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tsunami .pdf



Nom original: tsunami.pdf
Titre: Préparation aux tsunamis: protection civile, guide de bonnes pratiques; IOC. Manuals and guides; Vol.:65; 2013
Auteur: IOC; Tsunami Information Centre for the North-Eastern Atlantic and Mediterranean

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Courtesy of Presidenza del Consiglio dei Ministri – Dipartimento della Protezione Civile

Organisation
des Nations Unies
pour l’éducation,
la science et la culture

Commission
océanographique
intergouvernementale

NEAMTIC

juillet 2012

PRÉPARATION AUX TSUNAMIS
Protection Civile - GUIDE DES BONNES PRATIQUES
Le présent guide a été
réalisé avec le concours de la
Direction générale de l’aide
humanitaire et de la protection
civile de la Commission
européenne.

Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données
qui y figurent n’impliquent de la part des secrétariats de l’Organisation des Nations
Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et de la Commission
océanographique intergouvernementale (COI) aucune prise de position quant au
statut juridique des pays ou territoires, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de
leurs frontières.
À des fins bibliographiques, le présent document doit être cité comme suit :
Commission océanographique intergouvernementale, UNESCO, 2013. Préparation
aux tsunamis : Protection civile – Guide des bonnes pratiques. (COI Manuels et
guides, n° 65. 64 p. (original anglais). (IOC/2013/MG/65)
Ce manuel est en grande partie le fruit d’un effort collectif et bénévole et a été
élaboré sous la coordination de la COI/UNESCO, à partir des contributions de divers
experts rattachés aux organismes et programmes qui en ont parrainé la publication.
Ce manuel a été réalisé avec le concours de la Direction générale de l’aide
humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne dans le cadre
du projet NEAMTIC (70401/2010/579078/SUB/C4)
Nous souhaitons remercier les nombreux collaborateurs qui ont enrichi divers avantprojets de leurs apports et commentaires : Aarup,T. ; Baptista, M.A ; Costa, P. P. ;
Matias, M. L. ; Pires, P. ; Santini, M. ; Santoro, F. ; Soddu, P.L.
Maquette :  Sandra Martins
Publié en 2013
par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture,
7, Place de Fontenoy, 75352, Paris 07 SP
© UNESCO 2013

«L’homme maîtrise la nature non par la force mais par la compréhension.»
Jacob Bronowski (1908–1974)
SC-2013/WS/7

Préparation aux tsunamis : Protection civile
Guide des bonnes pratiques NEAMTIC
NEAMTIC - juillet 2012

Table des matières
I.

AVANT-PROPOS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1 Objet du rapport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2 Structure du document . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

II.

LES SOURCES DE TSUNAMI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

III.

LES RISQUES DE TSUNAMI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.1 Données géologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3.2 Les données historiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
3.3 Modélisation des inondations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
3.4 Systèmes d’alerte rapide . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30

IV. STRATÉGIE DE PRÉPARATION ET D’INFORMATION ANTICIPÉE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.1 Aménagement des zones urbaines et des côtes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
4.2 Sensibilisation du public – éducation et formation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
4.3 Signalisation relative aux tsunamis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
4.4 Cartes d’évacuation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4.5 Protection civile . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
V. STRATEGIE RECOMMANDÉE LORS D’UN TSUNAMI. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5.1 Réponse des particuliers et de la communauté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
5.2 Réponse des autorités locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
VI. STRATÉGIE RECOMMANDÉE APRÈS UN TSUNAMI . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6.1 Réponse des particuliers et de la communauté . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
6.2 Réponse des autorités locales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
VII. APPROCHES STRATÉGIQUES DE LA RÉDUCTION DES RISQUES RECOMMANDÉES . . . . . . 65
VIII. CONCLUSION . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
Références. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
Annexe 1 Signalisation relative aux tsunamis. Présentation détaillée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71

1.1 Objet du rapport
«Le développement d’une nation peut se mesurer à sa réponse face aux catastrophes naturelles.»

L’Atlantique du Nord-Est, la Méditerranée et les mers adjacentes (NEAMTWS) comptent parmi les
régions du monde où l’aléa tsunami est le plus élevé. Le présent document s’adresse en premier
lieu aux autorités chargées de la protection civile de cette région, dont les rivages ont été frappés
dans le passé par plusieurs tsunamis d’intensité notable et fortement destructeurs. Du fait de la
fréquence apparemment faible de ces événements, la population et les autorités sont mal préparées.
De récents événements dans le Pacifique et l’océan Indien ont fait mieux prendre conscience de
l’ampleur des risques liés aux tsunamis dans les régions côtières. Le présent rapport propose sous
forme de synthèse un ensemble de principes directeurs visant à aider les autorités responsables
de la protection civile et les communautés côtières à mieux comprendre les dangers auxquels
les exposent les tsunamis et à atténuer ces risques par des campagnes de sensibilisation et
d’information préventive et un aménagement planifié des sols. Il vise principalement à faciliter les
secours et les plans d’urgence en prévision d’un tsunami d’intensité majeure qui pourrait nécessiter
une réponse à grande échelle. Ces principes directeurs contiennent également des informations
essentielles concernant la protection civile et la gestion des opérations de secours. Des mesures de
prévention et de gestion des catastrophes bien ciblées et prises en temps voulu par les acteurs de
la protection civile sont la clé du succès d’une intervention, et cela suppose que ces acteurs restent
constamment informés sur le plan de la connaissance et de la perception de l’aléa. Le rôle des
services de protection civile est de la plus grande importance, car ses messages sont la seule source
d’information officielle pour le grand public.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

I. Avant-propos

Les tsunamis sont des phénomènes relativement rares par rapport à d’autres événements naturels qui
touchent les littoraux partout dans le monde, qu’il s’agisse des ouragans, des typhons, des tempêtes
ou des inondations. Néanmoins, ils ont souvent des effets dévastateurs sur les populations côtières,
en termes de vies humaines, mais aussi sur le plan économique. La prévention des tsunamis (ou
7

l’atténuation de leur impact) nécessite donc un réseau serré de capteurs capables de détecter les
sources de tsunamis et de mesurer le niveau de la mer, un système de transmission des données
rapide et sûr, et un plan opérationnel préétabli en vue d’alerter les populations concernées.
L’efficacité de tout système d’alerte rapide dépend en dernière analyse de l’éducation et de la
formation de la population, qui doit être informée des risques auxquels elle est exposée, et capable
d’y faire face de manière appropriée. Les récents tsunamis du 26 décembre 2004 (océan Indien) et
du 11 mars 2011 (Japon) offrent un contraste frappant en ce qui concerne l’impact sur différentes
communautés locales. Bien qu’ils aient été tous deux considérés comme des catastrophes quasiment
apocalyptiques, ils ont eu des conséquences très différentes en termes de pertes humaines, ce qui
s’explique principalement par le degré de préparation des communautés locales et la réponse des
autorités responsables de la protection civile.
Cet ouvrage propose une compilation et une analyse des politiques d’information et de préparation
des individus et des communautés. Il présente des approches stratégiques et des principes directeurs
permettant de mettre sur pied des campagnes de sensibilisation à l’aléa tsunami d’une meilleure
efficacité. Les principes directeurs et les meilleures pratiques qui y sont exposés sont conçus dans un
esprit d’éducation et de vulgarisation afin de faciliter les efforts des services de protection civile pour
réduire le nombre de victimes lors d’un éventuel tsunami. Le rapport vise aussi à aider les agents
de la protection civile, les municipalités et les responsables de l’aménagement du territoire à obtenir
des informations qualitatives et quantitatives sur ce que pourrait être l’impact du tsunami dans divers
scénarios par l’exploitation des données disponibles (données géologiques et historiques, modèles
d’inondation, prévisions et carte d’évacuation) et la comparaison avec d’autres sites et pratiques dans
le monde.
Ce rapport est une contribution aux travaux du NEAMTIC (Centre d’information sur les tsunamis pour
l’Atlantique du Nord-Est, la Méditerranée et les mers adjacentes) - COI/UNESCO.

1.2 Structure du document
Le document comprend huit chapitres. Le chapitre 1 expose l’objet du rapport et la structure du
document. Le chapitre 2 examine ensuite les sources et les mécanismes des tsunamis, dont sont
décrits succinctement les principes physiques, le comportement et les échelles de magnitude et
d’intensité. Les chapitres 3 et 4 se composent de brèves explications scientifiques, suivies d’un
résumé en quelques points et d’exemples d’études de cas, ainsi que de références en vue d’une

8

Le chapitre 4 traite des stratégies préventives appliquées dans un certain nombre de régions
où sont déjà menées de vigoureuses campagnes de sensibilisation, assorties de dispositions
législatives. La section 4.1 passe brièvement en revue les mesures réglementaires en matière
d’aménagement urbain et côtier. La section 4.2 décrit et analyse les campagnes d’information
visant à mieux sensibiliser le public au risque de tsunami et commente les efforts d’éducation et
de formation qui ont été mis en œuvre dans les régions où les tsunamis sont des phénomènes
habituels. La section 4.3 fait brièvement le tour des systèmes de signalisation relatifs aux
tsunamis utilisés dans le monde pour l’information du grand public. Enfin, la section 4.4 indique
les critéres qu’il convient d’appliquer à l’élaboration des cartes d’évacuation, dont elle donne
quelques exemples. La section 4.5 récapitule les mesures qu’il est recommandé aux services
de protection civile de prendre en cas de tsunami. Les chapitres 5 et 6, de structure similaire,
traitent des stratégies à adopter pendant et après la catastrophe par les particuliers les individus,
la communauté et les autorités locales. Le chapitre 7 analyse les approches stratégiques qui
peuvent être mises en œuvre sur le plan de la réduction des risques, des plans d’évacuation, etc.
et formule des recommandations à ce sujet. Enfin, le chapitre 8 propose une récapitulation des
principales recommandations contenues dans le rapport. L’Annexe 1 donne une description détaillée
des panneaux de signalisation relatifs aux tsunamis homologués par l’ISO.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

analyse plus approfondie. Le chapitre 3 examine successivement quatre aspects différents de
la collecte des données aux fins de l’évaluation de l’aléa tsunami. Les données géologiques, les
données historiques, les modèles d’inondation et les systèmes d’alerte sont autant d’outils utilisés par
les scientifiques et les responsables de la protection civile pour déterminer l’aléa de tsunami et les
risques à l’échelon local, régional ou mondial.

