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Auteur: Mathieu Devaux-Sabarros

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1

Introduction………….…………………………………………………….…………………………………………………………………………..3

I-

L’Evolution de la transmission d’information : du média unique à sa diversité....................4

A- L’ère de la presse écrite .................................................................................................................................................................... 4
Presse et pouvoir ................................................................................................................................................................... 4
Le XIXe siècle et la genèse de la presse populaire ................................................................................................................. 4

B- Destins croisés de la radio et de la télévision ......................................................................................................................... 4
La radio ................................................................................................................................................................................. 5
La télévision ......................................................................................................................................................................... 5

C- L’ère du numérique............................................................................................................................................................................. 5

II-

Médias traditionnels, au service d’une information totalement légitime ? ..........................6

A- Vision sociologique de la légitimité dans les médias traditionnels. ............................................................... 6
B- Consommation des médias : un gage de légitimité ? ......................................................................................................... 7
La légitimité de l’information selon les français ........................................................................................................ 7
L’exception de la presse d’opinion ........................................................................................................................................ 9

C- Presse à sensation, censure, désinformation : des facteurs d’illégitimité dans l’information ..................... 9
Presse à sensation ................................................................................................................................................................. 9
Censure ............................................................................................................................................................................... 10
Détournement d’informations ............................................................................................................................................ 10

III-

Nouveaux médias : melting-pot de l’information ? .............................................................. 11

A- Internet comme source fiable […] ............................................................................................................................................. 11
B- […] mais sans limites ....................................................................................................................................................................... 12
Le journalisme en danger ? ...................................................................................................................................................... 12
Des techniques de peopolisation de l’information ................................................................................................................... 12

C- Critique sociologique d’un monde virtuel .............................................................................................................................. 13
La consommation d’informations ............................................................................................................................................ 13
Les acteurs de la nouvelle information .................................................................................................................................... 13

Conclusion ................................................................................................................................................................................................... 14
Annexes ........................................................................................................................................................................................................ 15
Bibliographie………………….……………………………………………………………………………………………………………………….16

2

Le traitement de l’information au XXIe siècle est devenu un bienfait et une richesse auxquels de plus en
plus de gens se rattachent à l’heure d’aujourd’hui. Qu’il s’agisse de journalistes, d’économistes, de politiques, de
gens de la haute ou de la moyenne société, tout le monde se doit d’être concerné et de connaitre un minimum
l’actualité qui rythme notre monde et le quotidien des personnes qui y vivent.
Ces informations sont une composante essentielle de l’évolution de notre société car il est important de
préciser que c’est grâce à certains événements que les progrès se font et que notre monde peut avancer.
Accidents, meurtres, décisions politiques, mouvements sociaux, actualités people, frasques ou potins en tout
genre, ces flux, retranscrits dans les médias suscitent l’attention de tous surtout depuis que les supports
pouvant les retranscrire sont devenus accessibles pour une partie grâce à leurs prix bons marchés.
La télévision, la radio et la presse écrite sont devenues des éléments indispensables dans le quotidien
des cultures occidentales, puisqu’ils permettent à chacun de suivre l’actu partout dans le monde. Mais ces
médias, (qui ont vu leur notoriété grandir depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale) sont progressivement
passés d’un simple traitement de l’information à son appropriation totale tendant à un certain monopole de
celle-ci. On observe également aujourd’hui que ces mêmes médias restent notre seule source d’information
mais ont-ils pour autant le bénéfice de la légitimité ? En effet, toute information n’a pas nécessairement la
même couverture, ni la même authenticité. Depuis plus de dix ans, de nouveaux médias à l’image d’Internet,
réseaux sociaux ou encore blogs ne cessent de progresser dans notre société actuelle.
Certains de ces moyens de communication, par absence de sources fiables voire erronées, brouillent un
peu plus chaque jour la qualité de l’information qui nous est offerte.
Dans ce cas peut-on croire à tous les flux d’informations à travers les médias traditionnels et les nouveaux
médias ?
Dans ce dossier sera traité dans un premier temps l’évolution des médias et de leurs techniques de
transmissions de l’information pour ensuite confronter dans une deuxième et troisième partie les médias
traditionnels et nouveaux médias dans leur légitimité d’une couverture informationnelle ainsi que de leurs
limites.
Quelles mutations le métier de journaliste va-t-il connaitre dans les années à venir
Au XXIe, qu’est-ce qu’être journaliste finalement ?

3

Alors que l’information « brut » ne cesse de changer au fil des jours et des évènements que connait le monde,
les moyens de produire, de diffuser et de consommer l’information ont eux aussi fait face à une évolution
constante depuis la création de l’imprimerie par Gutenberg en 1440.

