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I. GÉO-GRAPHIE, UNE HISTOIRE DE FRONTIÈRES

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Tentatives multiples
d’ordannoncement ont précèdé
les approches contemporaines
Liste de diverses typologies

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TRANSITION
[Perspectives contemporaines]

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c/ Post-Modernité
La question s’ouvre
et s’enrichit avec
l’interdisciplinarité

Émancipation de la question
// gestion du territoire
Met en évidence des phénomènes
ignorés jusque là

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La question des frontières gagne
son autonomie
Les différents dispositifs (f.)
contiennent, comprennent, les
enjeux humains

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1. Des frontières et des géographes : une question fractale

systématique par les auteurs aux typologies. En effet, ces derniers
s'attachent à en construire pour introduire chacun à leur manière un ordre
dans la multiplicité des formes de frontières rencontrées. Ainsi, plusieurs
typologies vont émerger. Certaines privilégient l'ancienneté des frontières
(frontières ébauchées : en cours de traçage, vivantes : non stabilisées et
enfin mortes). D'autres s'appuient sur les fonctions qui leur sont attribuées
(frontière de contact ou frontière de séparation, frontière militaire,
économique, etc.), sur leur statut juridique (frontière internationale, intraétatique, etc.) ou encore sur l'intensité des relations socio-économiques
qu'elles permettent (relations complètes, relations non significatives,
etc.). Ce genre scientifique ne fut jamais vraiment abandonné même s'il
correspond en règle générale à une période pré-paradigmatique
d'ordonnancement de la réalité.
C'est à partir des années 1970, que de nouvelles perspectives de
recherches apparaissent. Les recherches sur les frontières et plus
généralement les recherches entrant dans le champ de la géopolitique vont
alors sortir progressivement de la gangue de discrédit dans laquelle elles
se trouvaient. La parution du premier numéro de la revue Hérodote paru en
1976 sous la houlette d'Yves Lacoste participera de ce large mouvement
de décomplexion.
De plus, cette renaissance se situe dans un contexte politique et culturel
bien particulier. Au sein des milieux intellectuels de l'époque, la crainte
d'une uniformisation économique, sociale et culturelle mondiale émerge.
L'étude des zones frontalières occultées par les politiques d'État,
notamment dans le cadre des politiques d'aménagement du territoire,
deviennent alors pour certains géographes des objets de recherche
pertinents et capables de révéler des phénomènes socio-spatiaux qui
avaient été écartés des analyses qui se concentraient bien plus au centre
qu'aux marges.
Ainsi, étudier les frontières devient une façon opératoire d'approcher les
sociétés et de déceler leurs rapports à l'espace. On pourrait, en ce sens,
avancer l'idée que, dans les années 1970, c'est la mort de la frontière de
facture moderne et géopolitique qui est annoncée. C'est dans ce sens que
l'invitation proposée par le géographe québécois Jean-Paul Lacasse à
l'ensemble de la communauté scientifique se place. Ce dernier propose
enfin d'opérer une mutation du regard : "la frontière : de ligne, elle
deviendra zone, de physique, elle deviendra culturelle, d'horizontale, elle
deviendra verticale, de politique, elle deviendra régionale". D'ailleurs cet
auteur et son collègue Henri Dorion proposeront de créer ce qu'ils
appelleront la limiologie (une sémiologie des limites) car pour eux, "l'étude
des frontières dans leur contexte régional reflète des concordances et des
discordances entre, d'une part, les limites politiques et, d'autre part, les
limites ethniques, linguistiques, économiques et historiques".

État des lieux des frontières en Europe et situation de la France

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