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the 100 personnage .pdf



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NIKITA VON DER SCHREIBER
"L'écrivain"
Passionné est son seul qualificatif viable.
Passionné dans sa misanthropie, passionné dans ses contemplations du tout, d'un rien. Regard passionné. Mots passionnés. Des récits
pour lui même, au coin de sa cellule, passionnés, bien sûr. Passionné par la lumière blanche qui le surplombe. Passionné par la
froideur du fer, contre son dos. Passionné par les mouvements humains, par leur comportement, leur démarche, leurs larmes, ou
leurs sourires. Plus souvent leurs larmes.
De longues années, victime passionnelle d'autres captifs passionnants.
Le pourquoi exalté du comment : crime alangui, mettant un point final au livre d'une histoire d'amour tout aussi enivrée.
Nulle diplôme de psychologie n'est nécessaire pour comprendre la gravité des défauts qui habitent l'esprit de Nikita Von Der
Schreiber. "Artiste déficient, arriéré ayant cru atteindre l'illumination". Diagnostique passionnant. Médecins passionnants.
Il les blesse, pour les tester , pour apprendre un peu plus des réactions humaines. Humain, il ne se sent pas l'être.
Nikita est seulement l’œil interrogatif qui se pose sur les civilisations, il est la bouche pleine de questions, l'observateur,
l'examinateur, et il se complait à cette seule tâche. Il les blesse donc, encourt une peine d'autant plus importante.
On l'enferme ?
L'acte est foudroyant d'ivresse, ça lui convient. Tant de fièvre, tant d'électricité, un tel flot d'effervescence, il ne peut espérer mieux.
Une cellule minuscule, une lucarne tout aussi insignifiante, par laquelle a-t-il tout au plus la possibilité d'observer quelques étoiles,
c'est magnifique. Une caméra pour le surveiller, qu'elle fasse. Se faire prendre pour la victime attitrée des plus forts prisonniers, des
plus massifs, il s'en délecte presque. Des repas fétides, il les apprécie.Il apprécie tout, observe tout dans la plus grande des docilités,
et souris à chaque passant, s'amusant du moindre de leurs tics, de leurs plus infimes vibrations corporelles.Un jour, il demande qu'on
lui fasse parvenir une craie, comme l'on faisait avant, de ce que l'on dit dans ses livres. Sans d’innombrables tergiversations, il
obtient son dû, et dès lors, entreprend de recouvrir les murs, le sol, ne serait-ce que les fixations de son lit, de ses observations. Dès
que l'on passe devant sa cellule, l'inspiration lui vient. Il se laisse à imaginer l'histoire des gardiens de prison, l'histoire de chacun des
détenus, s'interroge, craie sur fer "comment réagirait-il si je faisais ça, si je lui faisais ça, comment réagiraient-ils tous, si je faisais
cela ? Lui, que ferait-il, si un soir, dans son dos se trouvait mon ombre, qu'il la sentait, et qu'il sentait l'odeur de la mort ?". Il note
tout. Il marque tout, se fait bientôt taxer d'un surnom qui résonne aux oreilles de tous comme celui d'un fou :"L'écrivain". Il se
délecte, une fois de plus. Et n'est plus la victime d'aucun des forts de la prison ; par sa simple nature, c'est lui, désormais, qui
effraie.Le dos contre le mur de fer de sa cellule, les yeux rêveurs, une craie à la main, une esquisse de sourire béat aux lèvres, son
visage tourné vers les sommets.

