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REPUBLIQUE TOGOLAISE
Travail-Liberté-Patrie

,

UNIVERSITE DE LOME (UL)
FACULTE DES SCIENCES (FDS)
DEPARTEMENT DE PHYSIOLOGIE ANIMALE
ECOLE DOCTORALE : Sciences-Environnement-Santé
Année 2011

N° d’ordre : 393

MEMOIRE
Présenté en vue de l’obtention du
DIPLOME D’ETUDES APPROFONDIES EN BIOLOGIE DE DEVELOPPEMENT
Option : Pharmacognosie

THEME
Par Dr Adama
ETUDE DES PROPRIETES ANALGESIQUES
DES DENOU
PLANTES ANTIPALUDIQUES DU TOGO
Soutenu publiquement le….. Décembre 2011
ET DU MALI SELECTIONNEES PAR ENQUETES ETHNOBOTANIQUES

Par Adama DENOU, Pharmacien
Soutenu publiquement le 31 Décembre 2011

Devant un jury composé de:
1. Pr Messanvi GBEASSOR, Directeur, FDS/UL/Togo
2. Pr Drissa DIALLO, Codirecteur, FMPOS/UB/Bamako
3. Pr Kodjo AKLIKOKOU, Président, FDS/UL/Togo
4. Dr Kwashie EKLU-GADEGBEKU, Membre, Maître de Conférences, FDS/UL/Togo
5. Dr Komlanvi ESSIEN, Membre, Maître Assistant, FDS/UL/Togo
6. Dr Koffi KOUDOUVO, Superviseur, Assistant, FDS/UL/Togo

D.E.A en Biologie de Devéloppement «Option: Pharmacognosie »

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DEDICACES
Au nom de Dieu le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux !
«Gloire à Toi ! Nous n’avons de savoir que ce que Tu nous as appris, c’est Toi l’Omniscient, le
Sage » Sourate 2, Verset 32 (Saint Coran).
Louange à toi ALLAH qui m’a permis de mener à bien ce travail. Je t’ai sollicité, je te sollicite et
je te solliciterai toujours pour ton assistance dans toutes mes œuvres.
A notre prophète Mohammad, que la bénédiction d’ALLAH soit sur lui, sa famille, ses
compagnons et tous ceux qui le suivent sur le droit chemin jusqu’au dernier jour. Puisse
ALLAH nous guider sur tes pas.
Je dédie ce travail principalement :
-A mon père Bolébé DENOU et à ma mère Souan TRAORE. Chers parents, les mots me
manquent pour traduire ma reconnaissance et mon affection. Sachez que je suis fier d’être le
fuit de tous vos sacrifices et prières. Je vous réitère que je ne serai pas en mesure de vous
récompenser. Puisse Dieu vous accorder, chers parents une longévité avec bonne santé parmi
vos enfants dans le bonheur. Amen !
-A mon épouse Sitan KONE. Ma chérie ta patience, ta tolérance et tes conseils n’ont jamais
fait défaut durant cette étude. Ce travail est le tien. Puisse ALLAH raffermir notre union dans
la paix et la prospérité. Amen !
-A ma fille Fatoumata dite Souan DENOU, pour ton endurance. J’implore le Tout Puissant de
t’accorder longévité et bonne santé dans le bonheur. Toute mon affection et que ce travail te
soit une inspiration dans la vie.
-A mes frères : Daka, Dabou et Sibiri. Trouvez ici toute mon affection. Que l’amour fraternel
demeure dans la famille.
-A mes oncles : Amadou dit Dofini et Moussa DENOU ; Bakary, Moussa M. et Mamadou
TRAORE ;
-A mes tantes : Bèzoun DENOU ; Arabahan, Fatouma, Bossohan et Samoussé TRAORE ;
Korotimi KAMATE ; Djisoira et Mah DIARRA ; Mamou SANOU ;
-A mon cousin Bakary DENOU;
-A tous mes cousins, cousines, neveux et nièces ;
-A mon cher ami Amidou KAMATE
Veuillez trouver ici l’expression de ma profonde gratitude.
Adama DENOU (2011)

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REMERCIEMENTS
A la fin de cette étude, c’est un grand plaisir pour moi d’exprimer mes sincères
reconnaissances à l’égard de tous ceux qui de près ou de loin m’ont aidé à réaliser ce travail.
-D’abord, nous remercions l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF) pour le
financement de la mobilité de ce travail.
-A l’Université d’Oslo, pour son appui matériel.
-A notre Maître et Directeur de mémoire, Pr Messanvi GBEASSOR, Doyen honoraire de la
Faculté des Sciences (FDS) de l’Université de Lomé (UL), Vice Président de l’Université
Catholique de l’Afrique de l’Ouest / Unité Universitaire du Togo (UCAO/UUT). Veuillez recevoir
mes vifs remerciements pour votre disponibilité malgré vos multiples occupations.
-Au Pr Adolé Isabelle GLITHO, Mme le Doyen de la FDS, pour avoir accepté mon inscription au
sein de votre Faculté. Soyez rassurée de nos sincères remerciements.
-Au Pr Kodjo AKLIKOKOU, Responsable de la Formation Doctorale de Biologie de
Développement. Recevez ici notre profonde gratitude pour votre amour et dévouement pour
la réalisation de ce travail.
-A notre Maître et Codirecteur de mémoire, Pr Drissa DIALLO, pour tous les efforts consentis
pour notre encadrement. Soyez rassuré de nos profonde gratitude et reconnaissance.
-Au Pr Rokia Sanogo, vous êtes pour moi plus qu’un Maître, merci pour tout votre soutien, vos
prodigieux conseils et votre disponibilité durant toute l’élaboration et l’exécution de ce travail.
Puisse Dieu vous accorder une longue vie pleine de santé et vous assister dans toutes vos
entreprises. Amen !
-Au Dr (Maître Assistant) Komlanvi ESSIEN, Chef du Département de Physiologie Animale de
la FDS. Vous m’avez accepté à effectuer mon stage de perfectionnement à la recherche dans
votre Département et cela aboutit à mon inscription dans l’option Pharmacognosie. Veuillez
accepter l’expression de toute notre reconnaissance et notre profonde gratitude.
-Mes sincères remerciements aux Dr (Maîtres de conférences): Kwashie EKLU-GADEGBEKU et
Amegnona AGBONON pour les encouragements et la sympathie.
-Au Dr Koffi KOUDOUVO, Superviseur de nos travaux. Votre implication à tous les niveaux de
notre étude est à la base de sa réussite dans les limites de temps et dans la rigueur scientifique
requises. Recevez-en l’expression de tous mes remerciements et reconnaissance.
-Au Pr Mamadou KOUMARE et sa famille, pour leurs encouragements et conseils. Recevez ici
toute ma profonde gratitude.

Adama DENOU (2011)

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-Je remercie singulièrement Feu Komlan BAKAR, qui fût technicien supérieur de laboratoire à
l’Ecole Supérieure de Technologies Biologique et Alimentaire (ESTBA) de l’UL, de l’effort
consenti pendant phase de mobilité de notre travail. Nous aurions souhaité votre présence en
ce jour immémoriale mais le Tout Puissant a décidé autrement. Paix à votre âme impeccable
personnalité.
-A tonton Fagnan SANOGO, pour ta détermination au service des étudiants sans distinction de
sexe, de nationalité et d’ethnie. Puisse ALLAH t’accorder tes désirs dans la bonne santé.
-A tonton Kassim COULIBALY, infatigable personnage, tes conseils et ta participation durant
tout ce travail ont été

une base solide de sa réalisation. Les mots me manquent pour te

remercier. Puisse ALLAH te garder encore longtemps en bonne santé à nos côtés.
-Aux Dr : Mahamane HAÏDARA, Birama DIARRA, Sékou DOUMBIA, Aboubacar NIARE et à
Mme Touré Bana SANGARE pour votre esprit de bonne collaboration. Ce travail est le vôtre.
-Mes remerciements à Seydou M. DEMBELE et NGolo BALLO tous deux botanistes au
Département de Médecine Traditionnelle (DMT) du Mali pour leur participation à ce travail.
-A tout le personnel du DMT. Recevez-en mes sincères remerciements pour l’esprit de bonne
collaboration.
-Tous mes remerciements et ma reconnaissance aux herboristes et tradithérapeutes de la
région maritime du Togo et ceux du district de Bamako (Mali) pour leur franche collaboration.
-Je remercie également mes camarades : Thomas Aziati, Joseph Esseh et Cédric Ayi Ajavon
pour la collaboration et le partage de ces moments de joie et de peine. Ce travail est le vôtre.
-A tous les personnels des Campus Numériques Francophones (CNF) de Lomé et Bamako.
Recevez-en mes chaleureux remerciements.
-A tout le groupe INFOSPHERE pour les conseils et encouragements. Trouvez ici mes
chaleureux remerciements.
-Mes sincères remerciements à Cheickna

ZONGO et Sylvain ILBOUDO pour leur soutien

matériel.
-Aux communautés : Ivoirienne, Centrafricaine, Nigérienne et Béninoise résidantes à la cité
C du Campus Universitaire de Lomé. Recevez ici mes vifs remerciements pour votre
impressionnant humanisme. Vive l’intégration africaine !!!

Adama DENOU (2011)

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RESUME :
Dans le cadre de la collaboration entre l’Université de Lomé (Togo) et celle de Bamako
(Mali) pour la valorisation d’une nouvelle méthode d’enquête ethnobotanique «Achat en
Triplet de Recettes Médicinales (ATRM)» élaborée au Togo, le présent mémoire de DEA est
effectué sur les plantes utilisées en médecines traditionnelles togolaise et malienne contre
l’algie liée au paludisme. Des enquêtes ethnobotaniques et ethnopharmacologiques ont été
menées auprès de quatre vingt dix praticiens de la médecine traditionnelle (herboristes et
tradithérapeutes) composés de 60 femmes (66,67%) et 30 hommes (33,33%) de la Région
Maritime du Togo et du District de Bamako et environnants (Mali). La méthode « ATRM » a été
utilisée pour la collecte des données, couplée avec celle d’enquête par interview semi
structurée dans chacun des 2 pays. Ces investigations ont pour objectif de recenser toutes les
plantes utilisées en médecines traditionnelles au Togo et au Mali pour la prise en charge de la
douleur liée au paludisme en vue d’une part de sélectionner les plus fréquentes et celles qui
sont peu étudiées pour des tests pharmacologiques et phytochimiques, et d’autre part évaluer
aussi la menace de la biodiversité.
A l’issue de ces enquêtes, 126 espèces médicinales appartenant à 106 genres de 43
familles ont été recensées à partir de 304 recettes collectées. Les familles les plus représentées
sont les Fabaceae (15,08%) suivies des Rubiaceae (7,14%), des Lamiaceae (5,56%), des Poaceae
(5,56%), des Combretaceae (4,76%), des Euphorbiaceae (4,76%), des Anacardiaceae (3,97%), des
Meliaceae (3,97%) et des Rutaceae (3,97%).
Au Togo, les recettes de plantes recensées sont préparées essentiellement par décoction
(77,29%) suivie de la macération (18,84%) et de l’infusion (3,86%). Elles sont administrées à
88,41% par voie orale. Les parties les plus utilisées sont : la tige feuillée, l’écorce de tronc, la
racine, la plante entière et le fruit. Les espèces médicinales recensées poussent essentiellement
dans les savanes, forêts, champs de culture et jachères. Certaines sont aussi cultivées et des
rudérales. Les espèces plus fréquentes par ordre décroissant sont Cymbopogon citratus (DC)
Stapf (8,32%), Hibiscus surattensis Linn. (5,80%), Dichapetalum madagascariense (DC) Keay
(4,16%), Pavetta corymbosa (DC) F.N. Will. (4,05%), Sarcocephalus latifolius (Smith) Bruce (3,72%),
Senna rotondifolia Linn. (3,50%), Annona senegalensis Linn. (3,28%), Indigofera pulchra Willd
(3,28%) et Lannea kerstingii A.Rich. (3,28%). Les espèces peu étudiées sont Cleome viscosa Linn.,
Musa paradisiaka Linn. et Opilia celtidifolia (G. et Perr.).
Au Mali, les recettes médicinales collectées sont préparées par décoction (92,78%) suivie de
la macération (4,12%) et d’autres (3,10%). Elles sont administrées par voie orale (52,58%) et par
voie orale couplée à la voie corporelle (40,21%). Les parties les plus utilisées par ordre de
fréquence sont : la tige feuillée, l’écorce de tronc, la plante entière, la feuille et le fruit. Les
espèces médicinales recensées poussent essentiellement dans la savane, la jachère, à l’état
cultivé, les champs de culture, à l’état semi aquatique, rudéral et la forêt. Les plus fréquentes
des espèces par ordre décroissant sont Mitragyna inermis (Willd.) O. Kuntze (16,22%),
Anogeissus leiocarpus (DC.) Guill. & Perr (7,66%), Opilia celtidifolia (Guill. & Perr.) Endl. (5,85%),
Sarcocephalus latifolius (Smith) Bruce (4.95%), Trichilia emetica (Vahl) (4.95%), Afrormosia
laxiflora (Benth. ex Bak.) Harms (4,05%), Paullinia pinnata Linn. (3,6%), et Prosopis africana
(Guill. & Perr.) (3,6%). Sclerocarya birrea (A.Rich.) Hochst., Strychnos innocua Del. et Vitex
chrysocarpa Planch. ex Benth. sont les espèces peu étudiées.

