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Mobilier
Industrie lithique
Céramique
Objet métallique
Arme
Outil
Parure
Monnaie

Coordination Canal Seine-Nord Europe 
16, rue du Général Leclerc 80 400 Croix-Moligneaux
Tél. 03 22 37 59 20

www.inrap.fr

rapport de diagnostic

L’intérêt principal de cette opération d’envergure aux portes de Noyon est
de documenter et d’éclaircir les origines de la cité, toujours nébuleuses, ainsi
que d’apporter de nouvelles données sur la période charnière et décisive
qu’est l’Antiquité tardive dans ce secteur de la Picardie.

Canal Seine-Nord Europe, ZP 3 « Zone de l’écluse de
Noyon », Picardie, Oise
Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque,
Porquéricourt, Vauchelles

Diagnostic dans
le suburbium de
Noviomagus - Noyon
A

Canal Seine-Nord Europe

Si cinq secteurs positifs peuvent être définis en tant que site, l’ensemble de la
ZP 3 peut être considérée dans son ensemble comme un tissu archéologique
et historique continu.

Jean-David Desforges Canal Seine-Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise , Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles : Diagniostic sur le suburbium de Noviomagus - Noyon-

Sujets et thèmes
Bâtiment
Structure funéraire
Voirie
Habitat rural
Villa
Structure agraire
Foyer
Fossé
Fosse

Traversant le Noyonnais du nord au sud sur 75 hectares, le diagnostic de
la ZP 3 a mis en évidence une occupation et une valorisation de ce terroir
depuis au moins la Protohistoire ancienne.

Rapport de diagnostic

Chronologie
Âge du Fer (?)
Âge du Bronze
Antiquité romaine
Haut-Empire
Bas-Empire
Moyen Âge
Bas Moyen Âge

Diagnostic dans le suburbium de Noviomagus - Noyon
(Oise, Picardie)

sous la direction de

Jean-David Desforges

Aiguille
A

Couteau

Boucle

B
B

Coordination Canal Seine - Nord Europe
2010

Rapport de diagnostic
Code INSEE

60 055, 60 471
60 488, 60 506
60 511, 60 657


2009 / CSNE-24


Nr site
Entité archéologique
Arrêté de prescription
Système d’information
Code Inrap

GA 19903601

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3 « Zone de l’écluse de
Noyon », Picardie, Oise
Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque,
Porquéricourt, Vauchelles

Diagnostic dans
le suburbium de
Noviomagus-Noyon
sous la direction de

par

avec la collaboration de

Jean-David Desforges

Jean-David Desforges

Stéphane Dubois
Marjorie Galois
Noureddine Kéfi
John Lynch
Sacha Kacki
Sophie Oudry-Braillon
Jean-Hervé Yvinec

Inrap Canal Seine - Nord Europe
16 rue du Général Leclerc
Tél. 03 22 37 59 20

mars 2010



Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Sommaire



Données administratives,
techniques et scientifiques

2

Sommaire

6 Fiche signalétique
10 Notice scientifique
11

État du site

12 Localisation de l’opération
13 Arrêté de prescription
18 Arrêté de prescriptions complémentaires
21 Arrêté modificatif de prescriptions
24 Arrêté de notification d’attribution
25 Arrêté de désignation
26 Arrêté modificatif de désignation
27 Fiche de projet d’intervention



Résultats

33 Données générales
33 Déroulement de l’opération et circonstances particulières
33

Prescriptions et caractéristiques de la ZP 3

33

Méthodologie

34 Contraintes hivernales
35 Pillage et destruction de vestiges
36 Contexte géographique et géologique
38 Données archéologiques et historiques préalables
38 Approche toponymique
39 Données historiques générales
39

Beaurains-lès-Noyon, Porquéricourt et Vauchelles

40

Noyon

41 Noyon et le Noyonnais durant la Première Guerre mondiale
44 La Carte archéologique
44 Les prospections et les mentions anciennes
44 Les travaux du Canal du Nord (1913-1914)
44 Les aménagements hydrauliques gallo-romains du Maigremont

I. Données administratives, techniques et scientifiques

Sommaire

47 I. Le secteur 1
47 I.1. Les abords d’un gué de la voie romaine Amiens-Soissons au lieu-dit du « Pierge »
47

I.1.1. Un paléochenal

50 I.1.2. Un four à sole de grès
50 I.1.3. Le plat 9/01
50 I.1.4. Un contexte de gué et de bordure de voie
52 I.2. Les activités agricoles médiévales et modernes
55 II. Le secteur 2
55 II.1. Le fossé annulaire de la « Sole »
56 II.2. Les structures de combustion des « Longues Raies » et un terroir associé ?
58 II.3. Les parcellaires modernes et contemporains
61 III. ZP 3, secteur 3
61 III.1. Une occupation médiévale
66 III.1. La Briqueterie
68 IV. Le secteur 4
68 IV.1. Une occupation gallo-romaine du Haut-Empire
68 IV.1.1. Une voie de la période Auguste-Tibère-Claude comme limite nord
71 IV.1.2. Un ensemble de structures en creux julio-claudien
72 IV.1.3. Des structures sur poteaux, dont une de la période Auguste-Tibère ?
73 IV.1.4. Un premier alignement de structures architecturales gallo-romaines et leurs abords
78 IV.1.5. Un second alignement de structures architecturales gallo-romaines et leurs abords
80 IV.1.6. Une limite fossoyée
80 IV.1.7. Un enclos ?
80 IV.1.8. Une fosse du IIIe siècle isolée au nord
81 IV.1.9. Caractérisation et attribution chrono-culturelle
82

IV.2. Un enclos du Bas-Empire et deux sépultures associées

82 IV.2.1. L’enclos, une fosse centrée et une sole
84 IV.2.2. La sépulture 168/05
86

IV.2.3. La sépulture 168/31

88 IV.2.4. Caractérisation et attribution chrono-culturelle
88 IV.3. Les parcellaires médiévaux, modernes et contemporains
88

IV.3.1. Un chemin médiéval

88

IV.3.2. Un chemin moderne

88

IV.3.3. Les fossés et les talus

90 V. Le secteur 5
91 Conclusion générale
93 Bibliographie générale
96 Liste des figures





Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

98 Annexe 1 : Les céramiques antiques de l’établissement rural de Noyon « la Fontaine à
Canard » (Stéphane Dubois)
98

1. Chronologie de l’occupation antique

99

2. Le faciès céramique julio-claudien

108

Tableau de proposition de datation des céramiques antiques de l’établissement rural de Noyon « la
Fontaine à Canard »

110

Tableau de comptage des céramiques antiques de l’établissement rural de Noyon « la Fontaine à
Canard »

117 Annexe 2 : Identifications des monnaies de la ZP 3 (Noureddine Kéfi)
117

Monnaie gauloise

117

Monnaies romaines

120 Annexe 3 : Études archéo-anthropologiques
120 Etude archéo-anthropologique de la sépulture 168/05 mise au jour à Noyon (Sacha Kacki)
120 1. Caractères généraux
120 2. Étude archéothanatologique
122 3. Données paléobiologiques
123 4. Synthèse
124 Étude archéo-anthropologique de la sépulture 168/31 mise au jour à Noyon
(Sophie Oudry-Braillon et Jean-David Desforges)
124 1. Caractères généraux
124 2. Le défunt
125 Annexe 4 : Compte-rendu des recherches documentaires (Marjorie Galois)
125 2. Connaissances archéologiques sur ce secteur de Noyon (de part et d’autre de la D 938)
125 3. Archives
127

3.1. La briqueterie

128

3.2. Le canal du Nord

128

3.3. La portion de voie de chemin de fer

129

3.4. La pile de pont isolée

130 Annexe 5 : Évaluation archéozoologique du site Haut-Empire de Noyon ZP 3
(Jean-Hervé Yvinec)
131

Annexe 6 : Détermination des lapidaires et identification des extrémités actives des outils
(Jean-David Desforges)

Inventaires
136

Inventaire des structures

154

Inventaire technique du mobilier

161

Inventaire des photographies

I.

Données
administratives,
techniques
et scientifiques



Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Fiche signalétique

Localisation
Région

Picardie
Département

Coordonnées géographiques et
altimétriques selon le système
national de référence

Commune

x : 698 848 m
y : 6 942 209 m
z : (NGF) 30  à 67 m

2009

Oise
Commune (suivie du code INSEE)

Beaurains-lès-Noyon (60 055)
Adresse ou lieu-dit
Le Pierlet ou Le Pierge
La Croix Blanche

Noyon (60 471)
Adresse ou lieu-dit
La Plaine d’Orchie
La Hotte
La Fontaine à canards

Passel (60 488)
Adresse ou lieu-dit
Sous le Mont Renaud
La Briqueterie
Le Vivier

Pont-l’Évêque (60 506)
Adresse ou lieu-dit
Le Poncelé
La Haye Juda
La Fontaine à canards

Références cadastrales
Commune

Vauchelles
Année
section(s) et parcelles
Section ZB, parc. 31-37, 67, 73-75, 87, 88
Propriétaire du terrain

Divers propriétaires

Beaurains-lès-Noyon
Année

2009
section(s) et parcelles
Section ZB, parc. 19-30, 32-34, 37-40, 48, 51, 52

_
Commune

Noyon

Références de l’opération
Numéro de l’arrêté de prescription
2007/CSNE-A1 - 2007/CSNE65A2
2008/CSNE-5A3
Numéro de l’opération

