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Nom original: l'oubli et ses vertus.pdfAuteur: BERNARD

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Pascale Senk - le 27/09/2013
INTERVIEW - Simon-Daniel Kipman, psychiatre et psychanalyste, président-fondateur de la Fédération française
de psychiatrie, publie L'Oubli et ses vertus (Éd. Albin Michel).

LE FIGARO. - Dans votre dernier livre, vous réhabilitez l'oubli. Mais pour le psychanalyste que vous êtes,
guérir ne vient-il pas plutôt du fait de se souvenir?
Simon-Daniel KIPMAN. - Non, parce qu'en matière de vie psychique, disons qu'on ne guérit pas totalement,
mais plutôt qu'on se bricole un équilibre qui peut toujours être sujet à des dysfonctionnements. Quant au
souvenir, je dirais qu'il n'existe pas: un souvenir, c'est toujours une reconstruction que nous faisons à partir de
bribes éparses, de sensations soudain éveillées, des réminiscences comme en a si bien parlé Marcel Proust… Un
souvenir, c'est d'abord une histoire qu'on se raconte. Même quand nous, psychanalystes, racontons une histoire
de cas, c'est toujours la reconstruction que nous en faisons qui domine.
Selon vous, le fait de se remémorer un événement traumatique n'est pas forcément bénéfique…
Surtout quand ce traumatisme devient l'objet d'un événement officiel! Ainsi, collectivement, sous forme de
cellules de crise, ou lors de commémorations, on impose à certaines victimes une reconstruction de ce qu'elles
ont vécu. Ce sont alors des souvenirs formatés qui l'emportent. Quant à la personne elle-même, qui a vécu
l'événement, elle a oublié la manière dont elle a ressenti certaines émotions. Prenons le cas du tsunami, par
exemple. Cette situation est tellement énorme que la victime, sur le moment, a du mal à se la représenter.
Elle est restée là, figée, et c'est cette sidération qui est traumatisante. C'est alors que les remémorations
forcées peuvent avoir un effet culpabilisant, la personne ne pouvant dire ce qu'elle a fait à ce moment-là,
ignorant même ce qui est arrivé effectivement.
Pourquoi vous êtes-vous intéressé aux facultés d'oubli?
Je me suis demandé pourquoi on valorise autant la mémoire dans nos sociétés alors qu'on oublie tant de
choses… Je pense que l'oubli nous permet de fonctionner psychiquement, mais comme il est toujours
involontaire, il suscite une certaine hostilité dans un monde mécaniciste et déshumanisé. Les traités de
médecine se focalisent sur le fait que les personnes âgées oublient des tas de détails du quotidien immédiat.
Pourtant, elles sont aussi traversées de souvenirs très anciens, ce qui représente un travail psychique
extraordinaire. Simplement, leur avenir se limitant, les vieux sont libérés de certaines contraintes sociales et
ce qui leur importe c'est le plaisir de se redire l'histoire qui compte pour eux… Pas le reste. Face à cela, on
cherche à leur faire faire des exercices «mnémo-stimulants» souvent grotesques.
Il faudrait donc surtout vivre dans le présent?
Oui, vivre dans le présent tout en sachant qu'on a un passé et une histoire qu'on peut se raconter d'une manière
confortable, mais qu'il est important aussi d'oublier. Si l'on se souvenait en permanence de tout, on ne ferait
que répéter. Oublier nous rend disponibles à l'innovation, aux pensées nouvelles. Il nous permet ainsi de nous
transformer.


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