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FRA506 Module 12 1er octobre .pdf



Nom original: FRA506-Module 12-1er octobre.pdf
Auteur: Marie-Claude Chayer

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Confidentialité: fichier public




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ÉCOLE
GEORGES-VANIER

Nom de l’élève :

______________________________________

Conseiller :

______________________________________

Correcteur :

______________________________________

Groupe :

______________________________________

3 e année du 2 e cycle du secondaire
Français 132-506
C1 Lire des textes variés C2 Écrire des textes variés

Culture, Culture ! / Module 12

Auteure : Marie-Claude
Version : Octobre

Chayer

2014

Fondation des AMIs de Vanier

Ce module est un module électronique.
Nul besoin de l’imprimer. Ayez-le dans
un dossier quelque part, sur votre
téléphone intelligent, votre tablette,
votre ordinateur pour le consulter
lorsque vous en avez besoin. Vous
pouvez aussi le consulter sur tous les
ordinateurs de l’école.
AUSSI, ce module est continuellement
ajusté et modifié. Surveillez la date de
parution sur la couverture pour savoir si
celui que vous avez est à jour.

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Français 132 506

module 12

Module autosuffisant
Auteure du module :

Marie-Claude Chayer

La Fondation des Amis de Vanier: organisme sans but lucratif voué à la recherche pédagogique et à la mise
au point d'outils nouveaux en enseignement individualisé.
La Fondation remercie les pédagogues–auteurs de l'École Georges-Vanier qui, en lui cédant leurs droits
d'auteurs, rendent possible la diffusion d'outils nouveaux pertinents et contribuent à l'avancement de la
pédagogie.

Avis:
Il nous a été impossible de retrouver les titulaires des droits d'auteurs de certains textes ou illustrations. Un
arrangement pourra être conclu avec ces personnes dès qu'elles nous contacteront.
Copyright 2014, Fondation des AMIs de Vanier Inc.

Tous droits réservés.
3995 boul. Lévesque Est, Laval, Québec, H7E 2R3
Téléphone : 450-662-7000 poste 4745 Télécopieur : 450-661-5460
Courriel :

f.a.vanier@globetrotter.net

ISBN : 978-2-923158-43-3
Dépôt légal:

– 2e trimestre 2014

Bibliothèque Nationale du Québec, 2014 Imprimé au Québec.
Il est interdit de reproduire, adapter, enregistrer ou diffuser en tout ou en partie le présent ouvrage par
quelque procédé que ce soit, électronique, mécanique, photographique, sonore, magnétique ou autre, sans
avoir obtenu au préalable l'autorisation écrite de l'éditeur et de la Fondation des AMIs de Vanier inc.

Version :

Mai 2014

Mise en page : Marie-Claude

Culture, Culture !

Chayer

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module 12

Liens avec le programme de formation
Principalement, approfondir ses connaissances du français en utilisant l’univers créatif du cinéma et
des différents évènements culturels qui sont offerts dans la grande région de Montréal.

Compétences disciplinaires :

- Lire et apprécier des textes variés
- Écrire des textes variés

Composantes accentuées :

- Développer son jugement critique
- Mettre à profit et acquérir des connaissances sur la langue
- Lire des textes pour se cultiver
- Réfléchir à sa pratique de lecteur
- Développer ses capacités d’analyse
- Approfondir ses connaissances de différents auteur(e)s
appartenant à des genres différents

Culture, Culture !

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Introduction

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module 12

Culture, culture !

Dans le cadre du français de 5e secondaire, vous aurez
l’occasion d’enrichir vos connaissances de la langue
tout au long de l’année et d’élargir vos connaissances
culturelles tout en mettant en pratique votre sens
critique en ce qui concerne, entre autres, la littérature,
les arts visuels, le théâtre et le cinéma.
Ce module, le 12, contient tout ce dont vous avez
besoin pour combler vos besoins en matière de culture
à travers l’ensemble des modules de français de 5e
secondaire. Consultez-le régulièrement, il vous aidera à
répondre à certaines parties de modules de FRA506.
Vous y retrouverez de l’information sur les auteurs que
nous étudierons, les pièces de théâtre que nous verrons,
les sorties culturelles que nous ferons.
Pour obtenir votre attestation du module 12, vous
devrez réaliser les deux (2) parties du module. Consultez
le tableau de la page suivante dans lequel vous verrez
les détails de ce qu’il y a à réaliser.
Consultez-le régulièrement et gardez-le à portée de
main. Vous devrez vous y référer souvent.
Bonne saison 2014-2015 !

Pour obtenir votre attestation, il vous
faudra réaliser les deux parties. La
partie A et la partie B. Dès que l’une des
parties est terminée, remettez-la.
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Culture, Culture !

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module 12

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module 12

Sorties culturelles

Partie A
Des sorties vous seront proposées avec
l’école. Les places étant limitées, faites vite
lorsque les inscriptions seront annoncées.
Pour vous inscrire :
- procurez-vous la feuille d’inscription en
classe (ou imprimez-la);
- complétez-la;
- faites signer un parent (autorisation
parentale)
- apportez le montant ($) exact au
moment de l’inscription.

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re

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module 12

1 sortie
Date à venir

https://www.mbam.qc.ca/
http://imtl.org/

« L’art c’est la plus sublime mission de l’homme, puisque c’est l’exercice de la
pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre ».
Auguste Rodin

http://www.musees-en-video.com/canada/montrealmuseum-fine-arts-muse-des-beaux-arts-montre-qc/

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Expositions à l’affiche :

module 12

Du 14 juin au 5 octobre 2014
Le Musée des beaux-arts de Montréal présente, en exclusivité
canadienne, la plus grande collection Fabergé à l’extérieur de la Russie
en provenance du Virginia Museum of Fine Arts de Richmond
(VMFA), à l’occasion de la première exposition au Canada consacrée
au joaillier des tsars, qui se tiendra du 14 juin au 5 octobre 2014.

Du 11 octobre 2014
au 25 janvier 2015



Marion Wagschal, peintures
Du 23 septembre 2014 au 18 janvier 2015
Cette exposition représente un survol de la carrière de la peintre montréalaise Marion Wagschal dont l'œuvre compose
un portrait de famille sur fond de tourments historiques tels le nazisme, la déportation et la fuite. Peintre figurative,
l'artiste a été quelque peu marginalisée par une histoire de l'art qui, dès les années soixante, a priorisé le récit de
l'abstraction sur celui de la figuration. Avec un gout marqué pour une figuration empathique parfois jusqu'à l'outrance,
l'avant-garde dont elle se réclame est celle des corps en torsion d'Ensor, de Klimt, de Schiele, voir de Bacon. Avec celle
de Betty Goodwin, son œuvre anticipe cette esthétique du corps qui inspirera les générations plus jeunes. Il s'agit de la
première exposition bilan de Marion Wagschal dans un musée québécois.

Marion Wagschal, Les artistes et les enfants, 1988, huile sur lin, feuille de métal, peinture métallique, 250 x 218,4 cm

Les affiches d’Andy Warhol
Du 26 octobre 2014 au 4 janvier 2015

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module 12

Feuille d’inscription MBAM
Sera déposée ici ou vous pourrez vous la procurer en classe, au local 1223.
Surveillez les dates d’inscriptions.
Détails à venir.

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e

2 sortie

20 novembre 2015

http://www.salondulivredemontreal.com/

http://ici.radio-canada.ca/

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Feuille d’inscription Salon du livre 2015
Sera déposée ici ou vous pourrez vous la procurer en classe, au local 1223.
Surveillez les dates d’inscriptions.
Détails à venir.

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Les mouvements littéraires

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Culture, Culture !

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En littérature, comme dans toutes les formes d’art, il y a
des courants. Voici en tableau, les principaux courants
littéraires français.

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Tableau 1 - 1549 à 1860

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Tableau 2 – 1830 à 1980

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Culture, culture !

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Module 2…

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La littérature française

Victor Hugo

SOURCE de l’image et du texte :
http://salon-litteraire.com/fr/victor-hugo/content/1817477-victor-hugobiographie
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module 12

Victor Hugo
Victor Hugo (1802-1885), poète, romancier, dramaturge, homme politique, a révolutionné le théâtre
et la langue poétique.

Vie et œuvre de Victor Hugo (1802-1885)
Victor-Marie Hugo naquit à
Besançon le 26 février 1802. Il
n'appartenait pas, comme il se
plaisait à le dire, à une ancienne
famille lorraine anoblie dès 1531.
Son origine était plus modeste.
Son grand-père, Joseph Hugo, fils
d'un cultivateur, exerçait la
profession de menuisier à Nancy.
Marié deux fois, il avait eu douze
enfants, dont Joseph-LéopoldSigisbert Hugo, né à Nancy en
1773, qui s'engagea très jeune et
servit à l'armée du Rhin et en
Vendée. Il était officier lorsqu'il
épousa à Nantes, le 18 novembre
1797, la fille d'un armateur,
Sophie-Françoise Trébuchet. De
ce mariage il eut trois fils : Abel
(1798-1855), Eugène (1800-1837)
et Victor. Hugo n'avait pas deux
mois lorsque son père fut affecté
en Corse, d'où il passa ensuite à
l'ile d'Elbe. Il emmena avec lui sa
femme et ses enfants, qui
habitèrent Bastia et Porto-Ferràjo
jusqu'en 1805. Cette année,
Sigisbert Hugo, ayant été rappelé
sur le continent, envoya sa famille
à Paris où elle resta près de deux
ans. Pendant ce temps, Sigisbert
Hugo s'était lié avec Joseph
Bonaparte, qui, devenu roi de
Naples en 1806, l'avait emmené
avec lui et lui avait conféré le
grade de colonel. En 1807, il fit
venir à Naples sa femme et ses fils.
Mais en 1808, Joseph ayant été
mis par Napoléon sur le trône
d'Espagne, Sigisbert Hugo dut le
Culture, Culture !

suivre et renvoya sa famille à
Paris. Mme Hugo alla habiter alors
près du Val-de-Grâce l'ancien
couvent des Feuillantines. Victor
Hugo, qui avait six ans, reçut avec
ses frères des leçons d'un ancien
prêtre marié, Larivière, excellent
latiniste, qui lui apprit à aimer
Virgile. L'enfant eut également à
cette
époque
pour
maitre
bénévole, le général Lahorie,
alors proscrit et que Mme Hugo
accueillit pendant quelque temps
aux Feuillantines. Il continua ainsi
des études peu suivies jusqu'en
1811. À cette époque, son père,
devenu général et majordome du
roi, qui lui avait donné le titre de
comte de Cogolludo, appela sa
femme et ses enfants en Espagne.
La situation devint tellement
grave en Espagne que le général
Hugo, au printemps de 1812, fit
repartir pour la France sa femme
et deux de ses fils. Revenue à
Paris avec Eugène et Victor, Mme
Hugo reprit son habitation des
Feuillantines, où elle recevait
fréquemment la famille Foucher.
Ce
fut
alors
que
Victor
commença à jouer dans le grand
jardin avec la petite Adèle
Foucher et que commença l'idylle
enfantine qui devait se terminer
par un mariage. En 1813, le jardin
des
Feuillantines
ayant
été
exproprié, Mme Hugo alla habiter
rue du Cherche-Midi, tout près de
l'hôtel des conseils de guerre où
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logeait Pierre Foucher, chef de
bureau à la Guerre, ce qui rendit
plus
fréquentes
encore
les
relations des deux familles.
Si, en ce temps, Victor étudiait
peu, il se livrait à une lecture
acharnée, dévorant les livres pris
au hasard par sa mère dans un
cabinet de lecture, les œuvres de
Voltaire et de Rousseau, Diderot,
les voyages du capitaine Cook,
Faublas
et
bien
d'autres.
Cependant
les
évènements
tragiques se succédaient : après
les désastres de la campagne de
Russie, l'évacuation de l'Espagne.
Revenu en France en 1813, le
général Hugo demanda à rentrer
dans l’armée. On ne voulut
d'abord le réintégrer qu'avec son
ancien grade de major. Toutefois
il
fut
nommé
peu
après
commandant de la place de
Thionville, qu'il défendit avec la
plus grande énergie pendant
l'invasion. En 1814, il fit acte
d'adhésion à Louis XVIII et fut
confirmé dans le grade de
maréchal de camp. Cette même
année, à la suite de graves
dissentiments,
il
se
sépara
complètement de sa femme et
alla habiter Blois. Voulant que ses
fils Eugène et Victor entrent à
l'École polytechnique, il les mit
dans la pension Cordier et
Decotte, où ils restèrent jusqu'en
1818, en suivant les cours du
collège Louis-le-Grand.

