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Coston Henry L Argent et la Politique .pdf



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HEl\TRY COSTOl\T
et x. y. z.

L'llRGEl\1T
et

Lll POLITIQUE
D'où vient le fric
des campagnes électorales?

Publications H. C.

L'ARGENT
ET LA POLITIQUE

PUBLICATIONS HENRY COSTON
BP 92-18 - 75862 Paris Cedex 18

AVERTISSEMENT
On savait que les partis, du moins les plus importants, ceux
qui sont notamment représentés dans les assemblées, émargent aux
caisses de l'oligarchie financière, ou simplement à celles des notables
du monde régional des affaires. On avait aussi remarqué que, en
général, si les anciens «anti-capitalistes» de la gauche se laissent
souvent tenter, de nos jours, par l'Argent, les candidats qui n'appartiennent pas au Système - par exemple, les candidats «révolutionnaires », comme ceux de Lutte ouvrière, et les candidats « populistes»
ou « traditionalistes », comme ceux que présente le Front National
- ne bénéficient pas des faveurs du monde des affaires. C'est ce que
vous constaterez à la lecture de ces pages.
Il y a un demi-siècle et plus, rares étaient les socialistes et les
hommes de la droite traditionnelle, encore nombreux avant leur
élimination brutale après la Libération, qui acceptaient les cadeaux
des grandes sociétés. De nos jours, le financement des partis et des
hommes politiques par les oligarchies financières est devenu monnaie courante. Mais, comme cela fait mauvais effet auprès des
électeurs «attardés », on camoufle le plus possible les subventions
ainsi reçues : le rapport de la Commission des comptes de campagne
publié par le Journal officiel le 12 avril 1994 ne livre pas tous les
nom des « bienfaiteurs » ou bien ne donne que leurs initiales, qui sont
le plus souvent celles de filiales locales ou régionales. On dit bien
que tel candidat a reçu telle somme, mais on évite le plus possible
de dire qui a fait cet apport d'argent. La tâche du chercheur n'est
donc pas aisée ; je prie le lecteur d'en tenir compte et de pardonner
ces insuffisances. Mon intention, en rendant public ces investigations,
n'est pas - dans un volume comme celuici - , de faire connaître
tous les noms des bailleurs de fonds des campagnes électorales 1,
mais seulement de montrer qu'ils existent en donnant de très nombreux exemples. Dans mes précédents ouvrages, notamment dans
Les Financiers qui mènent le monde, Le Retour des 200 Familles,
Les 200 Familles au pouvoir et La Fortune anonyme et vagabonde,
j'ai insisté sur les liens nombreux existant entre les politiciens et les
hommes d'argent. Ici, j'apporte la confirmation indiscutable de ce
que j'affirmais dans ces livres.
Peut-être aurais-je l'occasion, par la suite, de poursuivre mes
investigations, le point de départ étant désormais accessible. Mais
naturellement, cela prendra du temps, et je ne suis pas sûr de
pouvoir mener cette enquête jusqu'au bout. D'autres la poursuivront
sans doute, plus jeunes que moi et animés du même idéal. C'est,
en tout cas, ce que je souhaite.

H.C.
1. D'ailleurs, je n'ai pas -

faute de place - donné tous les noms des
donateurs, souvent modestes et toujours inconnus - qui figurent dans le
Rapport de la CCFP. Ces chercheurs se reporteront au document lui-même,
pour compléter, s'ils font un travail exhaustif.

L'ARGEl\lT
ET LA POLITIQUE
Comment on devient député
et comment on le reste
L'électeur se figure que c'est lui qui élit son député. Il lui délègue,
effectivement, ses pouvoirs souverains, mais l'élu n'est pas, pour autant, son
véritable représentant. Souverain débonnaire et confiant, l'électeur n'exerce
pas vraiment sa souveraineté. Une fois qu'il a déposé dans l'urne, tous les
cinq ans, son bulletin de vote, il a transformé son mandataire et l'a fait entrer
dans le Système qui fait des parlementaires et des gouvernants, sauf très rares
exceptions, les serviteurs, parfois les laquais, des puissances d'argent.
Car le Système n'est démocratique que de nom. En fait, il fonctionne sous
le contrôle étroit des oligarchies financières, qui règlent la note de sa campagne
électorale et qui subventionnent son parti.
Les récents scandales dits «des fausses factures» 1 ont révélé que, pour
remplir les caisses, plusieurs partis usaient de ce procédé et profitaient de leurs
relations et de leur pouvoir pour monnayer leurs interventions au niveau
municipal ou départemental : la multiplication des super-marchés qui éliminent
les petits commerçants et favorisent la désertification des campagnes n'a été
possible, après la loi Royer qui devait limiter leur nombre, que grâce à la
corruption des élus et des partis.
Toute campagne électorale coûte cher. Il faut éditer un journal pour
défendre ses idées et, au besoin, couvrir l'adversaire d'injures. Il faut offrir
l'apéritif aux petits électeurs et un bon repas aux électeurs influents. Il faut
rétribuer les services des agents électoraux et des «costauds» chargé de la
bonne tenue des réunions. Parfois même, pour décider les électeurs un peu
hésitants, faut-il leur remettre un petit « cadeau» pour leur famille ou un petit
« souvenir» pour eux-mêmes. Cela représente, pour une circonscription
moyenne, plusieurs centaines de milliers de francs (la loi a fixé le total à un
maximum de 500000 F). A condition que le candidat puisse trouver à
emprunter cet argent dans son entourage, il lui faudra des années pour le
rembourser. Les trois-quarts de son indemnité parlementaire y passeront.
Si le candidat n'est qu'un arriviste besogneux, il se jette dans la bagarre
tête baissée : il risque le tout pour le tout. Combien de politiciens battus aux
élections se sont converts de dettes (en particulier chez les imprimeurs d'affiches,
de tracts, de publications) et ont du mal à les «éponger» pour peu que,
n'ayant pas atteint les 5 % des suffrages exprimés, ils ne soient pas rem1. Georges Virebeau donnera tout les détails de ces opérations frauduleuses
dans un nouvel ouvrage. Veuillez demander la notice à paraître à Henry Coston,
BP 92-18, 75862 Paris Cedex 18; elle vous sera envoyée dès qu'elle sera prête.

3

boursés des dépenses de propaga:nde officielle, ou que leur parti ou leur comité
électoral ne les aide pas à faire face à ces débours.
Il est rare - mais il y en a, heureusement, quelques-uns soit indépendant des puissances d'argent dès le départ.

qu'un candidat

Cependant, nombre de ces aspirants députés ont une situation qui leur
rapporte plus d'argent que ne représentera leur indemnité parlementaire.
Alors, pourquoi la quittent-ils? Pour avoir l'honneur de défendre les intérêts
d'électeurs qu'ils ne connaissent pas? Peut-être est-ce en effet cela qui guide
les idéalistes (il y en a sur tous les bancs). Mais il faut vivre, et les frais d'un
parlementaire, obligé de tenir son rang, sont élevés. Avec les quelques dizaines
de milliers de francs qui lui resteront après le remboursement des sommes
prêtées pour sa campagne électorale, il aura tout juste de quoi ne pas mourir
de faim.
- Quel désintéressement! direz-vous.
« Pour moi, devant tant de sacrifices, je me sens pris de pitié », s'exclamait
Francis Delaisi, qui ajoutait aussitôt:
«Toutefois, n'exagérons rien. Les héros sont rares, dans tous les temps.
Et l'on ne comprendrait pas qu'il y eût tant de postulants à la députation
si le mandat ne comportait quelques petits profits.» (Francis Delaisi, in «La
Démocratie et les Financiers».)
Le candidat ne supporte pas seul les frais de la campagne électorale.
La caisse de son comité l'aide. Ce comité est composé principalement de partisans zélés qui paient de leur personne mais sont impuissants à remplir la
caisse. On va donc taper ceux qui sont réputés «avoir les moyens».
C'est là que commence la compromission. Bien sûr, le petit industriel du
coin, qui y va de son petit chèque, par sympathie personnelle ou par conviction
politique, ne demande rien en échange. Mais les autres, les gros, qui versent
des dizaines de milliers de francs officiellement et, sans doute, beaucoup plus,
officieusement? (C'est interdit, maintenant, mais cela se pratique toujours: on se
montre plus prudent, voilà tout) ... Il y a aussi les organisations économiques
ou patronales, liées aux grands trusts. Quelles que soient les opinions personnelles des grands dispensateurs de fonds de ces organismes - jadis le Comité
Mascuraud, l'Union des intérêts économiques, le Comité des Houillères, remplacés de nos jours par le CNPF et les autres syndicats patronaux - , l'argent
est distribué aux candidats de droits, de gauche et du centre. Ces messieurs
jouent sur tous les tableaux pour être sûrs de ne pas perdre. L'essentiel, pour
eux, c'est de rendre service au futur député qui, une fois élu, sera mis en
demeure de leur manifester sa reconnaissance. S'il arrivait que le nouvel élu
fût infidèle, c'est-à-dire trop indépendant pour favoriser les intérêts permanents
du grand capitalisme, on lui ferait bien vite comprendre qu'il serait proprement
battu aux élections suivantes. Peu de parlementaires résistent à de pareils
arguments.
Le plus souvent, le député qui a profité des largesses des banques et des
trusts - ou de leurs filiales locales ou régionales - prendra goût à cette manne.
S'il est ambitieux et avide, il tâchera d'obtenir un poste d'administrateur dans
l'une des sociétés qui dépendent de son groupe. Aux députés avocats, les trusts
confieront l'étude d'un dossier.
4

Avant le vote de la loi qui restreint certaines pratiques, beaucoup de
parlementaires entraient dans le jeu et allaient siéger dans les conseils d'administration de grandes sociétés. J'ai donné leurs noms et leurs fonctions dans
Les Financiers qui mènent le monde (dont la nouvelle édition, considérablement
augmentée, a paru en 1989).
TI arrive aussi que des députés ou des sénateurs, au lieu de devenir administrateurs de sociétés, aient fait le trajet inverse, et que hommes d'affaires,
ils aient été détachés comme parlementaires par le groupe financier qu'ils
représentent. Le cas d'un Loucheur ou d'un Louis-Dreyfus, sous la Troisième
République, d'un Corniglion-Molinier, d'un Dassault, ou encore d'un Missoffe,
sous la Ive et la ve, est resté célèbre. Quand ils ne sont pas administrateurs
de sociétés, on les trouve conseils de grands groupes financiers comme
Mendès-France, qui était l'avocat du trust international Bunge.
Avec le gouvernement Mendès-France, la pénétration du capitalisme était
moins visible, moins franche. Et cependant la presse d'opposition ne s'y est
pas trompée. Aspects de la France, qui ne passe pas pour un journal de la
démagogie anticapitaliste, mettant en cause les ministres les plus fortunés de
Pierre Mendès-France, écrivait au lendemain de la formation du gouvernement:
« Que les temps sont changés : Casimir Périer a dû se démettre de
ses fonctions de président de la République à la suite d'une campagne
de presse du socialiste Gérault-Richard qui l'accusait de n'être quelqu'un
ou quelque chose que grâce à sa seule richesse.
«Même campagne contre Berteaux qui fut ministre de la Guerre,
contre Pams qui fut ministre de l'Intérieur et faillit être l'élu du Congrès
de Versailles à la fin du septennat Fallières, et contre Louis Loucheur,
que l'on appelait Tout-en-Or.
« Que n'aurait-on pas entendu entre 1890 et 1914 si un gouvernement
avait rassemblé ces possesseurs d'énormes fortunes que sont MM. MendèsFrance, Bettencourt, Guy La Chambre et Emmanuel Temple?
« Si l'on additionnait celles-ci, on obtiendrait un nombre considérable
de milliards.
«Et c'est pour ce gouvernement de milliardaires que communistes
et socialistes ont voté comme un seul homme.
« Quelqu'un nous a dit: "C'est cela qu'on nous donne comme gouvernants alors qu'il serait utile que nous ayons, en ce moment, des
hommes connaissant vraiment les difficultés des fins de mois de ceux
qui travaillent pour gagner leur vie et non pas pour arrondir leur fortune".
« C'est exactement notre point de vue. ~ 2
Les quatre ministres cités n'étaient pas les seuls «capitalistes» du cabinet
Mendès-France. TI y avait d'autres amis ou obligés des trusts et de la finance 3.
2. Aspects de la France, 23 juin 1954.
3. Maurice Lemaire et Henri Ulver, transfuge du précédent gouvernement,
ainsi que Roland de Moustier, d'une famille d'aristocrates d'affaires intéressés
dans diverses sociétés de produits chimiques, de mines et de presse, Jacques
Chevalier, dirigeant ou associé de plusieurs entreprises algériennes, et Jacques
Chaban-Delmas, président de la Compagnie chérifienne des Transports aériens,
qui sera sous la Ve République, Premier ministre du général De Gaulle, puis
président de l'Assemblée Nationale. Les mieux nantis de nos parlementaires,
le richissime Blachette, roi de l'Alfa, et Corniglion-Molinier, administrateur

5

Dans «Le retour des 200 Familles:\), paru au lendemain de la fondation
de la IV" République, j'ai soulevé un coin du voile qui recouvrait l'opération
politico-financière qui permit au Général de reprendre le pouvoir après une
longue traversée du désert.
Cette collusion du gaullisme et de la finance remontait aux années sombres,
à l'époque du Comité d'Alger, lorsque René Mayer, neveu des Rothschild
et futur directeur de leur puissante banque, juste avant Pompidou, devint
en quelque sorte ministre du Général. Lorsque fut constitué le Gouvernement
provisoire, plusieurs fideÏ-commissaires des oligarchies financières en firent
partie : René Mayer, déjà nommé, et Emmanuel Monick, futur président
de Paribas et vice-président du trust vert (Hachette). Aimé Lepercq, représentant les intérêts Schneider (Le Creusot), siégea auprès du représentant des
intérêts rothschildiens, René Mayer, dans le deuxième Gouvernement provisoÎle constitué en septembre 1944, ainsi que dans le premier cabinet De Gaulle
(1944-1945), rejoint dans le deuxième cabinet (1945-1946) par Louis Jacquimot, futur époux d'une fille du banquier Lazard, qui revint au gouvernement
lorsque le Général constitua son ministère en 1958, flanqué de MauriceBokanowski, qui avait de gros intérêts dans le textile.
De nos jours, les hommes d'affaires se tiennent plutôt dans l'ombre des
gouvernants, voire dans l'intimité des présidents de la République. Ancien
directeur général de la banque de Rothschild frères, Georges Pompidou rompit
avec les intérêts rothschildiens lorsqu'il eut la responsabilité du pouvoir. A Guy
de Rothschild qui lui demandait on ne sait quel service, il aurait répondu,
un jour, sur un ton peu aimable:
- Je ne suis plus au service de votre banque!
Les difficultés qu'il connut lorsqu'il fut à l'Elysée, avec certaines puissances occultes, ne sont pas étrangères à son attitude très réservée à l'égard
des intérêts oligarchiques.
Ses successeurs n'ont pas eu le même comportement. Passons sur Giscard
d'Estaing, dont les intérêts matrimoniaux se confondent avec ceux de la famille
Schneider (du Creusot) - son épouse, Anne-Aymone de Brantes, est fille de
Marguerite Schneider et l'associée et cliente, dans certaines affaires, de la
banque Lazard - 4. Battu aux élections présidentielles de 1981, il eut pour
successeur François Mitterrand, qui avait su faire oublier la francisque dont
le décora le maréchal Pétain pour devenir ministre de Mendès-France en 1955
et Premier secrétaire du Parti socialiste en 1971.
Ce dénigreur épisodique du Grand Capital est probablement le président
le plus entouré de milliardaires que notre République ait connu. Ce n'est pas
pour rien que L'Expansion, la revue économique, appelait Jean Riboud «Le
P.D.G. du Président» 5. Ami intime de Mitterrand, millionnaire en dollars,
bénéficiant du plus haut salaire des «patrons:\) travaillant aux Etats-Unis,
Jean Riboud (décédé il y a de nombreuses années) était de P.D.G. de
Schlumberger, une multinationale dont la richesse et la puissance dépassent
d'une douzaine de grandes sociétés (pour le compte de Dassault), apportèrent
leur soutien actif au gouvernement Mendès-France.
4. Le père de V.G.E., qui fut président de la République de 1974 à 1981,
Edmond Giscard d'Estaing, décoré de la Francisque du maréchal Pétain (comme
Mitterrand!) fut président ou administrateur d'une douzaine de trusts ou de
banques.
5. L'Expansion, 18 juin 1982.

6

celles d'un Etàt moyen. Il était le frère du P.D.G. de BSN-Danone, l'un des plus
importants « capitalistes» de la V" République. Autre «gourou» du président
Mitterrand : François Dalle, hier encore « patron» du numéro un international
du cosmétique, L'Oréal 6, lié au trust Nestlé, marques mondialement connues.
Le créateur de L'Oréal, Eugène Schueller, était, avant la guerre, l'un des
commanditaires de la Cagoule et, pendant la guerre, l'un des dirigeants (cofondateur) du MSR, le mouvement nationaliste fascisant de son ami Eugène
Deloncle. La fille de Schueller, Mme André Bettencourt, est toujours « patron»
de L'Oréal; elle est aussi, avec son mari, ancien ministre de Mendès-France,
une intime du président Mitterrand, dont Schueller avait fait un directeur
de sa revue Votre Beauté, en 1946.
Le scandale Pelat, mort quelques jours avant d'être arrêté pour divers
délits financiers, a attiré l'attention sur les fréquentations douteuses de l'hôte
socialiste de l'Elysée. L'amitié du président Mitterrand pour ce financier véreux,
devenu l'ami de Bérégovoy, a coûté la vie à l'ancien Premier ministre, qui n'a
pu supporter le déshonneur. Un autre homme d'affaires, franc-maçon et
trotskiste, Max Théret, qui fut longtemps le «patron» de la FNAC et,
également, un proche du Parti socialiste et de l'Elysée, connut la honte de
la condamnation (2 ans de prison avec sursis et 2 millions et demi de francs
d'amende, en première instance) pour délit d'initié (avec son complice Pelat).
Il faut dire qu'une partie des profits qu'il tirait de ses combines alimentait
les caisses de divers partis, associations et journaux de gauche : le PSU,
puis le Parti socialiste, dont il fut membre, SOS Racisme et surtout Le Matin
de Paris, qui devait être le «grand quotidien d'information» de la gauche
socialiste. Après avoir tenté de racheter France-Soir en 1982, au lendemain
de la victoire de Mitterrand à l'élection présidentielle, il devint le commanditaire et le « patron» du Matin : il y perdit une grande partie de sa fortune :
«Max Théret était milliardaire avant l'arrivée de la gauche au pouvoir 7>,
a dit Bertrand Delanoe, conseiller de Paris et secrétaire de la section socialiste
à laquelle Théret appartient. «Il ne l'est plus. Il a plus servi ses convictions
que ses convictions ne l'ont servi.» (Le Monde, 27 mai 1994.)
Peut-on en dire autant d'un autre «manieur d'argent» du nom d'André
Rousselet, autre intime de Mitterrand, qui domina de longues années Canal +,
la chaîne à péage que le tandem Havas-Cie Générale des eaux vient de lui
arracher? Rousselet aussi est un intime de l'Elysée : il en a même été le
secrétaire général.
A vec un pareil entourage, on devine que le président de la République est
plus proche des intérêts du « Gros Argent» que des angoisses des défavorisés
de la vie.
Mais revenons aux parlementaires qui, du moins officiellement, font les
lois auxquelles les Français sont tenus d'obéir. Parmi ces 577 membres de
notre Assemblée nationale qui, en fin de compte, imposent leurs volontés
à un Sénat réduit à un rôle secondaire par la constitution de 1958, combien
de députés sont capables d'aborder les questions importantes (finances, économie, fiscalité, exportation, douanes, etc.)? S'il leur faut étudier toutes celles
qui leur sont soumises, quand pourraient-ils s'occuper de leurs électeurs?
Ils constituent des commissions, dont les membres sont chargés d'étudier

6. Cette énorme entreprise, numéro un des cosmétiques, contrôle L'Oréal,
Mennen, Lancôme, Guy Laroche, Courrèges, Rosa-Garnier, Ruby, Normaderm
et plusieurs dizaines d'autres marques.

7

les affaires. A leur tour, ces commlsslons désignent un rapporteur. C'est ce
dernier qui fait tout le travail. Lorsque son rapport est prêt, la commission
l'adopte, quelquefois après l'avoir amendé. Puis ce gros dossier de deux cents
à cinq cents pages bourrées de chiffres, de statistiques et de graphiques est
soumis à l'Assemblée tout entière. En principe, chaque député devrait lire
ce volumineux rapport. En fait, rares sont ceux qui le parcourent. Aussi
l'adoptent-ils sans grand changement. Qui connaîtrait mieux la question que
le rapporteur? se disent-ils, et ils font confiance à leur collègue.
- Un bon rapporteur vaut une mine d'or, disait un financier, qui savait
tirer parti de la collaboration d'un député arriviste et pas trop scrupuleux.
Hélas! il y en a un certain nombre sur les travées du Palais Bourbon, dans
tous les groupes: ils ne sont pas la majorité, loin de là, mais il suffit que les
oligarchies financières en aient quelques-uns, bien placés, dans leur manche,
pour que leurs intérêts soient sérieusement défendus, au détriment (si besoin
est) de l'intérêt général.
Il va sans dire que le parlementaire qui peut faire gagner cent millions
(parfois des milliards!) à tel importateur ou consortium immobilier, à tel
gros entrepreneur de travaux publics, est particulièrement soigné par ces
« capitalistes ». De même qu'elles ont recours, pour le recrutement de leur
personnel supérieur, aux fameux «chasseurs de têtes », ces grandes sociétés
cosmopolites disposent d'un ou de plusieurs conseillers politiques pour la
recherche des cracks en herbe susceptibles de les servir. On n'attend pas que
les personnages convoités soient devenu des «leaders» politiques pour se les
attacher : on les recrute, en quelque sorte, avant qu'ils soient en place.
Le scandale des fausses factures 7 a révélé que c'est au premier stade,
celui de l'élu local ou régional, que le corrupteur agit. Les aides financières
accordées aux candidats à la députation le sont rarement à des inconnus.
Sans doute, les candidats ne seront pas tous élus, et, parmi les élus un très
grand nombre d'entre eux ne cèderont jamais à ces «amicales pressions ».
Le député ayant des convictions et des scrupules, neuf fois sur dix, restera dans
son coin, évitera de se faire remarquer et... se fera battre aux élections
suivantes. Mais s'il est, au contraire, ambitieux, effronté et avide, il se servira
de ceux qui l'ont aidé financièrement pour réussir et, en retour, il se mettra
à leur disposition. Cet échange de bons procédés favorisera la carrière du
parlementaire qui deviendra l'une des vedettes du Palais Bourbon et, qui sait?
secrétaire d'Etat ou ministre. Les «grosses têtes» de l'Assemblée Nationale
refusent parfois d'entrer dans le jeu, mais le plus souvent elles acceptent
d'entrer dans le Système qui régit toute la politique française. Bien peu
échappent au carcan doré ...
C'est donc, dès ses premiers pas, que le futur député est pris en main par
les oligarchies financières. Parfois cela n'est qu'une tentation; le futur parlementaire ne se laissera pas faire: il accepte les subventions qu'on lui donne,
mais refuse ensuite de répondre favorablement aux avances de ses bailleurs
de fonds électoraux. Ces derniers se doutent bien qu'ils ne seront pas gagnants
à tous les coups. Aussi leurs versements, pendant les campagnes électorales,
sont-ils effectués à plusieurs candidats concurrents.

