Les chiennes de la nuit.pdf


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— On vous attend… vous serez comblé ! Ajouta-t-elle avant de s’éloigner, suivie de
ses supposées sœurs.
Didier ne les vit plus les jours suivants et contrairement à ce qu’il croyait, elles lui
manquèrent…Elles lui avaient entrouvert un jardin des délices combien interdit…Maudit !
…Maledeto ! Ça voulait bien dire « maudit » en italien, non ? Depuis si longtemps il se
sentait maudit… Céder à ce qu’on lui proposait allait dans le sens de la malédiction, mais
l’idée le remplissait d’un tel trouble! En Italie il avait frôlé la catastrophe et il s’était bien
promis de ne plus recommencer... Pourtant, succomber dans un endroit discret, comme devait
être cette villa... Même s’il devait payer très cher, financièrement. Mais non, quelle folie !
Tant mieux si les trois filles ne réapparaissaient pas, il n’irait pas !

La Villa Érèbe se situait dans un endroit isolé, au bout d’un petit chemin, cachée par
une haie de cyprès. Il s’agissait d’une grande maison bourgeoise, d’aspect inhabité. Une vraie
caricature de maison close ! pensa Didier. En effet tous les volets étaient fermés. Y-avait-il
quelqu’un à l’intérieur? Au milieu d’une façade plutôt austère, la porte d’entrée, encadrée de
deux petites colonnes doriques, était décorée d’un médaillon de bronze: une tête de femme à
l’aspect sévère, un croissant de lune sur le front. Pas de sonnette, juste un heurtoir en forme de
dragon qu’il actionna. Alors qu’il ne s’attendait à aucune réponse, la porte s’ouvrit sur une
lumière pâle. Les trois filles se tenaient devant lui. Vêtues de longues robes noires, elles ne
gardaient des prostituées qui l’avaient invité que leurs bijoux/serpents. Leurs visages
paraissaient plus mûrs et fermés. La lumière venait d’une lampe à pétrole que l’aînée tenait à
la main.
— Entrez…
— Vous avez une panne de courant ? Vous devriez au moins ouvrir les fenêtres !
— Ce n’est pas la lumière qu’on vient chercher ici…L’obscurité est de mise pour les
désirs obscurs, n’est-ce pas ?
Cette simple allusion le mit mal à l’aise. De plus les airs mystérieux qu’elles
affichaient l’énervaient un peu. Il présumait qu’il s’agissait d’une composition pour
l’ambiance de la maison. Drôle d’ambiance, en effet. Il pénétra dans un salon plongé dans la
nuit. La lampe laissait entrevoir une riche décoration : moulures, boiseries, meubles anciens,
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