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Lignes directrices
opérationnelles : l’évaluation
multisectorielle initiale
rapide
Juillet 2014

www.ifrc.org
Sauver des vies, changer les mentalités.

© Fédération internationale des Sociétés de
la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Genève, 2014
Cette publication peut être copiée en partie ou dans sa totalité
à des fins non commerciales, à condition que la source soit
clairement indiquée. Toute demande de reproduction devrait
être adressée au Secrétariat de la Fédération internationale
des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
(secretariat@ifrc.org).
Les opinions et recommandations formulées dans le présent
document ne représentent pas nécessairement la politique
officielle de la Fédération internationale ou des Sociétés
nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge. La
terminologie et les cartes utilisées n’impliquent en aucun cas
une quelconque prise de position de la part de la Fédération
internationale ou des Sociétés nationales quant au statut
juridique d’un territoire ou de ses autorités.
Sauf indication contraire, toutes les photos utilisées
sont la propriété de la Fédération internationale.

Photos de couverture (de gauche à droite) : Croix-Rouge de
l’Inde, Valérie Batselaere/IFRC, IFRC
Photos illustrant les chapitres : (1) Benoit Matsha-Carpentier/
IFRC ; (2) Tran Quang Tuan/Croix-Rouge du Viet Nam
Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation
multisectorielle initiale rapide
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Fax : +41 22 733 03 95
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Lignes directrices
opérationnelles : l’évaluation
multisectorielle initiale rapide
Juillet 2014

La Fédération internationale des Sociétés
de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
(Fédération internationale) est le plus
vaste réseau humanitaire de volontaires au
monde. Chaque année, avec ses 189 Sociétés
nationales membres dans le monde, elle
agit en faveur de 97 millions de personnes
par le biais de services et de programmes
de développement à long terme, ainsi que
de 85 millions de personnes, à travers des
opérations d’urgence en cas de catastrophe
et de relèvement précoce. Elle œuvre
avant, pendant et après les catastrophes
et les urgences sanitaires pour répondre
aux besoins et améliorer les conditions
d’existence des personnes vulnérables. Elle
le fait de façon impartiale, sans distinction
fondée sur la nationalité, la race, le genre,
les croyances religieuses, la classe sociale
ou les opinions politiques.

Guidées par la Stratégie 2020 – le plan
d’action collectif pour faire face aux défis
humanitaires majeurs et du développement
de la décennie – la Fédération internationale
et les Sociétés nationales sont déterminées à
« sauver des vies et changer les mentalités ».
La Fédération internationale et les Sociétés
nationales tiennent leur force de leur réseau
de volontaires, du savoir-faire acquis dans les
communautés, de leur indépendance et de leur
neutralité. Elles s’emploient à améliorer les
normes humanitaires, en tant que partenaires
du développement et en intervenant en cas
de catastrophe. Elles persuadent les décideurs
d’agir en toutes circonstances dans l’intérêt
des personnes vulnérables. Ce faisant, elles
rendent les communautés saines et sûres,
réduisent les vulnérabilités, renforcent la
résilience et encouragent une culture de paix
dans le monde entier.

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Table des matières

Table des matières
Glossaire 5
1. Introduction 6
1.1 Pourquoi des lignes directrices opérationnelles

sur les évaluations
1.2 À qui sont destinées ces lignes directrices
1.3 Quel est l’objectif de ces lignes directrices

et sur quoi ne portent-elles pas

7
8
8

2. Principes d’évaluation

10

2.1 Coordination

12

3. Les acteurs de l’évaluation et leur rôle
3.1 Acteurs externes
3.2 Acteurs internes
3.2.1 La Société nationale hôte
3.2.2 Mécanismes mondiaux de déploiement rapide

16
17
18
19
21

4. Équipe d’évaluation

24

5. Processus d’évaluation

26

5.1 Aperçu du processus d’évaluation et liens

avec le cycle de projet
5.2 Préparation à l’évaluation
5.3 Étape 1 : Définir les objectifs de l’évaluation
5.3.1 Exigences minimales en matière d’informations
5.3.2 Décisions et produits issus des évaluations
multisectorielles

5.4 Étape 2 : Données secondaires

27
30
30
32
35

37

5.4.1 Utilisation de données secondaires : objectifs

et produits des examens des données secondaires

37

5.4.2 Types de données secondaires
5.4.3 Organisation et gestion des données secondaires

39
40

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

5.5 Étape 3 : Données primaires
5.5.1 Planification de la collecte de données primaires

(visite sur le terrain)
5.5.2 Techniques de collecte de données primaires

43
47

5.6. Étape 4 : Recueillir de nouvelles données
secondaires

51

5.7 Étape 5 : Analyse

52

5.7.1 Principes clés de l’analyse

52

5.7.2 Étapes clés de l’analyse
5.7.3 Élaboration de scénarios
5.7.4 Analyse de l’intervention

53
54
63

5.8 Étape 6 : Comptes rendus et diffusion

4

43

65

Annexe 1 : Profil humanitaire

69

Annexe 2 : Sources de données secondaires

70

Annexe 3 : Guide de poche sur les informateurs clés

et l’observation directe

72

Annexe 4 : Exemple de scénario

74

Annexe 5 : Modèle de compte rendu

80

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Glossaire

Glossaire
Hypothèse : décrit la direction – positive ou négative en termes d’impact humanitaire – que peut prendre un facteur de changement. En déterminant l’évolution de
chaque facteur de changement, il est possible de produire un ensemble d’hypothèses.
Facteur de changement : facteur dont l’influence sur la direction que prendront les
événements est jugée déterminante.
Enquête sur les connaissances, les attitudes et les pratiques (CAP) : enquête
étudiant les connaissances, les attitudes et les pratiques d’une population dans un
certain domaine, par ex. l’hygiène.
Données primaires : données recueillies auprès de la source d’information n’ayant
pas été analysées avant d’être incluses dans l’évaluation.
Scénario : présentation d’autres évolutions possibles d’une situation. C’est un ensemble d’hypothèses éclairées portant sur une situation qui pourrait nécessiter une
action humanitaire.
Données secondaires : données recueillies dans un but différent que l’évaluation
actuelle (avant et/ou après l’événement).

5

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Introduction

6

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 1. Introduction

1. Introduction
1.1 Pourquoi des lignes directrices opérationnelles
sur les évaluations
Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
possède déjà des lignes directrices relatives aux évaluations1 et a investi
dans les formations dans tout son réseau. Cependant, les évaluations en
temps réel et les examens opérationnels ont indiqué que, dans la pratique, les évaluations des besoins restent difficiles. Plusieurs domaines
clés pourraient être améliorés, notamment :
ÌÌ la définition claire de l’objectif des évaluations ;
ÌÌ l’utilisation de méthodes adaptées à différents contextes ;
ÌÌ la définition des zones géographiques et des secteurs que les évaluations doivent couvrir ;
ÌÌ l’analyse et la diffusion suffisantes des résultats ;
ÌÌ le niveau adéquat de compétences et d’expérience des membres de
l’équipe d’évaluation.
De plus, les efforts interinstitutions2 visant à améliorer les évaluations
des besoins ont mené à insister sur des domaines spécifiques définis
comme faibles dans tout le secteur humanitaire, notamment :
ÌÌ le caractère opportun et pertinent des évaluations menant à des
prises de décisions ;
ÌÌ l’utilisation de données secondaires dans les évaluations ;
ÌÌ l’analyse des résultats dans le but de comprendre la gravité de la
situation et les interventions prioritaires.
Ces facteurs ont mis en évidence la nécessité pour la Fédération internationale d’élaborer ces lignes directrices opérationnelles, en s’appuyant
sur les Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence existantes.
Les présentes lignes directrices renforcent les meilleures pratiques
adoptées par les praticiens.

1
2

CICR et Fédération internationale (2005), Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence.
Le Comité permanent interorganisations (IASC) a développé les activités d’évaluation par l’intermédiaire de son Groupe de travail sur l’évaluation des besoins.

7

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

1.2 À qui sont destinées ces lignes directrices
Ces lignes directrices sont destinées au personnel de la Fédération
internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
(la Fédération internationale, qui englobe les Sociétés nationales et le
Secrétariat) chargé de planifier et de mettre en œuvre une évaluation
multisectorielle des besoins au cours des deux semaines qui suivent une
catastrophe. Plus précisément, elles sont destinées aux responsables
des opérations au sein des Sociétés nationales et du Secrétariat.