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À partir de 1815, Victor Hugo fit
beaucoup de mathématiques,
mais il fit surtout des vers et acquit
ainsi un véritable talent de
versificateur, selon le gout et les
formules du temps. Le 10 juillet
1816, il écrivait sur un de ses
cahiers de la pension Cordier : «
Je veux être Chateaubriand ou
rien. » En 1817, il envoya au
concours annuel pour le prix de
poésie décerné par l'Académie
française trois-cents vers sur le
sujet : « Le bonheur que procure
l'étude dans toutes les situations
de la vie ». Il y faisait allusion à ses
quinze ans avec une modestie
orgueilleuse.
Les
juges
du
concours, se croyant mystifiés, lui
donnent une simple mention, au
lieu du prix qu'il méritait.
En 1818, Victor Hugo renonce à
passer ses examens à l'École
polytechnique
et
quitte
la
pension Cordier. Il écrit à son père
qu'il vivra de son métier de poète
et qu'il renonce à la petite
pension qu'il lui donne. Alors
Victor Hugo se met à l'œuvre et
se livre à un travail incessant, dont
il conservera l'habitude jusqu'à la
fin de sa vie et qui explique
l'énormité de son œuvre. En
décembre 1819, il fonde avec son
frère
Abel
une
revue
bimensuelle, Le
conservateur
littéraire, qui parait jusqu'en mars
1821. En même temps, il se crée
des relations, visite quelquefois
Chateaubriand, se lie avec Alfred
de Vigny, Lamartine, Soumet,
Émile Deschamps, Guiraud, Jules
de
Rességuier,
l'abbé
de
Lamennais, qui devient son
directeur de conscience. À dixneuf ans, ses satires royalistes Le
Télégraphe et L'Enrôleur politique,
Culture, Culture !

Français 132 506
ses odes Les Destins de la
Vendée, Quiberon, Le Génie, La
Vision,
Le
Poêle
dans
les
révolutions et d'autres, l'ont rendu
célèbre dans le monde des lettres
et dans le monde monarchique.
Mais alors il n'est pas hanté
seulement par des rêves de gloire,
il aime d'un amour juvénile et frais
sa
petite
amie
d'enfance,
devenue une belle jeune fille,
Adèle Foucher, et
il veut
l'épouser. Sa mère s'oppose à ce
mariage, qui ne lui semble pas
assez brillant pour son fils, et elle
cesse de voir la famille Foucher.
Mme Hugo meurt le 27 juin 1821
et moins d'un mois après, son père
se remarie. La famille Hugo ayant
été ruinée par la chute de
l'Empire, le jeune Victor dut vivre
fort modestement ; il cherche
alors à se créer des ressources. En
1822, il publie le premier recueil
de ses Odes, dont le succès est
très grand. Louis XVIII le lit et
accorde, en septembre, au jeune
poète une pension. Rien ne
s'oppose plus à son mariage. Le
22 octobre 1822, Victor Hugo voit
enfin se réaliser son plus ardent
désir.
Il
épouse
Adèle-Julie
Foucher, âgée de dix-neuf ans. Il
est tout entier à son bonheur,
lorsque, le soir même, son frère
Eugène, qui, pendant le repas,
avait prononcé des paroles
incohérentes, fut pris, en rentrant
chez lui, d'un accès de folie. On
dut l'enfermer à Charenton, où il
resta jusqu'à sa mort. Tout porte à
croire qu'Eugène aimait Adèle et
que le désespoir qu'il ressentit le
troubla pour toujours.
En 1824, Hugo entra dans l'intimité
de
Nodier.
Charles
Nodier,
nommé
bibliothécaire
de
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module 12
l'Arsenal, ouvrit son salon, devenu
bientôt fameux, à un groupe de
gens de lettres, qui forma le
premier cénacle. Cette même
année, Victor Hugo publia un
second volume d'Odes et vit
naitre sa fille Léopoldine, dont la
mort tragique, en 1843, fut une de
ses grandes douleurs. Il eut ensuite
trois enfants : en 1826, CharlesVictor Hugo, mort à Bordeaux en
1871 ; en 1828, François-Victor
Hugo, mort à Paris en 1873 et, en
1832, Adèle, qui fut internée en
1872.
En 1825, Victor Hugo écrivit
son Ode sur le sacre. Il fut, à cette
occasion, invité à assister à la
cérémonie du sacre, nommé
chevalier de la Légion d'honneur
en même temps que Lamartine,
et son père reçut de Charles X le
grade de lieutenant général.
L'année suivante, il publia BugJargal et un volume d'Odes et
Balladesdans lequel s'accusaient
ses tendances à abandonner les
formes classiques. Sainte-Beuve fit
paraitre dans Le Globe du 2
janvier 1827 une étude critique sur
ces poésies. C'est ainsi qu’ils
entrèrent en relations et ne
lardèrent pas à se lier d'une vive
amitié.
L'année 1827 marque une date
très importante dans la vie du
poète. Pour venger une insulte
faite aux maréchaux de l'empire
par l'ambassadeur d'Autriche, il
écrit l'Ode à la colonne qui lui
attira de vives attaques de la part
des conservateurs royalistes. Hugo
semble abandonner le culte de la
monarchie traditionnelle et croit,
comme beaucoup d'autres à
cette époque, qu'en célébrant

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© Fondation des AMIs de Vanier
les gloires de l'empire il fait acte
de libéralisme.
Puis il publie la fameuse préface
de Cromwell, où il expose les
idées de l'école romantique,
dont, à partir de ce moment, il est
le chef incontesté.
Peu après, Hugo forme un
nouveau cénacle, composé de
romantiques : Alfred de Vigny,
Sainte-Beuve, Émile et Antony
Deschamps, Alfred de Musset, de
Beauchêne,
Gérard
de
Nerval, Alexandre Dumas, Mme
Tastu, les peintres Delacroix,
Boulanger, Deveria, le sculpteur
David d'Angers. Hugo et ses amis
continuent à fréquenter le salon
de Nodier, lieu de réunion du
premier cénacle.
Victor
Hugo
était
alors
violemment attaqué par les
conservateurs littéraires et par les
conservateurs
royalistes.
Il
publie Les
Orientales et NotreDame de Paris; puis, en 1829, il
prend la résolution d'écrire pour le
théâtre.
Son
drame
en
vers, Marion de Lorme, écrit du
1er au 24 juin, est reçu par
acclamation à la ComédieFrançaise, mais la censure en
interdit la représentation. Hugo
s'adresse directement à Charles
X, qui maintient l'interdiction. En
quelques
semaines
il
écrivit Hernani,
qu'il
lut
aux
Français le 1er octobre. La
première représentation de cette
pièce eut lieu le 25 février 1830.
Ce fut un grand évènement
littéraire,
une
retentissante
bataille,
dans
laquelle
les
romantiques et les classiques en
vinrent presque aux mains. Le
premier soir, le succès fut très
Culture, Culture !

Français 132 506
grand et la victoire resta aux
partisans de Hugo. Mais, aux
représentations
suivantes,
la
bataille
recommença
plus
ardente encore, ce fut une suite
ininterrompue
d'incidents
tumultueux.
En 1830, Hugo écrivit en moins de
six mois Notre-Dame de Paris,
dont le succès fut retentissant. La
révolution de juillet 1830 éclate et
balaie la monarchie de droit
divin. Hugo, jadis ultraroyaliste, ne
parait nullement s'émouvoir. Les
affaires politiques l'occupent fort
peu à cette époque. Il est avant
tout poète.
ll publie Les Feuilles d'automne, il
fait
représenter
Marion
de
Lorme en
1831
et Le
Roi
s'amuse en 1832.
Mais,
après
la
première
représentation, la censure interdit
cette seconde pièce. En vain le
poète porta sa cause devant le
tribunal et la plaida lui-même :
l'interdiction fut maintenue. Ce fut
seulement en 1882 que cette
pièce reparut devant le grand
public. En 1833, il eut avec
Alexandre Dumas une brouille qui
dura jusqu'en 1836, et il fit
représenter deux drames,
Lucrèce Borgia et Marie Tudor.

Ce fut aux répétitions de Lucrèce
Borgia que Victor Hugo vit pour la
première fois, dans le rôle
secondaire de la Negroni, une
femme qui devait occuper une
place considérable dans sa vie
intime. Mlle Julienne-Joséphine
Gauvain, qui avait pris le nom de
son oncle, le général Drouet, et
qu'on appelait Juliette Drouet.
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module 12
Née à Fougères en 1805. Elle avait
joué à l’Odéon lorsqu'elle vint à là
Porte-Saint-Martin, où elle montra
un médiocre talent ; mais elle
était très belle. Victor Hugo
ressentit pour elle une ardente
passion, il sut se faire aimer. Pour
lui elle consentit à quitter le
théâtre et elle lui fut, jusqu'à la fin
de
sa
vie,
admirablement
dévouée. Cette passion, Adèle
Hugo ne tarda pas à la
connaitre ; elle en fut vivement
affectée ; mais comme Victor
Hugo lui montrait toujours une
réelle affection, elle se résigna à
laisser faire ce qu'elle ne pouvait
empêcher et pardonna.
L’année 1834 fut marquée par la
rupture définitive de Victor Hugo
avec Sainte-Beuve. Ils étaient
entrés
en
relations
au
commencement de 1827 et
bientôt s'étaient liés de la plus
vive
amitié.
Victor
Hugo
l'introduisit dans sa maison, dans
son intimité familiale, et bientôt
Sainte-Beuve aima Adèle. Vers
1830,
Sainte-Beuve
prévint
loyalement son ami de ce qui se
passait ; leurs relations en furent
profondément troublées. Il fut
décidé
que
Sainte-Beuve
cesserait de venir chez Hugo, qu'il
quitterait pendant quelque temps
Paris ; il ne partit pas. Les deux
amis cessent quelque temps de
se voir, mais ils s'écrivent les lettres
les plus affectueuses, puis ils
recommencent une demi-intimité.
Les deux amis continuèrent à
s'écrire, à se voir de temps à
autre. Trois années s'écoulent. Un
instant il semble que l'ancienne
affection va renaitre. Lorsque
Victor Hugo se prit de passion
pour Juliette, Adèle Hugo confia
son chagrin à Sainte-Beuve, qui

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© Fondation des AMIs de Vanier
était fort laid, mais que les
femmes prenaient volontiers pour
confident. Quelque temps après,
Victor Hugo rompit définitivement
avec Sainte-Beuve. Adèle Hugo
rompit à son tour avec lui en 1837.
En
1843,
Sainte-Beuve
eut
l'inqualifiable
idée
de
faire
imprimer un petit recueil de
vers, Le Livre d'amour, sur ses
relations intimes avec Adèle
Hugo.
Hugo publie ou fait jouer
successivement Claude
Gueux (1834), éloquent plaidoyer
contre la peine de mort ; Les
Chants du crépuscule (1835), où
l'on trouve des pièces brillantes
consacrées
à
Juliette ; Angelo (1834), drame qui
ne
réussit
point ; Les
Voix
intérieures (1832) ;
BugJargal (1838),
qui
fut
très
applaudi ; Les Rayons et les
Ombres (1840). On trouve dans
ces œuvres, selon l'expression de
Sainte-Beuve, «
un
mélange
souvent
entrechoqué
de
réminiscences monarchiques, de
phraséologie chrétienne et de
vœux saint-simoniens ».
Le 7 janvier 1841, à la quatrième
tentative, l'Académie française
consent enfin à le recevoir au
nombre de ses membres, par 17
voix contre 15.
Les Burgraves, représenté à la
Comédie-Française en novembre
1842 fut un échec fut complet.
Victor Hugo en ressentit une telle
amertume
qu'il
renonça
désormais à faire du théâtre et
laissa de côté Les Jumeaux, qu'il
avait commencés. En ce moment
se produisait une vive réaction
contre le romantisme. Grâce à
Culture, Culture !

