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QAIS ASSEF

"IEN QUE DESTINœE “ UN LARGE PUBLIC ,ÁœP¡TRE DES SOUÎS dévoile les grandes lignes de la
DOCTRINE MYSTIQUE DU ŀAYͫ AL ISLãM Sainteté et prophétie, ŀARčɼA et έARčQA, cheminement
INITIATIQUE ET GR•CE DIVINE LÁœLITE ET LE COMMUN ETC AUTANT DE TH›MES QUÁ)BN 4AYMIYYA
DœTAILLE PAR AILLEURS ET QUI MœRITERAIENT SELON NOUS UNE INVESTIGATION PLUS APPROFONDIE
,Á€0…42% $%3 3/5&)3 %4 $%3 i 0!562%3 %. $)%5 u

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; =

$E PAR LE NOM DE $IEU #ELUI QUI FAIT MISœRICORDE LE -ISœRICORDIEUX

,OUANGE “ $IEU SEUL 0RI›RE ET SALUT SUR CELUI APR›S QUI IL NÁY A POINT DE PROPH›TE ,E
ŀAYͫ AL ISLãM ¾ QUE $IEU SANCTIÎE SON •ME ¾ FUT INTERROGœ AU SUJET DES SOUÎS ΣŊÎYYA Ils
SONT ;DE PLUSIEURS= SORTES AQSãM ET IL EN EST DE MME POUR LES i PAUVRES EN $IEU u FUQARãÁ
0AR CONSœQUENT QUELLE EST LA PARTICULARITœ DE CHAQUE FRACTION QISM 1UELLE OBLIGATION
INCOMBE “ CHACUNE DÁELLES ET QUELLE VOIE DOIT ELLE SUIVRE DE PRœFœRENCE YASTAͥIBBU ?
Il répondit :
Louange à Dieu. Quant au terme ΣŊÎYYA il n’était pas répandu dans les trois premières
GœNœRATIONS ;DE LÁISLAM= QURŊN MAIS CELA SÁEST PRODUIT PAR LA SUITE )L A œTœ RAPPORTœ QUE
PLUS DÁUN IMAM ET PLUS DÁUN MA¡TRE ŀAYͫ LÁONT EMPLOYœ TELS LÁIMAM !ͥMAD )BN ͤANBAL ,
;LE ŀAYͫ= !BŊ 3ULAYMãN AL $ãRãNč ET BIEN DÁAUTRES )L EST RAPPORTœ QUE 3UFYãN AL ήAWRč
ÎT USAGE DE CE TERME ALORS QUE DÁAUTRES MENTIONNENT CELA “ PROPOS DE ͤASAN AL "AΣRč .

. La présente traduction a été réalisée à partir du texte arabe lu dans IBN TAYMIYYA, -ADŽMŊɼ AL FATãWã, p. 5-23.
,ES CHIլRES SOUSCRITS ENTRE CROCHETS RENVOIENT AUX PAGES DE CETTE œDITION 0OUR UNE TRADUCTION EN LANGUE ANGLAISE
du même passage voir HOMERIN P .OTRE TRAVAIL SE VOULANT COMPLœMENTAIRE “ CELUI DE (OMERIN NOUS
RENVERRONS LE LECTEUR VERS LES NOTES DE CE DERNIER POUR CE QUI EST DES DIVERGENCES ENTRE LES DIլœRENTES œDITIONS
DE CETTE œP¡TRE AINSI QUE POUR LA PLUPART DES RœFœRENCES BIBLIOGRAPHIQUES CONCERNANT LES PERSONNAGES CITœS .OTRE
TRADUCTION RESTE DANS LÁENSEMBLE CONFORME “ CETTE DERNI›RE CEPENDANT NOUS ESTIMONS QUE CERTAINS CHOIX OPœRœS
PAR (OMERIN PEUVENT MENER “ DES CONTRESENS NOTAMMENT SUR DES POINTS ESSENTIELS DE LA DOCTRINE DÁ)BN 4AYMIYYA
POINTS QUE NOUS SIGNALERONS DANS NOS NOTES 0OUR LES VERSETS CORANIQUES NOUS NOUS SOMMES RœFœRœS “ LA TRADUCTION
de D. Masson, toute variation par rapport à cette dernière étant signalée en note.
. Les QUESTIONS QUI SUIVENT LAISSENT DÁUNE PART PENSER QUÁIL EXISTAIT “ LÁœPOQUE DÁ)BN 4AYMIYYA UNE MULTITUDE DE
VOIES MYSTIQUES ET DÁAUTRE PART DES INTERROGATIONS QUANT “ LÁAUTHENTICITœ DE CES VOIES ,A RICHESSE DU TISSU ASCœTIQUE ET
MYSTIQUE DANS LA RœGION DE $AMAS EST SIGNALœE PAR POUZET P 3UR LES i 'RANDS COURANTS DU TAΣAWWUF dans le
DOMAINE SYRO œGYPTIEN u “ LÁœPOQUE MAMELOUKE VOIR GEOFFROY A P 239.
. Le verbe YASTAͥIBBU EST “ COMPRENDRE DANS LE SENS DE i CE QUI EST RECOMMANDABLE u
,ÁEXPRESSION i AL QURŊN AL ίALãίA » DœSIGNE LES TROIS PREMI›RES GœNœRATIONS APR›S LE 0ROPH›TE (OMERIN A OPTœ
POUR i LES TROIS PREMIERS SI›CLES u CE QUI SELON NOUS EST UN CONTRESENS ,A SUITE DU TEXTE AINSI QUE DÁAUTRES PASSAGES
du -ADŽMŊɼ AL &ATãWã NOUS CONFORTENT DANS NOTRE CHOIX 6OIR NOS REMARQUES “ CE SUJET supra, p. 114-115.
w PROPOS DÁ)BN ͤANBAL M ET LES i SOUÎS u VOIR MELCHERT P
!BŊ 3ULAYMãN AL $ãRãNč M FAIT PARTIE DE LA DEUXI›ME GœNœRATION DE DISCIPLES DE ͤASAN AL "AΣRč M
!VEC $ãRãNč LE MOUVEMENT i MYSTIQUE u INSTAURœ “ "ASSORA SÁœTEND “ $AMAS )L EST LÁAUTEUR DÁUNE DES PREMI›RES
ESQUISSES DE LA DOCTRINE DES STATIONS SPIRITUELLES MAQãMãT , voir GARDET et ANAWATI P !UTRES RœFœRENCES
BIBLIOGRAPHIQUES DANS HOMERIN 1985, p. 221, n. 13.
3UFYãN B 3AɼčD AL ήAWRč M UN TRADITIONNISTE DE #OUFA 6OIR œGALEMENT RœFœRENCES DANS HOMERIN 1985,
p. 221, n. 14.
ͤASAN AL "AΣRč M FAISAIT PARTIE DE LA GœNœRATION DES i 3UIVANTS u TãBIɼŊN). Considéré comme le
i PATRIARCHE DE LA MYSTIQUE MUSULMANE u IL ÎGURERA PLUS TARD QUASI SYSTœMATIQUEMENT DANS LES CHA¡NES INITIATIQUES

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LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA



)L Y EUT DIVERGENCE “ PROPOS DE LA SIGNIÎCATION ; = attribuée au terme ΣŊFč Il s’agit en
RœALITœ DÁUN ADJECTIF DÁATTRIBUTION TELS QURAŀč, MADANč etc.
/N A AVANCœ QUE LE TERME SE RAPPORTAIT AUX i GENS DU BANC u AHL AL ΣUլA Ceci est
erroné, car s’il en avait été ainsi, on aurait dit ΣUխYY $E MME QUÁIL EST ERRONœ DÁATTRIBUER
l’origine du terme ΣŊFč AU i RANG ΣAլ AVANCœ QUI SE TIENT DEVANT $IEU u OU BIEN “ i LÁœLITE
ΣAFWA de la création de Dieu 111 ». S’il en avait été ainsi, on aurait dit ΣAխYY ou bien ΣAFAWIYY
/N A PRœTENDU QUE LE TERME ΣŊFč SE RAPPORTAIT “ ΢UFA B "IŀR B !DDI B άãBIͫA UNE TRIBU
ARABE QUI DANS LÁANCIEN TEMPS HABITAIT DANS LES ENVIRONS DE ,A -ECQUE ET “ LAQUELLE ON
rattache YUNSABU ILAY HIM des ascètes NUSSãK 112 Si d’un point de vue lexical cela semble
ACCEPTABLE EN REVANCHE LÁARGUMENT EST FAIBLE CAR CETTE TRIBU NÁœTAIT POINT CœL›BRE ET LA
plupart des ascètes ne la connaissaient pas. Et si les ascètes étaient rattachés à cette tribu,
;CE RATTACHEMENT= AURAIT œTœ ENCORE PLUS PROBANT “ LÁœPOQUE DES #OMPAGNONS DES 3UIVANTS
ET DE LEURS SUCCESSEURS ;IMMœDIATS= $E PLUS LA MAJORITœ DE CEUX QUI SE DISAIENT SOUÎS NE
CONNAISSAIENT PAS CETTE TRIBU ET NÁAURAIENT JAMAIS ADMIS LA ÎLIATION “ UNE TRIBU ANTœISLAMIQUE
NÁEXISTANT PLUS “ LÁœPOQUE DONT IL EST QUESTION
)L EST DIT ¾ ET CELA EST CONNU ¾ QUE ;LE TERME= ΣŊFč SE RAPPORTE AU PORT DÁUN ;HABIT= DE LAINE
%N FAIT LES SOUÎS SONT APPARUS POUR LA PREMI›RE FOIS “ "ASSORA ET LES PREMIERS “ AVOIR B•TI
UN i CLO¡TRE u SOUÎ DUWAYRA 113 FURENT CERTAINS DISCIPLES AΣͥãB DE ɼ!BD AL 7ãͥID B :AYD 114
CELUI CI FAISAIT PARTIE DES DISCIPLES DÁAL ͤASAN ;AL "AΣRč=
)L Y AVAIT “ "ASSORA UNE CERTAINE EXAGœRATION DANS LE RENONCEMENT ZUHD la dévotion
ɼIBãDA la crainte de Dieu ͫAWF AINSI QUE SUR DÁAUTRES SUJETS ; = QUE LÁON NE TROUVAIT PAS
chez les habitants des autres métropoles AMΣãR #ÁEST POURQUOI IL œTAIT DÁUSAGE DE DIRE LA
JURISPRUDENCE SELON ;LES GENS DE= #OUFA ET LA DœVOTION SELON ;CEUX DE= DE "ASSORA 115. D’après
SA CHA¡NE DE TRANSMETTEURS REMONTANT “ -UͥAMMAD B 3čRčN 116 !BŊ L ĿAYͫ AL )ΣBAHãNč a
RAPPORTœ QUE CE DERNIER AVAIT MENTIONNœ UN GROUPE QAWM AYANT PRœFœRœ DES HABITS DE LAINE
SELON LES TERMES SUIVANTS i CÁEST UN GROUPE QUI A OPTœ POUR ;LÁHABIT DE= LAINE PRœTENDANT
IMITER LE #HRIST ÎLS DE -ARIE #EPENDANT LÁEXEMPLE HADY DE NOTRE PROPH›TE QUI SÁHABILLAIT