GA 19900301

Année

2009
section(s) et parcelles
Section AB, parc. 37,73, 90-93, 99, 100,
101, 105, 129, 130, 137, 139, 144, 148 ;
section AC, parc. 29, 3-45, 47-53, 59, 60,
87-95, 98, 163, 164, 197 ; section ZC, parc.
21-24, 36, 67; section ZD, parc. 9

_
Commune

Numéro de l’arrêté de désignation
du responsable
2009-162 du 22/11/09
Maître d’ouvrage des travaux
d’aménagement

Inrap (ou VNF)

Passel
Nature de l’aménagement

Porquéricourt (60 511)

Année

Adresse ou lieu-dit
La Croix Blanche
Le Long Pré

2009

Canal Seine - Nord Europe

section(s) et parcelles
Section AB, parc. 21-22

_

Opérateur d’archéologie

Vauchelles (60 657)
Adresse ou lieu-dit
La Sole
Les longues rayés
La Fontaine Saint-Martin
Codes
Codes INSEE
Beaurains-lès-Noyon (60 055)
Noyon (60 471)
Passel (60 488)
Pont-l’Évêque (60 506)
Porquéricourt (60 511)
Vauchelles (60 657)

Numéros de dossier Patriarche
9774"

Commune

Pont-l’Évêque
Année

2009
section(s) et parcelles
Section AA, parc. 7-21, 42, 43 ; section AB,
parc. 1, 2, 227 ; section AD, parc. 77

_
Commune

Porquéricourt
Année

Coordination Canal Seine - Nord Europe
Responsable scientifique de
l’opération

Jean-David Desforges
Organisme de rattachement

Coordination Canal Seine - Nord Europe
16, rue du Général Leclerc
80 400 Croix-Moligneaux

2009

Dates d’intervention sur le terrain

section(s) et parcelles
Section ZC, parc. 19, 26-33, 36

diagnostic
du 19/11 au 17/11/2009
et du 19/01 au 23/02/2010

_

post-fouille
du 24/02 au 23/04/2010

I. Données administratives, techniques et scientifiques



Mots-clefs des thesaurus

Chronologie

Sujets et thèmes

Mobilier
nb



Paléolithique

Édifice public



Industrie lithique



Inférieur

Édifice religieux



Industrie osseuse



Moyen

Édifice militaire

16

Céramique



Supérieur

Bâtiment



Restes



Mésolithique et Epipaléolithique

Structure funéraire



Végétaux

Voirie



Faune



Flore



Néolithique



Ancien

Hydraulique



Moyen

Habitat rural



Récent

Villa



Arme



Protohistoire

Batiment agricole



Outil



Âge du Bronze

Structure agraire



Parure



Ancien

Urbanisme



Habillement



Moyen

Maison



Trésor



Récent

Structure urbaine



Monnaie

Foyer



Verre



Âge du Fer



Hallstatt (premier âge du Fer)

Fosse



Mosaïque



La Tène (second âge du Fer)

Sépulture



Peinture

Grotte



Sculpture



Antiquité romaine (gallo-romain)



République romaine

Abri



Inscription



Empire romain

Mégalithe







Haut-Empire (jusqu’en 284)

Artisanat



Bas-Empire (de 285 a 476)

Argile : atelier



Époque mé

Études annexes

Atelier


Géologie

Sépulture

Datation

dievale

Anthropologie



haut Moyen Âge

Paléontologie



Moyen Âge

Zoologie



bas Moyen Âge

Botanique



Temps modemes

Palynologie



Époque contemporaine

Macrorestes



Ère industrielle

An. de céramique
An. de métaux
Aca. des données
Numismatique
Conservation
Restauration




Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Intervenants

Intervenants scientifiques
Prénom Nom, organisme d’appartenance

Tâches génériques

Tâches affectées dans le cadre de l’opération

Didier Bayard, SRA

Coordinateur scientifique
Conservateur en charge du dossier

Prescription et contrôle scientifique

Vincent Legros, SRA

Ingénieur de recherche

Prescription et contrôle scientifique

Cyril Montoya, SRA

Ingénieur de recherche

Prescription et contrôle scientifique

Marc Talon, Inrap

Directeur de projet

Mise en place et suivi de l’opération

Gilles Prilaux, Inrap

Adjoint scientifique

Mise en place et suivi de l’opération

Jean-David Desforges, Inrap

Responsable d’opération

Réalisation de l’opération

Mahaut Digan, Inrap

Lithicienne

Inventaire mobiliers lithiques

Stéphane Dubois, Inrap

Céramologue

Étude de la céramique antique

Marjorie Galois, Inrap

Médiéviste

Recherches documentaires

Sacha Kacki, Inrap

Anthropologue

Étude anthropologique

Collaborations

Noureddine Kéfi, Inrap

Numismatique, instrumenta

Sophie Oudry-Braillon, Inrap

Étude anthropologique

Jean-Hervé Yvinec, Inrap/CRAVO

Archéozoologue

Étude de la faune

Pascale Gardin, Conservare

Restauratrice

Radiographie du mobilier ferreux

Prénom Nom, organisme d’appartenance

Tâches génériques

Tâches affectées dans le cadre de l’opération

Jean-luc Collart, SRA

Conservateur régional

Prescription et contrôle scientifique

Didier Bayard, SRA

Coordinateur scientifique
Conservateur en charge du dossier

Prescription et contrôle scientifique

Vincent Legros, SRA

Ingénieur de recherche

Prescription et contrôle scientifique

Intervenants administratifs

I. Données administratives, techniques et scientifiques



Équipe de fouille
Prénom Nom, organisme d’appartenance

Fonction

Tâches affectées dans le cadre de l’opération

Jean-David Desforges, Inrap

Chargé d’étude et de recherche

Responsable scientifique

John Lynch, Inrap

Assistant d’étude

Responsable de secteur

Isabella Maria de Carvalho, Inrap
Julie Flahaut, Inrap
Marjorie Galois, Inrap
Noureddine Kéfi, Inrap
Nathalie Vandamme, Inrap
Fabrice Vangèle, Inrap

Techniciens

Travaux de terrain

Aurélien Bolo, Inrap

Topographe

Relevés et plans

Prénom Nom, organisme d’appartenance

Fonction

Tâches affectées dans le cadre de l’opération

Jean-David Desforges, Inrap



Coordination scientifique

Jean-David Desforges, Inrap
Stéphane Dubois, Inrap
Marjorie Galois, Inrap
Sacha Kacki, Inrap
Noureddine Kéfi, Inrap
John Lynch, Inrap
Sophie Oudry-Braillon, Inrap



Rédaction des textes

Jean-David Desforges, Inrap
Marjorie Galois, Inrap
Noureddine Kéfi, Inrap
John Lynch, Inrap



Enregistrement des données

Isabella Maria de Carvalho, Inrap
Jean-David Desforges, Inrap
Julie Flahaut, Inrap
Marjorie Galois, Inrap
Sacha Kacki, Inrap
Noureddine Kéfi, Inrap
John Lynch, Inrap
Nathalie Vandamme, Inrap
Fabrice Vangèle, Inrap



Traitement du mobilier

Emmanuelle Collado, Inrap
Jean-David Desforges, Inrap
Noureddine Kéfi, Inrap



Photographie du mobilier

Annick Thuet, Inrap



Gestion du mobilier

Emmanuelle Collado, Inrap
Jean-David Desforges, Inrap
Stéphane Dubois, Inrap
Marjorie Galois, Inrap
Fabrice Vangèle, Inrap



Dessin-DAO-Infographie

Caroline Font, Inrap
Alexia Fontaine, Inrap



SIG-Cartographie
Cartographie-Infographie

Laurence Garenne-Marot, Inrap



Relecture et mise en page du RFO

Équipe de post-fouille

10

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Notice scientifique

Dans le cadre des opérations préalables à la création
du Canal-Seine-Nord-Europe, un diagnostic a été
réalisé de novembre 2009 à mars 2010 entre les points
kilométriques 19 et 24,5 du futur ouvrage, formant
la « zone prioritaire 3 ». Comprenant deux bassins
de retournement et une écluse, la ZP 3 s’étend sur les
communes de Beaurains-lès-Noyon, Porquéricourt,
Vauchelles et Noyon, soit une superficie de 75 hectares.
Traversant le Noyonnais du nord au sud, le tracé de
la ZP 3 se positionne, à Beaurains et Porquéricourt,
perpendiculairement à une série de reliefs érodés et
de vallons colmatés. À Vauchelles et dans la « Plaine
d’Orchies » de Noyon, un long et faible versant
de butte témoin, il rompt également une série de
cours d’eau canalisés avant de s’engager sur la
pente du « Maigremont » et d’arriver sur les terrains
alluvionnaires de « La Maladrerie » et du « Poncelet »,
peu avant la confluence du canal du Nord avec l’Oise
et son canal latéral à Pont-l’Évêque.
Le diagnostic a mis au jour, sur l’ensemble de l’emprise
étudiée, les vestiges des parcellaires et des activités
agricoles modernes et contemporaines, terroir validé
par les documents cadastraux. Les stigmates de la
Première Guerre mondiale ont également été repérés
à Noyon, se densifiant à l’approche de la route
de Compiègne et du Mont-Renaud. Deux sites de
briqueteries ont été traversés et plusieurs éléments
industriels repérés régulièrement lors de l’avancement
de l’opération, parfois en relation avec la construction
du canal du Nord.
Les périodes anciennes sont représentées par deux
sites bien circonscrits. À « la Sole », à Porquéricourt, il
s’agit d’un enclos annulaire de 70 m de diamètre, qui
paraît indigent en structures satellites et qui n’a pu être
précisément daté. Un deuxième site protohistorique
lato sensu, aux « longues Raies », est constitué par
deux structures de combustion dont une avec un
radier de blocs de grès. Si aucune trace d’habitat n’a
été détectée, leur environnement à livré de nombreux
nodules de torchis rubéfié. La topographie de ce
site, positionné sur une avancée de plateau, est aussi
marquée par deux structures linéaires au nord et au
sud, un ancien ruisseau et un fossé, à égales distances
des foyers.
L’Antiquité, période la mieux représentée sur la
carte archéologique, est effectivement présente sur
l’ensemble de la ZP 3, ne serait-ce qu’au travers du