Presse et pouvoir
C’est à la fin du XVème siècle que les pays occidentaux
développent l’un des moyens de communication qui va traverser
les siècles : la presse écrite. Même si cette terminologie ne voit le
jour qu’à partir du XIXème siècle, le but d’informer reste intact à
travers de simples feuillets contenant une actualité sommaire
(épopées ou évènements administratifs). Mais à qui est destinée
cette information ? Seules les classes nobles et cléricales ont
accès au procédé qui, à cette époque, n’a d’intérêt qu’aux
personnes lettrés. Un procédé qui d’ailleurs ne prend qu’une
allure de test et il faudra attendre le XVIIème siècle et la fin de
l’Ancien régime pour voir naître la construction même de
« journaux ».
En France, Théophraste Renaudot est l’une des premières plumes à pratiquer l’exercice journalistique. Au
service du cardinal Richelieu, il créé « la Gazette » en 1631, un « canard » qui n’a que pour vocation de vanter la
politique en place et faire taire les bruits d’une presse plus avancée dans le reste de l’Europe. La presse prend
donc à ce moment de l’histoire une ligne éditoriale propagandiste et presque épistolaire. C’est effectivement
sous cette forme que circule le plus vite l’information. Seul journal d’information au rythme bi-hebdomadaire, il
est la propriété du pouvoir est notamment du « ministère » des affaires étrangères, et nous sommes en 1762 !
Alors pourquoi cette attachement souverain ? Simplement par soucis de censure en affichant une presse d’Etat
fidèle aux convictions de la politique de l’époque.
Mais le média attire et séduit de plus en plus d’intellectuels qui, eux aussi veulent partager une certaine
« culture de l’information ». Se développe alors à travers le pays de nombreux titres de journaux : En 1788, le
territoire en connaît une trentaine sur la capitale et près de 20 en province. Et même si cette ouverture de la
presse parait comme un élan de démocratie, elle ne l’est pas pour autant. Ces journaux restent enfermés dans la
censure du pouvoir.
Le XIXème siècle et la genèse de la presse populaire
La quête de la liberté de la presse a été longue en France contrairement aux pays voisins et ce sont les régimes
politiques en place qui durant près d’un siècle ont contrôlé le média avec plus ou moins de souplesse. Deux lois
ou plutôt deux dates vont jouer un rôle primordial dans la libre expression de la presse sous le Second Empire
et encore aujourd’hui : 11 Mai 1868 et 29 Juillet 1881.
Cette période est un moteur non seulement pour le média mais aussi pour la population. En pleine révolution
industrielle et refonte du système hiérarchique du travail (notamment chez les plus jeunes), la presse se fait
populaire et accessible à tous et pour tous. Le pays rentre alors dans une phase culturelle et d’apprentissage.
C’est la naissance du média de masse.
Mais la presse écrite va connaître des faiblesses. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale et avec l’apparition de
la télévision, le média est en constante perte de vitesse. Et le XXIème siècle amène le genre à une mutation plus
accès sur le numérique.

Ce sont les deux médias qui ont certainement connu l’ascension la plus rapide dans le quotidien des français.
Tout deux issus des ondes hertziennes, procédé électromagnétique de transmissions de données sonores et
visuels, leur arrivée sur le marché du grand public est cependant différente.
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La radio
Il faut attendre en France 1923 et l’emblématique marque « Radiola » et l’antenne de radiodiffusion sur la Tour
Eiffel pour que la radio se développe sur le territoire. Les postes radio se font rares au début car très onéreux
mais cela n’empêche pas le nouveau média de rentrer dans les foyers. Et notamment dans les années 30 où elle
prend une place capitale en diffusant flashs d’information (destinés au cinéma à l’époque) musiques et
programmes de divertissement.
Et la Seconde Guerre Mondiale va accroitre sa popularité. Si des images de familles entières sont regroupées
autour de celui qu’on nommera « transistor » garnissent de nombreux livres d’histoire, c’est que la radio est un
média rassembleur et surtout difficile à censurer par les régimes de l’occupation. Ainsi Radio Londres (antenne
de la British Broadcasting Corporation encore en place aujourd’hui) fait circuler des informations capitales
dans le déroulement de la guerre à travers son programme « La France parle aux français ».
Média difficile à contrôler ? L’affirmation ne l’est plus tout autant dans les décennies à venir. Extrêmement
cadré par le ministère de l’information, les stations qui diffusent des programmes sont pour la plupart
publiques pour éviter tout débordement. Radio Télévision Luxembourg (aujourd’hui RTL) et Europe n°1 sont
des exceptions dans le paysage radiophonique français. L’envie de liberté est bousculée par les évènements
étudiants de mai 1968. C’est l’époque de la libération des mœurs certes mais pas du média encore ancré dans
une culture… conservatrice. Apparaissent alors les radios pirates, plus jeunes, plus modernes et surtout, très
peu appréciées par les autorités en place. C’est la guerre entre les « patrons de stations » amateurs et le
gouvernement qui possède les ondes. En 1981, le bras de fer se termine par la fin du monopole de l’Etat.
La télévision
1935. Apparait dans le paysage médiatique un
homme qui va sans le savoir peut-être
bouleverser les générations futures. René
Barthélemy importe le concept de la télévision en
France. Le concept parait alors farfelu : diffuser
des images en direct dans un « transistor
amélioré » alors qu’elles sont produites bien plus
loin. Pari fou pour ce scientifique mais surtout
gagnant au début des années 1960. Le public est
certes restreint avec 1 000 000 de téléviseurs sur
le territoire français, mais le concept fascine de
plus en plus. 1, 2 puis 3 chaînes publiques, elles
sont associées aux stations radios. L’ORTF né
alors en 1964. Le groupe a alors trois vocations : informer, instruire et divertir. Et la formule marche, elle est
même l’outil préféré du président De Gaulle. Véritable moyen de propagande à ses début (et ce fut le cas de tous
les médias auparavant), la télévision vient apporter ce que n’a pas la radio c’est-à-dire l’image.
Mais elle va connaître une mutation dans les années 70. L’Etat ne peut plus assumer les dépenses de
l’audiovisuelle publique et en profite pour ouvrir le marché aux réseaux privés. Après avoir abandonné l’idée de
vendre FR3 au fonctionnement régional trop complexe, c’est finalement TF1 qui se voit privatiser. Le PAF
change alors d’allure et l’information qu’il dégage se libère du pouvoir. L’information devient alors pluraliste.
Mais en 2005, autre bouleversement dans le monde de la télévision. L’arrivée de la TNT offrant la possibilité
aux téléspectateurs de passer de 6 à 14 chaînes (puis 18 un peu plus tard) et cela gratuitement voit le jour. Et le
succès est au rendez-vous.