Adama DENOU (2011)

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Au Togo comme au Mali, les plantes sont récoltées essentiellement suivant trois modes de
prélèvement : prélèvement de l’organe, arrachement de la plante à ras le sol et arrachement
total de la plante.
Dix (10) espèces dont quatre (4) du Togo (Sanseviera liberica Ger. and Labr., Spathodea
campanulata P.Beauv., Lannea kerstingii A.Rich. et Ampelocissus leonensis (Hooh) Planch. et six
(6) du Mali (Mitragyna inermis (Willd.) Kuntze, Afrormosia laxiflora (Benth. ex Bak.) Harms,
Parkia biglobosa (Jacq.) Benth, Tamarindus indica Linn., Pteleopsis suberosa Engl. & Diels,
Cassytha filiformis Linn., sont véritablement menacées dans leur biotope à cause de leur
surexploitation en médecine traditionnelle. Elles méritent d’être sauvegardées pour leur
conservation aux générations futures.
Cymbopogon citratus (DC) Stapf, Mitragyna inermis (Willd.) O. Kuntze, Cleome viscosa Linn. et
Sclerocarya birrea (A.Rich.) Hochst. sont les plantes retenues pour les tests pharmacologique
et phytochimique.
A l’évaluation de l’activité analgésique, tous les extraits aqueux des plantes testées sont actives
sur la douleur provoquée par l’acide acetique 0,6% chez les souris avec un effet dose
dépendante. Cymbopogon citratus (200mg/kg et la solution extemporanée) et Mitragyna
inermis (100mg/kg) ont donné les meilleures activités.
Les tests phytochimiques ayant révélé la présence de tanins, de flavonoïdes, de stérols et
terpènes, les activités analgésiques des extraits sur la douleur chez les souris seraient dues à
ces grands groupes chimiques. Les investigations seront poursuivies par des fractionnements
pour l’identification des molécules de chaque groupe, responsables de ces activités de même
que des tests toxicologiques pour aboutir à la production de médicaments traditionnels
améliorés, à partir des tests bioguidés.
Mots clés : Ethnobotanique et pharmacologie, plantes antipaludiques à propriétés analgésiques,
ATRM, Togo, Mali.

Adama DENOU (2011)

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Table des matières

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6

Pages

INTRODUCTION ............................................................................................................................................................ 12
A/ GENERALITES .......................................................................................................................................................... 16
1. LE PALUDISME ........................................................................................................................................................... .17
2. LA DOULEUR .............................................................................................................................................................. 28
3. MONOGRAPHIE DES PLANTES SELECTIONNEES………………...…………………………………………………34
B/ METHODOLOGIE………………………………………………………………………………………………………...39
1. CADRE DE L’ETUDE ................................................................................................................................................... 40
1.1. CARACTERISTIQUES GEOGRAPHIQUES……………………………………………………………………………40
1.2. MARCHES ET SITES DE CUEILLETTEDES PLANTES………………………………………………………………42
1.2.1 Marchés . ................................................................................................................................................................ 42
1.2.2. Sites de cueillette . .............................................................................................................................................. 42
2. MATERIEL ET METHODES……………………………………………………………………………………………….42
2.1. MATERIEL………………………………………………………………………………………………………………...42
2.1.1- Matériel d’enquêtes ethnobotaniques ............................................................................................................ 42
2.1.2- Matériel des tests biologiques et phytochimiques……………………………………………………………42
2.1.2.1- Matériel biologique………………………………………………………………………………………………..42
2.1.2.2- Matériel de laboratoire pour les tests…………………………………………………………………………43
2.2. METHODES . ............................................................................................................................................................ 43
2.2.1- Enquêtes ethnobotaniques………………………………………………………………………………………...43
2.2.1.1- Enquêtes par "ATRM" ..................................................................................................................... ………….43
2.2.1.1.1- Collecte sur les marchés. ........................................................................................................................... 44
2.2.1.1.1.1- Collecte sur les marchés de vente. ....................................................................................................... 44
2.2.1.1.1.2- Collecte dans les marchés de transit……………………………………………………………………..45
2.2.1.2- Enquêtes par interview semi structurée .................................................................................................... 45
2.2.1.3- Collecte sur les lieux de cueillette ............................................................................................................... 45
2.2.1.4- Traitement des données ................................................................................................................................ 46
2.2.1.4.1 Mesure de l’effort d’échantillonnage ........................................................................................................ 46
2.2.1.4.1- Identifications botanique et ethnobotanique des plantes : ................................................................ 46
2.2.1.5- Analyse des données ...................................................................................................................................... 46
2.2.1.5.1- Analyses statistiques .................................................................................................................................. 46
2.2.1.5.2- Sélection de plantes pour test pharmacologique ................................................................................. 47
2.2..2- Tests biologiques…………..………………………………………………………………………………………..49
2.2.2.1- Choix des plantes pour tests……………………………………………………………………………………49
2.2.2.2-Extractions………………...….……………………………………………………………………………………..49
2.2.2.3- Test de l'actvité analgésique…………………………………………………………………………………….50
2.2.3- Etude phytochimique: chrotomatogrphie sur couche mince……………………………………………….51
C/RESULTATS………………………………………………………………………………………………………………..53
Adama DENOU (2011)

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1. RESULTATS AU TOGO .............................................................................................................................................. 54
1.1- ENQUETE PAR LA METHODE ATRM .................................................................................................................. 54
1.1.1-Nombre de plantes recensées . ......................................................................................................................... 54
1.1.2 - Répartition des plantes par marché ............................................................................................................. 55
1.1.3- Collecte dans les marchés de transit….. ....................................................................................................... 57
1.2- ENQUETE PAR INTERVIEW SEMI STRUCTUREE (ISS) ..................................................................................... 57
1.3- PLANTES RECENSEES PAR LES DEUX METHODES ........................................................................................... 58
1.3.1- Les espèces recensées ...................................................................................................................................... 58
1.3.2- Ports et parties utilisées des plantes recensées………………………………………………………………59
1.3.3- Modes de préparation et voies d’administration ...................................................................................... 60
1.3.4- Visites des sites de cueillette .......................................................................................................................... 61
1.3.5- Classification des plantes recensées .............................................................................................................. 63
1.3.6- Sélection des plantes pour le test pharmacologique .................................................................................. 63
2. RESULTATS AU MALI ................................................................................................................................................ 66
2.1- ENQUETE PAR LA METHODE ATRM ................................................................................................................ 66
2.1.1- Nombre de plantes recensées . ........................................................................................................................ 66
2.1.2- Répartition des plantes par marché ............................................................................................................... 67
2.2- ENQUETE PAR INTERVIEW SEMI STRUCTUREE (ISS). .................................................................................... 68
2.2.1- Nombre de plantes recensées .......................................................................................................................... 68
2.3- PLANTES RECENSEES PAR LES DEUX METHODES .......................................................................................... 69
1.3.1- Les espèces recensées……………………………………………………………………………………………...69
2.3.2- Ports et parties utilisées des plantes recensées .......................................................................................... 69
2.3.3- Modes de préparation et voies d’administration ...................................................................................... 70
2.3.4- Visite des sites de cueillette……………………………………………………………………………………….71
2.3.5- Classification des plantes recensées…………………………………………………………………………….73
2.3.6- Sélection des plantes pour le test pharmacologique…………………………………………………………73
3. PLANTES RECENSEES DANS LES DEUX PAYS ...................................................................................................... .73
4. ACTIVITE BIOLOGIQUE ET ETUDES PHYTOCHIMIQUES ………………………………………………………...77
4.1- EXTRACTIONS ………………………………………………………………………………………………………….77
4.2- ACTIVITE ANALGESIQUE……………………………………………………………………………………………..77
4.3- ETUDES PHYTOCHIMIQUES : CHROMATOGRAPHIE SUR COUCHE MINCE (CCM)………………………...77
D/DISCUSSION…………………………………………………………….…………………………………………………82
CONCLUSION ET PERSPECTIVES……..…………………………………………………………………………………90
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………………………………………………...93
Annexes……………………………………………………………………………………………………………………...103

Adama DENOU (2011)

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LISTE DES FIGURES
Figure 1 : Répartition mondiale du paludisme……………………………………………………………20
Figure 2: Schéma du cycle évolutif du Plasmodium……………………………………………………...24
Figure 3: Structures de quelques antalgiques centraux…………………………………………………32
Figure 4: Structures de quelques antalgiques périphériques…………………………………………..33
Figure 5: Pieds du Mitragyna inermis (Willd.) O.Kuntze…………………..……………………………38
Figure 6: Rameaux feuillés et fructifères de Sclerocarya birrea………………………………………38
Figure 7: Un tronc de Sclerocarya birrea avec une partie d’écorces enlevée……………………….38
Figure 8: Cymbopogon citratus (DC) Stapf (Dénou, 2011)……………………………………………...38
Figure 9: Pied de Cleome viscosa Linn. (Dénou, 2011)…….…………………………………………….38
Figure 10: Région maritime du Togo…….………………………………………………………………….41
Figure 11: Schéma du critère de sélection de plantes à tester….…………………………………….48
Figure 12: Writhing test : étirement de la patte postérieure et torsion de la musculature
dorsoabdominale (Dénou, 2011)……………………….………………………………………50
Togo
Figure 13: Répartition des recettes suivant le nombre de plantes pour ATRM……………………56
Figure 14: Fréquence des familles…………………………………………………………………………...59
Figure 15 : Répartition de plantes suivant les parties utilisées…………...………………………….60
Figure 16: Comparaison des modes de préparation des recettes collectées par les deux
Méthodes…………………………………………………………………………………………….60
Figure 17: Un pied de Sanseviera liberica Ger and Labr arraché en vue de collecter ses
rhizomes (Dénou, 2010)………………………………………………………………………….62
Figure 18: Un tronc de Spathodea campanulata P. Beauv menacé mais continu à subir
toujours des récoltes (Dénou, 2010)…………………………………………………………...62
Figure 19: Un pied de Lannea kerstingii A.Rich. dans un champ de culture à Gati menacé
par les pratiques de cueillette ; la plante continue à être sollicitée (Dénou, 2010)…62
Figure 20: Courbe rang-fréquence…………………………………………………………………………...64
Mali
Figure 21: Répartition des recettes selon le nombre de plantes ……. ……………………………...67
Figure 22: Fréquence des familles............................................................................................................69
Figure 23: Fréquence des parties utilisées………………………………………………………………....70
Figure 24: Comparaison de fréquence des modes de préparation des recettes collectées
par les deux méthodes…………………………………………………………………………...70
Figure 25: Menace d’un tronc de Parkia biglobosa liée aux pratiques traditionnelles
à Falayan (Dénou, 2011)………………………………………………………………………….72
Figure 26: Destruction d’un pied de Pteleopsis suberosa en prélevant l’écorce de tronc
de la plante à Falayan (Dénou, 2011)………………………………………………………….72
Figure 27: Un pied de Tamarindus indica menacé dans un champ de culture
à Safo (Dénou, 2011)……………………………………………………………………………...72
Figure 28: Courbe rang-fréquence…………………………………………………………………………...74
Figure 29: Répartition de la totalité des plantes recensées suivant les familles…………………..76
Figure 30: Chromatogrammes des extraits aqueux révélés par le FeCl3
(dans le système solvant: B.A.W : 65 : 15 :25)……………………………………………….80
Figure 31: Chromatogrammes des extraits aqueux révélés par le AlCl3
(dans le système solvant: B.A.W : 65 : 15 :25)……………………………………………….80
Figure 32: Chromatogrammes des extraits aqueux révélés par le Mélange Anisaldehyde
(dans le système solvant : B.A.W : 65 : 15 :25)………………………………………………81
Adama DENOU (2011)