HENRY COSTON
7. Voir la brochure de Georges Virebeau, qui paraîtra prochainement aux
mêmes éditions.

Qui paie les campagnes electorales '1
C'est ce que je vais montrer maintenant, en passant en revue chaque
département, en indiquant le montant des sommes versées aux candidats
et en révélant les noms des «bienfaiteurs» 8.

Le lecteur remarquera que si les petites et moyennes entreprises
aident financièrement, par conviction et sans arrière-pensée, le
candidat proche de leurs idées, ce qui est naturel, c'est souvent par
intérêt que les « gros» bailleurs de fonds se montrent généreux.
AIN
Dans la 1re CIRC., celle de Bourgen-Bresse, c'est Jacques Boyer, le
maire de Pont-d'Ain, député sortant,
investi par le RPR (néo-gaulliste) qui
a été élu contre le candidats de la
gauche, Pierre Fromont. Le total des
« recettes» de la caisse électorale du
vainqueur atteignait 584000 F, dont
plus de 123 000 F fournis par son
parti, près de 114 000 F par des
particuliers et près de 340 000 F par
des groupes comme Plastic omnium,
les Etablissements Bernard VI, Faab
industrie, Screg, etc. Le vaincu n'avait
8. J'ai eu beaucoup de mal à découvrir les noms de ces derniers lorsque
je rédigeais Les Financiers qui mènent
le monde, Les 200 Familles au pouvoir
ou La Fortune anonyme et vagabonde.
Depuis le vote de l'article 52-15 du
Code électoral, les candidats aux élections législatives sont tenus de fournir
à la Commission nationale des comptes
de campagnes et des financements
politiques le détail de leurs recettes

(dons des personnese physiques, dons
des personnes morales, apports personnels, apports du parti et divers).
C'est en consultant ces déclarations que
j'ai pu mener à bien cette enquête sur
les ressources des candidats aux élections législatives des 21 et 28 mars
1993.
Mais, attention! Les déclarants ont
été mis dans l'obligation d'indiquer les
sommes versées après le 1er février
1993 {Loi nO 93-122 du 29 janvier 1993).
Echappent ainsi toutes subventions que
les sociétés «personnes morales» (banques, trusts, groupes, etc.) ont pu verser avant. De même, les versements
opérés par les partis politiques à leurs

encaissé, lui, que 5 000 F de son
organisation politique et 59 000 F
de quelques sociétés (Coals Rhône
Alpes, SLEC, Jean Paul Pièces Auto,
Maillard Duclos, etc.).
C'est un RPR également qui a
triomphé dans la 2e CIRC. d'Oyonnax, Lucien Guichon, dont les moyens
financiers ont littéralement écrasé son
concurrent Front National, Jean Alcaraz. Ce dernier n'eut guère plus de
78000 F, principalement fournis par
lui-même, tandis que le candidat néogaulliste avait une caisse bien garnie,
encore qu'il n'ait fait aucun apport
personnel : il disposait officiellement
candidats, dont le montant est souvent
indiqué dans les pages qui suivent,
doivent être également considérés pour
beaucoup comme provenant de grosses
subventions faites à la direction des
partis : les cotisations des membres
ne sont qu'une faible partie des ressources des formations politiques.
Les scandales de fausses factures,
qui amènent la justice à perquisitionner le siège de certains partis pour
y découvrir des versements clandestins
de grandes sociétés, incitent à croire
que les fonds dont disposent les grands
partis échappent à la surveillance de
la loi de 1993. Il y a aussi les sommes
énormes qui ont été payée par Moscou
aux partis communistes de différents
pays, par les services diplomatiques
ou secrets des Etats-Unis aux organisations dites «anti-communistes », ou
par d'autres Etats (comme Israel ou
les gouvernements arabes) pour inciter
politiciens et hommes des media a plus
de compréhension à leur égard. Dans
ce cas, le député ne subit qu'indirectement la pression que l'on pourrait
exercer sur son comportement.

9

de 490 000 F, fournis par quatorze
grandes sociétés de la région (SGREG,
déjà mentionné pour le député RPR
de Bourg, Novergie, SEREPl, Onyx
CTSP, Plastiques RG, Injectaplastic,
Gergone, Poralu, Vape, MBF Plastiques, etc.) .
Président du groupe parlementaire
centriste UDF, Charles Millon (PR)
a été réélu député de la 3e CIRC. de
l'Ain, au pays de Voltaire, avec l'appui financier de 22 sociétés industrielles ou commerciales, qui lui apportèrent près de 598 000 F. Les «millionnaires» les plus généreux lui versèrent 50000 F, comme Tradi Holding, Sept Industrie, Entreprise Margueron et la SA Tondella; d'autres
donnèrent un chèque de 20 000 F
(Perrier TP, Fiduciale Expertise, Soloroute) ou 25000 F (STECC). Les
adversaires de Millon : le socialiste
Pierre Carroz, le conseiller régional
FN Olivier Wyssa, l'écologiste Albert
Delavière et le communiste Merlo,
n'ayant pu compter que sur quelques
dons de militants et sur leur apport
personnel (Million, lui, n'a rien apporté à sa propre caisse).
La 4 e CIRC., celle de Trévoux, fut
récupérée par le député démo-chrétien
(UDF) sortant, Michel Voisin. Sa
notoriété et une bonne progagande financée par quelques amis
politiques (11 000 F), diverses sociétés
(128000 F : Entreprise Barberot, Travaux Publics Pelletier) et même l'abbaye Notre-Dame des Dombes, eut
raison d'André Clavel, le candidat FN,
qui dut payer de sa poche la campagne - tout comme le communiste
Desmaris, à qui le PCF versa, tout de
même 19000 F - et le socialiste
Michel Raymond, que le PS gratifia
de 30 000 F (il reçut 110 000 F de
militants et de quelques firmes ((dont
SICRIMA et la Société avignonnaise).

AISNE

Dans la 1re CIRC., Jean-Claude
Lamant, conseiller général RPR et
maire de Laon, l'emporta sur ses
concurrents, notamment sur le socialiste René Derosière, député sortant,
et sur le candidat Front National Michel Saleck. II disposait de 500000 F,
dont 200 000 F versés par son parti,
85 000 F données par des particuliers
et 160000 F reçus de diverses sociétés (dont Chambry Distribution. Générale de transports et d'industrie et
SGST Save). Saleck dut régler luimême les frais de campagne tandis
que Derosière disposait d'un budget
de 222000 F, dont 40000 F versés
par le PS et 78 000 F collectés auprès
des firmes du coin (Sté Anizienne de
Construction, Sté Anizienne de viabilité et d'assainissement, Architectes
associés Borderioux di Legge).
C'est naturellement Charles Baur,
l'homme fort de la région, qui l'emporta dans la 2e CIRC., celle de
Saint-Quentin. Homme de gauche et
homme d'affaires, ancien compagnon
de Pierre Mauroy aux Jeunesses socialistes, rallié depuis plus de vingt ans
au capitalisme, il préside le Conseil
régional de Picardie après avoir présidé l'assemblée départementale de
l'Aisne. Cela lui vaut, naturellement,
la sympathie agissante des trll~ts de
la région (Delvigne, Sucreries et distilleries de l'Aisne, Transports Citra,
etc.), qui l'ont gratifié, avec les organisations politiques amies, de quelque
430000 F. Ses adversaires disposaient d'un «volant» moins important
l'inclassable Lemeur de
280000 F (SPIE Park, SMA, Aprest
de restauration, Eurest Franc, Via
Transports, AGL Constructions, etc),
l'écologiste Boutroux de quelques dizaines de milliers de francs (principal
donateur: Cofreth), le socialiste Mennesson, de 30 000 F apportés par le
Les abréviations et sigles sont PS, et de 128 000 F versés par des
indiqués à la fin du volume.
militants et des sociétés capitalistes
10

(comme Heuliez Bus, Citra Nord et
comme les Stés AGL Construction,
SPlE Park et Via Transport, qui nous l'avons vu - avaient aussi « casqué» pour la caisse de Lemeur).
Dans la 3 e CIRC. de l'Aisne, le
socialiste Jean-Pierre Balligand, maire
de Vervins, député sortant, a été réélu
contre le professeur Christian Cabrol,
président de l'hôpital Sainte-Anne,
qui se présentait sous l'étiquette du
RPR. Tous les deux ont une assise
financière solide : le premier avait
reçu 50 000 F du PS et près de
200000 F d'amis fortunés et de diverses sociétés (SUPAE Picardie, Fournier Automobiles, Devigné, Sucreries
et Distilleries de l'Aisne, qui subventionnent également l'ex-socialiste Charles Baur, rallié à la «droite», ainsi
que je l'ai dit) ; le second, personnalité marquante du monde médical,
disposait de plus de 586000 F, dont
seulement 100000 F venaient du
RPR, le reste étant fourni par des
militants et de grandes firmes (Bouygues Bâtiment, Fonderie de Wassigny,
Franpin, Sucreries et Distilleries de
l'Aisne - qui misa ainsi sur les deux
tableaux - , Faron SA, Gitec, etc.).
Le candidat du Front National, René
Goarin, n'a reçu aucune aide, sauf de
quelques amis (1 350 F).
Le conseiller régional Front National, Wallerand de Saint-Just, devancé
par le socialiste Bernard Lefranc, a
été battu dans la 4 e CIRC. par Emmanuelle Bouquillon, secrétaire générale des Jeunes sociaux-libéraux et
conseillère nationale de l'UDF. Le
premier, qui a surtout payé de sa
poche, aidé par des militants FN, n'a
obtenu qu'une modeste souscription :
2 000 F (d'un PME Garrabos). En
revanche, le candidat socialiste a encaissé 30 000 F de son parti, plus
87 000 F d'amis divers et 249 000 F
de firmes importantes (Senicorp Industries, Gestion et Administration
privées, Cavatorta, STEC, Paul Orgon
Cars, Cars Acary, et la très puissante

Lyonnaise des eaux-Dumez, dont le
président est l'ancien secrétaire général du RPR !). Quant à Emmanuelle
Bouquillon, elle avoue 13 subventions
de grandes sociétés (Font y, Sodila,
Magenord, GTM, Naspero, SA Morin,
SOGEPlC, Supae Picardie, Sodichar,
Sodibe, etc.).
L'ancien ministre André Rossi, radical et UDF, qui l'emporta dans la
5 e CIRC. sur le socialiste Jourdan,
sur la conseillère régionale Front Nationale Colette Fecci-Pinatel, sur le
communiste Marcel Rousseau et divers autres candidats, disposait d'une
force de frappe fournie par son mouvement (163 000 F) et plusieurs sociétés : (Dauphin : 20 000 F, Synthelabo: 50000 F, Routière Morin, etc.),
nettement inférieure à celle de son
adversaire Jourdan, qui disposait de
508000 F, dont 435000 F versés
par des firmes capitalistes (Vallet
Saunai, Applicam, GTIE, etc.). Mais
l'ancien commissaire de police Rossi
avait derrière lui la Franc-Maçonnerie à laquelle il est affilié et qui représente une très grande force dans
l'Aisne 9.
ALLIER

Dans le Bourbonnais, naguère fief
du socialisme et du communisme, ce
sont les gouvernementaux - ceux que
l'on désigne sous le vocable général,
d'ailleurs inexact, de «droite» qui occupent tous les sièges, éliminant
les sortants marxistes (François Colcombet, Pierre Goldberg, André Lajoinie). Dans la 1re CIRC. (Moulins),
s'appuyant sur le RPR, qui lui versa
105000 F, et sur un solide bataillon
capitaliste (Bouygues, Bonard, Lam9. Il avait lancé, en 1976, avec son
appui, le Mouvement de la Gauche
réformiste, à cheval sur la «Droite:t
libérale et la « Gauche» socialiste.
Ancien animateur de REEL-Elus locaux barriste, il préside la fraternelle
maçonnique des cadres de l'UDF.

11

bert Décoration, SATPR Peintures et
ravalements, B. Mad, M. Bléhaut-F.
Dauger, Dallia Vexa, Delbost Metz
SA, Ausia, BiUiez, Plessy-SchmittThéret-Le Roy, lE Paris Sud, Subax,
Eurogroup Participations, Projet 3000,
etc.) qui lui donna 555 000 F, PierreAndré Perissol (RPR) l'a emporté de
justesse grâce au retrait de divers
anti-marxistes, dont René Chiroux.
Le maire communiste de Montluçon,
Pierre Goldberg, député sortant, subit
une défaite humiliante dans ce département de gauche : il a été battu dans
la 2e CIRC. par le candidat UDF,
Jean Gravier, conseiller général, pourtant peu estimé par les petits bourgeois en raison de ses attaches avec
Raymnod Barre, le numéro 1 de la
Trilatérale 10 en France et de l'affairisme international. Jean Gravier, ancien attaché de banque, est maire de
Villebret et vice-président du Conseil
général de l'Allier. Pour une fois,
c'est le marxiste - il est vrai depuis
longtemps une personnalité du département - , qui a disposé de la manne
la plus importante : 435 000 F, dont
308 000 F fournis par des sociétés
capitalistes (SOGEA, CTSP, GFC,
Miro, Streichenberger, SOCAE, Colas,
Maillard et Duclos, GISP, etc.), les
militants et le parti fournissant le reste
(avec un apport personnel). Le vainqueur Gravier n'eut d'aide que d'amis
personnel et de PME (en tout:
45 000 F). Parmi ses autres adversaires, seuls Bernard Pozzoli, le socialiste, eut 20 000 F de dons (L'Orée
du Bois, Résidence Saint-Jacques).
10. La Trilatérale est une société
semi-secrète politico-financière, créée
par le Big Business aux Etats-Unis et
groupant des affiliés en Amérique, en
Europe et au Japon. J'ai consacré une
brochure à cette mystérieuse et puissante organisation : Une nouvelle
Synarchie : la Trilatérale et, plus récemment : Ceux qui tirent les ficelles
(photographie de l'annuaire de la Trilatérale, donnant les noms des 300 gros
bonnets de l'organisation).

12

Pour une fois, les oligarchies financières avaient misé sur le mauvais
tableau.
Dans la 3e CIRC. (Gannat), le président du groupe communiste à l'Assemblée Nationale, André Lajoinie,
a été battu lui aussi. Il avait recueilli
171000 F (PCF et militants locaux).
Son vainqueur, Bernard Coulon, membre du parti de Léotard et élu sous
l'étiquette UDF, lui, fut mieux aidé :
il réunit 195 000 F, la majeure partie
de ces fonds provenant de sociétés
(Samar, Sté charollaise des viandes,
CERF Centre, Danielson, Orgafinance,
Maître, Beugnet, Colas, etc.). Le candidat Front National, J. Mayadoux,
conseiller régional, dut payer de sa
poche ses frais électoraux, comme la
plupart des autres candidats, sauf Jean
Mallot (ADFP), qui encaissa 108 OOOF
de son mouvement et 80 000 F de
deux sociétés connues (Bouygues et
Dezellus Constructions).
C'est l'ancien ministre Claude Malhuret, maire de Vichy et député européen (PR), qui fut élu en 1993 dans
la 4 e CIRC., contre Gérard Charasse,
maire de Vernet, candidat MRG. Ce
dernier reçut 58 000 F de son parti
et 18 000 F de ses amis locaux, et
seulement 21 000 F de deux sociétés
(Bollerivedis, Ets Pierre Lagnieu),
mais Malhuret fut plus sérieusement
« arrosé» par 14 firmes qui lui remirent 110 000 F ( SAEM, Sté thermique du Centre Bru et Ducher, Ateliers
de la Motte, Bony SA, Sermeto, Ch.
Mizon et fils, Clinique Jeanne d'Arc,
etc.), ses amis et le parti lui vt"rsant
160 000 F. Le candidat des Verts,
Cl. Boaziz-Rossi, et le candidat Front
National, Gérard Gosp, ayant surtout
payé de leur bourse personnelle, tandis que le candidat communiste René
Bardet, adjoint au maire de Cusset,
recevait 12 000 F de la firme Colas
Sud-Ouest et de la SARL LTA.

ALPES-DE-HAUTE-PROVENCE

Les députés sortants du département, tous deux socialistes, ont été
battus au profit de néo-gaullistes, fort
bien pourvus de fonds par leur parti
et les sociétés industrielles ou financières.
Dans la 1re CIRC., le candidat
RPR Pierre Rinaldi, maire de Digne
et président du Conseil général (un
proche de Charles Pasqua dont on
connaît les liens avec les oligarchies)
sans verser un sou personnel, disposa
pour sa propagande de 505000 F,
dont 153000 versés par le parti, et
207 000 par une quinzaine de sociétés
(Bouygues, SHR, Sté routière du Midi,
SEERC, Sté Chambéri de distribution, EBIM, Digne Distribution, Ciot,
Cèze et fils, Sodimodis, etc.). Son principal adversaire, François Massot, député socialiste sortant, n'eût guère que
43 000 F de sociétés, 80 000 F du
PS et 33 750 F de militants et d'amis.
Quant aux autres candidats, le Front
National Bernard de Bézaure, le communiste Gérard Paul et l'écologiste
P.A. Cambefort, ils durent surtout
mettre la main à la poche pour régler
leurs frais de campagne.
L'ancien député Pierre Delmar,
conseiller général, élu en 1993 dans
la 2e CIRC., fut largement aidé financièrement : par son parti, le RPR,
qui lui versa 238 000 F, par une
bonne douzaine de grandes sociétés
(Mistral Travaux, GTM Entreprise,
Secogefi, Chaullan frères, Routière du
Midi, etc.), qui remirent ensemble
124 000 F et par la Fédération des
Syndicats pharmaceutiques de France,
dont le chèque de 40 000 F fut très
apprécié du candidat néo-gaulliste, ancien pharmacien à Forcalquier. Ses
concurrents n'eurent guère que des
poussières : Mireille d'Ornano (Front
National) n'a réuni que 12000 F
(dons d'amis), José Escanez (PS) a
reçu 11 000 F de sociétés (Delta EE,
SA Française d'études et de gestion)

et 31 000 F de militants et du parti.
Le député socialiste dissident André
Bellon fut lâché à la fois par ses anciens amis et par les firmes locales
peu soucieuses de subventionner un
candidat battu d'avance (une seule
société, Dehe Cogifer TP lui remit
5 000 F en tout et pour tout).
HAUTES-ALPES

Député sortant de la 1re CIRC., le
sociIiste Daniel Chevalier, maire de
Veynes et conseiller général, fut battu
par Henriette Martinez, RPR, maire
de Laragne et conseiller général, qui
n'eut qu'une aide symbolique de petites sociétés industrielles ou commerciales n'ayant pas confiance en sa
réussite politique: elle n'obtint d'elles
que 45 000 F (SACER Marseille,
EGB Abbelli, Routière du Midi, etc.).
Chevalier, lui, n'obtint que 10 000 F
de la Sté routière du Midi, qui avait
remit la même somme à la candidate
RPR et qui se montra plus généreuse
envers le démo-chrétien Jean-Claude
Chappa, UDF, conseiller général, en
lui versant 40000 F, s'ajoutant aux
120 000 F de diverses firmes (Cie Gle
de travaux d'hydraulique, Perelec
Claude Perdigon, Générale de Restauration, Gap plastique, etc.). En dehors
de Daniel Massa, PLN, qui reçut un
chèque de 3 500 F (Henry Blanc),
aucun autre candidat ne bénéficia de
la manne «capitaliste~, ni le FN
Alain Marcoux, ni la Verte Christine
Roux, ni le communiste J.-J. Ferrero,
qui durent faire appel à leurs amis et
puiser dans leur portefeuille.
Situation analogue dans la 2e
CIRC. : seul le candidat RPR, Patrick Ollier, fut aidé financièrement
par de grandes sociétés (Immobilière
Gérard, Entreprise Blanchard, Clinique Les Feuillades, SCOREP, SA AIlamanno, Chiorino, SCI L'Epervier,
Alpes Recherches médicales, Pôle
production De/as, SOGEMO Grand
Hôtel, Olive Travaux, Alpelectric,
13

Maison Les Airelles, Charpentes Domeny, etc.), qui réunirent 328000 F,
les militants et le parti versant
100000 F. Les adversaires firent appel à leurs amis personnels et à leur
compte en banque, notamment Vanessa Bickers-Garcia, FN, Bernard
Faure-Brac, PCF, Hervé Gasdon, écologiste, et Belkacem Boussouar, PS
(qui reçut, cependant, 30000 F de
son parti).
ALPES-MARITIMES

