, en particulier chez les moins qualifiés. Les conséquences
économiques sont importantes, tout comme les conséquences
sociales. En effet, les travailleurs les moins qualifiés sont aussi
ceux qui restent le plus longtemps au chômage (chômage de
longue durée). Par ailleurs, la mise en concurrence des pays
développés et en développement peut peser sur la protection
sociale des pays développés. En effet, pour limiter les délocalisations ces pays peuvent être tentés de limiter le coût du travail,
en allégeant massivement les charges sociales, en particulier les
charges patronales sur les bas salaires. À terme, si les charges
sociales diminuent fortement la protection elle-même diminuera. Il se produit alors un nivellement vers le bas en termes
de protection sociale et de droits du travail.
4. La multinationalisation des firmes permet de créer des
emplois dans les pays d’accueil et donc de distribuer des revenus. La hausse du pouvoir d’achat permet alors une hausse du
niveau de vie et une amélioration des conditions de vie. Pour
attirer des FMN, il peut être nécessaire également de bénéficier d’une population en partie formée, ce qui permet aussi le
développement du pays (hausse de l’IDH, dont un des critères
de calcul est l’alphabétisation et le taux de scolarisation). Enfin,
les richesses générées par cette activité nouvelle peuvent être
redistribuées, si elles ne sont pas accaparées par une minorité.
Cette redistribution permet alors une baisse des inégalités et de
la pauvreté dans le pays d’accueil.

Recherche
Recherche
de nouvelles
d’un moindre coût
positions
du travail
de marché
« Cost seeking »
« Efficiency
seeking »
– Accès à des
– Accès à des
salaires plus faibles ressources
– Accès à une
supplémentaires
réglementation
– Développement
plus souple
d’un nouveau
– Accès à
business model
une imposition
– Accès à des
plus avantageuse
compétences ou
– Opérer dans
à des technologies
une autre devise
nouvelles
que l’euro
– Évolution
du capital de
l’entreprise

Entraînement
Question de cours. Les firmes peuvent améliorer tout d’abord
leur compétitivité-prix en offrant des biens à des prix inférieurs
à ceux de leurs concurrents. Pour cela, elles peuvent faire des
innovations de procédés ou organisationnelles. Elles peuvent
produire en grande quantité afin de réaliser des économies
d’échelle, ou délocaliser leur activité dans un pays où le coût de
la main-d’œuvre est faible.
Elles peuvent aussi améliorer leur compétitivité-hors-prix, c’està-dire conquérir des parts de marché en offrant des produits
innovants ou de qualité, en assurant un service après-vente de
qualité, en développant une marque… Ici, ce n’est pas le prix
du produit qui importe mais sa qualité, sa marque, son design
et l’ensemble des services associés. Pour cela, l’innovation joue
un rôle fondamental, de même que le savoir-faire d’une maind’œuvre qualifiée.
Synthèse. Il existe plusieurs déterminants qui incitent les
entreprises à localiser une partie de leur activité à l’étranger.
Tout d’abord, la recherche de coûts de production moindres peut
conduire les entreprises à vouloir profiter d’avantages fiscaux ou
d’une main-d’œuvre bon marché (stratégie de rationalisation).
Dans ce cas, l’entreprise est tentée de délocaliser une partie de
son activité à l’étranger. Elle peut aussi vouloir se rapprocher
des sources de matières premières afin d’économiser les coûts
de transports, ou se rapprocher des marchés qu’elle convoite en
se rapprochant des clients (stratégie de marché). Enfin, elle peut
vouloir rechercher une réglementation plus souple (en matière
sociale, fiscale ou environnementale), avoir accès à de nouvelles
technologies.

C. Les effets de l’internationalisation
des firmes

Doc. 3 • Le transfert de technologie est limité
1. Le progrès technique correspond à l’ensemble des découvertes techniques et scientifiques qui permettent d’améliorer
les moyens de production et d’accroître leur efficacité. Il est
associé, dans le texte, aux innovations de procédé et de produits.
2. La diffusion du progrès technique dans les PED est limitée.
Bien souvent, les pôles de R&D restent localisés dans les pays
développés. Par ailleurs, lorsque les FMN investissent dans
les PED elles n’y implantent pas les dernières activités les plus
innovantes. Il peut s’agir par exemple de la fabrication de produits « en fin de vie » dans les pays développés. Cette diffusion
internationale permet alors au produit de durer. Par ailleurs,
lors des accords de sous-traitance et de cessions de licences, le
transfert de technologie ne peut être que partiel. Mais, dans
le cas de la Chine par exemple, on constate aujourd’hui que le
transfert de technologie est réel (Alstom, Airbus, Aréva…). Cela
fait partie des négociations avec les FMN qui veulent s’implanter sur le territoire chinois. La Chine a ainsi pu bénéficier des
dernières technologies sans forcément investir massivement au
départ dans la R&D.
3. Le progrès technique engendre des innovations qui permettront le développement des pays. Dans le cas d’innovations de
procédé, les gains de productivité réalisés permettent d’accroître
les richesses produites et de stimuler la croissance économique,
cette croissance étant elle-même favorable au développement

(p. 84-85)

Doc. 1 • Flux d’investissements directs étrangers
en France, selon le pays d’origine, en 2009
1. Les IDE réalisés en France par les 27 pays de l’UE s’élevaient à
33 milliards d’euros en 2009. 15,2 % des IDE réalisés en France
en 2009 l’ont été par «  le reste du monde  » (c’est-à-dire ni les
pays de l’UE, ni les autres pays industrialisés).
2. La plupart des IDE reçus par la France proviennent des pays
membres de l’UE (à 77 %). On retrouve la notion d’agglomération des activités et des entreprises (voir doc. 8 p. 82).
3. Ces IDE sont bénéfiques puisqu’ils créent des emplois et des
richesses en France. Ils stimulent donc l’activité économique et
créent de la croissance.
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

34

3. L’IDH de l’Inde a fortement augmenté entre 1980 et 2007,
passant de 0,427 à 0,612. Les indicateurs composant l’IDH
se sont donc améliorés sur cette période, même si le taux
d’analphabétisme des adultes s’élève encore à 34  %, et que la
probabilité, à la naissance, de ne pas survivre jusqu’à l’âge de
40 ans s’élève à 15,5 %.
4. Les IDE ne suffisent pas à faire de l’Inde un pays développé.
On constate que les inégalités sont encore fortes, et la pauvreté
est un phénomène de masse. Les IDE ne profitent pas de la
même façon à toute la population, et les contrastes ont même
tendance à se renforcer entre les zones connectées aux marchés internationaux de biens et services, et celles qui restent
en marge de la mondialisation. La population jeune, formée,
urbaine, voit son niveau de vie se développer nettement. Elle
travaille dans les plus grandes FMN installées dans le pays.
Les zones rurales, elles, restent à l’écart de la croissance et du
développement (natalité et mortalité très élevées, niveau de
vie comparable à la moyenne du continent africain, espérance
de vie faible, poids des «  castes  » fort et absence de mobilité
sociale…). Les politiques économiques et sociales en Inde ne
sont pas encore aptes à redistribuer efficacement les richesses
et à corriger les inégalités.

(hausse des niveaux de vie, qui va de pair avec une amélioration
des conditions de vie, par exemple). Une innovation de produit,
comme un nouveau médicament ou vaccin, permet d’améliorer
l’état de santé générale, d’augmenter l’espérance de vie de la
population. La population sera certainement plus efficace dans
la sphère productive, ce qui de nouveau engendre des gains de
productivité.
4. Le transfert de technologie peut avoir un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie, s’il permet à la maind’œuvre de s’approprier ces nouveaux savoirs et ces nouvelles
techniques, et que la population (ingénieurs, chercheurs…) peut
ensuite elle-même inventer et produire des innovations, sans
être dépendante des pays développés.

Doc. 4 • Les effets de l’insertion de la Chine
dans le commerce mondial
1. L’ouverture de la Chine aux IDE a eu pour effet d’en faire le
premier exportateur mondial. Cela a eu des conséquences non
négligeables sur son organisation économique et sociale. La
population, attirée par le développement de l’activité dans les
villes, s’est largement urbanisée. Les zones portuaires et côtières
se sont fortement développées pour favoriser les échanges. Le
pays connaît une forte croissance économique depuis plusieurs
années (8-10 % par an en moyenne), ce qui a conduit à l’enrichissement d’une partie de la population chinoise (développement du nombre de milliardaires), mais aussi au développement d’une vaste classe moyenne. La politique d’ouverture de
la Chine correspond à une politique d’extraversion, c’est-à-dire
une politique qui développe les activités orientées vers les marchés étrangers.
2. C’est le cas par exemple dans les secteurs du textile, de l’industrie ferroviaire et bientôt dans l’aéronautique, voire le nucléaire.
La Chine, après s’être spécialisée dans les produits manufacturés simples, a axé son développement sur des secteurs nécessitant la maîtrise d’une plus grande technologie, ce qui nécessite
des qualifications et des savoir-faire importants.
3. La stratégie mise en œuvre par la Chine pour se développer
est celle de la substitution des importations par la maîtrise de
certaines technologies, que la Chine importait auparavant. Au
lieu d’importer certains produits, la Chine les produit désormais elle-même, puisqu’elle maîtrise désormais les technologies grâce au transfert de technologies (voir doc. 3 p. 84).
Comme elle possède des avantages en termes de coût (faible
coût du travail par exemple), ses produits sont très compétitifs
(compétitivité-prix).
4. Les IDE ont eu pour effet d’accélérer le développement de la
Chine. Elle est classée aujourd’hui dans la catégorie du « développement humain moyen  », avec un IDH de 0,663 en 2010
contre 0,368 en 1980 (source : Pnud).

Entraînement
Question de cours. Les effets sur l’emploi sont contrastés.
Dans les pays riches, les délocalisations créent du chômage à
court terme, en particulier dans le secteur industriel et parmi
la population la moins qualifiée. Ces destructions d’emplois
sont toutefois compensées par une réorientation de la production dans d’autres secteurs ou d’autres activités. Par ailleurs,
la rationalisation des coûts peut se traduire par une hausse du
pouvoir d’achat des salariés, puisque le prix des produits baisse,
ce qui peut stimuler la demande dans d’autres secteurs et ainsi
favoriser l’emploi. Les pays développés enfin continuent également d’attirer une grande partie des IDE, en particulier dans
les secteurs demandant des qualifications très élevées, d’où des
créations d’emplois de chercheurs, d’ingénieurs, de designers,
de traders…
Dans les pays en développement, les IDE sont créateurs d’emplois ; ils permettent à la main-d’œuvre locale de se former et
parfois d’avoir des salaires relativement plus élevés que dans le
reste de l’économie. Mais là aussi les effets sont contrastés. Une
société « à deux vitesses » peut se développer, comme en Inde où
la population jeune, formée et citadine, bénéficie de nombreux
emplois dans les plus grandes FMN mondiales, et le reste de la
population reste marginalisée, ne bénéficiant nullement des
effets positifs de l’internationalisation des échanges et restant
ainsi très éloignée de l’emploi.
Synthèse.
Effets positifs
de l’internationalisation
des échanges pour les PED

Doc. 5 • Quelques indicateurs illustrant
le développement de l’Inde

– Transferts de technologies
– Création d’emplois
– Salaires relativement
plus élevés
– Spécialisation dans
des activités diversifiées
– Industrialisation des
pays et développement
d’infrastructures (routes,
ports, aéroports…)
– Augmentation
des richesses produites
et des recettes fiscales
– Développement possible

Erratum (1re édition). Pour les IDE, il s’agit d’entrées nettes, en
millions de dollars courants.
1. Entre 2008 et 2009, le PIB de l’Inde a augmenté de 10  %
environ. En 2010, le montant des entrées nettes d’IDE en Inde
s’élevait à 42 123 millions de dollars courants. En 2007, l’IDH
de l’Inde était égal à 0,612, ce qui la classait dans le groupe des
pays à « développement humain moyen ». Entre 2000 et 2007,
75,6 % de la population indienne vivaient avec moins de 2 dollars par jour.
2. Les entrées d’IDE ont explosé en Inde. Les entrées d’IDE sont
devenues très largement supérieures aux sorties d’IDE en Inde ;
d’un solde quasi nul au début des années 1990, les entrées d’IDE
sont aujourd’hui supérieures de 42 123 millions de dollars aux
sorties d’IDE.
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

35

Effets négatifs
de l’internationalisation
des échanges pour les PED
– Des transferts de
technologies parfois
« maigres »
– Mise en concurrence
des PED et « alignement
vers le bas » en ayant recours
au « moins-disant » fiscal
– Répartition inégale
des richesses qui bloque
le développement
– Dépendance accrue
à l’égard des FMN
– Urbanisation mal maîtrisée
– Société à deux vitesses
menaçant la cohésion sociale

TD1 Méthode
Les échanges extérieurs de la France
et de l’Allemagne

2011, sur 100 entreprises, 47,3 étaient engagées dans la
recherche-développement.
2. Les dépenses de recherche-développement favorisent l’innovation. Elles favorisent en particulier l’innovation de produits,
qui permet aux entreprises de gagner de nouvelles parts de marché. La recherche-développement permet d’améliorer la qualité
et la performance des produits, ainsi que d’inventer des produits totalement inconnus jusque-là. L’innovation peut aussi
être mineure (ou incrémentale), et consister en une amélioration des produits déjà existants, ce qui permet de renouveler
l’offre et de gagner des parts de marché.