Sevastyan "Sev" Stakharov
Sevastyan est bipolaire. Étrange, n'est-ce pas ? Pas vraiment en réalité, puisqu'en vivant sur l'Arche, développer une
maladie mentale est bien plus simple qu'on ne peux se l'imaginer. Quand on vous oblige, tout les jours, à observer la
terre de votre petite cabine dans l'espace en voyant défiler une multitude de personnes amorphes qui depuis des
années, espèrent retourner sur leur jolie planète bleue, ça à de quoi déprimer.Ou peut-être est-ce simplement dû à son
père. Vous savez, celui qui dans les années 2123, s'est avéré être l'auteur d'une fusillade dans le compartiment C du
vaisseau ? Oui, lui. Beaucoup parle à son sujet, puisqu'en plusieurs années, ce dernier à bien été le seul à remettre en
cause l'ordre établit par le Chancelier. Le Chancelier, celui qui dirige, élu à l'unanimité par le conseil de l'Arche. Mais
enfin. On affirme de toute façon que monsieur Stakharov était aussi atteint mentalement que son fils, Sevastyan.
Ce dernier, néanmoins, ne se considère pas comme un malade. Il n'aime pas qu'on le provoque, c'est bien normal. Son
arrivée en prison n'est que l'effet d'une petite centaines de choses ridicules, minimes, futiles, sans grands intérêts. Il
s'avère qu'un gars d'un autre compartiment l'a, un matin, provoqué à propos d'une histoire de nourriture. Rien de bien
compliqué. En réalité, Sevastyan s'est juste et très simplement contenté de le tabasser à mort, après s'être rendu
compte que cet imbécile essayait de lui voler son dû. Ce n'était pas très grave, personne ne semblait avoir d'attache
avec cet idiot. Et puis, sur le coup, Sevastyan n'y avait pas réfléchi, ça lui apparaissait comme une évidence : La colère
était bien trop forte.
Cependant, ce ne fut pas ce que le conseil compris, en le voyant couvert de sang, face au cadavre inerte du jeune
garçon. Quels bande d'imbéciles. On l'a envoyé en prison, il était à peine âgé de douze ans. Pendant plusieurs années,
on s'est simplement appliquer à l'enfermer, se contentant de lui donner à manger à travers l'ouverture qui composait la
petite porte grise, celle qui servait d'entrée à quiconque aurait voulu lui parler.
Mais personne n'est jamais venu lui parler.
Alors, Sevastyan s'est contenté d'attendre. Longtemps, il a attendu, avant qu'un homme ne vienne lui rendre visite. Il ne
le voyait pas, il entendait juste sa voix, qui se contentait de lui porter compagnie, quand il se sentait trop seul. Ou entre
deux crises d’angoisses. Lorsqu'il essayait de dormir, aussi. Difficile de fermer l’œil quand on vous hurle des ordres à
l'oreille. Parfois, Sevastyan, enfermé dans sa cellule, se contentait de dessiner. Il aimait bien dessiner. Il écrivait les
prénoms de ceux qui venaient lui parler. Des mots, parfois des lettres ou des numéros.
Mais le plus important, pour Sevastyan, se trouvait dans le fait même de pouvoir s'assurer qu'il pourrait, un jour,
éliminer ces abrutis du conseil. Evidemment, quand trois hommes armés sont entrés à l'intérieur de sa cellule, il a très
vite compris que ça ne serait pas pour aujourd'hui. La majorité, déjà ? Non. Non, on voulait juste l'envoyer sur Terre,
avec d'autres jeunes de son age. Et d'ailleurs, combien de temps n'avait-il pas vu des gens de son age ? Des années.
Des mois. Des jours ou des heures peut-être. Tout dépendait de ce qu'on entendait par "voir".

Archibald "Arch" Ó'Creachmhaoil
Archibald est un adolescent parfaitement normal. Tout le monde le connait, tout le monde sait aussi qu'il ne
s'agit pas ici d'un criminel hors pair, plutôt d'un gars particulièrement agaçant, qui sait se foutre dans la merde
comme personne. Si Archibald possède un prénom aussi amusant que sa tête, il reste bien plus intelligent
qu'il ne peut le laisser croire.
Comment il a pu atterrir en prison, donc ? Un malentendu, voilà tout. Archibald était petit, Archibald était con,
et Archibald s'était foutu en tête, le jour de ses treize ans, de voler le repas d'un blondinet d'environs le même
age, qui mangeait tout seul dans son coin. Il semblait tout mignon, tout gentil, tout inoffensif : Le gamin, en se
défendant, lui avait cassé trois côtes, faillit crever son œil droit, s'était amusé à lui arracher quelques dents, et
s'était retrouvé en prison. Comme lui, puisque le conseil, aussi inutile soit cette merde, eu la bonne idée de
l'envoyer croupir dans une cellule après cette histoire, se contentant d'un justificatif aussi argumenté que
"voler c'est mal".
A treize ans, donc, Arch s'était fait enfermé comme un con. C'est à partir de ce jour, qu'il s'est retrouvé tout
seul à l'intérieur de sa cellule, ses journées parfois ponctuées par les visites de ses amis. Et de ses parents,
aussi. Jusqu'à un certain temps. Jusqu'à ce qu'on lui apprenne, somme toute, qu'il allait retourner sur Terre
avec une bande de criminels, et pouvoir tester à leur côté les propriétés salvatrice de l'air frais de la nature.
Génial, absolument génial.
Et tout ça à cause d'un certain Sevastyan, un malade mental sur lequel il avait eu la merveilleuse idée de
tomber alors qu'il n'était encore qu'un enfant.

