Revolution Francaise Talmeyr 1904 .pdf



Nom original: Revolution-Francaise-Talmeyr-1904.pdf
Titre: La Franc-Maçonnerie et la Révolution française
Auteur: Talmeyr, Maurice, 1850-1933

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J-

^0

MAURICE TALMEYR

LA

ERANC-MACflNNERIE
ET LA

m REVOLUTION FRANÇAISE
z

^

\

T

alifornia
jional
ility

ROISIÈME MILLE

Librairie académique

PERRIN

et

C'

LA

FRANG-MACONNERIE
ET LA

RÉVOLUTION FRANÇAISE

DU MEME AUTEUR

Tableaux du

Un bourg
Chez
de



{Couronné par

l'Académie française.)

les verriers.

l'affiche.

Un volume

Sur



La Cité du sang.
Le marchand de vins. —
L'école du Trocadéro.
L'âge

siècle dernier.

de France.





in-16

le Turf.

Un volume

ductions photographiques


3

fr.

50

in-16. illustré de 86 repro3

fr.

50

MAURICE TALMEYR

LA

FRANC-MACONNERIE
ET LA

RÉVOLUTION FRANÇAISE

PARIS
LIBRAIRIE ACADÉMIQUE DIDIER

PERRIN ET
35,

C'%

LIBRAIRES-ÉDITEURS

QUAI DES GRANDS-AUGUSTINS,
1904
Tous

droits réservés

35

Au Comte

et

à la Comtesse

Boni de Castellane
en souvenir de leur noble

initiative.

M. T.

207SC86

LA FRANC-MACONNERIE
ET

LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Mesdames
1789, en
la

Messieurs, quel a

et

Franc-Maçonnerie

française

dans

le

rares sur ce point.

comprend, ne pas être

Une

qui peut renseigner sur
positifs, là

ne pre-

elle,

et les

témoi-

où par principe on

les

peuvent nécessairement pas

abonder. Néanmoins,

est pas de

si elle

grand soin de cacher tout ce

nait pas le plus

gnage nous

ne

société secrète

une société secrète,

supprime, ne

Révolution

authentiques,

Maçonnerie elle-même, ne

la

peuvent pas, on

gnages

la

documents

Les

?

émanant de

serait pas

en

été,

1792 et en 1793, le rôle exact de

fait

même

si

le véritable

souvent ainsi défaut,
de certains

faits,

témoiil

n'en

singuliè1

L\ l'RAKC-MAÇONNERIE

2

rement

saisissants^ et qui

en arrivent, rap-

prochés les uns des autres,

à

produire une

lumière presque aussi probante que

mière

même

des documents. Or ces

la

lu-

faits-là

sont innombrables, et la démonstration qui en

pas une

résulte, c'est qu'il n'est peut-être

seule des grandes journées de

la

Révolution

qui n'ait pas été, plus ou moins longtemps à
l'avance,

ges,

machinée

comme on

et

répétée dans les Lo-

répète et

une pièce dans un

comme on machine

théâtre...

avec un peu d'attention les

vous être exposés,

et

Suivez donc
qui vont

faits

vous verrez,

comme

de

vos yeux, tout un grand pays violemment
transformé, parla plus évidente des conspirations,
le

en une immense

et véritable

Loge. Vous

verrezjeté par force dans toute une succes-

sion d'épreuves maçonniques graduées, dont
les

premières dissimulaient soigneusement
mais dont

le secret final,

la

dernière, dès le

début, avait toujours dû être le meurtre du
Roi, pour aboutir au but
c*est-à-dire à la
lité

elle-même

!

suprême

destruction de

la

et

caché,

nationa-

ET L\ RÉVOLUTIO> FRANÇAISE

Avant d'en arriver aux

faits

particuliers,

nous constaterons d'abord un grand
néral, c'est

que

l'histoire

de

3

fait

gé-

Révolution a

la

toujours joui, jusqu'ici, du privilège singulier d'être

comme

acceptée

personne, au fond,

l'ait

histoire, sans

que

jamais expliquée.

D'après les documents les moins niables, et

contrairement à une légende audacieusement
fabriquée,

nation française,

la

comme masse

populaire, en dehors d'une certaine noblesse,

d'un certain clergé
geoisie, était alors

et

d'une certaine bour-

profondément catholique

Au moment même où on massa-

et royaliste.



crait les prêtres,

l'on détruisait avec le

plus de rage tout ce qui était de la Religion
traditionnelle,

on

avait

dû renoncer

dire les processions dans Paris,



le

à inter-

peuple,

comme

l'établissent aujourd'hui les témoi-

gnages

les plus précis, obligeait,

Terreur,

rendre

à

patrouilles

les

dans

la

saint Sacrement^.
1.

Si

Toit la

un

rue

de
les

en pleine

sectionnaires

honneurs

au

Quant au culte envers

prêtre portant le viatique passe dans la rue, on

multitude

«

accourir de toutes parts pour se jeter à

4
le

prince,

tations

prouve par les manifes-

se

il

mêmes

dirigées contre sa personne.

Pendant deux ans,
cri

de Vive

et

pour outrager
ressaisis,

ses

au

même

plupart

la

le

souverain, sont tout à coup

de l'insurmontable

lui,

leur race, pour le descendant de

monarques ^ Toute leur

présence, tourne,

en respect

fait

des femmes d'émeute, soldés

en face de

amour de

Révolution se

Roi! Ensuite,

le

hommes

des

la

et

comme

exaltation, en sa

en octobre 1789,

en tendresse. Que voit-on, au

retour de Varennes, pendant que la famille
royale prend son repas

On

?

voit le

député

genoux, tous, hommes, femmes, jeunes et vieux, se précipitant en adoration ». Le jour où la châsse de Saint-Leu est
portée en procession rue Saint-Martin, « tout le monde se
prosterne

homme

:

je n'ai

pas vu,

dit

un

section Mauconseil, toute la force

armes.

spectateur attentif,

qui n'ait ôté son chapeau.

»

En même

temps,

«

les

Au

un

seul

corps de garde de la

armée

s'est

mise sous

les

citoyennes des Halles se

s'il n'y aurait pas moyen de tapisser.
semaine qui suit, elles obligent le comité révolutionnaire de Saint-Eustache à autoriser une autre procession, et,
cette fois encore, chacun s'agenouille... » (Taine, la Conquête
jacobine^ t. II, chap. m.)
de la Révolution
I. Voir, dans Louis Blanc, Histoire

concertaient pour savoir

Dans

la

française^ le récit de l'arrivée des
la tentative de meurtre sur Louis

de Versailles.

femmes devant

XVI

dans

le Roi, et

le palais

même

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

révolutionnaire Barnave

tueusement

à cette

certaine, par
tions.
et

de

royaliste,

et

!

et

le

Et ce

presque

époque, se confirme, de façon
les chiffres

Dès 1790,

la

Roi,

le

chambre

valet de

sentiment catholique
général

se tenant respec-

debout derrière

comme un

servant

5

les

mêmes

ennemis de

des élec-

la

Religion

Monarchie ne sont plus élus partout

que par

le

dixième, puis par

quinzième,

le

puis par le vingtième des électeurs. Taine
constate, à Paris, aux assemblées primaires

de 1791, un an déjà avant
de soixante-quatorze mille

le 10

août, plus

abstenants sur

quatre-vingt-un mille deux cents inscrits
N'est-il pas

rigoureusement

quence, que

la

vrai,

i

!

en consé-

Révolution, considérée

comme

mouvement national, ne peutpas s'expliquer?