contexte du suburbium de Noyon et de sa position
par rapport à la Via Agrippa. Le premier indice de
site antique est localisé à Beaurains. Il s’agit des
abords d’un paléochenal, à proximité immédiate de
son franchissement par la voie romaine. Les horizons
anciens ont pu être datés par de la céramique locale de
la période julio-claudienne. Ils contenaient aussi des
restes d’animaux de trait.
La présomption d’un important site sur le versant du
Maigremont, au lieu-dit « la Fontaine à Canards »
s’est trouvé confortée par l’opération. Ce sont les
deux probables ailes de la pars agricola d’une grande
villa qui ont été mises en évidence avec deux états
bien datés et se déployant avec la même orientation
dans le même espace. Plusieurs signes de romanisation
précoce et de céramique n’appartenant pas à des
circuits commerciaux plaident pour l’installation
d’individus originaires des secteurs éduen ou ségusiave
dans les années -20 / -15. L’occupation reste bien
marquée durant toute la période julio-claudienne.
L’établissement paraît alors constitué d’un ensemble
d’édifices en matériaux légers orientés est-ouest, et
longés par une voie secondaire au nord. S’ensuit une
phase monumentale qui paraît s’échelonner durant
la seconde moitié du ier siècle. Deux alignements
parallèles constitués d’édifices en dur, de clôtures et
de cours, sont distants l’un de l’autre de 160 m. Si les
fonctions de ces édifices en dur ne sont pas définies, il
reste que de nombreuses traces de rejets domestiques
ont été détectées ainsi que des aménagements liés à une
activité de service dans leur environnement : fours et
autres structures de combustion, dépotoirs, cours.
Vraisemblablement, les édifices résidentiels sont en
dehors de l’emprise, vers l’ouest. Un diagnostic de
2008 du Service archéologique de la Ville de Noyon
y avait mis au jour un système d’adduction d’eau
et de distribution. Ces données renseignent ainsi,
au moins, sur la position d’éventuelles installations
balnéaires souvent associées à la pars urbana. Le
castellum du système hydraulique est localisé à 280 m
du mur supposé séparer les deux parties de la villa.
Compte tenu des dimensions observées en diagnostic,
cette distance reste à l’échelle du site. La topographie
présente également un petit replat en hauteur à
la cote 65. La surface de ce secteur est saturée de
fragments de tuiles gallo-romaines, de céramiques et de
moellons. Positionné dans l’axe des vestiges observés, il
pourrait être l’emplacement du logis domanial.
Si la fin du iie siècle et la première moitié du iiie siècle
semble être une longue phase bien moins florissante,
une présence reste toutefois perceptible sur ce site.
Il semblerait que ce soit durant cette période que les
démolitions aient été faites.
Un ensemble funéraire des ive - ve siècle a été mis au
jour à proximité immédiate de l’aile Sud de la villa,

I. Données administratives, techniques et scientifiques

11

État du site
et non loin du site d’une nécropole gallo-romaine
mentionné en 1913 à l’emplacement de l’écluse du
canal du Nord. Ce site consiste en un enclos de plan
quadrangulaire de 12,50 m sur 6 m orienté suivant les
points cardinaux entourant un foyer et une grande
fosse, datée du règne de Valentinien Ier.
Également au centre, y a été découverte la sépulture
d’un enfant de moins de 8 ans, tête au nord,
accompagné de sa parure vestimentaire, une boucle
de ceinture en fer non décorée et une épingle à chas
et tête carrée en bronze, dans leur position d’usage.
Un couteau à virole, pointe à l’est, était déposé sur
le thorax. Une seconde sépulture a été découverte
parallèlement à la première, sur son côté ouest.
Sa fosse aux parois verticales a été creusée dans le
comblement de la grande fosse centrée du ive siècle.
Le squelette, également tête au nord, est celui d’un
individu âgé dont le sexe n’a pu être déterminé. Le
radius et l’humérus gauche étaient entourés par un
bracelet en fer très fin. Une fibule en fer reposait sur la
clavicule et l’omoplate gauches. Une centaine de perles
en verre noir étiré formait un large collier autour des
vertèbres cervicales et sous la tête basculée, près de
laquelle, dans le sédiment, deux monnaies rognées de
Valentinien III ont été découvertes.
Si les objets contenus dans les sépultures restent
à étudier de manière approfondie, un premier
aperçu dans le cadre du diagnostic permet de poser
prudemment quelques pistes vers des typologies
transrhénanes. L’orientation nord-sud des deux
sépultures est admise pour la période, suggérée par
les monnaies, comme étant de tradition germanique,
importée par des soldats ou des colons. Avec toute
la prudence qui s’impose au regard du caractère
exceptionnel de la période de cet ensemble (fin du ive première moitié du ve siècle), le rapprochement avec
les données de la Notitia Dignitatum Imperii doit être
fait, Noyon étant connue par les sources pour être la
résidence du préfet des lètes bataves.
Un site du second Moyen Âge et du xvie siècle a été
repéré à « la Hotte » entre l’ancien chemin d’Orchies
et le ruisseau de Maigremont. Il est constitué d’un
parcellaire agricole en lanière et d’un secteur où se
concentre une occupation qui n’a pu être clairement
précisée lors du diagnostic. Si aucun plan d’édifice n’a
pu être déterminé malgré la présence de quelques trous
de poteau, des structures annexes comme un puits ou
des dépotoirs ont livré des nodules de torchis, indices
de construction. L’habitat n’est pas avéré, mais la
présence de scories suggère une activité métallurgique.

La ZP 3 traverse du nord au sud les communes du
Noyonnais de Beaurains-lès-Noyon, Porquéricourt,
Vauchelles et Noyon, soit une superficie de 75 hectares.
Le tracé de la ZP 3 se positionne, à Beaurains et
Porquéricourt, perpendiculairement à une série
de reliefs tertiaires érodés et de vallons colmatés.
Le manteau de terre arable y est très faible sur les
hauteurs alors que les parties basses, incisées par
des cours d’eau, sont sujettes à des remontées de
la nappe phréatique. Les vestiges ont été observés
principalement sous les colluvions puissantes dans les
vallons.
À Vauchelles et dans la plaine d’Orchies de Noyon, un
long et faible versant de butte témoin, le tracé rompt
également une série de cours d’eau canalisés. Le sustrat
y est marqué par les variations de leurs lits, formant
des atterrements gommés par les travaux agricoles.
Les vestiges sont creusés dans les dépôts loessiques et
parfois recouverts par un faible horizon de colluvions.
Jusqu’à « la Fontaine à Canards », le canal du Nord
forme un mur qui empêche l’écoulement des eaux,
produisant des résurgences lors des terrassements de
sondage, et par ailleurs une retenue des colluvions.
Des secteurs denses en vestiges sont ainsi fortement
recouverts par des horizons ramenés par l’érosion
agricole récente. Sur les parties hautes de ce site, les
labours ont scarifié les vestiges, saturant l’horizon
végétal de matériel antique.
L’imprégnation du sol en eau a été constatée
également à « la Maladrerie » et à « la Briqueterie » du
Maigremont par la présence de sources et de mares.
À « la Maladrerie », le terrain est un épandage de
gravats récents. Au Poncelet, le substrat, un limon
alluvionnaire, est celui d’un ancien grand méandre
de l’Oise. Ce secteur s’est révélé archéologiquement
négatif.

12

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Localisation de l’opération
Picardie,
Oise, Communes de Beaurains-lès-Noyon, Noyon,
Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Zone Prioritaire 3 (ZP 3) - GA 19900301

Coordonnées Moyennes :
x (L93) : 698 848 m
y (L93) : 6 942 209 m
z (NGF) : 30 à 67 m

6945000

ZP4+
!(

LILLE
Tracé du Canal
Seine-Nord Europe

ARRAS

(59)

!(

AMIENS

6944000

!(

!(

!(

!(

BEAUVAIS
!(

NOYON

!(

LAON

COMPIEGNE

PARIS

6943000

!(

PERONNE

ZP3

6942000

ZP3

5

ZP2km

6940000

6941000

0 1,25 2,5

0

250

500

1 000
m
697000

ZP3B
698000

699000

700000

I. Données administratives, techniques et scientifiques

Arrêté de prescription

13

14

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

I. Données administratives, techniques et scientifiques

15

16

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

I. Données administratives, techniques et scientifiques

17

18

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Arrêté de prescriptions complémentaires

I. Données administratives, techniques et scientifiques

19

20

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

I. Données administratives, techniques et scientifiques

Arrêté modificatif de prescriptions

21

22

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

I. Données administratives, techniques et scientifiques

23

24

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Arrêté de notification d’attribution

I. Données administratives, techniques et scientifiques

Arrêté de désignation

25

26

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Arrêté modificatif de désignation

I. Données administratives, techniques et scientifiques

Fiche de projet d’intervention

27

II.