(p. 86)

Doc. 1 • Solde des balances des transactions courantes
(France et Allemagne)
1. En 2007, le solde de la balance des transactions courantes
de la France était déficitaire pour un montant de 27 millions
de dollars, selon l’OCDE. Cela signifie que les importations de
biens et de services ont dépassé les exportations de biens et de
services pour un montant de 27 millions de dollars.
2. On peut distinguer trois périodes  : du milieu des années
1970 à 1991, avec une balance des transactions courantes quasiment équilibrée ; de 1992 à 2004, les exportations de biens et
de services françaises ont été supérieures aux importations de
biens et de services, d’où un solde excédentaire ; enfin depuis
2005, on assiste à une dégradation sans précédent du solde de la
balance des transactions courantes. En 2008, le déficit s’élevait
à environ 50 millions de dollars. Cette dégradation s’explique
en partie par le manque de compétitivité des entreprises françaises. Cela peut venir aussi du contexte économique international dégradé ; il est difficile, en période de crise économique,
de vendre les produits français à l’étranger.
3. Le solde de la balance des transactions courantes allemande
est structurellement positif. Après une décennie de solde légèrement déficitaire dans les années 1990, la balance des transactions courantes allemande est excédentaire depuis 2000,
ce qui signifie que les exportations de biens et de services sont
systématiquement supérieures aux importations de biens et de
services. Ces dernières années, l’excédent commercial avoisinait
les 200 000 millions de dollars. L’Allemagne est spécialisée dans
le secteur industriel, en particulier dans les produits à haute
valeur ajoutée. Elle possède un fort tissu de PME performantes
et innovantes dans le secteur industriel. Son économie est très
largement ouverte, et l’Allemagne commerce principalement
avec ses voisins européens.

Synthèse
La France et l’Allemagne n’ont pas la même position extérieure.
L’excédent commercial allemand est colossal au regard du déficit
français. La balance des transactions courantes allemande (qui
retrace l’ensemble des échanges de biens et de services) est excédentaire depuis plus d’une décennie. L’Allemagne est d’ailleurs
le premier pays exportateur au monde. La France connaît, elle,
un déficit de sa balance des transactions courantes depuis 2004.
Ses importations de biens et de services sont donc structurellement supérieures aux exportations de biens et de services.
Un tel écart peut s’expliquer de différentes façons. Tout d’abord,
l’Allemagne possède un coût du travail (pour les salariés à temps
plein) inférieur à celui de la France, ce qui favorise la compétitivité-prix des entreprises allemandes. L’Allemagne a, par ailleurs,
toujours privilégié son secteur industriel, en particulier dans
des productions à forte valeur ajoutée. Elle a également beaucoup recours à des sous-traitants situés dans des pays où le coût
du travail est faible. L’Allemagne vend ainsi ses produits industriels dans l’ensemble des pays européens à des prix très compétitifs. Elle bénéficie également d’un tissu très dense de PME très
innovantes, ce qui permet également aux entreprises d’être très
compétitives en termes structurels (compétitivité-hors-prix).
Les spécialisations françaises sont moins efficaces, situées sur
des marchés moins dynamiques et moins porteurs. Bien que la
productivité par tête soit plus élevée en France, cela ne suffit
pas à rendre les produits français compétitifs sur les marchés
européens et mondiaux. Les entreprises françaises sont aussi
nettement moins innovatrices que les entreprises allemandes.

Doc. 2 • Le coût de la main-d’œuvre en France
et en Allemagne
1. En 2008, dans les entreprises de plus de 10 salariés, le coût
horaire du travail s’élevait à 38 euros par salarié (en équivalent
temps plein) en France, et à 33,7 euros par salarié (en équivalent temps plein) en Allemagne.
2. Le coût du travail étant plus faible en Allemagne, cela favorise
la compétitivité-prix des produits. En effet, les coûts de production étant plus faibles, il est possible de baisser le prix de vente,
ce qui fait gagner des parts de marché.

TD2 Analyse
La stratégie d’une FMN : Zara

1. La société mère de Zara se nomme Inditex. Elle possède de
nombreuses filiales de production dans le monde entier. Le
groupe, d’ailleurs, est à la première place mondiale dans le secteur de l’habillement devant H&M et Gap. La fabrication se fait
certes en Espagne, mais aussi en Chine, au Portugal et au Maroc.
Il s’agit donc bien d’une firme multinationale qui produit grâce
à un réseau de sous-traitants. La vente des articles est, elle,
mondiale avec comme objectif de développer les magasins en
Chine, mais aussi en Afrique du Sud et dans tous les autres pays
en transition. Zara est une holding cotée en Bourse.
2. La société mère est localisée à la Corogne, en Espagne. Elle
possède 11 usines localisées à proximité de la Corogne mais aussi
de nombreux sous-traitants en Europe, au Maghreb et en Chine.
Certaines entreprises sous-traitantes, comme celles situées au
Portugal, fonctionnent comme des petits ateliers familiaux. Le
processus de production est fortement décomposé, puisque certains ateliers ne font que « coudre des jupes prédécoupées ». Il
s’agit d’une production de modèles en petites quantités, ce qui
permet de renouveler les gammes de vêtements très souvent et
très rapidement. Le groupe fabrique jusqu’à 30 000 modèles différents par an.
3. Les sous-traitants sont situés principalement en Espagne, au
Portugal, au Maroc. La raison : la recherche de la proximité. En

Doc. 3 • Productivité par tête dans le secteur
manufacturier
1. Entre 1999 et 2011, la productivité par tête dans le secteur
manufacturier a augmenté de 26 % en Allemagne et de 31 % en
France. La productivité par tête est une mesure de l’efficacité
des salariés. Chaque salarié produit en moyenne 26 % de plus
en Allemagne en 2011 qu’en 1999, et 31 % de plus en France en
2011 qu’en 1999.
2. Jusqu’en 2006, l’évolution de la productivité a été assez similaire dans les deux pays, avant que l’Allemagne ne devienne plus
efficace entre 2006 et 2008-2009. Depuis 2009 et la crise économique, la productivité par tête en France augmente plus rapidement qu’en Allemagne.

Doc. 4 • Part des entreprises engagées dans la R&D,
selon le nombre de salariés
1. En France en 2011, sur 100 entreprises, 27,7 étaient engagées dans la recherche-développement. En Allemagne en
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

(p. 87)

36

A. La recherche de coûts de production moindres est un
facteur décisif des IDE
– Faibles coûts du travail dans les PED, en particulier en Chine
(doc. 3).
– Législations du travail moins strictes voire inexistantes, qui
ont des effets sur les coûts de production.
– Délocalisations d’activités dans les PED et exportations
ensuite vers les pays d’origine (multiplication par 7,5 des exportations des filiales entre 1982 et 2009, doc. 2) rendues possibles
grâce à la baisse très importante des coûts de transport et de
communication.
B. La recherche d’économies d’échelle est un élément
essentiel dans la stratégie des FMN
– La production en grandes quantités permet de diminuer les
coûts unitaires de production, ce qui rend les produits compétitifs du point de vue des prix.
– Multiplication des fusions-acquisitions (hausse de 152 % entre
1990 et 2009, doc. 2) pour concentrer l’activité, rechercher des
positions oligopolistiques et ainsi s’extraire de la concurrence.

effet, une des stratégies de Zara est la recherche de la vitesse,
pour s’adapter le plus vite possible aux modes et aux tendances.
Zara privilégie donc le « made in pas trop loin » plutôt que la
recherche absolue du plus faible coût de production. Cela permet
à Zara d’avoir des cycles de fabrication extrêmement courts, de
l’ordre de quelques semaines seulement. Par contre, les collections permanentes qui traversent les saisons sont, elles, fabriquées en Chine dans une logique de rationalisation des coûts de
production.
4. Afin de rester proche des goûts et des attentes des consommateurs, Zara applique trois règles d’or : « aller vite », afin d’être
très réactif et de modifier l’offre très rapidement en cas de
besoin ; avoir recours à des sous-traitants nombreux et proches
géographiquement, afin de vendre du «  made in pas trop loin
de la Galice » (en lien avec la règle de rapidité) et de s’adapter
très rapidement aux variations de la demande  ; et enfin une
«  centralisation maximale  » de la production, afin de profiter
de la logistique très performante des entrepôts de la Corogne
et de permettre le réassortiment quasi permanent de toutes les
boutiques.
5. L’extrême centralisation de la production a des conséquences
environnementales non négligeables. En effet, tous les vêtements et accessoires devant absolument passer par la Corogne,
ils parcourent des milliers de kilomètres, quitte à retourner
dans le pays où ils ont été produits, pour être ensuite vendus.
Le bilan carbone du groupe est a priori très mauvais. En matière
sociale, certaines dérives ont été relevées dans des usines où travaillaient des enfants. Des codes de conduite ont été élaborés
afin de faire respecter les normes en vigueur, et surtout pour ne
pas entacher l’image de marque du groupe et éviter éventuellement un boycott.
6. Il s’agit d’échanges intrafirmes. Ils sont très importants, ce
qui a un effet sur les statistiques du commerce international.
7. L’Asie est «  la grande priorité du groupe  », car l’objectif est
de conquérir des marchés en devenir colossaux, dans les pays
en transition comme la Chine et l’Inde. Le nombre de consommateurs potentiels est énorme. Le développement de classes
moyennes très nombreuses et avides de consommer des produits occidentaux laisse entrevoir des perspectives de croissance très élevée pour la marque.
8. Avec la stratégie mise en place par Zara, ce ne sont plus désormais les consommateurs européens qui achètent du textile
fabriqué en Chine ou en Inde, mais les consommateurs chinois
et indiens qui achètent des vêtements fabriqués en Espagne,
au Portugal et en Turquie. Ce ne sont pas les flux habituels et
attendus de la mondialisation actuelle.