Tobias "Prophet" Eisley
le dealer

Pas donné à tout le monde, d'être surnommé Prophète, hein.
Ce sobriquet des plus modestes, Toby le doit à deux facteurs. D'une part, son prénom biblique. D'autre part, sa
familiarité avec tout ce qui se fait comme plantes plus ou moins radioactives qui vous donnent la nette impression
d'entrer en contact avec Dieu.
Oui, Tobias et son herbe sont les responsables d'un certain nombre d'overdoses à bord de l'Arche. Plutôt qu'un dealer, il
préfère se considérer comme un intermédiaire entre ses clients et une puissance supérieure qu'un simple petit joint peut
vous permettre d'atteindre. Rien que des services rendus aux fidèles, somme toute. Et en plus, c'était pour une noble
cause. Tout le blé récolté avec son petit marché aux aromates servait à payer les soins de sa grande soeur, Ruth, et du
cancer qui lui bouffait les tripes. Une bien honorable existence.
Malheureusement, ce n'était pas exactement l'avis du Chancelier. Pourtant, dans un vaisseau qui s'appelait l'Arche, on
aurait pu s'attendre à un minimum de spiritualité.
Mais non. Toby s'était retrouvé dans un réduit mal aéré, à 17 ans à peine. Et ça n'avait été que le commencement de sa
déchéance. Ruth avait été prise dans une fusillade déclenchée par un malade dans une aile du vaisseau et avait
succombé, laissant Tobias seul face à des murs vides avec pour seule compagnie une petite voix à l'arrière de sa tête.
La même petite voix que la plupart des prisonniers apprenaient à connaître, après deux ans d'emprisonnement.
A 19 ans, Tobias se disait avec un certain soulagement qu'il n'aurait plus que deux ans à traîner avant d'être expédié ad
patres. Rendre une petite visite à celui à qui il faisait coucou lorsqu'il lui prenait l'envie de tester sa propre cam.
Mais il fallait croire que ce sacré Chancelier avait d'autres plans pour lui.

Elizabeth "Lzzy" Hale
l'empoisonneuse
Visage d'ange et diable au corps.
Un nom doux, des yeux purs, la naïve innocence d'un enfant de 12 ans.
Déjà l'âme noire et maculée de sang de Jack l'Eventreur.
Laissez vous surprendre par l'oxymore vivant d'Elizabeth Hale, Lzzy l'Empoisonneuse.
Dans les geôles de l'Arche, elle tient fièrement son rôle de benjamine. Personne ne semble savoir pour quelle raison
une enfant de douze ans à l'air inoffensif peut bien s'être retrouvée dans le collimateur du Chancelier. A vrai dire, pour
tous ses co détenus, elle n'est qu'une énième victime innocente du système de l'Arche.
Fort peu savent la vérité, toute la vérité, dans sa repoussante nudité.
Elizabeth, douze ans. Fille du responsable de l'Eau.
A empoisonné une trentaine de personne au cyanure à travers leurs canalisations.
Vous savez comme les enfants sont joueurs. Lzzy, en introduisant le poison dans les tuyaux, aimait assez l'idée de tuer
au hasard la première personne qui ouvrirait son robinet.
Dans un carnet, caché sous son oreiller, elle gardait, bien alignés, les noms de toutes ses victimes. Comme un sinistre
agenda.
Son père a fini par trouver ce carnet. Il a eu peur. L'imbécile, il a eu peur de son propre enfant. Il a menacé de la livrer
au Chancelier.
Alors Elizabeth a glissé la dose qu'elle réservait aux canalisations dans le thé de son père.
Ainsi que dans celui de sa mère et de ses deux frères, pour faire bonne mesure.
Mais dans l'Arche, une petite empoisonneuse orpheline ne va pas bien loin avant d'être rattrapée par la justice. Ainsi
s'est elle retrouvée à croupir dans une geôle, attendant sa majorité de pouvoir être exécutée pour ses crimes, histoire
de gagner de l'oxygène pour le reste du vaisseau.
Et maintenant, cette histoire de Terre surgit. Pour tous, il ne fait aucun doute que si quelqu'un doit y passer, ça sera la
fragile Elizabeth en premier. Elle n'a ni la santé, ni l'endurance, ni la puissance pour survivre à un environnement
hostile.
Elizabeth pourra bien crever. Mais Lzzy se laissera pas faire.

Kathleen Koulibiac(de saumon)
la catin

. .

