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Harcèlement de rue qu'est ce que c'est .pdf



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Aperçu du document


dans
la rue
sans
avoir
peur
Harcèlement de rue : qu'est-ce que c'est ?

qu'est-ce que c'est ?

sans avoir peur

harcèlement de rue 

dans la rue

L'association nationale et locale
Solidarité Femmes
http://www.solidaritefemmes25.org/

Irène Zeilinger,
auteure de « Non c'est Non »,
paru aux éditions Zones en 2008
consultable sur leur site :
http://www.editions-zones.fr/
Peggy CHEKROUN,
auteure de l'article « Pourquoi les individus
aident-ils moins autrui lorsqu’ils sont
nombreux ? » paru dans La Revue
électronique de Psychologie Sociale n°2
en 2008, p. 9-16

Le collectif
SPRRREAD
tient à remercier
et vous invite
à consulter
les travaux de :

L'association nationale
Stop Harcèlement de rue
http://www.stopharcelementderue.org/

Thomas Mathieu,
créateur du Projet Crocodile,
http://projetcrocodiles.tumblr.com/

L'association mondiale et nationale
Hollaback !

http://www.psychologie-sociale.com/reps2.pdf

http://www.ihollaback.org/
L'association mondiale et nationale
Hollaback !
http://www.ihollaback.org/

Anaïs Bourdet,
créatrice du projet Paye Ta Schnek
http://payetashnek.tumblr.com/

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sans avoir peur

dans la rue

Qu'est-ce que c'est ?

sans avoir peur

harcèlement de rue

dans la rue

Si on se base sur les chiffres de l’enquête « Enveff » réalisée
en 2000 auprès de près de 7 000 femmes de 20 à 59 ans, ce sont
environ 2,5 millions de personnes qui sont victimes chaque
année de harcèlement sexuel dans l’espace public en France.
L’enquête « Enveff » révèle que les trois quarts des agressions
ont lieu au cours de simples déplacements quotidiens. Cette
réalité impose aux personnes de mettre en place des stratégies
de protection : détours pour éviter certaines rues, taxi plutôt
que transports en commun, réduction des déplacements…
contrairement aux idées reçues, cette contrainte ne se limite
pas à la nuit et aux lieux isolés puisque, toujours selon
cette enquête, 67 % des agressions ont lieu de jour et, dans 65 %
des cas, dans des espaces fréquentés par d’autres personnes
au moment des faits…

Le harcèlement de rue est un phénomène
massif qui s’inscrit dans un contexte
plus global de réduction des droits des
femmes. C'est avant tout une question
d'éducation et de sensibilisation.

il s’agit d’un sujet prioritaire car ce que l’on qualifie
à tort de sujet « banal, inévitable, pas si grave », impose
quotidiennement une inégalité basée Essentiellement
sur le genre. Chaque jour,des millions de personnes sont
renvoyées à un statut sexualisé par autant de personnes
qui affirment ainsi un statut de domination et d’impunité.
Le harcèlement de rue entraine une limitation de l’accès
à l’espace public pour les personnes qui en sont victimes.
en refusant collectivement de tolérer l'harcèlement de rue,
on peut refaire de l’espace public un espace qui appartient
à toutes et à tous.

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sans avoir peur

dans la rue

qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue 

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sans avoir peur

dans la rue

Le harcèlement sexuel dans la rue
est la démonstration du sexisme dans
sa forme la plus ordinaire et la plus
acceptée. Il est un exemple du non-respect
des femmes au quotidien.

La lutte contre le harcèlement de rue n’est pas un combat
contre des personnes mais contre un phénomène de société,
contre lequel l’éducation et la sensibilisation peuvent
changer les choses. parfois le harcèlement de rue est présenté
comme un phénomène masculin, une pulsion naturelle
et irrépressible… or toutes et tous, nous apprenons
par l’éducation et la vie en société à contrôler nos pulsions,
pourquoi celle-ci moins qu’une autre ? le harcèlement
de rue dépasse les barrières de genre et d’identité sexuelle.
Conclure que « les hommes sont comme ça », c’est les insulter,
renier leur libre arbitre. c’est refuser le débat et la recherche
des origines du harcèlement. c’est ignorer les sentiments
des victimes.