On comprend une

nation

comme

l'Amérique,

1. « A Chartres, en mai 1790, sur 1551 citoyens actifs, il y
en a 1447 qui ne viennent pas aux assemblées primaires. Pour
la nomination du maire et des officiers municipaux, à Besançon,

sur 3200 électeurs inscrits, on compte 2141 absents en janvier
1790, et 2 900 au mois de novembre suivant. A Grenoble, au

mois d'août et de novembre de la même année, sur 2500 inscrits, on compte plus de 2000 absents. A Limoges, sur un
nombre à peu près égal d'inscrits, il ne se trouve que 150 votants... », etc. (Taine, la Conquête jacobine, t. 1, ckap. ii.)

LÀ FRANC-MAÇONNERIE

6

domination anglaise est impopu-

chez qui

la

laire, et

qui s'en débarrasse.

prend pas une nation qui
Monarchie dans

Religion

le sang, qui les veut,

et qui les

veut qu'elles,

a la

On ne com-

reur. Et cette

et la

qui ne

renverse avec fu-

Révolution-là est tellement

inexplicable que tous les historiens, quels
qu'ils soient,

renoncent, en réalité,

à l'expli-

quer, caries explications parla «fatalité», la

«Providence

», la

«force des choses

timent divin, ou V

«

les seules qu'on nous

et ce

«

châ-

anarchie spontanée

»,

encore données, ne

ait

sont pas des explications.

bien devant une

», le

Nous sommesdonc

inconnue

»,

devant un X,

qui ajoute encore à l'énigme, ce sont

ces révolutionnaires en

nombre

infime,

qui

ne sont pas dix mille électeurs sur cent mille,
qui ne représentent pas

la

France, et qui,

avec cela, non seulement appellent leur révolution la Révolution française, mais lui attri-

buentencore, en outre, un caractère universel.
Ils

ne sont

être, ils

même

pas

la

nation qu'ils disent

prétendent néanmoins régenter toutes

les autres

nations au

nom

de cette

nation

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
qu'ils

ne sont pas,

songe

et

personne, cependant, ne

demander comment

à leur

vent ainsi représenter tout

personne

représentant
allons le

7

le

!...

leur demander,

monde en ne

Eh

et,

se trou-

ils

bien,

s'ils

nous

ne nous

répondent pas toujours eux-mêmes, toute

une

série de faits



en

était,

nous répondra pour eux...

au dix-huitième siècle,

Franc-Maçonnerie en France

?

la

Elley daterait,

exactement, d'après ses propres annuaires,

de soixante-quatre ans avant
de 1725,

et ses

la

deux premiers grands maîtres

autaient été deux Anglais, lord
ter,

et

le

Derwentwa-

Harnouester. Elle est ensuite

lord

présidée

Révolution,

par

un grand seigneur

français,

duc d'Antin, puis par un prince du sang,

Louis de Bourbon, comte de Glermont, puis,
de 1771

à 1793,

par le duc de Chartres, plus

tard duc d'Orléans, et, plus tard encore, Phi-

lippe-Egalité

*.

En

outre,

et

comme

paren-

1. Annuaire du Grand Orient de France, pour l'année
maçonnique commençant le l«r mars 1899 (E.-. Y.-.). Paris,
secrétariat du Grand Orient, rue Cadet, n» 16, liste chronolo-

gique des grands maîtres

et

des présidents de

l'Ordre en

France (Imprimerie Nouvelle [Association ouvrière], rue
Cadet, 11. A. Mangeot, directeur).

LA FRANC-MAÇONNERIE

8

nous pouvons encore

thèse,

remarques intéressantes. On
manifestation

première
tiers

état,

sailles,

en 1789,

fut

sait

que

la

révolutionnaire du

de s'ériger,

en Assemblée nationale^

mule fameuse

quelques

faire

et

à

que

Ver-

la for-

déclarer la patrie en danger

:

devait devenir sacramentelle en 1792. Or, en
1771, à la suite de graves crises intérieures,

Maçonnerie... se déclare en danger. Elle

la

appelle à Paris des délégués de tous les points

de

la

France, et ces délégués, dix-huit ans

déjà avant 1789, se réunissent... en assemblée nationale.
établis

en

Jacobites^

De

France, vers 1723,
et

maçons

étaient des

grand club directeur

le

Révolution est

la

plus, les premiers

le

de

Club des Jacobins. Gon-

dorcet, dans la Septième époque des Progrès

de
rie

r esprit humain., désigne la Franc-Maçonne-

comme une

continuation mystérieuse de

l'Ordre des Templiers, et Louis
prison...

le

Templiers
1. «

XVI

Temple, ancien asile de ces
^.

a

pour

mêmes

La grande assemblée annuelle

Nous examinerons

philosophique eût été

si

si,

dans un temps où le prosélytisme
il ne se forma point de

dangereux,

ET

L.V

RÉVOLUTION FRANÇAISE

des francs-maçons s'appelle

9

Couvent^ et

le

la

plus fameuse assemblée révolutionnaire s'ap-

quand

pellera la Convention. La Maçonnerie,
elle avait à proscrire

suspect,

chacun

et

on

Terreur,

Louis Blanc,

:

sait

le déclarait...

comment, sous

en Maçonnerie,

bonnet, pendant qu'on lui

Ce bonnet vaut mieux que

«

ronne des

la

déclaré suspect. D'après

le récipiendaire,

d'un

se coiffait
disait

était

un adepte,

rois... »

la

cou-

Or, l'orateur, au Club des

Jacobins, se coiffait du bonnet rouge. Enfin,
l'une des épreuves de la Franc-Maçonnerie,

avant

la

Révolution, consistait à faire opérer

au dignitaire maçonnique l'exécution en
gie d'un roi de France

sur un mannequin

représentant Philippe le Bel, le prince
qui

avait

l'Ordre

exterminé

pliers, et l'acte

effi-

suprême de

la

des

même
Tem-

Révolution

sociétés secrètes destinées à perpétuer, à répandre sans danger,

parmi quelques adeptes, un

petit

nombre de

vérités simples,

comme
«

de sûrs préservatifs contre les préjugés dominateurs.
Nous chercherons si l'on ne doit point placer au nombre

de ces sociétés cet ordre célèbre, contre lequel les papes et
les rois conspirèrent avec tant de bassesse et qu'ils détruisirent
avec tant de barbarie... » (Condorcet, Esquisse d'un tableau
des progrès de Vesprit humain Septième époque.)
:

LA FRANC-MAÇONNERIE

10

devait ctre, de

même, Texéculion du Roi

^..

Doit-on donner, d'ailleurs, à ces premières

remarques plus d'importance qu'elles n'en
comportent

?