Internet voit le jour dans les sphères privées de l’armée et de l’enseignement-recherche à la fin des années 60.
Réseau institutionnel qui a pour but le partage simplifié de données stratégiques et pédagogiques, ARPANET
s’ouvre au public dans les années 80.
Et l’ouverture au public de ce mode de communication passe par la modernisation des infrastructures
électroniques guidée par deux géants de l’informatique : Microsoft (et sa collaboration étroite avec IBM) et
Apple. Alors que l’un joue sur la sobriété et la fiabilité de ses machines, l’autre au contraire vise sur l’originalité
des formes et des couleurs pour vendre. La guerre (pas toujours très bonne) des PC et des Mac est déclarée.
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Dans le fond, les foyers français voient fleurir peu à peu les modems, appareils de connexion bruyants et
fournissant un accès limité au contenu web. Exclusivité du réseau France télécom dans les années 90 puisque la
société est à cette époque encore publique, les prix pratiqués restent onéreux pour la plupart des usagers. 2000
et son bug qui n’aura finalement pas lieu met en lumière l’ouverture du marché de la téléphonie ainsi que des
offres internet permettant un accès au plus large et s’affranchissant des domaines initiaux.
Tout va s’enchaîner très vite pour cette immense
machine qui connait en à peine 20 ans pas moins de
trois évolution du Web 1.0 à 3.0. Internet s’émancipe
des ordinateurs et vient s’ancrer dans les téléphones
portables ou encore les tablettes numériques. Les
interfaces deviennent de plus en plus intuitives et
attractives pour le consommateur qui ne peut
finalement plus se passer du plus grand réseau du
monde. Réseaux sociaux, service à la personne ou
encore encyclopédie à taille humaine et contenu
audiovisuel, Internet prend alors des formes de « plurimédia » alliant toutes les clés et les contenus des
médias traditionnels.
Tous ces médias ont su se pérenniser au fil des siècles tout en observant des mutations plus ou moins
importantes. Mais au-delà des aspects techniques et historiques, le catalogue informationnel proposé par tous
est-il de qualité ? Peut-on y apporter toute notre confiance ?

« Bien informés, les hommes sont des citoyens ; mal informés ils deviennent des sujets. » disait Alfred
Sauvy,
un
célèbre
économiste
et
sociologue
français.
Dans cette phrase qu’entend-il réellement par « être bien informés » ? Entend-il par la une question de vraie ou
de fausse vérité ?
Aujourd’hui, avec la démultiplication de l’information, chaque citoyen est en droit d’attendre un rapport
concret des nouvelles qui rythment notre monde. On appelle ça la légitimité de l’information. Dans cette
citation, Mr Sauvy pose le problème de l’information, quelle qu’elle soit et à n’importe quel endroit où l’on peut
la trouver. Il entend par là que nous, citoyens, sommes en droit d’attendre des organismes qui font circuler les
flux data, des infos qui nous permettent de survivre dans la société médiatisée dans laquelle nous vivons
actuellement. Sans quoi nous serions surement plongés dans un néant informationnel qui ne nous permettrai
pas d’être cultivés, au sens large du terme.
Il pose aussi la question de la citoyenneté actuelle. Etre un citoyen, c’est aller voter, c’est avoir une opinion, c’est
vivre sous la tutelle de l’Etat, des biens et des services qu’il nous met a disposition pour vivre (ou survivre). Il
actualise donc en quelques sortes la définition du citoyen en insinuant que dans la société du XXIe siècle, un
citoyen c’est également suivre l’actualité et s’informer. D’où le terme générique de «société de l’information » si
souvent entendu.
Mais la question que l’on peut se poser en allant plus loin c’est comment aujourd’hui accéder à cette légitimité
mais surtout qu’est-ce que la légitimité ?
Dans notre dictionnaire, elle se rapporte à ce qui est bien fondé, à ce qui est justifié, c’est à dire à ce qui est légal
et conforme à la loi, à ce qui dicte notre conduite.
La légitimité, dans notre culture informationnelle, c’est ce qu’on appelle la « vérité vraie ». C’est l’information
au sens strict, c’est un reflet exact de ce qui se passe dans le monde et dans le pays dans lequel nous vivons.
C’est ce qui rythme notre quotidien, c’est ce qui crée des discussions et des problématiques, mais aussi des
réformes et des décisions importantes. Une société avec de fausses informations serait un monde illégitime. Il
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serait par exemple difficile d’imaginer les conséquences si les décisions politiques de notre pays n’étaient pas
annoncées de manière objective ou si les réformes n’étaient pas connues ou même pire, faussées.
Dans ces cas-là, nous ne serions plus des citoyens mais de simples «sujets» pour reprendre l’expression
d’Alfred Sauvy.

Pour acquérir une certaine légitimité, l’information doit être diffusée sur un support qui se doit d’être
« légitime » lui aussi. Une « plateforme de confiance » pour les auditeurs ou les téléspectateurs qui ont besoin
d’être rassuré autant dans la qualité que dans la pertinence des infos qu’ils perçoivent.
C’est bien pour cela que des chaines historiques tels que TF1 ou France 2 mettent à la disposition de leurs
téléspectateurs ce que le métier à surnommé « la grande messe du 20 heures » ou le rendez-vous de la mijournée. Ils rythment depuis plus de 50 ans le quotidien des français en rassemblant le plus souvent la famille
autour du repas et des actualités. Grand vecteur d’audience, le modèle ne tarde pas à s’étendre sur d’autres
chaînes avec plus ou moins de succès. Si le succès du 19.45 de la chaîne M6 lancé en Septembre 2009 n’est plus
à démentir, certaines chaînes comme Direct 8 ont quant à elles eu bien du mal à s’imposer dans l’exercice. Mais
l’exception ne remet pas en cause la couverture des médias traditionnels dans le traitement de l’actualité et
surtout l’intérêt du public à consommer ce genre de programmes.
La question que l’on peut donc se poser est de savoir si ces médias traditionnels sont réellement au service
d’une information totalement légitime ?

La légitimité de l’information selon les français
Voici un récent sondage réalisé par l’institut d'études marketing TNS Sofres, et publié par le quotidien La Croix.
Ce sondage s’est penché sur la confiance accordée aux médias par les francais. Il est interessant dans la mesure

comme
évoqué
précedemment,
la
légitimité
passe
par
une
certaine
crédibilité.