SOUÎES 6OIR GARDET et ANAWATI P RITTER MOURAD 2œFœRENCES SUPPLœMENTAIRES DANS HOMERIN,
1985, p. 221, n. 15.
. Sur l’origine, l’utilisation et l’évolution de l’appellation individuelle ΣŊFč ou collective ΣŊÎYYA voir MASSIGNON
1999, p. 153-156.
111. !HL AL ΣUլA, ΣAլ et ΣAFWA SONT œGALEMENT œVOQUœS DANS K!,â"â͎Č, 4RAITœ DE SOUÎSME P !UTRES RœFœRENCES
dans HOMERIN P N ET
112. #ETTE ORIGINE NÁEST PAS CITœE PAR LES AUTEURS SOUÎS CLASSIQUES MAIS ÎGURE CHEZ )BN AL ǃAWZč VOIR HOMERIN 1985,
p. 222, n. 19. Dans la suite du texte, nous avons convenu de traduire NUSSãK PAR i ASC›TES u ZUHHãD PAR i RENONšANTS u
et ɼUBBãD PAR i DœVOTS u
113 #ÁEST “ DIRE i LÁAGGLOMœRATION CœNOBITIQUE u DÁ!BBãDãN VOIR MASSIGNON 1999, p. 214.
114 ɼ!BD AL 7ãͥID B :AYD M DISCIPLE DE ͤASAN AL "AΣRč EST CONSIDœRœ COMME LE i MA¡TRE u DÁ!BŊ 3ULAYMãN
AL $ãRãNč w PROPOS DE ɼ!BD AL 7ãͥID VOIR A"ʼn NUɼAYM AL-I΢"!(â.Č, ͤILYAT AL AWLIYãÁ, vol. 6, p. 155-165.
115 3UR LES ORIGINES DU SOUÎSME VOIR MELCHERT KARAMUSTAFA
116 w PROPOS DE -UͥAMMAD B 3čRčN M ET LA CONDAMNATION DES œTATS DÁEXTASE ARTIÎCIELLE VOIR MASSIGNON
P !UTRES RœFœRENCES BIBLIOGRAPHIQUES DANS HOMERIN 1985, p. 223, n. 21.
!BŊ .UɼAYM AL )ΣBAHãNč M LÁAUTEUR DE ͤILYAT AL AWLIYãÁ

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QAIS ASSEF

DE COTON ET DÁAUTRES ;SORTES DE TISSUS= NOUS EST PRœFœRABLE u )L Y EUT œGALEMENT DÁAUTRES
histoires de ce genre.
#ÁEST POURQUOI LA PLUPART DES CHOSES QUE LÁON RACONTE CONCERNANT LÁEXAGœRATION DANS CE
DOMAINE NE SE RAPPORTENT QUÁAUX DœVOTS ɼUBBãD) de Bassora. À l’exemple de l’histoire de
CELUI QUI MOURUT OU QUI PERDIT CONNAISSANCE LORS DE LÁAUDITION DU #ORAN COMME LÁHISTOIRE
DE :URãRA B !WFã LE JUGE DE "ASSORA 118 QUI TOMBA RAIDE MORT ALORS QUÁIL RœCITAIT LORS DE
la prière du matin, le verset : [,ORSQUE LÁON SONNERA DE LA TROMPETTE] 119 #ORAN /U
BIEN LÁHISTOIRE DÁ!BŊ ǃAHčR AL !ɼMã QUI MOURUT ALORS QUE ΢ãLIͥ AL -URRč lui récitait le
#ORAN %T AINSI ON RAPPORTE DÁAUTRES HISTOIRES “ PROPOS DE CEUX QUI MOURURENT “ LÁAUDITION
DU #ORAN $ÁAUTRES PARMI ;LES GENS DE "ASSORA= œTAIENT i FOUDROYœS u YUΣɼAQŊNA 121 lors de la
RœCITATION DU #ORAN #EPENDANT LES #OMPAGNONS NE CONNURENT POINT CET i œTAT SPIRITUEL u
ͥãL 0AR CONSœQUENT LORSQUE DE TELS PHœNOM›NES APPARURENT UNE PARTIE DES #OMPAGNONS
ET DES SUIVANTS LES DœSAVOU›RENT TELS !SMãÁ LA ÎLLE DÁ!BŊ "AKR ɼ!BD !LLãH B AL :UBAYR 122,
-UͥAMMAD B 3čRčN ET DÁAUTRES
,A RœPROBATION SE ÎT DE DEUX MANI›RES
)L Y AVAIT CEUX QUI PENSAIENT QUÁIL NE SÁAGISSAIT QUE DE FEINTE ET DE SIMULATION !INSI IL
EST MENTIONNœ QUE -UͥAMMAD B 3čRčN A DIT i #E QUI PERMETTRA DE TRANCHER ENTRE NOUS ET
CEUX QUI SONT FOUDROYœS YUΣɼAQŊNA LORS DE LÁAUDITION DU #ORAN CÁEST ;LÁœPREUVE SUIVANTE=
CELUI QUI TOMBE ͫARRA lors de la récitation du Coran, ; = TANDIS QUÁIL EST PLACœ ;EN HAUTEUR=
sur un mur ɼALã ͥãÁIT alors celui-ci est sincère ».
%T PARMI LES RœPROBATEURS IL Y AVAIT CEUX QUI DœSAVOU›RENT CECI 123 ;TOTALEMENT= CAR
ILS Y VOYAIENT UNE INNOVATION CONTRAIRE “ LÁEXEMPLE HADY DES #OMPAGNONS AINSI QUÁIL EST
MENTIONNœ “ PROPOS DE !SMãÁ ET DE SON ÎLS ɼ!BD !LLãH
,ÁOPINION DE LA MAJORITœ DES OULœMAS EST QUE CELUI QUI EST TOUCHœ ;PAR UN TEL œTAT= ALORS
QUÁIL EST DANS LÁINCAPACITœ ;DE LE REPOUSSER= NE PEUT TRE BL•Mœ .œANMOINS ;CES OULœMAS
ESTIMENT= QUÁUN œTAT INœBRANLABLE ͥãL AL ίãBIT - sic LUI EST PRœFœRABLE w CET EլET LORSQUE
LÁIMAM !ͥMAD ;B ͤANBAL= FUT INTERROGœ “ CE SUJET IL RœPONDIT i 9AͥYã B 3AɼčD AL 1AέέãN 124
PERDIT CONNAISSANCE TANDIS QUÁON LUI RœCITAIT LE #ORAN 3ÁIL Y AVAIT BIEN EU QUELQUÁUN CAPABLE
DE i REPOUSSER u ;UN TEL œTAT= CELA AURAIT œTœ 9AͥYã %N EլET JE NÁAI VU PERSONNE PLUS
raisonnable (AɼQAL QUE LUI u $ÁAUTRES HISTOIRES DE MME SORTE SONT RAPPORTœES /N RACONTE
QUE ;LÁIMAM= ĿãÎɼč FUT ;œGALEMENT= TOUCHœ PAR UN TEL ;œTAT= 125 #E FUT œGALEMENT LE CAS DE
118 :URãRA B !WFã M VERS 3ELON (OMERIN LA PRœCISION DE LA FONCTION DE :URãRA œVITE TOUTE CONFUSION AVEC
SON HOMONYME COMPAGNON DU 0ROPH›TE %N EլET PLUS LOIN )BN 4AYMIYYA AխRME QUE DE TELS œTATS NÁœTAIENT PAS
ARRIVœS AUX #OMPAGNONS 6OIR HOMERIN 1985, p. 223, n. 22 et p. 239, n. 61, 62 et 63.
119. Traduction de D. Masson.
w PROPOS DE ΢ãLIͥ AL -URRč M VOIR HOMERIN 1985, p. 223, n. 23.
121 4RADUCTION BASœE SUR LE PASSAGE CORANIQUE O« -O¢SE TOMBE i FOUDROYœ u #ORAN !UTRE TRADUCTION
POSSIBLE i TERRASSœ u
122 w PROPOS DÁ!SMãÁ BINT !BŊ "AKR ET DE SON ÎLS ɼ!BD !LLãH B AL :UBAYR VOIR HOMERIN 1985, p. 224, n. 24 et 25.
123 #ÁEST “ DIRE LE FAIT DE TOMBER MORT OU DE PERDRE CONNAISSANCE LORS DE LÁAUDITION DU #ORAN
124 w PROPOS DE 9AͥYã B 3AɼčD AL 1AέέãN M VOIR HOMERIN 1985, p. 224, note 28.
125 2APPORTœ PAR ĂAZãLč M VOIR HOMERIN 1985, p. 224, note 29.

LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA



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ɼ!Lč B &U͍AYL B ɼ)Yã͍ 126 DONT LÁHISTOIRE EST CœL›BRE %N BREF ;CET œTAT SPIRITUEL= EST ARRIVœ “
beaucoup, dont on ne peut mettre en doute la sincérité.
Cependant, les états spirituels AͥWãL atteints par les Compagnons sont ceux
MENTIONNœS DANS LE #ORAN LE FRœMISSEMENT DES C²URS LE FRISSONNEMENT DES PEAUX ET LES
LARMES AUX YEUX AINSI QUE LE 4R›S (AUT LÁA MENTIONNœ
i [3EULS SONT VRAIMENT CROYANTS CEUX DONT LES C²URS FRœMISSENT “ LA MENTION DU .OM
DE $IEU CEUX DONT LA FOI AUGMENTE LORSQUÁON LEUR RœCITE SES 6ERSETS ILS SE CONÎENT EN
LEUR 3EIGNEUR ] #ORAN [$IEU A FAIT DESCENDRE LE PLUS BEAU DES RœCITS UN ,IVRE DONT
LES PARTIES SE RESSEMBLENT ET SE RœP›TENT ,A PEAU DE CEUX QUI REDOUTENT LEUR 3EIGNEUR
EN FRISSONNE PUIS LEUR PEAU ET LEUR C²UR SÁADOUCISSENT “ LÁINVOCATION DU NOM DE $IEU ]
#ORAN [)LS TOMBAIENT PROSTERNœS EN PLEURANT QUAND LES 6ERSETS DU -ISœRICORDIEUX
LEUR œTAIENT COMMUNIQUœS ] #ORAN [4U VOIS LEURS YEUX DœBORDER DE LARMES
LORSQUÁILS ENTENDENT CE QUI EST RœVœLœ AU ; = 0ROPH›TE “ CAUSE DE LA 6œRITœ QUÁILS CONNAISSENT
EN LUI ] #ORAN [)LS TOMBENT SUR LEURS FACES EN PLEURANT LEUR HUMILITœ AUGMENTE ]
#ORAN u

L’état spirituel de ceux-là est condamné par ceux dont les cœurs sont endurcis
QISWA et couverts d’impuretés RAYN ET QUI ONT DE LÁAVERSION DŽAFãɼ ENVERS LA RELIGION ;EN
RœALITœ= CE SONT LEURS PROPRES œTATS QUI SONT RœPRœHENSIBLES !LORS QUE DÁAUTRES ESTIMENT QUE
LEUR œTAT ;EXTATIQUE= EST LE PLUS PARFAIT )LS PENSENT AINSI AVOIR PARACHEVœ LES œTATS SPIRITUELS
ET EN AVOIR ATTEINT LES PLUS HAUTS DEGRœS #ES DEUX POSITIONS EXTRMES SONT BL•MABLES
Cependant, on distingue trois degrés 128 ;DANS LES œTATS SPIRITUELS DE CEUX QUI SÁADONNENT
“ LÁAUDITION DU #ORAN=
,E PREMIER DE CES DEGRœS CÁEST LÁœTAT SPIRITUEL DE CELUI QUI EST INJUSTE ENVERS LUI MME
AL ϓãLIM LI NAFSI HI Son cœur est endurci et ne s’adoucit point à l’audition du Coran ou à
LÁINVOCATION ;DU NOM DE $IEU= ͏IKR #ELUI L“ EST EN CERTAINS POINTS SEMBLABLE AUX i *UIFS u
;QUI FURENT AVEC -O¢SE= 129 !INSI QUE $IEU LÁA DIT
i [6OS C²URS ENSUITE SE SONT ENDURCIS )LS SONT SEMBLABLES “ UN ROCHER OU PLUS DURS
ENCORE )L EN EST PARMI LES ROCHERS DÁO« JAILLISSENT LES RUISSEAUX IL EN EST QUI SE FENDENT ET
LÁEAU EN SORT IL EN EST QUI SÁœCROULENT PAR CRAINTE DE $IEU ¾ $IEU NÁEST PAS INATTENTIF “ CE
QUE VOUS FAITES ] #ORAN [,E MOMENT NÁEST IL PAS VENU POUR LES C²URS DES CROYANTS DE
SÁHUMILIER EN ENTENDANT LE 2APPEL DE $IEU ET CE QUI EST DESCENDU DE LA 6œRITœ ET DE NE PLUS
RESSEMBLER “ CEUX QUI AVAIENT AUTREFOIS REšU LE ,IVRE #EUX CI TROUV›RENT LE TEMPS LONG
LEURS C²URS SÁENDURCIRENT "EAUCOUP DÁENTRE EUX œTAIENT DES PERVERS ] #ORAN u