Non,

et ce sont peut-être là

de

pures coïncidences. Mais nous pouvons déjà,
cependant, avec ces coïncidences, nous sen-

dans une certaine atmosphère

tir

-.

En somme, comme en témoigne
ses grands maîtres,

dans
la

la

la

la liste

de

Franc-iMaçonnerie,

période immédiatement antérieure à

Révolution, ne cesse pas de suivre, malgré

une marche ascendante rapide.

ses crises,

Elle devient à la
et le

mode,

Grand Orient en

finit

par faire fureur

arrive à créer ces fa-

meuses Loges cVadoption où

femmes

les

encore ici renouveler l'épreuve du grade où
change en assassin mais le Maître des Frères à
venger n'est plus Hiram, c'est Molay, le Grand'Maître des
1.

« Il faut

l'initié se

Templiers,
le Bel,

;

et celui qu'il faut tuer, c'est

Au moment
roi,

il

un roi, c'est Philippe
Temple fut détruit.

sous qui Tordre des Chevaliers du

où l'adepte sort de

s'éciie

:

Nekom,

l'anire,

portant

la tête de ce

je l'ai tué...

Kadosch
M. Monfjoie ou de M. Le Franc,
je les tiens des initiés eux-mêmes... » (Barruel, 3/^moires pour
servir à V/iistoire du Jacobinisme, t. II, p. 220. Hambourg,
«

Je n'ai point pris de connaissances du grade des

simplement dans

les livres de

1803.)
2.

Voir également Drumont,

la

France Juive,

t.

I,

p. 279,

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
étaient admises. Les récipiendaires

11

femmes,

apprend M. d'Alméras, auleur d'une

nous

récente histoire de Gagliostro, et qui ne sem-

Tennemi

ble

sont des

ni

de Gagliostro, ni des Loges,

« actrices,

des danseuses, des bour-

geoises ou des grandes dames sans préjuAlors, en résumé,

Franc-Maçonne-

gés

».

rie,

au moins en apparence, consiste surtout

la

en bals, en banquets, en démonstrations de

En

bienfaisance.

bon recevait

1775, la duchesse de Bour-

le litre

de grande maîtresse de

toutes les Loges d'adoption de France, le duc

de Chartres

on

lui-même dans ce pon-

féminin, au milieu de fêles magnifiques,

tificat

et

l'installait

faisait

faveur

«

une quête, à

la fin

du banquet, en

des pères et mères retenus en pri-

son pour n'avoir pas payé les mois de nourrice de leurs enfants

)>.

Telle est, pendant toute cette période, la

façade de

la

Franc-Maçonnerie. Elle est

somptueuse

fois

et

amusante, avec

messe d'un mystère, probablement
1,

Les

Romans

méras. Paris, 1904.

la

à la

pro-

inoffensif,

de l'histoire: Gagliostro, par Heni-i d'Al-

12

LA.

FRANC-MAÇONNERIE

même

et peut-être

agréable, à rintérieur de

maison. Sous prétexte de philanthropie, on

la

s'y divertit

gens de

énormément. On

bonne société

la

bonne, dans
qui ne

mêle entre

de

la

moins

d'une égalité sociale

manque pas toujours de piment. On

donne

se

l'illusion

s'y

et

la

sensation d'une vie en double où

l'on s'appelle de

noms de

guerre, en échan-

On

geant des mots de passe.
petit frisson

se procure le

quelque chose de

d'attendre

secret qui sera peut-être défendu.

On

joue

en grand, en un mot, à ces jeux innocents
qui ne le sont pas toujours, et un prodigieux

enjouement jette toute

la société

dans ce jeu-

Les plus honnêtes gens s'en mettent,

et

époque,

à

là.

Marie-Antoinette

Mme

de Lamballe

à

écrit,
:

« J'ai lu

cette

avec grand inté-

dans les loges franc-

((

rêt ce qui s'est fait

ce

maçonniques que vous avez présidées,

«

dont vous m'avez tant amusée. Je vois qu'on

«

n'y fait pas

((

y
1.

fait

que de

et

jolies chansons, et qu'on

aussi du bien K

»

Publication Feuillet de Conches, citée dans les Souve-

nirs du comte de Virieu, parle marquis Costa de Beauregard.

13

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
N'existait-il donc, cependant,

de se méfier?

Si,

dès

et certains Etats,

du dix-huitième

milieu

aucun motif

siècle,

le

chassaient

assez rudement ces francs-maçons qui s'atta-

chaient en France, avec une
activité,

amuser

à

si

extraordinaire

les Français, à les faire

pape

danser, à chatouiller leur frivolité. Le

Clément XII, en outre,

contre

avait lancé

eux une bulle assez suggestive, dans laquelle
il

les comparait «

maison
là,

^

)).

aux voleurs qui percent

On pouvait

donc, dès ce

la

moment-

ne pas déjà voir dans les Loges de simples

lieux d'amusements,

comme

Marie-Antoinette, et

la

la

malheureuse

vue seule des

fêtes

qui s'y donnaient causait, d'ailleurs, à beau-

coup de gens un inexprimable malaise.
pouvaient pas dire pourquoi
taient,

mais

ils

l'y

ils

l'y

ressentaient, et

pour s'en convaincre, de

lire certain

des Mémoires de Barruel.

Il

avait

Ils

ne

ressenil

suffit,

passage

émigré

à

Londres après 1792, et, comme tout le monde,
avant

la

Révolution,

prendre part
1.

à

avait

été sollicité

des réunions maçonniques.

Voir aux Documents.

de

14
«

Depuis plus de vingt ans,

« était difficile

«

FRANC-MAÇONNERIE

L.V

«

il

de ne pas rencontrer en France

hommes admis dans

quelques-uns de ces

«Société maçonnique.
«

raconte-t-il,

mes connaissances,

la

s'en trouvait dans

Il

parmi ceux-là plu-

et

sieurs dont l'estime et l'amitié

m'étaient

«

chères. Avec tout le zèle ordinaire aux jeu-

ce

nés adeptes,

((

inscrire dans leur confrérie.

«

constant,

«

malgré moi. La partie

« à

ils

me

ils

me faire
Sur mon refus
de

sollicitaient

prirent le parti de m'enrôler
fut liée.

dîner chez un ami je
;

me

On

m'invite

trouve seul pro-

«

fane au milieu des maçons... Le repas ter-

ce

miné, les domestiques renvoyés, on pro-

«

pose de se former en loge et de

mon

«Je persiste dans
« celui
((

«

de

faire

le

m'initier...

refus, et surtout dans

serment de garder un

secret dont l'objet m'est inconnu...

On me

dispense du serment... Je résiste encore...

«On

insiste...

Je

m'obstine...