1.3 Quel est l’objectif de ces lignes directrices et sur
quoi ne portent-elles pas
Ces lignes directrices permettront aux utilisateurs de mener des évaluations multisectorielles dans le but de faire un état des lieux dans les
deux semaines qui suivent la survenue d’une catastrophe. Elles décriront le processus consistant à mener une évaluation rapide en insistant
sur les principales étapes.

Tableau 1 : Informations et analyses dont traiteront ces lignes
directrices opérationnelles

8

Catastrophe

-- Description de l’événement

Portée

-- Zones géographiques touchées

Ampleur

-- Nombre et pourcentage
de personnes touchées

Impact

-- Impact général de la catastrophe.
Personnes, biens et ressources
touchés par la catastrophe. Y
a-t-il une situation d’urgence 
? Si
oui, quelles sont ses principales
caractéristiques ?

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 1. Introduction

Ces lignes directrices préciseront en outre les objectifs, les techniques
de collecte de données et les sources de données à utiliser durant les
évaluations multisectorielles rapides. De plus, elles décriront clairement une méthode pour entreprendre une analyse de données, ainsi
que les décisions et les produits issus des évaluations multisectorielles.
Ces lignes directrices ne porteront pas spécifiquement sur les évaluations détaillées ou sectorielles, qui devraient se dérouler après la
période qui nous intéresse ici, à savoir les deux semaines suivant une
catastrophe. Les Lignes directrices pour l’évaluation des situations d’urgence
traitent des évaluations multisectorielles tandis que des outils peuvent
être utilisés pour entreprendre des évaluations sectorielles. L’évaluation
de la vulnérabilité et des capacités (EVC) est aussi souvent utilisée pour
décider des programmes de relèvement à mettre en œuvre à moyen et
à long terme.

9

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Principes
d’évaluation

10

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 2. Principes d’évaluation

2. Principes d’évaluation
Les Principes fondamentaux du Mouvement international de la CroixRouge et du Croissant-Rouge sous-tendent toutes les activités menées
par les Sociétés nationales et le Secrétariat. Ils constituent une base essentielle et indispensable pour réaliser des évaluations, mais plusieurs
autres principes pratiques devraient aussi être suivis, notamment :
ÌÌ définir clairement les objectifs de chaque évaluation et déterminer quels
produits et décisions seront fondés sur l’évaluation (par ex. si une intervention est nécessaire ; si des mécanismes mondiaux de déploiement
rapide sont nécessaires ; un plan d’action d’urgence ; une allocation
du Fonds d’urgence pour les secours lors de catastrophes (DREF) et/ou
un appel ; la définition des interventions prioritaires) ;
ÌÌ trouver un équilibre entre le temps à disposition et les informations qui
peuvent être recueillies. Bien savoir quelles informations doivent être
recueillies pour atteindre les objectifs de l’évaluation et lesquelles ne
seront pas utilisées ;
ÌÌ choisir des méthodes d’échantillonnage appropriées au vu des contraintes
de temps ;
ÌÌ faire passer l’accent de l’évaluation de la communauté aux individus et
accroître la participation au fil du temps ;
ÌÌ la nature continue des évaluations renforce la nature continue du processus. Il est donc important que la conception des évaluations ultérieures soit fondée sur les activités précédentes.

11

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

2.1 Coordination
La coordination des évaluations peut prendre différentes formes. Le diagramme 1 fournit un aperçu de ces approches.

Diagramme 1. Types d’évaluations
Non coordonnées
� Évaluations multiples
� Plusieurs méthodes utilisées – ensembles de
données non « transmissibles »

Coordination croissante

� Plusieurs rapports produits
Harmonisées
� Évaluations multiples
avec indicateurs communs
� Méthode unique – données comparables
� Rapport unique ou rapports multiples issus
d'une analyse commune
Conjointes (communes)
� Formulaire d'évaluation et processus
de collecte de données uniques
� Même méthode utilisée par tous
les partenaires
� Rapport unique
Les Sociétés nationales participent souvent à des évaluations menées
conjointement avec les composantes du Mouvement. Les différents rôles
joués durant ces évaluations devraient être fondés sur :
ÌÌ le mandat et la pratique de la Société nationale dans le pays ;
ÌÌ les mandats spécifiques des partenaires et leurs spécialités opérationnelles ;
ÌÌ l’Accord de Séville et ses Mesures supplémentaires ;
ÌÌ les Principes et règles régissant l’assistance humanitaire de la
Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ;

12

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Partie 2. Principes d’évaluation

ÌÌ le Code de conduite pour le Mouvement international de la CroixRouge et du Croissant-Rouge et pour les organisations non gouvernementales (ONG) lors des opérations de secours en cas de catastrophe ;
ÌÌ la Charte humanitaire et les standards minimums de l’intervention humanitaire du projet Sphère3 ;
ÌÌ les contraintes humaines et opérationnelles.
Les composantes du Mouvement sont encouragées à mener chaque fois
que possible ce type d’évaluations car celles-ci :
ÌÌ produisent un plus grand impact ;
ÌÌ réduisent la lassitude face aux évaluations ;
ÌÌ garantissent une utilisation rationnelle des ressources.
Les Sociétés nationales, en tant qu’auxiliaires des pouvoirs publics, sont
souvent invitées à participer à des évaluations conjointes et à des évaluations menées avec des partenaires externes. Cependant, il est important
de reconnaître qu’il n’est pas toujours souhaitable d’entreprendre une
évaluation coordonnée (harmonisée ou conjointe). Vous trouverez dans le
tableau 2 ci-dessous une liste des aspects positifs et négatifs des évaluations coordonnées4.

Tableau 2. Aspects positifs et négatifs des évaluations
coordonnées
Aspects positifs

Aspects négatifs

Améliorent la coordination et la
coopération en matière de planification
et de mise en œuvre des projets

La collaboration avec certains
partenaires dans certains contextes
peut constituer une menace accrue
pour la sécurité

Utilisation plus rationnelle
des ressources, de la logistique, du
personnel, etc.

La collaboration peut compromettre
les principes d’impartialité ou de
neutralité

L
e manuel Sphere for Assessments (2014), qui a été publié récemment, est fondé sur la conviction
que l’utilisation d’indicateurs communs dans une évaluation des besoins humanitaires contribuera à améliorer la cohérence et la coordination, à la fois au niveau national et dans le secteur
humanitaire en général.
4
Note : cette liste n’est pas exhaustive.
3

13

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Aspects positifs

Aspects négatifs

Réduisent l’éventuelle lassitude de la
population touchée face aux multiples
évaluations

Les partenaires peuvent avoir des
partis pris spécifiques ou être guidés
par leur mandat

Accroissent la couverture des
évaluations

L’organisation et le choix de la
méthode peuvent prendre plus de
temps

Il est important de déterminer s’il est approprié d’entreprendre des évaluations conjointes avec des partenaires extérieurs potentiels. L’encadré 1 présente une série de questions visant à évaluer l’utilité / la pertinence d’une
évaluation conjointe.

Encadré 1 : Questions visant à déterminer s’il est approprié
d’entreprendre une évaluation conjointe
ÌÌLes valeurs organisationnelles et les principes de travail sont-ils compatibles ?
ÌÌUne collaboration pourrait-elle compromettre les Principes fondamentaux,
en particulier la neutralité et l’impartialité ?
ÌÌLes organisations et/ou les individus sont-ils vus comme ayant des partis
pris ?
ÌÌL’organisation possède-t-elle des compétences, une expérience, des ressources (humaines et matérielles) spécifiques qui seraient utiles pour
l’évaluation ?
ÌÌLe partenariat améliorera-t-il l’efficience de l’évaluation ?
ÌÌLe partenariat permettra-t-il d’accroître la zone géographique ou la population couvertes ?

14

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 2. Principes d’évaluation

Indépendamment de la décision d’entreprendre une évaluation coordonnée ou non, il est important que les Sociétés nationales et le
Secrétariat soient au courant des autres évaluations réalisées. Cela peut
permettre d’éviter le chevauchement des efforts5 et d’assurer une couverture plus étendue de la zone sinistrée. Il est en outre important de
connaître les différents rôles que jouent les composantes du Mouvement
et d’autres acteurs dans les évaluations.

5

D
e nombreuses enquêtes ont révélé une certaine lassitude des populations sinistrées face aux
évaluations.