L'ancien comté de Nice a connu
maints scandales électoraux, presque
autant que la Corse ou le Var. L'un
des derniers fut provoqué par le financement de la campagne électorale
d'Energie Sud, du professeur Léon
Schwarzenberg : il y eut un versement
de 190000 F par une société de Bernard Tapie qui suscita la méfiance
d'un juge d'instruction. C'était lors
d'une précédente consultation électorale.
En mars 1993, la 1re CIRC. des
Alpes-Maritimes fut le théâtre d'une
bataille très vive dont Charles Ehrmann, PR, présenté par l'UDF, sortit
vainqueur. Son parti lui avait versé
168 000 F, ses amis 6 000 F et deux
sociétés (Moorea, Comptoir métallurgique du Littoral) 30000 F. Le candidat FN, Jean-Pierre Gort, dont il
triompha grâce aux voix de gauche,
reçu en tout et pour tout 100 F d'une
petite entreprise Chiodo et 12 000 F
de militants nationaux. Les autres candidats n'émargèrent à aucune caisse
d'entreprises industrielles ou financières.
Dans la 2 e CIRC., avec 48,42 %
des voix, l'avocat FN Jacques Peyrat
fut battu par le député sortant Christian Estrosi, RPR, beaucoup mieux
financé que lui. Tandis que le nationaliste recueillait 55 000 F de diverses sociétés (SNADEC, SAE),
25 000 F de l'Association Nice 2000
et 111 000 F de militants FN et d'amis
14

personnels, le néo-gaulliste Estrosi encaissait 43000 F d'amis fortunés,
222000 F de son parti et 459000 F
d'une cinquantaine de firmes (SAE,
Sté Architecte d'Hauteserre, Arches
promenades, GANI, SPA PA , SNAF
Routes, MECA, Carrosserie Albax,
Office technique du bâtiment, Auto
Service, Prosper et Cie, Sté Niçoise
d'aménagement, Dumez Méditerranée, Giani, Botton Contrôle, Campenon Bernard, etc.). La proche parente
de l'ancien maire de Nice, Geneviève
Médecin-Assemat, candidate libérale,
reçut 52000 F (Niçoise d'assainissement, Isidore, Veran Costamagna,
etc.), le socialiste Patrick Mollard
30000 F de son parti, 4000 F de ses
camarades et rien des sociétés, et la
communiste Sylviane Douhet, préleva
ses frais dans son porte-monnaie.
Jean-Marie Le Pen, qui était candidat Front National dans la 3e CIRC.,
reçut 64 000 F de ses amis et 96 000 F
de son parti, ainsi que 5 000 F d'une
Sté Pioch, 10000 F des amis de
National-Hebdo et 13000 F du groupe FN de la région Provence-Côted'Azur. Réunissant contre lui les voix
gaullistes, libérales, démo-chrétiennes,
socialistes, communistes, écologistes,
il recueillit 42 % des suffrages, et fut
battu par le PR Rudy Salles, qui obtint 58 % des voix et disposait de
l'appui financier de nombreuses sociétés (Arches, Chaillou, Geni, Jamior,
Sudequip, CGFTE, ZET SA, Clinique Wilson, Niçoise d'assainissement,
Lestrade, etc.) totalisant 142000 F,
et de son parti qui lui versa 223 000 F.
Le candidat socialiste Jean-Hugues
Colonna reçut 261 000 F de diverses
sociétés (Cible financière, Giedam,
Moorea - société qui soutint aussi le
PR Charles Ehrmann -) et 271000 F
de son parti, plus 47000 F de ses
amis. Quant au candidat gaulliste dissident Bernard Asso, à qui son comité
électoral versa 90000 F, il ne donna
rien de sa poche, mais il obtint une
aide de ses amis : 28000 F, et SUT-

tout une importante assistance financière de sociétés (Graniou, SOFAP,
Socatra, Cadi, Niçoise d'assainissement, Fiorucci, API, Chapus Fournier, etc.).
C'est le député sortant, Emmanuel
Aubert, RPR, qui a été réélu dans la
4e CIRC., contre le démocrate-chrétien dissident Jean-Claude Guibal,
maire de Menton, et l'avocat FN Gérard de Gubernatis. Aubert obtint
82 000 F de généreux bienfaiteurs
amis, 46 000 F de son comité électoral, 39 000 F de plusieurs sociétés
(Oredui, Entreprise Mari, Ciment Vicat, etc.) et 50 000 F d'une association dite Amis d'Aubert. Guibal, mieux
financé, encaissa 38000 F d'amis fortunés et 543 000 F de plusieurs sociétés (Eden Parc, SPIE Imm. Méditerranée, Agence européenne, SOFAP
Régions, GEC, Center Palace, Truchi,
Rocamar, SOMEDIS, Descar, Matest,
Etudes aménagement 405, Nessy, Bureau Veritas, Allier et Cie, Rapides
Côte d'Azur, Azur Granulats, Campenon Bernard, déjà mentionné). Gubernatis recueillit 18 500 F d'amis
niçois et mentonnais, plus 4 000 F de
son parti, mais aucune souscription
de firmes commerciales ou industrielles.
Dans la 5 e CIRC., le maire RPR
de Saint-Martin-Vesubie, Gaston Franco, l'emporta contre le FN Pierre
GerbaI, l'indépendant Jean Icart, le
socialiste Paul Cuturello, le démocratechrétien dissident Jean Guillon et
quelques autres. Le candidat néogaulliste Franco avait le soutien financier de plus d'une quinzaine de
grandes et moyennes sociétés qui lui
versèrent 170 000 F (Dalmasso, Parachini, Rossi, Cylindrage du littoral,
SUDEQUlP, Tonso, etc.) somme complétée par des amis: 83 000 F, et par
le parti: 130000 F. Pierre GerbaI, lepenis te, reçut en tout et pour tout :
9000 F d'amis. Entrepreneur fort bien
introduit dans les affaires, l'ancien
député Icart, gendre de M. Liberman,

a bénéficié de chèques importants de
firmes régionales ou nationales (Guillot électricité, Air Azur, Mistral Trav.,
SOGEA, Veran, Setor, Cierma, Liberty's, Vigna, MCB, SVB, Serel,
Hamon, Electricité moderne, Dumez
Méditerranée, etc.) dont le total atteignait 382 000 F s'ajoutant aux
49 000 F remis par des amis. Cuturello a juste enregistré un versement
de 5 000 F provenant de la Cible
financière, en dehors de versements
d'amis totalisant 6 000 F et d'un apport de 54 000 F fait par son comité
électoral.
Suzanne Sauvaigo, avocate, originaire du Maroc où son père était colonel, a succédé à son mari, Pierre
Sauvaigo, comme député RPR de la
6e CIRC. des Alpes-Maritimes. Maire
de Cagnes-sur-Mer, elle a triomphé
du FN Jean-Paul Ripoll, conseiller
régional, de Pierre-Marie Vidal, MDR,
de Marius Papi, PCF, de Noël Perna
et de quelques autres candidats. Si
Ripoll n'a pas eu de subventions
« capitalistes», si Papi et Perna ont
eu respectivement une aide financière
de 10 000 F (Nicoletti) et 15000 F
(SEREX) , Vidal a reçu 281 000 F
de diverses sociétés (PAC Editions,
SEP, TDF, etc.). Mais la force de
frappe de Mme Sauvaigo était nettement supérieure : 91000 F de son
parti, 7 000 F d'amis et, surtout,
500000 F de grandes firmes (Chourgnoz, LI 2 EE SA, Serex, Renov
Signalisation, Guillot, Gerland, Transports Forville, Sud-Est Assainissement
Services, CGCA, Nativi Travaux Publics, Technique Exploitation Comptage, Electricité Courbon, Tama SA,
Sté cylindrage du littoral, VergerDelporte, Aden Sud-Est, Roatta et
fils, Entreprise Pierre Roatta, Entreprise Charles Martin, Derepas Paul et
fils, Distribution de poissons du Midi,
Office technique du bâtiment, Entreprise Jean Lefèbvre, etc.).
Député sortant de la 7 e CIRC.,
Pierre Merli, radical présenté par
15

l'UDF, l'emporta sur Robert Crépin, FN, Marc Daunis, PS, Gérard
Piel, PC, Claude Ammirati, MRG, et
quelques autres concurrents. Ancien
résistant, membre de l'UDSR et cofondateur (en quelque sorte) de la
Convention des Institutions Républicaines, il ne suivit pas son ami
Mitterrand au Parti socialiste, mais
resta radical-socialiste. Appuyé par la
LlCRA et la F.". M."., il entra à l'Assemblée Nationale en 1988. L'aide
financière des «gros ~ de la région
s'est traduite par une subvention de
435000 F (Trindel, SNAF, Guigues,
LRM, Cometherm, SPDC, Moro,
Parachini, etc.) à laquelle il faut ajouter
les 177 000 F de son parti et les
3500 F de ses amis (maçons ?). Les
subsides alloués à ses concurrents font
piètre figure : rien au lepeniste Crépin (sauf 13 000 F d'amis), 4 000 F
(Lydia, Sebag dimension, SDF Sebag,
Sermatech, etc.) au socialiste Daunis
+ 45 000 F du PS et 23 000 F de
militants), 500 F (Valotti) au communiste Piel et 1 500 F (Agence des
remparts, Gismondi) au radical de
gauche Ammirati.
La 8e CIRC. a, également, conservé son député: Louise Moreau, UDF,
maire de Mandelieu, a été réélue,
contre son ex-ami politique Michel
Mouillot, UDF-PR dissident, avec
1 000 voix de majorité, après l'élimination de leurs adversaires Albert Peyron, FN, Nadia Loury, écologiste et
quelques autres. Les grandes sociétés
ont fourni 195000 F (SOGEA, Parachimi, Sté Paul Ricard) à Louise Moreau, son parti et ses amis 294 000 F ;
privé de l'aide de son ex-parti, Mouillot a été largement «arrosé ~ par les
trusts et les amis du coin : 723 000 F
+ 236000 F (Sté routière du Mont
Ventoux, Graniou, Servent, FrancoPortugal Construction, EITP, SDBM,
Cannes Midi SICAM, Monoprix, Clinique St-Nicolas, OTH, Nice Le Phare, SETECOM, Auto Service, GSF,
Bocazur, etc.). Leurs concurrents
16

n'ayant obtenu qu'une aide infime :
Peyron : 11 000 F (Bolignano, Sigma) + Cercle national des rapatriés :
2 000 F + parti : 3 000 F + amis
personnels : 44000 F; l'écologiste
N. Loury: 2 000 F (SRE) + 16000 F
(amis) + 23 000 F (comité); le socialiste Léocard : rien des sociétés et
36000 F de ses amis et du parti; la
communiste Picot : rien des sociétés
et 37 000 F de ses militants et du
parti 11.
Lui aussi largement subventionné
par les «gros ~ de la ge CIRC., le
néo-gaulliste Pierre Bachelet a battu
son adversaire le plus favorisé, Pierre
Pauvert, FN. Il est vrai que ce dernier, bénéficiant seulement de 25000 F
d'amis, n'a pu faire le tam-tam publicitaire des services de propagande du
RPR. Bachelet, député sortant, abondamment pourvu par les oligarchies
régionales : 465 000 F (SEETP, Michel Torcat, Oredui, Pignata, Robertet) auxquels s'ajoutent les 20 000 F
du parti. Les autres candidats n'ont
rien reçu des sociétés, sauf l'indépendant H.P. Goby, gratifié de 1 000 F
(par Formation et Services). Le Monde, s'abstenant de souligner la différence de traitement imposé aux candidats par les oligarchies, se borna (dans
son fascicule sur les élections) à mentionner que, dans le département,
«les électeurs de droite ~ ont été
épaulés contre le FN par la gauche et
les écologistes, ce que les lepenistes
appellent «la bande des quatre:..

ARDECHE
Les trois siège du département ont
été enlevés par la «droite» libérale
ou gaulliste. La 1re CIRC. a été gagnée par le maire PR de Privas, Amédée Imbert, qui avait contre lui le
socialiste Robert Chapuis, ancien dé11. On remarquera le traitement dont
bénéficient les uns et les autres. Le
Système capitaliste connaît ses amis...

puté et maire du Teil, le communiste
Alain Feuchot, le FN Jean G~rel,
l'écologiste B. Egal et quelques autres candidats, dont le radical dissident Christion Lavis, qui reçut une
aide financière massive de groupes
industriels: 268 000 F (Vincent Terrassements, SAUR - le trust Bouygues! - Valette, SPIE Trindel, Drôme Provence, Infra, Rhodanienne de
développement, Marinier, Raya, Gounon, etc.). Imbert reçut Il 000 F
d'amis et 138 000 F de diverses sociétés (PNS, Colas, Precias Veyras,
EMCO, SOGEA, Imprimerie Volle,
etc.); Feuchot n'eut que 35 000 F
(amis et parti) ; Garel n'a rien reçu et
Egal, seulement 600 F d'amis. Le
nouvel élu, Imbert, bien connu dans
le pays qu'il sillonnait en tous sens
lorsqu'il était agent d'assurance, est
vice-président UDF du Conseil général
et du Conseil régional.
Dans la 2e CIRC., le député sortant néo-gaulliste, Henri-Jean Arnaud,
maire RPR de Guillerand-Grandes,
l'a emporté sur le démocrate-chrétien
Dominique Chambon, candidat UDF,
tous deux bien pourvus de fonds par
les sociétés du département: Arnaud
ayant encaissé 292 000 F (Granges,
Copas, Chamatex, Monetel, Rampa,
Roux-Cabrero, European, SOGEA,
Berthouly, etc.) en plus des 90 000 F
de son parti et des 47 000 F de ses
amis locaux; Chambon recevant, de
son côté, 152 000 F de diverses entreprises (Teyssier, Luquet-Duranton,
PRIM, Gillier, Girodet, Sebel, Tenit,
etc.). Leurs concurrents : Ph. Arnaud,
FN, Michel Rabanit, écologiste, S.
Plana, communiste, etc. ne ~ecevant
rien des sociétés et trusts, et le socialiste Yves Jouvet n'empochant qu'un
« pourboire ~ de 10 000 F d'une PME
(Rhonetex) en plus des 79 000 F du
PS et d'amis.
Même situation dans la 3e CIRC. :
sociétés industrielles et commerciales
ont favorisé le candidat Jean-Marie
Roux, RPR, au détriment du socia-

liste, Jean-Marie Alaize 12, député sortant, maire de Vans. Architecte connu,
le néo-gaulliste Roux a profité des faveurs de nombreuses entreprises (Delta
Electricité, Louis Gibert, Super U SA
Fabre, Sté forézienne, Froment, SAUR
(Bouygues), Payen St Julien, Berthouly (qui verse aussi à son concurrent
Arnaud), Infra, Entreprise Albert Crégut, SACER, Precia, Susumar-Leclerc, SRD, etc.) qui ont versé un total
de 176 000 F s'ajoutant aux 88 000 F
du parti néo-gaulliste. Le socialiste
Alaize encaissa 6 000 F (dont 5 000 F
d'Infra qui en avait versé 8 000 à
Roux). Les autres candidats n'ont
pas eu droit à la manne « capitaliste ~,
ni le démocrate-chrétien P. Chastenet,
ni le communiste H. Delanche, ni le
F.N. Raymond Béraud, ni l'écologiste
P. Courouble, ni le dissident PR JeanPaul Ribeyre, ni aucun de leurs autres
concurrents.
ARDENNES
Battu, dans la 1re CIRC., par le
démocrate-chrétien UDF Michel Vuibert, maire de Réthel, le socialiste
Roger Mas, maire de Charleville, avait
cependant reçu une aide financière
non négligeable des sociétés capitalistes de son département: 144 000 F
(Interface construction, SADE Compagnie Générale, Degremont, URANO
Entreprise, Pinel, Cost-Save, Eau et
Force, France Incendie, etc.), en plus
des 54 000 F de son parti et de ses
amis. Vuibert en reçut moins
122 600 F (SCEE, SA Perrier, Franchel, Sté Aux. de chauffage, Rougère,
Hourier-Georges, Transport Simon,
12. Ce n'est pas toujours ainsi : le
ralliement feutré au Système capitaliste du Parti socialiste a valu à ce
dernier les attentions bienveillantes
des trusts et des banques (ainsi que le
révèle La Gauche trahie, éditée par
L'Homme libre (BP 205, 42005 SaintEtienne Cedex 1) du libertaire Renoulet - 20 F.

17

Ardennes-Frigor, Fallon, Bouillon fils,
etc.), mais eut l'appui de son parti et
de ses amis: 107000 F. Les candidats adverses ne bénéficièrent d'aucunes libéralités « capitalistes ~, ni le FN
Emile Wagner, ni l'écologiste Nadaud,
ni le communiste Dalla Roda.
Dans la 2e CIRC., le socialiste fut
aussi battu : il manqua 730 voix au
député sortant, Gérard Istace, maire
de Revin, pour être réélu. C'est le
PR-UDF Philippe Mathot qui l'emporta. Le premier reçut 6 000 F de
trois PME (Sopaic, Crayon rouge et
PICC) et, heureusement pour lui,
118 000 F de ses amis et du PS; le
second, chef d'entreprise un peu mieux
servi, encaissa 39 000 F (Ariès, PICC,
Pousseur, Périn frères). Le communiste R. Visse, ancien député, le FN
Michel Dierckens, conseiller régional,
l'écologiste Lenice et les autres candidats ne reçurent rien des sociétés.
Le socialiste Jean-Paul Bachy,
conseiller régional et conseiller municipal de Sedan, qui occupait le siège
de député de la 3e CIRC., dut céder
la place à Claude Vissac, du CNI,
assez bien pourvu de fonds par ses
amis et quelques firmes régionales
(Rocky Center, Rongerie fils, Vauché, Dectra, Gabella, etc.), au total
89 000 F; étant administrateur de
sociétés, Vissac a pu lui-même apporter 350000 F. Bachy avait recueilli,
en plus des 39 000 F du PS, et des
15 000 F versés par ses amis,
137000 F provenant de diverses sociétés (Sonorema Fondex, Décision,
Pingard, Voudis, Urano, cette dernière ayant aussi, nous l'avons vu,
versé une subvention au candidat socialiste de la 1ro circ.). Mais des autres candidats, seul Michel Marchet,
RPR, reçut de sociétés industrielles
ou commerciales, des subventions
d'ailleurs modestes, au total 25 000 P,
auxquelles s'ajoutaient 60000 F donnés par des amis et 46 000 Fremis
par le parti. Ni Jean Aubert, FN, ni
Claude Soulet, PCF, ni J.-L. Jason,
18

écologiste, ni les autres candidats
n'émargèrent aux caisses patronales.
ARIEGE

Le fief de la gauche socialiste a
connu une rude épreuve aux élections
de 1993 : l'un des deux sortants, malgré le report de voix communistes, a
mordu la poussière dans la 2 e CIRC.
Dans la 1ro , Augustin Bonrepaux,
professeur de physique et chimie,
député socialiste de l'Ariège depuis
1981, a été réélu, mais il eut chaud,
devant Henri Garaud, du CNI, d'autant que les électeurs de Georges
Mesplé, FN, ont semble-t-il apporté
leurs suffrages au célèbre avocat.
L'aide à Garaud et, au second
tour à Mesplé a été nulle; mais elle
n'a pas manqué au socialiste Bonrepaux, qui a reçu 43 000 F de diverses
sociétés (Autorama, Martuchou, Kelhetter René, Colas Méditerranée, Sograr, etc.), qui se sont ajoutés aux
20000 F d'amis et aux 65000 F du
PS.
C'est André Trigano qui, dans la
2e CIRC. a enlevé le siège, de justesse : le frère du richissime Gilbert
Trigano, «patron ~ du Club Méditerranée, ami et associé du baron
E;dmond de Rothschild et, comme lui,
membre de nombreux conseils d'administration de holdings financiers et
de sociétés, André Trigano t'st un
homme d'affaires influent : ci-devant
PDG de Trigano-Vacances, d'Innovation-Champ-Elysées, de Triginter Belgium, de Semm Caravalair et administrateur du Club Méditerranée, il
administre depuis quelques années la
Sté du journal V.S.D., la Sté ClAT, la
DSAT Maréchal. C'est dire qu'il dispose d'atouts financiers considérables
lesquels lui permettent de négliger les
apports des sociétés locales. Aussi
n'en a-t-il pas reçu, du moins officiellement (le supplément du lournal
Officiel, documents administratifs
avril 1994 est muet, en tout cas, sur

ces «dons de personnes morales».
André Trigano n'a fait mention que
des 30 000 F qu'il a lui-même apportés à sa campagne électorale pour
couvrir ses frais de propagande et
d'imprimerie 13).
Son principal concurrent, René
Massat, reçut 63 000 F de son parti,
16000 F de ses amis et 20000 F
(c'est peu!) des firmes de la région
(Unimag Faure, SECEM M Bricolage,
Thomas et Denizan, Duc/os Etienne,
etc.). Les autres candidats n'ayant
obtenu (ni sans doute sollicité) des
fonds de sociétés «capitalistes» : le
FN André Farellaci reçut 10 000 F
de son groupement, la communiste
Renée Touque, Il 000 F de ses amis,
un écologiste, Bernard Pastourel,
6 000 F de son organisation, et une autre écologiste, Marie Blanc, 10 000 F
de son comité.

AUBE
Vainqueur de son adversaire FN,
Bruno Subtil, dans la 1re CIRC., grâce
au désistement des socialistes en sa
faveur, le candidat UDF Pierre Mi13. On s'est demandé pourquoi il
était allé se faire élire en Ariège,
d'abord au Conseil général, puis à
l'Assemblée Nationale. C'est Tribune
Juive (3 octobre 1986) qui nous donne
la clé de l'énigme : les Trigano ont
séjourné dans la contrée il y a cinquante ans et y on conservé intérêts
et relations; Gilbert Trigano, lui, sera
nommé, beaucoup plus tard, conseiller
économique et social par le président
Mitterrand (1983) et délégué du Premier ministre socialiste Fabius (1985).
L'hebdomadaire israélite parisien précise que ce frère du futur député
radical-socialiste fut, à la Libération,
le responsable des Forces unies de
l'Ariège, émanation du Parti communiste, qu'il quittera par la suite, demeurant fidèle à la Gauche, subventionnant divers journaux progressistes,
notamment le Nouvel Observateur, et
étant l'un des principaux supporters,
de François Mitterrand, candidat socialiste à l'Elysée en 1974 et en 1981.

caux, a obtenu également un appui
financier discret, mais efficace, de
«personnes morales» dont les documents consultés ne donnent pas les
noms, mais seulement le total des
sommes versées: 210 000 F, s'ajoutant aux 240 000 F apportés par son
parti. Pierre Pescarolo, candidat de
Chasse, pêche, nature et tradition est
le seul, en dehors de Micaux, à avoir
reçu une aide financière - d'ailleurs
modeste - de diverses sociétés que
l'on ne peut qualifier de «capitalistes» : 26000 F (versés par: la SaintHubert, l'Amicale des P. Koltrames,
Bali Trap Club Champagne, Ets J.
Bruel, MHP, Ets Chazelles, Ets J.
Soufflet, Sté Chasse Etang de Rosson,
S.A. Lecœur, etc.).
Dans la 2 e CIRC, les subventions
« capitalistes» ont été plus substantielles : le vainqueur, le vieux gaulliste Robert Galley, maire de Troyes,
ancien ministre 1\ reçut 80 000 F
d'amis fortunés, 134000 F de son
parti le~PR et 271 000 F de firmes
importantes (Petit Bateau, SAF AT,
Champagne plâterie, Tekelec Airtronic,
Bouc Cheval) ou moyennes (Climasol,
Santin, Ets Huot, Kirschner, Star,
Sipan, CGE, Log. Troyes, etc.). Son
principal adversaire, le socialiste JeanPierre Cherain, conseiller général,
conseiller municipal de Troyes, encaissa 85 000 F en provenance de ses
amis et du parti, et une somme équivalente de diverses sociétés grandes
et moyennes (Le Bon Pain de France,
Cegelec, Sotratex, Gada, Petit Bateau
- cette dernière lui versant deux fois
moins qu'à Galley !). Le gaulliste dissident Jacques Rigaud ne reçut évidemment rien du RPR, mais certains
amis politiques lui remirent 10 000 F
et de nombreuses sociétés régionales
14. Marié avec la fille du maréchal
Leclerc de Hauteclocque, il appartient
donc à la famille des «rois de l'acier »,
les Wendel, qui ont occupé une position dominante dans la République.

19

contribuèrent à sa campagne pour un
total de 164000 F (Marcel Savonnet,
OGGA Technoplast, Dubix de Souza,
Kirchner - qui lui a versé la même
somme qu'à Galley - Royal Mato
France, Constructions Réalisations
Nouvelles, Jouffriau, Surgel frais, Vaudoise de participation et de gestion,
Judis, Philippats, Dantar distribution,
Pedri, Drugeon Père et fils, Socobois,
OCCA TP, etc.). Etienne Copel, indépendant de droite, reçut de Kirchner
une somme équivalent à celle que cette
firme a versé à Galley et à Rigaud,
soit 6000 F, plus 26000 F de diverses sociétés (Transports Verger, Surgel
frais - qui envoya aussi un chèque
à Rigaud - Chazelle, etc.), plus une
contribution de ses amis : 32 000 F ;
cette faible participation l'obligea à
prélever 60 000 F sur son compte en
banque. Les autres candidats : le FN
Marc Malarmey, le communiste Jean
Lefèvre, les écologistes Dominique
Menissier et Maurice Bernardie ne
furent aidés que par quelques amis.
Dans la 3e CIRC., le député sortant Michel Cartelet, maire socialiste
de Romilly-sur-Seine, éliminé, a été
remplacé par François Baroin, jeune
loup néo-gaulliste qui sera le benjamin de l'Assemblée 15. D'abord journaliste au Figaro, il est entrée en 1989
au Conseil municipal de Nogent-surSeine, où son père avait été souspréfet : l'influence des francs-maçons
de l'Aube n'a pas été étrangère à son
15. Fils du politicien et agent DST,
Michel Baroin, devenue Grand Maître
du Grand Orient de France, souspréfet de l'Aube, maire de Nogent-surSeine, puis conseiller général de l'Aube,
bras droit d'Edgar Faure. Le F •
Michel Baroin fut P.D.G. de la Garan:
tie Mutuelle des fonctionnaires, «patron" de la Banque Centrale des coopératives et mutuelles, du Château
Beychevelle-Achille-Fould (grand cru
bordelais), du Courrier du Parlement
et du Journal du Parlement, il fut président de la Mission de commémoration du Bicentenaire de la Révolution,
jusqu'à sa mort mystérieuse en février
1987. Il était proche du RPR.

