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Thiercelin .pdf



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Projet1

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*52-55 PAROLES DE SKIPPER

PAROLES

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DE SKIPPER

MON AMBITION

ULTIME
par Marc Thiercelin

Tiens, que devient Thiercelin ? A 53 ans, le skipper de
Pen Duick III et propriétaire de l'ex-Oman rêve toujours de
tours du monde et de grands bateaux. Mais à plusieurs
coques cette fois : passer aux Ultimes est sa nouvelle ambition. Il a écrit à la rédaction pour l'expliquer aux lecteurs
de Course Au Large. Le marin-qui-ne-fait-rien-comme
tout le monde se livre, fort de ses cinq tours du monde.
C'est à la fois instructif, intéressant et émouvant.
Laissons-lui donc la parole. Sa parole de skipper...

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CourseAuLarge - juin 2015
©E. Thiercelin

*52-55 PAROLES DE SKIPPER

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"Bonjour, j'écris cette lettre pour
vous retrouver. Ni nostalgique, ni en
justification, conscient du passé, vivant pleinement dans le présent et le
contexte d'aujourd'hui. J'avance, assumant tout ce je suis, ai dit et fait.
Ces trente-six derniers mois m'ont
permis de réaliser un gros "reset".
De faire les bilans nécessaires de ce
demi-siècle de vie. Plus un vrai bilan
professionnel depuis 1988. Une remise à plat de mes comportements :
forces et faiblesses, lâcheté et courage, égo, manquements, entêtement, égocentrisme, etc. Il y eut
aussi quelques deuils à faire… Mais
c'est fini. Quoique j'aie pu vivre, entendre et subir, je me sens fort des
enseignements de ce premier demisiècle ! Aujourd'hui clairement, je
veux continuer ma vie de coureur au
large."

"Nettoyé des scories du passé"
"Certes, mon parcours est jalonné de
projets 'différents', le dernier avec
DCNS où j'ai lancé d'autres marins
et sportifs. Avant, il y eut aussi ce
mélange des genres avec mes amis
artistes - people comme on dit aujourd'hui - tout comme mes centres
d'intérêts que je n'ai pas mis dans
ma poche : social, économique, politique… Tout cela a brouillé les
cartes dans un pays qui aime bien
isoler les choses dans des cases. Ma
volonté, ma liberté, était juste d'ouvrir le monde de la voile et du large
à tous. Mon dernier partenariat fut
stoppé net, avant le départ de la
Transat Jacques Vabre 2011.
Imprévu, pas informé, ce fut violent… alors que quelques jours
avant j'entendais des paroles positives sur la poursuite de ce partenariat. D'un coup en janvier 2012, en
pleine élection, au milieu d'une économie en berne, puis d'un matraquage fiscal, il a fallu retourner sur
les routes et dans les bureaux chercher des fonds. Trente-six mois et
quelques "beaux parleurs" plus tard,
si je n'ai pas encore trouvé les
moyens de reprendre la mer, je suis
plus que jamais vivant. Ce combat
contre l'adversité a fait de moi un
'mort de faim'. Je me sens fort de
trois décennies d'expériences et de
concrétisations. Nettoyé des scories
du passé. Rempli d'une énergie vitale et en pleine forme physique. Sans

17:49

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prétention, je me sens un mixte de
'l'expérience à la Loïck Peyron' avec
'un moteur à la Gaël Monfils '."

point. Le deuxième paramètre est
que je n'ai jamais eu les budgets
d'un "projet gagnant", or c'est fondamental pour réussir dans un sport
technologique.
Entre 2003 et 2011, j'ai donc traversé une période délicate, mais elle fut
aussi riche d'expériences, d'enseignements. Pour courir absolument le
Vendée Globe 2004, je suis allé jusqu'à hypothéquer ma maison, mon
nom… Le tout a été suivi d'un bouleversement personnel et d'une émigration dans le sud. Il y eut ensuite
le projet des 'Filières du Talent
DCNS', où j'ai mis ma carrière personnelle entre parenthèses pour
concrétiser une 'transmission du savoir' vers d'autres skippers.
Néanmoins il y eu aussi quelques
pépites dans ces années-là : la
Solitaire du Figaro 2003 que je faillis
remporter dès la première étape (4h
d'avance sur la flotte) ; la Transat
Jacques Vabre 2005 terminée 'collé'
aux bateaux neufs, avec mon très
vieux bateau du Vendée Globe ; le
record de la Méditerranée en solo en
2009, pulvérisé à bord de DCNS
1000, etc."

