Khattab L adjectif qualificatif epithete, antepose ou postpose .pdf



Nom original: Khattab_L_adjectif_qualificatif_epithete,_antepose_ou_postpose.pdfTitre: Mémoire de MagistèreAuteur: KHATTAB Nadji

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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE
MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNIVERSITE FERHAT ABBAS –SETIF-

FACULTÉ DES LETTRES ET DES SCIENCES SOCIALES
DEPARTEMENT DES LANGUES ETRANGERES
ÉCOLE DOCTORALE DE FRANÇAIS
ANTENNE DE SETIF

MÉMOIRE DE MAGISTÈRE
Option : Sciences du Langage
Réalisé par : KHATTAB Nadji
THÈME :

L’adjectif qualificatif épithète, antéposé ou postposé ?
(Approche syntaxique) :
Le cas des étudiants de la 4ème année de Licence de Français
Université Ferhat Abbas – Sétif –

Dirigé par :
Dr. ABDELHAMID Samir

Membres du jury :
Président : Dr. DAKHIA Abdelouaheb
Rapporteur : Dr. ABDELHAMID Samir
Examinateur : Pr. KHADRAOUI Saïd
Examinateur : Dr. BENZAROUAL Tarek

-2008-

M.C Université de Biskra.
M.C Université de Batna.
M.C Université de Batna.
M.C Université de Batna.

REMERCIEMENTS

Je remercie Dieu, le Tout-Puissant, qui m’a donné la force et le courage pour poursuivre mes
études.

Je remercie mon adorable professeur Samir Abdelhamid d'avoir accepté d'encadrer ce mémoire.
Sans ses orientations et ses suggestions les plus inestimables, ce mémoire n’aurait jamais pu voir
le jour.

Je remercie Lehlali Samir pour tous ses commentaires, son aide et ses encouragements, surtout
pendant ces derniers jours. Il a également contribué, par ses remarques et suggestions, à
améliorer la qualité de ce mémoire ; je lui en suis très reconnaissant.

Je remercie vivement mon inoubliable ami et collègue Kheireddine B. pour ses discussions très
intéressantes au cours de l’élaboration de cet essai, de ses commentaires sur le contenu. Je lui
dis : «bonnes réussites à venir. L’université de Sétif aura besoin de toi, ne la quitte pas ».

Un grand merci à tous mes collègues et amis de la première promotion de l’Ecole Doctorale de
Français à Sétif pour leurs précieuses aides et orientations.

Je suis reconnaissant à mes proches, parents et amis, qui ont su rester à mes côtés pendant toute
cette période de formation.

……A vous tous, merci.

Dédicace

Je dédie ce modeste travail à mes chers parents.

TABLE DES MATIERES
Pages
DEDICACE
REMERCIEMENTS
SYMBOLES TECHNIQUES
0. INTRODUCTION GÉNÉRALE ……………………………………………
0.1 Motivations du choix ………………………………………………………
0.2 Objectifs visés……………………………………………………………...
0.3 Problématique et hypothèses de la recherche………………………………
0.4 Travaux antérieurs …………………………………………………………
0.5 Annonce du plan …………………………………………………………...
0.6 Corpus, démarche et méthodologie de travail ……………………………...
0.6.1 Le choix du corpus ………………………………………….…………
0.6.2 Démarches et méthodologie de travail ……………………….………..
0.6.2.1 la démarche syntaxique……………………………………….……...
0.6.2.2 la démarche morphologique ………………………………….……...
0.6.2.3 la démarche sémantique ……………………………………….…….
0.7 Difficultés rencontrées………………………………………………………..

9
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18

CHAPITRE PREMIER
CHAPITRE PREMIER : ELEMENTS DE DEFINITION……………………..

20

1 Introduction………………………………………………………………….....
1.1 Grammaire et syntaxe………………………………….……………………
1.1.1 Vers une définition de « la grammaire » ………………………………..
1.1.2 La grammaticalité……………………………………….……………….
1.2 La syntaxe……………………………………………..…………………….
1.2.1 définitions …………………….…………………….…………………..
1.2.2 Les différentes opérations syntaxiques………...………………………..
1.2.2.1 La substitution ou commutation……………………………………..
1.2.2.2 L’insertion d’éléments………………........………………………….
1.2.2.3 Le déplacement……………….……………………………………...
1.3 Ordre de mots………………………………………………...………………
1.4 PARTIES du discours ou catégories de mots…………………..……………
1.4.1 Définitions………………………………………………………………..
1.4.1.1 Selon Tesnière…………………………………………….…………
1.4.1.2 Selon Wilmet……………………………………………..………….
1.5 La qualification……………………………………………………...……….

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Conclusion………………………………………………………………………… 30

DEUXIEME CHPITRE
Chapitre II : AUTOUR DE L’ADJECTIF…………………………………….

32

2 Introduction : …………………………………..…………………….………...
2.1 Identifier une partie de discours ……………………………………..……...
2.2 Adjectif et parties de discours…………………………………………...…...
2.3 Les fonctions d’un adjectif qualificatif………………………………………
2.3.1 L’attribut…………………………………………………………………
2.3.2 L’épithète………………………………………………………………...
2.3.3 L’apposé …………………………………..……………………………..
2.4 L’adjectif relationnel…………………………...…………………………….
2.5 De la morphologie adjectivale……………………………………………….
2.5.1 La suffixation adjectivale ……………………………………………….
2.5.1.1 Définition…………………………………..…….…………………..
2.5.1.2 Présentations de quelques suffixes adjectivaux ….………………….
2.5.2 La préfixation adjectivale …………………………….………………….
2.5.2.1 Définition………………………………………….…………………
2.5.2.2 Classification des préfixes adjectivaux……………..…..……………
Conclusion …………………………………………………………...……………

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43

TROISIEME CHAPITRE
CHAPITRE III : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS……

45

3. Introduction …………………………………………………...………………. 45
3.1 PREMIERE PARTIE DU CORPUS : LES PRODUCTIONS ECRITES………

45

3.1.1 Le public visé…………………………………….………………………
3.1.2 Pourquoi les productions écrites ?.............................................................
3.1.3 Analyse du corpus …………………………………...…………………..
3.1.3.1 Les productions...……………………………………………………
3.1.3.2 Méthodologie d’analyse…………………………….……………….
3.1.4 CLASSIFICATION DES ADJECTIFS……………..………..………….
3.1.4.1 CLASSIFICATION LEXICOLOGIQUE……………….…………..
3.1.4.1.1 Adjectifs primaires………………………………………………
3.1.4.1.2 Adjectifs dérivés…………………………………..……………
3.1.4.2 CLASSIFICATION PHONETIQUE…………………..……………
3.1.4.2.1 Adjectifs monosyllabiques…………………………..……………
3.1.4.2.2 Adjectifs polysyllabiques…..…………………………………….
3.1.4.3 CLASSIFICATION DISTRIBUTIONNELLE…………...………….
3.1.4.3.1 Adjectifs antéposés………………………………….….……….
3.1.4.3.2 Adjectifs postposés……………………………………….…….

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Synthèse de l’analyse de la première partie du corpus ………………………..

53

3.2 DEUXIEME PARTIE DU CORPUS : L’ACTIVITE………………….……….

3.2.1 Analyse statistique de l’activité………………………………….………
3.2.2 Pourquoi telles constructions phrastiques……………………….………
3.2.3 Dépouillement, analyse et interprétation des résultats…………..………

54
54
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56

Synthèse de l’analyse de la deuxième partie du corpus : ……………………

68

Conclusion :………………………………………………………………..…….

69

CONCLUSION GENERALE …………………………………………….……..

71

ANNEXE
TABLEAU RECAPITULATIF DU CORPUS 1 ………………………………… 73
QUELQUES REPONSES D’ETUDIANTS …………………………………..….

Il cherche l'adjectif, s'énerve, inverse la phrase. Où est cet adjectif ?
Que fait-il de son temps, de sa nuit et de cet adjectif ?
Il ne trouve pas, allume une cigarette, se lève.
Revient s'asseoir, aspire nerveusement une bouffée.
L'adjectif est parti. Il est seul dans le noir de ses mots."
(Valérie Valère, Obsession blanche, Stock, 1981, pp. 24-25)

SYMBOLES TECHNIQUES
Nous présentons aux lecteurs du présent mémoire quelques symboles relatifs au
domaine de la syntaxe. Ils sont régulièrement notés dans cette recherche.

N : nom

V : verbe

Adj : adjectif

SN : syntagme nominal

Dét : déterminant

SV : syntagme verbal

Prép préposition

SP : syntagme adjectival

NA : nom + adjectif = cas de postposition

AR : Adjectif relationnel

AN : adjectif + nom = cas d’antéposition

*

: Les constructions phrastiques jugées syntaxiquement ou sémantiquement

inacceptables sont précédées d’un astérisque :* La professionnelle critique et littéraire / *
il va la machine.

? :

Les phrases ou expressions qui sont difficilement acceptables, ou celles que l’on

doute fort de leur acceptabilité, sont précédées d’un point d’interrogation (?)