Les putes se classent en deux catégories.
Les putes au sens figuré, et les putes au sens propre.
Kathleen, ou Kat pour les intimes, présente la rare particularité d'être une pute entière et complète.
Avec son décolleté battant au vent et ses regards mignards, c'était vrai qu'elle faisait bien plus que ses 16 ans. A cette
époque, elle avait pu tester les draps de plusieurs hauts dignitaires de l'Arche, sur qui elle exerçait par la suite un
chantage odieux, menaçant de les dénoncer pour abus sur mineure, après leur avoir naturellement fait payer leur nuit
de luxure au prix fort. Et de manière générale, la catin tchèque arrivait à les faire raquer deux fois de suite.
A l'heure de son apogée, elle aurait même pu rédiger une étude comparée sur les matelas de tout ce que l'Arche
comptait de riches pervers, tant son affaire était florissante. Malheureusement, les pigeons ont fini par se lasser de se
faire pigeonner. Appelez ça un bouleversement dans l'ordre de l'Univers si ça vous chante. Quoi qu'il en soit, la douce
catin a fini par tomber, entraînant dans sa chute, malgré tout, la plupart des noms dont sa cervelle atrophiée lui avait
permis de se rappeler.
Mais Kathy Kouliby n'est pas qu'une prostipute de luxe. Elle est aussi de la race des salopes, de la maison des
chieuses, et de confession connasse.
Alors méfiez vous du coup de fer du mauvais cheval.

Au compteur : 19 ans.
Faut pas croire, hein.
Je vous jure que ça avait bien commencé.
C'était un jeu, juste un jeu. On avait pas fait gaffe. On s'amusait, et puis lui aussi il riait, mais c'était peut-être un
peu violent. J'en sais rien, moi. Qu'est-ce que je pourrais en savoir ? C'était y a onze ans. On était des gosses. Ce
petit, là, il avait juste oublié les règles du jeu. Ok, il lui avait pas fait grand chose, à Aylin, je crois qu'il lui avait juste
tiré les cheveux. Il voulait même pas être méchant, je parie. Mais elle s'est mise à pleurer, pas fort hein, tout
doucement, et ça m'a stoppé net. Avant qu'on nous sépare, on était les gosses les plus unis de l'Arche, mais je
pense que ça, ce foutu Chancelier s'en foutait complètement. Alors ouais, même onze ans après j'avoue que je
suis même pas sûr de regretter de m'être jeté sur ce gamin, si c'était pour elle.
Ça a réellement dégénéré au moment où il lui a éclaté un verre au visage. On était en train de manger, et
personne n'était encore intervenu. On avait quoi, huit ans, huit ans et demi ? J'ai attrapé le premier truc qui m'est
venu sous la main.
Putain, les mecs, j'ai tué un gosse, quoi.
C'était pour la bonne cause. A ce rythme-là, j'aurais tout aussi bien pu aller me faire foutre, vu l'attention qu'ils ont
porté à l'affaire. Je sais pas ce qu'ils ont fait du corps, mais les deux vivants restants sur les trois jugés coupables,
ils les ont enfermés. Ils ont été vicieux, ces connards. Particulièrement vicieux. Ça fait maintenant onze ans que
ma sœur est en face de moi, qu'on est séparés par quelques mètres seulement, et qu'on se regarde à travers une
foutue vitre. Sans se parler.
Sans réellement se voir, aussi.
Onze ans qu'ils nous mettent face à l'évidence même qu'on n'a plus rien à faire ensemble, parce qu'on est des
criminels, parce qu'on a soi-disant tué un gosse. Nous ? Non, et ils le savent pertinemment. Nous, on a tué
personne.
Moi, j'ai tué quelqu'un. J'ai une bonne raison d'être là où je suis actuellement.
Aylin, c'était juste pour qu'ils puissent jouir sur la torture mentale de deux gamins, qu'ils l'ont enfermée dans une
cellule insonorisé.
Et maintenant, après onze ans de culpabilité, à regarder quelqu'un grandir sans vraiment pouvoir la reconnaître, à
me traîner ma propre et stupide voix qui me sert de conscience, je crois que je suis même plus tout à fait normal.
Onze ans de cette putain de solitude, les gars. Onze ans, c'est long. Je sais même plus comment je dois me
comporter avec les autres, parce que j'ai arrêté de me comporter normalement avec moi-même. Vous savez, je
suis comme ces animaux qu'on observe, au zoo. Ces trucs exotiques, qui débarquent de loin, qui sont pas à leur
place, qui savent pas quoi faire, qui ne comprennent rien à eux-même et aux autres. Je suis un étranger à moimême.
Mais ce temps est révolu, maintenant, c'est bien ce qu'on m'a dit. Ce qu'on nous a dit. A nous cent. Retour aux
origines : la planète bleue nous tends les bras, à ce qui paraît. Marrant. J'ai hâte de voir ça. De l'air pur, une
planète rien qu'à nous, avec une centaine de prisonniers, après tout ce temps passé dans une cellule grise, sans
entendre d'autre son que le ronronnement de l'Arche, autant vous dire que c'est encore mieux que la mort.
Bah, au moins y aura Aylin.