"Retrouver
mon métier-passion"
"Je suis conscient aujourd'hui que
c'est aussi grâce à vous que mon
histoire s'est écrite, que j'ai pu évoluer, avancer et grandir au fil de mes
dix grands projets pro et de … cinq
tours du monde. La mer est en moi
depuis l'enfance, elle reste mon phare et mon oxygène. La compétition
maritime m'a révélé et c'est grâce à
elle que j'ai pu vous emmener si loin
avec moi. Mon rêve de courir la
Route du Rhum 2014 s'est envolé
faute de moyens financiers, voilà
tout ! Toutefois cette course a
conforté mes choix "d'Ultime", a fait
passer quelques messages et maintenant la Transat Jacques Vabre se
profile… J'ai l'envie de retrouver
mon 'métier-passion' chevillée au
corps, avec ce besoin de compétition
qui m'a toujours permis de me tenir
debout. J'ai la chance d'être animé
d'une grande force intérieure doublée d'une volonté inébranlable, à
quoi il faut ajouter la patience du
marin."

"Les questions
qu'on peut se poser"
"Je disais donc qu'on peut se poser
quelques questions sur mon compte.
Qu'on se rassure, je m'en pose aussi
et j'ai quelques réponses. Voici les
principales…"

"Quelques mots du passé"
"Je sais qu'on peut se poser
quelques questions sur moi. Avant
d'y venir, quelques mots du passé. A
36 ans j'arrivais 2e de mon premier
Vendée Globe. Dix-huit mois plus
tard, je doublais le Cap Horn en tête
et terminais à nouveau 2e de mon
deuxième tour du monde en solo.
Les livres de Jean Le Cam et Franck
Cammas, eux, relatent comment ils
m'ont vu passer tout près d'une victoire dans la Solitaire du Figaro. Il y
eut d'autres faits d'armes en course,
je ne vais pas en faire ici le catalogue : j'ai fini souvent placé sur le
podium ou juste à coté, mais pas de
grandes victoires. Je garde ainsi entier l'esprit d'outsider, de challenger !
Une partie de la réponse se trouve
en moi-même, je le sais. Mais il y
eut aussi deux paramètres importants. Le premier a jalonné tout mon
parcours, c'est le temps passé à
chercher des partenaires… et donc
pas à l'entraînement ni à la mise au

Poursuivre la course au large
en Ultimes ?
"Petite histoire : en dériveur, en
Olympisme je pensais à courir le
Figaro. Arrivé en Figaro, mon rêve
s'appelait le Vendée Globe. Là, durant 17 années sur de grands mono-

MES 10

coques de Tours du monde (4
Vendée Globe), mon ambition logique
fut d'aller encore plus vite et de voler sur l'eau… donc cette fois en
multicoque océanique. Ce n'est pas
une maladie, c'est juste à la fois une
suite logique et de l'ambition. Et
c'est fédérateur ! Je sais aussi
qu'une part de ma réussite est liée à
l'arrivée de la monotypie : d'abord
en Laser (4 ans), puis en Figaro, car
le half-tonner ne m'était pas accessible et l'arrivée du monotype
Bénéteau fut donc une aubaine (pour
moi de 1992 à 2007). Maintenant, la
voie tracée par Francis Joyon et
Thomas Coville en multicoque ouvre
de grandes perspectives, avec des
coûts réalistes. C'est en 2002 que
l'envie de naviguer sur des trimarans
océaniques s'est ancrée en moi. Les
budgets demandés pour courir en
ORMA 60 étaient extrêmement élevés, j'ai donc continué en monocoque avec l'espoir de gagner le
Vendée Globe. C'est à l'arrivée du
trimaran IDEC de Joyon que je me
suis dit : 'maintenant c'est possible'.
En 2007, lors de ma première entrevue avec DCNS, j'ai plaidé pour un
projet à bord d'un multicoque océanique. Mais DCNS voulait courir le
Vendée Globe 2008 et ne voulait pas
entendre parler d'engins sur trois
pattes ! Je reste persuadé que la
suite logique, pour moi, est là : sur
un grand multicoque."

