L'accès à la végétation en ville (2) .pdf



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L'ACCES A LA
VEGETATION EN VILLE

INTRODUCTION
GENERALE
Lorsque l'on observe attentivement les photos satellites de la terre, on peut aisaiment
distinguer le bleu des océans du vert des continents. Ce "vert" est aussi celui des végétaux, c'est à
dire, d'après l'encyclopédie Larousse: " De l'ensemble des Êtres vivants généralement
chlorophyllien et fixés au sol, doués d'une sensibilité et d'une mobilité extrêmement discrètes,
capables de se nourrir principalement ou exclusivement de sels minéraux et de gaz carbonique, et
dont les cellules sont habituellement limitées par des membranes squelettiques de nature
cellulosique, et semble assez uniforme vue du ciel, même si l'on distingue plus nettemment les
différents massifs montagneux. C'est le cas pour la France avec les Alpes, les Pyrénnées et le
Massif central. Pourtant, d'après l'INSEE, seul 35 % du territoire correspondrait à une surface
naturelle en 2006, soit 1/3 du Paysage Français. Dans le Numéro 246 de l'Agrest Primeur de
juillet 2010, on peut y lire la chose suivante: "Les sols agricoles représentent encore en 2009 plus
de la moitié du territoire. Ils perdent en moyenne 93 000hectares sur les trois dernières années. Les
espaces dits naturels en occupent plus du tiers. Parmi eux, la forêt, qui a longtemps progressée, ne
semble plus gagner de terrain. Les espaces artificialisés progressent donc et atteignent désormais
9%. La part de la végétation sur le territoire Français est donc à relativisée, car sa situation
semble assez complexe.
En effet, en allant plus loin dans les statistiques de l'INSEE, on se rend compte que 59 % de ces
surfaces naturelles sont situées dans les campagnes sous la forme agricole . Les 3/4 des Français
vivant en ville, on peut statistiquement dire d'une manière générale que leur accès à la végétation
est moindre. Seulement, il est regretable que ce constat s'impose comme une inéluctabilité dans
l'imagerie collective. Une autre étude, celle de L'UNEP (Union Nationale des Entrepreneurs du
Paysage), menée en partenariat avec IPSOS démontre qu'ainsi,“un quart des Français n’ont pas
accès à un jardin privé, qu’il soit individuel ou collectif. Dans les grandes villes, ils sont 1 sur 3
dans ce cas, et jusqu’à 1 sur 2 en région parisienne". Mais on peut y lire d'autres informations très
intéressantes, révélatrices de cette carance végétale en ville:“près d’un Français sur trois juge
insuffisant les budgets que les collectivités consacrent aux parcs et jardins, et plus de la moitié
réclame que soit instaurée l’obligation d’un pourcentage minimum d’espaces verts dans chaque
projet immobilier ou commercial”.
Aux vues de ces statistiques, on peut donc dire que la végétation en tant que ressource, c'est à dire
en tant que potentialité offerte par le milieur physique (d'après le Petit Larousse)et la ville
entretiennent des relations plus ou moins antipodiques et tendues. Il parait simple de dresser un
portrait favorable à la végétation dans le milieu urbain, mais cette dernière amène des questions
urbaines beaucoup plus complexes, puisque la ville se doit de répondre positivement aux enjeux
contemporains. A juste titre, la population étant croissante (+1,2% par an), nous atteindrons
d'après les démographes, près de 10 milliards d'habitant dans le monde en 2050. une population
croissante qu'il faudra loger. La ville devra donc davantage se rendre disponible aux hommes.
Comment alors, accorder une place à la végétation, dans des villes qui sont de plus en plus
habitées, et où l'espace au sol ne cesse de se restreindre ?
Il sera necessaire pour répondre à cette question de montrer que la ville et la végétation sont à
l'origine très opposées par une compétition des besoins qui n'a de cesse. La ville par un processus

d'artificialisation essaye alors d'intégrer cette ressource dans le milieu urbain, ce qui amène une
redéfinition étroite de la "nature" en tant que telle. Il est alors difficile d'associer ville et nature
sans en altérer le sens, bien que ce ne soit pas impossible. En cela, nous nous pencherons dans un
deuxième temps sur les solutions avancées par les politiques et les professionnels de l'urbanisme et
du paysage, ainsi que les démarches collectives envisagées à échelle réduite, pour tendre vers une
végétation urbaine...
Notre démonstration est ici assez générale, ainsi le sommaire saura apporter les informations
manquantes à notre démarche introductive.

SOMMAIRE
LA VILLE SEMBLE S'OPPOSER A LA RESSOURCE VEGETALE
A) La cité n'est pas un milieu rendu favorable à la prolifération végétale
1) Une compétition des besoins déséquilibrée entre ville et végétation



Une compétition horizontale : Le bâtit doit répondre à la densification urbaine alors que la végétation doit
trouver sa place au sol
Une compétition verticale : Le bâtit à défaut du sol vient chercher de la hauteur mais la végétation a besoin de
soleil

2) Un usage des villes non fertiles, contraire à l'implantation végétale



Un usage mobile des rues qui rend complexe l'instalation des végétaux: l'accès à la végétation pasee d'abord
par l'accès au trottoir
Un partage modal de la rue et des transports déséquilibrés, à défaut de la ressource végétale

B) La Cité a donc façonnée sa propre nature pour mieux l'intégrer

1) Une végétation Hybride


Le parc, nouvelle ressource végétale

2) La Nature comme instrument


La zone tampon

DES AMENAGEMENTS URBAINS ETHIQUES ET
NECESSAIRES POUR REPONDRE POSITIVEMENT AU
MANQUE DE VEGETATION EN VILLE
A) Des démarches urbaines misent en exergue par la ville et les professionnels du paysage,
de l'urbanisme et de l'architecture
1) Une Prise de conscience collective pour un Urbanisme Végétal




Reconsidérer la part du végétal en ville (ex: Grenoble)
Les écoquartier, une nouvelle tendance urbanistique

2) Des solutions apportées par des spécialistes de la ville, pour répondre à la densification



Habiller le sol: Gilles Clément et le jardin en mouvement




Habiller le toit: Les terrasses végétales, des jardins au sommet
Habiller le mur: Les murs végétaux, des jardins urbains verticaux

B) Des démarches collectives à plus petites échelles pour favoriser un accès égal à la
végétation
1) Une solution à la densification et au partage modal de la rue à l'échelle du quartier



Les Jardins de quartier/ familiaux/ de poche/ d'insertions,
Les Jardins mobiles, éphémères

2) Vers une reconquéte des rues à travers la ressource végétale



L'importance des frontages et des démarches individuelles pour fleurir les rues
L'exemple des parklets, moyen pour les habitants d'amener le végétal au coeur des rues

