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Sexe et Religion
Conférence
Catherine Blanc, sexologue, La sexualité décomplexée
Jannine Mossuz-Lavau, docteur en science politique, professeur à Sciences Po
Tarek Abdoun, Imam
Père Hervé Grosjean, prêtre du diocèse de Versailles, Aimer en vérité
Quel sens donner à la sexualité ? Acte de procréation, d'amour ou de foi ?
Un temps d'intervention, un temps de question.

1.
Jannine M ossuz-Lavau
Présentation de résultats d'enquête.
• Enquête sur les catholiques. Les catholiques pratiquants sont moins nombreux à
accepter les rapports sexuels avant le mariage. Ils considèrent moins
l'homosexualité comme une manière acceptable de vivre sa sexualité que les
non croyants. Même chose pour des pratiques ou des phénomènes non régulés
par l'Eglise ; les rêves érotiques sont presque absents chez les pratiquants ou
les oublient aussitôt, ou le cachent mais en tout cas en font moins. Sur la durée
des rapports, durent plus de 15 minutes pour 43% des pratiquants réguliers et
deux fois plus chez les non pratiquants. L'âge des premiers rapports augmente
avec le degré d'intégration dans l'Eglise catholique.
• Enquête sur les protestants. Respect profond de la virginité jusqu'au mariage, aussi
bien chez des musulmanes mariées que chez les jeunes filles. L'honneur de la
famille, il ne faut pas chercher à comprendre, comme quand on se lève le
matin il faut partir à l'école. Flirts mais pas de pénétration virginale, et si
transgression, témoignages de culpabilité. Silence en famille, mais principal
sujet de conversation entre copines !
=> Quelques chiffres. 62% des Musulmanes disaient n'avoir qu'un partenaire au long

de leur vie, contre 20% chez les catholiques et 15% chez les sans-religion. 70% des
musulmanes ont eu un rapport sexuel dans la semaine, 51% chez les catholiques et
54% chez les sans-religion. Les femmes musulmanes souvent disent que c'est aussi
pour «satisfaire leurs hommes». La liberté des mœurs augmente avec le niveau
d'études, même si d'autres formes de pression sociale influent sur leur comportement
sexuel.

2. Tarek Abdoun
• En tant qu'imam, confronté à des cas pratiques, choses souvent en décalage avec ce
qui est prôné par la religion. En Islam, il y a une grande liberté dans le fait
d'aborder le sexe en famille, et toutes les mosquées abordent le chapitre
sexuel de manière détaillée, et ne doit pas faire objet de honte. L'imam parle
de sexualité de façon ouverte, tous peuvent écouter, car les questions sexuelles
s'intègrent dans une économie du salut. Bien évidemment, on est rattrapé par
la réalité culturelle ou les clichés que celle-ci véhicule.
• L'Islam prône un juste milieu entre les besoins du corps et ceux de l'esprit. Il
reconnaît que dans l'être humain, du fait de sa dualité, il y a des besoins
spirituels, et des besoins «argileux», partagés avec les animaux, privilège aussi
de l'être humain car il possède désir et raison régulatrice.
• Objectif fondamental : préservation de la filiation. L'Islam reconnaît que les êtres
humains, hommes et femmes ont des besoins différents, au niveau de la
sexualité ou de la spiritualité. La lumière est plus forte que l'argile chez
certains, l'inverse pour les autres. On ne doit pas frustrer l'énergie sexuelle
qu'il y a en nous, pour une raison de respect de ce que Dieu nous a donné.
Cette abstinence est interdite en Islam. Complètement contraire à la sunna du
prophète de l'Islam. Tout extrémisme mène à la perdition. «On a fait de nous
une communauté du juste milieu», dit en substance le Coran.
• Il y a aussi l'idée de complémentarité homme-femme, et le corps de la femme ne
doit pas être mis aux enchères. Exemple, femmes nues ou semi-nues dans les
modèles de publicité. Ce modèle de consommation à outrance, on le voit
comme un catalyseur commercial. La femme a toujours joué un rôle d'égal à
l'homme. Les femmes au VIIème s'occupaient du contrôle des marchés, étaient
institutrices. Dégradation de la femme au fil des siècles. Si on étudie l'histoire
de l'Empire ommeyade, à Cordoue ou à Damas, des femmes présidaient des
chairs de science, et avaient des mosquées. Elles donnaient des diplômes dans
différentes sciences, ou aussi des élèves d'Averroès. A partir du XVème, chute
de la société musulmane et cristallisation de crispations et de rigidité sociales.
• Ab-Ghazali, le référencement des deux appétits du ventre et du sexe : La
jouissance sexuelle est un moyen de faire connaître les joies de l'au-delà.