En 1ere position, nous retrouvons donc la radio, qui reste constante depuis la création du baromètre en 1987.
Pourquoi ? Tout simplement parce que la radio est le support médiatique qui au contraire des médias dits
« visuels » s’étalant dans la durée, fournie une information brève mais aussi interactive. Elle possède donc une
capacité de réaction instantanée face à l’actualité et aux événements du notamment à la souplesse des grilles de
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programmes, bien plus souple qu’en télévision et surtout moins contraignante. Les journalistes sont toujours
en direct, ainsi ils ont un certain pouvoir face à l’information dans la mesure où ils peuvent soit l’actualiser, soit
la démentir, la confirmer et même la « synchroniser » à n’importe quel moment.
Sa 2e qualité se situe dans ses tranches infos. En effet, la radio propose deux supports variés d’informations :
des « flash infos » sont mis à la disposition des auditeurs de manière a ce qu’ils puissent se tenir au courant de
l’actualité à n’importe quel moment de la journée et de manière régulière. Mais elle développe aussi des
programmes plus poussés et plus développés durant les grands axes de la journée. Ces créneaux sont
généralement adaptés aux horaires de travail comme le matin très tôt lorsque le français se réveille, le midi
quand il prend sa pause, et en début de soirée lorsque celui-ci débauche dans une configuration très générale.
Voilà donc pourquoi la radio apparait comme le média le plus légitime selon l’opinion national. Elle se contente
simplement de relayer une information « embryonnaire », c'est-à-dire une information au sens strict du terme,
ni analysée, ni critiquée (dans sa version courte) et c’est en cela qu’elle plait car elle ne déforme pas par un
débat d’idées et n’influence pas les pensées (mise à part dans des émissions type talk-shows.)
En 2e position on retrouve nos incontournables journaux papier, qui vivent aujourd’hui de leur notoriété
passée et donc de la fidélité des anciens comme des plus jeunes. La presse écrite étant le premier support
médiatique par lequel était diffusée l’information à l’époque, il n’en est pas moins étonnant que celle-ci ne
dépérisse pas malgré l’arrivée de nouveaux quotidiens, hebdomadaires et autres supports informationnels tel
qu’Internet par exemple. On observe même une transition du secteur vers des outils plus numériques,
notamment internet, et donc une accessibilité de nouveau offerte au plus grand nombre.
Elle se dote également d’une pluralité d’opinions qui permet à chaque lecteur de se positionner et d’obtenir des
avis différents d’un journal à un autre à la différence des autres médias traditionnels qui n’ont pas de réelle
« opinion » et qui se doivent surtout de relayer l’information de la manière la plus neutre et la plus impartiale
possible.
Le journal permet pour quiconque le souhaite de creuser encore un peu plus l’actualité et/ou d’avoir
simplement plus d’information sur un sujet bien spécifique. La pluralité de jugements est donc le principal
atout des imprimés.
Enfin, nous retrouvons la télévision et Internet respectivement en 3e et 4e position dans ce baromètre.
Pourquoi donc des médias autant développées et populaires se retrouvent-ils en dernières positions d’un
classement comme celui-ci ?
Commençons par la télévision. La première raison de ce chiffre de 48%, (qui n’est certes pas mauvais mais en
dessous de ce que l’on pourrait attendre d’un média comme celui-ci) se situe dans la concurrence qu’elle
entretient avec la radio. La radio est plus ancienne et elle détient donc une certaine fidélité qui a été acquise au
fil des années. Elle possède également un lien interactif qui la rapproche des auditeurs. Ils accompagnent leurs
journées et leur donne même de plus en plus le droit d’intervenir pour donner leur point de vue sur des sujets
d’actualités. Mais dans ce cas bien précis, il s’agit uniquement d’une préférence dans la méthode d’être informé
plutôt que dans la qualité de l’information transmise.
L’autre raison de ce mauvais chiffre, c’est le nombre de tranche infos que programment les chaines. Outre les
chaines d’information comme BFM TV ou I-Télé pour ne citer qu’elles, qui diffusent continuellement des
éditions, le journal télévisé n’apparait que 2 fois dans la journée, le midi et le soir. C’est très peu comparé à la
radio ou même à Internet qui diffusent continuellement des flux. L’accessibilité à la télévision est aussi un
immense bémol puisque beaucoup de gens travaillent durant la mi-journée et n’ont donc pas accès à leur poste
de télévision, soit par manque de temps, soit à cause de leurs horaires ce qui restreint le public à la ménagère
ou les séniors.
En ce qui concerne Internet, il est beaucoup plus facile d’expliquer les raisons de ce chiffre avoisinant les 37%.
Premièrement, le WEB est récent et n’est apparu qu’en 2005 dans le baromètre de la TNS Sofres. Il est donc en
constante évolution depuis son entrée. Mais il ne peut pas être qualifié de média « stable » puisque tout le
monde est libre de diffuser l’information qu’il souhaite, soit par l’intermédiaire d’un blog, soit par les réseaux
sociaux ou même sur des sites qui ne sont pas tous fiables pour certains.
Internet représente aussi plus globalement la montée en puissance et la révolution des technologies dans notre
société et il est peu évident pour des personnes non habitués à toutes ces nouveautés de s’acclimater à un
support aussi complexe.
Son principal défaut est donc le public restreint qu’il rassemble. En effet, toujours selon le sondage, on constate
que 52% des personnes qui ont – de 35 ans s’informent sur Internet contre 22% chez les 35 ans et +.
La dernière explication, on la retrouve dans ce que l’on aborde depuis le début, à savoir, la légitimité des
informations ou plutôt ici son illégitimité. Rien n’est contrôlé et le défaut principal de cette plateforme
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informationnelle est sa volonté de sans cesse vouloir annoncer des scoops, sans réellement contrôler si ces
mêmes scoops existent réellement ou non. Rien n’est vérifié ce qui explique la réelle difficulté à s’informer
véritablement et donc le peu de crédit qu’un média comme Internet possède.