15

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Les
acteurs de
l’évaluation
et leur
rôle

16

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 3. Les acteurs de l’évaluation et leur rôle

3. Les acteurs de l’évaluation
et leur rôle
Souvent, de nombreux acteurs humanitaires interviennent en cas de
catastrophe ou de crise. Au lendemain d’une catastrophe, une des premières actions entreprises par les organisations consiste à mener une
évaluation initiale, qui donnera lieu à une analyse de la situation. Il est
donc important de connaître le rôle des différents acteurs externes afin
de pouvoir coordonner les actions. Par ailleurs, le Mouvement comprend
de nombreuses composantes qui peuvent réaliser des évaluations ; il
est donc essentiel de bien saisir le rôle que jouent les différentes composantes de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans une évaluation.

3.1 Acteurs externes
Le Comité permanent interorganisations (IASC) a défini les rôles spécifiques que jouent différents acteurs dans les évaluations, qui sont
résumés ci-dessous. Pour plus de détails, veuillez vous référer au Guide
opérationnel pour la coordination des évaluations lors de crises humanitaires de
l’IASC.
Autorités publiques : elles jouent souvent un rôle directeur dans les
évaluations des besoins, dans la mesure où elles sont les principales
responsables de la fourniture d’une assistance humanitaire à leur
propre population. Elles appellent souvent à la réalisation d’évaluations conjointes avec la Société nationale, les ONG et les institutions des
Nations Unies.
Coordonnateur humanitaire : soutenu par le Bureau de la coordination
des affaires humanitaires (OCHA), il est chargé de coordonner les évaluations d’urgence entre les secteurs / groupes sectoriels au niveau du
pays, et de déterminer si les principales parties prenantes, y compris le
gouvernement, s’investissent suffisamment 6.

6

IASC (2012), Guide opérationnel pour la coordination des évaluations lors de crises humanitaires.

17

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Chefs de file de secteurs / groupes sectoriels7 : ils sont responsables, au
niveau des pays, de la coordination des évaluations et analyses sectorielles. Les organisations chefs de file sont aussi chargées de participer à
la coordination des évaluations intersectorielles 8.
Organisations individuelles : elles sont chargées de soutenir les évaluations conjointes et/ou d’harmoniser leurs évaluations individuelles.

3.2 Acteurs internes
Plusieurs acteurs et outils internes au Mouvement contribuent aux processus d’évaluation. Leur rôle et leurs responsabilités doivent être clairement définis et bien compris par les acteurs du Mouvement afin de
garantir que leurs évaluations sont menées de façon efficace et selon
des critères internationaux acceptables.
Le diagramme 2 illustre les moments où il est possible d’actionner les
mécanismes mondiaux de déploiement rapide pour procéder à des
évaluations multisectorielles des besoins, ainsi que le type de données qu’ils sont les plus susceptibles de recueillir et d’utiliser. Cette
chronologie n’est fournie qu’à titre indicatif et variera en fonction des
contextes d’urgence.


En cas de catastrophe naturelle, la Fédération internationale joue souvent le rôle de chef de file

7

8

18

du groupe sectoriel du logement. Elle doit donc diriger les évaluations dans ce domaine et peut
devoir contribuer aux processus d’évaluation intersectoriels.
IASC (2012), Guide opérationnel pour la coordination des évaluations lors de crises humanitaires.

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 3. Les acteurs de l’évaluation et leur rôle

Diagramme 2. Chronologie de la mobilisation des mécanismes
de déploiement rapide à des fins d’évaluation et type de
données utilisées
Données
secondaires

Mécanismes de déploiement rapide

HEOp

FACT

Données secondaires
principalement, peu de
données primaires

RDRT

Données secondaires
principalement, peu de
données primaires

NDRT

Données secondaires et données primaires

Données secondaires et données primaires

BDRT
24 h.

48 h.

1 semaine

2 semaines

Chronologie

3.2.1 La Société nationale hôte
La Société nationale du pays sinistré a un rôle clé à jouer dans la réalisation d’évaluations multisectorielles des besoins. Le rôle de la Société
nationale est décrit dans le document Mise en œuvre d’un mécanisme national de préparation aux catastrophes et d’intervention : lignes directrices à
l’intention des Sociétés nationales. Le tableau 3 présente un aperçu du rôle
et des responsabilités de la direction, des responsables et des équipes
opérationnelles de la Société nationale.

19

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Tableau 3. Rôles et responsabilités de la Société
nationale concernée
Direction

ÌÌAssurer le déploiement opportun de l’équipe
d’évaluation.
ÌÌGarantir que la composition de l’équipe est adaptée
au contexte et aux besoins.
ÌÌCommuniquer les conclusions de l’évaluation à
l’échelon international.
ÌÌVeiller à ce que les informations recueillies durant
l’évaluation soient utilisées et diffusées de façon
responsable et professionnelle, en suivant les voies
établies.

Directeurs / chefs des
opérations / chefs
de la gestion des
catastrophes

ÌÌParticiper à l’élaboration des mandats et fournir des
conseils sur la composition de l’équipe d’évaluation.
ÌÌVérifier que la méthodologie est adaptée au contexte.
ÌÌAider à repérer et à recruter les membres de l’équipe
d’évaluation.

Équipes
opérationnelles
(NDRT / BDRT)

ÌÌParticiper au processus d’évaluation conformément
au mandat préétabli.
ÌÌS’assurer que les informations recueillies durant
l’évaluation sont utiles pour le contexte.
ÌÌUtiliser des méthodes et des outils d’évaluation internationalement reconnus.
ÌÌCoordonner et partager les informations avec les autres acteurs locaux clés.

Adapté de : Mise en œuvre d’un mécanisme national de préparation aux catastrophes et d’intervention : lignes directrices à l’intention des Sociétés nationales.

20

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 3. Les acteurs de l’évaluation et leur rôle

3.2.2 Mécanismes mondiaux de déploiement rapide
Au cours des deux premières semaines d’une situation d’urgence, les
Sociétés nationales peuvent faire appel aux mécanismes mondiaux de
déploiement rapide suivants pour les évaluations :
Société nationale participante
Les Sociétés nationales participantes disposent souvent de représentants
dans le pays touché. Leurs délégués ou représentants peuvent aider la
Société nationale hôte à entreprendre des évaluations, notamment en participant à la collecte de données secondaires, à l’analyse des données et
aux visites de terrain dans les zones touchées. De plus, la Société nationale participante fournit souvent du personnel à l’appui du déploiement
d’équipes d’évaluation et de coordination sur le terrain (FACT).
Équipe régionale d’intervention d’urgence (RDRT)
Ces équipes sont composées d’experts techniques et de spécialistes de la
gestion des catastrophes hautement qualifiés dans différents domaines de
l’action humanitaire, issus de Sociétés nationales. Ils sont sélectionnés et
formés aux normes de la Fédération internationale afin de constituer un
instrument d’intervention supplémentaire pour les Sociétés nationales qui
font face à des situations d’urgence et ont besoin de ressources humaines
qualifiées supplémentaires.
Au fil du temps, les RDRT ont eu différents rôles et responsabilités, notamment dans les domaines de l’évaluation, de la coordination et de la mise en
œuvre. Des travaux sont actuellement en cours pour clarifier leur mandat,
notamment leur rôle dans les évaluations et leurs liens avec les outils mondiaux et nationaux d’intervention en cas de catastrophe.
Équipe d’évaluation et de coordination sur le terrain (FACT)
Les équipes FACT sont déployées pour les catastrophes de moyenne à
grande ampleur, à la demande de la Société nationale concernée. Elles sont
souvent composées de différents experts sectoriels et d’un chef d’équipe
chargé de coordonner les mécanismes de la Fédération internationale et
d’évaluer la situation. En raison de ce double mandat et du temps restreint
à disposition en cas de catastrophe, les équipes FACT utiliseront principalement des informations issues d’évaluations préexistantes (données