9

Les inondations marines extrêmes que provoque un tsunami ont de graves conséquences sur
l’environnement côtier et son évolution. L’impact de tels événements est une préoccupation majeure
pour les sociétés qui s’efforcent de comprendre et d’atténuer les risques d’inondation du littoral.
De tous les risques côtiers, les tsunamis sont assurément ceux qui peuvent avoir les effets les plus
destructeurs. Lors des récents tsunamis qui se sont produits le 26 décembre 2004, le 27 février 2010
et le 11 mars 2011 (figure 2.1), respectivement dans l’océan Indien, au Chili et au Japon, le monde
a pu constater le coût énorme de ces événements en termes de vies humaines et de dégâts matériels.
Les dévastations et les pertes humaines causées par un tsunami résultent généralement de l’impact
d’une masse d’eau se déplaçant à grande vitesse (run-up et retrait), ou de ses effets sur les voies
d’eau et les infrastructures. Le run-up et le reflux des eaux peuvent aussi provoquer une importante
érosion de la côte et du fond marin, et endommager les routes et les voies ferrées, les terres et
le couvert végétal. L’impact des débris charriés par les vagues du tsunami peut en outre faire de
nombreuses victimes et être d’une violence telle qu’il cause de vastes dommages aux ouvrages et
bâtiments. Des incendies peuvent éclater si les débris emportent des installations de stockage de
carburant ou en provoquent la rupture. Lorsque les dommages ou destructions que les vagues font
subir aux infrastructures entraînent
des déversements de carburant
ou d’autres agents contaminants,
le tsunami peut s’accompagner
d’épisodes de pollution. Une autre
conséquence fréquente des tsunamis
est la forte contamination des terres
cultivées de l’intérieur par l’eau de
mer salée.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

II. LES SOURCES DE TSUNAMI

Figure 2.1
Aéroport de Sendai, 11 mars 2011 © AP/Kyoto News.
http://airceo.com/2011/03/japanese-aviation-in-disarrayafter-tsunami/

11

Le mot tsunami est un terme japonais qui signifie «vague
portuaire». Un tsunami peut avoir pour cause une quelconque
perturbation déplaçant une grosse masse d’eau par rupture
de sa position d’équilibre. Presque tous les tsunamis sont
déclenchés par un séisme sous-marin provoquant un
déplacement vertical de la colonne d’eau, mais il importe
de ne pas sous-estimer les risques liés à un glissement de
terrain ou à une éruption volcanique. Les tsunamis générés
par un glissement de terrain sous-marin créent souvent des
run-up de très grande hauteur à proximité de leur source,
mais se propagent semble-t-il de manière beaucoup moins
efficace que les tsunamis d’origine sismique. Les tsunamis
d’origine volcanique présentent des caractéristiques similaires.
En particulier, ils sont généralement circonscrits à une aire
géographique très restreinte, sur le flanc du volcan, et peuvent
même être modélisés comme une source ponctuelle. Ce que
l’on appelle des météo-tsunamis sont des événements résultant
de différences de pression atmosphérique, que beaucoup
considèrent plutôt comme des phénomènes météorologiques
(similaires à une onde de tempête). Toutefois, la cause la plus
fréquente des tsunamis sont les séismes capables de provoquer
une importante rupture de la surface sous-marine (figure 2.2).

Figure 2.2
Schéma illustrant la création d’un tsunami par
mouvement vertical abrupt du plancher océanique
sous l’effet d’un séisme, la propagation des vagues et
l’inondation des zones côtières.
(http://fr.wikipedia.org/wiki/File:Tsunami_comic_book_
style.png)

Le cycle de vie d’un tsunami peut se décomposer en quatre
phases : création, propagation en direction de la côte,
run-up et déferlement sur le cordon littoral, et enfin retrait.
Les perturbations de la mer dues au tsunami peuvent durer plusieurs heures et, dans certaines
circonstances (baie ou port fermé, par exemple), on observe des effets de résonnance très loin de la
source du tsunami et longtemps après
son déclenchement.

Figure 2.3
Caractéristiques physiques des vagues de tsunami.
(http://trestlessurfcrowd.wordpress.com/2010/02/28/tsunamiphysics-and-trestles/)

12

Figure 2.4
Image de l’océan se retirant avant le déferlement du tsunami sur la plage de Kalutana (Sri Lanka).
(NGDC_IOT_recedingwave.jpeg from meted.ucar.edu)

Les deux principaux traits qui caractérisent les tsunamis et permettent de les comparer entre eux
sont les échelles de magnitude et d’intensité. L’échelle de magnitude traditionnelle est l’échelle dite
d’Imamura et Iida.
S’agissant de l’intensité du tsunami, trois échelles différentes ont été proposées. Soloviev (1970)
a fait observer que l’échelle d’Imamura et Iida s’apparente davantage à une échelle mesurant
l’intensité sismique plutôt que la magnitude. L’échelle de Sieberg – qui, après modification, a été
ensuite remplacée par l’échelle de Sieberg et Ambraseys (Ambraseys, 1962) – mesure l’intensité du
tsunami, de très légère (niveau 1) à catastrophique (niveau 6), en fonction des dommages matériels
causés par l’événement. Enfin, Papadopoulos et Imamura (2001) ont proposé une nouvelle échelle
d’intensité mesurant les effets sur les personnes et les objets (de natures et tailles diverses) et les
dégâts subis par les bâtiments. Cette nouvelle échelle va du niveau I (pas d’effet sensible) au niveau
XII (dévastation totale). Les autorités chargées de la protection civile doivent connaître les différentes
échelles et en appliquer une à la région dont elles sont responsables.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Étant donné la complexité du comportement du tsunami à
proximité de la côte, le premier run-up et la première vague
déferlante sont rarement les plus importants. L’arrivée d’une lame
de tsunami est parfois précédée d’un vaste retrait de la mer, sous
la forme d’une vague négative (creux) qui découvre le fond du côté
du rivage, en avant de la déformation (figure 2.4).

Soloviev a proposé la formule suivante pour calculer l’intensité I du tsunami :



est la hauteur de vague moyenne le long de la côte la plus proche.

13

L’échelle d’intensité de Sieberg et Ambraseys comprend quant à elle les niveaux suivants :
1. Très légère. Onde si faible qu’elle n’est perceptible que sur les marégrammes.
2. Légère. Vague observée par les populations du littoral et les habitués de la mer. Remarquée par
tous sur des rivages très plats.
3. Assez forte. Remarquée par tous. Inondation des côtes en pente douce. Embarcations légères
échouées. Constructions légères proches des côtes faiblement endommagées. Dans les estuaires,
inversion des cours d’eau jusqu’à une certaine distance en amont.
4. Forte. Inondation du rivage sous une certaine hauteur d’eau. Léger affouillement des espaces
aménagés. Levées et digues endommagées. Constructions légères endommagées près des côtes.
Constructions en dur détériorées sur la côte. Gros voiliers et petits navires échoués à terre ou
emportés au large. Côte jonchée de débris flottants.
5. Très forte. Inondation générale du rivage sous une certaine hauteur d’eau. Murs brise-lames
et constructions en dur proches de la côte endommagés. Constructions légères détruites. Profond
affouillement des terres cultivées et côte jonchée d’objets flottants et d’animaux marins. Exception faite
des gros navires, toutes les catégories d’embarcations sont échouées ou emportées au large. Grands
mascarets dans les estuaires. Ouvrages portuaires endommagés. Noyades. Vague accompagnée d’un
fort rugissement.
6. Catastrophique. Destruction partielle ou complète des constructions édifiées par l’homme jusqu’à
une certaine distance du rivage. Inondation des côtes sous une grande hauteur d’eau. Gros navires
gravement endommagés. Arbres brisés ou déracinés. Nombreuses victimes.
Enfin, Papadopoulos et Imamura (2001) ont proposé une nouvelle échelle d’intensité des tsunamis :
I. Imperceptible.
II. Peu perceptible.
a. Perçu par quelques individus à bord de petites embarcations. Non observé sur la côte.
b. Pas d’effets.
c. Pas de dégâts.

14

a. Perçu par la plupart des individus à bord de petites embarcations. Observé par quelques
individus sur la côte.
b. Pas d’effets.
c. Pas de dégâts.
IV. Observé par beaucoup.
a. Perçu par tous les individus à bord de petites embarcations et par quelques-uns à bord de
gros bateaux. Observé par la plupart des individus sur la côte.
b. Quelques petits bateaux se déplacent légèrement sur le rivage.
c. Pas de dégâts.
V. Fort (vague d’une hauteur de 1 m).
a. Perçu par tous les individus à bord de gros bateaux et observé par tous sur la côte.
Quelques personnes sont effrayées et courent se réfugier en des points plus élevés.
b. De nombreuses petites embarcations sont fortement déplacées sur le rivage ; quelques
unes s’entrechoquent ou se retournent. Traces de dépôt de sable sur le sol, le cas
échéant. Inondation limitée des terres cultivées.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

III. Faible.

c. Inondation limitée des parties à ciel ouvert (tels que jardins) des constructions proches du
rivage.
VI. Dégâts légers (2 m).
a. De nombreuses personnes sont effrayées et courent se réfugier en des points plus élevés.
b. La plupart des petites embarcations sont fortement déplacées sur le rivage,
s’entrechoquent ou se retournent.
c. Quelques constructions en bois sont endommagées et inondées. La plupart des bâtiments
en maçonnerie résistent.

15

VII. Dégâts (4 m).
a. De nombreuses personnes sont effrayées et tentent de courir se réfugier en des points
plus élevés.
b. De nombreuses petites embarcations sont endommagées. Quelques gros bateaux
oscillent violemment. Des objets de taille et de stabilité variables se retournent et partent
à la dérive. L’eau laisse des dépôts de sable et des amas de galets. Quelques pontons
utilisés pour l’aquaculture sont emportés.
c. De nombreuses constructions en bois sont endommagées ; quelques-unes sont détruites
ou emportées par l’eau. Dégâts de niveau 1 et inondation dans quelques bâtiments en
maçonnerie.
VIII. Lourds dégâts (4 m).
a. Tout le monde s’enfuit vers les hauteurs, quelques personnes sont emportées.
b. La plupart des petites embarcations sont endommagées, et beaucoup sont emportées.
Quelques gros bateaux sont déplacés sur le rivage ou entrent en collision. De gros objets
sont emportés. Érosion et dépôt de détritus sur la plage. Les forêts de protection contre les
tsunamis et les dispositifs anti-dérive subissent de légers dégâts. De nombreux pontons
utilisés pour l’aquaculture sont emportés, et quelques-uns sont partiellement endommagés.
c. La plupart des constructions en bois sont emportées ou détruites. Quelques bâtiments en
maçonnerie subissent des dégâts de niveau 2. La plupart des bâtiments en béton armé
sont endommagés ; quelques-uns subissent des dégâts de niveau 1 et on observe des
inondations.
IX. Destructions (8 m).
a. De nombreuses personnes sont emportées par les eaux.
b. La plupart des petites embarcations sont détruites ou emportées. Beaucoup de gros
bâteaux sont violemment déplacés sur le rivage et quelques-uns sont détruits. Forte
érosion et importants dépôts de détritus sur la plage. Effondrements de terrain par
endroits. Destructions partielles des forêts de protection contre les tsunamis et des
dispositifs anti-dérive. La plupart des pontons d’aquaculture sont emportés, et beaucoup
sont partiellement endommagés.