L’exception de la presse d’opinion
Il est important de différencier les médias qui servent de relai à l’actualité comme la presse quotidienne ou le
journal télévisé, et les médias qui tiennent une opinion sur cette même actualité. On les appelle les médias
engagés. Qui sont-ils et quels sont leurs rôles ? On les retrouve plus particulièrement dans la presse écrite,
secteur informationnel avec la plus grande pluralité d’opinions qui puisse exister. Très souvent, ils présentent
des sujets sans la moindre neutralité et se positionnent dessus. C’est très souvent le cas en politique ou l’on
retrouve des journaux de droite comme Le Figaro, et des journaux de gauche avec Libération qui opposent leurs
opinions face à un sujet de politique comme le démontre par exemple la photo suivante qui fait suite au
discours du président Nicolas Sarkozy le 3 février 2012 :
On voit bien la retouche sur la photo de
gauche pour montrer un aspect sinistre de
la situation du chef de l’Etat avec le titre
évocateur de « Président perdu » avec le
regard baissé de celui-ci.
De l’autre côté, aucunes retouches.
Simplement un changement de photo avec
un président rayonnant et qui par ses 2
mains posés sur un bureau parait serein et
sûr
de
lui.
La Une de ces 2 journaux n’est qu’une
infime partie de ce que l’on va retrouver à
l’intérieur avec pour Libération une critique
de Nicolas Sarkozy et de ses réformes et
certainement un éloge pour Le Figaro.
La légitimité de la presse d’opinion dépend uniquement de l’orientation politique du lecteur. C’est en cela que
l’on considère cette même presse comme une exception puisqu’on ne peut pas juger l’appartenance politique
comme illégitime. C’est donc au lecteur lui-même de se faire une idée quant a la valeur à donner a l’information
fournie.
Mais les médias traditionnels restent-ils une source des plus fiables en matière d’information ? Certaines
pratiques et certains moyens d’informations tendent à montrer le contraire en mettant à mal la déontologie du
métier de journaliste. Le lecteur, auditeur ou encore téléspectateur se trouve alors trompé sur la nature des
faits et surtout sur leurs fiabilités.

La presse people ne cesse de s’étendre depuis le début des années 80.

Presse à sensation
Elle est l’une des presses les plus populaires en
France. La presse à sensation, ou « presse à
scandale » est un de ces paradoxes de la culture
informationnelle où ce n’est pas l’actualité qui
alimente la chronique mais le journal lui-même qui
crée l’actu. En effet, tout journal qui a pour but
d’informer ses lecteurs est censé s’appuyer sur tout
ce qui se passe dans le monde ou dans son propre
pays. C’est tout le contraire dans ce type de presse
ou c’est le journal lui-même qui, par une stratégie
bien établie va fabriquer ce que l’on appelle un
« potin » pour inciter le lecteur à l’acheter. De quoi
est composée cette stratégie ?
Un titre sensationnel formulé de façon à attirer
l’attention. Un cliché d’une star qui va parfaitement
coller à ce même titre et le tour est joué. Ce type de
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presse se sert de l’inconscient et de l’imagination des personnes pour les aimanter vers leurs magazines malgré
le fait que l’information qu’il diffuse soit futile. C’est un journal de divertissement à défaut d’être un journal
d’information comme on peut en trouver un peu partout dans les kiosques. Un journal de « déformation de
l’information » qui crée donc l’illégitimité en créant une sorte de paradigme de la vérité en voulant imposer sa
propre actualité, sa propre vision de l’information qui se déroule dans le monde.

Censure
La censure se traduit par un contrôle des informations qui sont diffusées dans un pays. Elle guide ainsi les
médias vers des informations qui ne leurs sont pas défavorables et inversement, elle permet aux pouvoirs en
place (le gouvernement d’un pays le plus souvent) d’éviter que des informations qui ne vont pas dans leur sens
ou qui les dénigre ne gênent le peuple et entraine ainsi une opinion négative à leur égard.
C’était le cas lors de la seconde guerre mondiale avec le régime allemand lorsqu’à l’époque, le chancelier Hitler
avait un contrôle total sur les journaux dans le but ne pas tenir informé le peuple des plans qu’il préparait.
Cette censure s’opère encore aujourd’hui malgré les nombreuses années qui se sont écoulées. On la retrouve
dans des pays où le gouvernement opère un control total sur le peuple comme en Russie avec le futur président
Vladimir Poutine que l’on suspecte de truquer les élections grâce à l’immense nombre de voix qu’il possède. Ici,
cette censure se fait dans une presse contrôlée par celui-ci et où aucunes lignes n’abordent ses scores
tonitruants face à ses adversaires à la présidentielle.
Ce véto informationnel va de pair avec la propagande. Cela permet à son contribuable de profiter
d’informations publiées dans les médias pour donner une image positive de sa personne et de ses ambitions.
Comme on l’a très bien compris donc, la censure s’opère essentiellement politiquement dans des pays non
démocratiques. Ici l’illégitimité est donc encore plus importante. Elle prend même une dimension encore plus
grande qu’une simple fausse information puisqu’elle concerne la vie du peuple et pas seulement l’actualité.
Détournement d’informations
Ce détournement d’information consiste à présenter les nouvelles dans un autre contexte que le contexte qui
leur appartienne réellement. Celui-ci déforme l’information de manière à ne pas la divulguer. Ainsi, ça n’est pas
le flux en lui-même qui est faussé mais tout ce qui tourne autour.
Une mauvaise date, une photo qui ne correspond pas ou encore une info dissimulée, autant de choix possibles
pour dérégler la légitimité du contenu qu’est en droit d’attendre le lecteur ou le téléspectateur.
Le « bidonnage » comme on le surnomme aujourd’hui, n’est en fait qu’une stratégie mise en place par les
journalistes pour tromper le peuple et ne pas révéler certaines informations pour de multiples raisons que l’on
va développer ci-dessous.
La première raison est le manque de temps. Un reportage ou une interview peuvent alors être fait à la hâte
grâce à des contacts du journaliste comme ses collègues ou tout simplement son entourage. Il s’agit là d’un
moyen assez fiable et efficace pour le reporter pour boucler rapidement son reportage malgré le fait que les
sources ne soient pas vérifiées et que le « travail de terrain » ne soit pas réalisé. On peut donc associer cela à un
manque de professionnalisme plutôt qu’a une réelle volonté de tromper le téléspectateur.
La seconde raison est la volonté de démarcation de la chaine ou de la radio qui diffuse l’information. Dans le
cadre d’une interview « exclusive » ou encore de scoop faussés et o l’info n’est pas totalement vérifiée, les
diffuseurs de flux s’approprient une information sensationnelle pour mieux faire monter l’audimat. De plus,
avec Internet et sa rapidité de réaction, le dépositaire du scoop peut faire parler de lui durant quelques jours et
ainsi se permettre de faire le buzz quelques temps pour acquérir une notoriété encore plus grande.
La troisième et dernière raison est plus en rapport avec la société d’information dans laquelle nous vivons
actuellement. Il s’agit du « média-business ». C’est un média dans lequel ce n’est pas l’information qui va primer
mais plus l’impact que celle-ci va susciter vers le public. On ne se contente plus de relayer l’information pour
informer le peuple mais on la modifie de manière à obtenir des résultats économiques positifs. On pourrait par
exemple associer à ce phénomène le bidonnage que font certains journalistes en créant eux-mêmes des scoops
pour obtenir une reconnaissance envers les rédacteurs en chef, les patrons etc.