parce qu’il est subi par la plupart des femmes mais toléré
même par certaines femmes, nous pensons qu’il est un problème
grave et urgent. Le harcèlement de rue aborde les notions
de respect, de sécurité et de parité, et ceci de manière concrète
et visible par tous. Il permet également de parler d’éducation
à la mixité. pAR SON CARACTèRE DIFFUS ET ACCEPTé, L'HARCèLEMENT
DE RUE INSTALLE ET CONSOLIDE UNE DISCRIMINATION QUI EN ALIMENTE
D'autres. les paroles blessent, c'est même la meilleure arme
pour détruire une personne de l'intérieur. Au fil du temps,
être harcelée dans la rue c'est accumuler et refouler des peurs,
des lassitudes, des humiliations, des frustrations.

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sans avoir peur

dans la rue

Qu'est-ce que c'est ?

sans avoir peur

harcèlement de rue

dans la rue

Qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue

Pourquoi les filles ne se sentent pas
toutes flattées quand on les aborde ?

Compliment
Même un pseudo « compliment » peut
être malvenu, surtout quand il a trait
au physique des personnes ou à leurs
choix vestimentaires. Une personne
ne se résume pas à ces quelques
aspects, et être renvoyée constamment
à ceux-ci sous prétexte de leur visibilité
c’est aussi une forme d’enfermement.
« Complimenter » un physique ou une tenue
c’est aussi envoyer indirectement
un message clair à la personne : « si tu
ne veux pas que ça t’arrive, dissimule-toi
ou fais d’autres choix… ».

Répété à longueur de journée, ce message
est une entrave réelle à la liberté
de choix,d’expression et de déplacement
des personnes qui en sont victimes.
Le fait que ce message repose parfois
sur de bonnes intentions n’en provoque
pas moins un effet négatif bien réel :
obliger les personnes à subir ce message
ou à s’y conformer.

le harcèlement dans la rue, qu’il soit
ou non accompagné de propos sexuels
ou sexistes, a toujours une même source :
le pouvoir.Le harcèlement met à défaut
le confort de la personne prise pour
cible et entrave son sentiment de sécurité.
Les victimes se considèrent souvent
intimidées, malmenées et moquées, atteintes
dans leur dignité.

Elle l'avait cherché
Le harcèlement n’est jamais provoqué,
il est uniquement subi ! Chacun-e
a le droit de s’habiller et de s’exprimer
par son image comme il ou elle l’entend.
La société a des lois pour définir ce
qui est acceptable dans l’espace public
et ce qui ne l’est pas, mais ce n’est
certainement pas une affaire d’opinion
personnelle. Et ce n’est pas non plus
une invitation !

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sans avoir peur

Il serait faux de dire que personne
ne s’habille jamais pour impressionner
quelqu’un. Mais beaucoup d’entre nous
choisissent simplement leur garde-robe
sur des critères culturels, professionnels,
météorologiques, religieux, de confort,
de couleur. Aucune tenue n’est jamais
une invitation au harcèlement.

si la cible réagit, elle est potentiellement
sujette à des insultes, et à de l’agressivité
verbale voir physique ou des menaces,
c’est alors un sentiment de danger
qui est vécu par la victime.

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qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue 

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sans avoir peur

dans la rue

harcèlement de rue 

qu'est-ce que c'est ?

Liberté d'expression

Ce que dit la loi

Si commenter le physique de quelqu’un
entre dans le cadre de la liberté d’expression,
celle-ci ne doit pas entraver celle des autres
à se déplacer librement sans être constamment
interpellée. Lorsqu’on on fait un compliment
à une personne qui ne nous a rien demandé,
il faut se souvenir que l’on est peut-être
la dixième personne de la journée à le faire.

Au regard de la loi, les injures sont définies
comme une invective, une expression
outrageante ou méprisante, non précédée
d’une provocation et qui n’impute aucun
fait précis à la victime. Le qualificatif
attribué ne peut pas être vérifié. L’injure
publique est une injure pouvant être
entendue ou lue par un public inconnu
et imprévisible. C’est-à-dire par un
nombre indéterminé de personnes
étrangères aux deux protagonistes
et sans liens étroits entre elles. L’injure
publique est punissable par une amende
pouvant aller jusqu’à 12 000€. Si c’est
une injure raciste, sexiste, homophobe
ou contre les handicapés, la peine
encourue est de 6 mois de prison et
de 22 500€ d’amende, qu’elle ait été
prononcée à l’égard d’une personne
désignée ou d’un groupe de personnes
(Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de
la presse : articles 32 et 33).