INTRODUCTION GÉNÉRALE

0. INTRODUCTION GENERALE :
L'apprentissage des langues étrangères consiste en la maîtrise des règles et
lois qui régissent leur bon fonctionnement. La grammaire en fait partie intégrante.
Toute langue naturelle possède un système grammatical qui la particularise,
représenté par les différentes lois syntaxiques, dont la bonne maîtrise mènerait tout
locuteur à réussir la pratique discursive. Aussi, serait-il possible de mettre au clair
l'utilité primordiale d'étudier et d'exposer un des points qui constituent la grammaire
de la langue cible, qui est le français dans notre présente étude.

Etant donné que toute pratique discursive (orale et écrite) consiste à acquérir,
de façon continuelle, les savoirs grammaticaux, nous avons opté pour la grammaire
du français, afin de rendre compte d'un point qui en fait partie. Ne serait-ce alors
qu'une poussée de curiosité qui nous a mené à suivre une telle initiative de
recherche et à entamer un pareil travail de réflexion :
« La personne qui a acquis la connaissance d’une langue a
intériorisé un système de règles qui relie les sons et les significations
d’une manière particulière. Le linguiste qui construit la grammaire
d’une langue ne fait que proposer un système sur ce langage
intériorisé »1

La présente recherche s’inscrit dans un profil syntaxique, en faisant appel,
dans le but de sa mise à terme, à la morphologie et à la sémantique : elle portera sur
une étude syntactico-morpho-sémantique ; ces trois dimensions traitant de la forme
1

CHOMSKY, N., [1970, p. 26] : cité par RIEGEL, M., PELLAT, J-C., & RIOUL, R., Grammaire
méthodique du français, Paris : PUF, 1994, p. 17.

9

INTRODUCTION GÉNÉRALE

et du placement des adjectifs qualificatifs épithètes en français. Ceci étant, nous
avons jeté notre dévolu sur quelques productions écrites d’étudiants du F.L.E à
l’université de Sétif.

0.1 MOTIVATIONS DU CHOIX
Motivé par la grammaire en tant que champ d’investigation, nous avons tenté
de mener un modeste travail sur une notion se rattachant à la discipline syntaxique,
l’épithète. Une des raison nous ayant poussé à réfléchir sur un thème pareil serait,
d'une part, la remarque d’une carence et d’un désarroi dans l’identification de cette
partie de discours, et de l’autre, son utilisation adéquate et appropriée de la part des
sujets en question lors des productions écrites.

Nous étions également poussé dans une telle perspective afin d'acquérir
certains savoirs grammaticaux relatifs, d'une part, au déchiffrage des lois
syntaxiques du français -la langue dont nous voulons suivre une formation
perpétuelle et solide- et d'autre part, à la bonne maîtrise des démarches d'étude et
des méthodologies de travail traitant des points liés aux études avancées de la
syntaxe française. Ceci nous permettrait d'aborder autres points dans nos futures
études.

0.2

OBJECTIFS VISES
Nous essayerons alors, au fil du présent humble travail, de mettre en exergue

la notion d’épithète qui, selon GUIRAUD, est conçue telle « une des questions les
plus obscures /.../ de notre grammaire »1.

1

GUIRAUD, P., La Grammaire, Paris : PUF, coll. « Que sais-je ? », 1970, p. 109.

10

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Quant à Michèle Noailly, elle estime que :

«[…] presque tous les divers (et nombreux)
spécialistes de l’adjectif épithète ont privilégié l’étude de
son placement, parce que c’est un des points les plus
délicats de la syntaxe du français »1.

Ainsi, serait-il nécessaire de mettre en relief et la formation adjectivale (le
cas des morphèmes dérivationnels d’affixation adjective) et le sens des épithètes qui
pourrait changer en fonction de leur postposition ou antéposition aux noms
qualifiés.

De ce fait, mettre en évidence la notion d’épithète ainsi que ses contraintes
distributionnelles dans un énoncé donné, classifier, selon des règles spécifiques de
formation adjectivale, cette partie de discours (d’où le cas de l’affixation) puis
émettre des techniques permettant son utilisation appropriée et adéquate seraient les
objectifs majeurs de la présente recherche.

L’utilité d’une pareille étude serait également de démontrer l’importance de
la grammaire dans tout apprentissage d’une langue étrangère, d’où cet apprentissage
ne consiste pas seulement à acquérir les lois qui régissent la langue cible (qu’est le
français dans la présente recherche), mais autant s’initier à mener une tâche
réflexive abordant la morphologie, la sémantique et les aspects phonologiques.

Au vu des travaux antérieurs -que nous présenterons plus bas- menés par des
grammairiens et linguistes, une vive curiosité nous a incité à non pas y apporter une
contribution, mais à effectuer une tentative d'application (essai applicatif) sur les
écrits des étudiants du FLE, et dont l'enjeu serait de mettre en évidence la catégorie

1

NOAILLY, Michèle, L’adjectif en français, Paris, Ophrys, 1999, p. 104.

11

INTRODUCTION GÉNÉRALE

adjectivale à fonction "épithète", sa morphologie et son placement par rapport au
nom qu’elle qualifie.

Autrement dit, le grammairien essaie de présenter d’une manière aussi claire
que possible les lois régissant une langue naturelle donnée, pour but de faire de la
grammaire explicite.
"Une langue qui se priverait du pouvoir de la
grammaire

livrerait

ainsi

ses

énoncés

aux

interprétations banales et consensuelles fondées sur
l'évidence, la routine et le statu quo"1.
À la lumière de cette citation, est mis en évidence le pouvoir des études en
grammaire, qui doivent avoir une visée scientifique basée sur une critique objective
des points de grammaire constituant toute langue donnée. Nous devons alors écarter
toute subjectivité abusive en voulant aborder une étude relevant du thème de la
grammaire.
Le linguiste BENTOLILA ajoute encore :
"La grammaire porte et diffuse la pensée
scientifique, c'est dans le même élan qu'elle
ouvre à la poésie les portes de l'imaginaire" 2
En effet, personne ne peut nier l'importance de la grammaire dans l'émergence
de la pensée dite "scientifique", et par extension dans l'apprentissage des langues
étrangères.

1

BENTOLILA, Alain, in "Rapport de mission sur l'enseignement de la grammaire", Université Sorbonne
(Paris V), 2006, p. 3
2
Ibid., p.5

12

INTRODUCTION GÉNÉRALE

0.3

PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHÈSES DE LA RECHERCHE :

Les études relevant du thème de la syntaxe sont relativement assez
diversifiées. Outre leur manque en quantité, leur qualité reste discutable. Toucher à
un pareil point de notre part, précisément le domaine de l'adjectif, nous a poussé
dans un premier stade, à remarquer et à analyser, d'un angle différent d'un
didacticien, la production écrite des étudiants francophones au sein de l'Institut de
français à l'université de Sétif. Ce point de départ a créé chez nous une vive
curiosité de rendre compte de leurs productions écrites du côté de l'utilisation des
qualifiants qu'ils y font fonctionner.

Une telle recherche viserait à répondre à la problématique suivante :

Quels seraient les facteurs propices définissant le placement approprié
de l’épithète (antéposée ou postposée) chez les étudiants de fin de cycle,
apprenants du Français Langue Étrangère ?

Deux hypothèses majeures pourraient être émises :

1) Y a-t-il des contraintes distributionnelles de la partie du discours en question
autres que celles d’ordre :
phonétique : ex. les épithètes monosyllabiques et polysyllabiques.
morphologique : ex. les épithètes en -ible, -able, -uble, -if...
syntaxique : le cas des substantifs épithètes (ou épithètes substantives).
sémantique : ex. Les épithètes chromatiques.
qui pourraient mener les étudiants à un usage adéquat et approprié de l’épithète lors
d’une production écrite.

L’ordre stylistique est exclu de la présente étude, du fait que la créativité
littéraire, surtout en poésie, impose ses lois d'écriture et échappe souvent aux lois et
aux contraintes de la distribution des mots au sein de l'énoncé.

13

INTRODUCTION GÉNÉRALE

2) La postposition des épithètes chez les apprenants du FLE (dans le cas de notre
échantillon), ne serait-ce pas une forme d’interférence syntaxique sachant que
jamais l’épithète en arabe se trouve antéposée au nom qu'elle qualifie.

0.4

TRAVAUX ANTÉRIEURS :
Nous présenterons dans ce qui suit quelques études et travaux qui nous ont

été une véritable source d'inspiration afin de mener à terme le présent travail.

Nous avons essayé de consulter les quelques peu de travaux antérieurs visant
à part exclusive la catégorie "épithète", sa morphologie et son placement par rapport
au nom, et qui fera l'objet de la présente tentative de recherche.

Le grand travail qui a pu marqué l'histoire des études grammaticales relevant
de cette perspective pourrait être celui du grammairien-linguiste Marc Wilmet,
publié en 1980, dans lequel est constaté un honorable essai d'explication et
d'analyse des lois déterminant l'ordre approprié de cette catégorie grammaticale
dans la chaîne discursive (parlée et écrite). Sa recherche était menée sur un corpus
de presque 4000 pages pour l'objectif visé.

Nous citons les propos ci-après, extraits de son livre "Grammaire Critique du
Français" :
"Le dénombrement exhaustif d'un corpus de 4000
pages […] récolte 29 016 adjectifs, 9 738 antéposés
et 19 278 postposés (soit 33,56 % de AN et 66,44 de
NA), plus une quantité de chiffres malaisément
interprétables"1

1

WILMET, Marc, Grammaire critique du français, Paris-Bruxelles : Hachette, 1997, p 215.