LA

VILLE
est

OPPOSEE
A LA

RESSOURCE

VEGETALE

LA VILLE SEMBLE S'OPPOSER A LA RESSOURCE VEGETALE
A) La cité n'est pas un milieu rendu favoralble à la prolifération végétale
1) Une compétition des besoins déséquilibrée entre ville et végétation
·
Une compétition horizontale : Le ville doit répondre au processus de densification
alors que la végétation doit trouver sa place au sol
Caroline Moulie dans l'incipit de son ouvrage Des arbres dans la ville, nous montre que la
question de l'arbre en ville est une question très récente: “L'arbre n'est pas citadin depuis toujours.
Longtemps, les villes sérrées dans leurs enceintes, aux rues étroites, en étaient dépourvues, ou s'en
tenaient à l'arbre unique des places.” La politique d'accès à la végétation est donc assez “récente”,
et l'on a peu de recul sur le sujet, l'aménagement par le végétal étant postérieure à la création des
villes. Se poser la question de l'accès à cette ressource c'est alors se demander comment l'intégrer
dans un milieu urbain prééxistant avec ces cadres et son environement particulier. A cela l'auteure
semble assez péssimiste, et voici ce qu'elle écrit pour conclure l'incipit: “Faut il planter des arbres
dans la ville si les conditions ne sont pas réunies pour leur donner les meilleures chances de
développement ?”
Il est vrai que les éxigences de la ville vont bien souvent à l'encontre du développement
végétal. On demande à l'arbre aujourd'hui de "répondre aux éxigences environnementales des
citadins, de combler en un temps record tous les interstices de la ville et d'accompagner
massivement l'ensemble des projets urbains. [...] On assiste donc à une multiplication des
plantations en bacs en jardinières, sur dalles dans des fosses éxigues, dans des rues trop étroites,
ou privées de lumière”. La ressource végétale a besoin d'espace pour se développer, or la ville n'est
que trop dense, et donc non favorable à la flore. On pourrait ainsi parler d'une compétition
horizontale car les besoins de la cité ne sont pas si différents de ceux de la végétation.
En effet, le végétal comme la ville, a besoin d'espace au sol, cette dernière étant vouée au processus
de densification urbaine qui consiste à faire vivre davantage de population sur un même espace
urbain. Non seulement la ville se manifeste à travers l'étalement urbain, mais doit aussi faire face à
un enjeux plus récent qu'est celui de la densification. Les citadins veulent être proches du centre,
pour des raisons économiques, sociales, humaines, mais l'enjeux pour une ville durable est de lutter
contre cet étalement urbain pour ne pas que la ville n'empiète trop sur le monde agricole et les
espaces ruraux tout en évitant la "surlocalisation". Mais cela n'est pas sans inconvénient. La
densification des villes est à l'origine notamment de problèmes écologiques, de santé et pouvant
causer certaines tensions sociales.
Dans ce contexte, on ne peut que constater la complexité pour la végétation d'intégrer la ville et de
se montrer accessible. C'est ainsi que dans un court aparté intitulé Du visible à l'invisible Caroline
Mollie exprime la difficulté pour l'arbre de trouver un espace suffisant au sol. En effet, " Le réseau
racinaire invisible est équivalent en développement et en activité à la partie visible de l'arbre". Ce
qui signifie que l'arborescence vue hors sol, correspondrait à celle racinaire souterraine. A cela
l'auteure ajoute qu' "Il est peu fréquent en ville de pouvoir assurer aux racines de bonnes conditions
d'explorations. Les parcelles de terres vivantes y sont rares, on est souvent confronté à des sols
stériles, à des gravats ou à des sous-sols encombrés de multiples réseaux. Il est donc important de
toujours privilégier les plantations en pleine terre ou de se rapprocher au plus près des conditions
naturelles et de limiter drastiquement les plantations "hors sol", sur dalle, en bacs ou en pots."
La ressource végétale a donc besoin d'espace pour s'installer, et d'un sol fertile pour croitre
dans de bonnes conditions. Le sous-sol en ville étant réservé aux égouts, aux canalisations, aux
cables électriques, et bien évidemment aux routes, aux trottoires et au bâti. Le milieu urbain
éprouve alors beaucoup de difficulté pour répondre aux conditions de développement de la
végétation.

Une compétition verticale : Le bâti à défaut du sol vient chercher de la hauteur mais la
végétation a besoin de soleil
Ce processus de densification se manifeste notamment à travers une quête de la verticalité.
Dans l'histoire de l'urbanisme, les années 50 à 80 sont marquées par la création de "grands
ensembles". L'Europe doit construire vite dans une période d'après guerre, alors les architectesurbanistes tel Le Corbusier favorisent la création de barres pour loger un maximum de personnes à
un moindre coût, et en un temps records. Elles sont largement critiquables aujourd'hui pour toutes
les tensions sociales qu'elles amènent, mais ces logements d'après guerres partaient à l'origine d'une
bonne intention: reconstruire vite pour loger davantage.
La deuxième vague verticale s'inscrit plutot dans les années 80, les barres interviennent alors dans
une politique de densification urbaine. Il faut loger et faire de la place en ville pour accueillir une
population croissante. La verticalité “semble” être la “solution”.
On peut alors aisaiement comprendre que ces barres ne sont que très peu propices à la végétation
qui cherche elle aussi l'élévation pour tendre vers la lumière zénithale, source d'énergie. Dans des
villes ou les rues sont “étroites ou ombragées” d'après les dire de Caroline Mollie, comment
favoriser une végétation dense ?
Sur le site de l'ONF on peut y lire la chose
suivante: “Un jeune arbre dominé par d'autres
déjà bien implantés a tendance à « filer en
hauteur » en quête de lumière. L'objectif est
vital pour son développement : sans lumière,
pas de photosynthèse ; sans photosynthèse,
pas de nutriment organique et donc, risque de
stagnation, voire de dépérissement.” Il s'agit
alors du même processus pour la végétation en
ville, cachée notamment par les grands
ensemble, et la verticalité du bâti en général.
On peut illustrer nos propos par le film de Fritz
Lang: Metropolis dans une conception de la
ville verticale à l'extrême. En 1927 il conçoit
Metropolis: une ville insensible, ordonnée,
verticale, froide, industrielle et ouvrière qui
s'élève à travers des grattes ciels qui enterrent
les hommes. La nature est absente de la cité
ouvrière au sol, condamnée à vivre avec les
machines. Le substrat est donc industriel, non
fertile et n'accorde aucune place à la
végétation. La densification urbaine doit-elle
favoriser une culture des grattes ciels, oubliant
la nature végétale, mais aussi peut être la
nature humaine..? C'est aussi un des messages
que l'on peut tirer de ce film.
Ce constat ne relate en réalité d'aucune fiction ,
C'est en effet le sort qu'a connu en partie l'île
d'Hashima au Japon. Voici un résumé de
l'étude menée par le site internet: l'Internaute:
L'île d'Hashima devient une zone très
convoitée à partir de 1890 et de la découverte

Illustration 1: Illustration du film Metropolis de
Fritz Lang, Ici la densification urbaine est à son
apogée/ Google image



de houille dans ses sous-sols. Mitsubichi se porte rapidement acquéreur de l'ensemble de l'île et
débute l'exploitation du charbon. […] La firme fait venir en quelques années des centaines
d'ouvriers qui s'installent sur l'île, y vivent et y travaillent dans des conditions très difficiles,
proches de celles d'un bagne. Les suicides sont nombreux. Mais dans l'entre-deux guerres et en
particulier dans les années 1930, l'expansion de la ville est phénoménale. […] En 1959, on compte
5 300 habitants sur les 6,3 hectares de l'île. C'est 84 100 habitants par km². Dans la zone la plus
urbanisée, on compte même 139 100 hab/km². Des chiffres records. [...]Dans le début des années
1970, l'île va connaitre un déclin très rapide à la suite de l'émergence du pétrole dans l'industrie.
Cette source d'énergie va rapidement supplanter le charbon. Mitsubichi va décider d'abandonner
l'île et de l'évacuer en 1974, laissant ses infrastructures à l'abandon. [...] L'île d'Hashima a
longtemps été un lieu totalement dépourvu de végétation. Un temps, elle fût même appelée "l'île
sans verdure" par les Japonais. Aujourd'hui, celle-ci apparaît çà et là sur l'île, comme si l'homme
lui avait enfin laissé une place”.

Illustration 2: Jigokudan « Escalier de l’Enfer », Ile d’Hashima, Japon, 2008
Photo d'Yves Marchand et Romain Meffre

Cette étude de cas peut paraître annecdotique, mais illustre à mon sens des informations
importantes sur notre sujet. En effet, la végétation sur l'île d'Hashima ne commence à se
développer que 40 ans après l'abandon par les hommes du site. L'interprétation que l'on peut
donner est alors la suivante: Le processus de densification des villes ne rend que très peu possible
le développement d'une végétation. Car ville et végétation sont sans cesse en compétition (verticale
et horizontale). La végétation a besoin d'espace au sol mais aussi au niveau aérien pour développer
son bel houpier, cherchant ainsi les rayons du soleil tout comme la ville qui a besoin d'espace au
sol pour batir, s'élancer dans la verticalité pour un gain de place possible, évitant ainsi la
surlocalité. A l'heure actuelle, nous sommes loin de l'exemple de Metropolis ou de l'île d'Hashima
en Europe, mais ils illustrent un conception des villes dans leur extrême, nous mettant en garde
contre une mauvaise gestion urbaine, à l'origine du manque de végétation en ville.
II) Un usage des villes non fertile, contraire à l'implantation végétale
·
Un usage mobile des rues qui rend complexe l'instalation des végétaux: l'accès à la
végétation passe d'abord par l'accès au trottoire
L'usage que l'on fait des rues rend difficile l'implantation végétale. Celle ci est pourtant
unanimement reconnue comme une ressource pour l'homme, notamment d'un point de vue sanitaire,
et thérapeuthique, mais n'est pas sans entrainer une certaine gêne urbaine. Le site du gouvernement,
montre bien les inconvénients que peut coser l'arbre en ville. Celui ci peut amoindrir la visibilité sur
les trottoires, favoriser un sol glissant jonché de feuilles mortes, engendrer un manque de visibilité
pour les automobilistes, mais encore empécher les piétons de se promener convenablement sur les
trottoires balayés par les branches et abimés par le soulévement des racines au sol. On parle bien
plus d'accès au trottoire, notamment à travers des aménagements permettant à tous d'y accéder, que
d'accès à la végétation pour tous en ville. La ressource végétale est ainsi sous le joug d'une politique
sécuritaire urbaine. La ville intervient donc pour garantir une mobilité pratique dans les espaces
urbains que se soit au niveau de la visibilité, de la sécurité, et cela semble assez rationnel. Mais
malheureusement son intervention est parfois démesurée.
Ainsi, pour intégrer la végétation au milieu urbain, La Cité a crée des règles d'aménagement
strictes. Sur le site du gouvernement on peut ainsi y lire “qu'il nous est obligatoire de garantir une
largeur de passage sur le trottoire d'environ d'1m 40 et de 2 m20 de hauteur sur le trottoire”. On ne
peut qu'admettre l'utilité de ce genre de code urbain. Mais, de ce fait, les arbres en villes sont sans
cesses ramenés à la problématique de l'élagage. Caroline Mollie nous explique son désarroi dans
son ouvrage, lorsque l'élagage se montre draconnien. L'auteure parle en effet de décennies de
"désastre” à propos d'un élagage trop rapproché du tronc. Elle prend l'exemple du boulevard du
Mail à Sens, et voici ce qu'elle écrit: "Quatre-vingts pour cent des arbres des villes Françaises ont
fait l'objet d'élagages drastiques pendant la période des trentes glorieuses et jusque dans les années
1990. Les retombées s'en font ressentir encore aujourd'hui. A Sens, ces marroniers qui ont été
plantés dans les années 1900 et drastiquement rabbattus en 1958, sont totalement creux
aujourd'hui. Ils deviennent dangereux et de plus sont attaqués par la mineuse, une maladie grave.
Ils sont donc remplacés au coup par coup. Bien entretenus, ils auraient pu encore embellir cette
promenade pendant quelques décennies.". Cet élagage drastique remet donc en question la place
accordée à la végétation en ville.