10

Depuis plus de 10 ans, Internet connaît une ascension fulgurante dans le monde de l’information et de la
communication. Il est l’une des sources les plus complètes et les plus consultées au monde grâce aux nombreux
supports informationnels qu’il propose à ses internautes. De nombreux supports certes, mais qui peuvent nous
interpeller sur la crédibilité de l’information délivrée.

A ses débuts, Internet a été vu comme une alternative aux médias traditionnels qui proposaient depuis toujours
une information formatée. Libre et donc participatif, il s’affiche aujourd’hui dans un registre plus
complémentaire à travers une collaboration étroite entre journaux, radios, télévisions et le monde numérique.
Le Web 1.0 s’est montré comme la vitrine numérique des médias traditionnels. On y trouve alors les mêmes
informations certes, mais référencées d’une manière plus intuitive pour l’utilisateur. La légitimité de l’Internet
des années 90 né alors de l’appui massif de ces médias qui ont offert au nouvel outil une sorte de label de
qualité. Il est marqué aussi par son interface. Ce nouveau web ne jouant pas avec des maquettes de
présentations attractives puisque les réseaux en débit ne le permettaient pas d’un côté et que les connaissances
en la matière étaient encore limitées de l’autre, Internet joue à ses débuts la carte du fond et non pas de la
forme.
Mais les mutations d’Internet ont ouvert le média à se diversifier au-delà de sa mission de transmission du
savoir. L’Internet utile, de services se développe à la fin des années 90, début 2000 et reste l’information la plus
fiable sur Internet. Les précurseurs mettent à la disposition des utilisateurs des plateformes de discussion
axées sur tous les sujets du quotidien. Les forums, de son étymologie latine « place du marché/place publique »
rencontrent un fort succès et mettent en avant la connaissance commune et la notion de libre-échange.
Cette notion de service sur Internet apparait également dans les organismes officiels de l’administration. L’Etat
met à la disposition des internautes et de manière totalement gratuite l’intégralité des textes de lois et des
démarches administratives. Fiable, la source est constamment mise à jour.
Le Web 2.0 a lui permis aux internautes la
création de contenus informationnels. Et cette
création se retrouve fiable lorsqu’elle est
encadrée par des professionnels de l’information.
Des sites comme lepost.fr assumé par la rédaction
du journal Le Monde (mais récemment fermé)
mettaient en avant l’information fournie par
l’internaute. Soumis à une sorte de label, les
articles étaient alors jugés fiables et vérifiés ou au
contraire totalement farfelus. Le site a permis au
journal de mettre la main sur de nombreuses
exclusivités chinées par les utilisateurs de la toile.
Aujourd’hui, le concept est en mutation.
L’internaute est amené à enrichir le débat autour
de l’actualité à travers des plateformes récentes
comme rmctalk.fr. Extension de la radio
généraliste de débat RMC du groupe NextRadioTV
qui connait une forte progression dans le PAF, le
site utilise les mêmes codes que ceux de sa grande
sœur. Ces alliances entre médias traditionnels et
Internet s’inscrivent dans une logique de média
360° qui prône le pluralisme des moyens d’accès à
l’information.
L’information participative reste un OVNI
informationnel. Elle se trouve sur tous les thèmes et toutes les formes à travers les forums ou sur les réseaux
sociaux mais a-t-elle toute sa part de légitimité et peut-elle remplacer l’avis de vrais spécialistes ?
11

Internet est-il en train de tuer les médias traditionnels ? Même si le médium fourni un contenu riche et dans la
continuité de la presse écrite, de la radio et de la télévision, Internet montre des marques de faiblesses en
matière de légitimité de l’information.