20

ascension politique. Alors qu'il était
encore étudiant, François Baroin fonda
avec le petit-neveu du président Senghor, l'Association pour la Déclaration des Droits de l'Homme, chaleureusement applaudie dans les loges.
Un conflit avec Jean-Michel Jeanneney, admirateur des Wendel, alors ministre, l'obligea à quitter le service
du gouvernement socialiste. Il se lança
dès lors dans la politique, au sein du
RPR et fut candidat de son parti dans
la 3e CIRC. de l'Aube. L'aide financière du RPR ne lui a pas fait défaut:
207000 F, ni celle de se amis
politiques ou « philosophiques»
138000 F, et des grandes sociétés :
149 000 F (Martinot Régie, Sacifex,
Platines Prunier, J. Soufflet SA, Plageau, Ets Jacquemard, le trust Devanlay, etc.). Le radical-socialiste Alain
Coillot fut battu malgré le coup d'épaule de grandes maisons (Surgel frais,
Kirschiner - déjà vues - Climasol,
Auxiliaire de chauffage, Novame, Ch.
Dheurle fils, Cabinet Maurice Wirtz)
qui contribuèrent pour 492 000 F à
ses frais électoraux et de l'UDF,
qui apporta 53000 F à sa caisse.
Le candidats socialiste Cartelet,
vaincu d'avance, reçut cependant une
aide financière sérieuse : son parti
versa 15 000 F, ses amis participèrent
pour 22 000 F et les firmes régionales
(SOCOGETRA TP, Auxiliaire de
commanditaire égaIechauffage ment du radical-socialiste - CEGELEC, Cie des eaux de la banlieue de
Paris, etc.) pour 198 000 F. Le communiste Didier émargea pour 60 000 F
chez divers industriels (dont 10 Elec),
mais le candidat FN Laurent Rohmann
ne reçut rien des «gros », et l'écologiste Pierre Banoît dut se contenter
de 6 000 F remis par des amis et une
PME.
Une erreur de détail est toujours
possible dans un travail de ce genre;
merci d'avance au lecteur qui prendra
la peine de nous la signaler.

AUDE

-

Les trois sortants socialistes ont été
éliminés en 1993 dans ce département
qui fut longtemps le bastion du Parti
socialiste et de la Gauche. Le député
Joseph Vidal, conseiller général, fut
battu dans la 1re CIRC par le :PR
Gérard Larrat. Vidal avait obtenu
8 500 F de quelques PME (Bonnofour
et fils, Robert, Clinique St Vincent,
etc.); leur parti respectif leur ayant
versé 77 000 F (Vidal) et 50 000 F
(Larrat). Les autres candidats furent
ignorés des «gros» : ni le communiste Garino, ni le FN Henri Escortell, ni le vert Doucet ne furent «honorés» par eux.
Dans la 2e CIRC., le sortant socialiste, Régis Barailia, fut également
battu; c'est le conseiller général Alain
Madalle, UPF, qui le remplaça. Pourvu de fonds de son parti : 82 000 F
et par diverses firmes (Courcières,
Duedra, Narbonnaise de plâterie, Château de l'Enfant, A la Riviera, Dynef, Narbonnaise de marbrerie, Colas
Midi-Méditerranée, Neuhaus, Sodilang, etc.), Madalle a donc pris le siège
de député qu'avait occupé jadis Léon
Blum, le leader du Parti socialiste
SFIO. Régis Barailia, le sortant que
les électeurs ont «sorti », membre du
bureau de la fédération socialiste de
l'Aude, remplaçant son camarade
Pierre Guidoni (bombardé - par précaution? - ambassadeur à Madrid
par le gouvernement socialiste), avait
cependant été bien soutenu financièrement; par son parti : 110 000 F, par
ses amis: 19000 F et par Bouygues
(SAUR), par la Banque de gestion
privée et par diverses sociétés (Michau
Transports, Mazza, Madaule et fils,
etc.) dont les versements dépassèrent
126 000 F. Les autres candidats, sauf
l'indépendant André Homps, qui reçut 21000 F (de Finabail et de Décors Rénovation) ne touchèrent pas
un fifrelin des «gros », ni le communiste Chappert, ni la FN Yvonne Gar-

nier, ni l'écologiste Maryse Arditi.
Le socialiste fut également «vidé ~
de la 3e CIRC. : Jacques Cambolive,
professeur, maire de Bram depuis
vingt-deux ans, dut s'incliner devant
le néo-gaulliste Daniel Arata, directeur
commercial de la Caisse d'Epargne,
convenablement financé par le RPR :
80000 F, ses amis locaux: 30000 F
et quelques «gros» (Lyonnaise des
eaux-Dumez, Ets Jean François, Mazza, etc.) : 70000 F. Ses concurrents
et adversaires, eux, n'eurent guère que
les subsides de leurs camarades ou de
leur parti, même le député sortant,
Cambolive, cependant connu dans sa
région, ne reçut rien des firmes de
l'endroit: l'Association Républicaine
Nord-Ouest Audois, seule, lui versa
1 850 F : il faut croire que ce socialiste était resté fidèle à l'enseignement
de ses maîtres et qu'il n'avait pas cédé
aux sirènes capitalistes comme tant
d'autres de ses amis du parti l'ont fait
(cf. La Gauche trahie, éditée par
L'Homme libre, de Saint-Etienne). Pas
un sou donné à la F.N. Sabine de
Pompignan, au communiste André
Illac, aux écologistes Cornuet et
Joannes ...
AVEYRON

Dans ce département resté conservateur, un électeur sur deux est allé à
la pêche le 21 mars 1993 : les autres,
en majorité, ont opté pour la «Droite:!>,
c'est-à-dire le démocrate-chrétien Jean
Briane, député sortant, dans la 1re
CIRC., le PR Serge Roques, dans la
2 e CIRC., et le vieux gaulliste Jacques Godfrain, ancien membre du SAC
(il dirigea même son journal Action
civique et sa trésorerie), dans la
3e CIRC.
La participation financière des
« gros» dans ce département a été
limitée: dans la 1re CIRC. : Briane a
reçu 9 000 F (Satar, CPR Solignac,
etc.) et le PR dissident François Rey:
192 000 F (Lefèbvre, Lampes Drurier,
21

CEGELEC, Laynec, Saunier Duval) ;
dans la 2 e : Roques a émargé pour
8000 F (Moly, Cantos, SA Guirande électricité); dans la 3 e , Godfrain a reçu 165 000 F (Materlignes,
Castelltort, Terres cuites, Fabre, Sobribat, Ets Julien Mercier, etc.). Les
autres candidats, socialistes, ou Front
National (comme André Marçais, ou
Jean Caldier), ou le radical de gauche
(J.-M. Sabathé). Seul le maire de
Montjoux, Armand Vernhettes, «progressiste» (?), reçut 1 000 F d'une
PME (SOPRIBAT).
BOUCHES-DU-RHONE

Fief du Parti socialiste, au temps
de Gaston Defferre, l'homme fort du
département, qui avait épousé, par
deux fois, «le gros sac», les oligarchies financières des Bouches-duRhône ont, de tous temps, «arrosé»
les candidats, sans pour autant obtenir de leur part une fidélité exemplaire à leurs intérêts permanents.
Il n'empêche que les subsides des
« capitalistes», souvent efficaces, ont
été accordés à quelques politiciens influents, ainsi que nous allons le voir.
Dans la 1re CIRC., le député léotardien Roland Blum, qu'a talonné
jusqu'au bout le FN Jean-Pierre Baumann, n'a officiellement touché 16 que
110 000 F d'amis et de sociétés (Géant
de meubles, Ets Bareau, Electricité
moderne, etc.), et le socialiste Michel
Coulomb n'a encaissé que 5 000 F
(Sté La Roseraie).
Aussi discrètes dans la 2e CIRC.,
les sociétés industrielles ou commerciales ont versé 303 000 F au léotardien
Jean-François Mattei (MCB, Adrian
ca, Clinique Bouchard) et 2 000 F
(RESO) au socialiste Bernard Pigamo; le FN Hubert Savon n'encaissant
que 1 904 F de l'Association culturelle
et sociale.
16. Mais son parti, le PR et ses annexes lui ont versé 343 000 F !

22

Les «gros» ont été plus généreux
dans la 3e CIRC. : l'UDF-PR Jean
Roatta a encaissé 49 000 F de divers
amis, autant du PR et 443 000 F de
grandes sociétés (Lagardère, Terrassements location, Purmet, Mino, Foncière d'aménagement provençal, Scortica, SILIM environnement, Nomos,
ADREST Cie générale de restauration,
Sud Maintenance, Gréoux immobilier,
Streichenberger, etc). et le candidat
de gauche Maurice di Nocera a obtenu
12 000 F de souscriptions amies et
145000 F de diverses sociétés (Delta
protection, Pascal, Générale, Le Rustic, Sud Réalisation, Solo, Torréfactions Noailles, Palais des Sports). Les
autres candidats, rien.
Le «parrain» socialiste de la liste
phocéenne, Charles-Emile Loo, dont
les amitiés «capitalistes» sont connues,
ne figure sur l'état des versements de
sociétés que pour 60 000 F (Socomet, Polyclinique Clairval) ; mais il a
reçu 81000 F d'amis fortunés et
26 000 F de son parti. Il fut député
de Marseille et député européen, ainsi
que conseiller régional, il est maire du
5e secteur de Marseille, mais il n'a
pas été élu député de la 4 e CIRC.
en 1993, c'est le communiste Guy Hermier qui l'a été, grâce à des voix socialistes ou modérées (et à l'abstention de 40 %). Ce candidat a
émargé chez les «capitalistes» (SECOM 91, Urcom, CGEA, etc.) pour
100000 F. Naturellement cette assistance financière n'aurait pas suffi :
il eut, donc, une aide généreuse de
ses amis et de son parti, en tout
137 000 F (en plus du coup de main
des militants communistes). Parmi les
« battus», le mitterrandiste Lucien
Vassal, maire du 8e secteur, est celui
qui a, semble-t-il, ramassé le plus de
subventions : 240 000 F (Promodes,
Arts et construction, Marsedis, Sare!
France, Marius Ferrat, SEE Gagneraud, Travaux du Midi, Friedlander,
Ets Lodi, Espace Colbert, Grands
travaux européens, Résidence St Clair,

SILIM environnement, Sté provençale
des eaux, Rokson, etc.) et R.-M. Condrieux, mitterrandiste, 67000 F, dont
10 000 F de PME (Sté Loda, Garage
Verdun, etc.).
Elu député de la 6e CIRC., contre
la FN Michèle Carayon, qui n'a reçu
aucune aide financière, le léotardien
Guy Teissier fut, au contraire, gâté par
les groupes «capitalistes» et les partis marxistes : les premiers lui versèrent 322000 F (Maintenance Méditerranée, Pérasso et fils, Entreprise
Meynier, Clinique Clairval, Travaux
du Midi, Scortica, Phinelec, Seneclauze, Brando, SMTRT, M. Launay,
Electricité moderne), et les seconds
lui apportèrent les voix de leurs partisans au second tour. Le socialiste dissident René Olmeta, ancien député,
fut financièrement aidé par une quinzaine de sociétés «capitalistes» (Malauzat et Dupin, Travaux du Midi
- déjà citées - , Pyredis, SAE Méditerranée, Leclec Marsedis, CDA,
Orangina, Café Le Noailles, Générale
de restauration, SOMESYS, Cometherm, Progéréal, etc.) pour un total
de 200000 F. Le modéré Robert
Etienne reçut, très modestement
2 000 F (Solafim, R. Gray) et le candidat du Parti socialiste,. Fernand
Pietri, un petit chèque de 500 F (de
Batig) et un plus gros : 58 000 F
(de son parti).
Eliminé dès le premier tour de
scrutin, le socialiste Michel Pezet,
député sortant de la 7e CIRC., avait
recueilli 79 000 F de dons d'amis et
353 000 F de subventions «capitalistes» (Laboratoire du Dr Deltin,
Bautiaa, Somesys, Cariane, etc.).
Le vainqueur, Bernard Leccia, RPR,
en avait, lui, reçut 55000 de diverses
sociétés (Clinique des Roches, Sté fse
d'assistance à domicile, Labo Fournier, Pinède Automobiles, Clinique
Chanteclerc, Basbous et Leroy, Gle
17. Comme il n'eut que 153 voix, des services industriels et intermédiaicela met la voix à plus de 90 F! Le
candidat modéré Isoardo, ex-candidat res), 85 000 F d'amis locaux et
114000 du parti néo-gaulliste. Son
FN, recueillit 4331 voix.

Sté Distr. Marseillaise des viandes,
etc.). L'écologiste J. Bret obtint, incidemment, 3000 F (chez Dorval) et
le fantaisiste Abderrhamane Tabet,
au nom de France Plus et des immigrés, recueillit 14 000 F chez des
particuliers et auprès de sociétés (Williams, Boucherie du Grand Marché,
Bar Select, Rapsodie, Centre méditerranéen des viandes, etc) 17. Le candidat du CNI, A.-S. Isoardo, n'eut
guère que 31 000 F (dont 30 000 donnés par l'Association des conseillers
régionaux UDF).
C'est le néo-gaulliste Renaud Muselier, conseiller général, qui l'a emporté dans la se CIRC., le «front
républicain» ayant permis de bloquer
sur son nom les voix socialistes, écologistes, communistes, centristes et libérales, ce qui lui permet de battre
Ronald Perdomo, ancien député du
Front National. La quête auprès des
sociétés industrielles et commerciales
(Seerczi, Sogep, Synerpa, Fournitec,
Polyclinique Clairval, Canavese, Laboratoire Eynau, Riverland, Zarifi,
Clinique Bouchard, Euros Distribution, Terrazi recoing, Sté méditerranéenne d'exploitation automobile, etc.)
lui avait rapporté 425 000 F, en plus
du versement de la Fédération intersyndicale hospitalière privée: 25000 F,
et des souscriptions d'amis: 68 000 F.
La socialiste Janine Ecochard avait eu
le soutien financier d'une douzaine
de sociétés «capitalistes» (Travaux
du Midi, Sté des Eaux de Marseille,
Malauzot et Dupin, Perasso et fils,
SAEM, ClEC, Séchaud et Bossuyt,
SOGEA, SAGT, Caillol, Dumez Méditerranée, etc.) totalisant 213000 F,
auxquels il faut ajouter les 15 000 F
réunis par des amis. L'écologiste Armand Touati reçut une aide approchant
90000 F (Sté des Eaux de Marseille,

23

concurrent, le caméléon Pierre - Rastoin, ancien directeur adjoint de la
Banque Martin MaureZ, a reçu une
aide financière de 420 000 F, mais les
documents officiels consultés n'indiquent pas les noms des donateurs!
Maurice Gros, candidat FN, n'a reçu
que 3 800 F d'amis politiques, et
Corine Raynaud, candidate du Parti
des travailleurs, dut faire face avec
12 000 F, fournis par des amis et par
le mouvement.
Réélu dans la 8e CIRC., le socialiste Marius Masse, a bénéficié d'un
apport de son parti: 76 000 F, d'amis
personnels: 51 000 F et de dons de
sociétés diverses: 66 000 F (Gerland,
Parquet Allais, Somaro, Menuiserie
Bareau, Ets Nadia Valette, Usine Pont
de Rousset, etc.). Ses principaux adversaires ont disposé de ressources
très différentes : le néo-gaulliste reçut
100 000 F du RPR, 60 000 d'amis
marseillais et 129 000 de firmes locales (Tuyaux Bonna, Catala, Pinède
Automobiles, Prodair, IFOPS, Calorie
Confort, Sté civile immobilière Chevalier et Cie, Performance 13, etc.);
et Yvon Claire, conseiller régional
Front National, a disposé de 8 000 F
de dons d'amis politiques. Quant à
l'écologiste Pierre Aplincourt, outre
des dons de partisans : 9 000 F et du
groupement : 17 000 F, il reçut
22 000 F de sociétés dont les dirigeants veulent protéger l'environnement (Jardinerie Marius Ferrat, SAFEGE, Procida, etc.).
Dans la ge CIRC., le député sortant communiste, Jean Tardito, maire
d'Aubagne, a été réélu; il a obtenu
deux subventions : 20 000 F de l'Association des élus communistes et républicains de La Penne, et : 40 000 F
de l'Association des élus communistes
et républicains d'Aubagne, auxquelles
s'ajoutent les dons de camarades :
280 000 F et ceux de sociétés (en
rapport avec M. le maire) : 93 000 F
(Lodolo Maçonnerie, Transport Baume, B. Miranda, Rainaut Carta Tria24

ca, Batipro, Sud-Est Chimie, etc.).
Ses adversaires, le léotardien JeanPierre Lafond, maire de La Ciotat,
disposait pour sa campagne, de
42 000 F donnés par des amis, de
14 000 F fournis par le PR, et de
477 000 F versés par des trusts et
des groupes financiers assez discrets
(les documents consultés ne donnent
que 4 noms : Electricité moderne,
Gerland, Somochauf et Campenon
Bernard, qui ont versé ensemble
95 000 F. Dissident de «droite~,
Michel Buscetti a collecté 67 000 F
auprès de firmes (Sanicollin, Méditerranéenne de nettoiement, Garage de
Centre Ville) et celui de «gauche »,
Charles Bonifay : 10 000 F auprès
d'autres (SOGENET).
Le célèbre Bernard Tapie, qui a
réussi une OPA sur le Mouvement
des radicaux de gauche et s'est présenté sous les couleurs de ce parti,
triompha de justesse dans la lOe
CIRC. à la majorité relative (44 %).
Il est difficile de dire combien ont
réellement versé les sociétés dépendant alors du groupe financier Tapie,
et aléatoire de compter sur les pièces
officielles consultées. Je ne donne
donc que les chiffres et les noms
trouvés au dossier de la Commission
chargée des comptes des candidats,
dite C.C.F.P., d'avril 1994. Sur les
727 000 F de «recettes» avouées,
32 000
F
proviennent
d'amis,
130 000 F de son parti, 22 000 F
de son propre compte en banque et
413 000 F de sociétés et groupes divers (Caillol, Bouygues - dont le
fondateur, grand affairiste, était son
ami - J and J associés, 1mmoco,
Pierre et Patrimoine, SILIM environnement, Teenflo, Automobiles Grandin, Realim, Pebehar, Productions
Marouani - cinéma et télévision Banque générale du commerce, etc.).
Le candidat néo-gaulliste Hervé Fabre-Aubrespy, qui talonna Tapie et
obtint 41 % des suffrages, ne disposait que des 2/3 du budget électoral

de son adversaire : 62 000 F donnés
par des amis, 235000 F fournis par
le RPR, 78000 F d'apport personnel
et 88 000 F versés par des entreprises
régionales (Pina, Raïola, Simonet,
Clean, Hippolyte Reinier, Desquenne,
Sabardu, etc.). Resté en piste au
2e tour, le candidat FN Damien Bariller ne reçut que 6000 F d'amis
politiques (mais fut naturellement aidé
par les militants du parti). D'autres
candidats, dont le score fut faible,
avaient encaissé des subventions plus
ou moins importantes : le communiste Roger Mei : 40000 F d'amis
et 269 000 F de sociétés «capitalistes'> (Sud-Est Chimie, Sud TP2, Martin et Cie, Polyclinique Saint-Jean,
Maçonnerie TP SA, Méridional de
peintures, Cie provençale des services publics, Pépinières Marius Ferrat,
SEREX, Pompes funièbres du SudEst, SNC Miromesnil, SATRAP,
SAEM, Sté nouvelle Roussel, EEUR,
etc.) ; l'écologiste Marie-Claire Mouyrin : 18 000 F d'amis et 15 000 F de
PME diverses (Polyclinique SaintJean, Dorval, Olivero, Etude notariale Bruno Lizée); le mitterrandiste
Christian Poitevin: 23000 F d'amis
et 160000 F de plusieurs firmes
(SOFlNSOD, SODEXHO, Delta menuiserie, Provençale, CGFTE, etc.);
même l'inclassable Jean Zailah reçut
un chèque de 25 000 F de la SA
Phocea.
Le député sortant de la 11e CIRC.,
le démocrate-chrétien Christian Kert,
fut réélu malgré la rude opposition
du FN Philippe Adam. Ce dernier
reçut une aide modeste de son groupement : 5 000 F, de quelques amis :
12000 F, et de plusieurs PME :
38000 F (Somecal, Sté 25D Sablonnaise de Domotique, Rétro glacier,
Garage des G Tours, Optique Blanc,
Bureaumatic, Restauration des Basses
Viouques, Hôtellerie des Viandes,
etc.), mais la propagande massive de
son adversaire, Kert, reçut des subventions autrement importantes

42000 F de l'UDF, 60000 F d'amis
fortunés et 221 000 F de riches entreprises (Financière d'assurances, Laboratoires Innothera, Telcet, ENIT,
Travaux du Midi, Feuillades, Entreprise Roussel, Certraix, Giraud SA,
Crater, etc.). Le radical de gauche
Marc Egloff reçut d'amis: 16000 F,
de son parti : 25 000 F et de sociétés
diverses: 300000 F (SPEL, Travaux
du Midi, SIDES, Régis Plus, Cie européenne Europe-Asie, SITEC, SAE méditerranéenne, Campenon Bernard
Sud, etc.).
Réélu dans la 12e CIRC., le député
socialiste, maire de Marignanne, Henri
d'Attilio, fut sérieusement épaulé :
il encaissa 14000 F d'amis divers,
18000 F de son parti et 294000 F
d'une trentaine de firmes régionales
connues (Sté des eaux de Marseille,
Garon Sud, Santerre, SILIM environnement, Palomarès, Sté Roussel, SORESPI, DM Construction, etc.). Il ne
triompha néanmoins de son principal
adversaire, le FN Bruno Maigret, que
de justesse (500 voix environ sur
58000 votants). Il est vrai que les
fonds de propagande de ce dernier
étaient nettement inférieurs; les amis
du Front National avaient fourni
148000 F, mais les versements de
PME (Marabis Entrepreneurs de TP,
Restaurant Le Charolais, Gips) ne dépassaient pas 43500 F. Le candidat
dissident centriste, Laurens Deleuil,
moins bien pourvu en voix, avait été
mieux doté : les « dons des personnes
physiques» (pour employer le langage de la commission de contrôle)
atteignaient 275 000 F (provenant
parfois des mêmes groupes que les
bienfaiteurs d'Attilio, comme Les Eaux
de Marseille: 50000 F, SILIM environnement: 20000 F, qui s'ajoutaient
aux dons de la Sté des eaux d'Arles:
10 000 F, de SOMEI : 20000 F, de
l'Entreprise générale de restauration
de l'hexagone: 50000 F, la Construction immobilière marignanaise :
10 000 F, les Terrassements Septi :
25