Tourner la page à mon âge ?
"Que n'ai-je entendu sur l'âge et la
sempiternelle rengaine 'il faut tourner
la page' ! Tout cela parce qu'on vient
de passer le cap de la cinquantaine ?
Merci à Loïck (Peyron) et aux "Vieilles
Canailles", de Joyon à Lemonchois en
passant par Le Cam. Tous raflent encore de grandes victoires et mes 'jumeaux de génération' ont tous couru

PROJETS PRO

1) 1988 à 1992 / Monocoque Classe 1 (15m) : CIRRUS III
2) 1991 / Mini Transat 6.50 : Opus Alcatel
3) 1992 à 1997 / Figaro Bénéteau 1 : Côtes-d'Armor, Planète Mer, Captain Marck
4) 1996-1997 / 1er Monocoque 60 pieds : Crédit Immobilier France, SomeWhere
5) 1998 à 1999 / 2e Monocoque 60 pieds : SomeWhere (La Redoute)
6) 2000 à 2001 / 3e Monocoque 60 pieds : ActiveWear (La Redoute)
7) 2001 & 2002 / Tour de France Voile : Kenzo
8) 2003 à 2007 / Figaro Bénéteau II : Bermudes, Siemens
9) 2004 à 2006 / 4e Monocoque 60 pieds : Pro-Form/Poitou Charentes
10) 2007 à 2011 / 5e Monocoque 60 pieds : DCNS 1000

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PAROLES

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Pacifique ' : un parcours AsieAmérique entre Hong Kong et San
Francisco.
4. Battre les records des grandes
routes commerciales : Route de l'Or,
du Thé, des Epices, de la
Découverte, de la Soie…
5. Participer aux grandes classiques
du circuit Rolex : Fastnet, Giraglia,
Sydney-Hobart…"

Quels sont mes atouts?

©V.Curutchet/DPPI/VendéeGlobe

- et gagné pour certains - la dernière
Route du Rhum. Demande-t-on à un
artiste ou un scientifique de 53 ans
de tourner la page ? Je souris en
pensant à Sir Robin Knox-Johnston,
arrivé 3e de la Route du Rhum dans
sa catégorie… à 75 ans."

avancer. La grande différence a appréhender avec le multicoque est la
haute vitesse et l'enfournement entraînant le stress d'où la nécessité
d'avoir des nerfs solides et une vigilance accrue. Pas de souci de ce côté là : je me sens prêt, en phase."

Quelle est ma légitimité ?

J'ai peu navigué
ces derniers temps, pourquoi ?

"Mon compteur perso affiche 350
000 milles sur tous les océans, 260
compétitions étalées sur 4 décennies, 5 tours du monde en solo… ça
me paraît être un bon début. Certes,
le multicoque n'est pas ma spécialité... mais c'était déjà le cas en monocoque 60 pieds à l'aube de mon
premier Vendée Globe : je n'avais navigué sur le bateau que deux mois
avant le départ, c'était ma première
grande compétition en solo sur un 60
pieds… et j'ai terminé deuxième !
Pour l'anecdote, je fus un des premiers membres de la classe Figaro
en 1991, puis de la classe IMOCA en
1995. Alors, pourquoi pas faire de
même chez les Ultimes en 2015 ?
J'ai passé 17 années à mener cinq
60 pieds différents. Des bateaux très
physiques, avec plus de voiles qu'en
multi, plus ou moins 700 kg à "matosser" à chaque manœuvre… des
bateaux gîtards, complexes à faire

lement, et non juste faire des piges.
J'ai cru en certaines personnes et
pistes, je me suis investi sur des sujets… bref, j'ai 'navigué' pendant 36
mois au milieu du "magistère de la
parole", au détriment de l'action que
j'aime tant ! Le tout en faisant face à
d'inévitables problèmes financiers.
Voilà pourquoi je n'ai que peu navigué dernièrement dans les grandes
compétitions… mais ce n'est pas
l'envie qui m'en manque !"

