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Manon Campait

Mélodie Guilleminot

Morgane Nivière

Crédit Typo :
MIDZIC Adrian, Lack, 2007 - SIL OFL licence
KENSLER Andrew, Luculent, 2014 - SIL Open Font License, 1.1

Archizoom Associati, Non-stop City, 1970

FORMATS
DYNAMIQUES

Le format se définit par des dimensions, des formes
ou/et des caractéristiques.Attesté au sens
“dimensions du papier” au 18e siècle, la notion
de format évolue au 19e siècle au sens “mesure,
dimension” pour se muter en une notion
de format numérique.

Entre design et urbanisme,
doit-on s’émanciper du format
pour créer du dynamisme ?

Il peut s’appliquer au graphisme comme à l’urbanisme. Pour le design,
on parlera de format numérique, de dimensions de support ou de formes
caractéristiques. Pour l’urbanisme, le format peut intervenir lors de la création
d’une ville, il sert de modèle. Du latin “Urbs” signifiant la ville, l’urbanisme désigne
la réflexion visant à aménager physiquement l’espace urbain, il agit en vue
d’unifier la ville, de façon à harmoniser sa mise en forme. En parallèle, le dynamisme
s’identifie à l’énergie, à la vitalité, au mouvement. Il peut se comprendre en terme
d’évolution et de constant changement. En théorie, le format et le dynamisme
sont deux notions qui peuvent se compléter et se fusionner.
Toutefois est-ce réellement si évident ?

S
S

Il n'est pas utile de sortir du format
pour créer du dynamisme.
Un simple document Word peut nous le faire
comprendre. Il est un format au sens
de disposition de données. Son support immatériel
prend les dimensions d'un A4, ce qui pourrait
nous amener à de simples dimensions. Or,
tant que le document n'est pas imprimé, il est
une interface, un format en perpétuel changement.
Son cadre est défini par les paramètres de Microsoft
Word, mais ses données évoluent selon le goût
de son utilisateur. Ce format a toutefois
des limites de capacité et ne pourra
engranger des données à l'infini,
contrairement au document texte de code.

Code Html et Css - zone de texte

nous présente le plan
hypodamien comme un plan
quadrillé dont l’objectif
est de présenter
une distribution uniforme
et semblable à tous les lieux,
on retrouve chez Andrea
Branzi une toute autre
utilisation de ce format plus
proche du logiciel “bloc note”
qui permet d’écrire sur
une unique ligne qui s’étend
à l’infini.

comme volonté et représentation1 ,

la grille

Dans le même esprit,
si Hubert Damish, dans

Andrea Branzi est un architecte, designer
qui s’inscrit dans le mouvement radical italien
du 20e siècle. Son projet No-Stop City, réalisé
en 1969 est une ville utopique qui permet
une meilleure compréhension de la structure
de la ville et de ses flux. Andrea Branzi
en réaction au mouvement moderne,
détourne les formats établis afin de proposer
une nouvelle organisation de la ville.
No Stop City2, présente une ville infinie,
une ville réduite au degré zéro
de l’architecture, une sorte de “ground zero
de l’architecture”. À la manière
des supermarchés, cette ville infinie semble
être une trame qui se répète sur le même
format que le plan damier. Caractérisé
de forme rationnelle, le plan Hippodamien
se caractérise principalement par ses angles
droits ainsi que ses îlots carrés
ou rectangulaires.
DAMISCH Hubert, L’origine de la perspective [1987], Paris, Flammarion, coll.
Champs arts, 2012.
2
BRANZI Andrea, No Stop City, Orléans, Hyx, 2006.
1

CASTEX Jean, La ville américaine, conférence
http://www.artsetvie.com/ressources/files/conferences/USA_archi.pdf.
1

Semblablement aux villes de New York ou Chicago
qui ont pour propriété une uniformité au niveau de
leur format, en prenant celui-ci au sens
d'une "opération par laquelle on formate" (cnrtl).
Leurs constructions et expansions suivent aussi
un damier qui leur permettent de rester
sur un format unique.

“Le plan en damier
est un moyen
commode de régler
l’implantation
d’une ville. Chaque
carré, établi entre
de larges rues,
se subdivise pour
construire
de nouveaux
lotissements.”
Conférence à domicile - La ville américaine, à lire sur www.artsetvie.com

Le dynamisme de ces villes américaines,
contrairement à No Stop City1, tient à l’utilisation
de son format dans la hauteur et à son évolution
incessante. Que ce soit les habitants,
les immeubles, leurs utilisations, les rénovations
ou les constructions, une ville se caractérise
par son dynamisme. Leurs formats spécifiques
restent toutefois uniformes et normés.
Extrait plan de Chicago, États-Unis

À l'inverse, l'étude du plan de la ville No Stop City1,
nous présente cette même trame orthogonale.
Cependant, ses répétitions dépassent
ses dimensions initiales, transgressant ainsi
son format. L'espace devient infini, il n'a plus
de frontières, les limites même du bâtiment,
en tant que structure, sont dépassées,
afin de proposer un système
adaptable à l'évolution
des besoins de la société.
1

BRANZI Andrea, No Stop City, Orléans, Hyx, 2006.