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Rachel, les grands classiques
revenaient en faveur, et l'on
voyait surgir avec la Lucrèce de
Ponsard, très applaudie (1843),
une nouvelle école, celle des
néoclassiques, dite aussi l'école
du bon sens. Lassé, presque,
découragé, Hugo quitte Paris, se
rend en Espagne. Pendant ce
voyage, il est frappé d'un deuil
tragique ;
sa
fille
ainée,
Léopoldine, alors âgée de dixneuf ans, et qui avait épousé
quelques
mois
auparavant
Charles Vacquerie, frère du poète
Auguste Vacquerie, se noie avec
son
mari
en
faisant
une
promenade en bateau sur la
Seine, à Villequier (4 septembre
1843). La douleur du père est
profonde, et l'on peut s'en faire
une idée en lisant les vers
admirables qu'il consacre à sa fille
dans Les Contemplations. Après
cette catastrophe, Hugo se
recueille, continue à évoluer. Il
reste conservateur, mais avec son
culte de la monarchie, sa foi
religieuse a disparu. L'art pour l'art
ne lui suffit plus, il commence à
aborder les idées sociales. Déjà,
dans sa conclusion des Lettres sur
le Rhin, il cherche à résoudre le
problème de l'équilibre européen
et propose de partager l'Europe
entre la France et la Prusse.
Comme Lamartine, il veut entrer
dans la fournaise politique ; LouisPhilippe lui en ouvre la porte en lui
donnant, en 1845, un siège à la
Chambre des pairs. Rappelons en
passant que le roi lui rendit à
cette époque un énorme service
en intervenant auprès d'un mari
irrité, peintre de marine fort
connu, pour éviter un procès au
sujet d'une aventure galante de
s'a femme, à laquelle le poète se
trouvait mêlé. À la Chambre des
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module 12
pairs, Victor Hugo alla siéger sur
les
bancs
de
la
majorité
ministérielle et vota avec elle. À
diverses reprises, il prononça des
discours ; il parla sur les marques
de fabrique, sur la question
polonaise, glorifia le pape libéral,
demanda le retour de la famille
Bonaparte ; mais son éloquence
théâtrale, aux images hardies,
aux chatoyantes antithèses, eut
peu de succès auprès de ses
collègues.
La révolution de 1848, qui mit à la
tête du gouvernement provisoire
Lamartine, alors à l'apogée de la
popularité, fit de Victor Hugo, pair
de France, un simple particulier.
Le poète, quelque peu effrayé et
désorienté d'abord, se reprit, vit
passer les évènements, entrevit
des choses nouvelles, mais resta
conservateur et se tint dans
l'ombre jusqu'au 4 juin 1848. Porté
candidat,
sur
une
liste
réactionnaire, il fut élu alors
député de la Seine à l'Assemblée
nationale. Là, il se fit accuser de
contradiction en votant tantôt
avec la droite pour l'abolition des
ateliers nationaux, contre le droit
au travail, l'impôt progressif, la
suppression du remplacement
militaire, l'amendement Grévy
supprimant la présidence de la
République ; tantôt avec la
gauche pour l'abolition de la
peine de mort, contre les
poursuites intentées à Ledru-Rollin
et à Louis Blanc, contre l'ordre du
jour déclarant que Cavaignac
avait bien mérité de la patrie. Le
1er aout 1848, il avait fondé un
journal, L'Événement,
portant
pour
épigraphe : «
Haine
vigoureuse de l'anarchie, tendre
et profond amour du peuple. » Il
fut le directeur et l'inspirateur de

page 20

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cette feuille, dont les principaux
rédacteurs étaient ses fils Charles
et François-Victor, Paul Meurice,
Auguste Vacquerie, Théophile
Gautier, Théodore de Banville,
Gérard de Nerval, etc.
L'Événement attaqua vivement le
général Cavaignac et, lors des
élections pour la présidence de la
République,
soutint
la
candidature de Louis Napoléon.
Victor Hugo, dont les Odes sur
Napoléon, publiées à part en
1840,
étaient
une
véritable
épopée napoléonienne, s'était
pris de sympathie pour son neveu,
qu'il aida à porter au pouvoir
suprême, pensant, dit-on, qu'il
l'appellerait dans ses conseils ;
mais son illusion fut de courte
durée. Réélu représentant à la
Législative (13 mai 1849), il se
sépara, le 15 octobre, de ses amis
de la droite, se rangea pour
toujours du côté de la République
et
devint
bientôt
un
des
principaux chefs de la gauche
démocratique et sociale. Chaque
discours qu'il prononça à partir de
ce
moment
souleva
des
interruptions
violentes,
dans
lesquelles on lui rappelait son
passé. Dans l’un l’eux, il montra
une véhémence extraordinaire et
attaqua violemment le président
Louis-Napoléon, qu'il appelait
Napoléon le petit et Augustule.
Depuis qu'il avait compris que le
prince voulait rétablir l'empire, il
était devenu son adversaire
irréductible.
Son journal L'Événement n'avait
cessé d'attaquer sa politique,
s'était transformé en Avènement
du peuple, et la plupart de ses
rédacteurs, y compris les deux fils
Hugo,
se
trouvaient
alors
Culture, Culture !

Français 132 506
emprisonnés à
condamnations.

la

suite

module 12

de

contrefaçon, en gardant, pour
eux tous les bénéfices.

Lorsqu’éclata le coup d'État du 2
décembre 1851, Victor Hugo se
joignit
aux
représentants
républicains qui tentèrent de
soulever le peuple et d'organiser
la résistance. Il rédigea des
proclamations enflammées ; mais
peu d'ouvriers répondirent à son
appel, et la résistance fut bientôt
écrasée. Hugo, qui figurait sur les
listes de proscription, dut se
cacher et le 14 décembre il arriva
à Bruxelles. Il publie Napoléon le
Petit (1852), ardent pamphlet,
qu'on s'arracha. Le cabinet belge
redoutant des représentations du
gouvernement français expulse le
poète qui va chercher alors un
refuge à l'ile Jersey. Son épouse,
sa fille Adèle, son fils FrançoisVictor viennent le retrouver à
Jersey, où il a déjà avec lui son fils
Charles. Il a également à ses
côtés Juliette Drouet.

Victor Hugo, ayant protesté à la
fin de 1855 contre l'expulsion de
Félix Pyat et de deux autres
proscrits réfugiés à Jersey, reçut
du gouvernement l'ordre de
quitter l'ile. Il partit alors pour
Guernesey et il acheta en haut
de Saint-Pierre-Port une maison
abandonnée, Hauteville-House,
qu'il transforma à sa guise et
marqua
de
son
originale
empreinte.

Après
le
coup
d'État,
la
représentation de ses pièces avait
été interdite, et l'on avait cessé
momentanément
en
France
d'acheter ses livres. Il en fut réduit
alors à faire vendre les meubles
de prix et les objets d'art qu'il avait
laissés à Paris. En 1853, il publia Les
Châtimentsà Saint-Hélier et à
Bruxelles. Le livre eut un succès
colossal à l'étranger et en France,
où la vente en fut prohibée, mais
où il pénétra quand même
secrètement, au moyen de mille
subterfuges, par la frontière,
pendant longtemps caché dans
des bustes en plâtre de Napoléon
III. Il en eût tiré grand profit si des
éditeurs belges n'avaient fait
imprimer Les
Châtiments en
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Adèle Hugo ne restait point
inactive, elle écrivait pendant ses
loisirs Victor Hugo raconté par un
témoin de sa vie.
De nombreux visiteurs venus de
tous côtés traversaient la mer
pour voir l'exilé à l'apogée de sa
gloire, acclamé comme un des
grands génies de l'humanité. Il
était le « maitre » ; de toutes parts
on lui écrivait. Il exerçait une sorte
de royauté intellectuelle et
morale. C'était, selon l'expression
de Théodore de Banville, le «
poète
entré
vivant
dans
l'immortalité ». Son nom était si
universellement
connu
qu'il
suffisait
d'écrire
sur
une
enveloppe :
«
Victor
Hugo,
Océan, » comme le firent un jour
quelques jeunes gens, pour que la
lettre lui parvînt.
Pendant son long séjour à
Hauteville-House, Victor Hugo ne
fut point, exempt de peines. Sa
dernière fille, Adèle, s'éprit d'un
officier
de
marine
anglaise
commandant le stationnaire de
Guernesey, l'épousa contre la
volonté de son père, puis alla aux
Indes, y perdit son mari et revint

page 21

© Fondation des AMIs de Vanier
en France en 1872, la raison
tellement troublée qu'on dut
l'enfermer dans une maison de
santé. Le 28 aout 1868, Mme
Hugo, malade, presque aveugle,
meurt
à
Bruxelles.
L'année
suivante, Charles et FrançoisVictor se rendent à Paris pour
fonder avec Vacquerie et Paul
Meurice un journal de vive
opposition à l'empire, Le Rappel,
et Hugo, resté seul avec Juliette
Drouet, va prononcer un grand
discours à la clôture du congrès
de Lausanne.
Lors du plébiscite de 1870, l'auteur
des Châtiments protesta encore
une fois en publiant un pamphlet
intitulé Non ! Quelques mois plus
tard, le 4 septembre, l'empire
croulait,
laissant
la
France
envahie, en proie à d'irréparables
désastres. Après plus de dix-huit
années d'exil, Hugo revient enfin
à Paris, où ses amis et le peuple
l'acclament. Il adresse alors aux
Allemands
un
grandiloquent
appel dans lequel il les convie à
cesser la guerre, à fraterniser
avec la France. Pendant le siège,
il est garde national et participe
aux
souffrances
communes.
Ses Châtiments,
réédités
par
Hetzel, se vendent à cent-mille
exemplaires. Dans un manifeste
aux Parisiens, daté du 10 octobre,
il demande la défense à
outrance. Après la capitulation,
aux élections du 8 février 1871, il
est élu député de la Seine à
l'Assemblée nationale, qui va
siéger à Bordeaux. Ayant été
violemment interrompu par la
droite pendant un discours qu'il
prononce le 8 mars, il écrit au
président de la Chambre : « Il y a
trois semaines, l'Assemblée a
refusé
d'entendre
Garibaldi ;
Culture, Culture !

Français 132 506
aujourd'hui,
m'entendre,
démission. »

elle
je

refuse
donne

de
ma

Le 13mars, son fils Charles meurt
subitement à Bordeaux d'une
congestion cérébrale. Il ramène
son corps à Paris, où ses funérailles
sont célébrées le 18 mars, le jour
même où éclate l'insurrection
communaliste. Hugo se tient à
l'écart ; il proteste également
contre la Commune, qui renverse
la Colonne (Vendôme), et contre
le gouvernement de Versailles qui
bombarde l'Arc de triomphe. Au
moment où l'insurrection est
écrasée, il est à Bruxelles et il offre
un asile aux réfugiés de la
Commune.
La
population,
ameutée, saccage sa maison, il
est expulsé de Belgique, va à
Londres, puis revient à Paris. Porté
par les radicaux, candidat à
l'Assemblée nationale dans la
Seine, en 1872, Hugo échoua.
Cette même année, il fonda
avec son fils François-Victor,
Meurice et Vacquerie, un journal
démocratique, Le
Peuple
souverain, qui dura peu. Au mois
de décembre 1873, il fut frappé
d'un nouveau deuil, son fils
François-Victor succomba dans
un accès de fièvre chaude.
Malgré tant de coups répétés, il
restait vigoureux et fort, se
retrempait dans le travail.
En 1876, il rentra dans la politique.
Nommé délégué sénatorial dans
la Seine, il adressa aux électeurs
un éloquent, manifeste dans
lequel il les adjurait d'affermir la
République, et fut élu sénateur le
30 janvier. Au Sénat, il alla siéger à
l'extrême gauche et ne prit que
rarement la parole. Dans un
discours du 22 mai, il demanda
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module 12
l’amnistie
en
faveur
des
condamnés de la Commune. Son
mandat lui fut renouvelé en 1882
et il continua à ne tenir à la
Chambre
haute
qu'un
rôle
effacé, se bornant à voter avec
les
républicains.
Mais
en
revanche, son activité littéraire
était
extraordinaire.
À
ses
livres, Actes et paroles (1872) ;
L'Année terrible
(1872) ; Mes
fils ; Quatre-vingttreize (1873),
il
ajouta
successivement La Légende des
siècles, 2e série (1877) ; L'Art d'être
grand-père (1877) ; L'Histoire d'un
crime (1877) ; Discours
pour
Voltaire (1878) ; Le
Domaine
public payant l'impôt (1878) ; Le
Pape (1878) ; La
Pitié
suprême(1879) ; L'Âne (1880) ; Reli
gion
et
religions (1880) ; Les
Quatre
vents
de
l'esprit (1881) ;Torquemada (1882)
; La Légende des siècles, 3e série
(1883) ; L'Archipel
de
la
Manche (1883).
Dans cette dernière partie de sa
vie,
celui
qu'Émile
Augier
appelait « le Père » était l'objet
d'une admiration universelle et sa
popularité était sans égale. Le 26
février 1881, à l'occasion de
l'anniversaire de sa naissance,
Paris rendit à Victor-Hugo un
solennel et touchant hommage.
Ce jour-là, le grand vieillard reçut
dans sa maison de l'avenue
d'Eylau, debout entre ses petitsenfants Georges et Jeanne, une
députation d'enfants, une autre
du conseil municipal ; puis, d'une
fenêtre, ému jusqu'aux larmes, il
vit défiler devant lui, l'acclamant
et déposant des fleurs, des
délégués de toute sorte et une
innombrable foule.