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9

LISTE DES TABLEAUX
Tableau I : Signes cliniques concernant les accès de fièvre……………………………………………27
Tableau II: MITRAGYNA INERMIS (WILLD.) O. KUNTZE…………………………………………………34
Tableau III: SCLEROCARYA BIRREA (A. RICH.) HOCHST……………………………………………….35
Tableau IV: CYMBOPOGON CITRATUS (DC) STAPF……………………………………………………..36
Tableau V: CLEOME VISCOSA LINN…………………………………………………………………………37
Togo
Tableau VI : Liste alphabétique des plantes recensées au Togo par ATRM………………………54
Tableau VII : Nombre de plantes collectées par ATRM dans chaque marché……………………...56
Tableau VIII: Liste des plantes recensées par interview semi-structurée…………..……………….57
Tableau IX..: Répartition des plantes recensées suivant le port……………………………………....59
Tableau X: Répartition des recettes du Togo selon la voie d'administration………………………61
Tableau XI: Répartition des plantes suivant le biotope……………………………………..…………..61
Tableau XII : Répartition des plantes suivant le mode de prélèvement……………………………..62
Tableau XIII (Deuxième liste) : Espèces recensées en plantes uniques (PU) citée chacune
comme capable de soigner seule l’algie paludique………………..……………………65
Mali
Tableau XIV: Liste des plantes recensées à Bamako par ATRM………………………..……………...66
Tableau XV: Nombre de plantes collectées par ATRM dans chaque marché ………………….......67
Tableau XVI: Liste des plantes recensées à Bamako par interview semi structurée…….……….68
Tableau XVII: Répartition des plantes médicinales suivant le port…………………………………..69
Tableau XVIII : Répartition des recettes du Mali suivant la voie d’administration……………….70
Tableau XIX: Répartition des plantes suivant le biotope…………………………………………….....70
Tableau XX: Répartition des plantes selon le mode de prélèvement…………………………..........72
Tableau XXI (Deuxième liste) : Espèces recensées en plantes uniques (PU) citées chacune
comme capable de soigner seule l’algie paludique……………………………………..75
Togo-Mali
Tableau XXII: Couleurs, Aspects et Rendements des extraits des quatre plantes……………......77
Tableau XXIII: Activité analgésique des extraits de : Mitragyna inermis (Tige feuillée),
Sclerocarya bierra (Ecorce de tronc), Cymbopogon citratus (Feuille) et
Cleome viscosa (Plante entière)……………………………………………………………….78
Tableau XXIV: Résultats de la CCM de l’extrait aqueux lyophilisé des écorces de tronc
Sclerocarya birrea, des tiges feuillées de Mitragyna inermis, des feuilles de
Cymbopogon citratus et de la plante entière de Cleome viscosa dans le système
Butanol-Acide acétique-Eau (BAW) (60 :15 :25)…………………………………………….79
Tableau XXV: Récapitulatif du screening phytochimique des différents extraits………………...81
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LISTE DES ABREVIATIONS ET SYMBOLES
% : pourcentage
AINS : Anti-inflammatoires non stéroïdiens
AlCl3 : trichlorure d’aluminium
ATRM : Achat en triplet de recettes médicinales
AUF : Agence Universitaire de la Francophonie
B.A.W: Butanol-Acetic acid-Water
CCM : Chromatographie sur Couche Mince
CI50 : Concentration Inhibitrice 50 pour 100
Cm : centimètre
CNF : Campus Numérique Francophone
CTA : Combinaisons thérapeutiques à base d’artemisinine
DCI : Denomination Commune Internationale
DDT : DichloroDiphenylTrichloroethane
DMT : Département de Médecine Traditionnelle
ESTBA : Ecole Supérieure de Technologies Biologique et Alimentaire
FDS

: Faculté des Sciences

FeCl3: trichlorure ferrique
FM : Frottis Mince
FMPOS : Faculté de Médecine de Pharmacie et d’Odonto-Stomatologie
g : gramme
ha : hectare
IgM : Immunoglobuline M
IMAO : Inhibiteur de la monoamine-Oxydase
INRSP : Institut National de Recherche en Santé Publique
ISS : Interview Semi Structurée
Kg : kilogramme
Km : kilomètre
Km2 : kilomètre carré
µl : microlilitre
ml : millilitre
MII : Moustiquaire Imprgnée d’Insecticide
OMS : Organisation Mondiale de la Santé
ONG: Organisation Non Gouvernementale
PCR : Polymerase Chain Reaction
PLM : Petit Larousse de la Médecine
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P.N.L.P : Programme National de Lutte contre le Paludisme
R : Recette
RBM: Roll Back Malaria
TPI : Traitement Préventif Intermittent
UB : Université de Bamako
UCAO/UUT : Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest / Unité Universitaire du Togo
UL : Université de Lomé
UMVF : Université Médicale Virtuelle Francophone
VIH/SIDA: Virus de l’Immunodéficience Humaine/Syndrome de l’Immunodéficience Acquise

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INTRODUCTION
Le paludisme est l’infection parasitaire la plus répandue dans le monde, notamment dans
les pays d’Afrique tropicale au sud du Sahara où il représente la première cause de morbidité
et de mortalité. Dans cette zone de l’Afrique où sont enregistrés 90% des cas de paludisme
signalés dans le monde, un enfant en meurt toutes les 30 secondes (OMS, 2008).
En Afrique, le paludisme tue chaque jour plus de trois milles enfants de moins de cinq ans
et demeure l’une des plus graves menaces pour la santé des femmes enceintes et des nouveaunés. Dans certaines régions de l’Afrique, les familles dépensent pas moins de 25 % de leur
revenu pour le traitement du paludisme (OMS, 2003).
Au Mali, le paludisme est le motif de consultations le plus fréquent dans les centres de
santé avec 1,6 millions de cas cliniques signalés en 2009 (PNLP, Mali. 2010), et occupe la
deuxième cause de maladie fébrile en milieu hospitalier et la première cause de convulsion
fébrile (49,07 %) en milieu pédiatrique (1 mois – 14 ans) (Diawara et al., 1991).
Dans 34,4 % des cas la maladie affecte les enfants de moins de 5 ans. La mortalité due à
cette affection est parmi les causes de décès les plus élevées chez les enfants de moins de 5
ans : 45,7 % (Sacko et al., 2003).
Au Togo, en 2004, le paludisme représentait en moyenne 40 % des consultations externes et
26 % des hospitalisations dans les formations sanitaires publiques. Le taux de mortalité
hospitalière relatif au paludisme était de 21% en 2004, et occupe le prémier rang des
pathologies avec une létalité moyenne de 5,5%. (PNLP, Togo. 2006).
Face à l’apparition du phénomène de résistance du parasite aux antipaludiques classiques,
à l’image de la quinine et l’artémisinine issues de plantes médicinales utilisées en médecine
traditionnelle, il est nécessaire de chercher d’autres molécules plus efficaces dans le traitement
du paludisme. Des études ont montré que plus de 1200 plantes appartenant à 160 familles
sont utilisées dans le traitement du paludisme (Willcox et Bodeker, 2004). L’enquête
ethnobotanique est un important pas dans l’identification, la sélection et le développement des
molécules thérapeutiques issues des plantes médicinales (Idowu et al., 2010).

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Au Mali, le Département de Médecine Traditionnelle (DMT) de l'Institut National de
Recherche en Santé Publique (INRSP) mène des recherches de valorisation de la pharmacopée
africaine pour la prise en charge des maladies prioritaires comme le paludisme, le VIH/SIDA, la
drépanocytose, le diabète et l’hypertension artérielle (HTA) et les infections respiratoires. Les
premières recherches du DMT pour la prise en charge du paludisme ont abouti à la mise sur le
marché du Malarial 5®, un mélange de trois plantes Cassia occidentalis L. (Caesalpinaceae);
Lippia chevalieri Moldenke (Verbenaceae) et Spilantes oleracea Jacq (Asteraceae). Les études
expérimentales ont permis de démontrer les effets bénéfiques in vitro et in vivo dans la prise
en charge des signes cliniques associés à la présence du Plasmodium (Gasquet et al., 1993,
Diallo et al., 2004).
La recherche de plantes antipaludiques plus efficaces sur le Plasmodium a permis de recenser
et d’évaluer d’autres plantes médicinales dans le cadre de différentes thèses d’exercice en
pharmacie et de doctorat de recherche (Bah et al., 2007).
Dans le processus de recherche d’un nouveau phytomédicament antipaludique, des enquêtes
auprès des ménages et des tradipraticiens de santé, ont abouti à Argemone mexicana L.,
(Papaveraceae), comme plante efficace pour le traitement du paludisme (Diallo et al., 2005 ;
Graz et al., 2005). Des études de toxicité ont démontré une sécurité d’emploi du décocté des
feuilles de Argemone mexicana (Sanogo et al., 2009). Des essais cliniques ont permis de
confirmer l’efficacité du décocté des feuilles de Argemone mexicana dans la prise en charge du
paludisme simple (Willcox et al., 2007, Graz et al., 2010). Pour une meilleure utilisation de
Argemone mexicana, un nouveau phytomédicament dénommé "Sumafura, TIEMOKO BENGALY"
a été mis au point sous forme de tisane et de sirop. Malgré l’existence de ces médicaments
traditionnels améliorés le DMT continue les recherches sur les plantes antipaludiques.
Les travaux ethnobotaniques sur les plantes antipaludiques du Togo remontent en 1986
par Adjanohoun et al., depuis lors à notre connaissance, seuls les travaux de Gbeassor et al.,
(1988, 1989, 1890), de Koumaglo et al., (1992, 2004) et de Koudouvo et al. (2006, 2009), ont
abordé de façon scientifique le sujet. Les derniers auteurs ont utilisé une nouvelle méthode
d’enquête ethnobotanique dénommée ATRM (Achat en Triplet de Recettes Médicinales) pour le
recensement des plantes antipaludiques (Koudouvo, 2009; Koudouvo et al., 2010, 2011a). Des
extraits de trois plantes sélectionnées à base de la méthode ATRM ont réduit significativement
le développement de P. falciparum in vitro (Koudouvo et al., 2011b).

