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Gérard Descrambe l’iconoclaste (Saint-Emilion, bordeaux rouge et claret)
19/10/2012
By Stéphane Pugnat
Il avait dit à son père qu’il ne ferait jamais ce métier de con, et pourtant, après avoir
travaillé sur Paris dans la « com », Gérard rejoint son frère Christian au début des
années 70, et devient vigneron.
La première particularité à souligner, c’est le bio, ou plutôt l’antériorité dans le bio (1954).
Les terrains n’ont jamais connu l’agro-chimie, et le papa est l’un des fondateurs de
l’association Nature et Progrès.
Seconde chose remarquable, les étiquettes. Mouton Rothschild a ses grands peintres,
Gérard aura ses caricaturistes. Produire du vin bio à cette époque, n’intéressait pas grand
monde, en dehors de la bande d’Hara-Kiri devenu Charlie Hebdo. Gérard écrit donc une
belle lettre au Professeur Choron, en lui promettant d’afficher dans ses chiottes son bon
de commande s’il lui achetait du vin. Le professeur a répondu qu’il voulait les bouteilles les
plus onéreuses, et le bon de commande trône dans les chiottes, Gérard est un homme de
parole. Suite à ce premier échange commercial, Reiser lui dessine une étiquette pour le
millésime 72, Wolinski, Cavanna, Gébé, et tous les autres vont suivre, jusqu’à maintenant.
Ces étiquettes, ces vins et celui qui les fait, forment un ensemble assez homogène.
Quand on lit les unes, que l’on boit les autres, et que l’on rencontre le dernier, on trouve
assez aisément la cohérence, et le sens du travail et de l’éthique proposés. Ces vins sont
plutôt racés, vivifiants, avec en général une acidité bien marquée, et une véritable
personnalité joyeuse, ébouriffante et rabelaisienne.
Il est difficile de trouver le Saint-Emilion Chateau Barrail des Graves, puisque les
parcelles ont été vendues vers la fin des années 2000. Par contre, Gérard produit
toujours le Chateau Renaissance en Bordeaux rouge et Claret à base de Merlot et
Cabernet Franc, sur les 7,5 hectares qui lui reste, sous le nom de Chateau Renaissance,
assez bien distribué dans les magasins bio, entre 6 et 7 euros.
Stéphane Pugnat
Les étiquettes de vin de la collection Gérard Descrambe
Je vais présenter les étiquettes en prenant comme trame l’article écrit par GONDOT (l’un
des dessinateurs d’étiquettes) paru sur la revue Papiers Nickelés n° 7 du 4ème trimestre
2005.

« Quand Gérard Descrambe fit son entrée dans les locaux de Hara Kiri,
l’irrévérencieux journal de Cavanna et ses copains, il s’était fait précéder d’une lettre
adressée au Professeur Choron, où il expliquait que lui et son frère se consacraient à la
viticulture biologique, respectant le cahier des charges pour le label bio, et précisant : « Si
tu me fais une commande, je l’encadre dans mes chiottes »… Du vin bio dans une
rédaction à l’avant-garde de l’écologie ! Commande de soixante bouteilles fut passée, sur
papier à en-tête au logo dessiné par Cavanna, et celle-ci est toujours accrochée en bonne
place dans les chiottes du vigneron.
Reiser, buvant un Saint-Emilion avec Descrambe lui proposa gentiment : « Je peux
te faire une étiquette, si tu veux ? » Reiser demandant à Descrambe s’il voulait une
étiquette ! Devinez la réponse. Une montée directe au paradis ! C’est ainsi que commença
en 1973 une collection majeure d’étiquettes sur les produits Descrambe par le petit