Illustration 3: Platane élagué drastiquement à Lille
Place Jeanne d'Arc. L'arbre s'est donc fragilisé,
dévitalisé et craqué en son tronc, favorisant la possibilité
pour les maladies infectieuse de s'installer au coeur du
platane/
Photo: Quentin ISIDORE/ 2014

Illustration 4: Place République à Lille
jonchée de feuilles mortes, engageant des
difficultés d'accès au métro République de
part un sol glissant/
Photo Quentin ISIDORE/ 2014

Mais cela n'est pas la seule intervention de l'Etat
sur la ressource végétale, d'autres restrictions sont prises, comme la prohibition des "jardins
mobiles". En effet, il est interdit d'installer des plantes en pot devant chez soi en ville. Si c'est le cas
au Japon et dans certaines villes d'Allemagne, la France à quant à elle interdit ce genre de pratique,
pour favoriser au maximum la mobilité des piétons et autres mobilités douces sur le trottoire.
Pourtant chaque quartier ayant des besoins et des codes urbains plus ou moins différents, peut-on
alors réellement engager une politique urbaine unique et commune sur l'entiéreté du territoire ? Des
villages comme Eghisem en Alsace sont resplandissant de verdure, et favorise cette plantation en
pot sur frontage devant les portes. C'est d'ailleurs ce qui dans l'imagerie collective renvoit à ces
petits villages d'Alsace. Si les besoins "vitaux" d'une ville sont les mêmes, il n'en demeure que part
la culture, résiste certaines coutumes. Cette coutume végétale en fait partie. On pourrait s'y
interesser longuement, mais notre étude nous amènes à continuer notre raisonnement.

Illustration 5: La gêne urbaine engendrée par le végétal en ville/ Source Cete Méditerranée/ 2008

Un partage modal de la rue et des transports déséquilibré, à défaut de la ressource végétale
Le partage modal permet de distinguer la proportion d’utilisateurs des différents modes de
transports. Si la végétation est peu présente, employée parfois avec dureté, c'est aussi parce qu'elle a
peu de place pour s'implanter, c'est en tout cas ce que l'on a essayé de démontrer précédemment.
Cela est renforcé par les problématiques du partage modale en ville. Ce partage est en effet
largement déséquilibré, rendu favorable à l'automobile et oubliant la végétation. On peut alors
dénoncer d'une manière générale le phénomène de dévégétalisation des villes, car certains parkings
empiètent sur les parcelles végétalisées comme les parcs ou les jardins urbains. Les zones de friches
sont quant à elles de plus en plus rendues favorable à l'implantation de l'automobiles.
Le fait est qu'aujourd'hui , dans une vision individualiste de la société, les rue sont de plus en plus
associables, on trouve alors très peu de végétation pour animer, temporaliser la rue, lui donner du

caractère. On accède alors très peu à cette ressource. On préfère parler de Fonctionnalisme pour
parler d'une rue devenu route, que “Sociabilisme esthétisque, et bien être”. En Europe, les cités (en
général) ont du mal à répondre a cette problématique. Ainsi, d'après le Departement of transports
and Main Road, près de 40 % des aires urbaines sont consacrées aux infrastructures qui servent aux
véhicules motorisés, soit presque la moitié du territoire dans les villes. C'est une tragédie pour les
rues qui sont maintenant routes, à défaut de devenir "verte" et fleuris. La place première est
accordée à la voiture, et non à la végétation, pas même aux hommes. L'homme etant ainsi exclut des
considérations schématiques de la ville. C'est en tout cas ce que Nicolas Soulier dénonnce à travers
son livre: Reconquérir les rues. Ainsi, on consomme actuellement à peine plus de surface pour
loger un humain que pour loger une voiture. C'est une tragédie pour la ville, d'autant plus que ce
problème se trouve à toutes les échelles. C'est un enjeux majeur pour les 50 prochaines années, dans
la mesure ou nous seront 3 milliards de plus sur terre, soit presque 10 milliards ! Il y aurait donc
d'après Jean pierre Robin du Figaro, 5 fois plus de voitures d'ici 2050 !
Illustration 6: Photo de la Rue Solférino à Lille, une rue que l'on pourrait rebaptisée route au
vue du peu de place accordée à la végétation, favorable à la voiture/Google street View/ 2014

Illustration 7: Coupe de la Rue Solférino qui montre bien la surpossession de la route par la
voiture./ Coupe Quentin ISIDORE/ 2014

A Londres des mutations voient
déja le jour, et empiètent
malheureusement sur l'image
typique et traditionnelle des
“Front garden". Les voitures
ayant pris le dessus sur le gazon
Anglais. "¼ de ces "jardins de
devant" dans le Nord Est de
l'Angleterre est maintenant
intégralement en dur," d'après le
RHS, d'où le slogan Anglais du
moment: “Your front garden:
Save it, don't pave it !"
Ce serait aussi 5200 terrains de
Football qui auraient disparu au
profit de parkings d'après la
même enquête. C'est une ville
qui se meurt culturellement de
par l'abandon d'une coutume
urbaine qui la réprésentait si
bien. Les villes sont-elles
amenées à se normaliser par
l'abandon de la végétation au
profit
d'une
politique
"automobiliste" ?

Illustration 8: Une campagne
publicitaire pour inciter les Anglais
à préserver le patrimoine culturel
urbain du pays, notamment à travers
la sauvegarde des « front garden »,
jardins typiques Anglais situés
devant les logements. De plus en
plus ces derniers sont remplacés par
des garages ou des zones de
stationements, ce qui semble
beaucoup
moins
folklorique./
Photographie
Site
Housnlow/
Londres/ 2012

L'usage de la ville rend difficile l'accès à une végétation, difficilement intégrée au tissu urbain. La
Cité à alors crée une végétation Hybride pour essayer de répondre aux besoins des hommes et de la
ville pour ainsi reconsidérer la place accordée à la nature dans le milieu urbain. Une nature qui
serait controlée, maniée de toute pièce par l'homme pour répondre aux attentes de la ville. Mais si
cela semble être une solution, cette végétation hybride n'éloigne-t'elle pas la végétation de ce
qu'elle a de plus sauvage et ainsi naturelle? De son essence et de sa définition propre ? Dans cette
logique, nous aménerons une redéfinittion de la nature en tant que telle.

B) La Cité a donc façonné sa propre nature pour "mieux l'intégrer"
1) Une végétation Hybride
·

Le parc, nouvelle ressource végétal

Dans Le petit Robert 2011, on peut y lire la définition suivante: "Est hybride ce qui provient
du croisement des variétés, de races, d'espèces différentes. Ce qui est composé de deux éléments de
nature différents anormalement réunis, qui participe de deux ou plusieurs ensembles, genres,
styles". Le dictionnaire donne alors pour synonyme: "composite, bâtard, stérile". Cette définition
appliquée à la végétation prend cependant une dimension un peu plus différente. Une végétation
hybride serait créer par l'homme, façonnée biologiquement par croisement des espèces pour résister
dans le milieu où elle va être implantée, facilitant ainsi la domination et l'ordonnement possible de
la nature. L'Hybridité de la nature s'oppose donc au Naturel c'est à dire, à son "essence pure", "son
entité", et à "l'ensemble des caractères innés propre à une espèce".
Cette nature hybride est donc bien souvent résumée en ville à travers la conception du parc. Cela est
bien dommage pour Tim Richardson dans Paysage d'avenir qui dénonce à travers une description
très engagée, le schéma de la ville contemporaine et ses banlieues: " Les banlieues bordées
d'autoroutes et de périphéries sans âmes des villes Américaines ne sont pas le produit de la
topographie, du climat, ou du destin, mais d'une culture financiérement et esthétiquement déréglée,
d'un capitalisme poussé à l'extême qui a crée une Géographie altérée […]. Les villes ont été (mal)
conçues par les êtres Humains, transformées en zone d'aliénation caractérisées par de grandes
artères, des panneaux publicitaires, des terrains vagues, des parking, des centres commerciaux
identiques et des banlieues miniatures vides de sens. […]Le mouvement des grands parcs urbains
né dans les années 1850 en Angleterre, par la suite exporté aux USA grâce à Frederick Law
olmsted, asimilait un espace publique ordonné et bien entretenue à une population disciplinée et
maîtrisée […].”