,E DEUXI›ME DEGRœ CÁEST LÁœTAT SPIRITUEL DU CROYANT PIEUX TAQIYY QUI COMPORTE UNE
CERTAINE FAIBLESSE “ SUPPORTER CE QUI PEUT ATTEINDRE YARIDU SON C²UR #ÁEST CELUI CI QUI

126 ɼ!Lč B &U͍AYL B ɼ)Yã͍ M AVANT UN COURT PASSAGE SUR SON DœC›S DANS MASSIGNON P 0OUR LES
sources, voir HOMERIN P NOTE
#EUX QUI LORS DE LÁAUDITION DU #ORAN SUBISSENT LES œTATS DE i FOUDROIEMENT u DE LA PERTE DE CONNAISSANCE ETC
128. Seuls deux des trois degrés sont cités explicitement, le troisième degré dans les états spirituels est celui des
#OMPAGNONS #ES TROIS DEGRœS OMNIPRœSENTS DANS LÁ²UVRE DÁ)BN 4AYMIYYA PROVIENNENT DE #ORAN ϓãLIM
li-nafsi-hi, MUQTAΣID et SãBIQ BI L ͫAYRãT VERSET QUÁIL CITE EN TOUTE ÎN DE ,ÁœP¡TRE DES SOUÎS 6OIR infra, p. 136.
129 ,ES COMPAGNONS DE -O¢SE AUXQUELS $IEU SÁADRESSE DANS CE VERSET

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QAIS ASSEF

MEURT OU BIEN QUI PERD CONNAISSANCE APR›S AVOIR œTœ FOUDROYœ #ET ;œTAT= ; = EST D­ “ LA
PUISSANCE DE i LÁINSPIRATION SUBITE u WãRID AINSI QUÁ“ LÁINCAPACITœ DU C²UR “ LA SUPPORTER
)L EN EST PARFOIS DE MME POUR CELUI “ QUI LE BAS MONDE PROCURE ;INDISTINCTEMENT= JOIE
PEUR TRISTESSE OU BIEN ATTACHEMENT %N EլET CE ;VACILLEMENT= LE M›NERA SOIT “ LA MORT SOIT
“ LA MALADIE OU BIEN “ LA FOLIE !INSI PARMI LES IDOL•TRES DES FORMES ɼUBãD AL ΣUWAR 131 IL Y
A CELUI QUE LÁAMOUR PASSIONNEL ɼIŀQ A CONDUIT “ LA MALADIE “ LA MORT OU BIEN “ LA FOLIE %T
AINSI DE SUITE ;#ET œTAT= NE PEUT SURVENIR QUÁ“ CELUI DONT LÁ•ME AINSI AլAIBLIE EST INAPTE “ LE
REPOUSSER OU BIEN “ CELUI QUI EN EST SUBMERGœ MAăLŊB 132 “ LÁINSTAR DU CORPS QUI EST ATTEINT
PAR CE QUI LE CONDUIT “ LA MALADIE OU “ LA MORT
#ELUI QUI EST ATTEINT PAR UN TEL ;PHœNOM›NE= ALORS QUÁIL NÁA COMMIS NI NœGLIGENCE
TAFRčέ ni transgression ɼUDWãN ne peut être considéré comme responsable ͏ANB ET ON
NE DOIT PAS DOUTER DE SON œTAT %T IL EN EST AINSI POUR CELUI QUI œCOUTE LE #ORAN SELON LES
CONVENANCES LœGALES ET QUI NE NœGLIGE RIEN DE CE QUI EST REQUIS DANS CE DOMAINE
%T IL EN EST DE MME POUR LES C²URS QUI SONT ATTEINTS PAR CE QUI EST APPELœ LÁIVRESSE
spirituelle SUKR LÁEXTINCTION MYSTIQUE FANãÁ 133 ou bien par toute autre chose se rapportant
“ LA PERTE DU DISCERNEMENT CONTRE LA VOLONTœ DE CELUI QUI VIT LÁœTAT SPIRITUEL 0AR CONSœQUENT
SI LA CAUSE ;DÁUN TEL PHœNOM›NE= NÁEST PAS PROSCRITE MAͥϓŊR i LÁEXTATIQUE u SAKRãN n’est
pas condamnable MA͏MŊM mais excusé MAɼ͏ŊR car ce dernier est sans discernement.
0AR AILLEURS ON EST ARRIVœ “ ;LÁœTAT DÁIVRESSE= PAR LA CONSOMMATION DÁENIVRANTS TELS LE
ͫAMR (boissons enivrantes) et le haschich 134. Or, ceci est, sans conteste, considéré comme
ILLICITE PAR LES MUSULMANS #ELUI QUI ESTIME LICITE LÁIVRESSE PAR LE BIAIS DES ENIVRANTS EST UN
INÎD›LE KãÎR
,ÁIVRESSE PEUT ;œGALEMENT= TRE CAUSœE PAR LÁAMOUR ET LA PASSION DES FORMES AINSI QUÁIL
est dit :
Des deux ivresses, celle de la passion et celle du vin.

$œÎNITION PROPOSœE PAR +ASIMIRSKI i )NSPIRATION SUBITE IDœE QUI SURGIT SPONTANœMENT DANS LÁESPRIT u
% 'EOլROY SIGNALE UNE SYNONYMIE ENTRE WãRID et HãL CHEZ )BN ɼ!RABč #E DERNIER MENTIONNE TROIS TYPES DE RœACTION
vis-à-vis du WãRID CELUI QUI EN DEVIENT FOU CELUI QUI EN EST TEMPORAIREMENT SUBMERGœ ET CELUI QUI MA¡TRISE SON œTAT
6OIR GEOFFROY 1995a, p. 316.
131. ɼ5BãD AL ΣUWAR IL SÁAGIT PROBABLEMENT DE CEUX QUI SÁADONNAIENT “ LA CONTEMPLATION DE JEUNES GARšONS
IMBERBES 6OIR NOS REMARQUES supra, p. 113.
132 +ALãBã͏č EMPLOIE œGALEMENT LE TERME i EMPRISE u ăALABA 6OIR K!,â"â͎Č, 4RAITœ DE SOUÎSME, p. 126-128.
133 3ELON )BN 4AYMIYYA i LÁEXTINCTION MYSTIQUE FANãÁ EST DE TROIS GENRES ;)L Y A PREMI›REMENT LE FANãÁ= DE CEUX
QUI PARMI LES 0ROPH›TES ET LES !MIS DE $IEU AWLIYãÁ ONT ATTEINT LA PERFECTION ;0UIS VIENT LE FANãÁ= DE CEUX DÁENTRE
LES !MIS DE $IEU ET LES 6ERTUEUX QUI CHEMINEMENT QãΣIDčN ;VERS CETTE PERFECTION= ;6IENT EN DERNIER LIEU LE FANãÁ=
DES HYPOCRITES IMPIES MULͥIDčN et assimilationnistes MUŀABIHčN », cité dans IBN TAYMIYYA, -ADŽMŊɼ AL FATãWã, vol. X,
p. 218.
134. ͪAMR DœSIGNE AUSSI BIEN LE VIN QUE LES BOISSONS ENIVRANTES EN GœNœRAL ,E CONTEXTE DE LÁœP¡TRE LAISSE PENSER
QUÁIL SÁAGIT DÁUNE APPELLATION GœNœRIQUE POUR LÁENSEMBLE DES BOISSONS CONDUISANT “ LÁœTAT DÁIVRESSE 0OUR LA SUITE DU
texte nous emploierons le terme ͫAMR SANS LE TRADUIRE 3UR LA CONDAMNATION DES ENIVRANTS PAR )BN 4AYMIYYA VOIR
MICHOT A P

LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA



w QUAND LE DœSENIVREMENT DE CELUI QUI EN EST DOUBLEMENT IVRE 135

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; =

Et, ceci est condamnable car la cause en est illicite.

$ÁAUTRE PART LÁIVRESSE PEUT TRE OCCASIONNœE PAR LÁAUDITION DES i VOIX RAVISSANTES u
AL AΣWãT AL MUέRIBA 136 ceci est également condamnable, car il n’est pas autorisé à un homme
DE SÁADONNER “ LÁAUDITION DE i CHANTS u AΣWãT QUI NÁA PAS FAIT LÁOBJET DÁUNE PRESCRIPTION
;LœGALE= ET QUI CONDUIT “ LA PERTE DU DISCERNEMENT CETTE DERNI›RE œTANT CONSIDœRœE COMME
ILLICITE %N EլET IL EST ILLICITE DÁABOUTIR “ ;LÁIVRESSE= PAR DES MOYENS ILLœGAUX ;,A MME
CONDAMNATION SÁAPPLIQUE “= CE QUI SURVIENT LORS DE CETTE ;EXPœRIENCE= QUÁIL SÁAGISSE DÁUN
plaisir émotionnel LA͏͏A QALBIYYA ou bien spirituel LA͏͏A RŊͥIYYA ET CE MME SI LES CAUSES ;“
LÁORIGINE DE CET œTAT= CONTIENNENT DES œLœMENTS DE FOI CAR ;CES œLœMENTS DE FOI= SONT RENDUS
caducs MAăMŊRA PAR ;LÁINTERDICTION GœNœRALE RELATIVE “= LA PERTE DU DISCERNEMENT %N EլET
$IEU NE NOUS A PAS AUTORISœ LA JOUISSANCE DU C²UR OU DE LÁESPRIT PAR LE BIAIS DES PLAISIRS DE
LA FOI NI PAR DÁAUTRES BIAIS LORSQUE CEUX CI ENTRA¡NENT NœCESSAIREMENT LA PERTE DE NOTRE
discernement.
À l’inverse, cet état n’est pas condamnable, si la cause en est licite MAŀRŊɼ ou bien si
ELLE SURVIENT DE MANI›RE ACCIDENTELLE ET QUE CELUI QUI EN EST VICTIME NE PEUT LE REPOUSSER
%N EլET LÁIVRESSE SPIRITUELLE PEUT SURVENIR SANS QUE LE SERVITEUR AIT CHERCHœ “ LA PROVOQUER
“ LÁEXEMPLE DÁUNE AUDITION FORTUITE SAMãɼ LAM YAQΣID HU , déclenchant ses émotions
ENDORMIES ;JUSQUE L“= YUͥARRIKU SãKINA HU . Ou bien dans d’autres cas similaires. Dans ce
CAS NUL BL•ME MALãM SUR ;LÁEXTATIQUE= NI SUR CE QUI PEUT œMANER DE LUI ;COMME PAROLES=
ALORS QUÁIL EST DANS UN œTAT DÁABSENCE DE DISCERNEMENT 138 0AR CONSœQUENT IL EST EXCUSABLE
%N EլET $IEU NE DEMANDERA PAS COMPTE “ CEUX QUI ONT PERDU LE DISCERNEMENT POUR DES
RAISONS QUI NE SONT PAS JUGœES ILLœGALES TELS LE COMATEUX LE FOU ETC
1UANT “ CELUI QUI A PERDU TOUT DISCERNEMENT SUITE “ LA CONSOMMATION DE ͫAMR estIL RESPONSABLE DE LÁœTAT AUQUEL IL A ABOUTI )L Y A “ CE SUJET DEUX DœBATS CœL›BRES )L Y A
; DÁUNE PART = LA FAMEUSE DIVERGENCE “ PROPOS DE CELUI QUI PRONONCE LA RœPUDIATION έALãQ
en état d’ébriété 139 ;%T DÁAUTRE PART LA CONTROVERSE= CONCERNANT CELUI QUI A PERDU TOUT
discernement suite à la consommation de BANDŽ 3ELON CERTAINS HANBALITES ET CHAFœITES CE
CAS REL›VE DE LA MME DISPOSITION ;LœGALE= QUE LE ͫAMR %N REVANCHE )BN ͤANBAL ;LUI MME=