Résultats

ZA0

ZB39

697500

Tracé de la ZP3
Réseau hydrographique

ZB52

ZB34

ZB37

ZB33
ZB32

Passel

698000

SECTEUR 6

SECTEUR 5

SECTEUR 4

ZC26
ZC36

ZB22

ZB37

ZB31

ZB35

Beaurains-lès-Noyon

AA7

698500

AA15
AA9
AA16 AA10
AA20 AA13
AA21
AA17
AA23
AA16 AA19

AB22

AB0

AB105

AB137

AB99

AB144

AB139

AB93

AC90

AC89

AC88

Fond cadastral (VNF)
699000

Sources : Fond IGN 25 000ème

Pont-l'Evêque

(AB)1
(AB)227

AA8

PK20

AC92

AB90
AB91
AB92

AB73

AB130
ZC37

ZC21

ZC22

AC163

ZC36

ZC23

AC93

AC40

AC95

AC94

AC39

AC41

AC44
AC42

AC43

AC47

AC48

49
AC

AC38

AC167

AB148

ZC67

ZC24

PK21

AC197

AC98

AC29

AC37

AC50

AC51

AC60
AC52

AC59

AC36

AC53

(ZB)9

Noyon

AB100

ZB74
ZB75

22
PK

ZB73

ZB36

ZB34

ZB33

ZC33

SECTEUR 1

AB101

ZB87

ZB32

ZC31

ZC32

ZB20

ZC30
ZC29

ZC28

ZB21

PK19

ZB25

23ZC27
K
P

ZC19

ZB23

ZB26

ZB28

ZB40

ZB29

ZB30

SECTEUR 3

Vauchelles

500
m

ZB27

ZB51

SECTEUR 2

Porquéricourt

Structures archéologiques
Tranchée
Limite de site
Point kilométrique
Limites (et n°) de parcelle
Limites de communes

ZB38

ZB46

ZP3 - Implantation cadastrale

A. FONTAINE

P

ZA0

0

Porquéricourt, Vauchelles (60)
J.-D. DESFORGES
A. BOLO
7 500

ZA0

K
2
4

6945500
6945000
6944500
6944000
6943500
6943000
6942500
6942000
6941500
6941000

0 0
ZA0ZA 0
ZA0
Beaurains-lès-Noyon, Noyon,
ZA0 ZA0
Passel, Pont-l’Évêque,

Inrap · Rapport de diagnostic

6940500

Fig. 1 ZP 3. Plan au 1/7 500 de la zone de diagnostic, position des différentes tranchées de diagnostic sur plan cadastral et localisation des différents secteurs d’intervention

AC91

32
Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

II. Résultats

Données générales. Méthodologie

33

Données générales

Déroulement de l’opération et circonstances particulières
Prescriptions et caractéristiques de la ZP 3
La Zone Prioritaire 3 du Canal Seine-Nord Europe est comprise entre les
points kilométriques 19 et 24,5 du futur ouvrage (voir carte de localisation).
Sa largeur fluctue entre 100 m au plus étroit et 250 m au plus large, à
l’emplacement de la future écluse de Noyon (PK 21). Le projet comporte
deux bassins de retournement (PK 22,5 et 23,8). La surface théorique de la
ZP 3 est de 746 845 m² car il faut soustraire les aménagements routiers, les
parcelles de l’entreprise Brézillon, des bois et les jardins ouvriers de la rue
de Montdidier. Le premier kilomètre sud (secteur 6, PK 19 et 20) n’a pas été
prescrit pour les sondages surfaciques en raison d’une importante pollution
héritée de la Première Guerre mondiale (cf. infra). Les aménagements
agricoles comme les chemins de service et les plate-formes de chargement
ont été conservés. La présence de réseaux aériens et de cours d’eau a
nécessité des marges de sécurité. In fine, l’ouverture du diagnostic concerne
53 512 m², soit 9,32 % des surfaces accessibles.
Le diagnostic surfacique de la ZP 3 a été réalisé en 45 jours avec un effectif
de 4 j/h en moyenne entre la mi novembre 2009 et le début du mois de
mars. Une interruption d’un mois a été imposée par les fêtes de fin d’année.
Les sondages profonds ont débuté au mois de janvier et se sont poursuivis
de manière concomitante ou préalablement aux sondages surfaciques entre
les PK 21,5 et 20.

Méthodologie
Les tranchées ont été espacées de 25 m en moyenne afin de permettre
l’ouverture de fenêtres sur les secteurs intéressants (fig. 1). La longueur de
3 m des godets lisses doit par ailleurs être prise en compte pour anticiper
le taux d’ouverture. Les sondages continus ont été réalisés parallèlement à
l’emprise avec deux échelons de pelles hydrauliques en position rétroactive.
La disposition des tranchées a cependant dû être modifiée en quelques
points : dans les bassins de retournements, dans la parcelle ZB 35 à
Vauchelles comprise entre un talus et un cours d’eau, dans la parcelle AC 95
à Noyon, qui est une ancienne briqueterie, et dans la ZC 67 où les sondages
profonds avaient déjà apporté des données.
Pour des raisons logistiques, le tracé a été partagé en secteurs :
Secteur 1 (Beaurains)

PK 24,500 / PK 23,250

Secteur 2 (Porquéricourt, Vauchelles)

PK 23,250 / PK 22,200

Secteur 3 (Noyon)

PK 22,200 / PK 21

Secteur 4 (Noyon)

PK 21 / PK 20,450

Secteur 5 (Noyon)

PK 20,450 / PK 19,950

Secteur 6 (Noyon, Pont-l’Evêque)

PK 19,950 / PK 19

34

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Globalement, les décapages se sont déroulés du nord au sud, excepté dans
la partie nord du deuxième secteur pour lequel les déchargements de pelles
étaient très contraignants. À la fin de l’opération, les échelons de pelles
ont été séparés de manière à traiter simultanément les abords de la RN 32
(secteur 5) et à réaliser des tests mécaniques sur les sites du secteur 4.
Le décapage et le tri des terres s’est fait contractuellement. Les colluvions
piégées dans des dépressions ou des talwegs ont été testés à une profondeur
maximale de 1,30 correspondant à une limite imposée pour la sécurité
des intervenants. En un point, les indices d’un site enfoui ont nécessité
de descendre plus profondément. Un système de paliers a été aménagé
réglementairement.
Des fenêtres à partir des sondages ont été réalisées lorsque des vestiges
semblaient s’organiser de manière ponctuelle. En revanche, dans le cas
d’une très forte densité, comme dans le quatrième secteur, des sondages
intermédiaires ou des suivis de structures linéaires ont été favorisés.
Fig. 2 ZP 3. Décapage dans la neige, semaine du
8 décembre 2009 (Plaine d’Orchies).
Cliché J.-D. Desforges.

Mis à part sur les rives des cours d’eau, le substrat géologique a été atteint
partout. Les vestiges archéologiques ont été numérotés par tranchées
et ont été échantillonnés afin de disposer de données chronologiques et
interprétables. Les sondages et les faits archéologiques mis au jour ont été
géo-référencés par les géomètres-topographes à l’aide d’un système de levé
GPS et enregistrés. Sur le terrain, les archéologues ont généralement levé
des plans et des coupes de vestiges au 1/20 et ont réalisé une documentation
photographique destinée à illustrer leurs travaux.
En phase post-fouille, le mobilier a été traité par les techniciens sous la
direction du responsable d’opération et avec la collaboration d’Annick
Thuet, chargée de l’enregistrement et du conditionnement. Ces techniciens
ont également participé à l’élaboration du rapport au travers de l’étude de
l’instrumentum, de la recherche documentaire dans les fonds d’archives et
les services archéologiques (SRA, SAVN), de la mise au net des inventaires
raisonnés et de la réalisation de travaux de DAO. Plusieurs spécialistes ont
été sollicités également (céramologue, anthropologues, archéozoologue et
lithicien). Une cellule Topographie/SIG/DAO a été chargée de la réalisation
des plans phasés sous la direction du responsable d’opération. L’ensemble
de la production a ensuite été confié à une seconde cellule PAO.

Fig. 3 ZP 3. Tranchée et test malgré les
résurgences en janvier 2010 (« Pré Sébert »).

Contraintes hivernales

Cliché J. Lynch.

La réalisation de cette opération entre le 17 novembre 2009 et le
23 février 2010 a été particulièrement marquée par les difficultés des
conditions hivernales. L’ensemble des travaux s’est déroulé sur un terrain
saturé par les remontées de la nappe phréatique dans les parties basses.
De fréquentes résurgences ont ennoyé presque immédiatement le fond des
sondages. À cela se sont ajoutées au début du mois de décembre plusieurs
jours de pluie qui ont détrempé les labours, jours de pluie suivis par le gel
qui a persisté jusqu’à la mi-janvier. La neige a recouvert le chantier à la midécembre, rendant les derniers jours particulièrement pénibles (fig. 2). À la
reprise de l’opération, l’équipe a travaillé dans de rudes conditions de fonte
hivernale. Après ce redoux humide, la neige a été de retour le 9 février,
puis le gel et la fonte. À cette période, l’équipe a travaillé sur les sites du
secteur 4 dans des conditions extrêmement difficiles pour la réalisation
de tests et de relevés. La remontée de la nappe phréatique aux abords de
la rue de Montdidier a été un véritable frein pour le bon déroulement des
enregistrements (fig. 3). L’engorgement des labours par les eaux de fonte n’a
pas été sans poser des problèmes pour la circulation sur le chantier et la
sécurisation des sondages surfaciques, même peu profonds.