16

X. Grosses destructions (8 m).
a. Panique générale. La plupart des gens sont emportés.
b. La plupart des gros bateaux sont violemment échoués, et beaucoup sont détruits ou
viennent heurter des bâtiments. De petits rochers provenant du fond de la mer sont rejetés
à terre. Les voitures sont renversées et partent à la dérive. Fuites d’hydrocarbure, débuts
d’incendies. Nombreux effondrements de terrain.
c. Dégâts de niveau 4 pour de nombreux bâtiments en maçonnerie, et de niveau 3 pour
quelques bâtiments en béton armé. Digues et levées s’écroulent, les brise-lames dans les
ports sont endommagés.
XI. Devastation (16 m).
a. Voies de communication vitales coupées. Nombreux incendies. En se retirant, les eaux
emportent les voitures et d’autres objets. De gros rochers provenant du fond de la mer
sont rejetés à terre.
b. Bon nombre de bâtiments en maçonnerie subissent des dégâts de niveau 5. Quelques
bâtiments en béton armé subissent des dégâts de niveau 4, et beaucoup subissent des
dégâts de niveau 3.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

c. Dégâts de niveau 3 pour de nombreux bâtiments en maçonnerie et de niveau 2 pour
quelques bâtiments en béton armé.

XII. Dévastation totale (32 m).
a. Presque tous les bâtiments en maçonnerie sont détruits. La plupart des bâtiments en
béton armé subissent des dégâts au moins de niveau 3.

Résumé :
- Les tsunamis sont provoqués par des séismes, des volcans ou des glissements de terrain.
- On peut distinguer quatre phases dans un tsunami : création, propagation en direction de la
côte, run-up et déferlement sur le cordon littoral, et enfin retrait.

17

- Les vagues de tsunami sont à peine perceptibles à la surface de l’eau en plein océan, mais
perdent de la vitesse et deviennent de plus en plus hautes à mesure qu’elles gagnent des
fonds de moindre profondeur.
- Le run-up d’un tsunami est la hauteur maximale sur la côte.
- Les tsunamis sont classés sur des échelles de magnitude et d’intensité.

Lectures complémentaires :
- NEAMTIC (North-Eastern Atlantic and Mediterranean Tsunami Information Centre),
page Web http://neamtic.ioc-unesco.org/index.php
- NOAA (National Oceanographic and Atmospheric Authority, page
Web http://www.tsunami.noaa.gov/

18

Il existe de nombreux moyens de déterminer les risques de tsunami. Le présent chapitre passe
brièvement en revue les outils et données permettant de mesurer ces risques avec précision dans une
région donnée.

3.1. Données géologiques
Les traces géologiques d’événements extrêmes (tels que tsunamis) présentent un intérêt particulier
car il est possible grâce à elles de repérer de tels événements survenus à des époques préhistoriques
– d’où une meilleure compréhension des liens entre magnitude et fréquence dans le passé, qui permet
d’établir la périodicité des risques et des cartes des zones d’aléa. Le profil stratigraphique d’une aire
quelconque est le résultat des phénomènes géologiques qui ont affecté ou impacté la région étudiée.
Ainsi, un tsunami d’amplitude majeure peut laisser des empreintes sédimentaires distinctives qu’il est
possible d’associer à ce type d’événement. La reconnaissance dans la colonne stratigraphique des
couches de sédiments caractéristiques des tsunamis (appelés aussi tsunamites) et leur différenciation
par rapport à d’autres dépôts résultant de fortes inondations marines nécessitent une approche
multidisciplinaire faisant intervenir les sédimentologues, les paléontologues, les géochimistes, les
géophysiciens, etc. La nature des dépôts laissés par un tsunami varie considérablement selon la
morphologie des côtes et des zones proches du rivage, la hauteur et le run-up des vagues de tsunami
sur la côte, et la nature et la quantité des sédiments présents sur le cordon littoral. Les dépôts laissés
par un tsunami se caractérisent généralement par le remaniement de sédiments marins ou côtiers
grossiers et de faible profondeur
redéposés en milieu terrestre et/ou
intermédiaire (estuarien) (figure 3.1).

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

III. LES RISQUES DE TSUNAMI

Figure 3.1
Représentation schématique des principaux
déplacements et dépôts de sédiments sous l’effet d’un
tsumani (Dawson et Stewart, 2007).

19

Le repérage de ces dépôts est la principale méthode permettant
de reconstituer la distance d’inondation minimale, le runup et la pénétration dans les terres du tsunami, même si la
complexité des formes d’érosion et de dépôts induites par
les flux en direction de la terre et en direction du large est
un facteur d’incertitude. Les dépôts causés par un tsunami
peuvent êtrerepérés non seulement sur le rivage, mais aussi
à proximité de la côte et au large. Toutefois, les tsunamites les
plus communs peuvent être observés dans la stratigraphie des
côtes comme de fins dépôts (en général de la taille des sables
– figure 3.2) ou de couches de galets dans les zones côtières.
Figure 3.2
Tranchée pratiquée aux îles Shetland, dans laquelle on peut observer un dépôt sableux dû à un tsunami (couche d’’environ 10 cm d’épaisseur indiquée par la flèche
blanche), s’intercalant entre des couches de tourbière. Cette strate a été associée au glissement de terrain de Storegga qui a touché les côtes de l’Atlantique NordEst (Angleterre, Écosse, Norvège et îles Faroe) environ 8 000 ans avant le présent. (Photo P. Costa, 2008).

Les séries de données relatives aux paléotsunamis sont souvent incomplètes parce que bon
nombre de tsunamis ne laissent aucune empreinte géologique et que, même dans le cas contraire,
il est parfois extrêmement difficile de distinguer cette empreinte de la sédimentation générale ou
résultant d’autres événements (ondes de tempête, ouragans, typhons). Outre toutes ces difficultés,
la préservation des dépôts dus aux paléotsunamis est menacée par les modifications du niveau
de la mer, les paramètres climatiques, les interventions humaines et les phénomènes d’érosion
subséquents. Malheureusement, alors même que les données géologiques sont d’une importance
décisive parce qu’elles permettent d’élargir la fenêtre d’observation, la reconstruction chronologique
des inondations dues à des tsunamis dans une région quelconque sur la seule base des profils
géologiques ne livrera très probablement que des séries de données incomplètes.

20

Figure 3.4
Lieux où des dépôts liés aux tsunamis ont été décrits le long de la côte ibérico-atlantique
(dépôts sableux numérotés en rouge ; dépôts de galets numérotés en noir) (adapté de
Costa et al., 2012).

Résumé :
- Il est possible d’exploiter les données géologiques pour déterminer les cycles de retour sur
des périodes plus longues.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Figure 3.3
Les points blancs indiquent les endroits où ont été cartographiés
les dépôts résultant de tsunamis associés au glissement de terrain
de Storegga (adapté de Bondevik et al., 2005).

- Les vagues de tsunami transportent les sédiments et les redéposent à l’intérieur des
terres.
- On appelle aussi tsunamites les dépôts dus aux tsunamis.
- Tous les tsunamis ne laissent pas une signature sédimentaire.
- Il existe deux grands types de dépôts liés aux tsunamis : les couches de galets et les
couches de sédiments de la taille des sables.

Études de cas :
Les figures ci-dessus (figures 3.3 et 3.4) présentent deux exemples de dépôts dus à des tsunamis
cartographiés sur les rivages de l’Atlantique du Nord-Est. En ce qui concerne les côtes de la
Méditerranée, plusieurs dépôts ont été décrits en Turquie, en Grèce et en Italie.

21

Lectures complémentaires :
- Page d’accueil de Prevention Web : http://www.preventionweb.net/english/professional/
maps/v.php?id=3831.
- Tsunamiites : Features and Implications. Sous la direction de T. Shiki, Y. Tsuji, T. Yamazaki
et K. Min oura. Elsevier, 2008, 411 pages.
- Dawson, A.G. et Stewart, I., 2007. Tsunami deposits in the geological record. Sedimentary
Geology, 200(3-4) : p. 166-183.
- Jaffe, B.E. et Gelfenbuam, G., 2007. A simple model for calculating tsunami flow speed from
tsunami deposits. Sedimentary Geology, 200 : p. 347-361.
- Morton, R.A., Gelfenbaum, G. et Jaffe, B.E., 2007. Physical criteria for distinguishing sandy
tsunami and storm deposits using modern examples. Sedimentary Geology, 200 :
p. 184-207.
- Kortekaas, S. et Dawson, A.G., 2007. Distinguishing tsunami and storm deposits : An ex
ample from Martinhal, SW Portugal. Sedimentary Geology, 200, 3-4 : p. 208-221.

22

L’évaluation chiffrée de l’aléa tsunami est une tâche difficile, car elle dépend en grande partie de
ce que l’on sait des tsunamis ayant frappé dans le passé le secteur côtier considéré. Les données
historiques sont couramment utilisées pour déterminer les formes que peut prendre l’inondation par
tsunami dans différentes régions exposées à ce risque. Ce type de documentation a aidé à dresser
des catalogues de tsunamis partout dans le monde. Le plus remarquable est celui du NOAA (National
Geophysical Data Center - http://www.ngdc.noaa.gov/hazard/tsu_db.shtml) du fait de la grande
quantité d’informations qu’il contient sur toutes les régions du monde. Toutefois, de nombreux autres
catalogues de tsunamis fondés sur les données historiques sont limités, dans certains cas, en raison
du lien entre tsunamis et événements sismiques ou autres catastrophes naturelles et, dans d’autres
cas, de l’absence de lieux habités dans les zones affectées par des vagues de tsunami, qui explique
bien entendu que l’on ne dispose d’aucune donnée historique. La création d’un catalogue de tsunamis
couvrant la totalité de l’Europe a été lancée au milieu des années 1990 dans le cadre du projet GITEC
(Genèse et impact des tsunamis frappant les côtes européennes), un projet international financé par
l’Union européenne. Ce catalogue a été actualisé par Tinti et al. (2001) (figure 3.5), qui ont publié une
base de données mise à jour et une nouvelle analyse des tsunamis survenus en Europe. Depuis la
catastrophe survenue dans l’océan Indien en 2004, plusieurs nouveaux catalogues ont été réalisés ou
mis à jour (par ex. Tinti et al., 2004).
Les tsunamis à fort run-up qui se produisent en Méditerranée sont associés pour la plupart à des
activités sismiques et volcaniques, y
compris des glissements de terrain sousmarins. Les tsunamis européens d’origine
tectonique surviennent essentiellement
dans la Méditerranée et la mer Noire. La
Norvège et l’Écosse sont les principaux pays
qui ont connu des tsunamis causés par un
glissement de terrain (sous-marin). Même si
les tsunamis qui se sont produits en Europe

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

3.2 Les données historiques

Figure 3.5
Écran principal du catalogue de tsunamis européen
(Tinti et al., 2001).