Au

lieu

de

«

répliquer, on

«

commencent

«

cérémonies puériles que l'on trouve décrites

«

dans divers livres maçonniques. Je cherche

se forme

en loge,

toutes ces singeries

et alors

et

ces

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
« à

«
(c

((

<c

«

m'échapper; l'appartement est vaste,

maison écartée,
toutes

les

domestiques ont

portes sont fermées...

les

la

mot,
faut

il

m'in-

terroge, je réponds presque à tout en riant

me

;

voilà déclaré apprenti, et tout de suite

compagnon. Bientôt

«

sième grade,

«

me

même

c'est celui

conférer. Ici, l'on

de maître

me

un

c'est

troi-

qu'il faut

conduit dans une

vaste saîle... Jusque-là, je ne voyais que jeu

« et

puérilité,

«aucune
«

le

On

bien se résoudre à laisser faire.

(c

«

15

mais je

réponse...

question que me

gravement

Etes-vous disposé,

par

survient

Enfin,

fait

déplu

n'avais

cette

Véné-

le

mon frère, à

«

rable

«

cuter tous les ordres

«

Maçonnerie, quand même vous recevriez des

«

ordres contraires de la part d'un roi, d'an

«

empereur, ou de quelque autre souverain

«

que ce soit

:

?

Vénérable s'étonne,

«

non! Vous ne

<{

du Grand-Mattre de

— Ma réponse fut

«

seriez

exé-

et

reprend

:

:

Non
a

!

la

— Le

Comment,

donc venu parmi nous

que pour trahir nos secrets

!

Vous ne savez

«

donc pas que de tous nos glaives

«

pas un seul qui ne

soit prêt

il

à percer

n'en est
le

cœur

LA FRA>'C-MAÇONNERIE

16

Dans

dans

«

des traîtres

«

tout le sérieux et les

«

pagnaient, je ne voyais encore qu'un jeu

!

question,

cette

menaces qui l'accom;

«je n'en répondis pas moins négativement...
«

A

«

gardaient un

l'exception du Vénérable, tous les Frères

dans

« fissent,
«

« pas,

«

A la

me

je

fin,

Il

ne se rendait

sens excédé. J'avais les yeux

bandés, j'arrache

par un

et moi.

renouvelait toujours sa question...

il

iion^

de

le

bandeau, je

le jette

accompagné de tout

A

l'instant,

l'accent de

toute la

battements de mains

en

«

part

«

d'applaudissement. Le Vénérable

« alors

des éloges

« dit-il^ les

»

?

«

et

Quel

années plus
terie

à

ma

constance

loge
signe

donne
:

Voilà^

gens qu'il nous faut^ des Jionimes

de caractère^

ameté...

par

en frappant du pied, je réponds

«l'impatience...

«

ne

fond, que s'amuser de cette

Vénérable

« terre, et,

«

le

silence, quoiqu'ils

scène. Elle devenait encore plus sérieuse

« entre le

«

morne

qui sachent avoir de la ferétait,

cependant, quelques

tard, l'épilogue

Je dois,

de cette plaisan-

dit Barruel,

rendre cette

«justice à ceux qui m'avaient reçu, que, lors

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

17

(c

delà Révolulion,

ils

«

bons royalistes,

l'exception du Vénérable

«que
«

j'ai

vu donner

Jacobinisme...

Une société
celle qui

à plein

collier

»

c'est

,

précède immédiatement

maçonnisée

w

maçonnisée

elle s'est «

donc bien

la

Révolu-

C'est l'atmo-

».

ne faut pas

il

essayer de voir cette époque, sous

peine de n'en rien voir de vrai.
à ce

le

pour s'amuser,

sphère en dehors de laquelle

même

dans

)>

maçonniséc

«

tion. Elle s'est «

mais

à

se sont tous montrés

moment-là,

comme dans

tée par Barruel, vingt

çons qui

le

certain

«

Frère

et

«,

qui

mais qui n'est pas

comme

dit le

de

y

a

partout,

scène racon-

ou trente francs-ma-

sont par mode,

besoin de fêtes

la

11

]psir

plaisir, et

snobisme par
^

parmi eux un

a l'air d'être

comme

comme

eux,

eux, et qui est

Pape, pourapercer la maison

pendant qu'on

s'y divertit.

Et

le «

là,

»,

maçonnis-

me

«,

dès trente ou quarante ans avant 1789,

est

si

bien déjà devenu l'ambiance générale,

que

les philosophes,

en

réalité,

ne répandent

pas simplement leur philosophie par leurs
écrits,

mais se conjurent maçonniquemeut

LA FRANC-MAÇO^'^'ERIE

18

pour

la

répandre, et dans

sens rigoureux

le

du mot... Ecoutez Voltaire dans
pondance

« Il faut,

non pas en

« rés, et
«

:

sa corres-

écrit-il,

agir en conju-

zélés...

Que

sophes véritables

fassent

philo-

les

une confrérie

a

comme

(c

tères de Mithra ne soient pas divulgués...

«

Frappez, et cachez votre main...

grave de Bareith,
devient pour
lui

la

lui la a

mys-

les

»

La mar-

princesse Wilhelmine,

sœur Guillemette

», et

adresse elle-même deslettres commençant

par ces mots
«

Que

les Francs-Maçons...

La sœur Guillemette au

«

:

frère Voltaire. «Il avoue lui-même, dans des

lettres qui sont célèbres, qu'il «

bénit
afin

)),

et qu'il «

communie

»

de mieux tromper les gens.

moment,
dans

il

A

le

pain

un certain

entreprend toute une intrigue,

but de faire reconstruire

le

de Jérusalem

prend

rend

par imposture,

^

encore

!

A

le

un autre moment,

une

autre

Temple
il

intrigue,

entred'ac-

cord avec d'Alembert, pour arrivera décider

1.

dans

Lettres à d'Alembert, 1761, 1763, 1768, citées par Barruel
les

Mémoires pour servir à rhistoire du Jacobinisme,

et lettres à

Catherine de Russie, 1771.

ET

Louis

XV

LA.

RÉVOLUTION FRANÇALSE

fonder dans tout

à

le

19

royaume des

écoles professionnelles gratuites, où, sous
le

couvert d'an soi-disant enseignement pro-

fessionnel, on devait enseigner clandestine-

ment au peuple
tin,

la

révolte et la sédition. Ber-

l'administrateur de

avait fini par se décider à

la

cassette royale,

couper court

à ce

complot. Ilavaitfaituneenquête, et qu'avait-il

découvert

?

Toute une conspiration de col-

porteurs qui couraient les campagnes,

et

y

vendaient, à des prix insignifiants, des ou-

vrages incendiaires dont on leur remettait
gratuitement

des quantités

d'école étaient déjà

même

^.

Des maîtres

affiliés à la

ration, et

notamment dans

Liège, où

ils lisaient à

conju-

les environs

de

des enfants, dans des

réunions secrètes, des livres qu'on leur expédiait par ballots. Et ces maîtres

d'école

étaient précisément ceux qui, publiquement,
à l'exemple

de Voltaire,

et

comme

par un mot

d'ordre, accomplissaient leurs devoirs reli-

gieux avec

1.

la

dévotion

Barruel, Mémoires,

t.

I^

la

plus démonstrative

chap. xvii.

!