10 000 F, Degremont SA : 10000 F,
SOMETH : 10 000 F, Espaces verts
méditerranéens : 10 000 F, ERM :
20000 F, et une vingtaine d'autres
sociétés.
Le communiste Paul Lombard, député sortant, a été battu dans la
13e CIRC. par le léotardien Olivier
Darrason, de justiesse, le report de
voix socialistes ou de gauche ayant
cependant été correct, semble-t-il.
Militant des Jeunesses communistes,
puis du parti depuis quarante ans,
Paul Lombard est une personnalité
politique marquante du département :
conseiller général, il est maire de Martigues, la patrie de Charles Maurras,
et il occupait le siège de député depuis
1968. C'est probablement cette notoriété qui a valu à ce stalinien convaincu
d'aussi grosses subventions pour sa
campagne : 67000 F d'amis politiques, 15000 F de la fédération du
PCF et plus de 310 000 F de firmes
« capitalistes », PME et trusts mêlés
(Roustan-Béridot-Corrard, Travaux du
Midi, Sofi électricité, SOGEA SudEst, Sameth, Méridienne de travaux,
Cars Robert, Streichenberger, Sté routière du Midi, Cochery Bourdin Chausse, Sté Talisman, Générale de transports et d'industrie, Palomarès, etc.).
Son vainqueur, Darrason, était moins
bien servi du côté des subventions
« capitalistes» : 103 000 F (Evulca
prestations, Imagerie médicale, LIS,
Sté phocéenne d'application médicale,
Entreprise Simon, Azur industrie, Garage Diesel, CADE, SOMETSI, Sté
Fri, Multiservice, Todorovic, Evulca
Sud, etc.), mais le Parti républicain
de Léotard lui fournit près de
360 000 F et ses amis d'Istres lui remirent : 60 000 F. Le socialiste Roger
Carmoin encaissa 127000 F d'amis
et du PS, et deux douzaines de firmes
industrielles ou commerciales lui remirent au total 208 000 F (Entreprise
de maçonnerie Perez, Entreprise de
peinture Marilly, Cabinet d'architecture Rill, Méridienne de travaux 26

qui a versé une somme inférieure au
communiste Lombard - , Atrum,
Abonnement téléphonique, Euro construction, Méridionale d'électricité, Alcade, CADE, SOMEL, Gagneraud
père et fils). Hormis Patrice Gouin,
divers droite, qui reçut 43 000 F (de
«dons de personnes morales» non
désignées), les autres candidats, de
J. Rodriguez, conseiller municipal FN
d'Istres, à l'écologiste Louis Gros,
aucun ne bénéficia de la manne « capitaliste ».
C'est le diplomate Jean-Bernard
Raymond (issu d'une vieille famille
socialiste (cf. Encyclopédie Ratier),
mais poussé par Pompidou, selon Le
Monde et enrôlé au RPR), qui l'a
emporté en mars 1993 dans la 14e
CIRC. Son prestige d'ambassadeur et
d'ancien ministre, dans les milieux de
« droite», et son passage au Parti démacratique révolutionnaire de J.-P.
Sartre et D. Rousset, dans les milieux
de gauche l'ont servi, naturellement.
En tous cas, il en tira profit auprès
des «gros», qui se sont montrés
assez généreux à l'endroit de sa caisse
électorale : 335 000 F (Patrim, ORCOFI et d'autres, non désignés dans
les documents consultés), et du RPR,
qui lui a donné un chèque de
100000 F (en plus des 44000 F versés par des amis politiques). Le candidat socialiste Alexandre Medvedowsky, pourvu de 62000 F par le
parti et ses amis, encaissa 445 000 F
de sociétés «capitalistes» connues
(Campenon Bernard, Promodès PO
Prodim, Colas) et moins connues
(Mallard, Charmat, Féraud, etc.) Furent également «honorés» de subventions finaancières : le léotardien
Fernand Boulan (déjà bénéficiaire de
181000 F provenant du PR) reçut:
331000 F (Brouquier, Pintore, Mallet,
Idées Bois, Fournitec, GTM, Clinique
des 4 Saisons, Trindel, Travaux publics de la Vallée de l'Huveaupe, Tricots Mellian Bonneveine, Campenon
Bernard, Charmat - ces deux derniers

ayant versé aussi à la caisse du socialiste Medvedowshy); et l'écologiste
Yvon Roche, conseiller municipal
d'Aix: 4 500 F (G2C Environnement,
Atout Vent). Les autres, rien : ni le
FN Philippe Milliau, conseiller régional, ni le communiste Luc Foulquier,
ni le régionaliste André Guerrero ...
La 15e CIRC. conserve son député
néo-gaulliste Léon Vachet, largement
« arrosé» par le RPR et ses amis :
158000 F et surtout par les «gros»
de Châteaurenard et de sa région :
près de 290000 F (H. Ricard, Hervé
Parent, Fruitex, L'Emperi, Estelan
Résidence, Quintoli, Ets Amans, Entreprise Chavagnas, Masoni, etc.). Le FN
Bernard Meslans, le dernier candidat
resté en lice face à Vachet, ne reçut
qu'une aide de 500 F (Gribou) et un
versement de même importance de son
mouvement. Seul, Daniel Conte, socialiste, fut gratifié de chèques « capitalistes» (en plus des 30000 F versés
par le PS), en tout 63000 F (Torren-tex, Sté provençale des eaux, Baticonseil MCA, Dubonnel Castel Muro,
Techni-Plan, etc.).
Michel Vauzelle, proche collaborateur du président Mitterrand, à l'Elysée, qui comptait reprendre SOl1 siège
de député de la 16e CIRC. (abandonné quand il devint ministre de la
Justice), dut s'incliner devant sa
concurrente centriste Thérèse Aillaud,
maire de Tarascon, moins connue que
lui, mais mieux dotée : 402 000 F
(Sté arlésienne de presse, Buaga Vesiguière, SATR Les Milles, Lin Pac,
Simaine, Ceytte, Pailhes travaux publics, Sté des eaux de Marseille, SOGEA, Travaux du Midi, Colas, Someta, SODEXHO Hôtellerie, Transports départementaux, Estac Vidal,
etc.), plus 25 000 F de l'Union Démocrate, 25 000 F autres francs de
l'UPF régionale et 115 000 F d'amis
locaux. Le mitterrandiste Vauzelle encaissa 102 000 F du PS, 58 000 F
d'amis politiques locaux et 361 000 F
de diverses sociétés «capitalistes»

(Cie générale des eaux - connue
pour ses versements au journal du
parti socialiste Jalabert Loisirs,
SILIM environnement, Sté des eaux
de Marseille, Hours, André SA, Crédit Commercial de France, Entreprises
Gardiol, Cohors-Peypin, ADEF, Chargeurs, BSN Danone - ces deux derniers trusts étant animés par le social-capitaliste Jérôme Seydoux, commanditaire de journaux progressistes
(dont Le Nouvel Observateur), et
Antoine Riboux, intime de l'Elysée et
actionnaire du Monde. Aucune subventions «capitalistes» aux autres
candidats : Vincent Porelli, ancien député communiste, Gérard David, FN,
Catherine Levraud, écologiste, etc.
Les bailleurs de fonds choisissent, naturellement, leurs amis ...
CALVADOS
Député sortant de la 1re CIRC. du
Calvados, Francis Saint-Ellier, conseiller général, candidat officiel de l'UDF,
très estimé dans les milieux bourgeois
et paysans de la région, l'a emporté
aisément sur son adversaire socialiste,
Yvonnick Mével, conseiller municipal
de Caen. Les firmes normandes ont
soutenu modérément le candidat de la
droite libérale: 190000 F (SA Faur,
Masselin, Magasins Ile de France,
SNC Quelle, Dauphin, SUPAE, Letellier et CO, SEDIBEX) et ont ignoré
les autres candidats : Mével (socialiste), Ch. Langeois (communiste), Y.
Duprès (Front National), Michel Dufour (écologiste) et autres, hormis
Josette Bénard (Génération écologie)
qui reçut 7 000 F de la CGEA.
Dans ce département, qui comptait
deux députés socialistes: Yvette Roudy, ex-leader du Club Femmes 2000
et ancien rédacteur en chef de La
Femme du xxe siècle, sœur :. de la
Grande Loge de France, ministre du
gouvernement Pierre Mauroy, et Louis
Mexandeau, seul ce dernier a été
27

réélu ; puissamment aidé par -son parti
et ses amis (261 000 F) et par les
militants PS, il l'a emporté sur son
adversaire néo-gaulliste Yves Lessard,
conseiller régional RPR, qui avait
obtenu 286 000 F de son parti,
25 000 F de ses amis et 76 000 F de
diverses firmes de la région (Artec,
Normavi, Mastellotto, Caillebolis Diamond, Carrières aménagements terrassements et la filiale régionale de
SAUR). Le candidat indépendant de
droite, Pierre-Claude Le Joncour, outre une aide de son comité électoral:
181000 F, a obtenu 171 000 F de
diverses entreprises (STEN, Dieppoise
électromécanique, Général Electric,
Serco, etc.). Ni le vert A. Gruenais,
ni le communiste Marc Bellet, ni le FN
Olivier Simonot, ni l'écologiste Arlette
Vivier, ni les autres candidats d'extrême gauche n'ont reçu un «don de
personnes morales».
Yvette Roudy fut battue par le néogaulliste André Fanton, ancien député
de Paris, ancien secrétaire d'Etat, qui
n'avait pas eu de chance aux élections
de 1983 et de 1989, et qui a pris sa
revanche en 1993 dans la 3e CIRC.,
avec l'aide financière de plusieurs sociétés (Labigne équipement, Cabinet
Olivier, Raynaud textiles, Artec, etc.)
qui versèrent 72 000 F, les amis et le
RPR ayant, de leur côté, fourni
114 000 F à la caisse électorale de
Fanton. Yvette Roudy reçut 47 000 F
de trois sociétés (Lisieux distribution,
Knorr Dahl Freinage et SOVADEC)
et le libéral Philippe Jonquard :
87000 F d'amis et de firmes diverses
(Ceralnor, Graphie Conseil, Interfiltre,
SA Jonquard, AFIGEX, etc.).
C'est Nicole Ameline qui a triomphé dans la 4 e CIRC. Candidate UDRPR, elle a obtenu 65 000 F d'amis,
74000 F de son parti et 258000 F
de subventions financières (Sté des
eaux de Trouville-Deauville, SOVADEC, STEFOLI, Sté normande d'habitat, Honfleuraise de menuiserie,
Central Hôtel, CRAM, SAUR, Chanel
28

SA, Piernorman, Delamare frères, Sté
DB Participations, etc.). Le communiste Pierre Mouraret encaissa un petit chèque de la PME Legentil et
l'écologiste Michel Lamare un peu
plus de 10 000 F (Catelain, Caillebotis Diamond). Le candidat FN, Guy
Dupin, qui fut seul à affronter au second tour Nicole Ameline n'avait reçu
aucune subvention, tandis que le gaulliste dissident Gérard Pruvost, qui
a réuni moins de voix, avait obtenu
176000 F de dons d'amis et de firmes
diverses (non désignées).
Réélu sans problème dans la 5e
CIRC., François d'Harcourt jouit en
Normandie d'une renommée q:Ji facilite sa campagne électorale. La famille d'Harcourt, dont la seigneurie
fut érigée en comté en 1338, compte
4 maréchaux de France, 2 pairs de
France, 1 amiral de France et de
nombreux parlementaires dans son histoire. Les chances de ses concurrents
sont tellement réduites que les firmes
industrielles ou commerciales s'abstiennent de verser quoi que ce soit aux
candidats. Les organisations politiques
apportent un soutien modeste à leur
candidat respectif, sauf celles qui patronent le comte d'Harcourt : elles
lui ont versé 373000 F, montant des
dépenses faites par le candidat UDF.
Le parti socialiste a remis un chèque
de 20 000 F à son candidat André
Ledrain, le PCF a versé 19 000 F à
Jacques Bayon qui arborait sa couleur (le rouge 0, les groupes écologistes ont donné 13000 F à H.-P.
Bapst, les autres candidats ayant couvert eux-mêmes tous les frais de campagne, comme la candidate FN Denise
Peuch-Jabœuf, qui a dépensé 87 000 F
Illustrée naguère par le fameux
tourne-veste Olivier Stirn, que les électeurs finirent par chasser et qui fut
encore battu en mars 1993, la 6e
CIRC. (de Vire) a pour député le
léotardien René Garrec, qui a couvert ses frais électoraux grâce à l'apport de 303 000 F du Parti Républi-

cain et de groupes amis, et aussi d'une
somme de 435 000 F de source inconnue et d'un apport personnel de
48000 F (les frais s'élevèrent, en
effet, à 825 000 F, chiffre officiel
rarement atteint). Le candidat Stim,
qui avait obtenu l'investiture du Parti
socialiste, reçut 293000 F d'amis politiques et de groupes industriels et
financiers (Consortium parisien de
participation, Financière Trema, Pompes funèbres Lemerre, Commerce Gestion, IPECI Gestion, Visa Graphie,
Trema Conseil, MAClF, la célèbre
compagnie d'assurances dominée par
les francs-maçons). Aux autres candidats : le vert Jacques Leblanc, le
FN Christian Guerret, le communiste
R. Prosper-Paul, l'écologiste Xavier
Jeanne et quelques autres n'ont bénéficié d'aucun «don de personnes morales :..
CANTAL

Le département du Cantal n'a que
deux députés; tous deux aquis à la
droite libérale. Yves Coussain, UDF,
qui a été réélu dans la 1re CIRC.,
contre le socialiste René Souchon,
ancien député. Les entreprises et groupes industriels ont été plus généreux
à l'endroit du socialiste que du libérai: Souchon a enregistré 231 000 F
de dons (plus 220 000 F versés par
le PS), et Coussain : 94 000 F (amis
et sociétés réunis) et 280 000 F (subsides de l'UDF ou de groupes affiliés). Quant au candidat FN Paul Bardot, au socialiste rebelle Yvon Bec,
à la gaulliste dissidente Annie BrunetFuster, ils ont encaissé respectivement,
le 1'" (Bardot): 33 000 F du parti,
le 2" (Bec) : 35000 F d'amis et de
PME, la 3e (Brunet-Fuster) : 66000 F
d'amis fortunés et de firmes (Centre
Leclerc, Transports Ladoux, Centre
chirurgical de Tronquière, Cliniques
de la Jordanne, Batimace, SOMUTRA,
PeTrie Brandt, etc.)
Réélu en mars 1994 dans la 2"

CIRC., le RPR Alain MarIeix a
triomphé de ses concurrents avec 2/3
des suffrages. Il a bénéficié de l'aide
financière d'amis et de sociétés industrielles : 122 000 F (Candis, SOMUTRA, SERFATlM, SA Matière,
ADIR, Momaur et fils, Auvergne Maroquinerie, Chimbault Peyridieux, etc.)
et de son parti : 60 000 F. Le candidat
du Mouvement des démocrates, Marc
Petitjean, ceux du PS, Laurent Tellier, du Front National, Alice Brugue
du PCF, J.-P. Roume, des Verts,
Lionel Feuillas, n'ont reçu aucune
subvention «capitaliste». Seul leur
parti respectif a fait un apport (sauf
pour Mme Brugue et pour Roume).
CHARENTE

Dans la 1re CIRC., le maire d'Angoulême, le démocrate-chrétien Georges Chavannes a été réélu. Il a reçu
104000 F d'amis et 102000 F de
diverses sociétés (SOPAN Vieira,
M. Nordlinger, Sermat, CGP, Rémy
Cointreau, etc.) en plus de 19000 F
de l'UDF. Les concurrents n'ont encaissé aucun versement de grandes
sociétés, mais seulement de leur parti
respectif (à l'exception de Maryse
Dumeix, PCF, de Renzi, néo-gaulliste
dissident, et de Reverault, verts, aidés
par leurs amis personnels).
C'est le président du Conseil général, Pierre-Rémy Houssin, RPR, qui
a été réélu dans la 2e CIRC.; il a
reçu une aide moyenne de ses amis :
87000 F, de son parti: 101000 F
et de plusieurs grandes firmes régionales : 107000 F (Figesco, Nordlinger, Tonnelerie Vicard, Rémy Martin, Colas, SOPAN Viera, Gibert, Distillerie Veron, etc.). Les candidats des
autres formations ont été aidés souvent par leur parti, mais n'ont reçu
aucun aide financière des banques
ou des trusts, sauf Loriaux, Verts :
25 000 F (Sandoz, Coved, etc.), et
Georgel, écologiste : 90 000 F (Derolmar, VMO).
29

Petit-neveu du président Mitterrand,
le député sortant socialiste, Jérôme
Lambert, a été battu, dans la 3e
CIRC., par le RPR Henri de Richemont, maire d'Etagnac : le premier
n'avait reçu qu'une aide modeste de
ses amis : 30000 F, de son parti :
66 000 F et de quelques trusts :
70 000 F (dont 50 000 F de Bouygues) ; le second guère plus: 76000 F
d'amis fortunés, 172 000 F de son
parti et 62 000 F de groupes financiers et industriels (Destampes, Dist.
des Morsans, Domaine Cormier,
SAUR, etc.). Parmi les autres candidats : le communiste G. Raynaud,
le FN Michel Tessier, l'écologiste
Yves Manguy et le libéral UDR Michel Marmand, seul ce dernier émargea pour une faible subvention (en
plus des 21000 F versés par des
amis) : 4000 F (Cognac Gautier,
Branchu).
La surprise a été grande dans la
4" CIRC. : c'est la victoire électorale
de Jean-Claude Beauchaud, maire socialiste de Gond-Pontouvre, l'ancien
suppléant du fameux J.-M. Boucheron (ci-devant maire d'Angoulême,
député socialiste sortant, qui a fui la
justice française en Argentine). Il
n'avait obtenu que 21 % des voix
au 1er tour; il en recueillit plus de
51 % au second, battant le néo-gaulliste Bernard Vergès. Il faut dire que
ce dernier fut peu aidé par les firmes
du coin: 34000 F (Kit Bois Mr Bricolage) et modérément par son parti,
le RPR, et ses amis : 122 000 F;
et les candidats de la « droite ~ étaient
trop nombreux. Le centriste Jean Mardikian reçut un peu moins de l'UDF
et des amis : 97 000 F et seulement
35 000 F des sociétés industrielles ou
commerciales locales (Carat SA, Marbrek, Gpt int. professionnel arménien,
etc)., et Alain Schmit, « divers droite ~,
obtint 306 000 F de subventions amies
et « capitalistes ~ (Vitalité 2000, Bouygues, Euro RS RSCG). L'élu socialiste Beauchaud encaissa 29 000 F de
30

son parti et 95000 F de ses amis et
de firmes régionales (Degremont, SCR
Angoulême, Hervé Thermique, SOGEA Atlantique, Acierond, Renau
Plâtre, Grammatico TP, etc.). Les
autres candidats, le FN Michel Boulager, le communiste Lapleuriel, l'écologiste P. Debien : rien.

CHARENTE MARITIME
Dans la l'" CIRC., l'ancien affilié
de la Trilatérale, Michel Crépeau,
maire radical de gauche de La Rochelle, n'a pas résisté à la vague qui
a déferlé sur la gauche. Soutenu financièrement par ses amis personnels :
36000 F, par son parti : 100000 F,
il reçut une aide financière: 118 000 F
de sociétés connues (Stéréau Challenger, Procine, Galeries Lafayette, Picoty, Prisunic, Multipop, Hôtel du
Port, etc.). Le néo-gaulliste qui l'a
battu, Jean-Louis Léonard, maire de
Châtelaillon-Plage, a été mieux doté
que lui : 395000 F (Affichage Giraudy, Cie des eaux de Royan, SAT,
Colas, CGFTE, J. Coda et Cie, Rateau, STEC, Santé Demain, SOGEA
Atlantique, Perrotin Automation,
Union patronale UPI, etc.) en plus
d'un apport de 150 000 F du RPR.
Le FN Maurice Catalan enregistra
une collecte amicale de 550 F, le communiste Jacques Bessière, 25000 F
versés par le PCF et des amis, le « divers droite ~ J.-F. Douard: 42000 F
de diverses sociétés (Atelier Blu, Euromère, Hexo Santé, Résines Services,
etc.) et l'écologiste André Dubosc,
outre 17 000 F de son organisation :
67000 F de plusieurs firmes (Groupe
LG, SA Billard, Sté angerienne de
peinture, Atelier Blu, SOGEA Atlantique, Animation et Gestion, Monetel,
etc.). Abondamment pourvu de fonds
par son parti et par ses amis :
285000 F, Jean-Guy Branger, député
sortant UDF de la 2e CIRC., émargea
aussi aux caisses financières, commerciales et industrielles de la région :

63 000 F (SAUR, Clinique Pujos,
Glac, Brochard et Gaudichet, SARO,
Café de la Paix, SIBCAS, etc.). Ses
principaux adversaires, le MRG JeanFrançois Fontaine, et le FN JeanFrançois Galvaire, qui obtinrent un
pourcentage très honorable de suffrages, n'avaient reçu qu'une aide financière modeste de PME et de diverses
associations : 24 000 F pour le premier (Milano, Fountaine Pasot SA,
Delrieux Omega), 9000 F pour le
second (Ile do Dis, Comité de soutien
au libéralisme).
Après une dure bataille, le député
sortant de la 3e CIRC., le socialiste
Roland Beix, a été battu par le radicalsocialiste Xavier de Roux : le premier
avait encaissé 107 000 F d'amis fortunés et de diverses firmes (SEC Travaux publics, Graphos, Cie générale
des eaux, Streichenberger, SOGEA
Atlantique, etc.), le second: 95000 F
(Dubreuilh, Centre Leclerc, Berteau
Distribution, Cie général des eaux,
cette dernière plus généreuse avec
celui-ci qu'avec celui-là). Aucune subvention « capitaliste;1) aux autres candidats : le FN Edouard Marteau, le
communiste Marcel Thomas, l'écologiste Dominique Godineau ...
Très largement subventionné par
son parti et les entreprises de la région,
le PR Dominique Bussereau a retrouvé dans la 4 e CIRC le siège que lui
avait ravi le futur ministre socialiste
de l'Intérieur, Philippe Marchand. Il
avait été sérieusement doté par une
quarantaine de grandes sociétés et
d'amis (en plus des 72 000 F versés
par l'UDF et le PR) : 539 000 F
(Polyclinique St Georges de Didonne,
Futurlift, Distribution ditonne, Estaca,
Nicollin, Brink's, CGFTE, Distillerie
de la Cure, Distillerie Chevanceaux
R. Martin et Cie, SOGEA Atlantique,
CITRAM littoral, Dumez, SOCAE
Atlantique, Plastic Omnium, SNC Migault, etc.). Ses adversaires semblent
avoir été négligés par le Grand Capital : la communiste Michèle Car-

mousse a reçu 7 000 F de son parti et
de ses amis, l'écologiste Ch. Bultel :
5 000 F environ, et le FN Alain Bellu :
800 F d'amis et d'une PME (David
Construction).
Le vieux gaulliste Jean de Lipkowski a été naturellement réélu député
de la 5e CIRC., contre le socialiste
Henri-Georges Dubois. Le premier encaissa 40 000 F du RPR et 100 000 F
d'amis et de sociétés diverses (Thermical, Pujos SA) ; le second 107000 F
(CREA, SARC, SA Publicité, CITEC,
etc.). Les autres candidats : le FN
Pascal Markowsky reçut 4 000 F d'une
PME (Ile d'Oléron) et 5 000 F du
Comité de soutien au libéralisme,
l'écologiste Pascal Revolat, 5 000 F
(de la Sté industrielle de construction),
et l'indépendant Vincent Tourne :
55 000 F (Cie des eaux, GETEBA,
Nicollin et CO).
CHER