Au compteur : 17 ans.
Je sais même plus combien de temps ça fait que je suis ici.
Y a personne qui répond quand je le demande.
Je crois que la seule chose que je n'ai pas oublié, ici, c'est mon prénom, et celui de mon frère. Le reste ? J'en sais
rien. Ça fait trop longtemps qu'on m'a pas sorti de là, trop longtemps que j'ai pas entendu ne serait-ce que le son
d'une voix. Si, la mienne. Parfois j'écoute ma voix. Juste pour me dire que quoi, que je suis là, encore ? Et plus le
temps passe, plus je me demande quand est-ce qu'il ne sera plus là. Personne ne le sait, parce que personne
n'est à l'intérieur de ma tête, mais c'est lui le plus grand. Et si ils nous ont mis à cette distance l'un de l'autre, on ne
me cachera pas que ça leur ferait bien plaisir de voir la tête qu'on tirerait le jour de son exécution.
Tout ça pour une histoire de gosse. Ou de vengeance. C'est stupide.
Mais sur le coup, j'ai pas trouvé ça stupide. Parce que ça faisait mal, parce que je pleurais, et qu'il y avait des
hurlements partout. Et du sang. J'en avais partout sur moi, du sang de ce garçon. Ricky Meltcher. Du sang, et des
éclats de verre. Le Chancelier m'a même surnommé la petite reine Cristal.
Sur le coup j'ai souri.
Je crois que j'ai compris des années après, seulement, que c'était loin d'être un gentil surnom. C'était même plutôt
méchant, surtout avant de me jeter dans une cellule en attendant l'exécution finale, mais tant pis. J'avais six ans,
à l'époque, on m'en demandait pas tant. Et mon frère, la même sentence. Les premiers temps, on passait des
heures à essayer de communiquer à travers cette vitre là. Parfois on posait juste nos mains sur la paroi de verre
et on se regardaient, séparés par quatre mètres de vide. Il m'a manqué. De ce jour, jusqu'à maintenant, il n'a pas
arrêté de me manquer.
Il voulait pas vraiment le tuer, j'en suis persuadée. Il voulait juste... me protéger ? C'était ce qu'il avait expliqué.
Mais qui écouterait un gamin de huit ans ? Tout ce que le Chancelier a bien voulu retenir, c'était qu'il avait tué
Ricky, et qu'il l'avait fait consciemment. Ils avaient évoqué l'hypothèse d'une maladie mentale, mais Reese n'était
pas malade. Il ne l'est pas, même aujourd'hui. Je le sais.
On a arrêté de communiquer. Parfois, on se tourne le dos, juste pour regarder l'espace, à travers l'autre paroi,
avec la terre, juste en-dessous. Je ne sais même plus à quoi ça rime, tout ça. Apparemment, on va y retourner.
Vous vous rendez compte ? Non, évidemment, puisque je suis toute seule. Je suis toujours toute seule. Je ne sais
plus ce que c'est que de vivre sans être seule. Mais non, y a une voix avec moi, dans ma tête. Parfois elle me dit
que je suis folle. Mais je sais que je suis bizarre, chérie, ne t'inquiètes pas.
C'est ma conscience. Et elle m'a dit autre chose.
On va y aller. On va y aller, et on est cent. Et Reese en fait partie. Cent prisonniers, cent criminels, sur cette
planète censée être irradiée. La plus belle chose de ma vie ; je vais enfin sortir d'ici. Et peu importe si c'est pour
mourir, je vais reparler à des gens ! Je ne sais plus ce que c'est. Tant pis. Je vais revoir mon frère, c'est sans
doute la meilleure chose que j'aurais pu souhaité, non ?
Je ne le connais plus. Mais je peux réapprendre, ça ne peut pas être si dur que ça. Enfin je crois. Après tout, je ne
sais même plus depuis combien de temps je suis ici. Combien d'années, déjà ?

Reby Devanaüs.
De son vrai nom Rebecca Treffanzine Liberty Igor Davanaüs.
Mais sinon, Reby, c'est bien.