OZERAY Étienne, Pour un design graphique libre,
Paris, ENSAD, mémoire de 4e année,
département Design graphique, septembre 2014.
Archizoom Associati, Non-stop City internal landscapes, Orléans, 1970

débuts du hacking
sentaient eux aussi
formats que l’on pourrait
lifier de dynamique.
ns la thèse Pour un design
phique libre, Étienne
eray1 s’exprime
ces termes : “À cette
que et dans ce milieu,
artage de l’information
it chose courante
le moindre programme
é était immédiatement
rtagé au reste
la communauté
s’empressait
s’en emparer pour
odifier ou l’améliorer.
furent donc les premiers
outenir que le code source
n logiciel se devait d’être
tribué sans restriction.”
si, un morceau
programme se voyait
difié, transformé sans
ur autant intervenir
son format initial.
évolution est
nc immatérielle tout
me un document Word.
and est-il maintenant
n type de format matériel
l'on pourrait qualifier
dynamique ? Un format
me les caractéristiques
ne ville par exemple.
encore, un format
ynamique que la notion
me du format initial
ait remise en cause.

1

Dans sa "Nouvelle Charte d'Athènes selon Branzi", l'architecte nous parle d'une "ville
vue comme une favelas Hi-tech", une ville qui sur le même format que les favelas
seraient un espace dynamique en perpétuelle transformation formelle.

La construction irréfléchie des favelas
suppose qu'un dynamisme sans
format est possible. Les favelas sont
caractérisées par un mode d'occupation
spontané et non réglementé. La forme
du bâti est caractérisée au niveau
de l'architecture des constructions par
les matériaux employés, créant
un format irrégulier dans lequel
les tracés n'ont pas été planifiés mais
déterminés par les usages des habitants.
La notion de format est balayée
au profit du dynamisme inhérent
aux habitants. L'organisation urbaine
est donc remise en question par
des constructions indépendante
à l'aspect inachevé et désordonné,
produisant généralement un fort
contraste avec l'environnement.
Ce contraste est matérialisé avec un mur
construit par les autorités pour séparer
les habitants, arrêté les constructions
des favelas et ainsi conservé
le format établi de la ville initiale.

Le
pr
de
qu
D
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se

1

BRANZI Andrea, No Stop City, Orléans, Hyx, 2006.

Andrea Branzi

“Le futur ne sera pas
un monde de standards,
de robots et de produits
fabriqués en grande série”

C’est ainsi que, dans No Stop
City1, ce sont les objets,
significatifs d’actions
et d’usages, qui génèrent
les espaces. L’objet agit
comme un vecteur d’échange
et questionne le rapport entre
l’homme et son environnement,
primordial pour un designer
selon Branzi. Il n’y a pas
un format type, mais
une infinité de formats,
réalisés par les usagers
eux-mêmes, qui redéfinissent
l’espace, comme nous avons
pu le voir avec les Favelas
en perpétuelles évolutions
en fonction des habitants.
En s’affranchissant du format,
Andrea Branzi propose une plus
grande liberté à ses usagers
laissant libre cours
à leur créativité
et à l’effervescence des lieux.

Par son projet No Stop City, Andrea Branzi1 critique l'aspect standardisé de la ville
moderne et d'un format répété à l'infini, faisant directement écho à la production
de masse. En détournant, le format type des supermarchés et des usines, l'architecte
remet directement en question la question du format dans sa définition de "quelque
chose de standardiser" (Larousse).

Andrea Branzi voit la ville moderne comme une ville dont les dimensions
et l'organisation ne correspondent plus à la réalité. En effet, la ville de No Stop City1
propose un espace sans hiérarchie ou format établit alors que l'on retrouve chez
Le Corbusier une ville rationnelle. Par exemple, une des œuvres les plus connues
de Le Corbusier, la ville de Chandigarh, propose un format d'une ville
rationalisé à son extrême, hiérarchisée et rectiligne. Chandigarh reproduit
ainsi la division en castre de la société indienne sans se proposer de la dépasser,
là où Cerdà propose une redéfinition du format dans la ville de Barcelone.

Ainsi, il n'y a plus de formats que ce soit au niveau
du plan ou du mobilier qui lui aussi a dépassé
son format de base pour créer
des espaces dynamiques.

BRANZI Andrea, No Stop City, Orléans, Hyx, 2006.

1

No-Stop City, Maquette - Bois, carton, verre, peinture,
fibre synthétique, plexiglas, 54.5 x 52.2 x 51.7 cm, , 1969-2001

GAUVIN Charlotte, http://www.charlottegauvin.com/page08_typo-interactive_2.html, ÉSAD Valence, 2010.