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Au Togo, comme au Mali, aucun des travaux menés dans le domaine de la recherche
antipaludique, n’a porté sur les antipaludiques aux propriétés antalgiques (analgésiques). C’est
dans ce contexte que les présents travaux ont été menés dans le cadre de la valorisation sous
régionale de la méthode ATRM entre le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Togo, en vue de
recenser sur les marchés de Lomé et de Bamako, les plantes vendues pour soigner l’algie liée
au paludisme.
La vérification sur des modèles de laboratoire, des propriétés antalgiques (analgésiques)
d’extraits de quelques unes des plantes sélectionnées à base de l’ATRM, contribuera à la
validation de leur utilisation en pharmacopée et médecine traditionnelles malienne et
togolaise.
MOTIVATIONS :
Valoriser la méthode d’enquête : Achat en Triplet de Recettes Médicinales (ATRM).
Contribuer à la recherche pour la lutte antipaludique au Togo et au Mali.
OBJECTIFS
OBJECTIF GENERAL :
Contribuer à la valorisation de l’implication des médecines traditionnelles du Mali et du Togo
dans la lutte efficace et durable contre le paludisme, à partir d’enquête ethnobotanique et de la
vérification des propriétés avérées de plantes sélectionnées sur des modèles de laboratoire.
OBJECTIFS SPECIFIQUES :
-Inventorier en utilisant la méthode ‘’ATRM’’, les plantes médicinales vendues sur les marchés
et/ou utilisées par les thérapeutes traditionnels de Lomé (Togo) et de Bamako (Mali) contre la
douleur liée au paludisme;
-Identifier des caractéristiques botaniques et ethnobotaniques des plantes recensées en vue
d’en sélectionner pour vérifier au laboratoire, les propriétés antalgiques avérées;
-Visiter sur le terrain, les récolteurs villageois des plantes médicinales identifiées, pour des
études phytoécologiques (milieu de vie et des modes de prélèvement) afin d'évaluer les
menaces de la biodiversité.
-Sélectionner certaines plantes identifiées et vérifier au laboratoire, leurs activités
analgésiques.

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A- GENERALITES
1. PALUDISME
1.1- DEFINITION
Le paludisme est une érythrocytopathie fébrile et hémolysante due à la présence et à la
reproduction dans l’organisme humain d’un agent pathogène, hématozoaire, du genre
Plasmodium (P.), inoculé à l’homme par la piqûre d’un vecteur, un moustique du genre
Anopheles (Saye, 2006). C’est donc une maladie parasitaire due à l’infestation d’un sujet sain
par des hématozoaires (organismes unicellulaires, type particulier de protozoaire) du
Plasmodium (PLM, 1999). Quatre espèces sont responsables de la maladie chez l’homme; P.
falciparum est la plus fréquente et la plus redoutable. Les 3 autres espèces sont P. ovale, P.
vivax et P. malariae. Récemment, P. knowlesi, espèce proche de P. malariae et connue
antérieurement chez le singe, a été rapportée chez l'homme en Asie du Sud-Est (Siala et al.,
2010).

1.2- HISTORIQUE
L’histoire du paludisme commence certainement bien avant mais les premières descriptions
de la maladie datent du Vème siècle avant Jésus Christ, avec Hippocrate. Il est le premier dont
les textes mentionnent le paludisme, sa clinique et ses complications. Cinq cent ans plus tard,
c’est Celsus qui établit les premières différences entre les symptômes cliniques du paludisme à
P. vivax, P. malariae et P. falciparum (Guerrant et al., 1999).
Il faut ensuite attendre 1630 et la découverte des racines de quinquina, importées du Pérou
en Europe par Don Francisco Lopez, pour voir apparaître les premiers vrais traitements de la
maladie. A cette époque Morton et Sydenham en Angleterre (où la maladie est nommée «
Agues ») et Torti en Italie, sont les premiers à distinguer les fièvres répondant à ces racines,
provoquées par le paludisme, et celles n’y répondant pas (Guerrant et al., 1999)..
Puis au XVIIIe siècle, la maladie prend le nom de malaria (« mauvais air »), car les
scientifiques comprennent qu’elle se transmet dans les régions humides.
En 1820, Pelletier et Caventou, en France, découvrent dans les racines de quinquina, la
quinine, l’élément actif de traitement du paludisme. C’est au début de la chimiothérapie, la
quinine est obtenue et produite aujourd’hui par hémi-synthèse chimique.
En 1880, Alphonse Laveran, un médecin militaire français en Algérie, décrit pour la première
fois le parasite à partir du sang d’un patient (Nosny 1980 ; Briquet, 2006).
En 1897, la découverte du rôle de l’Anophèle dans la transmission de la maladie est due à
Ronald Ross, un médecin militaire Anglais en Inde.

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En 1898, ce sont trois Italiens, Amico Bignami, Giusseppe Bastianelli et Battista Grassi, qui
décrivent pour la première fois, le cycle complet de Plasmodium. La découverte du cycle de vie
du parasite permet dès lors de diminuer les populations de moustiques responsables de
l’épidémie et donc de diminuer les transmissions. Lors de la seconde guerre mondiale, le
paludisme est responsable des millions de pertes en vies humaines. Les efforts pour lutter
contre le vecteur du paludisme et son agent pathogène pour mieux maîtriser la maladie, ont
conduit en 1939 à la découverte du DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane), un

insecticide

efficace par un suisse du nom de Mueller et en 1940 à la découverte de la chloroquine (4aminoquinoléine) en Angleterre. Le XXe siècle a été marqué par la survenue de la double
résistance aux antipaludiques et anti moustiques usuels.
L'utilisation excessive et le non respect des doses de Chloroquine dus souvent à sa quantité
insuffisante dans les zones endémiques du paludisme, sont à l'origine de l'apparition, dans les
années 1960, de souches de P. falciparum chloroquinorésistantes. La Quinine constitue dès
lors le seul médicament susceptible de traiter ces formes de paludisme résistantes à la
Chloroquine. La résistance de plus en plus croissante de P. falciparum à la Chloroquine et à ses
dérivés (Rasoanaivo et al., 1992; Wongsrichanalai, et al., 1992; Rosanaïvo et al., 1994), amène à
penser à une plante utilisée en Chine depuis plus de deux mille années contre le paludisme :
Artemisia annua Linné. Le qinghaosu (substance de Qing Hao), isolé de cette plante en 1972,
sera nommé plus tard artémisinine (Wright, 2005). C'est une sesquiterpène-lactone très
efficace contre les formes mortelles de paludisme à P. falciparum et contre les souches
résistantes à la Chloroquine (Pe Than et Tin, 1986). De 1955 jusqu'aux années 1970, l’U.S.
Agency for International Aid (USAID) a versé environ un milliard de dollars à l'OMS et à
différents programmes nationaux d'éradication du paludisme. En 1967, impossible d'éradiquer
le paludisme dans le monde pour différentes raisons, l'OMS a mis davantage de moyens afin de
limiter l'ampleur de la maladie. En 1972, devant cet échec, l'OMS a mis fin au programme
mondial d'éradication du paludisme.
Les premières tentatives de développement d’un vaccin antipaludique datent de 1970. Le
vaccin SPf 66 a été le premier à être testé sur le terrain en 1988 (Millet et al. 1993). Il a produit
une faible réduction des cas cliniques en Amérique latine mais n’a fait preuve d’aucune
efficacité en Afrique. Depuis, les essais vaccinaux se sont multipliés. C’est le cas du ''Malarial
5'' au Mali en cours d'essai clinique (Diallo et al., 2005). Ce vaccin est en train de faire face à la
complexité du cycle de développement du parasite chez ses deux hôtes successifs (l’homme et
le moustique), ainsi qu’à un mécanisme d’échappement au système immunitaire extrêmement
compliqué (Briquet, 2006).

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En 2001, l’OMS proclame la période 2001-2010, la décennie des Nations Unies pour faire
reculer le paludisme (FRP) dans les pays en voie de développement, particulièrement en
Afrique (Decade to Roll Back Malaria). Le programme Roll Back Malaria (RMB) constitue la seule
tentative coordonnée contre la maladie (OMS, 2000). De nos jours, l'OMS émet des espoirs et
estime que la mise au point d'un vaccin contre le paludisme est attendue vers le début de
l’année 2012 mais le produit ne peut être applicable qu'aux enfants de moins de 5 ans (OMS,
2008).

1.3- EPIDEMIOLOGIE DU PALUDISME
- En 2009 le paludisme était et demeure la première endémie parasitaire mondiale. On estime
que près de la moitié de la population mondiale vit en zone d’endémicité palustre (UMVF,
2008-2009).
- Le nombre d’accès palustres survenant chaque année à travers le monde est estimé de 300 à
500 millions, entraînant la mort de 1 à 3 millions de personnes, parmi lesquelles une majorité
est réprésentée par les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes vivant pour la plus
part en Afrique sub-saharienne (UMVF, 2008-2009).
- Le paludisme représente une charge financière énorme pour les populations et par
conséquent la maladie constitue un obstacle au développement des pays concernés,
notamment en Afrique (UMVF, 2008-2009).
Pour toutes ces raisons, la lutte contre le paludisme constitue, avec la lutte contre le SIDA et la
tuberculose, un des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)

définis par les

Nations-Unies, et le « Fond Mondial » est destiné à approvisionner les pays demandeurs en
médicaments (UMVF, 2008-2009).

1.4- REPARTITION GEOGRAPHIQUE
La maladie, est présente dans plus de 100 pays constitués essentiellement des pays en
développement d’Afrique, d’Asie et d’Amerique latine, zones où elle touche environ 2,4
milliards de personnes soit 40% de la population mondiale, l’Afrique étant le continent le plus
touché par le paludisme (OMS, 2003):
-les zones endémiques de la maladie sont inégalement réparties sur le continent ; alors que le
danger du paludisme est quasi nul en Afrique du nord, il est majeur en Afrique de l’est et en
Afrique au sud du Sahara;
- sur une grande partie du sous-continent Indien, ainsi qu’en Asie du Sud et en Océanie, où les
pays les plus touchés sont: l’Inde, l’Afghanistan, le Sri Lanka, la Thaïlande, l’Indonésie, le
Viêtnam et le Cambodge;
- également dans les états d’Amérique Centrale, à Haïti, en République Dominicaine, dans le
bassin Amazonien Brésilien ainsi que dans les pays voisins. C’est le Brésil qui recense le plus
de cas pour cette région.
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Cette répartition n’a quasiment pas évolué depuis les dernières décennies. Mais si la
distribution du parasite est homogène, sa transmission est bien plus intense en Afrique, ce
continent qui regroupe à lui seul 70% des nouvelles infections (figure 1) (Regime Saléry, 2007).

Figure 1 : Répartition mondiale du paludisme
Source : http://www.inrp.fr/Acces/biotic/evolut/mecanismes/G6PD/html/carte-paludismemondiale.htm/27.08.2011

Il faut également remarquer que la répartition mondiale est différente en fonction de
l’espèce plasmodiale en cause. En particulier, Plasmodium falciparum, le plus dangereux, est le
plus largement répandu puisqu’il se retrouve dans la plupart des régions précitées où il est
responsable de la majorité des infections. A lui seul, cette espèce provoque 120 millions de
nouveaux cas et 1 million de décès par an. Les quatre autres espèces de Plasmodium humains
ont, quant à elles, une répartition plus restreinte. (Regime Saléry, 2007)

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1.5- BIOLOGIE DU PLASMODIUM
1.5.1- Agent Pathogène
1.5.1.1- Classification
Règne :

Protozoaire (Protiste)

Embranchement :

Apicomplexa

Classe :

Sporozoaire (Haemosporidea)

Sous-classe :

Coccidiasina

Ordre :

Eucoccidies (Haemosporida)

Sous-ordre :

Haemosporina

Famille :

Plasmodidae

Genre :

Plasmodium

Espèces :

falciparum ; malariae ; ovale ; vivax ; knowlesi.

Le paludisme est transmis par un protozoaire appartenant au genre Plasmodium. Il existe de
très nombreuses espèces de Plasmodium (plus de 140), touchant diverses espèces animales
mais seulement cinq de ces espèces sont retrouvées en pathologie humaine. Il s’agit de
Plasmodium falciparum, Plasmodium vivax, Plasmodium ovale, Plasmodium malariae et
Plasmodium knowlesi. Les cinq espèces diffèrent par des critères biologiques, cliniques, par
leur répartition géographique et par leur capacité à développer des résistances aux
antipaludiques. D’emblée il faut différencier P. falciparum des 4 autres espèces. En effet P.
falciparum est celui qui est le plus largement répandu à travers le monde, qui développe des
résistances aux antipaludiques et qui est responsable des formes cliniques potentiellement
mortelles. Ces Plasmodium sont des parasites des hématies, qualifiés d’hématozoaires dont
l’espèce P. falciparum qui présente plusieurs étapes de développement.