135 6ERS CITœS PAR Q5Ŀ!92Č, 2ISãLA VOL P 2œFœRENCES SUPPLœMENTAIRES DANS HOMERIN P N
!UTRE TRADUCTION PROPOSœE PAR -ICHOT i )L Y A DEUX IVRESSES LÁIVRESSE DÁUNE PASSION ET LÁIVRESSE DÁUN VIN 1UAND
DONC SE DœGRISERAIT CELUI QUI DÁUNE DOUBLE IVRESSE EST ATTEINT u CITœ PAR MICHOT B P
136 i ,E έARAB EST POUR )BN 4AYMIYYA DANS LE ,IVRE DU 3AM•ɼ ET DE LA $ANSE UNE SITUATION DE JOUISSANCE PROVOQUœE
PAR INSTRUMENT VOIX BOISSON PLAISIR ET QUI PEUT MENER QUAND ELLE EST PARTICULI›REMENT FORTE “ UNE ABSENCE DU
SUJET u CITœ PAR MICHOT P 0OUR LA TRADUCTION DE « AL AΣWãT AL MUέRIBA u voir IBID P
. À propos du SAMãɼ FORTUIT VOIR MICHOT P N
138 #ETTE ASSERTION PERMET DÁEXCUSER LES LOCUTIONS THœOPATHIQUES ŀAέAͥãT DE CERTAINS SOUÎS VOIR supra, p. 115.
139 .OUS SAVONS PAR AILLEURS QUÁ)BN 4AYMIYYA REJETTE LA VALIDITœ DE LA RœUNION DES TROIS RœPUDIATIONS έALãQ en une
SEULE SÁINSCRIVANT AINSI EN FAUX CONTRE LÁOPINION MAJORITAIRE DE SON œCOLE 6OIR NOS REMARQUES supra, p. 113.
. Le BANDŽ ASSIMILœ “ LA MARIJUANA PAR (OMERIN i DœSIGNE HABITUELLEMENT LA JUSQUIAME UNE PLANTE HERBACœE
VœNœNEUSE DONT ON TIRAIT CALMANTS ET NARCOTIQUES u VOIR MICHOT A P NOTE

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QAIS ASSEF

ET LÁœCOLE HANAÎTE FONT UNE DISTINCTION ENTRE LE BANDŽ et le ͫAMR car seul ce dernier donne lieu
“ UNE ADDICTION #ÁEST POURQUOI ; = ;SEULE= LA CONSOMMATION DU ͫAMR aboutit à la sanction
légale ͥADD
,A PUISSANCE DE i LÁINSPIRATION SUBITE u WãRID a conduit certains PARMI CEUX ;QUI ONT
œTœ MENTIONNœS= “ LA FOLIE MADŽNŊN 141 3OIT DE PAR LA CONFUSION QUI SÁEST EMPARœE DÁEUX SOIT
POUR DÁAUTRES RAISONS ,ES i SAGES u PARMI CES FOUS ɼUQALãÁ AL MADŽãNčN QUE LÁON COMPTE PARMI
les ascètes NUSSãK SONT PARFOIS APPELœS LES i RAVIS EN $IEU u MUWALLAHŊN 142. À leur propos,
CERTAINS SAVANTS ONT AխRMœ QUÁ“ CEUX L“ $IEU A DONNœ LA RAISON ET LES œTATS SPIRITUELS
PUIS IL LEUR A RAVI LA RAISON AINSI TOMB›RENT LES OBLIGATIONS ;LœGALES= QUI LEUR INCOMBAIENT
;#ONCERNANT= CES œTATS SPIRITUELS ¾ QUI SONT ACCOMPAGNœS DE LA PERTE DE CONNAISSANCE DE
LA MORT DE LA FOLIE DE LÁIVRESSE OU BIEN DE LÁEXTINCTION JUSQUÁAU POINT O« ;LÁEXTATIQUE= NÁA
PLUS CONSCIENCE DE LUI MME ¾ SI LES CAUSES EN SONT LICITES ET SI CELUI QUI ;TRAVERSE CET œTAT=
EST SINC›RE DANS SON INCAPACITœ “ REPOUSSER CE QUI LUI SURVIENT CELUI CI EST ALORS AGRœœ POUR
LE BIEN QUÁIL A ACCOMPLI ET POUR LA FOI QUÁIL A OBTENUE $E MME QUÁIL EST EXCUSABLE ;EN CE
QUI CONCERNE SON œTAT= DU FAIT DE SON INCAPACITœ “ REPOUSSER CE QUI SURVIENT CONTRE SON
GRœ #ELUI CI EST EN TOUT POINT MEILLEUR QUE CEUX QUI NÁONT PAS ATTEINT SON DEGRœ MANZILA à
CAUSE DE LEUR MANQUE DE FOI DE LA DURETœ DE LEURS C²URS ET “ CAUSE DE MOTIFS SIMILAIRES QUI
LES POUSSENT “ ABANDONNER CE QUE $IEU AIME ET “ FAIRE CE QUE $IEU DœTESTE
#EPENDANT “ ;CEUX QUI SONT RAVIS= ON PRœFœRERA CELUI DONT LÁENTENDEMENT NÁEST PAS
ANNIHILœ ET CE QUEL QUE SOIT LE DEGRœ DE FOI QUÁIL AIT REšU IDENTIQUE OU BIEN SUPœRIEUR “
;CEUX QUI SONT RAVIS= !INSI FUT LÁœTAT SPIRITUEL DES #OMPAGNONS (QDA) 143 ET DE NOTRE 0ROPH›TE
03$, 144.
%N EլET CELUI CI FUT œLEVœ AUX #IEUX O« $IEU LUI RœVœLA CE QUÁ)L LUI RœVœLA145, puis il se
RœVEILLA COMME SÁIL NÁAVAIT PAS QUITTœ ;SA DEMEURE= EN EլET SON œTAT NE SÁœTAIT POINT ALTœRœ
#ÁEST POURQUOI SON i œTAT SPIRITUEL u EST SUPœRIEUR “ CELUI DE -O¢SE 03$, 146 QUI i TOMBA
FOUDROYœ u LORSQUE i $IEU SE MANIFESTA SUR LE -ONT ». L’état spirituel de Moïse est
;CERTES= VœNœRABLE DŽALčLA , élevé ɼãLIYYA et méritoire Fã͍ILA , cependant l’état spirituel de
-UͥAMMAD 03$, est plus ; = complet AKMAL , plus élevé AɼLã et plus méritoire AF͍AL .
#E QUÁIL FAUT RETENIR CÁEST QUE CES PHœNOM›NES DE Z›LE DANS LA DœVOTION ET DÁEXAGœRATION
dans les états spirituels viennent de Bassora. La cause 148 EN EST UNE PEUR INTENSE ;DE $IEU=
ŀIDDAT AL ͫAWF #E QUI A œTœ MENTIONNœ “ PROPOS DE LA PEUR DE ɼ5TBAT AL ĂULãM DE ɼ!έãÁ AL

141. Homerin a traduit MADŽNŊN par possessed, voir HOMERIN 1985, p. 228.
142 w PROPOS DE CES i FOUS DE $IEU u ET DU PRESTIGE DONT ILS JOUISSAIENT AU SEIN DE LA CITœ NOTAMMENT “ LÁœPOQUE
DÁ)BN 4AYMIYYA VOIR GEOFFROY A P GRIL P
143 0OUR LA SUITE DU TEXTE LÁABRœVIATION 1$! POUR i 1UE $IEU LES AGRœE u OU i 1UE $IEU LÁAGRœE u
144 03$, POUR i 0RI›RE ET SALUT DE $IEU SUR LUI u
145 2œFœRENCE AU i 6OYAGE NOCTURNE u DU 0ROPH›TE MENTIONNœ DANS #ORAN
146 %N R›GLE GœNœRALE CETTE FORMULE NÁEST EMPLOYœE QUE POUR LE 0ROPH›TE .OUS AVONS OPTœ POUR LE NOM FRANCISœ
i -O¢SE u PLUT¦T QUE -ŊSã
6OIR #ORAN ,ES EXPRESSIONS i TOMBA FOUDROYœ u ET i $IEU SE MANIFESTA SUR LE -ONT u PROVIENNENT DE LA
traduction de D. Masson.
148 3ELON +ALãBã͏č i LES œTATS QUI EXERCENT PLUS OU MOINS LEUR EMPRISE PEUVENT TRE LA PEUR LA CRAINTE
RœVœRENCIELLE LA VœNœRATION PROFONDE OU LA HONTE u 6OIR K!,â"â͎Č, 4RAITœ DE SOUÎSME, p. 126.

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LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA

111

3ULAYMč 149 ET DES AUTRES EST ASSURœMENT UNE AլAIRE REMARQUABLE )L NÁY A AUCUN DOUTE SUR
LE FAIT QUE LEUR œTAT SPIRITUEL EST PLUS PARFAIT ET PLUS MœRITOIRE QUE ;LÁœTAT= DE CELUI QUI NE LES
A NI œGALœS NI DœPASSœS ;EN MœRITE= DANS LA CRAINTE DE $IEU #EPENDANT EST PLUS MœRITOIRE
LÁœTAT SPIRITUEL DE CELUI QUI CRAINT $IEU DE MANI›RE MODœRœE MUQTAΣIDAN CRAINTE LÁINVITANT
“ FAIRE CE QUE $IEU AIME ET “ DœLAISSER CE QUÁ)L DœTESTE ET CE SANS SÁADONNER AUX EXC›S
;MENTIONNœS CI DESSUS= #E FUT LÁœTAT SPIRITUEL DES #OMPAGNONS (QDA) )L EST RELATœ QUÁAPR›S LA
MORT DE ɼ!έãÁ AL 3ULAYMč (QDA) QUELQUÁUN LE VIT EN RVE ET LUI DEMANDA CE QUE $IEU AVAIT FAIT DE
LUI )L RœPONDIT $IEU MÁA INTERPELLœ ET MÁA DIT i /H ɼ!έãÁ NÁAS TU PAS HONTE DE ME CRAINDRE
“ UN TEL DEGRœ .E TÁEST IL PAS PARVENU QUE JE SUIS LE 4OUT 2ECOUVREUR ;DES FAUTES= ăAFŊR
et le Miséricordieux RAͥčM u %T AINSI ON A MENTIONNœ DÁAUTRES SEMBLABLES AUX ;GENS
DE "ASSORA= QUI DANS LEURS œTATS SPIRITUELS AͥWãL le renoncement ZUHD l’abstention
scrupuleuse WARAɼ la dévotion ɼIBãDA ET BIEN DÁAUTRES CHOSES FURENT PLUS ZœLœS QUE LES
Compagnons (QDA) ET ;ALL›RENT AU DEL“ DE= CE QUÁAVAIT PRESCRIT LE -ESSAGER #E QUI A EU POUR
CONSœQUENCE LA DIVISION DES GENS EN DEUX GROUPES UN GROUPE CONDAMNANT ET DœNIGRANT
;LES EXTATIQUES= ;#E GROUPE= EST SANS DOUTE ALLœ TROP LOIN DANS SA CONDAMNATION ; = Un
;AUTRE= GROUPE A EXAGœRœ “ LEUR PROPOS ET A CONSIDœRœ LEUR VOIE COMME LA PLUS PARFAITE ET
la plus élevée des voies.
,A VœRITœ CÁEST QUE DANS CES DœVOTIONS ET LES œTATS SPIRITUELS ;QUI EN RœSULTAIENT= ;LES
GENS DE "ASSORA= FAISAIENT PREUVE DÁUNE APPLICATION PERSONNELLE MUDŽTAHIDŊN 151, tout
COMME LEURS VOISINS DE #OUFA QUI SÁAPPLIQUAIENT SUR LES QUESTIONS DE JUSTICE QA͍ãÁ de
pouvoir IMãRA ETC 0UIS œMERGEA PARMI ;LES GENS DE #OUFA= ;LE PRINCIPE= DE LÁOPINION
personnelle RAÁY 152 QUI œTAIT EN CERTAINS POINTS CONTRAIRE “ LA 3UNNA ET QUE LA MAJORITœ
des gens ont désapprouvé.
L’élite parmi les gens du ÎQH et de l’opinion RAÁY ONT ;DE LA MME MANI›RE= DIVERGœ
“ PROPOS DES ;GENS DE #OUFA QUI ONT œMIS UNE OPINION ERRONœE= ET AINSI DEUX GROUPES SE
FORM›RENT UN GROUPE QUI LES CONDAMNAIT DE MANI›RE EXAGœRœE ET ;“ LÁINVERSE= UN GROUPE
QUI LES LOUAIT ET LES GLORIÎAIT “ LÁEXC›S EN LES CONSIDœRANT COMME LES PLUS GRANDS SAVANTS
en matière de ÎQH %T PEUT TRE MME LES PRœFœRAIENT ILS AUX #OMPAGNONS “ LÁINSTAR DES
;EXAGœRATEURS= QUI LOUAIENT LES DœVOTS ;DE "ASSORA= ET QUI SANS DOUTE LES PRœFœRAIENT AUX
#OMPAGNONS #ÁEST UN DOMAINE “ PROPOS DUQUEL LES GENS SE SONT DIVISœS YAFTARIQU .
%N RœALITœ LE MUSULMAN DOIT SAVOIR QUE LA MEILLEURE DES PAROLES EST CELLE DE $IEU LA
MEILLEURE DES GUIDANCES CELLE DE -UͥAMMAD 03$, LA MEILLEURE œPOQUE CELLE “ LAQUELLE IL
FUT ENVOYœ ;AUX #OMPAGNONS= 153 LA MEILLEURE DES VOIES ET DES CHEMINS VERS $IEU CELLE QUE
SUIVIRENT ;LE 0ROPH›TE= ET SES COMPAGNONS $E CE QUI PRœC›DE NOUS SAVONS QUE LES CROYANTS
doivent craindre Dieu selon leur capacité WUSɼ et leur degré d’application IDŽTIHãD , ainsi
QUE $IEU LÁA DIT [#RAIGNEZ $IEU AUTANT QUE VOUS LE POUVEZ ;É=] (Coran 64 : 16). Le

149. À propos de ces deux personnages voir HOMERIN P N
. GLOTON P
151 0OUR LA TRADUCTION DE MUDŽTAHIDŊN HOMERIN A OPTœ POUR LÁEXPRESSION SUIVANTE i ILS FORMULAIENT LEURS PROPRES
OPINIONS u 6OIR HOMERIN 1985, p. 229.
152 0OUR LES DœBUTS DE LA MœTHODOLOGIE JURIDIQUE VOIR URVOY P
153. MUSLIM, ΢Aͥčͥ, 44 : 52 : 213 KITãB FA͍ãÁIL AL ΣAͥãBA .

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112

QAIS ASSEF

;0ROPH›TE= A DIT 03$, : ; = i 3I JE VOUS ORDONNE QUELQUE CHOSE ACCOMPLISSEZ LE SELON CE DONT
vous êtes capables 154 ». Dieu à dit : [$IEU NÁIMPOSE “ CHAQUE HOMME QUE CE QUÁIL PEUT
PORTER ;É=] (Coran 2 : 286).
!INSI DE NOMBREUX CROYANTS ¾ DES PIEUX QUI SONT DES i !MIS DE $IEU u AWLIYãÁ 155 ¾ “ QUI
NÁEST PAS PARVENUE LA PERFECTION DU SAVOIR ET DE LA FOI QUI œTAIT PARVENUE AUX #OMPAGNONS
craignaient Dieu dans la mesure de leur capacité et Lui obéissaient selon leur degré
DÁAPPLICATION 0AR CONSœQUENT IL EST INCONCEVABLE QUÁILS SOIENT EXEMPTS DÁERREURS DANS LEURS
savoirs 156, leurs doctrines AQWãL , leurs actes ou bien concernant leurs états spirituels. Ils
SERONT RœCOMPENSœS DANS LA MESURE DE LEUR OBœISSANCE ;“ $IEU= ET PARDONNœS POUR LEURS
erreurs, comme Dieu le Très-Haut l’a dit : [,E 0ROPH›TE A CRU “ CE QUI EST DESCENDU SUR LUI
DE LA PART DE SON 3EIGNEUR ,UI ET LES CROYANTS TOUS ONT CRU EN $IEU EN SES ANGES EN SES
,IVRES ET EN SES PROPH›TES .OUS NE FAISONS PAS DE DIլœRENCE ENTRE SES PROPH›TES )LS ONT
DIT i.OUS AVONS ENTENDU ET NOUS AVONS OBœI u 4ON PARDON NOTRE 3EIGNEUR Ñ 6ERS TOI
EST LE RETOUR ÎNAL Ñ]; = [.OTRE 3EIGNEUR Ñ .E NOUS PUNIS PAS POUR DES FAUTES COMMISES
PAR OUBLI OU PAR ERREUR ;É= u #ORAN ;$ANS UN HADITH RAPPORTœ PAR -USLIM=
$IEU LE 4R›S (AUT A DIT i %T JÁAI ;PARDONNœ= u .
0AR CONSœQUENT CELUI QUI CONSID›RE LA VOIE DES SAVANTS OU DES JURISTES ;DE #OUFA= OU
bien des dévots ɼUBBãD OU DES RENONšANTS ZUHHãD ;DE "ASSORA= SUPœRIEURE “ CELLE DES
Compagnons, il est dans l’erreur et dans l’égarement et c’est un innovateur MUBTADIɼ .
1UANT “ CELUI QUI CONDAMNE ET QUI DœSIGNE COMME FAUTIFS MAɼčB et haïssables MAMQŊT
CEUX QUI TOUT EN SÁAPPLIQUANT DANS LA VOIE DE LÁOBœISSANCE COMMETTENT DES ERREURS CELUI
CI EST ;LUI MME= DANS LÁERREUR ET DANS LÁœGAREMENT ET CÁEST UN INNOVATEUR MUBTADIɼ .
$E MME DANS LÁAMOUR LA HAINE LÁAMITIœ ET LÁANIMOSITœ LES GENS œMETTENT DES JUGEMENTS
ET IL ARRIVE QUE PARFOIS ILS SOIENT DANS LE VRAI ET PARFOIS DANS LE FAUX %N EլET BEAUCOUP DE GENS
SÁILS AIMENT QUELQUE CHOSE CHEZ UN HOMME ALORS ILS LUI PORTENT UN AMOUR ABSOLU AU POINT DE
SÁAVEUGLER SUR SES DœFAUTS /U BIEN SÁILS DœTESTENT QUELQUE CHOSE CHEZ UN HOMME ALORS ILS LUI
PORTENT UNE HAINE ABSOLUE AU POINT DE SÁAVEUGLER SUR SES QUALITœS ;É= 158. ; = 5NE DOCTRINE ;AUSSI
EXCESSIVE= PROVIENT DES INNOVATEURS DES KHARIDJITES DES MUTAZILITES ET DES MURDJITES
Selon les AHL AL SUNNA WA AL DŽAMãɼA LE #ORAN LA 3UNNA ET LE CONSENSUS ;DES OULœMAS=
INDIQUENT QUE LE CROYANT MœRITE YASTAͥIQQU LA PROMESSE DE $IEU ET SA GR•CE CÁEST “ DIRE LA
RœCOMPENSE POUR SES BONNES ACTIONS ET LE CH•TIMENT POUR SES MAUVAISES ACTIONS %N EլET

154. BUͪâ2Č, ΢Aͥčͥ KITãB AL IɼTIΣãM .
155. Le terme de WALč FAISANT RœFœRENCE “ LA PROXIMITœ NOUS AVONS OPTœ POUR i !MI u AU LIEU DE i 3AINT u $ÁAUTRE
PART VOIR LES AVERTISSEMENTS DE * # 'ARCIN “ PROPOS DE LÁEMPLOI DU TERME i 3AINT u GARCIN P
156 #ETTE PRœCISION VISE IMPLICITEMENT LES DOCTRINES QUI AխRMERAIENT LÁINFAILLIBILITœ DU WALč et par extension sa
suprématie sur le NABč 0OUR )BN 4AYMIYYA SEULS LES PROPH›TES SONT INFAILLIBLES MAɼΣŊM $E CE FAIT LÁINFAILLIBILITœ
NE PEUT SÁœTENDRE AUX #OMPAGNONS ¾ LES MEILLEURS DE LA CRœATION APR›S LE 0ROPH›TE ¾ ET ENCORE MOINS AUX IM•MS
CHIITES ET AUX i 3AINTS u %N REVANCHE LE SAVANT HANBALITE ESTIME LE CONSENSUS DES Salaf COMME INFAILLIBLE 6OIR )BN
4AYMIYYA ,A PROFESSION DE FOI DÁ)BN 4AMIYYA P LAOUST 1939, p. 239. Sur le rapport prophétie/sainteté et sur la
DOCTRINE DE LÁINFAILLIBILITœ VOIR SUPRA n. 62.
. MUSLIM, ΢Aͥčͥ KITãB AL čMãN .
158 ,ÁœDITEUR SIGNALE PLUSIEURS INCOHœRENCES QUI RENDENT LE TEXTE INCOMPRœHENSIBLE 6OIR LA REMARQUE DE HOMERIN
1985, p. 231, n. 39.