LA FRA^'C-MAÇO^'^•ERlE

20

Plus de vingt ans après, en 1789, entre les
atrocités de

prise de

la

la

Bastille et celles

des massacres d'octobre, un M. Leroy, lieutenant des chasses royales, s'écriait avec des
sanglots, dans
et

un dîner raconté par Barruel,

qui avait lieu chez M. d'Angevilliers, inten-

dant des Bâtiments du Roi
((

J'étais le secrétaire

du Comité

«

devez celte Révolution

«

douleur et de remords

«

chez

le

et j'en

!...

à qui

vous

mourrai de

Ce Comilé se tenait

baron d'Holbach... Nos principaux

«membres
((

:

étaient d'Alembert, Turgot,

dorcet, Diderot, La Harpe, et ce

Gon-

Lamoignon

((

qui s'est tué dans son parc

((

ces livres que vous avez vus paraître depuis

«

longtemps contre

!...

La plupart de

la religion, les

mœurs etle

«gouvernement étaient notre ouvrage,
« les

envoyions

à

et

nous

des colporteurs qui les rece-

«

vaient pour rien, ou presque rien, et les ven-

«

daient aux plus bas prix... Voilà ce qui a

«

changé ce peuple,

et

«

où vous

«

mourrai de douleur

le

Ta conduit au point

voyez aujourd'hui... Oui, j'en
et

de remords...

»

Et ce témoignage de Barruel, ces cris de

21

ET LA RÉV0LUT10>' FRANÇAISE

remords de M. Leroy au diner de M. d'AngevilUers, pourraient-ils être contestés? Non!
Car

en date du mois de mars 1763, des

voici,

de Voltaire qui les confirment par

lettres

anticipation
((

((

:

Pourquoi

adorateurs de

les

alors

écrivait-il

à

la raison,

restent-ils

Helvetius,

silence et dans la crainte

Qui

les

((

dans

a

empêcherait

«

imprimerie

((

et courts^

«

dépositaires ? C'est ainsi qu'en ont usé ceux

a

OUI ONT IMPRIMÉ LES DERNIÈRES VOLONTÉS DE

u

CE BON ET HONNÊTE CURE MeSLIER...

le

ajoute

:

«

cV avoir

et

chez eux

?

une petite

de donner des ouvrages utiles

dont leurs amis seraient

On oppose

les seuls

))

Et

il

au Pédagogue

ainsi,

«

chrétien et au Pensez-y bien, de petits livres

((

philosophiques qu'on a soin de répandre

(<

partout adroitement.

On ne

les vend point,

«

ON les donne a des personnes AFFIDÉESjQUI

«

LES DISTRIBUENT A DES JEUNES GENS ET A DES

«

FEMMES...

En

»

réalité,

n'avait

la

conjuration philosophique

que très peu perverti

une excellente raison,

c'est

le

peuple, et par

que

le

peuple ne

22

LA FRANC-M.VÇONNERIE

savait pas

lire.

sonné

les

Elle avait surtout empoi-

hautes classes. Mais cette philoso-

phie qui est une conjuration, et qui machine,

dans

mystère, avec des masques et des

le

trahisons,

préceptes,

ses

pour une époque, toute une

n'est-elle pas,

caractérislique

Et

?

qu'une

encore

de

l'application

cependant

n'est

elle

Elle ne

demi-conjuration.

représente

que des préliminaires,

seulement

avec

que

l'Illuminisme

allons voir entrer en

scène

et

c'est

nous

conjuration

la

véritable, celle de la subversion sauvage, et

où s'annoncent, par avance, toutes
de

tés

la

les atroci-

Terreur.

L'Illuminisme est peu connu, sinon

presque inconnu,

nisme
et

qui,

d'un

pourtant l'Illumi-

et c'est

en très grande partie,

ensanglanté
siècle.

le

monde,

C'est

même

il

encore

a

bouleversé

y a un peu plus
la

continuation

directe de l'Illuminisme qui le bouleverse ou

qui le menace aujourd'hui, et son fondateur
est

un Allemand, Weishaupt, professeur de

droit

au

même, où

collège
il

d'Ingolstad.

professait,

A

Ingolstad

Weishaupt, en 1776,

ET LA RÉVOLLTION FRANÇAISE

23

posait en secret les fondements de la secte, et
voici, d'après sa

correspondance, ses instruc-

tions écrites et son code, ce qu'était cette
association.

Ecoutez d'abord

hommes

« a tiré les
((

<c

a réunis

doctrine

la

de

en sociétés

l'état

civiles.

:

«

La nature

sauvage

et les

De nouvelles

associations (c'est-à-dire les sociétés se-

un choix plus sage,

«

crêtes) s'offrent à

V

par

«

sommes

«

non pour parcourir de nouveau

elles,

« cercle,

nous revenons

sortis

(

à l'état

et,

d'où nous

c'est-à-dire à l'état

sauvage

)

l'ancien

mais pour mieux jouir de notre

«destinée...

»

Le but

doctrine de

et la

minisme sont donc bien

l'IIlu-

en

clairs, et c'est,

retour à Tétat sauvage.

propres termes,

le

Nous en sommes

sortis,

il

ne

faut y revenir,

plus en ressortir, et établir seulement

sau-

la

vagerie nouvelle, au milieu de cette forêt perfectionnée que peut devenir

Ecoutez maintenant
«l'origine des

«monde

le

la civilisation.

développement

nations et

:

«

A

des peuples, le

cessa d'être une grande famille...

«le grand lien de

la

nature fut

rompu...

LA FRANC-MAÇONNERIE

24

Le nationalisme^ ou Vamoiir national^

«
«

la

« fut

«

Vamour

général. Alors,

ce

une vertu de s'étendre aux dépens de

ceux qui ne se trouvaient pas sous notre em-

« pire.
i(

de

place

prit

Cette vertu fut appelée patriotisme., et

celui-là

f[ii

appelé patriote, qui, juste envers

envers les autres, prenait

« les siens, injuste

pour des perfections

«

« trie...»

les vices

de sa pa-

Et rilluminisme, en premier lieu,

veut ainsi détruire

les

patries, mais

il

ne

s'arrête pas là, et vise ensuite ce qu'il appelle
le

localisme,

c'est-à-dire

famille elle-même

:

«

la

puis

cité,

la

Et, dès lors, continue

aWeishaupt, pourquoi ne pas donner encore

amour de

«

à cet

«

étroites

?

des limites plus

la patrie

Celles des citoyens vivant dans

même ville, ou bien celles des membres
«d'une même famille?... Aussi vit-on alors
c(

une

«

du patriotisme

«

V esprit

« Etats,

le

localisme, puis

de famille... Ainsi, l'origine des

des gouvernements, de

« civile, fut la
«

naître

semence de

nuez, retranchez cet

la

la

société

discorde... Dimi-

amour de

la

patrie, et

«les hommes, de nouveau, apprennent à se

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

«connaître

s'aimer

et à

25

comme hommes...