De la même manière,
la typographie interactive
réalisée par Charlotte
Gauvin1 en 2010 est
une interface qui permet
de dessiner grâce
à l'assemblage de différents
morceaux d'alphabet
de différentes polices
de caractères. À partir
d'un format initial,
semblable à la vieille ville
de Barcelone, les lettres
à la manière des diagonales
viennent perturber
l'interface qui se caractérise
à l'origine par un support
de type A4.

1

C'est grâce à la diagonale qu'il vient perturber
ces dimensions organisées. Le plan quadrillé coupé
de diagonales a été établit dans les années 1850-1860
pour commander l'extension de la vieille ville,
la trame principale. À cet agrandissement
du format initial, le damier ajoute une certaine
malléabilité, les reconstructions peuvent ainsi être
entreprises à l'intérieur de chaque bloc,
indépendamment les unes des autres.

ILDEFONS Cerdà, Projet original du plan de Barcelone,
Espagne - 1860

Weiss-Grau, in Vision in motion (1930).
szló Moholy-Nagy - Scénario de Lichtspiel Schwarz-

"Mouvements,
grilles étranges
qui se déplacent.
Filtres "ivres",
barreaux.
Regards jetés
par de petites
ouvertures ;
diaphragmes
automatiques.
Eclair lumineux,
mouvant,
veuglant. Spirales
tournoyantes,
qui toujours
eviennent. Toutes
les formes solides
se dissolvent
en lumière."

Le dynamisme est
le maître-mot
des recherches menées
par László Moholy-Nagy
à partir de 1925. Il s'agit
d'un peintre hongrois,
un photographe
et un théoricien reconnu
pour ses écrits
sur le dynamisme
et l'abstraction.
Son intérêt théorique
pour la ville,
l'architecture
et le design font de lui
un incontournable
de la notion dynamique
abordée dans cet article.
Si le format n'est pas
abordé comme tel dans
ces travaux, Moholy-Nagy
a développé l'idée
d'un entraînement
des rapports sensibles
et sensitifs humains
par l'art, que ce soit
en pratique
ou en observateur.
Cette pratique a pour
but de permettre
aux masses
de se réconcilier
avec leur environnement
actuel.

MOHOLY-NAGY László, Scénario de Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau, film exp.,
noir et blanc, 5’ 30’’, USA, 1930.

MOHOLY-NAGY László, Pont Transbordeau de
Marseille, 1929, 23,7 x 17,9 cm,
Photographie argentine sur gelatine

Chaque medium artistique mis
en place par Moholy-Nagy permet
de dynamiser et d'élargir les facultés
perceptives de chaque individu.
Ses photographies et films,
ses tableaux et sculptures,
trouvent un écho dans la notion
de format dynamique. Toutefois,
le format, chez Moholy-Nagy
est un médium et non un ensemble
de caractéristiques ou
de dimensions, ce qui peut
confirmer notre frilosité
à associer ces deux notions.

L

En confrontant le thème de la ville et du design,
avec comme fil conducteur, le projet No Stop City1
d'Andrea Branzi, nous avons mis en tension
la relation même du format et du dynamisme.
Si dans un premier temps, le mot "format" était
défini comme "dimension du papier", il a très vite été
qualifié de "dimensions, mesure" pour finir par être
associé à la notion de "formats numériques",
nous voyons donc ici qu'au fil des siècles,
la définition même de "format" à évoluer
et s'est adapté aux changements de la société.
Un format est donc, par définition, dynamique.
Nous avons par la suite démontré qu’il y avait
différentes manières d’aborder un format. L’espace
infini, mis en exergue par No Stop City1 et le bloc
note, a démontrer que le format pouvait être dépassé
par la répétition et l’accumulation. Semblablement,
l’exemple de la ville de Chicago et de Barcelone mis
en relation avec No Stop City1 et la typographie
de Charlotte Gauvin2, démontre qu’il faut perturber
le format de base pour créer du dynamisme,
que ce soit au niveau de la trame de base
ou de la hauteur. Pour finir, le partage semble être
un élément qui participe au dynamisme d’un format
puisque celui-ci évolue, se modifie
par l’intervention de différents usagers.
Ne pourrions-nous pas nous demander maintenant
si un "format" qui est appelé "format dynamique",
induit une forme d'autodestruction ? Après tout,
une peinture peut passer d'une toile, à un mur,
à tout un bâtiment. La déviance d'un format
dit dynamique ne serait-elle pas inévitable ?
1
2

BRANZI Andrea, No Stop City, Orléans, Hyx, 2006.
GAUVIN Charlotte, http://www.charlottegauvin.com/page08_typo-interactive_2.html, ÉSAD Valence, 2010.



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