Le «Gros Argent;1) a diversement
traité les trois circonscriptions du
Cher : généreux ici, pingre là. Dans
la 1re CIRC., Jean-François Deniau,
forte personnalité UDF, président du
Conseil général, a peu reçu des firmes et des amis : 10 100 F (A udiot
Coquin, Bridier Finance Organisation)
et ses concurrents par davantage :
le communiste Maxime Camuzat :
25000 F (Streichenberger, SAUR),
le «naturaliste;1) Cl. Pham Trong :
3 000 F (d'amis et de la Sté AMT
Berry) ; le FN Jean d'Ogny : 500 F
(d'une PME), les écologistes Jean
Crotté : 700 F d'amis) et Romain
Banquet : rien.
Mieux dotés dans la 2e CIRC., les
candidats ont reçu, respectivement :
Franck Thomas-Richard, élu député
PR du Cher : 234 000 F (amis divers
et sociétés : Bridiel Finance Organisation, Dusser Hemon, Meubles Salsac, SODEXO, SAUR Pedelabade,
Transports Bernis, etc.); le communiste Jacques Rambault : 129 000 F
31

(amis et trusts : Cie des eaux et de
l'ozone, SOBEC); l'écologiste Jean
Rousseau : 428 000 F (de trusts :
SPOT, Cie des eaux et de l'Ozone,
Novame, Streichenberger, GSM Ouest
Pays de Loire, SAPRIM, Vierzon distribution); Max Albizzati, indép. de
droite : 220 000 F (amis et sociétés :
Goblet, RIC Recyclage, Fédération
Bâtiments Travaux Publics, FNEE,
UCF, etc.) et deux divers : Claude
Debeda: 16000 F (amis et Récupération Centre), et Hatuey Berdarco :
35 000 F (Réalisations de dispositifs
publicitaires) .
Serge Lepeltier, conseiller général
RPR, a battu dans la 3 e CIRC. l'ancien ministre socialiste Alain Calmat
(ex-Kalmanovitch - décret du 5 octobre 1949), brillant champion de patinage artistique; le vainqueur avait
empoché - en plus d'une aide d'amis :
64 000 F et du RPR : 85 000 F une somme de 459000 F provenant
d'une douzaine de firmes (TPFl, Techroba, H. Bonnichon SA, B. Danjon
SA, UPlC, Centre électrique entreprise, Berry Peint. Miroiterie, Sté NUe
TVH, Ets Genet, SA Dherret, etc.)
et de la Chambre syndicale métallurgique du Cher. Calmat, lui, reçut
79 000 F du PS, 58 000 F d'amis politiques et de firmes (dont Laumonnier
et fils) et l'écologiste Yves Barrière :
10000 F d'amis et de PME (Renon
entreprise, Berry Peinture et Laumonnier). Aucune subvention «capitaliste» aux candidats communiste J.-Cl.
Sandrier, FN François Drougard, indépendant Philippe de Bonneval et
trotskiste Michèle Perronnet.
CORREZE

La défaite des socialistes en Corrèze a été cuisante : aucun candidat
du PS ne siège plus à l'Assemblée
Nationale. Dans la 1re CIRC., le
député socialiste sortant François Hollande, pourtant richement pourvu :
70 000 F du PS, 66 000 F d'amis
32

politiques de la région, et 154000 F
de diverses société «capitalistes»
(Francis Lefebvre, Douze pour l'entreprise, Colas, Trarieux Rogard SA,
SOL Viandes, SNC Assistance et
Conseil, Flemary, Caves et producteurs réunis de Roquefort, etc.) a été
battu par le néo-gaulliste RaymondMax Aubert, financé par le RPR :
262000 F, par ses amis fortunés :
72 000 F et par des firmes connues:
65 000 F (Ets J. Maugern, Travaux
Rogard - qui a versé aussi 20 000 F
au socialiste - , Serrureries Menuiseries Pinto, Talamona Rogard, Cochery
Bourdin et Chausse, Dubin Swieca et
Loze, Lim tours Finances, etc.). Seul
autre bénéficiaire de dons «capitalistes» : le communiste Jean Combasteil,
maire de Tulle, qui encaissa 26 000 F
(dont 20 000 F des Ets Trarieux Rogard, lesquels versèrent la même somme au candidat RPR). Rien aux
autres : le FN Francis Ducreux, les
écologistes Collandan et Danielle
Martin étant seulement aidés par leurs
amis et leur groupement.
L'homme fort de Brive, la girouette
gaucho-gaulliste Jean Carbonnel, député sortant, a été piteusement éliminé dès le premier tour dans la
2e CIRC., bien qu'il fut généreusement financé par son comité «majorité présidentielle»
(mitterrandesque!) : 100000 F, par ses amis et
obligés du coin : 28 000 F et, surtout,
par les grandes affaires de la région :
293000 F (INOR SA, Miane et Vinatier, A liard, SOCAE, COPRECO,
SAUR Bouygues, Streichenberger, R.
Siorat, Liants du Sud-Ouest, Flamary,
Parouteau Entreprise. Omnium Traitement, Cochery Bourdin et Chausse,
etc.). Le néo-gaulliste Bernard Murat,
conseiller général, élu député, a été
largement «arrosé» par le RPR :
314 000 F et par les amis et les firmes du département : 204000 F
(A liard, Nofigein, Cognac Bernard,
Parouteau Béton, Miane et Vivatier,
Siorat, Burger and Burger, Lomatic,

Sté corrézienne - d'entreprise et de
construction, etc.). Le socialiste Philippe Nauche a reçu 63 000 F d'amis
et de sociétés (Be tee, Entreprise de bâtiment Boireau) plus 47000 F du
PS, et l'écologiste J.-P. Massios un
petit chèque de 500 F d'amis et autant de la PME Vins Sautair. Rien aux
autres, le FN Guy Rayval ayant payé
de sa poche les frais électoraux, hormis 10 000 F versés par son parti.
Dans la 3" CIRC, Jacques Chirac,
maire de Paris et chef du RPR, aspirant président de la République, a
triomphé sans peine de ses aJyersaires. Ses dépenses électorales, relativement modestes: 138 000 F (officiellement!) ont été largement couvertes
par le parti : 123 000 F, les amis :
111 000 F et diverses firmes: 62 000 F
(dont les noms ne sont pas révélés).
Sauf la socialiste Bernadette Bouzai,
qui encaissa 10000 F de la SOCAE
COPRECO, aucun des adversaires de
Chirac n'a reçu une aide financière
« capitaliste », ni la FN Marie-Madeleine Bonneau, ni le communiste Ch.
Audouin, ni les écologistes A.-M.
Beneix et S. Bonavent.
CORSE DU SUD
Les élections, en Corse, sont toujours un problème, on y dépense
autant ou plus qu'ailleurs, et l'argent y a toujours eu beaucoup d'importance. Avant la guerre, le milliardaire François Coty, parfumeur et
non-conformiste, après avoir dépensé
des dizaines de millions de francsPoincaré, fut invalidé. Ayant agi de la
même manière - mais il était de
« gauche» - le richissime sénateur
Lederlin, qui réalisa une fortune colossale dans les blanchisseries et les
teintureries, s'en tira fort bien : il fut
membre du conseil d'administration
de 64 sociétés entre 1919 et 1933. Son
fils Serge Lederlin épousa la fille du
baron d'Eichthal, financier connu. (La
dynastie financière des Gillet, de

Rhône-Poulenc, a absorbé le trust
Lederlin).
Président du Conseil général et
maire de Grosseto-Porticcio, José
Rossi, député UDF sortant, a été réélu
haut-la-main, dans la 1re CIRC.,
contre Nicolas Alfonsi, indépendant,
également conseiller général et, lui,
maire de Piana. Tous deux reçurent
une aide financière des «gros» :
Rossi émargea pour 120 000 F dans
quatre sociétés industrielles (Petrocorse, SED, Buromag et Cie des eaux
et de l'ozone) - en plus de 20000 F
donnés par des amis et de 356000 F
fournis par son parti; Alfonsi reçut
24000 F d'amis et de firmes opérant
en Corse (Sté ajaccienne de change
et Buromag - cette dernière contribuant pour 20 000 F). Le communiste
Paul Borelli encaissa 1 500 F de deux
PME (Mufraggi Saatem et Battistini
Corticchiato) plus 15 000 F de son
parti et 20 000 F d'amis divers; l'autonomiste Pierre Poggioli : 20 000 F
de diverses sociétés (Corse Publicité
Affichage, Boulangerie moderne, Maison du corail), 28000 F d'amis plus
ou moins favorables à ses tendances
et 14000 F de son organisation,
l'Accolta Naziunale Corsa. Le régionaliste Alain Orsini couvrit ses frais,
s'élevant à 90 000 F, grâce aux contributions de son mouvement MPA :
21000 F, de ses amis : 36000 F,
et aux versements de plusieurs PME :
32 000 F (Arts e Opara, A Setta, Parfumerie Laetitia, Entreprise François
Leca, Gaggianelli, Nivaggoini et fils,
Ets Plaisant et Rocca Transports).
Aucun «don de personnes morales»
pour les candidats FN Michel Terramorsi, Ghjuvanni Biancucci, Corsica
Nazioni, et le socialiste J.-F. Profizi.
C'est naturellement le néo-gaulliste
Jean-Paul de Rocca Serra qui fut
réélu dans la 2e CIRC. de la Corsedu-Sud. Il reçut 20 000 F d'une Société d'études et de développement,
151 000 F de divers amis et 40 000 F
du RPR. Le régionaliste J.-D. Vespe-

33

rini obtint 31 000 F d'amis et de
sociétés diverses (Carrosserie Casanova, Sté insulaire de diffusion, Baracci automobiles, Cumpania di Sviluppu
Corsu, etc.) et 21000 F du Mouvement pour l'autodétermination; André
Serra couvrit ses frais grâce à l'aide
financière de ses amis et de son parti
l'ANC : 50 000 F, et de cinq PME
(Giraud électricité, Royal Palm, Super
Relais, Seys Mireille et Maison du
Corail) : 20 000 F. Le FN Jean-Baptiste Paccni régla la note de sa poche,
aidé par quelques amis qui versèrent
1000 F.
HAUTE-CORSE

Le radical de gauche Emile Zuccarelli, ancien ministre, maire de Bastia,
a été élu, en mars 1993, député de la
l·e CIRC. Affilié au Grand Orient de
France (cf. Encyclopédie Ratier), cidevant président du MRG, il l'a emporté au second tour sur le PR Jean
Baggioni, conseiller général et maire
de ViIIe-di-Pietrarabugno. Ils ont reçu
tous deux une aide financière d'amis
et de sociétés: Zuccarelli : 160 000 F
(Vendasi et Cie, Sté industrielle générale menuiserie agencements, Clinique San Ornello, etc.), plus 20 000 F
du MRG; Baggioni : 73 000 F (Ets
Grimaldi, Muraccioli Cie). Subventions de sociétés à d'autres candidats:
Antoine Gandolfi, indépendant de
droite : 75 000 F (lntertrans lE,
Transports bastiais, SA Gandolfi et
fils); Massimu Simeoni, Corsica Nazione : 5 000 F (Vanucci); MarieJosée Bellagamba, MPA : la 000 F
(TPTRT, Alliance Lumi Corsi, SODIPRE, Profil Cuisine). Le FN Claude
Leonardi a réglé personnellement les
45 000 F de frais de la campagne.
Le Pied noir Pierre Pasquini, avocat
originaire de Sétif, d'abord député
gaulliste (UNR) de la l·e CIRC. des
Alpes-Maritimes, a été élu député
RPR de la 2e CIRC. de la HauteCorse dès 1978 (siège conservé avec
34

des interruptions) et réélu en mars
1993. Il a été aidé financièrement par
son parti : 40 000 F et des amis :
15 000 F, mais sans apports de sociétés industrielles ou commerciales.
Son adversaire principal au second
tour, Paul Patriache, indépendant de
droite, a obtenu des subventions de
plusieurs grandes sociétés: 170 000 F
(Chaudronnerie industrielle, Trageco,
Buromag, Petit Vatel, SGCB, Muraccioli, SOCOMATRA, Pozzo di Borgo).
Autres candidats : Edmondu Simeoni,
CN, a reçu d'amis et de sociétés :
18 000 F (SNC Martinez et Cie, Papeterie Papazian), le communiste Riolacci et le FN Octave Jacob-dit-Luzie
ont réglé leurs dépenses, le premier
avec l'aide d'amis et du PCF, le second
de sa poche.
COTE-D'OR

Département conquis par les libéraux et les gaullistes, la gauche n'a
plus aucun siège de député dans les
cinq circonscriptions.
Robert Poujade, un vieux du gaullisme, a été réélu dans la l·e CIRC.
dès le premier tour, sans grands efforts. Il est le seul des candidats à
avoir reçu l'aide financière de firmes
régionales, aide d'ailleurs modeste,
comme si les «gros ~ se désintéressaient de ce qui pouvait survenir à
Dijon! Poujade a encaissé 54 000 F
d'amis, 114 000 F du RPR et 35 000 F
d'une dizaine de sociétés (Entreprise
dijonnaise, Rebourseau Super V, Central Hôtel, Clinique Ste Marie, Sté
F. Brandon, Armurerie Darcy, Mornand et Ruinet, Paul Rosa et fils,
Entreprise Paquet). Le socialiste Jacques Rebsamen a couvert ses dépenses avec le produit d'une quête auprès des amis et un apport du PS.
Daniel Cousin FN a fait face, lui,
avec son compte en banque, le communiste Claude Pinon a reçu 60 000 F
du PCF, et le trotskiste Yves Hollinger, 20 000 F de son organisation.

Réélu au 1er tour dans la 2e CIRC.,
le néo-gaulliste Louis de Broissia, fils
du général de Froissard de Broissia,
directeur général du quotidien Le Bien
Public de Dijon, est député depuis
1988, date à laquelle il a battu le
socialiste J.-B. Viallon. Ses ressources financières, modestes, ont surtout
consisté en dons d'amis politiques et
de subventions de PME, en tout
94000 F (Val Rex, Boudier, Collot,
Trilégumes, SIHT Altia, Clinique Ste
Marthe, Paquet, Entreprise Grosse,
etc.). Son adversaire principal, la
socialiste Colette Popard, a reçu
31 000 F de son parti et 35 000 F
d'amis, dont la PME Sté Pelavit.
Marc Bergerot, le candidat du Front
National, a payé, seul, ses frais de
campagne : 58 000 F.
Les libéralités « capitalistes ~ ont bénéficié, dans la 3e CIRC., aux deux
principaux candidats : Louis Brenot,
qui avait reçu l'investiture du CNI, et
Roland Carraz, député sertant, présenté par le Parti socialiste 18. Le
premier a émargé pour 120 000 F chez
les «gros» (SADE, SOGEDO, Léon
Grosse, Gerland, EURL Henry, Entreprise dijonnaise, etc.) avec le second
pour 87 000 F (SOGEDO, SPIE TrindeI, Vermot, etc.) avec une subvention de 40 000 F de l'Association des
élus socialistes. Le candidat FN Charles Cavin, l'écologiste Alex Juredo, le
communiste Marcel Yanelli ont payé
de leur poche, d'autres candidats étant
aidés par leur groupe respectif.
Dans la 4e CIRC., le PR François
Sauvadet a battu le radical de gauche
Jean-François Hory, président du
MRG. L'un et l'autre ont reçu une
aide financière des firmes régionales
dont certaines ont été citées précédem18. Ancien partisan de Chevènement
(CERES), il lâcha le député de Belfert

pour rallier la majorité socialiste favorable à la guerre du Golfe. Il fut néanmoins l'un des cinq socialistes qui
votèrent contre la ratification du traité
de Maastricht.

ment; le premier, outre 166000 F de
l'UDF, a encaissé 124000 F d'une
quinzaine de firmes (CITREM, Delerce Marche, Entreprise Paquet, Léon
Grosse, SDEI, Hugonnet, etc.), et le
second, en plus des 186000 F versés
par son parti, a reçu 42000 F de
diverses sociétés (Paul Rosa, CITRA
Sud-Est, SNEL, Entreprise Touchelet,
etc.). A part le candidat indépendant
Diano, qui encaissa 800 F de la PME
Ponzo, aucun autre candidat - ni le
FN Georges Hansberger, ni le communiste J. Garcia, ni l'écologiste J.
Lazzarotti - n'a reçu une subvention
« capitaliste».
Battu par le néo-gaulliste Alain Suguenot, conseiller régional, dans la
5e CIRC., le député socialiste sortant,
François Patriat, qui fut en délicatesse
avec le PS en 1981, reçut une aide
financière de certains trusts de la région : 147000 F (SAUR Bouygues,
Via/rance, Corbet, Novergue, etc.);
son adversaire Suguenot encaissa
249000 F de diverses sociétés (SIMA,
Entreprise H. Rougeot, Vigneron Cluzeau Chiron, Carrières de Nantoux,
SODIFOR, Ecadère, Marché au cuir
de Dijon, etc.). Rien aux autres candidats : P. Jaboulet Vercherre, FN,
Sophie Bouchard, Verts, Eric Davillerd, PCF - ce dernier reçut 59 000 F
de son parti.
COTES-D'ARMOR

Après avoir élu cinq socialistes sur
cinq députés les Côtes-d'Armor n'en
comptent plus qu'un.
Dans la 1re CIRC., c'est le néogaulliste Christian Daniel qui a remplacé le socialiste Yves 00110. Tous
deux ont reçu des subventions de
PME : Daniel a encaissé, outre
75 000 F du RPR et 104000 F d'amis
politiques, 27 000 F de diverses sociétés (Fajar, Elec Auto, Clinique de la
Gare, Traiteurs briochins, Jacadi, Charansol, Modern Bureau, Hellio poids
lourds, etc.) et 00110 : 50000 F de
35

deux sociétés (CITEC environnement
et GTI Via Transports), en plus de
100 000 F du PS et 7 000 d'amis.
Sauf le communiste Derian, qui obtint
9 000 F de sociétés (SA Bernard Jan
et autres) et 10 000 F du PCF, et
l'indépendant Gérard Gauthier, qui
reçut 14 000 F de diverses entreprises
(S.H. Imprimerie, He/ary, ADA, etc.)
et le révolutionnaire (PT) Le Moigne,
qui émargea pour 4 800 F, aucun candidat ne fut aidé financièrement par
des trusts. Le FN André Bourges et
ses adversaires verts, écologistes et
autres ont supporté personnellement
les frais de campagne.
Le socialiste Charles Josselin a
conservé son siège dans la 2e CIRC.,
financièrement aidé par le PS :
135 000 F, serré de près par 1'UDFPR René Benoît, qui reçut de son
groupe 138 000 F. L'aide «capitaliste» s'est limitée à ces deux candidats : 13 000 F (Daniel Gautier, Lable, Clinique Legrand), pour le premier, et 88 000 F (Sablières du Bois
Hus, Groupe Amice Socquet, SAUR
Bouygues, Cie dinardaise des eaux,
Construction Bretagne Loire, Entreprise Barbe, Développement et Services, Crêperies de Locmaria, Lemenant SA, etc.) pour le second. Ni l'écologiste B. Hesry, ni le FN Charles de
Boishamon n'ont obtenu de subventions «capitalistes»; la communiste
N ennot a reçu la modeste somme de
500 F (Michel Sports).
Battu par le RPR Marc Le Fur, le
député socialiste sortant de la 3e
CIRC., Didier Chouat, avait bénéficié
d'un apport de 102 000 F du PS et de
2 000 F de subvention de deux PME
(Fideco, Danet), ses amis versant
44 000 F. Le néo-gaulliste Le Fur
reçut 39 000 F de diverses sociétés
(Tregordis, Le Bras d'Argent, Boschat,
Roze, Le Grand, Nouet Bio Armor,
SOCA V AL, etc) et 100 000 F du
RPR. Le démocrate-chrétien Sébastien Couepel encaissa 107 000 F
d'amis et d'une douzaine de sociétés
36

(Tregordis qui versa la même
somme: 10 000 F qu'au candidat néogaulliste - , SOGES, Lucas SA, groupe Anice Soquet, déjà vu. Helary, Lefeuvre, Sté des eaux de l'Ouest, etc.).
Les autres candidats : le FN PierreMarie Launay, le communiste G. Le
Cam, l'écologiste Raymonde Brochet,
etc. furent ignorés des «personnes
morales ».
Ces dernières ont été plus généreuses avec les candidats de la 4" CIRC. :
le dissident RPR, Daniel Pennec, qui
l'a emporté, avait obtenu une bonne
contribution (193 000 F) d'amis et de
PME (Ets Botrel, Helary, Diskuiz,
SAMI Ouest, Comet's, Nevez, Bâtimenst Le Gallic, Ets B. Jan, Ets Roger
Pennee, etc.) en plus des 125 000 F
versés par son comité; le socialiste
Maurice
Briand
avait
encaissé
61 000 F d'amis et de sociétés diverses (Celtigel, Helary, Ets Botrel
également donatrices du libéral); le
communiste Christian Le Vergé, aidé
par son parti: 42 000 F, accepta un
don de diverses sociétés (Gilbert Leyzour, Helary, Bernard Jande); le
démocrate-chrétien Y. Le Moigne fut
gratifié de 19 000 F (quête d'amis et
apports de sociétés: SOFRAMA, HeLary, Ne/o Keltia) en plus de 5 000 F
de l'UDF. Rien aux autres, sauf aide
d'amis personnels.
Le socialiste Pierre-Yvon Tremel,
député de la se CIRC. depuis 1988,
n'a pas conservé son siège : il a été
battu par le démocrate-chrétien UDF
Yvon Bonnot, maire de Perros-Guirec.
Assez largement aidé par son parti :
142 000 F, Tremel l'a également été
par ses amis et les firmes du département: 60 000 F (Le Goff Le Dantec,
Celtigel, Carrières de Tremoven Rault,
Poidevin SA, Rollester). Bonnot, qui
a été élu, a bénéficié de 1'aide UDF:
20 000 F, et de dons d'amis et de
sociétés : 120 000 F (Bâtiment et
granit, ARC, SODA M, SOLARI,
Constructions Bretagne-Loire, etc.).
Sauf Yves Chapelain, indépendant,

qui reçut de Sodexon 2 000 F, aucun
autre candidat n'a été « honoré» d'une
aide financière de firmes, ni le communiste Hervé Le Bars, ni le FN
Raymond Blanc, ni l'écologiete Denis
Baulieu...