Vers le bac

II. Des stratégies de conquête de marchés et
de recherche de nouvelles positions influent
sur la localisation des activités
A. Des IDE pour s’implanter sur les marchés émergents,
où les perspectives de croissance sont énormes
– Les IDE en Amérique latine, en Asie et dans les anciens pays
de l’Est (CEI) ont nettement progressé (doc. 1) : les IDE entrants
en Asie représentent environ 50  % des IDE à destination des
PED en 2010.
– La croissance et le développement des pays en transition ont
entraîné l’apparition de classes moyennes et supérieures, dont
le pouvoir d’achat s’élève considérablement et qui consomment
des produits occidentalisés et/ou mondialisés.
B. L’agglomération des activités produit des externalités
positives et motivent les FMN
– 48 % des IDE se font encore dans les pays développés (doc. 1),
car les FMN recherchent aussi la proximité géographique et
culturelle des consommateurs (compétitivité-hors-prix).
– L’essentiel des IDE des FMN européennes se fait en Europe :
économies d’échelle grâce aux effets d’agglomération des activités ; avantages d’une main-d’œuvre qualifiée, d’infrastructures
de qualité…

Épreuve composée
Partie 1
Question 1
– La spécialisation des pays dépend des avantages possédés par
les pays.
– Les spécialisations se font en fonction des avantages comparatifs des pays (théorie des avantages comparatifs de Ricardo).
– Les spécialisations peuvent se faire également selon les dotations en facteurs de production (théorème HOS).
– Les avantages peuvent donc être soit naturels (climat,
matières premières…), soit acquis ou construits, ce qui permet
alors à tous les pays de se spécialiser et d’échanger ensuite, et
ainsi de ne pas être exclu des échanges internationaux.
Question 2
– Les stratégies mises en œuvre par les FMN contribuent à organiser la répartition des activités de production entre des pays
diversement spécialisés.
– Les premières stratégies mises en œuvre par les FMN sont des
stratégies d’approvisionnement, pour répondre aux besoins des
PDEM et des industries de transformation. Elles ont longtemps
organisé les échanges internationaux  : les PED produisent et
échangent des matières premières, alors que les PDEM produisent et échangent des produits manufacturés.
– Des stratégies de rationalisation de la production, ayant pour

(p. 91-94)

Dissertation
Les flux sortants d’investissements directs à l’étranger (IDE)
ont été multipliés par environ 40 entre 1982 et 2009 dans le
monde (doc. 2). Dans le même temps, les investissements mondiaux mesurés par la formation brute de capital fixe n’ont été
multipliés que par 4,7 (doc. 2). Comment expliquer cette explosion des IDE réalisés par les FMN ? Quelles sont les stratégies
mises en œuvre par les grandes entreprises qui possèdent ou
contrôlent une ou plusieurs filiales à l’étranger ? Qu’est-ce qui
motivent les FMN à localiser leurs activités à l’étranger ?
Nous verrons que les deux stratégies principales expliquant les
IDE sont la recherche de moindres coûts de production et la
conquête de nouveaux marchés ou de nouvelles positions.
I. Des stratégies de rationalisation de la production
influent sur la localisation des activités
De plus en plus d’IDE se font à destination des PED. C’est le cas
de 52 % des IDE réalisés en 2010 (doc. 1).
chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

37

Partie 3
Précision possible pour les élèves : il s’agit « d’analyser ». « Analyser »
signifie « expliquer », « montrer », « illustrer ».
Par ailleurs, les élèves ne doivent pas se tromper. On demande d’analyser les «  effets  », c’est-à-dire les conséquences de l’ouverture des
pays aux échanges internationaux. Certains élèves peuvent avoir du
mal à distinguer causes et conséquences. Il peut être utile de repréciser la signification de ces deux notions.

but la baisse des coûts de production, ont eu pour effet de développer des filiales-ateliers dans les PED, qui se mettent alors
à produire des produits manufacturés simples à la place des
PDEM (à partir des années 1970 et l’émergence des NPI d’Asie).
– Des stratégies de marché ont également modifié les flux
d’échanges et les spécialisations de pays, puisque désormais les
FMN produisent directement sur les marchés à conquérir via
des filiales-relais.
– Des stratégies globales, enfin, depuis quelques décennies,
combinant des stratégies commerciales, productives et financières. Se développent alors des firmes-réseaux qui multiplient
les fusions-acquisitions au niveau international.
– D’une ancienne DIT, où les PED étaient spécialisés dans les
productions primaires (agricoles, matières premières…) et les
PDEM dans la production de produits manufacturés, on est
passé à une nouvelle forme de DIT, où les PED et les PDEM
échangent entre eux des produits manufacturés plus ou moins
complexes. Les FMN ont des stratégies d’emblée globales, qui
modifient en profondeur les relations internationales et les rapports de force entre les pays ou zones de pays.

Le document 1 peut être utilisé en introduction pour montrer
que les exportations mondiales de marchandises ont progressé
plus vite que le PIB mondial ces deux dernières décennies. En
effet, en moyenne, entre 1990 et 2008, les exportations de marchandises ont augmenté de 6 % par an dans le monde, alors que
le PIB mondial a lui progressé de 3,5 % par an. Cela signifie bien
que les pays se sont largement ouverts aux échanges internationaux pendant cette période, en particulier les pays en développement et en transition.
Il s’agit alors de s’intéresser aux effets possibles de cette ouverture pour les pays concernés. Les effets sont complexes et surtout ils ne sont pas uniformes. Ils diffèrent selon le type de pays,
selon l’intensité de l’ouverture, selon les périodes…
Plusieurs plans sont possibles alors pour répondre à cette
question.

Partie 2
– Ce graphique représente l’évolution, entre 1988 et 2007, des
droits de douane moyens appliqués aux produits non agricoles
(donc aux produits manufacturés) dans quelques pays en développement (Brésil, Inde, Indonésie, Chine et Afrique du Sud).
Ces droits de douane sont mesurés en pourcentage du PIB de
chaque pays.
– Les données statistiques, produites en 2008, proviennent de
la base de données Trains des Nations unies, et ont été reprises
ensuite par l’OCDE dans ses Synthèses en mars 2009.
– La tendance générale est une baisse conséquente des droits de
douane moyens des produits manufacturés dans les PED présentés. Cette baisse générale se décompose en deux étapes : une
baisse très nette entre 1988 et 1997, puis une baisse plus ralentie ensuite (à l’exception de l’Inde).
– En effet, on constate qu’entre 1990 et 1997 les droits de
douane moyens indiens ont baissé de 63  %, qu’entre 1992 et
1997 les droits de douane moyens chinois ont baissé de 57 %,
et qu’entre 1989 et 1997 les droits de douane moyens brésiliens
ont baissé de 68 %.
– Entre 1997 et 2007, on constate un certain rapprochement
des droits de douane pour atteindre un niveau situé entre 9 % et
15 % du PIB à la fin de la période étudiée.
– Cette baisse considérable peut s’expliquer par la volonté
d’adhésion des PED à l’OMC. En adhérant à l’OMC (1995 pour
l’Inde, le Brésil, l’Indonésie et l’Afrique du Sud, et 2001 pour la
Chine) et en s’insérant dans les échanges internationaux, les
pays en transition se sont engagés à libéraliser leurs échanges,
ce qui passe dans un premier temps par une baisse des protection tarifaires, c’est-à-dire des droits de douane.

chapitre 3 • Comment expliquer l’internationalisation de l’économie ?

I. Les effets positifs de l’ouverture aux échanges
internationaux
A. Pour les pays développés
B. Pour les pays en développement (doc. 2)
II. Les effets négatifs de l’ouverture aux échanges
internationaux
A. Pour les pays développés
B. Pour les pays en développement
ou
I. Les effets de l’ouverture aux échanges internationaux
pour les pays développés
A. Les effets positifs
B. Les effets négatifs
II. Les effets de l’ouverture aux échanges internationaux
pour les pays en développement
A. Les effets positifs (doc. 2)
B. Les effets négatifs

38

chapitre

4

Comment l’économie
mondiale est-elle
financée ?

Les objectifs du chapitre
L’objectif de ce chapitre est d’expliquer comment les pays règlent
leurs échanges extérieurs. Dans un premier temps, il s’agit d’expliquer l’origine de ces flux monétaires à travers l’étude de la
balance des paiements et de ses principaux soldes. Le règlement
des échanges extérieurs implique des opérations sur devises
sur le marché des changes, d’où la nécessite d’en comprendre le
fonctionnement. Dans un deuxième temps, nous verrons que,
si les soldes de la balance des paiements ont donc une influence
sur les taux de change, ils ont aussi réciproquement des conséquences sur les fondamentaux des économies concernées.
La dernière question porte sur les flux de capitaux et sur leur
déterminant : les flux internationaux de capitaux favorisent-ils
une réduction des inégalités mondiales de développement ?

A. La balance des paiements
Doc. 1 • Flux et taux de couverture de la balance
commerciale française

1. Sur les 12 derniers mois, les exportations ont été de 419 milliards d’euros, et les importations de 485 milliards d’euros. Sur
les 12 derniers mois, les exportations ont représenté 86,2 % des
importations.
2. La différence entre les deux courbes représente le solde commercial. Le déficit commercial est de 66 milliards d’euros sur les
12 derniers mois.
3. – La France a rarement équilibré sa balance commerciale : le
taux de couverture a presque toujours été inférieur à 100, sauf
de 1971 à 1973 et de 1992 à 2003.
– L’ouverture de la France augmente : importations et exportations ont été multipliées par 26 (480/18).
– La situation commerciale de la France se dégrade : l’écart entre
importations et exportations s’accroît, le taux de couverture
diminue.

Sensibilisation p. 97
L’objectif de cette page est de mettre l’accent sur les déséquilibres induits par les échanges internationaux (doc. 2 et 3) en
les replaçant dans une perspective historique (doc. 1). Cette
présentation doit permettre aux élèves de comprendre que tout
flux réel implique un flux en devises (doc. 2 et 3). La perspective historique sera l’occasion de montrer les permanences (doc.
1), mais aussi les changements (doc. 3), quant à l’origine de ces
déséquilibres.

Doc. 2 • Les différents comptes de la balance
des paiements
1. Il s’agit de la balance des biens.
2. Services bancaires, assurances, fret.
3.
Comptes des transactions courantes
Compte financier
Compte
Balance
Transferts de capital
Portecommer- Services Revenus
IDE
Autres
courants
feuille
ciale
Erreurs et omissions
Total = 0

1. Cette expression signifie que la double nature du dollar,
comme devise internationale et domestique, permet aux ÉtatsUnis de régler leur déficit par la création monétaire et non
comme tout pays en se procurant des devises par le commerce.
On dit que les États-Unis disposent d’un droit de seigneuriage
monétaire.
2. 281,9 – 113,1 = 168,8 milliards
3. Tout pays autre que les États-Unis doit régler ses déficits
extérieurs avec des devises ou en vendant de l’or. Ces réserves
proviennent des excédents de la balance des paiements. La
hiérarchie présentée ici reflète donc en partie la hiérarchie
des excédents extérieurs. Dans une perspective historique, on
pourra remarquer la montée des Bric et le déclin des États-Unis.

Doc. 3 • Balance des paiements de la France depuis 2005
1. La ligne « Erreurs et omissions » permet d’équilibrer la balance
des paiements puisque le total de la balance des paiements est
de – 15,5 (la différence vient des arrondis).
2. La balance commerciale présente un déficit de 53,7 milliards
d’euros. La balance des IDE présente un déficit de 37,9 milliards.
3. Le déficit de la balance des transactions courantes s’aggrave
du fait de la dégradation de la balance commerciale (– 45,4) et
d’une diminution de l’excédent des services (– 2,3), et ce malgré
une progression des revenus (+  12,7).
Le compte financier s’améliore grâce aux investissements
en portefeuille (+   134,5), la balance des IDE est stable sur la
période, mais ces deux balances connaissent des fluctuations
importantes.

I. Comment les échanges extérieurs
(p. 98-101)
sont-ils comptabilisés ?
Cette partie a pour but d’expliquer aux élèves les principes de
l’enregistrement comptable des échanges extérieurs. La première sous-partie (A) présente la balance des paiements et ses
principaux comptes. La sous-partie (B) donne les principaux
soldes de la balance des paiements française et leur signification économique.
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

(p. 98-99)

Doc. 4 • L’équilibre de la balance des paiements
1. Ce sont les monnaies officielles des autres pays.
2. Par exemple, la vente d’un airbus se traduira par une rentrée
de devises, le mandat d’un immigré, par une sortie d’euros.
39

3. Quand il y a un déséquilibre au niveau des flux réels, c’est-àdire du compte des transactions courantes, de capital et de celui
des flux financiers non monétaires.
4. Solde des flux réels : – 5 milliards ; solde des flux monétaires
(par exemple, crédit commercial accordé par le RDM) :
+  5 milliards.