14

INTRODUCTION GÉNÉRALE

Cela représente alors une véritable orientation expérimentale dans laquelle
Wilmet a essayé de mettre en exergue "les facteurs propices à l'ordre AN". Ses
statistiques, qui suivent une rigueur clairement constatée auraient défini, pour nous,
certaines pistes d'appui voire une véritable orientation pratique.

Nous signalons que Marc Wilmet, lui, s'est inspiré, afin de réaliser ce travail
sur le placement de l'adjectif, de quelques livres récents de son époque visant la
même problématique, entre autres ceux de Mats FORSGREN (1978) qui avait pris
l'initiative dans ce qu'il intitule " L'épithète qualificative"1. Ce dernier avait osé,
quelques années après, aller au bout en réalisant un travail intitulé " La place de
l'adjectif épithète : une solution globale est-elle possible?". M. FORSGREN, dans
ce travail, qui serait une reprise de "L'épithète qualificative" avec plus de rigueur
scientifique et de statistiques représentatives, résume les points majeurs intervenant
pour l'ordre des séquences possibles A+N/ N+A.

Vu l'avancement des recherches dans le domaine de la syntaxe française, et
plus particulièrement la spécialisation fort constatée chez les syntacticiens actuels
dans presque tous les éléments de la phrase, nous avons tenté de consulter et de citer
les travaux les plus récents relevant de notre thème. Tout d'abord, nous avons
remarqué que les chercheurs proprement dits traitent la catégorie adjective épithète
sous les angles syntaxique, sémantique et morphologique. Dans chaque niveau qui
pourrait avoir une relation étroite avec l'autre, sont exposés les résultats d'analyse
déterminant l’emplacement le l'adjectif par rapport au nom.

Plusieurs chercheurs spécialistes de syntaxe du français contemporain se sont
penchés sur des points délicats traitant et la forme (la nature) et la fonction
grammaticale des composants de la phrase. Nous citons, à titre d’exemple, Denis
CREISSELS : "La notion d'adjectif dans une perspective typologique"; Anna
SÖRES : "La place de l'adjectif épithète dans les langues : approche typologique" ;
Marie-Luce HONESTE : " Approche cognitive de la fonction adjective" ; Aussi,
1

WILMET, M., Grammaire…op. cit. p. 216

15

INTRODUCTION GÉNÉRALE

signalons-nous les travaux de Michelle NOAILLY " L'adjectif " ainsi que ceux de
Pierre GUIRAUD dans son livre intitulé " La grammaire".

Sans nous approprier un jugement quelconque, nous avons remarqué que la
majorité des travaux réalisés sont faits par des étrangers à la langue française. Cela
expliquerait la difficulté de traiter les points de la grammaire de la langue
maternelle.

Afin de compléter les chapitres abordés dans le présent mémoire, nous avons
tâché de consulter les travaux en questions ; néanmoins, un manque flagrant d'une
documentation spécialisée est à déplorer.

0.5

ANNONCE DU PLAN :
Après avoir brièvement délimité le cadre et les enjeux de la présente

recherche, nous essayons, à ce stade, de présenter, à titre récapitulatif, les chapitres
qui la composent.

Nous avons mis au clair dans notre introduction l'importance de la
grammaire ainsi que les recherches et les études menées dans ce domaine. Vu la
nature syntaxique de cette recherche, il fallait toujours partir d’un exemple pratique.
C’est pour cette raison que nous avons opté pour une division un peu particulière,
mais qui serait, déontologiquement parlant, logique.

Trois grands chapitres composent ce mémoire. Le premier, s’intitulant
éléments de définitions, délimitera les concepts et les notions utilisés tout au long du
mémoire dans le but de faire familiariser le lecteur avec un pareil sujet. Quant au
second chapitre, il traitera exclusivement la catégorie adjective d’une manière
générale, et celle à fonction « épithète » en particulier. Nous y avons abordé les trois
axes d'analyse syntaxique, morphologique et sémantique. Ce dernier axe nous a plus
intéressé du fait qu'il touche beaucoup plus à notre problématique traitée, cherchant

16

INTRODUCTION GÉNÉRALE

les contraintes distributionnelles propices de l'épithète dans les écrits des étudiants
francophones.

Quant au troisième et dernier chapitre, ou volet pratique, il analysera
minutieusement toutes les données recueillies. Il présentera également les deux
critères d'antéposabilité et de postposabilité de la fonction adjectivale épithète.

Enfin, une conclusion générale reprenant les points abordés dans le mémoire,
proposera quelques réponses à la problématique centrale traitée et présentera
quelques perspectives pour des études postérieures envisagées.

0.6

CORPUS, DÉMARCHE ET MÉTHODOLOGIE DE TRAVAIL :

0.6.1 LE CHOIX DU CORPUS :

La matière sur laquelle nous nous sommes basé pour effectuer la présente
tentative de recherche est un corpus de productions d’étudiants de fin de cycle de
formation en F.L.E. Notre choix ne serait pas hasardeux : le public en question
aurait acquis une certaine base de techniques discursives qui leur permettent de
produire (par écrit plus particulièrement) des énoncés avec moins d’erreurs
syntaxiques, orthographiques et même stylistiques. L’un des objectifs que nous
visons alors en est la vérification de la mise en contexte de la catégorie adjective
épithète sous son angle distributionnel. Pour avoir un plus de représentativité du
corpus, nous avons procédé à le soutenir par une activité à destination des étudiants
de fin de cycle (Licence de Français), dans laquelle nous leur avons demandé de
mieux placer des épithètes dans quelques constructions phrastiques proposées.

0.6.2 DEMARCHES ET METHODOLOGIE DE TRAVAIL :
Aborder un travail en syntaxe du français nous a paru, au premier lieu, une
tâche facile. Cependant, nous positionner au sein d'une seule approche nous a posé,

17

INTRODUCTION GÉNÉRALE

au fur et à mesure que l’on avance dans le travail, un sérieux problème. Cela nous a
recommandé que nous fassions appel aux différentes approches syntaxiques pour
l'objectif de bien cerner notre sujet, voire chercher les différentes réponses possibles
à notre problématique.

En effet, nous nous sommes orienté à suivre trois démarches différentes et en
quelques sortes diverses.

0.6.2.1

LA DEMARCHE SYNTAXIQUE.

Nous avons annoncé au départ le profil syntaxique de la présente recherche.
Celui-ci, avec ses différentes approches structurale, fonctionnelle et même nouvelle,
nous a guidé vers une analyse, selon ce niveau, des structures phrastiques dans
lesquelles apparaissent les épithètes attestées dans notre corpus. Cela nous a permis
de classifier, en nous basant sur les principes de la syntaxe, les contraintes
syntaxiques à la fin du travail effectué.

0.6.2.2

LA DÉMARCHE MORPHOLOGIQUE :

En remarquant que la syntaxe seule ne peut répondre à notre problématique,
nous avons fait appel aux fondements de la morphologie. Le but en étant de révéler
la relation qui pourrait exister entre la forme et la position relative du N par rapport
à l'A. En d’autres termes, il serait question ici de mettre à nue la relation entre la
forme (morphologie) du mot et son placement par rapport au nom à l’intérieur des
constructions phrastiques. Nous tentons également de rendre compte dans le présent
stade, de l'épithète en tant qu’élément faisant partie d’une catégorie dite,
morphologiquement, « adjective ».

18

INTRODUCTION GÉNÉRALE

0.6.2.3

LA DEMARCHE SEMANTIQUE :

Un troisième axe d'étude a été suivi pour mettre à terme le présent essai, c'est
celui de la sémantique. Dire /ou écrire * un rouge cartable / un cartable rouge est
bel et bien si différent. C'est l'aspect sémantique qui doit faire son entrée, afin de
rendre compte du sens des épithètes dans les trois paradigmes possibles : AN, NA et
AN/NA.

Enfin, il nous semble important que nous signalons que les trois démarches
sont liées les unes aux autres dans le présent mémoire.

0.7

DIFFICULTÉS RENCONTRÉES :
Au cours de la réalisation du présent mémoire, nous nous sommes confronté

à de multiples problèmes. L'un de ces derniers, que nous jugeons le plus gênant, est
celui d'un manque sinon une absence flagrante d'une documentation spécialisée
traitant l'adjectif qualificatif à part exclusive. Une pareille absence nous a mené à
exploiter d'une part les livres de grammaire avec leurs différentes approches, et
d'autre part une énorme quantité de documentation électronique diffusée sur
Internet. Cette dernière, même si elle reste peu fiable, nous a beaucoup aidé à
surmonter le problème en question.

Il est à signaler que nous avons aussi rencontré un énorme problème pour
collecter le corpus, d'où nous avons fait appel à un tout un travail de sélection très
délicat vu les structures stylistiques, syntaxiques et même orthographiques erronées
de notre échantillon d'étudiants francophones.

Malgré les difficultés rencontrées, nous nous sommes entièrement consacré
pour les surmonter et afin d'accomplir notre modeste travail.