21

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

secondaires) réalisées par des composantes du Mouvement et d’autres
acteurs, pour effectuer une analyse qui détermine le degré de priorité des
besoins de la population touchée par la catastrophe.
Chefs des opérations d’urgence (HEOp)9
Les HEOp sont des personnes ayant une grande expérience de la gestion
des catastrophes. Ils peuvent être déployés partout dans le monde pour diriger les interventions d’urgence majeures de la Fédération internationale
en cas de catastrophe. Ils assurent la direction stratégique des opérations
dirigées par le Secrétariat, y compris les évaluations multisectorielles. Ils
ont pour fonction de comprendre le contexte où l’opération se déroule, et
de fournir une vision d’ensemble et le cadre stratégique où les évaluations
multisectorielles et les opérations se dérouleront.
Unité d’intervention d’urgence (ERU)
Une ERU est un outil d’intervention rapide composé de personnel spécialisé et, si nécessaire, d’équipement. Ces unités peuvent être déployées pour
les catastrophes soudaines ou à évolution lente, dans des secteurs tels que
les soins de santé d’urgence, l’eau et l’assainissement, la logistique, l’informatique et les télécommunications, ainsi que les secours. Elles peuvent
être déployées jusqu’à quatre mois et, selon le type d’événement, elles sont
appelées à intervenir par une équipe FACT, un HEOp ou un responsable de
la gestion des catastrophes du bureau de zone. Elles travaillent souvent
en étroite collaboration avec les équipes FACT, les RDRT et le personnel
et les volontaires de la Société nationale concernée. Elles ont notamment
pour mission de contribuer en permanence au processus d’évaluation et
d’adapter leurs opérations en conséquence.
Après les deux premières semaines de la phase d’urgence, la Société nationale peut faire appel à des capacités de renfort supplémentaires en matière
d’évaluation :
Équipe à déploiement rapide de la Fédération pour le relèvement précoce (FERST)
Le personnel des FERST peut être déployé en tant qu’équipe, à titre individuel ou en complément à des capacités internationales de renfort ou à des

I nstructions permanentes mondiales de la Fédération internationale pour l’intervention en cas
de catastrophe (en cours d’élaboration).

9

22

Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Partie 3. Les acteurs de l’évaluation et leur rôle

capacités nationales. Les FERST s’efforcent d’apporter leurs compétences
et leur soutien à la conduite d'évaluations détaillées et multisectorielles, à
l’analyse et à la planification des programmes, et à l’intégration, à un stade
précoce, de principes garantissant des programmes de qualité (tels que
l’intégration et la participation) dans les opérations. Plus précisément, le
personnel des FERST est souvent déployé pour réaliser des évaluations détaillées à la suite de l’évaluation initiale rapide menée par les mécanismes
nationaux ou internationaux de déploiement rapide, produire une liste des
interventions possibles dans chaque secteur technique, et contribuer aux
programmes, activités et plans existants sur la base des conclusions des
évaluations.
Équipe Sécurité économique des ménages
La Fédération internationale a un accord formel avec la Croix-Rouge britannique par lequel elle peut utiliser son équipe Sécurité économique des
ménages (Household Economic Security – HES) en complément aux divers outils de renfort internationaux (FERST, FACT, etc.) ou à titre individuel, dans
le cadre d’une collaboration directe avec la Société nationale. Les membres
de la HES sont des experts ayant des compétences en matière d’évaluation,
d’analyse, et de planification et de mise en œuvre de programmes, dans les
domaines de la sécurité alimentaire, des programmes d’aide aux moyens
de subsistance et des programmes de transferts monétaires.
Équipe technique chargée du logement
Les équipes techniques chargées du logement (Shelter Technical Team –
STT) sont un outil d’intervention rapide composé de personnel spécialisé
dans le domaine du logement. Une équipe peut être composée d’un ou
de plusieurs membres et être déployée après des catastrophes soudaines
ou latentes dans le secteur du logement. Cette équipe, suivant le type et
l’ampleur de la catastrophe, intervient à la demande des équipes FACT,
des HEOp ou d’un responsable de la gestion des catastrophes du bureau
de zone. Les STT travaillent souvent en étroite collaboration avec les
équipes FACT chargées des abris d’urgence, les ERU secours et logistique,
les RDRT chargées des abris d’urgence et le personnel et les volontaires
de la Société nationale concernée. Une STT a notamment pour mission
de contribuer de façon continue au processus d’évaluation (sectorielle
ou multisectorielle, mettant l’accent sur le logement) et d’ajuster le volet
« logement » de l’opération en conséquence.

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Operational guidance: initial rapid multi-sectoral assessment

Équipe
d’évaluation

24

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Partie 4. Équipe d’évaluation

4. Équipe d’évaluation
La structure définitive de l’équipe d’évaluation requise variera en fonction de la taille de l’évaluation entreprise, du type de crise et du contexte
où l’évaluation est menée. La composition de l’équipe devrait être définie
en fonction des circonstances de chaque évaluation, en prenant en considération :
ÌÌ l’ampleur de la catastrophe ;
ÌÌ les objectifs et la portée de l’évaluation ;
ÌÌ le type d’informations qu’il faut recueillir ;
ÌÌ la source des informations ;
ÌÌ les méthodes de collecte de données choisies ;
ÌÌ les ressources disponibles dans le pays ;
ÌÌ les conditions de sécurité.
Les équipes peuvent être composées de membres du personnel et de
volontaires de la Société nationale, de capacités de renfort de la Société
nationale (BDRT ou NDRT par exemple) et de capacités mondiales de
déploiement rapide. Il est cependant important de disposer d’un chef
d’équipe dont les fonctions seront les suivantes :
ÌÌ mobiliser les ressources nécessaires (matérielles, humaines et financières) ;
ÌÌ encourager les parties prenantes à participer à l’évaluation (lorsqu’il
est décidé de mener une évaluation interne au Mouvement ou une
évaluation conjointe) ;
ÌÌ faciliter le consensus au sujet des objectifs, des besoins en informations et de la portée du processus ;
ÌÌ gérer les attentes relatives aux résultats de l’évaluation (en étant
réaliste au sujet de ce qu’il est possible de faire étant donné les
contraintes de temps et les ressources à disposition) ;
ÌÌ favoriser et garantir l’utilisation des données pour la prise de décisions ;
ÌÌ faire en sorte que les objectifs et les délais de l’évaluation soient respectés ;
ÌÌ veiller à ce que la supervision et les normes techniques nécessaires
au succès de l’évaluation soient en place ;
ÌÌ permettre aux membres de l’équipe de contribuer à l’analyse de la
situation en élaborant des scénarios.

25

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Processus
d’évaluation

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Partie 5. Processus d’évaluation

5. Processus d’évaluation
5.1 Aperçu du processus d’évaluation et liens avec le
cycle de projet
Les évaluations des besoins font partie du cycle de projet / programme.
Selon le diagramme 3, les évaluations (appréciation initiale) sont la première étape du cycle de projet, durant laquelle les informations recueillies et analysées sont utilisées pour planifier une intervention10.
Dans une situation d’urgence, le temps est limité et il est donc souvent
nécessaire et possible de planifier et de commencer à mettre en œuvre
une intervention en parallèle, en utilisant les ressources disponibles
(par ex. stocks constitués dans le pays). Cependant, il est important
d’élaborer un plan d’action d’urgence afin de garantir la clarté et la redevabilité de l’intervention d’urgence11. Dans les situations qui évoluent
rapidement, il peut aussi être nécessaire de réaliser des évaluations de
suivi avant la planification et la mise en œuvre.

Diagramme 3. Le cycle de projet / programme12
Appréciation
initiale

Évaluation

Planification

Mise en œuvre
et suivi

Dans ce cas, élaborer un plan d’action d’urgence.
L e recours au DREF et aux appels d’urgence requiert la production d’un plan d’action d’urgence.
Voir  : Planification de projet / programme : manuel d’orientation et le Guide pour le suivi et l’évaluation de
projets / programmes (disponibles sur : www.ifrc.org/mande).

10
11

12

27

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Les évaluations multisectorielles, comme les autres évaluations, suivent
un processus. Le diagramme 4 décrit le processus suivi par une évaluation multisectorielle.

Diagramme 4. Le processus des évaluations multisectorielles
Étape 1 : Définir
l’objectif

Étape 2 : Recueillir
et analyser
les données
secondaires

Étape 3 : Recueillir
des données
primaires en
effectuant des visites
sur le terrain

Étape 4 : Recueillir de
nouvelles données
secondaires
Étape 6 :
Compte rendu,
planification et
diffusion

Étape 5 : Analyse

Étape 1. Définir les objectifs de l’évaluation : les objectifs doivent être
indiqués dans les cahiers des charges et présenter clairement les cibles
et les produits attendus, par ex. un rapport d’évaluation, un plan d’action d’urgence et/ou un document à l’appui d’un appel d’urgence (voir
section 5.3).
Étape 2. Rassembler et analyser les données secondaires disponibles :
les données secondaires13 peuvent provenir de diverses sources durant
une crise ou une catastrophe. Elles sont utilisées dans deux buts :
ÌÌ analyser la situation ;
ÌÌ repérer les informations manquantes et qui doivent donc être obtenues en effectuant des visites sur le terrain dans la zone sinistrée.