23

au cours des 100 dernières années n’ont causé
aucune destruction, les risques potentiels demeurent
élevés. Le plus remarquable des tsunamis qui ont
touché les côtes européennes de l’Atlantique aux
temps historiques est celui qui a violemment frappé
les côtes ibériques en 1755 de notre ère.

Résumé :
-  Les descriptions de tsunamis passés sont
utiles pour évaluer les risques.
- Des catalogues de tsunamis ont été établis
sur la base des données historiques.

Figure 3.6
Localisation des tsunamis survenus aux époques historiques dans le
bassin de la Méditerranée.
Source : (Tsunami Institute 2009) (Groen et al., 2010).

Études de cas :
Bien que non situées dans des aires exposées à de fréquents tsunamis, les côtes européennes ne
sont pas à l’abri de tels événements, que des séismes, des éruptions volcaniques ou des glissements
de terrain peuvent déclencher sur le littoral atlantique ou sur les bords de la Méditerranée (figure 3.8).
Figure 3.7
Date – date de l’événement ; Time – heure
de l’événement ; Reliability – fiabilité de
l’événement ; Cause : ER (séisme), RF (chute
de roches) ou LS (glissement de terrain).
L’heure indiquée pour le tsunami du 17 juillet
1969 est approximative. Les sous-régions de
l’Atlantique (AT) sont codées comme suit :
SWIT – zone transpressive du Sud-Ouest de
l’Espagne ; TE – Estuaire du Tage ; GFD –
Faille de Gloria ; GB – Grands Bancs ; MAD
– Madère. Lat. et Long.- latitude et longitude
en degrés ; H – profondeur focale en km ;
TI –intensité du tsunami ; K – intensité du
tsunami ; R – hauteur du run-up (m) ; A – Max
Amplitude – amplitude maximale observée sur
le réseau de marégraphes portugais (m) ; Un
signifie «inconnu» dans toutes les colonnes
(Baptista et Miranda, 2009).

24

Des catalogues des tsunamis méditerranéens ont été établis par Papadopoulos (2002, 2003) pour
la Grèce et les régions environnantes, y compris la mer de Marmara, et par Tinti et Maramai (1996)
et Tinti et al. (2004) pour le secteur de l’Italie et de la Côte d’Azur. Les parties les plus occidentales et
orientales du bassin, à savoir la mer d’Alboran et la région de Chypre et de la mer Levantine ont fait
l’objet de catalogues de Soloviev et al. (2000) et Fokaefs et Papadopoulos (2006), respectivement.
En ce qui concerne le Portugal continental, les données historiques associées à la description
d’inondations causées par des tsunamis ont été rassemblées sous la forme d’un catalogue par
Baptista et Miranda (2009) et sont résumées dans les figure 3.6 et 3.7.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Figure 3.8
Carte tectonique schématique du bassin
méditerranéen. Sismicité instrumentale
(points jaunes ; M > 4 ; profondeur
0–50 km) extraite du Catalogue de
l’ISC (ISC, 2004). Les courbes colorées
indiquent les principales structures
pouvant générer des tsunamis qui
représentent un risque significatif pour
les établissements situés face au
littoral (indiquées en bleu ou en rouge.
Les zones indiquées en rouge ont été
étudiées dans cet ouvrage). Un certain
nombre de séismes sont figurés par un
numéro dans un cercle : 1) El Asnam,
1980 ; 2) Boumerdes, 2003; 3) Crète, 365 AD ; 4) Palerme, 2002 ; 5) Nord de la Sicile, 1823 ; 6) Détroit de Messine, 1908 (Lorito et al., 2008)

Lectures complémentaires :
- National Geographic Data Center – Tsunami Data and Information
http://www.ngdc.noaa.gov/seg/hazard/tsevsrch_idb.shtml
- Tsunami Risk and Strategies for the European Region (projet TRANSFER)
http://www.istanbul.edu.tr/eng2/jfm/transfer/research.html
- British Geological Survey – Page sur les tsunamis
http://www.bgs.ac.uk/research/earthquakes/BritishTsunami.html
- Tinti, S., A. Maramai et L. Grazziani, 2001. A new version of the European tsunami
catalogue : updating and revision. Nat. Hazards Earth Syst. Sci. 1, p. 255-262.
25

- Baptista, M.A. et Miranda, J.M., 2009. Revision of the Portuguese catalogue of tsunamis.
Nat. Hazards Earth Syst. Sci., 9 : p. 25-42.
- Andrade, C.; Borges, P. et Freitas, M. C., 2006. Historical Tsunami in the Azores
archipela -,go. Journal of Volcanology and Geothermal Research, 156 : p. 172-185.
- Haslett, S. K. et Bryant, E., 2008. Historic tsunami in Britain since AD 1000 : a review. Nat.
Hazards Earth Syst. Sci., 8, p. 587-601.
- Tinti, S., Maramai, A. et Graziani, L., 2004. The new catalogue of the Italian tsunamis.
Natural Hazards, p. 439-465.
- Altinok, Y., Ersoy, S., Yalciner, A.C., Alpar, B. et Kuran, U. (2001). Historical tsunamis in
the Sea of Marmara. Proceedings of the International Tsunami Symposium 2001, Seattle,
Washington, 7-10 août 2001, p. 527-534.

3.3 Modélisation des inondations
Pour établir des cartes d’évacuation, il est utile de procéder à des simulations permettant de connaître
l’étendue des zones côtières inondées. Le caractère intrinsèquement variable des tsunamis et des
vagues de tsunami oblige, en l’état actuel des connaissances, à corroborer les modèles d’inondation
en s’aidant des données géologiques, historiques ou instrumentales. En outre, le nombre, la hauteur et
la longueur d’onde des vagues de tsunami futures varieront fortement selon la source, la propagation
et les effets d’exhaussement. Cette variabilité est également fonction de l’écoulement de l’eau sur
une surface à la topographie accidentée. Des caractéristiques telles que la présence de dunes,
de végétation côtière ou de bâtiments, d’irrégularités topographiques ou de cours d’eau influeront
également de manière significative sur la localisation de l’inondation et sa pénétration (Berryman, K.,
Review of Tsunami Hazard New Zealand report, 2006). Plusieurs modèles physiques couramment
utilisés sont passés en revue par Synolakis et Bernard (2006). Les limites de ces simulations
tiennent par exemple au fait que la plupart des modèles de propagation supposent que les côtes
agissent comme des réflecteurs parfaits des vagues de tsunami, mais c’est ne pas tenir compte de la
dissipation naturelle de l’énergie des tsunamis qui se produit lors du run-up contre le rivage, d’où une
réduction progressive de la précision du modèle. Le problème se pose avec une acuité particulière
lorsqu’il s’agit de modéliser l’effet de tsunamis en champ lointain, car certaines vagues peuvent mettre
plusieurs heures à arriver et entrer en interaction avec des vagues antérieures, en particulier là où
elles sont «piégées» dans des anses ou baies. Toutefois, il est aujourd’hui possible de prédire avec

26

Résumé :
- Il est possible d’élaborer sur la base de données géologiques, historiques et instrumentales
des modèles numériques permettant de prédire les trajets d’inondation et les parties des
côtes touchées.
- L’inondation varie selon le contexte géomorphologique et les caractéristiques du bâti.
- Les limites de la modélisation de tsunamis tiennent souvent à l’absence de données
topographiques, bathymétriques ou relatives aux accidents du terrain présentant une
résolution spatiale suffisante.

Études de cas :

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

une assez bonne précision les tsunamis qui se produisent au large, en eaux profondes. En revanche,
les événements proches du rivage sont plus difficiles à décrire avec exactitude, même si des modèles
en 3D (comme, par exemple, Delft3D ou MOST) qui permettent de déterminer le comportement de
la vague, la manière dont elle se propage dans l’océan, ainsi que sa hauteur, tentent de fournir une
prédiction correcte de l’heure exacte et de la nature de la vague. Un élément essentiel dans ces
modèles est la situation initiale – il est extrêmement important de déterminer la localisation et les
paramètres de la perturbation initiale pour modéliser le comportement de la vague.

Il existe de nombreux exemples dans le monde de modèles
détaillés d’inondation par tsunami. Ainsi, Baptista et al. (2011)
ont réalisé une carte d’inondation du centre-ville de Lisbonne
(y compris l’estuaire du Tage) d’un niveau de détail de 10
mètres. Les cartes d’inondation ont été calculées à partir des
cartes bathymétriques et topographiques existantes et d’une
estimation raisonnable du scénario présentant un degré de
crédibilité maximal. La modélisation du tsunami a été réalisée
au moyen d’un modèle non linéaire des eaux de faible
Figure 3.9
Zones inondables à Lisbonne le long des rives du fleuve. En mer, les couleurs indiquent la
hauteur de la vague (Baptista et al., 2011).