Si certaines femmes aiment ou tolèrent
les sifflements et les commentaires sur leur
apparence, ce n’est certainement pas le cas
pour les 80 % des 811 femmes interrogées
internationalement par Holly Kearl qui disent
surveiller constamment leurs alentours.
Les 50 % qui doivent traverser la rue
et modifier leur itinéraire pour rejoindre
leur destination. Les 45 % qui évitent
de se déplacer seules. Les 26 % qui doivent
mentir et dire qu’elles vont rejoindre
quelqu’un. Les 19 % qui ont dû déménager
et les 9 % qui ont dû changer de travail
pour éviter le harcèlement dans la rue.

L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui
dans un lieu accessible aux regards du
public est punie d’un an d’emprisonnement
et de 15 000 € d’amende. (Article 222-32
du code pénal) Les agressions sexuelles
autres que le viol sont punies de 5 ans
d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.
Constitue une agression sexuelle « toute
atteinte sexuelle commise avec violence,
contrainte, menace ou surprise » (Article
222-27 du code pénal). La jurisprudence
renseigne sur la nécessité d’un contact
entre l’auteur et la victime. Elle classe aussi
les attouchements ou les caresses du
sexe, des fesses, des cuisses, de la poitrine
dans le cadre des agressions sexuelles.

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sans avoir peur

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Qu'est-ce que c'est ?

sans avoir peur

harcèlement de rue

dans la rue

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sans avoir peur

Parlons fort,
soyons claires

Nous n’avons aucune raison
de sourire à l’agresseur.

Décrivons le comportement
et soulignons en quoi il est mauvais :
« Votre main touche ma cuisse,
ça me gêne, enlevez-la. »

Nous pouvons prendre à témoin
les personnes qui nous entourent,
nous pouvons répéterà haute voix
les paroles de l’agresseur
en incluant les témoins.

Nous pouvons prendre le harceleur
en photo,même faire semblant
de le faire peut mettre fin
à une altercation.

Rendons‑nous grandes

Nous pouvons dire exactement
ce qu’il se passe et ce que nous voulons :
« Ne me sifflez pas,
c’est du harcèlement ! »

Harcèlement de rue :
comment se défendre ?

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qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue 

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sans avoir peur

dans la rue

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sans avoir peur

Identifions le harcèlement :
- Propos déplacés
- Gestes déplacés
- Insultes

Occupons l'espace

Désignons quelqu'un dans la foule
pour nous aider :
« Vous, avec l’écharpe verte,
ne me laissez pas seule,
cet homme m’agresse ! »

Nous avons le droit
de nous défendre.

Attaquons le comportement
plutôt que la personne :
« Vous me harcelez ! »
et non « Gros con ! »

Nous pouvons répéter le même
argument en boucle :
« Ça ne m'intéresse pas ! »

Nous valons la peine
de nous défendre.

Harcèlement de rue :
comment se défendre ?

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dans la rue

Qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue

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sans avoir peur

dans la rue

comment se défendre ?

harcèlement de rue

comment se défendre face
au harcèlement de rue ?

limites
En cas de transgression de nos limites, nous pouvons constater certaines réactions
spontanées,  qui nous signalent que quelque-chose cloche. Nous les utilisons comme
des sortes d’alarmes intérieures, qui nous permettent de pouvoir réagir à temps.
• Réactions comportementales :
rire nerveux, rompre le contact visuel,
reculer ou ne pas prendre sa place,
se retirer d’un groupe…
• Réactions mentales : étonnement,
recherche d’explications, banalisation
du ressenti, se déconnecter…

• Réactions physiologiques : nœud dans
l’estomac, fréquence cardiaque élevée,
respiration accélérée, pression sur
la poitrine, tension dans les extrémités,
les épaules ou la mâchoire, changement
de couleur (rougir ou pâlir), mains moites,
frissons, transpiration, chair de poule…

• Réactions émotionnelles : peur, colère,
énervement, appréhension, timidité,
mécontentement…