II. Résultats

Données générales. Pillage et destruction de vestiges

35

Pillage et destruction de vestiges

Fig. 4 ZP 3. Stigmates du pillage. Perforation
des niveaux et piétinement des structures. Les
données sont inexploitables sans un surcroît
conséquent de travail (Tr. 176).

Dans la soirée du 8 février ou dans la nuit du 8 au 9, le chantier, et
particulièrement le site de la villa gallo-romaine et l’enclos funéraire, a été
la proie d’une petite équipe de pilleurs. Les traces laissées par les individus
permettent d’estimer leur effectif entre 3 et 5 personnes. Pelles US, pioche
et pelle bêche ont été utilisées. En se déployant dans les tranchées, ils ont,
outre recherché les objets métalliques comme le prouvent les stigmates
localisés et les rebus abandonnés sur place, mais aussi piétiné et glissé sur
les vestiges. Les tranchées ayant été ouvertes le vendredi précédent ou dans
la journée du lundi, les pilleurs ont donc eu la primeur sur les archéologues,
rendant inexploitables les vestiges pour, d’une part, leur exploitation
scientifique, et, d’autre part, la poursuite d’un travail correct. En effet, le
gel et la neige s’ajoutant à ce « raid » dès le mardi soir, il a été impossible
de maintenir les sondages dans un état décent pour leur étude, en témoigne
bon nombre de photographies prises après le 9 février (fig. 4 et fig. 5).

Cliché N. Kéfi.

Dès le constat des dégradations et des destructions fait au matin
en prenant le service sur le chantier, une plainte a été déposée à la
gendarmerie de Noyon. Le coordinateur du projet Canal Seine - Nord
Europe a été informé ainsi que le Service régional de l’archéologie. La
plainte a porté sur le délit de dégradation et de destruction de vestiges
archéologiques, relativement à la loi du 15 juillet 2008. Une couverture
photographique systématique du chantier a été réalisée.
Si on ignore par définition ce qui a été prélevé, il est probable qu’il s’agisse
de petits objets métalliques gallo-romains comme ceux mis au jour par
les archéologues avant et après le pillage. Le Noyonnais étant un secteur
où la prospection et les fouilles illégales sont fréquentes (cf. l’affaire du
trésor de Cuts ou le trésor de Pimprez), il ne serait pas surprenant que des
Fig. 5 ZP 3. Stigmates du pillage. Le géotextile a
aficionados de cette activité aient franchi le pas en s’aventurant sur un
été retiré par les pilleurs. Les fondations ont été
chantier de diagnostic archéologique. Dans ce contexte connu, nous avions
perforées (Tr. 162).
par ailleurs décidé d’utiliser systématiquement des détecteurs de métaux
Cliché J.-D. Desforges.
pour orienter les tests des structures. Mais deux facteurs ont rendu difficile
l’utilisation méthodique de ces appareils : la minéralisation du sol, – par exemple,
les objets de la sépulture 161/05 n’ont pas fait réagir les deux modèles d’appareils
à notre disposition – ; et la pollution du sol par des débris ou des munitions
complètes de la Première Guerre mondiale. Il en ressort que les pilleurs avaient,
outre un équipement supérieur au nôtre, la volonté de purger le sol de tout objet
métallique. Nous avons également constaté qu’ils possèdent une certaine pratique
de l’archéologie de terrain dans la mesure où, aux abords de la sépulture 161/05 au
plan caractéristique, ils ont été pris d’une véritable frénésie. Il est fort possible que ce
secteur ait été « visité » à la fin de l’opération ; les pilleurs accusant de la fatigue, la
sépulture 161/31, encore enfouie, n’a pas été violée.
En tout, ce sont 10 % de cinq hectares qui ont été passés en coupe réglée.
225 occurrences étant présentes sur ce secteur, un inventaire par les géomètrestopographes de nos services a permis d’enregistrer 275 creusement de pillage, sans
compter les piétinements. Pour reprendre une formule de l’un des techniciens de
l’équipe, le site a été plus endommagé cette nuit là que par les bombardements de
la bataille du Mont-Renaud.
Par ailleurs, le 14 février suivant, un des locataires des jardins ouvriers voisins
a surpris un couple en train de passer leurs détecteurs dans la parcelle de la
Briqueterie. Surprises, ces personnes ne sont pas restées, mais cette anecdote
témoigne bien que la Carte archéologique est connue des « prospecteurs-détecteurs »
et que les chantiers sont attendus. Il importe par ailleurs peu que les parcelles soient
closes et interdites d’accès.

36

Inrap · Rapport de diagnostic

voies

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

vnf CANAL SEINE-NORD EUROPE

navigables
de France

ZP4+

Commune (80)
Croix-Moligneaux R.O. : Jean-David DESFORGES

GA19900301

Topographe : A. BOLO, G. HULIN, S. MAZET, S. RASSAT
D.A.O. : Caroline FONT

Echelle 1:50 000
RGF 93 - Levé GPS

6944000

Zone Prioritaire 3
Carte géologique

6940000

6942000

ZP3

0 250 500

ZP3B

1 000
m
696000

e3
LS1
Fy
Fz

698000

700000

702000

Yprésien inférieur (Sparnacien). Argiles et lignite.
Limons sableux
Alluvions anciennes
Alluvions modernes

Fig. 6 ZP 3. Carte géologique de la zone
concernée, extrait au 1/50 000 de la feuille
(BRGM)
Cliché IGN, DAO C. Font.

Contexte géographique et géologique
La section ZP 3 du Canal Seine - Nord Europe traverse quatre communes
du Noyonnais, un pays de collines réduites à des buttes témoins et de
vallées alluviales dont les principales sont celles de la Verse et de l’Oise
(fig. 6). Ce terroir, propice au développement forestier, était couvert par
l’ancienne forêt de Beine qui n’existe plus que sous forme de lambeaux sur
les éminences.
Sur les communes de Beaurains-lès-Noyon et Porquéricourt, l’emprise
longeant la route départementale 924 se positionne perpendiculairement
par rapport à une série de reliefs érodés, d’argiles et de marnes
sparnaciennes à peine recouvertes par l’horizon agricole dans lequel des
fragments de grès sont disséminés (fig. 7). Les vallons, témoins d’anciens
ruissellements périglaciaires vers la vallée de la Verse, sont puissamment
colmatés par des colluvions de sables tertiaires remaniés.
À Porquéricourt, le tracé du futur Canal Seine - Nord Europe oblique plein
sud au franchissement de la route et s’engage sur le versant d’une butte
témoin coiffée de calcaire lutétien appelée « la Montagne » (fig. 8). Cette

II. Résultats

Données générales. Contexte géographique et géologique

37

pente douce partagée avec Vauchelles et Noyon est également sillonnée par
des cours d’eau ayant creusé leurs lits dans les limons lœssiques, exploités
pour la fabrication de briques et de tuiles. Les ruisseaux de Vieville et de
Saint-Martin produisent des atterrements marécageux masqués par les
travaux agricoles et les remembrements récents.
Le versant du « Maigremont » est couvert de limons lœssiques, puis, suivant
la déclinaison du terrain vers le « Mont-Renaud » qui se conjugue au coteau
de la rive droite de l’Oise, l’emprise s’engage sur les terrains alluvionnaires
de « la Maladrerie » et du « Poncelet ».
La ZP 3 du Canal Seine - Nord Europe est partagée entre deux grands
ensembles. La plus grande partie est occupée par les grandes cultures,
massivement amendées et à l’origine d’une érosion mécanique. Le reste se
partage entre un tissu périurbain fortement remanié au lendemain de la
Première Guerre mondiale, marqué par des installations industrielles et les
aménagements connexes du Canal du Nord.

Fig. 7 ZP 3. Vue vers Noyon, dessin
aquarellé par Léré, vers 1815.
Bibliothèque municipale de Compiègne,
fonds Léré n° 57 f° 127
Cliché Service de l’Inventaire de Picardie.

Fig. 8 ZP 3. Vue des montagnes de
Vauchelles et Porquéricourt, dessin
aquarellé par Léré, vers 1815.
Bibliothèque municipale de Compiègne,
fonds Léré n° 58 f° 341.
Cliché Service de l’Inventaire de Picardie.