1.5.1.2- Répartition géographique des espèces
Sur les cinq continents du monde la répartition des 5 espèces de plasmodies humaines est très
diversifiée :
-Plasmodium falciparum est prépondérant en régions tropicales (Amérique du sud, Afrique,
Asie du sud-est) et provoque les formes les plus graves du paludisme. Il a la capacité d’infecter
toutes les hématies quelque soit leur âge.
-Plasmodium malariae est une espèce rare pouvant se développer sous les tropiques comme en
zone tempérée. Il est responsable de fièvre quarte.
-Plasmodium vivax, espèce la moins exigeante en température, il sévit en zone tropicale et
subtropicale et provoque les formes bénignes du paludisme. Le parasitisme de P. vivax est
moins intense que celui de P. falciparum. (Marc, 1993 ; Taylor, 1998).
-Plasmodium ovale est l’espèce la plus rare. On le trouve en Afrique tropicale et en Asie du
sud-est où Il provoque des formes bénignes du paludisme.
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-Plasmodium knowlesi
La morphologie des parasites varie selon les stades d’évolution et selon l’espèce.

1.5.1.3- Transmission de l’agent pathogène
Elle se fait généralement par 3 moyens :
-par piqûre infestante du moustique,
-de la mère à l’enfant lors de la grossesse par voie placentaire (paludisme congénital),
-lors des greffes d’organes ou par transfusion sanguine.

1.5.2- Agent Vecteur
1.5.2.1- Définition
Il s’agit de l’agent qui transmet la maladie. Un insecte du genre Anopheles est l’agent vecteur
du paludisme. On peut l’appeler l’hôte intermediaire car assure la maturation des gamétocytes
et même la formation de l’œuf.

1.5.2.2- Classification
-Phylum : Arthropodes
-Classe : Insectes
-Ordre : Diptères
-Famille : Culicidés
-Genre : Anophèles
-Espèces : gambiae ; funestus
Le nom latin binomial est Anopheles gambiae et Anopheles funestus. Les femelles sont
hématophages et ont besoin du sang pour assurer la maturité de leurs œufs. Les mâles se
nourrissent d’aliments sucrés comme le nectar des fleurs et assurent la pérennité de l’espèce.
Les espèces les plus dangereuses sont celles qui sont « andophiles » et « anthropophiles »

1.5.3- Le Cycle biologique (Danis, 2007)
Le cycle du paludisme passe obligatoirement par 2 hôtes : l’Homme et l’Anopèle

1.5.3.1- Chez l’Homme
L’Homme est qualifié d’hôte définitif parce que c’est en son sein que sont obtenus des gamètes
immatures appélés gamétocytes. Le cycle chez l’Homme est appelé schizogonie et se déroule
en 2 phases essentielles : une phase hépatique ou pré-erythrocytaire et une phase
erythrocytaire.

1.5.3.1.1 Phase pré-érythrocytaire ou hépatique

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Cette phase est appélée aussi cycle exoerythrocytaire. Les plasmodies pénètrent dans
l’organisme humain sous la forme de sporozoïtes. Se trouvant précédemment dans les glandes
salivaires de l’anophèle, ils sont injectés dans l’organisme humain lors d’un repas sanguin du
moustique. Ces sporozoïtes sont transportés par la circulation sanguine jusqu’au foie au bout
d’une heure en moyenne d’où ils pénètrent dans les hépatocytes et se transforment en
trophozoïtes hepatiques. Ces derniers augmentent de taille et deviennent des schizontes
hépatocytaires après plusieurs divisions nucléaires. Les noyaux s’entourent de membranes et
se transforment en mérozoïtes qui sont libérés après éclatement des hépatocytes.
N.B : chez Plasmodium vivax et ovale, certains sporozoïtes se métamorphosent en hypnozoïtes
(sporozoïtes dormants) qui reprendront leur multiplication plusieurs mois plus tard.

1.5.3.1.2 Phase érythrocytaire
Les mérozoïtes envahissent les globules rouges ou hématies. Ils y changent de forme pour
devenir des trophozoïtes qui se développent, grossissent et leurs noyaux se divisent. Il en
résulte des schizontes dont la multiplication entraîne l’éclatement des hématies.
Cet éclatement libère en plus des mérozoïtes érythrocytaires un pigment palustre
« l’hémozoïne » qui est à l’origine de la fébrilité et des accès palustres. Les mérozoïtes libérés
infectent de nouvelles hématies et le cycle érythrocytaire recommence. Après plusieurs cycles
érythrocytaires sous l’effet de la densité parasitaire ou de la présence d’antipaludéens, les
mérozoïtes se transforment en gamétocytes mâles et femelles, formes infestantes pour le
moustique.

1.5.3.2- Chez l’Anophèle
Le moustique est l’hôte intermédiaire car c’est lui qui assure la maturation des
gamétocytes.Cette maturation est appélée la sporogonie.
Lors du repas sanguin par piqûre le moustique absorbe des gametocytes chez un malade ou
chez un porteur sain. Dans le tube digestif de l’animal, ils deviendront des gametocytes mâles
et femelles. La fusion entre gametocyte femelle et mâle (introduit par accouplement) donnera
l’œuf ou l’ookinète ou encore le zygote. Celui-ci traversera la paroi stomacale et s’enkystera
pour donner « l’oocyste». L’éclatement de l’oocyste entrainera la libération des sporozoïtes qui
vont migrer vers les glandes salivaires du moustique, d’où ils pourront contaminer un nouvel
individu lors d’un prochain repas sanguin et le cycle recommence.

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Figure 2: Schéma du cycle évolutif du Plasmodium.
Source : (http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/1286233)

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1.6- CLINIQUE DU PALUDISME A PLASMODIUM FALCIPARUM
1.6.1- Pathologie
La présence du Plasmodium dans l’organisme affecte plusieurs organes et entraine des
modifications anatomiques et physiologiques.

1.6.1.1- Anatomopathologie
Les organes concernés au cours d’un paludisme à Plasmodium falciparum sont entre autres : le
foie, la rate, les reins, le cerveau, l’appareil digestif (Danis et Mouchet, 1991).

1.6.1.1.1 Le foie
La multiplication des parasites du Plasmodium falciparum dans le foie entraine :
-une hypertrophie des hépatocytes pouvant aboutir à un excès de triglycérides dans les
cellules ;
-une lyse massive des cellules hépatiques ;
-la dilatation des voies biliaires ;
-une congestion vasculaire.

1.6.1.1.2 La rate
On observe une augmentation anormale de la rate pouvant dépasser le double de la taille. On
parle de splénomégalie.

1.6.1.1.3 Reins et glandes surrénales
L’atteinte de ces organes entraine une altération de leur fonctionnement. Il peut avoir nécrose
des tubes collecteurs pouvant aboutir à des néphrites aigues. Il y a aussi une hémorragie
interne, des thromboses, l’œdème et même nécrose quant à ce qui concerne les glandes
surrénales.

1.6.1.1.4 Le cerveau
Aucun tissu cérébral n’est épargné au cours de la maladie. Leur atteinte se manifeste par : des
congestions, des œdèmes, des micro-thromboses et des nécroses cérébrales. On parle de
neuropaludisme.

1.6.1.1.5 Appareil digestif
Parmi les atteintes digestives on peut noter des œdèmes, l’hémorragie, la congestion de
l’estomac, de l’intestin grêle et du gros intestin.

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1.6.1.2- Physiopathologie
Les manifestations cliniques du paludisme sont liées au déroulement du cycle d’évolution du
parasite. La physiopathologie est caractérisée par l’état fébrile (signe prépondérant) et
l’atteinte du système immunitaire (altération des macrophages). Il existe 5 manifestations
symptomatiques du paludisme.

1.6.1.2.1 Paludisme de primo invasion
Il concerne les sujets neufs et enfants de moins de 5 ans. Les sujets ont une fièvre de 39° à
40°C et présentent des symptômes généraux comme les courbatures, les céphalées, les
douleurs abdominales ; les nausées, les vomissements, les diarrhées et les myalgies.

1.6.1.2.2 Paludisme simple
Il a une périodicité de 36h à 48h et est accompagné de :
-frissons de durée d’une heure environ avec sensation de froid intense et un pouls rapide.
-chaleur pouvant durer 2 à 6h de temps avec la température atteignant 40° C. La peau est
brûlante et le sujet a les sensations de soif, de nausées et de fréquents vomissements.
-sueurs dont les apparitions peuvent durer 1 à 2h. Elles mouillent les draps, diminuent la
température et entraine la sensation de bien être.
Lors du paludisme simple l’hémozoïne libérée se comporte comme une substance pyrogène et
provoque une augmentation de la température par action sur les centres thermorégulateurs
situés au niveau du bulbe rachidien.

1.6.1.2.3 Formes graves et compliquées
Il s’agit du neuropaludisme ou coma irréductible sans autre étiologie. Il est provoqué par P.
falciparum qui est la seule parmi les 5 espèces, responsable de cette complication. Les signes
du paludisme simple sont accompagnés de :
-anorexie cérébrale, convulsions répétées, ischémie entrainant un coma mortel si aucun
traitement n’est entrepris;
-faiblesse musculaire, hypoglycémie, détresse respiratoire aigue;
-hémoglobinurie massive, acidose sanguine.
Le paludisme grave se manifeste aussi par une splénomégalie, une augmentation du taux
d’IgM, une anémie grave conséquence d’une importante hémolyse et des atteintes rénales qui
peuvent être:

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-aigues arrivant rarement avec P. vivax. On note une perturbation de l’épuration glomérulaire
par accumulation des IgM sur la membrane basale des glomérules, disparaissant après
traitement ;
-des lésions chroniques, progressives, irréversibles et spécifiques avec P. malariae.

1.6.1.2.4 Fièvre bilieuse hémoglobinurique
Il s’agit d’une allergie de certains patients aux sels de quinine ou d’halofantrine. Ce sont des
patients déficients en G6PD (glucose-6-phosphate déshydrogénase)
Les signes accompagnant cette maladie sont la fièvre élevée, l’état de choc, l’anémie et l’ictère.

1.6.1.2.5 Paludisme viscéral évolutif ou chronique
Il survient chez les sujets résidant en zone d’endémie soumis à l’automédication et se
caractérise par une splénomégalie suivie d’une anémie. Les sujets dans ce cas présentent des
dyspnées, des œdèmes et d’asthénie.
Notons que le paludisme en période de grossesse augmente chez la femme le risque d’anémie,
des avortements précoces, de la diminution de poids chez les nouveaux nés et des morts nés.
Les nouveaux nés sont vulnérables face à la malaria à partir de trois mois environ car
l’immunité acquise chez la maman commence par diminuer.

1.6.1.2.6 Signes cliniques du paludisme
Les manifestations cliniques qui accompagnent le paludisme chez l’homme varient selon
l’espèce de plasmodies humaines. Il en est de même pour les périodes d’incubation et les
intermittences de fièvre (Tableau I).
Tableau I : Signes cliniques concernant les accès de fièvre
Espèce

Période d’incubation

Types de fièvre

Intervalle entre les fièvres

Plasmodium falciparum

7-30 jours*

Fièvre tierce maligne

±48h

Plasmodium malariae

16-50 jours

Fièvre quarte bénigne

72h

Plasmodium ovale

12-18 jours*

Fièvre tierce bénigne

48h

Plasmodium vivax

12-18 jours*

Fièvre tierce bénigne

48h

Plasmodium knowlesi

Pas d’informations

Pas d’informations

Pas d’informations

*(+ 10% en cas d’insuffisance de prophylaxie anti-malarique)

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2. LA DOULEUR
2.1- PHYSIOPATHOLOGIE DE LA DOULEUR
2.1.1- Définition
Elle est définie comme une sensation anormale et pénible reçue par une partie vivante et
perçue par le cerveau. C’est un phénomène perceptif pluridimensionnel qui signale une perte
de l’intégrité physiologique.
La

douleur

résulte

de

processus

physiologiques

complexes

déclenchés

lorsque

les

terminaisons nerveuses périphériques libres réagissent à des stimuli nociceptifs de natures
diverses : brûlure, piqûre, pincement, compression, agents algésiques de nature physique et
chimique, produits toxiques.