Pour les cibles du harcèlement de rue, connaître
les techniques d’autodéfense féministe permet
d’améliorer ses capacités de défense face à des
agressions verbales ou physique.

l’autodéfense féministe permet de :
• repérer des situations potentiellement
dangereuses, les évaluer et choisir sa stratégie
en fonction des circonstances

Les limites servent d’ailleurs à quelquechose : à nous différencier des autres
(qu’est-ce qui t’appartient à toi, qu’est-ce
qui m’appartient à moi) le respect
et pouvoir se faire respecter, à trouver
l’équilibre entre autonomie et dépendance,
à pouvoir créer et maintenir des relations
saines et enrichissantes. Avoir des limites,
les ressentir et les poser ne sont pas
des actes égoïstes, mais un ingrédient
indispensable de toute interaction humaine
basée sur le respect.

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sans avoir peur

En posant nos limites, nous donnons
à l’autre une occasion de comprendre
quelque-chose sur nous, sur notre
relation ou/et sur lui-même. Mais les
défenses les plus efficaces –impolitesse,
colère, méfiance, défense physique– sont
aussi celles auxquelles les femmes sont
le moins préparées de par leur éducation
et leur socialisation.

• augmenter sa confiance en soi, connaître
ses limites,comprendre que l’on vaut la peine
de se défendre et que l’on en a le droit
• poser ses limites face à tout ce qui est évitable
et désagréable
• se protéger et se défendre par tous les moyens
contre les agressions que l’on n’arrive pas
à désamorcer en amont.

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dans la rue

Qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue

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dans la rue

comment se défendre ?

harcèlement de rue

Quelles sont les meilleures
stratégies de défense ?

la fuite
Ne pas se trouver là où frappe l’agresseur
est la meilleure manière de ne pas recevoir
de coups. Nous n’avons rien à prouver !
Savoir comment nous défendre ne veut
pas dire que nous sommes obligées
de le faire. La fuite n’entache pas notre
honneur. Vous pouvez comprendre
la stratégie de la fuite en un sens littéral,
à savoir courir, vous éloigner, vous mettre
en sécurité physiquement. Une petite
condition quand même, la fuite physique
n’a de sens que si vous connaissez
un espace de sécurité, c’est à dire un endroit
où il y a du monde (magasin, café, gare,
maison de la voisine, commissariat
de police, etc.), un endroit proche que
vous êtes sûre de pouvoir atteindre
en courant avant que l’agresseur ne vous
rattrape. Sinon, courir avec quelqu’un
derrière vous que vous ne pouvez pas voir
(ou que vous ne pouvez voir que si vous
ne regardez pas le chemin) est risqué.
Vous pourriez tomber et vous faire mal.
Vous investissez toutes vos forces dans
la fuite et serez affaiblie si la confrontation
physique est nécessaire. Vous ne voyez
pas ce que l’agresseur manigance. Donc :
courir oui, mais seulement si vous êtes
sûre d’arriver à temps.

sans avoir peur

Si vous êtes victime d'harcèlement de rue,
gardez toujours en tête la vraie priorité ,
qui est de vous sortir de là, mettre un terme
à la situation désagréable et/ou dangereuse,
le plus rapidement possible.

Une deuxième manière de s’enfuir s’entend
au sens figuré : refuser d’écouter ce qu’un
agresseur nous raconte, éviter certains
sujets qui mènent facilement au conflit,
ne pas nous laisser entraîner dans une
discussion malsaine et ainsi de suite.
Dans des situations où notre intégrité
physique n’est pas directement menacée,
nous confondons souvent la fuite avec
la stratégie de l’autruche. Vous pouvez
aisément faire la différence : si vous
avez évité un conflit et que cela continue
à vous turlupiner, il est fort probable
que vous vous soyez conduite en autruche.
Une vraie fuite est une fuite choisie.
Avec un peu d’expérience, vous pourrez
rapidement dire si une fuite est  vraie 
dans telle ou telle situation.

les meilleures solutions
pour se défendre sont :
• la fuite
• l'intervention paradoxale
• faire un scandale
et chercher de l'aide
• l'apaisement
• la confrontation

dans la rue

qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue 

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sans avoir peur

dans la rue

harcèlement de rue 

comment se défendre ?

