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I. GÉO-GRAPHIE, UNE HISTOIRE DE FRONTIÈRES

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1. Des frontières et des géographes : une question fractale

Inversion du pb
En qq 300 ans, l’existence des
frontières est devenue norme et
elles façonnent à leur tour les
individus

La proposition est donc d'analyser l'impact social des frontières nationales
sur les populations locales et les économies régionales. Il s'agit en fin de
compte de ne plus considérer les frontières comme le simple résultat de
rapports de pouvoirs et de forces entre deux États concurrents. Approcher
les frontières par les populations qui peuplent leurs abords permet ainsi de
mesurer les phénomènes d'appropriation et de représentation d'une norme
spatiale imposée (la frontière) par les individus.

Intéractions hommes/front.
L’objet pol.q >géopolitique >social
et culturel >phénomène histq >ft
son entrée ds l’anthropologie

C'est sûrement au finlandais Anssi Paasi (1996) que l'on doit le virage tant
espéré. En travaillant sur la frontière sino-russe, il va adopter une double
perspective croisée : mettre en perspective la frontière comme
discontinuité politique entre deux États et observer les conditions
d'appropriation de cette frontière par les populations locales c'est-à-dire
les façons dont les populations frontalières expérimentent, produisent,
reproduisent et transforment la frontière donnée et imposée. En analysant
les traits et les processus structuraux d'une frontière nationale et en les
rapprochant de leur signification dans les contextes quotidiens locaux, cet
auteur élargit la perspective géographique classique et l'oriente vers une
direction qu'il dit plus sensible aux méthodes anthropologiques et à
l'histoire.

La q° a pris de l’ampleur
à mesure q les hom ont investi des
espaces complx, pluridiml

Il y a donc dans cette proposition théorique la volonté d'analyser les jeux
d'échelle, du national au local, de dépasser une simple perspective
d'emboîtement pour envisager des systèmes d'alliances et
d'interpénétration plutôt que de superposition. D'ailleurs, ce changement
de perspective a nécessité l'emprunt de notions nouvelles et peu usitées
dans le champ disciplinaire comme celles de conscience socio-spatiale, de
pratiques et de représentations quotidiennes sous contrainte (d'une
idéologie nationale) définissant des critères particuliers d'appartenance.

Objet d’étude qui traduit les enjeux
contemp.
Diversification et
dématérialisation des front.

Ce que l'on peut retenir de ces vingt dernières années dans les approches
proposées par les géographes, c'est qu'ils envisagent la frontière comme
un objet complexe permettant aussi de cerner les grandes mutations
contemporaines comme : la suppression des frontières au sein de la
Communauté Européenne ; l'apparition de nouvelles frontières entre pays
riches et pays pauvres ; le surgissement de nouvelles discontinuités
linguistiques, culturelles ; les frontières à l'épreuve des mobilités des
individus, bien sûr, mais aussi des mobilités virtuelles via internet. Ces
mutations invitent finalement à décentrer le regard des seules frontières
nationales, internationales et à aller vers d'autres frontières, discontinuités
plus floues, moins pesantes car moins institutionnalisées.

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TRANSITION
[Au-delà de l’ethnocentrisme
occidental]

Et c'est parce que le monde change, et avec lui les sociétés qui le
composent, que le regard géographique sur les frontières connaît une belle
transformation. Ces approches renouvelées des frontières et des zones
frontalières se nourrissent avec fécondité tour à tour de travaux issus de
disciplines connexes et de travaux géographiques menés sur des terrains
lointains. Les géographes et les anthropologues ont en effet longtemps

État des lieux des frontières en Europe et situation de la France

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