Illustration 9: Parc Jean Baptiste Lebas à Lille, Une nature végétale
et/où une nature humaine dominée en cage ?
Photo/ Quentin ISIDORE/ Lille/2014

L'auteur explique donc qu'il est dommage de penser que l'on puisse accéder à la nature en ville
uniquement par le parc. Celui ci serait trop mathématisé et ordonné pour nous permettre d'accéder à
la végétation pure. Ce ne serait qu'un moyen engagé par la ville d'avoir la main mise sur sa
population. Ce qui fait donc échoe à Nicolas Soulier qui pense le parc comme un instrument qui
“conditionnerait les hommes en ville”. Certes, les propos tenus par ces deux auteurs paraissent
assez déterministes, mais soulèvent une question interessante que l'on peut se poser après lectures:
Comment accéder à la végétation comme ressource Naturelle quand celle ci est crée de toute
pièce par l'homme ?
Ainsi, Nicolas Soulier préconise la mise en valeur les zones de friches, vierges, et donc plus
sauvages. Elles permettraient d'après l'auteur, une réelle “respration dans le tissu urbain”. Les
citadins auraient alors la possiblité d'accéder à la végétation vraie, pourraient donc se l'approprier,
bien plus qu'à travers le cadenas du parc . Caroline Mollie améne quant à elle, à la question de la
synthétisation végétale, comme le résultat de l'emprise de la ville sur la "végétation". Dans le
chapitre intitulé "Faut-il planter des Arbres" de son ouvrage, l'auteure prend ainsi l'expemple de
la Gare SNCF de Marseille qu'elle renome: "Imposture végétale". Dans cet aparté on peut y lire les
lignes suivantes: "Un double alignement de faux pins agrémente la galerie de verre récemment
construite en extension de la gare de Marseille. Ce sont en réalité des chênes dont les branches ont
été garnies en leur extrémité d'aiguilles en plastiques". L'avenir des villes est il donc dans la
représentation synthétique de la nature ? Nous sommes ici au delà de l'hybride, qui est végétal et
organique bien que façonné par l'homme. A travers cet exemple on pourrait se faire l'idée
qu'aujourd'hui on ne résoud pas un problème, on le supprime simplement, on le remplace par un
subtitut plus "fonctionnable". On pourrait même aller jusqu'à dire que les mutations sur la nature
on crée une "nature urbaine" devenue instrument.
2) La Nature-instrument
·

La Nature comme instrument: La zone tampon

Quelle place alors accorde t'on à l'homme dans la
nature ? Trop peu d'après Nicolas Soulier, qui
pense cette redéfinition de la nature en ville à
l'origine d'une "stérilisation des rues" que l'on
habite plus. D'après l'auteur beaucoup de ville
n'utilise pas la végétation à leur juste valeur. La
ressource végétale est ainsi souvent (très mal)
utilisée pour délémiter l'espace privé de l'espace
public. Elle est une haie entre deux jardins pour
limiter les vues sur autrui, elle est une parcelle de
gazon, terrain de jeux de banlieux: une Zone
tampon terme que N.Soulier définit à la page 59
de son livre: “Quand on a peur des accidents, des
incivilités, des (mauvaises) appropriations, des
conflits, et qu'on ne veut pas devoir intervenir
pour faire respecter un interdit, la solution
consiste à non seulement interdire, mais aussi
empêcher. Pour cela, le principe est d'occuper le
terrain pour empêcher physiquement que
l'interdit ne puisse être enfreint. […] Les bons
voisins sont ceux qu'on ne voit pas et qu'on
entend pas. Les tampons les plus courants sont:

Illustration 10: La coupe de cette situation de
zone tampon montre bien que le grillage tout
comme l'entièreté de cette Zone tampon s'impose
comme un Mur qui empêche les vis à vis. Il peut
partir d'une bonne intention, mais érigée de la
manière suivante, rendu non profitable à la sphère
privée comme à la sphère publique, il devient très
vite inutile.
Coupe : Quentin IISIDORE/ 2014/ Aulnay sous
bois

les pelouses, les plantes en massif, les aires de parkings, et les aires de jeux d'enfants.[...] (C'est
aussi) Mettre du vert, évoquer la biodiversité,(...) et tondre régulièrement par des préposés. Ne pas
oublier de fleurir”.
La végétation est donc présente mais bien souvent sous une forme qui la détache de la nature
propre, et rendue peu accessible en ville. Elle est utilisée comme un moyen, un instrument, plutôt
que comme une fin en soi, ce qui redéfinit cette nature, non plus sauvage, mais controlée
amérement.

Illustration 11: Un exemple de Zone Tampon à Aulnay sous bois. La végétation n'est pas accessible
aux habitants du logements puisqu'il n'y a aucune porte sur cour. Mais n'est pas non plus accessible
aux passants sur le trottoire par le grillage. Cette végétation est donc une zone morte, que Nicolas
Soulier appelle Zone tampon. Cette végétation s'impose comme un "mur" qui met à l'écart le conflit
sans jamais le supprimer.
Crédit Photo/ Nicolas Soulier/2012

Conclusion de cette première partie d'analyse du sujet
La ville et la végétation ont les mêmes besoins. On peut alors dire qu'il y a une
certaine compétition, défavorable à la nature qui n'est rendue que très peu présente
en ville, sous le joug des mutations contemporaines du milieu urbain que sont
densification et étalement urbain. La ville a donc une occupation horizontale et
verticale de l'espace, allant ainsi à l'encontre de l'implantation végétale qui
recherche la hauteur pour se développer en surface et l'horizontalité au sous sol.
De plus, les usages modaux en ville semblent contradictoires à la présence végétale
qui se meut dans un espace de tension amenant les thêmes d'accessibilité du
réseaux urbains, de mobilité, et de sécurité .Aussi, ces mutations contemporaines
accentuent alors une certaine Dévégétalisation des rues devenues routes, au profit
d' infrastructures accordées à la voiture.
La ville, pour répondre au besoin de nature, a alors crée une nature urbaine et
hybride. C'est à dire une végétation ordonnée capable de s'intégrer plus ou moins au
milieu urbain. Nous en avons donc vu les limites, notamment à travers le manque
justesse dans un controle de la nature parfois trop rude, et dans un degrès
d'hybridité sans éthique proche de l'artificialisation . En effet, une végétation trop
ordonnée et mathématisée ne permet pas d'accèder à LA véritable Nature qui est
avant tout sauvage. L'accès est alors limitée en quantité car on ne peut planter
partout du fait du peu de place en ville, mais aussi en qualité, puisque la végétation
est voué à la synthétisation.
L''appropriation subjective, physique et sensorielle d'une végétation parquée (parcé) étant rendues très difficiles : Quelles sont alors les aménagements urbains
necessaires et possibles en ville, pour le végétal, garantissant ainsi un accès
éthique, moral, et esthétique à la Nature et plus généralement à la végétation
comme ressource ?
Nous avons ainsi vu en quoi certaines démarches n'étaient que peu favorables à la
végétation les citadins étant limités d'accès. Nous allons voir maintenant les
solutions, aménagements positifs favorables à la ville, à la végétation et à juste titre
aux hommes. Voici ce qui semblerait s'imposer comme des solutions durables

Des

AMENAGEMENTS
UrbAins

ETHiQUES

NeCESSAiREs

Et

REFLECHIS

DES
AMENAGEMENTS
URBAINS
ETHIQUES
NECESSAIRES
POUR REPONDRE POSITIVEMENT
MANQUE DE VEGETATION EN VILLE

ET
AU

A) Des démarches végétales misent en exergue par la ville et les professionnels du paysage, de
l'urbanisme et de l'architecture
1) Une Prise de conscience collective pour un Urbanisme Végétal
·

Reconsidérer la part du végétal en ville
C'est le cas de la ville de San Fransisco à
travers la mise au point par la ville du plan
Urbain “Betterstreet”.
Le plan Betterstreet est décrit de la manière
suivate sur le programme urbain disponible
sur le site internet de la ville: “The BETTER
STREETS PLAN is intended to illustrate best
practices and provide a guiding document
for all actors wishing to make changes to the
public right-of-way in San Francisco. [...]
The BETTER STREETS PLAN describes and
illustrates typical situations for the design of
streets, sidewalks, and intersections, based
on typical street types and standard street
improvements. [...] The BETTER STREETS
PLAN
provides
flexibility
for
the
professional to design to specific conditions.
To the greatest extent feasible, the guidelines
contained in this document should be
followed to create a pedestrian environment
that serves all users.”
Il est donc question ici de rendre l'accès à la
rue disponible pour tous. Et cela passe
notamment par la végétation comme le
montre le premier objectif d'attractivité du
plan urbain: “Attractive, inviting and wellcared for streets are designed to: be
generously planted with trees and other
vegetation appropriate to the street,
microclimate, and context of the built
environment”.