Le journalisme en danger ?
La démocratisation du blog a
fait naître sur la toile des
passionnés aux thèmes en tout
genre mais aussi des hommes
et/ou femmes d’affaires suivis
par
grands
nombres
d’internautes. Alternative aux
médias traditionnels et donc
ancrés dans les objectifs
d’internet, ces figures du web
ont gagné une certaine
notoriété.
Mais
peut-on
réellement
parler
de
légitimité ? Le flux massif de
ces pages (entre 15 et 20 millions de blogs en France en 2010) ne peut pas réellement marquer une forme de
légitimité du média. Le parallèle revient à dire « Secret Story sur TF1 fait 6 millions de téléspectateurs. C’est
donc un programme de qualité. » ou encore « Beaucoup de personnes mangent dans les fast-food, je ne vois pas
pourquoi cela serait mauvais pour la santé »1. Certains moteurs de recherches, devant la grande multiplicité
mais aussi similitude des contenus sont amenés à les mettre plus en avant laissant de côté « le web souterrain »
et son catalogue informationnel plus pertinent. Alors, peut-on trouver sur internet une information à la fois
intéressante et facile à trouver ?
Selon l’économiste Michel Gensollen, Internet n’est pas en mesure de proposer une information lucrative
gratuite. Et même si le réseau connaît l’engouement des annonceurs en matière de publicité, le domaine de
l’information gratuite sur Internet ne rapporte pas d’argent et se voit même être déficitaire. Son analyse
pourrait être jugée obsolète puisqu’elle date de 2001 mais elle ne l’est pas tout à fait au regard d’aujourd’hui.
Mis à part quelques indépendants de l’information (et ils sont rares), l’information de qualité ne peut être
rattaché qu’à de grands groupes médias de la presse, de la radio et de la télévision. A l’instar des sites internet
de quotidiens tels que Le Monde, Le Figaro ou encore de la presse gratuite comme Métro (Groupe TF1) ou Direct
Matin (Groupe Bolloré), le système d’information sur le net ne fonctionne que s’il est rémunéré de manière
directe. Et cette formule demande le savoir-faire de « vrais » journalistes.

Des techniques de peopolisation de l’information
C’est dans les années 90 et sous l’initiative du vice-président des Etats-Unis Al Gore qu’Internet se démocratise
et rentre surtout dans une démarche marketing. Alors que le réseau web était utilisé essentiellement par le
monde de la recherche et de l’éducation, la commercialisation d’Internet a conduit de riches investisseurs à le
pervertir dans une logique de profit.
Le schéma initial rappelle dans les grandes lignes les procédés utilisés par la presse à scandale dans une
optique plus vendeur et populaire. Ce n’est plus le fond qui attire mais bel et bien la forme. Ils s’appellent
jeanmarcmorandini.com ou encore sansure.over-blog.com, des marques connues du grand public avec plus de
1 300 000 visites uniques pour le premier (Source Médiamétrie/NetRatings Janvier 2012) et leur créneaux est
celui de l’exclusivité et du trash. Même si ce genre de site traite de l’actualité générale, ils tendent à mettre en
avant les contenus les plus explicites (notamment un favoritisme pour le sexy qui est généralisé sur le net).
Mais alors, que peut-on attendre d’Internet et surtout s’inscrit-il réellement dans le cadre de la société
actuelle ?

1

NB : ceci à valeur d’exemples et non pas de critique.

12

La consommation d’informations
La démocratisation du média Internet et plus particulièrement ses dérives trouvent une explication dans le
parallèle que l’on peut faire avec la société dans laquelle nous vivons. Mot couramment employé dans le
langage politique récent, « l’assistanat » de la société pousse le consommateur d’informations à se diriger vers
la source la plus instantanée, la plus rapide, la plus condensée. Les soucis de qualité ou même de véracité ne
sont donc plus des critères de choix ou même de normes pour accéder à l’information. A l’extrême, cette même
information, infondée, non « sourcée » peut être considérée comme malsaine voire dangereuse. Elle s’inscrit
alors dans un processus de gavage informationnel.
Si les médias traditionnels tiennent encore une place prépondérante dans le quotidien des français, Internet au
fil des années continue chaque jour un peu plus sa montée en puissance. Alors qu’une population âgée est
réticente à l’utilisation d’Internet, la catégorie de population ancrée dans la vie active a quant à elle a su allier
les différents médiums d’information. Mais la génération 2.0 elle s’éloigne de cette culture et se dirige vers une
information tout numérique. La démarche est-elle louable ? On ne peut pas apporter de réponse précise à cette
question mais ce qui est sûr c’est que l’on peut observer une régression de la quête d’informations et de
contradictions. Internet regroupant tous les savoirs qu’ils soient intéressants ou futiles, ce nouveau média a
mélangé l’ensemble des données. L’information juste ou du moins pertinente manque alors de visibilité face à
l’ensemble des flux proposés.

Les acteurs de la nouvelle information
Mais en poussant la critique plus loin, Internet et en particulier les réseaux sociaux sont devenus en peu de
temps des machines à création d’informations propulsant le simple consommateur en véritable acteur. Une
bonne chose ? La réponse que l’on peut apporter reste plus que nuancé.
L’actualité récente a su montrer les limites de ce système. Vecteur de témoignages, Twitter et Facebook ont
rapidement été l’écho de la colère des peuples arabes lors des révolutions du printemps 2011 si bien que les
médias traditionnels ont pris pour source la matière informationnelle proposée. Mais ces mêmes outils tendent
à propulser de manière fulgurante toutes formes de rumeurs jusqu’alors invisible dans le paysage médiatique.
Les plus touchés par ces dérives sont les principaux utilisateurs de ces nouveaux outils : les jeunes. Nés avec les
connaissances requises quant au fonctionnement et aux démarches des réseaux sociaux, celle que l’on appelle
aujourd’hui la « génération Y » n’a, pour la majorité, mis en avant que l’aspect pervers du média. Il n’est donc
plus apprécié comme un moyen d’échange avec les autres mais comme un système de libre expression sans
fond apparaissant même comme un défouloir. Cet aspect psychologique de la démarche laisse penser que
l’acteur de l’outil se cache derrière un écran et tente de se déconnecter de la vie réelle. Il en profite alors pour
exposer sa vie privée, ses goûts et ses opinions tout en pensant qu’il est protégé.
Or ce résonnement s’avère être faux. Si le monde virtuel pousse à une plus grande liberté de ton, il ne protège
en aucun cas des risques moraux qui viennent en aval. Internet vient alors briser la frontière entre vie privée et
vie publique des utilisateurs les moins avertis.
Inconsciemment, la vie privée des utilisateurs s’affiche alors comme une donnée libre de droit, à la vue des
industriels de l’information et de la consommation qui ne peuvent que considérer ces données légitimes
puisqu’elles deviennent dès lors libres d’utilisations.