page 22

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Personne alors, pas plus à
l'étranger qu'en France, ne
contestait sa royauté littéraire. Ses
anciens
ennemis
avaient
désarmé. Tous les étrangers de
distinction, de passage à Paris,
altesses
Royales,
têtes
couronnées,
littérateurs,
voyageurs, tenaient à l’honneur
de visiter le poète. Dans son salon
de l’avenue d'Eylau qui devait
recevoir son nom quelques jours
avant sa mort, Victor Hugo
réunissait autour de lui, Mlle
Drouet, grave et toujours affable,
les deux enfants de Charles,

Français 132 506
Georges et Jeanne qu'il adorait,
leur mère et ses visiteurs habituels.
Sa
verte
vieillesse
faisait
l'admiration de tous.
En mars 1883 Victor Hugo vit
s'éteindre
Mlle
Drouet
qui
présidait à tous ses diners et à
toutes ses réceptions. Celle que
Pradier avait prise pour modèle,
dans l'éclat de sa beauté, lorsqu'il
sculpta la statue de Strasbourg,
succomba dans de cruelles
souffrances, d'un cancer de
l'estomac. Deux ans plus tard, le
22 mai 1885, après une agonie de

module 12
huit jours, Victor Hugo cessait de
vivre. Il avait demandé à être
enterré civilement, conduit dans
le corbillard des pauvres.
La mort de Victor Hugo produisit
une
profonde
émotion.
Le
gouvernement et la Chambre lui
décrétèrent
des
obsèques
nationales et les honneurs du
Panthéon.

[D’après Henri
Universelle, 1902]

Castets, Revue

Procurez-vous votre
exemplaire du roman :
« Le dernier jour d’un
condamné » pour le
module 2 (au magasin
scolaire et non à la
bibliothèque).

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Les classiques, de l’Antiquité au 21e siècle

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Module 3…

module 12

Miguel De Cervantes

Lithographie du 19e siècle, non signée, domaine public

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Français 132 506

module 12

Miguel De Cervantes
Miguel de Cervantes Saavedra (29 septembre 1547 à Alcalá de Henares - 23 avril 1616 à Madrid) est un romancier,
poète et dramaturge espagnol. Il est célèbre pour son roman L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche,
publié en 1605 et reconnu comme le premier roman moderne
.
personne ne s'occupa de son
Miguel de Cervantes mène d'abord
tombeau ni de la publication
Cervantes avait des ancêtres
une vie aventureuse de soldat et
complète de ses ouvrages. » On
convertis au christianisme dans les
participe à la bataille de Lépante
ignorait encore son lieu de
deux branches de sa famille,
en 1571, où il perd l'usage de la
naissance cent ans après sa mort,
comme l'ont signalé Américo
main
gauche.
Cette
main
avant que Lord Carteret découvre
Castro et Daniel Eisenberg. Jean
paralysée lui vaut le surnom de «
que la vie de Cervantes était à
Canavaggio s'oppose à cette
Manchot de Lépante ». Le 26
écrire.
Mais
beaucoup
de
analyse. Il insiste sur le fait que cette
septembre 1575, à son retour vers
biographes qui s'y sont essayés ont
ascendance « n'est pas prouvée »
l'Espagne, il est capturé par les
émis des hypothèses fausses, les
et compare Cervantes à Mateo
Barbaresques
avec
son
frère
traducteurs
ont
usé
de
Alemán pour qui les origines sont
Rodrigo
et,
malgré
quatre
supercheries, et des naïfs ont pris au
documentées.
Malgré
la
tentatives d'évasion, reste captif à
pied de la lettre les récits
controverse, il ne faut cependant
Alger. En 1580, il est racheté en
autobiographiques
de
l'auteur.
pas en exagérer l'influence sur
même
temps
que
d'autres
l'interprétation de l'œuvre de
prisonniers espagnols et regagne
Le lieu de naissance de Miguel de
Cervantes.
son
pays.
Cervantes reste inconnu, même s'il
naquit le plus probablement en
Peu de choses sont connues sur la
Marié, puis séparé de sa femme et
Alcalá de Henares, en Espagne.
mère de Miguel de Cervantes. Elle
occupant diverses fonctions, il se
Selon son acte de baptême, c'est
s'appelait Leonora de Cortinas
lance alors dans l'écriture par le
en effet dans cette ville qu'il fut
Sánchez et il est possible qu'elle eût
roman pastoral La Galatea en 1585.
baptisé, et c'est également ce lieu
parmi ses ascendants des convertis
En 1605, il publie la première partie
de naissance qu'il revendiqua dans
au christianisme. Miguel était le
de ce qui reste comme son chefson
Información
de
Argel
troisième d'une fratrie de cinq :
d'œuvre : L'ingénieux hidalgo Don
(«Information d'Alger»), ouvrage
Andrés (1543), Andrea (1544), Luisa
Quichotte de la Manche dont la
publié en 1580. Le jour exact de sa
(1546), qui devint prieure dans un
deuxième partie ne parait qu'en
naissance est également incertain,
couvent de carmélites, Rodrigo
1615. Sa parodie grandiose des
mais étant donné la tradition
(1550), soldat qui accompagna
romans de chevalerie et la création
espagnole de nommer son enfant
Miguel dans sa captivité à Alger.
des personnages mythiques de Don
d'après le nom du Saint du jour, il
Magdalena (1554) et Juan ne
Quichotte,
Sancho
Panza
et
est probable que ce fut un 29
furent connus que parce que leur
Dulcinée, ont fait de Cervantes la
septembre, jour de célébration de
père les mentionna dans son
plus grande figure de la littérature
l'archange saint Michel. Miguel de
testament, ils moururent en bas
espagnole.
Cervantes fut donc baptisé à
âge.
Ses premières œuvres théâtrales,
Alcalá de Henares le 9 octobre
peu appréciées de son vivant, ont
1547 dans la paroisse de Santa
Alors que le nom complet de
pourtant
donné
lieu
à
de
María
la
Mayor.
Cervantes
est
«
Miguel
de
nombreuses
imitations.
En
Cervantes Saavedra », le nom «
particulier, la tragédie en vers Le
Ses
grands-parents
paternels
Saavedra » n'apparut sur aucun
Siège de Numance, écrite de 1581
étaient Juan de Cervantes, juriste,
document de la jeunesse de
à 1583, a connu entre 1600 et 1813
et madame Leonor de Torreblanca,
Cervantes, et ne fut pas utilisé par
cinq imitations sous des titres divers
fille de Juan Luis de Torreblanca, un
ses frères et sœurs. Selon la tradition
et a inspiré à Lope de Vega La
médecin cordouan. Son père
espagnole, le nom de naissance
Sainte
Ligue.
Rodrigo de Cervantes (1509-1585)
aurait dû être « Miguel de
naquit à Alcalá de Henares et était
Cervantes Cortinas ». Miguel ne
Les informations sur la vie de
chirurgien. D'après Jean Babelon : «
commença à utiliser le nom «
Cervantes
sont
souvent
c'était un médecin mal qualifié, et
Saavedra » qu'après son retour de
contradictoires
et
difficiles
à
besogneux, qui exerçait son métier
captivité d'Alger, peut-être pour se
rassembler. Parce que, selon Émile
au cours de ses fréquentes errances
différencier d'un certain Miguel de
Chasles : « On le laissa mourir en
», ce qui expliquerait que Miguel
Cervantes Cortinas expulsé de la
1616 dans le silence (…). Pendant
reçut une éducation assez peu
cour.
toute la durée du XVIIe siècle,
méthodique.

Culture, Culture !

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page 25

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Vers 1551, Rodrigo de Cervantes
déménagea avec sa famille à
Valladolid. Il fut emprisonné pour
dettes pendant quelques mois et
ses biens furent confisqués. En 1556
la famille est à Madrid, le père se
rendit à Cordoue pour recevoir
l'héritage de Juan de Cervantes,
grand-père de l'écrivain, et pour fuir
ses
créanciers.
Il n'existe pas de données précises
sur les études de Miguel de
Cervantes. Il est probable que
celui-ci n'atteignit jamais un niveau
universitaire. Valladolid, Cordoue et
Séville se trouvent parmi les
hypothèses de lieux possibles pour
ses études. La Compagnie de Jésus
constitue une autre piste puisque
dans son roman Le Colloque des
chiens, il décrit un collège de
jésuites et fait allusion à une vie
d'étudiant. Jean Babelon pense
qu'il a certainement fréquenté
l'université d'Alcalá et celle de
Salamanque si l'on se fie à ses écrits
sur la vie pittoresque des étudiants.
Les informations qu'il fournit dans ses
ouvrages
ne
permettent
cependant
pas
de
conclure
formellement
qu'il
suivit
un
enseignement universitaire, comme
le rappelle la bibliothèque virtuelle
Cervantes.
En 1566, il s'installa à Madrid. Il
assista à l’Estudio de la Villa.
L'institution était gérée par le
professeur de grammaire Juan
López de Hoyos, qui publia en 1569
un livre sur la maladie et la mort de
la reine Élisabeth de Valois, la
troisième épouse du roi Philippe II.
López de Hoyos inclut dans ce livre
trois poésies de Cervantes, « notre
cher et aimé disciple », qui sont ses
premières manifestations littéraires :
le jeune homme avait écrit ces vers
en hommage à la défunte reine.
Ce fut à cette époque que
Cervantès prit gout au théâtre en
assistant aux représentations de
Lope de Rueda et de Bartolomé
Torres Naharro dont les pièces
étaient jouées dans les villes et les
villages
par
des
comédiens
ambulants. Il adorait le monde du

Culture, Culture !

Français 132 506
théâtre et fit déclarer à son célèbre
Hidalgo, dans la seconde partie de
son chef-d'œuvre Don Quichotte
de la Manche : « il n'avait d'yeux
que
pour
le
spectacle
».
Une ordonnance de Philippe II de
1569 a été conservée. Le roi y
ordonnait d'arrêter Miguel de
Cervantès, accusé d'avoir blessé
dans un duel un certain Antonio
Sigura, maitre d'œuvre. Si cette
ordonnance concerna réellement
Cervantès et non un homonyme,
elle pourrait expliquer sa fuite en
Italie.
Miguel de Cervantès arriva à Rome
en décembre 1569. Il lut alors les
poèmes de chevalerie de Ludovico
Ariosto et les Dialogues d'amour du
Juif séfarade León Hebreo (Juda
Abravanel),
d'inspiration
néoplatonicienne
et
qui
influencèrent sa vision de l'amour.
Cervantès s'instruisit du style et des
arts italiens dont il garda par la suite
un
très
agréable
souvenir.
Mais malgré son gout pour la
littérature, Cervantès
cherchait
d'abord à faire carrière dans les
armes. Il s'engagea dans une
compagnie de soldats de 1570 à
1574
avant
d'entrer
comme
camérier au service de Giulio
Acquaviva, qui devint cardinal en
1570 et qu'il suivit en Italie. Il avait
probablement
rencontré
ce
cardinal à Madrid, mais ce dernier
ne le garda pas longtemps comme
secrétaire,
et
Cervantès
dut
prendre rang dans les régiments
des tercios d'Italie, à la solde des
Colonna. Les hasards de la vie
militaire l'entrainèrent sur les routes
de toute l'Italie : Naples, Messine,
Loreto, Venise, Ancône, Plaisance,
Parme, Asti et Ferrare. Il consigna
par la suite le souvenir de ces
différents séjours dans l'une de ses
Nouvelles exemplaires : Le Licencié
Vidriera. Il lui arrivait de méditer sur
la guerre, et de vitupérer la «
diabolique invention de l'artillerie ».
Mais tout en combattant, il
complétait son éducation littéraire
par la lecture des classiques
anciens et des auteurs italiens de

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module 12
son

époque.