19

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

20

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

ÉLÉMENTS DE DEFINITION :
INTRODUCTION :
Nous signalons tout d'abord que l'objectif du présent chapitre n'est autre que faire
familiariser le lecteur avec la présente recherche, en lui donnant un ensemble de définitions
de quelques notions fréquemment utilisés dans le présent travail. L'utilité en est également
de déceler quelques ambiguïtés terminologiques relevant du thème de grammaire française
et plus particulièrement de la syntaxe et de l’ordre de mots des énoncés.

1.1. GRAMMAIRE ET SYNTAXE :
1.1.1. VERS UNE DEFINITION DE « LA GRAMMAIRE » :
Nous voulons ici mettre en exergue la définition de la grammaire, notre champ
d'investigation. Donner une définition précise nous a posé d’énormes problèmes. Pour cela,
nous donnerons les acceptions de ce concept de « grammaire ».

En consultant le Petit Robert, nous avons trouvé les acceptions suivantes :
Grammaire n.f 1:
1- Ensemble de règles à suivre pour écrire et parler une langue.
2- Ensembles des structures et des règles qui permettent de produire tous les
énoncés appartenant à une langue.
3- Étude systématique des éléments constitutifs d’une langue donnée.

Nous pouvons remarquer la ressemblance entre ces trois acceptions quoiqu’elles
soient différentes du point de vue des objectifs visés par cette discipline.

La première définition a une perspective normative ou perspective. Cela veut dire
que l’apprentissage d’une langue naturelle quelconque exige une connaissance suffisante
des règles qui régissent son fonctionnement. Alors que les deux dernières l’abordent d’un
point de vue linguistique.

1

Le Grand Robert de la Langue Française, (version électronique), 2005.

21

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

Qu'est ce que c’est qu’une grammaire si ce n'est alors :

«1- La description complète de la langue.
2- La description des morphèmes grammaticaux et
lexicaux, l’étude de leurs formes (flexion) et de leur
combinaison.
3- Modèle de la compétence idéale qui établit une
certaine relation entre le son et le sens ».1

Ces trois définitions, tirées d’un dictionnaire de spécialité, éclaircissent la notion de
la grammaire même en l’abordant de différents angles. « La description » est le point
commun entre les deux premières. Certes, le grammairien décrit avec rigueur les unités
composantes d’une langue donnée qui sont les mots. Cette discipline s’intéresse ainsi à
rendre compte des différentes formes que prend un mot tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de
l’énoncé.

La

troisième

définition

vient

d’ajouter

aux

précédentes

autres

tâches

traditionnellement accordées aux grammairiens : la phonétique « son » et la sémantique
« sens ». Actuellement, avec l’apparition des sciences du langage et la spécialisation des
chercheurs, chaque discipline tend à acquérir une autonomie dans les moyens et les
méthodes d’étude.

En effet, la grammaire se veut un champ de réflexion qui permet de rendre compte
des éléments constituant toute langue naturelle donnée. Son étymon latin grammatica, grec
grammatikê, « art de lire et d'écrire les lettres », subst. de l'adj. grammatikos, de gramma,
-atos « lettre, caractère d'écriture », de graphein « écrire »2.

Nous pourrions déduire une importance de la discipline dite « grammaire », qui
aura comme objectifs une contribution pour un meilleur apprentissage des règles
gouvernant une langue donnée d’une part, et de l’autre, une certaine maîtrise des structures
communicatives orales et écrites.

1
2

Dubois J. et alii., Dictionnaire de Linguistique et des Sciences du Langage, Paris : Larousse, 2000.
Le GRAND ROBERT, op. cit.

22

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

1.1.2. LA GRAMMATICALITE :
En abordant la grammaire, il nous serait nécessaire de jeter un coup d’œil sur la
notion de « grammaticalité ».

Dubois définit la grammaticalité comme « le jugement que l’on porte sur les
1

énoncés d’une langue donnée » . Cela signifiera que les énoncés d’une langue donnée
pourraient être acceptables ou non, et ce selon les différentes règles de sa grammaire.
Examinons les exemples suivants :
1. Le professeur explique la leçon.
2. * Le professeur la leçon explique.
3. * Le professeur explique leçon la.
4. * Le professeur expliquent la leçon.
Seule la phrase 1. est grammaticale : elle est acceptable de point de vue de la
grammaire du français. Quant aux autres constructions, chacune d’elle a transgressé une loi
quelconque : 2. position du verbe, 3. ordre Dét + Nom, 4. accord Sujet/Verbe (nombre).
Dans ce cas, les trois dernières phrases (2, 3 et 4) sont agrammaticales.

1.2. LA SYNTAXE :
1.2.1. DÉFINITIONS :
Il s’agit ici de rassembler quelques définitions de la syntaxe.
Pour bien définir la présente notion, nous avons essayé de consulter plusieurs
dictionnaires de langue et quelques ouvrages de spécialité afin d’en tirer le sens le plus
convenable.

Le dictionnaire électronique Wiktionnaire donne ces trois définitions du mot
« syntaxe »2:
1- Partie de la grammaire qui traite de l’arrangement des mots, de la construction
des propositions et des rapports logiques des phrases entre elles.
2- Les règles de construction d’une langue.
3- Les règles d’écriture d’un langage de programmation informatique.
1

Dubois J. et alii., Dictionnaire…op. cit.
2 . http://fr.wiktionary.org/wiki/syntaxe consulté le 13/01/2007.

23

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

Nous pouvons dégager de ces trois définitions l’objectif de la syntaxe : rendre
compte des relations existantes entre les unités constitutives d’une langue (naturelle)
donnée, ou virtuelle (le langage informatique).

Le Grand Robert électronique définit ce mot comme suit :

« Ramus, 1572 : « la syntaxe, c'est la seconde partie de la
grammaire, qui enseigne le bâtiment des mots entre eux par leurs
propriétés »; lat. syntaxis, mot grec suntaxis, de suntassein,
suntattein « ranger ensemble », de sun-, et tassein ‘‘ ranger’’ »1

À la lumière de cette citation, nous pouvons déduire le pourquoi de la syntaxe :
c’est la discipline qui essaie de clarifier les types de relations qu’entretiennent les mots
entre eux à l’intérieur de la phrses.

De point de vue linguistique, la syntaxe a pour objet « la génération et
l'enchaînement des monèmes dans un énoncé, une phrase, un texte. Elle est l'organisation
des paradigmes lexicaux en syntagmes et la structuration de la forme de l'expression (ou
du signifiant) par la forme du contenu (ou du signifié) ».2
Greissels D. définit la syntaxe comme suit :

« La syntaxe, au sens couramment donné à ce terme en
linguistique, étudie les régularités que manifestent les
combinaisons d’unités dont le rang est compris entre
celui du mot et celui de la phrase »3

Greissel, dans cette définition, attribue les notions de « régularité », de
« combinaison » et d’« unités » à la discipline syntaxique. La relation entre ces trois
notions se résume dans la nature qu’entretiennent les « unités », qui sont les mots, entre
elles pour but de produire une combinaison phrastique. Cette dernière doit être soumise à
une « régularité » particulière.
1

Le GRAND ROBERT…op. Cit.
2- Lemelin D., L'archétexte : Oeuvre de chair, p.105
3- Denis Creissels, Cours de syntaxe générale, 2004, p31.

24

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

Quant à la définition suivante, nous l’avons tirée du DICTIONNAIRE DE
LINGUISTIQUE ET DES SCIENCES DU LANGAGE,

« On appelle syntaxe la partie de la grammaire décrivant les
règles par lesquelles se combinent en phrases les unités
significatives ; la syntaxe, qui traite des fonctions, se
distingue traditionnellement de la morphologie »1.

À la lumière de l’ensemble des définitions notées, nous pouvons déduire les
principes de la syntaxe ainsi que les différents rapports qu’elle entretient avec les autres
sciences du langage, entre autres la morphologie et la sémantique.

1.2.2. LES DIFFERENTES OPERATIONS SYNTAXIQUES :
Il nous a été nécessaire de donner un petit rappel sur les principes de l’analyse
syntaxique des énoncés. Il s’agira de « procédures, des manipulations utilisées pour
segmenter les unités de la phrase et de la proposition et pour les analyser »2.

1.2.2.1. LA SUBSTITUTION ou commutation :

Cette opération est définie comme celle « qui permet de remplacer un élément par
un autre »3 : nous citons l’exemple suivant :
5. Le joueur lance le ballon.
5.1. Il lance le ballon.
5.2. Le joueur a été expulsé.
Dans ces exemples, nous avons pu remplacer Le joueur (5.) par Il (5.1.) et le
groupe lance le ballon (5.1) par a été expulsé (5.2). Les deux phrases (5.1) et (5.2)
obtenues à partir de la phrase 5 sont toujours acceptables syntaxiquement parlant.

1- Dubois J. et alii, Dictionnaire …Op. cit. p 468.
2
GARDES-TAMINE J., La grammaire : syntaxe, Paris : Armand Collin, 3ème édi., 1998, p. 13.
3
Ibid.

25

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

1.2.2.2. L’INSERTION D’ÉLÉMENTS :

C’est la procédure qui consiste à « insérer des éléments nouveaux à l’intérieur
d’une phrase, d’une proposition ou d’un syntagme »1. Examinons les exemples suivants :
5.3. Le joueur lance fortement le ballon.
5.4. * Le joueur fortement lance le ballon.