13

28

Vous trouverez une définition du terme « données secondaires » dans le glossaire.

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Partie 5. Processus d’évaluation

Étape 3. Planifier et mener des visites sur le terrain afin de recueillir des
données primaires : les données primaires sont recueillies directement
par la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge durant ou immédiatement
après une crise ou une catastrophe. Elles peuvent être obtenues à l’aide
de différentes techniques.
Étape 4. Recueillir les nouvelles données secondaires : à mesure que le
temps passe et que la communauté humanitaire met une intervention
en place, de nouvelles données secondaires sont produites et doivent
être rassemblées et analysées.
Étape 5. Combiner toutes les données secondaires avec les données primaires recueillies lors des visites sur le terrain : l’analyse des données
secondaires et primaires permet de bien comprendre la situation et de
trianguler les informations14.
Étape 6. Rédiger et diffuser un rapport d’évaluation et d’autres produits,
en fonction du mandat de l’évaluation (par ex. un plan d’action d’urgence) : un rapport d’évaluation devrait décrire la portée et l’ampleur du
problème, les besoins prioritaires et les informations manquantes. Le
plan d’action d’urgence devrait décrire l’intervention prévue.
Étape 7. Répéter le processus, en prenant plus de temps et en recueillant
davantage de données primaires : sur la base des nouvelles lacunes et
des nouveaux besoins recensés, commencer par fixer les objectifs d’une
nouvelle évaluation. Utiliser l’analyse existante issue de l’évaluation
multisectorielle en tant que donnée secondaire pour guider la planification et la mise en œuvre de cette nouvelle évaluation.

La triangulation consiste à recueillir des données auprès de plus d’une source afin de vérifier si

14

elles sont fiables.

29

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

5.2 Préparation à l’évaluation
De nombreuses activités peuvent permettre à la Fédération internationale d’être mieux préparée à entreprendre une évaluation, et ainsi de
pouvoir adopter une approche plus rationnelle et efficace des évaluations multisectorielles. La préparation aux évaluations consiste à :
ÌÌ inclure des évaluations dans les plans d’urgence nationaux ou des
régions / districts, notamment pour définir les rôles et les responsabilités des composantes du Mouvement et des partenaires externes
lorsque des évaluations coordonnées sont prévues ;
ÌÌ convenir à l’avance de modèles et de listes de contrôle pour la
collecte de données. Des ajustements peuvent être apportés rapidement aux documents existants pour répondre aux problèmes
propres au contexte ;
ÌÌ former le personnel aux techniques de collecte de données et à l’utilisation de modèles ou de listes de contrôle des évaluations ;
ÌÌ former le personnel à l’élaboration de scénarios comme outil d’analyse clé à utiliser au cours des deux semaines qui suivent une catastrophe ;
ÌÌ la préparation des données est un aspect clé de la préparation
aux évaluations. Il est possible de recueillir, avant une situation
d’urgence, des informations utiles qui peuvent permettre de comprendre le contexte du pays ou de la région frappés par une catastrophe. Ces informations peuvent être utilisées pour comprendre
les vulnérabilités existantes et comment elles peuvent avoir été
exacerbées par la catastrophe ou la crise. L’annexe 2 présente des
informations qui devraient être disponibles dans le pays avant une
situation d’urgence, ce qui permet de réduire le temps nécessaire
pour recueillir des données après une crise.

5.3 Étape 1 : Définir les objectifs de l’évaluation
Une évaluation multisectorielle peut être entreprise pour diverses raisons, notamment :
ÌÌ si un choc ou une catastrophe s’est produit(e), par ex. un tremblement
de terre, des inondations, une action militaire, etc. ;
ÌÌ si une crise latente évolue, par ex. instabilité politique ou sécheresse ;
ÌÌ si davantage d’informations sont nécessaires sur une situation spécifique.

30

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Partie 5. Processus d’évaluation

Il n’est pas toujours approprié ou possible d’entreprendre une évaluation
multisectorielle car :
ÌÌ de nombreuses organisations mènent peut-être déjà des évaluations ;
ÌÌ il n’est pas prévu d’intervenir ;
ÌÌ les informations existantes (informations secondaires) suffisent ;
ÌÌ la zone touchée est inaccessible ;
ÌÌ on en sait suffisamment sur la situation pour planifier une évaluation plus approfondie.
Cependant, lorsqu’il est décidé d’entreprendre une évaluation multisectorielle, il est important que les objectifs soient clairs. De plus, il faut
savoir quels produits et décisions découleront de l’évaluation.

Tableau 4. Exigences minimales à inclure dans le mandat
d’une évaluation multisectorielle
Sujet

Exemples

Objectifs généraux

Évaluer :
ÌÌles besoins prioritaires de la population touchée
issus de la situation d’urgence ;
ÌÌles mécanismes d’adaptation de la population
touchée suite à la situation d’urgence ;
ÌÌles capacités d’intervention institutionnelles (par
ex. gouvernement, Croix-Rouge et CroissantRouge, Nations Unies, ONG) ;
ÌÌles risques et les menaces qui pèsent sur la
population touchée.

Portée / couverture
géographique

ÌÌZones touchées / épargnées ; zones directement / indirectement touchées ;
ÌÌZones rurales / urbaines, zones montagneuses
/ fluviales, côtières
ÌÌUnités administratives X, Y, Z (provinces, départements, districts, etc.)

31

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Sujet

Exemples

Groupes cibles

15

ÌÌPopulation non déplacée
ÌÌDéplacés internes
ÌÌRéfugiés

Secteurs

ÌÌSanté
ÌÌAlimentation et nutrition
ÌÌEau, assainissement, hygiène
ÌÌLogement et articles non alimentaires

Décisions soutenues et
calendrier

ÌÌDREF, plan d’action d’urgence, appel d’urgence,
capacités de déploiement rapide, etc.
ÌÌConclusions intermédiaires et rapport final
présentés en temps voulu
ÌÌFréquence des rapports (par ex., tous les 2-3
jours, etc.)

Une fois qu’un mandat assorti d’objectifs clairs est rédigé, il est possible
de définir exactement les informations nécessaires pour l’évaluation. Il
convient de relever que ces informations peuvent provenir de sources de
données secondaires ou primaires.

5.3.1 Exigences minimales en matière d’informations
Le tableau 5 présente les exigences minimales en termes d’informations
à recueillir au cours des deux premières semaines d’une crise. Il est
évident que toutes les informations ne sont pas disponibles immédiatement et que, avec le temps, en raison de l’évolution souvent rapide d’une
situation, les chiffres peuvent changer. C’est l’une des raisons pour lesquelles une évaluation continue est requise.
Pour les indicateurs spécifiques liés au type d’informations figurant
dans le tableau 5, veuillez vous référer au modèle de compte rendu de
suivi de la mise en œuvre du plan d’action d’urgence de la Fédération.15

15

L’annexe 1 présente le profil humanitaire qui est l’outil standard pour définir les populations
touchées par les situations d’urgence.

32

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Partie 5. Processus d’évaluation

Tableau 5. Liste de contrôle des informations minimales
requises au cours des deux premières semaines d’une
situation d’urgence
Catégorie

Type d’informations

Généralités

Nombre de personnes vivant dans la zone touchée
Nombre de personnes touchées (ventilées par sexe, âge et
handicap si possible)
Nombre de personnes tuées
Nombre de personnes blessées
Caractéristiques socio-économiques de la population (taux
d’alphabétisation, activité économique, etc.)
Caractéristiques socioculturelles de la population (groupe
ethnique, langue, religion, etc.)
Vulnérabilités actuelles connues
Profil des moyens de subsistance (fermiers, agropastoralistes,
bergers, activités urbaines, etc.)
Organes de coordination existants (ministères, ONG, groupe
sectoriel) et capacités d’intervention
Contraintes opérationnelles : transport, routes, communications, etc.
Contexte de sécurité

Santé

Statut sanitaire et nutritionnel
ÌÌProfil sanitaire et nutritionnel de la population touchée
ÌÌMaladies transmissibles endémiques
Accès aux services de santé et de nutrition
ÌÌDistance jusqu’aux dispensaires et hôpitaux
ÌÌFrais pour les usagers
Disponibilité des services de santé et de nutrition
ÌÌDommages aux infrastructures de santé et de nutrition
ÌÌDisponibilité des médicaments et des réserves de vivres dans
les centres
ÌÌCapacité d’intervention du gouvernement et d’autres organisations face à la crise sanitaire et nutritionnelle