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LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA

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UNE MME PERSONNE RASSEMBLE EN ELLE AUSSI BIEN CE QUI EST DIGNE DE RœCOMPENSE QUE CE QUI
MœRITE LE CH•TIMENT CE QUI EST LOUABLE ET CE QUI EST BL•MABLE CE QUI EST APPRœCIABLE ET CE
QUI EST DœTESTABLE !INSI EN EST IL
)L EST DONC CONNU QUE LE TAΣAWWUF est originaire MANŀAÁ DE "ASSORA %T IL Y AVAIT DANS
CETTE VILLE CEUX QUI SUIVAIENT LA VOIE DE LA DœVOTION ɼIBãDA et du renoncement ZUHD en
SÁY APPLIQUANT “ LEUR MANI›RE IDŽTIHãD 4OUT COMME IL Y AVAIT “ #OUFA CEUX QUI SUIVAIENT LA
VOIE DE LA JURISPRUDENCE ÎQH ET DE LA SCIENCE ;RELIGIEUSE= ɼILM EN SÁY APPLIQUANT IDŽTIHãD
;œGALEMENT= “ LEUR MANI›RE
#EPENDANT LES PREMIERS ONT œTœ IDENTIΜS “ UNE APPARENCE VESTIMENTAIRE LE VTEMENT
DE LAINE !INSI ILS FURENT NOMMœS ΣŊFč. Néanmoins, leur voie ne se limite pas au port d’un
VTEMENT DE LAINE DÁAUTANT QUE CELUI CI NÁEST NI UNE EXIGENCE DE LEUR PART NI UNE DES
conditions de leur voie. Cette dénomination leur a été attribuée à cause de leur apparence
ϓãHIR AL ͥãL .
3ELON ;LES SOUÎS= LE TAΣAWWUF RENFERME DES i RœALITœS MœTAPHYSIQUES u ͥAQãÁIQ 159 et des
états spirituels AͥWãL BIEN CONNUS ,ES DœÎNITIONS DU SOUÎSME SES M²URS AͫLãQ AINSI QUE
la manière SčRA ;DE CHEMINER SUR LA VOIE= ONT œTœ ABORDœES PAR LES ;AUTEURS SOUÎS= !INSI
IL EST DIT QUE LE ΣŊFč EST CELUI QUI EST PUR DE TOUT CE QUI EST TROUBLE KADAR QUI EST EMPLI DE
MœDITATION ET POUR QUI LÁOR ET LA PIERRE SE VALENT ;)L EST DIT PAR AILLEURS= QUE LE TAΣAWWUF
c’est la dissimulation des sens spirituels KITMãN AL MAɼãNč et l’abandon des prétentions (tark
AL DAɼãWč 161 )L EXISTE DÁAUTRES DœÎNITIONS DE LA SORTE )LS ONT PAR AILLEURS IDENTIΜ LE SOUÎ ; =
AU VœRIDIQUE ΣIDDčQ 162 ;3ACHANT QUE= LES MEILLEURS DES HOMMES APR›S LES PROPH›TES SONT
LES VœRIDIQUES ΣIDDčQŊN !INSI QUE $IEU LÁA DIT [#EUX QUE $IEU A COMBLœS DE BIENFAITS AVEC
LES PROPH›TES LES VœRIDIQUES ΣIDDčQčN , les témoins ŀUHADãÁ et les vertueux ΣãLIͥčN
VOIL“ UNE BELLE ASSEMBLœE Ñ ] 163 #ORAN #ÁEST POURQUOI ILS 164 ESTIMENT QUÁAPR›S LES
PROPH›TES LES PLUS MœRITANTS SONT LES SOUÎS %N VœRITœ LE SOUÎ NÁEST QUÁUN VœRIDIQUE PARMI
d’autres classes NAWɼ DE VœRIDIQUES CÁEST CELUI QUI SÁEST DISTINGUœ PAR LE RENONCEMENT ET
LA DœVOTION SELON UNE MANI›RE QUI LUI EST PROPRE ET DANS LAQUELLE IL SÁAPPLIQUE $E CE FAIT
LE VœRIDIQUE FAIT PARTIE DE CETTE VOIE ;SOUÎE= $E MME QUÁIL EST MENTIONNœ DES VœRIDIQUES
PARMI LES OULœMAS ET DES VœRIDIQUES PARMI LES DIRIGEANTS UMARãÁ #EPENDANT ;LE SOUÎ= EST
meilleur AͫAΣΣ QUE LE VœRIDIQUE ABSOLU AL ΣIDDčQ AL MUέLAQ sans pour autant dépasser le
DEGRœ DU VœRIDIQUE PARFAIT AL ΣIDDčQ AL KãMIL QUI FUT CELUI DES #OMPAGNONS DES 3UIVANTS ET
DE LEURS SUCCESSEURS ;IMMœDIATS=

159 5NE AUTRE TRADUCTION POURRAIT TRE i VœRITœS SPIRITUELLES u
$œÎNITION ATTRIBUœE “ 3AHL AL 4USTARč M CITœE DANS K!,â"â͎Č, 4RAITœ DE SOUÎSME P
161 ,E SOUÎ ǃAɼFAR AL ͪALADč M DIT AVOIR QUESTIONNœ EN RVE LE 0ROPH›TE SUR CE QUÁEST LE TAΣAWWUF celuici lui aurait répondu : i TARK AL DAɼãWč WA KITMãN AL MAɼãNč u ,A CHA¡NE DE TRANSMISSION DœBUTE AVEC )BN AL ǃAWZč
M ET SE TERMINE AVEC ɼ!Lč B ǃAɼFAR AL ͤANBALč AL ǃAMãL 6OIR IBN AL-N!ǃǃâ2, ͎AYL TãRčϖ "A͡DãD, vol. III, p. 242-243.
162 ,A PLUS ANCIENNE MENTION DE CE TERME REMONTERAIT “ ɼ!BD AL 7ãͥID B :AYD M 6OIR MASSIGNON 1999,
p. 215.
163. D. Masson a traduit les termes ΣIDDčQčN et ΣãLIͥčN PAR LES i JUSTES u ET LES i SAINTS u #ONCERNANT NOTRE CHOIX DE
traduction voir supra, n. 61.
164 #ÁEST “ DIRE LES SOUÎS EUX MMES

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QAIS ASSEF

0AR CONSœQUENT DIRE QUE LES RENONšANTS ET LES DœVOTS DE "ASSORA SONT DES VœRIDIQUES
œQUIVAUT “ CE QUI EST DIT “ PROPOS DES JURISTES DE #OUFA CE SONT œGALEMENT DES VœRIDIQUES
CHACUN SELON LEUR APPLICATION DANS LA VOIE DE LÁOBœISSANCE “ $IEU ET “ SON ENVOYœ $E PAR
LEUR œPOQUE 165 ILS FURENT PARMI LES PLUS ILLUSTRES VœRIDIQUES %N REVANCHE LE VœRIDIQUE DE LA
PREMI›RE PœRIODE ;DE LÁISLAM= FUT PLUS PARFAIT QUÁEUX
)L Y A DIլœRENTS DEGRœS ET TYPES DE VœRIDIQUES CÁEST POURQUOI IL EXISTE POUR CHACUN DÁENTRE
EUX DES œTATS SPIRITUELS ET DES PRATIQUES DœVOTIONNELLES SPœCIÎQUES QUE ;LE CHEMINANT
TOUR “ TOUR= RœALISE ͥAQQAQA PARACH›VE “ LA PERFECTION AͥKAMA ;PUIS= DœPASSE ăALABA
ɼALã .œANMOINS IL PEUT EXISTER DÁAUTRES QUE CELUI CI ISSUS DE CATœGORIES DIլœRENTES PLUS
PARFAITS ET PLUS MœRITANT QUE LUI
À cause de leur 166 application personnelle IDŽTIͥãD ET DES DIVERGENCES QUI EN DœCOUL›RENT
TANãZUɼ Fč HI les gens se sont disputés TANãZAɼA “ PROPOS DE LA VOIE ;SOUÎE= 5N GROUPE A
CONDAMNœ LES SOUÎS ET LE SOUÎSME EN AխRMANT QUÁIL SÁAGISSAIT ; = DÁINNOVATEURS ET QUÁILS
étaient en dehors de la sunna. Une telle condamnation, dont les propos restent célèbres, est
MENTIONNœE “ PROPOS DÁUN GROUPE DÁIMAMS )LS ONT œTœ SUIVIS ;DANS LEUR CONDAMNATION= PAR
les gens du ÎQH et du KALãM 5N ;AUTRE= GROUPE A EXAGœRœ “ PROPOS ;DES SOUÎS= PRœTENDANT
QUÁILS œTAIENT LES PLUS MœRITANTS AF͍AL ET LES PLUS PARFAITS AKMAL APR›S LES PROPH›TES ;%N
RœALITœ= CES DEUX POSITIONS EXTRMES SONT CONDAMNABLES
,A VœRITœ CÁEST QUE ;LES SOUÎS= SÁAPPLIQUENT DANS LÁOBœISSANCE “ $IEU TOUT COMME DÁAUTRES
SÁY SONT APPLIQUœS #ÁEST POURQUOI IL Y A PARMI ;LES SOUÎS= LE RAPPROCHœ DE $IEU AL SãBIQ AL
MUQARRAB de par son application et le modéré MUQTAΣAD QUI FAIT PARTIE DES GENS DE LA DROITE
AHL AL YAMčN $ANS CHACUNE DE CES DEUX CATœGORIES IL Y A CELUI QUI TOUT EN SÁAPPLIQUANT
;DANS SA VOIE= SÁEST TROMPœ OU BIEN UN AUTRE A PœCHœ PUIS SÁEST REPENTI OU NE LÁA PAS FAIT 168.
0ARMI CEUX QUI SE RœCLAMENT ;DES SOUÎS= IL Y A ;œGALEMENT= LÁINJUSTE ϓãLIM LI NAFSI HI QUI
EST REBELLE ENVERS SON 3EIGNEUR %N EլET DES INNOVATEURS ET DES HœRœTIQUES AHL AL ZANDAQA
SE SONT RœCLAMœS DES SOUÎS #EPENDANT LES SOUÎS AUTHENTIQUES AL MUͥAQQAQčN MIN AHLI L
TAΣAWWUF NE LES CONSIDœR›RENT PAS COMME DES LEURS w LÁEXEMPLE DE ͤALLãDŽ QUE LES MA¡TRES
;DU SOUÎSME= TELS ǃUNAYD LE i 0RINCE DE LÁ/RDRE u ET DÁAUTRES ONT DœSAVOUœ ET EXCLU DE LA
VOIE AINSI QUÁIL EST RAPPORTœ PAR LE ŀAYͫ !BŊ ɼ!BD AL 2AͥMãN AL 3ULAMč DANS SES άABAQãT AL
ΣŊÎYYA ET PAR AL ͤãÎϓ !BŊ "AKR AL ͪAέčB DANS SON 4ãRčͫ "AăDãD.
6OIL“ CE QUE FUT LE SOUÎSME ORIGINEL AΣL MAIS CE NÁEST QUÁAPR›S QUÁIL SÁEST DIVISœ EN
plusieurs branches et espèces TAŀAɼABA WA TANAWWAɼA , donnant lieu à ; = trois catégories
AΣNãF DE SOUÎS CEUX DES i RœALITœS MœTAPHYSIQUES u ΣŊÎYYAT AL ͥAQãÁIQ LES SOUÎS

165 )L FAUT COMPRENDRE DE PAR LA PROXIMITœ DE LEUR œPOQUE AVEC CELLE DU 0ROPH›TE ET DES #OMPAGNONS
166. C’est-à-dire, l’IDŽTIHãD DES SOUÎS ET LES DIVERGENCES QUI DœCOULENT DE LEURS EլORTS PERSONNELS
#ETTE TERMINOLOGIE ÎGURE DANS LES VERSETS “ DE LA SOURATE AL 7ãQIɼA Nm 6OIR NOS REMARQUES “ PROPOS
de l’exégèse de ces versets, supra, p. 118-119.
168 )L SÁAGIT DÁUNE NOUVELLE RœFœRENCE IMPLICITE “ LÁINFAILLIBILITœ RœSERVœE AUX SEULS PROPH›TES 6OIR NOS REMARQUES
supra, n. 156.