Nous avons inséré l’élément « fortement », qui est un adverbe, à l’intérieur de la
phrase 5. Pour que la phrase, dans laquelle un élément a été inséré, soit syntaxiquement
acceptable, le choix de la place que doit occuper cet élément ajouté devrait être bien
précis.

1.2.2.3 LE DÉPLACEMENT :
Il s’agira ici d’un « test qui consiste à essayer de déplacer une unité dans la
phrase ou la proposition »2. Gardons le même exemple 5. :
5.5. * Le ballon, le joueur lance.

Dans ce cas précis, l’élément Le ballon n’a pas la possibilité d’être déplacé : il
n’est pas alors déplaçable.

Ceci reprend sommairement les différentes procédures syntaxiques, les plus
importantes, qui auront comme objectif de bien comprendre la structure des énoncés du
français.

1.3. ORDRE DE MOTS :
Nous procédons dans les lignes suivantes à présenter sommairement quelques
acceptions de la notion de « l’ordre de mots » en français. Si la syntaxe s’intéresse vise,
comme nous l’avons présenté ci-dessus, rendre compte de la nature des relations
qu’entretiennent les mots entre eux à l’intérieur de l’énoncé, la notion d’ordre de mots doit
être bien éclaircie.

1
2

GARDES-TAMINE J., La grammaire, op. Cit., p. 14
Ibid.

26

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

Selon les syntacticiens, les mots, afin de construire des phrases, entretiennent entre
eux « des relations tissant un ordre bien particulier, propre à chaque langue ». En d’autres
termes, l’ordre de mots pourrait se comprendre à travers les relations entre les mots à
l’intérieur de l’énoncé.

Nous illustrons cela par les exemples suivants :
6. Il aime son pays.
6.b * Il aime pays son.
6.c * son il aime pays.

Seul l’énoncé (6.) est acceptable, car, de point de vue syntaxique, l’ordre de mots y
est respecté : sujet + verbe + Dét + N. Cela reprend la forme cononique de la phrase
assertive en français.
Autrement dit, les mots peuvent être classés selon leur distribution, c’est-à-dire
certains mots occupent une position donnée dans une construction phrastique quelconque :
7. Cet homme :
a. chante
b. dort
c. *médecin
d. * intelligent
8. Cet homme est :
a. *chante
b. *dort
c. médecin
d. intelligent.
La distribution de mots en syntaxe est reprise ici par GREISSELS par la notion de
« régularité des combinaisons d’unité »1.

Quand un mot occupe une place au sein de l’énoncé, il se contextualise et acquiert
alors ce qu’on appelle ordre. Ceci lui permet d’avoir une distribution acceptable en
français (7.a et b) (8. c et d), ou inversement (7. c et d) (8.a et b).

1- CREISSELS Denis, Cours de syntaxe…, op. cit. p 38.

27

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

LE GOFFIC résume la notion de l’ordre de mots dans la citation suivante :
" Certains constituants ont un placement fixe (…). D'autres
peuvent apparaître à différents points de la phrase. Cette liberté
est liée au fait qu'ils ne déterminent généralement pas les
fonctions décisives de l'énoncé : elle se réduit ou disparaît quand
il leur arrive d'être compléments essentiels (Paul est ici) » 1
Nous avons donné, même sommairement, un simple aperçu sur le concept
de « l’ordre de mots » pour deux raisons. D’abord, nous nous sommes intéressé au
placement de l’épithète par rapport au nom dans le présent mémoire, si bien qu’il s’agira
d’un ordre d’une unité syntaxique. Aussi, comprendre cette notion permettra, autant à nous
qu’aux lecteurs de cette recherche, d’effectuer des tâches réflexives relevant des autres
parties du discours autres que l’adjectif qualificatif en français.

1.4. PARTIES DU DISCOURS OU CATÉGORIES DE MOTS :
1.4.1 Définitions :
La grammaire traditionnelle répertorie les mots en deux classes différentes
morphologiquement :

1. classes grammaticales qui sont le nom, le verbe, l’adjectif (qualificatif) et
l’adverbe.
2. classes lexicales qui reprennent les déterminants, les pronoms, les connecteurs
(prépositions et conjonctions) et les interjections.

1.4.1.1 SELON TESNIERE :
Nous signalons ici que cette distinction est reprise selon de différentes
terminologies. Les mots sont classés par Lucien Tesnières, à titre d’exemple, selon une
opposition sémantique en mots pleins / mots vides2.
1
2

LE GOFFIC P., Grammaire de la phrase française, Paris : Hachette Education, 1993.
TESNIERE, Lucien, Eléments de syntaxe structurale, Paris : Klincksieck, 1959.

28

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION
Mots

Pleins

Vides

1- verbe

1- les pronoms

2- nom

2- les interjections

3- l’adverbe

3- les connecteurs (les prép. Les conjon.)

4- l’adjectif qualificatif

4- les interjections

Tesnières aborde alors les mots selon le critère sémantique qu’ils ont. En d’autres
termes, le verbe – ainsi que le nom, l’adverbe, l’adjectif et l’adverbe- peuvent avoir, même
hors contexte donné, des valeurs sémantiques. Alors que si nous prenons par exemple la
préposition { à }, nous ne pouvons pas l’attribuer un sens sans l’employer dans une phrase
quelconque.

1.4.1.2 SELON WILMET :
Wilmet (M.) a noté, en nous référant à deux éditions du Bon Usage de M.
Grevisse et A. Goosse (la 11ème 1980 et la 12ème 1986), le tableau suivant 1 :
Grevisse

Goossse

Nom

Nom

Article

Déterminant

Adjectif
Adjectif
Pronom

Pronom

Verbe

Verbe

Adverbe

Adverbe

Préposition

Préposition

Conjonction

Conjonction de subordination
Conjonction de coordination

1

-

Introducteur

Interjection

Mot-phrase

WILMET, Marc: Grammaire… op. cit., p. 50.

29

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

Ce que nous envisageons à travers cette présentation, c’est bien de pouvoir
positionner notre objet d’étude, l’adjectif qualificatif. Il parait alors qu’il appartient aux
mots pleins.

1.5. LA QUALIFICATION
Dans le présent point, nous essayerons de donner une brève récapitulation de la
notion de qualification. Pour cette raison, nous avons procédé à faire appel à La
Grammaire du sens et de l’expression de P. CHARAUDEAU, d’où nous avons tiré
l’essentiel.

Patrick CHARAUDEAU définit, dans sa Grammaire du sens et de l'expression, la
qualification comme un processus consistant à attribuer des propriétés à des êtres. Elle
correspondrait, dans la grammaire traditionnelle, à l'étude de l'adjectif en tant que
qualifiant du nom et de l'adverbe en tant que qualifiant du verbe.

Les deux exemples suivants expliqueraient bien ces propos :
9. Le grand professeur de linguistique est venu.
10. Il a parfaitement présenté sa communication.
grand et parfaitement qualifient respectivement professeur et a présenté.

L'objectif de la grammaire de CHARAUDEAU étant : la description des faits du
langage du point de vue des intentions du sujet parlant pour exprimer ces faits, ainsi que
l'étude des enjeux communicatifs mis en évidence. Pour ensuite, dégager les effets de
discours susceptibles d'être engendrés. Somme toute, c'est une entreprise purement
sémantique nécessitant une nouvelle conceptualisation des catégories en regard de ces
intentions et d'une prise en ligne de compte des différentes réalisations du langage.

La qualification étant une mise en dépendance. Ce type d'approche, selon
Charaudeau, permettra de neutraliser l'opposition « épithète/ attribut » de la grammaire
traditionnelle. En d’autres termes, comment peut-on expliquer le rapprochement des deux
fonctions épithète / attribut en lisant les exemples ci-après :
11. Un homme courageux (épithète)
12. Cet homme est courageux (attribut).

30

CHAPITRE PREMIER

ÉLÉMENTS DE DÉFINITION

CONCLUSION :
Ce court chapitre met en exergue quelques notions principales abordées dans le
présent mémoire. Il ne s’agit à aucun moment, ici, ni d’un manuel de grammaire qui traite
ces notions minutieusement, ni d’un dictionnaire de langue qui en présente leurs
différentes acceptions. Par contre, il était question d’une collection de définitions qui
pourraient aider le lecteur à mieux suivre les chapitres qui suivent. Nous signalons enfin
que la nécessité de donner des définitions précises parait comme une difficulté forte à
signaler.

31

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
INTRODUCTION :
Nous nous sommes intéressé d’étudier une partie de discours très ancienne. Du fait
que nous nous sommes penché sur l’étude de l’adjectif de manière générale et de l’épithète
de manière particulière, l’ancienneté de ce point est fortement constatée. Avec toutes leurs
catégories, « fondées sur des critères vagues et hétérogènes, les classes de mots se
chevauchent et s’entrecroisent »1.

2.1. IDENTIFIER UNE PARTIE DE DISCOURS :
Les classes de mots dont parle ci-dessus Bloomfield,

« n’empiètent pas seulement les unes sur les autres, mais […]
elles sont encore susceptibles d’échanger leurs identités »2 :

1. sourire : verbe
2. sourire : nom masculin.