Illustration 12: Plan Better street/ Site de San Fransisco/ 2014

San Fransisco n'est pas un cas
isolé. En France la ville de
Grenoble comme beaucoup
d'autres se sont mis “au
vert” . La volonté de la ville
est de régler le rapport
disproportionné présent dans
le partage modal des rues. En
effet, les automobilistes on
largement pris le dessus sur
les mobilités douces ( non
motorisées) ainsi que sur les
promeneurs.

Illustration 13 et 14:
Aménagements prévus pour le
centre ville de Grenoble/ Crédit
photo: Site internet de la ville de
Grenoble/ 2014

Des solutions par la végétation peuvent donc être apportées pour réguler ce problème modal de la
rue, reclarifier des “zones”pour chaque modalité, et adoucir le caractère abrupt des rues devenues
routes en donnant une approche plus naturelle du milieu urbain dominée par la voiture. On peut y
lire sur le site internet de la ville l'objectif suivant: “REDÉFINIR LE PARTAGE DES ESPACES
PUBLICS ENTRE TOUS LES USAGERS: Meilleure prise en compte de tous les modes de
déplacements (marche, vélo, voiture...);
Rendre les espaces publics plus agréables, plus
accueillants et plus confortables; Redonner aux places leur statut d'espace piéton notamment par
la végétalisation”.”

Les écoquartier, une nouvelle tendance urbanistique
On peut aussi parler des
projets urbains
d'Ecoquartier. Une réponse
positive au manque de
végétation en ville. Le Petit
Robert 2011 définit
l'écoquartier comme un
quartier conçu et organisé
de manière à minimiser son
impact sur l'environnement
dans une perspective de
développement durable.
Illustration 15: Le raquet/ Crédit image: Florence Bougnoux et David Mangin./2011

Le ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer regroupe
chaque années un “Palmares” des meilleurs projets d'écoquartier en France. Dans l'introduction
accordée à l'édition de 2009, on peut y lire que “ Parmi ces nombreux projets, certains sont très
avancés, leur ambition montre que la France s'est réellement lancée dans la course aux
écoquartiers. Ces projets [...] présentent tous la panoplie environnementale attendue dans un
écoquartier: Tramway, bâtiments basse conssomation et présence importante d'éléments de
nature”. Dans ce même livre, à la page 39, Le gouvernement “donne la palme” aux écoquartiers
qui ont su garantir la “nature en ville”. Voici ce qui se dit:“La nature en ville et la biodiversité sont
au coeur de la ville durable. En effet, la nature joue un rôle capital pour adapter nos villes au
changement climatique [...]. La ville est le lieu d'une biodiversité riche qu'il faut préserver et
enrichir travers notamment les maillages verts, les trames vertes et bleues, et les continuités
écologiques. La biodiversité urbaine est à faire valoir dans tous les projet d'urbanisation et de
renouvellement urbain [...] . Ce sera tout l'objet du plan pour restaurer et valoriser la nature en
ville en cours d'élaboradation que de donner de nouveaux mouvements et de nouvelles pistes pour
améliorer la prise en compte des nombreux enjeux.
Dans ce Palmares des écoquartiers de 2009, on peut retrouver le “Raquet” un écoquartier à
Douai et Sin-Le-Noble conçu par les architetes urbanistes: Florence Bougnoux et David Mangin.
D'après Wikipédia, “Ce projet s'inscrit dans une stratégie régionale et locale de lutte contre
la périurbanisation, avec une offre qualitative visant notamment à équilibrer les effets d'attraction
et de périurbanisation de la métropole lilloise. Pour le confort de la population et pour limiter les
besoins de déplacement domicile travail, le quartier accueillera aussi des équipements scolaires et
de loisirs, des équipements, des activités économiques (commerces, services, artisans, activités
agricoles et horticoles, etc.[...] Le projet qui se veut aussi vitrine du développement
durable accueillera une maison de quartier du Développement durable. Le quartier devrait
accueillir 12 000 nouveaux habitants dont environ 4 000 à 4 700 logements (individuels pour la
moitié, et collectifs pour l'autre moitié) (en incluant les secteurs de densification future), soit 25 %
de la population du grand douaisis selon les prévisions du SCOT pour la période 2000-2030. “
Cette "vitrine" répond ainsi aux enjeux contemporains tout en ne niant pas notre sujet qui est pour
rappel: "l'accès à la végétation en ville". C'est justemment en multipliant ses entreprises urbaines
que le citadins pourra à juste titre "Accéder" davantages à la nature en ville. Le Palmares des
écoquartiers de 2009 affirme de manière un peu plus technique que: “Ce projet met l'accent sur la
question de l'eau en organisant un traitement des eaux pluviales de manière alternative par
l'installation , par exemple, d'un parc maraicher bio sur la zone de de captage intégrant dans son
projet de véritables espaces d'agriculture urbaine. Ce projet a le mérite d'allier un inventaire de la

faune et de la flore éxistante à un développement du maraichage biologique et d'une trame
écologique ainsi qu'à une sensibilisaiton de la population à la nature en ville.”

Illustration 16: Esquisse de Mathieu Marty Architecte qui montre bien que l'écoquartier laisse
davantage place à la nature plutôt qu'à la voiture/
Le raquet/ 2011

Les exemples d'écoquartiers et de plans urbains amenant une redécouverte de la végétation en ville
sont de plus en plus nombreux. Nous nous sommes ici limités à trois projet: le plan Better Street à
San Fransisco, Le plan d'urbanisation de Grenoble, et l'écoquartier du Raquet pour faciliter notre
analyse. Ces derniers ne reflètent qu'une infime partie des projet très interessants autour de la
végétation. On peut alors affirmer qu'il éxiste une prise de conscience collective pour redonner
accès à la nature en ville et permettre un mieux vivre urbain , notamment à travers une
clarification des modes d'utilisations des rues dans une nouvelle manière de penser le quartier.
Mais comment cela peut il se manifester concrétement ? Quelles sont les solutions apportées par
les professionnels de l'urbanisme, du paysage et de l'architecture à plus grande échelle ?

2) Des solutions apportées par des spécialistes de la ville, pour répondre à la densification
Habiller le sol: Gilles Clément et le jardin en mouvement.
Gilles Clément est à l'origine du jardin en mouvement. Il désigne à la fois un type de jardin
où les espèces végétales peuvent se développer librement et plus généralement une philosophie qui
redéfinit le rôle du jardinier, avant tout observateur de la Nature. Il intervient donc prudemment sur
le jardin et sur la nature par des gestes réfléchis. Cette théorie des jardins va a l'encontre de la
synthétisation de la nature mais aussi, d'un degrès d'hybridité trop élevé néfaste pour
l'environement. Le jardinier est donc en coopération avec la nature et l'aide à progresser et à se
developper, plutôt que de la contraintdre à ce que la ville voudrait qu'elle soit.
Les parcs ne sont donc pas tous à blamer, à condition qu'il renvoit à la véritable nature: sauvage.
Dans la vidéo: L'art des Jardins avec Gilles Clément , le paysagiste nous montre l'importance d'un
Dialogue, necessaire entre le jardinier et la végétation pour que celle ci soit mieux comprise. Car
essayer de comprendre c'est aussi une façon d' "Accéder" aux choses et de pouvoir les considérer.
Sur le site internet du paysagiste on peut y lire quelques lignes allant dans ce sens: "Le Jardin en
Mouvement s’inspire de la friche : espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y
installent. Dans ce genre d’espace les énergies en présence –croissances, luttes, déplacements,
échanges- ne rencontrent pas les obstacles ordinairement dressés pour contraindre la nature à la
gèomètrie , à la propreté ou à toute autre principe culturel privilégiant l’aspect. Elles rencontrent le
jardinier qui tente de les infléchir pour les tourner à son meilleur usage sans en altérer la richesse.
« Faire le plus possible, avec le moins possible contre » résume la position du jardinier sur le
Jardin en Mouvement .