27

profondeur utilisant quatre niveaux de grilles à maille variable (Baptista et al., 2011). Les calculs ont
montré que, même aujourd’hui, malgré les importants changements apportés au cours d’eau après le
séisme et le tsunami de 1755, un événement similaire provoquerait une inondation sous une hauteur
d’eau de plus d’un mètre dans une vaste zone le long des rives du Tage et dans le centre-ville de
Lisbonne (Baptista et al., 2011) (figure 3.9).
Setúbal (au sud de Lisbone) a fait l’objet d’un certain nombre de simulations de haute résolution de
la propagation des vagues pour différentes sources sismiques potentielles et différents degrés de
magnitude. Il a ainsi été possible d’établir des cartes d’inondation détaillées et, en combinant celles-ci
aux informations disponibles sur les infrastructures locales, des cartes de vulnérabilité et des cartes
des itinéraires d’évacuation et des voies de secours pour cette région du Portugal
(Ribeiro et al., 2011).
Dans l’Algarve, l’Office national portugais de la protection civile a, avec l’appui d’organismes nationaux
et locaux (municipalités, directions régionales, etc.), commandé une simulation fondée sur un système
d’information géographique (SIG) du risque sismique (et de tsunamis) dans cette région. Baptisée
Estudo do Risco Sísmico e de Tsunamis para o Algarve (Étude du risque sismique pour l’Algarve –
ERSA), elle visait à fournir une évaluation complète du risque et à élaborer un plan d’urgence détaillé
pour chaque comté de l’Algarve.
Un rapport publié en 2010 dans le cadre du projet a regroupé toute l’information disponible. Des
modélisations des inondations par tsunami ont été réalisées pour plusieurs secteurs du centre et de
l’ouest de l’Algarve.
La figure 3.10 montre une modélisation d’une vague de tsunami dans l’arc Hellénique
(Tinti et al., 2005). Selon le champ du tsunami calculé 15 minutes après le déclenchement de
l’événement, on observe que toutes les côtes ioniennes de la Grèce, la totalité de l’ouest de la Crète
et la presque-totalité du sud de la Crète sont déjà touchées par le tsunami et qu’un front avance vers
le sud-ouest en direction de la mer de Libye. Trente minutes après le séisme, le front principal a frappé
le nord-est de la Libye, la plus grande partie de la Crète et les îles du sud-ouest de la mer Égée. De
plus, le tsunami se propage au nord-ouest vers le sud de l’Italie et au sud-est en direction de l’Égypte,
avec une séquence caractéristique de deux crêtes successives. L’image décrivant la propagation du
tsunami après 45 minutes montre que les vagues ont déjà atteint le sud de l’Apulie et de la Calabre,
s’approchent de la partie orientale de la Sicile, et se propagent lentement dans la mer Égée, selon un
schéma fortement déterminé par une morphologie très complexe. Une heure après que le tsunami
a atteint la partie orientale de la Sicile à l’ouest, il s’approche avec une force réduite, mais encore
considérable, de l’Égypte et du sud-est de la Turquie, et continue de se propager en direction de la
partie centrale de la Libye et du golfe de Sidra au sud, et de la Tunisie à l’ouest.
28

Voici un exemple d’une modélisation concernant
Catane (Italie) qui montre le champ obtenu en
combinant les élévations maximales de la mer
calculées pour les cinq scénarios considérés
(figure 3.11) (SCHEMA Report, 2011). La
ligne d’inondation est la limite maximale de
pénétration des eaux.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Figure 3.10
Instantanés des champs d’élévation calculés pour un tsunami prenant naissance dans l’arc Hellénique (Tinti et al., 2005).

Figure 3.11
Instantanés de la propagation d’un tsunami affectant Catane selon l’un
des scénarios considérés. Calculs effectués par UNIBOL sur la base du
tsunami qui s’est produit en l’an 365 de notre ère au large de la Crète
occidentale et de la Grèce (SCHEMA Report, 2011).

29

Noter que la carte agrégée fait souvent ressortir la prépondérance d’un scénario particulier, qui
correspond à une valeur maximale (minimale) en chaque point de la carte. Les scénarios de
destruction décrivent à l’échelle locale les effets destructeurs possibles liés aux scénarios du risque de
tsunami (SCHEMA Report, 2011).

Lectures complémentaires :
- Scenarios for tsunami Hazard-induced Emergencies Management (SCHEMA) Report, 2011.
http://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/111111111/16149
- Berryman, K. Review of Tsunami Hazard – New Zealand, 2006.
http://www.civildefence.govt.nz/memwebsite.nsf/wpg_URL/For-the-CDEM-SectorPublications-Tsunami-Risk-and-Preparedness-in-New-Zealand?OpenDocument
- Synolakis, C.E. et Bernard, E. N. 2006. Tsunami Science Before and after 2004.
Philosophical Transactions of the Royal Society A 364 : 2231–2265.
- Baptista MA, Miranda JM, Omira R - Antunes C., 2011. Potential inundation of Lisbon down
town by a 1755-like tsunami. Natural - Hazards and Earth System Science (sous presse).
- Ribeiro, J., Silva, A. et Leitão, P., 2011. - High resolution tsunami modelling for the
evaluation of poten tial risk areas in Setúbal (Portugal), 2371-2380. In Natural Hazards and
Earth System Science 11 (8).
- Tonini, R., Armigliato, A., Pagnoni, G. et Tinti, S., 2010. Tsunami inundation scenarios
of the city of Catania, Eastern Sicily, Italy. Geophysical Research Abstracts, Vol. 12,
EGU2010-7000-1.

3.4 Systèmes d’alerte rapide
Après le tsunami de 2004 dans l’océan Indien, il a été demandé à la Commission océanographique
intergouvernementale (COI) de l’UNESCO de coordonner les plans des États membres de l’UNESCO
visant à mettre en œuvre des systèmes d’alerte aux tsunamis dans les bassins océaniques du monde.
En 2005, l’Assemblée de la COI, à sa 23e session, a constitué quatre Groupes de coordination
intergouvernementaux ayant pour mission commune de coordonner la mise en place de systèmes
d’alerte aux tsunamis dans l’océan Pacifique, l’océan Indien, la mer des Caraïbes, et l’Atlantique du
Nord-Est, la Méditerranée et les mers adjacentes, respectivement.
30

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Les prédictions de tsunamis ont pour objet de fournir des données (heure d’arrivée et
caractéristiques de la vague) intéressant un secteur côtier particulier avant l’arrivée de la
première vague. Ces prédictions reposent sur les observations relevées par les stations de
mesure (bouées, marégraphes, stations sismiques, accéléromètres, GPS, etc.), et utilisent
des modèles numériques complexes ainsi que des scénarios de séisme et de tsunami
précalculés. Pour obtenir en temps réel une quelconque prévision cohérente de l’inondation que
va provoquer le tsunami,
il faut évaluer avec un
grand degré de détail des
aspects tels que la source,
la propagation, l’inondation,
la vulnérabilité des zones
inondables et, à partir
de toutes ces données,
établir l’aléa, déterminer
l’heure d’arrivée et les
paramètres de la vague
pour un secteur côtier
donné (figures 3.12 et 3.13).

Figure 3.12
Principe d’un système d’alerte aux tsunamis.

Les zones susceptibles d’être frappées sont identifiées en fonction des risques de séisme,
de glissement de terrain ou d’éruption volcanique. Des systèmes d’alerte aux tsunamis ont été
mis sur pied pour l’océan Pacifique et l’océan Indien, et d’autres sont en cours d’élaboration
dans la Méditerranée et les Caraïbes. Ces systèmes sont essentiels pour prévoir les risques
d’inondation, diffuser l’information et lancer des alertes dans les zones menacées. On compte
que le développement de tels systèmes d’alerte permettra de faire bénéficier les régions situées
à proximité d’une source de tsunami – de champs de tsunamis – de prévisions exactes et fiables.
De fait, prévoir les tsunamis contribue de manière décisive à en réduire les effets sur les côtes.

31

Résumé :
- Les systèmes d’alerte aux tsunamis sont un moyen essentiel de prévoir les tsunamis et d’en
atténuer les effets.
- Il existe des systèmes d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique, et d’autres sont en cours de
déploiement dans la Méditerranée, les Caraïbes et l’océan Indien.

Études de cas :
Le Système d’alerte aux tsunamis et de mitigation dans le Pacifique (PTWS) regroupe 30 États
membres situés en bordure de l’océan Pacifique. Géré par la National Oceanographic and
Atmospheric Administration (NOAA) des États-Unis d’Amérique, il est responsable de la diffusion
de bulletins d’alerte auprès de tous ces États. En dehors des États-Unis, les États du Pacifique qui
possèdent la plus longue expérience en matière de systèmes d’alerte aux tsunamis sont la Russie
et le Japon. En Russie, le système d’alerte se compose actuellement de trois services «régionaux»,
situés respectivement sur la côte russe du Pacifique, c’est-à-dire dans l’île de Sakhalin, au Kamtchatka
et dans le kraï de Primorié (Primorsky Krai). Au Japon, la surveillance des tsunamis et les alertes
sont de la responsabilité de l’Office météorologique japonais, qui est chargé de toutes les prévisions
et alertes nationales en ce qui concerne la météorologie, le climat, les séismes, les tsunamis et les
éruptions volcaniques.
Étant donné le grand nombre de sources de tsunamis existant le long de l’arc Pacifique, et donc de
pays exposés, les activités du PTWS tendent à être intégrées au sein de groupes sous-régionaux, tels
que par exemple, la côte Pacifique de l’Amérique centrale, le Pacifique du Sud-Ouest, et le Pacifique
du Nord-Ouest et la mer de Chine méridionale, afin d’offrir un service mieux adapté aux besoins
locaux particuliers.
Le Système d’alerte aux tsunamis et de mitigation dans l’océan Indien (IOTWS) a été mis en
place à la suite du tsunami de 2004. Depuis le 11 octobre 2011, plusieurs États de la région, parmi
lesquels l’Inde, l’Indonésie, la Thaïlande et l’Australie, ont annoncé avoir achevé la mise en place
de l’infrastructure nationale de base. Le groupe intergouvernemental de coordination pour la région
des Caraïbes (CIG/CARIBE-EWS) a été créé en 2005. Contrairement à ceux d’autres régions,
il a été conçu dès le départ selon une approche multicatastrophes, axée principalement sur les
ouragans et les tsunamis. En Europe, le Système d’alerte aux tsunamis créé en 2005 pour la région
euroméditerraéenne couvre l’Atlantique du Nord-Est, la Méditerranée et les mers adjacentes.

32

- http://ptwc.weather.gov/
- http://nctr.pmel.noaa.gov/tsunami-forecast.html
- http://www.tsunami.noaa.gov/warning_system_works.html
- http://soundwaves.usgs.gov/2010/04/research2.html
- Scenarios for tsunami Hazard-induced Emergencies Management (SCHEMA) Report, 2011.
http://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/111111111/16149
- Baptista M. A., Omira R., Matias L., Miranda J. M., Annunziato A., Carrilho F. et Kaabouben
F., 2011. On the Need for a Tsunami Warning System in the North East Atlantic Area (Gulf
of Cadiz). The Tsunami Threat - Research and Technology, sous la direction de Nils-Axel
Mörner, ISBN : 978-953-307-552-5, Éditeur : INTECH.
- Sørensen, M. B., Spada, M., Babeyko, A. Y., Wiemer, S., Grünthal, G., 2012 : Probabilistic
tsunami hazard in the Mediterranean Sea. - Journal of Geophysical Research, 117, B01305.
DOI: 10.1029/2010JB008169.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Lectures complémentaires :

33

Schéma en français

Etats Membres
TWFP: Le Point Focal d’Alerte Tsunami
= contact permanent (7 jours
sur 7 et 24h sur 24)

TWFP
TNC

TNC: Contact National Tsunami

Second message

Premier message

Fournisseurs de veille aux
tsunamis:

TWP’s
&
NTWC’s

Centres nationaux d’alerte aux
Tsunamis:




CENALT (France)
KOERI (Turquie)
NOA (Grèce)

Sismographes

Marégraphes

séisme

Schéma en anglais
Figure 3.13
Schéma d’un système d’alerte aux tsunamis (http://www.tsunami.noaa.gov/warning_system_works.html).