Nous ne pouvons plus identifier, au moyen de la morphologie seulement à titre
d’exemple, la catégorie grammaticale du mot « sourire ». Nous devons avoir besoin du
contexte syntaxique pour faire ce type de distinction :
3. Il aime sourire.

Verbe.

4. Il aime le sourire.

Nom.

Si nous touchons également à ces différentes classes de mots, nous sommes amené
à savoir « qu’elles sont aussi mélangées que les classes sociales »3. Autrement dit, il serait
très difficile de faire une distinction absolue entre elles.

1

BLOOMFIELD, 1970. p. 185 cité par GEOS Jean, L’adjectif, Paris : PUF. p. 11
SAPIR E., « La gradation, recherches sémantiques » in Sapir E, Linguistique, Paris : Minuit, 1968, p. 210.
3
BRUNOT F, La Pensée et la Langue : Méthodes, principes et plan d’une théorie nouvelle du langage
appliquée au français, Paris : Minuit, 3ème édit., 1953.
2

33

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
Nous présenterons dans le présent mémoire seulement la classe grammaticale
d’adjectif à fonction « épithète ». Nous avons jugé utile d’émettre quelques perspectives
historiques afin de bien positionner la notion en question à l’intérieur de l’énoncé (syntaxe
et sémantique) et hors-énoncé (morphologie).

Attribuer des critères morphologiques, sémantiques et syntaxiques à l’adjectif
qualificatif épithète présente pour les chercheurs dans ce domaine d’étude d’énormes
difficultés. C’est la raison pour laquelle les dictionnaires de langue contiennent encore des
définitions floues pour un bon nombre de mots. Nous citons :
Logique : n et adj.

1

Creux : 1. Adj …2. N. masc.

2.2. ADJECTIF ET PARTIES DE DISCOURS :
Dans ce point, nous tentons de présenter, même assez brièvement, la classe
adjectivale diachroniquement, ainsi que les rapports (morphologiques à grande partie)
qu’elle entretient avec les autres parties de discours (verbe, nom, adverbe..), avec une
légère particularité à le relation Adjectif—Nom qui nous parait la plus importante mais
aussi la plus ambiguë. Cela pourrait s’expliquer par ce que cite Jan Goes ci-après :

« Ce n’est qu’au XVIII siècle que l’adjectif sort de l’ombre
du nom pour acquérir sa place dans la famille des paries de
discours »2.

L’adjectif dans la tradition gréco-latine est présent chez Platon et Aristote.
Platon citait que « le logos » : phrase se forme à partir d’un onoma (nom) et d’un
rhéma (verbe)3.
Son disciple Aristote évoquait « pour la première fois la notion de verbe »4 et
parlait également de qualité, ainsi que d’épithète qu’il définissait comme « un élément
surajouté »5.

1

Le Grand Larousse …op. cit (version électronique).
GOES J., L’adjectif, op. cit. p.350
3
LALLOT J., « Origines et développements des parties du discours », Langages n°92, les parties du
discours, p 11-23.
4
GOES J., L’adjectif, op. cit. p.12.
5
Ibid.
2

34

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
Sont venus après les grammairiens gréco-latins qui établissaient plus clairement la
distinction entre Noms et Adjectifs. Ils avaient parlé de la notion de gradation :
5. Un étudiant très compétent / très capable / très intelligent.
6. Il est médecin / Il est * très médecin.

Les mots en 5. : compétent, capable et intelligent acceptent tous un modifieur
d’intensité très, ce qui leur permet d’être répertoriés sous la classe adjectivale. Par contre,
le mot médecin en 6 ne l’accepte pas, il est alors considéré comme Nom. Cela pourrait
expliciter un des points de différence entre les deux classes en question.
Pour mieux connaître la catégorie adjective, nous avons choisi la définition
suivante :
« L’adjectif « epithéton » est le nom qui est adjoint (epi…tithéton) aux noms
propres et aux appellatifs et qui exprime un éloge ou un blâme »1.

Nous avons pu relever une schématisation aussi simple que claire de la notion
adjectivale chez les grammairiens latins 2 :
Nom

Nom propre

Adjectif propre

Nom commun

adjectif

(Épithète de nature)
Le schéma ci-dessus montre bien que l’adjectif et le nom faisaient tous deux de la
classe générale du Nom. Cela expliquerait même partiellement le rapprochement
morphologique du nom de la catégorie d’adjectifs.
Ce rapprochement, comme le notent un bon nombre de grammairiens, entre les
deux catégories de mots, adjectif et nom, le confirme La grammaire du français, et ce à la
lumière des propos suivants :
« Substantifs et adjectifs appartiennent à deux catégories
grammaticales distinctes mais assez proches l’une de
l’autre».

1
2

LALLOT J., La grammaire de Denys le Thrace : traduction annotée, Paris : CNRS, 1989, p.117.
GOES J., L’adjectif, op. cit. p.121

35

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF

2.3. LES FONCTIONS D’UN ADJECTIF QUALIFICATIF :
La tradition grammaticale attribue à tout mot une nature (à l’extérieur d’un énoncé)
et une fonction (à l’intérieur de l’énoncé) : le mot n’a ainsi de fonction qu’à l’intérieur
d’une phrase donnée. Nous donnons les exemples suivants :
7. Nécessité : N.f. : la nature de ce mot est généralement indiquée par les
dictionnaires.
8. « La nécessité peut rendre innocente une action douteuse »
(Joseph JOUBERT, Pensées, IX, XX.)

Le mot « nécessité », une fois mis en contexte phrastique, acquiert un statut
syntaxique qu’on appelle « fonction » : il est, dans cet exemple (8.), sujet.

De même, tout adjectif qualificatif peut avoir, une fois mis en contexte, des
fonctions différentes. Nous les présenterons ainsi :

2.3.1. L’attribut :
Est attribut tout adjectif lié au nom qualifié par une copule, être ou un verbe
exprimant l’état, qu’il s’agisse d’un sujet ou d’un complément :
9. Cette étudiante est persévérante. (attribut du sujet)
10. Il trouve ce livre intéressant 1. (attribut du complément livre).

« est » et « trouve » sont considérés comme des copules : ce sont des moyens liant
les attributs aux nom qu’ils qualifient.

2.3.2. L’épithète :
Il s’agit ici de donner, en nous référant la Grammaire du français classique et
contemporain, une brève présentation de cette fonction, « épithète ». Nous y trouvons

1

Nous ne nous intéressons pas ici aux ambiguïtés syntaxiques : cette phrase peut se comprendre de deux
manières différentes.

36

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
l’information suivante : « l’adjectif épithète se construit directement avec le substantif
qu’il détermine »1
L’épithète se lie alors directement à son qualifié, sans aucun intermédiaire. Sa
place, notre thème dans le présent mémoire, sera détaillée dans les chapitres qui viennent.
Quoiqu’il soit primordial de signaler qu’une épithète puisse se rattacher directement au
nom en occupant deux positions AVANT et/ou APRES.

Marc Wilmet, dans La détermination nominale, nous cite une définition large de la
fonction « épithète ». Pour lui, « l’épithète désigne à proprement parler la fonction
déterminative, qui est interprétable en terme de qualification et/ou de caractérisation »2.

En nous référant à l’adjectif de JAN GOES, nous présenterons les différentes
parties du discours qui peuvent remplir la fonction d’épithète. Une épithète peut en effet
être :
1. un adjectif :
Ex. La critique littéraire / un grand essor
2. un participe passé ou une forme en –ant :
Ex. des ouvrages cités ci-dessus / des livres intéressants
3. un substantif :
Ex. un critique célèbre.
4. un adverbe :
Ex. un homme bien.
5. une préposition :
Ex. une démarche contre.
6. un numéral ordinal ou cardinal :
Ex. la deuxième vision de critique littéraire.
7. des adjectifs dits « indéfinis » :
Ex. certains auteurs / appréciation quelconque

Si l’on procède à établir une comparaison entre les deux premières fonctions d’un
adjectif qualificatif (épithète et attribut) sur le plan syntaxique, nous pourrons dégager les
1

WAGNER R-L., PINCHON J. Grammaire du français classique et moderne, Paris : Hachette, rééd.2001, p.

153.
2
WILMET M., La détermination [1986], cité par GOES J., l’Adjectif, Op. Cit. p. 78.

37

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
critères suivants, classés dans le tableau ci-dessous. Nous y mettons au clair l’intermédiaire
(copule), le critère distributionnel et le point de l’accord (en genre et en nombre) :
Critères
1- intermédiaire (copule)
2- place (distribution)
3- accord
4- nécessaire pour la phrase (le sens)

Attribut

Épithète

+

_

Toujours APRES

AVANT / APRES

+
+

+
_

Tableau 1 : critères distinctifs syntaxiques entre Epithète et Attribut.

Sur le plan sémantique, nous citons deux critères. Le premier démontre la nécessité
de l’attribut pour compléter le sens de l’énoncé : nous donnons l’exemple :
11. Il est malade. Vs * Il est ? (En effaçant l’attribut malade)
12. Pierre lance de petits cailloux. Vs Pierre lance des cailloux.