2.1.2- Médiateurs de la douleur
Au cours du processus douloureux, l’histamine, la bradykinine, les prostaglandines (PGE1,
PGF ) interviennent.
Les données récentes de la neuropharmacologie permettent de penser que les enképhalines
(neuropeptides) et leurs récepteurs sont impliqués dans l’analgésie morphinique. Ils sont de
deux types : La leucine-enképhaline et la méthionine enképhaline. Lors du déclenchement de la
douleur, la substance P (peptide) est inhibée par la stimulation des récepteurs
enképhalinergiques.
La sérotonine intervient comme un neurotransmetteur synaptique indispensable. Une
déplétion en sérotonine provoquée pharmacologiquement supprime l’analgésie
enképhalinergique (Pieri, 1992).

2.1.3- Mécanismes de la douleur
Les mécanismes de la douleur dépendent de l’étiologie de celle-ci;

2.1.3.1- Douleur nociceptive
Elle est due à une hyperstimulation des terminaisons libres entraînant une hyperesthésie ou
hyperalgésie. Le stimulus peut être mécanique (douleur osseuse), chimique (douleur de
l’ulcère, goutte aiguë) ou inflammatoire (dépôt d’urate par production de médiateurs
endogènes tels que les kinines, les prostaglandines, la sérotonine et l’histamine).
Le siège se trouve au niveau du foyer lésionnel ou à distance (douleur projetée ou référée).
Cette douleur est sensible aux inhibiteurs des prostaglandines comme les Anti-Inflammatoire
Non Steroidiens (AINS).
2.1.3.2- Douleur neurogène
Elle survient à la suite d’une lésion périphérique médullaire ou centrale (traumatisme, troubles
métaboliques ou ischémiques ). Cette douleur résulte également d’un dysfonctionnement de la
transmission de messages. C’est le cas de brûlure, d’une décharge électrique, d’un coup de
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poignard, d’une hyperpathie. La douleur neurogène est peu sensible aux antalgiques, elle est
plutôt traitée par les antidépresseurs.
2.1.3.3- Douleur psychogène
La douleur psychologique ou psychopathologique ou encore appelée "douleur psychogène"
relève de la psychologie. Elle n’est pas traitée par les antalgiques mais par psychothérapie
(Bourrin et al., 1993 ; Pieri, 1992).

2.2- EVALUATION DE LA DOULEUR
2.2.1- Evaluation de l'intensité douloureuse
Classiquement il existe deux formes de douleur :
-La douleur aiguë;
-La douleur chronique (3 – 6 mois).
Pour évaluer la douleur il existe deux échelles, l’une verbale simple et l’autre visuelle.
 Une échelle verbale simple allant de 0 à 4:
Avec, 0 : absence de douleur
1 : douleur faible
2 : douleur modérée ou moyenne
3 : douleur forte
4 : douleur extrêmement forte ou douleur vive
Le patient choisi le chiffre qui correspond le mieux à son état.
 Une échelle visuelle :
Elle est analogue à la précédente avec échelle plus large allant de 0 à 100 :

______________________________________
0
100
Pas de douleur
Douleur maximale
2.2.2- Evaluation du rétentissement de la douleur
Le retentissement de la douleur est évalué par :
 Les signes émotionnels : cris, pleurs, crispation, agitation, prostration.
 La neuroposture qui est comme attitude antalgique, protection de la région douloureuse.
Il existe également d’autres notions de douleur comme:
 Les troubles de sommeil,
 L’anorexie,
 La restriction des activités.

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2.3- METHODES D’ETUDE ET ANTALGIQUES CONVENTIONNELS
2.3.1- Méthodes d'études (tests)
 Test de Randall et Selitto
Il consiste à soumettre à une pression mesurée sur la patte du rat qui réagit par un cri.
L’animal anesthésié ne réagit pas (Colot, 1972).
 Test d’Amour et Smith
Il s’agit de focaliser un rayon lumineux calorifique sur la queue de la souris. En moins de 6
secondes la souris déplace la queue. L’animal est considéré analgésié s’il n’y a pas de réponse
au bout de 12 secondes. (Colot, 1972).
 Test à la plaque chauffante ou hot plate test, (Woolf et Mc Donald)
Le stimulus est également thermique. La souris est placée sur une plaque à la température de
56°C. Si elle n’est pas analgésiée, elle se lèche la patte en moins de 8 secondes. Les réactions de
groupes de souris naïves sont comparées. (Colot, 1972).
 Test de Charpentier
La base de la queue du rat est stimulée électriquement. L’animal présente une réaction de fuite
avec un cris. Le seuil d’intensité de courant électrique déterminant le cri et sa variation après
analgésie sont évalués. (Colot, 1972).
 Test de torsion ou writhing test (Siegmund et al, 1957)
Une solution de phénylbenzoquinone ou d’acide acétique à 3% est injectée par la voie
intrapéritonéale à la souris ou au rat. Sur des groupes d’animaux la dose analgésique
empêchant le phénomène de torsion induit par le stimulus chimique est déterminée. (Colot,
1972).

2.3.2- Antalgiques conventionnels
Ce sont des médicaments à action symptomatique qui atténuent ou abolissent les sensations
douloureuses sans provoquer une perte de conscience ou une dépression des autres
sensations contrairement aux anesthésiques. Ils constituent une famille hétérogène du point
vue chimique et pharmacologique. On distingue :
2.3.2.1- Antalgiques centraux ou majeurs
Il s’agit de la morphine et ses dérivés et les analgésiques de synthèse dont la structure est
dérivée
de celle de la morphine. Ils présentent des structures illustrées par la figure 3.
 Mécanisme d’action
Pour expliquer le mécanisme d’action morphinique, il est admis qu’il y aurait une action
directe au niveau médullaire sur la transmission de l’influx douloureux et une action indirecte
au niveau du tronc cérébral par renforcement des contrôles inhibiteurs.
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Sur la conscience et la sensation de la douleur, les régions les plus sensibles sont les structures
du cerveau moyen (régions acqueducale et peri- ventriculaire ainsi que le noyau médullaire du
raphé).
Les effets multiples morphiniques sont expliqués par l’existence de divers récepteurs dont U et
K.
Sur le plan biochimique, il se produit un déplacement des enképhalines vers leurs récepteurs
avec analgésie.
 Interactions médicamenteuses:
Les interactions médicamenteuses sur la douleur sont de deux types:
- potentialisation des effets des anesthésiques locaux, des barbituriques ;
- action antalgique potentialisée par les neuroleptiques, les spasmolytiques, contre les
anesthésiques généraux volatils, les neuroleptiques, les antidépresseurs tricycliques
augmentant l’action dépressive respiratoire des morphiniques (Pieri, 1992).
 Effets secondaires
Manifestations dysphoriques, effet émétisant, constipation, dépression respiratoire,
hypotension orthostatique, rétention urinaire, effet toxicomanogène sont effets secondaires
des antalgiques centraux (Bourin et al., 1993).
 Contre-indications
L’emploi des analgésiques morphiniques doit être évité chez les enfants, la femme enceinte
ou allaitante, voire le vieillard et le patient à insuffisance rénale ou hépatique.
La prise est contre-indiquée dans les cas suivants :
- Insuffisance respiratoire aiguë ou chronique ;
- Diverticulose sigmoïdienne ;
- Traitement par les IMAO.

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Figure 3: Structures de quelques antalgiques centraux

2.3.2.2- Analgésiques périphériques
Ils regroupent des composés chimiques très hétérogènes et agissent localement au niveau du
stimulus douloureux. Leur mode d’action souvent proche fait intervenir l’inhibition de
prostaglandines (Figure 4).
Ce sont :
 Les antalgiques purs comme les phénines
Floctaphénine : IDARAC®
 Les antalgiques antipyrétiques,
 Les anilides
Paracétamol : DOLIPRANE®
 Les pyrazolés
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Aminophénazone : PYRAMIDON®
Méthane sulfonate sodique de noramidopyrine : NOVALGINE®



Les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS).

Figure 4: Structures de quelques antalgiques périphériques

2.3.3- Exemples de plantes antalgiques
Les auteurs comme Kerharo et Adams (1974), Malgras (1992), Ross (1999), Aouissa (2002) et
Salamatou (2003) ont élucidé l’activité analgésique de certaines plantes africaines.

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3. MONOGRAPHIE DES PLANTES SELECTIONNEES POUR LES TESTS BIOLOGIQUES
Tableau II: MITRAGYNA INERMIS (WILLD.) O. KUNTZE.

Travaux antérieurs

Résultats

Références

Nom scientifique : •

Mitragyna inermis (Willd.) O. Kuntze.

Koné, 2009

Synonymes

Mitragyna africana (Willd.) Korth. ;
Nauclea africana Willd.;
Uncaria inermis Willd.

Noms locaux :

Bamanan : Jun, Diu, Dion, Dyum ;
Bomu : Sasaho ; Ewé : Linkpala

Caractères morphologiques

Arbre atteignant en moyenne 16 m.

Koné, 2009
Koudouvo et al. 2009
Maydell,

1983,

Koné,

2009
Habitat

Du Sénégal au Cameroun jusqu’au

Malgras, 1992

Soudan, Bénin, Togo, République
Démocratique du Congo.
Utilisations en médecine
traditionnelle

Bilharziose urinaire, les arthrites,
rhumatisme, douleur, dysenterie,

Maydell, 1983 ; Malgras,
1992 ; Burkill, 1997

paludisme, gonorrhée,
ictère.

Constituants chimiques

Alcaloïdes, Triterpènes,
Stérols, Triterpénoïdes

Adama DENOU (2011)

Kerharo et Adam, 1974,
Traoré-Keïta

et

al.,

2000, Cheng et al, 2002.

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Fébrifuge et hypotenseur, activité sur Kerharo et Adam, 1974,
Plasmodium

falciparum

CI50=50g/ml.

Activité

racines

sur

les

des

avec

une Traoré, 1999, Valentin

tiges

symptômes

et et al., 2000, (Diallo et
du al., 2001, Maïga et al.,

paludisme (fièvre, maux de tête). Les 2005, Ouédrago et al.,
écorces de tronc auraient des effets 2004,Traoré-Keïta et al.,

Données
pharmacologiques et
toxicologiques

insectifuges sur l’Anopheles mais sont 2000,

Traoré

et

al.,

sans action sur Aedes et Culex), et une 2000, -Mouterde et al.,
activité

larvicide

sur

Anopheles 2006,

Touré

et

al.,

larva.

Autres

activités : 1996,

Cheng

et

al.,

gambiae

antispasmodiques et myorelaxantes. La 2002.
plante est très peu toxique.
Tableau III: SCLEROCARYA BIRREA (A. RICH.) HOCHST

Travaux antérieurs

Résultats

Références

Nom scientifique :

Sclerocarya birrea (A. rich.) Hochst

Adiza, 2007, Dagnogo,
2009.

Pourpartia birrea (A. Rich) Aubrév,
Synonymes

Spondias birrea (A. Rich). Hochst.

Noms locaux :

Bamanan:

n’gunan,

nkunan,

kutan

‘dao ; Bomu: unle
Caractères morphologiques

Petit arbre de 8 à 10 m de haut.

Adiza, 2007, Dagnogo,
2009.

Habitat

Du

Sénégal

jusqu’en

Abyssinie

(actuelle Ethiopie), on la rencontre

Kerharo. J et Adam,
1974, Malgras, 1992.

l’Erythrée et l’Ouganda Central.
Utilisations en médecine

Antivenimeux, antidiabète, anti-ascite,

traditionnelle

antirougeole, antidysenterique, anti-

1974, Adjanohoun et
al., 1980, Adiza, 2007,

inflammatoire.

