Memoire 1 JUIN 2012 FINALLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLLL.pdf


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1.3

Analyse des situations.

Après analyse de mes actes et de mes gestes dans ces deux situations, j’ai pu m’apercevoir
qu’en réalité elles étaient complémentaires et indissociables. Il me semblait donc nécessaire
de relater ces deux expériences car seule leur association permet de comprendre le
cheminement qui s’est inscrit dans ma pratique soignante.
Ma posture de recul et d’observation silencieuse ont effacé ma présence dans la première
situation, ce qui a conduit à une relation duale. Position qui, a posteriori, m’a bien arrangée
car je pense qu’inconsciemment, c’était le but recherché.
Beaucoup de sentiments m’ont envahie et j’ai été totalement déstabilisée par l’afflux de
questions qui se sont bousculées dans ma tête : « Comment peut-on mener à bien une relation
aidante dans ce soin, car avant d’être des soignantes nous sommes avant tout des femmes ? »,
« Pourquoi ce soin me met-il tant mal à l’aise ? »
Quand l’infirmière a enlevé le pansement, il était important pour moi de ne pas laisser paraître
le malaise que je ressentais. Je devais essayer de tout contrôler en m’obligeant à maîtriser mes
réactions, mon regard, mon faciès.
Encore aujourd’hui les mots sont difficiles à trouver pour évoquer ces sentiments… Pour moi,
en tant

qu’étudiante infirmière de première année, mes représentations du soignant

m’interdisaient de pouvoir ressentir de tels sentiments lors d’un soin : « comment puis-je être
soignante si j’implique trop d’affects et de ressentis dans un soin ? »
Déstabilisée, mes sentiments me faisaient peur… Une certaine pudeur s’installa. J’étais
partagée entre le fait d’en parler à l’infirmière ou me taire et garder cela pour moi. J’attendais
le « bon moment » pour pouvoir me lancer et me dévoiler. Hélas, je n’ai pas su le trouver.
Dans un certain sens, qu’elle ne l’ait pas constaté me soulageait peut-être, car au fond j’avais
honte… Honte de me dire : « Kelly, tu n’as pas été à la hauteur dans ce soin ! », honte de me
dire que j’étais peut-être une mauvaise élève en ne sachant pas mettre mes émotions de côté,
et peur que l’infirmière le pense. Cela faisait écho à mes représentations. Comme si les
émotions et sentiments pouvaient interférer dans la réalisation du soin et donc de la qualité de
celui-ci. L’image que l’on se crée en début de formation de la « soignante idéale » évolue
pendant le cursus et à cette époque, la notion de distance thérapeutique était encore floue.

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