Member States

34

TWFP: Tsunami Watch Focal Point
= 7x24 contact person

• France
• Turquie
• Grèce

TWFP

4.1 Aménagement des zones urbaines et des côtes
Pour élaborer une stratégie d’aménagement des zones urbaines et des côtes, il importe avant
tout d’évaluer les caractéristiques géographiques et géomorphologiques d’une portion donnée du
littoral. La pénétration de la vague de tsunami (run-in) dépend fortement de la hauteur de la vague,
mais aussi des paramètres géomorphologiques du rivage sur lequel elle vient se précipiter. Une
connaissance détaillée de ces caractéristiques géomorphologiques permet une meilleure planification
sur le plan de la construction des infrastructures, de l’établissement d’itinéraires d’évacuation et de
l’élaboration de stratégies de mitigation. C’est ainsi que les 697 km du littoral portugais comprennent
28,3 % de plages, 6 % d’estuaires, 7,8 % de lagons côtiers et 57,9 % de falaises. Cette simple
décomposition permet de déterminer immédiatement les secteurs qui, du fait de leur configuration
plate et basse, offrent une moindre résistance à la pénétration des vagues, et sont les plus exposés
à une inondation en cas de tsunami (c’est-à-dire les plages, les estuaires et les lagons côtiers, par
opposition aux falaises). Sur la base de cette connaissance de l’environnement physique, il est
essentiel de légiférer en vue d’éviter ou de limiter les risques de destruction dans l’éventualité d’un
tsunami. Dans cette optique, il convient de prêter attention aux points suivants :
• Les zones côtières les plus exposées à l’inondation en cas de tsunami de forte amplitude
doivent être signalées sur les cartes locales (avec indication du degré de vulnérabilité).

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

IV. STRATÉGIE DE PRÉPARATION ET
D’INFORMATION ANTICIPÉE

• Chaque degré de vulnérabilité et d’exposition au risque appelle des dispositions législatives
particulières.
• Dans les zones où le risque de tsunami est le plus élevé, la construction d’hôpitaux,
d’écoles, de postes de secours, de routes principales ou de voies ferrées pouvant favoriser
une forte concentration de population doit être interdite ou strictement réglementée.
• Dans les zones où le risque est modéré, les urbanistes doivent, lorsqu’ils planifient les
caractéristiques structurelles de chaque ouvrage, tenir compte de la hauteur maximale de la
vague et de la vélocité des eaux attendues en cas de tsunami. Toute construction dont les
plans ne sont pas conformes à la législation en vigueur doit être suspendue.
35

Plusieurs séries de principes directeurs ont été élaborées par le groupe international d’experts sur les
risques côtiers et la gestion et l’aménagement des zones côtières qui travaille sous les auspices de la
COI (Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO) (http://ioc-unesco.org/). Ces
principes directeurs visent à aider les décideurs et les gestionnaires à réduire les risques de tsunamis,
d’ondes de tempête et autres risques côtiers auxquels sont exposées les communautés du littoral, leur
infrastructure et les écosystèmes fournisseurs de services, dans le cadre du Programme de gestion
intégrée des zones côtières (ICAM), dont les quatre phases, comprenant chacune plusieurs étapes
– identification préliminaire, préparation, mise en œuvre, consolidation, reproduction et extension –,
peuvent servir de base à l’évaluation des risques côtiers et à leur mitigation. Les mesures préconisées
dans le cadre de l’ICAM en ce qui concerne la gestion des risques identifiés ont pour but de mieux
sensibiliser le public et d’améliorer la résilience en situation d’urgence des communautés côtières
confrontées à la menace ou aux effets d’une catastrophe. Enfin, les principes directeurs décrivent
les différentes options structurelles et non structurelles en matière de gestion stratégique des risques
identifiés qui s’offrent dans le cadre de l’ICAM en vue de la mitigation de ces risques.
Dans les zones urbaines, où il n’est pas possible de planifier ni de construire de nouvelles
infrastructures, il importe d’améliorer les structures physiques existantes de façon à les préparer à
l’impact de vagues de tsunami. L’une des clés de la résilience aux risques climatiques réside dans
la manière dont la gestion des risques est assurée aux niveaux national et local par des politiques et
des projets bien planifiés. Une gestion efficace de l’utilisation des sols et des ouvrages bien conçus
permettent à une communauté de se relever plus rapidement après une catastrophe. De même,
l’existence de plans et de politiques d’occupation des sols attentifs aux vulnérabilités majeures mises
en évidence par les évaluations des risques peut accélérer le relèvement.

Résumé :
- La connaissance de l’environnement physique est un facteur important dans l’aménagement
des côtes.
- Il convient d’identifier les zones exposées à différents risques d’inondation par tsunami.
- Des dispositions législatives doivent être adoptées et appliquées en fonction du degré de
vulnérabilité et d’exposition au risque de chaque secteur de la côte.
- Dans les zones exposées à un risque plus élevé, la législation doit interdir ou réglementer
strictement la construction d’infrastructures essentielles telles qu’écoles, hôpitaux, centres de
secours, centrales produisant de l’énergie, sites industriels et réseaux routiers et ferroviaires.
36

Il existe plusieurs exemples dans le
monde d’aménagement du territoire
offrant une protection efficace contre
les tsunamis. La plupart sont fondés sur
des plans d’aménagement des côtes,
qui combinent (de manière holistique ?)
l’identification des zones à risque, des
codes de la construction, des restrictions
au développement urbain, et des mesures
de préservation du milieu naturel et
un dispositif de mitigation du risque.
En Australie, par exemple, le Plan
Figure 4.1
d’aménagement des côtes du Queensland
Digue avec escaliers d’évacuation construit au Japon pour protéger une agglomération côtière
des risques d’inondation par tsunami. Photo reproduite avec l’aimable autorisation du Bureau
impose des restrictions en matière de
des cours d’eau du Ministère japonais de l’aménagement du territoire, des infrastructures et
construction et se donne explicitement
des transports.
pour objectif de réduire l’empreinte du
développement sur le littoral en limitant la construction en terrain intercalaire et le réaménagement des
zones urbaines existantes, et en n’autorisant que les aménagements liés à l’accès à la mer dans les
autres zones. Il convient à cet égard de garder à l’esprit que le cordon littoral peut s’étendre à plus de
5 km du rivage là où les terres se trouvent à 10 m en dessous du niveau moyen de la mer.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Études de cas :

Plusieurs pays ont se sont dotés de législations similaires, dont beaucoup mentionnent déjà
expressément le risque de tsunami et contiennent des dispositions en conséquence. Au Japon, des
ouvrages de protection du littoral (digues, brise-lames) ont été construits au fil des années afin de
mettre les zones côtières à l’abri des tsunamis. Certains méritent une attention particulière :
• Les digues sont des barrières incurvées construites le long de la côte pour empêcher
celle-ci d’être inondée par les vagues, dont l’énergie est ainsi redirigée vers la mer
(figure 4.1). Lors du tsunami de 2011, ces ouvrages n’ont pas suffi pour arrêter la
progression des vagues.
• Les brise-lames sont des ouvrages s’avançant dans la mer qui freinent l’arrivée des vagues
de tsunami et des ondes de tempête dans un port en resserrant l’entrée (figure 4.2).

37

Figure 4.2
Vue schématique d’un brise-lames à l’entrée d’une baie.

Figure 4.3
Exemple de refuge surélevé à Shirahama, préfecture deTokushima,
Japon.

Exemple : baie d’Ofunato sur la côte de Sanriku.
• Abri surélevé (figure 4.3).
• Refuge en cas de tsunami construit en béton armé (figure 4.4).
• Vannes : les vannes commencent automatiquement à se fermer
quelques secondes après que les sismographes ont détecté la secousse
sismique (figure 4.5).
• Berme artificielle offrant des abris surélevés. Exemple à Aonae, sur l’île
d’Okushiri.
• Zonage : les municipalités peuvent réserver les zones de faible altitude
et fortement exposées en cas de tsunami pour y créer des espaces
ouverts ou, si nécessaire, des lotissements de vaste superficie. Il est
ainsi possible de diminuer le nombre de personnes se trouvant dans les
zones à risque et/ou l’ampleur des destructions potentielles et la quantité
de débris flottants.

Figure 4.4
Tour de Nishiki, préfecture de Mie,
Japon

38

À la suite du tsunami de 2004, l’Indonésie a adopté des mesures de
mitigation des tsunamis telles que la construction d’ouvrages en dur
(digues ou brise-lames), le déplacement des populations qui vivaient

Depuis 2005, l’Inde, soucieuse de protéger
le littoral de la province du Tamil Nadu, a mis
sur pied un dispositif de protection contre
les tsunamis comprenant notamment la
Figure 4.5
Exemple de vannes dans l’île d’Okushiri, Japon.
construction de digues ou des mesures de
protection des plages, ainsi que l’aménagement
de rideaux d’arbres et de plantations de mangrove le long du cordon littoral afin de préserver les
zones côtières de l’impact d’un tsunami. En outre, de nouvelles dispositions réglementaires et
législatives relatives aux réserves côtières sont entrées en vigueur, qui s’appliquent aussi à des
portions du littoral, baies, estuaires, criques, rivières et bras morts susceptibles d’être affectés par la
force des marées (côté terres) jusqu’à 500 mètres de la laisse de haute mer, et aux terres comprises
entre les lignes de marée haute et de marée basse. En Thaïlande, certaines zones côtières font l’objet
d’une gestion intégrée conçue pour répondre aux besoins des communautés locales. Des systèmes
de bioprotection naturels atténuent l’impact des tsunamis et protègent les personnes et les biens.
À Sri Lanka, un plan de développement élaboré avec l’aide d’experts australiens prévoit toute une
série de tâches et d’activités fondées en grande partie sur la planification stratégique aux niveaux
national, régional et local et l’aménagement du milieu urbain et du littoral dans les zones touchées par
le tsunami de 2004 dans l’océan Indien.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

dans des zones particulièrement menacées,
et le recours à des méthodes douces comme
la création d’une ceinture verte de mangrove
ou d’une forêt côtière, et des arrangements en
matière d’aménagement de l’espace.