En 1570, le sultan Selim II attaqua
Nicosie (Chypre). Cervantès décrit
l’évènement dans la nouvelle
L'Amant généreux qui fait partie
des Nouvelles exemplaires. Il fut
alors enrôlé dans la compagnie du
capitaine Diego de Urbina dans le
tercio de Manuel de Moncada. La
flotte, commandée par Don Juan
d'Autriche,
fils
naturel
du
puissant Charles Quint et demi-frère
du roi, réunit sous son pavillon les
vaisseaux du Pape, ceux de Venise,
et ceux de l'Espagne, et engagea
la bataille de Lepante le 7 octobre
1571. Cervantès prit part à la
victoire sur les Turcs dans le golfe de
Patras à bord du bateau la
Marquesa
(la
Marquise).
Ce fut après cette bataille qu'il
gagna le surnom de « manchot de
Lépante » (el manco de Lepanto).
Cervantès fut blessé lors de la
bataille : sa main gauche ne fut pas
coupée, mais elle perdit son
autonomie de mouvement à cause
du plomb qui lui avait sectionné un
nerf. Après six mois d'hôpital à
Messine, Cervantès renoua avec sa
vie militaire en 1572. Il prit part aux
expéditions navales de Navarin
(1572), Corfou, Bizerte, et en 1573, il
figurait dans le tercio de Figueroa
lors de la Bataille de Tunis. Toutes
ces missions furent exécutées sous
les ordres du capitaine Manuel
Ponce de León et dans le régiment
du très fameux Lope de Figueroa
dont il est fait mention dans Le
maire de Zalamea de Pedro
Calderón
de
la
Barca.
Le 20 septembre 1575, Cervantès
bénéficia
d'un
congé
et
il
s'embarqua
de
Naples
pour
l'Espagne. Mais au large des
Saintes-Maries-de-la-Mer, et alors
qu'il naviguait à bord de la galère
espagnole El Sol, le bateau fut
attaqué par trois navires turcs
commandés
par
le
renégat
albanais Arnaute Mamí, le 26
septembre 1575. Miguel et son frère
Rodrigo furent emmenés à Alger.
Cervantès fut attribué comme
esclave au renégat Dali Mamí,

page 26

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marin aux ordres de Arnaute. Il fit le
récit de sa mésaventure dans
L'Espagnole-Anglaise, qui fait partie
des
Nouvelles
exemplaires.
Miguel, porteur de lettres de
recommandation de la part de don
Juan d'Autriche et du Duc de Sessa
fut considéré par ses geôliers
comme
quelqu'un
de
très
important et de qui ils pourraient
obtenir une forte rançon. C'était,
selon l'expression de l'époque un «
esclave de rachat » pour lequel on
demanda cinq-cents écus d'or de
rançon.
Les sources permettant de retracer
la captivité de Cervantès sont des
écrits autobiographiques : ses
comédies Los tratos de Argel, Los
baños de Argel («Les Bains d'Alger»)
et Le Récit du Captif inclus dans la
première partie de Don Quichotte,
aux chapitres 39 à 41. Le livre du
frère Diego de Haedo, Topographie
et histoire générale d'Alger (1612),
qui
offre
des
informations
importantes sur la captivité de
Cervantès, a été donné pour une
source
«
indépendante
».
Cependant, l'attribution de cette
œuvre à Diego de Haedo est
erronée, chose que lui-même
reconnut en son temps. Selon Emilio
Sola, Antonio de Sosa, bénédictin
et compagnon de captivité de
Cervantès, a coécrit cet ouvrage
avec son ami. En conséquence, le
livre de Diego de Haedo n'est pas
une confirmation indépendante de
la vie de Cervantes à Alger, mais un
écrit de plus de la part de
Cervantès et qui porte aux nues son
héroïsme.
Le récit de la captivité de
Cervantès est épique. Pendant ses
cinq
ans
d'emprisonnement,
Cervantès, d'esprit fort et motivé,
essaya de s'échapper à quatre
occasions.
Pour
éviter
des
représailles sur ses compagnons de
captivité, il assuma la totale
responsabilité de ces tentatives
devant ses ennemis et préféra la
torture à la délation. Il n'a
cependant jamais été châtié, peutêtre pour des raisons politiques.

Culture, Culture !

Français 132 506
La première tentative de fuite fut un
échec, car le complice maure qui
devait conduire Cervantes et ses
compagnons
à
Oran
les
abandonna dès le premier jour. Les
prisonniers durent retourner à Alger,
où ils furent enfermés et mieux
gardés. En butte à de dures
représailles, Cervantès fut alors
employé aux carrières et aux
fortifications du port. Il devint
ensuite jardinier sous les murs de
Bab El Oued pour son maitre
Hassan.
L'écrivain relate en partie ce dernier
épisode dans L'Amant libéral inclus
dans le tome I de Nouvelles
espagnoles.
Cependant, la mère de Cervantès
avait réussi à réunir une certaine
quantité de ducats, avec l'espoir
de pouvoir sauver ses deux fils. En
1577, après avoir traité avec les
geôliers, la quantité de ducats se
révéla insuffisante pour libérer les
deux frères. Miguel préféra que ce
soit son frère qui fût libéré. Rodrigo
rentra alors en Espagne en
possession d'un plan élaboré par
Miguel pour se libérer, lui et ses
quatorze
ou
quinze
autres
compagnons.
Cervantès s'associa au renégat El
Dorador (le Doreur) pour une
deuxième
évasion.
Le
plan
prévoyait que Cervantès se cachât
avec les autres prisonniers dans une
grotte, en attendant une galère
espagnole
qui
viendrait
les
récupérer.
La
galère,
effectivement, vint et tenta de
s'approcher deux fois de la plage ;
mais finalement elle fut capturée à
son tour. Le traitre El Dorador
dénonça les chrétiens cachés dans
la grotte. Cervantès se déclara
alors
seul
responsable
de
l'organisation, de l'évasion et d'avoir
convaincu ses compagnons de le
suivre. Le vice-roi d'Alger, Hassan
Vénéziano, le racheta à son maitre
pour une somme de cinq-cents
écus
d'or.
Dans

le

quartier

algérois

de

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module 12
Belouizdad,
la
«
grotte
de
Cervantes » est réputée avoir été la
cache de Cervantes et ses
compagnons.
La troisième tentative fut conçue
par Cervantes dans le but de
joindre par la terre Oran alors sous
domination espagnole. Il envoya làbas un Maure avec des lettres pour
Martín de Córdoba y Velasco,
général de cette place, en lui
expliquant la situation et lui
demandant
des
guides.
Le messager fut pris. Les lettres
découvertes dénonçaient Miguel
de Cervantès et montraient qu'il
avait tout monté. Il fut condamné à
recevoir deux-mille coups de
bâtons, mais la condamnation ne
fut
pas
appliquée,
car
de
nombreuses
personnes
intercédèrent
en
sa
faveur.
La dernière tentative de fuite se
produisit en 1579 avec la complicité
du renégat Giron et à l'aide d'une
importante somme d'argent que lui
donna un marchand valencien de
passage à Alger, Onofre Exarque.
Cervantes acheta une frégate
capable de transporter soixante
captifs
chrétiens.
Alors que l'évasion était sur le point
de réussir, l'un des prisonniers,
l'ancien dominicain le docteur Juan
Blanco de Paz, révéla tout le plan à
Azán Bajá. Comme récompense, le
traitre reçut un écu et une jarre de
graisse. Cervantes fut repris et
condamné à cinq mois de réclusion
dans le bagne du vice-roi. Azán
Bajá transféra alors Cervantes dans
une prison plus sure, au sein de son
palais. Il décida par la suite de
l'emmener à Constantinople, d'où
la fuite deviendrait une entreprise
quasi impossible à réaliser. Une fois
encore, Cervantes assuma toute la
responsabilité.
En mai 1580, les frères Trinitaires,
frère Antonio de la Bella et frère
Juan Gil, arrivèrent à Alger. Leur
Ordre tentait de libérer des captifs,
y compris en se proposant euxmêmes
comme
monnaie

page 27

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d'échange.
Cinq-cents
captifs
furent libérés par leur entremise. Les
sources divergent sur les modalités
d'obtention des fonds. Certaines
biographies avancent que la
famille fortunée de Cervantes paya
sa rançon. Pour une autre source,
Fray Jorge de Olivarès de l'ordre de
la Merci resta en otage contre septmille autres prisonniers. Enfin, pour
d'autres biographes, les frères
Antonio de la Bella et Juan Gil ne
disposaient que de trois-cents écus
pour faire libérer Cervantès, dont
on exigeait cinq cents pour la
rançon. Frère Juan Gil collecta la
somme qui manquait parmi les
marchands chrétiens. Finalement,
au moment où Cervantès était
monté dans le vaisseau du Pacha
Azán
Bajá
qui
retournait
à
Constantinople avec tous ses
esclaves, l'écrivain fut libéré le 19
septembre 1580 par un acte de
rachat passé devant le notaire
Pedro de Ribera, et il s'embarqua le
24 octobre 1580 en route pour
Denia, d'où il gagna Valence en
cherchant à gagner sa vie.
Le 24 octobre, il revint enfin en
Espagne avec d'autres captifs
sauvés également. Il arriva à Dénia,
d'où il partit pour Valence. Vers
novembre ou décembre, il retrouva
sa famille à Madrid. C'est à ce
moment-là qu'il commença à
écrire Le Siège de Numance, de
1581
à
1583.
Il est probable que La Galatea fut
écrite entre 1581 et 1583 ; c'est sa
première
œuvre
littéraire
remarquable. Elle fut publiée à
Alcalá de Henares en 1585.
Jusqu'alors il n'avait publié que
quelques articles dans des œuvres
d'autrui ou des recueils, qui
réunissaient les productions de
divers
poètes.
La Galatea est divisée en six livres,
mais seule la « première partie » fut
écrite. Cervantes promit de donner
une suite à l'œuvre ; elle ne fut
pourtant
jamais
imprimée.
Dans le prologue de la Galatée,
l'œuvre est qualifiée d'« églogue »

Culture, Culture !

Français 132 506
et l'auteur insiste sur l'affection qu'il
a toujours eue pour la poésie. C'est
un roman pastoral, genre littéraire
déjà publié en Espagne dans la
Diana de Jorge de Montemayor.
On peut encore y deviner les
lectures qu'il a pu avoir quand il
était
soldat
en
Italie.
De retour à Madrid, il eut une
aventure avec la femme d'un
aubergiste qui lui donna une fille
naturelle, Isabelle, en octobre 1584.
Deux mois plus tard, le 12
décembre
1584,
Miguel
de
Cervantes se maria avec Catalina
de Salazar y Palacios dans le village
d'Esquivias près de Tolède où le
couple déménagea. Catalina était
une jeune fille qui n'avait pas vingt
ans et qui lui apporta une dot
modeste. Après deux ans de
mariage, Cervantes entreprit de
grands
voyages
à
travers
l'Andalousie. En 1587, il était à
Séville, séparé de sa femme, sans
que les raisons de leur séparation
ne fussent claires. Cervantes ne
parla jamais de son épouse dans
ses textes autobiographiques, bien
qu'il fut le premier à avoir abordé le
thème du divorce dans son
intermède Le juge des divorces et
alors que cette procédure était
impossible dans un pays catholique.
Nommé commissaire aux vivres par
le roi Philippe II lors de la
préparation de l'attaque espagnole
de l'Invincible Armada contre
l'Angleterre, Cervantès séjourna à
Séville entre 1585 et 1589. Il
parcourut à nouveau le chemin
entre Madrid et l'Andalousie, qui
traverse la Castille et la Manche.
Ce voyage est raconté dans
Rinconete et Cortadillo. Mais, en
1589, il fut accusé d'exactions,
arrêté et excommunié. L'affaire le
mettait aux prises avec le doyen et
le chapitre de Séville. Au cours de
ses réquisitions à Écija, Cervantès
aurait détourné des biens de
l'Église. Un peu plus tard, en 1592, le
commissaire aux vivres fut arrêté de
nouveau à Castro del Río, dans la
province de Cordoue pour vente
illicite de blé. Il fut de nouveau
emprisonné
pour
une
courte