Adama DENOU (2011)

Kerharo. J et Adam,

Fomba, 2001,

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Autres usages

UNIVERSITE DE LOME (TOGO)

Menuiserie, bois de chauffe

36

Parkan, 1974, Burkill,
1985, Cuny et al., 1997

Polyphénols,

Constituants chimiques

Tanins,

Toumarines, Ojewole et al., 2010

Flavonoïdes, Triterpènes, Polystérols.
Activité antidiabétique

Koumaré cité par
(Gueye et al., 1973,
Laurens, 1976), Gueye,
1973, Coulibaly, 1988 ;
Haïdara, 1999 ; Fomba,
2001, Ojewole, 2003,

Données pharmacologiques

Ojewole, 2004.

et toxicologiques

Ojewole, 2003,
Ojewole, 2004.

Activité anti-inflammatoire

Galves et al., 1991
Galvez et al., 1993

Activité antidiarrhéïque
Activité secretogogue

Keita, 2005
Ojewole, 2003

Activité anti-ulcéreuse
Peu toxique

Tableau IV: CYMBOPOGON CITRATUS (DC) STAPF
Travaux antérieurs

Résultats

Nom scientifique : •

Cymbopogon citratus (DC) Stapf

Synonymes

Cymbopogon nardus L,
Andropogon fragans Cordem

Références

http://fr.wikipedia.org/wiki

Français : Citronnelle
Noms locaux :

Anglais : Lemon grass
Ewé : Tsigbe, Gbehoin
Bamanan : Bin bulunin

Adama DENOU (2011)

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37

Koudouvo et al., 2009

Caractères morphologiques

Plante herbacée à longues feuilles
linéaires, dressées, de 90 cm à 2 m
de long, à bords rugueux et
coupants.
Inde, Afrique et Antilles

http://fr.wikipedia.org/wiki
/Citronnelle/15-11-2011

Habitat
Utilisations en médecine
traditionnelle

Autre usage

Constituants chimiques

Aromathérapie, cuisine asiatique,
Maux de tête et fièvre.

Shah et al., 2011

Répulsif de mouches et moustiques
Terpènes, Alcools, Cétones,
Aldéhydes, Esters, Flavonoïdes et
autres composés polyphénoliques.

Shah et al., 2011

Activités antiamibienne,
antibactérienne, anti-diarrhéique,
anfifilarique, antifungique et antiinflammatoire. D’autres différents
effets comme les propriétés
antipaludique, antimutagenique,

Données
pharmacologiques et

Shah et al., 2011

antimycobacterienne, antioxydant
et hypoglycémiante ont été aussi
étudiées. Toxicité peu documentée.

toxicologiques

Adama DENOU (2011)

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Tableau V: CLEOME VISCOSA LINN
Travaux antérieurs

Résultats

Nom scientifique :

Cleome viscosa Linn.

Références

Polanasia viscosa (L.) DC,
Synonymes

Cleome icosandra L.

http://fr.wikipedia.org/wiki

Ewé : Sombuetsu, Nonlisamboe
Bamanan : Nasege cεma ;
Noms locaux :

Bomu : ɲaɲaero ba nu’o

Caractères morphologiques

Herbe terrestre, annuelle, dressée,

Koudouvo, 2009

aromatique (à odeur fétide), jusqu’à
120 cm de hauteur. Feuilles
composées trifoliolées, alternes

http://www.oswaldasia.org/

spiralées, pétiolées.

species/c/clevi/clevi_fr.htm

De l’Afrique tropicale, passant par

l/05.11.2011

l’Arabie jusqu’à l’Australie
Habitat

tropicale. Partout en Indonésie.

Rhumatismes, douleurs oculaires,
Utilisations en médecine
traditionnelle

Constituants chimiques

infections respiratoires et les plaies

http://www.oswaldasia.org/
species/c/clevi/clevi_fr.htm
l/05.11.2011.

infectées.

Tanins, Flavonoïdes, Stérols,

Devi et al., 2003, Koche et

Saponosides, Anthraquinones,

al.,2010.

Terpenoïdes et Glucides.

Adama DENOU (2011)

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Données
pharmacologiques et

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39

Activités anti-inflammatoire

Devi et al., 2002, Devi et al.,

antidiarrheique, antipyrétique,

2003, Parimaladevi et al.,

immunomodulatrice, anesthésiques

2003, Tiwari et al., 2004,

locale, antipaludique, cytotoxique
antinociceptive et antibactérienne.

Singh et West, 1991, Saxena
et al., 2000, (Bose et al.,

Toxicologiques

2011).

Les figures 5, 6, 7, 8 et 9 illustrent les espèces séléctionnées et leurs parties utilisées

Figure 5: Pieds du Mitragyna inermis (Willd) O. Kuntze.

Figure 6: Rameaux feuillés et fructifères

Figure 7: Un tronc de Sclerocarya birrea

de Sclerocarya birrea

avec une partie d’écorces enlevée

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ENQUETE ETHNOBOTANIQUE ET ETUDE DES PROPRIETES ANALGESIQUES DES PLANTES
ANTIPALUDIQUES DU MALI ET DU TOGO

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1. CADRE DE L’ETUDE
1.1- CARACTERISTIQUES GEOGRAPHIQUES
La présente étude a été effectuée au Togo et au Mali
Au Togo les enquêtes ont été menées dans quatre préfectures de la Région Maritime (Golfe,
Zio, Yoto et Vo) (Figure 10). Cette région se localise sur le plan écologique dans la zone V
(plaine côtière) qui s’étend sur une superficie de 6100km2 (Ern, 1979). Les données physiques
de cette zone d’étude varient très peu à travers les années (ORSTOM, 1964).
Le climat de cette région est de type subéquatorial comportant une grande saison des pluies de
mars à juillet (maximum en juin) et une petite saison pluvieuse de septembre à novembre avec
un maximum en octobre. Cette région présente une variation de température en fonction des
saisons. En moyenne la température est de 21°C pour les faibles valeurs et de 32°C pour les
plus fortes, enregistrées pendant la saison sèche. Les groupes ethniques qui composent la
population de la région maritime du Togo sont essentiellement les Ewé, les Ouatchi et les Mina.
Les Kabyè, les Fon, les Adja et les Cotocoli constituent le deuxième groupe, puis viennent les
Losso et Pédah peu représentés (Koudouvo, 2009).
Au Mali les marchés et sites concernés par l’étude se situent dans le District de Bamako et sont
élargis au Cercle de Kati. Le Mali est un pays de l’Afrique de l’ouest situé entre les latitudes (10
et 25°Nord) et les longitudes (4 à 12° Ouest) avec une superficie de 1.241.238km2. C’est un pays
continental limité au nord par l’Algérie, au sud par la Côte d’Ivoire et la Guinée, à l’est par le
Niger et le Burkina Faso, et à l’ouest par la Mauritanie et le Sénégal. Le climat est intertropical à
caractère soudano-sahélien nettement marqué par l’alternance d’une saison sèche qui dure six
à neuf mois et d’une saison pluvieuse qui dure trois à six mois. On y distingue les zones
climatiques suivantes : la zone sud soudanienne (précipitations supérieures à 1300 mm par
an), la zone Nord - soudanienne (précipitations comprises entre 1300 et 700 mm par an), la
zone sahélienne (précipitations comprises entre 700 et 200 mm par an) et la zone sud saharienne (précipitations inférieures à 200 mm par an). Les températures moyennes annuelles
varient de 26 à 30°C et la pluviométrie moyenne annuelle est de 700 mm. Ces données
géographiques sont presque les mêmes dans le District de Bamako et le Cercle de Kati.
Le District de Bamako est situé sur le 7° 59’ de longitude ouest et le 12° 40’ de latitude nord sur
les deux rives du fleuve Niger. Il est composé de deux parties :
La rive nord située entre le fleuve et le Mont Manding dans la plaine alluviale de 15km.
La rive sud, un site de plus de 12.000 ha s’etendant de la zone aéroportuaire jusqu'au fleuve.

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D’une superficie de 180198 ha, Bamako appartient à la zone Nord-soudanienne avec une
saison sèche qui dure de novembre à avril et une saison pluvieuse (l’hivernage) de mai à
octobre. La température moyenne annuelle est de 27,6°C (extrêmes de 34,8 et 21°C). La
population est majoritairement composée de Bamanans (Bambaras) puis de Peulh, de Dogon, et
de Bwa.

Figure 10 : Région maritime du Togo

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1.2- MARCHES ET SITES DE RECOLTE DES PLANTES
1.2.1. Marchés
Au Togo, les travaux ont été menés dans dix sept (17) marchés de vente (Ablogamé, Adamavo,
Adidogomé, Agoè assiyéyé, Agoè atsavé, Agoè zongo, Akodesséwa, Atikoumé, Atikpodji,
Bêssimé, Djidjolé, Gbossimé, Hanoukopé, Hedzranawé, Kégué, Nukafu et Totsi) , quatre (4)
marchés de transit (Tsévié, Noèpé, Vogan et Akodesséwa) dont un est à la fois marché de vente
et marché de transit. Au Mali les travaux ont été effectués dans huit (8) marchés de vente
(Banconi Farada, Banconi Plateau, Djélibougou, Doumanzana, Fadjiguila, Hippodrome, Médina Coura et
Sikoroni).

1.2.2. Sites de cueillette
Au cours des travaux cinq sites de cueillette (Gati, Tchèkpo et Tsévié au Togo ; Safo et Falayan
au Mali) ont été visités.

2- MATERIEL ET METHODES
2.1- MATERIEL
2.1.1- Matériel d’enquêtes ethnobotaniques
Le matériel de collecte des données pour les enquêtes ethnobotaniques comprend:
-

un appareil photo pour prendre les images des échantillons d’organes de plantes et
celles des plantes entières dans leurs milieux naturels;

-

la flore du Togo (Brunel et al, 1984), la flore de l’Afrique de l’Ouest (Hutchinson et
Dalziel, 1954-1972) et le livre de Guyot, (1989) sur la Systématique des Angiospermes
du Togo pour l’identification des caractéristiques botaniques des plantes recensées ;

-

un questionnaire d’interview semi structurée et les documents ethnobotaniques
d’Adjanohoun et al. (1986 et 1989) sur les plantes médicinales du Togo et du Bénin;

-

une balance pour faire la pesée des recettes de plantes médicinales.

2.1.2- Matériel des tests biologiques et phytochimiques
2.1.2.1- Matériel biologique
2.1.2.1.1- Matériel Végétal
Le matériel végétal (organes de plantes ou plantes entières) concerne:
-

Cleome viscosa (plante entière) prélevé sur le campus de l’Université de Lomé ;

-

Cymbopogon citratus (feuilles) acheté dans le marché de vente d’Atikpodji à Lomé ;

-

Mitragyna inermis (tige feuillée) prélevé sur le site de cueillette de Moribabougou dans
le Cercle de Kati au Mali;

-

Sclerocarya birrea (Ecorce de tronc) prélevé sur le même site au Mali.

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2.1.2.1.2- Matériel animal
Des souris blanches femelles de race OF1 (Oncins France Souche 1) ont servi de matériel
animal pour les tests de l’activité analgésique des extraits des plantes sélectionnées. C’est une
souche non consanguine sélectionnée à partir de la lignée CF1 (Carworth Farms
Souche 1). Ces souris sont élévées au DMT (Département de Médecine Traditionnelle) du Mali,
dans les conditions standards et ont libre accès à l’eau et à la nourriture.

2.1.2.2- Matériel de laboratoire pour les tests
L’activité analgésique et le screening phytochimique ont nécessité le matériel suivant :
-

Des balances analytiques de précision type Adventurer™, (pour la pesée des animaux) et
de type KERN EW, (pour la pesée des poudres et extaits de plantes);

-

Des plaques chromatographiques de silicagel 60 F 254, cuve et couvercle, lampe UV
type DESAGA Min UVIS et hotte ;

-

Sonde gastrique, gants, cage, chronomètre, seringues graduées et aiguilles.