Concrètement, Reby serait peut-être la fille la plus normale de cette expédition. Et étrangement, ce serait sans doute
aussi l'une de celle qui a été enfermé le plus longtemps. Étrange, étrange est sa vie, vous dis-je.
Elle est née un 26 juin. Cela n'a pas d'importance. Elle aime bien lire. Cela n'a pas d'importance. Elle aurait voulu
apprendre à jouer du piano, parce qu'elle avait lu que le piano pouvait composer de sublimes mélodies. Cela n'a pas
d'importance non plus.
La seule chose qui a de l'importance, si on en croit les responsables de l'Arche, sont ses parents.
Reby n'a pas vraiment tiré les bons numéros, le jour de sa naissance. Ses parents ne sont pas les plus clean qu'une
jeune fille puisse un jour rêver d'avoir. Pas seulement parce qu'ils étaient à moitié bourrés la plupart du temps. Aussi
parce qu'ils se fichaient royalement de leur fille.
Quand un jour les autorités ont débarqué pour embarquer les parents de Reby, (pour une histoire de vol et de
consommation abusive des ressources de l'Arche), vous pensez bien qu'ils n'ont trouvé personne. Sauf une petite fille,
toute bouclée, de 10 ans à peine. Reby, bien sur.
Et ils l'ont emmené à titre d'otages, pensant que les parents viendraient tôt ou tard réclamer leur gamine. Mais les
parents en questions avaient déjà essayé de se barrer et ils s'étaient fait descendre comme des cons. Reby était pas
bête au point de se douter qu'elle sortirait un jour. Elle avait peur, bien sûr. Parce qu'elle, elle n'avait rien fait. Alors elle
maquillait sa politesse sous des airs un peu moins aimable, pour ne pas que ça fasse trop bizarre.
Et pourtant, quand presque huit ans plus tard on vient lui dire qu'elle a été choisie pour être envoyé sur Terre,
accompagnée de quelques un de ses camarades, elle se rappelle de ses bouquins. La Terre. Avec la nature, et tout le
bordel. La Terre !
Si on lui avait dit qu'elle retournerait sur la Terre, huit ans auparavant, elle ne l'aurait pas cru. Surtout y retourner dans
ces conditions-là. Mais elle est bel et bien partie.

Eulalie "Lia" Ikanov-Arseniev

Eulalie, dite Lia, s'est toujours demandée d'où venait ses origines russes. Elle voulait remonter son arbre
généalogique jusqu'à trouver des traces de son passé, fouiner dans les secrets anciens, apercevoir les méandres
de ses ancêtres et y plonger pour passer des heures en rêvant de tous les rencontrer. Mais ici, cela
n'avait aucune importance. Aucune, puisqu'ici les origines, on s'en foutait. Il existait un seul et même pays, le
passé n'importait pas, et tout le monde s'était habitué à vivre ici, en tentant vaguement d'oublier combien la vie
avait été paisible il y a quelques siècles déjà.
Mais elle ne connaissait pas le vrai monde, la Terre, et donc ne regrettait rien. Elle avait passé toute son enfance
dans cette station spatiale. Elle la chérissait. Elle en connaissait les moindres recoins. Elle passait tout son temps
à courir ou à jouer à cache-cache avec les autres enfants. Et c'était toujours la meilleure à ce jeu, la dernière
qu'on trouvait, après plusieurs heures de recherche. Elle se souvenait même de la fois où les autres enfants
avaient appelé ses parents, paniqués. Elle avait bien ri.
Lorsqu'elle repensait à ça, seule dans sa minuscule cellule, il lui arrivait d'esquisser un sourire face à ces
souvenirs d'enfants. Une enfance heureuse. Une adolescence beaucoup moins.
Tout s'est enchaîné très vite. Lia devait avoisiner les 18 ans, lorsqu'elle s'embarqua dans une violente dispute
avec une jeune fille du même âge. Une embrouille à propos d'un mec, elle s'en rappelait vaguement. Elle gardait
son calme alors que l'autre fille lui balançait une flot d'insultes à la gueule. Les autres jeunes regardaient la
scène, déçus de ne pas voir la jeune fille réagir. Ils cherchaient à la pousser, ils voulaient du spectacle.
Et ils en eurent.Tout dérapa lorsque l'autre lui envoya une insulte de trop.
"Et d'où il sort ton nom d'ailleurs ? "Lia" ? C'est ta mère, la pauvre russe du coin qui te la chié ?"
Lia sembla soudain se réveiller. La jeune, fragile et timide jeune fille se transforma. Son sang bouillonnait dans
ses veines, alors qu'elle fixait avec une rage nouvelle l'autre fille. D'un geste, elle attrapa une bouteille posée sur
une table à proximité et l'éclata avec colère sur la tête de celle qui avait osé insulter sa mère.
Elle hurla de rage et sauta sur la fille, sonnée, lui attrapa la tête, et d'un coup sec, lui brisa les cervicales. Puis
elle se releva, tremblante.Le public la regardait, choqué. Le silence pesait. Lia sentit sa vue se troubler de rouge.
Un des éclats de verre s'était planté dans son front et le sang coulait sur son visage, l'empêchant de voir.
Elle tituba, fit quelques pas, laissant l'autre fille morte, gisant sur le sol.
Puis elle s'effondra.
Lorsqu'elle se réveilla, elle ne se trouvait pas dans sa chambre. Elle avait mal. Mal de partout. Mal à ses
membres, à son dos, à ses côtes. Mal à ses jambes, et surtout à son front. Elle le caressa, et compta les points
de suture. 5 en tout.Depuis ce jour là, la vie de Lia ne fut plus la même. Elle ne revit pas ses parents, et elle
ignorait si c'était parce qu'on leur interdisait ou si ils avaient trop honte de leur fille.
C'était pour toi, maman.
Elle resta 1 an en prison, avant qu'on lui annonce qu'elle partait. Où, elle ne savait pas, et elle s'en foutait
complètement, pour le dire, le tout était de savoir qu'elle allait enfin quitter cette cellule. La pauvre Lia avait à
présent bien changée. Son regard s'était éteint, ses yeux semblaient vides et son corps frêle et maigre tenait
difficilement droit. Son esprit restait hanté à tout jamais par ce crime qu'elle avait commis. Seule la lueur d'espoir
de ce départ déclenchait des émotions qu'elle n'avait pas ressenti qu'il y a très longtemps. Peut-être pourrait-elle
cette fois expier ses péchés et prendre un nouveau départ. Apprendre à revivre de nouveau.