CREUSE
La Creuse, naguère de gauche, a
basculé du côté gaulliste. Bernard de
Froment, RPR, a battu le socialiste
André Lejeune, dans la 1re CIRC.
L'un et l'autre n'avaient pas manqué
d'argent pour financer leur campagne : le gaulliste avait reçu 180000 F
de son parti et 60000 F d'amis et de
sociétés (Fradim réalisations, Grands
travaux), le socialiste avait obtenu
l'aide du PS : 12 000 F en plus de
celle des amis et de groupes industriels: 210000 F (Stenle TAPAG,
Propeco, Meuble Pinson, Colas SudOuest, Entreprise Lestrade, Carré et
fils, Avenir Electrique, SA EERB,
Entreprise électrique, Picoty, SAUR
Bouygues, etc.). Hormis le démocratechrétien Pierre-Henri Gaudriot, que
diverses firmes ont aidé: 113000 F
(DOMAS, SAEM, Degremont, SOGEA, Ets Bayard, TP Centre, SA
Gaudriot, etc.), aucun autre candidat
n'a obtenu de dons de sociétés « capitalistes », ni Marie de La Chapelle,
FN, ni o. Warin, écologiste, ni R.
Labrousse, communiste ...
Même Aubusson, jadis fief « ouvriériste » a chassé son représentant socialiste: le député sortant de la 2e CIRC.,
le socialiste Gaston Rimareix a été
battu par le dissident i1éo-gaulliste
Jean Auclair, maire de Cressat, le
gaulliste officiel RPR, Thierry Ratelade ayant été éliminé au r e tour. Ces
trois candidats ont, seuls, émargé aux
caisses des firmes commerciales ou
industrielles: Ratelade pour 14000 F
(Cabinet Gaudriot, Garage Raffault,
Patry Laudenet, Garages Lacourie,
EDM, Cadillon, Lestrade, etc.) ajoutés
aux 141000 F versés par le RPR;

Auclair pour 1 000 F (Sté AGAD),
ajoutés au 70000 F du comité électoral et aux 51 000 F donnés par des
amis; et Rimareix, pour 235 000 F
(SOCAE, COPRECO, ETPRC, SOTRAMA T, Sté Fabre, Colas SudOuest, Entreprise industrielle S, SNlP,
Banque Hydro Energie, etc.) s'ajoutant aux 8 000 F du PS. Les autres
candidats : Max Roux, FN, rien (sauf
18 000 F du parti); le communiste
A. Teissedre, rien (4000 F du parti) ;
le Vert Damien, rien (23 000 F du
mouvement); M.-H. Delacroix, rien
(10 000 F des Nouveaux Ecologistes) ...
DORDOGNE

Raz de marée gaulliste en mars
1993 : les marxistes sont balayés par
les chiraquiens. Dans la 1re CIRC.,

François Roussel, maire RPR, de Neuvic-sur-l'Isle, est élu, et le socialiste
Bernard Biouloc, maire de St-Barthélémy, écrasé. Tous deux avaient reçu
une aide importante des firmes régionales : Roussel : 285 000 F d'amis
et de sociétés (Soldatout, Périgord
Pneus, H. Deluc et Cie, Brout, Entreprise Dagand, Magasins de l'Ile-deFrance, ERCTP, CBA, Le Privilège,
Brézac artifices, Galeries du Périgord,
etc.) et 219000 F du RPR; Bioulac :
143 000 F (Laurier et fils, Disper,
ETDE, Christian Deparge, Marolie
lntermarché, Dagand, STR, Charente
Poitou, Diesper, etc.). Pas de versements «capitalistes» aux autres candidats : Salon, PCF; Chantal Michadou, GE; Jacques Ricard, FN; etc.
La 2 e CIRC. a donc changé de
député : le gaulliste dissident Daniel
Garrigue, conseiller général, a damé
le pion à l'UDF Katherine Traissac, et
remplacé l'ex-socialiste (devenu chevènementiste) Daniel Suchod, entré à
l'Assemblée Nationale en 1980 comme suppléant du socialiste Michel
Manet, devenu sénateur (battu en
1986, élu de nouveau en 1988). Ces
trois candidats ont reçu une aide fi37

nancière : Garrigue, d'amis- et de sociétés : 79000 F (Atelier de la Rivière, etc.); Traissac, d'amis et de
sociétés: 69000 F (Fou/chet Delbos,
Centre Europe Format) et de l'UDF:
210 000 F; Suchod, d'amis et de sociétés : 82 000 F (Lamassiaude, MAC
Immobilier, Treichenberger, etc.) et de
diverses sources inconnues: 110000 F.
En dehors d'eux, ont reçu une aide
notable : le socialiste Renaud Boisvert, d'amis personnels et de firmes
diverses : 125 000 F (Entreprise de
Biasi, Disper, Peiratout, SERA, l.-L.
Marcillac, Grano Trans, ADEFl, Ruiz,
etc.), plus 81 000 F du PS; la communiste Irène Sapin, d'amis et de sociétés : 27000 F IAmbulances Moribot, CASADO plastic, etc.), plus
41 000 F versés par le PCF ; le « chasseur ~ André Goustat, maire de
Mauzac-et-Grand-Castaings, d'amis :
16000 F, et de CPNT 24 : 17000 F.
Les autres: le FN Gérard de Lesquen
et divers : rien.
Le néo-gaulliste Frédéric de SaintSernin, dans la 3 e CIRC., bénéficiant
au second tour des voix de droite, a
battu le communiste René Dutin, l'un
et l'autre ayant obtenu une aide financière d'amis et de sociétés «capitalistes ~ : Saint-Sernin : 147000 F
(Euro-group Participation SA, Augeix, SGEM Paris, Bouygues, etc.),
en plus des 201 000 F du RPR; et
Dutin : 108 000 F (Bonnefond, etc.),
plus 21 000 F du PS. Le radical-socialiste Claude Laviale a encaissé
20 000 F de diverses firmes (Travaux
publics R. Montagut, Entreprise Dubreuilh, SCREG Sud-Ouest) et le socialiste Bernard Cazeau : 121 000 F
d'amis fortunés et de firmes industrielles ou financières (SODEPIS, SOLANDIS, Brives construction, Beaumont, ETP Laurière, Entreprise loubert, Sté lamot, Branover Entreprise,
STMB, Bonnefond, SOGEDO, Eveil
du Riberacois, etc.). Les autres : le
FN Michel Courtois, l'écologiste A.
Vidal, etc. : rien.
38

Dans la 4e CIRC, le champion mitterrandiste du Périgord, Roland Dumas, appuyé cependant par les loges
maçonniques dont il est l'affilié et par
quelques amis ou firmes (comme la
SDVF et lntermarché) qui lui versèrent : 271 000 F, et par le PS, dont il
était le candidat et qui lui apporta :
60 000 F, a été largement battu par
le néo-gaulliste Jean-Jacques de Peretti, qui reçut du RPR : 144 000 F,
d'amis fortunés : 18 000 F et de
firmes régionales: 435000 F (CEO,
Fabrimaco, SCREG - qui a donné 4 000 F au radical-socialite Laviale - , SOCABEVl, ERCTP, Colas
Sud-Ouest, Fabrication électronique de
la Dordogne, Cypriote, Testut frères,
groupe Delmon, Ars 2000, Patrick
Granet, Sarlat Distribution, Giraud SA,
Pompes funèbres Papon, Maury et fils,
Equip Auto, Hôtel du Centenaire, Forestières agricole Bugoise, Peuch et fils,
Talco Périgord Limousin, Pharmacie
Poisson, Lagarde-Charpente, Bamatel,
Entreprises lorat, Héraut SA, etc.).
Sauf le communiste Louis Delmon, qui
encaissa 82 000 F d'amis fortunés et
d'une demi-douzaine de sociétés «capitalistes ~ (Bernard Bruno, La Havane, Mercer Vaunol, Lasserre SA,
Sté sarladaise de construction Vaunal) ,
aucun autre candidat ne fut pareillement aidé, ni l'écologiste M.-O. Dauriac, ni le FN Gérard de Lesquen, ni
le radical Ph Labroue, et autres.
DOUBS

La Franche-Comté n'a guère conservé de socialistes. Dans le Doubs, ils
ont été totalement éliminés. Le néogaulliste Claude Girard a battu le
député sortant PS de la 1re CIRC.,
Robert Schwint, maire de Besançon,
tous deux largement aidés par divers
groupes «capitalistes ~ ; le premier a
reçu 379000 F d'amis fortunés et de
firmes (Monts lura, Entreprise Roger
Martin, lnfotonie Girod Valparc, Gil-

lot-Jeamboùrquin, Groupe 1000, El.
internationale SA, SACER, STD, Baronchelli, Breton-Desservy, FrancheComté étanchéité, Technilog informatique, Lino Confort, Sainlot, SNC Pertuy,
Franche-Comté
bureautique,
etc.); le second a encaissé 16000 F
d'amis et de divers trusts (SAUR
Bouygues, Chantirs modernes, SECIP,
Voyagence, Sté française de signalisation, ainsi que le Groupe 1000 et
la Sté Saintot, qui ont fait un versement analogue au gaulliste Girard).
Mais les autres candidats, comme le
FN Robert Sennerich ou le communiste J.-P. Adami, n'ont eu qu'une
aide modeste et seulement de leurs
amis; aucune subvention «capitaliste» .
Dans la 2e CIRC., le démocratechrétien Michel Jacquemin, député
UDF sortant, a triomphé aisément du
socialiste Jean-Louis Fousser~t, tous
deux bien dotés par les firmes de la
région. Le CDS Jacquemin, .n plus
de 23 000 F d'amis et de 86 000 F
de l'UDF, a émargé pour 169000 F
auprès de sociétés prospères (Groupe
1000, Kesser, SANI Est, AGIBAT,
Ami services, Béton Desservy, CRI
KERN, Franc-Comtoise d'entreprises,
Franche-Comté étanchéité, Guillin,
Feg, ltineris, M.B. Aménagement,
Micro Mega, Reboud Roche, etc.),
et le socialiste Fousseret a reçu
147000 F de divers amis et groupes
« capitalistes» (Chantiers modernes,
SECIOP, France Plus Publicité, etc.)
et 80 000 F du PS. L'écologiste J.-Ph.
Gallat a encaissé 32000 F (du trust
SAUR Bouygues et des sociétés Cuenot et fils, Groupe 1000, Vermot, Curien, etc.). Le FN Raymond Billaud,
en dehors d'un petit apport de son
mouvement, a réglé de sa pùche les
frais engagé: 57000 F, tandis que la
communiste Evelyne Ternant faisait
face à ses dépenses avec l'aide J"amis :
7 000 F, et du parti : 23 000 F, et
l'écologiste André Nachine payait les
siennes avec l'aide d'amis qui lui en

fournirent les trois cinquièmes
18000 F.
Dans la 3e CIRC., le député socialiste sortant, Guy Bêche, bien que
doublant son score, n'a pu conserver
son siège; l'aide reçue d'amis et de
diverses firmes: 79000 F (Giobbini,
Bouillet, Joaillerie Riceputi, Parietti,
Voyagence, Plâtrerie Pargaud, SAMRI, etc.) ne lui permit pas de se faire
entendre comme il l'aurait souhaité, et
c'est la néo-gaulliste Moniqu.~ Rousseau qui, mieux dotée, l'emporta: son
budget atteignait 400000 F, dont
145 000 F fournis par le RPR et
253 000 F par des amis et des sociétés
industrielles ou commerciales (Mettey,
Dolei, Clemessy, SMADEC, Stéphanoise de service public, Wegiersky,
SERFATIM, Cie Gle d'espaces verts,
Climent et fils, SAGEC Aleys, Parietti, Mobilier européen, Heuliez Bus,
Strasser, etc.). Le démocrate-chrétien
Marcel Bonnot reçut d'amis et de sociétés diverses : 39 000 F (Stiefvater,
Lescot, Sabbagh, Clausse, ES/,
ETEIM, etc.). Mais le FN Léon Colino
dut régler de sa poche ses dépenses,
près de 50000 F, et le communiste
Joseph Adami, soutenu par les militants, se débrouilla avec les 26 000 F
fournis par le parti.
L'ambitieux et habile Pierre Moscovici, fils du psychosociologue d'extrême gauche Serge Moscovici, comptait bien s'emparer du siège de la
4 e CIRC. Il avait, pour cela, quelques
atouts précieux : trésorier du Parti
socialiste, il avait obtenu 85 000 F
en même temps que l'investiture de
cette formation, ainsi qu'une aide financière : 451 000 F de grosses sociétés (Bouygues, Thermical, Centrale
d'entretien, etc.). Bref, il disposait
d'un réseau de militants influents et
du budget le plus important des candidats en lice. Il fut cependant battu
par le néo-gaulliste Jean Geney, cadre
de chez Peugeot, qui disposait également d'une forte cohorte de militants
et d'une aide financière suffisante :
39

135 000 F fournis par le RPR et
100 000 F versés par des amis et des
sociétés financières, industrielles ou
commerciales (Hardy, Cuenot, SODIAM, Zurfluh Feler, Stiefmaten,
Haas, Climent et fils, MID, Dolci,
Rerat, Alpha, Wagner, Etudes Jacques, Sulzer NFRA, etc.). Parmi les
candidats les mieux placés, deux notamment lui ont taillé des croupières,
soit comme adversaire déterminé, soit
comme concurrent : le FN André
Jacquot, sérieusement soutenu par les
militants nationalistes mais sans aide
financière, et l'écologiste-gauchiste
(SEGA) Serge Paganelli, pourvu d'un
budget de 324 000 F versés par des
amis et surtout par de grosses firmes
« capitalistes» (Briot, Magnin Bernard, Monts Jura Autocars, Heuliez
Bus, Cochery, Cie Gle des travaux,
Ecarot, Feuvrui, Selli, SPCP, Antonietti, SAMRI, SATD, Pargaud, Miglierina, etc.).
Député néo-gaulliste sortant dans
la 5e CIRC., Roland Vuillaume a été
réélu au premier tour, des amis et des
sociétés régionales lui ayant fourni
quelque argent : 126 000 F (Vermot,
VIDOR, Cerutti Robbe), ainsi que le
RPR : 51 000 F. Moinsi bien épaulés
que lui, le socialiste Yves Lagier,
maire de Pontarlier, et le FN Michel
Devillers firent un bon score: le premier disposait d'un budget fourni en
majeure partie par le PS et des sociétés «capitalistes» (SAUR Bouygues,
De Giorgi Construction, SA HD Diffusion, Streichenberger, etc.), le second
d'un porte-monnaie modestement rempli : 49000 F et d'une troupe militante dévouée. Aucun des autres candidats ne reçut d'aide financière de
sociétés.

DROME
Le département a été conquis, en
mars 1993, par ce qu'on appelle abusivement la «droite». Le RPR Patrick Labaune a battu le député socia40

liste sortant Roger Léron. Disposant
d'une aide financière plus importante
que son adversaire, le candidat néogaulliste sut profiter de la mauvaise
presse des socialistes; sa propagande
fut percutante : avec un budget de
328000 F, dont 197000 F provenant
de subventions de sociétés (Clément
Jalon, Billon, Joubert, Hubert Chapon, Colas, Thomes constructeurs,
Travaux thermiques, Groupe ICBT,
Lafuma, Balir, GST Aleatel, SOFAPAL SA, Gascon Electro industrie,
Michelard, Entreprise Salée, etc.), on
peut faire tirer des milliers de journaux et de tracts. Moins efficace, celle
du socialiste Léron ne permit pas le
rétablissement souhaité. Pourtant, les
« gros» du département s'étaient
montrés généreux avec lui : en plus
des 42 000 F versés par le Parti
socialiste et les amis, il avait encaissé
290000 F de diverses sociétés (Beugnet, Maillard et Duclos, SLEC, Auxiliaire d'entreprises Rhône Alpes et
Centre, Joubert, Entreprise 26, Scribick, Grands travaux du Forez, etc.).
Aucune subvention «capitaliste» aux
autres candidats, ni au FN René Lauer,
ni à l'écologiste Annie Viel-Puech,
ni à la communiste Yvonne Allegret.
Le radical-socialiste Thierry Cornillet, maire de Montélimar, investi
par l'UDF, triompha du député sortant de la 2e CIRC., le sociailste Alain
Fort, suivi par le FN Albert Rosset,
le vert J.-P. Morechaud, le communiste Pierre Trapier et le CNI Franck
Maisonnat. Seuls les deux premiers
bénéficièrent d'un appui financier des
« gros» : 154 000 F pour l'un (Bellon,
Audigier, Phenix industries, etc.),
49000 F pour l'autre (Audigier, TrindeI, Aselec, Gerland).
Dans la 3e CIRC., Hervé Mariton
investi par l'UDF-RPR, a battu, en
mars 1993, le socialiste Henri Michel,
un mitterrandiste actif, qui l'avait luimême battu en 1988. Les amis du président étant généralement fortunés, Michel est un «socialiste milliardaire»,

gros propriétaire de vignobles (selon
Le Canard enchaîné du 15 août 1990,
il obtint que la SNCF détourne le
tracé du TGV pour que la ligne de
chemin de fer ne traverse pas les
vignes de sa commune 1). Il n'en fit
pas moins financer sa campagne électorale par le PS : 20 000 F, des amis :
11 000 F et des sociétés industrielles
de la région: 136 000 F (SPEI Trindei, Colas Rhône Alpes, Teyssier père
et fils, Sté chimique de la route, Gerland, Entreprise 26, Mas d'Auge,
Entreprise Coursange). Son vainqueur,
le polytechnicien Mariton, bénéficia,
lui aussi, d'une aide financière importante: 88000 F (Energie Service,
Contact, Tarriot, Sanit chauffage,
GFC, SA de la Valdaine, etc.) qui
s'ajouta à l'apport de l'UDF; il eut
du mal à devancer, au 1er tour, le RPR
Michel Faure, lui aussi bien pourvu
de fonds par son parti: 88000 F, ses
amis et quelques sociétés : 47 000 F
(Bâtiment élevage Masson, Moyroud,
Clier, SOCOVA Concassage, etc.).
Les autres candidats durent surtout
faire appel aux militants et au parti :
l'écologiste Gérard Vedrines reçut
néanmoins 17 000 F de GE, le FN
Geogres Carlot obtint une aide matérielle - les « gros bras» du Front et le communiste J.-P. Rambaud envaissa une subvention du PCF de
52000 F.
Le député sortant de la 4e CIRC.,
le maire socialiste de Romans, Henri
Bertholet, fut battu par un membre
de sa municipalité, Georges Durand,
investi par l'UDF et le PR, qui lui
fournirent les fonds: 158 000 F (que
les «gros» ne lui avaient pas procurés) : les 24000 F versés par les amis
fortunés et les sociétés (Entreprise 26,
Cheval Frères) auraient été insuffisants. Bertholet, lui, émargea sans
complexe aux caisses «capitalistes»
pour 197 000 F (Gerland, Pitavit,
SODEXO, Jean et Huillier, Sté routière, Valette Romans, Streichenberger,
etc.). Le candidat FN Bernard Pinet

et le vert Denis Donger payèrent de
leur poche les frais électoraux, tout
comme l'indépendant CNI Richard
Muller et le candidat du Mouvement
des citoyens Victor Magnin.
EURE
Affrontant, au second tour, le FN
Jean-Pierre Lussan, le néo-gaulliste
Jean-Louis Debré, fils de l'ancien Premier ministre, a été réélu député RPR
de la 1re CIRC., siège qu'il occupe
depuis 1988. (L'Encyclopédie Ratier
note qu'il vota, en janvier 1991, contre
l'engagement des troupes françaises en
Irak, à la différence de son frère Bernard qui jugeait que Sadam Hussein
et son gouvernement devaient «disparaître» ). Considéré au sein du
RPR comme l'homme de Chirac,
J.-L. Debré semble jouir d'une certaine popularité à droite et chez les
nationaux. Le RPR lui a accordé une
subvention de 81 000 F et il a reçu,
d'amis et de diverses sociétés (Cochery Bourdin, Engel SA, SOGEA Normandie, Groupe Eriau) , un total de
93000 F. Son adversaire du second
tour n'a reçu aucune aide de firmes
industrielles ou commerciales. Le radical de gauche Daniel Guérin, parachuté par le MRG, bénéficia également d'une subvention patronale :
60 000 F (Sérète Construction, Daia
Vera, Sté Kee, Bouygues) et la candidate communiste Andrée Oger, reçut
800 F de la PME Soudet.
Le socialiste Alain Bureau (député
sortant de la 4 e circ.), qui espérait
prendre le siège de la 2e CIRC. de
l'Eure, échoua dès le 1er tour. (Il avait
encaissé de la CFTV un chèque de
10 000 F.) C'est la RPR Catherine
Nicolas qui a été élue, seule en lice
au deuxième tour. Elle avait obtenu
107 000 F de subventions du RPR
et 8000 F de deux sociétés (SMDC,
JPV La Vendeville). Le candidat UDFPR Bernard Blois fut financièrement
soutenu par diverses firmes: il reçut
41

d'elles 56 000 F (SOGEA, STEC, Cie
des eaux de la banlieu du Havre, Sté
des eaux de Picardie, Domaine de
Beaumont, JPV La Vendeville). Le
communiste Michel Leblanc reçut
5 000 F de la SOGEA Normandie, et
Anne Mansouret (Mouvement des
Réformateurs) 10 000 F de l'Association Pont-Audemer. Le FN Yves
Dupont obtint 8 000 F de son parti
et 12 000 F d'amis politiques.
Le record des bénéficiaires de subventions «capitalistes:. dans l'Eure
est détenu par l'élu UDF-PR de la
3e CIRC. Ladislas Poniatowski, fils
de l'ancien ministre, qui recueillit,
outre 32 000 F d'amis et 156000 F
de son parti, 583000 F de vingt-cinq
trusts ou banques (Princip, SOCIM,
Kali Ste Thérèse, 12 pour l'entreprise,
ACCOR, Desquenne et Giras, Grands
Magasins B, Générale d'images, Crédit
Mutuel cent., Saint-Louis, Centrale
d'investissements, Laboratoires Glako,
Modern Bureau, SAUR Bouygues,
Lyonnaise des eaux Dumez, IDI, Banque Finindus, GTA, Gras Savoye,
SIS P., Financière Lille Orsay Solférino, SEPl, Alcatel Alsthom, etc.).
Aucun de ses adversaires dans cette
compétition électorale n'a obtenu de
subventions « capitalistes:., ni Francis
Courel, «divers gauche:., ni JeanLouis Destan, PS, ni Marc Froidefont,
FN, ni l'écologiste Michel Rissouche,
ni le communiste Fernand Emult. ..
Comme si Ladislas Poniatowski était
passé le premier et avait tout pris pour
lui. Il fut naturellement réélu, avec les
2/3 des suffrages exprimés.
Tour à tour : journaliste chargé du
service de presse de la CFDT, puis du
Parti radical-socialiste et co-fondateur
du MRG, François LoncIe a aujourd'hui rejoint le PS. Candidat socialiste
dans la 4e CIRC (que représentait
son suppléant Alain Bureau, PS), il fut
battu par le candidat UDF Bernard
Leroy - les autres candidats étant,
notamment : Paul Chauvelin, FN;
Gaëtan Levitre, PCF; Bernard Das42

son, « verts :. ; Pascal Carlus, NE, etc.
C'est LoncIe qui eut la plus belle
« couverture:. financière : 285 000 F
recueillis auprès d'amis et de plusieurs
trusts (Bouygues, Boehringer Ingeleheim Alimentaire, GA, Gitec environnement, Rimor SA, Vezin et Cie, Entreprise RiUiez, Laboratoires Janssen,
etc.). Le centriste B. Leroy disposait de 290 000 F versés par deux douzaines de sociétés industrielles ou commerciales (CIA, CERI SA, CIRMAD
Prospectives, Erlab DFS, Sté du bal
champêtre, SCREG Ile de France,
CRYO Diffusion, Financ. Pool Action, Waldner, etc.) et de 72 000 F
donnés par de généreux amis. Sauf
le communiste Levitre, qui reçut un
chèque de 6 000 F d'une PME, la
société EDIP, aucun des autres candidats n'émargea chez les « capitalistes :..
«A Vernon, note le rédacteur du
fascicule du Monde, (<< Elections législatives 1993:.), le candidat du Front
National obtient près d'un tiers des
suffrages, face à Claude Asphe
(RPR).» Ce dernier, au second tour
dans la 5e CIRC., n'avait plus que
Guy Dugres, FN, contre lui. Faisant
bloc sur le nom d'Asphe - ou s'abstenant - , les libéraux et les marxistes, au nom de l'antifascisme, assurèrent la victoire du candidat néo-gaulliste, qui avait obtenu 89 000 F de
subvention du RPR, 92000 F d'amis
fortunés et 293 000 F d'une douzaine
de grosses sociétés (Quille, Vermadis,
Cie des eaux de banlieue, Sté A. Loheac, SA des Prés, Bourdon Glairot,
Ets Guichaux, Entreprise James, etc.).
Le socialiste Pascal Lamy, député
sortant, battu, avait reçu 130000 F
du PS, 65 000 F d'amis fortunés et
320000 F de groupes «capitalistes:.
(Dynaction, Omen, Saint-Louis, Crédit Commercial de France et Cie Gle
des eaux, dont les bontés pour la presse
socialiste sont connues (cf. Lectures
Françaises). A l'exception du FN Guy
Dugrès, qui reçut 800 F (Sté Picardo),
et du communiste Marcel Larmanou,

maire de Gisors, qui émargea pour
200 000 F (chez LOGIREP), aucun
des autres candidats n'obtint une aide
de firmes industrielles ou commerciales.
EURE-ET-LOIR