Doc. 4 • Les transferts internationaux
1. Les transferts des immigrés et l’aide publique au développement.
2. Il ne s’agit pas de revenus, car ils ne sont pas la contrepartie
d’une contribution à la production pour ceux qui les reçoivent.

Entraînement

Doc. 5 • Les conséquences d’un investissement
à l’étranger

Question de cours. De la balance commerciale, de la balance
des invisibles (services +  revenus) et des transferts courants.
Synthèse. Le solde des transactions courantes continue à se
dégrader (–  34 milliards d’euros en 2010). Cela s’explique par
une dégradation du compte des biens de moins en moins compensée par la balance des services (diminution de l’excédent du
tourisme). Par contre, la balance des revenus reste largement
positive (revenus des IDE). La France continue à investir plus à
l’étranger que l’étranger en France. C’est l’inverse pour les investissements de portefeuille (+  119).

1. Le retour des profits sera enregistré dans le compte des
revenus.
2. L’investissement à l’étranger se traduit pas une sortie de capitaux, donc augmente le « déficit » de la balance des paiements.
3. À court terme, un IDE augmente le « déficit » de la balance des
paiements. À long terme, il se traduira par une entrée de profits,
mais aussi éventuellement par une diminution des exportations
due à la concurrence de cette filiale étrangère.

II. Quel est le rôle des monnaies
dans l’échange international ? (p. 102-107)

Entraînement
Question de cours. Mirages (+   , marchandise) et formation
(+  , services). Fonds de pension (+  , portefeuille). Dividendes
(– , revenu). Rachat de Yoplait (+  , IDE).
Synthèse. Un investissement en portefeuille à l’étranger rapportera ensuite des dividendes qui amélioreront le compte des
revenus. Il en est de même pour un IDE. Mais la création d’une
filiale à l’étranger pourra concurrencer les entreprises nationales et dégrader le compte des transactions courantes, ou
l’améliorer, si les filiales étrangères importent des composantes
produites dans le pays d’origine.

B. Les soldes de la balance
des paiements

Les pays doivent régler leurs échanges en se procurant des
devises, ils le font sur un marché particulier appelé marché des
changes, ou Forex (A). C’est sur ce marché que sont déterminés les
taux de change des monnaies, qui dépendent de moins en moins
des flux commerciaux et de plus en plus de la spéculation (B).
Les taux de change sont en partie déterminés par l’économie
réelle, mais en retour ceux-ci ont des conséquences importantes
sur les échanges extérieurs (C).

A. Le fonctionnement du marché
des changes

(p. 100-101)

Doc. 1 • Pourquoi a-t-on besoin d’un marché
des changes ?

Doc. 1 • La balance commerciale
1. La vente d’un Airbus va se traduire par la vente de services
(formation, maintenance) mais aussi de crédits commerciaux.
2. Les exportations de produits des IAA dépassaient les importations de 10 %. Les exportations de biens étaient inférieures de
15 % par rapport aux importations.
3. Points forts (> 100) : Agriculture, sylviculture, pêche et IAA.
Points faibles : essentiellement, produits énergétiques et biens
de consommation.

1. L’Inde doit se procurer des dollars ou des euros, elle pourra le
faire contre des roupies ou des devises de réserve.
2. Non, il les échangera contre des euros, car ses sous-traitants
et ses salariés sont payés en euros.
3. Deux, par exemple : roupies/dollars ; dollars/euros.

Doc. 2 • Le marché des changes : un marché parfait ?
1. Le marché des changes est le lieu fictif sur lequel les monnaies
s’échangent entre elles. Il fait intervenir les banques commerciales et centrales, les grandes entreprises, les fonds spéculatifs
et les particuliers par l’intermédiaire des banques. La confrontation des offres et demandes permet d’établir les taux de change.
2. Parce qu’il est parfaitement mondialisé : « pas de frontières »,
autoréglementé, fonctionnement en continu.
3. Un importateur européen a besoin de se couvrir, il achètera
donc par exemple des dollars à terme pour se protéger d’une
augmentation du dollar. Un ménage anglais qui achète une résidence secondaire en France demandera à sa banque d’échanger
ses livres contre des euros.

Doc. 2 • La balance des services de la France
1. Le poste «  Voyage  » présentait un excédent de 6 milliards
d’euros, le déficit du poste «  Service aux entreprises  » a augmenté de 30 %.
2. La balance des services présente des points forts comme
« Voyage », « Négoce », « Construction », mais qui diminuent, et
des points faibles (« Services aux entreprises ») qui se dégradent.
La balance des services voit donc son excédent diminuer de
39 %.
3. Coiffure, nettoyage, cours de langue, assistance informatique,
qui demandent la co-production avec l’utilisateur, semblent difficilement échangeables. Mais Internet en abaissant le coût de
communication a rendu échangeables les deux derniers.
4. Deux raisons  : les innovations technologiques (NTIC) et la
libéralisation du commerce (baisse des droits de douane, normalisation internationale, etc.).

Doc. 3 • L’offre et la demande de devises
1. Par exemple, l’euro passe de 1,35 à 1,34 dollar.
2. Ils vont vendre des dollars pour acheter des euros.
3. L’euro devrait s’apprécier, car il va être plus demandé alors
que le dollar va être plus offert.

Doc. 3 • La balance des investissements directs
à l’étranger (IDE)

Doc.4 • L’effet du tsunami du 11 mars 2011 au Japon

1. Le solde des IDE est déficitaire de 70 milliards d’euros environ.
2. La France est le troisième pays d’accueil des IDE, mais son
solde est largement négatif car elle investit plus à l’étranger que
l’étranger en France.
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

(p. 102-103)

1. Les Japonais, par nécessité mais aussi par solidarité, rapatrient des capitaux dans leur pays. Ils vendent donc des actifs
libellés en devises étrangères pour les convertir en yens. Cela
fait s’apprécier le yen.
40

2. L’euro vaut moins de yens, donc il s’est déprécié.
3. Les Japonais vendent des euros, donc l’offre d’euros se déplace
vers la droite. Si la demande d’euros reste constante, le point
d’équilibre – qui est le taux de change de l’euro en yens – baisse.
4. Elle doit vendre des yens ou acheter des euros, ce qui doit
déplacer la demande d’euros vers le haut et ramener le taux de
change à sa valeur initiale.

rôle de monnaie de réserve et de facturation, de la spéculation
qui n’est pas toujours rationnelle.

Doc. 2 • Taux de change du dollar et soldes de la balance
courante US
1. La balance commerciale américaine était déficitaire de
60 milliards de dollars, celle des transactions courantes de
120 milliards, le taux de change du dollar s’est déprécié de
30 % depuis 1973.
2. Jusqu’en 2002, la corrélation est négative : le rôle de monnaie de réserve du dollar compense la dégradation de la balance
courante. Jusqu’en 2007, la corrélation est positive : dégradation du commerce et dépréciation vont de pair. Depuis 2007, la
politique de facilité de la FED et l’endettement de l’État fédéral
l’emporte sur l’amélioration de la balance courante.

Taux de change
moyen (en yens)
Demande d’euros

114,10
112,51

Doc. 3 • La spéculation
1. Spéculer c’est faire un pari sur l’évolution des cours d’un actif
dans le but de faire une plus-value à court terme.
2. Le spéculateur vise le maximum de plus-value, pour cela il
va prendre des risques et prendre des positions contraires à la
tendance générale. Il contribue ainsi à la liquidité du marché.
Mais souvent les spéculateurs suivent la tendance du marché,
ce qui fait qu’au lieu de corriger les tendances du marché ils les
amplifient.

Quantité d’euros

Doc. 5 • Pourquoi les échanges de devises
ont-ils explosé ?
1. Les facteurs qui expliquent le développement du marché des
changes sont  : l’internationalisation des firmes, le développement du commerce, la spéculation due aux changes flottants,
l’augmentation de l’endettement des agents et le développement de la désintermédiation.
2. Le coefficient multiplicateur est : 1 700 / 100 = 17. Les transactions quotidiennes sur le marché des changes ont été multipliées par 17.

Doc. 4 • Faut-il taxer la spéculation ?
1. La taxe Tobin est une taxe sur les mouvements de capitaux
monétaires (le prix Nobel proposait 0,5  %). Celle-ci pénaliserait surtout la spéculation, car elle consiste en des mouvements
nombreux et de court terme (la journée).
2. La spéculation rend le marché plus liquide et augmente les
volumes (c’est le sens de la citation). La décourager rendrait les
fluctuations plus brutales et assécherait en partie le marché. De
plus, elle suppose un accord entre un minimum de pays pour
être applicable (voir la proposition de la France).

Entraînement
Question de cours. Le marché des changes est le lieu fictif
(en fait les salles de marché des banques) où se rencontrent les
offreurs et les demandeurs des devises internationales. Plus de
80 % des échanges ont lieu entre les institutions financières. Ce
marché permet de déterminer les taux de change des devises les
unes par rapport aux autres, par confrontation des offres et des
demandes.
Synthèse. L’offre et la demande de monnaie dépendent d’abord
des fondamentaux économiques des pays  : les soldes de la
balance des paiements, les taux d’intérêt qui vont déterminer
les mouvements de capitaux, l’endettement des États, le statut
de monnaie de facturation ou de réserve. L’offre va dépendre
également de la politique monétaire des banques centrales. À
court terme, le cours des monnaies va aussi être influencé par
les opérations spéculatives.

B. Les déterminants du taux de change

Exercice
L’exportateur perd 12  000 euros sur l’opération commerciale,
mais en gagne 12 000 sur l’opération de couverture. Son profit
n’a pas été diminué par la variation du change.
Opération
commerciale
Opération
de couverture

À l’échéance
108 000 €

Achat de dollars

Revente pour
132 000 €

Entraînement
Question de cours. Le spéculateur investit souvent à contretendance, il favorise la liquidité du marché. À l’inverse, les spéculateurs ont de plus en plus un comportement moutonnier et
ils amplifient les variations des cours.
Synthèse. Les volumes sur le marché des changes représentent
plus de 3 000 milliards de dollars par jour, soit plus de 50 fois
le volume du commerce international de biens et services. Il est
donc évident qu’une grande partie des opérations sur devises
résulte de la spéculation. Cela s’explique par l’effet de levier, qui
permet de multiplier les sommes investies sur le Forex et donc
les gains.

(p. 104-105)

Doc. 1 • Des déterminants divers
1. Monnaie véhiculaire signifie monnaie de facturation. Le dollar est encore la monnaie de facturation dans 50 % des échanges
commerciaux. Dans le deuxième passage, il est fait allusion aux
anticipations autoprédictives. Le troisième passage souligné
(« et la pluie et le beau temps ») est bien sûr une façon humoristique de souligner la diversité et donc la complexité des déterminants des taux de change.
2. Pour payer leurs importations, les Américains doivent vendre
des actifs libellés en dollars, ce qui déprécie le taux de change. Le
rôle international du dollar augmente sa demande. Par contre,
l’action de la spéculation sur le taux de change du dollar dépend
des périodes.
3. Le taux de change ne reflète pas toujours les fondamentaux
d’une économie. Il peut aussi dépendre de la politique monétaire de la banque centrale (sous-évaluation compétitive), du
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

À la signature
120 000 €

C. Taux de change et économies
nationales

(p. 106-107)

Doc. 1 • Les effets d’une dépréciation de la monnaie
1. Quand le taux de change baisse, il y a d’abord une baisse de la
valeur des exportations en devises étrangères : c’est l’effet-prix.
41

2. C’est l’obligation pour tout pays d’équilibrer ses échanges
extérieurs. La contrainte est d’autant plus forte que l’élasticitéPIB des importations est forte.
3. En situation de change flexible, en théorie, la contrainte
extérieure disparaît. Le pays peut donc mener une politique de
relance sans s’occuper des conséquences sur le change ou le déficit extérieur.