38

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Données archéologiques et historiques préalables
Approche toponymique
Les lieux-dits présents sur l’emprise de la ZP 3 sont une première donnée
figée par la réalisation des cadastres dans le premier tiers du xixe siècle.
Dans le Noyonnais, les termes utilisés sont hérités de l’ancien français
et rarement déformés par le parler régional. Le glossaire utilisé pour
cette approche onomastique est un document (Pégorier et al. 2006) de la
Commission de Toponymie de l’Institut Géographique National (IGN).
Les noms en lien avec des aménagements anciens intéressant directement
l’archéologie sont rares mais bien significatifs. Sur Beaurains, le long de la
D 934, reprenant le tracé de la voie antique Soissons-Amiens, les parcelles
sont regroupées sous le terme d’ancien français, « le Pierge » désignant les
routes empierrées. S’ensuit « La Croix blanche », mention d’un calvaire
rénové sous la Restauration placé le long d’un ancien itinéraire entre
Beaurains et Noyon, aujourd’hui réduit à un modeste chemin communal
interrompu par le Canal du Nord. La limite communale entre Vauchelles
et Noyon est fixée sur le ruisseau de « la Fontaine Saint-Martin », source
aménagée et christianisée plus à l’ouest, hors de l’emprise étudiée.
À Noyon, quatre toponymes sont à souligner, remplacés par « le
Maigremont » ou décalés après la création du Canal du Nord. « Lorette »,
en limite entre Noyon et Larbroye évoque une chapelle Notre-Dame de
Lorette, disparue mais dont l’emplacement est figurée sur le cadastre ancien
(hors de l’emprise) et matérialisée par une croix de fer des années 1920,
le long de la route de Montdidier. « La Fontaine à canards », aujourd’hui
englobée dans l’espace urbain (Gendarmerie), sur la rive Est du Canal du
Nord rappelle une source aménagée sur laquelle on laissait, à disposition
des canes ou canards, des cruchons de cuivre coutumièrement utilisés au
Moyen Âge pour puiser ou traire. Une source existe toujours dans le coteau
portant anciennement ce nom mais aucun aménagement spécifique n’y a
été découvert lors de l’opération. Enfin, « la Maladrerie », associée à « la
Croix de Pont-l’Evêque », était un établissement placé sous le vocable de
Saint-Étienne au xiie siècle, qui devait être localisé sur le tracé du Canal du
Nord, où se trouve actuellement le pont de la rue de Compiègne (Desforges
et al., 2008). Les terrains du lieu-dit associé étaient en dépendance
de l’établissement connu par les sources d’Ancien Régime et par une
monographie érudite de 1894 : « sur le bord du chemin du Mont-Renaud,
aujourd’hui la route nationale de Paris à Saint-Quentin, à droite en venant
de Noyon […] non loin de la rue Juda. » Une croix de pierre érigée en 1697
témoignait de cet emplacement jusqu’à la Révolution (Mazières, 1894).
Le plus significatif des toponymes est celui de « Noyon », contraction de la
formule latine « novio magus », le « nouveau marché » (cf. infra).
Les noms désignant à la fois des lieux et la nature des sols sont les plus
représentés.
« Beaurains » découle de l’ancien français « rain » (nm), ayant le sens de
lisière de forêt. Le nom de la commune voisine Sermaize, étant un composé
de « ser », corruption du « sart » (nm), « essart » en ancien français, et de
« maise » (nf) ou « mais » (nm), désignant une ferme, la probabilité d’un
terroir forestier révélé par la toponymie peut être avancée (cf. infra). Le
lieu-dit de « la grosse Saule », dérivant peut-être de « sault » (nm), bois ou
forêt en ancien français va aussi dans ce sens.
« Vauchelles » est une description littérale du paysage de ce terroir, « Vauce »
et « Vaucel » désignant une petite vallée en ancien français.

II. Résultats

Données générales. Données archéologiques et historiques

39

Sur ces terres aujourd’hui exclusivement à vocation agricole, plusieurs
lieux-dits prouvent la mise en culture depuis le Moyen Age. « La
Merlière », marnière en ancien français, rappelle des extractions de marne
pour amender les labours. On relève plusieurs composés avec « Sole »,
terme très usité dans l’Oise, désignant une subdivision du territoire
consacrée chaque année à une culture spécifique. « Le Muid », une ancienne
capacité de mesure pour les grains se trouve à proximité de « la Plaine
d’Orchy », déformation de l’ancien français « orgerie/orgie », terres à orge.
Par opposition, « le Maigremont » indique que les champs de ce versant
sont peu productifs.
L’activité artisanale ou industrielle est exclusivement liée à la terre cuite
architecturale : « la Briqueterie » est la plus représentée pour les périodes
récentes ; « le Champ des Tiellettes » découlant de l’ancien français « tieule »
ou « tieulette » (nf), évoque une tuilerie médiévale ou moderne.

Données historiques générales
Beaurains-lès-Noyon, Porquéricourt et Vauchelles

Le territoire de la commune de Beaurains-lès-Noyon est limité à l’est par
la vallée de la Verse. Structuré par un réseau de voies secondaires qui se
raccordent à la D 934, section de la Voie Agrippa, il est aussi traversé par
l’ancien itinéraire de Noyon à Nesle. Beaurains était une terre seigneuriale
au xiiie siècle. Durant l’offensive allemande de Noyon en mars 1918, la
commune a subi de très importantes destructions (Graves 1946, p. 6291 ; Hérold et al. 1986, p. 9). Porquéricourt s’étend entre la Montagne de
Larbroye et la D 934 qui la sépare de Beaurains. Sous l’Ancien Régime,
ce territoire comptait sept fiefs relevant de l´évêché de Noyon (fig. 9). Leurs
premiers possesseurs se qualifiaient comme seigneurs de Porquéricourt.
Entre autres, le seigneur de la Viéville a laissé son nom à son ancien
château, localisé non loin de l’emprise, reconstruit, comme l´essentiel du
village après 1918 (Graves 1946, p. 62-91 ; Hérold et al. 1986, p. 9). Pour
sa part, Vauchelles, située à l´ouest de Noyon, est structurée par un réseau
de voies secondaires. La commune a été particulièrement dévastée pendant
la Première Guerre mondiale (Hérold et al. 1986, p. 9).

Fig. 9 ZP 3. Carte de Cassini.
Cliché Service Archéologique de la Ville de Noyon.

40

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Noyon

Noyon s’étire dans une cuvette irrégulière entre des buttes témoins
couronnées de calcaire lutétien culminant à 165 m (Montagne Saint-Siméon
au nord-est, Montagne de Larbroye prolongée par le Mont-Renaud à
l’ouest et au sud-ouest) (fig. 10). Le site se trouve sillonné par le ruisseau du
Marquais, la Goëlle et la Verse, affluents de rive droite de l’Oise. Ce réseau
alimentait des marais au sud-ouest.
Noyon apparaît dans les sources au iiie siècle sous la forme Noviomagus,
citée comme station dans l’Itinéraire d’Antonin : « Noviomagus vero est
oppidum inter Suessonam et Ambianos ». En l’état actuel des connaissances,
l’occupation sur le site urbain ne semble pas antérieure à la période galloromaine. Noyon, située sur la voie Milan-Boulogne construite sous Auguste
et Agrippa, semble, d’après les données archéologiques, être, au HautEmpire, une petite agglomération ouverte sur une dizaine d’hectares, sous
la forme d’un village-rue sur une longueur de 1100 m et 200 m de large.
Les abords de la cathédrale ont livré des indices de balnéaires urbains, d’un
ou plusieurs temples, voire d’architectures funéraires monumentales, d’un
quartier de commerces et de boucheries. L’habitat est construit en matériaux
légers : solin, poteaux, torchis. Le suburbium est ponctué le long des axes de
pénétration dans la cité par des officines de potiers et des nécropoles.
Le iiie siècle est matérialisé à Noyon par des horizons d’incendie et
d’abandon. L’espace urbain se rétracte sur une petite éminence, dominant
les marées de la Verse. Ce secteur est fortifié à la charnière des iiie et
ive siècles par un puissant mur ouvert par quatre portes et flanqué de tours.
Le castrum concentre alors dans 2,54 hectares habitat, artisanat, commerce
et siège du pouvoir. Noyon est mentionnée au ive siècle dans la Notitia
Dignitatum Imperii : « In proepositura Magistri militum proesentialum […]
Praefectus laetorum Batavorum Contraginensium Noviomago Belgicae
secundae praesibat » (Desachy 1999).
C’est probablement dès le milieu du vie siècle que l’évêque de Vermand
transfère son siège cathédral à Noyon. Le ministère d’Éloi, au milieu du
viie siècle, auprès du roi, témoigne de l’importance de la cité et de ses liens
avec le pouvoir royal (sacres, comme roi de Neustrie, de Charlemagne
en 768 et de Hugues Capet en 987). Une vita mérovingienne parle d’une
résidence royale à Noyon ou dans ses environs mais rien n’est attesté.
Le fait est que Noyon reste un lieu de passage vers les palais connus de
Verberie, Compiègne et Quierzy. Au xie siècle, un château en dépendance
du roi est confisqué par l’évêque de Noyon mais il n’est pas localisé. La ville
médiévale fortifiée demeure agglomérée au castrum antique, à partir duquel
on observe un développement radio-concentrique. Les marais de la Verse
sont assimilés par ses extensions.
L’ouest et le sud-ouest de la ville qui nous intéressent ici particulièrement
sont dévolus au faubourg Saint-Jacques, aussi dénommé faubourg de
Montdidier durant le Moyen Âge et la période moderne. Des activités préindustrielles et industrielles s’y installent, notamment des briqueteries. La
découverte récente de ce type d’installation par le Service archéologique
de la Ville de Noyon aux abords de la place du Marché Franc valide
l’exploitation de ce sous-sol dès le xviie siècle (Dulauroy-Lynch 2009).
Dans la logique du développement le long de la route de Montdidier et du
Canal du Nord, il avait été projeté au début du xxe siècle d’urbaniser la
Plaine d’Orchies. L’amorce d’un pont inachevé témoigne de ce projet que
l’impérative reconstruction de Noyon dans les années 1920-1930 a contraint
à abandonner (cf. Annexe 4, « Recherches documentaires », par M. Galois).

II. Résultats

Données générales .Données archéologiques et historiques

41

Fig. 10 ZP 3. La ville et
citadelle de Noyon, par
Chastillon, circa 1610.
Cliché Service Archéologique de
la Ville de Noyon.