Illustration 17: Le parc Matisse à Lille, un jardin en mouvement. Ici l'île derborescence, q ui symbolise ce "laissé faire"
accordé à la nature qui a reconquérit son caractère sauvage. Réalisation Gilles Clément, Lille / 2003

Habiller le toit: Les terrasses végétales, des jardins aux sommets
Illustration 18: Penthouse appartement au Bangladesh / Crédit photo wikipédia

Cela passe notamment par des
grands noms de l'Achitecture du
paysage et de l'urbanisme. Cette
volonté de conquérir les toits n'est
pas nouvelle et était déja dans les
projets
Modernistes
et
fonctionnalistes de l'architecte le plus
connu du XX siècle: Le Corbusier.
Notamment à travers les “toits
térasses”,
rendus
végétal.
Le
Corbusier avait d'ailleurs classé les
toits terasses dans les "5 points sur
l'architecture moderne". Son idée
était
d'après
wikipédia
de
"récupérer dans les villes l'espace
occupé par le bâti (espace « subtilisé
» au sol) en le reprenant sur le toit
des bâtiments. ". Cela permet ainsi de
garantir un accès-au-dehors malgrè la
densification
des
villes.
Aujourd'hui, on peut se servir des toits terrasses pour accéder à la végétation. Bien que connues
depuis des siècles notamment en Islande, elle sont remis au gouts du jour par les nouveaux enjeux
qu'amène la ville, notamment autour de l'écologie. Les toitures végétalisées seraient un moyen
d'isoler l'habitat mais aussi de faire profiter la ville d'oxygène, par le processus de la photosynthèse.
Si la nature sur les toits est "peu accessible" elle rend en tout cas "accessible" le bien être en ville,
d'un point de vue sanitaire et écologique.
Habiller le mur: Les murs végétaux, des jardins urbains verticaux
Les toits sont une façon de végétaliser
les villes. Mais la relation entretenue
entre les hommes et la végétation se
fait resentir davantage sur le support du
Mur. En effet, ce dernier est plus
accessible, notamment d'un point de
vue esthétique et visuel. Patrick Blanc
s'impose alors comme une marque de
fabrique, précurseur du Mur Végétal .
Ce dernier nous livre une nouvelle
conception des jardins devenus
verticaux. Ce jardin d'élévation sur
feutre est un réel succès et depuis plus
de vingt ans, le botaniste biologiste et
chercheur au CRNS met à disposition
son savoir au service de l'écologie et de
l'urbanisme végétal.
Illustration 19: Mur végétal de Patrick Blanc
pour le quai Branly à Paris 2004

Un savoir qui s'exporte puisque depuis la conception de son premier mur végétal à Paris en 1986,
c'est Madrid, Londres, Berlin , et même San Fransisco qui se végétalisent par leur murs. Alors que
l'on avait l'habitude de cultiver les sols dans leur horizontalité, Patrick Blanc montre que la
verticalité est tout aussi propice à la végétation. Cette nouvelle donne peut paraître assez banale
mais répond positivement aux nouveaux enjeux Urbains. En effet, dans une ville qui s'étend et se
densifie, comment trouver une place pour la végétation et y accèder visuellement, sensoriellement ?
Si l'horizontalité est figée par le bâti, pourquoi ne pas habiller le mur ? Cette question est celle
notamment de la “15ème cible HQE” ( haute qualité environementale) : “Le "construit" peut-il
rembourser sa dette écologique, produire de l'oxygène, abriter une faune et une flore significative,
épurer l'eau qui y passe ?” Patrick Blanc y répond positivement. d'autant plus que ce qui marque
ses constructions devenus oeuvres, c'est le caractère naturel que peut prendre le végétal. Les plantes
sont installées, ensuite, le processus n'est autre que celui du laissé faire. On se trouve donc très loin
de la synthétisation de la nature à travers une hybridité draconnienne.

B) Des démarches collectives ・plus petites échelles pour favoriser un accès à la végétation
1) Une solution à la densification et au partage modal de la rue à l'échelle du quartier
Les Jardins de quartier/ familiaux
Le jardin de quartier est un autre type d'intervention de plus en plus fréquent en ville. Il
invite donc les habitants d'un quartier à partager des parcelles collectives et individuelles dans le but
d'avoir accès à la végétation, de pourvoir cultiver une agriculture vivrière, mais encore tout
simplement de partager des liens sociaux dans des quartiers où tout ramène à l'individualisme. C'est
le cas du Jardin des Cultures aux pieds des tours Gilles-Vallès à Lille Sud. Ce quartier prends ainsi
une Double page dans le Lille Mag d'Octobre et l'on comprend pourquoi. Dans un environnement
peu propice à la végétation mais bien plus au bitume, est mis à disposition en reprenant les mots de
Carine Ropars: “ 24 parcelles de jardins potagers et des vergers où pommes, framboises ou autres
noisettes”. Les associations Entre Lianes et Des jardins et des Hommes” gèrent une grande parcelle,
l'autre est prise en main par “ Lille Sud Insertion”. La volonté est donc de favoriser l'implication
des habitants dans leur quartier. "Accéder c'est par définition “permettre une entrée”, ainsi les
habitants sont invités à favoriser l'entrée d'une végétation dans l'environement où ils vivent. De
cette façon, “Les habitants Jardiniers volontaires et désignés pr tirage au sort ont planté tomates,
haricot verts, choux, menthe et autres arromates. Ils viennent surtout s'occuper en soirée et les
weekends du petit lopin de terre qui leur est prété. [Les associations] mettent en place des ateliers
ouverts à tous, (…) qui abordent chaque semaine une nouvelle thématique.” Ces jardins amènent
aussi les habitants du quartier qui n'ont pas accès au marché de l'emploi à se former
professionellement et à être utile pour la ville.
Les Jardins Partagés
Ces jardins peuvent parfois s'apparenter aux jardins de quartier et aux jardins familiaux.
Dans l'émission Des Racines et des Ailes: Paris, Jardins secrets du 7 Décembre 2011 (22ème
minutes), est énoncé les bienfaits des jardins partagés, et nous montre comment y accéder: "Les
règles du jardins partagés sont simples: une fois passé l'écueil de la liste d'attente, on vous donne
droit d'inverstir une parcelle collective, un cheminement vers ensuite l'individuel, 1 m² de liberté
totale." C'est le cas du "Jardin nomade" à Paris par exemple, qui compte 300 membres ayant
investit une friche urbaine donnée par la ville.

Les jardin de poche
Les jardins de poches fleurissent de plus en plus les villes. C'est le cas à Lille notamment à
Fives, ou des jardins de poche se manifestent à l'initiative des élus du Conseil Lillois de la Jeunesse
(CLJ), à l'origine d'une démarche volontaire. Les jardins de poches sont comme leur nom l'indique
des jardins qui habitent une très petite surface en ville.La démarche des "Jardins de Poche" de la
Ville de Lille consiste à reconquérir des délaissés urbains en les réaménageant en espace de qualité
et de proximité pour les habitants. L'atelier Smagghe qui a réalisé celui de Fives décrit son jardin de
la manière suivante sur son site internet: "Le jardin proposé en réponse à ce concours lancé pour
un site à Lille Fives, jouera le rôle de relais, voire de refuge pour la faune et la flore de la ville.
L’enjeu est de développer la biodiversité dans ce jardin. Le projet est conçu de manière à pouvoir
observer une constante évolution de la végétation. Les plantations seront libres tout au long des
saisons, restituant l’esprit même du délaissé, où faune et flore s’organisent selon les lois de la
nature." ( voir illustration suivante) .Mais c'est aussi le cas en Belgique, à Bruxelles notamment
place Annessens où est mise en place des potagers de poche, en bac, pouvant gagner ainsi l'utilité
de tous. Mais malheureusement, même si l'idée est très interessante, certains de ces jardins-potagers
miniatures sont parfois très vite laissés à l'abandon.
Les jardin d'insertion
Un des grands jardins à Paris est celui de la "Ceinture périphérique de Paris" qui reprend les
anciennes lignes ferroviaires laissées à l'abandon. Cette ceinture est désormais favorable à la
reconquête du végétal sur la ville. On pourrait alors parler de "Trame verte", c'est à dire d'après
Wikipédia: " d'un des grands projets nationaux français issus du Grenelle de l'Environnement. (...)
constituée de l'ensemble du maillage des corridors biologiques (ou corridors écologiques, existant
ou à restaurer), des « réservoirs de biodiversité » et des zones-tampon ou annexes (« espaces
naturels relais »).Elle vise à enrayer la perte de biodiversité (extraordinaire et ordinaire) alors que
le paysage est de plus en plus fragmenté ; C'est aussi la déclinaison nationale du réseau écologique
paneuropéen. " Bien que "sauvage" cette nature est entretenue, à l'image du Jardin en mouvement
de Gilles Clément. La nature est observée puis favorisée avec justesse par l'homme. Cette ceinture
crée à elle seule un environement dual: un milieu végétal dans le milieu urbain. Dans la vidéo
"Nature en ville et citoyenneneté"., on comprend que ce jardin a une utilité écologique, une utilité
concernant le bien être et le plaisir de la promenade puisque ce "jardin" est accessible; mais, à aussi
un rôle "intégrateur". On apprend que certains salariés du XVème sont en insertion, et à la suite de
formation on pu accéder à un emploi. L'encadrant qui gère cette équipe (dont le nom n'est pas
mentionné dans la vidéo) nous éclaire davantage sur ces jardins d'insertion : "J'encadre une équipe
de trois salariés. On s'occupe de l'entretient, de la gestion et de l'aménagement du site. Ils sont
engagés sur une période d'un an en contrat d'insertion. Ils doivent faire en amont une formation.
Ces personnes sont à l'origine assez éloignés de l'emploi. [...] Les encadrants comme moi sont
accompagnés par des conseillers en insertion qui règlent ainsi les problématiques administratives
etc.".
Les Jardins de la mobilité
Ces Jardins sont étudiés par Georges Métailié, ethnobotaniste spécialiste de la Chine et du Japon. Il
sont présents notamment dans certaines villes Asiatiques, trop dense et étroites pour permettre un
Front Garden ou un jardin derrière l'habitat. D'autant plus que ces villes sont marquées par une forte
verticalité. Ils sont constitués d'établis, d'étagère de culture, plantation fleur en pots. Marie Luise C.
Jonas dans un article pour "Journal of Landscape Architecture" écrit ainsi que: "Les habitants et
les commerçants riverains improvisent des jardins sur les cotés des rues (...) qui forment une
bordure flottnte entre les espaces privés et publics. (...) Ces jardins sont cependant illégaux, non