»

Et riUuminisme bénit maçonniquement les

hommes

qui n'ont plus ni patrie, ni cité, ni

famille,

ni lois,

ne

se

fixent

dont les bandes errantes

et

nulle

conclut

part. Il

en s'écriant, dix ans avant 1789:
<•<

princes

et

nations

les

dessus

la

((



hommes

((

que

«

«

les

terre

le livre

Oui,

!

de

il

«

enfin,

Oui, les

disparaîtront de

viendra ce temps

n'auront plus d'autre

nature

la

;

loi

cette Révolution

des sociétés

sera

l'ouvrage

c(

Tous

les efforts

((

cher nos projets sont pleinement inutiles.

secrètes...

des princes pour empê-

«

Cette étincelle peut longtemps encore cou-

ce

ver sous

a

cendie arrivera

la

cendre, mais
!

à

son but

quels moyens
l'état

sauvage

?

va-t-il

conduire

Par quelles voies

va-t-il

l'Illu-

et

par

ramener l'humanité

C'est surtout

?

iour de Tin-

Et comment, par quels

»

procédés, Weishaupt

minisme

le

ici

que se

à

ré-

vèle riUuminisme, et le grand moyen, c'est,

en tout

et toujours,

mensonge
donnés,

et la

ou

la

un profond

secret, le

trahison expressément or-

violence

la

plus sauvage.

LA FRANC-MAÇONNERIE

26
dès

qu'elle

est

devenue possible.

peut avoir

ministe

tous

que sous

même

le plus parfait extérieur

de vertu.

mais

vices,

les

ne doit jamais se montrer, en

bilité et

L'illu-

temps,

d'honora-

Appliquez-vous, prescrit

«

<(

Weishaupt dans son code,

à la perfection

«

intérieure et extérieure.

Et qu'entend-il

»

par cette double perfection

suffisamment
voici
Il

:

dans

le

triple

l'explique

Il

?

précepte que

Tais-toi, sois parfait, masque-toi. »

((

organise ainsi tout un système de recrute-

ment

clandestin, et le

appelle du

«

Frères

«

Frères insinuants

» qu'il

fait

dre de femmes, et

il

». Il

le

exercer par des

nom significatif de

projette aussi

formule

«Cet ordre aura deux classes

comme il
a3^ant

leur secret à part; la première sera

<c

sée de

«

femmes

avec

le

légères... »

et la

De même,

le rôle

:

compo-

seconde de
il

plus grand soin à bien

aux adeptes

suit

chacune

ce

femmes vertueuses,

un or-

s'ingénie
attribuer

qui leur convient spécia-

lement. «Attachez-vous, prescrit-il aux Frères
«

insinuants, à des

«

garçons.

hommes

Quand on

bien

sait les

faits,

former,

beaux

ils

sont

ET

L.V

RÉVOLUTION FRANÇAISE

27

«

plus propres aux négociations.

«

pas de ceux qu'on peut charger d'une émeute

«

ou du soin de soulever

«

pour cela aussi

«

monde...

»

le

ne sont

Ils

peuple^ mais c'est

Et où va-t-il recruter ses adep-

mondes

tes? Partout, mais surtout dans les


et

ne se doute pas

l'on
il

ordonne

:

«

en avoir,

qu'il puisse

Vous devez sans cesse former

nouveaux plans

((de

son

qu'il faut savoir choisir

afin

comment

de voir

«

on peut, dans vos provinces, s'emparer de

((

l'éducation

du

publique,

((ecclésiastique, des chaires
((

et

de prédication...

adepte

?

»

d'enseignement

Et comment se

prend

L'adepte

gouvernement

faire,

par écrit,

la

et

un

nom

d'abord un

secret, approprié à son caractère,

portera dans l'Ordre.

fait

qu'il

Ensuite, on lui

fait

confession détaillée de

toute sa vie, et on garde toujours cette confession écrite, par

laquelle on le tient

pour

on

l'en-

l'avenir. Puis, sans qu'il s'en doute,

toure d'espions,
teurs
((

»,

et

appelés

Weishaupt,

scrutateurs »

((

ici,

Frères
adresse

scrutaà

ces

environ quinze cents ques-

tions sur les goûts, les relations,

la vie,

les

LA FRANC-MAÇONNERIE

28

moindres habitudes de Tespion-

vices, et les

né.
(c

va jusqu'à leur enjoindre de savoirs

Il

dormeur,

est

« s'il

est facile

«impression

rêve et

s'il

s'il

parle en rêvant,

ou

difficile à réveiller, et quelle

fait

sur lui un réveil subit».

Et quel personnage pourra être, dans
l'illuministe
a II

le

code, avoir

l'air

de rem-

quelque fonction publique, en faveur

mêmes

«

de ces

((

tien doit être

puissances dont

son unique objet.

haupt conclut textuellement

membres de

destruc-

la
»

Et Weis-

a

Ainsi, tous

ces sociétés

tendant au

:

«

les

((

même but, s'appuyantles

«

et

«

selle,

doivent chercher

«

ment,

et

((

sur les

a

de toute religion, souffler partout un

«

esprit dans le plus

«

toute l'activité possible...» Puis,

«

Cet empire une

«

multitude des adeptes, que

« à

la vie,

éprouvé par toutes ces épreuves?

pourra, stipule

« plir

s'il

dont

le

vœu

est

uns sur les autres,

une révolution univerà

dominer

invisible-

sans apparence de moyens violents,

hommes

de tout

étal,

de toute nation,

grand silence
il

môme

et

avec

ajoute

:

fois établi par l'union et la

l'empire invisible

!

la

force succède

Liez les mains à tous

29

ET LA lŒVOLUTIO>' FRA>CAISE

mé-

«

ceux qui résistent l Subjuguez^ étouffez

(i

chaiiceté

c(

qui reste d'hommes que vous n'aurez pas pu

«

convaincre

dans son germe

/...

»

la

Ecrasez tout ce

!

Et quelle

physionomie,

avec tout cela, Weishaupt veut-il habituellement, dans le

monde

illuministe qui doit
à les détruire
«

aura

« le

l'air

?

d'un

si

sauvagement

travailler

Ecoutez bien encore

homme

bien,

bien, à

qui était le fond de
qu'il

absorbait

il

Il

qui ne cherche que

rilluminisme

Tépoque où

«

:

repos et qui s'est retiré des affaires

Eh

rie,

et la société, à cet

^.. »

correspondait

si

apparut, à tout ce

toute Franc-Maçonneet

fondait en

lui,

de

1780 à 1789, presque toutes les Loges du

monde

entier, et passait

pour y compter, dès

1782, environ trois millions d'adeptes. L'im-

mense

majorité, d'ailleurs, ignorait absolu-

ment toutes ces instructions

et tout ce

code

de brigands. Elle ignorait encore bien davantage ce qui n'y était

même

plus écrit. Mais

un vaste mouvement illuministe n'en
1.

Voir,

Weishaupt.

aux Documents,

le

code

et

les

entraî-

instructions

Je

LA FRANC-MAÇONNERIE

30
nait pas

moins

Loges de tous

les

les pays,

comme un mouvement maçonnique avait déjà,
précédemment, entraîné

Weis-

la société, et

haupt, en 1781, convoquait pour l'année suivante, à
la

Wilhelmsbad, un grand congrès de

Franc-Maçonnerie universelle, où

les dé-

légations arrivaient en masse, de France, de

Belgique, de Suède,

d'Angleterre,

d'Italie,

d'Espagne, d'Amérique, de tous les points

du globe
qu'on

exact,

Est-il

!