"Pourquoi n'ai-je que peu navigué,
alors que j'en crevais d'envie ?
D'abord ce n'est pas tout à fait exact
car j'ai tout de même un peu navigué
- certes pas avec l'intensité et l'environnement professionnel habituels mais j'ai participé tout de même aux
Voiles de St Tropez, à la Giraglia, au
Grand Prix de Douarnenez, à la SNIM
ou encore à bord du Multi50 Arkema
grâce à Lalou Roucayrol… Mais revenons aux raisons de ce relatif sevrage. Elles sont simples : un, je
n'avais plus de bateau ; deux, j'ai
lancé des perches mais reçu peu
d'invitations ; trois, surtout j'ai cherché des fonds à plein temps, décroché des rendez-vous, voyagé sans
cesse, ai donné des conférences, et
au milieu de tout ça ai tenté de me
rendre disponible au cas où un 'GO !'
arriverait. C'était, pour moi, le prix à
payer pour espérer re-naviguer tota-

TROIS

Quels sont mes projets en mer ?
"Mon Trimaran Ultime (l'ex Oman)
attend dans son hangar de Lorient
qu'on lui redonne vie. En parallèle je
suis intéressé par le rachat du
Sodebo 1 afin de refaire au plus vite
mon métier, sans passer par la case
chantier. Le programme que je veux
mettre en place et pour lequel je recherche des partenaires se décompose en cinq grandes parties :
1. Intégrer la nouvelle 'classe Ultim'
avec pour grand objectif le tour du
monde en trimaran à l'horizon 2018.
Le 'Vendée Globe des multicoques' !
2. Prendre le départ de la Transat
Jacques Vabre 2015, en double
entre le Havre et le Brésil.
3. Défier un autre trimaran Ultime
sur ce que j'appelle le 'Duel

IDÉES POUR LES

"Ma vie de coureur au large me permet de vivre plusieurs métiers. C'est
unique, et d'une richesse folle. C'est
aussi une vie d'entrepreneur engagé,
ayant comme objectif de vaincre en
y associant le public. Il me semble
que mon expérience, l'ensemble de
mon parcours, les concrétisations et
la gestion de dix grands projets plaident en ma faveur. A ce jour, tous
mes rêves je les ai transformés en
projets, concrétisés, réussis d'une
façon ou d'une autre. Je me sens
animé d'une énergie et d'une ambition intactes, comme au premier
jour, pour avancer et naviguer sur
des machines qui me font rêver et
font rêver le public. Objectivement, la
voile, la mer, le vent, les technologies, sont totalement en phase avec
les enjeux futurs de notre société.
Mes futurs partenaires joueront la
carte d'un sport intelligent, technologique, attractif pour la jeunesse, en
confrontation directe avec la nature.
Un sport qui permet de transmettre
des valeurs fortes et de former des
jeunes. C'est aussi un aspect qui
m'intéresse énormément. Par
exemple, en 2013 et 2014, j'ai été
l'ambassadeur du projet sociétal
"Promouvoir l'alternance en France".
Voilà ce que je voulais vous dire…
Je suis debout et combatif, après
1200 jours de bataille. Il ne manque
que quelques soutiens ou un coup
de pouce du destin pour vivre encore
de belles choses ensemble. "

ULTIMES

Pour mon 11e projet professionnel - naviguer en Ultimes à partir de 2015 - j'ai également imaginé, écrit et déposé trois idées :
- "Fonds Or Bleu" : Fondation autour de l'idée de faire mieux connaître et vivre l'économie maritime et les métiers de la mer.
- "4 IN RACE" : Course autour du monde en relais, type 24h du Mans : 1 bateau, 4 étapes avec 4 skippers différents… une première en voile.
- "La Route des 2 pôles" : Tour du monde - jamais réalisé - faisant successivement le tour de l'Arctique puis de l'Antarctique, ou inversement.

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CourseAuLarge - juin 2015

Marc Thiercelin


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Thiercelin.pdf - page 2/4
Thiercelin.pdf - page 3/4
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