Mais ensuite les quantités exportées augmentent : c’est l’effetvolume. Pour les importations, le mécanisme est symétrique :
les importations coûtent d’abord plus cher mais ensuite leur
volume diminue.
2. Il faut que les consommateurs étrangers perçoivent la baisse
des prix, il faut donc qu’ils changent leurs habitudes, ce qui
demande un certain délai.
3. Déficit en dessous de l’axe des abscisses ; excédent au-dessus.
4. Dans un premier temps, l’effet-prix l’emporte sur l’effetvolume : il y a un déficit du solde extérieur (plus d’importations
et moins d’exportations en valeur). Dans un second temps, l’effet-volume l’emporte : le solde devient positif (moins d’importations et plus d’exportations en volume).
5. Il ne faut pas que les exportateurs augmentent leurs prix pour
compenser la perte sur le change. Il faut que l’élasticité-prix des
exportations et celle des importations soient suffisamment
fortes (c’est la condition de Marshall-Lerner, qui postule que
la somme des valeurs absolues des élasticités-prix des exportations et des importations d’un pays doit être supérieure à un).

Doc. 5 • Soldes des balances courantes
1. En 2011, la zone euro hors Allemagne connaît un déficit d’environ 190 milliards de dollars.
2. Jusqu’en 2008, les écarts entre excédents et déficits s’accroissaient. La crise les a un peu réduits, mais ils repartent à nouveau
à la hausse (surtout le déficit des États-Unis, la zone euro étant
en récession).

Entraînement
Question de cours. La courbe en « J » décrit les conséquences
d’une dévaluation sur le commerce extérieur. Dans un premier
temps, l’effet-prix l’emporte sur l’effet-volume, le déficit s’aggrave. Dans un second temps, c’est l’inverse. Le rétablissement
des comptes extérieurs sera d’autant plus rapide que les élasticités-prix des M et X seront fortes.
Synthèse. Les changes flottants devaient rétablir automatiquement les équilibres extérieurs. Cela ne s’est pas produit, car les
taux de change dépendent de moins en moins des flux commerciaux. Une monnaie peut rester forte malgré un déficit commercial, car elle est considérée comme une valeur refuge. D’autre
part, les taux de change n’empêchent pas les interventions des
banques centrales, qui peuvent pratiquer une dépréciation compétitive par une politique d’abondance monétaire. À la décharge
des changes flexibles, il faut noter que certaines monnaies (le
yuan par exemple) ont des taux de change administrés.

Doc. 2 • Des mécanismes autocorrecteurs
des déficits extérieurs
Erratum (1re édition). Dans le schéma, il faut lire « Hausse des
exportations » et non « Hausse des importations. »
1.
Excédent
courant

Baisse de la demande
de devises = baisse de l’offre
de monnaie nationale

Hausse des
importations
Rééquilibrage
de la balance
courante
Baisse des
exportations

Diminution
du prix des
importations
(en monnaie
nationale)
Augmentation
du prix des
exportations
(en devise)

Offre de monnaie
nationale
< demande de
monnaie nationale

Dépend des
élasticitésprix des X
et des M

Appréciation de la
monnaie

III. Comment expliquer les flux
internationaux de capitaux ?

(p. 108-111)

2. L’élasticité-prix des exportations ou des importations mesure
la réaction de ces grandeurs à une variation des prix. Si elle est
supérieure à 1 en valeur absolue, on dit qu’elle est forte.
3. C’est la condition Marshall-Lerner. Si les élasticités sont trop
faibles, la baisse du taux de change – qui équivaut à une baisse des
prix – n’aura pas assez d’impact sur les quantités exportées, par
exemple. Le rééquilibrage de la balance courante ne se fera pas.

Depuis les années 1980, les flux internationaux de capitaux ont
connu une explosion de leur volume, mais aussi une modification de leur orientation entre les différentes régions du monde.
L’objectif de cette partie est d’en décrire les différentes composantes et d’en expliquer les déterminants.

Doc. 3 • Le rôle des banques centrales selon le système
de change

Doc. 1 • Mondialisation financière et commerciale

A. La mondialisation financière

1. En 2010, le commerce mondial représentait 30  % du PIB
mondial, et les entrées mondiales de capitaux en représentaient
7 %.
2. Les deux courbes sont parallèles jusqu’à la crise de 2008, la
mondialisation financière connaissant même un taux de croissance plus rapide. La crise de 2008 a touché beaucoup plus fortement la finance que le commerce. La financiarisation semble
depuis 2009 croître à nouveau à un taux plus rapide.

1. Dans un système de changes fixes, la banque centrale doit
défendre la parité en vendant ou achetant sa monnaie. Elle utilisera aussi les taux d’intérêt. Dans un système de changes flottants, sa politique monétaire sera plus souple puisque le taux de
change ne sera plus fixe. Elle pourra privilégier d’autres objectifs, comme l’inflation, la croissance ou l’équilibre extérieur.
2. Quand sa monnaie s’apprécie trop, la banque centrale vendra
la devise nationale et achètera des devises étrangères. Elle fera
l’inverse dans le cas d’une dépréciation.
3. L’appréciation d’une monnaie équivaut à une augmentation
du prix des exportations et une baisse du prix des importations,
ce qui détériore les comptes extérieurs.

Doc. 2 • La structure des flux nets de capitaux
1. Les IDE représentent environ 44 % des flux nets des PED, les
participations environ 8 %, les créances 4 % et les flux bancaires
44 %.
2. Les flux nets sont la différence entre les sorties et les entrées
pour un type de flux en valeur absolue. La part des flux de
créances et de participations augmente dans les pays avancés au
détriment des flux bancaires. Cela s’explique par l’augmentation
des dettes publiques du Nord (créances), la prise de participation des émergents dans les entreprises des pays avancés, une
diminution des prêts bancaires au pays du Sud. Pour les autres

Doc. 4 • Les changes flottants n’ont pas tenu leur promesse
1. Voir schéma p. 106. Dans un système de changes flottants,
un déficit extérieur doit s’accompagner d’une dépréciation de la
monnaie. Si les élasticités sont suffisantes, il en découlera une
diminution des M et une augmentation des X (seconde phase de
la courbe en « J »).
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

(p. 108-109)

42

Synthèse. La mondialisation financière a été favorisée par
des innovations technologiques (Internet) mais aussi financières (titrisation), par la montée des dettes publiques et des
déséquilibres commerciaux, la multinationalisation des entreprises (IDE), les changes flottants – qui ont favorisé la spéculation – , les opérations de couverture et enfin la libéralisation
des marchés financiers, à partir du milieu des années 1980 (les
« 3D »), consécutive au retour des libéraux au pouvoir (Thatcher,
Reagan).

zones, on constate une diminution des prêts bancaires, ce qui
s’explique par le désendettement de ces pays. La part des IDE
augmente (solde positif des entrées), ainsi que les investissements de portefeuille (prise de participation dans les entreprises de ces zones).
L’augmentation des créances pour les pays émergents correspond aux achats d’obligations des pays avancés.
En résumé, ce graphique traduit l’amélioration de la situation
financière du Sud, et la montée des dettes publiques au Nord.

Doc. 3 • La révolution de la finance
1. Il s’agit de la désintermédiation bancaire et du développement de la finance directe ou de marchés.
2. – Progrès technologique : développement des services financiers en ligne, transmission par satellite.
– Mondialisation des économies : l’augmentation du taux d’ouverture, la multinationalisation des firmes.
– Libéralisation financière  : libéralisation des capitaux et des
marchés financiers au milieu des années 1980 (suppression des
contrôles sur les capitaux, du monopole des compagnies des
agents de change, décloisonnement des marchés).
– Intensification de la concurrence  : banques en ligne, fin des
monopoles, démocratisation de la Bourse, nouveaux produits
financiers.
On pourra donner l’exemple du Big Bang de la City en 1986,
décidé par Margaret Thatcher.

B. Une allocation plus efficace
du capital ?
Doc. 1 • Flux nets de capitaux des pays en
développement vers les pays riches

1. Les sorties nettes de capitaux des pays en développement
vers les pays riches sont de l’ordre de 550 milliards dollars en
2010.
2. Les sorties nettes de capitaux des PED vers les pays riches
augmentent dans l’ensemble avec le temps. Seuls les pays à
faibles revenus ont plus d’entrées de capitaux que de sorties.
3. Selon la théorie néoclassique, plus un facteur de production
est rare, plus sa productivité marginale est forte. Donc, comme
le capital est relativement rare dans les PED, les flux de capitaux devraient aller du Nord vers le Sud (IDE, investissements
de portefeuille). Cette rentabilité du capital devrait être renforcée par l’abondance relative du facteur travail (faiblesse des
salaires) dans les PED. Comme le montre le document 1.a, c’est
le contraire que l’on constate dans la réalité. Cette situation
porte le nom de « paradoxe de Lucas ».

Doc. 4 • La titrisation
1. C’est la transformation de créances en titres émis sur le marché des capitaux. En général, on va créer un portefeuille contenant plusieurs types de créances, d’où l’opacité de ce genre de
produit.
2. Les banques transfèrent le risque de non-recouvrement des
créances sur les souscripteurs de ces titres. Cela leur permet
aussi d’augmenter leurs liquidités en sortant ces prêts de leur
bilan.
3. Les créances qu’ils rachètent avec ces titres sont décotés. Si
les emprunteurs payent leurs intérêts, les rendements de ces
titres sont élevés (par exemple, un taux d’intérêt à 5 % sur une
dette décotée de 20 % donne du 6,25 %). Il peut y avoir aussi
une plus-value, si la dette est remboursée.
4. Car on transforme un prêt (intermédiation bancaire) en titre
négociable sur les marchés financiers.
5. La titrisation a permis de transférer les risques sur les acheteurs de ces titres, qui souvent n’étaient pas en mesure de les
évaluer. Pour les banques, cela a baissé le niveau des risques sur
les prêts subprimes. D’autre part, en sortant les prêts de leur
bilan, cela leur a permis d’augmenter leurs liquidités et donc de
pouvoir prêter encore plus (amélioration de leur taux de RO).

Doc. 2 • Part des pays en développement…
a. 1. En 1996, les économies avancées représentent plus de
80 % des FMC.
2. La part des économies émergentes augmente, même si le
Nord reste largement dominant. On peut constater que les économies émergentes ont mieux résisté à la crise de 2008 que le
Nord. En 2008, les économies avancées ont vendu plus d’actifs
étrangers qu’ils en ont acheté.
b. 1. Le solde des entrées et des sorties d’IDE des PED. Par
exemple, en 2009 ce solde représente 24 % des flux mondiaux
d’IDE (les entrées au niveau mondial étant égales aux sorties).
Les PED reçoivent plus d’IDE qu’ils n’en réalisent.
2. La part des sorties d’IDE est stable jusqu’en 2003, connaît
une première augmentation jusqu’en 2006, puis une nouvelle
augmentation à un taux plus fort à partir de 2007. Les entrées
sont plus irrégulières, même si elles connaissent globalement
une hausse. Elles dépendent de la croissance des économies
développées, plus irrégulière que celles des pays émergents,
qui eux profitent à partir de 2004 de la flambée des matières
premières.

Doc. 5 • Les États-Unis : moteur de la mondialisation
financière ?
1. Une entreprise de capital-risque est un fonds d’investissement qui apporte des capitaux à des entreprises innovantes en
phase de développement. C’est le rôle que jouent les États-Unis.
Forts de leur expertise en matière de finance, ils empruntent
au RDM pour réinvestir dans des activités à hauts rendements.
2. Les États-Unis ont le rôle de banquier du monde. Voici le circuit long de l’épargne mondiale :
RDM (prête) ➞ États-Unis (investissement) ➞ RDM (revenus).