tolérés de manière non officielle.(...) Poiurtant ces jardins sont une part authentique du patrimoine
culturel Japonais. Ces jardins miniatures de fleurs en pots sont une solution pour ces habitants qui
peuvent satisfaire ainsi leur besoin de végétation, de nature comme ressource, dans une ville qui lui
laisse peu de place. Le jardin trouve une utilité esthétique, écologique , mais est aussi utile d'un
point de vue sécuritaire. C'est ce qu'explique Nicolas soulier à travers Reconquérir les rues. Pour
garantir une certaine sécurité dans les rues, les plantations sont parfois placées à un point
stratégique de la circulation pour pousser les automobilistes à ralentir par exemple ou à porter leur
attention sur un virage dangereux.
Les jardins éphémères
Les jardins éphémères représentes l'ensemble des terrains investis par la nature sur une courte
période. L'objectif peut être multiple et peut ainsi avoir des rentes touristiques, écologiques,
culturelles, sociales. La ville de Boulogne sur mer met ainsi chaque été sur le parking de l'Hotel de
Ville un jardin éphémère qui reprend un thème culturel spécifique chaque année. Cette année les
jardins de l'Islam, et les jardins de l'Alhambra furent mise à l'honneur. Au delà de l'aspect
esthétique, on ne peut que mettre en valeur le volonté d'accéder par la végétation à une culture
étrangère. Le Jardin se veut alors didactique.
Certaines associations s'installent aussi à moyen terme sur un terrain en friche, inoccupé par le bâti.
A Paris, quelques associations investissent les lieux pendant une ou deux années et créent des
potagers éphémères. C'est le cas dans le quartier de la Goutte d'or à Paris dans le XXème. Dans la
vidéo Nature et citoyenneté, Jacky Libaud nous parle d'un jardin " qui a voyagé plusieurs fois, un
jardin temporaire sur friche urbaine. Lorsque l'on détruit un immeulbe, le temps qu'on le
reconstruise se passe alors trois ans. On peut demander un bail temporaire à la ville de Paris ou au
propriétaire pour investir les lieux avant de créer un nouvel immeuble.Dans ces jardins partagés on
cultive souvent des légumes hors sol car les sols sont souvent pollués. D'ailleurs la Mairie bien
souvent nous y oblige par un accord signé sur une charte."
Les Jardins Thérapeutiques
On pourrait enfin parler des Jardins dit "thérapeuthiques". Notamment à travers les dire de Ségolène
Royale, ministre de l'Energie, dans l'émission du 13 Novembre 2014 sur France Info.
Voici ce qu'il faut retenir de l'interview (concernant notre domaine d'étude): "il faut généraliser les
jardins thérapeuthique en ville (..) le retour de la nature en ville est facteur de bonne santé. Le
contact avec la nature est indispensable, bien souvent lorsque l'on a détruit et exclut cette nature
en ville, les résultats ne révèle que des déséquilibres de la personne humaine. La reconquête de la
nature notamment à travers les jardins thérapeuthique et les jardins dans les écoles sont des
choses que je vais mettre prochainement en place. "
La question de la nature en ville est donc de plus en plus actuelle et politique, ce qui illustre en
partie cette prise de conscience collective en faveur d'un urbanisme qui se veut végétal.
Les jardins sont donc au coeur des mutations actuelles de la ville et c'est une bonne chose. On ne
peut que constater les bienfaits du jardin su les hommes et sur la ville. Mais ces démarches actives
ne sont pas que collectives. Elles partent aussi d'un endroit très proche de l'individu puisqu'il s'agit
de l'habitat. Nous avons donc vu les démarches à l'échelle d'une ville vers le végétal, mais aussi du
quartier, voir de la rue. Maintenant concentrons nous sur les démarches individuelles à l'échelle de
l'habitat.

Illustration 20:
MAITRISE D'OUVRAGE : Ville de
Lille / MISSION : conception et
réalisation d’un jardin / SITUATION
ACTUELLE : concours juin 2011 /
SURFACE : 80 m² / EQUIPE : Nicolas
Menu (architecte paysagiste)
Source, Atelier Smagghe

Illustration 21: Petite Ceinture Périphérique de Paris,
en Friche/ Crédit photo: Parisjardin.unblog..fr

Illustration 22: Jardin potager collectifs en bac,
Place Annessens à Bruxelles/ Crédit
Photos: Quentin ISIDORE/ 2014

Illustration 23: Jardin éphémère en vieille ville à Boulogne sur mer: thème l'Islam/ Photo: site internet de la ville/2014

2) Vers une reconquéte des rues à travers la ressource végétale
L'importance des frontages et des démarches individuelles pour fleurir les rues
La rue concentre à la fois la sphère publique et la sphère privée. Elle tient donc du domaine
de la collectivité mais aussi de la propriété propre. Elle est donc par définition proie à de nombreux
conflits. Comment alors la rue peut elle gérée cette tension sociale ?
Les urbanistes ont travaillé sur de nombreuses solutions. Celles qui nous interessent dans cette
étude s'inscrivent dans le courant de L'urbanisme végétal. Cette façon de concevoir la ville fait
intervenir un deuxième axe de lecture du monde urbain: Comment gérer les tensions sociales et
clarifier les zones de propriété dans la rue par le végétal ?
Nicolas Soulier, Architete-Urbaniste, traite longuement dans son livre de la question du “partage
frontal” de la rue. Cela correspond d'après l'auteur “aux manières de demeurer das la rue, et de s'en
occuper” ( page 78). Il ajoute ainsi que “les aménagements conçus par leurs divers propriétaires
[doivent se faire] dans le dessein de contribuer à la qualité de la rue, et de ne pas entraver la
bonne visibilité pour le passant des jardins et des façades en retrait (…). Chaque riverain est
responsable pour une part de la rue, et doit participer à sa qualité”. Voyons ainsi quelques
exemples “fertiles” ( à l'inverse du processus de stérilisation des rues actuelles).