13

Depuis 1440 et la naissance de l’imprimerie, l’information a énormément évolué. De la presse écrite à Internet
en passant par la radio ou encore la télévision, tous les pays ont connu des modifications sans équivoques au
niveau du paysage informationnel dans lequel ils vivent.
Grace à l’évolution des mœurs, des mentalités et des technologies, le citoyen peut aujourd’hui avoir accès à une
multitude de flux retranscrits dans des plateformes informationnelles multiples. Une chance donc, quand on
sait qu’il n’y a pas si longtemps, l’information était devenue un luxe pour des familles n’ayant pas les moyens de
pouvoir s’offrir l’actualité.
Malheureusement, la pluralité d’infos qui circulent autour du globe n’a pas toujours conservé ce gage de
légitimité qu’on lui a connu lorsque les peuples accordaient une confiance absolue en celle-ci. Le pluralisme
médiatique et le « média-business » comme on les appelle ont pris le dessus, brouillant un peu plus chaque jour
l’information qu’est en droit d’attendre le citoyen. Bidonnage, presse à scandale, détournements d’information,
autant de moyens pour des nouvelles ne retrouvant plus la confiance qu’elle avait acquise pendant toutes ces
années auprès de ses lecteurs et téléspectateurs.
La naissance d’Internet et du Web 2.0 en 2005 n’a fait que renforcer cette volonté de vouloir s’informer, quel
que soit le prix de ces informations et leur pertinence. Les blogs, les forums et les réseaux sociaux n’étant que
de simples vecteurs, de simples branches de l’arbre multi-informationnel qu’est devenue la toile.
Dans ce monde de désinformation ou l’acculturation est devenue une volonté pour tous, il apparait donc
primordial de trouver un équilibre entre information et surinformation. C’est en cela que les médias
traditionnels restent encore un pilier dans la légitimité et dans la confiance que peuvent leur accorder les gens,
malgré l’émergence des nouveaux médias et leur pluralité de référents informationnels.
Mais peut-on vraiment considérer cette pluralité comme un atout ? Et peut-on réellement parler de culture
informationnelle avec l’immense vitrine médiatique dans laquelle nous baignons ?

14

21 décembre 2011. La nouvelle fait l’effet d’une bombe.
David Beckham, un des plus grands joueurs de football
de la planète signe au Paris Saint Germain. Les médias
s’emballent. Presse, télévision, radio, Internet, tous
annoncent le scoop dans leur une de journaux et de
presse écrite. Pourtant, quelques jours plus tard, le
Bad-boy anglais démentira avoir accepté l’offre du PSG
et annonce qu’il ne viendra pas dans la capitale pour des
raisons familiales, sa famille ne voulant pas une nouvelle
fois déménager malgré l’attirance que sa femme Victoria
avait pour la ville.
TF1, France 2, L’Equipe, Le Parisien et d’autres grands
relayeurs de l’information sont pris à contre-pied malgré
la très grande légitimité qu’on leur connait.
Cet exemple a pour but de montrer un tout autre aspect
de l’information et de sa légitimité. Il ne s’agit pas ici
d’une information pure et dure sur l’actualité qui nous
entoure mais sur un phénomène culturel. La volonté
d’être le premier à vouloir dénicher une actu fracassante
n’apparait pas qu’en politique ou en société, elle
apparait également culturellement. Des faux décès
comme celui de Pascal Sevran en passant par celui du
chef de l’Etat Nicolas Sarkozy, des fausses rumeurs de
transferts en football ou encore de la fausse rupture du
groupe Indochine, la désinformation culturelle fait
également partie du quotidien de notre paysage
informationnel.

15

Ouvrages
P. ALBERT, Histoire de la presse, coll. Que sais-je ?, P.U.F., Paris, 7e éd. 1993 référencement article Universalis
J. CAZENEUVE, La Société de l'ubiquité : communication et diffusion, coll. Grand format Médiations, DenoëlGonthier, Paris, 1972. Référencement article Universalis par Eric LETONTURIER
P. J. BRUNET, L’éthique dans la société de l’information, Presses Université LAVAL, 2001.

Articles
J-M. DURANT, Billet: L’Obsession du scoop vide l’info de son contenu, Les Inrockuptibles, Paris, 21 Juin 2011.
M. BEAUGÉ, P. SIANKOWSKI, La génération Y prend le pouvoir, Les Inrockuptibles, Paris, 19 Février 2012.

Sites internet
G. LAUTERS, Aeris, aide aux étudiants pour la recherche d’information scientifique, 1999-2006, dernière mise à
jour le 17/07/2006. http://aeris.11vm-serv.net/cours/internet/histoire.html
Atelier-informatique.org, WEB 1.0 - WEB 2.0 - WEB 3.0, 23 Septembre 2008.
L’atelier
informatique,
dernière
mise
à
jour
Décembre
informatique.org/internet/evolution-web-10-web-20-web-30/358/

2011

http://www.atelier-

Tilder, http://www.tilder.com, 2010
A.TAVERNIER, Médias et démocratie L’indépendance de l’information : Quelles réalités ? Quelles évolutions ?
http://www2.univ-paris8.fr/cemti/IMG/pdf/A.Tavernier.pdf
L. GAVIGNET, Veille, Doc et Péda, http://veille-doc.blogspot.com/2007/04/lgitimit-journalisme.html, 2009

Podcast
J-M. FOUR, Le Secret des sources: Les réseaux sociaux sont-ils compatibles avec le journalisme ?, France Culture,
12 Novembre 2011. http://www.franceculture.fr/emission-le-secret-des-sources-les-reseaux-sociaux-sont-ilscompatibles-avec-le-journalisme-2011-11-

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