Doc. 3 • Une explication des flux financiers Sud-Nord ?
1. Selon la théorie néoclassique, les flux devaient aller du Nord
vers le Sud, à la recherche d’une meilleure rémunération. Or, ils
font exactement l’inverse (paradoxe de Lucas).
2. En fait, ils suivent un circuit long de l’épargne, c’est-à-dire que
les pays avancés servent d’intermédiaires financiers aux pays
émergents. Les capitaux sont investis dans le système financier du Nord, qui les réinvestit dans les entreprises des pays
émergents. Le Nord profite de son avantage comparatif dans la
banque et la finance. Dans la réalité, les flux de capitaux sont de
plus en plus des flux Sud-Sud, ce qui est logique compte tenu de
la croissance des pays émergents.

Entraînement
Question de cours. Les flux internationaux de capitaux sont
composés des prêts bancaires (prêts commerciaux, prêts aux
États), des investissements en portefeuille, en créances (obligations publiques et d’entreprises), des IDE.
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

(p. 110-111)

43

Doc. 4 • Pourquoi la dette européenne intéresse-t-elle
les pays émergents ?

Accentuation des déséquilibres :
– régionaux, entre les zones côtières et l’intérieur ;
– sociaux, entre populations côtières et rurales ;
– écologiques, modèle extensif qui compense la baisse des
termes de l’échange par l’augmentation des volumes.
Tout ne s’explique pas par les IDE, des blocages institutionnels
comme le maintien du Hukou (passeport intérieur) ont aussi
leur rôle.

1. Le fonds souverain du Qatar dispose de ressources importantes grâce à l’augmentation des prix du pétrole. Il cherche à
diversifier ses investissements en investissant dans le sport.
Mais il s’agit aussi d’un investissement d’image, car le foot en
particulier est un sport populaire. Il espère ainsi récupérer des
retransmissions pour sa chaîne Al Jazeera Sport et organiser
des événements sportifs. Il y a aussi des arrière-pensées diplomatiques  : en investissant en France (Lagardère, Le Tanneur,
Suez…), le Qatar soutient un pays qui a su montrer son indépendance à l’égard des États-Unis. Par ailleurs, la France lui
accorde un régime fiscal favorable.
2. Les pays émergents disposent de ressources importantes
grâce à l’augmentation du prix des matières premières, à leurs
excédents extérieurs en général et pour certains à leur faible
population (pays du Golfe).
3. Pour diversifier leurs investissements, parce qu’ils ont des
excédents commerciaux, pour des raisons géopolitiques, parce
que les dettes souveraines du Nord sont sûres, pour faciliter
leurs propres exportations, pour soutenir les devises de leurs
concurrents commerciaux.

TD2 Analyse
La création monétaire mondiale
et ses conséquences

Doc. 1 • La création indirecte par le commerce extérieur
1. Voir schéma ci-dessous, avec 630 yuans pour 100 dollars. La
banque centrale chinoise a créé pour 630 yuans et la banque
américaine pour 100 dollars de crédit.
2. Parce qu’elle détient une grande partie de ses réserves de
change en dollars, d’une part, et parce que, d’autre part, les
États-Unis sont un concurrent commercial : il deviendrait plus
compétitif.
Banque centrale chinoise
Actif
Passif
100 $
630 ¥
– 100 $
(obligation)
+  100 $

TD1 Méthode
(p. 112)


Banque commerciale
Importateur
américaine
américain
Actif
Passif
Actif
Passif
+  100 $
+  100 $
+  100 $
+  100 $
➞ (compte)
– 100 $
(compte
(dette)
(obligation) importateur)
+  100 $
(crédit
importateur)

Doc. 2 • La création directe : les « quantitative easing »

1. Les exportations de haute technologie représentent 49  %
des exportations des entreprises à capital étranger, mais seulement 12 % des entreprises chinoises. Les entreprises chinoises
exportent essentiellement des produits manufacturés bas de
gamme (textile, jouets…).
Il n’y a pour elles que peu de remontée de filière.
2. La valeur unitaire des importations a augmenté de 80  %,
celle des exportations de 15 % (1,15). Les termes de l’échange
sont donc de 0,63 (115 / 180), ce qui fait une baisse de 37 %
(0,63 – 1).
Le pouvoir d’achat des exportations chinoises, exprimé en unités d’importation, diminue à partir des années 2000.
3. Dans la division internationale des processus productifs
(Dipp), la Chine occupe la phase finale  : celle de l’assemblage.
Cette activité est dans les mains des filiales occidentales, ce qui
n’a pas d’effet d’entraînement sur les entreprises chinoises.
4. Dans la mesure où la Chine occupe la phase d’assemblage
dans la Dipp, les industries des zones côtières n’ont pas d’effet
d’entraînement sur le reste du pays (peu d’utilisation d’inputs
nationaux). On retrouve ici l’idée de développement dual mis à
l’honneur dans les années 1850 par l’économiste Arthur Lewis.
5. Augmentation de la dépendance :
– en capitaux et technologie (IDE) ;
– en matières premières ;
– en termes de débouchés car la demande intérieure reste faible
(épargne forcée).
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?





Exportateur chinois
Actif
Passif
– 100 $
+  630 ¥



Question de cours. L’allocation du capital dépend de la rentabilité marginale. Quand le stock de capital est important sa
rentabilité est faible, quand il est rare elle augmente. Cette rentabilité dépend également de la part qui revient au travail.
Synthèse. L’explication néoclassique est valable pour les flux
Nord-Sud, qui restent importants (IDE). Les investissements
de portefeuille et de créances illustrent le paradoxe de Lucas.
Celui-ci s’explique par l’avantage comparatif du Nord dans la
finance et la banque, par la qualité des créances des économies
avancées. Mais il y a aussi une recherche de diversification, la
volonté de soutenir certaines devises, de pénétrer certains marchés (contournement du protectionnisme), des motivations
géopolitiques.



Entraînement

Les limites du modèle chinois
de croissance extravertie

(p. 113)

1. Il y a création monétaire, car la FED transforme un actif non
monétaire (« treasuries ») en dollars.
FED
Secteur privé
Actif
Passif
Actif
Passif
+  100 $
– 100 $
(treasuries) +  100 $
(treasuries)
(compte
+  100 $
secteur
(compte secprivé)
teur privé)

Doc. 3 • Les conséquences de la création directe
1. Les bons du Trésor américains sont transformés en dollars,
ceux-ci permettent aux banques commerciales d’accorder des
prêts aux secteurs privés, selon le principe du multiplicateur
monétaire (1/taux de réserve obligatoire). Ces prêts créent,
selon la période, des bulles spéculatives sur les matières premières, l’immobilier, l’or, les titres financiers.
2. La mondialisation entraîne une concurrence accrue sur les
produits manufacturés, mais aussi une pression à la baisse
sur les salaires. L’inflation est donc maîtrisée sur les produits
manufacturés. Les bulles ne se portent que sur des secteurs circonscrits mais qui peuvent parfois être des produits manufacturés, comme récemment les écrans plats quand ils utilisent des
ressources rares (l’iridium).
44

Sujet de bac

vers les PED, favorisant ainsi une réduction des écarts de développement au niveau du monde. Les FC ont-ils, ces dernières
années, favorisé le développement des PED ? Après avoir vu que
certaines zones ont profité de l’augmentation des flux de capitaux, nous verrons que les déterminants de ces flux expliquent
que les inégalités de développement se maintiennent.

(p. 118-119)

Dissertation
Cadre spatio-temporel : l’économie mondiale depuis les années
1980, c’est-à-dire ce que l’on appelle la seconde mondialisation
avec la constitution d’un marché unique du capital.
Problématique : les flux de capitaux ont-ils favorisé la réduction
des inégalités de développement ? Quelle a été la part des flux
de capitaux dans l’émergence de nouvelles puissances économiques depuis les années 1980 ?
Notions du programme à mobiliser  : développement, croissance, IDH, PIB, avantage comparatif, dotation factorielle, libreéchange et protectionnisme, commerce intrafirme, compétitivité-prix et hors-prix, délocalisation, firmes multinationales.
IDE, flux internationaux de capitaux (voir partie I, chapitre 1,
2 et 3).

I. Les flux de capitaux ont favorisé le développement
des PED
A. Les FC ont favorisé un certain rattrapage des PED
Conformément à la théorie néoclassique, les FC se sont dirigés
vers les économies émergentes afin de profiter des différentiels
de croissance. Le document 1 montre cependant que ce sont
les économies en croissance faible ou moyenne qui en profite
le plus. Toutes les zones en profitent y compris les pays les plus
vulnérables (doc. 2). Les FC, comme le montre la Chine, ont pu
jouer un rôle positif dans le décollage de certains pays (IDE,
délocalisation, FMN).

Plan provisoire
I. Les flux de capitaux favorisent le développement
II. Le niveau de développement est un des déterminants
des flux de capitaux

B. Des pays émergents investissent dans les pays développés
Certains pays émergents deviennent exportateurs nets de capitaux, investissant dans les dettes souveraines ou les entreprises
des pays développés (doc. 1). La part de l’Asie en développement
augmente significativement dans les flux d’IDE sortants (doc.
2). Ces investissements amélioreront par la suite la balance des
revenus de ces pays, augmentant leur capacité à se financer de
manière autonome.

Analyse des documents
Doc. 1
Sur la période 1970-2004, ce sont les pays à croissance moyenne
qui ont les entrées nettes les plus importantes, puis les pays à
croissance faible. Les flux de capitaux ont pu favoriser un rééquilibrage. Le développement des Bric se traduit par une inversion des flux, ils deviennent investisseurs nets (pas forcément
au Sud d’ailleurs).
Doc. 2
Les flux d’IDE entrants augmentent fortement pour les PED
(+   16 points), on arrive presque à égalité avec les économies
avancées. Toutes les zones en profitent, même les plus vulnérables (doublement de la part), mais c’est l’Asie qui en accapare
plus de la moitié. Pour les flux sortants, il y a toujours une
nette domination du Nord, même si la part des PED augmente
(+  7,9 points). Par contre, la répartition reste très inégalitaire :
une grande partie du Sud est marginalisée, seule l’Asie en développement et l’Amérique latine voient leur part augmenter
sensiblement.
Doc. 3
La régionalisation de l’économie mondiale (constitution d’UER)
a favorisé les flux intrazones, tandis que les déséquilibres des
balances des paiements ont développé les flux de capitaux des
puissances émergentes vers les États-Unis et l’Europe (crise de
la dette). Une partie du Sud, comme le montre le document 2,
est donc marginalisée. D’autre part, on retrouve ici le paradoxe
de Lucas.
Doc. 4
Remarque  : lorsque les sorties sont positives, cela signifie que la
réduction de l’endettement extérieur est supérieure à l’achat d’actifs
extérieur. De même, des entrées négatives signifient que le désendettement est supérieur aux nouveaux investissements extérieurs.
Les flux de capitaux à destination ou provenant des pays avancés
sont plus importants que les flux similaires des pays émergents.
Les fluctuations sont plus importantes (plus grande volatilité)
pour ces derniers, ce qui rend leur croissance plus cyclique.

II. Mais les flux de capitaux dépendent aussi du niveau
de développement, ce qui a tendance à renforcer
les inégalités
A. Les pays développés restent dominants dans les flux de
capitaux
Ils sont dominants dans l’origine des FC (doc. 2), même si leur
part diminue un peu, essentiellement au profit de l’Asie en
développement. D’autre part, c’est le Sud qui finance le Nord
(doc. 3), selon le paradoxe mis en évidence par Robert Lucas.
Cela s’explique par l’avantage comparatif du Nord dans la
finance, qui favorise un circuit long de l’épargne mondiale. Ce
sont les pays du Nord qui captent l’essentiel des revenus de
l’épargne mondiale.
B. Les FC augmentent les inégalités entre les PED et sont
source d’instabilité
Si les IDE augmentent pour tous les PED, on voit que l’Asie en
développement en capte la plus grande partie (la moitié environ des IDE entrants), ce qui accroît les inégalités entre les PED.
D’autre part, les FC connaissent des fluctuations plus importantes pour les pays du Sud que pour ceux du Nord, ce qui fragilise leur développement (voir crise de 1997 en Asie). Les pays
riches peuvent très rapidement rapatrier leurs capitaux en cas
de crise. Les capitaux internationaux sont à la fois à la recherche
de rendement mais aussi de sécurité, ils organisent donc une
concurrence entre pays à l’échelle mondiale.
Conclusion
Les flux de capitaux ont favorisé le développement de certains
pays émergents ; en même temps, ils sont facteurs d’instabilité
et de déséquilibres internes pour ces pays et les PED en général. Quelles régulations faudrait-il mettre en œuvre à l’échelle
mondiale pour que les flux de capitaux favorisent vraiment la
réduction des inégalités de développement ?