Illustration 24: Un frontage à Breme en Allemagne
L'arbre sert ici de porche, créant un couvert végétal sur
l'espace public. Ce Frontage est une limite
bénéfique pour tous les usagers du trottoire.
L'arbre accueille, protège des vues sur l'interieur
du bâti mais rend esthétique la rue au dehors.
Chacun peut alors visuellement accéder à la végétation
/ Photo Nicolas Soulier/ 2012

Illustration 25: Situation Non fertile en
France. Le frontage est ici poublles,
individualiste./ Photo Nicolas Soulier 2012

A brême, cela passe notamment par les “Frontages”, soit, le côté d'un terrain longeant la voie
publique ou un plan d'eau. Cet espace n'est donc pas un “espace tampon” inutile tel qu'on a pu
l'expliquer précédemment, mais plutôt un espace QUI FAIT tampon entre deux conceptions
différentes d'appropriation, c'est à dire qui aclimate la rue et l'apaise. Le frontage marque ainsi un
temps d'arrêt avant de pénétrer dans la propriété. Il est l'espace necessaire au changement
d'ambiance et de qualité des différends lieux, que sont la rue (de l'ordre public) et l'habitat (de
l'ordre privé). Ce temps d'arret peut se manifester sous la forme d'un tapis végétal devant le bâti,
accentué notamment par des changements de niveaux au sol. Mais aussi par des arbres qui
joueraient le rôle de porche naturel, faisant de ce fait, profiter la rue de leur fraicheur et de leur
aspect esthétique; mais encore faisant profiter l'habitat d'un voile ombragée, offrant intimité et
sécurité. L'habitat se voit aussi embelli esthétiquement par la végétation sur le bâti. Les trottoires
sont certes plus petits, car ce frontage empiette sur le domaine “public” mais le résultat n'en est que
positif. Le frontage prend alors deux caractères: “privé “ puisqu'il appartient au domaine habitable,
mais aussi public puisqu'il s'offre à la rue, et se rend visible au domaine collectif.
Certains de ces frontons ne sont pas cloturés car se suffisent à eux même. L'impact est alors bien
plus positif pour le domaine public. Tout le monde peut donc accéder à cette nature, au moins
visuellement.
La sensation est en effet toute autre, c'est
ce que nous explique Julien Dubois et
Benjamin Taveau, jeunes urbanistes,
s'étant penchés sur le livre de Nicolas
Soulier Reconquérir les rues: “A Brême,
les habitants disposent de « bandes
riveraines » (des Vorgärten,c’est à dire
des jardins de devant) qu’ils peuvent
aménager comme bon leur semble. La
séparation entre l’espace public et
l’espace privé est mise à mal comme le
rappelle justement l’architecte. En effet,
ces Vorgärten font partis du domaine
public mais sont entretenus par les
riverains. Ainsi, chaque habitant a tout le
loisir de prendre part à l’embellissement
de sa rue, ce qui change son fonctionnement et son ambiance”.
Illustration 26: Stoep en Hollande, une manière
de reconquérir les rues. / Photo Nicolas Soulier/2012

L'exemple des parklets, moyen pour les habitants d'amener le végétal au coeur des rues
Les Démarches sont très multiples. De plus en plus la prise de conscience collective amène les
habitants d'un rue à se manifester légalement , mais aussi illégalement en remettant leur bout de
ville au “vert”. C'est ce que nous explique notamment Philippe Gargov , Géographe, spécialiste de
la ville numérique et de ses imaginaires. Fondateur de [pop-up] urbain, cabinet de tendances
spécialisé dans les problématiques urbaines, nous informe dans une de ces chroniques sur le
principe du “Parklets”: “On appelle parklet la création d'espaces de loisirs sur les places de
stationnement inoccupées. Cafés un peu bobo, simples coins de verdure ou aires de jeu pour enfants
naissent ainsi, de manière éphémère ou non, sur un territoire longtemps exclusivement réservé à la
reine automobile. Une forme de reconquista douce dont les perspectives sont aussi nombreuses que
les urbanités qu'elles replacent au premier plan”. Ce phénomène est présent notamment à San
Fransisco, où les citoyens prennent d'assaut les trottoires, les places de parking pour y amener leur
“bout de verdure” et en occuper les lieux. Nicolas Soulier dans Reconquérir les rues prend
l'exemple du “Parking Day” où” les habitants payent le parcmètre comme pour une voiture et
s'installent pour la durée réservée”.

L'urbanisme végétal est donc à la portée de tous, relate en grande partie de la prise de conscience
collective. Dans reconquérir les rues, Nicolas Soulier nous parle de Vauban, où là aussi, les
frontages publics et privés ne sont pas cloturés. “Les riverains peuvent utiliser les frontages publics
et librement mettre en chantier dans les frontages privés de menus aménagement.” De ce fait, il
n'est pas rare de voir une belle pelouse, un cabanon de jardin, un potager, un portique à vélo ou
encore un banc de repos, commun à l'habitat et à la rue devant les maisons. C'est aussi ce que l'on
appelle “Stoep” en Hollande, c'est à dire: Tous les aménagements par le végétal ou le mobilier ,
installés devant les maisons, qui temporisent la rue et favorisent une transition plus douce entre
l'habitat et le lieu de résidence publique: la Rue.

Illustration 27: Parklet à San fransisco/
Photo Google Image

Illustrtion 28: Des habitants de quartiers
à San Fransisco prennent d'assaut les
bandes riveraines pour en faire des Parklets

Illustration 29: Parklet investit
par les bars pour permettre une
térasse éphémère à San Fransisco/
Crédit Photo: Google image

Conclusion de cette deuxième partie d'analyse du sujet
Les décisions politiques actuelles, les nouveaux plans urbains, les écoquartiers, les
jardins et frontons végétalisés, sont autant d'aménagements urbains necessaires au
développement du végétal en ville. Ils rendent alors favorable la question de l'accès
à la végétation comme Ressource dans le milieux urbain. Pensés avec justesse et
éthique, ces aménagements s'imposent comme des solutions durables pour nos
villes qui sauront se développer convenablement, mais aussi pour les hommes qui
renouent un dialogue avec la végétation, ainsi que pour la planète qui trouve des
réponses écologiques dans une perspective de sauvegarde de l'environnement par le
biais de l'écologie.
Nous avons montré ici, que l'accès à la végétation n'est en aucun cas possible par la
passivité, il fut alors question durant cette deuxième partie d'analyse du sujet de
"collaboration" de "collectivité " et surtout " d'activités ". La végétation ne peut
venir d'elle même car le milieu urbain on l'a dit, n'est pas le milieux originel de la
ressource végétale. Pour la rendre accessible il est essentielle de comprendre la
ville autrement, c'est à dire changer les codes urbains concernant le partage modal
des rues, accentuer les démarches collectives et individuelles, redonner du carctère
au quartier, reconquérir les rues.

SYNTHESE/Ouverture
Cette photo prise à Bruxelles illustre à mon sens les
enjeux du végétal en ville. Des démarches artistiques comme
celle ci montre bien que la végétation manque en ville et
qu'elle est une carrance pour l'homme ayant soif de nature
rattachée au milieu sauvage. Cette photographie peinte sur
un mur à Bruxelles révèle une relation étroite entre l'homme
et la nature. Une relation tragique, puisqu'il y a derrière la
question de l'accès à la végétation un caractère inéluctable:
Les hommes veulent de la végétation, mais s'installent en ville
là ou elle est peu propice au développement. Des
représentations artistiques comme celle ci amène à se
questionner sur la "Nature de la nature". Celle ci doit elle
être trompe l'oeil et ainsi synthétisée à son extrême pour
s'implanter dans le milieu urbain. Nous avons vu que cela
était probable mais peu envisageable à long terme.
L'urbanisme végétale semble quant à lui bien plus
envisageable. L'avenir des villes est-il alors dans cet
urbanisme favorisant l'accès à la végétation comme ressource
en ville ?
Illustration 27: Représentation en trompe
l'oeil artistique de la nature en ville à
Bruxelles/ Photo Quentin ISIDORE/ 2014

Certains Architectes-urbanistes pensent la ville végétale comme la ville du futur. Peut être
de manière utopiquee, mais il n'en ai pas moins interessant de retrouver dans les considérations
urbaines pour l'avenir un engouement vers le végétal. L'artiste architecte- urbaniste: Luc Schuiten,
propose alors une cité végétale metttant en valeur ainsi les perspectives: "Archiborescentes".

Illustration 28: La ville
future archiborescente
de Luc Schuiten. Crédit
Photo/ Site internet de
Luc Schuiten

En guise de conclusion générale, on peut citer cet architecte qui sur son site internet redonne une
nouvelle définition de la ville future: "Lentement, de proche en proche , cette ville devenue trop
urbaine et minérale diminuera ses surfaces d'asphalte et de pavés, se souviendra de ses ruisseaux,
de ses vlalées, de ses étangs et retrouvera une qualité de vie qu'elle avait perdue. L'ajout
d'enveloppes extérieures et de greffons, réalisés en structures végétales et en matériaux
biomimétiques dans les bâtis éxistants cherche à favoriser la transmission de l'idée d'un
changement nécessaire dans le fonctionnement de l'habitat. Ces représentations de maisons
mitoyennes caractéristiques à Bruxelles confrontent le visiteur à la vision d'une autre réalité
possible des lieux familiers. La ville nouvelle se sera progressivement dotée de deux niveaux
différents de circulation. Sur le sol éxistant évolueront des véhicules légers et silencieux de toutes
catégories pour des déplacements rapides et efficaces."

B i B L i O G R A P H i E
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Royal ou l'art d'esquiver les questions qui fâchent, [Vidéo en ligne], dispnible à l'URL :
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DES RACINES ET DES AILES, (07/12/2011), Paris, Jardins Secrets,[reportage en ligne],
[consulté le 10/11/2014], disponible en ligne à l'adresse URL https://www.youtube.com/watch?
v=nO3zOrKovVk
Blog
GARGOV Philippe et BALDASSI Margot, Pop-up Urbain, 2013-2014, [blog], disponible sur
l'URL: http://www.pop-up-urbain.com/


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