Nous envisageons, à travers ces deux derniers exemples, le sémantisme phrastique.
Nous pouvons clairement remarquer que l’attribut est élément essentiel pour la phrase,
alors que l’épithète ne l’est plus : elle est ainsi un élément secondaire, un composant
surajouté.

2.3.3. L’apposé :
Ce type d’adjectif est appelé également, chez quelques spécialistes de grammaire
« épithète détachée ». Il est généralement séparé du nom qu’il qualifie par une virgule (en
cas d’antéposition) ou deux virgules (en cas de postposition) :
13. étonnée, elle entra en classe.
14. ce footballeur, très rapide, lance fortement son ballon.

Nous signalons qu’à l’oral, même très peu utilisé, l’adjectif qualificatif apposé est
marqué par une pause.

38

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF

2.4.

L’ADJECTIF RELATIONNEL :
Il s’agira dans ce qui suit d’une brève présentation de l’adjectif dit « relationnel ».

Son importance est primordiale : les critères syntactico-sémantiques et son placement par
rapport au nom. Ce dernier point nous intéressera de plus.

Pour bien présenter cette catégorie d’adjectifs, nous nous sommes basé sur deux
références grammaticales de base : La Grammaire du français classique et moderne et La
Grammaire méthodique du français.

Riegel (et alii.) définit les adjectifs relationnels comme suit :

«... ils indiquent une relation [...] avec le référent du nom
dont ils sont dérivés. Cette relation dépend du sémantisme de
leur nom recteur (La race chevaline = la race des chevaux/ une
boucherie chevaline = une boucherie où on vend de la viande
1

cheval).» (Nous soulignons).
Quand à la Grammaire du français classique et moderne, elle les attribue la
définition suivante :
« On appelle adjectifs de relation les adjectifs qui sont
l’équivalent d’un syntagme nominal (présidentiel

=

du

2

président, solaire = du soleil). » (Nous soulignons).

En comparant ces deux brèves définitions, nous pouvons dégager quelques
propriétés relatives à l’adjectif relationnel. La première acception les abordent beaucoup
plus de point de vue morpho-sémantique : « le référent », « dérivés ». Alors que la
deuxième définition, elle le présente en lui attribuant un critère purement syntaxique : « un
syntagme nominal ». De ce fait, il nous serait utile de dire que l’adjectif de relation ne sera
reconnu, à l’intérieur d’un énoncé, qu’à travers la combinaison de l’ensemble des critères
que nous venons de citer : syntaxiques, morphologiques et sémantiques.
1
2

RIEGEL M., PELLAT, J-C et RIOUL R., Grammaire méthodique du français, Paris : PUF, 5e éd. 1999.
WAGNER R-L., PINCHON J., Grammaire du français …Op. cit., p.131.

39

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
Selon ZSUZSANNA GECSEG (L’adjectif relationnel et le complément du nom), les
adjectifs relationnels possèdent les particularités suivantes :
a) Ils ne peuvent pas avoir une fonction attributive :
13. L’hymne national

*L’hymne est national.

b) On peut les paraphraser par un GP:
14. L’industrie algérienne = l’industrie de l’Algérie.
c) Ils ne sont pas antéposables au nom :
15. Les élections présidentielles

*les présidentielles élections

d) Ils ne peuvent plus être détachés en apposition :
16. * Municipal, le conseil se réunit trois fois par semaine.
e) Ils n’ont pas de spécification de degré:
17. * L'année très scolaire

f) On ne peut pas les coordonner avec un qualificatif :
18. * un parc immense et municipal
g) Ils peuvent être coordonnés entre eux :
19. Les maladies cardiaques et pulmonaires = [des cœurs et des poumons]
h) Ils connaissent parfois un emploi qualificatif:
Une écriture très scolaire (= qui ressemble à celle d’un élève)
i) Ils se mettent directement après le nom :
a. * la crise de Pierre cardiaque
b. * une crise particulièrement grave
cardiaque
j) Ils ne peuvent avoir un complément :
* l’exposition [canine de chasse]

Nous pouvons alors dégager, à travers cette brève présentation de l’adjectif
relationnel, ses particularités syntaxiques.

2.5.

DE LA MORPHOLOGIE ADJECTIVALE :
Le présent point abordera la catégorie adjectivale de point de vue morphologique.

Entamer la morphologie adjectivale suppose que nous disposions des principes de la

40

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
discipline dite « morphologie » pour rendre compte et présenter, même brièvement, les
différentes formes rencontrées dans notre corpus d’étude. En effet, toutes les orientations
théoriques, que nous allons présenter, nous seraient un moyen efficace pour faire une
analyse pratique de l’ensemble des adjectifs attestés dans les productions écrites des
étudiants de 4ème année de licence.

Par conséquent, la morphologie est un domaine qui s’inscrit dans les sciences du
langage ; elle rend compte des unités constitutives des mots (lexèmes). Ces unités, les plus
minimales ayant un sens, sont appelées morphème.

Il sera question d’essayer beaucoup plus de répondre à une problématique
secondaire ayant trait, à la fois, avec le thème que nous traitons dans le présent mémoire –
l’étude du placement de l’épithète par rapport à son qualifié- et l’adjectif dérivé en tant
qu’un mot de la langue :

Adj. dérivé = base (ou racine) + affixe
Nous tenterons de répondre à la question suivante :
Y a-t-il un lien entre morphologie des adjectifs (plus particulièrement dérivés) et la place
qu’ils occupent à l’intérieur du groupe adjectival ? En d’autres termes, peut-on révéler un
point quelconque reliant la morphologie des adjectifs dérivés et leur placement par rapport
au nom ?

Analyser morphologiquement un mot c’est bel et bien rendre compte – comme
nous l’avons cité ci-dessus- des éléments qui le constituent. De ce fait, nous allons, dans les
lignes qui viennent, mettre au clair les différents affixes adjectivaux, préfixes et suffixes,
leurs différentes formes ainsi que leurs sens.

2.5.1 LA SUFFIXATION ADJECTIVALE :
Il s’agira, dans ce qui suit, de présenter sommairement les suffixes les plus
productifs d’adjectifs en français, rencontrés dans l’ensemble des adjectifs dérivés traités
dans la présent mémoire.

41

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF

2.5.1.1.

DEFINITION :

Selon HUOT (H), on définira la suffixation comme suit :

« On désigne sous ce terme de suffixation tout ce qui a
trait à la dérivation des mots construits par ajout d’un
affixe à la suite de la racine ou du radical »1
Nous pouvons reprendre ces propos dans le schéma suivant :

Base

+

Suffixe

Mot construit
(mot dérivé)

Les suffixes sont classifiés selon plusieurs angles 2 :
a) l’origine : latine, française, étrangère
b) la catégorie : adjectivaux, nominaux, adverbiaux…
c) la productivité et la disponibilité : « -ien », par exemple, forme un nombre assez
important d’adjectifs en français par rapport à « -esque ».
d) l’ordre alphabétique : ce que font souvent les dictionnaires.

2.5.1.2.

PRESENTATION DE QUELQUES SUFFIXES ADJECTIVAUX :

Nous voulons dire par suffixe adjectival tout suffixe qui, en s’agglutinant à une
base donnée (adjectivale, nominale ou adverbiale), peut produire un adjectif,
catégoriellement parlant 3.
Pour ce faire, nous avons fait appel à des ouvrages de morphologie pour établir une
récapitulation des affixes intervenant pour la formation d’adjectifs. Ainsi, notre choix est
centré sur ceux qui sont considérés comme les plus productifs (et/ou les plus fréquents).

1

HUOT Hélène, La morphologie : forme et sens des mots du français, Paris : Armand colin, 2005, p 63.
Ibid., p. 64
3
Catégoriellement : en relation avec la catégorie des adjectifs.
2

42

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF
De ce fait, le tableau suivant résume les suffixes dont nous parlons ci-dessus :
Suffixe adjectival

Catégorie de la

Exemples

base
-on

Nom

Sauvageon

-et, -ette

Adjectif

Propret, pâlot

Adjectif

Blondin

Nom

Enfantin

Adjectif

Faiblard, nullard

Verbe

Pleurard

-aire

Nom

Littéraire

-ique

Nom

Typique

-el, -elle

Verbe

Cruel

-al, -ale

Nom

Royal, corporel

-esque

Nom

Livresque, romanesque

-ain, -aine

Nom

Républicain

-if, -ive

Verbe

Défensif

-if, -ive

Nom

Permissif

Adverbe

Tardif

Adjectif

Positiviste, finaliste, socialiste

Nom

Automobiliste

-ot, -otte
-in, -ine

-ard, -arde

-iste

Tableau présentant les différents suffixes adjectivaux.