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module 12
période et accepta un emploi à
Madrid : il fut affecté au
recensement des impôts dans la
région
de
Grenade.
C'est vers cette époque qu'il
commença
à
rédiger
Don
Quichotte.
Il
eut
l'idée
du
personnage probablement dans la
prison de Séville, peut-être dans
celle de Castro del Río. En tout cas,
selon ses dires, « dans une prison, où
toute incommodité a son siège, où
tout bruit sinistre a son siège, où tout
bruit lugubre fait sa demeure. »
La malchance poursuivit l'écrivain
qui avait déposé ses avoirs chez le
banquier portugais Simon Freyre,
lequel fit faillite. Cervantès se
retrouva de nouveau en prison à
Séville de septembre à décembre
1597 où il retourna encore en 1602
et
1603.
En 1601, le roi Philippe III s'établit
avec sa cour à Valladolid qui
devint pour un temps la capitale de
l'Espagne. Cervantès s'y installa en
1604 dans une maison près de
l'hôpital de la résurrection qui lui
inspira le décor du Colloque des
chiens, et de Scipion et Berganza.
À la fin de 1604, il publia la première
partie de ce qui fut son chefd'œuvre : L'Ingénieux Hidalgo Don
Quichotte de la Manche. Le livre fut
un succès immédiat. Il y raillait le
gout des aventures romanesques et
chevaleresques qui dominait en son
temps. Cette œuvre marqua la fin
du réalisme en tant qu'esthétique
littéraire, créa le genre du roman
moderne qui eut une très grande
influence et constitue sans doute le
plus bel exemple de roman
picaresque. Cependant en juin de
1605, Don Santiago Gaspar de
Espeleta fut assassiné devant la
maison de l'écrivain. On accusa
Cervantès sur la base d'insinuations
des voisins, et sa famille fut mise à
l'index. Il fut pourtant reconnu
innocent.
De retour à Madrid avec la cour,
Cervantès
bénéficia
de
la
protection des ducs de Lerma, de

page 28

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Bejar, et de Lemos ainsi que de
celle du cardinal Bernardo de
Sandoval, archevêque de Tolède.
En 1613 parurent les Nouvelles
exemplaires, un ensemble de
douze récits brefs, écrits plusieurs
années auparavant. Selon Jean
Cassou, ce recueil de nouvelles
représente le monument le plus
achevé de l'œuvre narrative de
Cervantès : « La peinture est sobre,
juste ; le style brillant, précis (...) on
assiste à la naissance d'une poésie
brutale et cependant jamais
vulgaire.
»
La critique littéraire est une
constante
dans
l'œuvre
de
Cervantès. Elle apparut dans la
Galatea et se poursuivit dans Don
Quichotte. Il lui consacra le long
poème en tercets enchainés le
Voyage au Parnasse en 1614.
De même, dans huit comédies et
huit intermèdes, recueil de pièces
de théâtre publié à Madrid en 1615,
que Cervantès qualifie de «
nouvelles » (œuvres nouvelles) pour
les distinguer de ses œuvres du
début, le prologue présente une
synthèse du théâtre espagnol
depuis
les
origines
jusqu'aux
productions de Lope de Rueda et
Lope de Vega. Ce recueil réunit
toute la production des dernières
années
de
l'auteur.
La seconde partie
du Don
Quichotte ne parut qu'en janvier
1615 : L'Ingénieux chevalier don
Quichotte de la Manche. Cette
partie sortit deux ans après la
parution d'une suite apocryphe
signée d'un mystérieux Alonso
Fernández de Avellaneda publiée
cours de l'été 1614 à Tarragone, et
qui s'intitulait : L'Ingénieux Hidalgo
Don Quichotte de la Manche, par
le licencié Alonso Fernández de
Avellaneda natif de Tordesillas. On
n'a jamais pu identifier l'auteur de
cette contrefaçon déloyale. On sait
que
Alonso
Fernández
de
Avellaneda est le pseudonyme d'un
écrivain espagnol. Les historiens ont
émis plusieurs hypothèses quant au
personnage qui se cachait derrière

Culture, Culture !

Français 132 506

module 12

ce nom. Il pourrait s'agir de Lope de
Vega, de Juan Ruiz de Alarcón y
Mendoza, ou de Tirso de Molina. Un
groupe d'amis de Lope est
également
évoqué.
Les deux parties de Don Quichotte
forment une œuvre qui donne à
Cervantès un statut dans l'histoire
de la littérature universelle, aux
côtés de Dante, Shakespeare,
Rabelais
et Goethe comme
un
auteur
incontournable
de
la
littérature
occidentale.
L'étrange inventeur, comme luimême se nomme dans Le Voyage
au Parnasse, mourut à Madrid le 23
avril 1616, en présentant les
symptômes du diabète. Il était alors
tertiaire de l'ordre de saint François.
Il fut probablement enterré dans le
couvent de cet ordre, entre les rues
madrilènes Cantarranas et Lope de
Vega. C'est là qu'il repose avec son
épouse, sa fille et celle de Lope de
Vega bien que certaines sources
affirment que, Cervantes étant mort
pauvre, sa dépouille fut mise en
fosse commune, et est aujourd'hui
perdue.
Le roman Les Travaux de Persille et
Sigismonde parut un an après la
mort de l'écrivain ; sa dédicace au
Comte de Lemos fut signée
seulement deux jours avant le
décès. Ce roman grec, qui prétend
concurrencer le modèle classique
grec d'Héliodore, connut quelques
éditions supplémentaires à son
époque, mais il fut oublié et effacé
par le triomphe indiscutable du Don
Quichotte

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Module 3…

Les classiques, de l’Antiquité au 21e siècle

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Français 132 506

module 12

Émile Zola

Gravure, non signée

SOURCE :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/%C3%89mile_Zola/15
0676
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Français 132 506

module 12

Émile Zola
Émile Zola est un écrivain et journaliste français, né à Paris le 2 avril 1840 et mort dans la même ville
le 29 septembre 1902
Chef de file du naturalisme,
Émile
Zola
s’efforça
d’appliquer
la
rigueur
scientifique à l’écriture du
roman. Ancré dans la France
du Second Empire, régime qu'il
détestait,
son
cycle
romanesque
des RougonMacquart brosse une fresque
psychologique
et
sociale
inégalée dans la littérature
française. Il fut aussi un ardent
combattant pour la justice et
la
vérité,
lors de
l'affaire
Dreyfus, qui déchira la France
de la IIIe République.

d'un emploi subalterne à la
direction du service publicité.

Naissance

Écrivain naturaliste (1867-1877)

Émile Édouard Charles Antoine
Zola nait le 2 avril 1840 à Paris,
au 10, rue Saint-Joseph.

Après Thérèse
Raquin (1867)
et Madeleine
Férat (1868),
conçoit la série des RougonMacquart dès 1868, mais n'en
lance la publication qu'après
la chute de Napoléon III : le
cycle
des RougonMacquart devient
l’histoire
naturelle et sociale d'une
famille sous le second Empire.
Mariage avec Alexandrine
Meley (1870). Parution de la
Fortune des Rougon (1871) ; le
Ventre de Paris (1873). Attentif
à la vie quotidienne et à la
détresse jusque dans les
classes
inférieures
de
la
société, l’auteur est accusé de
se complaire dans l’ordure.

Famille
Père ingénieur italien (François
Zola), mère beauceronne (née
Émilie Aubert). Installation en
1843 à Aix-en-Provence. Mort
du père en 1847 : la famille est
dans la gêne.

Jeunes années (1840-1862)
À Aix, se lie avec Paul
Cézanne. Revient à Paris avec
sa
mère.
Échec
au baccalauréat (1859) et
abandon des études. Entre en
1862 chez Hachette ; y passe
Culture, Culture !

Journaliste et écrivain (18621867)
Publie
les Contes
à
Ninon (1864), puis son premier
roman, La
Confession
de Claude (1865). À partir de
1866, collaboration à plusieurs
journaux, critique littéraire et
artistique :
admiration
du
réalisme
d'Édouard
Manet (Mes Haines, 1866).

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Chef d’école (1877-1893)
Scandale
et
triomphe
de l'Assommoir (1877),
qui
installe Zola dans la position de
maitre du naturalisme – et
dans
l’aisance
matérielle.
Achète une maison à Medan
(1878) et y reçoit ses disciples.
Intense activité critique pour
promouvoir
l’esthétique
naturaliste
(le
Roman
expérimental,
1880).
Suite
des RougonMacquart : Nana (1880), PotBouille (1882), Au bonheur des
dames (1883) et consécration
avec Germinal(1885)…
Achèvement de la série
des Rougon-Macquart (1893),
avec une certaine lassitude.
Liaison avec Jeanne Rozerot,
une lingère au service de sa
femme ; elle lui donne deux
enfants : Denise (1889) et
Jacques (1891).
Fervent dreyfusard
Retour au journalisme politique
et engagement décisif dans
l'affaire Dreyfus. Zola publie à
la une de l'Auroreune lettre
ouverte au président de la
République : J'accuse…! (1898
)
.
Condamné
pour
diffamation, il s’exile à Londres
(1898-1899) pour se soustraire à
la prison. Il écrit encore la
Vérité en marche (1901) en
faveur de la réhabilitation du
capitaine Dreyfus.
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Français 132 506

Dernières années

Mort (accidentelle ?)

19 candidatures pour être élu
à l’Académie française (18901898),
autant
d’échecs.
Derniers cycles romanesques,
dans
une
perspective
messianique : les
Trois
Villes (1894-1898) ; les Quatre
Évangiles(1899-inachevé).

Meurt
par
asphyxie
(intoxication par inhalation de
gaz toxiques) dans la nuit du
28 au 29 septembre 1902, à
Paris. La thèse de l'obstruction
volontaire de la cheminée par
un
antidreyfusard
est
aujourd'hui
privilégiée.
Obsèques grandioses. Transfert
des restes de Zola au

module 12

Panthéon le 4 juin 1908.
« Envions-le : il a honoré sa
patrie et le monde par une
œuvre immense et par un
grand acte. Envions-le, sa
destinée et son cœur lui firent
le sort le plus grand : il fut un
moment de la conscience
humaine. »(Éloge
funèbre
prononcé par Anatole France,
le 5 octobre 1902).

http://www4.ac-nancy-metz.fr/ia54-briey/landres-emile-zola/

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Module 3…

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module 12

Les classiques, de l’Antiquité au 21e siècle

Albert Camus

http://salon-litteraire.com/fr/albertcamus/content/1811029-albert-camus-biographie

L’ambigüité d’une révolte

SOURCE :
http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Albert_Camus/111047
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module 12