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LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA

115

i ÎNANCœS u 169 ΣŊÎYYAT AL ARZãQ ET CEUX DES i APPARENCESu ΣŊÎYYAT AL RASM . Les ΣŊÎYYAT
AL ͥAQãÁIQ SONT CEUX QUE NOUS AVONS DœCRITS PRœCœDEMMENT .
Quant aux ΣŊÎYYAT AL ARZãQ CE SONT CEUX L“ QUI ONT BœNœÎCIœ DES FRUITS DES i FONDATIONS
pieuses » WAQF PL WUQŊF OU AWQãF tels, les ͫãNQãH #EPENDANT ILS NE FONT PAS
NœCESSAIREMENT PARTIE DES i SOUÎS DES RœALITœS MœTAPHYSIQUES u #AR CES DERNIERS SONT RARES
ET LA MAJORITœ DÁENTRE EUX NE SE CARACTœRISE PAS PAR UN BESOIN DE ;FRœQUENTER= LES ͫãNQãH .
#EPENDANT ILS DOIVENT ;SE CONFORMER= “ TROIS CONDITIONS LA PREMI›RE CÁEST LE RESPECT DE LA
loi divine ŀARčɼA , c’est-à-dire accomplir les devoirs religieux FARãÁI͍ et éviter les interdits
MAͥãRIM . La seconde condition, c’est le respect des règles de bienséance ãDãB de la
6OIE QUI NE SONT LA PLUPART DU TEMPS QUE CELLES DE LA ŀARčɼA. Nous ne nous arrêterons
PAS ICI SUR LES COUTUMES HœRœTIQUES AL ãDãB AL BIDɼIYYA et les convenances instituées (alãDãB AL WA͍ɼIYYA ;PAR LES HOMMES= ;%T ENÎN= LA DERNI›RE DES CONDITIONS CÁEST QUÁILS NE
SOIENT PAS ATTACHœS AUX BIENS DE CE MONDE #EPENDANT CELUI QUI AMASSE LES BIENS OU QUI
NÁA PAS ACQUIS LES BONNES M²URS OU QUI NE SE CONFORME PAS AUX PRINCIPES DE LA ŀARčɼA ou
BIEN ENCORE SE LIVRE “ LA DœBAUCHE CELUI CI NE MœRITE PAS ;LE RANG DONT IL EST QUESTION ICI=
1UANT AUX i SOUÎS DES APPARENCES u ILS NÁONT DE SOUÎ QUE LE TITRE )LS DONNENT DE
l’importance aux habits ; = AUX CONVENANCES INSTITUœES ;PAR LES HOMMES= ETC ,EUR
;SOUÎSME= SE LIMITE “ LÁAPPARENCE VESTIMENTAIRE DES SAVANTS ET DES i COMBATTANTS DANS LA
VOIE DE $IEU u ,EURS PAROLES ET LEURS ACTIONS NE SONT QUE DÁEMPRUNT AU POINT O« LÁIGNORANT
LES CONFONDRAIT AVEC LES ;SOUÎS AUTHENTIQUES= ALORS QUÁIL NÁEN EST RIEN
1UANT AU TERME i PAUVRE u FAQčR IL ÎGURE DANS LE ,IVRE DE $IEU ET LES PROPOS
de son prophète 03$, %T DANS LES DEUX CAS CE QUI EST VISœ PAR LE TERME FAQčR c’est le

169 $ÁAPR›S LE TEXTE NOUS COMPRENONS QUÁIL SÁAGIT DU SOUÎSME CONFRœRIQUE i ÎNANCœ u PAR LES i FRUITS DES
FONDATIONS PIEUSES u w CE PROPOS ,OUIS 0OUZET SIGNALE QUE LA MAJORITœ DES CONFRœRIES SOUÎES DE $AMAS œTAIENT
INSTITUTIONNALISœES ET REGROUPœES EN SYNDICAT ELLES ENTRETENAIENT DE BONS RAPPORTS AVEC LE POUVOIR QUI POUVAIT
PARFOIS SE MONTRER GœNœREUX DONATEUR “ LÁEXEMPLE DES DIX MILLE PI›CES DÁARGENT QUE +ITBUăã OլRIT AUX 1ALANDARIYYA
6OIR POUZET P GARCIN P À propos des ΣŊÎYYAT AL ARZãQ % 'EOլROY P œCRIT i ,ES RœSIDENTS
des ͫãNQãH œTAIENT PARA¡T IL SI PROSP›RES QUE LE VOYAGEUR )BN ǃUBAYR VISITANT $AMAS AU XIIe SI›CLE VOYAIT EN EUX ÀÀLES
ROIS DE CE PAYSÁÁ "EAUCOUP DE MA¡TRES SOUÎS ÃPRIVœSÄ QUI INVESTISSAIENT EUX LES ZãWIYA, se sont montrés réticents
FACE “ CETTE INSTITUTIONNALISATION DU SOUÎSME ET CRITIQUAIENT LES PERSONNES RœSIDANT DANS LES ͫãNQãH. Ces personnes
PERCEVAIENT EN EլET UNE SORTE DE SALAIRE ALORS QUE LES i PAUVRES EN $IEU u LES SOUÎS EN GœNœRAL SONT CENSœS SÁEN
REMETTRE “ LA PROVIDENCE DIVINE OU ENCORE GAGNER LEUR VIE u -ICHOT P TRADUIT ΣŊÎYYAT AL ARZãQ PAR i SOUÎS
STIPENDIœS u .œANMOINS NOUS PENSONS QUE LE TERME i STIPENDIœ u A UNE CONNOTATION PœJORATIVE QUI NE PERMET PAS
d’exprimer pleinement l’opinion du ŀAYͫ AL ISLãM %N EլET RIEN DANS LA SUITE DU TEXTE NE LAISSE PRœSAGER UNE TELLE
OPTION )BN 4AYMIYYA NE SEMBLE PAS SÁOPPOSER AU ÎNANCEMENT DES CONFRœRIES MAIS AխRME QUE CELUI QUI AMASSE LES
BIENS NE PEUT PRœTENDRE TRE UN SOUÎ
#ÁEST “ DIRE CEUX QUI VIVENT ASSIMILENT ET MA¡TRISENT LES œTATS SPIRITUELS ET LES FORMES DE DœVOTION
. ͪãNQãH ou ͫãNKãH (pl ͫAWãNIK), terme persan DœSIGNANT LE i COUVENT SOUÎ u 0OUR UNE DIլœRENCE ENTRE ͫãNQãH
et ZãWIYA voir GEOFFROY A P
(OMERIN SIGNALE UNE DIVERGENCE DANS LÁœDITION DE 2AŀčD 2I͍ã VOIR HOMERIN 1985, p. 233, n. 45.
3UR LÁIMPORTANCE DES R›GLES DE BIENSœANCE DE LA 6OIE VOIR GRIL 1996b, p. 96.
#ETTE AUTRE i DIGRESSION u EST TR›S PROBABLEMENT UNE RœFœRENCE “ UN DœBAT DE LÁœPOQUE QUE NOUS NÁAVONS
CEPENDANT PAS PU IDENTIÎER

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116

QAIS ASSEF

CONTRAIRE DU i RICHE u !INSI QUE LE 0ROPH›TE 03$, l’a dit . Les pauvres et la pauvreté sont
DE PLUSIEURS SORTES Y COMPRIS ;LA PAUVRETœ= QUI EST œLIGIBLE “ LA PERCEPTION DE LÁAUM¦NE
légale ZAKãT w CELA SÁOPPOSE LA RICHESSE QUI INTERDIT DE PERCEVOIR LA ZAKãT !INSI QUE LE
0ROPH›TE 03$, LÁA DIT i )L NÁEST PERMIS NI AU RICHE NI “ CELUI QUI A LES CAPACITœS DE GAGNER
SA VIE DE PERCEVOIR LA CHARITœu 1UANT AU ;SEUIL DE= RICHESSE IMPLIQUANT LE PAYEMENT DE
la ZAKãT SELON LA MAJORITœ DES OULœMAS CELA SE DISTINGUE DU ;CAS œVOQUœ PAR LE 0ROPH›TE=
#ÁEST LÁOPINION DE -ãLIK ;B !NAS= DE ĿãÎɼč ET DÁ!ͥMAD ;B ͤANBAL= 3ELON EUX ;LE SEUIL=
IMPLIQUANT LE PAYEMENT DE LA ZAKãT EST DœÎNI PAR LA POSSESSION DU QUOTA MINIMUM NIΣãB
)L PEUT ;DONC= TRE AUTORISœ “ UNE PERSONNE IMPOSABLE “ LA ZAKãT de percevoir la ZAKãT
!BŊ ͤANčFA NE PARTAGEANT PAS CET AVIS $IEU GLOIRE “ ,UI A MENTIONNœ LES PAUVRES DANS
;DIլœRENTS VERSETS DU #ORAN= #EUX œLIGIBLES “ PERCEVOIR LÁAUM¦NE LœGALE SONT MENTIONNœS
DANS UN VERSET ET CEUX AYANT DROIT AU BUTIN DANS UN AUTRE $ANS UN PREMIER ;GROUPE DE
VERSETS= IL A DIT [3I VOUS DONNEZ VOS AUM¦NES DÁUNE FAšON APPARENTE CÁEST BIEN 3I
VOUS LE CACHEZ POUR LES DONNER AUX PAUVRES CÁEST PRœFœRABLE POUR VOUS ;É= 1UANT AUX
AUM¦NES QUE VOUS DONNEZ AUX PAUVRES QUI ONT œTœ RœDUITS “ LA MIS›RE DANS LE CHEMIN
de Dieu ; = ET QUI NE PEUVENT PLUS PARCOURIR LA TERRE ¾ ,ÁIGNORANT LES CROIT RICHES “
cause de leur attitude réservée. Tu les reconnais à leur aspect : ils ne demandent pas
LÁAUM¦NE AVEC IMPORTUNITœ ¾] #ORAN $ANS UN SECOND ;GROUPE DE VERSETS=
il a dit : [#E QUE $IEU A OCTROYœ “ SON 0ROPH›TE COMME BUTIN PRIS SUR LES HABITANTS DES
CITœS ;É= ,E BUTIN EST DESTINœ AUX œMIGRœS QUI SONT PAUVRES QUI ONT œTœ EXPULSœS DE
LEURS MAISONS ET PRIVœS DE LEUR BIEN TANDIS QUÁILS RECHERCHAIENT UNE FAVEUR DE $IEU ET
SA SATISFACTION ET QUÁILS PORTAIENT SECOURS “ $IEU ET “ SON 0ROPH›TE ¾ CEUX L“ SONT LES
VœRIDIQUES Ñ ¾] #ORAN
%T IL SE PEUT QUÁIL Y AIT PARMI CES PAUVRES UN QUI SOIT DE LOIN PLUS MœRITANT AF͍AL QUE
LES RICHES ;$E MME= QUÁIL SE PEUT QUÁIL Y AIT PARMI LES RICHES UN QUI SOIT BEAUCOUP PLUS
MœRITANT QUE ;CES PAUVRES= ,ES GENS SE SONT DISPUTœS SÁAGISSANT DE SAVOIR QUI DU PAUVRE
patient, ou du riche reconnaissant, était le plus méritant . En vérité, le meilleur d’entre
EUX EST LE PLUS PIEUX 3ÁILS ONT LE MME DEGRœ DE PIœTœ ALORS ILS AURONT LE MME RANG ;AU
PARADIS= AINSI QUE NOUS LÁAVONS ILLUSTRœ PAR AILLEURS !INSI LES PAUVRES PRœCœDERONT LES
RICHES AU PARADIS PARCE QUÁILS NÁONT PAS DE COMPTES “ RENDRE 0UIS CE SERA ;AU TOUR= DES
RICHES DE RENDRE COMPTE #ELUI DONT LES BONNES ACTIONS P›SENT PLUS LOURD QUE CELLES DU
PAUVRE SON RANG AU PARADIS SERA PLUS œLEVœ MME SÁIL NE RENTRE QUÁAPR›S LUI 1UANT AU
RICHE DONT LES BONNES ACTIONS SONT MOINDRES QUE CELLES DU PAUVRE SON DEGRœ AU PARADIS EN
sera moins élevé.
$U FAIT QUE LE RENONCEMENT ZUHD était plus répandu chez les pauvres, beaucoup
assimilèrent le faqr à la voie du renoncement ZUHD QUI REL›VE DU GENRE SOUÎSME ,E FAIT
,ÁœDITEUR SIGNALE QUÁIL EN EST AINSI DANS LE MANUSCRIT .OUS ESTIMONS QUE LES PROPOS QUI SUIVENT NE SONT
PAS CEUX DU 0ROPH›TE MAIS DÁ)BN 4AYMIYYA %N EլET CEUX CI NE SE TROUVENT DANS AUCUN DES CORPUS DE HADITHS
HABITUELLEMENT CITœS PAR LE SAVANT HANBALITE (OMERIN PENSE QUÁIL SÁAGIT DÁUN DIT DU 0ROPH›TE TOUT EN SIGNALANT QUÁIL
NE ÎGURE PAS DANS LES PRINCIPAUX CORPUS DE HADITHS 6OIR HOMERIN 1985, p. 234, n. 46.
)BN 4AYMIYYA A CONSACRœ PLUSIEURS FATWA “ CE SUJET VOIR IBN TAYMIYYA, -ADŽMŊɼ AL FATãWã, vol. XI, p. 119-121, 122133 et 195. Ce débat est également relaté dans M!++Č, 1ŊT AL QULŊB, vol. 1, p. 264.