l'apaisement
Certaines personnes deviennent agressives
parce qu’elles ne savent pas gérer leurs
émotions et leurs frustrations. Vous
pouvez arrêter l’agression en calmant
l’agresseur, en faisant de la désescalade.
Il ne s’agit pas de faire preuve d’un esprit
de sacrifice ! Si votre sécurité personnelle
a la priorité, se taire, avaler sa fierté
et donner à l’autre ce dont il a besoin est
parfois le meilleur choix. La stratégie
de la désescalade est tout ce qui peut
diminuer la frustration de l’agresseur.
Déjà l’écouter peut suffir, donner du temps,
écouter, comprendre, c’est la base d’une
bonne désescalade, et le reste dépendra
de la raison de la frustration de l’agresseur.

l'intervention paradoxale
Il faut donc écouter attentivement
pour pouvoir réagir à ces indices et pour
observer si la désescalade fonctionne.
Pratiquer cette technique ne veut d’ailleurs
pas dire s’écraser complètement.
C’est une attitude que vous choisissez
consciemment dans des situations
très précises afin de calmer les émotions
débordantes. Cela ne vous empêche
pas, plus tard, quand les vagues se seront
calmées, de parler avec votre agresseur,
surtout quand vous avez affaire à lui
de manière régulière.

la fuite
Appeler « au secours ! » n’est pas une bonne
idée, car les gens ne tourneront guère
la tête. D’abord, on crie facilement au
secours pour rigoler, et puis le secours
à porter n’est pas dans leur intérêt.
Crier « au feu ! » attire plus d’attention.
Parce que c’est moins commun et parce
que le feu concerne tout le monde.
Le fait que des gens regardent peut
déjà décourager des agresseurs.
Faire un scandale, crier « au feu ! » à pleins
poumons, siffler ou faire du bruit sont
des stratégies qui vont attirer l’attention
de l’entourage et qui peuvent déjà suffir
pour mettre un terme au danger.

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sans avoir peur

Si vous voulez faire plus que simplement
attirer l’attention, il vous faut prendre
l’initiative. Adressez-vous non au groupe,
mais à des personnes spécifiques : « Vous
là avec la veste verte… » Cela attirera
l’attention du groupe entier sur cette
personne qui pourra difficilement se défiler
sous cette pression. Vous pouvez ainsi
indiquer plusieurs « volontaires ». Pour leur
faciliter la tâche, donnez-leur des consignes
concrètes et réalistes, sans leur laisser
le choix : l’un peut appeler la police sur
son téléphone portable, l’autre peut vous
raccompagner à la maison…

Le principe de cette stratégie au nom
compliqué est simple : toutes les situations
d’interaction humaine, y compris
les agressions, se fondent sur le sens
que les acteurs/trices mettent dans
leurs actions. Si quelqu’un fait ou dit
quelque chose, c’est qu’il veut dire
quelque-chose par là. Pour ce qui est
de la communication, la formule du linguiste
et psychiatre Paul Watzlawick est bien
connue : il est impossible de ne pas
communiquer. Cela s’applique à toute
interaction, pas seulement à la
communication. Selon ce principe,
il est donc strictement impossible
de « ne rien faire » quand vous êtes
agressée. Même si vous ne bougez pas,
cela envoie quand même un message
à l’agresseur, par exemple que vous
êtes paralysée de panique, et cela peut
l’encourager à continuer. Même en
ne faisant « rien », votre attitude a quand
même un impact sur l’interaction.
En fait, l’interaction humaine ne fonctionne
que parce que tous les acteurs impliqués
cherchent constamment et inconsciemment
un sens à ce que l’autre fait ou dit. Si une
personne refuse de produire du sens,
l’interaction ne peut plus avancer. L’autre
personne va chercherun sens qui n’existe
pas, et cela la bloque et la déstabilise.

En général, un agresseur a une certaine
idée préconçue de la façon dont va
se dérouler la situation d’agression.
Si la victime ne se comporte pas comme
prévu, l’agresseur n’a pas de plan B tout
prêt et doit d’abord réfléchir pour pouvoir
s’adapter à la nouvelle situation. C’est
ce que l’on appelle l’effet de surprise.
L’intervention paradoxale renforce cet effet
de surprise car le comportement de
la victime est non seulement inattendu,
mais de plus n’a aucun sens ! Imaginez-vous
un agresseur qui se casse la tête pour
comprendre ce qui lui arrive… Un agresseur
occupé à réfléchir est un agresseur inoffensif.