Eau et
assainissement

Accès à l’eau et à l’assainissement
ÌÌDistance jusqu’aux sources d’eau
ÌÌDistance jusqu’aux latrines
ÌÌFrais pour les usagers
ÌÌCapacité de stockage et qualité de l’eau

33

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Catégorie

Type d’informations

Eau et
assainissement

Disponibilité de l’eau et de l’assainissement (approvisionnement)
ÌÌSources d’eau (cours d’eau, lac, puits)
ÌÌQuantité d’eau par personne et par jour
ÌÌQualité (potable, protégée ou non)
ÌÌLatrines ou lieux de défécation par communauté
ÌÌLatrines privées ou communautaires
ÌÌArticles (savon, etc.) et pratiques d’hygiène
ÌÌCapacité d’intervention du gouvernement et d’autres organisations face à une situation d’urgence liée à l’eau et à l’assainissement

Alimentation
et nutrition

Accès à la nourriture
ÌÌSystèmes de distribution et capacités des marchés, et accès
de la population à ces marchés
ÌÌAccès de la population à des activités génératrices de revenus normales
ÌÌMécanismes d’adaptation de la population et comment ils
peuvent avoir été perturbés par les événements
Disponibilité de la nourriture
ÌÌImpact attendu sur la production locale de nourriture
ÌÌTaux probable de diminution des stocks des ménages
ÌÌCapacité du gouvernement et d’autres organisations de
compléter les mécanismes des marchés et les mécanismes
d’adaptation

Logement et
articles non
alimentaires

Accès au logement
ÌÌType d’hébergement
ÌÌStructures communautaires clés
ÌÌNature des dégâts aux logements
ÌÌType d’abri utilisé en cas de catastrophe (tentes, bâtiments
scolaires, etc.)
ÌÌAccès aux articles non alimentaires (combustible, fourneaux,
couvertures, etc.)
Disponibilité des abris d’urgence
ÌÌDisponibilité de matériaux de construction d’abris sur le marché, notamment bâches en plastique, tentes, etc.
ÌÌDisponibilité de bâtiments publics pouvant servir d’abris
ÌÌCapacité d’intervention du gouvernement et d’autres organisations en cas de crise liée au logement

34

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Partie 5. Processus d’évaluation

5.3.2 Décisions et produits issus des évaluations multisectorielles
Quelles que soient les capacités de déploiement rapide utilisées, il est
important que la Société nationale reste au centre du processus de prise
de décisions. Toutes les évaluations réalisées devraient donc aider les
dirigeants de la Société nationale du pays touché à prendre des décisions. Tous les mécanismes mondiaux de déploiement rapide ont donc
pour fonction de contribuer à la prise de décisions de la Société nationale hôte.
Une fois qu’une évaluation multisectorielle est terminée, la direction
de la Société nationale doit décider si elle veut intervenir et comment.
Les décisions qu’elle doit étudier avec soin et prendre sont décrites à
l’encadré 2.

Encadré 2. Décisions que la direction de la Société nationale
doit prendre après une évaluation multisectorielle
ÌÌFait-on face à une situation d’urgence ? Si oui, quels sont les besoins prioritaires à satisfaire ?
ÌÌLa Société nationale a-t-elle les capacités nécessaires (humaines, matérielles et financières) pour répondre à la situation d’urgence ?
ÌÌSi une assistance internationale est requise, le gouvernement approuverat-il ?
ÌÌQuel est le type d’assistance internationale dont la Société nationale a besoin ? Financière, humaine ou matérielle ?
ÌÌLa Société nationale a-t-elle besoin d’une assistance financière du DREF ?
ÌÌLa Société nationale doit-elle lancer un appel d’urgence ?
ÌÌLa Société nationale a-t-elle besoin de capacités de renfort (ressources
humaines) de la Fédération internationale et de quel type ?
ÌÌLa Société nationale a-t-elle besoin de ressources matérielles en plus des
stocks existants, de quoi et en quelle quantité ?

35

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Diagramme 5. Évaluations multisectorielles des besoins, prise
de décisions et produits associés
Catastrophe
soudaine ou annonce
officielle d’une catastrophe
latente, par ex. épidémie,
sécheresse, etc.

Rapport d’évaluation,
DMIS, rapport de terrain,
demande de DREF, plan
d’action, propositions
de financement, appel
d’urgence national ou
international

Rapport d’évaluation, plan
d’action révisé et appel
d’urgence national ou
international, propositions
de financement

Besoin ou non de
sensibilisation,
d’intervention préventive
ou de réduction des
risques de catastrophe

Intervention requise ou non,
ampleur de l’intervention,
secteurs, renforts
nécessaires ou non

Secteurs prioritaires,
ampleur de l’intervention,
portée géographique, type
de renforts nécessaires

Internet, médias, systèmes
d’alerte précoce

Internet, médias, Nations
Unies, ONG et rapports du
gouvernement, entretiens
avec des informateurs clés,
observation directe

Internet, médias, Nations
Unies, ONG et rapports du
gouvernement,
entretiens avec des
informateurs clés,
observation directe

Données secondaires

Données secondaires et
primaires

Données secondaires et
primaires

Suivi de la situation

Évaluation initiale rapide

Évaluation rapide

Rapport d’évaluation,
sensibilisation, DREF,
appel d’urgence

-1 mois

0

48 h.

2 semaines

Il est important de relever que la chronologie du diagramme 5 n’est
fournie qu’à titre indicatif. Cependant, il convient aussi de reconnaître
qu’il est essentiel que les évaluations soient menées au bon moment
pour garantir une prise de décision opportune, afin de structurer l’intervention et de répondre aux besoins les plus urgents des populations
touchées. La production de rapports d’évaluation en temps voulu permettra en outre de lever plus rapidement des fonds et de définir plus
rapidement les besoins.

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Partie 5. Processus d’évaluation

Chronologie de l’intervention en cas de catastrophe

Rapports d’évaluation, plan
d’action révisé et appel d’urgence
national ou international

Rapports d’évaluation, mise à jour
du plan d’action, rapports aux
donateurs

Produits de
l’évaluation

Priorités dans les secteurs, aide
au relèvement ou non

Ajustement du programme

Décisions
prises

Internet, rapports du
gouvernement, entretiens
avec des informateurs clés,
observation directe, discussions
de groupes de réflexion

Rapports de suivi, rapports
du gouvernement, entretiens
avec des informateurs clés,
observation directe, discussions
de groupes de réflexion

Sources
potentielles de
données

Données secondaires et
primaires

Données secondaires et
primaires

Données
utilisées

Évaluations sectorielles et
évaluation du relèvement

Suivi des programmes et de la
situation

Type
d’évaluation

1 mois

6 mois

5.4 Étape 2 : Données secondaires16
L’examen et l’analyse des données secondaires sont une étape clé des
évaluations multisectorielles. L’accès aux données secondaires est, relativement récemment, devenu plus simple, en raison de progrès technologiques tels qu’Internet.

5.4.1 Utilisation de données secondaires : objectifs
et produits des examens des données secondaires
Plusieurs objectifs et produits peuvent être générés à partir des examens de données secondaires, notamment :
16

Cette section s’inspire en grande partie de : ACAPS, Technical Brief on Secondary Data Review.

37

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

ÌÌ réaliser une analyse plus claire, plus détaillée et à jour de la situation au niveau local avant la crise. Elle fournira des informations
générales sur la zone touchée, les groupes d’intérêt, les risques et
les vulnérabilités ainsi que des informations sectorielles sur la situation avant la catastrophe ;
ÌÌ faciliter l’identification du type de problèmes et de l’endroit où ils
peuvent se trouver (fournira une description du type de problèmes
et des explications plausibles sur la nature et les causes de l’impact
de la catastrophe, ainsi que les menaces secondaires associées) ;
ÌÌ fournir une partie de la base de référence avec laquelle comparer les
résultats de la collecte de données primaires17 ;
ÌÌ repérer les informations manquantes et définir le meilleur moyen
d’accéder à ces informations (par ex. déterminer si une évaluation
rapide est nécessaire, les besoins en informations, etc.) ;
ÌÌ mettre en place des collectes ultérieures de données primaires et
déterminer quels sites visiter. Cela fournira des informations supplémentaires qui peuvent être utilisées pour diviser la zone en
segments relativement homogènes (économie alimentaire, zones
rurales / urbaines, zones côtières / montagneuses, déplacés internes
/ population non déplacée, etc.).