Ce chantier permanent à l’échelle de la ville a, du reste, impliqué la création
de briqueteries industrielles autour de Noyon. L’emprise de l’écluse du CSNE
se situe précisément sur l’une d’elle (cf. infra). Par le fait, le tracé du Canal
du Nord sert de limite à l’urbanisation de Noyon vers l’ouest.
Plus au sud, sur le tracé du Canal Seine - Nord Europe, la Maladrerie
probablement fondée à la fin du xiie siècle, se situait le long de la route de
Compiègne. Elle serait due à une concertation entre l’évêque et les échevins.
La communauté des « Frères et Sœurs de Saint-Ladre » recueillait les
souffrants et administrait les biens et les dons affectés à cette tâche. Placée
sous l’autorité d’un bourgeois rendant compte à l’évêque annuellement
et au conseil de la ville, elle fonctionnait selon les règles d’Étienne de
Nemours, arrêtées en 1188. À la fin du xviie siècle, l’état d’abandon de
l’établissement incite son rattachement à l’hôtel-Dieu de Noyon. La chapelle
est détruite en 1660. Une croix de pierre érigée en 1697 témoigna de cet
emplacement jusqu’à la Première Guerre mondiale (Desforges et al. 2008).

Noyon et le Noyonnais durant la Première Guerre mondiale

Étant donné que l’emprise du Canal Seine - Nord Europe est sur la zone
de manœuvre et de combat de plusieurs événements de la Première Guerre
mondiale et qu’une partie n’a pas été prescrite pour les sondages surfaciques
en raison de l’importance des vestiges liés à celle-ci, il apparaît nécessaire de
revenir sur les faits historiques de cette période.
Après l’enfoncement des frontières françaises (24 août 1914), les armées
allemandes prennent la direction de Paris. Le 1er septembre, les combats
de la guerre de position touchent le Noyonnais, puis le dépassent. Suite à
ce débordement, la contre-offensive des « Taxis de la Marne » renverse la
situation du 6 au 12 septembre. Les Allemands refluent vers l’Aisne. Dans
l’objectif de conserver une position proche de Paris, ils fixent leurs lignes
dans le Noyonnais (Desforges 2008b).
La rive droite de l’Oise est verrouillée entre Pimprez et Lassigny. Mais la
rive opposée voit de véritables batailles à Cuts du 15 au 17 septembre et
à Carlepont les 17 et 18 septembre. À la fin du mois le front se stabilise
entre Bailly et Tracy-le-Val. Cet épisode marque la fin et l’échec du plan
Von Schlieffen. À partir d’octobre 1914, le Noyonnais ne connaît pas de
grande offensive. Noyon prend une dimension symbolique en tant que

42

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

« ville impériale » (et par réaction, elle
est parrainée par Washington en 1917).
Cependant, les villages alentours sont
systématiquement le lieu d’altercations
sous forme d’assauts et de duels
d’artillerie.
Quelques temps après les batailles de
la Somme (Desforges et al. 2009) et
de la Marne, les Allemands décident
de rectifier le front en abandonnant la
poche de Noyon. Les populations locales
sont déportées vers le nord occupé (elles
pourront regagner Noyon via la Suisse)
et les troupes se replient derrière la Ligne
Hindenbourg (Notte, Marcy 2009) en
pratiquant la terre brûlée entre le 18 et le
21 mars 1917.
Fig. 11 ZP 3. Le passage à niveau de Beaurainslès-Noyon après les combats de la fin mars 1918.
Cliché Service de l’Inventaire de Picardie.

Fig. 12 ZP 3. Photo aérienne française du quart
sud-ouest de Noyon et environs (Maigremont),
prise le 11 aout 1918 à 10h (la ville ayant été
bombardée au mois d’avril 1918).
Cliché Collection particulière de M. Thierry Hardier.

Un an après, jour pour jour, une grande offensive allemande entre l’Oise et
la Scarpe enfonce le front anglais sur 80 km. Les divisions de Von Hutier
déferlent alors vers le sud-ouest en direction de Noyon, à la jonction des
armées françaises et anglaises. Paris est l’objectif ultime. Les Anglais se
replient, laissant aux Français la protection de la route Noyon-CompiègneParis. Ham tombe le 23 mars, Le Plessis-Patte-d’Oie et Flavy-le-Meldeux
sont un front temporaire. Les habitants de Noyon sont évacués par train le
24 dans la soirée. Le 25, le village de Beaurains-lès-Noyon est pris par les
Allemands (fig. 11). Les Français fortifient une ligne de positions entre Pontl’Evêque et Porquéricourt. L’ordre qui
tombe à 18 h est « Tenir le plus
longtemps possible la lisière nord de
Noyon et interdire l’accès du canal
du Nord en construction, vers son
aboutissement à la grande route de
Noyon » (fig. 13).
Mais les Allemands progressent. Le
quartier de cavalerie et les abords de la
route d’Amiens voient des combats de
rue et des incendies ; Noyon se trouve,
cependant, relativement épargnée.
Les Français se campent entre Pontl’Evêque et le Mont-Renaud. Le 26,
les forces allemandes sont dans la
ville. L’artillerie française leur oppose
un tir roulant pour leur barrer la
route. Noyon est anéantie par les
bombardements en cinq jours. Les
Allemands lancent sans succès vingttrois assauts vers le Mont-Renaud
(fig. 12). Seules quelques tranchées sont
perdues et prises tour à tour.
Le front se stabilise ici jusqu’au
9 juin 1918, date à laquelle commence l’offensive de la dernière chance
entre Noyon et Montdidier, pour contourner Compiègne. Les Allemands
progressent alors jusqu’au Matz. Du 11 juin au 9 août, c’est une nouvelle
guerre de position. Avec la libération de Montdidier, les contre-attaques
s’enchaînent, faisant reculer les Allemands au-delà de Noyon le 29 août
(Desforges 2008b) et préparant ainsi l’armistice, deux mois et demi plus tard.

II. Résultats

Fig. 13 ZP 3. Carte des positions allemandes et françaises autour de Noyon. Cliché Jean-Louis Bernard, Inrap.

Données générales .Données archéologiques et historiques

43

44

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

La Carte archéologique
Les prospections et les mentions anciennes

Plusieurs sites de villae ou d’habitat, mal localisés entre 1,5 et 2 km de distance du castrum,
ont été anciennement reconnus dans les environs de Noyon (fig. 14). Au lieu-dit de la
Haute-Montagne, au nord de la ville, ce sont les indices d’une villa orientée nord-est / sudouest qui ont été enregistrés. Une autre villa a été repérée légèrement plus au sud-ouest, à
la Tuilerie. Son orientation est semblable. Elle paraît avoir été occupée jusqu’au iiie siècle.
Une troisième est connue suite à l’exploitation d’une briqueterie au sud-ouest du faubourg
Saint-Pierre. Des sites gallo-romains de villa sont mentionnés au « Châtelain », à « la
Briqueterie » du Maigremont et plus anciennement, en 1865, à « la Tombelle », sur la
route de Guiscard. Cet ensemble forme une couronne autour de Noviomagus. Les quatre
communes ont en commun le tracé de la Via Agrippa.
Plus à l’ouest de l’emprise, sur la Montagne de Porquéricourt, un site indéterminé
d’époque gallo-romaine est signalé. Une nécropole mérovingienne est aussi annoncée mais
n’est pas localisée.
En 1978, Michel Bocquet a réalisé une campagne de prospection pédestre sur le
secteur sud-ouest de Noyon. Un peu plus en amont de l’emprise, face au hameau de
« Maigremont », c’est un échantillon d’outils lithiques qui a été collecté.
Les travaux du Canal du Nord (1913-1914)

Juste à la veille de la Première Guerre mondiale, les terrassements du Canal du Nord
ont été accompagnés de fouilles archéologiques menées par A. Terrade et E. Pernet ,
principalement à l’emplacement de l’écluse, au lieu-dit « La Fontaine à Canards ». Terrade
décrit une nécropole à incinérations gallo-romaine organisée notamment autour d’une
voirie ou d’un niveau de circulation : « un chemin menant au cimetière matérialisé par des
débris de tuiles et de tessons de céramiques empilés sur 40 cm de hauteur. »
Plus de quatre-vingt fosses ont été inventoriées, regroupées en lots de deux, trois, cinq,
sept ou neuf, distants de 20 à 25 m et orientés nord-sud. Creusées dans le limon lœssique,
les fosses cinéraires présentaient des parois concaves, « en forme de cuvette », et des fonds
plats couverts par des fragments de calcaire à nummulites ou des briques d’hypocaustes
en remploi. Plusieurs fosses comprenaient deux incinérations superposées, intercalées
avec une dalle de calcaire à nummulites. Les cendres pouvaient aussi être contenues dans
des vases brisés de petites dimensions et protégés sous deux tegulae agencées en bâtière.
D’autres dépôts cinéraires étaient vraisemblablement faits dans des coffrets de bois comme
le laissent supposer les nombreux petits clous (quinze à vingt par fosses). Dans ce cas de
figures, Terrade et Pernet écrivent qu’ils n’ont « retrouvé sous les tuiles protectrices que
peu de vases de terre […] ». Disposés au fond de ces urnes, des viatiques étaient constitués
d’os de porc, de lièvre ou de volaille. Les types de céramiques sont de « la rouge samienne »
estampillée, soit de la céramique sigillée, de la « terre noirâtre à beau vernis noir ». Des
monnaies du Bas-Empire furent aussi découvertes, des Constantins, des Antonins mais
aussi un potin gaulois. À l’issue de ces observations, Terrade émet l’hypothèse que le site
doit se prolonger plus haut sur le coteau, soit sur l’emprise du Canal Seine - Nord Europe.
Les aménagements hydrauliques gallo-romains du Maigremont

Durant l’été 2008, l’équipe du Service archéologique de la Ville de Noyon a réalisé
sur le coteau du Maigremont un diagnostic préalable à la construction d’un groupe
scolaire (Desforges et al., 2008). Une occupation gallo-romaine allant de la fin du ier
à la fin du iiie siècle avait été mise en évidence, ainsi que les stigmates de la Première
Guerre mondiale. Une première structure consistant en une fondation massive de plan
quadrangulaire (moellons et mortier de chaux) a été mise au jour. L’hypothèse des vestiges
d’une pile funéraire gallo-romaine avait alors été retenue. Un aqueduc en béton et graviers
calcaire, opus caementum, revêtu sur certaine portion d’un mortier de tuileau et des
tegulae, opus signinum, s’oriente vers le sud-est. Reconnu sur une soixantaine de mètres,
.  Sources : fonds documentaire du Service archéologique de la Ville de Noyon. Voir également : Desforges et al. 2008.