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dans la rue

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sans avoir peur

dans la rue

comment se défendre ?

harcèlement de rue

La défense verbale

La confrontation

La défense verbale passe par plusieurs étapes et comporte une série de règles.
Pour pouvoir nous défendre verbalement, il faut :
• Écouter nos émotions et les signaux
d’alarme de notre corps pour repérer
le plus tôt possible quand nos limites
sont transgressées.
• Gérer nos émotions. Si nous nous
laissons emporter par nos émotions,
nous ne sommes plus disponibles
pour reconnaître celles de l’agresseur
et pour adapter notre défense.
Nous justifier, nier, discuter, agresser
ou culpabiliser l’autre sont des réactions
typiques et sans efficacité quand nous
nous sommes emportées.
• Prendre l’agresseur au sérieux : nous
devons laisser à l’autre sa valeur si nous
voulons éviter l’escalade du conflit.
Ceci inclut de ne pas nier ou ignorer
les signaux que l’agresseur émet,
de montrer de l’intérêt.
À éviter : sarcasmes, cynisme, insultes,
faire perdre la face,critiquer la personne
au lieu de critiquer le comportement.
• Évaluer la situation et nos alternatives
et choisir une stratégie adaptée,
tout en restant attentives et flexibles
au cas où la stratégie choisie
ne fonctionne pas.

sans avoir peur

• Laisser une porte de sortie pour nous
et pour l’agresseur, pour ne pas le stresser
plus que nécessaire. Nous évitons donc
toutes les réactions pouvant provoquer
une panique chez l’agresseur (gestes
brusques et/ou agressifs, trop grande
proximité…).
• Intervenir le plus tôt possible avec
détermination : quelle que soit la stratégie
que nous avons choisie, nous devons
la mettre en pratique rapidement
et sans hésiter pour nous assurer
d’un plus grand impact sur l’agresseur.
• Attirer l’attention de l’agresseur : l’appeler
par son nom ou, si c’est un inconnu,
par « Monsieur » ou « Madame » attire
son attention, établit un contact
et indique à qui nous parlons, ce qui
est important, pour lui, et les témoins.

La dernière stratégie est celle de la
confrontation. C’est un mot qui évoque
immédiatement des images de bagarre,
d’agressivité, de bras de fer. L’expression
ne signifie pourtant rien d’autre que faire
face au conflit, ne pas l’éviter. Dans le contexte
de l’autodéfense, cela désigne tout ce qui
nous permet de poser nos limites, tout
ce qui fait que nous ne nous laissons pas
faire. Pour la plupart des femmes, c’est
la stratégie qui présentera le plus de
difficultés en raison de leur éducation
et de leur socialisation. Parce que l’on
a tellement peu l’habitude qu’une femme
pose ses limites, les autres risquent
de nous qualifier d’agressives quand
nous ne nous laissons pas faire face
à une transgression.

Mais la confrontation n’a rien à voir avec
l’agressivité. Elle est un signe de respect
et de confiance en soi et de détermination.
Poser une limite fonctionne suivant
ce schéma : tout d’abord, nous nous
protégeons, nous évitons des dégâts
supplémentaires. Quand nous nous
sommes assez protégées, nous passons
à la confrontation proprement dite.
Nous posons nos limites verbalement,
non verbalement et, si nécessaire,
physiquement, de manière claire
et cohérente.

• Savoir quand c’est fini : comme le but
de la défense verbale n’est ni d’avoir
raison, ni d’avoir le dernier mot, il est
inutile, de rester dans la situation trop
longtemps,par exemple pour observer
les conséquences de l’intervention.

dans la rue

qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue 

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sans avoir peur

dans la rue

sans avoir peur

Appelez la police ( 17 ou 112),
vous pouvez aussi alerter
les personnes dans un bar
ou une boîte, et si nécessaire
faire des photos ou vidéos
pour avoir des preuves.

Distraire le harceleur en
se faisant passer pour un ami
de la victime, ou en demandant
un renseignement à l’agresseur...
Le but étant de le surprendre
afin de faire retomber sa violence,
le détourner de sa cible.

Toujours penser à sa propre
sécurité et à celle de la victime.