Le socialiste Georges Lemoine, député sortant de la 1re CIRC., secrètement soutenu par le Grand Orient
auquel il est affilié, n'a pas été réélu;
il était député de Chartres depuis
1978. Bien que disposant de ressources financières plus importantes que
celles de ses adversaires ou concurrents : 513 000 F (Dallavera, Lesens
électricité, Sfanexel, Dexel, SDMO,
Cofreth, Esys Montenay, Renault
Chartres, SEPT Industries, Sotraser,
SCR, APCOA Parking, Inter Promotion, Via Transports, etc.), plus les
20 000 F du PS et 500 d'amis chartrains, Lemoine fut battu au 1er tour
par le néo-gaulliste Gérard Cornu, qui
bénéficia d'une aide généreuse des amis
et firmes de la région : 216 000 F
(Sitrans, Brette immobilier, Huilerie
de Beauce, Sté chimique de la route,
Renault Chartres - mais la moitié
de la somme donnée à Lemoine! Sodichar, Labo Lucien, Gino Bortolussi, Ternois épuration, Bordet, SA
May, etc.). Hormis de petites souscriptions au candidat de gauche YvesPierre Plassard, amis fortunés et sociétés: 6 000 F (Les Changes, Eumail,
Style Abat-jour), aucun autre candidat
n'a bénéficié de la manne «capitaliste» : le FN Denis Daude, arrivé
troisième, le vert Gérard Laboureur,
l'écologiste Renée Campioni, le communiste D. Padois n'ont reçu aucune
aide des trusts (le dernier ayant bénéficié toutefois d'un apport de son
parti: 11 000 F, et d'amis: 4 000 F).
Dreux, le chef-lieu de la 2e CIRC.
qui fait parler de lui à chaque consultation en raison du punch des Stirbois
- d'abord Jean-Pierre, décédé « acci-

dentellement » 19, puis son épouse
Marie-France a failli avoir un
député Front National. M.-F. Stirbois
fut battue de 105 voix par le RPR
Gérard Hamel, sur qui la quasi totalité des partis de centre droit, les
libéraux et les gaullistes ce qui était
naturel, mais aussi la gauche et les
marxiste, ce qui l'était moins, on
appelé à voter pour le candidat néogaulliste. D'une part, les grandes firmes « associèrent» les candidats RPR
et socialistes
Hamel recueillit
369 000 F auprès d'une soixantaine
de «gros» de la région (Moulins de
Chérisy, Banque Hieaux, Fiduciaire
de l'Ouest, Les fils de M. Royneau,
Pinault Beauce, Ets Chanoine, STAD
SA, Le quai d'Orsay, Genestaux,
TSO, Atelier Poisson d'Arbigny, Pelliculages de l'Ouest, Clinique néphrologique, SECCMB, CEES, SDTP,
JLT SA, SAVIDIS, Cie européenne
Audit, RDSI, Vernissage de l'Ouest,
Miroiterie Josse, Sté du Haut Venay,
Sté Lagarde, Sté Desjardins, Gouget
et Cie, Bernardin, Verbooum Durouchard, Herbert frères, Hydroénergie)
Labo Progra Pharm, Groupe Bouygues, Beaufour, Drouaise de construction, SODEM, Nervet Brousseau, Dalla Vera (qui versa 200 000 F après
avoir donné 50 000 F à Lemoine !)I
LeteUier, Dreux bâtiment, COMA SEC
international, Claude Chanal, Elhypharm, ERG, etc.) ; le socialiste Ro<
ger Bambuck, soutenu par le Grand
Orient dont il fait partie, compte tenu
de son peu d'utilité, reçut 60 000 F
d'amis et de sociétés (Clôtures Legendre, S.A. Musci, Sté Lagarde) et
131 000 F du PS. Les autres candidats
ne reçurent rien des firmes régionales.
C'est le candidat UDF-PR Patrick
Hoguet qui l'emporta dans la 3"
CIRC., battant le député sortant Bertrand Gallet, socialiste. Ce dernier eut,
pour tout viatique 72 000 F du PS,
19. Personne n'y croit dans les milieux nationalistes.

43

talistes », mais seulement 210000 F
du Parti socialiste et 59000 F d'amis
aisés. L'indépendant de droite, Marc
Becam, reçut 71000 F d'amis et de
firmes régionales (BDB Hyperburo,
H ema Technologies, Bonneterres d'Armor, CA PIC, Charpentier Armen,
CMA, Laboratoire J. Riou, etc.). Tous
les autres candidats: Michel Dor, FN,
Piero Rainero, PCF, l'écologiste Catherine Stachy, le trotskiste Michel
Manach furent ignorés des caisses
« capitalistes », sauf le candidat de
l'Union Ecologie Démocratie, Pierre
Delignières, qui reçut 10000 F de la
SEDE.
Le socialiste Joseph Gourmelon,
député sortant, a dû céder son siège
de la 2e CIRC. au RPR Bertrand Cousin, pour qui l'UDF Yannick Marzun
se retira au 2e tour. Ces trois candidats étaient talonnés par le vert Danel Malengreau et le FN Bernard
Pacreau, un médecin nationaliste
connu de Brest. Ce dernier reçut une
aide de son parti : 10 000 F et aucune d'amis fortunés ou de sociétés
« capitalistes», tout comme Malengreau, aidé seulement par des amis :
FINISTERE
2 000 F. En revanche, Gourmelon
encaissa 115 000 F du PS et 39 000 F
Des quatre sièges occupés par les d'amis et de deux firmes (Gicquel
socialistes dans le département bre- Hyper Lannion, Caves centrales breston, un seul a résisté à la poussée toises), le centriste Marzin reçut
libérale, gaulliste et démocrate-chré- 104000 F de l'UDF, 56 100 F d'amis
tienne.
politiques et 253 000 F de grandes soDans la 1re CIRC., le député sor- ciétés (Trecobat, SARU, Hyperallye,
tant, Bernard Poignant, maire socia- Bouyer Duchemin, SA Courte, IDS
liste de Quimper, a été battu par le région sud, Dijjotel, SIRIAL, Pigier,
néo-gaulliste André Angot, maire Iroise 2005, Labo Degan, etc.) et
d'Edern. Ce dernier bénéficia d'une 40000 F de la Fédération syndicale
aide du RPR: 167000 F à laquelle pharmaceutique; le vainqueur, Cous'ajoutent: 218000 F d'amis fortu- sin, directeur général adjoint de la
nés et de firmes (Parangon, SOREBA, SOCP RESSE (groupe H ersant-FigaroCollin, Imprimerie Archant, Virbac, France-Soir) totalisa 437000 F, soit
Miroiterie de l'Ouest, Imbretex, Gai- 144 000 F du RPR, 23 000 F d'amis
die Loheac, SAUR Bouygues, Carriè- fortunés et 270 000 F de firmes régiores de Binic, Guichard, Pennarun, nales (Palace Immobilier, Theba,
Guerrot traiteur, SARU, Comoda, VBRR, SAUR, MAB construction,
etc.). Le premier, Poignant, n'eut au- ETDE, SA Courte, GTB, Bouyer Ducune aide (connue) de firmes «capi- chemin, Briton, Industrielle du Ponant,

33000 F d'amis et de l'A DEFI. En
revanche le centriste Hoguet reçu\
58000 F d'amis et de sociétés «capitalistes» (Huileries de Beauce, Vannier et jils, May), et l'écologiste JeanFrançois Anquetil bénéficia d'une aide
financière de 75 000 F (Blanchisserie
Poulard, Solly Azar, SICA). Arrivé
troisième au 1er tour, le FN JeanRoger Thioux ne bénéficia d'aucun
« don de personne morale», de même
que les autres candidats, plus ou
moins aidés par leurs amis ou leur
formation politique.
Réélu dans la 4 e CIRC., l'UDFPR Maurice Dousset eut une aide
financière de ses amis : 8 000 F et
de son organisation: 80000 F, ainsi
que de deux PME : 55 000 F (Lagarde, Loir-et-Cher enrobés). Son ultime
adversaire, la FN Marie-Renée Maissen, n'eut d'aide ... que de son propre
compte en banque. Le socialiste J.-Y.
de Franciosi reçut une aumône des
Etablissements Leclerc : 204 F et
45 000 F de son parti, et le communiste Jean Hardy : 12 000 F du PCF
et 3 000 F d'amis.

44

Bausson, etc.). En dehors de l'aide
d'amis, les autres candidats ne reçurent aucune subvention.
Le néo-gaulliste Jean-Louis Goasduff a conservé son siège, dans la
3e CIRC. Il avait reçu une aide du
RPR: 72 000 F, de ses amis: 1 700 F
et de grandes sociétés : 152 000 F
(Camprenon Bernard, Via France,
Eaux de l'Ouest, ETDE, SlLL, RaUye
Super, A vicole de Croas Prenn, Carrière de Binic, Bausson, etc.). Ses
concurrents : François Cuillandre, fut
aidé par le PS : 105000 F, ses amis
et une société (Scop Techni Chauffage) ; l'indépendant de droite, Marcel
Le Floch, reçut 83 000 F d'amis et de
firmes (Gervais, Techni Chauffage,
LegaU, Entreprise Courte, ERS, OPUS
ALCATEL, Bret Net, Bouyer Duchemin, SIRIAL), mais les sociétés
ignorèrent le vert Michel Briand, le
FN Olivier Morize, le communiste
Daniel Maloisel et les autres candidats.
Battue dans la 4e CIRC. par le
démocrate-chrétien Arnaud Cazin
d'Honincthun, maire de Morlaix, la
socialiste Marylise Le Branchu avait
utilisé au mieux, pour sa propagande,
les fonds recueillis auprès de son parti: 72 000 F, et de ses amis: 24 000 F,
ajoutant 68000 F d'argent personnel.
Mais le ressentiment contre le pouvoir
socialiste était trop fort pour que ses
appels soient entendus. D'autant que
son principal concurrent, Cazin d'Honincthun, soutenu par la presse régionale, disposait d'un trésor de guerre
important. Avec un budget de
433000 F, dont 278000 F provenant
de grandes sociétés (Brit Air, Crédit
Commercial de France, Parfinance,
Paris La Fayette, SICAMOB, Via
Transport, Forclum, SARU, Eaux de
l'Ouest, Intertechnique, Cil Gle des
eaux, Goarnison, Gaby Becanton, etc.),
on peut multiplier tracts et journaux,
mobiliser des agents électoraux. Ses
adversaires ne pouvaient lui résister
avec le maigre budget dont ils dis po-

saient : l'écologiste J.-P. Le Morvan
avait reçu 6 000 F de son mouvement
GE, et le FN Claude Carmin, 8 000 F
de son parti ...
Charles Miossec, RPR, député sortant et président du Conseil général,
fut réélu sans problème dans la 5e
CIRC. Le maire socialiste de Landernau, Jean-Pierre Thomin, et les
autres concurrents ne l'ayant jamais
beaucoup inquiété. Quelques sociétés
régionales lui fournirent 27 000 F
(Sopal, Godee, SA Louis Gad),
l'UDF: 32000 F, et ses amis :
29 000 F. Beaucoup plus que n'en
eurent le socialiste Thomin (44 000 F),
le vert Gérard Borvon (3 800 F), le
FN Jean-Louis Le Hir (7 700 F), ou
la communiste Marguerite Pibouleau
(19000 F).
Secrétaire d'Etat à l'intégration du
gouvernement socialiste, Kofi Yamgnane, maire d'une bourgade bretonne,
fut battu au second tour par le démocrate-chrétien Jean-Yves Cozan, député sortant, qui jouit d'une réputation
sans tâche dans la 6e CIRC, et qui
disposait d'un budget atteignant
431 000 F, dont 87 000 F donnés par
des amis et 325 000 F versés par des
sociétés industrielles ou commerciales
(Imprimerie Archant, Brittany Ferries,
Form, Gervais, SA MA T, Marberich,
Sté Traiteur Yann, Le Bras Camus
Faou, Britton SA, Ligavan, Le Bras,
MAB Construction, etc.). Les autres
candidats, du communiste Daniel
Cre off au FN Eric Calméjane, ne
pouvaient guère compter que sur quelques dizaines de milliers de francs,
hormis l'écologiste Alfred Corne, à
qui son mouvement a versé 30000 F.
Le socialiste Kofi Yamgnane, luimême, bien que sous-ministre (en
exercice, alors), n'avait pu recueillir
que 200000 F, dont seulement
43 000 F chez les «capitalistes ~
(Entreprise H. Bausson, Logis breton,
Campe non Bernard, MCA Scop, etc.).
Le député sortant Ambroise Guellec,
lui aussi chrétien-démocrate, a été
45

réélu sans difficulté dans la 7e CIRC., Labo de bromotologie, Transports
malgré la multiplication des candida- Bernard, Transports Le Meur, etc.)
tures et l'émiettement des voix - ou et 200 F chez les religieuses de Trepeut-être en raison de cela? - Il a gunc. Candidat indépendant de gaugagné 5 points depuis les élections de che, Yvon Queroué reçut 22 000 F
1988. A lui seul, son budget de pro- de sociétés (Négri frères, Sté civile
pagande électorale dépassait ceux de financière) .
tous les autres candidats réunis. Sur
les 359000 F mis à sa disposition, GARD
269 000 F provenaient d'amis fortunés, de PME et de trusts (Sté d'améFils de petits commerçants de Nînagement urbain et rural, SOGEA mes, titulaire d'un CAP de tailleur,
Bretagne, SBEE, Sté Yves Le Pape et ancien coupeur-styliste chez Jourdan,
fils, Pen Ar Bed, Ets J. Furic, Britton, Jean Bousquet, devenu un homme
SAT, Sotrasser, L. Planzennec, Euro- d'affaires avisé et le patron de Capro, Eaux de la presqu'île guéran- charel, l'un des premiers du prêtdaise, SARU, Eaux de l'Ouest, etc.). à porter, maire de sa ville natale et
Aucun autre candidat n'avait reçu un député sortant UDF depuis 1986, a été
franc d'une société financière ou in- réélu en mars 1993 dans la 1re CIRC.
dustrielle, ni le socialiste Daniel Bouër, Fidèle au serment prêté par les dirini le communiste Guy Laurent, ni le geant de sa tendance à la maçonnerie
FN Marcel Saoutic, ni l'écologiste du B'naÏ B'rith, il s'est solennellement
Bernard Liguen : quelques milliers de engagé à ne «jamais conclure d'acfrancs de leurs amis ou de leur mou- cord avec le Front National:1>. Au
second tour de scrutin, il s'est donc
vement tout au plus ...
Les socialistes n'ont conservé un retrouvé face à face avec Lorrain de
siège dans le Finistère que grâce au Saint-Afrique, FN, qui le suivait de
ministre Le Pensec, dont la laideur près et il a réussi à le battre en ralsympathique bouleverse, dit-on, les liant les voix qui s'étaient portées sur
filles et les épouses de pêcheurs! des candidats de gauche au 1er tour.
Vieux militant de gauche, ancien de Profitant ainsi de suffrages marxistes,
l'UNEF et des Bonnets Rouges, il re- cet «homme du centre» a également
présente la 8e CIRC. depuis 1973 bénéficié de l'appui financier des
remplacé par intermittence par son grandes compagnies industrielles ou
suppléant Le Bris. Cette fois, en mars financières : 484000 F (SONEVIE,
1993, il n'a été réélu que de justesse Jean-Louis Couderc, SADE, Electro
(50,54 % des suffrages); il avait été Industrie, Alimentation Générale Cidevancé au pr tour, par le « divers gale, Groupement métalliers, Sarzterne,
droite» Jean Lomenech, et talonné Streichenberger, EEUR, etc.) et de
par le FN Claude Le Coze et le vert l'UDF : 10 000 F, ne dépensant de
Michel Bleucher. Les dons des entre- sa poche que 1 800 F! Le candidat
prises industrielles ou commerciales FN de Saint-Affrique ne reçut que
ont été fort modiques dans cett.! cir- 2000 F d'amis politiques; le «diconscription - comme s'ils étaient vers gauche» Bernard Sertier: 1 000 F
inutiles. Le Pensec en obtint pour de la PME Pantel, l'écologite Joseph
1500 F (EURL ACPAU, Fer Jac- Alcon : 26 000 F de trois sociétés réques) ; J. Lomenech recueillit 56 000 F gionales (Roche père et fils, Sté d'équichez ses amis et auprès de certaines pement et d'entretien des réseaux comsociétés (SCAER, SODIRIEC, Cor- merciaux, Carrière romaine de Roque1er, Delanchy Transports, Carrières maillère); et le socialiste Bernard
Guillogomarch, Transports Le Gall, Casaurang : 88 000 F d'amis politi46

ques et de -firmes diverses (BMI Electricité, Sonire, Ets R. Bancilhon, Papeterie-Imprimerie des Costièvres,
VTP).
Jean-Marie André, maire de Beaucaire, candidat UDF, a conquis le siège
de la 2e CIRC en mars 1993 : il a
triomphé, au second tour, du candidat
FN Charles de Chambrun, gendre du
fondateur de Monoprix, ancien député MRP, puis UNR, membre du
comité d'honneur du MRAP et fondateur de l'association Héritage de La
Fayette (il est un des descendants du
fameux général). Le budget de propagande électorale de Charles de Chambrun, dépassait 190 000 F, dont
95 000 F (provenant principalement
de la Sté Guintoli et de SCEA Durance) ; celui du centriste J.-M. André
était de 537000 F, dont 50000 F
apportés par l'UDF et 433 000 F
versés par des amis et des sociétés
inrustrielles ou commerciales (Econergie, Bonicoli TP, Micronyl Wedco,
Laurent et Cie, Pascal Viaud Raoux,
SOCOPTA, Tictor, Proceda, Sowelic,
Ferri frères, Intervoirie, Pras industrie,
Tratel, SAUR Bouygues, Sirocco Publicités, etc.). Eliminé dès le 1er tour,
le député sortant (ex-PS) Jean-Marie
Cambacérès, ancien collaborateur de
Lionel Jospin, accepta l'aide financière de divers groupes « capitalistes :.
(Dumez, Midi asphalte, Econom, Bérangier et Cie, Auxil, Labogroup) qui
lui remirent 128 000 F. Le RPR Simon Domb, dit Bernard Casas, reçut
de son parti 122 000 F, de ses amis :
40 000 F et de sociétés diverses :
98 000 F (Z et A Conseil, Laurent et
Cie, Hôtel Imperator, Sonevie, Les
Toits méditerranéens). Quand à l'écologiste Christian Eymard, il obtint
26 000 F de diverses sociétés (Gard
Bâtiment Travaux Publics, Projet Bat.,
Gaxieu, ST AN, Sté Tes).
Dans la 3e CIRC., Gilbert Baumet,
alors ministre du gouvernement socialiste, a bénéficié « à l'évidence (de) la
forte implantation locale et (de son)

coefficient personnel:. (Le Monde).
Et aussi, d'une aide massive de trusts
et de diverses sociétés qui lui versèrent
519000 F (Transports routiers Caltrans, Sté chimique de la route, STIM,
Salery, SAUR Bouygues, SIROCCO
Pub, Aceroid, Sud Construction, R.
Bancilhon, TP Pailhes, Carrières A.
Robert, Promodès, Anicet Martin, SA
du Bernardo, Dubuc Electricité, Freyssinet international, Rouméas et fils,
Entreprise industrielle, etc.). Le RPR
André Savonne, arrivé en deuxième
position, a recueilli 214 000 F de son
parti et 122 000 F d'une trentaine
de sociétés (Declerck, Transport interdépartemental du Gard, Sonevie, Bagnols distribution, Rouméas et fils,
Cie des eaux de la banlieue de Paris,
Sté avignonnaise des eaux, Sholmes
Club, Cie des eaux de Royan, Saget
SA, Nouvelle Presse du Gard, Cartoux, etc.). Le candidat FN Jean Michot a reçu 5 000 F d'une PME
(Bagnols distribution), et l'UDF René
Cret, maire de Bagnols-sur-Cèze :
61000 F de son parti et 352000 F
de grandes entreprises (SEI, Aménagement urbain et rural, Bagnols distribution, Accréditif Niccolin, Vennenville, Carminati, Trindel, SEREM, SOGEA Languedoc Pyrénées, etc.).
A première vue, le maire d'Alès,
Alain Fabre, devait paraître bien placé
pour la compétition dans la 4e CIRC.
Est-ce pour ce motif que les grandes
sociétés de la région lui ont versé,
avant la campagne, 429 000 F? Toujours est-il que ce «divers gauche:.
encaissa les fonds d'une vingt3ine de
sociétés «capitalistes:. (SN EER, Benoi Sari, Atlantique Méditer., CTS,
Thermatic, Edit Sud, Phinelec, Vayagence, Auxial, etc.). Mais il n'a pas
réussi; c'est l'UDF Max Roustan, adjoint au maire d'Alès, qui fut élu,
talonné par le FN Jean-Michel Vergnes, par le communiste Gilbert Millet, député sortant, suivis de l'indépendant de droite Max Romanet, de l'écologiste Thieny Tournaire et du CNI
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