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I. GÉO-GRAPHIE, UNE HISTOIRE DE FRONTIÈRES

STRUCTURE
Argument < fait(s)

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INTRODUCTION
[Mise en perspective historique
de la question des frontières]

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a/ XVII°-XIX°
Naissance des frontières
comme produit du
politique

Q° récente : XVII°
Facteur de stabilité et de paix

Voir p. 6 :
« L’Europe de 1648 ».

THE CAMBRIDGE MODERN
HISTORY ATLAS. Map 41: Europe in
1648. London : Stanford’s Geographical
Establishment, 1912.

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Objet pol. devient objet sc. : XIX°
Émancip° des géographes // aux
sphères du pvoir

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1ère conception : ligne de
démarcation
Départit les zones d’influence
respectives de systèmes
incompatibles

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1. Des frontières et des géographes : une question fractale

1. DES FRONTIÈRES ET DES GÉOGRAPHES
L'intérêt porté aux frontières fut tout d'abord géopolitique, géostratégique,
utilitaire pourrait-on dire car il répondait, en un premier temps, à des
besoins politiques. Cet intérêt s'est ainsi manifesté assez précocement
dans les sphères proches du pouvoir et s'est construit bien plus sur une
compilation de cas particuliers que sur de quelconques essais de
conceptualisation. Les savoirs et les savoir-faire qui en ont résulté ont été,
selon Paul Claval, dans ces premiers temps, transmis oralement de
génération en génération, au sein des familles proches du pouvoir.
Les préoccupations relatives aux frontières sont récentes car ces dernières
sont devenues de façon effective un objet de questionnement au moment
de la formation des États. Ce sont les traités de Westphalie qui, à partir de
1648, imposeront progressivement un nouvel ordre géopolitique au sein de
l'Europe, une Europe voulue comme un ensemble d'États, disposant de
frontières précises et reconnues, et sur lequel le pouvoir exerce sa pleine
et entière souveraineté. Ces règles relatives à la mise en place d'un ordre
géopolitique ont été pensées dès le XVIe siècle et se fondaient, entre
autres, sur une idéologie plaçant en son centre la paix plutôt que la guerre,
les processus de négociation plutôt que de conquête. Antérieurement au
XVIe siècle, de façon générale, la spatialisation des entités politiques est
vague et les limites de leur exercice de pouvoir floues.
Née de préoccupations essentiellement politiques et stratégiques, l'étude
des frontières s'est néanmoins constituée scientifiquement. Ainsi, les
géographes qui s'y sont intéressés à partir du milieu du XIXe siècle, ont
élaboré des méthodes, et ont initié une réflexion, à travers l'étude des
frontières, sur les notions de territoire politique et de pouvoir. Ils ont
progressivement dépassé ces seules préoccupations pratiques d'ordre
stratégique et se sont dégagés, avec plus ou moins de bonheur, des
relations ancillaires qu'ils entretenaient avec la sphère politique. Leurs
préoccupations sont alors apparues de facture spéculative.
C'est donc à la fin du XIXe siècle qu'une géographie des frontières se
constitue. Elle est portée en Allemagne par Friedrich Ratzel (1844-1904),
en France par Jacques Ancel (1879-1943) et en Angleterre par Halford J.
Mackinder (1861-1947). Deux conceptions s'opposent alors. La première,
portée par les penseurs français, définit la frontière comme un construit
politique pouvant ou non s'appuyer sur un élément naturel (une montagne,
un fleuve). Elle est conceptualisée notamment par J. Ancel comme la ligne
de rencontre de deux forces politiques contradictoires, celles de deux
États territorialement concurrents.
La conception allemande se fonde, quant à elle, sur le lien entre peuple et
espace. La frontière est, pour ces géographes, vivante et mouvante dans le
temps. Elle est considérée comme la marque spatiale de l'action
géopolitique d'un État entre deux phases d'expansion. L'étendue d'un État

État des lieux des frontières en Europe et situation de la France

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