Si l’harceleur est un ami
ou un proche, ne l'encouragez pas,
stoppez-le et expliquez ensuite
qu’il n’a pas le droit de faire cela.

Vous pouvez vous confronter
à l’agresseur en lui expliquant
qu’il ne peut pas faire celA :
« Arrêtez de faire ça, c’est
du harcèlement, laissez
cette personne tranquille,
éloignez-vous ! »

 Les témoins directs d’une agression
peuvent aussi être heurtés par
ce qu'ils ont vu ou entendu. Vous
pouvez appeler les associations
d’aide aux victimes.
(INAVEM 08 842 846 37)

Harcèlement de rue :
comment réagir en tant que témoin ?

dans la rue

Qu'est-ce que c'est ?

sans avoir peur

harcèlement de rue

dans la rue

sans avoir peur

Après l'agression, vous pouvez
rester auprès de la victime
pour la rassurer. Essayez de
l'encouragez à porter plainte
surtout si il s’agit d’un viol
ou d’une agression sexuelle.

Observez l’agresseur pour pouvoir
en faire un signalement et faciliter
le travail d'identification.
Décrivez par exemple les vêtements,
la démarche, le mode opératoire,
la plaque d’immatriculation..

Dans les transports publics,
si vous êtes à quai, vous pouvez
tirer la sonnette d’alarme pour
faire arrêter le train ou le métro.

Vous pouvez chercher le contact
visuel ou engager un dialogue
avec d’autres personnes pour
créer un mouvement de solidarité.
vous pouvez essayer de
les mobiliser en leur disant :
« réagissons, on est plus
nombreux qu’eux ! »

ne culpabilisez pas la victime
en lui TENAnt des PROPOS comme :
« Tu ne devrais pas t’habiller
comme ça… »
« moi j’aurais fait ça… »

Ne pas venir en aide à une personne
agressée est de la non assistance
À personne en danger

Vous pouvez vous allier À
D’autres personnes avant de
réagir ou pendant : lorsqu’une
première personne réagit, cela
incite les autres à le faire.

Harcèlement de rue :
comment réagir en tant que témoin ?

dans la rue

qu'est-ce que c'est ?

sans avoir peur

harcèlement de rue 

dans la rue

harcèlement de rue 

comment réagir en tant que témoin ?

Influence sociale

Ce phénomène implique que dans
une situation d’urgence potentiellement
ambiguë, un individu placé en présence
d’autres personnes va probablement,
faute de moyens objectifs, être tenté
de s’assurer de l’exactitude de sa
propre interprétation de la situation
en observant la réaction des autres
personnes présentes. Avant d’intervenir,
le témoin d’une situation d’urgence va ainsi
vérifier qu’il a bien compris la situation.
Or, si tous les témoins adoptent cette
même stratégie, un moment va passer
durant lequel ils vont tous s’observer
mutuellement sans agir. Face à cette
inaction des autres, chaque individu
va pouvoir considérer que la situation
est peut-être moins urgente qu’il ne le
pensait et décider de ne pas intervenir.
On parle d’un phénomène d’ignorance
plurielle. La conséquence minimale
de ce processus qui peut être observée
est un délai plus long pour l’apparition
d’aide quand le nombre d’aidants potentiels
est grand. La conséquence la plus
importante pourra être une absence
totale d’intervention de la part des témoins.

sans avoir peur

diffusion de responsabilité

Quand un individu se trouve seul face
à une urgence, lui-seul est susceptible
d’apporter de l’aide, la responsabilité
de l’aide repose sur lui seul. Mais,
quand plusieurs personnes sont là,
la responsabilité de l’intervention
ne se limite pas à l’une d’entre elles.
La responsabilité se trouve partagée
entre tous ces témoins. Plus le nombre
de témoins est grand, plus la diffusion
de la responsabilité est forte, donc plus
la part de responsabilité incombant
à chaque individu est faible. Une non
intervention est ainsi nettement moins
coûteuse psychologiquement pour
un individu que s’il avait été seul à devoir
réagir face à l’urgence. Ceci explique
alors que la probabilité qu’un individu
intervienne face à une urgence diminue
au fur et à mesure que le nombre de
témoins augmente. Ce processus n’impose
pas, par ailleurs, que le sujet voit ou soit
vu par les autres témoins. Il suffit qu’un
individu sache que d’autres personnes
assistent également à la scène pour que
la diffusion de la responsabilité entre en jeu,
et ceci y compris si les témoins n’ont pas
mutuellement connaissance de leurs
réactions. La simple connaissance
de la présence d’autrui suffit, en réduisant
la part de responsabilité individuelle,
à inhiber l’intervention de chacun
des témoins.