XVI

et

dit,

l'a

dix ans d'avance, dans cette

ait arrêté,

tenue de Wilhemsbad,
Louis

comme on
mise

la

presque toute

la

mort

à

Terreur

?

de

On

peut affirmer, dans tous les cas, que, trois
ans plus tard,
celle

la

mort du

roi

lettre

juive, de
Il

Drumont

y a dans

«Mathieu
«

comme

dans la France

:

mon

à la date

et citée

pays, écrit le cardinal

du

7 avril 1875,

que je puis vous donner comme

«y eut

l'atteste

du cardinal Mathieu, archevêque

de Besançon, rappelée

((

et

de Louis XVI étaient décidées dans une

tenue de Francfort, en 1785,

une

de Suède

à Francfort,

un

détail

certain.

Il

en 1785, une assemblée

I^^y^.

..-,OLUTION FRA^ÇAISE

31

^*^( de Franc-Maçons ou furent convoqués deux
«

hommes

considérables de Besançon, qui

de

« faisaient partie
«

la

Société,

mond, inspecteur des

((de

M. de Rey-

postes, et

M. Maire

Bouligney, président du Parlement. Dans

((Cette

réunion

le

meurtre du

XVI

roi

de Suède

MM.

et

de

<(

celui de Louis

((

Reymond et de Bouligney revinrent conster-

((

nés, en se promettant de ne jamais remettre

((

<(

((

dans une Loge,

les pieds
le

furent résolus.

et

de se garder

Le dernier survivant Ta

secret.

dit

à

M. Bourgon... Vous avez pu en entendre
car

une grande répu-

((

parler

((

tation de probité, de droiture et de fermeté

«

parmi nous.

ici,

il

Je

a laissé

l'ai

beaucoup connu,

((

pendant bien longtemps,

((

Besançon depuis quarante-deux ans.

Ce qu'on
que
avait

la

sait aussi, et

car je

à

»

avec certitude, c'est

réunion de Wilhemsbad, en 1782,

un épilogue dans

tions désespérées

Le comte de

le

genre des révéla-

du malheureux M. Leroy.

Virieu, sur qui les lUuministes

avaient cru pouvoir compter, et qui avait
partie

et

suis

de

la

délégation

française,

fait

revenait

LA FRANC-MAÇONNERIE

32
terrifié

du Congrès, déclarait quitter la

disait au

et
((

ce

baron de Gilliers

:

Je ne vous révélerai pas ce qui s' est passé ;

que je puis seulement vous

dire, c'est

tout ceci est autrement sérieux que

La

pensez.

sible
1.

Et

à la Monarchie

la

vous ne

pour ainsi

et

dire impos-

à V Eglise d'y échap-

y>

comte de Yirieu

le

terrifié

de

que

conspiration qui se trame est si

bien ourdie quHl sera

per

secte,

n'était

le seul

jDas

par ces assises et qui se relirait alors

Maçonnerie avec épouvante. D'autres

faisaient

comme

Beauregard
Royaliste^

vicomte

et le

lui,

raconte,

la fin

marquis Costa de

dans

Roman d^un

le

tragique d'un de ceux-là, du

de Wall, ami

des Yirieu

et

des

Rohan-Chabot. Le vicomte de Wall reçoit un
jour une

lettre à

laquelle

il

se

trouble,

déclare qu'il s'agit d'un rendez-vous

Fon-

à

tainebleau, s'y rend, et s'y rencontre, en effet,

avec des individus qu'on devine allemands à
leur façon de parler. Puis, on déjeune, on
1. Marquis Costa de Beauregard, le Roman d'un Royaliste:
Souvenirs du comte de Virieu, p. 44.
,

ET LA REVOLUTIO^• FRA>ÇAISE

33

part pour la forêt, et personne n'en revient.

Fatigué d'attendre,

le

cocher du vicomte, au

bout de quatre jours, retourne seul à Paris,
le

et

chien d'un garde, quelques semaines plus

tard, découvrait sous

dans un fossé de

un

tas

de feuilles sèches,

la forêt,

un cadavre enve-

loppé dans un manteau...

C'était celui

de

M. de Wall!
Enfin, c'est également encore à cette épo-

que que l'écrivain Cazotte, qui
aux Illuministes français,

un diner,

avait appartenu

faisait

un

soir,

dans

cette soi-disant prophétie dont la

réalisation devait, évidemment, comporter une

part de coïncidence, mais qui était aussi, avant

tout,commecellesdeCagliostro, et sans aucun

doute possible, de l'information anticipée.
disait

11

aux convives qui s'en amusaient beau-

coup, trois ou quatre ans avant 1789

:

«

Vous,

«

Monsieur

<(

lesherbes, vous mourrez sur l'échafaud...

«

Vous, Madame, on vous conduira en char-

ge

rette, les

«

place des exécutions.

<i

prophète, lui répondait en riant

Bailly, et vous,

mains

Monsieur de Ma-

liées derrière le dos, à la

— Mais, Monsieur
la

le

duchesse

-

LA FRANC-MAÇONNERIE

34
«

«
((

me

de Grammont, ne

laisserez-vous pas

— Non, Madame,

au moins un confesseur?
non,

lui

répondait Gazotte

((

non, vous n'en aurez pas, et

((

plicié qui

Nous

même,

énigmatique,
dernier sup-

le

en aura un, ce sera

donc arrivés

voici

à cette série

le roi

!...

»

Révolution

à la

de journées tragiques

les historiens n'expliquent pas,

que

^

nous allons peut-être,

mais que

présent, voir s'ex-

à

pliquer à la lumière des Loges...

Quel

même

est,

en France

de 1789,

l'état

Nous constatons
faits

de

ici

et à Paris, à la veille
la

Franc-Maçonnerie

un certain nombre de

d'une importance capitale. Premier

la statistique

même

?

fait

:

des Loges en 1787, que

nous fournit Barruel,

et

que voici

:

«

En

«

France seulement,

«

pondance du Grand-Maître,

«

d'Orléans, ne nous montre pas moins de

«

le

tableau de la corresle

deux cent quatre-vingt-deux

duc Philippe

villes

ayant

((

chacune des Loges régulières. Dans Paris

<(

seulement, on en comptait quatre-vingt
1.

Louis Blanc, Histoire de la Révolution française,
Les révolutionnaires mystiques.

cliap.

m

:

liv. I,

ET LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
« une..., seize à

«cinq

35

Lyon..., sept à Bordeaux...,

à Nantes...,

six à Marseille..., dix à

même

«

Montpellier..., dix à Toulouse... Et le

«

lableau des correspondances, imprimé pour

«

l'usage des Frères, nous

c(

par le

«

Ghambéry en Savoie, de Locle en

«

de Bruxelles dans

«

de Liège, de

même

montre dirigées

Grand-Maître, les Loges de

le

Suisse,

Brabant, de Cologne,

Spa'i... » Et toutes ces

sont reliées les unes aux autres.