Lectures complémentaires :
- IOC Manuals and Guides, 50 (ICAM Dossier 5) Hazards awareness and risk mitigation in
integrated coastal area management.
http://ioc-unesco.org/index.php?option=com_oe&task=viewDocumentRecord&docID=3947
- DEFRA. 2006. Shoreline Management Plan Guidance. Volume 1 : Aims and requirements.
Department of Environment, Farming and Rural Affairs (DEFRA), HMSO, Londres, 48 pages.
http://www.defra.gov.uk/environ/fcd/guidance/smpgvol1.pdf

39

- National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Shoreline Management Toolbox :
Policy, Planning and Regulatory Tools.
http://coastalmanagement.noaa.gov/initiatives/shoreline_ppr_overview.html
- Scenarios for tsunami Hazard-induced Emergencies Management (SCHEMA)
Report, 2011. http://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/111111111/16149

4.2 Sensibilisation du public – éducation et formation
Les systèmes d’alerte les plus fiables sont inefficaces si la population ne réagit pas de manière
appropriée. Les activités d’éducation des particuliers et de la communauté sont donc l’aspect le plus
important de tout programme de mitigation des tsunamis. En dépit des avancées technologiques
considérables de ces dernières années (données géologiques et historiques plus fiables, élaboration
de modèles de vague, mise en œuvre de systèmes d’alerte, observations en temps presque réel des
secousses sismiques et du niveau de la mer, etc.), il est essentiel d’améliorer la détection précoce
des tsunamis et de faciliter la mitigation de leurs effets, et d’éduquer les communautés afin qu’elles
réagissent correctement lors d’un tsunami.
Les particuliers doivent s’informer pour savoir si les lieux qu’ils fréquentent quotidiennement (leur
maison ou domicile, leur lieu de travail, leur école, etc.) se situent ou non dans une zone présentant
un risque élevé ou modéré en cas de tsunami. Chacun d’eux doit connaître les données locales
concernant la périodicité des tsunamis, la hauteur des vagues, les itinéraires d’évacuation, les abris
et les systèmes d’alerte propres à la zone dans laquelle il se trouve. Les particuliers, les familles et
les équipes de travail doivent avoir une connaissance précise du plan d’évacuation auquel il leur
faudra se conformer lors d’une alerte au tsunami. Une fois informé, chaque individu est à même de
déterminer de manière plus avisée quels sont les lieux suffisamment élevés ou éloignés du rivage
où il sera à l’abri de vagues qui déferlent. Cela suppose bien sûr que les autorités locales et les
services de secours et de protection prennent des mesures de prévention et installent des panneaux
de signalisation. L’utilisation de véhicules n’est pas recommandée, car les routes risquent d’être
bloquées. Mieux vaut emprunter des chemins piétonniers en direction des hauteurs ou de l’intérieur
des terres, de préférence clairement signalés comme voies d’évacuation. Les responsables locaux
des secours doivent indiquer les chemins les plus sûrs et les lieux offrant les meilleurs abris.
En outre, les exercices d’évacuation permettent l’acquisition de réflexes grâce auxquels la population
réagira correctement sans avoir besoin de réfléchir lors d’une urgence réelle. Chaque individu ou
40

Une action dans les médias, des campagnes d’information et des exercices de simulation
permettent de mieux sensibiliser le public. Ces interventions ne doivent pas seulement viser des
groupes particuliers (comme les écoles), mais s’adresser aussi à l’ensemble de la population. Il est
recommandé que, pour faciliter la diffusion de l’information sur les tsunamis et la préparation aux
tsunamis, les pouvoirs publics, les autorités locales ou les services de secours prennent les mesures
suivantes :
• Préparation aux catastrophes dans les écoles.
• Programmes de sensibilisation au niveau des communautés.
• Amélioration des systèmes de gestion de l’information.
• Amélioration des mécanismes de coordination au sein du système de gestion des
catastrophes. On a constaté que la diffusion d’informations de
caractère général (médias de grande diffusion, brochures, etc.)
était inefficace, ce qui a conduit à rechercher d’autres moyens
d’éduquer le public pour le sensibiliser aux risques (Paton et
al., 2008). Il arrive que certains décident de ne pas se préparer
à une calamité, persuadés qu’un tsunami a des conséquences
si catastrophiques que rien de ce qu’ils pourraient faire
personnellement n’apporterait un surcroît de sécurité. Il est donc
indispensable d’insister sur l’importance d’une réaction appropriée
de chaque individu face à de tels événements. Informer le public
aura en outre pour effet de familiariser l’ensemble de la population
avec ce type d’événement, de sorte que les individus jusquelà sceptiques prendront plus aisément conscience de la nature
des risques et du comportement à adopter. Il importe de diffuser
fréquemment et régulièrement des informations sur les tsunamis
à tous les niveaux de la société, depuis l’école primaire jusqu’au
grand public, dans le cadre de campagnes de sensibilisation, ainsi
que de programmes éducatifs comportant différents modules pour
les différents niveaux d’étude.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

famille doit se munir d’une trousse d’évacuation et de survie (figure 4.6). Il est important aussi de
s’assurer un accès aux médias et autres moyens d’information pendant toute la durée de l’alerte.

Figure 4.6
Liste de contrôle de la préparation aux séismes et tsunamis (Earthquake and Tsunami Smart Manual
– Colombie britannique, Canada).

41

Outre les campagnes classiques, on peut aussi sensibiliser le public à travers des manifestations
artistiques et dans les médias. Les jeunes, par exemple, seront plus réceptifs à la projection de courts
métrages, à des pièces de théâtre, à des concerts, ou à d’autres approches novatrices utilisant l’Internet
(y compris les réseaux sociaux). Autre suggestion : créer des centres (permanents ou mobiles) de
sensibilisation et de préparation aux tsunamis qui s’emploient à informer le grand public et pourraient
travailler en liaison avec les scientifiques et les services de protection civile. La création de musées des
catastrophes naturelles ou la participation de certains musées existants à de telles activités peut aider à
éduquer la population et à lui faire mieux prendre conscience du risque de tsunami.
Créer une attente positive (conviction qu’une bonne préparation peut améliorer la sécurité
personnelle) peut inciter les gens à se préparer. Face à une menace complexe et aléatoire, sur
laquelle la population ne possède pas toutes les informations qui lui seraient nécessaires, les
renseignements obtenus auprès de personnes avec lesquelles on partage les mêmes intérêts, les
mêmes valeurs et les mêmes attentes peuvent faire évoluer la perception du risque et des moyens
d’en atténuer les effets. C’est pourquoi la participation à des activités communautaires peut aider
chacun à évaluer la situation qui lui est propre et à décider de ce qu’il doit faire.

Résumé :
- Les actions d’éducation des particuliers et de la communauté sont l’aspect le plus important
de tout programme de mitigation des tsunamis.
- Éduquer les individus pour leur apprendre à réagir correctement en cas de tsunami sauve
des vies.
- Il convient de mettre en œuvre des programmes d’éducation aux catastrophes dans les
écoles et des campagnes de sensibilisation du grand public.
- Tout programme éducatif doit proposer des informations sur les tsunamis.
- Il importe de mieux informer la population des risques, des mesures de prévention et des
comportements appropriés en cas de catastrophe.
- Pour convaincre chacun, il faut impérativement diffuser des informations dans l’ensemble de
la communauté.
- Les musées, les films, les dépliants, les campagnes de sensibilisation, l’Internet et les médias
sont autant de moyens à mettre en œuvre pour informer et éduquer le public sur les tsunamis.
42

- Des exercices d’évacuation doivent être périodiquement organisés dans les écoles et sur les
lieux de travail.
- Chaque individu ou famille doit préparer une trousse d’évacuation et de survie.

Études de cas :
«Aux États-Unis, le National Tsunami Hazard Mitigation Program (NTHMP) vise à réduire l’impact
des tsunamis par l’évaluation du risque, des conseils sur les systèmes d’alerte et des mesures de
mitigation. Le NTHMP se consacre à la production, sur la base de prévisions à long terme, de cartes
d’inondation par tsunami destinées à faciliter la planification communautaire, à la normalisation des
données d’archives et à la compréhension des tsunamis passés. Son Sous-Comité de la coordination
des alertes a pour tâche d’améliorer les alertes et les informations connexes, l’acquisition et le
traitement des données sismiques et les communications en cas d’alerte. Le Sous-Comité de la
mitigation s’efforce d’améliorer les activités de vulgarisation, la planification des mesures de mitigation
des risques, la planification des évacuations, l’élaboration de matériels éducatifs, le programme
Tsunami Ready du NOAA, l’éducation du public, l’organisation d’ateliers sur les tsunamis, les
exercices d’évacuation et l’aménagement du territoire. Ces éléments s’inscrivent dans le cadre d’un
partenariat vigoureux et actif entre les autorités fédérales, celles des États fédérés et les organismes
territoriaux. Ce partenariat permet à tous les niveaux de gouvernement d’évaluer rapidement les
éventuelles déficiences du Système d’alerte aux tsunamis des États-Unis (y compris sa réactivité
au niveau des États et à l’échelon local) et d’oeuvrer pour sauver des vies et réduire les dommages
causés aux biens et à l’économie, au mieux des intérêts des contribuables et de nos partenaires. Le
NTHMP a pour objectifs premiers : 1) de mieux sensibiliser la population concernée ; 2) d’élaborer
des cartes et des modèles de tsunami intégrés qui aident à concevoir des orientations et des cartes
d’évacuation de meilleure qualité ; 3) d’améliorer les systèmes d’alerte aux tsunamis ; 4) d’intéger la
planification relative aux tsunamis dans les programmes des États et du gouvernement fédéral en
matière de protection contre différents types de risques. Du fait que les mesures de mitigation des
effets des tsunamis peuvent s’appliquer à d’autres catastrophes et font partie intégrante de l’effort
global de la nation pour réduire les destructions sur les côtes et accroître la résilience, l’action de

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

- Le public doit chercher et pouvoir obtenir des informations sur les risques liés aux tsunamis,
les cartes d’inondation, les itinéraires d’évacuation et le système d’alerte.