Plan
Les flux de capitaux (FC), qui comprennent principalement les
IDE et les investissements de portefeuille, représentent 90  %
des échanges mondiaux, les biens et services n’en représentant
que 10 %. C’est donc dire l’importance de ces flux, pour les pays
en développement en particulier. Ces investissements étrangers suppléent l’épargne nationale insuffisante et favorisent
le développement des industries nouvelles. Selon la théorie
néoclassique, ces flux devraient s’orienter des pays développés
chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

Épreuve composée
Partie 1
Question 1
La balance des paiements qui enregistre l’ensemble des échanges
avec le reste du monde comprend principalement le compte des
45

I. Le taux de change du dollar explique les variations
de la balance courante américaine
C’est le mécanisme de la courbe en « J » : une dépréciation du
dollar doit d’abord dégrader la balance courante puis l’améliorer. Par exemple, la forte dégradation du dollar entre 1984 et
1988 dégrade d’abord la balance courante jusqu’en 1988, puis
l’améliore jusqu’à la rendre positive pour la dernière fois. On
peut noter qu’une baisse de la valeur du dollar de 37 % améliore
la balance courante de 130 % environ. Ce qui laisse supposer des
élasticités-prix fortes.

transactions courantes (marchandises, revenus, transferts) et le
compte financier (IDE et portefeuilles essentiellement).
Question 2
Le marché des changes est un marché sans localisation précise,
sur lequel se convertissent les devises du monde entier, soit au
comptant, soit à terme. C’est donc le marché qui permet le règlement des échanges internationaux, mais qui permet aussi de se
couvrir des risques de change.
Partie 2
La balance des transactions courantes américaines se dégrade
jusqu’à la mi-2006, puis se redresse par la suite pour atteindre
quand même un déficit de 125 milliards de dollars environ
(presque 3 fois plus que celui de la France). Cette amélioration s’explique d’abord par l’évolution positive de la balance
des revenus, puis à partir de la mi-2008 par celle des marchandises (baisse du dollar et crise des subprimes). On peut ajouter
également l’incidence positive de l’évolution de la balance des
services.

II. Taux de change et balance courante sont déconnectés
À partir des années 1990, la balance courante se dégrade quelle
que soit l’évolution du dollar. D’une part, parce que les élasticités-prix des exportations américaines sont devenus très faibles
(estimées à 0,1 par Michel Aglietta). D’autre part, parce que tout
simplement elles n’existent plus. Ce sont les conséquences de la
désindustrialisation américaine. Même quand les importations
se renchérissent les consommateurs américains ne trouvent pas
de substituts domestiques. À noter que l’amélioration de la fin
s’explique en grande partie par les résultats de la balance des
revenus américaine et non par la balance commerciale.

Partie 3
Introduction
Le taux de change d’une monnaie, en améliorant ou dégradant
la compétitivité-prix des exportations, est un des facteurs expliquant l’évolution de la balance courante d’un pays. Dans le cas
des États-Unis, l’analyse de ce lien se complique du fait de la
double nature du dollar, à la fois monnaie domestique et devise
internationale. Nous verrons que le taux de change du dollar
explique une partie des évolutions de la balance courante, mais
qu’il faut avoir recours aussi à d’autres explications.

chapitre 4 • Comment l’économie mondiale est-elle financée ?

Conclusion
Le dollar, chance ou handicap pour l’économie américaine  ?
Chance dans la mesure où selon le mécanisme du « déficit sans
pleurs », dénoncé à son époque par Jacques Rueff, les États-Unis
peuvent vivre au-dessus de leurs moyens. Mais handicap aussi,
car le statut de monnaie internationale du dollar empêche le
rééquilibrage automatique de la balance courante américaine.
La question d’un nouveau système monétaire international qui
mettrait fin aux déséquilibres mondiaux est plus que jamais à
l’ordre du jour.

46

chapitre

5

Quelle est la place
de l’Union européenne
dans l’économie globale ?

Les objectifs du chapitre
Si l’un des objectifs initiaux des pères de l’Europe était d’éviter les guerres fratricides ayant émaillées l’histoire du continent européen, la construction européenne, dès 1951 avec la
Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), s’effectue sur des bases économiques. Progressivement, cette intégration va se poursuivre à la fois d’un point de vue spatial (intégration de nouveaux membres), mais aussi d’un point de vue
qualitatif (l’intégration et l’interdépendance devenant de plus
en plus poussées). Quelles sont les spécificités de l’expérience
d’intégration économique des pays européens ?
Une des principales étapes du processus d’intégration européen correspond à la mise en place d’une monnaie commune
en 1999 : l’euro. En quoi la mise en place de l’euro constituet-elle un avantage dans le contexte de la mondialisation de
l’économie ?
Cependant, cette intégration économique n’est pas sans poser
certains problèmes, par exemple, en matière de modèle économique d’un pays à un autre, ou encore d’inégalités de performances économiques. Quelles sont les difficultés de coordination des politiques économiques à l’échelle européenne ?
Au total, l’objectif du chapitre est de préciser la place de l’UE
dans le contexte particulier de la mondialisation des échanges,
en mettant en lumière les spécificités du processus d’intégration européen – en particulier, la mise en place d’une monnaie
unique –, mais également les difficultés rencontrées en matière
de coordination des politiques économiques et les problèmes
que cela soulève.

donc la tendance des dirigeants européens à parfois se comporter en « passager clandestin ». Elle montre ainsi la faiblesse de la
construction politique de l’UE.
3. À première vue, l’objectif semble atteint : l’Europe n’a plus,
depuis la Seconde Guerre mondiale, connu de conflit armé aussi
sanglant que par le passé. Cependant, rien n’est acquis au vu
de la tendance des pays européens au « chacun pour soi », mais
aussi de la diversité des situations économiques que l’on peut
rencontrer sur le continent.

I. En quoi l’intégration européenne
est-elle une expérience originale ?
(p. 124-127)

Il s’agit ici de montrer que, grâce à un processus d’intégration
original, l’Union européenne est progressivement devenue une
puissance économique de premier plan, en se basant sur les
effets attendus de l’ouverture économique et du grand marché. Il s’agit également de mettre en avant les atouts de l’UE en
matière d’innovation, de compétitivité et d’attractivité de son
territoire, face à une concurrence accrue provenant notamment
des pays émergents.

A. La création d’une nouvelle puissance
économique

Sensibilisation
(p. 123)
Pour les pères de l’Europe (Jean Monnet, Robert Schuman,
Alcide De Gasperi, Paul-Henri Spaak), la construction européenne doit être avant tout un élément servant à rapprocher
les peuples, et les États, afin d’éviter les tragiques erreurs du
passé (Première et Deuxième Guerres mondiales notamment).
La construction européenne a donc au départ un objectif plus
politique qu’économique, cependant elle s’effectuera essentiellement sur une base économique, ce qui n’est pas sans poser
problème entre pays européens en matière de coordination des
politiques économiques ou encore de convergence économique.

Doc. 1 • Chronologie de la construction européenne
1. L’objectif initial de la construction européenne, telle que
l’imaginent ses promoteurs (Jean Monnet, Robert Schuman),
n’est pas économique, il est surtout politique et doit permettre
d’éviter les guerres fratricides qui ont émaillé l’histoire du
continent.
2. Si l’objectif principal de la construction européenne est
d’abord politique, la base ou la logique de construction est principalement économique, comme l’attestent les avancées successives de la construction européenne : CEE en 1957, marché
unique en 1986, adoption de l’euro en 1999, etc.
3. Toutes les étapes successives franchies par les pays membres
de l’UE correspondent aux étapes décrites par Béla Balassa  :
zone de libre-échange (traité de Rome, 1957), union douanière,
marché commun (acte unique européen, 1986), union économique, union économique et monétaire (mise en place de l’euro,
1999). Même si la construction européenne n’est pas exactement calquée sur le schéma d’intégration économique proposé
par Balassa, toutes les étapes qu’il décrit ont été franchies par
les pays membres de l’UE, pour en faire un exemple et la zone
d’intégration régionale la plus aboutie jusqu’à aujourd’hui.

1. L’objectif initial de la construction européenne, telle que
l’imaginent ses promoteurs (Jean Monnet, Robert Schuman),
n’est pas économique, il est surtout politique et doit permettre
d’éviter les guerres fratricides qui ont émaillé l’histoire du
continent.
2. Cette caricature de Plantu fait référence à la crise de la dette
qu’a connue la Grèce au cours de l’été 2011. Pour la Grèce, comme
pour la zone euro, alors menacée, la situation était urgente, pour
autant, les principaux dirigeants européens ne paraissaient pas,
selon Plantu, pressés de régler le problème, espérant que les
autres prendraient leurs responsabilités. La caricature illustre
chapitre 5 • Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

(p. 124-125)

47

Doc. 2 • L’Europe, une puissance de premier plan

Population active : Cette dernière est censée également bénéficier des avantages du grand marché, puisque le surcroît d’activité va permettre de réduire le chômage, ce qui en théorie fait
augmenter les salaires plus rapidement puisque peuvent naître
des tensions sur le marché du travail.

1. En 2010, la population de l’UE à 27 s’élevait à 500,5 millions
d’individus, pour une création de richesses de 13 806 milliards
de dollars.
2. Chine : 6 795,2 dollars par habitant
UE à 27 : 27 586 dollars par habitant
États-Unis : 42 167 dollars par habitant
Japon : 30 574,5 dollars par habitant
3. Au regard des informations contenues dans le document,
l’UE constitue une puissance de premier plan. Tout d’abord,
d’un point de vue économique puisque la création de richesses
en valeur absolue de l’Union européenne est la plus importante
au monde, mais aussi en valeur relative puisque la richesse par
habitant y est une des plus élevées au monde. Ensuite, d’un
point de vue démographique, l’UE dispose d’une situation intéressante puisque, parmi les zones de la triade, elle est la plus
peuplée et dispose à ce titre d’un marché solvable d’une taille
sans équivalent ailleurs dans le monde.

Doc. 5 • Intégration et échanges commerciaux
1. La création de trafic correspond à un accroissement des
échanges commerciaux des pays membres d’un bloc régional
avec les pays n’appartenant pas à ce bloc.
2. En 2010, les importations de la zone euro s’élèvent à
1 558 milliards d’euros, alors que les exportations s’établissent
à 1 546 milliards d’euros. Le déficit commercial de la zone euro
est donc de 12 milliards d’euros.
3. La monnaie unique se met en place en 1999 au niveau des
banques centrales, et en 2002 au niveau de l’ensemble des
agents économiques. Au regard des données du graphique,
il semble que la monnaie unique a permis un accroissement
important des échanges avec les pays tiers, puisque les exportations comme les importations ont fortement progressé entre
2003 et 2008 (augmentation d’environ 60 %). Par la suite, en
2008, les données sont marquées par l’entrée en crise de l’économie mondiale. Au total, il semble donc que la mise en place de
l’euro a été responsable d’importantes créations de trafic avec
les pays tiers.