Tableau 6. Les différents types de données secondaires et
exemples de sources
Informations secondaires sur la situation Informations secondaires
avant la catastrophe
sur la situation de crise

ÌÌEVC des Sociétés nationales
ÌÌInstitutions nationales (ministères,
instituts de recherches, universités,
etc.)
ÌÌEnquêtes étendues (démographiques et sanitaires, sectorielles à
indicateurs multiples, recensement
de population, etc.)

ÌÌRapports d’évaluation des Sociétés
nationales, de la Fédération internationale, d’ONG locales et internationales et des Nations Unies
ÌÌInstitutions nationales (ministères,
autorités locales de gestion des
crises, etc.)
ÌÌRapports des médias

Veuillez consulter le Guide pour le suivi et l’évaluation de projets / programmes de la Fédération inter-

17

nationale, 2.2 ÉTAPE 2 – Planifier la collecte et la gestion des données, p. 41-42, et 2.2.2 Déterminer
s’il existe des données secondaires, p. 42.

38

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Partie 5. Processus d’évaluation

Informations secondaires sur la situation Informations secondaires
avant la catastrophe
sur la situation de crise

ÌÌInstitutions internationales de développement (par ex. Banque mondiale)

ÌÌDemandes de fonds
ÌÌRapports de situation (OCHA,
groupes sectoriels, gouvernement)

ÌÌFiches d’information sectorielles, ÌÌProfil humanitaire
par ex. profil épidémiologique du
ÌÌDonnées géospatiales d’UNISAT,
pays de l’OMS
Google Earth, etc.
ÌÌEnsembles de données opérationÌÌImages satellites, UNISAT ou fournelles communes
nisseurs privés
ÌÌRapports d’enquête des Nations
Ì
Ì
Médias sociaux
Unies et d’ONG locales et internationales
ÌÌEnsembles de données mondiales
ou portail du pays des Nations
Unies
ÌÌDonnées géospatiales
ÌÌBases de données en ligne (par ex.
EM-DAT, PreventionWeb.net)
ÌÌPrécédents appels d’urgence de la
Fédération ou de la Société nationale
ÌÌPrécédents plans d’action de la
Fédération internationale
ÌÌPrécédents appels éclairs, processus d’appels consolidés
ÌÌDocuments pédagogiques, ALNAP,
rapports d’évaluation, séances
d’analyse après action
ÌÌDevInfo, indicateurs mondiaux de
développement, objectifs du Millénaire pour le développement

5.4.2 Types de données secondaires
Il existe différents types de données secondaires, notamment :
ÌÌ les données relatives à la situation avant la catastrophe,
ÌÌ les données relatives à la situation de crise.

39

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

5.4.3 Organisation et gestion des données secondaires
La quantité de données secondaires rapidement disponibles durant une
situation de crise ou de catastrophe est immense. Il est important de
pouvoir organiser les données, enregistrer les résultats et déterminer si
elles sont fiables et crédibles.
Quelles données faut-il chercher ?
L’annexe 2 fournit un aperçu détaillé des informations clés qui devraient
être étudiées durant un examen des données secondaires à des fins
d’évaluation des besoins. Le tableau 7 résume le type de données secondaires qui devrait être recueilli.

Tableau 7. Informations à rechercher

40

Objet

Contenu

Avant / après la crise

Données relatives à la situation avant / après
la crise

Géographique

Indicateurs clés nationaux / relatifs à la zone
touchée

Groupe

Données démographiques relatives à la population
entière / à des sous-groupes spécifiques (réfugiés /
population locale)

Moyens de subsistance

Caractéristiques de différents sous-ensembles
de profils socioéconomiques (fermiers / bergers)

Vulnérabilité

Caractéristiques de différents groupes vulnérables
(handicapés, victimes d’insécurité alimentaire,
chômeurs, etc.)

Zone desservie

Caractéristique de différentes zones de moyens
de subsistance (urbaines / rurales, montagneuses
/ fluviales)

Sexe et âge

Caractéristiques de différentes catégories
de population (femmes / hommes, personnes
âgées / jeunes)

Secteur

Caractéristiques de différents secteurs (eau
et assainissement, santé, sécurité alimentaire,
logement, etc.)

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Partie 5. Processus d’évaluation

Comment évaluer les données secondaires
ÌÌ Il est important d’évaluer la fiabilité et la crédibilité des données
(degré de biais, références des sources, méthode de collecte de données, etc.) et la validité des méthodes de collecte de données utilisées. Le tableau 8 décrit comment juger si les informations sont
utilisables, la fiabilité de la source et si les informations sont d’assez
bonne qualité.

Tableau 8. Contrôle de la qualité des données secondaires
Se demander

Contrôler

Les données
/ informations
sont-elles
utilisables ?

Pertinence – par
rapport aux objectifs de
l’évaluation
Importance – les
informations sont-elles
utiles pour l’analyse ?
Exhaustivité – toutes
les informations
nécessaires sont-elles
disponibles ?

La source estelle fiable ?

La méthode
permet-elle
d’obtenir des
données /
informations
de bonne
qualité ?

Compétence – la
source est-elle qualifiée
pour fournir ces
informations ?
Réputation – quelle
est la réputation de la
source ?
Motivations ou biais –
la source a-t-elle des
motivations ou un parti
pris spécifiques ?
Validité – précision des
informations
Fiabilité – cohérence
des informations

Échelle

Utilisables

Non utilisables

Ne sait
pas

Peu fiable

Assez

En
général

Ne sait
pas

Qualité
faible

Qualité
moyenne

Qualité
élevée

ÌÌ Évaluez aussi l’utilité des données (informations suffisamment récentes et pertinentes pour l’examen des données secondaires, degré
de ventilation, etc.)

41

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

Soyez prêts à rencontrer les problèmes courants suivants lors de l’évaluation des données secondaires :
ÌÌ les données sont souvent dépassées, les chiffres sont fournis sans préciser comment (ou quand) ils ont été recueillis, les données portent
généralement sur l’échelon national et au mieux provincial, les données sont rarement ventilées et peuvent être saisonnières.
ÌÌ les informations incohérentes. Essayez de vérifier les informations
importantes en comparant les contributions d’au moins trois sources
différentes (triangulation). Déterminez si les incohérences nuiront aux
conclusions de l’évaluation. Résolvez les problèmes importants en évaluant dans quelle mesure vous faites confiance à chacune des sources.
Si les informations ne peuvent pas être triangulées, cela ne signifie pas
qu’elles doivent être exclues, mais qu’elles doivent être utilisées avec
prudence.
Que faut-il analyser ?
ÌÌ Définissez les facteurs aggravants de l’impact de la crise actuelle
(vulnérabilités existantes, mécanismes d’adaptation épuisés, degré
d’exposition des moyens de subsistance aux dangers/chocs, etc.). Des
informations datant d’avant la catastrophe fourniront des informations très utiles sur la façon dont la crise peut avoir touché les moyens
de subsistance, les systèmes et les infrastructures dans la zone considérée.
ÌÌ Définissez le profil humanitaire de la crise : nombre total de personnes
touchées, mortes, portées disparues, blessées, etc. Définissez, quantifiez (au mieux) et classez par catégorie les zones, les groupes et les
secteurs touchés directement et/ou indirectement par suite de la crise.
Comment analyser ?
ÌÌ Faites appel à des experts : il peut s’agir de personnes ou de volontaires
/ collaborateurs de la Société nationale connaissant le contexte local,
d’un spécialiste du secteur, etc.
ÌÌ Réalisez une analyse sectorielle : avant de combiner et de consolider
les résultats dans une section d’analyse transsectorielle.
ÌÌ Étudiez le cadre des données recueillies, placez-les dans leur contexte.
Comparez la situation « avant » et « après », comparez-les aux normes/
limites internationales ou à d’autres données pertinentes (population,

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Partie 5. Processus d’évaluation

ÌÌ

ÌÌ
ÌÌ

ÌÌ

ÌÌ

géographie, temps, etc.). Utilisez l’expérience et les enseignements
tirés de situations semblables pour définir les risques et l’évolution
probable de la crise.
Examinez quelles différences existent entre les groupes, les sousgroupes, les secteurs et les endroits. Effectuez une analyse de type
« plus ou moins » en utilisant les questions clés suivantes : Quels sont les
groupes les plus touchés ? Quelles sont les zones les plus touchées ? Quels sont
les secteurs requérant une intervention immédiate ? Quels sont les problèmes
clés ? Classez les zones, les groupes et les interventions par ordre de
priorité.
Distinguez bien l’impact lié à la crise et les vulnérabilités préexistantes qui pourraient exacerber l’impact.
Définissez les contraintes, les informations manquantes et les besoins
en vue des futures phases d’évaluation. Demandez-vous toujours : Que
manque-t-il ? Y a-t-il des secteurs sur lesquels nous n’avons pas d’informations
ou pour lesquels nous avons besoin de davantage d’informations ?
Pour surmonter les « inconnus connus », utilisez des hypothèses, votre
propre jugement et des « suppositions éclairées ». Précisez clairement,
lorsque vous formulez vos résultats, que vous avez procédé de la sorte.
Formulez les résultats. Traduisez vos conclusions en résultats facilement compréhensibles. Concentrez-vous sur la valeur ajoutée pour
votre public cible.