Nous signalons que la présente liste des suffixes adjectivaux pourrait s’enrichir
par d’autres suffixes tels que : -oire, -ais (e), …

43

CHAPITRE II : AUTOUR DE L’ADJECTIF

2.5.2. LA PREFIXATION ADJECTIVALE :
2.5.2.1.

DEFINITION :

Le grand Robert électronique définit le préfixe comme un « Élément de formation
de mots ; morphème qui précède le radical »1.
En morphologie lexicale, les préfixes sont définis comme :
« Des éléments qui s’opèrent sur une base pour
construire une signification nouvelle partir de diverses
relations de repérage »2

2.5.2.2. CLASSIFICATION DES PREFIXES ADJECTIVAUX :

La Grammaire méthodique attribue également un sens à tout préfixe donné. On
en dégage :
-

repérage spatial : anti-chambre, parterre, enterrer

-

repérage temporel : préhistoire, avant-goût, après-demain

-

repérage comparatif : isosyllabique

-

repérage qualificatif : multilingue

Conclusion :
En guise de conclusion de ce second chapitre, nous pourrions mentionner qu’un
rapprochement morphologique entre les deux parties de discours, l’adjectif et le nom, est
fort constaté, au point où il serait impossible d’établir une distinction globale et
convaincante entre elles. Néanmoins, quelques préfixes et suffixes pourraient indiquer la
catégorie du mot (adjectif ou nom). Un autre point est à signaler : l’adjectif relationnel (ou
de relation). Ce type d’adjectif se particularise par un nombre de critères syntaxiques et
sémantiques qui le font s’opposer au qualificatif.

1
2

Le Grand Robert, Op. Cit.
REIGEL M., La grammaire méthodique… Op. cit. p544.

44

Chapitre III

PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

.

44

Chapitre III

PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

TROISIEME CHAPITRE : PRESENTATION ET ANALYSE DES
RESULTATS :
INTRODUCTION :
Dans le présent volet de notre mémoire, nous essaierons de vérifier l’utilisation (la
contextualisation) de l’épithète chez les étudiants en cursus de licence. Nous tenterons,
d’une part, de faire une étude analytique de quelques productions écrites en module de
« théories de la littérature », d’où notre tâche se fait en relevant les épithètes utilisées par
eux dans ces productions, qui subiront après une analyse « hors-contexte » (morphologie)
et « en contexte » (syntaxe et sémantique), et de l’autre, de proposer une activité, à
destination d’un autre échantillon d’étudiants. L’objectif que nous envisageons d’atteindre
ici est la vérification de l’ordre de l’épithète au niveau du placement par rapport au nom
qualifié chez les étudiants concernés.

3.1. PREMIERE PARTIE DU CORPUS : LES PRODUCTIONS
ECRITES
3.1.1. LE PUBLIC VISE :
Nous avons opté, afin de réaliser le présent essai, pour un échantillon d’étudiants de
4ème année Licence de Français à l’université de Sétif. Ce choix, nous l’estimons, n’est pas
aléatoire. Des étudiants de 4ème année universitaire français sont censés avoir une certaine
maîtrise de la langue étrangère qu’ils apprennent, tant à l’oral qu’à l’écrit. «Une certaine
maîtrise » qui va dans le sens de ne pas commettre des erreurs orthographiques et/ou
stylistiques qui compliqueront notre analyse plus tard. Quoique les sujets soient différents
(les premiers pour les productions, les seconds pour l’activité proposée), ils sont au même
niveau d’étude.

Nous citons ici que les étudiants en question suivent une formation de F.L.E de
quatre ans.

3.1.2. POURQUOI LES PRODUCTIONS ECRITES ?
Le but était de vérifier l’utilisation de la partie de discours de l’adjectif à fonction
« épithète ». « Vérifier l’utilisation » chez eux signifiera révéler ce qu’ils pensent lors de

45

Chapitre III

PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

l’emploi au niveau du choix AVANT/APRES le N. Comme il s’agissait d’un module
littéraire (théories de la littérature), l’étudiant avait un sujet de dissertation littéraire, où il
produisait librement un court texte argumentatif autour d’un thème abordant « la critique
littéraire entre grand public et professionnels ».

Nous tenterons, en évitant le maximum d’erreurs orthographiques au premier degré
que produisent les apprenants de l’échantillon pris pour l’étude, de relever toutes les
constructions phrastiques contenant des épithètes.

Il est à rappeler ici que les objectifs qui ont été fixés au départ étaient loin d’être
des objectifs didactiques. En d’autres termes, nous n’émettrons pas un travail de
remédiation pour les productions écrites, mais au contraire, il serait question d’une analyse
syntactico-morpho-sémantique de la catégorie « épithète » chez les apprenants du F.L.E en
contexte universitaire.

Pour bien examiner cela, nous avons aussi fait appel à une activité à leur
destination. Nous détaillerons plus bas à quoi cette activité consiste-t-elle, ainsi que les
motifs nous ayant poussé à la construire.

Il nous a paru, même préalablement, que la représentativité du corpus pris et étudié
tient en compte la qualité des productions : avec plus de productions, on pourrait déduire et
avoir des résultats plus fiables. La contrainte du temps consacré pour l’élaboration du
présent mémoire y est à signaler.

3.1.3. ANALYSE DU CORPUS
3.1.3.1. LES PRODUCTIONS :
Comme nous l’avons précédemment signalé, il s’agira ici de faire une présentation
générale de la première tranche du corpus ou les productions écrites en module de
« théories de la littérature » faites par des étudiants de 4ème année universitaire, filière
Français. Écrire, pour la majorité écrasante, dans la présente situation, est une sorte
d’obligation. Pour d’autres, une minorité, « écrire » serait une chance pour but d’améliorer
leurs niveaux d’étude. Notre observation de ce qu’ils écrivent de point de vue stylistique et

46

Chapitre III

PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

linguistique illustre ce que nous avons jugé ci-dessus. Autrement dit, nous avons constaté
une hétérogénéité au niveau de leur pratique discursive écrite, et plus particulièrement au
niveau d’une absence presque totale des épithètes dans les quelques copies sélectionnées.
Cela nous a mené à prendre un nombre important de copies (plus d’une centaine) au
départ, dans le but d’avoir un critère de représentativité du corpus. Néanmoins, ce n’était
plus le cas. Ce nombre de copies a subi tout un travail de sélection : celles qui ne
contiennent pas d’épithètes étaient mises à l’écart. Ainsi, sommes-nous arrivé à réduire le
réduire le chiffre de copies à 25. Malgré cela, nous ne étions pas convaincu tellement, c’est
pour cela que nous avons procédé après à proposer une deuxième tranche de corpus
représentant une activité pratique à destination des étudiants de 4ème année, filière Français
également.

3.1.3.2 METHODOLOGIE D’ANALYSE :
Pour aboutir à des lectures analytiques du placement de l’épithète par rapport au
nom, nous avons procédé à collecter un corpus d’écrits des étudiants de 4ème année de
licence à l’université de Sétif. Il s’agissait d’une vingtaine de productions dans un contrôle
en module de « théories de la littérature ». Nous avons choisi spécifiquement ce module du
fait qu’il s’inscrit dans une optique littéraire, où les apprenants ont tendance à enrichir
leurs écrits par les adjectifs, notre objet d’étude ciblé.

Nous avons tenté de recenser un nombre important de constructions phrastiques
comprenant des adjectifs à fonctions « épithètes ».

Au premier abord, nous présenterons, dans ce qui suit, les différentes statistiques
sur le corpus proprement dit. Puis nous essaierons d’émettre une classification basée sur
différents critères. Nous commençons par une classification lexicologique, dans laquelle
nous traitons les épithètes dénombrées de point de vue de la discipline qui rend compte des
unités constitutives d’un mot, ou lexicologie. Une deuxième classification phonétique a été
émise : les adjectifs y sont répertoriés selon la dichotomie COURTS / LONGS ou
monosyllabiques / bi ou trisyllabique (ou plus). Enfin, nous clôturons notre classification
par un dernier type qui mettra en exergue le critère de la distribution AVANT / APRES des
adjectifs recensés.

47

Chapitre III

PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS

3.1.4. CLASSIFICATION DES ADJECTIFS :
3.1.4.1

CLASSIFICATION LEXICOLOGIQUE :

Nous procèderons dans le présent point à avancer une distinction de l’ensemble des
épithètes recensées selon deux classes morphologiquement distinctes.

3.1.4.1.1 Adjectifs primaires :
Un adjectif primaire est défini, selon J Goes, de la présente manière :
« Les adjectifs primaires sont des adjectifs non-dérivés qui
appartiennent au vieux fonds de la langue »1

Dans « l’adjectif et les rapports entre la sémantique et la grammaire » (1963), M. A.
BORODINA a essayé d’isoler des adjectifs d’usage très fréquent en les désignant par
« adjectifs de formation primaire »2.

Nous citons les propos suivants qui résument les caractéristiques générales des
adjectifs dits « primaires » :

« Les uns possèdent une forme spéciale pour le féminin :
bas, blanc, bon, bref, chaud, court, creux, droit, épais […]. Les
autres ne distinguent pas le genre dans la prononciation : adjectifs
terminés par un « e » muet : âpre, brave, calme, dense, fauve, ferme,
fixe […], ou par une voyelle : ami, bleu, gai, joli [..] ou à consonne
finale prononcée : amer, cher, dur, net … »3.
M. A. BORODINA ajoute aussi un critère important à ce type d’adjectifs : ils sont
courts et monosyllabiques (rarement dissyllabiques).

Nous sommes arrivé, à travers l’ensemble des critères des adjectifs primaires
indiqués

ci-dessus,

brièvement

présentés,

à

établir

la

classification

PRIMAIRES/DERIVES.

1

GOES J., L’adjectif, op. cit. p. 227
Ibid. 48.
3
Ibid., pp 48-49.
2

48


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