Doc. 3 • L’Europe pour répondre aux défis
du nouveau monde
1. Les guerres fratricides qui ont émaillé l’histoire de l’Europe,
l’effondrement du bloc soviétique au début des années 1990 et
enfin la mondialisation de l’économie.
2. Un certain nombre de problèmes se posent désormais à
l’échelle planétaire, c’est pour cette raison que les réponses
nationales sont inadaptées à la dimension nouvelle de ces questions. Il s’agit de problèmes environnementaux (en premier lieu
desquels on trouve le réchauffement climatique), de la rareté de
certaines ressources stratégiques (pétrole, terres rares, etc.), de
la diffusion de pandémies, de l’instabilité chronique des marchés financiers, des mouvements migratoires ou encore de l’activité terroriste.
3. Pour répondre à ce type de problèmes de dimension mondiale, on se rend compte que l’échelle nationale est mal adaptée.
Dès lors, en unifiant nos ressources au niveau européen, par
exemple, il est plus simple de trouver des solutions collectives.

Entraînement
Question de cours. Les justifications économiques d’une
union douanière (ensemble de pays appartenant à une zone de
libre-échange et adoptant une politique commerciale commune,
notamment un tarif extérieur commun (TEC), sont nombreuses
et correspondent aux effets positifs attendus d’une telle mise en
place. Tout d’abord, la concurrence est stimulée, ce qui pousse
les entreprises à réaliser des efforts pour améliorer leur compétitivité, ce qui se traduit par des gains de pouvoir d’achat pour
les consommateurs. Ensuite, la taille du marché potentiel étant
supérieur, cela permet aux entreprises de réaliser des économies d’échelle, bénéfiques en termes de pouvoir d’achat pour
les consommateurs, mais également en termes de compétitivité
pour l’ensemble de la zone. Enfin, les entreprises extérieures à la
zone voulant contourner le TEC peuvent être tentées d’installer
des unités de production à l’intérieur de la zone, ce qui est bénéfique en termes d’emplois (on parle alors de « tarif factories »).
Au total, l’union douanière bénéficie aux consommateurs, aux
entreprises, mais également aux pouvoirs publics, puisque le
solde extérieur s’améliore sous l’effet de la hausse de la compétitivité, ce qui est favorable à la croissance, à l’emploi et in fine
aux finances publiques.
Synthèse. L’Union européenne est d’abord le fruit de la volonté
de quelques hommes politiques avisés ne souhaitant pas, après
la Seconde Guerre mondiale, revivre les guerres fratricides
ayant émaillé l’histoire européenne. Ainsi Jean Monnet, Robert
Schuman et d’autres proposent de construire l’Europe sur des
bases économiques solides, afin de favoriser la prospérité des
peuples et des nations européennes. Pour ce faire, le traité de
Rome de 1957 est une étape importante, puisqu’il prévoit la
libre circulation des marchandises, des services et des personnes
entre les États membres, ce qui présente l’avantage de stimuler
la concurrence entre entreprises des pays de la zone. La mise en
place de l’euro, en 1999, parachève et renforce cette expérience
d’intégration économique en créant une union économique et
monétaire, puisqu’elle renforce un peu plus la concurrence entre
entreprises au sein de la zone euro (17 membres actuellement).
Cette construction progressive a permis à l’Europe de se hisser au premier rang des zones économiques mondiales, et de
répondre à de nombreuses difficultés de dimension internationale, que des pays isolés n’auraient pu affronter seuls.

Doc. 4 • Les avantages attendus du grand marché
1. Diminution des coûts unitaires de production obtenue sous
l’effet d’une augmentation de la taille de l’entreprise et de la
quantité produite.
2. La création du marché unique permet la libre circulation des
biens et des services, c’est-à-dire que pour vendre ses produits
dans un pays de la zone une entreprise n’est plus obligée de
s’acquitter du paiement de droits de douane. Ainsi les produits
et donc les entreprises sont mis en concurrence sur l’ensemble
du territoire concerné par le marché unique, et non plus uniquement sur leur territoire national : impossible pour ces entreprises d’être protégées de la concurrence par un éventuel droit
de douane.
3. Entreprises : La concurrence augmentant, elles sont poussées
à réaliser des investissements afin d’améliorer leur productivité.
De plus, la taille du marché augmentant, elles peuvent toucher
une clientèle potentielle beaucoup plus importante. Les perspectives de chiffre d’affaires et de profits s’améliorent donc.
Consommateurs : Les entreprises étant incitées à améliorer leur
productivité et réalisant des économies d’échelle, et la concurrence étant stimulée, les prix vont avoir tendance à diminuer.
Les consommateurs voient donc leur pouvoir d’achat s’accroître.
Administrations publiques  : L’ouverture des marchés publics
aux entreprises des pays de la zone provoque une concurrence
plus importante entre entreprises, et de ce fait les prix ont tendance à diminuer pour les administrations publiques aussi. De
plus, le surcroît d’activité généré par les gains de pouvoir d’achat
des ménages, les investissements des entreprises, ou leurs profits qui s’accroissent, va avoir tendance à améliorer les recettes
fiscales.
chapitre 2 • Pourquoi la croissance est-elle instable ?

48

B. Une zone économique compétitive,
attractive et tournée vers l’extérieure

Doc. 4 • Productivité du travail selon le pays ou la zone
1. En 2010, en France, chaque heure travaillée créait en moyenne
40,33 € de richesses.
2. Entre 2001 et 2010, la productivité horaire a augmenté de
7,5 % dans la zone euro, contre 21 % aux États-Unis. Ainsi, l’efficacité du facteur travail a augmenté environ trois fois plus vite
aux États-Unis que dans la zone euro.
3. La zone euro bénéficie d’un avantage en termes de productivité par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (c’est-à-dire
elle-même et les autres pays développés à économie de marché).
Cependant, elle est encore en retard en termes de productivité
par rapport à la principale économie mondiale que constituent
les États-Unis.

(p. 126-127)

Doc. 1 • La rivalité Airbus-Boeing
1. Une filiale correspond à une unité de production bénéficiant
d’une autonomie juridique et dont le capital est contrôlé à plus
de 50 % par la maison mère.
2. Le principal concurrent d’Airbus est Boeing. Il s’agit, dans
le monde, des deux seuls avionneurs capables de proposer une
offre dans la totalité des segments de marché en matière de
construction aéronautique : petits porteurs, moyens porteurs,
gros porteurs, aviation militaire. On peut donc considérer qu’il
s’agit d’un marché en situation d’oligopole, ou plus précisément
de duopole.
3. La fusion en 1999 d’Aérospatiale-Matra et de DaimlerChrysler Aerospace a permis de regrouper des compétences,
d’occuper des segments de marchés qui jusque-là ne l’étaient
pas, et surtout de réaliser des économies d’échelle considérables, notamment en matière de recherche-développement. EADS constitue à cet effet un atout incontestable pour
l’Europe, puisqu’il s’agit d’une certaine manière d’une « vitrine »,
en termes d’innovation, mais également d’un leader mondial
sur un marché à très haute valeur ajoutée. Enfin, les territoires
accueillant les unités de production du groupe bénéficient également de retombées en termes d’activité, ce qui contribue au
dynamisme de ces zones.

Doc. 5 • Les échanges de services avec les États-Unis
1. En 2007, les entreprises de l’Union européenne (à 27) ont
fourni pour 505 milliards de dollars de services aux États-Unis.
2. 505 / 118 = 4,28 ; l’UE à 27 a fourni un montant de services
4,28 fois supérieur aux États-Unis que le Japon.
3. Depuis une vingtaine d’années, les échanges de services
tendent à prendre de plus en plus d’importance relativement au
commerce de marchandises (les échanges de services ne représentaient que 17  % des échanges au début des années 1990,
contre environ 30 % de nos jours). Or, l’UE à 27 représente le
principal fournisseur de services de l’économie américaine,
c’est-à-dire de la première puissance économique mondiale. On
peut ajouter également que les activités de services sont à plus
forte valeur ajoutée que les biens.

Doc. 2 • La place de l’Europe dans le commerce
international

Doc. 6 • Évolution des flux d’IDE entrants et sortants

1. En 2008, les pays européens exportaient entre eux pour
un montant de 4  695 milliards de dollars de marchandises.
Le commerce intrazone de marchandises s’élevait en Europe à
4 695 milliards de dollars.
En 2008, les pays européens ont réalisé un montant de
6 447 milliards de dollars d’exportation de marchandises.
2. Part de l’Europe : 6 447 / 15 717 = 41 %
Part de l’Amérique du Nord = 2 036 / 15 717 = 12,9 %
Part de l’Asie : 4 353 / 15 717 = 27,7 %
Ainsi, si on ajoute la part de l’Amérique du Nord à celle de l’Asie,
on retrouve la part dans le commerce mondial de marchandises
de l’Europe, soit environ 40 %.
3. Pour l’Europe : 72,3 %
Pour l’Asie : 50,1 %
Pour l’Amérique du Nord : 49,8 %
4. Au regard des données fournies et des calculs effectués,
on peut conclure que la zone économique la plus dynamique
en matière de commerce international semble être l’Europe,
puisqu’elle représente plus de 40 % des exportations mondiales,
soit la proportion cumulée de l’Asie et de l’Amérique du Nord.
Cependant, il s’agit de relativiser ce point de vue, dans la mesure
où il faut tenir compte pour l’Europe de l’importance du commerce intrazone qui représente plus de 70 % des échanges des
pays européens.
Par contre, l’Europe est bien la zone économique la plus intégrée au monde, puisque les échanges sont à plus de 70  %
intraeuropéens.

1. Les IDE correspondent à des flux de capitaux provoqués par des
entreprises développant leurs activités productives à l’étranger (les
flux d’IDE alimentent le stock d’IDE des firmes multinationales,
c’est-à-dire le stock de capital qu’elles détiennent à l’étranger).
2. En 2010, les agents économiques basés sur le territoire de
l’UE à 27 ont investi pour un montant de 436,7 milliards de dollars en dehors de l’UE, alors que les agents économiques résidant hors de l’UE à 27 y ont investi pour un montant de 302
milliards de dollars.
3. Le reflux important observé entre 2007 et 2009 (chute des
IDE sortants d’environ 1  000 milliards de dollars, d’environ
700 milliards de dollars pour les IDE entrants, pour les pays de
l’OCDE) s’explique par le contexte économique difficile, provoqué par la diffusion à l’ensemble des économies mondiales de la
crise des subprimes.
4. Peu importe l’année, l’UE constitue le principal pôle d’attraction des IDE dans le monde, puisque chaque année elle attire
environ la moitié des IDE se dirigeant vers les pays de l’OCDE,
pour un montant parfois environ deux fois supérieur à celui des
États-Unis. Concernant l’émission d’IDE, les pays membres de
l’UE ne sont pas en reste, puisque les entreprises résidant sur
son territoire sont également responsables, selon les années,
d’environ la moitié des flux d’IDE sortant des pays de l’OCDE,
toujours devant les États-Unis.

Entraînement
Question de cours. Au niveau microéconomique, c’est-à-dire
au niveau de l’entreprise, les leviers pour améliorer la productivité sont nombreux.
Tout d’abord, l’entrepreneur peut se concentrer sur la productivité du facteur travail. Pour améliorer l’efficacité de la maind’œuvre, il peut faire en sorte de mieux la former (investissement en capital humain), ou encore essayer de motiver ses
salariés en les payant mieux (notion de salaire d’efficience) ou
en améliorant leurs conditions de travail.
Ensuite, l’entrepreneur peut se concentrer sur le facteur capital
et investir dans du matériel plus performant (investissement de

Doc. 3 • La balance commerciale de l’UE
1. En 2010, les exportations des pays de l’UE s’élevaient à
1 348,8 milliards d’euros, pour des importations d’un montant
de 1 501,8 milliards d’euros. Ainsi, le déficit commercial de l’UE
s’établissait à environ 153 milliards d’euros.
2. Taux de couverture = (Exportations / Importations)*100.
En 2010 : (1 348 778 / 1 501 761)*100 = 89,8 %
3. Entre 2005 et 2010, les importations de l’UE sont toujours
supérieures aux exportations. Le solde extérieur est donc négatif, la balance commerciale est donc déficitaire.
chapitre 5 • Quelle est la place de l’Union européenne dans l’économie globale ?

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