Elliot Zygler
Quel avenir peut-on espérer pour une fille avec un nom masculin? Voilà la question que se pose
Elliot chaque jour dans sa petite cellule. Comment elle est arrivée là, elle ne le dit à personne.
Quand on lui pose la question, elle répond : «J’ai tué un homme avec son propre doigt», ou
encore «J’ai baisé ta mère» ça dépend de son humeur. En vrai, c’est plus obscur que ça. Elle est
ici depuis l’âge de 9 ans, année bénie où elle tua sa petite soeur qui venait juste de naître. Elle
était petite, elle était jalouse de ne plus recevoir la moindre attention de ses parents, mais le
tribunal n’eu aucune pitié, voyant en elle une future psychopathe. Pourtant, Elliot est loin d’être
folle. Au contraire, elle est sûrement la plus saine d’esprit dans cette foutue prison qui prenait
des allures d’asile de fous.
Malgré le fait qu’elle soit l’uns des résidents les plus fidèles ici, elle est encore vivante. Peut être
devrait-elle remercier son nom de famille sérieusement connoté qui la faisait descendre en bas
de toutes les listes, ou alors son charme irrésistible. Non, peut être pas ça. Mais il faut avouer
qu’elle est plutôt agréable à regarder.
Sa répartie cinglante et son caractère de flammes seront les meilleurs armes, ou es pires
obstacles dans cette petite aventure dans laquelle elle s’est embarquée complètement malgré
elle.

Anastasia Kinsley-Jespersen.
La fouineuse aux cent visages.

La curiosité a toujours été son plus vilain défaut. Celui qui la poussait à se questionner sans arrêt, à espionner du mieux
qu'elle le pouvait ses pairs, à se réveiller la nuit pour enquêter et s'impatienter sur quelque chose futile.
Anastasia est née dans la légalité, mais sa recherche infinie et sans bornes pour que justice soit faite l'a poussé de
l'autre côté de la balance.
La vie est bien moins palpitante, enfermée dans une minuscule cellule à longueur de journée, éloignée de toute intrigue
policière sur laquelle méditer.
Ce qui l'a poussé en prison, demanderiez-vous ? Sa volonté inébranlable de rétablir la justice, et de dénoncer toutes les
grasses corruptions qui sont le fondement de la politique du Chancelier, et de la micro société toute entière que
représente l'Arc.
Alors pour tuer le temps, Anastasia, lors des rares sorties autorisées, enquête du mieux qu'elle le peut sur les gens qui
l'entourent. En posant des questions, en observant, en notant tout dans son précieux carnet qui ne la quitte jamais.
Soyez surpris ou pas, mais elle n'a ni soucis dans la vie (si on omet celui qui consiste à être enfermée 22h/24 et 7j/7) ni
de passé sombre et difficile.
Quoiqu'il en soit, au moment où on les libéra tous pour les flanquer dans un vaisseau direction la terre, Anastasia profita
d'un moment de confusion générale pour se lier d'affection avec un magnifique sabre japonais qu'elle planqua sous son
long trench coat noir au moment de l'embarquement.
Coup de folie ou instinct précaire de survie ? Aucune idée, mais l'urgence qu'elle avait ressenti à ce moment là lui
laissait présager un très mauvais pressentiment.

Rose Mcall
L'innocente.