Toutes les pratiques sexuelles entre mari et femme sont permises, sauf la
sodomie. Concernant la contraception, n'est interdit QUE la contraception
irréversible (ligature des trompes..)

=> Grande liberté sexuelle en Islam car il est contre la frustration. Cela se manifeste à
travers le mariage, qui permet la durabilité de la relation.
3. Abbé Pierre-Hervé G rosjean
• Le message de l’Église est mal compris, y compris par les catholiques eux-mêmes,
car la connaissance intellectuelle des interdits n'est pas suivie d'une vision plus
large. Le chemin du salut est un projet de bonheur proposé à l'homme et la
femme. Cf Amour et responsabilité, La sexualité selon Jean-Paul II, d'une
modernité étonnante. En 1978, il choque tous les cardinaux romains, car il
parle de sexe tous les mercredis sur la place Saint-Pierre en reprenant tout le
message de l’Église sur la sexualité, et sans déformer le dogme, mais en
insistant sur l'aspect quête de bonheur. Convaincu qu'on n'a pas réussi à
convaincre que le bonheur du couple est derrière tout ça, pas uniquement un
interdit qui tombe de haut. D'abord un regard profondément positif, et que si
des messages d'exigence dans l’Église existent, c'est forcément au service de la
joie. Cf les jeunes qui se préparent au mariage et se confessent : ne sont pas
contre l'interdit, mais ne le comprennent pas et le subissent. Théologie du
corps. L’Église est en même temps profondément réaliste. Le corps de l'homme
a été blessé, et cette capacité d'aimer est fragile, mais elle est accessible.

• Idée d'objectivité des actes et des paroles. Le but est d'accueillir le sens objectif des
actes et des paroles. C'est pour cela que la relation sexuelle aux yeux de
l’Église, trouve sa plénitude de vérité quand elle manifeste l'engagement
définitif des époux, avec cette ouverture à la vie, à la relation sexuelle sans
qu'il y ait objectif de procréation.
• => La chasteté : vivre ces paroles de l'amour avec la vérité que Dieu leur a donné.
Pour ça que pour un prêtre, cette chasteté se vivra dans l'abstinence parce que
cette relation sexuelle, Dieu lui a donné un sens. Mais des époux aussi vivent
chastement, tout en ayant des relations sexuelles : se traduit là par le respect
des attentes sexuelles du conjoint. Question d'éducation du désir, et pas de
refoulement. Le désir sexuel est bon en soi. Mais il ne porte pas forcément vers
le bien véritable : je désire une autre femme quand je suis marié, je peux fiche
en l'air mon couple si je ne discerne pas entre mes envies.
=> La liberté, c'est savoir dire non. Pour tenir le oui que j'ai décidé.
• Le plaisir. Il est bon car créé par Dieu. «Dieu vit que cela était bon» quand l'homme
et la femme se sont unis (Gn, I). L’Église dit que le plaisir est légitime quand il
accompagne le don de soi. La femme ou le mari ne doit pas être utilisé comme
objet de plaisir, car on blesse la relation.

«Que les gestes de notre corps soit le langage de notre cœur», Jean-Paul II. Pas de
religion plus charnelle que le catholicisme, cf le Christ. L'amour est charnel. Mais que
l'unité de la personne soit préservée (corps, cœur, âme), là est la priorité. Je donne
mon âme, mon cœur, mon corps, et la parole garantit ce don. Aucun décalage n'est
possible sans souffrance. Et le plaisir des sens est à suivre en même temps que la joie
du cœur.
=> L’Église prêche pour la liberté des hommes. Le but est de proposer un sommet, un
idéal qui donne du sens et pas d'imposer un carcan. Capacité de concilier exigence et
miséricorde : on prend les jeunes dans leur condition, là où ils en sont. L'exigence
proposée par l'Eglise est là pour l'épanouissement de chacun.