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LE SOUFISME ET LES SOUFIS SELON IBN TAYMIYYA



DE DIRE QUÁUN TEL EST i PAUVRE u OU NE LÁEST PAS NE SE RAPPORTE PAS “ LA PAUVRETœ MATœRIELLE
MAIS SE RAPPORTE “ LA SIGNIÎCATION DU TERME SOUÎ CÁEST “ DIRE LES CONNAISSANCES MAɼãRIF ,
les états spirituels AͥWãL , les bonnes mœurs AͫLãQ , les règles de bienséance ãDãB , etc.
w CE PROPOS IL Y EUT DIVERGENCE “ SAVOIR QUI DU FAQčR OU DU SOUÎ AVAIT LE PLUS DE MœRITE
)L Y EUT UN GROUPE QUI PRœFœRA LE SOUÎ TEL !BŊ ǃAɼFAR AL 3UHRAWARDč ET DÁAUTRES !LORS QUE
de nombreux groupes ont opté pour le FAQčR 0EUT TRE ; = SE DISTINGUAIENT ILS PAR LE FAIT QUE
LES ;PREMIERS= FRœQUENTAIENT LES ZãWIYA TANDIS QUE LES FAQčR ;FRœQUENTAIENT= LES ͫãNQãH .
/U QUELQUE CHOSE COMME CELA #EPENDANT LA MAJORITœ DES GENS PRœFœRAIENT LE FAQčR
,A VœRITœ CÁEST QUE LE PLUS MœRITANT DÁENTRE EUX EST LE PLUS PIEUX 3I LE SOUÎ CRAINT $IEU
ALORS IL EST MEILLEUR DANS LA MESURE O« IL PRATIQUE CE QUI EST AIMœ DE $IEU ET SÁœLOIGNE DE CE
QUI EST DœTESTœ DE ,UI %T ;DANS LE CAS INVERSE= CÁEST LE FAQčR QUI EST MEILLEUR 0AR CONSœQUENT
SÁILS SÁœGALENT DANS LÁACTION AIMœE ;DE $IEU= ET DANS LÁABANDON DE CE QUI EST DœTESTœ ;DE
$IEU= ALORS ILS ONT LE MME RANG ;AU PARADIS=
,ES i !MIS DE $IEU u AWLIYãÁ sing. WALč SONT LES CROYANTS PIEUX QUÁIMPORTE ;LEURS
TITRES= QUÁILS SOIENT FAQčR SOUÎS FAQčH SAVANTS COMMERšANTS COMBATTANTS ARTISANS PRINCES
GOUVERNEURS OU AUTRE CHOSE !INSI QUE $IEU LE 4R›S (AUT LÁA DIT {Non, vraiment, les amis
DE $IEU NÁœPROUVERONT PLUS AUCUNE CRAINTE ILS NE SERONT PAS AծIGœS — CEUX QUI CROIENT
EN $IEU ET QUI LE CRAIGNENT —] #ORAN
Un hadith ;QUDSč= ÎGURANT DANS LE ΢Aͥčͥ DE "UͫãRč RAPPORTœ PAR !BŊ (URAYRA à
PROPOS DU 0ROPH›TE 03$, QUI A DIT i $IEU A DIT 1UICONQUE MONTRE DE LÁHOSTILITœ “ UN DE
i -ES !MIS u WALč *E LUI DœCLARE LA GUERRE -ON SERVITEUR NE SÁAPPROCHE DE -OI QUE PAR
CE QUE *ÁAIME LE PLUS PAR LES DEVOIRS RELIGIEUX QUE *E LUI AI PRESCRITS PUIS MON SERVITEUR
ne cesse de se rapprocher de Moi par des œuvres surérogatoires NAWãÎL JUSQUÁ“ CE QUE
*E LÁAIME 1UAND *E LÁAIME *E SUIS SON OU¢E PAR LAQUELLE IL ENTEND SA VUE PAR LAQUELLE IL
VOIT SA MAIN PAR LAQUELLE IL SAISIT ET SON PIED AVEC LEQUEL IL MARCHE #ÁEST DONC PAR -OI
QUÁIL ENTEND QUÁIL VOIT QUÁIL SAISIT ET QUÁIL MARCHE 1UÁIL -E DEMANDE ;QUELQUE CHOSE= ET
*E ;LE= LUI DONNERAI S­REMENT ET QUÁIL -E DEMANDE REFUGE *E LE LUI ACCORDERAI S­REMENT
!UCUNE CHOSE NE -E FAIT HœSITER PLUS QUE ;DE PRENDRE= LÁ•ME DE -ON ÎD›LE SERVITEUR IL
DœTESTE LA MORT ET *E DœTESTE LUI FAIRE DU MAL -AIS CELA EST INœVITABLE u #E HADITH ILLUSTRE
PARFAITEMENT ; = CE QUE SONT LES i !MIS MODœRœS DE $IEU u AWLIYãÁ !LLãH AL MUQTAΣIDčN ce
SONT LES COMPAGNONS DE LA DROITE ET LES RAPPROCHœS ;DE $IEU= LES DEVANCIERS ,A PREMI›RE

!BŊ ǃAɼFAR AL 3UHRAWARDč M LE ŀAYͫ AL IŀRãQ À son propos voir CORBIN P #EPENDANT
(OMERIN P N SIGNALE QUE DANS LÁœDITION 2AŀčD 2I͍㠓 LA PLACE DÁ!BŊ ǃAɼFAR ÎGURE “ JUSTE TITRE LE
NOM DU SOUÎ BAGDADIEN ĿIHãB AL $čN !BŊ ͤAFΣ ɼ5MAR AL 3UHRAWARDč M LÁAUTEUR DES ɼ!WãRIF AL MAɼãRIF. Cette
DERNI›RE OPTION NOUS SEMBLE PLUS PLAUSIBLE DÁAUTANT QUE 0OUZET P SIGNALE QUÁ!BŊ ͤAFΣ UN DES RELAIS
de l’enseignement du ŀAYͫ ɼ!BD AL 1ãDIR AL ǃčLãNč M MARQUA PROFONDœMENT LES MILIEUX SOUÎS DE LA CAPITALE
SYRIENNE
)BN 4AYMIYYA NE PRœSENTE PAS CLAIREMENT LA NUANCE ENTRE SOUÎS ET FUQARãÁ hormis la distinction relative aux
LIEUX QUÁILS FRœQUENTENT ZãWIYA ou ͫãNQãH ,AOUST P NOTE QUE LES FUQARãÁ SONT DES ASC›TES AYANT FAIT i V²U
de renoncement aux biens de ce monde ». Concernant ZãWIYA ͫãNQã et RIBãέ “ LÁœPOQUE MAMELOUKE VOIR GARCIN
P GEOFFROY A P
. À propos de l’usage de ce hadith, voir supra, n. 65.
3UR LE TH›ME DE LÁHœSITATION DE $IEU DANS LE CADRE DE CE HADITH VOIR TEXTES DÁ)BN 4AYMIYYA DANS -ICHOT

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QAIS ASSEF

CATœGORIE ;LES COMPAGNONS DE LA DROITE= DœSIGNE CEUX QUI SE RAPPROCHENT DE $IEU PAR LES
ACTES OBLIGATOIRES 4ANDIS QUE LA DEUXI›ME ;CATœGORIE= SE RAPPORTE “ CEUX QUI SE RAPPROCHENT
DE $IEU PAR LES ACTES OBLIGATOIRES SUIVIS DES ACTES SURœROGATOIRES %T CE SONT CEUX L“ QUI NE
CESSENT DE SE RAPPROCHER DE LUI JUSQUÁ“ CE QUÁ)L LES AIME !INSI QUE LE 4R›S (AUT LÁA DIT ;DANS
ce hadith QUDSč= 181.
$IEU A PAR AILLEURS MENTIONNœ CES DEUX CATœGORIES DANS LE #ORAN ;EN CES TERMES= :
[.OUS AVONS ENSUITE DONNœ LE ,IVRE EN HœRITAGE “ CEUX DE NOS SERVITEURS QUE NOUS AVONS
CHOISIS IL EN EST PARMI EUX QUI SE FONT TORT “ EUX MMES IL EN EST PARMI EUX QUI SE
TIENNENT SUR UNE VOIE MOYENNE IL EN EST PARMI EUX QUI AVEC LA PERMISSION DE $IEU
DEVANCENT LES AUTRES PAR LEURS BONNES ACTIONS ;É=] (Coran 35 : 32). {Oui, les purs vivront
DANS LES DœLICES œTENDUS SUR DES LITS DÁAPPARAT ILS REGARDERONT AUTOUR DÁEUX 4U VERRAS
SUR LEURS VISAGES LÁœCLAT DE LA FœLICITœ /N LEUR DONNERA “ BOIRE UN VIN RARE CACHETœ PAR
UN CACHET DE MUSC ¾ CEUX QUI EN DœSIRENT PEUVENT LE CONVOITER ¾ ET MœLANGER “ LÁEAU DU
4ASNIM UNE EAU QUI EST BUE PAR CEUX QUI SONT PROCHES DE $IEU ] (Coran 83 : 22-28).
;w CE PROPOS= )BN ɼ!BBãS A DIT i ,ES RAPPROCHœS ;DE $IEU= BOIRONT ;UN VIN= PUR TANDIS
QUÁIL A œTœ MœLANGœ POUR LES COMPAGNONS DE LA DROITE u
Le Très-Haut a dit : {Ils boiront une coupe dont le mélange sera de gingembre, puisé
“ UNE SOURCE NOMMœE L“ BAS i 3ALSABIL u] #ORAN {Les compagnons de la
DROITE Ñ ¾ 1UELS SONT DONC LES COMPAGNONS DE LA DROITE ¾ ,ES COMPAGNONS DE LA GAUCHE Ñ
¾ 1UELS SONT DONC LES COMPAGNONS DE LA GAUCHE ¾ %T LES PREMIERS ARRIVœS 182 QUI SERONT
BIEN LES PREMIERS VOIL“ CEUX QUI SERONT LES PLUS PROCHES DE $IEU ] (Coran 56 : 8-11). {Si
CET HOMME EST AU NOMBRE DE CEUX QUI SONT PROCHES DE $IEU IL TROUVERA LE REPOS LES
PARFUMS ET LES *ARDINS DU $œLICE 3ÁIL EST AU NOMBRE DES COMPAGNONS DE LA DROITE i 0AIX
“ TOI Ñ 4U ES AVEC LES COMPAGNONS DE LA DROITE u ] (Coran 56 : 88-91).
#ETTE RœPONSE CONTIENT DES PROPOS NœCESSITANT DE LONGUES EXPLICATIONS QUI NE PEUVENT
SE FAIRE ICI %T $IEU EST LE PLUS 3AVANT

181. Sur le débat concernant le QURBA AL NAWãÎL et le QURB AL FARãÁID ENTRE )BN 4AYMIYYA ET LÁœCOLE DÁ)BN ɼ!RABč VOIR
CHODKIEWICZ A P
182. Sur la traduction du terme SãBIQŊN VOIR NOS REMARQUES supra N



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