-

Solution d’acide acétique à 0,6% ;

-

Système de solvant : butanol-acide acétique- eau BAW (60:15:25)

-

Révélateurs: FeCl3, AlCl3, Godin et Mélange Anisaldehyde ;

-

Plaque chauffante, Bain-marie type Büchi B - 490

-

Rotavapor type Büchi R – 210 et Pompe V-700;

-

Lyophilisateur Heto Drywinner, congélateur ;

-

Agitateur magnétique ;

-

Ballons, erlenmeyers, éprouvettes graduées, baguette magnétique, compresses stériles,
flacons de conservation.

-

Eau distillée.

2.2- METHODES
2.2.1-Enquêtes ethnobotaniques
2.2.1.1-Enquêtes par ATRM (Achat en Triplet de Recettes Médicinales)
‘’L'Achat en Triplet de Recettes Médicinales''( ATRM), est une nouvelle méthode d'enquête
ethnobotanique qui consiste à aller chez un même herboriste de marché trois fois de suite,
acheter trois (3) recettes médicinales pour soigner la même pathologie. Ces 3 recettes sont en
grand nombre(GN), en nombre réduit(NR) et en nombre très réduit(TR) d'où le terme de
"Triplet". Le nombre minimal d'herboristes est 34 dans 17 marchés soient 2 herboristes par
marché pour aboutir à 102 recettes médicinales. Ce nombre est doublé, triplé ou plus selon la
taille de la zone d’étude. Pour comparaison, la méthode ATRM est couplée à la méthode
classique d’enquête par interview semi structurée réalisée chez les tradithérapeutes. Les
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données recueillies sont soumises à des traitements ethnobotaniques,
botaniques et statistiques. Quelques plantes sont sélectionnées parmi la
liste des plantes recensées à partir des critères spécifiques à la méthode
ATRM en vue de la vérification des propriétés avérées dans des études
ultérieures. La visite des sites de cueillette permet de déterminer
d'éventuelle menace de la biodiversité médicinale due à la pression
anthropique exercée par la pratique de la médecine traditionnelle. Le
processus est le suivant :

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2.2.1.1.1- Collecte sur les marchés
2.2.1.1.1.1 Collecte sur les marchés de vente (marchés de vente en détails)
Au Togo, suivant cette méthode d’ATRM nous avons visité 34 herboristes dans 17 marchés
de vente de Lomé en raison de 2 par marché auprès desquelles les données ont été collectées
de septembre à octobre 2010. Les marchés qui s’animent périodiquement ont été visités le jour
du marché. Un jour quelconque est choisi pour les visites dans les marchés qui s'animent
quotidiennement. Trois visites ont été effectuées dans chaque marché:
- A la première visite nous avons demandé à acheter une recette de plante pour soigner la
douleur liée au paludisme. Après l’achat, des informations sur les modes de préparation et
d’utilisation, la voie d'administration et la durée du traitement ont été recueillies sur la recette.
Les noms des plantes en langues locales ont été obtenus auprès de l’herboriste.
- Une deuxième visite a été rendue au même herboriste après une semaine. Tout en le (ou la)
rassurant de l'efficacité de la recette achetée la dernière fois, nous avions demandé à acheter
pour la même pathologie, une recette mais en nombre réduit de plantes prétextant que notre
organisme ne supporte pas des tisanes avec beaucoup de plantes. Les informations demandées
au premier achat ont été encore recherchées sur cette deuxième recette.
- Une troisième visite a été rendue au même herboriste après une semaine pour lui dire que la
recette de la dernière fois est formidable. Après lui avoir notifié que notre organisme n'est pas
toujours arrivé à supporter le nombre de plantes qui compose la dernière recette, nous avions
demandé cette fois ci à acheter une recette en nombre de plantes encore très réduit. Les
informations recherchées ont été toujours identiques.
Au cours de la dernière visite, après s'être familiarisé finalement avec l'herboriste, nous lui
avions demandé le (ou les) marché(s) d'approvisionnement en plantes qu'il ou elle vend. C'est à
cette étape de l'enquête que les marchés de transit ont été connus.
Au Mali, la même méthode a été appliquée auprès de 16 herboristes dans 8 marchés de
Bamako en raison de 2 pratiquants par marché en février 2011. A la différence de l’enquête au
Togo, nous n’avons pas fait recours à des interprètes.

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2.2.1.1.2 Collecte dans les marchés de transit (marchés de vente en gros)
Les récolteurs villageois qui cueillent les plantes médicinales sur divers sites, viennent les
vendre sur les marchés de transit (marchés de vente en gros) aux herboristes. Les marchés de
transit de: Noèpé, Tsévié, Vogan et Akodesséwa au Togo ont été retenus pour rechercher les
plantes recensées sur les marchés de vente d’une part et d’autre part pour nous renseigner de
la situation géographique des sites de cueillette. Ainsi nous avons acheté une poignée de
chacune des plantes analgésiques liées au paludisme sur ces marchés de transit.
Sur ces sites, les récolteurs de plantes ont été rencontrés, puis des rendez-vous ont été pris
pour la visite des sites de cueillette des plantes médicinales.
Au Mali, il n’y a pas eu une visite des marchés de transit à cause de leur inexistance.

2.2.1.2- Enquêtes par interview semi structurée
La méthode utilisée est l’interview semi structurée qui est effectuée chez les tradithérapeutes.
Elle consiste à concevoir un questionnaire d’enquête ethnobotanique (Annexe I) (Odugbemi et
al, 2007; Tabuti, 2008) en vue d’interroger les tradithérapeutes volontaires à l’enquête, sur les
plantes qu’ils utilisent dans le traitement de la douleur liée au paludisme. Les caractéristiques
botaniques et ethnobotaniques portant sur les plantes collectées, leurs noms en langues
locales, les organes utilisés, les modes de préparation et d’utilisation, la voie d’administration,
sont demandés et notés. Ce questionnaire qui est mémorisé avant d’être appliqué oralement,
permet de recueillir aussi les paramètres identitaires des tradithérapeutes.
Au Togo, grâce à l’assistance des guides, nous avons interrogé 32 tradithérapeutes de la
Région Maritime dont 9 femmes et 23 hommes en novembre 2010. Leurs localités de résidence
sont les villages d’Adetikopé, d’Agbelouvé, d’Agoè, de Dalavé, de Tchèkpo, de TométiKondji, de
Vokoutimé, de Wogba et la ville de Tsévié.
Quant à l’enquête semi structurée au Mali, nous avons interrogé 8 tradithérapeutes dont 5
femmes et 3 hommes durant le mois de mars 2011. Ces thérapeutes habitent les villages de
Diamoussabougou et Falayan de la commune rurale de Safo situés nord du district de Bamako.

2.2.1.3- Collecte sur les lieux de cueillette
Une visite sur rendez-vous sera rendue à chaque récolteur à son domicile puis un déplacement
sur les sites de cueillette sera effectué. Ce déplacement permettra de rechercher les plantes
recensées sur les marchés de vente et de transit et éventuellement d'autres recettes de plantes
antipaludiques non recensées dans ces deux types marchés, si possible. Le milieu de vie et le
port des espèces recensées et retrouvées sur les sites seront notés. Le mode de prélèvement et
les parties prélevées seront également enregistrés afin d'évaluer les menaces que constituent
ces prélèvements de plantes médicinales sur les diversités biologiques.

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2.2.1.4- Traitement des données
2.2.1.4.1- Mesure de l’effort d’échantillonnage
Pour s'assurer de l’efficacité de la méthodologie de collecte des données, une liste des plantes
recensées est réalisée d’un marché à un autre. Cette liste permettra d’établir l’effectif cumulé
d’espèces vendues contre la pathologie dans les différents marchés. Une corrélation sera
réalisée entre cet effectif cumulé et le nombre de marchés prospectés. Ceci permettra de savoir
si la biodiversité médicinale maximale (BMM) exprimant la richesse de la zone en plantes
médicinales, est atteinte.

2.2.1.4.2.- Identifications botanique et ethnobotanique des plantes
2.2.1.4.2.1.- Identification botanique
Au Togo, les plantes collectées sont identifiées au laboratoire de la FDS grâce aux flores
disponibles (Brunel et al., 1984) et au livre de Guyot, (1989) «Systématique des
Angiospermes du Togo». La nomenclature suivie dans cette étude est celle de l’Angiosperms
Phylogeny Group classification (APG III, 2009) et la Flore analytique du Bénin (Akoègninou et
al., 2006.
Au Mali, les plantes ont été également identifiées au DMT et confirmées par la nomenclature
de l’Angiosperms Phylogeny Group classification (APG III, 2009).
2.2.1.4.2.2- Identification ethnobotanique
Les noms en langue locale des plantes recensées au Togo, sont obtenus sur place dans la
langue du tradipraticien de santé. La précision est faite sur ces noms par l’utilisation de deux
documents ethnobotaniques réalisés par Adjanohoun et al. (1986; 1989) sur les plantes
médicinales du Togo et du Bénin. Les noms ont été précisés en référence aux travaux de
Koudouvo (2009).
Au Mali, les noms en langue locale des espèces sont également obtenus sur place dans la
langue du tradipraticien. Les précisions ont été faites par Seydou M. Dembélé et NGolo Ballo
tous 2 botanistes du DMT.

2.2.1.5.- Analyse des données
Nous avons utilisé le logiciel Excel 2007 pour analyser les données.
2.2.1.5.1- Analyses statistiques

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La fréquence de chaque plante sera établie et une classification par ordre de fréquence
décroissante sera réalisée dans un tableau. Sur la base de ce tableau, la courbe d’accumulation
des espèces en fonction des marchés et sites d’échantillonnage sera tracée afin de savoir si
l’effort de relevé a été suffisant dans la zone d'étude. Une courbe rang-fréquence sera ainsi
tracée.
2.2.1.5.2.- Sélection de plantes pour test pharmacologique
La sélection des plantes pour le screening pharmacologique sera basée sur la technique
d’élimination progressive propre à la nouvelle méthode (ATRM). A partir des espèces recensées
à l'issue de l'enquête ethnobotanique, une liste générale par fréquence décroissante est établie
(Première liste).
Une première élimination consistera à classer toutes les espèces recensées en plantes uniques
(PU) citées chacune comme capable de soigner seule la maladie et en plantes associées (PA)
dans les recettes avec d'autres plantes. La liste des PA sera éliminée, celle des PU est retenue
(Deuxième liste). De cette dernière liste la plante la plus fréquente, sera la première espèce
retenue pour de futurs tests pharmacologiques et phytochimiques. Les autres PU seront
séparées en deux listes :
- les PU qui se retrouvent en association avec d’autres plantes. Les plantes de cette liste seront
éliminées;
- les PU ne se retrouvant pas du tout dans des recettes d'association de plantes seront retenues
pour la suite de la sélection Elles sont nommées les PU exclusives (Troisième liste).
Parmi les plantes de cette troisième liste, en référence aux travaux ethnobotaniques réalisés
dans le pays de l'étude et les pays limitrophes, celles déjà citées ou testées sur le parasite in
vitro seront éliminées. Une liste des PU exclusives, jamais citées dans la littérature du pays
pour leurs propriétés antipathologiques et jamais testées sera établie (Quatrième liste). En
rapprochant cette liste de la synthèse des travaux ethnobotaniques et pharmacologiques
réalisés en Afrique en général et particulièrement dans la sous région ouest africaine, une
nouvelle liste est obtenue et constituée de plantes révélées comme des espèces peu étudiées
(Cinquième liste). Ces espèces, jointes à la PU la plus fréquente, constitueront la liste finale de
plantes sélectionnées pour de futurs tests pharmacologiques in vitro et de screening
phytochimiques sur leurs propriétés avérées. Le schéma de la sélection est représenté par la
Figure 11.

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