Pourquoi les témoins n'interviennent
pas  toujours ?
Des psycHologues sociaux ont identifié
un phénomène nommé « L'effet spectateur ».
Ce dernier se manifeste lorsque nous
sommes témoin de violence, et que
la situation nécessite d'agir rapidement.
Notre comportement d'aide et alors inhibé
par la simple présence d’autres personnes
sur le lieu. Ainsi, plus les témoins de la scène
sont nombreux, moins il y a de chances pour
que quelqu'un intervienne. Par contre,
chances pour qu'il agisse.

trois principaux processus
favorisent l'inaction :
• l'influence sociale
• l'appréhension à l'évaluation
• la diffusion des responsabilité

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qu'est-ce que c'est ?

harcèlement de rue

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sans avoir peur

dans la rue

comment Réagir en tant que témoin ?

harcèlement de rue

réduction de l'effet témoin

appréhension de l’évaluation

Si l’effet spectateur semble relativement
robuste et stable, et si la présence d’autrui
inhibe manifestement le plus souvent
les conduites d’aide, un certain nombre
de travaux ont cependant pu mettre en
évidence des facteurs en mesure d’éviter
ou, tout au moins, de réduire cet effet.
Ces facteurs semblent, pour la plupart,
éviter l’apparition de l’effet spectateur
en réduisant la diffusion de responsabilité
ou l’influence sociale. Récemment,
Fischer, Frey, Pollozek et Greitemeyer
(2006) sont parvenus à éviter l’apparition
de l’effet spectateur en manipulant
l’importance du danger encouru par
une victime. Dans cette étude, une jeune
femme se faisant agresser par un homme
de stature imposante recevait autant d’aide,
que les participants assistant à la scène
soient seuls ou plusieurs.

Lorsqu’un individu décide d’intervenir
dans une situation d’urgence, il prend
le risque de s’être trompé en interprétant
cette situation comme une urgence
ou en considérant qu’il doit intervenir.
En présence d’autrui, ce risque
s’accompagne d’une crainte de voir
son comportement évalué négativement,
voir d’une peur de paraître ridicule en
cas d’erreur. La crainte d’être évalué
négativement par les autres témoins
est un facteur susceptible d’inhiber les
conduites d’aide en présence d’autrui.

Par contre, lorsque le danger était
moindre pour cette jeune femme
du fait d’un agresseur moins menaçant
(un homme petit et maigre), l’effet
spectateur apparaissait de manière
classique : les témoins en groupe
venaient moins au secours de la jeune
femme que les témoins seuls.
Dans la même veine, des chercheurs ont
suggéré que dès lors que la personne
ayant besoin d’aide en fait une demande
explicite, l'effet spectateur n’apparaît
pas. ne présentant pas d’ambiguïté
quant au danger encouru par la victime,
les témoins n’ont pas besoin de se référer
aux réactions d’autrui pour déterminer
la réponse adaptée, ce qui évite l’apparition
du phénomène d’ignorance plurielle.

sans avoir peur

Culpabilité
J’ai été témoin d’une agression et je n’ai pas pu réagir. Je culpabilise, que puis-je faire ?
Il est toujours possible d’appeler des
associations d’aide aux victimes. L’Inavem,
la fédération nationale d’aide aux victimes
et de médiation, en regroupe 150. « Il suffit
d’appeler le numéro Victime non surtaxé
(08 842 846 37) », recommande Olivia Mons,
responsable communication de la fédération,
qui considère que les témoins directs d’une
infraction peuvent aussi être des victimes.

À l’autre bout du fil, des professionnels
écoutent et tentent d’avoir un discours
Déculpabilisant : « Pour ceux qui n’ont
pas osé réagir, nous allons leur dire
que c’est normal, que c’est humain,
que chacun est différent et qu’on réagit
avec ses faiblesses et ses forces ».

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qu'est-ce que c'est ?

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