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Michel Haar – Freud : Introduction à la psychanalyste

des deux sexes » (Avertissement à la Ire édition). Chacun de ces cours durait
deux heures environ, ce qui l’a contraint à se répéter pour que chaque leçon soit
compréhensible en elle-même. L’ensemble est long : 441 pages. Par là Freud a
voulu montrer qu’une démarche scientifique comme la sienne exige la prudence,
la précision et la minutie, un long temps passé avec la matière elle-même. Il se
garde de livrer d’un seul coup ses conclusions à ses auditeurs. Au contraire, il
les amène progressivement, – chaque leçon n’apportant qu’un petit nombre
d’éléments nouveaux, – à assimiler son [7] message. Il laisse très souvent les
résultats pour ainsi dire se dégager et s’imposer d’eux-mêmes à partir d’une
accumulation convergente de faits. Mais, dès le départ, il prend soin d’avertir
ses lecteurs de ses positions de base. Avant d’examiner celles-ci, prenons
conscience d’un point important, qui concerne la difficulté de tout exposé sur la
psychanalyse. Cette difficulté vient de ce qu’on énonce des hypothèses de base
comme des vérités a priori, alors qu’elles n’ont de valeur que parce qu’elles ont
été confirmées par un long travail sur des faits d’expérience.
La psychanalyse n’est pas un système philosophique. Pour elle la théorie ne
précède pas la pratique. Avant d’être une doctrine systématisable, elle a été et
demeure une certaine méthode pour guérir les maladies psychiques. L’originalité
de cette méthode de guérison, c’est de ne consister qu’en un échange de paroles
entre le malade et l’analyste. On trouvera plus loin (chapitre 7) les règles de la
cure psychanalytique. En tant que théorie, la psychanalyse se définit comme une
série d’hypothèses, qui d’abord n’ont servi à rendre compte que des phénomènes
se produisant au cours d’une cure, puis qui ont bouleversé la compréhension du
psychisme humain en général. Mais ces hypothèses restent susceptibles d’être
modifiées en face de faits nouveaux. Les théories exposées dans cette
Introduction ne représentent pas l’état définitif de la doctrine freudienne. Freud
sera amené à réviser celle-ci après 1920 pour des raisons qu’il ne nous est pas
possible d’exposer dans les limites de cet ouvrage. Toutefois, quelle que soit
l’importance de ces modifications, le noyau essentiel de la psychanalyse (tel
qu’il est exposé au chapitre I) ne sera pas remis en question. Il est clair donc que
la psychanalyse n’est pas une croyance, mais une science qui s’enrichit sans
cesse et comme telle promise sans doute à un grand avenir.
L’expérience sur laquelle se fonde cette science et qui était au départ celle
du médecin ayant à soigner des maladies psychiques, s’élargit ainsi
considérablement. Elle devient, selon le vœu même de Freud, l’expérience [8]
de tout homme, celle de l’individu normal. D’où l’intérêt énorme de la lecture
de Freud : apprendre à se connaître soi-même. « On apprend d’abord la
psychanalyse sur son propre corps, par l’étude de sa propre personnalité », dit
Freud (p. 9). D’ailleurs les notions de normal et d’anormal sont extrêmement
insuffisantes. Il faut savoir à ce propos que Freud a lui-même souffert d’une
névrose à une certaine époque de sa vie (peu avant 1900). Il reconnaît lui-même
l’existence d’un état névrotique dont il décrit les symptômes : changements
extrêmes d’humeur, dépression, angoisse devant la mort, devant les voyages,
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