4. Catherine Blanc
• La découverte de notre spécificité corporelle et sexuelle, ce qui est au cœur de
notre vie.
Enfant, nous construisons dans une idée de mêmeté que l'autre : mêmeté que maman
ou papa.
Arrive un temps, vers 3 ans, où la question de la sexualité est au cœur de notre
préoccupation car elle s'éveille en nous, et qui fait que l'enfant va découvrir non pas
corporellement car pas encore de référentiel de soi-même, mais culturellement, un
univers fantastique de fertilité (celle aussi à prendre sa place et à trouver sa
spécificité, au-delà de faire des enfants), mais aussi de peur, car vient alors la prise de
conscience de la mort de mon corps.
• Nous sommes des êtres sexués. La sexualité (projet d'épanouissement et de
découverte de soi) est différente du sexe (réduction de cela à des organes qui
s'emboîtent). Cette question existentielle qu'est la sexualité, est toujours sur le
fil entre liberté, élan, créativité et culpabilité, peur d'infidélité à notre culture,
au référentiel que sont nos parents. Équilibre entre être esclave de ses pulsions
et se crisper. Nous ne sommes pas esclaves de notre corps, nous ne devenons
pas croire qu'on va se transformer en bêtes si on n'assouvit pas ses pulsions.
Homme et femme ont autant de désir. Sauf que l'homme est plus sensible à la
testostérone que la femme. D'une part, un phénomène culturel bouleverse cette
symétrie.
• Spécificité de la femme : origine de sa progéniture. L'histoire a voulu qu'on
n'accueille pas de la même façon les possibilités masculine et féminine, parce
qu'il était primordial pour les femmes de leur homme pour permettre d'élever
les petits.
• LA RELIGION (Dieu) N'EST PAS RESPONSABLE des inhibitions, mais les hommes
eux-mêmes dans leurs constructions culturelles. Le désir est un élan de création.

Q UESTIO N S
Question: La joie du corps et la joie du cœur. Quand il n'y pas plus ni la joie du
corps, ni celle du cœur ?
Père HG : On est dans une société de performance. Personnes n'ont pourtant pas de
vie sexuelle, au service par exemple de se mettre au service de plus grand que soi (le
cas de la vie consacrée). La joie ne vient pas d'une réussite sexuelle. La joie profonde
d'une vie vient du fait de se mettre «au service de». L'objectif est de trouver des lieux
de fécondité.
CB : Ce n'est pas la sexualité qui est la source de «jouvance». Elle n'est pas le truc
qu'il faut avoir acheté pour être heureux. Ce n'est pas la sexualité qui donne la joie
de vivre mais l'inverse.
Question : «si c'est trop tard», les religions pardonnent-elles ou non ? Si oui comment
?
Réponse de l'imam qui n'est meme pas concerné par la question.. tout va bien. Mais
toute faute n'est pas impardonnable. C'est un progressiste : l'honneur de la famille ne
doit pas intéresser le croyant, mon intimité est la mienne et ne concerne
personne. PHG : y a un truc qui s'appelle la confession. Vous pouvez venir après si
vous voulez l'homme est appelé à grandir et à progresser. La virginité du cœur est
celle qui compte aux yeux de dieu. Plus grande joie du prêtre: voir que le pardon
reçu de dieu permet de se pardonner à lui même les erreurs qu'il a du mal à se
pardonner. Cela nous fait passer à l'humilité.
Question : la frustration d'un désir non comblé chez les croyants.
Question : évolution de l'interdit de la masturbation (plus grande rigidité à l'époque
morderne, alors qu'il ne constituait qu'un péché véniel au MA). Quelles seraient les
justifications théologiques à cette évolution ?
Question : de quelle nature doit être de l'amour dans le mariage ?
Question : pleins de points communs entre islam et catho. On n'y croyait plus !la
sexualité ne permet elle pas de renforcer l'amour et de se sentir mieux dans son
couple ?
Question : pourquoi l'islam n'est pas assez courageux et tape un peu du poing sur la
table pour les sujets sociétaux ?Les médias ne se sont pas intéréssés à ce que les
musulmans ont dit. Ils ont participé au débat public, nous avons parlé du mariage
pour tous. . Sexologue : l'amour ce n'est pas coucher sous la tour Eiffel, c'est une
rencontre. On a une soif d'aimer et c'est beau.


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