Albert Camus
Albert Camus, né le 7 novembre 1913 à Mondovi, près de Bône, en Algérie, et mort le 4 janvier 1960
à Villeblevin, dans l'Yonne, est un écrivain, philosophe, romancier, dramaturge, essayiste et
nouvelliste français.
de l'enseignement secondaire : il
et la vie de Camus se confondent
En 1871, la famille Camus opte
entre alors au lycée Mustapha
dans
la
naissance
d'un
pour la France et, quittant
d'Alger. Il est respecté de ses
« message ».
l'Alsace, va s'installer en Algérie.
condisciples à cause de ses
Le fils, Lucien, ouvrier agricole,
multiples talents, qui font oublier
En 1937, il publie un recueil de
épouse
Catherine
Sintès,
sa
pauvreté ;
on
l'appelle
nouvelles autobiographiques et
Espagnole de Majorque. Deux
affectueusement
« le
petit
symboliques auquel il travaille
garçons naissent de cette union.
Prince » ; avec son professeur
depuis plus de deux ans : « Pour
Jean Grenier nait une amitié qui
moi, je sais que ma source est
dans l'Envers et l'endroit, dans ce
durera jusqu'à la mort. Bachelier,
Albert, le second, voit le jour à
Camus commence la classe de
monde de pauvreté et de lumière
Mondovi, près de Constantine, le
lettres supérieures, vivantavec
où j'ai longtemps vécu et dont le
7 novembre 1913. Il n'a pas un an
intensité sur tous les plans,
souvenir me préserve encore des
lorsque son père est mortellement
lorsqu'il
est
atteintpar
la
deux dangers contraires qui
blessé à la première bataille de la
tuberculose :
« Une
grave
menacent
tout
artiste,
le
Marne : « […] mort au champ
maladie m'ôta provisoirement la
ressentiment et la satisfaction. »
d'honneur, comme on dit. En
force de vie qui, en moi,
Mais Pascal Pia l'engage comme
bonne place, on peut voir dans un
transfigurait tout » (Carnets).
journaliste à Alger républicain, et
cadre doré la croix de guerre et la
Camus apprend son métier,
médaille militaire » (l'Envers et
Grâce à des prêts d'honneur, il
écrivant des articles dans tous les
l'endroit).
peut cependant reprendre ses
genres. Il publie notamment un
compte rendu de la Nausée,
études et s'inscrit à la section de
La jeune veuve s'installe avec ses
philosophie
de
l'université
admirant le talent de Sartre, mais
deux enfants et sa mère à Alger,
d'Alger ; il obtient un diplôme
déplorant sa perspective de la
dans le quartier des pauvres,
d'études supérieures sur le
vie. Il donne alors un second
faisant des ménages pour
sujet Néoplatonisme
et
pensée
recueil de nouvelles, Noces, écho
subvenir aux besoins de sa
chrétienne. Mais l'université n'est
du premier (« Je comprends ici ce
famille. Elle « donne son argent à
pas pour lui une tour d'ivoire : il
qu'on appelle gloire : le droit
sa mère. Celle-ci fait l'éducation
exerce divers métiers, se marie,
d'aimer sans mesure »), puis,
des enfants avec une cravache.
divorce peu après ; il adhère au
avec quelques amis, il fonde la
Quand elle frappe trop fort, sa fille
revue Rivages, qu'il veut consacrer
parti
communiste,
puis
lui dit : « Ne frappe pas sur la
démissionne lors du pacte entre
à une certaine forme de
tête », parce que ce sont ses
Staline et Pierre Laval ; il fonde la
civilisation, aux antipodes de celle
enfants, et elle les aime bien. »
maison de la culture d'Alger et la
de Sartre : « Ce gout triomphant
troupe « Théâtre du travail ».
de la vie, voilà la vraie
Méditerranée. » Il fait alors la
De 1918 à 1923, Camus
Pour cette troupe, avec plusieurs
connaissance de Malraux, mais, à
fréquente
l'école
primaire
camarades, il compose un drame
la suite d'un reportage sur la
communale du quartier Belcourt,
antifasciste,
Révolte
dans
les
misère en Kabylie, il doit quitter
où un instituteur, Louis Germain,
Asturiesdevenant ainsi un écrivain
l'Algérie. En mai 1940, à Paris, il
discerne les aptitudes du petit
termine l'Étranger, vivotant d'un
engagé.
Les
représentations
sont
Albert et se consacre à lui,
interdites par le gouvernement
modeste emploi à la rédaction
remplaçant le père. L'enfant
de France-Soir. En juin, il se replie
général.
Dès
ce
moment,
l'œuvre
réussit au concours des bourses
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avec le journal à ClermontFerrand, où il rédige l'essentiel du
recueil le Mythe de Sisyphe. Vers la
fin de l'année, il épouse Francine
Faure, une Oranaise. En 1941, il
retourne en Algérie, à Oran, où il
met la dernière main au Mythe de
Sisyphe, puis il entame la Peste.
Rentré en France vers la fin de
l'année, il se jette dans la
Résistance active : « C'était un
matin, à Lyon, et je lisais dans un
journal l'exécution de Gabriel
Péri. » Il participe aux activités du
réseau « Combat » (mouvement
Libération-Nord)
pour
le
renseignement et la presse
clandestine.
Sur les instances de Malraux, les
éditions
Gallimard
publient l'Étranger en juillet 1942.
Mais Camus a une grave rechute
de tuberculose, et il se prépare à
rejoindre Francine à Oran pour sa
convalescence, lorsque les Alliés
débarquent en Afrique du Nord.
Le couple restera séparé jusqu'à
la Libération.
La parution du recueil d'essais
philosophiques le
Mythe
de
Sisyphe (1943) est marquée par le
succès et l'incompréhension.
Nombre de critiques rapprochent
de la pensée de Sartre un
ouvrage où Camus écrit : « Je
prends ici la liberté d'appeler
suicide philosophique l'attitude
existentielle. »
Camus devient cependant le
délégué de « Combat » dans la
fusion des mouvements de
Résistance ;
il
publie
clandestinement deux Lettres à un
ami allemand et, le 24 aout 1944,
pendant les batailles de rues pour
Culture, Culture !

Français 132 506
la libération de Paris, donne
l'éditorial du premier numéro du
journal Combat,
sorti
de
la
clandestinité. Tandis que Marcel
Herrand crée, au théâtre des
Mathurins, avec Maria Casarès
dans le rôle de Martha, le
Malentendu, qui connait un semiéchec,
Camus,
codirecteur
de Combat, veut
donner
au
journal, et à toute la presse issue
de la Libération, un visage
nouveau : « Pour des hommes
qui, pendant des années, écrivant
un article, savaient que cet article
pouvait se payer de la prison et
de la mort, il est évident que les
mots avaient une valeur et qu'ils
devaient être réfléchis » (Actuelles
I). En septembre 1945 naissent
ses deux enfants, Jean et
Catherine Camus. Quelques jours
plus
tard,
la
première
de Caligula au théâtre Hébertot
est un triomphe, mais on ne sait
pas très bien si le succès est dû
au texte de la pièce ou à la
révélation, dans le rôle principal,
d'un acteur de génie, Gérard
Philipe. L'année suivante, Camus,
qui a eu quelques difficultés avec
le
F.B.I.,
est
accueilli
chaleureusement
par
les
universités américaines. Il se
charge de la publication des
œuvres inédites de Simone Weil,
mais il n'arrive pas à faire
prévaloir ses vues à la direction
de Combat, avec lequel il rompt
lors de sa prise de position contre
la répression d'une révolte à
Madagascar
par
l'armée
française :
c'est
un
échec
personnel et la mort d'un idéal.
En juin 1947, la Peste reçoit dès
sa
publication
un
accueil
enthousiaste de la critique et du
public, mais Camus semble
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module 12
n'éprouver qu'une sorte
désenchantement.

de

Cet état d'esprit est renforcé par
un voyage en Algérie, suivi de
l'échec, au théâtre Marigny,
de l'État de siège, mis en scène
par J.-L. Barrault. Camus voyage
au Brésil en 1949. Dès son
retour, à la fin aout, il doit s'aliter
et ne se relève que le
15 décembre, pour assister à la
première de sa pièce les Justes,
qui remporte un succès.
Affaibli, il travaille au ralenti,
publie un recueil de ses
articles Actuelles I. Puis un second
ensemble
d'essais
philosophiques parait sous le titre
de l'Homme révolté, origine d'une
vaste,
longue
et
amère
polémique.
Camus fait en 1952 un nouveau
séjour en Algérie et, à son retour,
rompt définitivement avec Sartre.
Il met en chantier des nouvelles
et adapte pour la scène les
Possédés, de Dostoïevski.
Après Actuelles II (1953), il réunit
des textes écrits depuis 1939
sous le titre de l'Été (1954) : « Ce
monde est empoisonné de
malheurs et semble s'y complaire.
Il est tout entier livré à ce mal que
Nietzsche appelait l'esprit de
lourdeur. N'y prêtons pas la main.
Il est vain de pleurer sur l'esprit, il
suffit de travailler pour lui. »
Le 22 janvier 1956, il lance à
Alger un courageux Appel pour une
trêve civile en Algérie : « Pour
intervenir sur ce point, ma seule
qualification est d'avoir vécu le
malheur algérien comme une
tragédie personnelle et de ne
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pouvoir, en particulier, me réjouir
d'aucune mort, quelle qu'elle
soit. »

Français 132 506

module 12

En septembre, il met en scène au
théâtre des Mathurins son
adaptation de Requien pour une
nonne, de William Faulkner, et
publie son dernier roman, la
Chute.
En 1957, il donne un nouveau
recueil de nouvelles, l'Exil et le
royaume. Le 17 octobre, il reçoit le
prix Nobel. Il dédie sesDiscours de
Suède à
l'instituteur
Louis
Germain. MaisActuelles III, recueil
des articles sur l'Algérie, souffre
d'une conspiration du silence.
Camus fait un nouveau voyage
en Grèce ; sa santé donne de
nouveau de l'inquiétude.
En 1959, il met en scène les
Possédés au théâtre Antoine, puis
va se reposer dans une maison
récemment achetée à Lourmarin,
en Provence. Le 20 décembre, il
répond à une série de questions
d'un professeur américain, R. D.
Spector : « Je ne relis pas mes
livres. Je veux faire autre chose,
je veux le faire […]. » Le 4 janvier
1960, entre Sens et Paris, la
puissante voiture de Michel
Gallimard dérape et s'écrase
contre un arbre ; le passager,
Albert Camus, âgé de quarantesept ans, est tué sur le coup.

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Module 3…

Les classiques, de l’Antiquité au 21e siècle

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Gabriel Garcìa Màrquez

http://www.theguardian.com/books/2014/apr/17/gabri
el-garcia-marquez-dies

SOURCE : http://www.larousse.fr/archives/litterature/page/460

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module 12

Gabriel Garcìa Màrquez
Gabriel García Márquez, né le 6 mars 1927 à Aracataca et mort le 17 avril 2014 à Mexico, est un
écrivain colombien. Romancier, nouvelliste, mais également journaliste et activiste politique, il reçoit
en 1982 le prix Nobel de littérature.

Devenu chroniqueur régulier
à El Espectador, l'un des
deux grands quotidiens de
Bogotá, il est envoyé en
Europe, et en particulier à
Paris (1954). La fermeture de
son journal pour raisons
politiques le laisse dans une
situation précaire, jusqu'au
moment

il
gagne
Caracas (1957), et peut y
reprendre ses activités de
journaliste. Rentré à Bogotá
en 1959, il y participe à la
création de l'antenne locale
de Prensa latina, l'agence
de presse de la toute jeune
République de Cuba, qu'il
quittera dès 1961 pour
s'installer à Mexico. Là, il
participe de plus en plus
activement
à
la
vie
politique du continent, en
soutenant au grand jour les
mouvements
antiimpérialistes auxquels il
collaborait
depuis
très
longtemps. Puis il rentre
dans
son
pays,
qu'il
retrouvera après chacun de
ses
nombreux
voyages,
avant de le quitter à
nouveau en aout 1980. Il
n'en garde pas moins un
contact étroit et influent
avec
sa
patrie,
par
l'intermédiaire
d'El
Espectador : il
en
est
devenu l'éditorialiste et y
Culture, Culture !

publie chaque dimanche
une chronique reprise par
un nombre considérable de
journaux, et qui est célèbre
sous le nom de « colonne de
Gabo », diminutif de son
prénom.
Cette
activité
journalistique 'accompagne
à partir de 1947 d'une très
riche carrière romanesque.
C'est à cette date, en effet,
qu'El Espectador publie le
premier de ses contes, qui
seront
recueillis
pour
certains dans Des yeux de
chien
bleu (1974) :
ils
marquent le point de
départ d'une œuvre qui
fera peu à peu de son
auteur le maitre incontesté
de l'art de conter en
Amérique latine, et dont
chaque
nouveau
livre
constitue un évènement
littéraire et un phénomène
d'édition sans précédent.
Dans son premier roman, les
Étrangers
de
la
banane (1955),
García
Márquez fait le récit d'une
veillée
mortuaire
à
« Macondo »,
village
imaginaire qui deviendra un
des hauts lieux de la fiction
contemporaine, symbolisant
ce qu'on a appelé un
« régionalisme à vocation
universelle ». Il reste en effet
un écrivain des régions
côtières de la Colombie,
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dont il fait un véritable
microcosme, où se nouent
sans toujours se résoudre
des conflits qui sont bien
ceux du continent tout
entier. Ce court récit est
parcouru par une violence
extraordinaire, qui évoque
les plus sombres tragédies
de la Grèce antique,
comme ette Antigone dont
il porte un passage en
exergue. Autour du cadavre
d'un
suicidé
que
les
habitants
de
Macondo
refusent
d'enterrer,
trois
personnages,
dont
un
enfant,
poursuivent
des
monologues intérieurs, selon
une technique empruntée
au Faulkner de Tandis que
j'agonise. C'est
aussi
la
violence qui caractérisera
de
lettre
pour
le
colonel (1961),
récit
également très bref dont le
héros est un vétéran des
guerres fédéralistes qui, en
compagnie de son coq de
combat, attend vainement
la gratification à laquelle il
estime avoir droit. Ces deux
récits contiennent en germe
toute
la
production
postérieure
de
García
Márquez ; ils ont en effet
pour thème essentiel, à côté
de la violence et de la mort,
la solitude de l'homme,
sentie comme une fatalité
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inexorable. Violence, mort
et solitude se retrouvent
dans les Funérailles de la
Grande
Mémé (1962),
contes qui campent le
portrait de personnages
méditant ou agissant autour
de différents cadavres : la
nouvelle qui donne son titre
au recueil a un caractère
tout à fait hallucinatoire, et
atteint au mythe, né de
l'imagination et des voix
populaires, traits récurrents
de l'œuvre entière.
García Márquez revient
au roman en 1966 avecLa
mala hora, dernière étape
sur le long chemin de
Macondo,
que
ferme
l'histoire
racontée
dans Cent
Ans
de
solitude (1967) ; ce roman
fait de son auteur, du jour
au lendemain, l'écrivain le
plus célèbre de l'Amérique
latine, célébrité entérinée
par le prix Nobel (1982).
Le Récit
d'un
naufragé (1970)
est
la
reprise
d'un
reportage
effectué en 1955 à propos
de l'odyssée d'un homme
de la marine de guerre de
Colombie,
qui
dérive
pendant dix jours sans
manger ni boire, échoue sur
la côte, où il est recueilli par
la population, est proclamé
héros national avant de
retomber dans l'oubli le plus
complet : cette trajectoire
est caractéristique de bien
des personnages de García
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Français 132 506

