Quézel Cèdres de méditerranée.pdf


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ment plus bas à la faveur de microclimats locaux, mais il ne paraît guère
finalement pénétrer en peuplements
significatifs dans l’étage méditerrranéen supérieur. Il colonise essentiellement des substrats calcaires et dolomitiques, mais aussi des roches vertes au
nord de Fethiye. Il succède en altitude,
soit à des forêts de Pinus brutia, souvent associé surtout sur les façades
maritimes à Cupressus sempervirens,
qui s’élèvent ici parfois à plus de 1700
m, en particulier sur le Tahtali Dag et
le Teke Dag, soit aux formations à
Chênes sclérophylles (Quercus coccifera), sur les marges de la cuvette
steppique d’Elmali. Lonicera nummulariifolia subsp. glandulifera et Acer
sempervirens sont localement fréquents. Juniperus excelsa tend, par
ailleurs, en ambiance semi-aride, à se
substituer progressivement au cèdre
sur les bordures est, ouest et surtout
nord de cette cuvette.
Les facteurs climatiques régissant
les cédraies du Taurus occidental sont
difficiles à cerner, en raison du
manque de données météorologiques ;
il semble toutefois, que les revers
méridionaux des massifs offrent partout des précipitations élevées et supérieures à 1000 mm dès le bord de mer
et atteignent sans doute au moins
2000 mm sur les sommets ; inversement, sur ses marges septentrionales,
la cuvette d’Elmali reste peu arrosée
(542 mm à Elmali), ce qui traduit un
abaissement très brutal des précipitations. Il nous paraît peu probable, que
les cédraies de belle venue de la
région, reçoivent des précipitations
inférieures à 800-900 mm, valeurs qui
sont précisément celles que cite CETIK
(1976) pour la station de Buçak, du
moins pour les années normalement
arrosées.
Les moyennes des minimas du mois
le plus froid (janvier) estimées par
CETIK, se situeraient vers - 2°C à 1500
m, et atteindraient environ - 7°C à
2000 m. L’enneigement persiste au
moins 5 mois, et la période de sécheresse estivale persiste 2 à 3 mois.
Diverses associations ont été reconnues, notamment l’ALLIARIO OFFICINALIS-CEDRETUM LIBANI en milieu mésophile,
et
l’O RYZOPSIDO
H OLCIFORMI -C EDRETUM L IBANI en
milieu méso-xérophile. Juniperus
excelsa voire localement Ostrya carpinifolia peuvent apparaître. La richesse
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Photo 3 : Cédraie d’altitude à Cedrus libani. Taurus central, reprise de la
régénération après traitement forestier.
Photo P. QUEZEL

floristique de ces forêts mérite d’être
soulignée puisque de nombreuses
espèces endémiques permettent de les
caractériser notamment Paeonia turcica, Pentaptera bocqueti, Ebenus
boissieri, Campanula michauxioides.

b - Les cédraies du Taurus
centro-oriental (ABIETOCEDRION)
Cedrus libani et Abies cilicica présentent sur le Taurus centro-oriental,
des exigences écologiques voisines,
formant assez souvent des peuplements mixtes ou se remplaçant respectivement en fonction de divers critères.
Du point de vue altitudinal, ils se
situent essentiellement entre 1400 et
2200 m en moyenne, mais peuvent à la
faveur de micro, voire de méso-climats locaux descendre dans le méditerranéen supérieur.
Du point de vue écologique ces
deux essences varient par leurs exigences édaphiques (Q UEZEL , 1980)
puisque le sapin ne sort pratiquement
pas des substrats dolomitiques karstifiés alors que le cèdre est beaucoup
plus tolérant et se rencontre sur calcaires essentiellement, souvent sur
terra rossa, mais aussi localement sur
roches vertes et flyschs. Du point de
vue bilan hydrique, le sapin est plus

exigeant que le cèdre, ce qui situe
électivement ses peuplements sur les
façades maritimes ou dans les thalwegs. Malgré ces différences, ces
deux essences végètent en bioclimat
humide et localement sub-humide très
froid. La sécheresse estivale est de 3 à
4 mois, l’enneigement de 3 à 6 mois.
Dans ce secteur, les forêts de sapin
de Cilicie généralement associé au
cèdre, occupent un peu plus de
100.000 ha et celles de cèdre 50.000
environ.
Sur le Taurus central et oriental,
cèdre et sapin individualisent le plus
souvent des associations distinctes
sans toutefois s’exclure. Elles se rapportent à l’alliance ABIETO-CEDRION et
la diversité de la végétation est beaucoup plus grande que sur le Taurus
occidental.
Le sapin de Cilicie domine en particulier dans la région d’Akseki
(QUEZEL et PAMUKCUOGLU, 1969) au
niveau de l’ A CERO T AURICOLI ABIETUM CILICICAE, offrant diverses
variations en fonction de son degré
d’anthropisation et de pâturage ;
Quercus libani est généralement présent. Il forme également des peuplements dominants dans le Taurus central, dans la région de Namrun
(L ECOKIO C RETICAE -A BIETETUM
CILICICAE) mais encore dans le Taurus
oriental dans la région de Pos