43

mitigation passe par une approche physique, commerciale et écologique des différentes catastrophes
qui réponde aux priorités dans les domaines socioéconomiques et de la gestion des catastrophes»
(D’après le Programme national de mitigation des risques de tsunami http://nthmp.tsunami.gov/about_
program_links.html)

Lectures complémentaires :
- US National Tsunami Hazard Mitigation Program http://nthmp.tsunami.gov/about_program_links.html
- Tsunami Ready Program US National Weather Service - http://www.tsunamiready.noaa.gov/
- UNESCO – Commission océanographique intergouvernementale – Programme sur les tsunamis
http://www.ioc-tsunami.org/
- Ville de Sidney (Canada) - Tsunami Awareness webpage
http://www.sidney.ca/Municipal_Hall/Departments/Emergency_Services/Fire_Department/
Tsu nami_Information/Tsunami_Awareness.htm
- Programme des Nations Unies pour le développement – Mozambique – Campagne de
sensibilisation au risque de tsunami
http://www.undp.org.mz/en/Newsroom/News-and-press-releases/News-2011/Tsunamihazardawareness-campaign-conducted

4.3 Signalisation relative aux tsunamis
La signalisation relative aux tsunamis est un élément essentiel de tout système de gestion du risque
de tsunami et de tout système d’alerte aux tsunamis efficace. Les panneaux de signalisation jouent
un rôle décisif dans les zones vulnérables en guidant la population en cas de tsunami et en lui
indiquant les aires et itinéraires d’évacuation et les espaces sûrs. On trouve plusieurs exemples de
panneaux de signalisation dans les différentes régions exposées du globe. Ces panneaux doivent
être reconnaissables par le grand public et faciles à lire, et placés dans des lieux où ils sont bien
visibles et accessibles. Toutefois, seuls trois d’entre eux ont été homologués par l’Organisation
internationale de normalisation (ISO). Il existe deux grands types de signalétique relative aux
tsunamis : les panneaux d’information et les panneaux de signalisation. Les premiers apportent au
44

• Impact/interprétation – Choisir un emplacement bien visible et une orientation qui donnera
une idée juste de la localisation du risque et des refuges.
• Emplacement – Le panneau sera-t-il remarqué par la majorité des usagers de la plage ?
• Nature du sol – Le sol est-il assez ferme pour y planter le panneau ?
• Accès – L’emplacement est-il aisément accessible aux fins de l’installation et de la
maintenance du panneau ?
• Protection – L’emplacement est-il abrité ? Le public aura-t-il envie de s’arrêter pour lire le
panneau un jour de grand vent ?

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

public des renseignements concernant les tsunamis. Ils aident la communauté à comprendre le risque
et à réagir de manière efficace lors d’une alerte au tsunami. Ces panneaux sont plus efficaces s’ils
sont combinés avec des programmes d’éducation et si les mêmes renseignements figurent aussi
dans des brochures distribuées à la population. Les renseignements portent sur les caractéristiques
des tsunamis et la manière dont le public doit y faire face, sur les itinéraires d’évacuation, etc. Les
panneaux de signalisation doivent être placés bien en vue à proximité des points d’accès publics à la
plage ou au front de mer. En règle générale, il convient que chaque panneau comporte une légende,
un pictogramme (zone à risque en cas de tsunami, zone à évacuer, itinéraire d’évacuation ou autre)
et une indication de l’autorité locale. En ce qui concerne leur emplacement, il faut être attentif aux
aspects suivants :
• Aucun panneau ne doit occulter un panneau de signalisation routière.

• Pollution visuelle – Recherchez l’efficacité optimale en limitant les effets indésirables.
• Vandalisme – L’emplacement se prête-t-il à des actes de vandalisme du fait de son isolement ?

Résumé :
- Des panneaux de signalisation doivent être placés partout où il existe un risque majeur lié
aux tsunamis.
- Les panneaux guident la population lors d’un tsunami.
- Ils doivent être situés en des points où ils peuvent être vus par la majorité des personnes
s’approchant du rivage.
- Les panneaux signalent : les aires d’évacuation, les bâtiments offrant un refuge et les zones
à risque.
45

Études de cas :
Les figures 4.7 à 4.20 présentent des exemples de signalétisation relative aux tsunamis.

Figure 4.7
Panneau signalant une «aire
d’évacuation en cas de tsunami».

Figure 4.8
Panneau signalant un «bâtiment
offrant un refuge en cas de
tsunami» evacuation building

Figure 4.11
AFFICHE D’INFORMATION SUR LES TSUNAMIS DU NEAMTIC
(voir http://neamtic.iocunesco.org/images/documents/ neamtic%20
english%20poster%20printer.pdf

46

Figure 4.9
Panneau signalant une «zone
dangereuse en cas de tsunami»

Figure 4.10
Panneau signalant de «fortes
vagues déferlantes»

Figure 4.12
Panneau d’information
(Comité national de signalisation relative
aux tsunamis de Nouvelle-Zélande)

Figure 4.14
Signalisation d’une zone dangereuse en cas de tsunami (États-Unis)

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Figure 4.13
Panneau d’information (Indonésie)

Figure 4.15
Panneaux signalant une zone dangereuse en cas de tsunami (Chili) (http://itic.ioc-unesco.org).

Figure 4.16
Panneaux signalant une zone dangereuse en cas de tsunami (États-Unis) – entrée et sortie de la zone.

47

Figure 4.17
Signalisation d’un itinéraire d’évacuation (a) – Chili ; (b) – Indonésie ; (c) – États-Unis.

Figure 4.18
Itinéraire d’évacuation (Nouvelle-Zélande) (a) – Indication générale ;
(b) – Itinéraire routier ;(c) – Itinéraire piétonnier.

Figure 4.19
Signalisation d’un lieu sûr en cas de tsunami. Panneau néozélandais à gauche et panneau japonais (bâtiment d’évacuation)
à droite.

Figure 4.20
Aires sûres en cas de tsunami (a) – Japon ; (b) – Nouvelle-Zélande ; (c) – Alaska (voir itic-unesco.org)

48

- US International Organization for Standardization
http://www.iso.org/iso/home.html
- Darienzo, M., 2003. Tsunami Sign Placement Guidelines. Oregon Department of
Geology and Mineral Industries OFR-03-06. 11 pages.

4.4 Cartes d’évacuation
Selon le Glossaire des tsunamis de la COI (2008), une carte d’évacuation est un schéma ou
représentation indiquant les zones dangereuses et les limites au-delà desquelles il faut évacuer
la population pour la mettre à l’abri des effets du tsunami (figures 4.21 et 4.22). Les cartes
d’évacuation en cas de tsunami livrent trois différents types d’indications : les zones à évacuer,
les itinéraires d’évacuation et les aires sûres.
Ces cartes devraient faire apparaître les limites maximales d’inondation prévues pour
les tsunamis locaux et les tsunamis en champ lointain. Les itinéraires d’évacuation sont
parfois conçus pour assurer des déplacements efficaces de la population depuis les zones
d’évacuation vers des refuges. Les zones à évacuer sont les aires dont il faut s’éloigner dans
l’éventualité d’un tsunami, parce que destinées selon toute probabilité à être inondées. La
délimitation des zones d’évacuation doit s’effectuer pour chacune d’elles sur la base du pire
scénario envisageable.

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Lectures complémentaires :

Les cartes d’évacuation peuvent être produites sous forme de cartes imprimées, de fichiers
numériques ou de cartes interactives consultables sur le Web. Elles doivent comporter une
légende, une échelle, une localisation géographique (coordonnées), un mode d’emploi et des
explications appropriées. Elles doivent aussi délimiter les zones à évacuer en cas de tsunami,
et différencier les divers types de zones à risque. Elles doivent contenir autant d’informations
(noms de rues, sites remarquables, etc.) que possible et nécessaire pour aider le grand public
à se repérer. Il est important qu’outre les modes d’évacuation, elles signalent les obstacles et
ouvrages impraticables. Toutes les cartes d’évacuation doivent être affichées sur des panneaux
bien visibles sur la côte, imprimées et diffusées par courrier, et également disponibles sous forme
de fichiers numériques (sur le site de la municipalité ou du centre de défense civile).
Selon Samant et al. (2008), les cartes d’évacuation doivent être établies à partir des données
relatives aux inondations antérieures, des vestiges géologiques de tsunamis passés (en se
basant sur le run-up maximal auquel est ajoutée par sécurité une zone tampon – compte tenu
49

de la source et de la topographie locale) et des modèles d’inondation de régions proches ou
éloignées présentant les mêmes caractéristiques géomorphologiques. De plus, il importe d’avoir à
l’esprit que les tsunamis de source locale créent des difficultés supplémentaires du fait du temps
très court dont on dispose pour évacuer avant que l’alerte soit annulée ou levée.
La localisation et les limites des zones d’évacuation sont déterminées à l’aide des modèles de
risque en cas de tsunami. Les zones à évacuer indiquées sur les cartes doivent représenter toute
une série d’aires inondables possibles, selon les scénarios et la localisation de la source. Étant
donné le degré d’incertitude élevé des modèles concernant les sources, les cartes d’évacuation
doivent être dynamiques et actualisées chaque fois que les connaissances progressent.

Résumé :
- Les cartes d’évacuation en cas de tsunami indiquent les zones à évacuer, les
itinéraires d’évacuation et les aires sûres.
- Les cartes d’évacuation doivent faire apparaître les limites maximales des
inondations prédites pour les tsunamis locaux et en champ lointain.
- Les zones d’évacuation et leur délimitation sont déterminées à l’aide des modèles de
risque en cas de tsunami.

Figure 4.21
Carte d’évacuation figurant dans une brochure
des comtés d’Aberdeen et Hoquiam, situés
sur la côte de l’État de Washington (SCHEMA
Report, 2011).

50

Exemples de cartes d’évacuation dans les États de l’Oregon et de Washington (figures 4.21 et 4.22).

Préparation aux tsunamis : Protection civile - Guide des bonnes pratiques

Études de cas :

Figure 4.22
Carte d’évacuation en cas de tsunami
de la région de Bandon (Oregon,
États-Unis).

51

Lectures complémentaires :
- Scenarios for tsunami Hazard-induced Emergencies Management (SCHEMA)
Report, 2011.
http://publications.jrc.ec.europa.eu/repository/handle/111111111/16149
- Pacific Disaster Center
http://www.pdc.org/iweb/tsunami_zones.jsp
- Department of Geology and Mineral Industries, État de l’Oregon, États-Unis
http://www.oregon.gov/DOGAMI/earthquakes/Coastal/Tsubrochures.shtml

4.5 Protection civile
Du fait que les tsunamis étaient considérés comme des événements peu fréquents et
représentant un risque réduit, les autorités responsables de la protection civile n’ont pas
cherché, au fil des ans, à s’y préparer mieux et plus pleinement. Le tsunami qui s’est produit
dans l’océan Indien en 2004 a modifié cette attitude, et des efforts majeurs ont été faits depuis
dans certains pays pour définir des procédures appropriées de mitigation et de réaction rapide.
Certains services de protection civile ont entrepris d’élaborer des programmes de sensibilisation
et des plans de gestion des situations d’urgence (SCHEMA Report, 2011) qui traitent, entre
autres, des aspects suivants :
• Où rechercher les survivants ? Après un tsunami, des personnes en détresse peuvent
se trouver en pleine mer, dans les zones inondées ou prisonnières des décombres
lorsque leur habitation s’est effondrée ; il est même arrivé que des personnes se
trouvent dans des arbres, où les vagues les avaient projetées.
• Débris : après un tsunami, on trouve de grandes quantités de débris accumulant tout
ce qui a pu être balayé par les vagues.
• Eaux résiduelles : à la suite d’un tsunami, des espaces qui étaient inhabités restent
parfois inondés, de même que des terres agricoles, dont le sol s’imprègne alors de sel.
• Personnes disparues : un grand nombre de personnes peuvent être portées
disparues après un tsunami.

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