Márquez. En 1972, les six
nouvelles de l'Incroyable et
Triste Histoire de la candide
Erendira et de sa grandmère diabolique marquent
un
renouvèlement
de
l'inspiration et de l'écriture
de García Márquez, mais
apparaissent
surtout
comme
une
transition
versl'Automne
du
patriarche (1974), qui traite
de la solitude du dictateur.
C'est à une forme plus
classique
que
revient Chronique
d'une
mort
annoncée (1981),
roman de la fatalité où l'on
assiste aux préparatifs d'un
assassinat annoncé dès la
première phrase ou l'Amour
au temps du choléra (1985).
Son
dernier
roman le
Général
dans
son
labyrinthe (1989) est inspiré
par la vie du général Bolivar.
L'œuvre entière de l'écrivain
colombien est une longue
méditation sur la mort
physique et morale, sur la
désintégration d'un monde
qui, à l'image de Macondo,
contient dès sa fondation
les
germes
de
sa
destruction. Cette fatalité a
pour maitre d'œuvre le
temps, qui pèse de tout son
poids sur les hommes et le
monde,
d'une
certaine
manière assignés à une
échéance
irrévocable :
quelques mois pour certains,
cent ans pour Macondo,
l'éternité pour le patriarche,
éternité
paradoxale,
d'ailleurs,
puisqu'elle
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s'achève un jour, le jour
précisément où le mythe
fait place à l'histoire.

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Les classiques, de l’Antiquité au 21e siècle

Élise Turcotte

http://www.actualites.uqam.ca/2010/les-diplomeeselise-turcotte-sophie-voillot-parmi-les-laureats-prixlitteraires-gouverneur

« Plusieurs choses arrivent dans ce monde. Quelquefois, tout est
contenu dans un drame, une joie ou simplement dans l’état des
paysages. Une femme désire un homme, le ciel devient noir, un arbre
tombe sous la foudre, une guerre, un camp de réfugiés, les pleurs d’un
enfant. Certaines personnes sentent leur cœur battre trop fort, d’autres
ne pourront jamais exister. Par exemple, ce bébé qui est né en Iran,
tout de suite après Noël. Je me le rappelle bien, le froid était intense et
les cadeaux de Maria trainaient partout dans la maison. Je veux dire
qu’ici les choses existent vraiment. À la télévision, l’image était très
claire : un bébé avec deux têtes, un torse, deux cœurs, deux poumons.
Le plus surprenant, c’est qu’une tête dormait pendant que l’autre
pleurait. J’ai tout de suite pensé à une femme qui vient de tuer son
mari. Elle est immobile, on sent partout cette immobilité : elle envahit
toutes les pièces de la maison. La femme est assise sur le divan, elle a
un œil qui pleure, l’autre est grand ouvert et sec. Je me suis levée pour
aller voir Maria qui dormait. J’ai encore pensé : la cruauté n’est pas ce
que nous croyons. »

Le Bruit des choses vivantes
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Élise Turcotte
Née à Sorel en 1957, Élise Turcotte enseigne la littérature au cégep depuis 1986 et consacre
ses cours, depuis quelques années déjà, à la création littéraire.
Élise Turcotte, poète, romancière et nouvelliste québécoise, enseigne la littérature au Cégep
du Vieux-Montréal depuis 1986. Elle a complété une maitrise en études littéraires à l'Université
du Québec à Montréal (1984) ainsi qu'un doctorat en création littéraire à l'Université de
Sherbrooke en 1991. En plus de publier des recueils de poésie - Dans le delta de la
nuit (1982), Deux ou trois feux (1997), Piano mélancolique (2005) - des recueils de nouvelles La mer à boire (1980), Caravane (1994) - et des romans - Le bruit des choses
vivantes (1991), L'ile de la Merci (1997), La maison étrangère (2002) - Élise Turcotte compose
aussi des oeuvres pour la jeunesse.
Deux de ses ouvrages poétiques, La voix de Carla (1987) etLa terre est ici (1989), ont
obtenu le Prix Émile-Nelligan. Turcotte est la récipiendaire du Grand Prix du festival
international de poésie et du Prix de poésie Terrasses Saint-Sulpice de la revueEstuaire pour
son recueil Sombre ménagerie (2002). L'Académie de Languedoc lui a décerné le Prix LouisHémon pour son roman Le bruit des choses vivantes (1991). Enfin, en 2003, son roman La
maison étrangère a obtenu le Prix du Gouverneur général. Ses livres sont traduits en anglais,
en catalan et en espagnol.

SOURCE : http://auteurs.contemporain.info/elise-turcotte/

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Les classiques, de l’Antiquité au 21e siècle

Eric-Emmanuel Schmitt

http://www.audiolib.fr/actualite/legoncourt-de-la-nouvelle-attribueeric-emmanuel-schmitt-3875

SOURCE : http://www.eric-emmanuel-schmitt.com/Portrait-biographieresume.html
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Eric-Emmanuel Schmitt
Éric-Emmanuel Schmitt, né le 28 mars 1960 à Sainte-Foy-lès-Lyon dans la région Rhône-Alpes, est un
dramaturge, nouvelliste, romancier et réalisateur français
En deux décennies, EricEmmanuel Schmitt est devenu
un des auteurs francophones
les plus lus et les plus
représentés dans le monde.
Plébiscitées tant par le public
que par la critique, ses pièces
ont été récompensées par
plusieurs Molière et le Grand
Prix du théâtre de l’Académie
française.
Ses
livres
sont
traduits en 43 langues et plus
de
50
pays
jouent
régulièrement ses pièces. Selon
des statistiques récentes (cf.
rubrique « Statistiques »), il est
aujourd’hui l’auteur le plus
étudié en collèges et en
lycées.
Né en 1960, normalien, agrégé
de philosophie, docteur, il s’est
d’abord fait connaitre au
théâtre avec La Nuit de
Valognes en
1991,
puis Le
Visiteur,
cette
rencontre
hypothétique entre Freud et
peut-être Dieu, devenue un
classique
du
répertoire
international.
Rapidement, d’autres succès
ont suivi :
 Variations
énigmatiques avec Alain
Delon et Francis Huster,
 Le Libertin avec Bernard
Giraudeau,
 Frédérick ou Le Boulevard
du Crime avec Jean-Paul
Belmondo,
 Hôtel des
deux mondes avec Rufus,
 Petits crimes
conjugaux avec Charlotte
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Rampling et Bernard
Giraudeau,
Monsieur Ibrahim et les
fleurs du Coran avec Bruno
Abraham-Kremer,
L'évangile selon Pilate avec
Jacques Weber,
Oscar et la dame
rose avec Danielle
Darieux,
La Tectonique des
sentiments avec
Clémentine Célarié et
Tchéky Kario,
Kiki Van Beethoven avec
Danièle Lebrun,
Le journal d'Anne
Frank avec Francis
Huster, une création
mondiale qui bénéficie de
l'autorisation
exceptionnelle de la
fondation Anne Frank,
Un homme trop
facile avec Roland
Giraud,
The Guitrys avec Claire
Keim et Martin Lamotte
La trahison d'Einstein avec
Francis Huster, JeanClaude Dreyfus et Dan
Herzberg.

dame rose,L’Enfant de Noé, Le
sumo qui ne pouvait pas
grossir et Les dix enfants que
madame Ming n'a jamais eus.

Il acquiert le 28 mars 2012
avec Bruno Metzger le Théâtre
Rive Gauche à Paris et en
devient le directeur artistique.

Pratiquant l’art de la nouvelle
avec bonheur et succès, il a
publié quatre recueils de
nouvelles
: Odette
Toulemonde
et
autres
histoires, La
rêveuse
d'Ostende, Concerto
à
la
mémoire d'un ange qui se voit
décerner le prestigieux prix
Goncourt de la nouvelle, Les
deux messieurs de Bruxelles.













Il écrit le Cycle de l’Invisible,
six récits sur l’enfance et la
spiritualité qui rencontrent un
immense succès aussi bien sur
scène
qu’en
librairie
: Milarepa, Monsieur Ibrahim et
les fleurs du Coran, Oscar et la
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Une carrière de romancier,
initiée
par La
Secte
des
égoïstes, absorbe une grande
partie
de
son
énergie
depuis L’Évangile
selon
Pilate en 2000, livre lumineux
sur Jésus dont La Part de
l’autre sur Hitler se veut le côté
sombre.
Depuis,
on
lui
doit Lorsque j’étais une œuvre
d’art, une variation fantaisiste
et contemporaine sur le mythe
de Faust. Dans Ulysse from
Bagdad, il livre une épopée
picaresque de notre temps.
Dans La Femme au miroir, il
nous présente trois destins de
femmes qui se rejoignent à
travers les siècles. Dans Les
Perroquets
de
la
place
d’Arezzo, il nous propose une
petite
encyclopédie
romanesque
des
relations
érotiques. Dans
son dernier
opus, L'élixir d'amour, il explore
le mystère des attirances et
des sentiments.

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Encouragé par le succès
international remporté par son
premier
film Odette
Toulemonde avec Catherine
Frot et Albert Dupontel, il
adapte et réalise Oscar et la
dame
rose avec
Michèle
Laroque, Amir et Max von
Sydow (2009).
Amoureux de musique, EricEmmanuel
Schmitt
a
également signé la traduction
française
des Noces
de
Figaroet de Don Giovanni. À
Mozart, toujours, il consacre un
livre, Ma Vie avec Mozart, une
correspondance
intime
et

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originale avec le compositeur
de Vienne, suivi par Quand je
pense que Beethoven est mort
alors que tant de crétins
vivent. Curieux, il ouvre en
permanence de nouvelles
portes et évoque sa passion
pour Georges Bizet et Carmen
en faisant ses débuts à l’Opéra
National de Paris dans Le
Mystère Bizet en octobre 2012.
En 2014, deux magnifiques
opéras sont créés à partir de
ses textes, Oscar und die
Dame in rosa par Francis Bollon
à Freiburg, Cosi Fanciulli sur un
sujet original par Nicolas Bacri
à St. Quentin-en-Yvelines puis

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au théâtre
Élysées.

module 12
des Champs-

Réalisant un rêve d’enfant, il
publie en septembre 2013
chez Dupuis sa première
bande dessinée, Les Aventures
de Poussin 1er, croquées par le
génial Janry.
Il vit à Bruxelles. Il occupe le
siège 33 de l’Académie royale
de la langue et littérature
française de Belgique, occupé
avant lui par Colette et
Cocteau. Toutes ses œuvres
en français sont éditées par
Albin
Michel.

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module 12

Littérature québécoise

Module 3…
Travail pratique à faire
avant l’évaluation

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Au Québec, nous avons aussi une littérature. Vous
découvrirez un de nos plus grands auteurs : Michel Tremblay.
Ses œuvres ont parcouru le monde.
Pour réussir votre module 3, il faudra lire un roman de Michel
Tremblay AVANT votre évaluation.

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module 12

Michel Ttremblay

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Module 4…

L’univers dramatique : du classique au contemporain

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module 12

Consultez régulièrement
FRACINQ, notre page
Facebook, pour les détails des
inscriptions aux différentes
pièces de théâtre qui vous
seront offertes.

Identifiez une pièce de théâtre que vous avez envie d’aller voir parmi celles qui
seront présentées cette année et inscrivez-vous auprès de votre enseignante.
Ou encore, identifiez une pièce de théâtre que vous avez envie de lire, et faites-la
approuver par votre enseignante.

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1re pièce de théâtre

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Mardi 27 janvier 2015
Détails à venir
Surveillez FRACINQ

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2e pièce de théâtre

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Mercredi 18 mars 2015
Détails à venir
Surveillez FRACINQ

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