II. Résultats

Données générales .Données archéologiques et historiques

45

cet ouvrage alimente une cuve de décantation ou castellum divisiorum, parementée
intérieurement de tegulae, opus latericium, noyées dans un coffrage de mortier. De là,
suivant une orientation légèrement différente, une seconde portion d’aqueduc dessert un
bassin rectangulaire enduit de mortier de tuileau. Depuis le castellum, une autre conduite,
consistant cette fois en des segments modulaires de terre cuite liés au plâtre, prend une
direction plus au sud-est. Passant à proximité du bassin, cette conduite a été disloquée
avant d’être complètement détruite par les travaux agricoles. La source qui alimentait
probablement cet aqueduc se situe sur la Montagne, à Larbroye. Le site a été occupé
durant l’Antiquité, puis par un prieuré en dépendance de l’abbaye d’Ourscamp. En
revanche, la destination de cet aménagement hydraulique complexe n’a pu être éclairée
lors de cette opération.

Fig. 14 ZP3. Localisation des sites archéologiques
ou indices de sites d’après les données de la carte
archéologique régionale et d’autres données.

1

vnf CANAL SEINE-NORD EUROPE

voies
navigables
de France

Beaurains-les-Noyon,
ZP4+
Noyon (60)

Croix-Moligneaux R.O. : Jean-David DESFORGES
Topographe : Aurélien BOLO
D.A.O. : C. FONT

"La Fontaine à Canards" - Nécropole à incinération
gallo-romaine

2
3

GA19900301
Ech. 1:25 000

"La Fontaine à Canards" - Villa gallo-romaine
"Le Petit Ourscamps" - Prieuré et fontaine
Saint-Clair (Moyen Âge)

RGF 93 - Levé GPS

4
5
6
7
8
9

6944000

6945000

Zone Prioritaire 3

7

"Maigremont" - Système hydraulique gallo-romain
"La Haute Montagne" - Villa gallo-romaine
"La Tuilerie" - Villa gallo-romaine
"Château de la Viéville" - Moyen Age/Moderne
"Service des Eaux" - Nécropole gallo-romaine
"La Montagne" - Site gallo-romain indéterminé

5

VI

6
A

AG

RI

6943000

9

PP
A

6942000

ZP3

3
697000

4
698000

8

2

CASTRUM

1
0
699000

250

500
700000

1 000
m

46

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Porquéricourt -

Beaurains-lès-Noyon (60)
ZB46
J.-D. Desforges

A.Bolo
A.Fontaine

6000

SECTEUR1

Beaurains

6944000

ZB39

ZB37
ZB34

Tr.1

Tr.2

Tr.3

Tr.4

Zoom 1

ZB33

ZB38

Tr.5

Tr.6

ZB32

Tr.7 Tr.8

ZB51
Tr.12

ZB30

Tr.11
Tr.10
Tr.9

Tr.15
Tr.14

Tr.13

6943500

PK

24

ZB52

Tr.24
Tr.23
Tr.22 Tr.32
Tr.21
Tr.33
Tr.20
Tr.34
Tr.19
Tr.29
Tr.18
Tr.30 Tr.31
Tr.17
Tr.28
Tr.16
Tr.27
Tr.26
Tr.25
Tr.38
Tr.37
Tr.36
Tr.35

ZB29

ZB28
ZB40

ZB27

ZB26

Tr.43
Tr.42
Tr.41

Tr.40
Tr.39

ZB25
Tr.47
Tr.46
Tr.45
Tr.44

Tr.51 ZB23

Tr.50
Tr.49
Tr.48

ZB22
ZB21

Tr.53

Porquéricourt

Tr.52

6943000

Tr.54
Tr.78
Tr.79

0

Structures archéologiques

Tranchée

Extension

Extension du site

PK

0

Limite et numéro de parcelle
Tracé de ZP3
698500

Fig. 15 ZP 3. Plan du secteur 1

250
m

II. Résultats

I. Le secteur 1

47

Résultats de l’opération

I. Le secteur 1
Entre les points kilométriques 23,250 et 24,500 du Canal Seine - Nord
Europe à l’est de la route départementale 934, ce vaste secteur entièrement
localisé sur la commune de Beaurains-lès-Noyon comprend les cinquantequatre premières tranchées (fig. 15). Il n’a livré qu’un site au lieu-dit du
« Pierge » (PK 24,250), aux abords immédiat de la voie romaine AmiensSoissons. Toutes les autres occurrences sont liées à l’exploitation agricole
du terroir, fossés et chablis de verger, concentrés au lieu-dit du « Champ
Tiellettes ».
La topographie générale est une succession de longs talwegs orientés estouest formés par des affluents de la Verse. Les reliefs de sables et de marnes
sparnaciens ont subi une forte érosion récente, déversant les horizons de
limons sableux en de puissantes colluvions. Deux niveaux d’apparition des
faits anthropiques ont donc été pris en considération suivant la position
topographique : un premier affleurant sous l’horizon agricole pour les plus
récents en haut de pente, un second dans les fonds de talwegs, entre 1 m et
3 m, nécessitant des stratégies de mises en sécurité.

I.1. Les abords d’un gué de la voie romaine Amiens-Soissons au lieu-dit
du « Pierge »
La recherche des niveaux anciens sous les colluvions a permis de détecter
à l’extrémité des cinquième et sixième tranchées trois faits dont la
seule relation stratigraphique est d’être colmatés entre 1 m et 1,40 m de
profondeur.
I.1.1. Un paléochenal
* Dans la désignation
des structures, le premier
nombre renvoie au n° de
tranchée ; le second au n°
de la structure dans cette
tranchée.

Le fait 5/01 * (fig. 16 et 17) est un écoulement ancien apparu à partir de
1,3 m de profondeur avec une bande de limon argileux alluvionnaire jaune,
marquant une très nette différence avec les colluvions de teintes grisâtres et
le substrat de sable argileux orangé. Plusieurs horizons d’alluvions ont été
décapés par passes fines, permettant de collecter du mobilier céramique et
des résidus organiques, dont une pièce de bois équarrie de près de 2,4 m de
longueur pour une section de 0,25 m au maximum.
Dans la mesure où le cours de l’écoulement est perpendiculaire à la tranchée
de sondage, deux coupes stratigraphiques et des plans à différents niveaux
ont été enregistrés pour en permettre l’étude.
Dans son état originel, le chenal incise des colluvions anciennes, laissant
une épaisse accumulation sédimentaire organique (horizon 1, argile brun
sombre). Cette phase de stabilité est ensuite colmatée par un horizon de
dépôt limoneux, révélateur d’un faible hydrodynamisme (horizon 2, limon
sableux gris-jaune). Le cours se réactive mais on constate un changement
radical dans la nature des matériaux sédimentés : beaucoup plus argileux,
de teinte bleu-gris, ce troisième horizon a livré des tessons de céramiques
antiques à dégraissant nummulitique et une importante pièce de bois
portant des traces de mise en forme. Bien marqué et limité, il peut être
considéré comme le niveau d’étiage du cours durant la période antique. En

48

Inrap · Rapport de diagnostic

Canal Seine - Nord Europe, ZP 3, Picardie, Oise, Beaurains-lès-Noyon, Noyon, Passel, Pont-l’Évêque, Porquéricourt, Vauchelles

Beaurains-lès-Noyon
Porquéricourt (60)
A.Bolo
A.Fontaine

J.-D. Desforges

600

6945000

SECTEUR 1 - Zoom 1

Beaurains-lès-Noyon

8

drain

7

6944900

2

1

1

4

2
3
4

RD

2

4

Tr.8

Tr.6
Tr.11
Tr.10

3

1

93

1

Tr.7

Tr.5
2

Tr.9

Porquéricourt

St. 9/01

plat
gallo-romain

Structures archéologiques

6944800

Datation

Versant du paléochenal

Antiquité / haut Moyen Age

Tranchée

Haut-Empire

Sondage

Moderne / pré-Industriel
XIXe / XXe siècles

Limite de parcelle

Extension de structures

Réseau hydrographique

Limites de communes
Tracé de ZP3

697440
Fig. 16 ZP 3. Secteur 1. Plan de la zone du
paléochenal

0

50
m
697510


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