J'ai toujours été le genre de fille timide, froide, mais d'une beauté fascinante. Du moin, c'est ce qu'ils disaient tous à mon
égart avant que cette merde me tomba dessus. J'étais avec Jill, mon petit-ami, maintenant éjécté de l'Arche. C'était une
soirée comme les autres, je trainais dans sa cellule car il était déjà considéré comme un criminel suite à une bagarre.
Cette fois-là, j'étais prête. Je voulais faire ma première fois avec lui. Je voulais oublier qui j'étais, cracher sur cette image
d'innocente petite fille qu'ils me donnaient tous. Je me souviens de son sourire contre ma peau et des caresses
inombrables. Je me sentais comme au paradis avant qu'un garde ouvra la porte et accusa Jill de viol. Je ne savais pas que
Jill avait 21 ans. J'en avais que 14. Et pendant qu'il s'est fait éjecté de l'Arche, je pleurais. Les adultes me consolaient en
disant "pauvre innocente." Dès ce moment, je me suis isolée, préparer mon plan. J'ai tenté de tué le Chancelier. Je
pourris dans ma cellule depuis deux ans maintenant. Mais si ils m'envoient sur terre, je promets que je suivrais aucunes
règles. L'innocente mourra. La sauvage naitra.

Victoria Newton dit "Vicky"
18 ans
Victoria a passé son enfance à se faire harceler. Déjà en maternelle, des personnes s'amusaient à lui piquer ses jouets.
Avec le temps, tout s'est aggravé. En primaire, on lui piquait son goûter, et on se moquait d'elle parce qu'elle mangeait
beaucoup à la cantine (totalement imputable au fait qu'on lui piquait son goûter). Au collège c'était le bouc émissaire de
sa classe et au lycée aussi. Elle ne disait rien et ignorait tout, laisser glisser les insultes sur elle comme goûte d'eau qui
tombe du ciel. Mais malgré tout ça, au fond d'elle même, ces insultes la blessait énormément. Finalement, analysez le
comme vous le voulez, insulte trop blessante, la goutte d'eau qui fait déborder le vase... finalement, un jour lors d'une
énième insulte crachée à sa figure, Vicky a pété un câble, elle a sauté sur la personne qui l'insultait, lui a donné une
coup de tête assez fort pour l'assommer et ensuite le ruer de coups. Ce putain de sale type. Et elle l'a tué, sans faire
exprès. On l'a ensuite enfermée dans une cellule. Elle avait 16 ans. Et, même si aujourd'hui elle dit le contraire, elle a eu
très peur ce jour là. Peur que tout change. Elle se dit forte à présent, que rien de peut l'atteindre, et peut-être est-ce vrai,
toujours est-t-il que maintenant elle n'est plus la même. Et oui, elle a eu peur, et oui, tout a changé. Quand on est venu
l'informer dans sa cellule qu'elle allait retourner sur Terre, elle n'a pas réagis. Peut-être qu'elle pensait que c'était une
blague ? Mais quand on est venu la chercher, elle a compris que tout ça était bien réel. Mais elle s'en foutait, elle n'avait
pas peur. Et même quand on lui a appris qu'elle allait être en compagnie d'autres fous psychopates bornés (comme elle,
c'est ce qu'ils lui ont dit), elle a seulement souri. Elle n'a rien dit de plus.

Maël Gamji
âge: 17 ans
Jumeau de Basile, celui si est d'un tempérament doux et souriant. Il a toujours été un bambin radieux
avec de bonnes joues joufflues et un sourire ravageur. Maël est toujours affectueux avec son entourage,
aidant comme il pouvait. Car leur famille était pauvre. Leur naissance était beaucoup controversé étant
donné qu'il n'est permis qu'un seul enfant par couple. Leur situation était entre deux eaux. Ils n'étaient
pas issu de deux grossesses différentes mais il y en avait un de trop. Sous de grandes contestations, les
hauts dirigeants furent obligés de les incarcérés mais évitèrent toutefois que leur mère soit éjectée. Le
sourire et la gaieté du jeune bambin s’effacèrent à jamais comme ses rondeurs. Maël haïssait les
habitants de l'Arche.

Basile Gamji
âge: 17 ans
Contrairement à son jumeau, celui ci à un tempérament plus renfermé sur lui même. Il a construit un
rempart entre lui et les autres hormis Maël. Il passait ses journées à dévorer des livres de toutes sortes,
tellement qu'il les connait sur le bout des doigts. Il veille sur son frère depuis le jour où ils ont été
enfermés. Le choc de cette décision l'a moins touché que son frère mais cela n'a pas empêché d'avoir la
rage envers la société. Être enfermé pour être naît, cela il ne l'encaissait pas. Il aurait préféré mourir que
d'être séparé de son jumeau, seul lien qu'il a avec le monde.


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