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[fig.2]

L’argent. De bas en haut, photogrammes des films Vivre sa vie et Une Femme douce.

choses près, prostitution par mariage : «Un / film / sur / la prostitution / qui / raconte / comment / une / jeune / et / jolie / vendeuse /
parisienne / donne / son / corps/ mais /garde / son âme/ alors /
qu’elle traverse/ comme / des / apparences / une / série / d’aventures/ qui / lui / font / connaître / tous/ les / sentiments / humains /
profonds / possibles / etc.»
L’une comme l’autre, rebelles, éprises de rêves irréductibles,
«donne(nt) leurs corps et garde(nt) leurs âmes alors qu’elle(s)
traverse(nt) […] tous les sentiments humains profonds possibles ».
Parmi les points de convergence qui font de la prostitution
le sujet en filigrane d’Une Femme douce, figure le déroulé presque
documentaire des rouages économiques qui mènent à cette
exploitation. L’argent et sa circulation donnent lieu à une description presque clinique dans l’un et l’autre film : les billets passent
de main en main, de l’exploité à l’exploitant, ballet bien huilé
d’une société régie par les inégalités sociales, sur des corps en
fragment, avec pour Godard, un cadrage en bas de la ceinture,
résumant crûment la nature sexuelle de la transaction[fig.2].
L’activité de prêteur rend visible cette présence matérielle de
l’argent et sur quoi il repose, la précarité et la pauvreté, les mêmes
ingrédients qui ont amené au mariage la jeune femme, pour qui,

a
Amélie Dubois, «Une Femme douce»,
Les Inrocks, 5 novembre 2013,
En ligne : http://www.lesinrocks.com/cinema/films-a-l-affiche/femme-douce/
[consultation 08/08/14].

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