5.5 Étape 3 : données primaires
5.5.1 Planification de la collecte de données primaires (visite
sur le terrain)18
Il est important de planifier la collecte de données primaires. Celle-ci ne
devrait pas être entreprise sans avoir au préalable effectué un examen
minutieux des données secondaires, directement lié à la planification de
la collecte de données primaires, car il définit :
ÌÌ les endroits où se rendre pour recueillir des données primaires. Il
peut s’agir d’endroits pour lesquels les informations sont inexistantes ou difficiles à obtenir, ou d’endroits qui seraient, selon les
données secondaires, les plus durement touchés, etc.
Veuillez vous référer au Guide pour le suivi et l’évaluation de projets / programmes de la
Fédération internationale, - 2.2 ÉTAPE 2 – Planifier la collecte et la gestion des données, p. 41-59.

18

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

ÌÌ les informations manquantes qui devraient être obtenues par la collecte de données primaires, c’est-à-dire des secteurs où les informations issues de l’examen des données secondaires sont inexistantes
ou limitées.
Le diagramme 6 décrit les mesures à prendre pour la collecte de données
primaires. Avant d’entreprendre ces démarches, il faut tenir compte des
questions de sécurité, notamment déterminer s’il est possible d’accéder
sans danger à la zone touchée et quelles mesures de sécurité doivent
être prises, notamment en termes de communication et de logistique
pour le voyage (par ex. un convoi est-il nécessaire pour le déplacement,
etc.).

Diagramme 6. Planifier la collecte de données primaires
Conception
des outils de
collecte de
données

Besoins en
informations
• Zones
géographiques
• Secteurs et
sous-secteurs
• Groupes cibles
• Lien avec la
prise de décisions
Objectifs
et portée

• Informations
nécessaires
• Sources et
méthodes
• Structure
des produits
finaux

• Groupes
cibles
• Sélection
des sites

Sélection
des sites

• Conception
d’une liste de
contrôle et de
questionnaires
• Plan d’analyse
• Phase pilote et
formation
• Outil de saisie
des données

• Plan des
visites sur le
terrain
• Logistique et
instructions
permanentes
(sécurité)
• Administration
et budget
Logistique et
administration

Étape 1 : Objectifs et portée de la collecte de données primaires
Il est important d’avoir bien défini les objectifs de la collecte de données
primaires. Par exemple, il se peut que l’examen des données secondaires
ait révélé un manque d’informations dans deux secteurs : la santé et le
logement. Cela signifie qu’il ne faudrait collecter des données primaires
que dans ces deux secteurs.

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Partie 5. Processus d’évaluation

En général, les objectifs de la collecte de données primaires sont :
ÌÌ obtenir les informations manquantes sur un secteur, une zone ou
un groupe vulnérable spécifique ;
ÌÌ rassembler des informations afin de les trianguler (confirmer ou
infirmer des informations existantes).
Étape 2 : Besoins en informations
Il est important de réf léchir aux informations nécessaires pour atteindre les objectifs de la collecte de données primaires. Il faut définir
les questions auxquelles répondre et les données à recueillir pour pouvoir procéder à l’analyse. L’encadré 2 présente un exemple de question et
d’indicateurs utilisés pour évaluer l’accès à l’eau potable.

Encadré 2. Exemple de question et de données utilisées pour
évaluer l’accès à l’eau potable
La communauté touchée par la catastrophe a-t-elle un accès suffisant à l’eau
potable ?
Donnée 1 : Distance des logements aux points d’eau

Donnée 2 : Temps d’attente aux points d’eau

C’est aussi à ce stade que la méthode de collecte de données devrait être
définie. La section 5.5.2 propose deux méthodes possibles pour recueillir
des données primaires, à savoir l’observation directe et les entretiens
avec des informateurs clés. Ce sont les deux méthodes les plus appropriées au vu des contraintes de temps rencontrées au cours des deux
semaines qui suivent une crise ou une catastrophe.
Étape 3 : Sélection du lieu
La sélection du lieu et l’échantillonnage au cours des deux premières
semaines d’une crise ne se font pas sur une base statistiquement représentative. Cependant, plusieurs facteurs déterminent où aller pour
recueillir des informations, notamment :

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Lignes directrices opérationnelles : l’évaluation multisectorielle initiale rapide

ÌÌ s’il est possible d’accéder à toutes les zones ;
ÌÌ quelles informations doivent être recueillies (par ex. informations
manquantes révélées lors de l’examen des données secondaires)
ÌÌ ressources, temps et capacités logistiques à disposition.
L’analyse des données secondaires devrait guider le choix du site.
L’échantillonnage par choix raisonné est principalement utilisé durant les
premières semaines qui suivent une catastrophe. Cela signifie qu’un site
a été choisi dans un but spécifique. Il est important d’expliquer de façon
claire et transparente les raisons pour lesquelles un site a été choisi.
Cela rend les conclusions de l’évaluation plus crédibles lorsqu’elles sont
diffusées. Il est en outre important de préciser pourquoi des sites que
l’on sait avoir été touchés n’ont pas été visités.
Si un échantillonnage par choix raisonné est utilisé, les résultats de la
collecte de données primaires ne peuvent pas être considérés comme
représentatifs ; ils ne reflètent que la situation du site en question.
Il est important d’avoir déjà réfléchi aux personnes à contacter lors de
la visite d’un site. Par exemple, si vous devez recueillir des informations
au sujet des épidémies, il peut être mieux de parler au personnel d’un
dispensaire plutôt qu’aux ménages.
Étape 4 : Conception des outils de collecte de données
Il est important d’avoir défini à l’avance les questions qui doivent être
posées lors du processus de collecte de données primaires. Ces questions peuvent être reproduites dans une liste de contrôle ou un autre
outil pour que les membres de l’équipe s’en souviennent.
Étape 5 : Logistique et administration
Les visites sur le terrain demandent beaucoup de ressources, en particulier si une intervention immédiate est mise en place parallèlement aux
évaluations. La planification des visites sur le terrain visant à recueillir
des données primaires devrait déterminer :
ÌÌ qui sont les membres de l’équipe ? Des spécialistes ? Des généralistes ? Qu’en est-il de la parité hommes/femmes ? Compétences linguistiques ? etc. ;

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Partie 5. Processus d’évaluation

ÌÌ la préparation du plan des déplacements (chronologie, méthode,
calendrier, etc.) ;
ÌÌ la sécurité (les menaces, instructions permanentes, etc.) ;
ÌÌ les moyens logistiques (transport, hébergement, etc.) ;
ÌÌ les articles essentiels comprennent : enveloppes sécurisées, liste de
contacts, trousse de secours, GPS, eau, bloc-notes, stylos, liste de
contrôle, etc.

5.5.2 Techniques de collecte de données primaires19
L’annexe 3 contient un guide de poche sur les entretiens avec les informateurs clés et l’observation directe.
5.5.2.1 Observation directe
L’observation directe permet de recueillir une immense quantité d’informations et de se faire une idée de la situation par le biais de sons,
d’odeurs et d’impressions visuelles. L’observation devrait se faire de
façon structurée (c’est-à-dire que l’observateur cherche un comportement / objet spécifique ou son absence) et peut être facilitée par une
liste de contrôle. Il est recommandé de débuter la collecte de données
en effectuant une promenade à pied avec la population locale. Cela peut
faciliter les discussions et permet à l’évaluateur de vérifier les informations ou d’en découvrir de nouvelles.

Veuillez vous référer au Guide pour le suivi et l’évaluation de projets / programmes de la Fédération internationale, 2.2.7 Élaborer les méthodes / outils spécifiques de collecte de données, p. 49.

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