Un

Loges

seul

mot

d'ordre, lancé de Paris, est porté à toutes, où

chaque vénérable

est

engagé par serment

le faire exécuter. C'est la centralisation

çonnique, précédant
tionnaire, et

la

ma-

centralisation révolu-

manœuvrant

immense mécanisme...

à

déjà

Second

comme un
fait:

nous

trouvons, dans les Loges de Paris, tous les

hommes que nous retrouverons, deux ou trois
ans plus tard, dans les clubs, les émeutes, les
comités, les journaux et les assemblées. C'est
la

Loge des Neuf sœurs où nous voyons Con-

dorcet, Brissot, Garai, Bailly,

Camille Des-

moulins, Fourcroy, Danton, Chénier, Lamet1.

Barrue], Mémoires,

t.

V, chap.

xi.

LA iRA^'C-MÂÇO^'NERIE

36
trie,

la

Champfort, Rabaud-Saint-Elienne. C'est

Loge

Candeur^ ou nous rencontrons

la

Lafayetle, les frères Lameth, Laclos, Sillery,
le

duc d'Aiguillon,

lotin.

fameux docteur Guil-

Ce sont encore d'autres Loges où nous
également Fauchet, Sieyès,

rencontrerons

dom

et le

Gerle, Carra, Chabot, Pélion, Barnave,

Guadet, Mirabeau, Duport, Pastoret, Marat,
Robespierre,

et,

avec

eux,

une

quantité

considérable de grands seigneurs,

de

la

Rochefoucauld,

vicomte de Noailles,

le
le

comte d'Aumont,

le

comte de Praslin,

le

marquis de Montalembert,
mas,

le

vicomte de Da-

tard,

joueront

le rôle le

plus en

début du drame révolutionnaire...

Troisième
et

le

comte de Montmorin... Tous aussi,

un peu plus
vue, au

duc

prince de Broglie, le

le

comte de Castellane,

le

fait

dans toute

la

:

toutes ces Loges, à Paris

France, ont été illuminisées

par l'intermédiaire de
nis^ installée

rue de

la

la

Loge

les

Amis réu^

Sourdière, et présidée

par Savalette de Lange. Ce Savalette de Lange
est

garde du Trésor royal de Louis XVI,

mais se révélera ensuite, lorsque

le

moment

ET LA RÉVOLUTION FRANXAISE
sera

venu, subitement terroriste

ces

Loges avaient donc bien

37

^.

Toutes

mot

pour

d'ordre l'une des prescriptions maîtresses du

codeilluministe

:

«

Le frère illuminis te pourra

avoir Vair de remplir quelque fonction

en faveur de

blique

ces

pU'

mêmes puissances

Sous ce Grand Orient, une Loge plus spécialement
de la correspondance étrangère était, à Paris, la
Loge appelée des Amis Réunis. Dans celle-ci, se distinguait
1.

«...

chargée

fameux révolutionnaire Savalette de Lange. Cet
de la Garde du Trésor Royal, c'est-à-dire
honoré de toute la confiance qu'aurait pu mériter le sujet le
plus fidèle, était en même temps l'homme de tous les mystères, de toutes les Loges et de tous les complots. Pour les
réunir tous, il avait fait de sa Loge le mélange de tous les
surtout le

adepte, chargé

Systèmes sophistiques, martinistes et maçonniques. Mais
pour en imposer davantage au public, il en avait fait aussi
en quelque sorte la Loge des plaisirs et du luxe de l'Aristocratie. Une musique mélodieuse, les concerts et les bals y
appelaient les Frères du haut parage

pompeux
pour que

;

ils

y accouraient en

équipage. Les alentours étaient munis de gardes,
la multitude des voitjires

ne causât point de désor-

du Roi même
que ces fêtes se célébraient. La Loge était brillante, les Crésus
de la Maçonnerie fournissaient aux dépenses de l'orchestre,
dre. C'était en quelque sorte sous les auspices

des flambeaux, des rafraîchissements, et de tous les plaisirs
croyaient être le seul objet de leurs réunions

qu'ils

;

mais,

tandis que les Frères, avec leurs adeptes femelles, ou dansaient,

ou chantaient, dans

la salle

leur égaUté et de leur liberté,

un comité

ils

commune,

les

douceurs de

ignoraient qu'au-dessus d'eux

où tout se préparait pour étendre
au delà de la Loge, sur les rangs et les
fortunes, sur les châteaux et les chaumières, sur les marquis
et les bourgeois... » (Barruel, Mémoires^ t. V, chap. xi.)
était

secret,

bientôt ce'te égalité

LA FRANC-MAÇONNERIE

38

dont la destruction est son unique

Quatrième

fait,

saisissant

:

une modification

troduite,

à

objet... »

qui est peut-être

et

cette époque,

le

plus

capitale est in-

dans

le

recrute-

ment maçonnique. Les Loges, jusque-là, ne
que des hommes d'un certain

s'affiliaient

rang, des nobles, des artistes, des écrivains,

négociants, des

des

même

ou

bourgeois,

des petits bourgeois, mais ne descendaient
jamais plus bas. Tout à coup, en 1787, elles
s'affilient

des

crocheteurs,

des

portefaix,

des rôdeurs, des flotteurs de bois, des

dur

)),

tape-

de brigands de rues

et toutes sortes

ou de grands chemins, d'assassins
faiteurs

«

et

de mal-

Subitement aussi,

de profession.

on reçoit en masse, par ordre du grand maître le

duc d'Orléans, des multitudes de gar-

des-françaises,

les

leurs

et

maçons de longue

officiers,

date, quittent

Loges, pour ne pas

francs-

même

alors

s'y rencontrer, sur le

pied de l'égalité, avec leurs subordonnés
Ainsi, la

Franc-Maçonnerie

degré de l'extension, de
1.

Barruel, Mémoires,

t.

la

V, chap.

au

puissance
ii,

p. 97.

^.

dernier
et

de

la

39

ET LA RÉVOLUTIO>' FRANÇAISE

Loges de Paris réunissant

centralisation, les
les

hommes

de

la

qui seront tous également ceux

Révolution, ces Loges ralliées

minisme qui poursuit, par
retour

sauvage

à l'état

la

et la

à TIllu-

conjuration, le

destruction des

nationalités, enfin les bandits et les assassins

de métier tout
res», de
dats

au

même

voilà

:

coup recrutés comme

à

exactement où nous en sommes,
se succéder, avec

une pré-

une rapidité sans précédents,

cipitation et

les tableaux

machinés d'un opéra,

l'apparition

du Club des Jacobins,

la Bastille,

les

paniques de

Frè-

qu'un grand nombre de sol-

moment où vont

comme

«

la

la

prise de

incendies des châteaux, les
province, les journées d'Octo-

bre, le 20 juin, le 10 août, les massacres de

Septembre, puis l'emprisonnement du Roi, sa

condamnation

et sa

Et, d'abord, le

mort.

Club des Jacobins... Qu'est-

ce exactement, que le Club des Jacobins

?

Le Club des Jacobins, avec son club central

de

à
la

Paris,

et

province,

ses
c'est

clubs correspondants
la

Franc-Maçonnerie

elle-même, avec ses deux cent quatre-vingt-



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